Dragon Age : Les Légendes de Thédas

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Posté Ven 9 Mar - 21:13
Fort-Céleste, chapitre 7Ft. Wulf Varatarg

Dans les bras de Morphée, ou d'un autre


Le calme régnait dans la bibliothèque. Pas un bruit, pas un chat .. enfin, presque ; soupirant, confortablement installé dans son fauteuil, ami fidèle, un Tévintide somnolait. Il fallait dire que ses deux précédentes nuits furent noyées dans l’alcool, et que la précédente fut court, objectivement ou subjectivement. La première partie de la nuit fut consacrée aux réflexions interminables, et la deuxième, à .. rêver. Mais pas de n’importe quoi, ni même de n’importe qui. Et d’y repenser provoquait à la fois un sentiment de tranquillité et de nervosité. C’en était fatiguant. Ça, combiné à d’autres mauvais rêves, dus à bien trop de pensées qui se mélangeaient étrangement. Mais ce songe, ce flottement soudain, ce léger rayon de soleil qui perçait au travers des nuages .. C’était comme un écho à cette nuit qu’il avait presque complètement oubliée. Il était là, auprès de lui, sa chaleur contre la sienne, son parfum l’enivrant autant qu’un bon verre de cognac. Rien n’était vu, rien n’était dit : sa seule présence était alors bien assez. Il se sentait bien, en sécurité.

En bref, une mauvaise nuit également, ou alors trop peu reposante. Ça, mélangé aux deux autres nuits précédentes passées à boire et/ou à prendre du bon temps, Dorian était fatigué. Mais que faisait-il donc là, à dormir à moitié, dans ce cas ? Comment avait-il atterri là ? Eh bien .. sans doute aurait-il fallu mentionner la troisième partie de sa nuit : celle de s’être levé, pour finalement s’être dirigé vers la bibliothèque pour se changer les idées. Et le voilà, une jambe croisée sur l’autre, les bras faisant de même mais de façon plus relâchée, retenant un livre ouvert contre sa poitrine. Sa tête penchait légèrement sur le côté, appuyée contre le dossier, le visage relativement tranquille. ..

Et ce grotesque gentleman ne quittait même plus son inconscient, c’était dire .. Mais maintenant, il pouvait voir, il pouvait sentir ; son souffle chaud contre sa peau, ses grandes mains qu’il arrivait avec toujours plus d’aisance à détailler, ce .. cette espèce de plénitude, qu’il avait alors. Tous ses sens étaient en alerte, frémissant à chaque frôlement de pensée. Et puis .. ce corps bien taillé, ces épaules larges, ce regard espiègle, ce sourire arrogant camouflé dans cette moustache de feu. Le même genre de feu qui commençait à toujours plus l’embrasé, mais pour le conduire à une béatitude étrange, une espèce de calme intérieur, sans aucune couche de stress, ni même de tracas. Comme si tout d’un coup, il oubliait tout. Il laissait tout de côté pour se focaliser sur ce qu’il sentait alors à cet instant précis ..

Il n’y avait personne dans la bibliothèque, à une heure autant précoce. La salle baignait dans le calme, dans la tranquillité de l’aube qui venait à peine de pointer son nez. Difficile donc d’en troubler le repos ; quoique ..




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Posté Ven 9 Mar - 21:36

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Wulf se sentait étrangement perturbé : les jours précédents, dès son arrivée à Fort Céleste, avaient été plus que mouvementés. Et il avait fait dans le lot quelques rencontres plutôt notables. Tout d’abord, Mireï, et puis… Dorian. Le tévintide semblait collé à l’intérieur de ses paupières, se rappelant à lui dès lors qu’il clignait des yeux. Il n’arrivait toujours pas à savoir s’il aimait cela ou non. En tout cas, il s’en inquiétait : un homme qui avait si ouvertement flirté avec lui dès son arrivée, qui ne se rappelait même pas la nuit qu’ils avaient passés ensemble… Et pourtant, les quelques mots lancés par le mage insinuant une envie de le revoir, ce n’était pas rien ! Secouant la tête comme pour chasser hors de son crâne le visage du brun, il monta les escaliers menant au hall. Il s’inquiétait de cet étrange état de fait : si prompt à s’attacher à quelqu’un qu’il connaissait à peine. Lui qui vivait dans le passé depuis bien trop longtemps frémissait devant une moustache brune.
Tournant à droite, il déboucha devant la fresque. Il ne se perdait plus dans le fort, dorénavant : son sens de l’orientation quasi miraculeux avait fait des ce qu'il fallait, et presque tout le quartier général de l’inquisition lui était familier. Aussi, les bonnes habitudes matinales étaient arrivées rapidement : il se sentait obligé de jeter un coup d’œil à tout ce que la bibliothèque de l’inquisition pouvait contenir qui nourrirait ses contes. Il était sans cesse à la recherche de quoi que ce soit de nouveau, qui interpellerait le public.
Mais alors qu’il débouchait dans la bibliothèque circulaire, après quelques pas, il vit l’homme qui habitait ses pensées. Se figeant soudainement, son pas rapide tout de suite stoppé, il observa le tévintide endormi. Il n’avait pas eu le loisir de l’observer en de telles circonstances, la dernière fois. L’Appel lui avait donné un réveil peu agréable. En parlant d’appel, le rêve de la nuit dernière le fit observer le visage de Dorian avec encore plus d’inquiétude. S’approchant à pas léger (malgré sa carrure, son entraînement de voleur le rendait discret), il observa un peu mieux l’objet de ses pensées.
Kaffas.

Juste un murmure, un chuchotement qui commençait à contempler l’étendue des dégâts qui se produisaient à l’intérieur de sa tête. Regardant l’homme toujours endormi, il posa ses mains sur les deux accoudoirs alors qu’il se baissait vers le tévintide. Il savait qu’il n’avait aucune légitimité pour faire ce qu’il comptait faire. Mais il en avait envie.
Alors il l’embrassa, lui volant un baiser et le réveillant par la même occasion. Juste léger, pour s’approcher de ce visage qui était pour lui si particulier.
Dans quel guêpier s’était il fourré.
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Posté Ven 9 Mar - 22:15
Fort-Céleste, chapitre 7Ft. Wulf Varatarg

Dans les bras de Morphée, ou d'un autre


Et puis, il le sentit plus près de lui et avec plus d’intensité, ce parfum toujours plus familier. Etrange .. Quelque chose lui arracha un soupir, couplé d’un léger gémissement. Et puis .. un geste familier, une saveur familière, qui épousa ses lèvres. Une chaleur qui semblait soudainement lui avoir atrocement manqué. ..

Ses mains se crispèrent, tandis que ses yeux se plissèrent un peu. Puis il sentit à nouveau, le siège dans son dos, et .. attendez. Encore embrumé par le sommeil, Dorian ouvrit innocemment les yeux, pour se demander qui le .. l’agressait pendant son sommeil ?! Pris de panique, il tenta de réagir rapidement ; quand il réalisa qui était le fourbe qui lui faisait ça, l’étincelle manquante pour pleinement contre-attaquer s’embrasa. Le thaumaturge poussa un cri de surprise, tandis qu’il voulut le repousser violemment. Sauf que .. le noiraud hésita, tout à coup. Il avait cependant déjà agrippé son col. Un soupir contre ses chaudes lèvres, puis deux .. Le Tévintide n’avait pas tant la force de le contraindre à partir, en fin de compte. Confus, il ne savait plus trop où se mettre. Il hésitait entre lui répondre avec toute l’énergie qu’il pourrait, le repousser, partir en courant, disparaître, quand il sentit son visage entier tourner au rouge vif, le frapper, le ..

Finalement, Dorian rompit le baiser, perdant son regard troublé dans le sien, avant de .. de froncer les sourcils. Brutalement irrité, il tenta de cacher son malaise par la colère ; s’il savait à quoi il songeait, avant. .. Il continua de le tenir par le col, plantant un regard inquisiteur dans le sien.

Vishante kaffas, je peux savoir ce que tu es en train de faire ?!

Dans le fond, ce n’était pas si déplaisant, comme réveil … AH. Non, hein ! Dorian chassa cette pensée d’un soupir bruyant. Enfin .. c’était bien beau de se faire réveiller, mais .. Quel malaise. Mais que faisait-il là, au juste ?! Pile quand il pensait à lui, comme par le plus grand des hasards, le voilà qui arrivait et, dans le plus grand des calmes, lui volait un baiser. Non mais .. NON MAIS POUR QUI SE PRENAIT-IL ?! Toujours sur son onde furieuse, le thaumaturge le poussa, de façon à le forcer à reculer. .. Puis il réalisa que son livre était par terre, sauvagement ouvert et face contre terre. Triste vision ; Dorian se pencha pour ramasser le livre, avant de le refermer et de le placer sur sa jambe.

Non mais je n’en reviens pas .. Ah ! Vous les Féreldiens !! Depuis quand c’est éthiquement correct de se comporter ainsi avec son prochain ?!!

Il se leva, réalisant par la même occasion qu’il .. s’était endormi dans son siège. Ah, heureusement qu’il n’y avait encore personne .. Dorian se racla la gorge, tournant le dos bien rapidement à Wulf pour essayer un minimum de retrouver un peu de raison dans ce merdier. Il s’éloigna donc, le livre en main, espérant le ranger .. ou du moins, faire semblant.

Sinon, je .. enfin .. ouais, salut.

Le thaumaturge fit exprès de se perdre auprès d’une étagère, effleurant les couvertures, comme s’il cherchait un livre en particulier. Il n’entendit plus vraiment de bruit de pas de la part du Garde : bonne nouvelle, au moins il aurait un minimum la paix. Pour dire, il ne l’avait pas recroisé depuis cette histoire avec Mireï .. Ce n’était que la veille au matin ; pourtant, il avait le sentiment que c’était déjà la semaine dernière. Drôle de distorsion.

Puis il se déplaça un peu, assez proche de l’étagère, continuant ses fouilles minutieuses ; enfin, la grande question restait ce qu’il cherchait précisément. En fait, c’était juste pour se tenir occupé, et surtout, loin de sa présence enivrante et envahissante.

Et .. quel vent t’amène par ici, le marin ?





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Posté Ven 9 Mar - 22:50

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Le Garde des ombres sentit son amant se réveiller sous ses lèvres : tout d’abord la confusion, puis la fougue. Son col se fit agripper par les deux mains du brun qui se sentait visiblement fougueux dès le lever. Répondant en posant une de ses larges mains contre la paume du mage, il sourit au premier soupir du tévintide. Au second, il se sentait lui-même un peu pantelant. Mais malheureusement, tout effet de surprise a sa fin, et Dorian le repoussa, son visage rougit par la colère, ou le plaisir. Un échange de regard lia quelques instants les deux hommes tandis que les sourcils du brun se froncèrent. Un léger sourire en coin naquit sous la moustache rousse.
Vishante kaffas, je peux savoir ce que tu es en train de faire ?!

Un léger sourire en plus, et le tempête se redressa, laissant un peu d’espace au brun. Avec un haussement de sourcil, il nota avec un certain amusement que Dorian avait la manie de poser les questions dont il avait les réponses quand il était confus. Celle-ci en était un bel exemple.
Je t’embrasse.

La colère semblait envahir le mage, et le rouquin resta néanmoins sur ses gardes : la dernière fois que le tévintide avait été en colère, il avait cramé la face de sa victime. Alors, certes, le contexte n’était pas similaire, mais il préférait rester vigilant. Il fut de nouveau éloigné par les deux mains du thaumaturge. Ce dernier saisit son livre qui était tombé sur le sol. Le Garde des ombres essaya d’en saisir le titre, mais son congénère fut plus rapide, le referma et le plaça sur sa jambe. Préférant se concentrer sur l’affaire en cours, il détailla légèrement du regard l’objet de ses pensées.
Non mais je n’en reviens pas .. Ah ! Vous les Féreldiens !! Depuis quand c’est éthiquement correct de se comporter ainsi avec son prochain ?!!

Une légère moue sur les lèvres, Wulf réfléchit à un quelconque argument de défense avant de s’apercevoir qu’il n’en avait aucun. Dans un haussement d’épaule nonchalant (la vérité était qu’il était un peu nerveux), il répondit de sa manière un peu rustre et manquant parfois de tact :
Et bien… je n’ai pas été correct. Mais j’en avais envie.

Il passa sous silence l’exclamation du tévintide sur les féreldiens : à vrai dire, le comportement de l’Altus face au simple marin qu’il avait été, il trouvait cela plutôt amusant. Il se rappelait d’ailleurs, de la figure du brun quand il s’était couché nu dans son lit.
Le thaumaturge se leva, commençant à chercher dans les étagères. Que cherchait il : la place de son livre ? Ou un peu de contenance ? S’adossant à la fenêtre, Wulf ne se gêna pas pour regarder le brun d’un air tranquille.
Sinon, je .. enfin .. ouais, salut. Et .. quel vent t’amène par ici, le marin ?

Visiblement, la mémoire revenait au mage, puisque Wulf avait déclaré être un ancien marin à la taverne. S’approchant à pas léger du dos du tévintide, il posa une de ses mains sur l’étagère, son torse non loin du dos du mage. Sans le toucher pour autant : il voulait accentuer sa présence, pas devenir encombrant.
Je t’ai cherché, hier…


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Posté Ven 9 Mar - 23:43
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Dans les bras de Morphée, ou d'un autre



Je t’embrasse.

.................. Je crois que j’avais compris, merci.

Il fallait vraiment qu’il le prenne pour un idiot, en plus ?! Dorian grogna à sa réponse. Il fallait toujours qu’il soit autant franc, rah. .. Afin d’éviter d’accidentellement brûler quelque chose, il inspira un bon coup, pour soupirer lentement. Enfin, cela ne chassait en rien ce drôle de sentiment qui lui arrachait le cœur de la poitrine. Mais rien que de l’avoir énoncé clairement comme ça, .. Pourtant, ce n’étaient que quelques mots, deux ou trois à peine. Mais ils avaient, à ses oreilles, une autre signification, venant de lui ; comme si sa personne y apportait bien plus d’importance, de force. Mais oui, tout simplement, tout bêtement, il l’embrassait. .. Mais quelle mouche l’avait piqué, pour qu’il s’amuse à faire ça PENDANT SON SOMMEIL.

Et bien… je n’ai pas été correct. Mais j’en avais envie.

Un drôle de frisson parcourut Dorian, qui se figea instantanément sous ses paroles. Il eut une sorte de flottement à cet instant, pensif : dans le fond, peut-être finalement qu’il .. Non. Il en avait envie, cela ne voulait rien dire. Agacé jusqu’au cou, le Tévintide se leva brutalement, cherchant à creuser la distance avec lui, avant de perdre tout moyen.

Tss, BA-LI-VERNES !

Il traversa la bibliothèque, arrivant alors vers une étagère. Voilà. Porter son attention sur l’étagère, et non sur lui. En plus, il était bien loin d’arriver près de lui, sinon il entendrait le son de ses ..

Je t’ai cherché, hier…

.. pas. Dorian sursauta, ses joues s’empourprant davantage. Son souffle s’accentua soudainement, légèrement tremblant d’une émotion qui s’était mué, à force, en un sentiment autant puissant qu’encombrant. Il ferma alors les yeux, essayant de retrouver ses esprits, avant de soupirer. Il s’était inquiété. Peut-être finalement que… Non. Mais cet air suave ne saurait mentir .. Raaaah !!

Le thaumaturge tenta de réguler son souffle, soudainement autant oppressé que rassuré par sa présence. Pourquoi. Mais .. que pouvait-il bien lui répondre, d’un côté ? .. Il avait susurré ces mots avec un air en tout cas inquiet. Tout se mélangeait un peu dans sa tête, malgré l’ordre qu’il essayait d’y mettre.

Heureusement qu’il lui tournait le dos.

Hum ..

Aucun moyen de parler, lui qui était pourtant loquace. Lui qui imposait pourtant sa présence partout où il allait, le voilà se faisant soudainement plus petit. Plus petit face à une présence qu’il savait protectrice.

J-je ..

Et le voilà, bredouillant comme Mireï. C’était dire s’il était en forme. Etrange ; d’ordinaire, il reprenait avec aisance la relève de ce genre de petites piques, mais il y sentit une sincérité qui l’avait complètement chamboulé. Il s’était vraiment inquiété pour lui ? Soufflant par le nez, il se résolut à faire la plus grande erreur de sa vie : Dorian se tourna, s’adossant à l’étagère. Et là, il perdit son regard dans le sien, encore et toujours, comme si un papillon de nuit restait captivé par la lumière d’une bougie, dont la flamme le consumerait dans son entièreté. Malgré tout, malgré ses ressentis, son humeur, sa fatigue, mais surtout la présence enivrante de son amant, il haussa les sourcils, prenant soudainement un air complètement détaché – enfin, il essayait.

Ah bon. Je ne vois pas pourquoi, je me portais comme un charme, hier.

Son regard avait étrangement basculé sur le côté, comme si de mentir de la sorte lui était désormais autant compliqué que de parler de sujets plus .. émotionnels. Malgré tout, il le rehaussa, se plantant sur l’homme qu’il avait en face de lui et qui ne quittait plus ses pensées depuis qu’il avait « simplement » pris un verre avec. Plus soucieux, il lui adressa un regard plus attristé, plus inquiet.

Et Mireï .. comment va-t-elle ? Je .. Je ne l’ai pas revue depuis.





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Posté Sam 10 Mar - 0:12

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La colère de Dorian semblait presque palpable, et Wulf était en train de sérieusement se demander s’il ne s’était pas attaqué à un trop gros morceau pour lui : le mage tournait dans sa tête, et il ne parvenait certes pas à l’exorciser. Mais il tenait à ne pas ressembler à une torche humaine.
Tss, BA-LI-VERNES !

Avec un léger sourire, le rouquin vit son amant s’éloigner encore un peu plus : il ne le croyait pas, ce qui pouvait vouloir dire qu’il n’avait pas envie de le croire. Ou alors plus simplement : il s’en fichait. Chassant la dernière option de ses pensées, il hésita à répondre, pour mettre en avant sa franchise, avant de se raviser. Il devait paraître évident qu’il n’était pas homme à mentir. Et puis, peut être valait il mieux qu’il ne semble pas avoir besoin de se justifier.
Quand il s’approcha du dos de Dorian, il ne put s’empêcher de regarder sa nuque, résistant à quelques caresses qu’il avait envie de donner. Le Garde des ombres était pourtant un homme qui savait se maîtriser, qui ne laissait pas ses impulsions le commander. Et voilà qu’il devait essayer de faire preuve de subtilité face à un tévintide en colère dont il avait volé un baiser. Ce n’était peut-être pas très bien parti, d’ailleurs.
Le sursaut du thaumaturge quand il le surprit fit sourire le rouquin. Il aimait surprendre les gens. Et il commençait à se rendre compte qu’il adorait rendre Dorian confus. Même si cette proximité manquait de le rendre fou à chaque dialogue. Il s’humecta les lèvres, nerveux, attendant une réponse de son amant qui ne semblait pas vouloir venir.
Un léger soupir le rassura : le brun ne s’était pas transformé en pierre, même s’il avait l’air d’être fait de marbre.
Hum ..

Cette simple hésitation fit remuer le ventre du roux. Heureusement que le thaumaturge lui tournait le dos en ce moment même : il n’était pas sur de pouvoir gérer le regard clair de son amant à ce moment précis.
J-je ..

Quelques secondes s’écoulèrent encore, avant que Dorian ne se retourne. Merde. Bordel. Kaffas. Les deux hommes se perdirent une nouvelles fois l’un dans le regard de l’autre. Le Garde des ombres ne sut pas camoufler son déglutissaient nerveux. Et s’il avait l’air plus tendu qu’il ne voulait le paraître, le mage semblait avoir effectivement retrouvé sa contenance sur les étagères. Un haussement de ses sourcils complétait l’air nonchalant. Le féreldien ne s’y trompa pas : il faisait face à une technique qu’il connaissait pour avoir déjà appliqué.
Ah bon. Je ne vois pas pourquoi, je me portais comme un charme, hier.

Avec un sourire en coin, mais un regard compatissant, il chercha le regard du mage, comme si perdre de vue ses deux yeux était une grande faute.
Bien sur… Et moi je suis l’impératrice d’Orlaïs ! Si tu ne veux pas en parler je peux le comprendre…

S’humectant les lèvres une nouvelle fois, nerveux, il sentit qu’il allait faire le premier pas, et prier tous les dieux qui pouvaient bien exister qu’il ne s’était pas trompé sur les intentions du brun.
Mais sache que je m’inquiète pour toi.

Il avait l’impression d’avoir fait un véritable plongeon. Il n’osait imaginer la réponse du tévintide : « tu n’as pas de raison de t’en faire » ? Ou : « Je ne vois pas pourquoi tu t’inquiètes »… Pire encore « cela ne te regarde pas. »… La réponse de Dorian semblait beaucoup trop importante à son goût, aussi il se focalisa sur la question du thaumaturge :
Et Mireï .. comment va-t-elle ? Je .. Je ne l’ai pas revue depuis.

J’ai passé une partie de la journée d’hier avec elle… Elle se remet du choc, mais le pire n’est probablement pas passé.

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Posté Sam 10 Mar - 13:21
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Dans les bras de Morphée, ou d'un autre


A son grand désarroi, Wulf semblait percer dans son petit jeu de détachement. Dorian avala sa salive, en même temps dans la plus grande des aises que dans le plus grand des inconforts.

Bien sur… Et moi je suis l’impératrice d’Orlaïs ! Si tu ne veux pas en parler je peux le comprendre…

Il savait que quelque chose n’allait pas, il le savait. Et il s’inquiétait pour lui, en plus. Oh la la, comment pouvait-il le laisser s’inquiéter comme ça ?! … Ou alors non, il ne s’inquiétait pas pour lui, il ..

Mais sache que je m’inquiète pour toi.

Son regard clair jadis égaré, Dorian le centra brusquement sur lui, ne cachant nulle forme curieuse de surprise. Il restait là, muet devant lui, sans réellement savoir quoi dire ou faire. Mais au lieu de bredouiller comme avant, le thaumaturge inspira lentement, pour souffler par le nez, comme pour reprendre contenance. Il s’inquiétait pour lui. D’un côté, c’était une chose incroyablement géniale, du fait que Wulf pensait sans doute à lui comme lui pensait à Wulf, mais également quelque chose de terriblement navrant : il perdait du temps et peut-être des nerfs à se soucier pour quelqu’un. Que lui répondre, maintenant ? Car cela se sentait qu’il attendait quelque chose de sa part, maintenant qu’il venait de mettre ça sur la table.

W-Wulf ..

Mais il n’acheva pas sa phrase, ne sachant réellement que répondre. Mais le simple fait de savourer de la langue son prénom était suffisant à ses yeux. Il ferma un instant les yeux, légèrement rêveur, avant de les rouvrir soudainement, comme s’il avait manqué de tomber à cause du sommeil. Désirant plutôt changer de sujet, il mentionna Mireï. Magnifique diversion, de quoi changer d’épisode et de ne plus parler du précédent.

Et Mireï .. comment va-t-elle ? Je .. Je ne l’ai pas revue depuis.

J’ai passé une partie de la journée d’hier avec elle… Elle se remet du choc, mais le pire n’est probablement pas passé.

Dorian hocha de la tête en silence, approuvant hélas ses propos. Il soupira de nonchalance, réalisant que le sommeil le gagnait encore malgré ce réveil suavement brutal. Il eut un léger vertige ; le thaumaturge se rattrapa comme il put, prenant appui sur .. Wulf. Le. Malaise. Ses mains s’étaient posées contre ses épaules. Et là, il sentit sa plus grande erreur de la matinée arriver, son parfum l’étreindre, sa chaleur l’attirer, et .. il ferma les yeux, appuyant son front contre son épaule. Comme c’était soudain agréable, de se tenir là, comme ça l’avait toujours été.

Excuse-moi, ce .. ce n’est rien, je suis juste un peu .. fatigué.

Sa voix était alors endormie, basse et douce. Honnêtement, il pourrait s’endormir contre lui, comme toujours.




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Posté Lun 12 Mar - 19:47

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Sa déclaration fut accueillie avec un air confus qui n’aidait pas du tout Wulf. L’ancien marin avait l’impression de nager en eau trouble, et le regard clair de Dorian posé sur lui ne l’aidait pas du tout à faire le tri. Le silence s’étira et le Garde des ombres ne savait pas si au bout d’un certain temps il était censé chercher sa dignité perdue dans un des rayons de la bibliothèque. Et puis un soupir. Les yeux émeraudes du voleur tentèrent de décrypter sans réel succès. Il pouvait voir l’hésitation, le doute, l’angoisse. Et ses émotions là faisaient trop miroir aux siennes pour qu’il soit rassuré.
W-Wulf ..

Le début de son prénom écorché par l’hésitation, le rouquin fouilla du regard quelques indices dans les yeux du mage avant de sourire, comme s’il avait trouvé la réponse qu’il cherchait. Il avait l’impression de redevenir un adolescent maladroit. C’en était absurde. Et le tévintide devait penser de même puisqu’il ferma brièvement les yeux, comme pour se rassénérer. Mais le féreldien ne manqua pas de noter que le brun tombait de fatigue. Cela crevait les yeux.
Le sujet Mireï vint sur la table, et le tempête commençait à se rendre compte que la sieste qu’il avait interrompue aurait peut-être dû être terminée : les soupirs étaient lourds de fatigues, et après un léger clignement des yeux, deux mains se posèrent sur ses épaules. Instinctivement, il saisit le thaumaturge par la taille, un bras dans le dos du brun, et un autre contre sa nuque. Il sentit le front de son amant se poser sur son épaule et il s’autorisa à caresser un peu la nuque de ce dernier.
Excuse-moi, ce .. ce n’est rien, je suis juste un peu .. fatigué.

La voix basse de Dorian l’attendrit et le remua tout en même temps. Avec un léger sourire, il murmura (comme pour instaurer un climat de paix, plus paisible que la surprise qu’il avait provoquée) :
Je sais que tu privilégies d’autres occupations, mais la nuit est faite pour dormir.

L’ironie faisait référence à leur dernière nuit plutôt courte. L’ironie derrière l’ironie c’était que le Garde dormait difficilement plus de cinq heures par jour depuis des années, que ses nuits étaient hantées de cauchemars, et qu’il préférait mille fois les étoiles au soleil.
Il rajouta, plus sérieux derrière son humour :
Tu veux que je t’accompagnes à ta chambre ?

L’occasion d’être sur qu’il avait bien en mémoire l’emplacement de cette dernière…

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Posté Lun 12 Mar - 21:44
Fort-Céleste, chapitre 7Ft. Wulf Varatarg

Dans les bras de Morphée, ou d'un autre



Je sais que tu privilégies d’autres occupations, mais la nuit est faite pour dormir.

Un frisson le parcourut quand il sentit ses doigts sur sa nuque. Il s’était légèrement déconnecté, mais ce doux contact lui laissa comme un électrochoc qui parcourut toute la moelle épinière. Cela lui fit réaliser également qu’il prenait allègrement appui contre lui, ce qui lui rosit légèrement les pommettes, avant de tenter brusquement un mouvement de recul. Il s’était donc redressé, désormais droit face à lui.

Tu peux parler ..

Son regard clair se plongea un instant dans le sien, avant de tourner la tête sur le côté, perdant ses pupilles sur une étagère quelconque qui se trouvait en face. Il se sentait tellement stupide rien que de penser à tout ce qui lui traversait l’esprit à cet instant-là.

Tu veux que je t’accompagnes à ta chambre ?

Se sentant ainsi ramollir, il soupira sèchement avant de recroiser son regard, qu’il ne quitta plus à partir de sa question. Le raccompagner ? Dorian plissa légèrement des yeux, avant de les baisser légèrement, pour mieux réfléchir. Clairement, il n’était vraiment pas dans son assiette ; il souffla par le nez, avant de répondre quelque chose qu’il ne pensait absolument pas.

Non, ça ira. Je ne suis pas si fatigué qu ..

Et il bailla. Mais quel empoté .. Et en plus, ce n’était pas qu’à moitié. Après ce petit silence, il posa un regard relativement lourd de sommeil sur Wulf, avant de soupirer. Il avait quand même des choses à faire plus intéressantes que dormir.

Je t’assure que ça va, je .. n’ai pas besoin de dormir.

Il glissa une main dans ses cheveux pour légèrement les ébouriffer, puis étouffa un second bâillement de la main, laissant l’autre attraper son épaule. Puis, le regard dans le vague, il semblait de plus en plus considérer cette fatigue qu’il portait sur ses épaules. C’était tôt dans la matinée, et il avait passé les précédentes nuits à ne dormir qu’à moitié.

Un petit verre et l’énergie repart, quoi ..

Son murmure fut pour lui-même, semi articulé. Finalement, peut-être songerait-il à écouter sa recommandation indirecte, énoncée par le biais de sa question. Oh, il aurait besoin de repos, oui. Et bon, il ne semblait pas savoir quoi faire d’autre que de l’embêter pendant son sommeil, donc il fallait croire que cela ne le dérangerait pas.

Je crois que t’as raison, un peu de repos, peut-être ..

Il fit un pas en avant, contraignant Wulf à reculer en même temps que lui avançait vers lui. Puis le thaumaturge glissa une main à la hauteur de sa propre nuque, passant sur celle de Wulf. Intérieurement, il eut une grande hésitation à vraiment le faire, mais il finit par lui attraper la main, qu’il redescendit dans un mouvement ralenti par la fatigue. Et il se mit en route, sans tellement le regarder par pure gêne de ses propres actes, laissant glisser ses doigts au creux des siens. Mais ce ne fut qu’une simple invitation à le suivre : bien rapidement, il la lâcha, surtout avant de quitter la bibliothèque, en descendit les escaliers avant de traverser un hall encore vide.

Là, il s’arrêta un instant, comme s’il avait une sensation de déjà-vu. Rien de bien important ; il regarda derrière lui pour s’assurer que le rouquin était bien non loin de lui – pour éviter de le perdre –, puis poussa la porte qui menait aux quartiers des dignitaires. Il gravit un escalier, puis un deuxième, avant de tourner à gauche, la troisième porte. Si cela se trouvait, Wulf connaissait déjà l’itinéraire par cœur. Enfin. Dorian ouvrit grand la porte, se dirigeant vers son lit avant de pivoter sur lui-même, de poser un regard légèrement piquant de charme, avant de se laisser tomber en arrière. Il ferma les yeux un instant, soupirant d’une aisance à se rallonger, puis usa de ses dernières forces encore présentes pour s’asseoir, prenant appui sur ses mains, et de lui adresser un sourire en coin.

Tu ne comptes tout de même pas rester dans l’encadrement de la porte, .. si ?





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Posté Dim 18 Mar - 12:38

Dans les bras de Morphée, ou d’un autre…
Dodo fait dodo




La proposition du garde fit réfléchir quelques instants le mage : les sourcils vaguement froncé et l’air confus de celui qui dort debout, Wulf comptait bien insister un peu si le brun faisait sa tête dure.
Non, ça ira. Je ne suis pas si fatigué qu ..

Un bâillement interrompit la réponse de Dorian et le rouquin eut un léger sourire, sachant d’avance qu’il allait obtenir gain de cause sur ce coup-là. Le regard ensommeillé du tévintide se posa sur lui, et sans qu’il ne sache réellement pourquoi, le tempête maintint l’échange de regard, sous sourire diminuant un peu sous l’effet d’une concentration impromptue.
Je t’assure que ça va, je .. n’ai pas besoin de dormir.

Le rouquin eut un léger soupir en regardant le brun s’ébouriffer les cheveux. Clairement, le mage avait bien besoin de dormir : le jour de sa propre arrivée, les deux hommes avait raccourci un peu la nuit, et si Wulf avait bien compris, lui et Mireï avaient peu dormi la veille.
La langue de l’empire caressa un peu ses oreilles, le surprenant une nouvelle fois agréablement. Il avait toujours apprécié ce langage, et voilà qu’après des années il redevenait de nouveau familier.
Un petit verre et l’énergie repart, quoi ..

Avec un léger sourire, le voleur ne pu s’empêcher de répondre lui aussi en tévintide, ne prenant pas garde au fait que ces mots étaient plus adressés à Dorian lui-même qu’au rouquin.
Je crois que cette technique a ses limites.

Et le tévintide en était visiblement arrivé à la même conclusion puisqu’il réadopta le langage universel pour déclarer :
Je crois que t’as raison, un peu de repos, peut-être ..

Wulf recula et apprécia la main de son amant qui se glissait contre sa nuque. Puis les deux mains se retrouvèrent : celle pâle du féreldien, et celle plus tannée du tévintide. Etrange alliance. Mais le Garde des ombres serra doucement les doigts du mage et le suivit alors que les deux moustachus se dirigeait vers le quartier des chambres. Le rouquin tentait d’ignorer les étranges impressions qui l’envahissait alors qu’il suivait le brun.
Et ce sentiment qui l’envahit aussi alors que les doigts de Dorian finirent par le lâcher. Tant pis.
Il marcha un peu plus lentement que le brun, sourit en passant devant les mosaïques dorées, une impression de déjà vu l’envahissant tranquillement. D’ailleurs, il croisa le regard de son amant qui semblait veiller à ne pas le perdre. Effectivement, il avait beau savoir maintenant où était la chambre, il n’avait pas proposé au thaumaturge de l’accompagner pour le ralentir.
Et il suivit le brun, satisfait de se remémorer le chemin qu’il connaissait déjà et dont il se rappelait : deuxième étage, troisième porte à gauche. Le rouquin avait presque envie de faire un plan de Fort Céleste tellement la cartographie qu’il faisait habituellement lui manquait.
Lorsque les deux hommes arrivèrent à destination, le plus jeune ouvrit grand la porte et se laissa tomber sur le lit, un sourire aux lèvres, et prenant appui sur ses mains pour croiser le regard du rouquin. Ce dernier sourit en retour à Dorian alors qu’il l’invitait à rentrer.
Tu ne comptes tout de même pas rester dans l’encadrement de la porte, .. si ?

Le voleur entra, et ferma la porte derrière lui. Il répondit sobrement alors qu’un sourire flottait sur ses lèvres.
Non.

Sur ces mots, il s’avança vers le lit et s’y laissa tomber à son tour. Se couchant sur le dos, il croisa un peu ses jambes et ses bras derrière sa tête. Il avait envie de parler au tévintide, mais il ne savait pas par quel bout commencer, et démarrer une conversation qui puisse avancer les deux hommes sans être gênante. Et il se demandais aussi si la fatigue du mage n’était pas plus importante … Non-dit, ou pas non-dit ? Le rouquin masquait parfaitement sa confusion alors que ses yeux verts ne se gênait pas et scrutaient sans dire mot Dorian.
Il croisa du regard le bandage improvisé du tévintide et fronça les sourcils.
Si tu essayes de t’improviser guérisseur, je crois que tu as encore du travail.


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Posté Dim 18 Mar - 22:17
Fort-Céleste, chapitre 7Ft. Wulf Varatarg

Dans les bras de Morphée, ou d'un autre


Le sourire que lui lançait Wulf élargit le sien, malgré la fatigue évidemment présente. Il s’avança vers lui, avant de faire exactement ce qu’il avait fait précédemment, mais à côté de lui ; tant pis. Dorian se laissa tomber sur le dos, soupirant d’aise dans un lit confortable. Puis un silence surgit, comme s’il devait être comblé, mais sans savoir comment. Le regard clair se perdit vers son amant, alors qu’il faisait de même ; captivé, le thaumaturge se tourna vers lui, calant sa tête sur son propre avant-bras. C’était fou, comment ils pouvaient être si près et si loin à la fois, comme si un mur s’était soudainement et mystiquement installé ; et ce, alors même qu’ils jonchaient le même lit.

Finalement, Wulf trouva matière à discussion, mais pas franchement quelque chose qui réjouissait Dorian.

Si tu essayes de t’improviser guérisseur, je crois que tu as encore du travail.

S’il n’avait pas cette pose, un réflexe lui aurait fait attraper le bras encore relativement blessé qu’il avait soigné à l’improviste. Il roula des yeux, avant de lui sourire légèrement.

Pourtant, j’ai de sacrés dons dans ce domaine. ~

Après un silence, il soupira ; autant être honnête, sans pour autant l’inquiéter. Et puis, pourquoi tourner autour du sujet sans vraiment dire les choses, premièrement sur un sujet autant banal, et deuxièmement à Wulf ?

Ecoute, elles ont préféré que je n’entre pas pour éviter un autre conflit. Je les comprends un peu, d’un côté. Mais t’en fais pas, je m’en sors bien.

Ce n’était pas tant la première fois qu’il soignait plus ou moins lui-même ses petites blessures de combat, lui le belliqueux. Ou alors, il savait qui voir pour se soigner discrètement. Sauf que là, manque de bol, il n’était pas dans son petit coin chaud et douillet qu’était l’empire. Rien que d’y repenser, son cœur se serra un peu, dans les bras de la nostalgie.

Cela dit, il n’était pas le seul à s’inquiéter : son regard s’inclina, alors qu’il cherchait les bons mots.

Hum .. Wulf ?

Il reporta difficilement son regard dans le sien, mais finalement, il se décida à briser cette petite distance qu’il y avait entre eux ; il se déplaça un peu pour atteindre son épaule, et pour y appuyer sa tête lourde de fatigue, mais qui luttait encore. Il laissa un bras se poser contre son torse, s’amusant à y glisser ses doigts dans un petit mouvement répétitif, qui captait alors toute l’attention de son regard.

Et toi, tu .. tu vas bien ?

Il ferma un instant les yeux, se perdant dans sa chaleur et son parfum un instant. Il soupira en silence, avant de rouvrir les yeux, ou plutôt de les entrouvrir. Puis, il se déplaça encore un peu pour se rapprocher de lui et remonta la tête pour laisser son souffle frôler le cou de son amant, collant son front contre sa joue.

Hier .. J’ai senti que tu t’étais réveillé brutalement. Rien de bien grave ?

Il connaissait bien, lui, les mauvais rêves. Surtout ceux qui déformaient ses souvenirs l’espace d’un instant, et qui montraient ce qui serait arrivé si les évènements avaient été différents. .. Puis il se rendit compte au même moment qu’il touchait très certainement – encore – un sujet sensible : il tenta de se rattraper comme il put, de corriger le tir, au moins.

E-enfin, si tu ne veux pas en parler je comprendrai, hein. .. .. Désolé, c’est juste qu’en y repensant, ça .. ça m’inquiète .. aussi ..

Mais quel pathétique mielleux il nous jouait là ! Dorian pesta un peu contre lui-même à la fois  d’avoir de la peine de parler de ce genre de ressentis avec lui – et étonnamment lui en particulier –, mais aussi d’être dans cet était d’imbécile fluet, de s’inquiéter pour des gens alors qu’ils devaient sans doute très bien se débrouiller tous seuls, ou ..

Il restait cependant blotti contre lui, essayant de cacher le pourpre léger de ses joues, surtout dû à la confusion qui en résultait encore quand il était avec Wulf. Encore, et toujours Wulf. Qu’avait-il donc bien de spécial pour qu’il reste la seule personne qui le mette dans cet état d’esprit. Perdu dans ses pensées, il soupira longuement, un soupir bien entendu étiré par la fatigue, tandis qu'il murmura au creux de son épaule.

Pourquoi il n’y a qu’avec toi que j’ai cette maladresse, tu peux me dire ?






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Posté Dim 18 Mar - 23:32

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Les regards échangés entre les deux hommes étaient beaucoup trop intenses féreldien qui avait l’impression d’oublier constamment de respirer. Finalement, il ne savait pas s’il était satisfait ou non de trouver sujet à discussion pour briser l’instant. Puis quand il vit le regard presque fuyant du tévintide, il eut l’impression d’avoir touché un point sensible aussi sa curiosité prit le dessus.
Le sourire de Dorian alors qu’il s’appuyait sur un bras pour mieux le regarder était encore une fois un de ces bluffs qu’il semblait maîtriser.
Pourtant, j’ai de sacrés dons dans ce domaine. ~

Le Garde ne répondit même pas au thaumaturge, et continua de le regarder, attendant de ce dernier une réponse plus franche dont il soupçonnait l’arrivée. Et son instinct avait raison une nouvelle fois : un soupir précéda la vériter.
Ecoute, elles ont préféré que je n’entre pas pour éviter un autre conflit. Je les comprends un peu, d’un côté. Mais t’en fais pas, je m’en sors bien.

La déclaration nonchalante tira un regard un peu colérique au féreldien. Il se rappelait ce combat-là : sa femme qui luttait pour donner des soins à tout le monde sans distinction de race ou d’origine. Et dans une organisation si diversifiée, le soigneur refusait de s’occuper d’un tévintide qui marchait aux côtés de l’inquisition elle-même ? Sa mâchoire se crispa mais il décida de laisser passer pour l’instant. Pour l’instant.
Puis le regard inquiet devint celui de Dorian : il sentit que le brun allait poser une question. Il attendit patiemment qu’elle vienne.
Hum .. Wulf ?

Leurs regards clairs se croisèrent à nouveau, et au soulagement du tempête, le mage décida de briser la distance entre eux. La tête du plus jeune se posa contre son torse, et il ne réprima pas un soupir de confort. Le bras de son amant glissait contre son torse, et le rouquin avait la féroce envie de rester scotché à cet endroit, dans cette position pour le reste de sa vie. Cela paraissait être un bon programme.
Et toi, tu .. tu vas bien ?

Le Garde des ombres lança un regard surpris à celui inquiet de Dorian. Il ne s’attendait pas à une question de cet acabit. Plutôt à l’évocation de leur relation, ou une question plus informative. Mais l’air impliqué du mage lui remua l’estomac.
Le front de brun se colla contre sa joue.

Hier .. J’ai senti que tu t’étais réveillé brutalement. Rien de bien grave ?

Le rouquin eut un léger soupir, tentant de rassembler le peu de courage qui lui restait encore à cette heure matinale. Pourquoi rien de tout cela n’était simple ? Et l’idée de cacher ou de mentir à Dorian ne l’effleura même pas : il était un bien piètre menteur et n’avait jamais essayé de toute sa vie d’être autre chose que brutalement franc. Sur ce coup-là, il avait plutôt envie d’être simplement franc.
E-enfin, si tu ne veux pas en parler je comprendrai, hein. .. .. Désolé, c’est juste qu’en y repensant, ça .. ça m’inquiète .. aussi ..

Il s’inquiétait. Bon sang, il venait de comprendre d’un seul coup l’air troublé du mage tantôt à la bibliothèque quand il avait déclaré s’inquiéter pour lui. Il ne s’était pas rendu compte de l’effet que sa déclaration pouvait avoir. Maintenant il s’en rendait compte. Et les joues rougissantes accompagnées des légers bégaiements de son amant ne l’aidaient pas à se reprendre.
Le visage du thaumaturge s’enfouit contre son cou, et le rouquin frissonna alors qu’il sentait le souffle du brun contre sa peau.
Ce dernier lâcha quelques mots en tévène qui le rendirent soudainement moins muet.
Pourquoi il n’y a qu’avec toi que j’ai cette maladresse, tu peux me dire ?

Portant doucement le visage du brun contre sa poitrine, sans un mot, il lui fit entendre les battements furieux de son cœur. Il n’en revenait pas de s’ouvrir aussi facilement. Il répondit lui aussi en tévène :
Tu n’es pas seul dans ce cas là…

S’humectant les lèvres, il finit par répondre à toutes les questions de Dorian :
Ca fait des années que mes nuits ne sont pas vraiment paisibles… Depuis récemment…

Il ferma brièvement les yeux, luttant contre l’envie qu’il avait de se taire, laissant le mage dans sa douce ignorance. Mais il avait le droit de savoir.
… J’entends l’Appel.

Et le visage de Dorian au beau milieu des Tréfonds était encore contre ses paupières à chaque fois qu’il fermait les yeux.

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Posté Lun 19 Mar - 11:07
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Sa petite remarque au sujet de l’infirmerie sembla tendre Wulf. Non pas qu’il ne savait pas à quoi il pensait, pour avoir eu une conjointe Tévintide, une laetan de surcroît. Il aurait souhaité rattraper le coup d’un petit « Non mais vraiment, j’aurais pu encore plus l’amocher et foutre le bordel dans l’infirmerie. », mais Dorian remarqua que son amant ravalait quelconque mot qui aurait pu sortir de sa bouche. Autant laisser couler, avec un peu de chance, il aurait peut-être oublié plus tard.

Et la conversation s’était poursuivie, sans réel parole de la part du Garde, qui écoutait avec attention l’autre pleutre s’emmêler les pinceaux tout seul. Décidément, quel as. Puis il sentit ses mains l’attraper, pour le descendre un peu de position. D’abord surpris, il finit par le laisser faire. Il finit sa course, la tempe appuyée avec exactitude contre son cœur, qui lui aussi cognait sa cage thoracique au point d’en rompre le souffle. Celui du thaumaturge trembla sous tant d’énergie qui, finalement, semblait le traverser à son tour.

Tu n’es pas seul dans ce cas là…

Et cet accent suave .. Dorian en frémit ; il frémit aussi sous chacun de ses mots, sous leur sens. Il aurait bien aimé répliquer quelque chose, n’importe quoi, mais à vrai dire, il était tant confus qu’il restait simplement silencieux, tentant d’assimiler déjà la situation.

Mais Wulf avait encore des choses à dire, et c’était un peu tant mieux pour lui. Il souffla lentement pour retrouver une certaine maîtrise sur ce qui se passait là-dedans.

Ca fait des années que mes nuits ne sont pas vraiment paisibles… Depuis récemment…

Il ne voulait pas en parler, et il se forçait. Pourquoi hésiter dans ses mots ? Il n’avait qu’à s’arrêter et dire qu’il n’avait pas envie de parler. Cela se flairait à des kilomètres ! Mais, il finit par achever, alors que Dorian retenait son souffle pour quelconque raison.

… J’entends l’Appel.

L’Appel. Qu’était-ce déjà, précisément ? Une espèce de signal qui envoyait les Gardes à leur mort ? Un très beau résumé. Dorian s’était alors brutalement redressé pour croiser son regard. Prenant appui sur le lit, il en vit bien trop en un coup pour rester de marbre face à tout ça ; il remonta un peu pour enlacer son cou, une main appuyée contre l’arrière de son crâne, de sorte à mieux le garder contre lui. Il était placé de façon à laisser son blême visage s’appuyer contre sa propre cage thoracique, lui aussi en proie aux attaques incessantes et rapides de ce cœur qui n’en faisait que des siennes. Dorian ferma les yeux un instant, soufflant lentement dans l’espoir de calmer son pouls, mais aussi les tremblements de sa respiration.

Et cet appel-ci, l’entends-tu ?

Puis, il pivota, de façon à ce que son dos retrouve le matelas ; bien évidemment, il entraîna Wulf dans son petit changement de position, l’enjoignant à laisser la tête appuyée où elle était. Lentement, il glissa une main dans ses cheveux, avant de bailler, une fois de plus. Ah oui ; à l’origine, il était fatigué.

Cela dit, une pensée enveloppait sa conscience depuis tout à l’heure : comment osait-il lui confier quelque chose d’autant lourd sur ses épaules ? Enfin .. l’Appel était loin d’être un sujet évident, surtout du point de vue de ce qu’ils vivaient. A vrai dire, il avait un peu contourné le sujet car il le savait pesant, d’autant plus qu’il avait vu que c’était sensible, difficile d’en parler. Mais .. cela n’avait pas de sens : pourquoi lui confiait-il une angoisse autant immense, alors qu’ils se connaissaient depuis peu ? C’était comme si lui-même acceptait de lui parler de sa fuite, de ses craintes, de sa famille, d’Alexius, de … d’autres sujets, aussi ; son inquiétude pour Pulvis, pour Elian’Ha ou encore d’autres qui l’aidèrent à atterrirent autant loin de chez lui. Honnêtement, pour revenir à Wulf, il ne savait pas vraiment quoi dire qui ne serait susceptible de baisser son moral plus qu’il ne l’était sans doute déjà.

Wulf .. merci de la confiance que tu m’accordes, ce .. ça ne doit pas être évident de parler de cela à quelqu’un.

Il avait laissé sa main glisser sur sa nuque, pour atteindre son épaule, puis le sommet de son dos. Allez, quitte à être dans cet instant de franchise, autant faire aussi un pas.

Pour être honnête avec toi, je ne sais pas si j’arriverai à en faire autant. Enfin .. La confiance n’est pas un problème ; il y a juste .. certaines choses .. plus difficiles à confier que d’autres.

Il repensait alors à son attitude de la veille, qui donc avait inquiété Wulf. C’était trop pour lui à ce moment-là, et il n’avait pas eu besoin d’attendre les larmes de monter pour s’en apercevoir. Dorian resta cependant silencieux après cela, chassant cette espèce de brouillard qu’il avait amené autour de son esprit sans vraiment le vouloir.

Désolé pour hier .. je ne voulais pas t'inquiéter.





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Posté Lun 19 Mar - 20:03

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Il s’attendait à certaines réactions de la part de Dorian, mais certainement pas celle-là : le regard clair du mage le faucha en plein vol avant qu’il ne sente des bras l’enlacer. Son visage se trouvait maintenant contre le torse du tévintide en écho à son geste précédent. Ce contact tactile le laissa tout d’abord pantelant. S’il avait parlé de l’Appel, c’est parce qu’il voulait être clair avec le thaumaturge : il était condamné et s’attacher à lui n’était que fatalité. Il s’attendait à être repoussé, écarté. Au lieu de cela, il entendait distinctement les battements furieux et désordonnés du cœur de son amant. Le murmure de la voix de Dorian en tévène se fit alors entendre. Il n’arrivait pas à savoir si le ton était si douloureux. Ou simplement confus.
Et cet appel-ci, l’entends-tu ?

Il l’entendait. Distinctement. Il l’entendait aussi en lui, comme une résonnance qui répondait au trouble du mage. Puis, il se fit entraîner par le moustachu : ce dernier s’allongea sur le dos contre le matelas, et ce fut au tour du rouquin de poser sa tête contre le torse du cadet. Il entendait toujours les battements, moins furieux, mais tout aussi désordonnés. Un bâillement retentit, et le rouquin ne retint pas son sourire. Sa tête se soulevait légèrement au souffle du tévintide : il avait soudainement envie de dormir à son tour, simplement parce qu’il était bien là où il était.
Il ignorait si le mage dormait déjà, mais lui se sentait somnoler à moitié. Les yeux fermés, il n’osait pas dormir de peur de cauchemarder, mais il se reposait tout de même un petit peu… Ses doigts parcouraient un peu le torse du brun, redécouvrant ce qu’il connaissait déjà un peu.
Wulf .. merci de la confiance que tu m’accordes, ce .. ça ne doit pas être évident de parler de cela à quelqu’un.

Le voleur ne répondit pas : évidemment, parler de ses cauchemars, de l’Appel était quelque chose de difficile. Et il n’avait jamais raconté en détail à quel point ses heures de sommeil étaient terribles : sa famille morte, les engeances et la culpabilité. Mais il savait aussi qu’entendre l’Appel dans ces conditions n’était pas une affaire personnelle : la situation globale était beaucoup trop particulière pour qu’il se permette de garder ainsi des informations pour lui. Quant à Dorian… Il n’avait pas envie de lui cacher cela : c’était trop important, le dénouement était trop proche pour qu’il puisse laisser le mage s’approcher de lui sans l’avertir auparavant. Et les battements chaotiques du cœur du tévintide le confortait dans sa décision.
Une main glissa sur sa nuque avant de parcourir son épaule, puis le haut de son dos. Il sentait que le brun voulait dire quelque chose, aussi il se tut, lui laissant la possibilité de parler sans le forcer à quoi que ce soit.
Pour être honnête avec toi, je ne sais pas si j’arriverai à en faire autant. Enfin .. La confiance n’est pas un problème ; il y a juste .. certaines choses .. plus difficiles à confier que d’autres.

Le rouquin tourna son regard vers son amant, relevant juste assez le visage pour pouvoir apercevoir les yeux qui le rendaient si confus.
Je sais… Je ne te demande pas de me raconter.

Forcer à la vérité ne menait à rien, et s’il devinait les troubles de Dorian, il ne demandait pas des confessions. Il savait que le sujet de la famille était sensible pour lui. En montant ses suppositions comme un détective, à l’aide des ses connaissances de l’Empire tévintide, il se doutait que le mage n’avait pas forcément été bien accepté de la société Altus vis-à-vis de son attraction envers les hommes. Il n’avait pas besoin d’en savoir plus. Bien évidemment, il était curieux, et il voulait réconforter son amant. Mais il respectait le silence de ce dernier.
Désolé pour hier .. je ne voulais pas t'inquiéter.

Sans se rendre compte qu’il passait du coq à l’âne, le rouquin demanda à son amant au bout de quelques secondes :
Désolé pour le réveil… J’ai pas vraiment réfléchi.

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