Dragon Age : Les Légendes de Thédas

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Posté Dim 5 Nov - 23:44
Il était tard, très tard. La soirée c’était moins prolongée qu’à l’accoutumer, Mellissandre n’avait pas eu la force de maintenir sa comédie trop longtemps elle avait finis par subtilement congédier tout ce beau monde, ne laissant que les occupants de la demeure. Le baron, Maevaris qu’elle avait gracieusement invité à séjourner dans l’espoir d’obtenir son aide, Auguste et bien évidemment l’Inquisition.

Toutefois, le repos pourtant bien mérité de Cullen ne semblait pas vouloir lui être accordé car quelqu’un frappa à sa porte peu après qu’il se soit réfugier dans sa chambre.

Une très jolie esclave, aux cheveux bruns et aux yeux vert qui portait encore la sobre mais élégante robe noir de ceux qui servaient les boissons. Preuve s’il en était qu’elle parlait l’Universel et que c’était une personne de confiance de la famille Alirius. Seule l’élite de leur serviteur servaient dans la salle de bal.

« Mes hommages Messire Rutherford », déclara-t-elle sans le moindre accent tévintide en effectuant une gracieuse révérence sitôt qu’il eut ouvert. « Excusez moi de vous dérangez à cette heure tardive mais il faut que je vous parle… en privé... », déclara-t-elle d’une voix beaucoup plus basse en jetant un coup d’œil discret au garde devant la porte en face.

Attendant son assentiment. Quel autre choix avait-il dans cette situation, tout le monde est faible face à la curiosité, elle se glissa prestement dans sa chambre, en gardant un air neutre tout à fait professionnel.

« Je m’appelle Maelen », se présenta-t-elle avec une nouvelle courbette « Je suis esclave ici depuis ma plus tendre enfance… »

Polie, droite, on sentait effectivement qu’elle avait été élevée avec rigueur pour les mondanités, mais surtout qu’elle était dénuée d’embarras vu l’insouciance avec laquelle elle traînait son regard dans la pièce, faisant languir sa révélation.

« Je ne devrais pas vous dire ça, mais je… A vrai dire je vous aime bien Messire Cullen Rutherford », avoua-t-elle avec un sourire qui n’avait rien de timide et des yeux timides. Elle s’était même avancé suffisamment pour ne laisser aucun doute sur la nature de l’attrait qu’elle avait pour lui.

S’il avait été de ces hommes insatiable, elle aurait probablement insisté davantage, sûr de finir dans son lit dans la soirée, mais on l’avait prévenu, aux yeux du monde il n’était pas comme ça. Maelen ne savait pas si c’était vrai ou pas, mais même s’il cachait juste son jeu, il ne se trahirait pas aussi facilement. De toute façon, ce n’était pas l’objet de sa visite.

« Je me dois de vous confier un secret… Mais vous devez me promettre de n’en rien dire », déclara-t-elle finalement en durcissant son regard, devenant moins enjôleuse, plus sérieuse. Elle voulait une promesse.

Satisfaite, et consciente d’avoir l’avantage, elle décida enfin de cesser de jouer les mystérieuse et se mit sur la pointe des pieds pour donner encore davantage un air de confidence.

« Mellissandre vous dupe, elle dupe tous les hommes, elle utilise un sort pour être plus jolie, de la magie du sang bien entendu », déclara-t-elle, peu fière de son effet avant de s’éloigner avec un sourire victorieux.

S’il n’était pas rompu l’effet serait immédiat, il verrait qu’en étant toujours la même, elle serait moins belle. Mais si les deux avaient été aussi proche que le Divin le prétendait, le sort devait déjà être rompu depuis longtemps à cause de l’habitude progressive.

On comprenait mieux sa prudence, dire ainsi du mal de ses maîtres étaient passible de mort, mais elle avait foi que Cullen ne la trahirait pas.

« Cette gamine pourrie gâtée ne mérite pas de vous avoir », conclu-t-elle en titillant gentiment sa joue avant de se détourner avec un sourire. Foutue pour foutue, elle pouvait bien se permettre une vulgarité de plus.

Sur ces ultimes paroles, elle s’inclina et ressortit prestement de la pièce en refermant mal la porte. Elle se paya même le luxe d’offrir une courbette polie à Mellissandre qui la dévisageait sur le pas de sa porte en arrangeant machinalement son corset.


***********

Mellissandre était épuisée et elle avait mal partout. Aux pieds d’avoir trop danser, aux joues d’avoir trop sourit, au coeur d’avoir vu sa mère emporté. Tout cela n’était pas définitif : elle avait une chance de la sauver, mais l’inquiétude la rongeait. Sa famille, c’est tout ce qu’elle avait, tout ce qui comptait, et imaginer qu’elle pouvait la perdre lui donnait autant de vertiges que de nausées.

Assise dans son lit, démaquillée et vêtue d’une longue robe sombre de nuit inutilement brodée d’or – qui la verrait en pyjama ? - Mellissandre songeait qu’elle avait besoin de compagnie. Cette chambre qu’elle avait déjà trouvé trop grandes ces derniers jours lui semblait d’autant plus immense maintenant que sa mère lui manquait. C’est vers elle qu’elle aurait voulu se tourner mais elle n’était pas là. Son père non plus, il s’était enfermé dans son bureau en exigeant de ne pas être dérangé, sans doute déterminé à trouver quelques idées avant l’aube. Le temps leur était compté c’était une certitude. Le temps de faire les démarches administratives nécessaires ils avaient au moins 4 jours, 5 avec de la chance, c’était beaucoup et peu à la fois.

Examinant ses options, le visage de Cullen fleurit dans son esprit et elle se frotta le bras un peu embarrassée. C’est vrai qu’à Fort Celeste il était devenu son soutient. Quand elle n’allait pas bien il l’avait réconforté et donc assez naturellement il était devenu quelqu’un en qui elle faisait confiance pour la consoler. Quelqu’un à qui elle ne craignait pas trop – enfin de moins en moins – d’exposer son visage. Mais le moment était mal choisi, après les allégations du Divin, le voir en pleine nuit, c’était s’exposer à des rumeurs à nouveau.

Préoccupée, elle sursauta presque en entendant frappé à sa porte. Elle songea avec un demi sourire que le Créateur avait peut-être décidé de trancher son dilemme mais ce n’était pas Cullen devant la porte, c’était le Baron.

« Bohémond ? », commenta-t-elle incrédule en dévisageant son interlocuteur hébété. Le Baron du savon était un original, il avait toujours eu le don de la surprendre, mais elle ne s’attendait certainement pas à ce qu’il vienne la voir.

« Oh, Dame Mellissandre pardonnez moi de vous dérangez… Je voulais juste savoir si vous alliez bien »

Suspicieuse, Mellissandre croisa les bras en le dévisageant. Il avait l’air nerveux et elle avait peine à croire qu’il la dérange pour si peu. Le visage fermé, elle lui lança un regard menaçant qui suffit à le faire parler.

« Je suis vraiment désolée, c’est juste que… Dame Marilia m’a demandé de m’assurer que vous étiez bien dans votre chambre ce soir, je sais bien que ces rumeurs sont stupides et je lui ai dis que c’était impossible, que de toute façon notre cher Commandant s’était entiché d’une esclave mais vous savez comment elle est, on ne peut rien lui refuser… », expliqua-t-il à une vitesse effarante qui attestait de son malaise.

De plus en plus éberluée, Mellissandre cligna des yeux plusieurs fois la bouche ouverte. Cette soirée était déjà atroce, mais là c’était trop. Elle se sentait bien entendu atrocement vexée que sa mère ne lui fasse pas confiance, mais surtout son esprit avait du mal à intégrer la fin de son discours.

Elle brûlait d’en demander plus, incapable d’y croire tout en étant pris d’un affreux doute teinté de jalousie. Cullen ne lui devait rien, et son silence implacable des dernières semaines à peine entamé lors de leur sortie avec Cordelia n’augurait rien de bon, alors pourquoi l’idée la blessait à ce point, lui donnait l’impression d’être trahi.

« J’ai du mal à croire que notre Commandant se soit laissé si vite happée par une femme », rétorqua-t-elle finalement, autant par désir d’en apprendre plus que pour formuler à voix haute ses objections.

« Moi aussi, c’est drôlement injuste mais vu ce que j'ai surpris... Ah je suis tellement jaloux », soupira le Baron en s’éventant furieusement avec son éventail tout en jetant une œillade attristée à la porte de Cullen. Les affaires étaient les affaires.
C’est à ce moment bien choisi que Maelen sortie, en lui faisant une révérence avant de réajuster nonchalamment son décolleté. L’équation n’était pas bien difficile à faire et Mellissandre se sentit pâlir légèrement.

« Puis-je savoir ce que vous faites à cet étage à cette heure de la nuit ? », demanda-t-elle d’une voix dure, suffisamment forte pour que le Commandant puisse entendre par la porte mal fermée. Elle savait qu’elle se réfugiait derrière un protocole désuet.

« Oh... eh bien je venais juste vérifier que Messire Rutherford n’avait besoin de rien Ma Dame », mentit-elle en remettant une mèche derrière son oreille.
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Posté Lun 6 Nov - 2:19






◇ Trompé ◇



 

Cela faisait longtemps que la nuit était tombée et que Marilia fut embarquée par le Divin noir. La soirée avait pourtant battu son plein jusqu’au bout de la nuit, quoique plus tôt que l’aurait imaginé le commandant. Il avait passé la soirée en compagnie de Maevaris et de Maximus et n’avait pas spécialement profité de l’occasion pour réfléchir au problème plus longtemps après tout, elle devait savoir ce qu’elle faisait. Ils n’avaient qu’à prouver l’existence de Corypheus et elle se ferait libérer très probablement.

Une fois la soirée terminée, le Commandant traversa le couloir pour regagner ses quartiers extrêmement prudemment : Il n’avait pas spécialement abusé de la boisson, mais avec ces rumeurs il se méfiait plus que tout de ces couloirs atroces. Une fois à la hauteur de sa porte, il fut intrigué par le soldat stationné devant celle de Mellissandre, qui le suivait du regard. Cullen l’observa en silence quelques secondes avant de pénétrer dans ses quartiers.

En refermant la porte, il s’adossa à cette dernière et poussa un soupir de soulagement quand il vit qu’il était enfin au calme, seul et en rendez-vous express avec son lit malgré la chaleur ambiante. Il était tellement exténué qu’il ne souhaitait que s’allonger sans prendre le temps de se changer entre temps. Mais alors qu’il jeta ses chaussures à l’autre bout de la pièce quelqu’un frappa à sa porte.

Il se figea et se retourna avec torpeur vers cette grande entrée de bois, se demandant bien qui pouvait frapper à cette heure. Il priait de toute son âme que cela ne soit pas Mellissandre ou son père. Il n’avait plus d’énergie à donner pour d’avantages de mesquineries ou d’explications diverses et variées. Il voulait juste dormir et rire de la situation, le bal était terminé après tout : Le pire était passé.

Les coups retentirent une seconde fois et après un soupir atrocement exagéré et un air plus que las il finit par ouvrir la porte particulièrement embêté.





《 - Que se passe-t-il encore ?! 》





《 - Mes hommages Messire Rutherford 》


En baissant la tête, il y avait à sa porte ni Alirius ni ennuis, mais une jeune esclave qui servait au bal ce soir-là. Le Commandant, encore énervé de ne pas pouvoir aller se jeter dans son lit moelleux et enfin tracer une fin à cette soirée, la regarda au fond des yeux en attendant une réponse de sa part. La jeune elfe s’inclina alors que Cullen passa un regard furtif sur le garde stationné en face.





《 - Excusez moi de vous déranger à cette heure tardive mais il faut que je vous parle… en privé... 》


Elle baissa les yeux et avait drôlement baissé d’un ton pour ne pas que le garde n’entende trop ce qu’elle avait à lui dire. Elle attendait qu’il la laisse entrer pour pouvoir alimenter le reste de la discussion. Cela avait l’air urgent, c’était ce qui le faisait douter, autrement il l’aurait congédié sans réfléchir. Visiblement embêté, le Commandant se contenta de lui faire un signe de tête comme il le ferait à un de ses soldats pour sommer la personne de le suivre.





《 - D’accord, mais dépêchez-vous. 》


Il attendit qu’elle entre avant de refermer la porte derrière elle, puis se retourna les bras croisés pour écouter ce qu’elle avait à dire. Une chance pour elle qu’il ne soit pas déjà entrain de dormir, mais cela ne voulait pas dire qu’il serait plus clément.





《 - Que voulez-vous ? 》





《 - Je m’appelle Maelen. Je suis esclave ici depuis ma plus tendre enfance… 》


Cullen ne bougea pas, figé dans l’ombre de la nuit qui régnait dans la pièce. Seules quelques petites bougies éclairaient encore les lieux. Elle contemplait une partie de la pièce ce qui fit réagir le Commandant une nouvelle fois avec une certaine froideur.





《 - Je vous ai demandé d’abréger, venez-en aux faits. Que se passe-t-il ? 》





《 - Je ne devrais pas vous dire ça, mais je… A vrai dire je vous aime bien Messire Cullen Rutherford 》


Le visage du Commandant se détendit, un peu perturbé de la situation pour tout dire. Il se plaqua contre la porte quand elle s’approcha de lui, un réflexe sans doute. Mais il n’aimait pas se retrouver dans ce genre de situation. Comme si ce qu’il avait vécu ce soir n’était pas suffisant. Il se méfiait comme la peste du personnel de Mellissandre, surtout après une soirée pareille. Il se contenta alors de lui répondre toujours sur un ton aussi sec.





《 - Navré, je n’ai nullement l’intention de poser la main sur vous. Si c’est tout ce dont vous vouliez me parler… 》





《 - Je me dois de vous confier un secret… Mais vous devez me promettre de n’en rien dire 》


Finalement elle ne semblait pas être venue pour enjôler, mais bien pour lui dire quelque chose d’important. Et elle insista du regard pour obtenir sa promesse. Comme il s’était lancé pour l’écouter, autant le faire jusqu’au bout.





《 - Je le jure. 》


Il ne bougea pas, après tout tout potin était bon à entendre. Après il verrait de ce qu’il ferait de l’information. La petite elfe se dressa sur la pointe de ses pieds pour se rapprocher de son oreille.





《 - Mellissandre vous dupe, elle dupe tous les hommes, elle utilise un sort pour être plus jolie, de la magie du sang bien entendu 》


Elle se redressa, l’air satisfaite et Cullen ne bougea pas d’une oreille. Il s’efforça de faire comme s’il n’avait jamais entendu ce qu’il venait d’entendre. Cullen la regarda sans fléchir : C’était un vrai risque d’aller divulguer ce genre d’information concernant ses maîtres dans leur propre maison. L’information ne pouvait être que véridique et cela confirmait d’une part d’où elle tenait cette beauté : Ce n’était qu’un sort.





《 - Cette gamine pourrie gâtée ne mérite pas de vous avoir 》





《 - Je vous demande pardon… ? 》


On dirait bien qu’elle ne portait pas Mellissandre dans son cœur, mais tout de même, cela allait encore lui retomber dessus. Il se décolla de la porte et fit quelques pas en direction de l’esclave.





《 - Bon, maintenant que tout est dit, je vais devoir vous demander de prendre congé 》


Pas besoin de lui rappeler deux fois, et elle avait clairement décidé de partir de toute manière. Il lui tournait dos quand elle quitta les lieux et referma la porte. Raison pour laquelle il ne vit pas qu’elle était mal refermée dans un premier temps.

Il se dirigea vers la table où était posé une carafe d’eau puis se prit un verre. Mais il surprit une conversation de Mellissandre dans le couloir. En se retournant, il se retrouva face à la porte légèrement entrouverte. Joséphine lui avait dit que les portes étouffaient particulièrement le bruit environnant, raison pour laquelle il était surprit dans un premier temps.

Il s’en approcha pour écouter les conversations, après tout il était curieux de savoir avec qui elle discutait.





《 - Puis-je savoir ce que vous faites à cet étage à cette heure de la nuit ? 》





《 - Hmm… je venais juste vérifier que Messire Rutherford n’avait besoin de rien 》


Rien de bien intéressant, mais ayant mal aux pieds – et ayant balancé ses chaussures au travers de la pièce – il décida de rebrousser chemin et se jeter dans son lit, une fois débarrassé de son veston. Quitte à écouter, autant le faire couché depuis le lit, après tout il entendait tout aussi bien. Il resta alors vautré sur le duvet à lutter contre la fatigue alors que les potins continuaient dans les couloirs.

Mais maintenant qu'il était seul avec sa conscience il repensa à ce qu'avait dit cette elfe. Mellissandre avait donc un sort actif de magie du sang autour d'elle, voilà qui expliquait ses malaises lors de ses premières rencontres avec elle. Mais il ne savait pas pourquoi cela s'était atténuer avec le temps, peut être que les crises étaient moins violentes, ou qu'il s'en était accommodé. Etrange. Quoi qu'il en soit il restait perplexe quant à la véracité de l'information. Cela semblait si soudain d'apprendre ce genre de choses...

#990000
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Posté Sam 11 Nov - 20:06
Incarnation de la mauvaise humeur en cette maudite soirée, Mellissandre croisa les bras en dévisageant la jeune femme qui lui lançait un regard innocent, mais tout de même légèrement nerveux vu la façon dont ses mains s’agitaient pour réarranger sa robe.

En d’autres circonstances, elle n’aurait probablement pas relevé la présence de Maelen à cette étage, c’était une esclave les plus fidèle de sa mère, une jeune fille qui était née ici et avait grandit en même temps qu’elle dans cette demeure, elle venait souvent ici pour nettoyer le bureau de Marilia – preuve de la confiance qui lui était accordé – mais après les révélations du baron, elle trouvait ça étrangement louche.

D’ailleurs, Bohemond lui lança un regard de connivence qui en disait long et Mellissandre se sentit pâlir à nouveau. Elle avait beau se répéter que Cullen ne lui devait rien, elle sentait trahie, blessée dans les tréfonds de son âme. En soit, son désarroi était bien la preuve des insinuations qu’elle avait rejeté depuis ce fameux baiser.

Les doigts serrés, elle oscillait entre la tristesse et la colère, en se demandant comment elle avait pu en arriver là, tout en le sachant très bien. Cullen n’était pas les nobles, et elle était l’incarnation même de la noblesse, elle vivait par et pour son titre. A se demander ce qui lui avait pris, à croire qu’une esclave lui convenait probablement mieux.

Son silence accusateur finit par peser, et Maelen s’inclina un air peiné sur le visage.

« Je… Vous avez raison, ce n’était pas que pour le ménage que je l’ai vu », admit Maelen en tévintide en jetant un œil à la porte légèrement entrebâillée. « Mais si vous ne voulez plus que je le vois, je ferais selon vos souhaits Madame », suggéra-t-elle toujours aussi docilement, preuve qu’elle avait conscience de sa place.

Prise au dépourvu, Mellissandre se figea en sentant le sang s’échappait de plus en plus de ses joues maintenant que le doute n’était plus permis. En outre, elle se sentait soudainement dans la position de la méchante briseuse de couple qui gêne les amants par jalousie. Elle était prête à porter ce genre de fardeau sans faillir mais pas quand il s’agissait d’histoire de cœur. On pouvait la détestait, la méprisait, mais il ne serait pas dit qu’elle soit la cause d’une rupture tragique dans une histoire romantique.

« Non… Faites comme bon vous semble », autorisa-t-elle finalement d’une voix sèche en se retournant pour ne pas voir trop longtemps le regard plein de reconnaissance de la demoiselle avant de partir, suivit de près par le baron.

« Bonne nuit à vous Bohémond », conclu-t-elle avant de claquer avec force la porte de sa chambre les doigts tremblants. Tout ceci lui semblait tellement surréaliste et injuste à la fois. Mais romanesque comme elle était, un coup de foudre, l’amour interdit, elle y croyait à ses dépend.

Marilia le savait. Marilia connaissait sa fille, ses faiblesses. Elle savait comment la blesser et s’assurer que jamais plus Mellissandre ne prenne le risque de se rapprocher de tant de douleurs. Et si jamais Mellissandre surmontait ça, le Commandant n'était sans doute pas près d'accepter la magie du sang qu'elle utilisait. La présenter sous un mauvais jour était une excellente manière de le faire lâcher prise.

Se laissant tomber dans son lit, Mellissandre jeta au loin un innocent oreiller, animée uniquement de frustration. Elle avait envie de crier, de pleurer et de casser des choses. Elle ne savait pas si elle était triste ou en colère, un mélange des deux mais en tout cas c’était loin d’être agréable. Elle en regrettait presque son habituelle apathie. Peut-être était-ce le problème, elle devait s’enfermer à nouveau dans la glace, se concentrait uniquement sur sa famille, sur ses ambitions, sur ce qui était important.

La tête lourde de pensées, Mellissandre cogita pendant plusieurs heures, cherchant désespérément des réponses à des questions existentielles tout en s’inquiétant du sort de sa mère. Un cocktail exaspérant qui finit par à avoir raison de ses tentatives pour s’endormir.

Le pas léger, Mellissandre ne mis même pas de chaussure alors qu’elle sortait de sa chambre, le garde qui somnolait devant sa porte sursauta en attendant le gond grincé légèrement mais elle lui fit signe que tout allait bien et descendit nonchalamment l’escalier.

Telle une fantôme, connaissant sa maison par coeur, elle se dirigea vers l’escalier du premier étage pour sortir dans les jardins qu’elle arpenta sans se donner la peine de faire un peu de lumière. Les sentiers parmi les bosquets, les colonnes et les parterres de fleur elle les avait emprunté tant de foi.

L’air extérieur lui fit le plus grand bien, dans le silence de la nuit on entendant clairement le roulis des vagues et c’est dans cet ambiance apaisée qu’elle finit par se poser près d’un minuscule étang les pieds dans l’eau en s’amusant à faire des éclaboussures qui réveillèrent les poissons.

Pour une fois, elle aurait bien aimé redevenir une enfant, loin de toutes ces considérations. Que ses parents s’occupent de tous, que sa mère lui dise quoi faire. Pourquoi fallait-il qu’elle soit absente le soir où son cœur était en miette ?
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Posté Dim 12 Nov - 2:01






◇ Trompé ◇



 

Cullen ouvrit les yeux en sursaut et se redressa immédiatement dans la mêlée, la peau suant à grosses gouttes et la respiration rapide. Assis sur le lit, il retrouva ses esprits au bout de quelques instants de réflexion et se gratta la tête. Il souffrait de douleurs vives et s’efforça de souffler un peu pour à la fois se détendre et chasser le cauchemar qu’il venait de faire de sa tête.

Il ne s’était pas rendu compte, mais il s’était endormi comme une pierre à la suite de la discussion avec la servante. Il ne se rappela même pas de l’instant où il avait totalement perdu attention et ne chercha même pas à savoir ce que pouvaient bien se dire Mellissandre et son interlocuteur. Après tout, il n’aimait pas écouter les potins.

Sans plus réfléchir, il se releva et alla rejoindre la carafe d’eau presque vide qui se trouvait sur la table non loin de son lit. Depuis qu’il était à Minrathie il avait un sacré problème avec la boisson : La chaleur amplifiait sa soif déjà atroce à cause du manque de lyrium. De ce fait, la gorge sèche qu’il avait le poussa à sortir de ses quartiers pour aller se resservir au premier point d’eau qu’il trouverait. Comme il avait toujours appris à se débrouiller, il ne supportait pas demander de l’aide à un serviteur – ou dans ce cas-ci un esclave – et descendit les étages d’un pas léger, prenant soin de ne pas attirer l’attention du soldat qui était posté devant la porte de Mellissandre.

Sur le chemin, il croisa quelques soldats de la maison qui le regardèrent d’un air méfiant, mais sans plus de réaction de leur part. C’est seulement au premier étage qu’il interpela deux de ses hommes qui faisaient la ronde dans cette zone. Ils semblaient particulièrement étonnés de voir le Commandant rôder dans les couloirs de la propriété à une heure aussi tardive. Mais cela n’empêcha pas ce dernier de demander des informations sur leur patrouille.





《 - Disons que tout va bien, Commandant. Nos soldats sont particulièrement tendus depuis l’apparition du Divin noir. Le personnel se montre particulièrement hostile envers certains, les plus croyants en tout cas. Rien de bien grave, je vous rassure, mais nous restons sur nos gardes tout de même. 》





《 - Ah, et aussi Samhuin a été confiné dans une pièce à part du groupe pour décui… Suite aux événements de ce soir. 》





《 - Vraiment ? Je n’étais pas au courant de ça. 》

Le Commandant croisa les bras, regardant perplexe celui qui venait de lui faire cette révélation. Il avait atrocement mal à la tête et sa gorge asséchée lui laissait une voix presque éteinte, comme s’il avait passé la journée à crier. On aurait dit qu’il avait attrapé froid, mais c’était loin d’être le cas : Il se racla une énième fois la gorge d’ailleurs.





《 - Il faudrait vous renseigner auprès des soldats des Alirius, nous n’avons aucune information sur où il se trouve actuellement. Ce sont les seules informations que nous possédons, comme il n’était pas revenu. 》





《 - Je vois. Bon sur ce, excusez-moi j’ai besoin de m’hydrater un peu. 》

Il venait d’apprendre une information bien croustillante, et pendant qu’il se ressourçait au premier point d’eau qu’il avait trouvé il avait presque envie de se charger de lui, après tout il était complètement réveillé maintenant et ne pensait pas se jeter dans son lit avant un petit moment.

En rejoignant son point initial, il demanda à un soldat de l’amener à lui histoire de régler le cas rapidement. Malgré les refus, il trouva très habilement le moyen de le convaincre en énonçant qu’il n’hésiterait pas à le transmettre aux chefs de maisons s’il ne pouvait pas l’atteindre.

La porte s’ouvrit sec, et Samhuin s’extirpa de son sommeil en sursaut, ne sachant pas qui se pointerait dans la pénombre à cette heure de la nuit. Deux gardes des Alirius entrèrent dans la pièce, suivi du Commandant et le pauvre templier comprit rapidement ce qui allait lui arriver. Etant encore un peu dans les choux – car il ne s’était passé que 2 heures depuis que Cullen s’était endormi – Il tituba pour le suivre, ne cherchant aucune excuse, et une fois en dehors de la pièce, il se fit saisir par la nuque et Cullen le traîna à l’extérieur du bâtiment. Alors toujours en patrouille, les deux agents croisés plus tôt les regardèrent passer, prenant presque peur en voyant le dur et intouchable Samhuin se faire trainer comme un enfant.





《 - La vache 》





《 - Ah, bah il ne rigole pas hein. Je me demande à quoi va ressembler l’engueulade, t’as vu la voix qu’il avait ? 》





《 -  Huhu ~ Moi je sais pourquoi il a presque plus de voix ~ 》





《 - Mais chut, Tu y crois à cette histoire de servante, toi ? 》

Les potins courraient rapidement les couloirs dans cette demeure, et cela faisait glousser les deux agents qui pourtant compatissaient pour leur camarade templier. Si seulement le Commandant savait ce qui se racontait ces dernières heures…

Une fois dans les jardins, ils étaient seuls et le lieu particulièrement grand. De nuit, la lune éclairait la mer qui semblait si proche et les bruits des vagues créaient une petite ambiance exotique sur les lieux. Cullen lâcha sa prise une fois le fond du jardin atteint, proche de buissons et de rosiers gigantesques.





《 - C-Commandant, ce n’est pas du tout ce que vous…  》





《 - Je vous ai déjà donné un avertissement il me semble, non ? 》





《 - Je.. Oui, vous m’avez donné un avertissement, mais…  》





《 - Mais … ? 》





《 - J’avoue, j’ai fais exprès juste pour pénaliser Cordélia. Je ne pensais pas que ça irait aussi loin. 》

Les explications étaient brèves, mais il avait vraiment une dent contre Cordélia. Et là, le Commandant se rappela de sa discussion avec Maximus concernant son archer : il était jaloux et voulait récupérer le post à sa place. Une situation peu commode, il en avait du cran. Mais Cullen ne se montra en rien compréhensif pour autant : Il avait faillit tout faire gâcher.





《 - Vous êtes au courant que vous auriez pu être tué et que j’ai dû me risquer à rattraper vos bêtises ?! La situation ne se résume pas seulement à Cordélia 》





《 - Bon comment vous allez me punir ? 》





《 - Vous avez raison, je n’ai pas envie de perdre d’avantage de temps. La sentence sera très simple : Cordélia se chargera de vous et je me cogne de la manière qu’elle utilisera, se sera son gratin… Et de ma part vous aurez droit à une abstention de deux semaines. 》

deux petites semaines sans lyrium, de quoi faire ressentir les symptômes de manque durant quelques jours. Une sentence très dure pour les templiers, mais il l’avait mérité et amplement. Il fallait juste le garder sous contrôle durant ce laps de temps et il allait mettre les moyens de le faire. Mais alors que le templier acquiesça, Cullen aperçu quelques mètres plus loin, Mellissandre qui sortait du bâtiment, et heureusement qu’elle était dans ses pensées elle ne les avait pas vus.

Sans réfléchir d’avantage, le Commandant attrapa Samhuin par le bras et alla se planquer derrière un buisson pour rester discret. La jeune femme passa non loin d’eux et alla s’installer près de l’étang.





《 - Merdeeeee…. 》

Il se surprit à penser à haute voix, Samhuin l’observant avec perplexité. Après tout, il était certain qu’il y avait quelque chose entre les deux, pas qu’ils essayaient de s’éviter. Le silence régnant dans le jardin désormais, le moindre bruissement de feuille pouvait la faire réagir. Cette fois c’était inévitable, il était coincé.





《 -  Si on passe par les colonnes on n’a qu’à faire croire qu’on revienne d’une sortie en ville. Elle est à l’autre bout et il y a un chemin par là-bas. 》





《 - Sortir alors que vous êtes sensés être enfermé ? Ingénieux, franchement. 》

Cullen était très irrité par rapport à la situation dans laquelle il était actuellement. Déjà que Mellissandre semblait être extrêmement énervée depuis son intervention avec Maximus plus tôt dans la soirée, il ne manquait plus qu’elle se jette sur lui pour lui refaire une remarque déplacée.





《 - Non, on va faire comme si on ne l’avait pas vue et retourner à l’intérieur. 》

Il se glissa le long du buisson et se redressa pour rejoindre la porte, après tout qu’elle les remarque ou non, ils étaient dans le jardin avant elle et vu la grandeur et la densité de ce dernier, ce n’était pas étonnant qu’ils la voient qu’au dernier moment. Mellissandre ne les avait pas encore vus, alors que le Commandant allait passer la porte, mais ayant oublié les vers dans le nez de Samhuin, ce dernier trébucha dans un boucan infernal.





《 -  Mais vous, alors… 》

Cullen soupira et se pinça le haut du nez. Bien entendu, alors qu’il voulait rentrer sans faire d’histoires, l’improbable – ou presque – se produit pour bien lui prouver le contraire. Merci Créateur pour votre sournoiserie…





《 -  Bon vous m’énervez, disparaissez de ma vue. 》

Bien entendu trop tard pour fuir, il devait user d’un autre stratagème pour pouvoir éviter l’inévitable sermon de la part de la jeune femme. Il attendit que Samhuin disparaisse de son champ de vision avant de se prendre la tête dans les mains et se retourner dans la direction de Mellissandre qui était à plusieurs mètres de lui.





《 -  Je ne m’attendais pas à vous voir avant le matin, vous ne vous reposez pas ? 》

Il savait qu’elle ne dormait pas due aux séquelles de sa magie, mais il pensait au moins qu’elle restait dans sa chambre. Il s’approcha alors un peu pour ne pas qu’il se mette à parler trop fort, après tout des chambres donnaient sur le jardin.

Cependant il ne pouvait pas s’empêcher de la plaindre, que sa mère soit actuellement dans une prison pour quelque chose dont l’inquisition était coupable. Mais le problème n’était pas de son ressort, elle avait ouvertement profané sa religion et devant le Divin qui plus est. Il serait difficile de l’aider.





《 -  C’est le bal qui vous a mit dans cet état ? 》

Elle semblait étrange ce soir, mais il ne se doutait pas des rumeurs que le baron avait fait propagé sur lui et encore moins que la servante avait ouvertement raconté des sottises à la jouvencelle. Il pensait que cela concernait tout bêtement sa mère, elle qui en parlait sans cesse.

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Posté Dim 12 Nov - 16:10
Mellissandre n’était pas du tout sur ses gardes. Malgré l’intervention du Divin, cette maison était toujours la sienne. Au delà de la garde, elle avait le sentiment que personne ne pouvait lui faire du mal chez elle, parce que, quel lieu est plus sûr que chez soi ? Perdue dans ses pensées, concentrée sur le clapotis de l’eau à cause de ses mouvements, elle sursauta en entendant un bruit sourd un peu plus loin.

Plus curieuse qu’inquiète elle tourna la tête et fit apparaître une flamme dans ses mains pour éclairer les alentours.

« Il y a quelqu’un ? »,
demanda-t-elle assez bêtement, en se demandant si un animal errant n’avait pas pu faire ce léger tintamarre. Mais il y avait bien quelqu’un, dont elle reconnue la voix avant de le voir.

C’était bien sa veine ne croiser le Commandant dans un endroit aussi incongru, sa chemise de nuit retroussée au cuisse pour patauger dans l’eau. Enfin, elle n’était plus à ce genre de manque de dignité prêt, et elle tourna ostensiblement la tête alors qu’il approchait.

« Ah... c’est vous. », constata-t-elle sobrement d’une voix qu’elle voulait neutre mais qui avait indéniablement une pointe d’amertume dans les notes les plus graves. Le Créateur avait vraiment un sens de l’humour malsain.

Instinctivement, elle continua à remuer les pieds dans l’eau tiède, un peu moins vivement, de quoi faire des remous et non plus des éclaboussures. Elle avait toujours été fascinée par l’eau, peut-être que c’est pour ça qu’elle aimait tant les bains.

Son attitude fermée était selon elle un signe suffisant, mais il interpréta ça pour de la mélancolie et vint s’enquérir de sa fatigue, et de ses impressions sur le bal. Lui jetant un regard suspicieux, elle se demanda s’il était sincère dans sa sollicitude sans parvenir à trancher. Ça lui ressemblait assez bien. Mais pour une fois, cela l’agaçait plus qu’autre chose. Pourquoi fallait-il qu’il joue les gentil le jour où elle était en colère et que les réminiscences de la jalousie piquait encore son coeur.

« Je n’arrive pas à dormir », expliqua-t-elle finalement, restant volontairement vague. « Il s’est passé trop de chose ce soir, je me sens un peu submergée et ma mère n’est même pas là pour m’aider à respirer », développa-t-elle, pas mécontente de sa métaphore. Elle était dans une mer déchaînée, la plage était si proche, mais elle n’arrivait juste pas à remonter à la surface pour reprendre un peu d’air, un peu de force qui lui permette de s’extirper de ce tourbillon de pensées et d’événements.

La vérité c’est qu’elle avait besoin d’en parler. Autant faire avec la personne qu’elle avait sous la main. Sans réfléchir vraiment, Mellissandre tourna la tête pour attraper le regard de Cullen dans le sien, ne le lâchant plus alors que son expression devenait mortellement sérieuse.

« Cullen, pourquoi vous m’avez embrassé en Orlaïs ? », demanda-t-elle de but en blanc, d’une voix chargée de colères froide et d’accusations. Elle ne plaisantait pas avec ce genre de choses et cette question était bien trop longtemps restée en suspend de ses élucubrations et déceptions. Maintenant, elle avait juste besoin de savoir.
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Posté Dim 12 Nov - 17:35






◇ Trompé ◇



 

Suite à ses questions, la jeune femme ne semblait pas coopérative à la discussion en premier lieu. Puisqu’il en était ainsi, le Commandant trouva qu’il était judicieux de clore la discussion dès qu’elle aurait répondu. Après tout, si elle voulait demeurer seule, il n’allait pas la déranger d’avantage.

Mellissandre se détendait les pieds dans l’eau et ne comptait pas bouger de là avant un moment. Pour ne pas trop la déranger, il prit appuis sur une colonne à quelques mètres de là et croisa les bras en observant l’océan d’où il était.





《 - Je n’arrive pas à dormir… il s’est passé trop de chose ce soir, je me sens un peu submergée et ma mère n’est même pas là pour m’aider à respirer 》

Cullen ne répondit pas, connaissant sa maladresse pour rassurer dans ces moments-là. Lui qui n’avait plus ses parents il ne comprenait pas comment elle pouvait rester aggripée à eux à ce point – surtout que si Marilia les surprenait ensemble ce soir-là il ne payait pas cher de sa peau – mais peu importe il la connaissait probablement mal. Il réfléchit à un moyen de la rassurer, retravaillant sa réplique quelques secondes dans sa tête avant de lui dire finalement.





《 - Elle a fait preuve d’un courage exemplaire, je doute qu’il lui arrive quoi que ce soit. 》

Elle ne devait pas se tourmenter ainsi pour sa mère, elle allait s’en sortir et Joséphine avait tout prévu pour que cela s’arrange. Mais là était la raison pour laquelle Cullen ne comprenait pas les femmes : Elle était visiblement agacée non seulement par la situation mais elle ne semblait pas ravie de le voir. Il était sur le point de se relever et partir quand la jeune femme tourna la tête vers lui pour attirer son attention et lui poser une question quelque peu.. Déroutante.





《 - Cullen, pourquoi vous m’avez embrassé en Orlaïs ? 》





《 - J... Quoi ? 》

Elle avait un don pour ne pas tourner autour du pot, mais la question fit froncer les sourcils du Commandant qui ne comprenait pas pourquoi elle voulait en parler à l’heure actuelle. Rien qu’en y repensant il n’arrivait pas à se rendre compte s’ils s’étaient retrouvés seuls depuis cet événement ou non, mais cela n’excusa pas la raison de sa demande.





《 - Je ne comprends pas votre question. 》

Il tentait de garder contenance devant elle mais il aurait bien voulu partir en courant pour éviter de devoir être confronté à ce genre de reproche. D’ailleurs, quelle reproche, il ne comprenait pas ce qui la dérangeait et pourquoi à un moment pareil.





《 - … En quoi une personne aussi enjôleuse que vous se soucierait d’un seul baiser échangé ? 》

Si c’était l’heure de l’échange de reproches, il allait également jouer car elle aussi se permettait de faire les yeux doux à énormément de personnes dans le fort. Il reprit cette histoire avec Ragnar à la table d'état major qui l'avait particulièrement irrité. Ce ne devait pas être son premier baiser d’ailleurs. D’un autre côté, cela l’empêchait de parler de lui et de ses sentiments, il détestait cela.

Il se décolla de la colonne, et fit quelques pas lents pour calmer sa légère frustration suite à cette interrogation. Il lui avait déjà dit que c’était irréfléchi, pourquoi devoir encore se répéter ?





《 -  Je vous l’ai dis que c’était irréfléchi. Je ne serais même pas étonné d’apprendre que vous en avez parlé à votre mère, elle a passé sa soirée à me surveiller. 》

Si Mellissandre commençait à se soucier de ce problème mineur elle ne serait pas une grande dirigeante. Mais il y avait autre chose derrière cette question, Cullen n’était pas stupide. Elle semblait énervée contre lui, mais si elle s’amusait à le mépriser il n’allait pas simplement l’écouter hébété.

De toute manière, même s’il ressentait quelque chose pour elle, ce n’était pas possible, ils étaient trop différents et les risques étaient énormes. Elle était promise à bien plus qu’à un simple roturier féreldien et lui ne supporterait pas ses caprices de nobles pourries gâtées. Autant ne pas se faire de faux-espoirs sur ce point-ci. Même si dans le fond ce n’était pas facile de l’admettre.





《 -  Cela dit je ne pensais pas que cela vous perturberait à ce point. 》

Il regarda attentivement la jeune femme décelant le moindre signe qu’elle pouvait montrer des suites de sa remarque. Visiblement, cela ressemblait presque à de la jalousie, mais pour quelles raisons ? Il ne lui devait rien à elle et vu le nombre de femmes qui l’avaient tourné autour, il se demandait presque si Mellissandre en pinçait pas un peu pour lui.

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Posté Dim 12 Nov - 18:17
Soit Cullen ne comprenait rien aux femmes, soit il était beaucoup plus mesquin qu’elle ne le pensait. En tout cas, dire qu’elle était enjôleuse sur un air de reproche n’était clairement pas une bonne idée pour éclaircir son humeur. Les pointg serrés, Mellissandre sentit sa mine s’assombrir tandis que son esprit s’insurgeait et luttait. Ce n’était absolument pas pareil… ou pas ? Elle jouait les séductrices car elle se savait belle et désirable et que cela lui permettait d’obtenir ce qu’elle voulait, Cullen l’avait-il manipulé en jouant les jolis cœur ? En tout cas, il prouvait une fois de plus que son geste n’avait rien de sincère ou de sentimental et elle se sentait profondément ridicule d’avoir songé qu’il puisse y avoir autre chose.

De toute façon, elle s’y attendait depuis la révélation du baron, cela ne faisait que confirmer ses inquiétudes. Malgré tout, son dernière espoir soufflé comme la flamme d’une bougie, elle pouvait presque le sentir physiquement. Cela faisait mal. Cette douleur fut lisible sur son visage, mais elle remit aussitôt ce masque impénétrable qui lui servait de protection dans la noblesse.

« Non, je n’ai rien dit à ma mère, sinon effectivement, vous auriez eu des ennuis », rétorqua-t-elle finalement en se redressant. Elle n’était guère plus d’humeur à patauger dans l’eau, quand bien même le vent frais lui donnait froid au pied désormais. Cela faisait mal, mais elle était une Alirius, elle ne se laissait pas abattre si facilement. Départie de cette ultime faiblesse, elle n’aurais plus de scrupule ni de doutes à embraser sa destinée et les ambitions de sa famille.

Drapée dans toute sa dignité – il n’y avait qu’elle pour avoir l’air si impériale en simple chemise de nuit – elle lui jeta un regard presque dédaigneux. Il ne fallait pas sous estimer l’orgueil d’une femme blessée. L’idée qu’il se soit jouer d’elle, elle ne pouvait pas le tolérer, ce qui la rendait vraiment exécrable.

« Je voulais juste être sûr que cela ne se reproduirait pas, avec toutes les rumeurs qui semblent nous poursuivre, je ne peux pas me permettre ce genre de chose », se justifia-t-elle finalement avec toute la condescendance du monde. Oui, elle était clairement trop bien pour lui, et il devait prendre garde à son comportement.

Dans un ultime défi, et pour se prouver à elle même qu’elle était au-delà de ça, elle se rapprocha jusqu’à lui faire face, si proche qu’elle aurait justement pu l’embrasser.

« Je ne pensais justement pas que vous étiez comme moi… Enfin, façon de parler, je suis peut-être enjôleuse, mais contrairement à vous je n’agis pas sans réfléchir », rétorqua-t-elle d’une vois étrangement sensuelle, assumant jusqu’au bout des ongles ce personnage qu’il lui prêtait, et qu’elle incarnait effectivement. Ce personnage qui ne laissait pas indifférent mais qu’il détestait, il l’avait rejeté en bloc quand ils s’étaient rencontrés. C’était comme s’ils étaient subitement retombé sur la case départ.

« Vous devriez faire attention à votre impulsivité, un jour, cela vous causera du tort... », ajouta-t-elle en se détournant pour reprendre le chemin de la maison, redevenu froide et sérieuse.

« ... Enfin, même si ça a eu l’air de bien marcher avec Maelen... », conclu-t-elle avec une pointe de sarcasme alors qu’elle lui tournait le dos.
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Posté Dim 12 Nov - 21:55






◇ Trompé ◇



 

Une certaine forme d’hostilité s’installa entre les deux, et ce n’était pas étonnant vu à quel point Cullen était têtu et estimait Mellissandre pire que lui. Finalement, elle se redressa, sortant les pieds de l’eau et se retourna finalement vers lui.





《 - Non, je n’ai rien dit à ma mère, sinon effectivement, vous auriez eu des ennuis 》


Curieux, dans ce cas il ne comprenait pas ce qui aurait pu attirer l’attention de sa mère sur lui, pourtant il n’avait absolument rien raconté à personne de son côté non plus. Il continua son analyse, alors qu’elle semblait d’avantage énervée. S’il ne se contrôlait pas un peu il irait lui aligner une foulée de reproches mais pour l’heure il voulait juste retourner dans ses quartiers.





《 - Je voulais juste être sûr que cela ne se reproduirait pas, avec toutes les rumeurs qui semblent nous poursuivre, je ne peux pas me permettre ce genre de chose 》





《 - En effet, ce serait idiot.. 》


Quelle égoïste tout de même, et Cullen ne savait pas vraiment comment il devait le prendre. Dans le fond il appréciait vraiment Mellissandre et malgré la situation et ce qu’il se répète sans cesse dans sa tête, il voulait se garder une chance – même minime – que cela soit possible pour lui. Mais il devait définitivement faire une croix dessus, il fallait qu’il s’y fasse.

Il souffla du nez quand elle s’approcha de lui, un peu trop près à son goût mais qu’importe. Elle avait visiblement mal prit sa remarque, pourtant c’était ainsi qu’elle se définissait à leur rencontre. Et lui, idiot comme il était, il continuait de croire qu’elle se voilait et qu’elle refusait simplement de se montrer vulnérable devant lui. Et sa proximité lui faisait de l’effet tout de même. Cela se sentait qu’il était tendu, comme un Mabari quand il se fait sermonner par son maître.





《 - Je ne pensais justement pas que vous étiez comme moi… Enfin, façon de parler, je suis peut-être enjôleuse, mais contrairement à vous je n’agis pas sans réfléchir 》


Trop occupé à lutter pour garder un semblant de droiture, il ne répondit pas, la regardant alors droit dans les yeux en attendant la fin de ses réprimandes.





《 - Vous devriez faire attention à votre impulsivité, un jour, cela vous causera du tort... 》


De l’impulsivité, du tort. Et lui qui s’imaginait qu’elle pouvait ressentir quelque chose pour lui, mais finalement ce n’était pas vraiment ce à quoi il s’imaginait. Malgré la colère qui l’animait à cet instant, il ne put s’empêcher de se sentir étrangement blessé. Même lui, il ne savait pas vraiment se situer dans tout ça.

La jeune femme se retourna alors des suites de sa remarque et s’apprêtait à repartir mais la remarque qu’elle utilisa pour clore cette discussion tiqua aux oreilles du Commandant qui ne bougea pas dans un premier temps.





《 - ... Enfin, même si ça a eu l’air de bien marcher avec Maelen... 》


Maelen, un nom qu’il avait déjà oublié, mais qu’il remit rapidement un visage quand Mellissandre avait le dos tourné. C’était cette servante qui était venue lui raconter des histoires à propos de magie du sang dont il avait déjà une vague connaissance, ainsi que ce qu’elle lui avait dit avant de quitter la pièce.

* Cette gamine pourrie gâtée ne mérite pas de vous avoir *
Peut-être, mais la situation était bien plus compliquée et même si elle l’admettait, Cullen était certain que Mellissandre ne se montrait pas sous son meilleur jour auprès de ses esclaves. Mais de là à avouer à haute voix que le Commandant aurait séduit cette elfe le mettait hors de lui.

Avant que la jouvencelle ne s’éloigne trop il lui saisit le bras et la plaqua contre une colonne à proximité de lui.





《 - Bon cette fois ça suffis, vous allez m’écouter deux minutes. 》


Mellissandre semblait certaine que l’elfe était passée dans sa chambre pour une tout autre raison, mais Cullen ne savait pas comment arranger la situation à vrai dire. C’était sa parole contre celle de l’esclave qui a grandi au sein de la maison des Alirius. Et semblait-il qu’elle ne l’avait pas avoué d’elle-même, ce n’était donc que des suppositions.





《 - Je ne sais pas ce qui vous fait penser que j’ai couché avec votre servante, mais par tous les dieux, c’est bien la dernière chose que je ferais ici à Minrathie. Je ne connais même pas cette fille, et ne sais même plus si je l’ai vue au bal, D’accord ?! Je n’ai déjà pas assez de problème pour encore me coltiner un ragot stupide et insensé ! 》


Il donna un coup de poing sur la colonne pour se défouler un peu, mais cela ne suffisait pas à le calmer. Et maintenant voilà que Mellissandre était jalouse de la servante mais dans quel monde il vivait ?!





《 - Merde à la fin ! 》


Il s’éloigna de quelques pas en direction de la maison, prenant soin de ne pas trop insister pour ne pas attirer l’attention.





《 - Si c’est toute la confiance que vous avez envers moi après ce que j’ai fais pour vous, Je… Grrr... Vous me mettez hors de moi. 》


Il se racla une nouvelle fois la gorge en sentant sa voix s’enrayer à nouveau. Il fallait qu’il retrouve de l’eau rapidement. Il avait soif, très soif.





《 - Vous voulez que je sois honnête avec vous ? J’aurais mieux fait de ne jamais m’approcher de vous sur la côte orageuse. Cela m’aurait permis de m’éviter tout ce bordel qui m’est arrivé ces derniers mois. Car oui, figurez-vous que je j’aurais très bien pu vous laisser à votre sort quand vous étiez accusée d’assassinat à fort céleste, hors je ne l’ai pas fais. Je me suis blessé pour vous, j’ai combattu des démons pour vous, j’ai même veillé de longues heures sur vous quand vous étiez empoisonnée à Golfalois, J’ai même pris votre défense quand Dorian a ouvert votre fichu courrier, et droit après ça je n’ai pas hésité à vous venir en aide lorsque les templiers vous ont malmenée. Et chez le baron… Je ne vais même pas m’étaler sur le sujet. 》


Ce qui se passait chez le baron, pour elle il s’agissait de l’impulsivité, mais pour lui c’était plus que cela. Malheureusement il était très maladroit et il s’était rapidement rendu compte que c’était idiot. Rien que d’y penser il secoua la tête





《 - Ce… Peut-être bien que je.. v-vous aimais, oui. Mais je me suis rendu compte que depuis tout ce temps ces sentiments n’étaient pas réels… 》


Ce que lui avait dit l’elfe lui avait en partie ouvert les yeux. Mais toutes ces coïncidences étaient étranges et il comptait bien démêler cette histoire, cela ne sentait pas bon. De toute manière au point où il en était, il n’avait pas le choix que d’aller jusqu’au bout.





《 - … Car vous avez un sors de magie du sang actif en permanence pour vous rendre désirable. 》


Il l’avait appris récemment, mais il ne savait pas vraiment comment lui dire que c’était sa propre servante qui le lui avait dit. De toute manière elle ne le croirait jamais. Autant faire passer cela pour une de ses facultés de templier. Bien que c’était le manque de Lyrium qui lui avait prévenu en premier lieu.





《 - Quel idiot j’ai été de croire que tout cela était possible.. Je me suis trompé… depuis le début. 》


Mellissandre ne ressentait rien pour lui et ça il commençait à le marquer jusqu’au sang dans son esprit. Après tout le fait de tout lui avouer l’aiderait à tourner la page probablement, et il se sentait plus léger d’un coup, son esprit contractant d’avantage de tristesse que de colère. Il était désormais temps pour lui de quitter cet endroit et d’aller s’isoler. Il ne savait même pas comment réagir d’ailleurs.





《 - ...Excusez-moi… 》


Il tourna les talons et cette fois c’était lui qui comptait quitter les lieux en premier. Qu’elle fasse ce qu’elle veut de ce qu’il venait de lui dire après tout il ne pouvait pas se retrouver dans pire situation et il était à deux doigts du malaise. Cependant, elle pouvait encore le rattraper si elle voulait encore lui adresser la parole. Mais quelle idée de tout lui dire comme ça...

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Posté Dim 12 Nov - 23:03
Lorsque son dos heurta la colonne, Mellissandre le fusilla du regard l’air farouche. Cette scène avait des airs de déjà vu mais elle n’était guère d’humeur à accepter un baiser cette fois. Prête à faire le scandale de son existence ou à le rôtir sur place, elle ce tût néanmoins en constant qu’il ne désirait que lui faire un petit discours.

L’air défiant, elle se laissa faire, gardant la tête haute pour bien montrer qu’elle se laissait volontairement à sa merci mais que cela pouvait changer à tout moment. Il niait avoir toute relation avec sa servante, ce qui en soit était fort suspect. Elle n’avait jamais dis qu’ils avaient couchés ensemble après tout, elle avait juste mentionné son nom.

Dubitative, elle lui lança un regard qui en disait long sur son absence de crédulité. Certes il n’avait aucune raison de lui mentir mais quitte à être de mauvaise fois, elle préférait noircir encore le tableau pour avoir des raisons supplémentaires de le détester. Le plus drôle dans tout ça, c’est qu’il s’énervait en parlant de confiance. De confiance. S’il savait pourquoi elle était incapable de faire confiance, son orgueil serait loin d’être une priorité. Lasse, elle l’écouta lister toutes les fois où il l’avait aidé, sauvé, elle souffla bruyamment pour interrompre son long discours.

« Bien sûr que vous avez fait tout ça, vous êtes quelqu’un de gentil Commandant, je n’ai jamais prétendu le contraire », déclara-t-elle, ignominieusement agacée. C’est fou comme elle pouvait persifler un compliment comme si c’était une médisance. Pourtant c’était vrai, c’était sincère. Cullen était un homme bon, une raison de plus de le haïr et de le rejeter car ils ne seraient jamais pareil.

Et puis, les mots fatidiques. Ceux qu’elle voulait et craignait d’entendre en même temps. Trop tardif. Ils faisaient mal. Même au passé, ou parce qu’ils étaient au passé, ils faisaient mal. Suffisamment, pour qu’elle perde de sa flamboyante provocation happée dans une triste mélancolie.

« Vous pensez vraiment que je suis naïve à ce point… ? », souffla-t-elle, persuadée qu'il disait juste ce qu'il croyait qu'elle voulait entendre lui qui connaissait son goût indéniable pour le romantisme. Après avoir tout nier avec une telle violence, elle ne pouvait pas croire de telles assersions, surtout au passé.

Elle ferma les yeux, les rouvrant de surprise alors qu’il parlait de son sort.

Ainsi donc il savait. Depuis combien de temps ? Incrédule, elle le fixa tout en sentant qu’il relâchait son emprise et se détournait à son tour.

« Vous saviez ? »,
demanda-t-elle assez stupidement sans songer une seule seconde à démentir. C’était trop précis pour être inventé. Ceci dit, sa perspective était différente de la sienne, et c’est pour ça qu’elle l’arrêta en se saisissant à son tour de son le bras. « Vous le saviez... », répéta-t-elle en scrutant son regard.

« Mon sort… ne fonctionne pas sur les gens qui connaissent son existence », déclara-t-elle d’une voix neutre. Elle ne cherchait pas à le convaincre, il était templier, il devait connaître les limites de la magie du sang, c’était assez normal qu’être conscient d’un effet permettait de s’en prémunir.

Quelque part, cela avait quelque chose d’assez satisfaisant de savoir qu’il y avait eu un regard sincère sur sa personne, un regard non biaisé par sa magie. Il n’allait pas bien, elle le sentait aussi, lâcha-t-elle son bras comme pour lui donner la permission de s’en aller. Elle regrettait presque de lui avoir avoué ce détail. Il pouvait se méprendre sur ses raisons. Elle ne cherchait pas à légitimer les sentiments qu’il eut pu éprouver ou pas pour elle, juste à se sentir vrai pour une fois.

De toute façon, elle ne savait plus que penser, que croire, mais à cet instant précis, cet homme maladroit l’était trop pour l’atteindre. L’Amour avait toujours été quelque chose d’absolu, de beau, de grand, d’incoercible. Quelque chose qui surpassait tout le reste. Quelque chose qu’on ne pouvait pas endiguer, refréner. L’Amour tel qu’elle le concevait était suprême et éternel. On ne pouvait pas aimer au passé.

Pourquoi désirait-elle si désespérément ressentir cette dévotion pour quelqu’un d’autre que sa famille, elle ne le savait pas. Peut-être que ses goûts pour le romanesque était en cause, mais ce soir, elle avait pris conscience qu’il fallait qu’elle grandisse. Ce genre de sentiments faisaient beaucoup trop mal pour se permettre d’hésiter, de s’embourber. Tout cela était voué à l’échec.

Avant de relâcher son emprise, Mellissandre ne manqua pas de remarquer son pouls trop rapide, sa peau brûlante et couverte de sueur, autant d’indices qui laissait supposer qu’il était vraiment mal en point. Et comme elle était tévintide, l’idée d’un poison lui frappa l’esprit avant de se souvenir qu’elle l’avait déjà vu dans cet état auparavant.

« Vous êtes malade », réalisa-t-elle soudainement en se trouvant stupide de ne pas avoir fait cette constatation plus tôt. « Remontez dans votre chambre, je vais appeler un médecin, j’en ai un personnel », ajouta-t-elle ensuite d’une voix professionnelle.
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Posté Lun 13 Nov - 1:23






◇ Trompé ◇



 

Il ne fit pas attention à ce qu’elle dit en premier lieu, braqué sur son objectif principal qu’était de rejoindre la porte. C’est en se faisant attraper par le bras à son tour qu’il s’arrêta net et se retourna vers elle, l’air inquiet. Il regarda simplement par-dessus son épaule sans dire un mot.





《 - Vous le saviez... 》


Il ne lui expliqua pas depuis quand, cela était inutile. Mais il ne pouvait pas savoir quels étaient les effets, ni même la puissance de ces derniers tant les sors de magies du sang étaient divers et variés.





《 -  J’ai senti quelque chose, mais… 》





《 - Mon sort… ne fonctionne pas sur les gens qui connaissent son existence 》


Initialement surprit, il n’était pas dans un état de réflexion intense pour pouvoir assimiler les informations correctement. Il se sentait tout fébrile et tremblant, un mauvais signe. Et Mellissandre qui le maintenait encore pouvait aisément le ressentir elle-aussi. Mais elle ne tarda pas à lâcher son emprise.

Il sentait ses mains moites et ses mots de tête revenir, comme il avait habitude après une bonne prise de tête – qui en soit n’était pas le premier avec elle – mais il était vrai qu’initialement il était sorti pour s’hydrater.





《 - Vous êtes malade 》





《 -  Non t-tout va bien 》


Il s’essuya le front, il ne se doutait pas qu’il suait à ce point. Mais il était vrai que depuis qu’il était arrivé à Tevinter les symptômes s’étaient aggravés. Probablement à cause de la chaleur insoutenable dont il n’avait pas l’habitude.





《 - Remontez dans votre chambre, je vais appeler un médecin, j’en ai un personnel 》





《 -  Je… 》


Il voulait la contredire, mais son corps n’était pas du même avis, si bien qu’il se laissa appuyer contre la colonne à côté de lui pour soulager ses vertiges.





《 - Je ne supporte pas la chaleur de votre pays, c’est tout. Je bois énormément depuis mon arrivée. 》


Il soupira et finalement s’exécuta. Mais il ne voulait pas qu’on le force à prendre du lyrium, c’était pour cela qu’il ne disait rien à personne. Il savait pertinemment que son choix ne serait pas respecté, et qu’il allait devoir renoncer à ses efforts.





《 - Ce n’est rien, je vous assure. 》


Sans plus de cérémonie, il quitta les lieux et remonta dans ses quartiers toujours sous le regard accusateur du garde devant la porte de Mellissandre. Fort heureusement, tout le monde dormait, que ce soit les invités ou les maîtres des lieux. En arrivant à l'intérieur, toutes les fenêtres étaient ouvertes pour créer un courant d'air, car la fraicheur de la nuit l'aidait pas mal à se sentir mieux. Mais les douleurs s'intensifiaient au fur et à mesures qu'il avançait et finalement son malaise eut raison de lui : Il s'effondra au milieu de sa suite.

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Posté Mar 14 Nov - 22:21
Dans un réflexe stupidement patriotique, Mellissandre faillit s’offusquer qu’il ne supporte pas son pays, mais elle se rappela avec un frisson le froid du Sud et elle opina donc pleine de compréhension. Pour elle, il faisait bon, elle avait connu des étés étouffant mais là les chaleurs restaient supportable, surtout avec le vent frais du jardin.

« Je vais vous faire monter plus d’eau en ce cas, avec des glaçons », ajouta-t-elle alors qu’il parlait de sa soif intarissable. Elle voulait bien croire que le climat était responsable, mais elle l’avait déjà mal en point même dans ses damnées contrées froides et pluvieuses, aussi sa remarque rassurante ne l’apaisa pas du tout.

Elle ne comprenait pas pourquoi il s’obstinait à refuser toute aide, à refuser de prendre soin de lui en se réfugiant dans son travail comme un damné. A croire qu’il fuyait quelque chose, qu’il se noyait sous le travail là où d’autre noient leurs angoisses et leurs craintes dans l’alcool.

« En cas, la visite du médecin sera très brève », rétorqua-t-elle donc, signe qu’elle n’était pas disposée à le laisser filer cette fois. Elle était chez elle, elle se sentait maîtresse des lieux, il ne pouvait pas y réchapper.

La chose étant conclue, elle le laissa retourner à l’étage tandis qu’elle s’exécutait, donnant ses instructions à une esclave tout en ordonnant de réveiller le mage guérisseur affilié à sa famille. Elle ne voulait pas directement s’impliquer là dedans pour ne pas raviver les ragots, mais elle ne doutait pas de son abnégation.

Il ne fut pas ravis d’être tiré de son sommeil, mais la protection des Alirius valait bien quelques heures en moins et il ne fit donc aucun simagrées quand on lui ordonna d’aller s’occuper du Commandant de l’Inquisition qui ne se sentait pas bien.

Après un bal, son premier réflexe fut de prendre tous ses contrepoisons afin de pouvoir agir au plus vite s’il avait bu ou mangé quelque chose de vénéneux. De son côté, bien qu’inquiète et encore troublée par ses révélations successives, Mellissandre était retournée se coucher. Enfin, plutôt, elle était retournée dans sa chambre. L’idée de dormir lui était encore trop étrangère mais elle savait qu’elle ne travaillerait pas efficacement dans cet état, aussi attrapa-t-elle un de ses livres à l’eau de rose pour rire quelques uns de ses passages favoris.

Des fois elle songeait qu’elle voulait une vie de romans, puis se rétractait devant la complexité et la fin tragique de ces romances… Non ce n’était pas pour elle, elle l’avait bien vu aujourd’hui. Quelque part, peut-être aimait-elle davantage l’idée d’être amoureuse qu’elle n’aimait réellement. Ou peut-être pas. De toute façon, Cullen était bien trop timoré pour quelqu’un qui rêvait de passions, bien trop éloigné pour quelqu’un qui rêvait de ferveur et bien trop gentil pour quelqu’un qui rêvait de grandeur.

Perdue dans ses pensées, Mellissandre avait arrêté de lire quand on frappa à sa porte timidement. Les sourcils froncées, elle se retrouva nez à nez avec le docteur qui semblait manifestement inquiet.

« Le Commandant à fait un malaise madame », déclara-t-il à la stupéfaction de Mellissandre qui quitta aussitôt son air grognon. Elle savait qu’il n’allait pas bien, mais à ce point ? « On l’a remis sur son lit avec l’aide de l’esclave venu apporté de l’eau, je l’ai examiné, il n’a pas été empoisonné et sa vie n’est pas en danger… dans l’immédiat », la rassura-t-elle néanmoins avant de jeter un regard en biais au garde de la porte.

Il entendait tout, voyait tout mais rester toujours muet comme une tombe, et pourtant, tout le monde continuait de se méfier de lui. Acquiesçant, Mellissandre laissa le médecin entrer pour entendre la suite du récit.

« Je crois qu’il souffre d’un manque de Lyrium ma Dame », expliqua-t-il finalement d’une voix incertaine qui fit froncer les sourcils à la mage.

« Et bien, donnez-lui en alors ! », s’exclama-t-elle, ne comprenant pas où était le problème. Le lyrium pouvait être difficile à obtenir mais l’Inquisition avait ses propres fournisseurs, et Tevinter était une zone de libre commerce pour ce genre de choses. Avec leur lien ancestraux avec les nains, ils en possédaient des quantités pharaoniques. En sommes, l’argent de sa famille pouvait tout acheter. Des Lyriums, ils en avaient des caisses.

« Pour être dans un état pareil, cela dois faire des semaines, que dis-je des mois qu’il ne doit pas en avoir pris… Je ne peux en être sûr mais je crois que c’est un choix volontaire ma dame », expliqua l’homme sous la surprise la plus totale de Mellissandre.

La vie des templiers ne l’avait jamais passionné, elle connaissait les effets pervers du lyrium rouge mais pas ceux du normal, du moins, elle savait qu’il ne fallait pas en abusé pour elle même, mais cela était tout. A l’instant, elle ne comprenait pas, aussi hésita-t-elle sur la marche à suivre.

Peut-être fallait-il avertir Joséphine ? Ou pas ? Se massant la tempe, Mellissandre finit par congédier le docteur. Elle le rejoint, plusieurs minutes plus tard en ordonnant qu’il reste avec eux.

S’il avait été sage, Cullen était toujours alité, réveillé de son malaise par la magie curative de son médecin et l’eau fraîche dont on avait apporté plusieurs carafes. Assez pour lui mettre un linge humide sur le front.

Elle avait déjà prouvé qu’elle était un très mauvaise garde malade, aussi se contenta-t-elle de rester debout à côté du lit tandis que Maelen s’occupait de veiller à ce que le linge soit toujours frais. De toutes les esclaves, il fallait que ça soit elle.

« Vous vous sentez mieux ? », demanda-t-elle finalement d’une voix étonnamment douce une fois qu’il fut suffisamment vif.

« Cullen, pourquoi vous ne prenez plus de lyrium ? », le questionna-t-elle ensuite, serrant le flacon bleu qu’elle était allé cherché dans ses doigts, le dissimulant nonchalamment derrière son dos. Elle verrait si elle devait le lui donner, aller réveiller l’ambassadrice ou juste l’enguirlander, en fonction de sa réponse.
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Posté Mer 15 Nov - 1:15






◇ Trompé ◇



 

En revenant à lui doucement, Cullen fut réveillé par une vive douleur sur le front le faisant amèrement grimacer. Il n’ouvrit pas les yeux immédiatement, mais il entendait du bruit, des murmures plus loin.

En ouvrant les yeux il y avait une servante qui s’affairait à quelque chose sur la table à côté de lui. Il se rendit rapidement compte qu’il était dans sa suite, mais ne se rappelait pas comment il était arrivé là et encore moins pourquoi il avait quelqu’un avec lui à cette heure. Quand la jeune elfe se retourna, elle sursauta en inspirant bruyamment, surprise de le voir soudainement revenu à lui.

Toujours, une douleur désagréable à la tête, le Commandant ne se rappelait même pas s’être levé pendant la nuit, et encore moins d’avoir fait une révélation à Mellissandre quelques instants plus tôt. Il observait la servante perplexe qui vint près de lui en posant une serviette humide sur son front.





《 - Tout va bien, Ser Rutherford. Reposez-vous, vous êtes encore fébrile. 》





《 - Fébrile… ? Comment cela ? J-je dormais jusqu’à maintenant, non ? 》





《 - Non, vous avez fais un malaise, vous ne vous souvenez de rien ?  》

Le Commandant fixa le plafond perplexe. C’était comme s’il venait de se réveiller d’une petite nuit de sommeil et qu’il avait juste mal à la tête. Mais l’effet de la serviette fraîche sur sa tête lui donnait presque froid, tant il se sentait trembler depuis quelques instants. Après tout il était couché par-dessus le duvet et il se rendit vite compte qu’il avait été déplacé là.

Il ne répondit pas, et détourna la tête pour observer la porte qui s’ouvrit avant que Mellissandre toujours en robe de chambre, et une autre personne entrent dans la pièce.  Il se demanda pourquoi il y avait tout à coup autant de monde dans sa chambre.





《 - Ne me dites pas que je me suis évanouis pendant le bal… 》





《 - Non, n’ayez crainte. 》

La servante – dont il avait oublié le nom – continuait de s’occuper de lui alors que Mellissandre resta à distance à côté de son lit.





《 - Vous vous sentez mieux ? 》





《 -  J-je… Oui, j’imagine. 》

Il se redressa et se massa le front encore rafraîchi par la serviette humide qui y était posé plus tôt. Il remarqua aussi qu’il était Torse nu également si bien qu’il se demanda si c’était pour cette raison que son hôte se montrait aussi mielleuse.





《 - Cullen, pourquoi vous ne prenez plus de lyrium ? 》

Un énorme frisson l’ébranla quelques secondes, incertain de ne pas avoir bien compris sa question. Avait-elle seulement parlé du lyrium ? Mais quand avait-il abordé le sujet avec elle ? Il resta neutre sans rien dire en observant l’état de la jeune femme.

Il remarqua qu’elle détenait quelque chose dans ses mains, qu’elle cacha immédiatement dans son dos ce qui signifiait un mauvais présage pour lui. Il prit un verre d’eau que la servante lui donna pour l’aider à s’éclaircir la voix.





《 -  Vous comptez m’en donner ? 》

Il la regarda de son air affreusement sérieux, presque menaçant. Il devina qu’elle maintenait un flacon et qu’elle était prête à lui en donner. Mais qu’est-ce qui leur faisait dire que cela était vraiment le cas ? Et avec toutes les personnes étrangères dans la pièce, il ne souhaitait pas avouer cela devant autant de monde, autant le démentir. Et là, l’homme qui était avec eux dans la pièce s’avança et répondit à la place de Mellissandre.





《 - Dans l’idéal, le mieux serait d’en prendre. 》





《 - Et vous êtes le mieux placé pour m’indiquer quoi faire j’imagine ? 》

A ce propos, il ne s’avait toujours pas de qui il s’agissait, et ne l’avait pas vu durant la soirée, du moins son visage ne lui disait rien. Le Médecin voyait bien que le Commandant était sur la défensive, après tout cela était probablement un sujet lourd à porter.





《 - Navré, j’en ai oublié les manières. Je suis la personne qui vous a prit en charge pendant que vous étiez inconscient. Je peux concevoir que vous soyez sur la défensive, nous nous sommes pris de la mauvaise manière. 》

Il souligna la maladresse de Mellissandre qui était entré dans le sujet sans tourner autour du pot. Mais le Médecin savait le sujet délicat, c’était pour cette raison qu’il souhaitait utiliser une autre approche.





《 - Qu’est-ce qui vous fais affirmer avec autant d’ardeur que c’est ce dont je souffre ? 》





《 - Vous êtes templier, cela aide à savoir que vous consommez du lyrium en temps normal. Vous souffrez de fièvre, de migraines, vous avez les mains froides, et je ne parle pas de votre soif inextinguible.  Et si vous avez des trous de mémoire c'est lié. Cependant je dois admettre que vous avez beaucoup de cran, les templiers ne tiennent pas plus de 2 à 3 semaines sans en consommer. Les effets secondaires sont particulièrement éprouvants. 》

Il était dos au mur à vrai dire et savoir qu’il y avait trois personnes pendues à ses lèvres était absolument atroce. Sans parler qu’il se méfiait de cette servante comme la peste : si elle était capable de dire du mal de ses maîtres à un parfait inconnu elle pouvait parfaitement aller rapporter son mal-être. Cullen soupira, se frotta le front et se recoucha sans dire un mot.





《 - Peu importe mes maux, là j’ai le droit à une foule de curieux dans mes quartiers alors que je souhaite juste me reposer… Est-ce trop vous demander de quitter les lieux ? 》

Il insista sur l’esclave, qui s’éclipsa la première après une petite courbette. Décidément, il fallait qu’il fasse très attention. La situation était sur le point de lui échapper et il était hors de question qu’il approuve ce que disait le médecin. Mais Mellissandre n’avait pas eu la réponse à sa question. Et Cullen ne comptait pas en parler, ni à elle, ni à aucune autre personne.

Il ne pouvait pas se le permettre, la situation étant presque périlleuse. Il suffisait qu’un venatori l’apprenne et il était en proie à de méchantes conséquences. Et personne de l’inquisition ne le savait à part Cassandra qui le surveillait depuis leur rencontre à Kirkwall.





《 - Je vous remercie Docteur.. 》

Mellissandre était libre d’insister vu qu’ils ne tardèrent pas à se retrouver seuls. Et Cullen comptait bien l’empêcher de rameuter des personnes supplémentaires, quittes à se lever s’il le fallait.





《 - Quelles idioties...  》

Il fallait qu’elle se montre vraiment convaincante si elle voulait en apprendre plus, car Cullen était particulièrement têtu. Il était d’ailleurs certain qu’elle lâche l’affaire.  

#990000
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Posté Mer 15 Nov - 17:40
Non, Mellissandre n’y était pas allé dans la dentelle. Le fait qu’il soit très tard – ou plutôt très tôt – y était sans doute pour quelque chose, ça et toutes les révélations et épreuves qui s’étaient enchaînées dans la soirée.

Pour ne rien arrangé, le Commandant ne semblait avoir aucun souvenir de la soirée après la fin du bal, et elle ne savait pas si elle devait lui remémorait leur tumultueuse conversation près du bassin ou s’il était mieux d’oublier tout cela. Assez curieusement d’ailleurs, il ne semblait pas reconnaître Maelen, ou tout du moins se comportait de façon très froide avec elle. Pourtant, leur idylle avait théoriquement commencé avant ce soir. Aurait-il eu la présence d’esprit de jouer les innocents dans son état ? Il avait nié avoir toute relation avec l’esclave et elle ne l’avait pas cru, maintenant elle commençait à douter sans parvenir à vraiment éclaircir la situation.

Remettant ces considérations à plus tard, elle se concentra sur ses grommellement et ses protestations. En dépit de la gentillesse du docteur qui prenait davantage de gants pour exposer la situation, il semblait complètement fermé à l’idée d’en parler à qui que se soit, exigent même que ses interlocuteurs sorte de la pièce.

Devant sa détermination, la servante se retira prestement – habituée à suivre les caprices de ses maîtres – tandis que le docteur était plus hésitant. Techniquement, c’est à Mellissandre qu’il devait son allégeance, et il comprenait vaguement le problème de laisser la demoiselle seule dans la chambre du Commandant. Cependant, face à l’insistance de Cullen, Mellissandre finit par céder et hocha vaguement la tête en signe d’approbation. C’est ainsi qu’ils se retrouvèrent seul, ce qui ne sembla pas empêcher son interlocuteur de marmonner une insulte dans sa barbe à son encontre.

Croisant les bras – elle n’avait plus aucune raison de dissimuler la fiole puisqu’il semblait l’avoir aperçu – Mellissandre le dévisagea en silence, sévère. Franchement, après toutes les situations cocasses qu’ils avaient vécu le voir torse nu était le cadet de ses soucis, elle était bien trop préoccupé par cet histoire de lyrium pour s’en soucier.

« Vous ne voulez toujours pas me dire pourquoi ? », insista-t-elle avec un léger air de reproche.

Elle était contrariée, un peu vexée également par son silence. Elle avait l’impression qu’il ne lui faisait pas confiance, contrairement à ce qu’il avait prétendu plus tôt. Dans le fond, elle qui avait décidé de se concentrer uniquement sur les affaires de sa famille, ne comprenait pas pourquoi elle en faisait si grand cas. Par curiosité, se justifia-t-elle sans vraiment y croire. Il lui faudrait du temps pour se débarrasser des réminiscences de sentiments sans doute.

« De toute façon, je finirais par le savoir », déclara-t-elle finalement en haussant les épaules. Une capitulation en demi-teinte qui ne présageait rien de bon. Si c’était une histoire de templiers, il lui suffirait de demander à Cordelia de quoi il pouvait potentiellement en retourner, sinon, elle finirait bien par tirer les verres du nez à quelqu’un d’autre.

« Tout de même, cela m’étonne que Josie vous ait laissez venir en sachant votre condition elle... »

Mellissandre coupa sa phrase, réalisant soudainement l’évidence.

« Elle ne le sait pas... », constata-t-elle avec prudence, observant sa réaction pour confirmer ses soupçons. En l’occurrence, elle trouvait que l’ambassadrice, responsable de l’image de l’Inquisition était en droit de savoir les faiblesses du Commandant, mais était-ce à elle d’en juger. Difficile à dire. Mais si Cullen ne voulait pas que ça s’ébruite, vraiment pas, peut-être tenait-elle là un éventuel moyen de pression. Enfin, là question ne se posait pas trop pour l’instant.

Soupirant, la jeune mage le dévisagea à nouveau, sévère, un peu inquiète et compatissante malgré tout.

« Enfin, vous devriez vous reposer », trancha-t-elle finalement en se détournant. Elle joua machinalement avec la fiole entre ses doigts, puis la pausa sur la commode avec un bruit mat. La décision lui revenait. Lui mettre la tentation sous le nez n’était pas forcément très sage, mais s’il avait pu y résister à l’Inquisition où l’accès était si simple, ce n’était pas ça qui changerait tout. Sans parler du matériel nécessaire pour l’ingérer chez les templiers, ils ne la buvaient pas si ses informations étaient exactes.

La main sur la poignet de la porte, toujours contrarié de ne pas avoir de réponses, de cette soirée infernal et de l’inconsistance de sa relation avec le Commandant qui changeait sans arrêt de comportements avec elle, elle se permit une petite vengeance assez mesquine.

« Au fait, vous ne vous souvenez vraiment pas de la soirée ? », l’interrogea-t-elle plus pour la forme que pour le fond en jetant un œil en arrière. « Si vous voulez tout savoir, on s’est croisé dans les jardins et vous m’avez fait une déclaration d’amour », expliqua-t-elle avec une neutralité absolu avant d’ouvrir la porte et de quitter la pièce.

Ce n’était pas tout à fait vrai, quelques mots creux au passé ne constituait pas pour elle une telle déclaration, mais ce n’était pas tout à fait un mensonge non plus. Juste de quoi le faire cogiter un peu. Peut-être qu’il serait enfin honnête avec elle, et probablement avec lui même. Ou pas. Peut-être qu'elle était vraiment juste méchante pour le simple plaisir de se venger de ses propres émois distordus.
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Posté Jeu 16 Nov - 20:49






◇ Trompé ◇



 

Une fois que Mellissandre accorda au docteur la permission de quitter les lieux, elle se renferma et semblait l’accuser d’un regard sévère. Pourtant Cullen tenait bon et continuerai de nier son malaise. Cullen l’observa quelques secondes avant de s’asseoir sur le bord du lit, afin de reprendre ses esprits. Son interlocutrice n’hésita pas à renchérir une fois la porte refermée.





《 - Vous ne voulez toujours pas me dire pourquoi ? 》





《 -  Je vous le répète : Je ne supporte pas la chaleur. Je trouve que vous y allez vite en suppositions. 》


Elle ne semblait pas satisfaite de sa réponse, comme si elle attendait patiemment qu’il lui dise Amen à ce que supposément lui avait dit le médecin. Cette histoire de lyrium ne regardait que le Commandant, c’était son combat et personne n’avait besoin de le savoir.





《 -  Et j’aimerais bien que vous cessiez d’insister sur le sujet. 》


Elle croisa les bras, tenant le flacon entre ses mains. Ce liquide bleu qui semblait si délicieux une fois assoiffé. Mais il avait de la chance, il résistait plutôt bien à la tentation, son entrainement de templier étant grandement pour quelque chose. Cependant, il ne garda pas les yeux longtemps sur la fiole et se releva pour aller faire tremper la serviette dans le baquet d’eau fraîche.

Il passa devant la jouvencelle qui semblait particulièrement vexée de ne pas avoir pu lui tirer les vers du nez. Si elle était au courant peut-être, mais tant qu’il n’approuvait pas elle ne pouvait rien avancer. Dans un élan de mauvaise foi, elle s’exprima assez sèchement.





《 - De toute façon, je finirais par le savoir 》





《 -  Qu’est-ce que cela vous change à vous ? 》


Il se servit un verre et revint lui faire face, en buvant une gorgée au passage. A l’observer, elle voulait tout savoir de lui : Absolument tout.





《 -  Par contre, je peux vous affirmer que j’ai bu une dizaine de verres de vin et 4 coupes de champagne ce soir. 》


A défaut, elle voulait savoir énormément de choses sur lui, autant lui avouer une partie de ses méfaits puisque cela l’amusait. La tête qu’elle avait suite à sa remarque était absolument magique et Cullen se mit à sourire bêtement en la regardant. Ayant des douleurs partout, il ne tarda pas à retourner s’asseoir sur le bord du lit pendant que la jeune femme essayait de rester sur ce sujet.





《 - Tout de même, cela m’étonne que Josie vous ait laissez venir en sachant votre condition elle... Elle ne le sait pas...  》


Tout en arquant un sourcil, le Commandant fut néanmoins étonné qu’elle continue à s’exprimer sur le sujet. Pour lui cette histoire était close, mais elle cherchait quelque chose. Il y avait une raison du pourquoi elle cherchait des réponses à toutes ses interrogations.





《 -  Je ne comprends pas pourquoi vous vous attardez sur le sujet, j’ai pourtant été clair, non ? 》


Il y eut un instant de répit et le Commandant s’en mordit légèrement la lèvre pour détourner son attention et ses pensées complètement embrouillées. C’est qu’elle était belle, Mellissandre dans cette tenue aussi légère et les cheveux désordonnés.





《 - Enfin, vous devriez vous reposer 》


Elle renonça à poursuivre la discussion et tourna les talons pour s’approcher de la Commode où elle abandonna le flacon, dans un geste des plus gracieux.





《 -  … Je devrais.. ~ 》


Il avait fait un malaise, certes, mais il se sentait plus vraiment fatigué. Mais le jour ne tarderait pas à se lever et il se contenterait d’attendre. Il regarda alors la jeune femme déambuler jusqu’à la porte avant qu’elle ne se retourne de-nouveau.





《 - Au fait, vous ne vous souvenez vraiment pas de la soirée ? 》





《 -  C’est confus, pour tout dire. 》





《 - Si vous voulez tout savoir, on s’est croisé dans les jardins et vous m’avez fait une déclaration d’amour 》


Elle referma la porte droit derrière elle, ne le laissant pas le temps de s’exprimer ou quoi que ce soit. Il se retrouva complètement idiot assis sur son lit, puis se laissa retomber en arrière après un énorme soupir.

***

La nuit était longue malgré qu’elle touchait à sa fin. Entre les ressassements de ce qui s’était passé, le malaise, le sommeil qu’il ne trouvait pas. C’était de bon matin qu’il sorti de sa chambre pour aller se promener dans le jardin, ce fameux endroit où il aurait fait une déclaration à Mellissandre. Le pire dans cette histoire c’était qu’il ne savait pas vraiment où se situaient ses sentiments pour elle. Elle était belle, et énormément d’hommes donneraient n’importe quoi pour l’avoir dans leurs bras. Mais lui, il l’appréciait et la détestait en même temps. Leur différence d’éducation et de culture était vraiment pour quelque chose.

Sans trop se préoccuper de ce genre de chose, bien qu’il en avait une boule au ventre, il se rendit près des barrières et s’y appuya pour observer l’océan à l’orée du jour. C'est dire, il n'avait jamais eu l'air aussi angoissé de sa vie...

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