Dragon Age : Les Légendes de Thédas

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Posté Dim 13 Aoû - 2:03
Divergences magiquesDorian & Achilles
"J'ai bien l'impression que nous étions attendu, Monseigneur.
- Malheureusement ..."
Lâché-je en jetant un rapide coup d'oeil cet escalier de pierres nous emmenant droit dans la gueule des nobles orlésiens et antivans qui ont fait le déplacement pour l'occasion. Ces négociations concernant les futures relations commerciales ne m'ont guère inspiré confiance à la lecture de la missive. Sachant que la majorité des alliés de cette organisation savent et répandent telle une traînée de mélasse nauséabonde la rumeur concernant l'Inquisiteur, je ne peux faire abstraction de mon devoir envers la Chantrie, mais aussi envers mon Prince. Melendor me regarde avec inquiétude, trouvant que depuis notre approche du Fort j'ai eu une soudaine baisse de sympathie. Autant la rumeur disant que ce chef est un mage de sang n'a pas le don de me donner le coeur à l'ouvrage, mais de savoir que Vivienne est là, derrière ses murs ... Je sens mon sang ne faire qu'un tour avant de prendre le temps d'éclaircir ma voix. Quelques elfes et soldats viennent s'occuper de nos chevaux, nous laissant le loisir d'à présent nous diriger plus en profondeur dans la bâtisse qui fait tant parler d'elle. Mon fidèle ami et maintenant rompu templier ne cesse de jouer de ses yeux ronds comme des boucles aux perles gigantesques qu'ont en ce moment l'habitude de porter les femmes antivanes. Et je peux le comprendre; tout bouge ici. C'est ahurissant et prenant pour qui se laisse tenter par ce genre de distractions. Soudain, je m'arrête à mi chemin dans la montée menant au hall. Melendor est déjà presque arrivé à l'entrée quand à lui.

"Ils ont donc décidé d'installer une tour des mages. Hm ..."
Au vu de leur alliance, cela ne m'étonne guère. Et la Chantrie en ces terres s'est montrée aussi ridicule qu'un petit enfant à qui l'on a osé retirer un pot dans lequel il n'avait, de toute évidence pas envie de poser sa bouse infecte. Je reste un moment à observer l'ouvrage, comme attiré par la magie qui semble en émaner. Mes yeux se ferment, et je coupe ainsi tout lien avec cette curiosité pour ne me diriger cette fois que vers l'attroupement de nobles venu m'accueillir. Il me faut serrer les mains, accueillir à bras ouverts des alliances avec des soi disant respectés dans leurs domaines, accepter la compagnie "charmante" de quelque fille de comtesse soudainement intéressée par les préceptes édictés par la Chantrie. Je m'y plie volontiers, préférant cela que devoir me retrouver en face à face avec la langue de wyverne blanche de ma comparse chevalier enchanteur. Puis vient le temps de l'audience avec Dame Montilyet durant laquelle j'ai appuyé avec une certaine aversion et méfiance les écarts rapportés envers ce Ragnar Warvrick. Des compromis sont scellés pour le moment, avec bien entendu une petite pression pour que l'une de nos soeurs d'Antiva se retrouve en Val Royeaux.

◊ ◊ ◊

"Mon âme exalte le Créateur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ; désormais, tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !
Son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.
Il relève Andrasté sa servante, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur des hommes, à jamais.

Chaque mot est répété avec soin, de concert avec Mère Giselle, une soeur que j'ai le plus grand plaisir à retrouver. Une femme sage et pieuse qui, dans son immense compréhension a tout de même réussi à accepter celui censé nous aider à terrasser cet ancien faux dieu. Je lui ai parlé de son choix, elle m'a répondu que si Andrasté a choisi ce messager, nous devions respecter sa volonté. J'ai la foi certes, mais de là à accepter un mage de sang ... ? Alors que je me perds dans ces réflexions portant sur le choix d'un homme aux vertus qui me sont aussi obscures que le fond du puits du jardin, Melendor vient à ma rencontre, essoufflé et tirant comme il peut son armure pour aérer quelque peu sa peau.
"Sieur ! J'ai eu vent durant une conversation à la taverne du sujet concernant vous savez quoi.
- Allons de suite dans un endroit moins fréquenté."
Je l'attrape par l'épaule d'une poigne que maintenant il connaît certes bien. Même si elle a le don de le faire sursauter car ce jeunot a la fâcheuse impression de se faire draguer par des eaux folles. Après plusieurs enjambées et montées sous les regards hagards de certains de nos compatriotes, nous voici à mi chemin de la bibliothèque.
"Combien.
- Plusieurs centaines.
- Alors cela est bien plus grave que ce que cet idiot de Premier Garde semblait laisser entendre. Combien d'Antiva ?" dis-je en retenant comme faire se peut les spasmes secouant mes lèvres.
- Je ne sais Sieur. Nos listes comptent trente disparus censés avoir atteint Fort Bastel.
- ... Créateur ...
- Dois-je envoyer une missive à notre détachement situé à Denerim ?
- Non. Il vaut mieux qu'ils restent à l'écart après les quelques frictions que nous avons pu avoir avec ces étranges gardes. Nous devons nous concentrer sur les aspirations de notre Prince."
Le templier Melendor s'incline, et me laisse encore à mes réflexions. Je dois à tout prix me rendre à la bibliothèque et me renseigner sur cet Appel. Je monte donc à grands pas les marches, poussant ensuite dans un énorme grincement peu commode pour l'ouïe fine cet porte qui, bien entendu, se referme tout aussi bruyamment. L'on dirait les vieux os de ces carcasses encore empêtrées dans des politiques conservatrices; à savoir les plus vieilles soeurs de la Chantrie. Les hystériques, comme nous les appelons d'ailleurs. À ma grande surprise, je vois plusieurs mages me jauger avec un certain respect, mais aussi beaucoup de peur. Il suffit de voir un de ces groupes passer près de moi durant mes recherches. Tous lèvent la tête, calculent sans doute la largeur de mes épaules et la longueur de mes mollets, frissonnent puis s'inclinent humblement. Par le Créateur ... je préfère oublier quelle réputation j'ai par moments. Je lève les yeux au plafond, me replongeant ensuite dans mes recherches, cinq livres sous le bras.
"Savez-vous qu'une Tevintide du nom d'Alirius a pris ses quartiers par ici ?
- Oui ! J'ai même entendu dire qu'elle manipule le commandant avec la magie du sang.
- Pauvre Commandant Rutherford tout de même. J'ai eu vent de son expédition pour ramener cette donzelle.
- Racontez moi donc.
- Des morts. Et des bagarres pour elle. Vous y croyez ?
- La rumeur a de grandes oreilles et, comme le dit un proverbe de Rivain, la peur a de grands yeux."
Je ferme violemment le livre, essayant de ne pas abîmer pour autant l'ouvrage. Je m'avance vers les deux femmes qui par réflexe reculent d'un pas en me voyant arriver de toute ma hauteur. Droit, tenant mes livres sous mon bras gauche mécanique et le regard froid malgré mon léger sourire de circonstances.
- Je vous conseille fortement de continuer cette conversation dans un lieu plus approprié. La connaissance doit servir l'homme, et non l'asservir."
J'arque les sourcils, me demandant si ces dames ont bel et bien compris mon sous entendu. Au vu de leurs mines gênées, je pense que oui. Elles s'excusent profondément, ce sont leurs mots. Je les vois même porter leurs mains sur leur buste frêle et blanc, sans doute un moyen d'attendrir leur juge. Puis elles font leur révérence en m'appelant chevalier enchanteur. J'inspire profondément, pour purifier mon être des vilénies humaines auxquelles j'ai pu assister et je dis une fois adossé à l'étagère, d'un ton grave et solennel :
"Créateur, puisses-tu pardonner les âmes rongées par le désir et la jalousie."

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Posté Dim 13 Aoû - 18:55
Fort-Céleste, chapitre 3Ft. Achilles Blakemore
Paroles châtiées
"Constatez, messires, mesdames, le déclin de cette civilisation jadis resplendissante de la plus noble des beautés. Il fut un temps où l'empire régnait sur tout Thédas, et cet idéal que nous cherchons à regagner se terre dans l'ombre de cette corruption croissant en notre sein. Regardez autour de vous, et osez me dire que Tévinter est un empire solide resplendissant de fierté. Le seul soupçon de vertu qui pourrait encore s'y dégager disparaît, englouti par cette vague de complots et de rivalités infantiles. ..."

Que lisez-vous, ser Dorian ?


Le livre se baissa pour laisser l'interpelé apercevoir Mireï, un grand sourire aux lèvres. Pour une fois, elle semblait davantage affirmée face à lui, cela eut le don de le surprendre. Un soupir las sortit de ses narines, tandis qu'il marqua sa page de son doigt replié à l'intérieur du livre de poche.

Je lis le discours d'un très sage Magister. Quel dommage, il avait l'air sympathique.

Pourquoi dites-vous ça ?


Ah, la petite naïve qui n'y connaissait rien. Dorian en eut un sourire hésitant entre être chaleureux ou moqueur. Enfin bon. Autant lui expliquer, cela lui ferait quelques connaissances en plus.

Parce que les bonnes gens se font étrangement assassinés dans l'ombre, à Tévinter. C'en devient un sport national.

Oh .. C'est pour ça que vous êtes parti dans le sud ?


Un étrange silence plana. Dorian arqua un sourcil interrogateur, tandis que la petite Mireï inclina légèrement la tête vers le sol, soudainement gênée d'avoir tenté de le complimenter mais s'aventurant en fait sur une drôle de pente.

Vous avez essayé, Mireï : c'est l'essentiel.


Enroulant un doigt dans une de ses deux tresses, elle posait son regard ailleurs, toujours aussi désolée d'avoir atterri sur un sujet qui semblait sensible. Dorian rit de bon coeur pour détendre l'atmosphère, s'amusant même à appuyer une main ferme sur sa petite tête de rouquine. Cela lui décrocha un rire aigu et timide pour sa part - cela se tenait.

Et donc, ce livre ? Vous avez déjà fini de le lire ?

Heu... N-non, mais je l'ai presque--

Eh bien donc ! Retournez sur votre affaire au lieu de passer votre temps à papoter ! Ce n'est guère ainsi que l'on apprend, jeune fille.

O-oui ser Dorian ! Désolée !!


A ces mots, elle se leva en hâte et retourna un peu plus loin, à une table en bois où l'attendait une autre mage. Elle passait également du temps à la bibliothèque depuis quelques temps et tenait bien souvent compagnie à la petite Mireï. Cela leur arriva par ailleurs de discutailler de tout et de n'importe quoi. Les regardant de loin, le mage Altus allait replonger dans son ouvrage quand une autre présence l'interpela grandement - et c'était le cas de le dire.

Un homme de la Chantrie, ici. Cela était bien curieux. D'autant plus qu'il était armé de livres sous le bras, fort affairé sans doute. Tiens, lui qui pensait être le seul à ainsi vivre des livres, cela était davantage curieux. Le Créateur savait ce qu'il cherchait, encore.

Pensant qu'il se ferait discret pour autant - ou du moins, cela semblait être son objectif -, cela serait quelque peu compliqué pour un homme avec une telle imposante posture. D'ailleurs, Mireï posa un regard perplexe sur lui quelques instants.

Savez-vous qu'une Tevintide du nom d'Alirius a pris ses quartiers par ici ?

Oui ! J'ai même entendu dire qu'elle manipule le commandant avec la magie du sang.

Pauvre Commandant Rutherford tout de même. J'ai eu vent de son expédition pour ramener cette donzelle.

Racontez moi donc.

Des morts. Et des bagarres pour elle. Vous y croyez ?


Rien qu'à cela, Dorian retint un rictus de se former sur son visage. Comme quoi, discutailler de ce type de sujets avec une pipelette comme Mireï faisait des miracles. Ah, enfin du drame à Fort-Céleste !

Cela dit, une seule voix calma complètement le jeu, et eut par extension le don d'intriguer davantage le nécromancien.

La rumeur a de grandes oreilles et, comme le dit un proverbe de Rivain, la peur a de grands yeux. Je vous conseille fortement de continuer cette conversation dans un lieu plus approprié. La connaissance doit servir l'homme, et non l'asservir.

O-oui...

Veuillez nous excuser, nous avions de toute manière trouvé tout ce qui nous fallait en ces lieux. chevalier enchanteur...


A ces mots, la plus adepte à réagir au lieu de se cacher derrière une trop grande timidité se courba devant lui, incitant également Mireï à faire de même. Dans son mouvement, elle glissa un regard vers Pavus, qui évaluait la scène d'un oeil attentif et qui hocha de la tête en signe d'approbation : elles avaient meilleur temps de filer, au lieu d'importuner un "chevalier enchanteur". Eh bien, voyez-vous cela.

Dorian posa lentement son ouvrage sur la petite table qui le bordait, puis croisa une jambe sur l'autre et colla ses doigts, accoudé là où il fallait dans son fauteuil, comme s'il était l'Inquisiteur de la bibliothèque.

Créateur, puisses-tu pardonner les âmes rongées par le désir et la jalousie.

Si je manquais d'éducation, je vous aurais répondu sans gêne un infantile "bla bla bla".


A ces mots, Dorian se leva. Il pourrait se montrer davantage insolent, mais il sentait chez le religieux une certaine fatigue, au moins mentale. Pauvre Mireï, elle allait encore se sentir mal à l'aise pour la semaine qui suivait, tant elle ruminait. Pire qu'une chèvre !

Vous venez d'arriver, je présume ? Dorian Pavus, enchanté. Les légendes racontent que je hante cet endroit, mais pas en mal.


Dorian Pavus Theme song
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Posté Lun 14 Aoû - 2:14
Divergences magiquesDorian & Achilles Je me remets à peine de cet épisode de langues bien pendues que, voici une autre donnant corps à la douce mélopée d'un homme au ton moqueur mais à la sonorité assez particulière. Une sonorité qui a le don de me faire lever le nez de mon livre. Pas de ce genre que j'ai l'habitude d'entendre dans les bâtiments alloués aux serviteurs du Créateur et qui vous déclament la plus belle chose qui soit en profession de foi. Non, cette profession de foi ici se fiche bel et bien de ce qui m'anime chaque jour en tant qu'être pieux et reconnaissant de la vie qui m'a été donnée. Je me redresse, arquant fortement mes sourcils tant cette deuxième interruption impromptue me prend de court dans mes fastidieuses recherches sur les Gardes des Ombres. Mon auguste azur se pose sur le protagoniste, qui d'ailleurs se met à marcher dans ma direction. Néanmoins, ce n'est non sans tact que je réponds à sa précédente remarque.
"Vous pouvez continuer sans gêne. Ces cantiques là sont les plus faciles à connaître ... et souvent synonymes de grands bouleversements, au vu de leur manque de sens."
Je ferme le livre, gardant mon pouce en guise de garde page en ne cessant de considérer mon interlocuteur d'une certaine forme de curiosité et fascination. Une peau hâlée sur laquelle se dresse un sourire mutin. Confiant, sans aucun doute. Mais malheureusement au vu de son accent, ma légère et soudaine curiosité freine ses ardeurs : un tévène. Je me redresse pour lui faire face, et ne laisse rien transparaître de plus que sérénité et flegme à son égard.
"Je n'ai eu mot d'un soudain intérêt pour le charme rustique du Sud, en terre Tévintide. Et pourtant, les ambassadeurs installés en Antiva sont les premiers à se targuer de ces émois."
Je m'avance d'un pas, me posant un instant dans l'iris bleu pâle comme l'homme regarderait une pièce luisante et encore nue de toutes frappes par les dessins censés affirmer l'identité d'un pays. Puis, j'enfle mon buste en haussant légèrement mes épaules cachées sous les épaisses coutures de tartan bleu.

"Malheureusement, je n'ai jamais eu la chance de voir de fantômes ou démons avec des traits aussi ... humains. Achilles Blakemore, pour vous servir, Dorian Pavus.
Je ne m'attarde guère sur les titres, chose que Melendor aurait débité avec un grand sens du patriotisme envers son pays, ainsi que de dévotion envers l'un des rares mages qu'il se permet de cautionner. Des gens passent et je reconnais dans la blancheur de l'habit deux soeurs de la Chantrie pressant leur pas loin de cet homme qui semble bel et bien leur faire peur. Nos regards se croisent et l'une d'elles joint ses mains en signe de prière. Sans doute pensent-elles que j'affronte une bête; mais comme je l'ai dit, j'ai vu assez de démons et monstres pour m'attendre à ce que celui-ci m'éventre, aussi humain qu'il paraisse. Je vois d'ailleurs quelque chose que je n'avais pas remarqué auparavant. Un fauteuil baigné par la lumière du jour transparaissant par une immense fenêtre. Alors voici la "hutte" de notre fameux ermite. Intéressant. Nous entendons soudain une porte s'ouvrir et une elfe se diriger en notre direction. Ou plutôt dans ma direction.
"Messerah ...
- Hm ? Oui mademoiselle ?"
Ses lèvres semblent suspendues un instant dans le vide. Pourtant, je n'ai fait que la qualifier en tant que ce qu'elle est : une demoiselle. Je ne comprends pas pourquoi les femmes butent sur ce mot à chaque fois. Ce n'est pas comme si je les surnommais bêtes à procréer !
"V-votre chambre est prête, Messerah. J'espère qu'elle sera à votre convenance.
- Permettez donc que je vienne prendre de votre temps si quelque chose m'ennuie, ma chère enfant.
- Ah ... eh. Hm. D'accord. Messire Dor-rian. Messerah."
J'accorde un dernier élan de sympathie à la servante qui elle détale sans donner plus mot entre Pavus et ma personne. Posant enfin mes charges sur la table la plus proche, non sans un bruit métallique provenant de ma main pouvant paraître irréelle, je grince des dents pour éviter de faire toute référence peu flatteuse concernant mon opinion fort riche sur les manipulateurs de vif humain. Un sujet qui me demande encore beaucoup d'ouverture sur les perspectives possibles d'un jour connaître un tévène tout sauf pernicieux, manipulateur et condescendant. Bien qu'ils soient ... dérangés par la soudaine implication d'un ancien Magister de leur Empire à savoir Corypheus, je garde un certain droit de réserve, qu'Andrasté et ses enfants me pardonnent. Je penche mon visage buriné et lustre ma barbe avant de soutenir mon menton, délibérant dans quel fatras pourrait se trouver le sujet de mes recherches.
"Puisque vous semblez hanter ces lieux Pavus, pourriez-vous m'aider à trouver des ouvrages plus poussés sur la Garde des Ombres."
Non pas que je n'aime pas les récits de guerres, auréolés de mille facéties pour instiller un sentiment de gloire, mais ce n'est pas entre ces lignes et quelques rappels sur la beauté du griffon que je trouverai un moyen d'abaisser les effets du faux Appel. À moins que ce cher Dorian ait en réalité autre chose en tête ... Ou serait-ce mon intuition d'homme de foi qui me joue des tours ?

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Posté Mar 15 Aoû - 22:04
Fort-Céleste, chapitre 3Ft. Achilles Blakemore
Paroles châtiées
A en croire sa réaction, sa remarque volontairement déplacée avait touché au bon endroit. Le mage Altus resta cependant méfiant : d'un côté, la Chantrie pour lui se résumait à rester à genoux toute la journée les mains jointes à implorer un éventuel pardon sorti de nulle part, mais d'un autre côté, sa présence en ces lieux l'intrigua. Que pouvait bien chercher un homme de foi au sein de cette bibliothèque ? La couverture de l'ouvrage que lisait le grand barbu lui rappelait quelque chose. Sans plus.

Malheureusement, je n'ai jamais eu la chance de voir de fantômes ou démons avec des traits aussi ... humains. Achilles Blakemore, pour vous servir, Dorian Pavus.

Alors, soit vous me flattez, soit je dois y comprendre que vous m'avez pris au pied de la lettre.


Si c'était effectivement la seconde possibilité - grandement improbable, mais qui était simplement là pour le taquiner davantage -, Andrasté ignorait à quel point certains êtres qui lui adressent régulièrement des prières étaient sots. Cela mis à part, deux dames de blanc vêtues passèrent non loin des deux hommes. Bien évidemment, Dorian leur adressa son sourire le plus cordial - ou affreusement moqueur - suivi d'un léger hochement de tête pour un minimum les saluer. L'une d'elles eut un mouvement de recul, entraînant la seconde dans son geste. Pitoyable : le nécromancien en eut un rictus qui s'éteignit aussitôt. Pitoyable mais prévisible, avec ce type de personnes. C'est en soupirant discrètement de plus belle que le mage Altus remarqua qu'une jeune elfe arriva vers eux, ou plutôt vers le chantriste. Eh bien, ce qu'il était sollicité.

V-votre chambre est prête, Messerah. J'espère qu'elle sera à votre convenance.

Permettez donc que je vienne prendre de votre temps si quelque chose m'ennuie, ma chère enfant.

Ah ... eh. Hm. D'accord. Messire Dor-rian. Messerah.


Le même hochement de tête que précédemment eut suffi à lui répondre - pourquoi gaspiller ainsi sa salive. Et bien évidemment, l'imagination très fleurissante décidément en cette saison lui souffla de vicieuses idées qui, sans doutes, n'eurent à peine traversé le grand barbu.

J'espère que l'ennui ne vous saisira point autant que votre emprise future sur cette "chère enfant", si vous voyez où je veux en venir. ~


Après un silence plus que douteux, Dorian se racla la gorge, mais non pour dissimuler une bêtise qu'il venait d'énoncer, mais pour, sans doute, prendre un air davantage "solennel". Ou du moins il essayait, avec pareille curiosité dans le ton, ce sérieux qu'il tenta de faire émaner de sa personne s'effrita lentement.

Vous semblez perdu dans quelques recherches qui ne me regardent absolument pas.

Puisque vous semblez hanter ces lieux Pavus, pourriez-vous m'aider à trouver des ouvrages plus poussés sur la Garde des Ombres.

Sur la Garde des Ombres...


Que cherchait-il à savoir exactement ? Cela devenait curieux. Dorian eut ouï dire que quelque chose clochait avec les Gardes ces derniers temps, mais rien de bien approfondi - mais peut-être aurait-il dû. Et désormais, voilà un chevaier-enchanteur qui pointait son nez en ces lieux pour se renseigner à leur sujet. C'était dire si cela devenait une préoccupation pour beaucoup. Tandis que ses doigts parcouraient vaguement les étagères, il s'arrêta. C'était dans une autre, déjà.

Il doit y avoir un ouvrage en ces lieux qui devrait vous intéresser, ser Blakemore.


En y repensant, le mage Altus ne s'était jamais tellement aventuré à lire au sujet de la Garde des Ombres. Cela pouvait paraître curieux, d'ailleurs : d'ordinaire, des histoires sur les différents enclins lui plairaient beaucoup. D'ailleurs il les avait déjà sans doute lues au moins une fois dans sa vie, mais ne s'était jamais réellement penché sur les Gardes en eux-mêmes. Encore une autre étagère.

Dorian s'amusa à se promener dans la salle, les deux mains dans son dos pour lui donner un semblant de prestance dans sa marche et le regard perdu sur tous les ouvrages présents.

Décidément, j'aurais juré qu'il se trouvait en ces lieux...


L'enchanteur fit mine de réfléchir quelques instants, perdu sur une rangée de livres. Soudain, ses doigts claquèrent et il se faufila à l'autre bout de la bibliothèque d'un pas rapide. Cet ouvrage serait sans doute plus complexe à trouver que ce qu'il n'y paraissait, mais Dorian n'allait guère simplement s'amuser à le trouver.

Mais au fait, si ma question n'est pas indiscrète, pourquoi cherchez-vous pareil ouvrage ? Pour ensorceler ces chers Gardes de prières incessantes ?


Le sarcasme était présent, mais nul doute qu'il y avait quelque chose à déceler entre ces mots. A voir si le chantriste lui répondrait ou non. Une chose de sûre, aucun détail ne lui sera donné, donc il ne fallait guère s'attendre à trop en avance.
Dorian Pavus Theme song
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Posté Mer 16 Aoû - 2:27
Divergences magiquesDorian & Achilles Les gens ont tendance à dire que nous sommes du genre à ne pas savoir prendre du bon temps et être à la limite de l'extrême concernant nos prétentions pieuses. C'est donc sans grande surprise que je prends avec plus ou moins de détachement les remarques de Sire Alirius; dont celles concernant mes désirs de chair. Je reste d'ailleurs interdit quand celui-ci sous entend que mon engagement chaste envers cette demoiselle (qui certainement est ma cadette d'au moins dix huit années) se trouve bel et bien à l'opposé des convictions que je semble assurer. Cela n'empêche que j'ai un certain plaisir à entendre ses tournures bien faites et ô combien parsemées de sens. Aussi amusant que d'entendre les mères et soeurs qualifier de propos renforcés à grandes enjambées lyriques propres à notre ordre religieux, des gens tout bonnement affreux dans leur vie et leurs convictions.

Tiens. Il ne semble pas au courant des troubles concernant les Gardes. Cela est étrange. N'est-il pas l'un de ceux qui ont décidé de parcourir les terres viciées avec l'Inquisiteur ? Ou bien n'ont-ils pas encore eu vent des problèmes aux abords de la Porte du Ponant ou bien ceux auxquels j'ai eu affaire dans les Anderfels. Cependant, je n'ai d'avis à donner sur leurs alliances très fleuries dont j'ai pu en entendre certaines rumeurs encore aujourd'hui. Ou bien qu'ils aient laissé Madame de Fer prendre ses quartiers. Et de surcroît, je suis en train de parler à un tévène. Par le Créateur, mais où va le monde bon sang. Sommes-nous aussi désespérés, au point qu'il faille allier sang et petits fours aux épices safranées dans un plat de rôti ? Cette pensée, m'oblige à me pincer l'arrête du nez tant elle semble irréaliste et pourvue d'un agacement sans précédent.
"Je me permets de vous suivre en bon pèlerin durant vos recherches, Monsieur."
Et sans tarder, je suis avec une grande opiniâtreté ses doigts allant et venant sur les reliures de divers ouvrages, que je n'ai, pour le moment, pas eu le plaisir de consulter. En espérant que le temps m'accorde cette faveur. Je croise les bras et je ne peux m'empêcher de sourire en le voyant prendre à coeur ma demande, malgré nos divergences. Le suivre aussi, le voir s'animer avec une certaine ferveur, me rappellerai presque certaines de nos têtes bien pensantes vivant à la Chantrie de Val Royeaux. Je lustre encore ma barbe, tout de même décontenancé face à la facilité qu'il a de vaquer d'une étagère à l'autre. Donc cet homme hante vraiment cette bibliothèque. J'attends le moment où il se décide à faire une pause et lancer l'une de ses remarques qui ont le don de me faire prier le Créateur dans un coin de mon esprit.

"À la base nos intentions n'étaient pas enclines à se lier à celles de l'Inquisition. Des gardes d'Antiva ont disparu. Et les princes marchands veulent sceller une alliance commerciale ... en guise de premiers pas vers une entente plus pérenne."
Les manoeuvres politiques ... elles me sont aussi troubles que les brumes des Marches Noires.
"Je fais d'une pierre deux coups. Je confirme que l'Inquisition est bien une ambition à laquelle Antiva peut apporter ses fruits, et je me renseigne sur un problème qui nous semble être commun. Et sans doute aussi dangereux que la magie du sang : les Gardes des Ombres."
Je fronce les sourcils et place mes mains dans le dos, serrant de celle de chair, celle de métal et, m'avance lentement dans le dos du tévène Pavus. Ma voix se fait plus grave et profonde, montrant que ce sujet n'est pas à prendre à la légère.
"Vous savez ce que fait la magie du sang, quand celle-ci est trop utilisée. Imaginez donc cela concernant les Gardes. Je ne fais que supposer encore, mais quelque chose me trouble. Le pourquoi des gardes disparaîtraient subitement."

Cette affaire me semble de plus en plus étrange, m'amenant sans cesse vers de nouvelles questions. Et mon Prince d'autant plus sachant que l'un des disparus est son frère benjamin avec qui il entretenait un lien fort. Sans doute cette information ne lui servira qu'à narguer ses autres compagnons. Ou alors dans ma piètre estime de sa grandiloquence et ses apparences, qui ont tout de même leurs charmes, je me trompe à son sujet. D'ailleurs, j'ai envie de pousser quelques retranchements concernant nos .... différences. Je regarde les rangées de livres, m'attelant à rester le plus stoïque possible, non sans me pencher vers mon "charmant" compagnon. Car maintenant, à mon tour, je lisse de mes doigts les livres se trouvant non loin de son visage délicatement, pour sentir chaque relief, dessins et lettres gravés.

"J'ai cru comprendre que votre soif de connaissances est grande, Sera Pavus. Je vais donc y jeter quelques gouttes de plus. Nous autres chantristes, templiers, chevaliers enchanteurs, ou juste prieurs, pouvons faire le voeu de chasteté."
J'attrape l'un des livres et commence à lire quelques lignes de ce recueil sur les propriétés médicinales des plantes se trouvant à Férelden.
"Très intéressant. Je savais que le lotus sanguin servait à beaucoup de choses, mais de là à soigner les maux de ventre ... Je disais donc que nous pouvions faire voeu de chasteté. Et malheureusement, je n'ai guère vu personne porter dévotion entière à notre Créateur sans se heurter à quelques déviances dont vos compatriotes seraient friands. D'ailleurs, c'est souvent de là bas que proviennent ces récits. Je vous plains fortement."
Chose vraie. Je les plains de devoir subir certaines monstruosités sans nom et d'en vivre. Quel pays de fous. Je tourne encore quelques pages, toujours aussi détaché. J'ai sans doute attaqué un sujet sensible. Mais si il faut jouer de sous entendus, jouons. Andrasté aime voir ses enfants jouer; tant que les jeux ne finissent point dans le sang. Mes yeux le fixent et je sens une étincelle d'amusement me prendre.
"Et non, je ne fais pas dans l'enfant. Bien que certains adultes restent de grands enfants."
Un léger rictus apparaît sur mes lèvres, et je sens que cela creuse la cicatrice sur ma joue et ma lèvre supérieure. Puis je m'éclaircis la voix, me redressant par la même occasion avec beaucoup de retenue.
"J'ai fait voeu de chasteté il y a de cela treize ans, Sieur Pavus. Pour mieux servir cette foi qui chaque jour me permet de vivre, de combattre et rencontrer de divertissantes personnes. Et ne vous inquiétez pas. J'ai su profiter activement des années de liberté qui m'ont été allouées."
Je sens que j'ai bien fait de préciser cela. Pour mon intégrité.

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Posté Mer 16 Aoû - 17:12
Fort-Céleste, chapitre 3Ft. Achilles Blakemore
Paroles châtiées

Je fais d'une pierre deux coups. Je confirme que l'Inquisition est bien une ambition à laquelle Antiva peut apporter ses fruits, et je me renseigne sur un problème qui nous semble être commun. Et sans doute aussi dangereux que la magie du sang : les Gardes des Ombres. Vous savez ce que fait la magie du sang, quand celle-ci est trop utilisée. Imaginez donc cela concernant les Gardes. Je ne fais que supposer encore, mais quelque chose me trouble. Le pourquoi des gardes disparaîtraient subitement.


Les sourcils de Dorian se froncèrent. Il en savait long sur cette affaire : ce serait bien d'en tenir l'inquisiteur au courant ou un de ses plus hauts placés. Le commandant serait une bonne option. Enfin, si tout cela n'était déjà connu de ces messieurs. Mince, cela pourrait faire un très très bon prétexte pour une visite en privé avec l'Inquisiteur.

En effet, c'est très inquié..hum, que faites-vous, là ?


En effet, ser Blakemore eut l'audace de se rapprocher furtivement de lui, mais pas n'importe comment : en étant ainsi derrière le mage Altus, voici ce dernier totalement encerclé par sa présence. Cela eut le don de légèrement le déstabiliser, voire même de le garder au silence. Surprenant.

J'ai cru comprendre que votre soif de connaissances est grande, Sera Pavus. Je vais donc y jeter quelques gouttes de plus. Nous autres chantristes, templiers, chevaliers enchanteurs, ou juste prieurs, pouvons faire le voeu de chasteté.

Ceci n'empêche pas cela.


Le souffle auparavant brièvement court, Dorian lâcha cette phrase sur un ton mélangeant de la nervosité et une pointe de sensualité notoire. Il se rendit par ailleurs compte que le chantriste était aussi loquace que lui-même. Cela avait bien le don de le surprendre un minimum : d'ordinaire, c'était toujours lui qui parlait trop.

Très intéressant. Je savais que le lotus sanguin servait à beaucoup de choses, mais de là à soigner les maux de ventre ... Je disais donc que nous pouvions faire voeu de chasteté. Et malheureusement, je n'ai guère vu personne porter dévotion entière à notre Créateur sans se heurter à quelques déviances dont vos compatriotes seraient friands. D'ailleurs, c'est souvent de là bas que proviennent ces récits. Je vous plains fortement.

Il n'y a pas de mal à se détendre de temps à autre, ser Blakemore. Et puis le voeu de chasteté reste une parole, les hommes ont toujours eu tendance à préférer les actes.


A cet instant précis, le nécromancien eut la bonne idée de se tourner vers son interlocuteur. Là, non seulement il réalisa à quel point il était proche de lui, mais en plus il ne se gêna guère à habilement le lorgner, mais sans vulgarité - ce qui pouvait surprendre quelque peu. Son regard se perdit quelques instants dans les siens, tandis qu'un ricanement s'envola de ses lèvres.

Faites gaffe à ce que vous faites en ces lieux. Fort-Céleste possède bien plus d'oreilles que vous pourriez le croire, et bien souvent elles comprennent de travers. Un classique pour les ragots. Et puis cela décevra cette pauvre --

Et non, je ne fais pas dans l'enfant. Bien que certains adultes restent de grands enfants.


En y repensant, sa voix à elle seule avait quelque chose de captivant, voire même de mielleux. Adossé contre l'étagère et les bras désormais croisés sur sa poitrine, le mage Altus continua de le dévisager accompagné d'un somptueux rire narquois. Dommage qu'il était homme de foi.

Quel dommage de rester aussi sage, ser Blakemore.

J'ai fait voeu de chasteté il y a de cela treize ans, Sieur Pavus.

Mince, j'ai raté l'occasion pour treize ans, tout de même.

Pour mieux servir cette foi qui chaque jour me permet de vivre, de combattre et rencontrer de divertissantes personnes. Et ne vous inquiétez pas. J'ai su profiter activement des années de liberté qui m'ont été allouées.

Donc je suis une personne divertissante. Décidément, vous adorez flatter mon ego.


Alors que ses yeux clairs s'attardaient sur la robustesse de ses épaules, ils glissèrent sur l'entrée de la bibliothèque. Une vieille dame - sans doute religieuse, quel hasard - les observait en silence, l'oeil mauvais. Cela eut le don de le mettre légèrement mal à l'aise : en effet, en une telle posture, il ne manquait que des rumeurs pour lui gâcher ses journées. Avec un chantriste, oh la la. De ce fait, Dorian se décala pour tenter un repli stratégique.

Nous .. cherchions un livre, il me semble.


Même si cela lui semblait contre nature d'agir ainsi, Dorian s'extirpa de cette présence troublante. Il s'en fichait que tout le monde sache ses penchants, mais pas avec un homme autant religieux. Le Créateur savait encore les pierres qu'il se prendrait d'ainsi flirter en public avec un chevalier enchanteur, ce chantriste qui jouait avec le feu : cela lui coûtait de le dire, mais cela paraissait louche. Sans parler qu'il en savait pas mal sur les diverses situations en Thédas. Il ferait sans doute un bon allié pour l'Inquisition, mais il restait suspect tout de même. Dorian ne savait pas trop où le placer, mais il cherchait des informations sur la Garde des Ombres. Très certainement qu'un ouvrage en particulier l'intéresserait en ces lieux.

Je n'ai jamais eu l'occasion de rester en Antiva. Ce doit être une magnifique province.


Grimpant sur une échelle, le mage Altus en descendit avec un ouvrage entre ses mains, qu'il tendit au chantriste dans un geste souple.

Ceci devrait vous intéresser, messerah. Bonne lecture.


Il s'éloigna alors de l'homme de foi pour regagner son fauteuil adoré et pour ainsi replonger dans la lecture qu'il faisait avant d'être autant dérangé. Etrange, comme situation. Un chantriste. Vraiment étrange, comme situation. Perturbé dans ses pensées, Dorian peinait à se concentrer dans sa lecture, au point qu'il leva son regard vers Blakemore pour voir ce qu'il faisait. Aussitôt il se replongea vaguement sur l'ouvrage ouvert devant lui. Quelle histoire.
Dorian Pavus Theme song
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Posté Mer 16 Aoû - 21:16
Divergences magiquesDorian & Achilles Je me sens à la fois ignoble et grisé par ce mensonge que j'ai osé proféré en utilisant les préceptes même de la Chantrie. Le Premier Enchanteur me prendrait par l'oreille jusqu'à ce que celle-ci rougisse. Il aurait raison. Je n'aurai pas dû déstabiliser à ce point ce cher Pavus. Je n'ai point été ainsi il y a de cela quatre ans. Sans doute est-ce dû à ces "jeux" auxquels je participe avec peu d'entrain certes, mais où ma présence est requise en tant que conseiller. Je sens que dès ce soir, je vais devoir me purger de ces bassesses dès mon entrée dans la chambre. Je fronce fortement les sourcils, en colère contre ma propre personne mais aussi contre ces jeux qui arrivent à me détourner de ma foi. Et au vu du public qui nous regarde, cette colère ne va faire que gronder. Je reste silencieux un long moment, me tournant tout de même pour saluer ma soeur avant de reporter mon attention sur un Dorian perché sur une échelle.
"Il y a de quoi se perdre entre les immenses propriétés et leurs vignes. Mais le plus confortable reste et restera à mon sens de culminer sur le haut d'une des nombreuses vallées, ou bien sur les champs creusés dans les montagnes."
J'attends qu'il redescende, tendant les bras pour récupérer le précieux ouvrage qu'il m'offre bien gentiment. Et j'en conviens, au vu de son changement d'attitude, que je ne suis pas le seul à être gêné par la situation.
"Merci bien, Messerah. En vous souhaitant une agréable lecture."
Je regarde alors le livre avec attention, tournant quelques pages pour en découvrir le contenu. Je trouve des notes intéressantes pour ma propre culture concernant le dressage du griffon, mais je ne vois que peu de notion concernant la teinte et l'Appel. Ou tout du moins succinctes et aux images qui me sont en ma qualité de néophyte, bien floues. Je sens le regard de Dorian bifurquer en ma direction mais j'en fais fi, cherchant toujours une explication certaine à cet Appel bien trop précoce et aux moyens de le faire cesser. La vieille soeur profite de cette occasion pour s'approcher de moi, me fixant de ses yeux accusateurs et peu enclins à laisser passer mon écart de "courtoisie". Je la reconnais de suite. Ilène la vieille pie.

"Soeur Ilène ...
- Sieur Blakemore ..."
Le premiers mots échangés en disent long sur la tension passant entre nous. Ou tout du moins, celle que j'essaie de faire passer à son égard. À elle, et sa foi à cinq facettes. On peut aussi appeler cela de l'opportunisme. La voilà qui me jacasse tout bas ses conseils et avertissements de bien pensante.
"Vous savez qu'il s'agit d'un tévène."
- Nous discutions livres, ma soeur. Vous aimez aussi lire, il me semble.
- Oui. Mais là n'est point le sujet. Savez-vous qu'il ..."
- En mon coeur réside en priorité Le Créateur et Andrasté. Ma foi pour eux est inconditionnelle. Nombreux, ceux qui se vautrent dans le pêché. Persuadés d'être damnés de corps et d'âme. Mais qui se repent, qui garde sa foi entière malgré les ténèbres du monde. Qui traite les faibles sans veulerie, ni dédain mais respecte la loi et les oeuvres du Créateur, celle là connaitra la pureté bénite du Créateur. Vous connaissez ce passage ma soeur, n'est-ce pas ?"
Je place le livre sous mon bras, me dressant ensuite de toute ma hauteur face à cette femme courbée au regard malhonnête et aux gestes dignes d'un serpent sur le point de mordre sa proie. Mais bien vite celui-ci devient tordu par l'incompréhension face à mes paroles, puis par la surprise. Sa bouche s'ouvre, tremble
"Vous ... Vous ... osez ...
- Connaissez-vous ce passage soeur Ilène ?"
Ma voix se fait plus puissante, autoritaire autant que mon regard qui lui ne devient qu'un élan de froid implacable. J'ai beau être le Chevalier Enchanteur le moins à même de côtoyer les hautes sphères politiques et religieuses mais j'ai une réputation de chef de guerre. Et tous savent que récemment je n'ai montré guère de compassion envers les actions de mages de sang que je me suis empressé d'empaler sur des pics à glace.
"Qu'avez-vous fait au nom d'Andrasté et de notre Créateur, Soeur Ilène ?"

Silence. Long silence. Je jette un oeil vers Sieur Pavus qui m'est avis essaie de tendre l'oreille pour récupérer quelques parcelles de notre très agréable conversation. La vieille Ilène se contrit et je vois ses rides devenir plus profondes sur son front déjà bien marqué. Je connais sa réputation en Orlaïs et ses penchants pour l'or versé pour nos causes. Et ce n'est pas une soeur tuant à la moelle son petit village qui fera tomber un homme d'action.
"Vous apprendrez de vos erreurs, jeune homme ...
- Alors vous devez être bien plus sage que je ne le serai jamais."
Je réponds sèchement, non sans m'affubler d'un de ces affreux sourires de circonstances. La guenaude s'incline et je lui réponds avec cette fois plus de douceur "ma soeur" avant de me remettre à ma lecture en allant m'accouder aux rebords de bois. De nouveau, mon regard croise celui de Dorian après que quelques minutes de paix aient régné en ces lieux. Il semble amusé, je le suis moins. J'ai vraiment envie de partir à nouveau en mission, même si cela doit m'amener face à un démon de la colère ou de la peur.
"À part le froid, je crains que vous n'allez être guère dépaysé."
Ce soir, je jure de prier et de me flageller au sang si il le faut, Andrasté. Mais dans votre grande compassion, j'espère que vous comprendrez que tous vos enfants restent des humains et que ces humains ont des défauts.

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Posté Sam 19 Aoû - 17:46
Fort-Céleste, chapitre 3Ft. Achilles Blakemore
Paroles châtiées
Ainsi donc, la vieille dame qui l'eut fusillé du regard peu de temps avant se pointa devant le chantriste haut placé. Quelque peu curieux, Dorian garda bien en vue son livre pour éviter de paraître trop indiscret. La discussion était intéressante : de savoir qu'il était Tévintide fut la découverte la plus incongrue et impressionnante qu'il n'ait jamais faite de toute son existence. Quelle surprise tout de même !

De l'entendre réciter des prières entières lui arrachèrent un rictus sans doute moqueur : c'était sans doute ridicule de les apprendre ainsi par coeur, mais le mage Altus nota cependant sa très bonne mémoire. Voilà quelque chose de sympathique et d'impressionnant. Mais quelque chose le surprit : le seigneur enchanteur était tout de même en train de prendre sa défense, chose tout de même intrigante. Décidément, ce Blakemore...

Connaissez-vous ce passage soeur Ilène ?


Le nécromancien sursauta. Sa voix était plus portante, tout en gardant malgré une colère notoire un calme surprenant. Quelle voix suave, même autant sur les nefs. Dorian se permit un petit regard discret du côté de la joyeuse petite discussion : Achilles était désormais debout face à la vieille peau qui étonnamment s'était réduite au silence. Un spectacle palpitant à voir, il fallait dire. Mais le simple fait d'avoir pris sa défense le surprenait toujours autant. Un Tévintide, tout de même. Haha, certains avaient encore ce type de préjugés... Bon, pour le coup, avec autant de déclin au sein de l'Empire, ils avaient raison : le mage Altus ne pouvait les en vouloir à ce sujet.  Dans tous les cas, la vieille détala presque aussi rapidement qu'il lui fallut pour faire un parallèle entre sa personne et la fourberie d'un Tévintide mage du sang Venatori.

Ser Blakemore s'accouda donc à la barrière de bois et reprit sa lecture, presque comme si de rien n'était - ses sourcils froncés en disaient trop sur sa bonne humeur. Après quelques instants, le silence et la sérénité régnant une fois de plus en ces lieux, Achilles contra le regard qu'allait lui lancer l'amateur de drame. Cela ne voulait pas dire que le Tévintide allait timidement détourner les yeux d'une si imposante personne comme l'aurait fait Mireï. Un rictus se fraya un chemin sur son visage, tandis que son regard clair se plongea dans le sien. Quel dommage, il semblait moins taquin. Le livre que tenait Dorian se referma petit à petit, tandis qu'il se leva lentement de son siège.

À part le froid, je crains que vous n'allez être guère dépaysé.

Ah, ne me parlez pas de ce froid omniprésent. ..


Toujours en prenant son temps, les mains dans son dos, le thaumaturge se dirigea vers le chantriste, d'abord en prenant soin de guetter que la vieille folle avait effectivement détalé. N'était-on jamais trop prudent. Ainsi seuls dans une salle aussi grande, pourquoi bêtement se contenter de lire ? Et là, toujours ce sourire arrogant aux lèvres et son regard implanté dans ses azures prunelles, le voilà devant lui. Il prit soin de laisser un doigt s'appuyer sur le livre pour légèrement l'incliner : après tout, il y avait bien plus urgent ici et maintenant. Cela lui permit de davantage se rapprocher de lui.

.. Rien que d'y penser, j'en ai des frissons. ~


C'était à son tour de s'amuser un peu. La tempête désormais passée, il avait toute l'occasion pour le faire. Et puis le pauvre, il semblait si contrarié à cause de la vieille fille de tout à l'heure : il fallait au moins le réconforter un peu. Pauvre bel adonis chaste et dévoué. De la main qui ne l'entravait dans sa lecture, Dorian prit également appui sur la barrière de bois, ne se gênant nullement de frôler son corps avec ce geste apparemment potentiellement obscène.

Eh bien eh bien, vous nous avez plus ou moins éviter de passer un très mauvais moment. Je me demande bien comment je pourrais vous remercier, tiens.


Farouche, le mage Altus le dévorait déjà des yeux. Aussi près de lui, c'en était presque tentant, mais il ne fallait guère non plus prendre trop d'avance sur lui : il fallait garder en mémoire qu'il était face à un homme de foi qui ne jurait que par cela. Donc autant éviter de faire le dérapage de trop, il n'avait pas envie de se noyer dans ses récits appris par coeur au sujet du Créateur et du péché.
Dorian Pavus Theme song
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Posté Dim 20 Aoû - 2:43
Divergences magiquesDorian & Achilles Ah. Oh. Voilà qui est ... déstabilisant. Seuls. Nous sommes seuls. Et Créateur, je dois dire que j'ai quelques appréhensions face à cette solitude aussi inopinée que ... je dois l'avouer, productive. Je n'ai pas réellement pris la défense de cet homme, ou alors je l'ai fait de manière délibérée en prenant ma propre défense. Et je me sens irrémédiablement tiré dans ce cercle paralysant que j'ai sans aucun doute créé avec ma forte contribution. Je l'ai déjà dit mais j'ai un peu abusé du mensonge quand à ma supposée chasteté. Je le répète encore, je jure de me purifier de ces vilénies quand le moment sera propice. Mais Andrasté dis-moi. Pourquoi en dix ans sans aucune attache ou intérêt propre pour la chair, me mets-tu face à l'objet du vice le plus complet ? Pourquoi m'obliges-tu à me faire souffrance et dévorer de ce regard, regard que tu m'as pourtant interdit de prendre pour ne confier qu'à toi mon amour sans limite, cet homme. Cet homme qui me fixe avec la plus grande des badineries dont je n'oserai définir les pans comme du culotté lucide ou du culotté purement et simplement inconscient. D'ailleurs a-t-il seulement conscience de mon statut ? ! Mes yeux s'écarquillent grandement à mesure que mes sourcils s'élèvent d'un coup quand soudain Sieur Pavus se retrouve près de mes épaules.

Je sens que mon esprit n'est que tentations, que malgré mon contrôle reconnu par mes pairs, mes doigts manquent les pages à tourner. Il me frôle. Et mon visage s'obscurcit. L'on peut dire que nous sommes extrêmes nous ô dévoués serviteurs de la Chantrie. Cependant, les plus lucides d'entre nous savent faire usage avec parcimonie de nos enrobages de sucre sur les actions que nous menons. En cet instant précis, mes actions se doivent d'être ainsi, pour que jamais lui comme moi, ne puissions donner raison à des Illène ou que sais-je comme autre chasseur de moeurs.
"Me ... Remercier ?"
J'éclaircis ma voix, cachant ma bouche de mon poing avant de me redresser et inexorablement frôler de la même manière que le mage son épaule. Et nos regards malheureusement ne cèdent pas à l'envie de se détourner de chacune de nos prunelles. Créateur ... et cet elfe en contrebas qui ... je tousse une nouvelle fois en tendant ma nuque comme pour prendre de la hauteur et regagner un certain niveau de dignité même si je ne cesse malheureusement pas de caresser chaque mouvement des iris d'un bleu léger de mon interlocuteur, de mon tranquille mais farouche dans ses fonds, azur.
"J'ai quelque avis sur la question, en effet."
Nous savons tous deux que parler traités de magie tévène ou prière ne nous mènera qu'à de profonds désaccords. Je souris donc avec un certain regard amusé à Pavus, me plaçant face à lui pour le bloquer sur cette rampe qui alors crisse sous le mouvement de recul de mon "ami". Et je lui montre avec un intérêt certain des pages de codex sur les Gardes des Ombres, avant d'en sortir étrangement une missive se trouvant entre mon index et mon majeur.
"Je crois que ceci est pour moi. Il y a même mes initiales dessus."

Je me penche un peu plus, tandis que je décachète le parchemin avec une extrême minutie. Il s'agit d'un de ces messages concernant la Porte du Ponant. Je suis d'ailleurs étonné de voir avec quelle efficacité les agents de l'Inquisition peuvent anticiper les mouvements de leurs amis comme ennemis. Mes yeux coulissent un instant vers le haut de la tour où nous nous trouvons, où au sommet se trouve la tête pensante de ce groupe efficace. Non sans m'approcher un peu plus de ce cher et amusant tévène qui à mon avis n'a plus vraiment d'échappatoire.
"Vous savez, pensez ce que vous voulez de la Chantrie, Dorian Pavus. Je dois vous avouer, même si cela n'a rien d'étonnant pour vous que nous en faisons de même pour votre peuple. Ces textes m'ont pourtant permis une chose ..."
Ma tête se décale légèrement sur la droite pour venir à la rencontre de son oreille. J'en sens mille parfums capiteux et délicieux sous le flot qui se dégage entre nous; péchés d'orgueil et d'envie. J'inspire cet air silencieusement, pris dans les tourments d'une jeunesse retrouvée et sans hâte, je pose les mots complétant ma phrase emplie de "remontrances" :
"... De passer maintes épreuves pour un jour rencontrer votre personne ... et vos compagnons."
Et je me retire, non sans retenir de ma large main le mage au niveau de son cou et son épaule gauche. Cette main froide et métallique qui un jour aurait pu le briser sans contrôle. J'hausse de nouveau mes sourcils, prenant un air bien mutin et, durant ce court instant, mes doigts viennent frôler le dessous de sa mâchoire.
"Je vous propose de me rejoindre à la tablée ce soir, Sieur Pavus. Comme cela, nous pourrons apprendre à mieux appréhender les différents qui nous pèsent, et ainsi nous libérer de certaines chaînes nous rendant esclaves de bien des idées ... dans la chasteté la plus totale, bien entendu."
Je referme le livre et pose dans la sacoche accrochée à mon cuir la missive à mon intention. Puis je prends congé de l'intriguant charmeur, non sans le saluer humblement une dernière fois, main sur le coeur. Et à peine la porte prend elle le temps de claquer que je me dirige d'un pas décidé et sec vers ma chambre.

◊ ◊ ◊

Nous sommes à présent le soir. Une dizaine, attablés dans le Grand Hall, nobles comme dignitaires, s'échangeant pain et souper sous les bougies à présent à demi éteintes tant les discussions s'éternisent. Et dire que nous n'en sommes qu'à la soupe. Je soupire, fortement contrit par les sujets qui n'ont pour moi pas grand intérêt. Imaginez vous retrouver au milieu des dernières conspirations orlésiennes mais aussi du pourquoi une viande doit être faisandée plutôt que cuite seule, et vous comprendrez les calvaires subis par un esprit aussi pragmatique et militaire que le mien. Melendor sent que je ne suis guère apte à répondre aux questions posées sur ce qui est mieux ou non en terme de couleurs, sachant que l'on me compare à Dame Vivienne en disant que celle-ci se montre plus loquace. Mais bon dieu, que voulez-vous qu'un curé dise au milieu de vingt débauchés aussi !!!! J'inspire profondément jusqu'à voir une silhouette familière se dessiner près de la grand porte. Sans attendre je me lève de ma chaise en buvant d'une traite mon verre de vin à la surprise générale, et viens accueillir d'un salut humble notre nouveau compagnon. Il sait que je le dévore des yeux un court instant. Court car, non sans me rappeler la douleur que je me suis infligé quelques heures auparavant au dos pour éviter que le Créateur ne me blâme, je ne puis faire plus.
"Messire ...
- Messire Dorian ! Mais quel plaisiiir de vous avoir parmi nous ce soir ! Le Sieur Blakemore nous avait prévenu de votre venue !"
Je regarde le plafond, évitant pour ainsi dire l'air courroucé de Pavus face à ce petit piège sans grande conséquences. Je l'espère tout du moins.
"Ils n'ont pas arrêté de parler des derniers arrivants à Fort Céleste. Et comme vous en faites partie, le sujet est venu naturellement
- Pouvez vous nous dire combien Tevinter est belle et pourquoi ? Je sais que nous avons tant de divergences quand à la répression de la magie et je voulais donc savoir si cela était bénéfique ?"
La noble papillonne des yeux non sans un intérêt appuyé pour le tévène que je ne pourrai que comprendre si j'étais une femme dans la fleur de l'âge et des premiers émois; sans doute. Je lustre ma barbe un instant avant de rejoindre Melendor qui lui semble se poser des questions moins sympathiques sur cette soudaine présence d'un pays qu'il ne porte guère en son coeur. J'indique du plat de la main la place de Pavus, une place se trouvant à l'opposé de mon assise, une chaise plus loin. Le voilà coincé entre deux jeunes nobles qui lui font les yeux doux.
"Sieur Blakemore n'est pas du genre expansif concernant sa vie et ne s'intègre guère à nos conversations. Nous feriez nous ce plaisir.
- Je n'ai nul doute Messire Pavus sera d'excellente compagnie et source d'innombrables renseignements."
Nos yeux se croisent un instant tandis que je porte à mes lèvres une cuillère pleine de soupe. Je reste stoïque, même si, j'ai bien envie de m'esclaffer. Ne me regardez pas comme cela Pavus. Je ne vous ai jamais dit que je vous ferai une fleur.

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Posté Mer 23 Aoû - 21:39
Fort-Céleste, chapitre 3Ft. Achilles Blakemore
Paroles châtiées
Quel habile joueur : il avait de puissants atouts et misait pourtant sur la prudence. Il fallait être idiot pour penser un refus de la part du chantriste à la barbe lustrée. Tout était dans son regard, dans son attitude, dans ses gestes. Dorian était satisfait d’avoir pris de tels risques : il savait désormais qu’il avait une touche, et ce avec certitude.

Un retournement de situation au sens propre du terme lui arracha un rire léger et insouciant : le voilà une fois de plus pris au piège. Son jeu très réfléchi ne pouvait que faire sourire le mage Altus. D’avance tout de même, il savait que le seigneur enchanteur ne céderait pas tout de suite. Ce sourire teinté d’arrogance et de satisfaction ne perdit rien de son éclat quand ser Blakemore lui montra la lettre. Evidemment qu’il savait qu’elle se trouvait dans ce livre, sinon il lui en aurait donné un autre. Ce n’était pas pour ses beaux yeux qu’un des hommes au service de Léliana passa par ici quelques heures plus tôt pour lui indiquer qu’un homme pointerait le bout de son nez à la recherche du livre qu’on lui tendit. Enfin, qui aurait pu penser que la personne en question serait aussi tape-à-l’œil ? Ou alors seulement intrigante. Très intrigante.

Vous savez, pensez ce que vous voulez de la Chantrie, Dorian Pavus. Je dois vous avouer, même si cela n'a rien d'étonnant pour vous que nous en faisons de même pour votre peuple. Ces textes m'ont pourtant permis une chose…


Son souffle chaud frôla son oreille.

Par un réflexe qu’il qualifierait de « digne d’un novice dans ce domaine », Dorian eut un mouvement de recul, rendu bien évidemment impossible maintenant que la barrière l’en empêchait. Le malin. Son second réflexe fut une tentative de le bloquer d’une main précipitamment appuyée contre l’épaule la plus proche de lui. Il fallait dire, c’était toujours plus impressionnant au toucher.

Ainsi près de lui, sa présence devint enivrante. Dorian retint son souffle, subitement figé. Il se dégageait de ser Blakemore un parfum… somptueux. Ce n’était pas aussi délicat que les parfums de l’Empire, mais cet aspect exotique qui s’y humait lui donnait tout son charme. Bercé par une telle présence, le mage Altus se mordit brièvement la lèvre inférieure, tandis que la suave voix du chantriste souffla au creux de son oreille quelques mots. En soi, peu importait leur sens : le simple fait de l’entendre et d’ainsi l’ébranler lui paraissait déjà être un délicieux compliment en lui-même.

…de passer maintes épreuves pour un jour rencontrer votre personne ... et vos compagnons.

Ravi d'apprendre que votre séjour à Fort-Céleste se passe pour le mieux, ser Blakemore.


Puis il se retira. Triste dénouement, mais il fallait bien que cela se finisse bien trop vite. Ou alors qu’il pensait que cela se finirait bien trop vite. Le frais contact de l’acier sur sa peau le fit frémir. Ce mélange subtile entre une ferme poigne et une douce caresse ne le laissa pas de marbre. A vrai dire, depuis le début de cette nouvelle situation, Dorian n’avait parlé que peu. Pas forcément de la gêne ou de l’embarras, mais disons qu’il « évaluait » la chose désormais. Il restait un Chantriste C.H.A.S.T.E.

Etonnant d’ailleurs, ce manque de crédibilité. Il aurait simplement pu trouver ses avances grotesques et passer son chemin avec sa petite lettre, mais pourtant, il jouait bien le jeu. A croire qu’il lui aurait menti. Vilain garçon. ~

Je vous propose de me rejoindre à la tablée ce soir, Sieur Pavus. Comme cela, nous pourrons apprendre à mieux appréhender les différents qui nous pèsent, et ainsi nous libérer de certaines chaînes nous rendant esclaves de bien des idées ... dans la chasteté la plus totale, bien entendu.

Esclaves de bien des idées ? D’ordinaire, j’ai plutôt tendance à les dominer, ser Blakemore.


Il marqua une pause pour rire avec un soupçon de sensualité, le regard perçant ne l’ayant quitté une seule fois. Quel sacrilège cela aurait-il été, de simplement détourner la tête un bref instant ! Dorian croisa les bras sur sa poitrine, le rictus davantage provocateur.

Ne vous en faites pas, pour vos beaux yeux j’y serai.


A ces mots, le chaste pas si chaste que cela prit congé, ne manquant pas de le saluer chaleureusement. Pour sa part, le mage Altus se contenta d’un hochement de tête, le sourire toujours aussi éclatant. Ce soir … Le temps allait  sans doute être long. Que faire, en attendant ? Difficile à dire, en effet.

Et puis deux oreilles pointues familières firent leur apparition.

Ser Dorian ! J’ai trouvé un manuel sur l’apprentissage de la magie de protection dans l’autre bibliothèque et je me demandais si je pouvais vous le … heu … T-tout va bien ?


En effet, depuis quelques secondes de plus en plus rallongées, songeur, le nécromancien ne quittait plus la porte des yeux. Son rictus devait sans doute le trahir, mais qu’y pouvait-il ? Une main nonchalante se posa sur la tête de Mireï et s’y tapota gentiment.

Faites ce que vous pensez être correct. Si vous êtes motivée à apprendre la magie de protection, eh bien faites-le.

Dites, vous … le connaissez bien, le seigneur enchanteur ?

Moi ? ...Presque.


Se rendant compte de l’état dans lequel l’avait laissé toute cette histoire, Dorian eut le réflexe de s’irriter. Il détestait profondément qu’on pense de lui qu’il était un homme mielleux ou que savait-il. Bon sang, sale chantriste. …quoique. AH. Là n’était pas la question. Le mage Altus inspira lentement en fermant les yeux pour retrouver un semblant de calme intérieur, même s’il paraissait toujours sur les nerfs.

Et puis de quoi je me mêle, jeune fille ?!

O-oui, désolée !

Un jour, il vous faudra arrêter de vous excuser pour tout et n’importe quoi, hein. Bon, vous avez de la lecture, c’est déjà ça.


En se massant la tempe, Dorian se dirigea vers la sortie de la bibliothèque, soudainement fatigué d’avoir de telles cartes en main. Ce soir. Il eut la soudaine impression qu’il allait le regretter. Enfin.

◊ ◊ ◊

Enfin. Après un bref détour dans ses quartiers, Dorian s’était dit que de s’aérer l’esprit en se promenant dans les jardins serait une très bonne idée. Mais une fois l’heure arrivée, il ne s’agissait plus de rire. Même si bon, autant perdu dans son récit, il en oublia presque l’heure – presque. Il s’arrêta devant la porte et inspira grandement avant de l’ouvrir.  La posture noble, le mage Altus regagna le hall. Il se savait attendu, mais guère avec autant d’entrain. Il était là.  Son sourire arrogant s’agrandit. D’ailleurs, il fut accueilli par la bonne personne et ce, avec beaucoup d’entrain et de motivation. Le pauvre semblait épuisé. Ah, les discutailles d’Orlésiens !

Messire...

Messire Dorian ! Mais quel plaisiiir de vous avoir parmi nous ce soir ! Le Sieur Blakemore nous avait prévenu de votre venue !

Eh bien, si je m’attendais à un tel accueil !


Plus discrètement, ou alors plus calmement, Dorian se permit un autre hochement de tête pour ce pauvre seigneur enchanteur pas si friand de ce genre de Jeux apparemment. Puis d’une voix qui se voulait sans doute trop chaleureuse, il compléta le tout.

Ser Blakemore, c’est toujours un plaisir de vous revoir.


Ce regard qu’il lui eut lancé. Aucun petit détail n’échappait réellement au nécromancien, mais alors ça… Amusant. Il se plut d’ailleurs à lui lancer un léger clin d’œil : ainsi donc, le seigneur enchanteur s’ennuyait avec une tablée aussi charmante. Par charmante, il voulait très certainement dire excessive. Enfin. On lui désigna une place entre deux adorables demoiselles qui portaient bien trop d’attention à lui. Pas que cela lui déplaise d’être au centre des discussions. Le sourire malicieusement en coin, son regard clair lorgna quelques instants ser Blakemore, qui tentait bien évidemment de se faire le plus petit possible en ces lieux.

Ils n'ont pas arrêté de parler des derniers arrivants à Fort Céleste. Et comme vous en faites partie, le sujet est venu naturellement.

Pouvez vous nous dire combien Tevinter est belle et pourquoi ? Je sais que nous avons tant de divergences quand à la répression de la magie et je voulais donc savoir si cela était bénéfique ?

Sieur Blakemore n'est pas du genre expansif concernant sa vie et ne s'intègre guère à nos conversations. Nous feriez nous ce plaisir.

Je n'ai nul doute Messire Pavus sera d'excellente compagnie et source d'innombrables renseignements.


Dorian laissa volontairement planer un petit silence en fixant une personne à la fois. Dès qu’ils comprirent qu’il fallait calmer le ton – devenu soudainement envahissant –, le mage Altus laissa un rire franchir ses lèvres, tandis que son œil amusé se posa sur une des deux charmantes dames présentes. Son très cordial chantriste préféré lui indiqua la chaise qui lui était destinée, apparemment. Quel choix judicieux. Alors qu’il prit place, il se permit tout de même de répondre à ces pauvres dames qui ne faisaient que d’attendre le moindre mot de sa part pour glousser derrière un éventail. Ah, les Orlésiennes.

Je me ferai une joie de vous conter les vertus comme les atrocités de ma terre natale, nobles dames.

Non, une once de vertu à Tévinter ? Je crois rêver !

Hahaha, vous me plaisez déjà, vous !


En effet, tout être savait que le sarcasme était le meilleur ami de l’homme sur cette terre. Enfin, il y avait savoir, et le faire savoir. Au moins, son second degré serait compris par quelqu’un durant ce repas en cette soirée qui s’annonçait formidable. Bien évidemment, le mage Altus lui lança un sourire qui en disait long. Radieux, aguicheur. La jeune fille détourna la tête en riant, tandis que son éventail se mit à battre l'air.

Mais en effet, j’eus l’occasion de découvrir de mes propres yeux les quatre coins de l’empire : une pure merveille.

Quel dommage qu’un tel déclin parcourt ces terres, n’est-ce pas, Messerah pavus ?


Le voisin de gauche en face de lui le regardait avec un mépris habilement masqué. Par chance, la voix trahissait toujours les réelles intentions, car le déni en son timbre pouvait très fortement s’y lire. Dorian plissa légèrement des yeux, le sourire moqueur brièvement envolé, puis adressa à Achilles un regard las tout en soufflant par le nez avant de reporter son attention sur l’Orlésien qui avait osé l’attaquer alors que le repas n’avait même pas encore réellement commencé pour lui.

C’est dans le déclin que l’on voit la vraie beauté d’une nation, Messerah, que l’on voit ses forces, comme ses faiblesses certes, mais au moins, elles restent authentiques. C’est vrai ça : pourquoi se cacher derrière ce masque de fausses promesses ?

Il est vrai qu’il est aisé pour une nation débordant de mages du sang et d’esclaves de pointer du doigt les vices d’Orlaïs.

Permettez-moi de vous rappeler que votre cher petit coin de paradis ne possède guère non plus toutes les vertus de Thédas.


Et voilà, c’était plus fort que lui. Enfin, pourquoi tolérer la critique d’un ignorant ? Ah, ces nobles qui savaient toujours mieux que tout le monde. Il y avait des fois où Dorian aurait vivement souhaité de les trucider en les torturant le plus longtemps possible avec sa magie. Au lieu de ça, le mage Altus lui adressa un sourire qui en disait long sur sa nouvelle humeur. Lui qui pensait passer une bonne soirée, à l’avenir il tâchera d’utiliser d’autres méthodes pour s’amuser, ou au moins tenter de s’amuser.
Avec un tel froid jeté au milieu même de la table, personne n’osait réellement s’interposer. Ah, la magie de la discussion avec toute la finesse du paon Tévintide. Celui-ci croisa les bras, adossé à son siège, puis tourna la tête vers l’homme qui avait osé l’entraîner en ces lieux.

Tant de violence et je viens à peine d’arriver, ser Blakemore. Vous rendez-vous compte de cela ?


Dorian Pavus Theme song
Fiche
Missives
#2B3D63

(Terminé) Paroles châtiées (P.V Dorian) 721500CULLISSANDREHUEHUEHUE(Terminé) Paroles châtiées (P.V Dorian) 397188ASSPECTEUR
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Posté Jeu 24 Aoû - 2:21
Divergences magiquesDorian & AchillesCette soirée devient rudement intéressante ... même si je dois avouer que me faire haranguer par Messire Pavus a le don de me couper à mi-chemin dans ma nouvelle cuillerée. J'ai certes écouté leurs jeux avec une certaine attention, bien que cela ne soit cependant pas la nourriture à laquelle mes tripes vouent une entière affection. Parler de magie, parler des vices qui hantent Tevinter comme le fait un Enclin ne m'enchante guère et je pense que tous le voient. Non pas que j'en veuille à Pavus, je l'ai bien cherché. J'ai encore des choses à apprendre sur ce genre de batailles pour mieux esquiver leurs propos et continuer à vivre des batailles qui m'animent bien plus que quelques coups de langue fourchue. Même si je l'accorde bien volontiers, Teviter n'a en son saint (si l'on puis appeler ça un saint) pays que les grands principes qui selon moi ne permettent en rien un juste équilibre des charges. Je crois qu'ils me voient me tendre, mains jointes sur lesquelles j'appuie mes lèvres, en les regardant tous deux durement. Jusque là j'accordais quelques regards sympathiques à Pavus, mais ce sujet touche malheureusement ma foi et mes engagements dans cette mission qui m'a été allouée. Deux nobles se mettent à frissonner et baisser le regard quand je les fixe; à dire vrai, ils me dégoutent.

"Pensez-vous réellement que les engagements qui me portent, et ceux que vous devriez porter tous deux en tant qu'humains, n'ont que faire d'ingrates vicissitudes ternissant notre âme ?
- Supputeriez-vous que je sois ingrat Messire ?"
- Je suppute que vos paroles vont au delà de votre foi. La guerre est semblable au feu. Lorsqu'elle se prolonge elle met en péril ceux qui l'ont provoquée. Il n'est pas judicieux de vous rappeler les dissensions en Orlaïs pour appuyer mes propos, j'en conviens."
Je reprends ma cuillère précédemment posée pour à nouveau apprécier les arômes de ce potage raffiné de champignons et herbes. Quel délice. Je retrouve mon sourire.
"Je croyais la Chantrie contre les abnégation de Tevinter ? Seriez-vous un dissident depuis votre rencontre avec cet homme ?
- Baron, s'il vous plaît ne ...
- Je suis un conseiller de guerre, votre seigneurie. Et un fervent croyant aimant venir en aide au fidèle perdu."
Je me redresse sur mon assise, finissant la dernière cuillère de mon souper pour venir caler ensuite mes bras sur les accoudoirs. Je sens d'ailleurs que ma main droite me lance, sans doute à cause de ma pression précédente sur celle-ci.
"D'ailleurs, très cher Baron qui avez-vous aidé récemment ? Je n'ai point vu votre nom dans les récents rapports que l'on m'a fourni concernant la situation en Orlaïs. Avez-vous donc décidé de prier pour notre salut auprès du Créateur ?"
Tous deux, nous nous fixons. La tension est palpable, mais je sais que je suis maître de la situation. Le Baron le sait aussi. Il s'empourpre et éclaircit sa voix, non sans me jeter un dernier regard assassin teinté de honte. Certains des nobles se mordent d'ailleurs les lèvres pour ne pas rire, ou se cachent sous leurs somptueux éventails. Même si, dans ces certains, leur intérêt s'en trouve doublé, depuis que j'ai osé ouvrir "ma bouche pieuse" comme ils aiment si bien l'appeler.

"Et que pensez-vous donc de la situation en Tévinter ? N'ont-ils pas tenté de retourner vos semblables contre nos nations.
La question qui fâche. Comment le Prince m'a-t-il dit de gérer ce genre de situation ? Avec tact et finesse. Je peux l'avoir dans les mots, mais pas dans leur sens. Et malheureusement pour mon voisin, semblant avide de colporter l'opinion d'un chevalier enchanteur dans ses futurs rendez-vous. Je me tourne vers, lui, ne me montrant tout bonnement neutre face à ces vérités dont je connais déjà la teneur. Les plats arrivent enfin, et je ne me gêne pas pour me servir copieusement dans ce poulet dont j'arrache cuisse et pilon de la main sous le regard hagard des nobles.
"Ils ont tenté, évidemment. Et cela reste en termes militaire un tour de passe rondement mené ... si celui-ci avait été mené à bien. En tant qu'andrastien, je suis pour le moins courroucé des méthodes employées pour parvenir à leurs fins. Mes pairs le sont tout autant.
- Ah vous voyez.
- Baron, je vous remercie de maintenant faire profil bas."
Lâché-je en grondant. Le Baron s'exécute en voyant ma main métallique agripper le bois de ma chaise au point que celui-ci grince. De nouveau je m'accoude à la table, comme si je me trouvais en ce moment en plein conseil. Loin de leurs flagorneries, près de mon Prince.
"Nous avons besoin d'une certaine égalité. Mages ou non mages. Ce n'est pas pour nous voir jouer de nos puissances qu'Andrasté s'est levée un jour. Elle voulait la paix pour tous. Comme notre regrettée Divine Justinia. Un ordre doit être cependant gardé."
Ils acquiescent, non sans éprouver une certaine rancoeur envers des principes qu'ils ne couvrent même pas d'un tant soit peu de charité envers leur prochain. Oh cher Dorian, je sais que ma petite leçon ne vous plaît guère, je le vois dans votre regard. Mais j'ai bien des idées pour traiter avec un semblant de charme les sarcasmes que je sens poindre en vous. Après tout, ce qui est capital dans les opérations militaires, c'est de faire croire que l'on s'ajuste aux desseins de l'ennemi.
"Si sauver les mages peut apporter dans les rangs de l'Inquisition des mages comme moi, l'Inquisiteur, ou bien même Sieur Pavus, on ne peut rêver de mieux. Même si, vous pourriez avoir quelques doutes. Ce que je conçois, assurément.
- Je le confirme Sieur Blakemore ... si seulement tous les Chantristes pouvaient avoir votre ouverture d'esprit ...
- Antiva aura toujours le don de m'étonner.
- Je prends cela comme un compliment, Ma Dame."

Je hoche la tête, et les discussions reprennent lentement, concernant des affaires bien moins politiques. Ou à demi, sans que je puisse en déceler les tenants et aboutissants. Puis, je suis bien plus intéressé par ce vin qui m'est versé par une servante et ce qui se trouve dans mon assiette. Je ne sais si l'on peut se considérer plus laxistes que Férelden concernant l'encadrement des mages en Antiva, mais je sais que nous savons les apprécier à leur juste valeurs quand ceux-ci ont fait leurs preuves. De nouveau ma douleur à la tempe reprend tant leurs voix tels des oiseaux malades piaillant leur mécontentement font siffler mes oreilles. Je regarde par ailleurs Pavus qui cette fois semble occupé à regarder sa seconde voisine qui le dévore des yeux. Sans doute suis-je allé trop loin dans mes insinuations envers leur traite de certains peuples en Tevinter. Je remarque ensuite que l'autre dame a disparu. Mais que ...
"Sieur Blakemore. Je me permets de vous demander un peu de votre temps."
Je cligne des yeux, me redressant quelque peu pour soutenir son regard mielleux de fieffée hypocrite cherchant de quoi mettre quelque chose sous sa dent. Andrasté protège moi de ses vilénies ... j'inspire profondément, lâchant par la même occasion viande et légumineuses pour lui offrir un sourire de convenance. Nous nous levons et je prends avec moi ma coupe de vin, en saluant les convives. Nous voici une table plus loin, vers la porte menant aux escaliers de la bibliothèque et des sous sols. Je me tiens droit remontant de ma main libre le col de mon habit (ici) tandis que la dame se permet un rapprochement que je dévie fort heureusement par un pas en avant, vers les vitraux se trouvant derrière le trône.
"Je voulais savoir si vous seriez apte à partager vos connaissances avec quelques philosophes, soigneurs et artistes.
- Votre offre serait alléchante Madame, si seulement je faisais partie de ces rangs que vous avez eu la gentillesse de me citer. Je crains de ne pouvoir m'y intégrer."
Je sens ses doigts venir frôler ma queue de cheval et je ne peux réprimer un frisson de dégout suivi d'une légère crispation de ma mâchoire. Je tourne légèrement la tête pour observer cette moitié de visage caché par un masque de métal. Ses lèvres sont rouges et je n'ai pas besoin de plus pour comprendre ce qu'elle désire réellement. Je tousse.
"Quel dommage. Vous ne semblez pas accorder comme certains de vos pairs un intérêt aux charmes culturels orlésiens.
- Il est difficile de charmer un homme de foi, et un soldat de surcroit, Madame.
- J'insiste. Je vous enverrai une missive prochainement. Vous verrez, cela est tout bonnement passionnant.
- Très bien. Madame ..."
Ses doigts touchent les tissus bordeaux ouvragés délicatement non sans se mordre l'intérieur des joues au vu de mon refus et donc de sa passable frustration. Une fois celle-ci partie, je viens m'adosser sur le rebord de cette porte maintenant ouverte, passant ma main métallique dans les cheveux en soupirant fortement. Ensuite, je descends les marches, me rendant dans cette salle à piliers menant à la chambre forte. Et, une fois face à ce tableau qui ne m'évoque guère plus qu'arbres et rochers, je lâche un nouveau soupir à l'entente des pas. Je vois alors Sieur Pavus apparaître.
"Ainsi, vous connaissez maintenant mon opinion. Je n'apprécie guère Madame de Fer, mais nous nous accordons sur ce point. Tevinter est un idéal raté qui a failli détruire les libertés de centaines de mages désespérés du Sud. Et vous étiez sur place pour empêcher cela, avec le concours du fils de ce venatori."
Je n'ose imaginer dans quel état je serai si j'avais été parmi ces pauvres âmes. Mortifié en premier lieu, et tué sûrement car je n'aurai jamais accepté leur décision. Je souris en coin, non sans me montrer assez regardant sur l'allure générale de cet homme. Ses yeux ont une attraction sur ma personne que je ne peux malheureusement nier. Et malgré ma douleur au dos, je ne peux oublier combien j'ai dû me faire violence pour ne pas replonger dans certains souvenirs que j'ai toujours pris soin d'étouffer.
"J'ai repensé à vos paroles ... concernant la domination. Et j'ai pu en effet remarquer vos compétences, face à ce Baron. Il est difficile de vous résister."
Je lâche un léger rire avant de prendre une nouvelle gorgée de vin, non sans garder en vue constante mon interlocuteur. Droit et fier comme j'ai l'habitude de l'être. Autoritaire mais néanmoins galant. Je ne suis pas dans les bonnes grâces de Sieur Pavus, mais je reste chevalier enchanteur et fidèle à mes pensées qui chaque jour m'ont été offertes par cet esprit de foi lors de ma Confirmation.

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Posté Jeu 24 Aoû - 22:03
Fort-Céleste, chapitre 3Ft. Achilles Blakemore
Paroles châtiées
Comme espéré, voilà le seigneur enchanteur de mauvais poil : Dorian avait évidemment remarqué son amour pour les discussions politiques, mais c’était sa manière à lui de le remercier pour cette cordiale invitation. Le baron ne cessait d’enchérir sur le sujet, se permettant même de piétiner le colossal héritage culturel du Tévintide. Dorian aurait sans doute laissé sur la table le masque du sarcasme pour violemment s’en prendre à lui, si Achilles n’avait rien fait. Son regard seul calma les ardeurs, froid, dur, austère. Plus personne n’avait l’outrecuidance de soutenir son œil désormais de saphir, d’un bleu profond mais désormais de pierre. Personne, excepté celui qui continuait d’y déceler toute sa beauté, cette fois-ci à l’état brute. Elle n’en ressortait que des plus éclatantes.

A ce moment-là, le mage Altus se risqua à un petit celui, celui de n’écouter non plus les mots précis du grand barbu, mais seulement le son de sa voix. Il essaya de la décortiquer pour comprendre ce qui l’y fascinait. Il se laissa donc porter par cette rudesse pourtant maîtrisée qui, une fois de plus, prononçait des mots prêts à le défendre. Décidément, cela devenait une sale manie. C’était adorable de sa part, mais s’il continuait, il allait s’attirer des ennuis à cause de ses extravagantes et fidèles habitudes. Il fallait espérer qu’il n’allait pas franchir la ligne trop vite.

Pensez-vous réellement que les engagements qui me portent, et ceux que vous devriez porter tous deux en tant qu'humains, n'ont que faire d'ingrates vicissitudes ternissant notre âme ?

Supputeriez-vous que je sois ingrat Messire ?

Je suppute que vos paroles vont au delà de votre foi. La guerre est semblable au feu. Lorsqu'elle se prolonge elle met en péril ceux qui l'ont provoquée. Il n'est pas judicieux de vous rappeler les dissensions en Orlaïs pour appuyer mes propos, j'en conviens.

Je croyais la Chantrie contre les abnégation de Tevinter ? Seriez-vous un dissident depuis votre rencontre avec cet homme ?


Un dissident. Le seul dissident que voyait le mage Altus en ce moment était le couard qui osa se servir de ce terme. Que dire, que faire. En tout cas pas ce qu’était en train de faire ser Blakemore. Il le savait, toutes ces histoires allaient dangereusement lui attirer des ennuis. Est-ce que tout ça en valait la peine ? Qu’il se prenne tous les regards de travers de Thédas, cela ne le dérangeait pas. Mais que quelqu’un lui serve ainsi de bouclier… Dorian eut soudainement un regret de l’avoir lancé sur ce sujet. La tête légèrement inclinée, il se gardait muet : se connaissant, il allait empirer sa situation.

Baron, s'il vous plaît ne ...

Je suis un conseiller de guerre, votre seigneurie. Et un fervent croyant aimant venir en aide au fidèle perdu.


Il menait la danse. Cela se sentait depuis un petit moment dans la discussion, d’ailleurs ce fut le principal élément qui encouragea le nécromancien à se faire – étrangement – plus petit et à manger sa soupe. Malgré tout, un regard lui implorant d’arrêter de tout se ramasser pour lui s’adressa plusieurs fois à Blakemore pendant ses explications. Il sembla changer de sujet… ?

D'ailleurs, très cher Baron qui avez-vous aidé récemment ? Je n'ai point vu votre nom dans les récents rapports que l'on m'a fourni concernant la situation en Orlaïs. Avez-vous donc décidé de prier pour notre salut auprès du Créateur ?


Le silence parla mieux que des mots. Les autres cachaient leur rire, mais le mage Altus resta perplexe. Même que son rictus habituel fit une nouvelle apparition.

Temporairement.

Et que pensez-vous donc de la situation en Tévinter ? N'ont-ils pas tenté de retourner vos semblables contre nos nations.

Ils ont tenté, évidemment. Et cela reste en termes militaire un tour de passe rondement mené ... si celui-ci avait été mené à bien. En tant qu'andrastien, je suis pour le moins courroucé…


Et voilà. Pourquoi sans cesse placer Tévinter au centre de la table. Dorian soupira, ne trouvant plus aucun intérêt à écouter. Les Orlésiens avaient le don de radoter sur ce qu’ils faisaient semblant de connaître. Enfin, même si ser Blakemore était d’Antiva, un effroyable sentiment de similitude traversa son esprit. Puis il sentit un frôlement contre son avant-bras. Le thaumaturge inclina la tête vers la jeune dame qui attira son attention un instant. Celle-ci parla à voix-basse, les lèvres proches de son oreille.

Tout va bien, Messerah ?

Le baron a l’air en forme, lui. Ne vous en faites pas pour moi.

Ne prêtez pas attention à lui. Il se plaît à attaquer tout le monde quand il le peut.


Un soupir lui souffla par le nez. Pendant que sa voisine se servait un blanc de poulet, Dorian ne faisait que regarder les plats. Il n’avait pas vraiment faim, à vrai dire : il n’en fit donc rien. Un regard furtif vers Achilles… Il semblait toujours aussi épuisé, voire mal au point, mais bien au-delà de la simple fatigue. On dirait bien qu’il n’était pas le seul à vouloir quitter la table, désormais. Son œil clair survola la tablée pour atterrir à nouveau, telle une incontrôlée manie, sur le Chantriste. Qui apparemment fut interpelé par sa voisine qui venait de se lever. Un rire mauvais émana de sa précédente interlocutrice, toujours aussi près du nécromancien.

Regardez-la faire ses avances.

Si vous voulez mon avis, elle aura bien du mal.

Vous trouvez ? Elle est pourtant très douée dans ce domaine.

Deux pièces d’argent que j’ai raison, ma Dame.


Celle-ci gloussa soudainement et releva le pari en posa sur la table deux petites pièces. Aussitôt, Dorian fit de même, un sourire en coin traversant son visage. C’était sans doute mal de faire de telles gamineries sur le dos d’un type bien. Sans doute. Déjà faudrait-il qu’il soit au courant. Mais quand même. Malgré que le mage Altus soit certain de l’emporter, cette soudaine discussion en privé le dérangea quelque peu. Encore plus depuis ce que lui eut dit la jeune demoiselle. Les quatre pièces d’argent ensemble sur la table, le regard de Dorian ne put s’empêcher de temporairement se poser sur eux deux. Heureusement que son interlocutrice se trouvait dans la direction de sa vision, cela lui donnait un minimum de crédibilité.

Je me sens si bête, je ne connais même pas votre nom, ma Dame.

Ne vous en faites pas, je n’ai pas eu la clairvoyance de me présenter. Je suis la cadette de la duchesse qui vient de nous quitter, madame Rosalyne de Hautemuraille. Mais vous pouvez m’appeler Rosalyne.


Peut-être que le masque n’y aida pas, mais le thaumaturge était loin de se douter qu’il avait affaire à deux sœurs. D’ailleurs, il reporta son attention sur les deux tourtereaux présumés. Ses yeux se plissèrent quand il s’aperçut de son grotesque manège, avec le pauvre seigneur enchanteur. Dorian dévia rapidement la tête, soudainement en colère contre cette tentatrice qui ne laissait aucun répit à l’homme de foi. Certes, il était mal placé pour faire le moindre commentaire. Certes. Mais quand même. Ce spectacle aberrant l’avait rapidement mis sur les nerfs. Pourquoi ?

Difficile à dire.

En vrai, dame Rosalyne et Dorian devaient paraître cruellement infantiles à les observer tout en faisant des messes-basses. La discussion semblait continuer dans le courant qu’imposait la duchesse… Ce qui laissa planer un soudain doute pour le Tévintide sur la fin qui en résulterait. Et si… Non. Cela paraissait invraisemblable, ou alors c’était le fier paon qui ne se ferait jamais à l’idée que… Mais qu’est-ce que cela pouvait lui faire, concrètement ? Il faisait la vie qu’il voulait, après tout.

Rosalyne porta un œil rieur vers le nécromancien, continuant de privilégier les murmures pour éviter de se faire déranger par un baron prêt à le poignarder de mots quand l’occasion se présentait.

Vous craignez pour vos deux petites pièces ? Ou alors serait-ce… à propos du seigneur enchanteur ?

Je vous déconseillerais bien volontiers de ne pas imaginer le plus farfelu vis-à-vis de ce pieux messire, mais qui suis-je pour limiter votre imagination ?

Ne vous en faites pas, je ne fais que de vous taquiner un peu. Mais il est vrai que depuis le début du repas j’ai senti une… étrange alchimie entre vous deux, muhuhu ~


Il bougea. Alors que son verre empli d’un vin corsé typiquement Féreldien allait atteindre ses lèvres, Dorian se figea. Il bougea, la laissant en plan. Un rire étouffé traversa le mage Altus, le regard fier posé sur la jeune Orlésienne. Celle-ci soupira, puis poussa les petites pièces dans la direction du jeune homme.

Bien joué, Messerah.

Vous avez eu tort de douter de ma parole, dame Rosalyne. Cela dit, vous avez également bien joué : donc voici une petite consolation.


Le Tévintide poussa une des pièces dans sa direction, ce qui arracha un somptueux sourire de la part de son adversaire dans ce palpitant duel.  Et quand son regard revint à son point de départ, quelque chose de très important manquait dans la composition du chef d’œuvre qu’il contemplait depuis le début de la soirée. Intrigué, Dorian observa tout le grand hall, pendant que la duchesse reprit place en son siège, saisissant avec violence son verre pour en boire une grande gorgée. Rosalyne ricana à propos de sa sœur, puis se rapprocha davantage de Dorian, le regard encore divaguant dans la grande salle.

Je l’ai vu prendre la porte là-bas, sur la gauche. Je sais que vous en mourrez d’envie, allez lui parler.

Parce que quitter subitement la table pour le suivre comme un criminel en fuite vous paraît normal.

Messire Dorian, vous êtes son ami, non ? Et puis il n’avait guère l’air au meilleur de sa forme, mais j’imagine que vous avez remarqué cela bien avant moi. Allez-y.


Le mage Altus inspira un grand coup, puis se leva brusquement, ce qui tourna la plupart des regards vers sa personne. Il inclina légèrement la tête en guise de salut, et annonça d’une voix claire qu’il prenait congé du repas qui, pourtant, venait à peine de commencer. Puis il prit son verre avec lui, salua en particulier Rosalyne et quitta la table. Enfin.

D’un pas rapide, il se dirigea vers ladite porte, puis enchaîna avec la seconde et descendit les escaliers. Cependant, il s’arrêta en cours de route. Quelque chose n’allait vraiment pas, ce soir. Le voilà soudainement nerveux. Une main sur le cœur comme pour l’aider à reprendre son souffle, Dorian se remit finalement en route.  Ah, il était là, le regard perdu sur un tableau. Le mage Altus inspira longuement, puis reprit sa marche d’un pas décidé vers le grand rouquin.

Ainsi, vous connaissez maintenant mon opinion. Je n'apprécie guère Madame de Fer, mais nous nous accordons sur ce point. Tevinter est un idéal raté qui a failli détruire les libertés de centaines de mages désespérés du Sud.

Sommes-nous réellement obligés d’en parler ici et maintenant ?


Sa voix était froide. Il pourrait se prendre la tête et répondre de manière agressive sur ses propos. Oh, et puis pourquoi pas. Qu’avait-il à y perdre, après tout. Avalant une bonne gorgée de vin, Dorian s’approcha donc du seigneur enchanteur, posa son verre sur quelconque meuble présent autour d’eux, pour finalement se planter devant lui, le doigt pointant son visage barbu, et l’œil dur.

Eh bien soit, parlons-en ici et maintenant. L’empire n’est en aucun cas un idéal « raté » comme il vous plait de le dire. Simplement que dans sa déchéance se développe la corruption aussi vite que la Souillure quand elle pénètre votre chair pour vous ôter la vie sans aucune autre forme de procès. Mais en aucun cas, son idéal est ... raté.


Sa diction s’accentua davantage, tandis que sa voix soulignant son envie de meurtre actuelle crachait son venin sous la forme de mots.

Et ce n’est pas Tévinter qui est responsable de tout ce qui s’est passé à Golefalois. Ah, mais bien sûr ! C’est toujours plus facile de pointer un ensemble du doigt, quand l’on ne sait rien !


S’étant éloigné quelque peu pour poser son regard sur les quatre murs qui les encerclaient, il revint vers le chantriste. Contrairement à ce qu’il pouvait penser, il était loin d’avoir fini de s’énerver. C’était mal le connaître de s’arrêter que là.

Constatez à quel point ça me DEGOUTE de réaliser que la meilleure arme que possèdent les contemporains se limite à l’ignorance. Partout. Tout le temps. C’est tellement plus simple.

Et vous étiez sur place pour empêcher cela, avec le concours du fils de ce venatori.

Ce…


Dorian se décala encore de quelques pas, puis lui tourna le dos en se massant la tempe. Une fois près de la porte qui l’avait vu entrer quelques instants plus tôt, il soupira longuement, restant cependant détourné de son interlocuteur.

Voyez. Vous confirmez une fois de plus ce que je viens de dire. Vous limitez la personne d’Alexius à « ce Venatori ». … Il était bien plus que ça avant de tomber aussi bas, vous savez ?


Le ton était plus calme. Le regard dans le vide, Dorian s’était une fois de plus perdu dans les méandres de ses souvenirs. Comment un homme aussi brillant avait-il pu en arriver là. Le sujet resterait à jamais sensible pour l’ancien apprenti, et il le savait.

Le silence qui parcourait les lieux devint soudainement oppressant. Dorian croisa les bras, la tête inclinée. Que dire, que faire. Il inspira lentement, tournant la tête sur le côté pour montrer qu’il s’adressait à Blakemore.

Je crois que ça se voit que j’en ai marre de certaines situations en ces lieux.


Et puis le repas lui revint en mémoire. Alors, instantanément et sans transition, le mage Altus s’irrita et tourna les talons pour revenir d’un pas rapide vers Achilles, qui devait réellement se demander ce qui n’allait pas chez lui.

J'ai repensé à vos paroles ... concernant la domination. Et j'ai pu en effet remarquer vos compétences, face à ce Baron. Il est difficile de vous résister.

D’ailleurs, il y a quelques détails qu’il nous faut clarifier, vous et moi.


Son regard impitoyable se planta dans celui du seigneur enchanteur. Ils étaient à nouveau seuls. Enfin. Et ils étaient à nouveau aussi près l’un de l’autre, comme dans la bibliothèque tout à l’heure. Que dire, que faire. Dorian soupira fortement pour souligner son mécontentement.

Je vous ai déjà dit, me semble-t-il, que les murs avaient des oreilles qui entendaient très mal. Vous rendez-vous compte de ce que votre petit discours censé impressionner pourrait engendrer contre vous ? C’est la défense d’un Tévintide que vous venez une fois de plus de prendre.


Cela ne voulait sans doute rien dire pour lui, mais ce n’était pas le cas du thaumaturge, qui en profita pour se rapprocher toujours plus de lui. Dans toute sa finesse, Dorian l’attrapa par les bords de son manteau noir et l’attira à lui, suffisamment près pour être bien sûr de capter son attention.

Essayez, osez recommencer, et cette fois je serais très intransigeant avec vous.


Sans réellement le voir tout de suite, au fil de ces doux mots qu’il énonçait sur un ton calme, mais sec, Dorian se rapprocha petit à petit de son interlocuteur, tandis que sa voix diminua en intensité sur ce même rythme, aboutissant sur un murmure audible que par eux deux.

Et je vous étripe sur le champ. Je vous brûle. Je vous décortique. Puis je relèverai votre esprit avec l’aide de ma magie pour vous infliger un supplice éternel que même Andrasté n’oserait même pas envisager pour les pauvres mortels insouciants que nous sommes.


Dans quelle histoire s’était-il encore empêtré. Au début, cette question se posait durement, avec pareille ambigüe situation. Désormais, plus rien n’avait grande importance. A part peut-être ses prises de risque inutiles rien que pour lui. Quel abruti. Il pouvait parfaitement se débrouiller seul, comme il l’avait toujours fait. Alors pourquoi cette fois était-elle différente ? Ainsi près de lui, enivré par son parfum, par sa présence, Dorian semblait se figer un bref instant. Pourquoi hésiter. Pourquoi autant de pourquoi. Les yeux se fermant progressivement, le mage Altus ne réfléchit plus tellement.

Tandis que ses lèvres épousèrent les siennes.

L’envie l’eut pris soudainement, le consumant d’être resté aussi passif autant longtemps. Ce baiser à l’improviste pourtant l’aida à retrouver une sorte de calme intérieur, après un dîner aussi haut en couleurs et s’être énervé contre quelqu’un qui n’avait rien demandé et qui n’avait fait que de l’aider. Sa faute, après tout.

Et puis Dorian réalisa ce qu’il était en train de faire.

Précipitamment, alors qu’un vent de panique s’empara de lui, le mage Altus rompit ce doux échange. Sa grandissante confusion se reflétait dans ses yeux, alors qu’il détournait la tête du mieux qu’il pouvait. Quelle situation délicate. Cachant sa bouche d’une main tremblante, le nécromancien tenta une reprise en main tandis qu’il s’éclaircit la gorge tout en le lâchant. Evidemment, un air irrité parcourut ses traits, comme à chaque fois qu’il remarquait son jeu dévoilé sur la table malgré lui. Quel imbécile. Rapidement, il tourna les talons et se déplaça bien à l’opposé de lui, en direction de la porte.

J-je crois que la fatigue n’aide jamais vraiment dans une conversation. Bonne soirée, ser Blakemore.


Au fin fond de lui-même, il espérait se faire retenir. Il voulait rester là, avec lui. Il le voulait, mais son orgueil finissait toujours par l’emporter. Pourquoi était-ce aussi compliqué. Mais surtout : pourquoi avec lui était-ce aussi compliqué.
Dorian Pavus Theme song
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Posté Ven 25 Aoû - 0:53
Divergences magiquesDorian & Achilles Ainsi soit-il. Tout au long du discours de Sieur Pavus, je suis resté muet, sec. Seul le crissement de ma main métallique se faisait parfois entendre sur la coupe de vin. Il me parle de la condition de son ex mentor, me sert comme tout bon tévène fier de son identité que nous autres, qui n'habitons pas en leurs terres, sommes de parfaits ignorants; des idiots, des bêtes de somme en quelque sorte. J'arque fortement mes sourcils, pas le moins du monde impressionné par ses démonstrations, fermant simplement mes yeux et secouant la tête en signe de désapprobation quand celui-ci se permet de rejeter la faute de ses pairs contre des féreldiens qui ont fait leur possible pour donner leurs terres à tout ces mages désespérés. Soupir. Andrasté, entends-tu mon soupir, face à cet enfant que tu chéris, que tu nourris chaque jour de tes larmes de pluie, que tu couves de ta chaleur sous un soleil radieux ? Je pourrai jurer pour sauver les enfants qu'il se permet de blasphémer, mais nous savons tous deux que certaines fautes incombent aux orlésiens et féreldiens.

Je ferme les yeux encore un moment, pour les rouvrir avec un certain étonnement car, le mage dont le regard me hante malgré ce dégout et cette pitié qui émanent de ma raison, le mage qui de sa voix et de ses gestes aurait pu me rendre fou et abject dans ma jeunesse, tient le col de mon habit, ce qui m'oblige à m'incliner vers lui. Je sens mes épaules s'alourdir, autant que mon regard qui ne fait que s'imposer face à ses invectives, ses menaces. Elles peuvent être chuchotement, ou hurlement, je n'en ai cure; je suis bel et bien sourd face à l'ennemi, la situation s'y prête bien que ... maintenant je me mets à écarquiller les yeux, pris au dépourvu. Je manque d'ailleurs d'en lâcher la coupe que j'ai si bien malmenée précédemment. Mes lèvres. Sont prises.  Le contact est franc, fiévreux de colère, tremblant. Et. Mon dos. Me lance. Foutredieu. Je. Je reste un moment figé, à regarder cet homme animer ma bouche de ses sentiments puis, main de chair commence à s'ouvrir comme pour tenter de l'attraper. Pas assez vite car Pavus se retire et je la referme aussitôt en un poing. J'avale machinalement ma salive avant de reprendre mes esprits et ainsi prendre pleinement conscience de la situation.

Je sens encore la chaleur de ses lèvres, ou tout du moins la pression qu'il a exercé. Je me souviens de mes premiers baisers, caché dans les alcôves du Cercle. Je me souviens aussi de ses paroles, concernant ma situation et j'ai envie d'éclater de rire; littéralement. Je n'ai jamais fait voeu de chasteté. Et si il le croit, je m'en excuserai; mais pas pour le moment. Il a réussi à me faire ingérer tant de colère pour ensuite me prendre par surprise que, j'ai envie de lui montrer que je ne suis pas le seul à être ignorant. Je m'avance lentement, non sans remettre mon col en place et je dis d'un ton qui se veut monocorde.
"Alors bonne soirée Messerah."
Le temps qu'il ouvre, ou plutôt qu'il essaie d'ouvrir la porte, ma main de métal noir s'appuie dessus. Sous le coup de cette impromptue, mes cheveux commencent à sortir de mon attache, venant flirter avec mon nez. Je les dégage alors de mon autre main, tandis que je fais face au mage maintenant piégé. Je lui souris dès lors que je sais qu'il abandonne l'espoir d'ouvrir cette porte.
"Espériez-vous que je vous dise cela, Pavus."
Je me penche, me mettant à hauteur de son visage, mon avant bras plaqué contre le bois et le poing se serrant près de sa joue. Nous sommes à présent à distance raisonnable l'un de l'autre, pour avoir une conversation d'homme à homme, si l'on puis dire. Une porte s'ouvre, pas la notre. Son lointain grinçant autant que ces dents que je serre sous ma puissante mâchoire. À mesure, j'approche mon visage de sa joue droite, me tournant légèrement pour englober de mes larges épaules son corps et ainsi humer patiemment l'odeur qui se dégage de sa peau. Il est irritation et je me sens coupable de cet émoi. Je me suis d'ailleurs flagellé pour ça; pour éviter de penser à ça. Je suis un homme pieux, tous le savent. Mais je reste un homme. Je suis dévoué corps et âme à ma mission. Mais je reste un homme. Lui aussi m'irrite, et je me complais à sentir ses frémissements avec délectation. Et je souffle, montant dans un grave presque oppressant, mon ton.
"Pavus ... Dorian. L'ignorance vaut mieux qu'un savoir affecté."
Je sais que Corypheus est le passé de Tevinter, un passé devenu présent pour bien plus de monde que le peuple tévène même. Le réfuterait-il ? Sans doute pas. Il n'est cependant pas responsable. Pas responsable de l'abrutissement de son enseignant ou bien de ces magisters cachés sous leurs jupons dorés. Quand bien même : il me prend pour un ignorant. Une nouvelle porte s'ouvre, cette fois plus près de notre position. Je frémis, mais je reste en place.
"J'ignore tout de vous, comme vous ignorez tout de mes épreuves. Et pourtant, nous sommes ici, près de ces murs à oreilles."

Ma main noire et cliquetante s'est infiltrée derrière sa nuque, remontant à la naissance de ses cheveux, tandis que mes lèvres viennent se poser sur les siennes. J'entrouvre la bouche, prenant plus fermement appui sur sa bouche mais aussi sur son corps. Il lève une main, je l'attrape au poignet. Je le sens bomber du torse mais je m'arc-boute instinctivement pour l'obliger à rester en place et continuer à lui baiser chaque commissure, chaque courbure. Est-ce seulement judicieux ? Mon père rirait et me mettrait une claque comme lorsque j'étais encore présent dans la demeure Blakemore. Soeur Illène s'esclafferait de me savoir encore capable d'assumer des passions qu'elle m'envie en chaque instant. Je suis un homme de foi, et je me contrefiche éperdument de ce qu'ils peuvent penser de cet écart, là haut. Les templiers que je connais aussi. Antiva aussi. J'intensifie un instant ma prise pour mieux me retirer, qu'il me retienne ou non. Je montre ma force. Je me redresse et le contemple non sans sentir mon coeur battre à tout rompre.
"Je n'ai jamais fait voeu de chasteté, Dorian Pavus. Voyez vous-même. Vous pouvez ignorer bien des choses sur la Chantrie."
Je me retire non sans porter mon index à mes lèvres, et sans cesser de fixer cet adonis à la moustache aussi expressive que sa bouche et ses yeux. Mes cheveux tombent en boucles sur mon visage, certains se coinçant même dans ma boucle en obsidienne. Je reprends ensuite la coupe de vin tombée à terre, m'avançant pour me rendre vers le sanctuaire, tandis que s'approchent des soldats. Je les salue, et le salut est rendu. Mais avant de me retirer, je jette un dernier coup d'oeil vers Pavus, qui semble ne plus faire qu'un avec la porte.
"Si jamais vous retournez dans le grand hall, je vous laisse dire aux convives que je suis parti prier. Qu'Andrasté porte à votre chambre le sommeil agréable qu'il vous faut, Messire."
Je hoche la tête et pars d'un pas calme vers ma destination. Mais je m'arrête à aux deux tiers du chemin, grimaçant et me touchant comme je peux la zone me brûlant à l'omoplate. Mélendor arrive des jardins en courant, m'apportant une autre missive concernant le garde que nous avions capturé qui enfin a lâché le morceau concernant des mouvements aux Plaines Sifflantes, ainsi que des papiers venant des princes sur les futures alliances commerciales.  Je vais devoir sacrifier un jour de repos pour m'atteler à ces rapports.

◊ ◊ ◊

Le lendemain, je ne suis point passé par la bibliothèque, occupé à prendre le problème à bras le corps et faire état de mes recherches qui ont duré tout le reste de la soirée du jour précédent, ainsi que cette matinée. Je partirai dans deux jours avec mes hommes, accompagnés d'éclaireurs de l'Inquisition. Et alors que je passe dans les couloirs, je m'arrête pour humer l'air. Je sens quelque chose de malsain auquel j'ai déjà eu affaire de bien trop nombreuses fois : de la magie du sang. Je fronce vivement les sourcils et je vois au loin Sieur Pavus passer sur les remparts. Mon regard se fait noir et réprobateur sur l'instant, mais je l'efface bien vite pour afficher une expression neutre, seyant à ce genre de salut avant de me remettre à parler au chef des éclaireurs affilié aux Plaines Sifflantes. Est-il seulement au courant qu'un venatori ou un colifichet de mage couard se trouve entre ces murs ? Si cela compromet les opérations dans les Plaines ... Je vais m'en assurer. Dès demain. Andrasté. Je jure de retrouver ce mage et de lui faire comprendre que ce que tu as combattu, je le combattrai à ta place.
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Posté Sam 26 Aoû - 15:42
Fort-Céleste, chapitre 3Ft. Achilles Blakemore
Paroles châtiées
Rien. Un simple adieu. Haha, c’était trop beau pour être ce qu’il avait réellement l’intention de faire. Ou alors, il ne faisait que s’amuser, … tout comme lui, bien évidemment. Oui. Bien sûr. En tout cas, il devait bien rire.

Alors bonne soirée Messerah.

C’est cela, oui. …


Dorian marmonna pour lui-même malgré la réverbération, puis saisit la poignée, l’inclina, et ouvrit la porte. Ou du moins, c’était ce qu’il espérait faire : sa massive main d’acier s’y opposa. La surprise ne pouvait être que présente. Même s’il espérait qu’il ne le laisse guère s’enfuir ainsi comme un piètre voleur, sa nervosité monta d’un cran. Ça tambourinait fort dans sa poitrine. Le thaumaturge se retourna lentement pour faire face à ce regard qui avait le don de le figer instantanément. A chaque fois. Sa main lâcha la poignée progressivement, ne le quittant plus des yeux. Mais dans quel bordel venait-il de se fourrer ?

Espériez-vous que je vous dise cela, Pavus.


Son sourire en eut dit long. Il en eut dit trop. Beaucoup trop. Officiellement, le voilà au pied du mur – ou de la porte, en l’occurrence. Feignant sa précédente irritation, mais surtout confus et las, le mage Altus ne quitta plus un seul instant son regard du sien. Comme malgré tout déterminé à bien rester là, et non bêtement prendre la fuite. Bon, sachant que la seconde option n’était plus possible,…

Il était si près. Son parfum si particulier revint également. Ah… Que faire. Devrait-il bêtement se risquer à fermer les yeux quelques instants, afin de profiter de sa présence si imposante ? Trop tard, Dorian le faisait déjà, tandis qu’il le sentit se rapprocher de lui. Son souffle se coupa subitement, mais il garda les yeux bien fermés. Aurait-il peur de ce regard désormais aussi près de lui ? Très bonne et stupide question. Peut-être craignait-il de s’y perdre une fois de plus.

Une porte claqua.

Son sang ne fit qu’un tour. Les yeux de Dorian s’ouvrirent à nouveau cela dit, guettant la direction d’où provenait le bruit si désagréable qui le mit rapidement mal à l’aise. Ils allaient être vus. Bon sang. Et que trouvait-il de mieux à faire ?! … Andrasté, devrait calmer les ardeurs de son chaste et fidèle serviteur, ou le nécromancien n’en dormirait pas de la nuit. S’il vous plaît. Evidemment que cela ne lui plairait pas, à lui non plus d’ailleurs. Etonnamment, un œil amusé se posa sur Achilles. Autant le prendre à la rigolade, pourquoi angoisser ? Ah oui. Peut-être parce que des personnes étaient sur le point de débarquer et de les voir affalés contre une pauvre porte en bois qui n’avait rien demandé, peut-être ?! Dorian inspira lentement, puis souffla le tout par le nez, avant de reporter son attention sur…

Il se rapprocha. Mais pas que. En effet, il pivota légèrement de manière à totalement avoir emprise sur lui. Ça y est, il était fait. En plus n’être tout sauf à l’abri des regards… Bon, pour l’instant tout allait bien, mais pour combien de temps.

Pavus ... Dorian. L'ignorance vaut mieux qu'un savoir affecté.


Ah, cet accent… Il eut fallu que son prénom contienne un « r ». Le tout enrobé dans son suave et grave timbre. De vrais bonbons pour les oreilles. Dorian ferma les yeux à nouveau, dans un premier temps pour tenter de garder un minimum les pieds sur terre, mais aussi et surtout pour se délecter de ce prénom qu’il eut enfin l’outrecuidance de prononcer. Enfin, il ne fallait pas trop se laisser aller non plus. La tension était présente : ils avaient une chance de tomber sur n’importe qui de Fort-Céleste dans pas longtemps. Il n’osait même pas imaginer les stupidités que l’on dirait sur eux deux.

Ignorance ne veut pas dire stupidité. Vous rendez-vous compte que dans peu de temps, nous ne serons plus si…


Une autre porte claqua, davantage proche de leur position. Dorian sursauta, au point de ne même pas achever sa phrase. Quelle histoire. Et pourtant il le savait, qu’Achilles n’allait surtout pas s’en arrêter là. Il semblait ne prêter nulle attention à la réelle situation. L’on voyait à l’instant qui se souciait plus de la réputation du chantriste.

J'ignore tout de vous, comme vous ignorez tout de mes épreuves. Et pourtant, nous sommes ici, près de ces murs à oreilles.

Achilles, je vais vous…


Il n’en eut pas le temps, seulement de finalement appeler le seigneur enchanteur de la même manière que celui-ci envers sa personne. Sur le coup, cela lui fit drôle. Mais le pire n’était pas là. Le frais métal qui frôlait sa nuque laissa parcourir sur sa peau un grand frisson. Et cela n’était que la première vague.

Ce chaud contact tant désiré, encore.

Les yeux du mage Altus se fermèrent aussitôt pour mieux en profiter. Il avait mené la danse lors du repas, il la menait toujours autant, et ce avec fermeté. La confusion se décupla encore plus que ce qu’il espérait. Devraient-ils ainsi se laisser aller, alors que la précédente porte ouverte semblait assez proche ? Devrait-il seulement s’en soucier ? Il fallait bien que l’un d’eux s’en préoccupe, pourtant.

Et il lâcha prise. Quitte à être là, en son unique compagnie, à cet instant qui sans doute ne s’offrirait pas deux fois, autant lâcher prise. D’abord pris au dépourvu par le baiser, Dorian y ajouta son énergie, puis leva une main pour l’y perdre dans ses longues boucles rousses qui commençaient à faire des siennes. Sauf que l’on s’y interposa. Son emprise sur son poignet, qui le contraignit à le garder contre la porte… Pauvre porte, d’ailleurs. Mais ce n’était guère un problème, il avait une seconde main qui le ferait à sa place. Ou presque. Ses doigts frôlèrent son cou, avant de se perdre finalement dans sa barbe et d’y caresser les lignes de sa mâchoire. Toutes ces sensations hétéroclites qui le traversaient en ce moment même allaient le faire perdre pied, si ce n’était pas déjà le cas. Et son cœur battait si vite… Il eut l’impression que ce fourbe joueur de tours était en feu, autant vulnérable que lui face à un tel homme.

Mais c’eut une fin, comme à toute chose. Ce fut à son tour de rompre le doux contact, contrairement au thaumaturge avec moins de brutalité et de précipitation. C’était si doux, si chaud… Son regard semblait plus perdu que troublé, n’osant même plus quitter son seul point d’ancrage. Son souffle retrouvait de la longueur, plus calme.

Je n'ai jamais fait voeu de chasteté, Dorian Pavus. Voyez vous-même. Vous pouvez ignorer bien des choses sur la Chantrie.


Lorsque la bouche de Dorian était sur le point de s’ouvrir pour répliquer, aucun son, ni mot, ne vint. Rien ne lui passa par la tête. Telle une immense salade de fruits, tout s’était emmêlé. Etrange, le nécromancien ne s’était jamais senti aussi subitement maladroit. Quand bien même une phrase daigna se former, il fallait délier la langue pour qu’elle vît le grand jour. Cela nécessita un petit temps, tout de même.

En effet, j’ignorais tant que les membres qui la composaient étaient tous de piètres menteurs.


Le paon Tévintide sembla retrouver peu à peu ses esprits. Sa retraite l’y aida grandement. Ou alors justement pas. Pourtant à peine à quelques pas de lui, il semblait si loin… Dorian soupira sèchement, tandis qu’il secoua la tête horizontalement. Mais quel abruti. Le voilà une fois de plus agressif, tentant de ravaler tout ce miel qui s’étala sur ses pensées. Et puis la porte s’ouvrit sur des gardes. Les bras croisés, adossé à la porte, Dorian leur lança un regard dur. Heureusement pour lui, ils ne faisaient que passer, donc leur attention était plus sur la porte opposée que sur sa personne. Tant mieux. Achilles prit la peine de les saluer, puis posa à nouveau son regard sur lui. Ce simple décalage de vue entre les gardes, puis sa personne, déstabilisa Dorian. Il avait une intensité dans la pupille qui semblait incomparable, d’un bleu puissant et captivant.

Si jamais vous retournez dans le grand hall, je vous laisse dire aux convives que je suis parti prier. Qu'Andrasté porte à votre chambre le sommeil agréable qu'il vous faut, Messire.

Si vous me croyez aussi fou. Mais oui, bonne prière, tout ça.


L’insolence avait pris le dessus, tandis qu’il se décolla – enfin – de la porte pour l’ouvrir. Il allait devoir marcher d’un pas pressé pour éviter qu’on ne l’aborde à nouveau. Il ne serait pas capable de tenir une conversation sans insulter et/ou provoquer tout Thédas. La poignée en main, il inclina cependant la tête sur la gauche pour adresser à Achilles des salutations tout de même plus cordiales.

Mais oui,… bonne soirée, Messerah.


Là, il ne s’agissait plus de traîner. La porte se referma derrière lui dans un bouquant qui le surprit. Restait à monter les escaliers, et rejoindre à nouveau ce grand hall qu’il aurait bien voulu éviter. Le regard droit vers la porte de la bibliothèque, le pas rapide, le poing serré, Dorian ne prêta nullement attention à ce qui se passait tout autour de lui. Si les autres pensaient que notre discussion avait mal abouti, c’était tant mieux. Dans tous les cas, il s’en fichait.

Sa douce salle regagnée, le mage Altus se laissa tomber dans son fauteuil en se massant la tempe. Mais que. Venait. Il. De. Se. Passer. Toutes ces discussions, ces événements, tournaient en rond dans son esprit. Toutes ces sensations éprouvées ne le quittaient plus. Mais pire. Ses lèvres tentatrices, ses yeux ensorceleurs, son visage balafré, ses larges épaules, son entière personne ne le quittait plus.  Dorian inspira longuement, puis expira dans un bruyant soupir. Quelque chose lui disait au fond de lui qu’il ne dormirait point de la nuit, contrairement à ce que lui souhaita précédemment Achilles.

Il se pencha dans son confortable siège, accoudé à ses jambes, le visage appuyé sur ses mains jointes. Puis un léger sourire parcourut celui-ci. Sa pulsation cardiaque était toujours aussi élevée et forte, qui lui laissa toujours cette même sensation que lorsqu’il était auprès de lui. … Tout se déroula si vite. Il était très difficile d’y voir clair dans tout ça, mais un détail lui revint en mémoire, lors de leur petite entrevue. Il s’était énervé contre lui, tout de même. Et il eut senti sur lui son effroyable regard, quand il vidait ses tripes, mais pas sur la bonne personne. Son œil de pierre au reflets bleutés fascinants lui revinrent en mémoire, comme s’il était en face de lui encore maintenant. Dorian frémit l’espace d’un court instant, le sourire à nouveau envolé. Wow. Ce n’était pas lui qu’il visait. Ce n’était pas lui qui méritait ce message qui s’exagéra au fil de sa frustration à cet instant croissante.

Dorian se leva brusquement, deux doigts posés sur ses lèvres comme pour souligner sa réflexion. Il lui fallait dormir, il se faisait tard… Enfin, il fallait déjà y arriver. Mais bon, ce n’était pas en restant hors de ses quartiers qu’il y arriverait. Encore moins en restant dans la bibliothèque, qui désormais se lisait sous un autre angle.

◊ ◊ ◊

Evidemment qu’il dormit peu. Dès l’aube, voire même avant, Dorian était en pleine forme au sein même de la bibliothèque. Son regard se posa sur chaque étagère, puis la barrière… Avant de se diriger vers son petit coin en déviant totalement la tête de ce qui empêchait les abrutis de tomber dans le vide. Il attendait quelque chose. Pour compenser les heures qu’il aurait pu passer à dormir ou à déjà taquiner la moitié du fort, le mage Altus s’assit dans son fauteuil, croisa la jambe, et reprit sa lecture. Au moins, il lui restait quelque chose qui éloignait cette constante pensée de son esprit. Ou presque, mais c’était la méthode la plus efficace.

Contrairement à ce que pouvaient penser celles et ceux qui entraient et sortaient de là, Dorian n’était absolument pas concentré sur sa lecture. Ce regard austère envers lui ne le laissait plus respirer. Il devait aller lui parler. Sauf que petit détail : le zénith approchait déjà, et aucun signe du seigneur enchanteur dans les parages. Ah. …

Il devait être occupé.

Dans ce cas précis, que faire ? Eh bien simple. Le livre qu’il feignait de lire avec intérêt se referma dans un bruit sec mais bien portant. Certains se retournèrent même, mais rien de bien méchant. Dorian se leva et quitta les lieux pour retrouver ses quartiers. Il devait le faire, sinon ça le hanterait jusqu’à n’en plus dormir. Une fois la porte refermée derrière lui, le mage Altus s’assit à son bureau et saisit du papier et de quoi écrire. Rapidement, il commença à y gratter des mots à destination particulière. C’était au cas où son chemin ne le mènerait pas tout de suite à sa rencontre, ou alors simplement pour se vider l’esprit de toutes ces pensées qui lui volèrent une bonne partie de la nuit.

La question restait : comment lui donner cette missive sans que cela paraisse suspect ? Et par suspect, il voulait dire « incitant à ragoter tout et n’importe quoi ». Sans parler qu’il ignorait totalement où se trouvaient sa chambre, et cela allait être compliqué. Forcément, il faudrait passer par le biais d’une tierce personne. Les bras croisés et bien assis dans son siège, une idée lui traversa l’esprit. Mais bien sûr. La missive en main, le voilà à nouveau parti sur un pas pressé. De retour dans son lieu d’ermitage, il s’approcha sans hésiter d’une seule étagère dans la salle pour ne saisir qu’un seul livre, le fameux. Cela ferait l’affaire.

Il y glissa discrètement la missive, puis garda l’ouvrage dans une main et ressortit, encore… Cette fois en quête de messager inconscient de ce qu’il donnait en vrai. Un livre sur la Garde des Ombres, la couverture était bien là.

Le hasard le fit croiser la route de la jeune servante de la veille, qui donc était passée à la bibliothèque. Le voilà dans le hall, à peine sorti de sa cachette. Le mage Altus lui adressa une salutation cordiale avant de lui tendre le livre.

Ser Blakemore en a besoin, mais il l’a oublié à la bibliothèque. Seriez-vous aimable de bien vouloir poser cela dans ses quartiers ?

Hem,… Oui, sans problème Messerah.

Merci, jeune fille.


Le jeune elfe détala aussitôt, le livre solidement encadré par ses frêles bras. Et pendant ce temps, Dorian soupira discrètement. Il avait très certainement besoin de prendre l’air. Les remparts. Une soudaine bonne idée.

Le regard sur le lointain, il s’appuya finalement sur le bord de pierre. Tant de choses s’étaient produites en si peu de temps. Et il ne parlait pas que d’Achilles. Le voilà membre de l’Inquisition, loin de chez lui, à lutter contre Corrypheus qui était loin d’avoir fini de faire parler de lui. Pourquoi ce nom surgissait de l’Histoire pour leur barrer la route ? Pourquoi maintenant ? Sans doute que des ouvrages pourraient leur en dire plus, mais à son humble avis, lesdits livres se trouvaient très certainement à Tévinter. Si seulement il y avait moyen de se les procurer. Dorian soupira, puis l’œil fixant ses mains se leva vers le ciel.

Il faisait grand beau, aujourd’hui.

Dorian Pavus Theme song
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