— Event N.1 : La Chute

— 9:31 DU DRAGON (Dragon Age Origins)
Depuis la nuit des temps, les Gardes des Ombres ont protégé Thédas du mal. Gardiens de la paix et des habitants de ce monde, ils ont toujours combattu d'un aplomb et d'une croyance infaillibles. Néanmoins, le cinquième Enclin signa l'arrêt de mort de la quasi totalité de ces guerriers à la force de fer. La trahison de Loghain coûta entre autre la vie du Roi Cailan et plongea la Garde dans un état quasi soporifique.Reyner Cousland fut l'homme qui redressa la situation. Armé de ses compagnons et de la rancœur qui l'accablait, le jeune homme avait vécu la tragédie d'Ostagar. Sa famille fut assassinée, son château brûlé, son amant décapité : Loghain venait de faire une regrettable erreur. Il s'était créé l'ennemi dont personne n'aurait jamais souhaité avoir un jour.L'Enclin fut anéanti. L'Archidémon mourut et Loghain trépassa de la main de Reyner. Ferelden fut libéré du joug du faux Roi. Tout était à construire désormais : nommé Commandant de la Garde, il devint le dirigeant des Gardes des Ombres de Férelden et une très forte influence parmi le groupe. Deux, quatre, puis seize grands campements furent construits et une vague de recrutement fut lancée. En dix ans, les rangs des gardes gonflèrent comme jamais. Symbole de courage et de persévérance, le jeune Commandant ne se doutait toutefois pas que les choses allaient dégénérer à nouveau... Et aussi violemment.

— 9:42 DU DRAGON (actuellement)
Corypheus rallia les templiers à sa cause. L'Inquisition en fit les frais et, prévenant ainsi Thédas et la majorité des grands groupes des alentours, aucun accepta de croire cette funeste nouvelle : C'est dans un espoir vain que Ragnar Warvrick, l'Inquisiteur, décida de lancer une demande d'alliance entre la Garde des Ombres et l'Inquisition. Les dirigeants de la Garde refusèrent sans prendre le temps de reconsidérer cette offre précieuse : pour eux, le vrai problème était l'influence et le pouvoir que continuait d'accroître l'Inquisition et ce, sans aucun cadre de bonne conduite et sans aucune limite.Néanmoins, une attaque se prépare et les Gardes ne se doutent pas une seule seconde que leur forteresse, Fort Bastiel, en Amaranthine, est sur le point de se faire assiéger par Corypheus qui après un échec cuisant chez l'Inquisition, décida d'attaquer un des autres groupes les plus puissants de Thédas en ayant appris que Reyner était sur les sentiers à la recherche d'informations capable de stopper l'appel : en soit, un pouvoir illimité pour les Gardes. Sur son chemin, le Commandant acquis des informations capitales et qui pourraient changer le destin de l'alliance entre Inquisition et Gardes.Le souhait de Corypheus est à présent de réduire au silence Fort Bastiel et son leader avec, coûte que coûte. Une bataille sanglante se prépare, et ce sera peut-être la chute de la Garde de Ferelden... Définitivement.

Combattez aux cotés de la Garde des Ombre afin de leur laisser la chance de s'en sortir vivant !
Sauvez ceux qui jadis vous ont offert gracieusement le privilège rester à l'abri du cinquième Enclin !
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(Terminé) Paroles châtiées (P.V Dorian)

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MessageSujet: Re: (Terminé) Paroles châtiées (P.V Dorian) Jeu 24 Aoû - 2:21

Divergences magiquesDorian & AchillesCette soirée devient rudement intéressante ... même si je dois avouer que me faire haranguer par Messire Pavus a le don de me couper à mi-chemin dans ma nouvelle cuillerée. J'ai certes écouté leurs jeux avec une certaine attention, bien que cela ne soit cependant pas la nourriture à laquelle mes tripes vouent une entière affection. Parler de magie, parler des vices qui hantent Tevinter comme le fait un Enclin ne m'enchante guère et je pense que tous le voient. Non pas que j'en veuille à Pavus, je l'ai bien cherché. J'ai encore des choses à apprendre sur ce genre de batailles pour mieux esquiver leurs propos et continuer à vivre des batailles qui m'animent bien plus que quelques coups de langue fourchue. Même si je l'accorde bien volontiers, Teviter n'a en son saint (si l'on puis appeler ça un saint) pays que les grands principes qui selon moi ne permettent en rien un juste équilibre des charges. Je crois qu'ils me voient me tendre, mains jointes sur lesquelles j'appuie mes lèvres, en les regardant tous deux durement. Jusque là j'accordais quelques regards sympathiques à Pavus, mais ce sujet touche malheureusement ma foi et mes engagements dans cette mission qui m'a été allouée. Deux nobles se mettent à frissonner et baisser le regard quand je les fixe; à dire vrai, ils me dégoutent.

"Pensez-vous réellement que les engagements qui me portent, et ceux que vous devriez porter tous deux en tant qu'humains, n'ont que faire d'ingrates vicissitudes ternissant notre âme ?
- Supputeriez-vous que je sois ingrat Messire ?"
- Je suppute que vos paroles vont au delà de votre foi. La guerre est semblable au feu. Lorsqu'elle se prolonge elle met en péril ceux qui l'ont provoquée. Il n'est pas judicieux de vous rappeler les dissensions en Orlaïs pour appuyer mes propos, j'en conviens."
Je reprends ma cuillère précédemment posée pour à nouveau apprécier les arômes de ce potage raffiné de champignons et herbes. Quel délice. Je retrouve mon sourire.
"Je croyais la Chantrie contre les abnégation de Tevinter ? Seriez-vous un dissident depuis votre rencontre avec cet homme ?
- Baron, s'il vous plaît ne ...
- Je suis un conseiller de guerre, votre seigneurie. Et un fervent croyant aimant venir en aide au fidèle perdu."
Je me redresse sur mon assise, finissant la dernière cuillère de mon souper pour venir caler ensuite mes bras sur les accoudoirs. Je sens d'ailleurs que ma main droite me lance, sans doute à cause de ma pression précédente sur celle-ci.
"D'ailleurs, très cher Baron qui avez-vous aidé récemment ? Je n'ai point vu votre nom dans les récents rapports que l'on m'a fourni concernant la situation en Orlaïs. Avez-vous donc décidé de prier pour notre salut auprès du Créateur ?"
Tous deux, nous nous fixons. La tension est palpable, mais je sais que je suis maître de la situation. Le Baron le sait aussi. Il s'empourpre et éclaircit sa voix, non sans me jeter un dernier regard assassin teinté de honte. Certains des nobles se mordent d'ailleurs les lèvres pour ne pas rire, ou se cachent sous leurs somptueux éventails. Même si, dans ces certains, leur intérêt s'en trouve doublé, depuis que j'ai osé ouvrir "ma bouche pieuse" comme ils aiment si bien l'appeler.

"Et que pensez-vous donc de la situation en Tévinter ? N'ont-ils pas tenté de retourner vos semblables contre nos nations.
La question qui fâche. Comment le Prince m'a-t-il dit de gérer ce genre de situation ? Avec tact et finesse. Je peux l'avoir dans les mots, mais pas dans leur sens. Et malheureusement pour mon voisin, semblant avide de colporter l'opinion d'un chevalier enchanteur dans ses futurs rendez-vous. Je me tourne vers, lui, ne me montrant tout bonnement neutre face à ces vérités dont je connais déjà la teneur. Les plats arrivent enfin, et je ne me gêne pas pour me servir copieusement dans ce poulet dont j'arrache cuisse et pilon de la main sous le regard hagard des nobles.
"Ils ont tenté, évidemment. Et cela reste en termes militaire un tour de passe rondement mené ... si celui-ci avait été mené à bien. En tant qu'andrastien, je suis pour le moins courroucé des méthodes employées pour parvenir à leurs fins. Mes pairs le sont tout autant.
- Ah vous voyez.
- Baron, je vous remercie de maintenant faire profil bas."
Lâché-je en grondant. Le Baron s'exécute en voyant ma main métallique agripper le bois de ma chaise au point que celui-ci grince. De nouveau je m'accoude à la table, comme si je me trouvais en ce moment en plein conseil. Loin de leurs flagorneries, près de mon Prince.
"Nous avons besoin d'une certaine égalité. Mages ou non mages. Ce n'est pas pour nous voir jouer de nos puissances qu'Andrasté s'est levée un jour. Elle voulait la paix pour tous. Comme notre regrettée Divine Justinia. Un ordre doit être cependant gardé."
Ils acquiescent, non sans éprouver une certaine rancoeur envers des principes qu'ils ne couvrent même pas d'un tant soit peu de charité envers leur prochain. Oh cher Dorian, je sais que ma petite leçon ne vous plaît guère, je le vois dans votre regard. Mais j'ai bien des idées pour traiter avec un semblant de charme les sarcasmes que je sens poindre en vous. Après tout, ce qui est capital dans les opérations militaires, c'est de faire croire que l'on s'ajuste aux desseins de l'ennemi.
"Si sauver les mages peut apporter dans les rangs de l'Inquisition des mages comme moi, l'Inquisiteur, ou bien même Sieur Pavus, on ne peut rêver de mieux. Même si, vous pourriez avoir quelques doutes. Ce que je conçois, assurément.
- Je le confirme Sieur Blakemore ... si seulement tous les Chantristes pouvaient avoir votre ouverture d'esprit ...
- Antiva aura toujours le don de m'étonner.
- Je prends cela comme un compliment, Ma Dame."

Je hoche la tête, et les discussions reprennent lentement, concernant des affaires bien moins politiques. Ou à demi, sans que je puisse en déceler les tenants et aboutissants. Puis, je suis bien plus intéressé par ce vin qui m'est versé par une servante et ce qui se trouve dans mon assiette. Je ne sais si l'on peut se considérer plus laxistes que Férelden concernant l'encadrement des mages en Antiva, mais je sais que nous savons les apprécier à leur juste valeurs quand ceux-ci ont fait leurs preuves. De nouveau ma douleur à la tempe reprend tant leurs voix tels des oiseaux malades piaillant leur mécontentement font siffler mes oreilles. Je regarde par ailleurs Pavus qui cette fois semble occupé à regarder sa seconde voisine qui le dévore des yeux. Sans doute suis-je allé trop loin dans mes insinuations envers leur traite de certains peuples en Tevinter. Je remarque ensuite que l'autre dame a disparu. Mais que ...
"Sieur Blakemore. Je me permets de vous demander un peu de votre temps."
Je cligne des yeux, me redressant quelque peu pour soutenir son regard mielleux de fieffée hypocrite cherchant de quoi mettre quelque chose sous sa dent. Andrasté protège moi de ses vilénies ... j'inspire profondément, lâchant par la même occasion viande et légumineuses pour lui offrir un sourire de convenance. Nous nous levons et je prends avec moi ma coupe de vin, en saluant les convives. Nous voici une table plus loin, vers la porte menant aux escaliers de la bibliothèque et des sous sols. Je me tiens droit remontant de ma main libre le col de mon habit (ici) tandis que la dame se permet un rapprochement que je dévie fort heureusement par un pas en avant, vers les vitraux se trouvant derrière le trône.
"Je voulais savoir si vous seriez apte à partager vos connaissances avec quelques philosophes, soigneurs et artistes.
- Votre offre serait alléchante Madame, si seulement je faisais partie de ces rangs que vous avez eu la gentillesse de me citer. Je crains de ne pouvoir m'y intégrer."
Je sens ses doigts venir frôler ma queue de cheval et je ne peux réprimer un frisson de dégout suivi d'une légère crispation de ma mâchoire. Je tourne légèrement la tête pour observer cette moitié de visage caché par un masque de métal. Ses lèvres sont rouges et je n'ai pas besoin de plus pour comprendre ce qu'elle désire réellement. Je tousse.
"Quel dommage. Vous ne semblez pas accorder comme certains de vos pairs un intérêt aux charmes culturels orlésiens.
- Il est difficile de charmer un homme de foi, et un soldat de surcroit, Madame.
- J'insiste. Je vous enverrai une missive prochainement. Vous verrez, cela est tout bonnement passionnant.
- Très bien. Madame ..."
Ses doigts touchent les tissus bordeaux ouvragés délicatement non sans se mordre l'intérieur des joues au vu de mon refus et donc de sa passable frustration. Une fois celle-ci partie, je viens m'adosser sur le rebord de cette porte maintenant ouverte, passant ma main métallique dans les cheveux en soupirant fortement. Ensuite, je descends les marches, me rendant dans cette salle à piliers menant à la chambre forte. Et, une fois face à ce tableau qui ne m'évoque guère plus qu'arbres et rochers, je lâche un nouveau soupir à l'entente des pas. Je vois alors Sieur Pavus apparaître.
"Ainsi, vous connaissez maintenant mon opinion. Je n'apprécie guère Madame de Fer, mais nous nous accordons sur ce point. Tevinter est un idéal raté qui a failli détruire les libertés de centaines de mages désespérés du Sud. Et vous étiez sur place pour empêcher cela, avec le concours du fils de ce venatori."
Je n'ose imaginer dans quel état je serai si j'avais été parmi ces pauvres âmes. Mortifié en premier lieu, et tué sûrement car je n'aurai jamais accepté leur décision. Je souris en coin, non sans me montrer assez regardant sur l'allure générale de cet homme. Ses yeux ont une attraction sur ma personne que je ne peux malheureusement nier. Et malgré ma douleur au dos, je ne peux oublier combien j'ai dû me faire violence pour ne pas replonger dans certains souvenirs que j'ai toujours pris soin d'étouffer.
"J'ai repensé à vos paroles ... concernant la domination. Et j'ai pu en effet remarquer vos compétences, face à ce Baron. Il est difficile de vous résister."
Je lâche un léger rire avant de prendre une nouvelle gorgée de vin, non sans garder en vue constante mon interlocuteur. Droit et fier comme j'ai l'habitude de l'être. Autoritaire mais néanmoins galant. Je ne suis pas dans les bonnes grâces de Sieur Pavus, mais je reste chevalier enchanteur et fidèle à mes pensées qui chaque jour m'ont été offertes par cet esprit de foi lors de ma Confirmation.

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MessageSujet: Re: (Terminé) Paroles châtiées (P.V Dorian) Jeu 24 Aoû - 22:03

Fort-Céleste, chapitre 3Ft. Achilles Blakemore
Paroles châtiées
Comme espéré, voilà le seigneur enchanteur de mauvais poil : Dorian avait évidemment remarqué son amour pour les discussions politiques, mais c’était sa manière à lui de le remercier pour cette cordiale invitation. Le baron ne cessait d’enchérir sur le sujet, se permettant même de piétiner le colossal héritage culturel du Tévintide. Dorian aurait sans doute laissé sur la table le masque du sarcasme pour violemment s’en prendre à lui, si Achilles n’avait rien fait. Son regard seul calma les ardeurs, froid, dur, austère. Plus personne n’avait l’outrecuidance de soutenir son œil désormais de saphir, d’un bleu profond mais désormais de pierre. Personne, excepté celui qui continuait d’y déceler toute sa beauté, cette fois-ci à l’état brute. Elle n’en ressortait que des plus éclatantes.

A ce moment-là, le mage Altus se risqua à un petit celui, celui de n’écouter non plus les mots précis du grand barbu, mais seulement le son de sa voix. Il essaya de la décortiquer pour comprendre ce qui l’y fascinait. Il se laissa donc porter par cette rudesse pourtant maîtrisée qui, une fois de plus, prononçait des mots prêts à le défendre. Décidément, cela devenait une sale manie. C’était adorable de sa part, mais s’il continuait, il allait s’attirer des ennuis à cause de ses extravagantes et fidèles habitudes. Il fallait espérer qu’il n’allait pas franchir la ligne trop vite.

Pensez-vous réellement que les engagements qui me portent, et ceux que vous devriez porter tous deux en tant qu'humains, n'ont que faire d'ingrates vicissitudes ternissant notre âme ?

Supputeriez-vous que je sois ingrat Messire ?

Je suppute que vos paroles vont au delà de votre foi. La guerre est semblable au feu. Lorsqu'elle se prolonge elle met en péril ceux qui l'ont provoquée. Il n'est pas judicieux de vous rappeler les dissensions en Orlaïs pour appuyer mes propos, j'en conviens.

Je croyais la Chantrie contre les abnégation de Tevinter ? Seriez-vous un dissident depuis votre rencontre avec cet homme ?


Un dissident. Le seul dissident que voyait le mage Altus en ce moment était le couard qui osa se servir de ce terme. Que dire, que faire. En tout cas pas ce qu’était en train de faire ser Blakemore. Il le savait, toutes ces histoires allaient dangereusement lui attirer des ennuis. Est-ce que tout ça en valait la peine ? Qu’il se prenne tous les regards de travers de Thédas, cela ne le dérangeait pas. Mais que quelqu’un lui serve ainsi de bouclier… Dorian eut soudainement un regret de l’avoir lancé sur ce sujet. La tête légèrement inclinée, il se gardait muet : se connaissant, il allait empirer sa situation.

Baron, s'il vous plaît ne ...

Je suis un conseiller de guerre, votre seigneurie. Et un fervent croyant aimant venir en aide au fidèle perdu.


Il menait la danse. Cela se sentait depuis un petit moment dans la discussion, d’ailleurs ce fut le principal élément qui encouragea le nécromancien à se faire – étrangement – plus petit et à manger sa soupe. Malgré tout, un regard lui implorant d’arrêter de tout se ramasser pour lui s’adressa plusieurs fois à Blakemore pendant ses explications. Il sembla changer de sujet… ?

D'ailleurs, très cher Baron qui avez-vous aidé récemment ? Je n'ai point vu votre nom dans les récents rapports que l'on m'a fourni concernant la situation en Orlaïs. Avez-vous donc décidé de prier pour notre salut auprès du Créateur ?


Le silence parla mieux que des mots. Les autres cachaient leur rire, mais le mage Altus resta perplexe. Même que son rictus habituel fit une nouvelle apparition.

Temporairement.

Et que pensez-vous donc de la situation en Tévinter ? N'ont-ils pas tenté de retourner vos semblables contre nos nations.

Ils ont tenté, évidemment. Et cela reste en termes militaire un tour de passe rondement mené ... si celui-ci avait été mené à bien. En tant qu'andrastien, je suis pour le moins courroucé…


Et voilà. Pourquoi sans cesse placer Tévinter au centre de la table. Dorian soupira, ne trouvant plus aucun intérêt à écouter. Les Orlésiens avaient le don de radoter sur ce qu’ils faisaient semblant de connaître. Enfin, même si ser Blakemore était d’Antiva, un effroyable sentiment de similitude traversa son esprit. Puis il sentit un frôlement contre son avant-bras. Le thaumaturge inclina la tête vers la jeune dame qui attira son attention un instant. Celle-ci parla à voix-basse, les lèvres proches de son oreille.

Tout va bien, Messerah ?

Le baron a l’air en forme, lui. Ne vous en faites pas pour moi.

Ne prêtez pas attention à lui. Il se plaît à attaquer tout le monde quand il le peut.


Un soupir lui souffla par le nez. Pendant que sa voisine se servait un blanc de poulet, Dorian ne faisait que regarder les plats. Il n’avait pas vraiment faim, à vrai dire : il n’en fit donc rien. Un regard furtif vers Achilles… Il semblait toujours aussi épuisé, voire mal au point, mais bien au-delà de la simple fatigue. On dirait bien qu’il n’était pas le seul à vouloir quitter la table, désormais. Son œil clair survola la tablée pour atterrir à nouveau, telle une incontrôlée manie, sur le Chantriste. Qui apparemment fut interpelé par sa voisine qui venait de se lever. Un rire mauvais émana de sa précédente interlocutrice, toujours aussi près du nécromancien.

Regardez-la faire ses avances.

Si vous voulez mon avis, elle aura bien du mal.

Vous trouvez ? Elle est pourtant très douée dans ce domaine.

Deux pièces d’argent que j’ai raison, ma Dame.


Celle-ci gloussa soudainement et releva le pari en posa sur la table deux petites pièces. Aussitôt, Dorian fit de même, un sourire en coin traversant son visage. C’était sans doute mal de faire de telles gamineries sur le dos d’un type bien. Sans doute. Déjà faudrait-il qu’il soit au courant. Mais quand même. Malgré que le mage Altus soit certain de l’emporter, cette soudaine discussion en privé le dérangea quelque peu. Encore plus depuis ce que lui eut dit la jeune demoiselle. Les quatre pièces d’argent ensemble sur la table, le regard de Dorian ne put s’empêcher de temporairement se poser sur eux deux. Heureusement que son interlocutrice se trouvait dans la direction de sa vision, cela lui donnait un minimum de crédibilité.

Je me sens si bête, je ne connais même pas votre nom, ma Dame.

Ne vous en faites pas, je n’ai pas eu la clairvoyance de me présenter. Je suis la cadette de la duchesse qui vient de nous quitter, madame Rosalyne de Hautemuraille. Mais vous pouvez m’appeler Rosalyne.


Peut-être que le masque n’y aida pas, mais le thaumaturge était loin de se douter qu’il avait affaire à deux sœurs. D’ailleurs, il reporta son attention sur les deux tourtereaux présumés. Ses yeux se plissèrent quand il s’aperçut de son grotesque manège, avec le pauvre seigneur enchanteur. Dorian dévia rapidement la tête, soudainement en colère contre cette tentatrice qui ne laissait aucun répit à l’homme de foi. Certes, il était mal placé pour faire le moindre commentaire. Certes. Mais quand même. Ce spectacle aberrant l’avait rapidement mis sur les nerfs. Pourquoi ?

Difficile à dire.

En vrai, dame Rosalyne et Dorian devaient paraître cruellement infantiles à les observer tout en faisant des messes-basses. La discussion semblait continuer dans le courant qu’imposait la duchesse… Ce qui laissa planer un soudain doute pour le Tévintide sur la fin qui en résulterait. Et si… Non. Cela paraissait invraisemblable, ou alors c’était le fier paon qui ne se ferait jamais à l’idée que… Mais qu’est-ce que cela pouvait lui faire, concrètement ? Il faisait la vie qu’il voulait, après tout.

Rosalyne porta un œil rieur vers le nécromancien, continuant de privilégier les murmures pour éviter de se faire déranger par un baron prêt à le poignarder de mots quand l’occasion se présentait.

Vous craignez pour vos deux petites pièces ? Ou alors serait-ce… à propos du seigneur enchanteur ?

Je vous déconseillerais bien volontiers de ne pas imaginer le plus farfelu vis-à-vis de ce pieux messire, mais qui suis-je pour limiter votre imagination ?

Ne vous en faites pas, je ne fais que de vous taquiner un peu. Mais il est vrai que depuis le début du repas j’ai senti une… étrange alchimie entre vous deux, muhuhu ~


Il bougea. Alors que son verre empli d’un vin corsé typiquement Féreldien allait atteindre ses lèvres, Dorian se figea. Il bougea, la laissant en plan. Un rire étouffé traversa le mage Altus, le regard fier posé sur la jeune Orlésienne. Celle-ci soupira, puis poussa les petites pièces dans la direction du jeune homme.

Bien joué, Messerah.

Vous avez eu tort de douter de ma parole, dame Rosalyne. Cela dit, vous avez également bien joué : donc voici une petite consolation.


Le Tévintide poussa une des pièces dans sa direction, ce qui arracha un somptueux sourire de la part de son adversaire dans ce palpitant duel.  Et quand son regard revint à son point de départ, quelque chose de très important manquait dans la composition du chef d’œuvre qu’il contemplait depuis le début de la soirée. Intrigué, Dorian observa tout le grand hall, pendant que la duchesse reprit place en son siège, saisissant avec violence son verre pour en boire une grande gorgée. Rosalyne ricana à propos de sa sœur, puis se rapprocha davantage de Dorian, le regard encore divaguant dans la grande salle.

Je l’ai vu prendre la porte là-bas, sur la gauche. Je sais que vous en mourrez d’envie, allez lui parler.

Parce que quitter subitement la table pour le suivre comme un criminel en fuite vous paraît normal.

Messire Dorian, vous êtes son ami, non ? Et puis il n’avait guère l’air au meilleur de sa forme, mais j’imagine que vous avez remarqué cela bien avant moi. Allez-y.


Le mage Altus inspira un grand coup, puis se leva brusquement, ce qui tourna la plupart des regards vers sa personne. Il inclina légèrement la tête en guise de salut, et annonça d’une voix claire qu’il prenait congé du repas qui, pourtant, venait à peine de commencer. Puis il prit son verre avec lui, salua en particulier Rosalyne et quitta la table. Enfin.

D’un pas rapide, il se dirigea vers ladite porte, puis enchaîna avec la seconde et descendit les escaliers. Cependant, il s’arrêta en cours de route. Quelque chose n’allait vraiment pas, ce soir. Le voilà soudainement nerveux. Une main sur le cœur comme pour l’aider à reprendre son souffle, Dorian se remit finalement en route.  Ah, il était là, le regard perdu sur un tableau. Le mage Altus inspira longuement, puis reprit sa marche d’un pas décidé vers le grand rouquin.

Ainsi, vous connaissez maintenant mon opinion. Je n'apprécie guère Madame de Fer, mais nous nous accordons sur ce point. Tevinter est un idéal raté qui a failli détruire les libertés de centaines de mages désespérés du Sud.

Sommes-nous réellement obligés d’en parler ici et maintenant ?


Sa voix était froide. Il pourrait se prendre la tête et répondre de manière agressive sur ses propos. Oh, et puis pourquoi pas. Qu’avait-il à y perdre, après tout. Avalant une bonne gorgée de vin, Dorian s’approcha donc du seigneur enchanteur, posa son verre sur quelconque meuble présent autour d’eux, pour finalement se planter devant lui, le doigt pointant son visage barbu, et l’œil dur.

Eh bien soit, parlons-en ici et maintenant. L’empire n’est en aucun cas un idéal « raté » comme il vous plait de le dire. Simplement que dans sa déchéance se développe la corruption aussi vite que la Souillure quand elle pénètre votre chair pour vous ôter la vie sans aucune autre forme de procès. Mais en aucun cas, son idéal est ... raté.


Sa diction s’accentua davantage, tandis que sa voix soulignant son envie de meurtre actuelle crachait son venin sous la forme de mots.

Et ce n’est pas Tévinter qui est responsable de tout ce qui s’est passé à Golefalois. Ah, mais bien sûr ! C’est toujours plus facile de pointer un ensemble du doigt, quand l’on ne sait rien !


S’étant éloigné quelque peu pour poser son regard sur les quatre murs qui les encerclaient, il revint vers le chantriste. Contrairement à ce qu’il pouvait penser, il était loin d’avoir fini de s’énerver. C’était mal le connaître de s’arrêter que là.

Constatez à quel point ça me DEGOUTE de réaliser que la meilleure arme que possèdent les contemporains se limite à l’ignorance. Partout. Tout le temps. C’est tellement plus simple.

Et vous étiez sur place pour empêcher cela, avec le concours du fils de ce venatori.

Ce…


Dorian se décala encore de quelques pas, puis lui tourna le dos en se massant la tempe. Une fois près de la porte qui l’avait vu entrer quelques instants plus tôt, il soupira longuement, restant cependant détourné de son interlocuteur.

Voyez. Vous confirmez une fois de plus ce que je viens de dire. Vous limitez la personne d’Alexius à « ce Venatori ». … Il était bien plus que ça avant de tomber aussi bas, vous savez ?


Le ton était plus calme. Le regard dans le vide, Dorian s’était une fois de plus perdu dans les méandres de ses souvenirs. Comment un homme aussi brillant avait-il pu en arriver là. Le sujet resterait à jamais sensible pour l’ancien apprenti, et il le savait.

Le silence qui parcourait les lieux devint soudainement oppressant. Dorian croisa les bras, la tête inclinée. Que dire, que faire. Il inspira lentement, tournant la tête sur le côté pour montrer qu’il s’adressait à Blakemore.

Je crois que ça se voit que j’en ai marre de certaines situations en ces lieux.


Et puis le repas lui revint en mémoire. Alors, instantanément et sans transition, le mage Altus s’irrita et tourna les talons pour revenir d’un pas rapide vers Achilles, qui devait réellement se demander ce qui n’allait pas chez lui.

J'ai repensé à vos paroles ... concernant la domination. Et j'ai pu en effet remarquer vos compétences, face à ce Baron. Il est difficile de vous résister.

D’ailleurs, il y a quelques détails qu’il nous faut clarifier, vous et moi.


Son regard impitoyable se planta dans celui du seigneur enchanteur. Ils étaient à nouveau seuls. Enfin. Et ils étaient à nouveau aussi près l’un de l’autre, comme dans la bibliothèque tout à l’heure. Que dire, que faire. Dorian soupira fortement pour souligner son mécontentement.

Je vous ai déjà dit, me semble-t-il, que les murs avaient des oreilles qui entendaient très mal. Vous rendez-vous compte de ce que votre petit discours censé impressionner pourrait engendrer contre vous ? C’est la défense d’un Tévintide que vous venez une fois de plus de prendre.


Cela ne voulait sans doute rien dire pour lui, mais ce n’était pas le cas du thaumaturge, qui en profita pour se rapprocher toujours plus de lui. Dans toute sa finesse, Dorian l’attrapa par les bords de son manteau noir et l’attira à lui, suffisamment près pour être bien sûr de capter son attention.

Essayez, osez recommencer, et cette fois je serais très intransigeant avec vous.


Sans réellement le voir tout de suite, au fil de ces doux mots qu’il énonçait sur un ton calme, mais sec, Dorian se rapprocha petit à petit de son interlocuteur, tandis que sa voix diminua en intensité sur ce même rythme, aboutissant sur un murmure audible que par eux deux.

Et je vous étripe sur le champ. Je vous brûle. Je vous décortique. Puis je relèverai votre esprit avec l’aide de ma magie pour vous infliger un supplice éternel que même Andrasté n’oserait même pas envisager pour les pauvres mortels insouciants que nous sommes.


Dans quelle histoire s’était-il encore empêtré. Au début, cette question se posait durement, avec pareille ambigüe situation. Désormais, plus rien n’avait grande importance. A part peut-être ses prises de risque inutiles rien que pour lui. Quel abruti. Il pouvait parfaitement se débrouiller seul, comme il l’avait toujours fait. Alors pourquoi cette fois était-elle différente ? Ainsi près de lui, enivré par son parfum, par sa présence, Dorian semblait se figer un bref instant. Pourquoi hésiter. Pourquoi autant de pourquoi. Les yeux se fermant progressivement, le mage Altus ne réfléchit plus tellement.

Tandis que ses lèvres épousèrent les siennes.

L’envie l’eut pris soudainement, le consumant d’être resté aussi passif autant longtemps. Ce baiser à l’improviste pourtant l’aida à retrouver une sorte de calme intérieur, après un dîner aussi haut en couleurs et s’être énervé contre quelqu’un qui n’avait rien demandé et qui n’avait fait que de l’aider. Sa faute, après tout.

Et puis Dorian réalisa ce qu’il était en train de faire.

Précipitamment, alors qu’un vent de panique s’empara de lui, le mage Altus rompit ce doux échange. Sa grandissante confusion se reflétait dans ses yeux, alors qu’il détournait la tête du mieux qu’il pouvait. Quelle situation délicate. Cachant sa bouche d’une main tremblante, le nécromancien tenta une reprise en main tandis qu’il s’éclaircit la gorge tout en le lâchant. Evidemment, un air irrité parcourut ses traits, comme à chaque fois qu’il remarquait son jeu dévoilé sur la table malgré lui. Quel imbécile. Rapidement, il tourna les talons et se déplaça bien à l’opposé de lui, en direction de la porte.

J-je crois que la fatigue n’aide jamais vraiment dans une conversation. Bonne soirée, ser Blakemore.


Au fin fond de lui-même, il espérait se faire retenir. Il voulait rester là, avec lui. Il le voulait, mais son orgueil finissait toujours par l’emporter. Pourquoi était-ce aussi compliqué. Mais surtout : pourquoi avec lui était-ce aussi compliqué.
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MessageSujet: Re: (Terminé) Paroles châtiées (P.V Dorian) Ven 25 Aoû - 0:53

Divergences magiquesDorian & Achilles Ainsi soit-il. Tout au long du discours de Sieur Pavus, je suis resté muet, sec. Seul le crissement de ma main métallique se faisait parfois entendre sur la coupe de vin. Il me parle de la condition de son ex mentor, me sert comme tout bon tévène fier de son identité que nous autres, qui n'habitons pas en leurs terres, sommes de parfaits ignorants; des idiots, des bêtes de somme en quelque sorte. J'arque fortement mes sourcils, pas le moins du monde impressionné par ses démonstrations, fermant simplement mes yeux et secouant la tête en signe de désapprobation quand celui-ci se permet de rejeter la faute de ses pairs contre des féreldiens qui ont fait leur possible pour donner leurs terres à tout ces mages désespérés. Soupir. Andrasté, entends-tu mon soupir, face à cet enfant que tu chéris, que tu nourris chaque jour de tes larmes de pluie, que tu couves de ta chaleur sous un soleil radieux ? Je pourrai jurer pour sauver les enfants qu'il se permet de blasphémer, mais nous savons tous deux que certaines fautes incombent aux orlésiens et féreldiens.

Je ferme les yeux encore un moment, pour les rouvrir avec un certain étonnement car, le mage dont le regard me hante malgré ce dégout et cette pitié qui émanent de ma raison, le mage qui de sa voix et de ses gestes aurait pu me rendre fou et abject dans ma jeunesse, tient le col de mon habit, ce qui m'oblige à m'incliner vers lui. Je sens mes épaules s'alourdir, autant que mon regard qui ne fait que s'imposer face à ses invectives, ses menaces. Elles peuvent être chuchotement, ou hurlement, je n'en ai cure; je suis bel et bien sourd face à l'ennemi, la situation s'y prête bien que ... maintenant je me mets à écarquiller les yeux, pris au dépourvu. Je manque d'ailleurs d'en lâcher la coupe que j'ai si bien malmenée précédemment. Mes lèvres. Sont prises.  Le contact est franc, fiévreux de colère, tremblant. Et. Mon dos. Me lance. Foutredieu. Je. Je reste un moment figé, à regarder cet homme animer ma bouche de ses sentiments puis, main de chair commence à s'ouvrir comme pour tenter de l'attraper. Pas assez vite car Pavus se retire et je la referme aussitôt en un poing. J'avale machinalement ma salive avant de reprendre mes esprits et ainsi prendre pleinement conscience de la situation.

Je sens encore la chaleur de ses lèvres, ou tout du moins la pression qu'il a exercé. Je me souviens de mes premiers baisers, caché dans les alcôves du Cercle. Je me souviens aussi de ses paroles, concernant ma situation et j'ai envie d'éclater de rire; littéralement. Je n'ai jamais fait voeu de chasteté. Et si il le croit, je m'en excuserai; mais pas pour le moment. Il a réussi à me faire ingérer tant de colère pour ensuite me prendre par surprise que, j'ai envie de lui montrer que je ne suis pas le seul à être ignorant. Je m'avance lentement, non sans remettre mon col en place et je dis d'un ton qui se veut monocorde.
"Alors bonne soirée Messerah."
Le temps qu'il ouvre, ou plutôt qu'il essaie d'ouvrir la porte, ma main de métal noir s'appuie dessus. Sous le coup de cette impromptue, mes cheveux commencent à sortir de mon attache, venant flirter avec mon nez. Je les dégage alors de mon autre main, tandis que je fais face au mage maintenant piégé. Je lui souris dès lors que je sais qu'il abandonne l'espoir d'ouvrir cette porte.
"Espériez-vous que je vous dise cela, Pavus."
Je me penche, me mettant à hauteur de son visage, mon avant bras plaqué contre le bois et le poing se serrant près de sa joue. Nous sommes à présent à distance raisonnable l'un de l'autre, pour avoir une conversation d'homme à homme, si l'on puis dire. Une porte s'ouvre, pas la notre. Son lointain grinçant autant que ces dents que je serre sous ma puissante mâchoire. À mesure, j'approche mon visage de sa joue droite, me tournant légèrement pour englober de mes larges épaules son corps et ainsi humer patiemment l'odeur qui se dégage de sa peau. Il est irritation et je me sens coupable de cet émoi. Je me suis d'ailleurs flagellé pour ça; pour éviter de penser à ça. Je suis un homme pieux, tous le savent. Mais je reste un homme. Je suis dévoué corps et âme à ma mission. Mais je reste un homme. Lui aussi m'irrite, et je me complais à sentir ses frémissements avec délectation. Et je souffle, montant dans un grave presque oppressant, mon ton.
"Pavus ... Dorian. L'ignorance vaut mieux qu'un savoir affecté."
Je sais que Corypheus est le passé de Tevinter, un passé devenu présent pour bien plus de monde que le peuple tévène même. Le réfuterait-il ? Sans doute pas. Il n'est cependant pas responsable. Pas responsable de l'abrutissement de son enseignant ou bien de ces magisters cachés sous leurs jupons dorés. Quand bien même : il me prend pour un ignorant. Une nouvelle porte s'ouvre, cette fois plus près de notre position. Je frémis, mais je reste en place.
"J'ignore tout de vous, comme vous ignorez tout de mes épreuves. Et pourtant, nous sommes ici, près de ces murs à oreilles."

Ma main noire et cliquetante s'est infiltrée derrière sa nuque, remontant à la naissance de ses cheveux, tandis que mes lèvres viennent se poser sur les siennes. J'entrouvre la bouche, prenant plus fermement appui sur sa bouche mais aussi sur son corps. Il lève une main, je l'attrape au poignet. Je le sens bomber du torse mais je m'arc-boute instinctivement pour l'obliger à rester en place et continuer à lui baiser chaque commissure, chaque courbure. Est-ce seulement judicieux ? Mon père rirait et me mettrait une claque comme lorsque j'étais encore présent dans la demeure Blakemore. Soeur Illène s'esclafferait de me savoir encore capable d'assumer des passions qu'elle m'envie en chaque instant. Je suis un homme de foi, et je me contrefiche éperdument de ce qu'ils peuvent penser de cet écart, là haut. Les templiers que je connais aussi. Antiva aussi. J'intensifie un instant ma prise pour mieux me retirer, qu'il me retienne ou non. Je montre ma force. Je me redresse et le contemple non sans sentir mon coeur battre à tout rompre.
"Je n'ai jamais fait voeu de chasteté, Dorian Pavus. Voyez vous-même. Vous pouvez ignorer bien des choses sur la Chantrie."
Je me retire non sans porter mon index à mes lèvres, et sans cesser de fixer cet adonis à la moustache aussi expressive que sa bouche et ses yeux. Mes cheveux tombent en boucles sur mon visage, certains se coinçant même dans ma boucle en obsidienne. Je reprends ensuite la coupe de vin tombée à terre, m'avançant pour me rendre vers le sanctuaire, tandis que s'approchent des soldats. Je les salue, et le salut est rendu. Mais avant de me retirer, je jette un dernier coup d'oeil vers Pavus, qui semble ne plus faire qu'un avec la porte.
"Si jamais vous retournez dans le grand hall, je vous laisse dire aux convives que je suis parti prier. Qu'Andrasté porte à votre chambre le sommeil agréable qu'il vous faut, Messire."
Je hoche la tête et pars d'un pas calme vers ma destination. Mais je m'arrête à aux deux tiers du chemin, grimaçant et me touchant comme je peux la zone me brûlant à l'omoplate. Mélendor arrive des jardins en courant, m'apportant une autre missive concernant le garde que nous avions capturé qui enfin a lâché le morceau concernant des mouvements aux Plaines Sifflantes, ainsi que des papiers venant des princes sur les futures alliances commerciales.  Je vais devoir sacrifier un jour de repos pour m'atteler à ces rapports.

◊ ◊ ◊

Le lendemain, je ne suis point passé par la bibliothèque, occupé à prendre le problème à bras le corps et faire état de mes recherches qui ont duré tout le reste de la soirée du jour précédent, ainsi que cette matinée. Je partirai dans deux jours avec mes hommes, accompagnés d'éclaireurs de l'Inquisition. Et alors que je passe dans les couloirs, je m'arrête pour humer l'air. Je sens quelque chose de malsain auquel j'ai déjà eu affaire de bien trop nombreuses fois : de la magie du sang. Je fronce vivement les sourcils et je vois au loin Sieur Pavus passer sur les remparts. Mon regard se fait noir et réprobateur sur l'instant, mais je l'efface bien vite pour afficher une expression neutre, seyant à ce genre de salut avant de me remettre à parler au chef des éclaireurs affilié aux Plaines Sifflantes. Est-il seulement au courant qu'un venatori ou un colifichet de mage couard se trouve entre ces murs ? Si cela compromet les opérations dans les Plaines ... Je vais m'en assurer. Dès demain. Andrasté. Je jure de retrouver ce mage et de lui faire comprendre que ce que tu as combattu, je le combattrai à ta place.
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Love of life ▬ And slowly, you come to realize it's all as it should be. You can only do so much... If you're brave enough, you could place your trust in me. For the love of life, there's a trade off. We could lose it all but we'll go down fighting.
   

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Dernière édition par Achilles Blakemore le Sam 26 Aoû - 23:25, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: (Terminé) Paroles châtiées (P.V Dorian) Sam 26 Aoû - 15:42

Fort-Céleste, chapitre 3Ft. Achilles Blakemore
Paroles châtiées
Rien. Un simple adieu. Haha, c’était trop beau pour être ce qu’il avait réellement l’intention de faire. Ou alors, il ne faisait que s’amuser, … tout comme lui, bien évidemment. Oui. Bien sûr. En tout cas, il devait bien rire.

Alors bonne soirée Messerah.

C’est cela, oui. …


Dorian marmonna pour lui-même malgré la réverbération, puis saisit la poignée, l’inclina, et ouvrit la porte. Ou du moins, c’était ce qu’il espérait faire : sa massive main d’acier s’y opposa. La surprise ne pouvait être que présente. Même s’il espérait qu’il ne le laisse guère s’enfuir ainsi comme un piètre voleur, sa nervosité monta d’un cran. Ça tambourinait fort dans sa poitrine. Le thaumaturge se retourna lentement pour faire face à ce regard qui avait le don de le figer instantanément. A chaque fois. Sa main lâcha la poignée progressivement, ne le quittant plus des yeux. Mais dans quel bordel venait-il de se fourrer ?

Espériez-vous que je vous dise cela, Pavus.


Son sourire en eut dit long. Il en eut dit trop. Beaucoup trop. Officiellement, le voilà au pied du mur – ou de la porte, en l’occurrence. Feignant sa précédente irritation, mais surtout confus et las, le mage Altus ne quitta plus un seul instant son regard du sien. Comme malgré tout déterminé à bien rester là, et non bêtement prendre la fuite. Bon, sachant que la seconde option n’était plus possible,…

Il était si près. Son parfum si particulier revint également. Ah… Que faire. Devrait-il bêtement se risquer à fermer les yeux quelques instants, afin de profiter de sa présence si imposante ? Trop tard, Dorian le faisait déjà, tandis qu’il le sentit se rapprocher de lui. Son souffle se coupa subitement, mais il garda les yeux bien fermés. Aurait-il peur de ce regard désormais aussi près de lui ? Très bonne et stupide question. Peut-être craignait-il de s’y perdre une fois de plus.

Une porte claqua.

Son sang ne fit qu’un tour. Les yeux de Dorian s’ouvrirent à nouveau cela dit, guettant la direction d’où provenait le bruit si désagréable qui le mit rapidement mal à l’aise. Ils allaient être vus. Bon sang. Et que trouvait-il de mieux à faire ?! … Andrasté, devrait calmer les ardeurs de son chaste et fidèle serviteur, ou le nécromancien n’en dormirait pas de la nuit. S’il vous plaît. Evidemment que cela ne lui plairait pas, à lui non plus d’ailleurs. Etonnamment, un œil amusé se posa sur Achilles. Autant le prendre à la rigolade, pourquoi angoisser ? Ah oui. Peut-être parce que des personnes étaient sur le point de débarquer et de les voir affalés contre une pauvre porte en bois qui n’avait rien demandé, peut-être ?! Dorian inspira lentement, puis souffla le tout par le nez, avant de reporter son attention sur…

Il se rapprocha. Mais pas que. En effet, il pivota légèrement de manière à totalement avoir emprise sur lui. Ça y est, il était fait. En plus n’être tout sauf à l’abri des regards… Bon, pour l’instant tout allait bien, mais pour combien de temps.

Pavus ... Dorian. L'ignorance vaut mieux qu'un savoir affecté.


Ah, cet accent… Il eut fallu que son prénom contienne un « r ». Le tout enrobé dans son suave et grave timbre. De vrais bonbons pour les oreilles. Dorian ferma les yeux à nouveau, dans un premier temps pour tenter de garder un minimum les pieds sur terre, mais aussi et surtout pour se délecter de ce prénom qu’il eut enfin l’outrecuidance de prononcer. Enfin, il ne fallait pas trop se laisser aller non plus. La tension était présente : ils avaient une chance de tomber sur n’importe qui de Fort-Céleste dans pas longtemps. Il n’osait même pas imaginer les stupidités que l’on dirait sur eux deux.

Ignorance ne veut pas dire stupidité. Vous rendez-vous compte que dans peu de temps, nous ne serons plus si…


Une autre porte claqua, davantage proche de leur position. Dorian sursauta, au point de ne même pas achever sa phrase. Quelle histoire. Et pourtant il le savait, qu’Achilles n’allait surtout pas s’en arrêter là. Il semblait ne prêter nulle attention à la réelle situation. L’on voyait à l’instant qui se souciait plus de la réputation du chantriste.

J'ignore tout de vous, comme vous ignorez tout de mes épreuves. Et pourtant, nous sommes ici, près de ces murs à oreilles.

Achilles, je vais vous…


Il n’en eut pas le temps, seulement de finalement appeler le seigneur enchanteur de la même manière que celui-ci envers sa personne. Sur le coup, cela lui fit drôle. Mais le pire n’était pas là. Le frais métal qui frôlait sa nuque laissa parcourir sur sa peau un grand frisson. Et cela n’était que la première vague.

Ce chaud contact tant désiré, encore.

Les yeux du mage Altus se fermèrent aussitôt pour mieux en profiter. Il avait mené la danse lors du repas, il la menait toujours autant, et ce avec fermeté. La confusion se décupla encore plus que ce qu’il espérait. Devraient-ils ainsi se laisser aller, alors que la précédente porte ouverte semblait assez proche ? Devrait-il seulement s’en soucier ? Il fallait bien que l’un d’eux s’en préoccupe, pourtant.

Et il lâcha prise. Quitte à être là, en son unique compagnie, à cet instant qui sans doute ne s’offrirait pas deux fois, autant lâcher prise. D’abord pris au dépourvu par le baiser, Dorian y ajouta son énergie, puis leva une main pour l’y perdre dans ses longues boucles rousses qui commençaient à faire des siennes. Sauf que l’on s’y interposa. Son emprise sur son poignet, qui le contraignit à le garder contre la porte… Pauvre porte, d’ailleurs. Mais ce n’était guère un problème, il avait une seconde main qui le ferait à sa place. Ou presque. Ses doigts frôlèrent son cou, avant de se perdre finalement dans sa barbe et d’y caresser les lignes de sa mâchoire. Toutes ces sensations hétéroclites qui le traversaient en ce moment même allaient le faire perdre pied, si ce n’était pas déjà le cas. Et son cœur battait si vite… Il eut l’impression que ce fourbe joueur de tours était en feu, autant vulnérable que lui face à un tel homme.

Mais c’eut une fin, comme à toute chose. Ce fut à son tour de rompre le doux contact, contrairement au thaumaturge avec moins de brutalité et de précipitation. C’était si doux, si chaud… Son regard semblait plus perdu que troublé, n’osant même plus quitter son seul point d’ancrage. Son souffle retrouvait de la longueur, plus calme.

Je n'ai jamais fait voeu de chasteté, Dorian Pavus. Voyez vous-même. Vous pouvez ignorer bien des choses sur la Chantrie.


Lorsque la bouche de Dorian était sur le point de s’ouvrir pour répliquer, aucun son, ni mot, ne vint. Rien ne lui passa par la tête. Telle une immense salade de fruits, tout s’était emmêlé. Etrange, le nécromancien ne s’était jamais senti aussi subitement maladroit. Quand bien même une phrase daigna se former, il fallait délier la langue pour qu’elle vît le grand jour. Cela nécessita un petit temps, tout de même.

En effet, j’ignorais tant que les membres qui la composaient étaient tous de piètres menteurs.


Le paon Tévintide sembla retrouver peu à peu ses esprits. Sa retraite l’y aida grandement. Ou alors justement pas. Pourtant à peine à quelques pas de lui, il semblait si loin… Dorian soupira sèchement, tandis qu’il secoua la tête horizontalement. Mais quel abruti. Le voilà une fois de plus agressif, tentant de ravaler tout ce miel qui s’étala sur ses pensées. Et puis la porte s’ouvrit sur des gardes. Les bras croisés, adossé à la porte, Dorian leur lança un regard dur. Heureusement pour lui, ils ne faisaient que passer, donc leur attention était plus sur la porte opposée que sur sa personne. Tant mieux. Achilles prit la peine de les saluer, puis posa à nouveau son regard sur lui. Ce simple décalage de vue entre les gardes, puis sa personne, déstabilisa Dorian. Il avait une intensité dans la pupille qui semblait incomparable, d’un bleu puissant et captivant.

Si jamais vous retournez dans le grand hall, je vous laisse dire aux convives que je suis parti prier. Qu'Andrasté porte à votre chambre le sommeil agréable qu'il vous faut, Messire.

Si vous me croyez aussi fou. Mais oui, bonne prière, tout ça.


L’insolence avait pris le dessus, tandis qu’il se décolla – enfin – de la porte pour l’ouvrir. Il allait devoir marcher d’un pas pressé pour éviter qu’on ne l’aborde à nouveau. Il ne serait pas capable de tenir une conversation sans insulter et/ou provoquer tout Thédas. La poignée en main, il inclina cependant la tête sur la gauche pour adresser à Achilles des salutations tout de même plus cordiales.

Mais oui,… bonne soirée, Messerah.


Là, il ne s’agissait plus de traîner. La porte se referma derrière lui dans un bouquant qui le surprit. Restait à monter les escaliers, et rejoindre à nouveau ce grand hall qu’il aurait bien voulu éviter. Le regard droit vers la porte de la bibliothèque, le pas rapide, le poing serré, Dorian ne prêta nullement attention à ce qui se passait tout autour de lui. Si les autres pensaient que notre discussion avait mal abouti, c’était tant mieux. Dans tous les cas, il s’en fichait.

Sa douce salle regagnée, le mage Altus se laissa tomber dans son fauteuil en se massant la tempe. Mais que. Venait. Il. De. Se. Passer. Toutes ces discussions, ces événements, tournaient en rond dans son esprit. Toutes ces sensations éprouvées ne le quittaient plus. Mais pire. Ses lèvres tentatrices, ses yeux ensorceleurs, son visage balafré, ses larges épaules, son entière personne ne le quittait plus.  Dorian inspira longuement, puis expira dans un bruyant soupir. Quelque chose lui disait au fond de lui qu’il ne dormirait point de la nuit, contrairement à ce que lui souhaita précédemment Achilles.

Il se pencha dans son confortable siège, accoudé à ses jambes, le visage appuyé sur ses mains jointes. Puis un léger sourire parcourut celui-ci. Sa pulsation cardiaque était toujours aussi élevée et forte, qui lui laissa toujours cette même sensation que lorsqu’il était auprès de lui. … Tout se déroula si vite. Il était très difficile d’y voir clair dans tout ça, mais un détail lui revint en mémoire, lors de leur petite entrevue. Il s’était énervé contre lui, tout de même. Et il eut senti sur lui son effroyable regard, quand il vidait ses tripes, mais pas sur la bonne personne. Son œil de pierre au reflets bleutés fascinants lui revinrent en mémoire, comme s’il était en face de lui encore maintenant. Dorian frémit l’espace d’un court instant, le sourire à nouveau envolé. Wow. Ce n’était pas lui qu’il visait. Ce n’était pas lui qui méritait ce message qui s’exagéra au fil de sa frustration à cet instant croissante.

Dorian se leva brusquement, deux doigts posés sur ses lèvres comme pour souligner sa réflexion. Il lui fallait dormir, il se faisait tard… Enfin, il fallait déjà y arriver. Mais bon, ce n’était pas en restant hors de ses quartiers qu’il y arriverait. Encore moins en restant dans la bibliothèque, qui désormais se lisait sous un autre angle.

◊ ◊ ◊

Evidemment qu’il dormit peu. Dès l’aube, voire même avant, Dorian était en pleine forme au sein même de la bibliothèque. Son regard se posa sur chaque étagère, puis la barrière… Avant de se diriger vers son petit coin en déviant totalement la tête de ce qui empêchait les abrutis de tomber dans le vide. Il attendait quelque chose. Pour compenser les heures qu’il aurait pu passer à dormir ou à déjà taquiner la moitié du fort, le mage Altus s’assit dans son fauteuil, croisa la jambe, et reprit sa lecture. Au moins, il lui restait quelque chose qui éloignait cette constante pensée de son esprit. Ou presque, mais c’était la méthode la plus efficace.

Contrairement à ce que pouvaient penser celles et ceux qui entraient et sortaient de là, Dorian n’était absolument pas concentré sur sa lecture. Ce regard austère envers lui ne le laissait plus respirer. Il devait aller lui parler. Sauf que petit détail : le zénith approchait déjà, et aucun signe du seigneur enchanteur dans les parages. Ah. …

Il devait être occupé.

Dans ce cas précis, que faire ? Eh bien simple. Le livre qu’il feignait de lire avec intérêt se referma dans un bruit sec mais bien portant. Certains se retournèrent même, mais rien de bien méchant. Dorian se leva et quitta les lieux pour retrouver ses quartiers. Il devait le faire, sinon ça le hanterait jusqu’à n’en plus dormir. Une fois la porte refermée derrière lui, le mage Altus s’assit à son bureau et saisit du papier et de quoi écrire. Rapidement, il commença à y gratter des mots à destination particulière. C’était au cas où son chemin ne le mènerait pas tout de suite à sa rencontre, ou alors simplement pour se vider l’esprit de toutes ces pensées qui lui volèrent une bonne partie de la nuit.

La question restait : comment lui donner cette missive sans que cela paraisse suspect ? Et par suspect, il voulait dire « incitant à ragoter tout et n’importe quoi ». Sans parler qu’il ignorait totalement où se trouvaient sa chambre, et cela allait être compliqué. Forcément, il faudrait passer par le biais d’une tierce personne. Les bras croisés et bien assis dans son siège, une idée lui traversa l’esprit. Mais bien sûr. La missive en main, le voilà à nouveau parti sur un pas pressé. De retour dans son lieu d’ermitage, il s’approcha sans hésiter d’une seule étagère dans la salle pour ne saisir qu’un seul livre, le fameux. Cela ferait l’affaire.

Il y glissa discrètement la missive, puis garda l’ouvrage dans une main et ressortit, encore… Cette fois en quête de messager inconscient de ce qu’il donnait en vrai. Un livre sur la Garde des Ombres, la couverture était bien là.

Le hasard le fit croiser la route de la jeune servante de la veille, qui donc était passée à la bibliothèque. Le voilà dans le hall, à peine sorti de sa cachette. Le mage Altus lui adressa une salutation cordiale avant de lui tendre le livre.

Ser Blakemore en a besoin, mais il l’a oublié à la bibliothèque. Seriez-vous aimable de bien vouloir poser cela dans ses quartiers ?

Hem,… Oui, sans problème Messerah.

Merci, jeune fille.


Le jeune elfe détala aussitôt, le livre solidement encadré par ses frêles bras. Et pendant ce temps, Dorian soupira discrètement. Il avait très certainement besoin de prendre l’air. Les remparts. Une soudaine bonne idée.

Le regard sur le lointain, il s’appuya finalement sur le bord de pierre. Tant de choses s’étaient produites en si peu de temps. Et il ne parlait pas que d’Achilles. Le voilà membre de l’Inquisition, loin de chez lui, à lutter contre Corrypheus qui était loin d’avoir fini de faire parler de lui. Pourquoi ce nom surgissait de l’Histoire pour leur barrer la route ? Pourquoi maintenant ? Sans doute que des ouvrages pourraient leur en dire plus, mais à son humble avis, lesdits livres se trouvaient très certainement à Tévinter. Si seulement il y avait moyen de se les procurer. Dorian soupira, puis l’œil fixant ses mains se leva vers le ciel.

Il faisait grand beau, aujourd’hui.

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(Terminé) Paroles châtiées (P.V Dorian)

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