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Posté Mer 3 Jan - 19:08




Sauver le soldat Elian’Ha
Ou les lames de la vengeance


Le comportement d’Elian’Ha était définitivement étrange. Perturbée, lasse en même temps, je mettais le tout sur sa fatigue qui était visible. Je m’attendais cependant à un regain de vengeance et de violence, mais elle était trop… détachée. Elle fuyait. Bon, je sais que des deux c’est moi la plus impulsive, mais quand même ! J’acquiesçais, la laissant partir et me tournant vers Will avec un sourire mauvais.

Parfait ~… Alors mon petit porc, que vais-je bien pouvoir faire de toi….

Je m’étais approchée de lui, réfléchissant à la marche à suivre. Tant de possibilités pour s’amuser ! Mais c’était un Corbeau, et il n’allait pas répondre à mes questions avec facilité. Que faire, que faire. Bon, déjà l’empêcher de partir, c’est la première chose. Le poison paralysant était efficace, mais avec l’habitude des Corbeaux sur ces types de produit il n’allait pas être actif très longtemps. Je m’accroupissais à côté de lui, prenant une de ses jambes. Il se mit à vociférer, gigotant pour se débattre et usant de sa fierté blessée comme dernier rempart.

Je ne dirais rien, même si tu… argh !

Il y eut un craquement sinistre suivis de son hurlement de douleur, alors que je venais de lui briser la cheville. Je n’attendais qu’il finisse de crier comme in goret, enchainant avec l’autre pied. C’est fou ce que je peux faire plus facilement maintenant. La force des Gardes des Ombres n’était pas anodine. Bref, il continuait de couiner, et je le rabrouais en ronchonnant.

Voyons voyons, un peu de tenue ! Ce n’est pas parce que je te brise quelques os qu’il faut couiner comme ça. Tss tss tss, vous êtes devenus des moineaux plutôt que des Corbeaux ma parole…

C’était une véritable désapprobation. Bon, de mon côté je ne suis pas certaine de pouvoir mieux me tenir, mais bon je ne suis plus corbeau alors, y’a prescription… Une fois immobilisé, je m’asseyais sur lui sans aucune gêne, le toisant et continuant à le maintenir au sol avec une certaine facilité. Je voyais toute la douleur et la colère dans ses yeux, c’était très stimulant. Je n‘arrivais pas à calmer mon envie de sang et de violence, il faudra que je fasse attention à ne pas trop l’abîmer.

Alors, on va jouer à un jeu très sympa et très simple. Je te pose une question, tu y réponds, et je te laisserais en vie. Si tu ne réponds pas, je vais augmenter la difficulté. Ca te va ?

Je souriais, m’attendant bien entendu à une réponse pas très positive. Il me cracha au visage, vociférant de nouvelles menaces. Bingo.

Tu peux toujours aller te faire foutre sale cat….

Le bon pain dans sa tronche s’envola avec brio pour le faire taire, ne lésinant par sur la force pour que ça lui fasse bien mal. Je souriais toujours, répondant avec une bonne humeur et un entrain typique des psychopathes en pleine action.

Mauvaise réponse ! Allez, on recommence avec une autre question….

Je réfléchissais un peu, alors qu’il me regardait de son œil qui commençait déjà à bien gonfler. Sa lèvre était fendue, saignant un peu. Mais ce n’était que le début. Il grogna, un sourire narquois étirant son visage boursoufflé.

Tu crois vraiment que je vais te répondre ?

Je lui souriais en retour, ou plutôt mon sourire se fit plus malicieux et mon regard plus brillant d’excitation. Ma réponse fut à la hauteur de ses peurs, n’ayant aucun scrupule à faire mal et à torturer pour le plaisir.

Non, mais ça m’amuse de tester certaines petites choses…

Cette petite voix suave faisait froid dans le dos, et je pus sentir qu’il se raidissait. L’odeur de la peur également, assez caractéristique. Parfait, il pouvait avoir peur, je n’allais pas lésiner sur la dose… La séance de torture se passa plutôt bien. Bien dans le sens où j’arrivais à me défouler, même s’il refusait de répondre à mes questions. Il était amoché mais en vie, par contre pour ce qui est de ses mains je ne donnais pas cher de son rétablissement. Phalanges coupées, poignets brisés, oreilles coupées, idem pour le nez... Je me titillais à lui crever les yeux aussi, mais j’arrivais à une certaine lassitude. J’aimais torturer, mais je m’en lassais bien vite. Il y avait du sang de partout, mais il restait têtu et buté comme un cochard. Je soupirais, lasse de ce petit jeu.

Bon, tu es coriace, je le reconnais. On va passer aux choses sérieuses à présent.

Il ne voulait pas répondre ? C’est pas grave, j’ai un autre argument de taille. Je fouillais dans l’une de mes pochettes de ceinture, finissant par sortir une petite fiole sombre. Je jetais un regard vers la sortie de la grotte, vérifiant bien qu’Elian’Ha n’était pas présente. Inutile de courir des risques inconsidérés. J’ouvris le bouchon, et sans trop de mal réussi à en mettre dans la bouche de ma victime. Il voulut se défendre et cracher le produit, mais c’était trop tard. Le reste des gouttes, je les versais sur ses plaies ouvertes. Il devait s’attendre à du poison sans doute, mais c’était loin d’être ça. Enfin, pas vraiment…

Est-ce que tu sais ce que c’est, par hasard ? Et ne me répond pas du poison, c’est d’un commun...

Je le regardais, rangeant ma précieuse fiole vide dans ma poche. Il fronça des sourcils, son regard semblant chercher une réponse.

Qu’est ce qu….

Mais bientôt il devint silencieux, et je sentis de nouveau cette peur. Son regard fixé sur le blason des Gardes en disait long. Il avait compris, et il n’était pas sorti de l’auberge. Enfin de la grotte, en l‘occurrence. Je souriais, comme un prédateur observant sa proie condamnée.

Tout à fait, c’est du sang d’Engeance ! Récupéré il y a plusieurs jours, mais toujours aussi efficace. C’est pas mal non ?

Je riais légèrement, me disant que c’était une bonne punition pour lui. Etre entaillé et brisé de partout c’est une chose, mais être rongé de l’intérieur et lentement, devenir petit à petit fou en entendant des voix lugubres, c’en était une autre… La peur avait pris possession de sa voix à présent, et il se remit à couiner.

Mais… Tu es cinglée ?!

Il était connu que cette mort, entachée par l’Enclin, était l’une des plus douloureuse et terrible. Il devait sans doute déjà sentir son sang se glacer petit à petit. Oui, un Garde qui met délibérément ce type de poison dans une personne, on pourrait la considérer comme folle ou cruelle. Sauf que moi j’étais les deux, et ne m’en cachais pas.

Non, je suis Garde des Ombres ET ancienne Corbeau. Je suis violente, avec les bonnes méthodes de tortures et le manque de pitié. Je ne fais que croiser les méthodes et les ressources, voilà tout ~… Donc, d’ici quelques heures ton corps va défaillir, commencer à te brûler de l’intérieur. Puis ce sera quelques jours d’agonie, atrocement douloureux. C’est pas vraiment le pied, crois moi…

J’en avais vécu une partie, n’ayant vu ma survie qu’au passage d’un patrouille de Gardes. Mais j’en avais assez bavé pour savoir que je ne voulais pas revivre ça. J’haussais les épaules, car après tout cela reste son choix, pas le mien.

Mais tu as de la chance, car je suis Garde ! Je possède donc le moyen de te faire passer le rituel pour survivre. Tu es un connard, mais tu as du talent qui pourrait nous être utile. Dis-moi ce que je veux savoir, et tu auras une chance de survie et de devenir indépendant des Corbeaux. Ca te tente ?

Je lui jetais un regard interrogateur, me demandant s’il allait enfin capituler. La panique se lisait dans les yeux. Mourir oui, mais dans une telle agonie… J’enfonçais un peu plus le couteau dans la plaie, posant ce dernier ultimatum.

Ce sang t’a condamné, et tu dois déjà le sentir en toi. Choisis tu une mort lente et terrifiante, ou alors la survie avec l’option d’une mort rapide et indolore ?

Car la mort par l’enclin était bien terrifiante. Des visions, des voix, tout ce charme bucolique et si rural des Tréfonds. Une des facettes si amusante et fascinante de cette Corruption. Les légendes à son sujet étaient multiples, parfois exagérées mais la plupart du temps dans le vrai. Ces préjugés sur le sujet aidèrent sans doute notre Corbeau déplumé à se faire une raison. Dans un soupir, il accepta enfin son destin.

Pose-moi tes questions….

Souriant de mon triomphe, je rapprochais mon visage du sien, plantant mes yeux étranges et glacés dans les siens.

Merveilleux ~ ! Qui a envoyé la demande de traque d’Elian’Ha ? Qui est le Maître Assassin derrière cela ? Où puis-je le trouver ? Répond à ces trois questions, et tu pourras espérer survivre.

Il avoua enfin ce qu’il savait sur ce sujet. Mais la recette fut bien maigre. A part le nom du Maître Assassin et une situation géographique vague, je n’avais rien d’autre. Il n’était pas capable de savoir s’il y avait d’autres personnes à la recherche d’Elian’Ha, et donc si le risque était encore là. Bien entendu, avec toute l’équipe de morte cela nous laisserait un peu de temps. Mais combien, ça c’était la question. Brouiller les pistes était une chose, mais à moins de remonter directement à la source et de faire un exemple, il y avait peu de chance pour que la question se règle facilement. Et Elian’Ha n’était pas en état. Elian’Ha… Je devais au plus vite retourner auprès d’elle. Vu son état physique et mental, le Créateur seul sait ce qu’elle mijote toute seule dehors. Au moins, je ne pense pas qu’elle ira bien loin. Je me levais, satisfaite et enfin débarrassée de cette tâche qui n’avait que trop durée. C’était sympa et bien distrayant, mais j’avais d’autres dragons à fouetter.

Parfait ! C’est mieux que rien… Bon, je vais te laisser maintenant, j’ai du travail, avec un peu de chance, les araignées viendront te manger avant que tu ne sois rongé par la corruption.

Sous le regard médusé de Will, je partais tranquillement, allant d’abord auprès des araignées pour récupérer quelques précieuses glandes à venin.

Mais... Mais tu avais dit que…

Je ne pris même pas la peine de me tourner pour lui répondre, continuant à m’affairer avec mes dagues.

J’ai dit que je pouvais, pas que je le ferais. Tu avais une chance, mais vu ce que tu as fait à ma sœur hors de question de te laisser vivre, ni de t’accorder une mort rapide. Bon déclin avec ton enclin, ha ha ha !

Je riais, allant à présent dépouiller les cadavres. Il croyait quoi, que j’étais la Divine toute pleine de compassion ? Ha, il était bien drôle lui. Je partais, n’oubliant pas d’égorger ceux qu’Elian’Ha n’avait pas tué avant de s’en aller. Will hurlait, me maudissant tout en me suppliant de l’achever au moins. Non, il n’aura pas ce luxe ni cette compassion. Il n’en avait aucune, alors pourquoi le ferais-je ? J’en suis moi-même dépourvue quand il s’agit d’une mission. Merci les corbeaux pour cette belle leçon de vie. Je sortais de la dite caverne, laissant derrière moi les cris demandant vengeance et pitié. Je rangeais mes dagues, marchant tranquillement pour rencontrer assez rapidement Elian’Ha qui revenait de sa petite baignade. Je lui souriais, pour la rassurer, même si mon uniforme couvert d’éclaboussure de sang n’avait pas forcément de quoi être jovial. Mais entre assassins, on ne fait plus attention à ce genre de détails. J’allais lui demander si sa trempette s’était bien passée, quand elle se jeta littéralement dans mes bras pour se mettre à me serrer et à sangloter. Je me figeais, surprise et en savant pas quoi faire. Trop d‘inconnues et d’aberrances dans l’équation, mon esprit gelait sur place. Je l’écoutais, entre deux sanglots. Partir, c’était une obligation. Et heureusement pour elle j’avais un lieu où l’on pourrait au moins prendre soin d’elle dans l’urgence. Et sans aucun doute l’un des endroits les plus sûrs du coin. Les bras écartés, je finis par doucement la prendre dans mes bras, lui donnant de gentilles tapes dans le dos. Je ne suis pas très douée pour consoler, j’y peux rien. Mais ma voix était pleine de douceur et de compassion, comme pour la rassurer malgré tout.

On va y aller, ne t’en fais pas…. Mais avant, il faut que je vérifie tes blessures et que l’on s’apprête au plus rapide. Nous sommes à une journée de cheval de chez moi. Et puis, il faut que tu manges un peu, pour reprendre des forces.

J’étais moi-même plus calme, maintenant que le danger était écarté. Je la prenais avec moi, pour l’amener au cheval que j’avais volé plus loin. Il y avait aussi le mien, ainsi que ceux des autres corbeaux. Il faudra que je les fouille avant de partir. Peut-être en ramener un au palefrenier du fort, il m’en coudra moins avec un peu de chance. De ma selle, je pris mon sac avec les quelques effets que j’avais chipé avant de partir. Mais également j’allais fouiller sur les sacs des selles des Corbeaux, il y avait sans doute des antidotes à poisons là dedans. Pendant ma recherche, je fis signe à ma sœur de s’asseoir contre un des gros arbres. Quelques secondes après, je revenais les bras chargés de multiples choses, ainsi que d’un sac de provisions. Je m‘asseyais à côté d’elle, posant mon barda sur le sol et commençant à lui donner divers éléments.

Tiens, bois ça… et puis ça aussi tiens. Montre-moi tes plaies, on va tenir ça au mieux jusqu’à ce que je t’amène à notre mage guérisseur. Mange ça aussi, c’est mieux que rien.

Le bon côté quand on était corbeau indépendant et garde indépendant, c’est que l’on prend vite l’habitude de se soigner tout seul. Mais je devais surtout voir ses blessures. Selon son état, il faudra que je quémande au plus vite le guérisseur à Fort Bastel. Mais il y avait également le risque qu’elle soit trop faible pour le voyage de retour. Il n’y avait qu’une journée de cheval, mais cela restait éreintant et s’allongera sans doute vu que je ne pourrais pas aller trop vite. C’était un dilemme, et la peur de la perdre s’accentua. Mes yeux n’étaient pas dupes en se posant sur elle. Elian’ha était très mal en point, autant physiquement que mentalement. Et si son esprit flanchait, son corps risquait de suivre également. Je ne voulais pas savoir ce qui lui était arrivé, ni le pourquoi du comment. Pas maintenant. Pendant qu’elle me laissait voir ses blessures, je faisais agréablement la conversation, juste histoire de nous changer un peu les idées.

Pour Will ne t’en fais pas. Je lui ai pété les os des chevilles et des poignets, et je lui ai donné du sang d’engeance. Il va souffrir le martyr pendant quelques jours, ça lui apprendra. Il n’a pas beaucoup parlé, mais j’ai suffisamment d’infos pour avoir une piste.

Je souriais, heureuse à l’aidée qu’il allait atrocement souffrir pendant ces prochains jours. Mais avec les blessures que je lui avais infligé, il allait sans doute mourir avant. Sauf si une araignée ne revenait pendant la nuit, attirée par l’odeur du sang, pour s’en délecter. On sait que ces petites bestioles préfèrent la viande fraiche et vivante à celle froide et morte. Quoi que dans son cas, il commence déjà à pourrir de l’intérieur. Bien fait pour lui, ha ha ha !



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Posté Mar 16 Jan - 9:38

Une poupée. C’était ce qu’elle était. Elle se laissait manipuler par Tullia sans même essayer de se débattre. Elian’Ha ne faisait que la regarder sans savoir quoi dire ou quoi faire. Que pouvait-elle faire de toute façon ? Si elle avait tenté de dire que tout allait bien, elle aurait eu le droit à une remarque. Tout son être savait qu’elle n’était pas bien. Elle était mal. Aussi bien physiquement que psychologiquement. Elle ne voulait plus de tout cela. Ainsi, lorsque Tullia la fit asseoir contre un arbre, elle s’assit docilement en regardant les alentours.

Elle ? Docile ? Elle ne l’avait jamais été. C’était l’une des personnes les plus rebelles chez les corbeaux. Même malade -quand elle l’avait été- elle n’avait jamais été docile, refusant de se laisser soigner. Désormais, elle comprenait sa mère quand cette dernière lui disait que perdre son enfant était pire que la mort. Une partie d’elle avait été sauvagement déchiré de son être. Une partie d’elle manquait et elle n’était pas sûr de la retrouver un jour.

Lorsque Tullia revient, elle leva lentement son regard vers sa sœur et regarda les concoctions qu’elle lui tendit. Elle les bu non sans grimacer, avant de soupirer à la demande de Tullia. Avec la même lenteur qu’avant, elle se débarrassa de ses vêtements, laissant sa consœur voir la funeste peinture qu’elle était. La partie haute du corps jusqu’à la poitrine était recouvert de sorte de piqures et de coupures, plus ou moins profondes, tandis que le ventre était recouvert de bleu. Mais ce qui sautait le plus à l’œil c’est que ce dernier aurait dû être arrondi de par l’enfant qu’elle attendait, alors qu’il en était rien… Il était gonflé par les coups, certes, mais plat. Tout son corps tremblait, mais pas à cause du froid ambiant. Elle se retenait de s’effondrer, puisant dans ses dernières forces pour rester debout et consciente.

Elian’Ha sursauta légèrement quand elle sentit les mains de sa sauveuse sur elle pour la soigner et elle frissonna en fermant les yeux. Elle se faisait fureur pour ne pas dégager sa main de son corps. Si bien qu’elle serra les poings et s’enfonça les ongles dans sa chair pour s’en empêcher, elle ne voulait pas jeter Tullia et ses services. Soufflant un bon coup, la rousse rouvrit les yeux pour regarder l’ancienne corbeau. Elle voulait penser à autre chose pour le moment et parler d’autre chose que de ce qu’il était advenu de Will ou des corbeaux ou encore de ses blessures. Elle se racla la gorge et s’humidifia les lèvres, allant prendre l’une des mains de Tullia.

Comment te portes-tu toi ? Tu es bien chez les gardes ?


Elle détailla cette dernière, un léger sourire sur le visage. Elle n’avait décidément pas changé. Enfin, si. Mais elle restait toujours la Tulli de son passé, la Tulli qu’elle avait entraîné et dont elle s’était attachée. Le sourire de la meurtri trembla pour disparaître, tandis qu’elle se remit à sangloter. Elle avait imaginé cette dernière jouer avec son enfant, lui apprendre à se battre et à faire des bêtises ensemble. Il semblait loin désormais ce temps. Ses rêves et illusions étaient partis en fumée.

Cependant, elle savait qu’elle ne devait s’en prendre qu’à elle-même. Elle avait merdé, elle le savait. Si elle n’avait pas foiré cette mission avec le Baron, elle aurait pu s’en sortir, mais elle avait été découverte. Même le fait de jouer un rôle n’avait pas suffi. Désormais toute sa petite vie paisible venait de s’évaporer.


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Posté Dim 28 Jan - 20:54




Sauver le soldat Elian'Ha
Ou les lames de la vengeance


J'effectuais ma petite examination, Elian'Ha se laissant docilement faire. Mes mains étaient un peu froide, et je la sentis se crisper sous mes doigts. Mais le moment n'était pas à la délicatesse et aux précautions. Je devais faire vite pour évaluer les dégâts. Je n'étais pas guérisseuse, mais l'expérience m'avait donné au moins la capacité d'estimer si une personne pouvait être sauvée ou non. Tout ce qu'il me fallait ici, c'était stabiliser Elian'Ha le temps que je la ramène à Fort Bastel pour voir le guérisseur. Là, il pourrait faire quelque chose pour elle de mieux que de simples potions. Pendant que je l'oscultais, ma soeur voulu faire un peu la conversation, sans doute pour se changer les idées. Mais à peine je commançais à répondre naturellement, qu'elle se mit à sangloter. Je fronçais des sourcils, continuant cependant d'effectuer mes vérifications et de parler, ignorant ses pleurs.

Ho tu sais, la routine ! On crève des engeances, je me balade pour recruter des gens.... je rentre à Fort Bastel pour m'amuser un peu et leur secouer les puces, puis je repars ! J'ai plus de liberté que quand j'étais Corbeau finalement, et le Commandant Reyner est très sympa. Je lui fais souvent des misères, mais est tout choupi et tolérant. Sûrement l'un des rares à me supporter et à ne pas me prendre pour une folle, fu fu fu ~...

Je riais un peu, baissant ses vêtements. J'avais terminé, et ce n'était pas joyeux. Il n'y avait pas de blessures externes profondes, mais ses bleus sur son ventre m'inquiétaient vraiment. Elle continuait de pleurer, et je ne savais pas trop quoi faire. Ce n'était pas mon domaine que de rassurer les gens ou les consoler. En général, je les fait fuir, pleurer ou rire. Mais là, je sentais bien que l'humour n'allait pas m'être d'un grand secour. Je soupirais légèrement, la regardant d'un air triste et compatissant.

Bon, je ne vois pas de plaies importantes, et je t'ai donné de quoi contre carrer les poisons de leur lames. Par contre, ces bleus m'inquiètent et tu es trop faible. Il faut que je te ramène à Fort Bastel, pour voir notre mage guérisseur.

Elle continuait de pleurer, et cela m'inquiétait de plus en plus. Elle craquait psychologiquement, et cela n'allait certainement pas aider à sa guérison. Le courage et la survie aident le corps à résister, tout comme le désir de vengeance. Mais je ne sentais émaner d'elle que tristesse et résignation. Comment lui en vouloir, elle en avait bavé. J'étais incapable de me mettre à sa place, perdre son amant puis son bébé même pas né. Je n'étais pas capable de comprendre ni de ressentir sa douleur, seulement compatir et avoir mal de voir ma soeur ainsi souffrir. Mais elle devait survivre. Il le fallait. Sinon, je ne lui pardonnerais pas de me laisser toute seule. Je fouillais dans ma sacoche, ayant une solution pour ce petit soucis. Si penser la faisait souffrir, alors le seul moyen pour elle c'était de ne plus penser. L'inconscience était le plus grand des réconforts et me donnait du temps, mais je n'allais pas la frapper pour cela comme à l'ancienne. A la place, je lui donnais un tranquilisant, utilisé pour le kidnapping ou bien pour capturer certaines proies vivantes. Je sortais un petit sachet contenant de la poudre, puis une autre fiole. Je mis un peu de poudre, très délicatement, dans la fiole puis la remplissais avec de l'eau. Je secouais le tout après avoir rebouché, donnant ensuite la décoction à ma soeur.

Bois ça... Un sommeil salutaire, sombre et sans rêve. Quant tu te réveilleras, tu seras au chaud et en sécurité.

Je la faisais boire, l'aidant comme je pouvais vu sa faiblesse. Puis une fois cela fait, je la pris dans mes bras, la serrant contre moi et la cajolant, comme une mère voulant aider son enfant à s'endormir en la berçant. La potion allait vite agir. Pour la calmer, je lui parlais d'une voix douce et enjoleuse, sur des tons plus bas et à un rythme plus lent.

Fait moi confiance, soeurette. Je te protègerais, même si je dois brûler la moitié de Thédas pour cela. Dors du sommeil du juste, et pose ton fardeau sur mon épaule pendant ces quelques moments...

Je la sentis petit à petit se détendre, jusqu'à ne plus entendre les pleurs. Son corps était affalé contre le mien à présent, inerte et apaisé par le sommeil. Je devais faire vite. Je l'allongeais délicatement sur le sol, puis bondissais en vitesse pour tout préparer. Ranger le campement de fortune, rassembler les chevaux, bien vérifier que toutes mes prises étaient bien dans leur sac. Une fois cela fait, j'enroulais Elian'Ha dans une couverture chaude, puis la portais jusqu'à mon cheval. La route allait être longue, mais avec plusieurs chevaux je pourrais les pousser et aller plus vite en changeant régulièrement. Ce fut un peu compliqué de mettre ma soeur sur le cheval de manière confortable, mais je finis par y arriver. La calant contre moi devant la selle, je talonnais mon cheval pour qu'il parte au galop. C'était bientôt la fin de la nuit, et avec un peu de chance je pourrais arriver en fin d'après midi.

Le voyage fut long et éreitant. Je vérifiais régulièrement Elian'Ha, son pouls et sa respiration. Un tel voyage dans son état n'était pas conseillé, mais je n'avais guère le choix. Rester dans les parages sans savoir si d'autres Corbeaux étaient à ses trousses serait du suicide. Fort Bastel était la meilleure solution. Il faudrait être fou pour oser s'en prendre à cette forteresse, et on n'y entrait pas comme dans un moulin. De plus, là bas je pourrais plus facilement monter la garde le temps qu'elle soit rétablie. Le jour suivait son cours, gris et maussade. Sur les 4 chevaux, j'en avais épuisé 3, gardant mon cheval de Garde pour la fin du voyage. J'avais laissé deux chevaux, gardant seulement le quatrième attaché à ma selle pour qu'Elian'Ha puisse partir avec lors de son voyage de retour. Le soleil se rapprochait dangereusement de l'horizon quand je voyais enfin les remparts de la forteresse. Le soulagement me gagnait, faisant accélérer mon cheval qui était trempé par l'effort. Telle une furie, j'entrais au galop dans la cour du fort, les gardes ayant reconnu au loin ma chevelure blanche et les habits de gardes sur le cheval pour me laisser passer. Là, je criais pour que les gens se poussent, des gardes trainant souvent en début de soirée dans la cour pour discuter ou pour le changement de patrouille.

OOOOOOOOOOON DEGAAAAAAAAAAGE ! Livraison express, faites place !!!

J'arretais mon cheval net, qui tremblait et suais. Je ne parlais même pas du deuxème, qui avait peiné à suivre. Je descendais vivement de mon cheval, prenant Elian'Ha dans mes bras en le laissant tout seul. J'étais également fatiguée, mais l'urgence de la situation me donnait une dernière force. Plusieurs gardes vinrent vers moi, inquiets de voir que ce que je portais dans les bras semblait être un être humain, ou un elfe. en général, quand je ramène quelque chose, c'est plutôt mort ou en train de glapir pour fuir. Je reconnaissais l'un des gardes elfes, Dalen, qui était un bon ami. Sans m'arrêter, je l'interpelais pour qu'il aille chercher le guérisseur.

Où est Gaylord ? J'ai besoin de lui en toute urgence, et de son guérisseur mage. Vite !!

Il hocha de la tête, partant vite pour le chercher. A voir ma tête, il avait du comprendre que c'était grave. Et ça l'était. J'avais amené Elian'Ha dans ma chambre, ou plutôt dans le baraquement des femmes dans lequel je logeais quand j'étais à Fort Bastel. Je la déposais sur mon lit, Gaylord et son assistant mage arrivant peu après. Leur diagnostic n'était pas des meilleurs, il fallait agir vite. Elian'Ha était très faible, et malgré la magie pour réduire l'hémorragie interne, elle restait dans un état précaire. Je restais donc à ses côtés, comme une louve surveillant ses petits, faisant uniquement des allers et retours pour chercher à manger, Gaylord quand elle me semblait basculer vers la mort et les latrines pour aller pisser un peu. Quand même... Beaucoup de questions fusèrent, mais seulement quelques un osèrent me les poser. J'avais une mine tellement affreuse, étais tellement sur les nerfs et à fleur de peau que j'étais plus agressive qu'une wyvern en chasse. Le Commandant Reyner fut le seul qui reçut une explication valable, et pour cause. Je devais défendre la cause de ma soeur auprès de lui, pour obtenir de lui son accord pour la garder ici un moment, le temps qu'elle aille mieux. Je ne pouvais cacher le fait qu'elle était Corbeau, car il fallait que les autres Gardes soient plus méfiants dans la surveillance du fort. Cela mettait également en danger les autres Gardes, même s'il faudrait être fou pour s'attaquer à fort Bastel et à son bataillon. Il fut conciliant, sûrement par gentillesse envers moi, ne m'ayant jamais vu aussi bouleversée et concernée par le bien être de quelqu'un. A part le sien, bien entendu c'est mon commandant Riri. Il prévint tout le monde, m'enjoignant également de me reposer. Mais j'étais trop sous tension pour oser fermer les yeux plus de trois heures par jour. Cependant, les Corbeaux n'étaient pas mon seul soucis pendant ces quelques jours. Bien que l'état d'Elian'Ha s'était amélioré, après quelques épisodes de délires et de fièvres, certains gardes vinrent se plaindre directement à moi qu'il n'appréciaient pas qu'un criminel tel qu'un Corbeau soit ainsi hébergé chez eux. C'est ainsi qu'un beau matin, je me confrontais à l'une d'entre eux juste devant son lit, alors que je sortais voulais sortir pour lui chercher du bouillon. C'était une garde d'un certain âge, une mage en fait qui était la chaperonne du groupe et se trouvait souvent en confrontation verbale avec moi. Elle se voulait être Vertue et Conscience, Sagesse et Honneur. Mais c'était qu'une chieuse de cathédrale Chantriste oui ! Elle avait osé venir me voir pour critiquer la présence de ma soeur en ces lieux, et bien que sa voix soit douce et posée, elle ne rencontra que froideur et regard meutrier de ma part.

Elle ne peut pas rester ici. C'est une Corbeau, et vu la situation actuelle c'est....

Je la coupais immédiatement, pointant sur elle un doigt accusateur et parlant en des termes et un ton tranchants.

Attention à ce que tu dis, Clay. C'est MA soeur, et j'ai reçu l'autorisation du commandant. Tu la touches d'un SEUL cheveux, et je te jure que ton rêve sera de mourir dans les Tréfonds !

Elle leva les yeux vers le ciel, levant légèrement les mains comme si elle ne cherchait pas le conflit. Elle me prenait pour une cruche en plus ? Elle allait s'en prendre une dans deux secondes, ça je le garantissais.

Mais non, je ne voulais pas dire que...

Elle s'interrompit et regarda soudainement derrière moi. Je me retournais, pour voir Elian'Ha réveillée et tenter de se relever sur le lit. D'un bond j'étais à ses côtés, me tournant juste pour dire à la mage chantriste de mes deux d'aller chercher le guérisseur.

Ha, Elian'Ha ! Clay, va chercher Gaylord s'il te plait. Vite !

Celle-ci resta interdite un moment, fronça des sourcils en signe de désapprobation puis s'en alla. De mon côté, j'avais totalement oublié son existance, tellement soulagée de voir Elian'Ha réveillé. Mes yeux brillaient d'espoir, et je souriais, comme une idiote. Enfin, comme d'habitude quoi.

Enfin, réveillée, c'est une bonne nouvelle ! Comment tu te sens ?

Elle avait été inconsciente un moment et nous avions fait ce que nous pouvions. A présent, seule elle était capable de nous dire ce qui la gênait pour la guérir plus précisément. Gaylord avait beau avoir dit que tout était pour le mieux maitnenant, mais je ne pouvais être totalement rassurée que si je l'entendais de sa bouche. Si au moins physiquement elle allait mieux, je pourrais me sentir soulagée.
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Posté Lun 29 Jan - 14:05




Il n’y avait pas de mots pour décrire ce que ressentait Elian’Ha. Vide. Je pense que c’est celui qui la correspondait le mieux. Elle n’en avait plus rien à faire de ce monde et de ce qui l’entourait. C’était horrible à dire, mais elle n’en pouvait plus. Elle regardait Tullia la soigner et elle ne pipait mot, ce malgré la douleur. C’était comme des aiguilles qui la transperçaient, comme un feu qui léchait sa peau pour faire fondre la chair. Alors que ce n’était rien d’autre que des soins.

La suite fut plus agréable. Tullia parlait de dormir. Oh si elle savait. Dormir, elle ne voulait que cela, mais elle ne voulait pas du réveil qui allait avec. Si bien qu’en la voyant faire la conviction, elle faillit demander d’en mettre plus afin d’abréger ses souffrances. C’était sans compter sur une part d’elle qui prit le dessus. Elle ne pouvait pas, ou plutôt, elle ne voulait pas faire subir cela à sa sœur. Non, elle ne le pouvait définitivement pas. Néanmoins le breuvage allait la faire dormir. Elle pourrait se reposer ne serait-ce qu’un peu.

Après avoir bu la concoction, elle se laissa aller dans les bras de sa protectrice et elle ferma les yeux, s’envolant rapidement pour un monde noir de songe. Au début de ce songe il n’y avait rien. C’était comme si elle était entouré de ténèbres et qu’elle tombait, s’engouffrant dedans pour s’y laisser noyer. C’est après un petit moment qu’elle se rendit compte qu’elle flottait. Elle ferma les yeux et les ténèbres se changèrent en images du passé. Ou était-ce du futur ? Elle ne le savait pas. Elle voyait des enfants courir dont une petite fille rousse. Trop loin cependant pour être identifié.

Ce n’est qu’après que ce qui semblait être un rêve se changea en cauchemar. Elle tomba vraiment, pour finir sur une chose tout sauf moelleuse. C’était dur, écailleux et ça grognait. Rouvrant les yeux, l’elfe se trouva nez à nez avec une wyverne tout sauf docile. Normale, me direz vous. La rousse se releva brusquement et tenta de faire face la bête qui faisait 5 fois sa taille. Son cœur battait la chamade, résonnant dans sa poitrine et elle déglutit. Pour la première fois, elle avait peur.

Première fois ? Non. Elle avait déjà eu peur. Peur de Will, peur de la personne qui avait commandité sa mort, peur de perdre son enfant. Elle connaissait maintenant cette sensation qu’elle détestait. Ce frisson qui vous parcourait l’échine, ces goutes de sueurs qui glissaient le long du dos, cette chair de poule qui faisait redresser les poils sur ses bras et à l’arrière de son cou. Dieu qu’elle haïssait cette chose qu’était la peur. Semblant se souvenir d’où elle était, elle fuyait pour tomber nez à nez avec Will qui la plaqua au sol avec un sourire mauvais. Sourire qu’elle ne connaissait que trop bien.

Ne comptant pas se laisser faire, elle prit une dague près des hanches de ce dernier pour lui planter en plein cœur. Cependant, la figure de Will se changea en une figure féminine, plus jeune et rousse. Elle n’avait pas besoin de demander qui s’était. Elle le savait : sa fille. Celle qu’elle aurait dû avoir. Les larmes coulèrent sur ses joues. Elle l’avait tué, son corps reposant désormais entre ses bras. Comment avait-elle pu faire ça ? Tuer son propre enfant ? Une ombre apparut derrière elle.

C’était elle, Elian’Ha, un sourire carnassier sur le visage et le regard froid. C’était elle avant. Avant tout ça, avant qu’elle tombe enceinte. Elle pointa un doigt vers sa propre personne, rigolant de sa misérable apparence et du cadavre qu’elle avait dans les mains, avant de prendre une dague et de la lécher, un liquide vert perlant doucement de la lame. Elle l’a passa sur la joue de la femme meurtri, avant de la planté dans le cœur de cette dernière en lui murmurant :

C’est toi qui l’a tué. C’est toi qui les a tous tué Elian’Ha, car c’est pour ça que tu as été créé.



Elian’Ha ouvrit brusquement les yeux en regardant où elle était. Elle était en sueur et tout son corps était engourdi. Reprenant petit à petit ses esprits, elle entendit deux éclats de voix. Dont une familière : sa sœur. Elle semblait réveillé. Peut-être. Quel était le rêve de la réalité ? Elle ne le savait plus. Elle tenta de se relever avant que sa sœur l’en empêche et déblatèrent des paroles qu’elle ne comprenait qu’à moitié. Elle posa sa main sur son propre crâne en grimaçant avant de regarder Tullia

J’ai mal au crâne et je suis engourdi. Néanmoins je n’ai pas de douleur si c’est ce que tu veux savoir.


L’ancienne corbeau regarda les yeux en se demander où elle était. Le bâtiment semblait accueillir plusieurs personne et connaissant sa sœur, elle devait être à un endroit sur. Un seul lieu lui vont à l’esprit : Fort Bastel. L’elfe ne connaissait l’endroit que de nom, n’y étant jamais allé sous peine de rejoindre les cadavres d’engeances, mais elle savait au moins qu’elle serait en sécurité. Ainsi, elle se recoucha sans se faire prier, soufflant.

Elle semblait moins vide, mais elle n’était pas bavarde pou autant. Une question lui taraudait l’esprit. Elle voulait être sur. Même si la réponse était évidente. Elle attendit ainsi l’arrivé du mage guérisseur ou d’elle ne savait qui, avant de poser la fameuse question tout en serrant les draps :

L’enfant….est-ce que je l’ai perdu ?.... J’ai besoin de savoir.


Oui. Elle devait le savoir. Elle devait savoir si elle pouvait encore avoir un espoir ou si Andrasté où elle ne savait qu’elle dieu avait décidé de tout lui prendre. De tout lui arracher sans émotions, car si c’était le cas, si elle l’avait perdu, elle n’aurait plus rien. A part Tullia. Mais elle n’avait plus de passion pour le meurtre, plu de famille, plus d’emploi. Heureusement qu’elle avait fait des économies. Car elle ne pourrai rester à Fort Bastel. C’était une corbeau, au passé certes, mais quand même et elle n’était pas sûr que tous le monde l’accepte.

Quand pourrais-je partir ?



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Posté Ven 9 Fév - 18:58




Sauver le soldat Elian'Ha
Ou les lames de la vengeance


Voir Elian'Ha se réveiller et ronchonner de manière aussi blasée me rassura. J'étais soudainement soulagée d'un poids, elle était toujours elle-même. Pas en super état, mais quand même la même. Je souriais, ne pouvant cacher ma joie alors que je m'asseyais sur son lit, juste à côté d'elle.

Haaa, tant mieux ! Mais ne me refais plus de peur comme ça, un peu plus et j'allaos cramer tout thédas.... bon, le guérisseur ne devrait pas tarder. Gaylord est ennuyeux et aussi rigide du bulbe qu'un templier, mais il est efficace.

Le fameux guérisseur ne tarda pas à venir d'ailleurs. En quelques minutes il fut là, jetant sur sa patiente un regard soulagé. Il me fit signe de me pousser, pour le laisser l'osculter. Je ne me dis pas prier, restant debout et marchant machinalement de long en large en attendant qu'il finisse son examen. Soudainement, Elian'Ha posa une question étrange. Je la regardais avec surprise, voyant son expression profondément peinée. Pourquoi poser la question, alors qu'elle connait parfaitement la réponse ? Vu la tête de son ventre, elle qui devait être enceinte de 4 mois, c'était une évidence. Je ne comprenais pas, tout comme beaucoup de choses il faut dire, mais je voyais bien que c'était quelque chose d'important pour elle. D'un air sérieux et grave, mais d'une voix calme, Gaylord confirma l'évidence et la terrible vérité.

Malheureusement, oui.... Mais vos tissus ont été correctement réparés, vous n'aurez pas de séquelles.

Donc, elle pourra en enfourner d'autres des brioches, joie et bonheur ! Une bonne chose non ? Il était difficile pour moi d'interpréter les expressions de ma soeur. Ou plutôt, de les comprendre. J'y voyais de la peine, mais également une froideur et un détachement qui faisait froid dans le dos. Je n'étais clairement pas à l'aise, encore plus quand elle demanda assez rapidement quand elle pourrait partir. Je fis de grands yeux, m'insurgeant en quelques secondes contre cette initiative trop prématurée à mon goût.

Partir ? A peine arrivée et déjà tu penses à fourte le camps. T'es pire que moi, ha ha ha ! Ne compte pas partir d'ici avant un moment, il faut que tu te reposes.

Je lui souriais, me voulant rassurante. Elle pouvait compter sur moi, elle le savait non ? Alors pourquoi se presser ? Je pouvais un peu la comprendre, étant passée par la même phase avant elle. Mais j'étais seule en cavalcade, avec personne sur qui compter pour me protéger en cas de coup dur. Nous étions toutes les deux dans le même bateau, et elle avait la chance de pouvoir s'appuyer contre moi. Pourquoi ne pas en profiter ? Mes pensés furent interrompues par l'expression sceptique et le regard légèrement désapprobateur du guérisseur, qui fis une réflexion plutôt froide et insensible.

Mh... Oui, mais dès qu'elle sera assez remise, elle devra partir.

Je dardais sur lui un regard brillant de colère, fronçant des sourcils le fusillant avec verve.

Quoi ? Hors de question qu'on la jète dehors comme ça. Dehors ce n'est pas sûr, elle est trop en danger et pas...

Je fus interrompue par la voix plus forte et calme du guérisseur, qui essayait tant bien que mal de me faire comprendre ses raisons. Ou plutôt, les raisons des autres Gardes et du Fort.

Tullia, elle est aussi bien en danger ici que dehors. Les Corbeaux trouveront bien un moyen de passer nos défenses, et nous ne pouvons nous permettre de mettre en danger les autres. De plus, c'est un Corbeau, et certains ne sont pas aussi tolérants...

Je le regardais avec de grands yeux, ne comprenant pas. J'haussais des épaules, essayant d'élucider là où il voulait en venir. J'étais Corbeau, alors pourquoi son traitement à elle devrait être différent ? En plus c'est ma soeur !

Et alors, moi aussi j'étais Corbeau, ils en font pas tout un fromage ! Je vois pas où est le problème !

Je croisais les bras, faisant la moue. Gaylord leva les yeux vers le ciel, poussant un soupir d'exaspération.

Tullia.... tu es une Garde à présent, et pas elle. Et puis tu n'écoutes personne, les remarques te passent à des kilomètres au dessus et tu es plus insaisissable qu'une anguille. Et tu n'es pas là souvent, c'est pour cela que les autres te tolèrent.

Là, je ne pouvais le contredire. Mais... je n'aimais pas cet état d'esprit, et surtout qu'on en veuille à ma soeur sans une bonne raison. Elle ne leur a rien fait, alors pourquoi être ainsi plein de préjudices et de mauvaises intentions ? Je serrais les dents, pestant contre ces idiots que je savais trop nombreux ici.

Tss... quelle bande de sales petits @#!&!à....

Les mots qui sortirent de ma bouche n'étaient pas en langue commune. Mais même malgré l'accent Antivan, on ne pouvait que comprendre la portée peu flatteuse de leur signification. Je donnais un coup de pied dans le vide, ronchonnant alors que le guérisseur se tournait de nouveau vers sa patiente.

Quoi qu'il en soit, vous pouvez rester ici jusqu'à ce que vous soyez physiquement en état de repartir. Cela devrait prendre une semaine, deux tout au plus. Je vous laisse vous reposez à présent, vous êtes entre de bonne main avec ce... Cerbère du 6e Enclin. Et si tu as un problème avec ça Tullia, va voir le Commandant, il te dira la même chose.


Il parti ainsi, sans demander son reste. A peine avait il le dos tourné que je lui tirais la langue, faisant également semblant de lui donner un coup de pied aux fesses. Je râlais, revenant vers le lit d'Elian'Ha pour m'asseoir à nouveau dessus.

Mhe, quelle rabat joie celui-là.... Ne t'inquiètes pas, ils ne te feront rien, pas sous ma garde. Tu peux rester ici aussi longtemps qu'il le faudra.

Je lui souriais, posant sur elle un regard doux et plein de compassion. Par le saint cul d'Andrastée et du Commandant, ils ne mettront pas la main sur elle ! Que ce soit ces idiots de Gardes intolérants ou bien ces satanés Corbeaux. Mais il n'y avait pas que cela en question. Reprenant un ton plus sérieux, je posais sur elle des yeux perçants.

Mais nous devons également préparer ton... relâché en pleine nature si je puis dire, fu fu fu ~ .... Elian'Ha, je sais que ce n'est pas facile, mais tu dois me dire ce qu'il s'est passé. Comment as tu merdé, et qui a posé la prime sur ta tête pour retrouver ta trace ?

Si je voulais essayer de traquer ceux qui l'avaient ainsi mise en porte à faux, je devais en savoir un maximum. Si je pouvais tuer le commandaitaire, cela donnerait assez de temps à Elian'Ha pour se faire oublier. Du moins, c'est ce que j'espérais.

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Posté Jeu 15 Fév - 22:51

Des cris, des engueulades. Elian’ha soupira. Elle n’en pouvait plus de tout ça, si bien qu’elle décida de regarder ailleurs sans même écouter ce qu’on pouvait lui dire. De toute façon, elle connaissait les réponses oui. Elle soupira avant d’hausses la voix d’une façon qu’elle ne l’avait jamais fait. Oui elle était fatigué et n’en pouvait plus. Oui elle voulait être tranquille, mais pour le moment, tout ce qu’elle pouvait faire était de s’exprimer et elle ne ce fut pas prier :

TULLIA ÇA SUFFIT !  


Elle serra les draps, avant de regarder sa consœur. Elle inspira grandement et se calma un peu, avant de se masser la tempe. Elle ne lui avait jamais parlé pour ça et pour cause. Elle n’avait jamais eu à le faire, comme elle n’avait jamais vécut ce qu’elle avait vécut. Non elle n’allait pas mieux. Elle était toujours autant brisé et ne voulait plus de tout ça. Là elle voulait juste dormir et partir ensuite. Se reposer. Soufflant encore un coup, elle continua de se masser les tempes.

Je n’en peux plus Tullia. Je suis fatigué. Ils ont raison. Je vais déjà mieux et je les en remercie. Je t’en remercie. Mais je dois partir. Je ne peux pas rester. Tu as des choses plus urgentes à régler. Je ne suis pas idiote. Je sais ce qu’il ce passe. Vous n’avez pas besoin de corbeaux en plus. 


Elle leva son regard vers le plafond, avant de se lever tout en levant un doigt vers Tullia pour la défendre de l’aider. Après être resté quelque temps debout sans bouger, elle souffla puis fit un pas et un deuxième. Déclarant qu’elle avait besoin d’air, elle sortit en faisant à Sa sauveuse de la suivre d’un signe de tête. Les bras croisé, elle se dirigea vers un endroit lambda, laissant ses jambes la mener vers une destination inconnu.

 Je ne peux rien te dire Tullye. C’est mon problème. C’est à moi de le régler. Tu as plus important à faire. Les gardes sont en danger. Plus que vous ne le pensez. Tout ce que je peux te dire c’est que chez les corbeaux il y a plusieurs demande d’assassinat chez les gardes. J’ai tué la plupart des demandeurs. Mais l’un d’eux m’a reconnu…. D’où ma situation. C’est tout ce que je te dirai.


Elian’Ha s’arrêta au final, pour regarder le ciel. Elle ferma les yeux. Comment exprimer ce sentiment qu’elle avait ? Elle était bien. Triste, mais… libre ? Elle ne saurait dire comment ou pourquoi. Elle soupira, désormais l’as et fatigué. Avant de décider de retourner dans le lit. Elle s’y installa, avant de poser ses mains sur ses yeux.

J’aimerai bien dormir s’il te plaît… tu peux me laisser ? 


Elle lui fit un léger sourire, avant de se mettre dos à elle et de fermer les yeux, pour dormir. Néanmoins, elle attendit que sa sœur parte et que la nuit tombe, pour se lever. Elle s’habilla comme elle put, avant de sortir. Elle regarda à droite et à gauche, avant d’aller prendre de quoi s’habiller plus convenablement et une cape. Elle laissa un mot, avant de se diriger vers la porte. Là, elle prit un cheval qu’elle calma en dalatien, avant de se diriger vers l’extérieur. Elle monta sur la monture noir de jais, avant de le faire avancer au galop, tenant les rennes.

Elle était désolé pour sa sœur, mais elle avait quelque chose à faire. Et ce qu’elle devait le faire, elle devait le faire seule.


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Posté Dim 25 Fév - 9:55




Sauver le soldat Elian'Ha
Ou les lames de la Vengeance


La crise d'existentialité et le ras le bol d'Elian'Ha se manifestèrent par un simple cri du coeur pour que je me taise. Je me tournais vers elle, un peu surprise et la regardant comme un chat qu'on venait de surprendre en plein méfait. Mais mon moment de surprise fut assez court, et le simple manifestation de ma capitulation se résuma par une moue affichée et les bras croisé, en mode bouderie. Un simple mot dépassa le bout de mes lèvres, dit avec mauvaise volonté et frustration.

Mhe...

Ce mot si court voulait pourtant tellement dire. Je capitulais pour le moment, mais rien à foutre j'en pense pas moins, et il ne perd rien pour attendre! Un mot qui ne signalait que partie remise, sans aucun doute avec plus de conséquences catastrophiques vu que j'étais à présent frustrée. Mais bon, c'est ma soeur, théoriquement ma "grande soeur" mais c'est une notion tellement galvaudée de nos jours que j'omettais le préfixe "grande" assez volontier et fréquemment. Pour la suite, Elian'Ha essaya de ménager sa patience et le peu que j'en avais. Quand je lui demandais ce qu'il lui était arrivé, je me doutais qu'elle n'allait pas tout me déballer facilement. Parce que c'était sa nature, malgré le fait qu'on soit proche, et que vu ce qu'il lui était arrivé ce n'était pas une chose facile à conter. Je l'écoutais avec patience dire que c'était ses affaires et sa responsabilité (comme si je m'en préoccupais, elle me fait rire celle là), et qu'elle ne pouvait pas me dire grand chose. Elle me lâcha cependant une information utile, à savoir l'activité des Corbeaux envers les Gardes. J'étais surprise, car je n'avais pas eu d'activité de Corbeaux dans la région pour les Gardes depuis un moment. Je mettais sur le fait que sachant que j'étais des Gardes de Fort Bastel et déjà bien assez difficile à tuer comme ça (et revancharde en plus), ils préféraient éviter la zone pour éviter que je ne m'intéresse de nouveau à leur réseau. Car la dernière fois, et c'était pour ma pomme qu'ils étaient venu, ils ont perdu une bonne trentaine de contacts, dont le responsable des missions de la région. Je leur avait envoyé sa tête dans un beau petit paquet d'ailleurs, et ça les avait fait réfléchir. Depuis, plus de nouvelles, et je ne m'occupais plus d'eux. Mais si Elian'Ha avait eu vent d'une recrudescence d'activité contre les Gardes, c'était des plus étrange. Mais en un sens, pouvait expliquer la disparition des Gardes constatée. Et l'attitude étrange des Gardes d'Orlaïs. Je fronçais légèrement des sourcils, mon regard se faisant plus perçant.

Nous en avons conscience, le choses ne vont pas bien pour les Gardes en ce moment. Orlaïs est difficile d'accès, et si ce que tu dis est vrai, alors il y a sûrement autre chose en dessous, de pas bon du tout...

Je tournais la tête, regardant un moment la porte. Il fallait que j'en informe Reyner, en plus de mon rapport sur l'Inquisition. Beaucoup de choses tournaient en quelques secondes dans ma tête, et je revenais à la réalité quand Elian'Ha me demandait de la laisser se reposer. Mon regard se posa sur elle de nouveua, perçant comme celui d'un rapace, avant de se radoucir. Je souriais légèrement, me relevant et lui répondant par l'affirmative.

Oui, il est préférable que tu te reposes. En attendant, je vais discuter avec le Commandant de ce que tu viens de me dire. Certaines dispositions seront à prendre, et nous devons faire passer le mot de la prudence. Dors bien, et n'ose pas partir sans me prévenir!

J'étais à la porte, lui faisant un petit signe de la main avant de disparaitre. J'avais des choses à faire et d'autres à préparer. Je regardais dehors, voyant le soleil décliner. J'avais encore quelques heures, mais pas plus. Je faisais vite pour descendre et monter des escaliers, cherchant le commandant pour le retrouver sur le chemin menant à la salle d'entrainement. Comme à mon habitude, je le prenais par surprise pour lui faire la peur de sa vie, ce qui ne manquait jamais. Après des ronchonnements, mes exclamations de joie à le voir et à le surprendre, je le trainais presque de force en dehors de sa trajectoire initiale sous le regard à la fois amusé et exaspéré des autres Gardes présents. On ne résiste pas à l'ouragant Tullia. Comme le roseau, mieux vaut si plier que tenter de résister. On finit toujours dans un état bien pire. Je le tirais donc vers le rempart, où d'on ne sait où je sortais une bouteille à moitié pleine d'eau de vie d'un emplacement secret. Là, tout en buvant avec lui (enfin, le forçant à boire), je lui racontais ce que j'avais appris de l'Inquisition, mais également de ce que m'avais dit Elian'Ha. Il m'écouta avec attention, évitant autant que possible de boire cet alcool infâme que je semblais avoir assimilé à un poison nécessaire. La question des Corbeaux et des Gardes l'Inquiéta, et il prenait pour parole d'Andrastée ce que je pouvais avoir comme avis sur la question. Etant une ancienne Corbeau et des plus au fait de ce dont ils sont capable, mettre sur le côté un tel avertissement serait des plus inconsidéré et stupide. Je terminais, le prévenant également que j'allais être absente des missions pendant quelques jours, voir quelques semaines. Il me regarda avec surprise, me demandant ce que j'avais encore fait. Je levais les yeux vers le ciel, soupirant. Comme si c'était TOUJOURS de mon fait... Je suis une cataastrophe ambulante, mais quand même j'ai des journées de repos. Je lui expliquais simplement que je devais suivre ma soeur qui allait sans doute s'échapper cette nuit, et que je devais m'asssurer qu'elle n'allait pas se mettre dans un nouveau traquenard. Ricanant sur mon instinct de mère poule trop protective, il raillait ma vigilance. Mais souriant avec malice, je lui rétorquais avec raison que je savais ce que je faisais.

Pourquoi crois tu que je suis toujours en vadrouille ? C'est notre instinct, à nous les Corbeaux. Je la connais mieux qu'elle ne pense, et elle ne pourra pas se débarrasser de moi aussi facilement. Et il faut que je la surveille un peu, le temps que le fauve blessé soit remis et prêt à tuer. Bha, les trucs de famille, tout ça, tout ça ~.....

Et sans plus de cérémonie, je le saluais et disparaissais de nouveau, aussi rapidement et impromptument que mon arrivée. J'avais des choses à préparer. Elle allait sûrement partir pendant la nuit, quan dla vision est plus faible et que moins de personnes sont sur le pont. J'effectuais quelques arrangement, me pressant avant que la nuit tombe. Je préparais une nouvelle besace de potions et de nourriture, me préparais un cheval en faisant attention de couvrir ses sabots d'un tissu rembourré pour atténuer le bruit de ses pas. L'importance dans la filature c'est d'être discret. Avec la fatigue Elian'Ha sera sans doute moins attentive, mais je devais prendre mes précautions. Et puis, je ne comptais pas vraiment faire une filature complète. l'idée était de la suivre assez loin en silence avant de montrer que je l'ai suivis et apparaitre. Autant pour voir sa tête d'énervement, que pour me faciliter la vie. Elle ronchonnera, mais pas grave. Je finissais le tout en prévenant les gardes de la ronde de nuit de ce qu'il risquait de se passer, et de laisser quelques "ouvertures" pour qu'elle puisse partir sans trop d'encombre. Rien de trop évident, juste faire comme si de rien n'était si une ombre passait au coin de l'oeil.

Je me préparais également, prenant position sur les remparts, prenant un point de vue me facilitant la vision sur les écuries. Elle allait forcément prendre un cheval. Le mien était déjà dehors, cache derrière quelques fourrés, attendant sagement. Pour le rejoindre, une longue corde était disponible pour me laisser me glisser le long du mur et atterrir dans un arbre en dessous. La nuit était tombée. Telle une gargouille, j'étais sur les remparts, couverte par ma cape, immobile et silencieuce, sombre comme la mort. Mes yeux scrutaient les moindes mouvements, et mon instinct me donna raison. Je reconnus la silhouette fine et discrète de ma soeur, qui prit un cheval et s'en alla. Je souriais, bougeant également pour rejoindre ma monture une fois que j'étais certaine de la direction qu'Elian'Ha avat prise. Je devais la filer, mais pas de trop près. Heureusement pour moi, mon nez état mon meilleur allié, l'odeur de ma soeur fuyarde étant reconaissable entre mille pour moi. Enfin à cheval avec plusieurs égratignures sur le dos, forcément à jouer au singe en sautant des remparts, je talonnais ma monture baie pour suivre ma soeur. Etrangement, j'étais contente de partir ainsi. C'était... comme si je partais en pic nique familial. Je suivais ma soeur, dont j'entendais le galop au loin. Je suivais également son odeur, faisant attention au chemin que je prenais en privilégiant l'herbe et la mousse au lieu du chemin, pour plus de silence. La nuit pouvait être longue, mais tout ce que j'avais à faire c'était tenir la distance pour la rejoindre au levé du jour. Sauf si elle me découvrait avant. Ce qui serait encore plus amusant !



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Posté Jeu 1 Mar - 17:24

Ah Tullia… SI elle connaissait très bien Elian’Ha, Elian’Ha la connaissait très bien aussi. Elle l’avait élevé comme les autres, elle aurait dû se douter que tout cela n’était qu’un piège. Ce n’est pas car elle était blessée, qu’elle n’avait pas pensé tout. Bien au contraire même. Ne pas couvrir les sabots du cheval, en prendre un facilement repérable par sa couleur ; tout était une ruse afin que la garde des ombres tombe dedans et elle était tombé la tête la première dans la gueule de la louve.

Cependant, c’était tant mieux pour la rousse qui du coup pouvait mettre son plan en œuvre. Le meilleur atout de Tullia était son odorat, elle devait jouer dessus et elle comptait bien l’utiliser. Toujours a cheval, elle prit une fiole avec un liquide rose clair. Elle en induisit sa cape, tandis qu’elle prit une autre fiole avec une odeur de boue : huile qu’elle utilisait pour dissimuler son parfum. Ceci fait, elle descendit de son cheval et le laissa partir, ayant mis un pantin avec la cape dessus. Elle s’était ensuite mise dans un arbre, attendant la personne qui la pourchassait.
Celle-ci désormais à vue, elle se préparer, avant de sauter sur le cheval qui accéléra sous la peur. Elle sortit une aiguille de ses cheveux, avant de bloquer les mouvements de sa sœur.

Je suis désolé Tullia. Un jour, tu comprendras peut-être.



Sans attendre qu’elle réagisse vu ses capacités surhumaines, elle planta l’aiguille dans une zone près de son cou, ceci afin de l’endormir, aider par le liquide qui suintait dessus qui pourrait endormir un dragon-sire. C’était au moins la dose qu’il fallait pour endormir le mini dragon en face d’elle. Avec un sourire, elle l’embrassa sa joue, avant de faire arrêter le cheval et de réceptionner le corps tombant de anciens corbeaux.

Et pense à perdre un peu de poids aussi !  



Elle rigola légèrement, avant de faire tourner le cheval. Elle installa convenablement Tullia dessus, l’y attachant, avant de la regarder. C’était la deuxième personne qu’elle jetais dehors. Elle pouvait ne pas lui pardonner, elle comprendrait parfaitement, mais elle devait la protéger. Elle s’en sortira bien désormais. Elle ne pouvait peut-être plus tuer, mais elle avait d’autres astuces dans sa poche.

Elle souffla et claqua le derrière du cheval en lui murmurant de rentrer au près des siens, avant de le regarder filer dans la nuit. Bien. C’était une bonne chose de faites. Désormais, elle pouvait partir tranquille. Enfin, pour le moment. Car elle savait qu’elle allait subir les foudres de sa chère et tendre sœur quand elles allaient se revoir et elle en frissonnait d’avance.

Oui, Tullia pouvait être tendre, mais elle pouvait aussi être casse-pieds. Enfin, c’était pour cela qu’elle l’aimait la demoiselle. Dans la nuit, Elian’Ha murmura une phrase en dalatien, avant de disparaître dans les ténèbres. Ténèbres dans lesquelles elle allait s’enfoncer.


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Posté Ven 2 Mar - 17:33




Sauver le soldat Elian’Ha
Ou les lames de la vengeance


Je suivais mon instinct et mon odorat, talonnant mon cheval. Mais soudain, une ombre s’abattit sur moi, manquant de me faire chuter de cheval et paniquant celui-ci. Une odeur âcre de terre, mais également un parfum que je reconnus. Mince, je m’étais faite avoir comme une bleue ! Elle ne voulait vraiment pas que je la suive. Le combat fut très rapide, enfin si on pouvait appeler cela un combat. En quelques secondes, elle eut le temps de me contenir et de me piquer avec une aiguille, au niveau de la nuque. Je pouvais sentir le produit commencer à me brûler les nerfs, pour suivre par un sentiment d’engourdissement et d’étourdissement. Je sentais également mes muscles se tétaniser, tremblant de rébellion.

Elian’Ha n’avait pas lésiné sur le poison. En temps normal, cela aurait de quoi tuer une personne normale, paralyser un qunari ou bien endormir un ogre. Mais avec mon passé de Corbeaux et mon sang corrompu, j’étais coriace et elle le savait. Je sombrais doucement dans la torpeur, entendant cependant plusieurs bribes de paroles alors que mon corps perdait toute maitrise de lui-même. Comment ça je suis grosse ?! Nan mais hooo ! Déjà c’est pas du gras, c’est du muscle, et puis j’ai pris un gros repas avant de partir ! Autant m’empoisonner je veux bien, mais m’insulter de la sorte n’est absolument pas tolérable ! Elle va m’entendre quand je vais la choper…. Etrangement, je n’éprouvais pas de colère face à ce qu’elle venait de faire. De la frustration, de la surprise, mais je ne lui en voulais pas vraiment (sauf de m’avoir traité de grosse). Nous étions toutes deux des assassins, partir à la poursuite de l’une ou de l’autre comporte forcément des risques. C’était un jeu presque, et tous les coups bas sont permis. J’avais perdu cette manche, mais je n’allais certainement pas abandonner aussi facilement.

Toute inconsciente que j’étais, je ne rouvris les yeux que tard le lendemain, dans un lit de l’infirmerie de Fort Bastel. J’avais mal partout, mon estomac me faisait souffrir le martyr et un subtil goût de sang dans la bouche indiquait que le poison avait fait son effet. Gaylord était là, inquiet et demandant des explications. On m’avait retrouvée dans la cour du château en pleine nuit, le cheval étant revenu avec moi sur le dos, inconsciente. Apparemment, j’avais un peu paniqué tout le monde, car c’est bien la première fois que l’on me voit dans un état aussi proche de la mort. Le pouls faible et du sang filant de ma bouche, apparemment Reyner était passé par là et avait failli faire une syncope. Gaylord m’avait soigné, confirmant que j’avais été empoisonnée et que j’avais eu de la chance. Egalement, qu’il était impressionné de la dose injectée et que je n’étais pas morte ou bien dans le coma pour longtemps. Je l’écoutais, puis vomissais dans une bassine à côté, avant d’essayer de me relever en titubant. Mes muscles n’étaient pas encore contrôlables, mais mon regard brillait d’une flamme confiante et excitée. Je me mis soudainement à rire comme une démente, essuyant d’un revers de main le sang au coin de ma bouche.

Ha ha ha ha ! Je n’en attendais pas moins d’elle. La traque va être d’autant plus passionnante, ha ha ha ha ha haaa ! Attends-moi soeurette, j’arriiiive ~ !

Je bondissais hors du lit, manquant également de me prendre une table et renversant quelques objets au passage. Paniqué et ahuris, Gaylord tenta en vain de m’empêcher de partir, disant que j’avais besoin de repos. Mais c’était comme vouloir arrêter une tempête en lançant des cailloux dessus. Aussi inutile que stupide. J’étais décidée à retrouver ma sœur, et n’allais pas laisser un peu de poison avoir raison de moi. Je prenais congé, partant pour une traque longue et fastidieuse. Mais par le Créateur, que ça allait être amusant !

[RP Terminé]
PROCHAIN NIV. :
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