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— PSEUDOs : Nayja
— DISPONIBILITÉ RPs : ✓ Disponible
— PRÉSENCE : Soir et fin de semaine
— MISSIVES : 18
— DC&TC : Valÿra
— PRESTIGE : 86
— CRÉDITS : Nuven — Nipuni
— ICONE (100x100) : — NATIONALITÉ : Dalatienne
— PROFESSION : Herboriste/Espionne
— FACTION : Mien'Harel
— ARMES : Dagues et herbes pour les concoctions
— AMOUREUSEMENT : Mariée
— O.SEXUELLE : Bisexuelle
Posté Mer 21 Mar - 1:15
Le mauvais assassin
joueur 1joueur 2
Le feu rongeait encore la chair de ce qui était autrefois mes compagnons d’armes lorsque les assaillants de ceux-ci quittèrent les lieux en riant aux éclats. Camouflée dans l’herbe, non loin du premier corps, j’observais en silence leur départ. J’avais été incapable de bouger, incapable de pouvoir faire quoi que ce soit, de peur de ne pas pouvoir revenir auprès de ma famille. Ma main serrait encore tout près de mon cœur, une image de ma fille Linuen espérant avoir une chance de la revoir un jour. Malgré mon optimisme et ma bonne humeur en présence d’autrui, il n’en restait pas moins que j’étais désormais seule. Ma seconde main sur ma bouche afin de ne laisser échapper aucun bruit, je pleurais à chaudes larmes la perte de ceux dont je devrais annoncer la mauvaise nouvelle à leur famille. Je n’avais encore jamais eu le devoir de le faire depuis mon arrivé dans les rangs de Mien’Harel. Ils étaient tout quatre de bons soldats, dévoués à la cause et désormais, ils brûlaient tels de vulgaires esclavages qui auraient désobéis à leur maître. Au moins, ils n’étaient déjà plus de ce monde.  Devoir les entendre brûler vif sans pouvoir rien faire aurait été beaucoup plus douloureux surtout qu’ils me savaient encore en vie.

Le temps passa, une heure peut être, sans que j’entende le moindre bruit suspect. Je sortis lentement de ma cachette, observant de plus près le carnage, passant de corps en corps, pleurant chacun d’entre eux aussi longtemps qu’il m’était possible de le faire. À bout, je savais déjà mon retour à Revassan pénible et difficile. Quoi de pire que de passer le voyage seul à ressasser ce qui venait de se produire tout en se demandant de qu’elle manière j’allais devoir annoncer au commandant ce qui venait de se produire. En théorie, on nous avait trahis. C’était la seule hypothèse me venant à l’esprit. Les assassins de mes compagnons savaient où et quand nous trouver. Ce qui nous faisions et ce que nous attendions. Notre équipe avait toujours été organisée, méticuleusement préparée et soudée. Je n’imaginais aucun d’eux nous trahir. Alors qui?

Je ne désirais plus y penser. J’aurais tôt ou tard cette discussion, mais pour l’heure, je devais enterrer mes confrères d’armes avant que la nuit tombe et que les loups viennent se nourrir. Chacun avait le droit de se nourrir, c’était dans le cycle des choses, néanmoins, mes compagnons avaient eux-aussi le droit au « repos » et ne pas terminer dans le ventre d’une bête. Nous n’avions pas de pelle et, si tel était le cas, les mercenaires les auraient sans doute apporté avec eux, histoire de revendre le tout et ce faire quelques piécettes de plus. Il était impensable d’y aller à la dague et, mes mains, encore moins. Je fis donc mon possible pour improviser quelque chose. Un bout de bois solide, ma ceinture et mon bol en bois qui était resté en haut de mon perchoir était désormais munie d’un trou, grossièrement découpé à l’aide de l’une de mes nombreuses dagues. Pitoyable! Néanmoins, c’était le moins qu’il m’était possible de faire avec ce que j’avais sous la main et, impossible de laisser les corps sans surveillance.

Je pris une grande inspiration, regardant de nouveau les quatre corps que je venais tout juste, avec grand peine, d’éteindre et de placer, cordé, les uns auprès des autres. Chacun était désormais envelopper dans un morceau de tissus découpé dans la dernière tente toujours debout, celle d’Elgar. Celui-ci avait toujours eu de la difficulté à dormir auprès des autres. Le bruit le rendant dingue depuis une mésaventure avec des templiers, il avait pris pour habitude de monter sa tente à l’écart afin de ne pas avoir à supporter les ronflements d’Ella. Placé devant chacun d’eux, à leurs pieds, une simple pierre, les plus grosses et les plus rondes que la forêt m’avait permis de trouver. Certes, il m’était impossible de leur offrir une cérémonie digne de leur statut. Pourtant, je leur fis une petite prière, d’aussi loin que ma mémoire me rappelait celles que l’on récitait aux disparus dans mon ancien clan.

Il était temps de me mettre au travail. Malheureusement, la pluie commençait à tomber. Quelle ironie! Néanmoins, je m’attelais à ma tâche comme une forcenée. Plus vite je pouvais quitter cet endroit et plus vite je pourrais retourner auprès des miens et annoncer la mauvaise nouvelle. Le sol, de plus en plus mouillé, devenait de plus en plus lourd et, rapidement, ma pelle improvisée se brisa, la branche n’étant pas assez solide pour résister aux coups que je lui faisais supporter. Genoux au sol, je vins piétiner la terre à l’aide de mes poings sous l’effet de la colère avant de hurler. Une fois, puis une autre. Plus long et déformé par la colère ne n’avoir rien tenté. À bien n’y penser, si j’avais pu me préparer d’avantage, chacun d’eux aurait pu se retrouver avec une dague empoisonnée dans le dos, mais je n’avais pas eu le courage, préférant jouer la sécurité – pour une fois – afin de pouvoir prévenir Mien’Harel du danger potentiel que toute cette histoire pouvait apportée.

Tout en soupirant, je repris ma ceinture avant de replacer l’une des mèches de ma chevelure rousse me tombant sur le visage au niveau de mes yeux. Je pris ensuite mon bol avant de le plonger dans la terre désormais complètement trempée, et alourdie par la pluie. Beaucoup moins rapide, mais au moins, le travail avançait. Plus je creusais et plus la peau du bout de mes doigts fendaient sous l’effort.

Complètement trempée, et épuisée, je devais désormais mettre les corps dans le premier trou que je venais de terminer de creuser. Le plus près était Ella. Sans doute celle avec qui je travaillais depuis le plus longtemps. Elle venait à peine de rencontrer « la femme de sa vie », comme elle l’aimait nous le faire savoir. J’avais été heureuse pour elle. De retour de mission, elle avait prévue lui demander de vivre avec elle. Au lieu de cela, elle allait devoir terminer sa vie dans ce trou humide rempli d’eau. Je l’a pris par les pieds, la traînant du mieux que je le pouvais son corps. Son corps glissa sans peine, dans sa dernière demeure. Alors que j’entrepris de soulever mon deuxième compagnon, un bruit m’interpella. Aux aguets, je pris l’une de mes dagues dissimulées sous mes vêtements et lança vers ce qui semblait être derrière la silhouette, entendant mon arme se planter dans le tronc d’un arbre.

- La prochaine, je te la plante entre les deux yeux!

J’étais direct et de mauvaise humeur. Je n’avais pas le temps pour les politesses habituelles et le savoir-vivre. On venait de m’arracher quatre de mes meilleurs amis et je voulais rentrer chez moi. Aussi bien dire que cette personne était mal tombée.

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