PROCHAIN NIV. :
Invité
Invité
Posté Dim 18 Mar - 17:13

Au retour d'une mission dans le Nord Ouest d'Orlaïs, Ailis n'avait pas pu s'empêcher de s'arrêter à Val Royaux. Elle était déjà passée en coup de vent, une ou deux fois, mais elle était émerveillée par la beauté de la cité. Après avoir fait le tour de la ville, elle s'était arrêtée au Bazar d’Été. Son architecture, ses couleurs bleutées et dorées, ses gigantesques draperies, ses statues, sa végétation... Les yeux de la Garde s'illuminaient où qu'elle pose le regard. Les étalages des marchands étaient recouverts de riches armes, bijoux, soieries. Elle retombait en enfance en ces lieux, et il ne lui manquait que son père à qui elle aurait pu faire un caprice pour obtenir tel bijou ou telle pierre. Mais elle était une adulte aujourd'hui, et elle avait bien moins de possessions qu'à l'époque. Elle ne pu s'empêcher d'acheter tout de même une fine pierre aux reflets noirs et violets. Elle la glissa avec ses autres petites pierres qu'elle conservait toujours sur elle, dans une bourse dédiée sur laquelle elle veillait comme à la prunelle de ses yeux.

Elle traversa la foule, retenant ses mains qui face à tant de richesse essayaient de voler des bourses ou des bijoux par ci par là. Elle ne portait certes pas son armure de la Garde, restée dans la chambre d'auberge qu'elle avait réservé pour la nuit, mais tout de même. Elle n'avait plus besoin de voler qui que ce soit pour vivre, alors à quoi bon ? Elle se dirigea vers le Masque du Lion, café en plein air où une barde chantait. Sa voix était douce, très agréable. Ailis s'installa donc, et commanda un verre de vin. Elle regardait la foule, écoutant les diverses chansons de la barde, bien qu'elle n'en comprenait pas le moindre mot. Elle avait commencé à apprendre l'Orlésien, quand elle vivait encore chez son père, mais de l'eau avait coulé sous les ponts et elle n'en avait rien retenu.

Autour d'elle les autres clients du café discutaient, mais là encore elle ne comprenait pas ce qu'ils disaient. Une conversation, un peu plus loin et bien plus discrète, attira cependant son oreille. La langue était cette fois-ci la sienne, et elle ne put s'empêcher d'écouter ce qu'il se disait.

- Tu es sûr de toi ? Si tu te trompes, je pense que je...
- Mais oui, je t'assure. Je les ai entendus en parler. C'est pour ce soir. A la Porte de la Nuit.
- Nous n'avons pas le droit à l'erreur, cette fois-ci.
- Nous avons quelques heures pour tout mettre en place. Il nous suffit de...

Les deux interlocuteurs se mirent à chuchoter, et elle ne put saisir la suite, mais déjà son imagination s'était mise en marche. Ils pouvaient parler de mille choses, mais elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'ils trempaient dans une affaire louche. Elle avait entendu des milliers de conversation qui ressemblaient à celle-là. Elles l'avaient toutes menées à un vol, ou un à assassinat. Elle fit mine d'appeler un serveur pour se retourner légèrement et apercevoir les deux individus. Le premier était de dos, et elle ne voyait que ses cheveux blonds attachés en queue de cheval et son armure de cuir tout à fait banale, sans le moindre signe distinctif. Le second face à lui portait une tenue typique d'Orlaïs, faite de divers tissus colorés et couvrant l'intégralité de son corps et de ses cheveux. Un masque couvrait son visage, orange et or. Ailis se souvenait de ses leçons d’Étiquette. Chaque famille noblière d'Orlaïs avait ses propres couleurs, et même les domestiques les arboraient sur des masques, bien plus simples que ceux de leurs employeurs cependant. Elle était par contre bien incapable de savoir quelle famille portait les couleurs orange et or.

Le serveur qu'elle avait appelé vint à elle, se positionnant entre les individus et elle. Elle lui demanda un second verre de vin. Quand il partit chercher sa commande, les deux étranges personnes étaient parties. Elle les chercha des yeux parmi la foule, mais ils avaient disparu.
PROCHAIN NIV. :
Invité
Invité
Posté Dim 18 Mar - 21:01

D’inattendues retrouvailles
Souvenirs, souvenirs



Il était très étrange de revenir à Val Royeaux… Si la maître espionne connaissait bien les lieux, il lui arrivait fréquemment de se prendre une bouffée de nostalgie à quelques coins de rue, le passé se rappelant à elle. Que ce soit en tant qu’adolescente, qu’en tant que Barde, ou bien Main gauche de la Divine. Et voilà qu’aujourd’hui la situation était tout autre. Quel étrange destin lui réservait parfois le créateur. Marchant dans les rues de la capitale, l’ancienne sœur de la Chantrie était camouflée derrière quelques habits de commerçantes qui n’étaient pas trop encombrants. Un masque sur le visage et une capuche camouflant ses cheveux roux : elle ne comptait pas se faire arrêter en tant qu’agent de l’Inquisition. Ce serait une intervention agaçante, et elle n’avait de toute façon pas le temps pour cela.
S’arrêtant à une terrasse, elle prit un verre en tentant de camoufler ses gestes sobres et efficaces par quelques gestes superficiels de nobliaux. Un verre à la main, ses yeux clairs trouvèrent tout de suite la cible de son attention, et la raison de sa venue. Deux féreldiens aux allures complotistes qui échangeaient à voix basse. Elle arrivait juste à temps. Ou peut-être trop tard : voilà qu’un client l’empêchait de rejoindre le duo alors que les informations qu’elle attendait était échangées. C’était à se taper la tête sur le mur. D’un geste rageur, elle déplia son éventail en réfléchissant. Mais ses pensées furent interrompues par une tête connue.
Elle venait de retrouver sa chance. D’un mouvement souple, elle rejoint la Garde des ombres. Voilà beaucoup de temps qu’elle n’avait pas vu le visage délicat d’Ailis. Une agente occasionnelle mais très efficace dans les bas-fonds de Dénérim, voilà quelques années maintenant. La féreldienne avait peut-être pu capter une partie de l’échange, ce serait une excellente nouvelle. Après tout, la survie de quelques-uns de ses agents en dépendait, ce serait tout de même irritant de perdre de si bons informateurs.
S’asseyant sur le siège en face de la noble, elle lissa d’un air tranquille quelques plis sur son jupon avant de prendre une gorgée de son verre. Prenant le temps d’examiner la jeune femme en face d’elle elle finit par replier son éventail, un sourire fin sur les lèvres : son masque ne cachait que la partie supérieure de son visage, elle ne doutait pas avoir été reconnue, malgré les années qui passaient.
Un plaisir de vous retrouver Ailis…

Et un plaisir d’autant plus renouvelé si la jeune femme répondait à ses questions, lui fournissant les informations désirées.
Dites-moi, vous avez toujours les oreilles aussi attentives qu’auparavant ?


PROCHAIN NIV. :
Invité
Invité
Posté Dim 18 Mar - 21:44

Alors qu'elle maudissait intérieurement le serveur qui avait gâché son début d'enquête - ses réflexes n'avaient finalement pas été effacés par ces années surveillée par celle qui avait fait d'elle une Garde -, une noble orlésienne était venue s'asseoir en face d'elle. Elle essayait de ne pas la dévisager, mais ses traits, bien qu'entrevus rapidement pendant qu'elle buvait à son verre, lui disaient quelque chose. La dame finit par fermer son éventail, et un sourire se dessina sur les lèvres d'Ailis. Bien que le haut de son visage était recouvert d'un masque, elle reconnaissait sans l'ombre d'un doute la maître espionne pour qui elle avait travaillé de temps à autres, à l'époque où elle arpentait les rues de Denerim.

- Un plaisir de vous retrouver Ailis...
- Le plaisir est partagé, Leliana.

Elle n'avait pas croisé la maître espionne depuis des années, et si leurs relations n'avaient été que d'ordre professionnel, elle l'avait toujours appréciée, et respectait grandement ses qualités et capacités, dont l'écho n'avait cessé de lui parvenir dans la Garde.

- Dites-moi, vous avez toujours les oreilles aussi attentives qu’auparavant ?

Ailis n'eût pas à réfléchir longtemps pour comprendre de quoi il était question. Peut-être même que Leliana ne serait pas venue la voir, si elle n'avait pas été en mesure d'entendre la conversation des deux inconnus qu'elle avait perdus de vue. Mais devait-elle lui donner ses informations aussi aisément ? Une partie d'elle voulait négocier, comme à Denerim. Mais elle n'était plus à Denerim.

- Et bien, cela dépend... J'ai bien entendu des choses, mais j'aimerais pouvoir les comprendre.

Voilà que sa curiosité prenait le dessus. Son statut de Garde l'empêchait-elle de prendre part à une affaire louche ? Bien sûr que non, tant qu'elle se positionnait du bon côté des choses. Et puis, elle avait prévu de passer la nuit à Val Royaux, alors pourquoi ne pas en profiter pour s'amuser un peu ?

- Je suis prête à vous les donner, à condition de ne pas être laissée sur la touche. Des bras supplémentaires ne vous seraient-ils pas utiles, le temps d'une journée ?

Elle leva son verre vers la maître espionne puis le termina. Elle donna quelques pièces au serveur, payant ses deux verres, mais aussi celui de Leliana. Une manière comme une autre de lui faire entendre que ce n'était pas l'argent qui l'intéressait, contrairement à l'époque de leur collaboration. Enfin, collaboration était un grand, puisque Ailis travaillait pour elle. Elle n'agissait que pour survivre, à Denerim. Aujourd'hui, elle vivait.

- Ce serait pour ce soir, à la Porte de la Nuit.

Elle planta ses yeux dans ceux gris-bleu de la maître espionne. A présent, c'était à elle de parler.
PROCHAIN NIV. :
Invité
Invité
Posté Mar 20 Mar - 15:51

D’inattendues retrouvailles
Souvenirs, souvenirs




Un plaisir de vous retrouver Ailis...

Le plaisir est partagé, Leliana.

Des années qu’elles ne s’étaient pas vu, c’était plaisant de voir quelle femme Ailis était devenue : la jeune fille traînant dans les bas quartiers de Dénérim était devenue une femme sûre d’elle qui (à en juger les informations qu’elle avait sur la Garde des ombres) avait trouvé une cause à servir.
Et l’esprit de la brune était toujours incisif : la récolte d’information était toujours un instinct pour elle puisque lorsque la rouquine évoqua quelques oreilles attentives, le regard clair de la féreldienne s’illumina aussitôt. Bien : elle tenait à savoir ce que les deux hommes avaient échangés.
Mais évidemment, elle s’attendait à devoir régler une contrepartie : Ailis était trop fine pour rendre service gratuitement dans un milieu où rien n’était gratuit. De l’argent ? Sa paye de Garde et ses valeurs la nourrissait probablement mieux que les missions de mercenaire à Dénérim. Des informations ? Un service en retour ?
Et bien, cela dépend... J'ai bien entendu des choses, mais j'aimerais pouvoir les comprendre.

Un sourire fin habilla les lèvres de la maître espionne. Voilà que son ancienne indicatrice se révélait curieuse…Amusant de remarquer à quel point la brune jouait maintenant de manière bien plus mature qu’auparavant. Si la féreldienne n’était pas aussi… féreldienne, le jeu et la maîtrise de l’art des bardes aurait pu l’intéresser.
Enfin : voilà qui rendait sa visite à la capitale plus divertissante que prévue, c’était toujours bon à prendre, surtout quand la cour orlésienne rejetait de manière aussi vive tout ce qui touchait à l’Inquisition. Parfois le Jeu lui manquait un peu. Mais c’était un péché de sa part de songer à cela alors qu’elle avait trouvé la rédemption aux côtés du héros. L’heure n’était plus aux assassinats et aux secrets sous le manteau. Le moment était devenu bien plus grand : l’heure était aux causes à servir à au sauvetage de Thédas.
Je suis prête à vous les donner, à condition de ne pas être laissée sur la touche. Des bras supplémentaires ne vous seraient-ils pas utiles, le temps d'une journée ?

Nous avons donc un marché.

Etre aidée d’une Garde des ombres aux compétences déjà éprouvée serait toujours une aide. Et elle pouvait se permettre de révéler quelques informations à Ailis. Son verre fut payé et le regard clair de Léliana sourit à la place de ses lèvres : la brune avait décidément grandi. De toute évidence, elle jouait maintenant dans une autre cour.
Ce serait pour ce soir, à la Porte de la Nuit.

Léliana rouvrit de nouveau d’un coup sec son éventail avant de répondre à son tour :
Ces deux hommes sont les seuls à avoir repéré un de mes agents doubles dans le camps des venatoris. Il faut les tuer avant qu’il n’élimine mon agent. Ou pire : qu’il soupçonne les autres informateurs qui sont dans leur rang.

Ces informateurs et ces agents n’étaient pas de grandes pontes : quelques cireurs de bottes et sous fifres. Mais chaque information qu’il transmettait était d’une importance vitale pour l’Inquisition.
Avec votre aide, donc, je précéderais les assassins au rendez vous de ce soir.

D’un mouvement fluide, elle se leva, hocha la tête dans un salut et partit de la terrasse. Les deux femmes se retrouveraient à l’heure dite à la Porte de la Nuit. Elle, elle devait se changer pour des vêtements plus propices aux meurtres.

PROCHAIN NIV. :
Contenu sponsorisé
Posté
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum