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The Hero of Ferelden ⊱ Grey Warden
— PSEUDOs : Pendräagon.
— DISPONIBILITÉ RPs : ✓ Disponible
— PRÉSENCE : Présent.
— MISSIVES : 447
— DC&TC : Glorfindel Mien'Harel (+) Seth.
— PRESTIGE : 521
— PAIRING & OTP : Reylistair shipper forever.
— CRÉDITS : moi (+) noobito

— ICONE (100x100) : — NATIONALITÉ : Il est Alamarri.
— ÂGE : Reyner possède vingt-sept ans.
— PROFESSION : Commandant des Gardes de Ferelden.
— FACTION : Garde des Ombres.
— ARMES : Il est armé d'une très belle épée Orlésïenne et d'un bouclier comportant l'écusson des Cousland.
— AMOUREUSEMENT : En couple avec Alistair Theirin, ancien ami et frère d'arme pour qui il avait toujours éprouvé des sentiments sincères et profonds.
— O.SEXUELLE : Bisexuel.
Posté Dim 27 Aoû - 4:50
Je ne suis qu'un pauvre fou.

Pourquoi maintenant. Pourquoi comme cela. Pourquoi moi, Andrasté, pourquoi ? Comment avais-je pu me laisser bêtement avoir par ce contre quoi je me protégeais depuis des années ? Mais plus encore : qu'avais-je espéré... ? Bien entendu qu'il ne t'aime pas, Reyner. Tu es un homme, et qui plus est, son commandant. Son meilleur ami. Son compagnon d'arme. Je n'arrive pas à croire que je puisse avoir été assez stupide pour pouvoir une fois de plus me coincer dans une impasse émotionnelle. Et tous ces compliments... Bon sang. Non, non, non ! Je suis tout bonnement ridicule.
Alors que je marchais vers l'infirmerie, je me rendais peu à peu compte de la bombe émotionnelle que j'avais lâché plus tôt. Je me retrouvais totalement dépassé par tous les événements, le visage à l'allure sévère et le regard la plupart du temps fixe ; le garde qui s'occupait de rafistoler les gars blessés du campement n'osa même pas me demander comment mon voyage s'était déroulé, et il faisait bien.
Ma plaie au niveau de mon torse s'était calmée, mais me lançait de temps en temps. La seule chose qui m'avait réellement fait du mal lorsque j'étais dans cette altercation fut d'apprendre qu'un traître rodait parmi nous. Je m'étais donné corps et âme pour reconstruire la Garde des Ombres en Ferelden sur des bases seines ; travaillant du soir au matin, ne me reposant jamais, passant en revue la moindre chose suspecte. Il suffisait que je m'absente et voilà que tout déraillait comme jamais. Dorénavant, la guerre nous guettais, et j'étais le seul à pouvoir en informer les hauts dirigeants de notre ordre. Encore une fois, je me retrouvais écrasé par le poids de mes priorités.

Je pouvais sentir le froid de dehors s'engouffrer dans l'infirmerie, faisant frémir ma peau nue. Je tenais dans ma main un verre remplis d'une concoction médicinale telle que je me souvenais lorsque j'étais enfant : quelque chose qui apaisait les douleurs. Le goût de cette mixture ne m'avait jamais plu, aussi je préférais attendre un peu avant de l'ingurgiter. L'infirmier s'occupait de mon cas alors que mes pensées tournoyaient encore et encore au sein de ma tête, tel une valse infernale : si je ne m'empêchais pas de réfléchir, j'allais bientôt atteindre un stade de non retour. Mais malheureusement... Il n'y avait pas que cela qui accablait mon esprit. Depuis plusieurs semaines, mes rêves s'avéraient être des cauchemars aussi noirs que de la suie. Lourds, étouffants, m'arrachant des douleurs physiques encore nouvelles pour moi. Je pouvais entendre une musique, cette musique, qui me chantait avec une douceur désinvolte mon départ aux enfers : l'appel.
Une rage incroyablement virulente me saisit les tripes alors que mes paupières se plissèrent, sourcils à l'appui. Duncan. Pourquoi ne m'as-tu rien dit ? Pourquoi m'avoir tout cacher comme tu l'as fait ? Avais-tu peur que nous prenions la fuite en apprenant qu'un jour ou l'autre, nous serions tous condamné à aller nous suicider dans les tréfonds, arme à la main, cris de guerre raisonnants comme les échos de nos anciennes batailles dans ces mines désolées ? Nous méritions la vérité. Elle nous était due ! Maudit sois-tu, Duncan. Maudit soit le secret de la Garde des Ombres, nous condamnant à cause du sang des engeances. Cela faisait de moi, désormais, un homme en sursis. Un homme en sursis avec la vie.

Commandant... ? Votre main...

Un souffle saccadé sortit de ma bouche tandis que la voix de l'infirmier m'arracha une reprise de conscience forcée. Mes yeux s'ouvrirent en grand tandis que je contemplais ce qui se dessinait plus bas : ma main, sanglante, enduis du liquide curatif tantôt dans son récipient qui coulait jusque sur mes bottes, salissant mon pantalon et le sol de la pièce. Je venais de briser le verre sans m'en rendre compte. Certains morceaux s'étaient logés dans ma chaire, et réalisant enfin cela, je pouvais dorénavant sentir une vive douleur me saisir la paume de la main.

...  

A en juger l'expression totalement alarmée de mon soigneur à peine plus loin que moi — ses mains étaient encore posées sur mon torse, l'une d'entre elles ayant un linge imbibé d'un alcool fort surement pour désinfecter mes blessures —, je l'inquiétais. Il était vrai que... Je m'inquiétais moi aussi de mon propre état, dernièrement... J'avais l’impressionner de dériver, emporté par les obstacles qui se forgeaient depuis toujours sur mon chemin... Comme si mon corps, épuisé par ces années de tiraillement, me faisais savoir qu'il était finalement venu au bout. A la toute fin. Ma fin.
Secouant subitement la tête, je me redressais, incitant le guérisseur à se reculer en même temps que moi. C'est avec une expression fermée mais hébétée que je grimaçais en regardant ailleurs, finissant par plonger mon regard dans le marron des yeux de mon vis à vis.

Ce n'est rien. Ne t'occupe pas de ça, je ramasserais. Tu as bientôt fini ?
Oh, non, je le ferais Commandant Cousland, ce n'est rien je vous l'assure !, me déclara t-il en rinçant le linge qu'il tenait dans sa main, un sourire étirant ses lèvres. Je n'ai plus qu'à bander le tout, et je m'occuperais de votre main du coup. Vous pourrez bientôt aller vous reposer de votre voyage.  


Me reposer... Ah. Il est vrai que je n'avais pas la notion de repos. Cela se lisait sur mon visage, des cernes se faisant souvent évidentes en dessous de mes yeux bleus ; on ne pouvait pas les manquer. Alors que je retirais manuellement quelques un des éclats de verre toujours présents dans ma peau, je m'arrêtais un petit moment afin de laisser Galaad me bander le torse, une partie du ventre, laissant la bande de soin revenir sur l'une de mes épaules. Quelle ironie, de nouvelles cicatrices ornaient mon corps désormais : comme si je n'en avais pas déjà suffisamment comme ça.
Lorsque Galaad eut terminé, il s'occupa finalement de ma main : il me la désinfecta en un rien de temps, retirant les derniers morceaux de verre avant de l'entourer à son tour de bandes curatives.

Voilà, Commandant. Vous pouvez y aller. Prenez soin de vous et surtout : ménagez vous !
Oui. J'y veillerais. Merci encore.


Me levant doucement, je lui accordais alors un mouvement de tête en guise de remerciement supplémentaire. Je tournais finalement les talons afin de sortir de cet endroit glacial, me mettant en quête de mes appartements privés afin de me retrouver enfin seul.

✶✶✶

Mes yeux observaient la flamme de ma bougie danser avec une grâce toute particulière, alors que la plume que je tenais doucement dans ma main tournoyait entre mes doigts. L'encre au bout de cet outil calligraphique avait eu le temps de sécher tant mes mots ne venaient pas d'eux même ; je n'avais pas écris une seule lettre sur cette missive urgente qui devait partir demain à l'aube. Un soupir brisa le silence de ma chambre, et c'est avec un certain dégoût que je la laissais tomber contre le parchemin encore neuf et qui n'attendait que moi. Ma tête était vide. Vide de toute chose, si bien que je me surpris à ressentir une fatigue inhabituelle me saisir tout le long du corps.

Mes paupières s'ouvrirent à mesure qu'une mélodie se rapprochait lentement de moi. Je me redressais, regardant à ma droite puis à ma gauche, comme alerté par quelque chose de terrifiant ; elle continuait de venir vers moi, m'annonçant mon heure. Non, je ne voulais plus l'entendre. Non !
Des éclairs, comme des flash aveuglants traversaient mes rétines : je revoyais l'archidémon, celui que j'avais pourfendu ce jour fatidique dont les glas avaient sonné la fin du cinquième enclin ; je lui faisais face tandis qu'il me fixait, son souffle chaud et putride caressant ma peau de manière désagréable, comme si cette dernière allait fondre à cause de ce contact révulsant. Il était là. Il me parlait, dans une langue dont je ne pouvais déchiffrer un seul mot : les engeances l'entourait, me dévisageant, et je discernais alors des rire moqueurs qui s'élevaient dans cet endroit hors du temps et de l'espace.
La mélodie m'écrasait, assourdissante et opprimante, m'empêchant de respirer au point de m'en faire ressentir l'asphyxie. Comme étouffé, je me noyais alors qu'aucun flots ne me faisait couler. Mon cœur, implosant dans mon torse, m'arracha un cri de douleur.


Ils t’appellent. Ils te cherchent. Dans les tréfonds, ils t'attendent.
Héros,
Tu ne seras bientôt plus qu'un souvenir.



Mon cri s'arrêta alors, et je m'étais relevé avec une telle violence que ma chaise en subit les conséquences, tombant en arrière tandis que je chancelais au milieu de la pièce, perdu, affolé, apeuré.
La sueur perlait le long de mon front, mes yeux essayant désespérément de comprendre d'où venait la mélodie de mes pire cauchemars. Une colère remonta instantanément en moi, bouillonnante et dévastatrice ; une colère comme je n'en avais jamais éprouvé auparavant. Mon visage tantôt crispé arbora une grimace de douleur et, ne pouvant me contrôler, je me tournais finalement vers la missive, un hurlement sortant du plus profond de ma gorge brisant le silence de la pièce, pareil à la foudre fendant le ciel. J'envoyais alors valser tout ce qui se trouvais sur mon bureau, un nuage de poussière qui s'était accumulé durant un an suivant mon geste. Mon sang battant si fort dans mes veines que j'eu presque l'impression de n'entendre plus que ce dernier, à la merci de mon propre corps.
Je me pris la tête dans les mains, reculant avec un pas encore chancelant tandis que mon corps entier tremblait à cause de ces assauts violents dont l'appel m'accablait, la chanson continuant en boucle dans mes oreilles, me narguant, me riant au nez, se moquant de ma misérable existence. Regardez-le. Regardez le héros. Regardez-le, priant les dieux d'arrêter son supplice, regardez le s'agenouiller pour supplier qu'on le libère de cette insanité. Regardez le s'effondrer, bouclier fracassé, épée brisée, l'âme transpercée par la réalité. Regardez cet orphelin, victime de son funeste destin, condamné à souffrir. Reyner Cousland, le héros déchu de Ferelden.

ÇA SUFFIT !  

Mon visage se releva, fixant alors le plafond comme pour essayer d’apercevoir le ciel malgré le fait qu'il m'était caché, ma haine visible sur chacun des traits de mon visage comme elle ne l'avait jamais été. Mes poings se serrèrent avec une telle force que mes blessures me tiraillèrent, le corps crispé par toutes ces émotions qui tourbillonnaient dans ma tête, me rendant presque fou.

DUNCAN, JE TE HAIS ! Soit maudit, maudit d'avoir emporté dans ta tombe le secret du pire de tous les fardeaux qui puisse exister sur terre ! Après TOUT ce que j'ai fais, comment peux-tu me faire ça, comment peux-tu me poignarder dans le dos sans même encore exister ?!  

Je contemplais désormais mes affaires au sol, l'air interdit, alors que mes lèvres entre-ouvertes démontraient ma stupeur. Qu'avais-je fait ? Certaines de mes possessions s'étaient brisées sous la violence de mon geste, le reste ayant simplement roulé au sol. Seule la bougie était encore posée sur mon bureau, continuant de brûler de manière chaleureuse, agrémentant la pièce d'une lumière vive, bien que cela la tamisait.
Je reprenais peu à peu conscience, tandis que la mélodie s'en était allé, me laissant seul avec mon affliction.

Me forçant à rester stoïque face à tout cela, je commençais à me diriger vers mes fournitures qui reposaient contre le plancher. Mon regard parcourait d'un air morne l’amas de feuilles, accessoires de calligraphie, rapports et objets en tout genre... Jusqu'à tomber nez à nez avec un artefact qui m'arracha littéralement le cœur. Avec hésitation, ma main se tendit doucement vers ce dernier afin de le saisir avec une délicatesse toute particulière. La statuette que j'avais acheté à Alistair durant mon voyage... La statuette que j'avais repeinte pour qu'elle arbore l'effigie de Duncan...
Mes yeux se voilèrent rapidement tandis que mon genoux se posa un instant au sol, contemplant ce simple objet taillé dans le bois — qu'on aurait presque pu étiqueté comme étant pour enfant — dans mes mains, les lèvres tremblantes sous ce revirement de situation plus que troublant. Alors que je me questionnais sur l'authenticité de mon envie d'offrir ce présent à Alistair, mes doigts se resserrèrent d'eux même autour de lui. J'y avait consacré tant de temps... Et y avait mis tant de ferveur, tant de coeur.

Quand j'entendis quelqu'un frapper à ma porte, ma tête se redressa presque violemment. Qui ? Pourquoi ? A cette heure là, qui plus est ? Je n'étais pas du tout d'humeur pour jouer les Commandant, pas après tout ce à quoi je venais de me confronter. Toutefois, un infime espoir, une folie brillant dans mes yeux me poussait à croire que, peut-être — faites cela soit le cas —, la personne se tenant derrière la porte était mon compagnon de toujours... Mon Alistair.
Je me redressais et poussa par la suite les objets avachis sur le sol et ce le plus rapidement possible afin de les camoufler sous le bureau, gardant l'effigie de bois dans ma main.

Entrez.  

J'essayais de reprendre contenance, mais mes yeux ne pouvaient trahir à quel point je me sentais misérable.
Alors que je fixais la porte qui s'ouvrait finalement, elle laissa place à un véritable miracle, si bien que j'en écarquillais soudainement les yeux. Alistair était venu. Il avait eu l'envie de me voir, malgré tout ce que j'avais pu lui dire il y a quelques heures plus tôt. Le traque saisit mon estomac, jusqu'à ce que la curiosité vienne me titiller l'esprit. Pourquoi était-il ici ? Moi qui le connaissait si bien, j'aurais pu jurer que quelque chose le taraudait vu l'expression qu'il arborait sur son visage. En toute connaissance de cause... Il était surement venu me raisonner quant à mon départ improvisé et qui, je devais l'avouer, était plutôt précipité.
Je le regardais tout simplement venir à moi, tandis qu'il commença à — effectivement — tenter de me persuader de changer mes plans. J'aurais voulu. Oh bon sang, que j'aurais voulu rester auprès de lui après tout ce temps loin de sa précieuse compagnie. Mais je ne pouvais pas, et il le savait très bien. En revanche, le voir faire preuve d'une telle détermination à ce que je reste à Fort Bastiel pour prendre soin de moi me réchauffa le cœur comme je ne pensais pas pouvoir le sentir ce soir là. Depuis quand prenait-il soin de ma personne, comme ça ? Je ne voulais même pas savoir. Il le faisait, et c'était tout ce qui comptait à mes yeux actuellement.

Alistair... Je comprends ce que tu me dis. Je l'entends. Mais je ne peux pas accéder à ta requête. Le destin de Fort Bastiel dépend de ma rapidité sur cette affaire, je ne peux laisser traîner les choses indéfiniment et...  

Alors que mes mots s'élevaient dans les airs, je le voyais continuer sa course jusqu'à moi. Bientôt, ma gorge se noua, m'empêchant de continuer de prononcer ce que j'étais en train de lui dire. Il était là. Moi aussi. Nous étions face à face, et nos regards se croisaient alors comme jamais ils ne s'étaient jamais croisés auparavant. Alors que mes yeux se voilaient lentement de larmes infimes et indétectables qui étaient synonyme d'espoir semblé perdu à tout jamais, je continuais de l'admirer, profitant d'un moment qu'il ne nous était jamais encore arrivé de partager. J'osais à peine y croire, et pourtant...
Sa main, délicate et précise, saisit l'une de mes mèches cendrée entre deux de ses doigts. Il caressa cette dernière en prenant un temps qui me sembla une éternité. Plus ses mouvements progressaient, plus je me perdais dans un océan d'émotion qui m'emportait au loin, vers les contrées du désir ; il me la replaça alors derrière l'oreille, ne me lâchant pas du regard. J'étais impuissant, démunis : perdu dans ces yeux ambrés, absorbé par la personne en face de moi. Ses mains s'étaient levées. Il me saisissait les joues, d'une douceur qui me pinça le cœur... Et réalisa l'un de mes rêve les plus fou. L'un de mes espoirs les plus vains.

Nos lèvres se rencontrèrent enfin. Après dix ans, nous en étions enfin arrivé là. J'avais envie d'hurler de joie. De sortir de la pièce et de courir aussi vite que je le pouvais afin de chanter mon euphorie à quiconque croisait mon chemin. Comment vouliez-vous que je place des mots sur ce que je ressentais actuellement ? Il n'y avait rien au monde qui pouvait exprimer tout ce qui se bousculait en moi. Désir, envie, passion, ivresse, gisement... Bonheur. Enfin. Enfin je goûtais à celle ci. Enfin...
Ses lèvres me semblaient aussi douce que de la soie. Les miennes en revanche, tremblaient encore l'espace d'un instant tant l'émotion était à son comble. Mais aussi désarmé que je semblais, debout, face à lui, ne bougeant pas d'un seul centimètre : je laissais enfin ce qui grondait en moi depuis tant d'années s'extérioriser sans que je ne puisse être maître de mes actes.
Mes mains se levèrent, l'une lâchant le petit soldat de bois pour saisir avec poigne la nuque d'Alistair, tandis que l'autre se posa sagement sur sa taille, l'agrippant un instant. J'étais insatisfait de son emplacement. Non, je voulais le toucher, encore et encore : Je la laissais alors glisser le long de son dos pour m'agripper à ce dernier, mon corps se rapprochant doucement de celui d'Alistair afin de se caler contre le sien, quémandent de sa présence. Ce baiser, si doux et si pur, je le prolongeais, le changeant progressivement en un échange bien plus enflammé. Langoureux, passionnel, fougueux, ardent... Il m'en fallait plus. Toujours plus.

Guidé par mon instinct et mes émotions qui tous deux reprenaient le dessus de ma raison, je le poussais alors grâce au poids de mon corps et ce sans arrêter pour rien au monde ce que j'étais en train de faire. Lorsque je l'avais enfin plaqué contre le mur de pierre derrière nous, pris au piège entre ce dernier et mon corps, ma main qui était tantôt sur sa nuque alla se nicher dans la chevelure du blond, saisissant cette dernière comme pour ne plus jamais me séparer de lui. Ce baiser dura le plus longtemps qu'il nous l'était permis, alors que je reprenais ma respiration entre deux mouvements de tête vers la gauche ou la droite, guidé par cette passion fougueuse.
Quand finalement, nos deux visages se reculèrent, je rouvris mes yeux afin d'admirer l'homme en face de moi, reprenant mon souffle par intermittence tant j'eu du mal à retrouver un rythme de respiration normal. Un sourire étirait mes lèvres ; un sourire que jamais je ne pensais pouvoir faire apparaître à nouveau sur mon visage. Je l'aimais. Mon dieu, ce que je l'aimais. Alistair, je t'aime.
Je me mordais la lèvre, cherchant quoi dire en mon fort intérieur. Certes, le geste qu'avait eu le blond à mon égare voulait en dire long, mais... J'étais désireux d'en apprendre plus encore. Je voulais qu'il mette des mots sur ses actes. je voulais quelque chose d'aussi concret que ce qu'il venait de m'offrir. Semblant reprendre de nouveau mes esprits, j’humidifiais alors mes lèvres à l'aide de ma langue, tandis que ma main gauche qui était bandée à cause du verre que j'avais brisé plus tôt dans la soirée alla s'engouffrer dans ma chevelure afin de la faire revenir en arrière, mes mèches aussi blanche que la neige retombant d'une fluidité et d'une souplesse voluptueuse contre mon visage.

J'ai quelque chose pour toi...  

Je faisais alors volte face, retournant vers la position où nous étions au départ. Me penchant rapidement, je saisis le petit soldat de bois afin de me redresser. Mes pas me ramenèrent finalement vers Alistair — j'étais heureux de voir qu’il n’avait pas bougé de là où je l'avais amené —, et je me postais à nouveau là où j'avais été. Mes yeux regardèrent ce que je tenais dans la main un instant, me remémorant ce que l'appel m'avait fait subir ; dans un frisson, je relevais mes yeux d'un bleu transcendant vers ceux d'Alistair, déposant délicatement la statuette au creux de la main du garde.

Durant mon voyage... Je suis arrivé dans un village. Il y avait un vendeur de statuettes. Je me suis souvenu à quel point tu aimais ça, et... Hé bien, j'en ai acheté une, ainsi que quelques pinceaux. j'observais avec attention l'expression de l'homme que j'aimais plus que tout au monde, avant de reprendre mes explications quant à ce cadeau qui était à l'effigie d'un homme que nous avions tous deux connus. J'ai passé un certain moment à la travailler et... Je sais à quel point tu aimais Duncan... Alors... Je te l'ai fais. Pour qu'il ne te quitte plus jamais.  

Mes paroles n'affichaient pas de sourire, car j'étais encore blessé de cette trahison faite à l'encontre de tout Garde en ce monde. Néanmoins, je voulais qu'Alistair garde à jamais un souvenir de la personne qu'il avait considéré comme son père. J'aurais aimé, moi aussi, garder quelque chose de mon défunt paternel... Si seulement j'avais pu.
J'appuyais finalement un sourire à tout cela. Un sourire qui n'avait rien à voir avec ce que je lui avais offert : un sourire qui rayonnait d'espoir. J'osais alors, enfin lui dire ce que j'avais sur le cœur, ces deux mots scellés mais enfin graciés de leur emprisonnement que j'avais jugé jusqu'à ce jour infini.

Je t'aime, Alistair. Je t'ai toujours aimé.  


The Calling of the Warden.
THE CITY OF THE DEAD ⊹ I'M SCARED OF WHAT'S INSIDE MY HEAD, WHAT'S INSIDE MY SOUL ; I FEEL LIKE I'M RUNNING BUT GETTING NOWHERE. FEAR IS SUFFOCATING ME, I CAN'T BREATHE, I FEEL LIKE I'M DROWNING, I'M SINKING DEEPER. WHITE LIGHT FADES TO RED AS I ENTER THE CITY OF THE DEAD. I FEEL IT BURNING THROUGH MY VEINS, IT'S DRIVING ME INSANE, THE FEVER IS RISING, I'M GOING UNDER.

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Posté Lun 11 Sep - 20:49

Les lèvres de Reyner se pressèrent contre les siennes. D'abord tremblantes, puis affamées. Morsures ardentes et indigentes, elles gagnèrent en puissance et se firent de plus en plus entreprenantes; attisées par une promesse à peine formulée, de passion et d'intimité — impatientes, elles intensifièrent la force du baiser jusqu'à en prendre le contrôle — désireuses de prolonger ce moment de pur bonheur, celui dont elles se languissaient depuis tant d'années.
Cette proximité ne laissa pas Alistair indifférent. Là où s'égaraient les mains du commandant, son corps s'embrasait. Elles laissaient comme une empreinte sur leur passage. Une traînée d'un feu glacial qui le consumait tout en lui délivrant de délicieux frissons. Sa peau gardait mémoire de leurs caresses et quand leurs mouvements s'interrompirent pour l'agripper fermement, le blond regretta de ne les avoir subies plus longtemps... de n'avoir pu apprécier, quelques instants encore, leurs effleurements clandestins contre son échine. Mais si les doigts de Reyner avaient cessé de parcourir son corps brûlant, les sentir s'y cramponner avec poigne était une sensation tout aussi, sinon plus grisante encore.
Le jeune homme l'emporta tel un ouragan. Imposant son propre rythme à leurs embrassades, une nouvelle cadence qui les tint longuement en haleine. Peu à peu, le baiser timidement amorcé par Alistair se changea en échange passionné auquel ce dernier finit par s'abandonner complètement. Il se lança éperdu dans cette danse exaltée, répondant aux multiples sollicitations de Reyner... oubliant presque d'en reprendre son souffle. Il ne saurait résister à son emprise; chaque attention, chaque effleurement de leurs lèvres moites qui se hâtaient les unes contre les autres dans la précipitation; chaque pression des mains bandées qui l'écrasaient — resserrant graduellement leur étreinte — le rendaient un peu plus fou de lui. Il se sentait glisser. Perdre pieds. Perdre la raison, aussi. C'était peut-être le manque d'oxygène, à moins que son désir grandissant ne lui fasse tourner la tête. Une chose était sûre: plus ils restaient en contact, plus il avait envie de lui. D'effleurer du bout des doigts sa peau et ses cheveux cendrés.

Alistair, entraîné par la fougue impétueuse de cet homme qui lui faisait perdre tous ses moyens, se retrouva bientôt acculé contre le mur de la chambre. Alors que leurs bouches continuaient de se chercher désespérément en faisant durer autant que possible ce fiévreux face-à-face, celui-ci pouvait sentir le relief de la façade contre son dos. La fraîcheur des pierres contre sa peau ardente fut un bienfait salvateur pour lui tant il bouillonnait de l'intérieur. Sa nuque était si brûlante qu'il s'imagina fondre l'espace d'un instant, se liquéfiant sous l'effet de la chaleur pour disparaître entre les rainures des pavés... glissant des doigts du commandant ou s'évaporant dans les airs, dans un nuage de fumée.
Prisonnier du corps qui le pressait farouchement contre la cloison, le blond ne disposait d'aucune porte de sortie. Mais s'il se trouvait bel et bien piégé, coincé entre les mâchoires d'un étau invisible, ce dernier n'émit aucune protestation à propos de sa situation; cette captivité n'avait rien de déplaisant... loin de là. En guise de chaînes, les mains de Reyner exerçaient leur tendre emprise sur lui en s'insinuant dans ses cheveux blonds, le retenant à proximité, toujours plus près de son ravissant visage. Leurs caresses lui arrachèrent quelques frémissements tandis qu'un choc électrique remontait le long de sa colonne vertébrale.
Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin. Le baiser arriva à son terme et ils s'éloignèrent enfin l'un de l'autre, profitant de cette occasion pour respirer après cet échange des plus enthousiastes. Alistair resta suspendu à ses lèvres un temps infimement long; le souffle précipité, chamboulé par ce que ce rapprochement avait déclenché chez lui. Lorsqu'il retrouva la maîtrise de ses émotions, le Warden posa sur son ami un regard plein d'affection. Appréciant le magnifique sourire, si doux et rayonnant de sincérité, de cet être aux gestes envoûtants... l'admirant alors qu'il manipulait sa lèvre inférieure, la mordillait et l'humectait, avant de remettre de l'ordre dans sa chevelure d'ivoire.
Réalisant subitement que ce dernier le couvait lui aussi des yeux, l'ex-templier détourna les siens avec embarras. Il avait l'impression d'avoir été pris la main dans le sac. Son regard s'attarda sur le décor qui l'entourait, à la recherche du courage perdu (le sien... évaporé à la seconde où ses yeux croisèrent ceux de Reyner!). Ce n'est qu'un peu plus tard, avisant du poids de l'objet déposé dans la paume de sa main, qu'Alistair osa l'observer à nouveau.

Oh, une statuette? Pour moi? Est-ce que c'est... un mini Duncan?

Demanda-t-il, presque timidement. Puis, son âme d'enfant prit le dessus sur sa gêne et un sourire espiègle illumina son visage. Il fit tourner la statuette entre ses doigts pour l'examiner minutieusement et sous toutes les coutures. C'était un bel ouvrage. Rien à voir avec les figurines en bois qu'il collectionnait durant son enfance à Golefalois, grossièrement taillées par la doyenne du village pour contenter ses multiples caprices! Cette sculpture là était raffinée, adroitement ciselée dans un matériau noble. Des pigments aux couleurs riches l'habillaient parfaitement, ainsi que de nombreux détails peints avec le plus grand soin, sans qu'un seul coup de pinceau ne soit détectable à l'oeil nu. Du beau travail en somme, qui avait du exiger énormément de temps et de patience de la part de son créateur. Nul besoin d'un oeil averti pour s'en rendre compte.

Mais c'est génial! Regardez-moi ça, il a même une petite épée et un petit bouclier dans ses petites mains. Et avec l'emblème de la Garde, en plus! C'est vraiment détaillé... c'est toi qui l'a peint? Je ne te connaissais pas ces talents artistiques!

Excité comme un gosse aux premiers jours d'été, Alistair ne tenait plus du tout en place. Ses yeux rieurs brillaient d'une lueur malicieuse.

Ça me rappelle des souvenirs. Je sais pas si je t'ai déjà raconté, la fois où j'ai "profané" une statue d'Andrasté au beau milieu de la chantrie de Golefalois? Je la trouvais pas assez habillée. Alors j'ai pris de la peinture et je lui ai rajouté quelques vêtements. Bien entendu, la révérende mère n'a pas apprécié mon art et j'ai passé un mauvais quart d'heure.

Précisa-t-il, ponctuant son histoire d'un éclat de rire impossible à réprimer. Les fragments d'une autre vie se bousculèrent dans sa mémoire, étirant davantage le sourire du blond. Il se souvenait encore du visage de la soeur, tout fripé et déformé par la colère. De sa voix, perchée et chevrotante, qui faisait trembler les vitraux lorsqu'elle s'égosillait à travers la nef et assommait son auditoire à coups de sermons pompeux. Vils garnements! Que l'immatériel vous tombe sur la tête! criait-elle à qui voulait l'entendre. Andrasté n'a pas souffert pour vos péchés! Ah, comme il était bon de se remémorer le passé où tout n'était encore qu'insouciance, avant que ne le rattrapent les douloureuses préoccupations des adultes. Engeances. Conflits politiques. Unions ratées. Appels. Tel était le pain quotidien des Grey Warden. Et voilà qu'aujourd'hui, s'ajoutait cette histoire de lyrium corrompu... quand ce monde apprendrait-il donc à vivre en paix?
Alistair approcha la figurine à la lueur d'une bougie pour la contempler plus en détails, s'émerveillant au fil de ses découvertes, appuyant chacune d'entre elles d'un commentaire enjoué. Un vrai gamin. Au bout d'un certain temps, celui-ci finit par descendre de son petit nuage. Il leva la tête vers son commandant — qu'il avait oublié bien malgré lui — et, tout penaud de s'être laissé distraire, déposa l'objet sur un meuble à proximité avant de retourner sagement à sa place. Il aurait tout le loisir de s'en ébahir plus tard. Reyner, lui, devrait bientôt reprendre la route... s'il le laissait partir. Rien n'était moins sûr à présent.
Car comment pourrait-il le laisser s'éloigner de lui, après une telle déclaration? Je t'aime, Alistair. Je t'ai toujours aimé, avait-il annoncé sans détour, ouvrant en grand les portes de son cœur pour son compagnon d'armes. Ce dernier fut parcourut d'un léger frisson en l'entendant prononcer son prénom, au milieu de cette phrase toute simple et pourtant, empreinte d'un amour authentique dont il n'aurait jamais cru un jour faire l'objet... ses joues s'empourprèrent une fois de plus. Ils se connaissaient si bien, après dix longues années d'une amitié à toute épreuve, et malgré tout Reyner arrivait encore à le surprendre.

Je sais...

Murmura-t-il à mi-voix, un sourire niais se dessinant sur son visage. La main du blond alla se loger à l'arrière de son crâne et il se gratta négligemment la nuque en cherchant ses mots. Bien sûr qu'il le savait. Comment pourrait-il en douter...? Au cours d'un voyage éreintant, le cadet des Cousland s'était donné la peine de façonner ce présent à son intention. Sa mission n'avait rien d'une sinécure. Toutefois, il avait trouvé le temps de penser à Alistair; il avait pensé à lui alors que sa situation ne s'y prêtait pas et, connaissant son affection pour Duncan — un homme que Reyner ne portait pourtant pas dans son cœur — ce dernier avait conçu ce jouet à son effigie. Rien que pour lui. C'était adorable.

J'aime aussi. Je veux dire... je t'aime aussi. Toi.

Bredouilla Alistair, avant de reprendre — dans la confusion, toujours :

Et tes cheveux. Longs. Ça te va bien, comme ça. Longs. Et... et je l'ai déjà dit, ah ah ah... Ah.

Il se sentait stupide. Lui, l'adulte; le trentenaire qui, comme une fillette timide à son premier rendez-vous amoureux, ne parvenait pas à aligner plus de trois mots. C'était risible. Ridicule. Il était ridicule. Alistair n'avait rien d'un don juan, certes. Il avait peu de "pratique" en relations amoureuses mais n'en était pas non plus à sa première expérience. Quelques femmes avaient partagé sa vie durant la dernière décennie. Néanmoins, jamais auparavant, le Grey Warden ne s'était senti aussi démuni face à la personne qu'il aimait... jamais auparavant son cœur n'avait battu si vite, si fort; jamais l'envie de chérir cette personne ne l'avait submergé avec une telle puissance. Et s'il ne doutait pas de les avoir toutes aimées et désirées, celui-ci se rendrait bientôt compte que son amour pour Reyner, lui, était bien différent. Il n'y avait pas de limite à cet amour.

D-Désolé, je me sens stupide à rougir comme une fillette et à manger mes mots. Tu me mets dans tous mes états.

Alistair tenta de cacher sa gêne, faisant disparaître un instant le pourpre de ses joues derrière la paume de sa main — vaine tentative puisque la totalité de son visage, y compris ses oreilles, adopta rapidement la même teinte écarlate.
Lorsqu'il la laissa retomber, celle-ci s'accrocha faiblement à la manche du jeune Cousland, le retenant à peine; il hésita, puis l'agrippa plus fermement.

Je veux pas que tu partes, Reyner... Je peux pas te laisser partir. Pas maintenant. Reste, s'il te plaît. Ou laisse moi t'accompagner.

Ne me laisse pas seul.
Ne me laisse pas seul avec moi-même.

Reste près de moi...

Répéta-t-il dans un murmure presque inaudible, avant de l'attirer contre son torse. Ses bras se pressèrent doucement contre son dos pour l'enfermer dans cette cage de fortune, dans un vague espoir de le retenir, tandis que ses doigts se réfugiaient dans la chevelure blanche de son bien-aimé.

PROCHAIN NIV. :
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The Hero of Ferelden ⊱ Grey Warden
— PSEUDOs : Pendräagon.
— DISPONIBILITÉ RPs : ✓ Disponible
— PRÉSENCE : Présent.
— MISSIVES : 447
— DC&TC : Glorfindel Mien'Harel (+) Seth.
— PRESTIGE : 521
— PAIRING & OTP : Reylistair shipper forever.
— CRÉDITS : moi (+) noobito

— ICONE (100x100) : — NATIONALITÉ : Il est Alamarri.
— ÂGE : Reyner possède vingt-sept ans.
— PROFESSION : Commandant des Gardes de Ferelden.
— FACTION : Garde des Ombres.
— ARMES : Il est armé d'une très belle épée Orlésïenne et d'un bouclier comportant l'écusson des Cousland.
— AMOUREUSEMENT : En couple avec Alistair Theirin, ancien ami et frère d'arme pour qui il avait toujours éprouvé des sentiments sincères et profonds.
— O.SEXUELLE : Bisexuel.
Posté Mar 5 Déc - 17:45
Oh, une statuette ? Pour moi ? Est-ce que c'est... un mini Duncan ?
Dans le mille.


Je ne perdais pas une seule miette des expressions de mon ami en face de moi. Il faisait tournoyer le petit bonhomme fait de bois et de peinture comme un trésor des plus précieux —chose qui fit battre mon cœur à tout rompre quand je constatais son air à la fois ébahis et ravis—, découvrant le fruit de mon travail qui avait duré plusieurs mois. Mon sourire était sans pareil. Il était accompagné d'un énorme soulagement : après tout, rien ne me disait qu'il aurait aimé ce présent fait manuellement... Je veux dire, avant qu'Alistair ne vienne jusqu'à moi pour tenter de me faire comprendre qu'il ressentait —vraisemblablement... ?— quelque chose à mon égare, j'étais alors persuadé que lui offrir une statuette serait un cadeau des plus amicaux. Cela aurait été terriblement douloureux, car c'était en réalité un présent tellement plus intime.

Mais c'est génial ! Regardez-moi ça, il a même une petite épée et un petit bouclier dans ses petites mains. Et avec l'emblème de la Garde, en plus ! C'est vraiment détaillé... c'est toi qui l'a peint ? Je ne te connaissais pas ces talents artistiques ! Je voyais ses yeux rieurs aux notes d'ambre briller d'une malice qui emplissais mon cœur d'une douce chaleur.
Disons que le hasard fait bien les choses, Alistair. Je me refusais de m'étendre plus quant à ce que j'avais fais exactement pour la création de cette statuette unique.
Ça me rappelle des souvenirs. Je sais pas si je t'ai déjà raconté, la fois où j'ai "profané" une statue d'Andrasté au beau milieu de la chantrie de Golefalois ? Je la trouvais pas assez habillée. Alors j'ai pris de la peinture et je lui ai rajouté quelques vêtements. Bien entendu, la révérende mère n'a pas apprécié mon art et j'ai passé un mauvais quart d'heure.
Tu as... ? Je ne pu m'empêcher de lâcher un rire qu'on aurait pu qualifier de doux tant il se fit discret. Sacré toi.  


Le rire d'Alistair était un glas aux sonorités divines. Il vous donnait l'impression que tout allait bien en un rien de temps. Je le voyais alors se calmer de son euphorie, et c'est avec une certaine tristesse que je l'observais déposer mon présent sur un meuble pour revenir près de moi.

J'avais cette impression, celle que le monde autour de nous s'était stoppé afin de souligner l'importance de l'instant que l'on partageait tous deux en cette nuit froide d'automne, à la lueur d'une seule et unique bougie. Cette douce lumière, discrète et tamisée, créait ainsi une ambiance que l'on aurait pu qualifier d'intime ; nos ombres se projetaient sur les murs de ma chambrée, se jouant chacune de cette source de luminosité éphémère. Mes yeux au regard désespérément amoureux scrutaient Alistair qui lui, posté en face de moi, venait d'entendre ces deux petits mots coincés dans ma gorge depuis trop longtemps maintenant. Je t'aime, Alistair. Je t'ai toujours aimé. Il était impressionnant de constater la puissance de quelques lettres articulées les unes après les autres : bouleversant d'admirer l'immensité et l'importance de ce qu'elles pouvaient véhiculer. Je t'aime. Malgré leur courte taille et leur prononciation si simple, elles désignaient tant pour moi. Tant pour nous.
Bientôt, je percevais de brèves rougeurs saisir ses joues, témoignage de son état émotionnel. Oh, mon cher Alistair, comment pouvais-tu être tant gêné par ma déclaration en sachant l'échange que nous avions eu quelques minutes plus tôt ? Toi qui berçais mes nuits depuis toujours, tu es l'être le plus pur qu'il m'est été donné de rencontrer. Je me demandais souvent comment les épreuves que nous avions traversé ensembles avait pu te laisser doté d'un cœur aussi sincère que le tien, comme s'il était immunisé des ténèbres qui maintes et maintes fois avaient croisé notre chemin. Moi, je n'avais fais que m'endurcir et j'étais désormais un homme aussi dur que le roc. Mes recrues me qualifiaient parfois même d’antipathique, fermé à toute émotion, insensible... Ils se trompaient. Tous. Mes blessures et insécurités m'avaient forcé à me forger une carapace aussi acerbe que résistante, semblable aux écailles d'un dragon. Au fond de mon être, mon cœur continuait de saigner et n'arrivait pas à guérir des blessures du passé quoi qu'en disent les autres. Alistair, comment nos mésaventures avaient pu continuer d'alimenter cette flamme qui t'animait d'une sincérité aussi vraie que mes sentiments pour toi ? Voilà une question qui me laissais emprunt de nostalgie. Tu es symbole de candeur dans un monde bien triste et déluré, ce point blanc et lumineux qui éclairait une toile tout de noir vêtue. Un ange tombé du ciel, voilà ce que tu étais à mes yeux.
Un sentiment de fierté m’emplit à mesure que je l'admirais sourire d'une manière des plus adorable : cet air niais et enfantin, ce sourire qui me mettait en émoi... Un effet qui était toujours aussi percutant lorsque je le voyais arborer cette expression, et ce quelque soit les occasions.

Je sais..., m'avait-il murmuré tout en se frottant la nuque comme pour extérioriser de l'embarras. Mon coeur s'était accéléré, et alors que mes pensées se bousculaient, il reprit aussitôt ses propos. J'aime aussi. Je veux dire... je t'aime aussi. Toi.
Tu... Un murmure inaudible scinda la barrière de mes lèvres avant de s'éteindre.
Et tes cheveux. Longs. Ça te va bien, comme ça. Longs. Et... et je l'ai déjà dit, ah ah ah... Ah.  


Mes lèvres s'entre ouvrirent. Je restais sans voix, stoïque, mes yeux rivés sur l'homme de mes rêves les plus fou qui venait de me faire sa déclaration, là, à l'instant. J'étais perdu, noyé dans un océan d'incompréhension. Des questions se bousculaient violemment dans mon esprit, me torturant d'incertitudes et de doutes. Comment pouvait-il me dire qu'il m'aimait après dix ans à me restreindre de lui avouer ce que je ressentais à son égare ? Était-ce là une farce du destin ? S'amusait t-on au dessus de nos pauvre âmes tourmentées à nous égarer durant de longues années comme si jamais nos ressentis pourraient un jour converger pour que finalement, lorsque tout espoir nous semble vain, nous nous avouions mutuellement nos pensées les plus secrètes ?
Lorsque je me rendais finalement compte de sa remarque quant à la longueur de mes cheveux, je pu sentir mes joues arborer une teinte rouge carmin. Je n'avais nul besoin de vérifier visuellement ce fait : la chaleur qui se propageait le long de ma peau était une confirmation plus que suffisante à mes craintes. Je rougissais face à mon aîné, touché au plus profond de mon âme par ses paroles que jamais je n'aurais cru entendre de sa part. Aussitôt, mon esprit me rappela ce rêve que j'avais fais il y a dix ans de cela quand notre route croisa celle du démon de la paresse, dans une des tour du cercle. Cette illusion, déclencheur de mon tourment, avait marqué le début de mon complexe amoureux. Lorsque j'étais dans ce pays fait de songes, l'Alistair de mon rêve m'avait avoué à quel point la longueur de mes cheveux —quand bien même je les avais toujours eu court jusqu'à ce que je décide de les laisser pousser il y a un an de cela— m'allaient "à ravir" : j'avais dorénavant l'impression d'être de nouveau plongé dans une illusion. Pourtant...

D-Désolé, je me sens stupide à rougir comme une fillette et à manger mes mots. Tu me mets dans tous mes états.

Je le sentais me toucher. Sa main tirait faiblement sur la manche de ma chemise après qu'il eu tenté —en vain—de cacher les rougeurs présentes sur ses joues : nous avions un nouveau point en commun désormais, car les miennes n'avaient cessé de virer couleur carmin, encore et encore et ce depuis le début de sa déclaration, comme frappé de plein fouet par ses mots. J’avais perdu toute contenance. Ma confiance s'était évaporée dans les airs, tel un nuage de fumée emporté par le vent.

Je veux pas que tu partes, Reyner... Je peux pas te laisser partir. Pas maintenant. Reste, s'il te plaît. Ou laisse moi t'accompagner. Reste près de moi...  

J'implosais.
Je ne pensais pas qu'après m'être déclaré, un second poids présent sur mes épaules pouvait ainsi s'envoler sans que je puisse avoir cru une seule seconde à son existence auparavant : j'étais figé. Partagé entre le rire et les larmes. Scindé entre plusieurs émotions si virulentes qu'il m'était impossible de réagir proprement ou de trancher. Lorsque les bras d'Alistair me saisirent et que mon corps se retrouvait serré avec douceur contre celui du blond, mes lèvres s'entre ouvrirent, tremblantes ; je ne bougeais plus, démuni, incapable de laisser de quelconques mots franchir mes lèvres.
Il m'aime. Il ne veut pas que je parte. Il me veut près de lui. Par Andrasté. Il m'aime. Il m'aime ! Un sourire saisit finalement mes lèvre. Mon corps se mit à trembler de la tête aux pieds, toujours enfermé dans ce cocon protecteur que formaient les bras d'Alistair : c'est alors que je me mis à rire, si fort, si soudainement ; que mes bras, tantôt inertes, saisissaient avec force la taille de mon aîné ; que je me serrais contre tout son être comme si nous ne faisions qu'un ; je laissais alors mes larmes couler tel un torrent incontrôlable. Des larmes de joie. De bonheur. D'euphorie, d’allégresse, de béatitude, de félicité. De tous les adjectifs existants pour exprimer un profond bien être, un soulagement salvateur. Enfin. Enfin, quelque chose de positif dans mon quotidien morne et glacial. Enfin la vie me souriait.
Crispé, mes mains s'étaient accrochées à la tunique d'Alistair alors que mes larmes continuaient de rouler le long de mes joues : des éclats de rire venaient transcender ce qu'on aurait pu croire un moment éprouvant alors que je lâchais finalement l'homme en face de moi. Je ramenais mes mains vers mon visage, séchant rapidement ces filets d'argent qui continuait de glisser contre ma peau, me reculant légèrement de cet être adorable qui venait de me délivrer d'un supplice sans fin. Je ne m'étais pas reculé totalement de façon à ce qu'il garde ses bras autour de moi.

Alistair..., murmurais-je d'une voix enrouée, m'éclaircissant discrètement la gorge tandis que mes yeux rivés vers le sol se levèrent vers ceux de mon vis à vis. ... C'est d'accord.  

Ma main se leva avec douceur, allant saisir l'une des mèches blondes d'Alistair afin de la lui remettre en place. Finalement, je la posais contre la joue droite de l'homme en face de moi, l'admirant comme s'il était le plus beau de tous les trésors sur terre ; mes yeux luisants de félicité étaient les témoins d'un changement radical en moi.  Jamais personne ne m'avait vu comme Alistair me voyait ce soir là. Je retrouvais mon âme d’antan. Celle que j'avais lorsque j'étais encore Reyner Cousland. Non pas Reyner Cousland le héro ; Reyner Cousland, fils du Tyern Bryce et de la Tyerna Eleanor, descendant des Alamarri d'Hautecîme. Lorsque j'étais ce jeune enfant qui courait pieds nus sur la plage, riant aux éclats tout en se faisant pourchasser par son frère ; ce jeune garçon qui enlaçait ses parents à toute occasion possible afin de leur dire à quel point il les aimaits ; ce jeune homme qui découvrait l'allégresse du premier amour ; un homme. Tout simplement. Un homme comme les autres.
Mon sourire revint à la charge, étirant mes lèvres : ma main, précédemment sur la joue de mon vis à vis, glissa avec délicatesse derrière la tête de ce dernier, saisissant ainsi sa nuque : je l'approchais alors de moi, faisant de même avec mon propre visage, nos lèvres se rencontrant à nouveau, mais ce fut un baiser tout autre que celui de tout à l'heure. Douceur, subtilité et délicatesse étaient les maîtres mots de cet échange que je présidais avec un bonheur des plus purs. Je lui communiquais ainsi d'autre sentiments que ceux que je lui avais partagé lors de notre premier baiser  — qui était, lui, fait de désir, de passion et d'envie : celle de me perdre durant une nuit contre ce corps qui m'avait tant torturé dans mes songes les moins chastes —. Un baiser empli d'amour. Un geste simple, tout comme les mots que nous nous étions délivrés, mais pour autant aussi puissants que les plus grands sortilèges sur cette terre.

Je reculais alors mes lèvres avec douceur, ma main glissant le long de son dos afin de lâcher mon emprise de sa nuque, cela ne me servait plus à rien désormais : remis de mes émotions, je semblais plus calme et plus serein. Apaisé était le mot juste. Que dire ? J'étais heureux.
Je clignais doucement des yeux, continuant de détailler ce visage si magnifique, alors que j'eu soudainement une tonne de questions qui me traversaient l'esprit quant à mon aîné. Toutes les bonnes choses avaient une fin, et mon état d'euphorie qui avait paralysé mon sens de la logique venait de cesser. Mes sourcils se froncèrent, puis se redressèrent ; j'avais oublié quelque chose de fondamental, qui m'avait retenu de communiquer quoique ce soit en rapport à mes sentiments à mon vis à vis : ses préférences.

L'air extrêmement confus, j'ouvrais puis refermais la bouche tout en me reculant du corps de mon aîné, déchantant de ce moment de félicité intense. J'avais été tellement chamboulé par ce rapprochement soudain que j'en avais même perdu mon habilité à raisonner. Je ne comprenais pas moi-même pourquoi cela me revenait soudainement, maintenant, alors que j’aurais très bien pu poser cette question plus tôt.

Attend un peu... Je ne comprends pas. Alistair, tu n'es pas... ? Je croyais que tu n'aimais que la compagnie des femmes ?

Déboussolé, je sondais le regard d'Alistair avec une soif de réponse encore plus grande qu'avant désormais. J'avais besoin de cette réponse.


The Calling of the Warden.
THE CITY OF THE DEAD ⊹ I'M SCARED OF WHAT'S INSIDE MY HEAD, WHAT'S INSIDE MY SOUL ; I FEEL LIKE I'M RUNNING BUT GETTING NOWHERE. FEAR IS SUFFOCATING ME, I CAN'T BREATHE, I FEEL LIKE I'M DROWNING, I'M SINKING DEEPER. WHITE LIGHT FADES TO RED AS I ENTER THE CITY OF THE DEAD. I FEEL IT BURNING THROUGH MY VEINS, IT'S DRIVING ME INSANE, THE FEVER IS RISING, I'M GOING UNDER.

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