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Posté Dim 23 Juil - 21:14
Au début, tout sembla se passer comme prévu. Il parvint à interrompre la barrière du démon du désespoir en le frappant violemment, avant d'attirer tous ses adversaires dans un coin de la pièce, les repoussant suffisamment pour qu'Irisviel puisse passer. Agglutinés comme ils l'étaient, il pouvait espérer se débarrasser de beaucoup d'entre eux sans trop de difficulté avant que les renforts n'arrivent et ne finissent le travail, mais une nouvelle déchirure dans le Voile vint le frapper de plein fouet.

Quelque chose de puissant venait de sortir quelque part devant lui, quelque chose qu'il ne connaissait que trop bien : un démon de l'orgueil venait de faire son apparition. Tout ce qu'il espérait, c'est qu'il n'était pas apparu devant Irisviel, mais un cri strident vint lui annoncer que ce n'était pas son jour du chance. Il commença alors à courir vers elle en engloutissant la petite potion de lyrium qu'il avait sur lui. Ce n'était pas assez pour le remettre entièrement d'attaque, mais ce serait suffisant pour tenter quelque chose.

Le démon venait de la frapper à l'aide d'un fouet de foudre, et la barrière avait encaissé le choc, mais lorsqu'il renouvela ses assauts en se servant bêtement de ses poings, elle ne fut guère plus efficace. Irisviel vola vers lui et le heurta de plein fouet, une partie de l'impact étant absorbée par les barrières qui s'affaiblissaient rapidement sous les assauts des démons. Le souffle momentanément coupé, Solas chuta sur le dos, et sentit un fourmillement se répandre dans sa colonne vertébrale alors que son élève roula sur le côté pour lui laisser le champ libre, visiblement mal en point.

Une vague de colère envahi lentement Solas, qui la considéra avec prudence et la maintint à distance autant qu'il le pouvait. Le démon de l'orgueil, sûr de sa victoire, avançait en riant et n'avait pas pris la peine de se lancer l'armure dont il se revêtait généralement lorsque le combat tournait en sa défaveur. Derrière eux, le démon du désespoir et les cadavres qu'il avait retenus venaient d'être libérés de leur étreinte, et ils étaient pris entre deux feux. Heureusement pour eux, Solas avait récupéré un peu d'énergie.

Il se pencha alors vers Irisviel, ignorant le démon hilare qui s'approchait, et passa son bras par dessus son épaule. Le piège qu'elle mentionnait n'était malheureusement pas une option viable : elle lui coûterait de l'énergie, et il ne s'agissait, en fin de compte, que de gros rochers lourds placés devant les portes. Il y avait de grandes chances que le démon de l'orgueil parvienne à les déplacer seul. Mais ce n'était pas si grave que ça.

« Vous n'allez pas aimer ça. »

Transporter quelqu'un en pleine Marche de l'Immatériel était risqué, mais c'était le seul moyen de contourner le démon de l'orgueil sans être certain de mourir. Mais il restait confiant : il n'était certes plus à sa puissance d'antan, et il estimait qu'en terme de puissance brute, Vivienne lui était supérieure, mais il avait une maîtrise inégalée, et c'est cela qui allait leur sauver la vie.

Solas puisa alors dans ses forces, et tous deux se changèrent en un nuage de glace qui traversa le démon de l'orgueil sans rencontrer de résistance, lui gelant même les jambes au passage, tandis que le démon du désespoir et ses cadavres commençaient à se rapprocher. L'immense créature se retourna, débordante de rage, alors qu'il était impossible pour le vieil elfe de maintenir le sortilège plus longtemps. Irisviel et lui retrouvèrent leur apparence et leur consistance normale, et ils n'avaient gagné que dix bons mètres sur leurs adversaires.

C'était plus qu'il ne lui en fallait cela dit, et il joua sa dernière carte après avoir déposé Irisviel au sol. Un sortilège qu'il n'avait lui même eu l'occasion de lancer que de rares fois, car il ne l'avait appris que récemment, grâce à Ragnar. Lorsque celui-ci avait erré dans les ruines de Darse, il avait fait appel à une force inconnue cachée dans sa marque, et avait depuis – notamment avec l'aide de Solas – réussi à l'utiliser à nouveau. Il ne s'agissait pas de magie à proprement parler, car elle était liée à la marque et donc, à l'Immatériel, et il avait su en faire bénéficier certains de ses compagnons, même ceux qui n'étaient pas mages.

Seul, Solas n'était pas en mesure d'employer exactement la même magie, mais il n'était pas le spécialiste des failles pour rien, et il était capable de puiser dans sa concentration ainsi que ses propres réserves magiques pour émuler cette source d'énergie.

C'est ce qu'il fit, en lançant le sort le plus dévastateur qu'il connaissait, et qu'il ne pouvait d'ailleurs s'empêcher grossier. Une tempête de flammes jaillit du plafond au dessus des démons et commença à se déverser sur eux sans fléchir, provoquant les cris stridents des cadavres et du démon du désespoir, premiers à succomber au déluge de flammes.

Le démon de l'orgueil, lui, résista plus longtemps. Courbé sous l'impact des flammes, il avança lentement vers eux, son rire s'étaient mué en un grognement haineux. Solas, immobile, le regardait avec calme et concentration, les mains rivées sur sur bâton. Les deux êtres se firent ainsi face durant de longues secondes tandis que le démon comblait lentement la distance entre eux.

Il finit par être proche. Très proche. Il tendit sa main griffue dont se mirent à sortir quelques éclairs, sans occasionner la moindre réaction chez le mage. Ce dernier savait qu'il avait gagné, car le démon tremblait. Or, une seule chose pouvait faire tressaillir un démon : sa mort.

Sans réussir à achever son sortilège, le démon de l'orgueil chuta lourdement, dévoré par les flammes, et commença à lentement s'évaporer. Solas, épuisé par l'effort, manque de s'effondrer à son tour et s'appuya sur son bâton comme s'il s'était agit d'un vulgaire bâton de marche. Il prit cependant le temps de se pencher vers Irisviel.

« Vous allez bien ? »
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Posté Dim 23 Juil - 22:40
Respirant bruyamment, Irisviel admira Solas faire face avec une certaine bravoure au démon de l’orgueil, faisant barrage entre elle et le monstre. Malgré la douleur qui lui vrillait l’abdomen et engourdissait ses membres, elle tenta de se redresser pour mettre à exécution son plan – ou un autre vu qu’il n’avait pas encore eu l’occasion de lui répondre. Malheureusement, la tractation des abysses s’achevaient, libérant les cadavres et le désespoir au sens propre comme au figuré. La situation s’envenimait et à l’image du froid qui avait envahie l’espace, Irisviel sentit son sang se glacer dans ses veines.

Toutefois, loin de s’abandonner au fatalisme, Solas s’approcha d’elle et passa un bras autour de ses épaules. Elle cru qu’il allait l’aider à se relever et que son avertissement concernait la douleur qu’elle ressentirait mais il n’en fut rien. Au lieu de ça, il l’entraîna avec lui dans une marche de l’Immatériel. Effectivement, elle n'aima pas ça.

Elle avait vu ce sort commun à de nombreuses reprises mais jamais elle ne l’avait expérimenté. La sensation que cela lui procura était aussi désagréable qu’indescriptible malgré une légère euphorie passagère de vivre une expérience unique. Cela ne dura qu’un instant mais durant toute la marche, il lui sembla que le temps s’étirait lentement, et surtout, elle était frigorifiée, brûlée par le froid comme si elle s’était endormie nue dans la neige. Son corps ne portait aucune marque et pourtant elle frissonnait et ses dents claquaient sous le picotement de ces engelures immatérielles. Et que dire de cette sensation de transcender la physique ? Son esprit aussi était engourdi, il avait du mal à traiter ce qui venait de se passer, elle n’était pas habituée elle à ne pas être soumis aux lois de la nature. Heureusement que Solas ne réclama rien d’elle, engageant le combat avec les créatures.

Ses actes furent incroyablement impressionnant aux yeux de la jeune elfe. Elle avait vu de nombreux mages, mais jamais elle n’avait vu un tel déferlement de feu, une tempête dantesque pleuvait du plafond, faisant trembler le sol et brûlant les créatures qui semblaient beaucoup moins fières d’elles désormais. Stoïque face au chant du cygne du démon de l’orgueil, Solas le regarda sombrer et toute enveloppée dans sa souffrance Irisviel ne pu s’empêcher de le trouver quelque peu séduisant. Cette assurance, ce calme, cette élégance, le fait qu’il venait de lui sauver la vie aussi – ça jouait beaucoup il faut l’avouer – tout contribuait à lui donner une aura élégante mais aussi forte. Jusque là, elle l’avait surtout vu dans le rôle du professeur malgré quelques facéties qui étaient naturelles chez elle, mais décidément, il n’avait rien d’un vieux grinch…

S’affaissant sur son bâton à ce moment, Solas perdit sa grandiloquente aura de héros sauveurs de  demoiselle en détresse et si elle n’avait pas était si mal en point elle aurait probablement pouffé de rire devant le cours inattendu de ses pensées.

Au même moment, il brisa le silence en lui demandant comment elle allait, elle fut touchée qu’il s’inquiète de son sort et forma un petit sourire malgré sa réponse.

« Non », déclara-t-elle en toute honnêteté, ce mot lui tirant une grimace de douleur car cela faisait vibrer son abdomen. Effectivement, elle n’allait pas bien et elle n’avait pas l’intention de faire des convenances. Naturellement, elle voulu placer ses doigts sur sa blessure mais elle réalisa que bouger était incroyablement compliquée, même si rien n’apparaissait c’était comme si son corps avait été littéralement glacé par la sort qu’il lui avait infligé et elle peinait à bouger. A vrai dire, elle ne sentait plus son nez, ses doigts et ses oreilles. Mourir de froid en plein été, ça aurait été un comble tout de même.

« Je pense que j’ai une ou deux côtes cassés et je suis frigorifiée », diagnostiqua-t-elle en espérant qu’il avait les capacités et l’énergie nécessaire pour la soigner au moins un peu. En tout cas, cela faciliterait grandement leur sortie. Une fois au camp elle aurait tout le temps de se badigeonner de cataplasme curatif et de se réchauffer au coin du feu.

Enfin, ça s’était le plan initiale avant que la fêlure d’une colonne, agrandie par les vibrations du déferlement enflammé de Solas ne cède faisant s’effondrer le pilier porteur et donc une partie du plafond avec.

Avec désespoir, ils purent donc voir de gros rochers chargés de poussières, de terre et de débris de colonnes bouchés le passage quelques mètres plus loin faisant disparaître la très faible lueur du jour qui filtrait jusqu’ici.

Toussant – douloureusement – à cause de la poussière qui avaient bondi du sol suite à l’éboulement, Irisviel plaqua ses mains sur ses oreilles jusqu’à ce que le brouahah cesse. Recroquevillée le plus possible en dépit de sa blessure elle s’attendait à sentir une pierre l’écraser d’une seconde à l’autre mais il n’en fut rien, elle ne reçu qu’un peu de sables et des cailloux bénins qui écorchèrent un bras. Franchement, elle n’était plus à ça prêt.

Quand tout tremblement eu cessé, elle jeta un œil suspicieux au plafond et aux autres colonnes. Elles avaient l’air de tenir pour l’instant, mais la question était : pour combien de temps ?

« … J’ai peut-être offensé Falon’din finalement », murmura-t-elle par dépit d’une voix à peine audible à cause de sa respiration difficile. Quand bien même elle n’était pas croyante, à ce degrés là de malchance il était difficile de croire à une simple série d’atroces coïncidences. Si ça se trouve, elle n’avait pas bien prononcé un mot et l’esprit ce vengeait. Quelque chose dans ce genre là.

Soupirant, elle songea qu’au moins avec un boucan pareil les éclaireurs devaient être au courant qu’un truc louche se passait, ils ne devraient pas trop tarder à leur venir en aide pour déboucher les gravas. Enfin, à moins que son professeur/sauveur n’ait encore un tour dans son sac pour déblayer les rochers.

«A la réflexion, j’aurais préféré un rendez-vous galant, un pique-nique par exemple », plaisanta-t-elle, se forçant à l’humour pour ne pas sombrer dans la panique ou le désespoir, souffrant toujours du flanc, le froid la faisant trembler l’empêchant de trouver une position confortable même si elle pouvait bouger. Sa torche s’était éteinte mais heureusement le feu voilé de Solas semblait bien plus fiable. Un vrai feu lui aurait sans doute fait le plus grand bien mais dans un espace clos, il fallait prendre garde à la fumée.
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Posté Mer 26 Juil - 19:00
Le sort s'acharna contre eux – à moins qu'il ne s'agisse des lois de la gravité les plus élémentaires – et une partie du plafond manqua de s'effondrer sur eux après le déluge de flammes que Solas répandit sur les démons. Un danger en remplaçant un autre, il se hâta de faire un bond en arrière, manquant de trébucher sur Irisviel, et s'accroupit en surveillant le plafond, prêt à lancer un dernier sortilège avec l'énergie du désespoir si besoin en était.

Il n'en fut heureusement rien, et la secousse ne dura qu'un temps. En dehors de quelques éclats de pierre et de quelques lourds nuages de poussière, rien ne vint accabler les deux survivants, hormis la douleur – pour Irisviel tout du moins – ainsi qu'un sentiment d'acharnement pour le moins contrariant. La culpabilité que pouvait ressentir Solas se mua presque en agacement tant le sort semblait s'amuser à leur jouer des tours : tout d'abord les démons, dont celui de l'orgueil qui avait attendu avant de se manifester, et maintenant cet écroulement. Il fallait croire que ses plans avaient une nette tendance à tout détruire autour d'eux.

Il considéra l'espace d'un instant le fait qu'il aurait dû enquêter un peu plus sur cette source de magie lors de son passage nocturne, mais il n'accorda à cette réflexion que le temps d'une pensée. Il ne servait à rien de se lamenter sur ce qui aurait pu être, et il fallait au contraire se concentrer sur ce qui était. Or, ce qui était pouvait potentiellement leur tomber dessus à tout moment, mais aussi sombre cette réflexion pouvait-elle être, elle n'impactait en rien les réserves d'énergies de Solas, qui n'avaient pas de quoi être fières.

Il lui restait un brin d'énergie, et elle reviendrait d'elle même d'ici quelques longues minutes, mais il était hors de question de toucher à quelque rocher que ce soit tant qu'il n'avait pas la force d'en soulever au moins dix autres.

Pour le moment, ils devaient donc attendre. Et au vu de l'état de la pauvre Irisviel, il allait sans doute devoir prendre un peu plus de temps que prévu, car elle ne semblait pas en bonne forme, loin de là. Ce genre de chose était presque devenue habituelle pour l'Inquisiteur, ou pour Solas lui même, mais la jeune femme, malgré ses honorables efforts pour maintenir un semblant de dignité tout à fait orlésien, devait être passablement secouée par ce qu'il venait de se passer. Elle méritait bien un peu d'attention.

« Ne bougez pas », lui conseilla-t-il en se penchant vers elle.

Il n'était guère expert en magie de soin, mais en connaissait quelques ficelles malgré tout – le privilège de ses rencontres avec les esprits, et de sa longévité – et employa le peu d'énergie qui lui restait à apaiser sa douleur. Il n'était pas en mesure de guérir ses fractures, mais il soigna du mieux qu'il put les contusions et les éraflures, tout en soulageant ses muscles endoloris et en atténuant le ressenti de ses fractures. Il se permit même d'y ajouter une pointe – que dis-je ? Un zeste – de magie du feu pour la réchauffer, le faisant courir dans ses veines avec précaution.

La Marche de l'Immatériel n'était guère un exploit pour les mages, et il n'était pas compliqué de ce débarrasser de la sensation de froid une fois le sort achevé, mais tout le monde avait frissonné lors de sa première fois.

« Je doute que vous ayez offensé qui que ce soit, lui répondit-il alors qu'il était encore occupé à la soigner. Les esprits sont des êtres d'émotions, ils réagissent instinctivement et immédiatement. Si vous l'aviez contrarié, vous l'auriez su tout de suite. A moins qu'il ne s'agisse d'un esprit de duperie, mais dans ce cas là, il vous aurait trompée dans tous les cas. »

Et une circonvolution de plus à ajouter à sa longue liste.

« Je ne suis pas en mesure de soigner toutes vos blessures, lui expliqua-t-il alors. Restez allongée jusqu'à ce que j'ai récupéré assez de force pour nous ouvrir un passage, et quand ce sera le cas, mouvez vous avec prudence : vous ne sentirez pas la douleur aussi fort qu'en temps normal, mais ça ne veut pas dire qu'un faux mouvement ne pourrait pas vous blesser plus que vous ne l'êtes déjà. »

Il se leva alors, et observa plus en détail le temple à moitié effondré. L'architecture de l'endroit était solide – sinon il ne serait pas en si bon état – mais cela ne voulait pas dire qu'ils pouvaient passer leur vie ici. Dans un geste un peu dérisoire, il cala son bâton sous une pierre en équilibre, comme si celui-ci avait le pouvoir de retenir un rocher de plusieurs centaines de kilos s'il venait à tomber, avant de revenir vers Irisviel et de s'asseoir à côté d'elle.

« Du reste, je ne dirais pas que je suis tout à fait d'accord avec vous. C'est ce genre d'imprévu qui fait le charme du terrain, et nous avons connu bien pire avec l'Inquisiteur. Cela étant dit, quand il s'agit de démons, mieux vaut commencer petit, et vous avez clairement dérogé à cette règle. Notre prochaine sortie, je peux vous l'assurer, sera ce rendez-vous galant. Sans démon ni temples en ruines. »
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Posté Jeu 27 Juil - 23:05
Irisviel n’était pas quelqu’un de contrariant. Lorsque Solas lui ordonna de ne pas bouger, la jeune femme qui avait deviné ses intentions, s’empressa donc d’obéir avec toute la bonne volonté du monde. Immobile comme une des imposantes statues du temple - si ce n’est les frissons incontrôlables qu’elle avait encore à cause du froid - elle se laissa soigner. Tandis que son sort faisait effet, elle laissa échapper un long soupir d’aise, savourant la sensation d’apaisement que cela procurait. Une partie de sa douleur disparaissant en même temps que les petites contusions qui parsemaient sa peau. Le plus agréable fut sans doute quand une douce chaleur envahie ses veines, faisant fondre l'acrimonieuse sensation de froid résiduel qui subsistait de la marche de l’immatériel.

Les yeux fermés, elle profitait donc du moment comme si elle était en pleine séance de relaxation, appréciant qu’il prenne la peine de la rassurer : selon lui, ce n’était pas sa faute s’ils s’étaient mis dans une telle situation. Sa petite conversation avec l’esprit n’y était pour rien. Bon sa remarque avait été moins littérale que ça mais de toute façon prenant ses paroles pour argent-comptant, elle ne s’en préoccupa donc pas plus que ça. De toute manière, même si cela avait été sa faute, elle n’en aurait pas culpabilisé pour autant. Elle avait fait de son mieux avec le peu dont elle disposait, elle n’aurait pas pu faire autrement. S’empoisonner l’esprit pour des choses qui dépassent notre contrôle n’aurait pas été sage.

Toutefois, sa béatitude fut de courte durée, en effet, rapidement, l’elfe lui annonça qu’il arrivait aux limites de ses capacités, qu’il ne pouvait donc pas soigner ses côtes cassées. Elle qui espérait voir toute la douleur s’envoler soupira – de désespoir cette fois – mais ne fit pas de commentaire. Il les avait bien sorti d’affaire et si la souffrance qui vrillait son flanc était fort déplaisante, se plaindre aurait été aussi inutile que puérile. Et puis, d’un côté, c’était un peu rassurant de voir qu’il n’était pas parfait en tout point, ça aurait été effrayant autrement.

Orlésienne jusqu’au bout des ongles, elle conserva donc le sourire malgré la légère sueur qui avait emperlé son front. Avec le tintamarre qu’ils avaient fait, les secours n’allaient pas trop tarder… Tout ce qu’ils avaient à faire s’était s’occuper et la conversation qu’elle avait engagée semblait être propice à les faire patienter.

« Je sais gérer les serpents orlésiens, mais les démons dans les ruines antiques ne sont pas ma tasse de thé je dois l’admettre. Le pire qui me soit arrivé avant aujourd’hui est de mettre les pieds dans un nid d’araignées géantes après avoir activé un mécanisme », commenta-t-elle, consciente de la pâleur de ses exploits en comparaison de ce qu'il avait pu vivre auprès de l'Inquisiteur. Mais justement, cela soulignait le fait que ces imprévus n’étaient pas si charmants que ça, après tout, lui les avait combattu avec bravoure mais elle était juste inutile et terrifiée.

Heureusement, Irisviel n’était pas du genre bougonne et elle n'avait pas envie de plomber l'ambiance.

« De toute façon, je suis sûre que vous l’avez fait exprès pour m’impressionner... », ajouta-t-elle d’un air taquin, comme s’il était sciemment responsable de toutes leurs péripétie. « … et je dois dire que votre plan machiavélique à plutôt bien fonctionné, c’était très impressionnant la façon dont vous vous êtes débarrassés de ces démons », le complimenta-t-elle en surjouant un peu la minauderie pour donner l’illusion ostensiblement factice d’être sous le charme. Plus qu’elle ne l’était réellement en tout cas.

Mais c’était de bon ton, car il avait également précisé que la prochaine fois, ça serait un rendez-vous galant. Ce qui signifiait, qu’il y aurait une prochaine fois, et qu’il n’était pas contre l’idée de dépasser cette relation professeur-élève qui s’était instaurée. Difficile de savoir où cela les mènerait mais de toute façon, elle ne se faisait aucune illusion : cela faisait fort longtemps qu’elle ne croyait plus à l’amour et que ses relations étaient purement charnelles, quelques fois intellectuelles mais c'était plus rare. Passer du bon temps avec une personne, voilà sa définition d’une relation sentimentale et c’était déjà pas mal.

« Fort bien, mais la prochaine fois, je choisirais le lieu de rendez-vous », déclara-t-elle avec une pointe de facétie en cherchant déjà les endroits tranquilles mais charmant qu’ils pourraient fréquenté. Décidément, un pique-nique champêtre était une idée fort tentante.

Elle sombra dans le silence quelques instants, notamment parce que parler était fatiguant, elle avait besoin d’un peu de temps pour reprendre son souffle en toute dignités. Haleter comme un chien un jour de chaleur n’était clairement pas orlésien.

« Au fait », commença-t-elle avant de répéter la phrase elfique qu’elle connaissait par coeur vu le nombre de fois qu'elle l'avait entendu, « qu’est-ce que cela veut dire exactement ? », demanda-t-elle avec son petit sourire innocent d’écolière.

Une vrai leçon n’était probablement pas approprié pour l’heure, mais cela la titillait de savoir à quel point elle avait compris juste. Sa soif de savoir et sa passion pour les langues n'étaient jamais loin... Et puis, maintenant qu’elle l’avait retenu, autant enrichir encore davantage son vocabulaire. Sans parler du fait qu’elle avait noté la graphie sur son cahier qui gisait dans son sac un peu plus loin.
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Posté Ven 28 Juil - 11:58
Envers et contre tout, Irisviel maintenait un semblant de détachement qui contrastait de plus en plus avec ce que son corps ne pouvait s'empêcher de laisser échapper. Les tremblements, la sueur, les regards agités, tous ces signaux qui trahissaient sans le moindre doute possible sa peur profonde face aux événements qui les avaient agités tous les deux. Cela n'avait rien d'étonnant, et Solas ne la jugeait certainement pas à ce sujet. Le premier démon était toujours une expérience difficile, et ce, même pour les mages lors de leur Confrontation, à laquelle ils étaient pourtant préparés – plus ou moins bien.

Or, depuis l'ouverture de la Brèche, même les non-mages avaient été confrontés aux esprits les plus agressifs de l'Immatériel, ceux qui avaient une force et un désir suffisant pour s'engouffrer dans ce portail ouvert sur Thédas. Beaucoup y avaient succombé, et plus encore en avaient été marqué, laissant dans leur âme l'empreinte d'un souvenir qui ne disparaîtrait jamais complètement.

En un sens, Irisviel avait été à la fois chanceuse et malchanceuse. Sa première rencontre avait été avec l'un des démons les plus puissants et les plus oppressants que l'on connaisse, à savoir celui de l'orgueil. Il n'y avait guère que les démons de la peur qui pouvaient se montrer plus menaçants encore, ou bien les démons du désir, moins écrasants mais bien plus fourbes et traumatisants. Mais cette rencontre, elle l'avait faite en compagnie de Solas lui même, et ses blessures n'avaient pas duré bien longtemps. Toute violente qu'ait pu être la détresse de l'elfe, elle n'avait pas duré bien longtemps, et s'il n'avait pas été à l'origine de cette triste situation, Solas se serait probablement félicité d'avoir été là.

Irisviel n'avait d'ailleurs pas manqué de faire remarquer à son sauveur à quel point sa petite démonstration de magie n'était pas passée inaperçue, et il se prit à sourire, mêlant son amusement à l'ironie de la situation.

« Mon plan machiavélique était bien plus complexe que cela vous savez, lui répondit-il en dissimulant son honnêteté derrière un sourire complice. Mais j'ai bien peur qu'il ait échoué : je ne suis pas parvenu à m'arroger votre admiration, je me contenterais donc de votre intérêt pour le moment. »

Solas n'était pas du genre à laisser passer un bon flirt quand celui-ci se présentait, pour la bonne et simple raison qu'il aimait beaucoup le jeu de la séduction, similaire – en quelque sorte – aux jeux de dupes que l'on pouvait voir dans les cours de tous les empires du monde. Il fallait manier les mots comme une arme, dans le but, non pas de blesser, mais de flatter, d'intéresser, d'exciter, de jouer avec le cœur, ce qui était autrement plus difficile que de le transpercer. Solas était beaucoup de choses, et Fen'Harel avait revêtu beaucoup d'aspects, dont nombre avaient été inventés plus tard par un peuple ignorant de la réalité de son combat, mais s'il y avait bien un détail commun à toutes les histoires, c'est qu'il était un joueur, et un roublard.

« C'est de bonne guerre, ajouta-t-il après qu'elle lui ait annoncé qu'elle choisirait elle même le lieu de leur prochaine rencontre. J'ai hâte de voir si vous allez jouer le même jeu que moi et tenter de m'enflammer à votre tour. »

Il leva les yeux au ciel, ou tout du moins, vers le plafond, et prit une profonde inspiration. Tous les symptômes de l'effort qu'il avait fourni quelques courtes minutes auparavant disparaissaient lentement, et plus il se reposait, plus il retrouverait rapidement sa force. Il n'entendait pas leurs éventuels secours, mais en soit, cela n'avait rien d'étonnant : l'épaisseur de la roche couverte de poussière ne devait pas faciliter la communication, à moins que leurs sauveurs ne se trouve directement contre le mur qui les séparaient. Et puis, peu importait : ils n'auraient pas le temps de faire quoi que ce soit d'utile avant que Solas n'ait retrouvé suffisamment de force pour les faire sortir eux même.

Bien décidée à occuper leur attente, Irisviel lui demanda alors un petit cours supplémentaire, qu'il accepta de lui dispenser bien volontiers. C'est pour cela qu'ils étaient venus après tout.

« Une traduction possible serait : ''toi qui entre en ce lieu saint, tes mots doivent porter ta foi. Le regard des dieux est posé sur toi, et leur jugement prêt à s'abattre''. J'ai omis certaines circonvolutions de langage pour cette traduction, mais le sens y est. Sans doute ont-ils été ajoutés par les dalatiens après que l'esprit que vous avez rencontré ce soit installé pour garder le temple, à moins qu'il y ait été lié par un mage.

C'est pour cette raison que j'ai mentionné notre lien avec l'elfique tout à l'air, et il me semble bien avoir vu les arêtes de votre nez frémir, à moins que je n'ai imaginé ce détail en supposant votre réaction. En tous les cas, je ne cherche en aucun cas à éclipser votre mérite : ce sont avant tout votre esprit de déduction et vos connaissances qui vous ont sorti de là, mais une compréhension si parfaite de ce qui vous était demandé est, à mon avis tout sauf humble, indubitablement liée à ce savoir ancestral. 
»
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Posté Ven 28 Juil - 17:07
Solas jouait le jeu, répondant à ses petites piques enjôleuse de sorte qu’elle puisse penser à autre chose qu’à sa blessure. Une distraction bienvenue qui donnait à ce lieu des airs plus intimes qu’inquiétant. En fait, la jeune elfe était même surprise de l’entrain de Solas, en le voyant la première fois elle l’avait imaginé beaucoup plus réservé que cela, son véritable tempérament était cependant loin de lui déplaire.

Elle gloussa alors qu’il exagérait sa déception de ne pas avoir plus que son attention, mimant une moue de demoiselle très exigeante toute orlésienne comme pour lui montrer à quel point la tâche était impossible. Pourtant, son admiration, il l’avait déjà un peu. Pas pour l’avoir sauvé dans un concert en son et lumière, mais pour connaître l’elfique, et le lui enseigner.

« Hmm… Vous enflammer… J'aime l'idée, mais de façon moins littéral que vous alors ! », répondit-elle avec un petit sourire amusé et un clin d’oeil en se souvenant de l’impressionnante tempête de feu qu’il avait fait pleuvoir dans la grotte. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle avait été servie niveau effet pyrotechnique. Ceci dit, si tentée elle désirait réellement le chauffer, elle n’avait aucun doute sur ses capacités à y parvenir…

Toutefois, avant que ce jeu de mot ne devienne embarrassant la reprise de leur leçon la plongea de nouveau dans un air concentré et studieux. Notant bien la traduction dans sa tête alors qu’elle hochait la tête, elle faillit lui réclamer les circonvolutions qu’il disait omettre mais elle se rendit compte qu’elle n’était pas en état de réfléchir si profondément. D’ailleurs, il insistait encore sur le naturel de sa compréhension de l’elfique mais elle était moins catégorique qu’avant sur le sujet, vu les récents événements. Et puis, de toute façon, elle n’avait pas la force d’argumenter.

Maintenant que l’adrénaline était partie, ne restait que la douleur et la fatigue. Elle pouvait feinter tous les sourires charmeurs qu’elle voulait, cela ne changeait rien à la réalité de son corps et sa respiration devenait plus sifflante malgré elle.

Respirant profondément, elle s’appuya davantage sur la paroi en fermant les yeux quelques instants… Ce fut cependant suffisant pour qu’elle s’endorme, sa tête dodelinant d’un côté et de l’autre avant qu’un bruit soudain ne la réveille.

Se redressant en sursaut, elle grimaça aussitôt, regrettant amèrement son mouvement brusque. Apparemment, elle n’était pas la seule à avoir profiter d’un peu de repos, Solas semblait de nouveau d’attaque et il entreprenait de bouger les rochers à l’aide de sa magie. Restant sagement dans son coin, elle le regarda donc dompter l’éboulement en déblayant l’entrée. D’une certaine manière, c’est à ce moment là qu’elle réalisa les dégâts provoqués au temple et elle s’en sentit désolée. Elle avait beaucoup de respect pour les antiquités et cela la peinait d’avoir provoqué – même indirectement – la destruction de ce morceau d’histoire et de spiritualité.

Quand enfin l’entrée fut suffisamment dégagée pour entendre des voix à l’extérieur, Irisviel su qu’ils étaient sorti d’affaire. La suite ne fut qu’une question de minutes et bientôt la lumière du jour envahissait leur tanière temporaire. L’elfe qui s’était habituée à l’obscurité plissa les yeux de manière fort peu élégante mais à cet instant c’était le cadet de ses soucis.

En la voyant mollement assise sur le sol, les secours comprirent que quelque chose n’allait pas et vinrent s’enquérir de son état. Sans se faire prier, Irisviel leur décrivit donc son atroce douleur avec moult détail mais refusa de partir sans sa sacoche. Tout son travail de recherche elfique était dedans, c’était hors de question qu’elle la laisse.

Tandis qu’un homme s’occuper de rechercher dans les gravas le précieux sac, la jeune femme se laissa porter jusqu’au camp, puis soigner. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle avait vécu une sacrée journée. Elle n’avait peut-être pas appris beaucoup de mots mais elle avait effectivement l’impression d’avoir fait un pas dans son apprentissage globale.

Le moins que l’on puisse dire c’est que cela resterait une journée gravée dans sa mémoire…
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