PROCHAIN NIV. :
Invité
Invité
Posté Jeu 15 Fév - 21:37




le loup, le corbeau et le cochard
Ou le remake des fables de la Fontaine


La journée venait de se terminer à Fort Bastel, et le temps était au repos. Ou plutôt, à la soirée sur les remparts ou bien dans le hall de cantine. La tradition oblige, nous les Gardes avons un appétit d'ogre et devions manger en grande quantité. On peut dire qu'on n'était pas vraiment sortable en public, du moins pas au moment de manger. Je n'échappais pas à la règle, mais j'avais mon habitude de boire un coup sur les remparts avant d'aller manger. Sois pour discuter avec quelques recrues, soit pour fuir une de mes pauvres victimes de la journée. J'étais là, à marcher tranquillement en chantonnant une chanson paillarde, bouteille à moitié consommée à la main. C'était un temps plutôt sympathique, pas trop humide et pluvieux pour une fois. On ne peut retirer la boue et l'odeur de chien mouillé, mais on finit par s'y habituer à la fin. Ou plutôt, on finit par avoir le nez tellement pourrit qu'on ne sent plus rien. Mon estomac fit soudain le bruit d'une wyvern en colère, signe qu'il était temps pour moi de gagner le hall. J'avais faim, et soif, toujours soif. Mais il était également l'heure pour une petite soirée sympathique. Ca, cependant, les autres ne le savaient pas encore.

Je descendais par le toit des écuries, rejoignant la cour avec un sourire malicieux sur les lèvres. J'aimais bien, le peu de fois où je revenais ici, leur faire quelques petites surprises ou de petites blagues. C'était ma manière de montrer mon affection pour cette bande de corrompu du bulbe que nous étions, et aussi de bouger un peu leur vie monotone. Avec le destin peu reluisant qui nous attendait, il fallait bien un peu se dérider de temps en temps ou relâcher la pression. Et moi, j'étais le meilleur moyen pour les laisser se défouler. Rire, colère, frustration.... le plus souvent la colère et l'énervement, mais cela se finissait toujours par de la camaraderie. J'étais bizarre et ils le savaient, et pas méchante envers eux. On avait appris à m'apprécier pour ma bonhommie et ma bonne humeur, à me craindre pour mes farces et les séances d'entrainement que je faisais subir. Certains en avaient encore quelques beaux bleus et des dents en moins. Je poussais la porte menant au hall, qui était déjà bien animé. Il y avait de longue tables, avec plusieurs plats dessus. De nombreux gardes étaient attablés, dans une cacophonie qui ressemblait à celle d'une taverne. Mon regard étrange passa sur les quelques bancs, cherchant des têtes connues avec qui je pourrais faire la bringue tout en mangeant. Mais là, mes yeux se posèrent sur un garde qui passait. De dos on pouvait voir que c'était un nian, avec quelques tresses. Mais son uniforme était légèrement différent du notre, et je le reconnus de suite. Souriant jusqu'aux oreilles, mes yeux brillèrent d'une lueur inquiétante pour ceux qui la connaissait. L'excitation de l'amusement, signé Tullia. Sans crier gare je bondissais en avant, me faufilant avec rapidité et agilité entre les quelques gardes qui étaient sur mon chemin. Arrivant juste derrière le nain, je lui enlaçais les épaules d'un bras, braillant joyeusement et gardant en sûreté ma bouteille dans l'autre main.

Heyyyyyyyy ! Mais si c'est pas mon nain des Tréfonds préféré ça !!!

Ce Garde, c'était le Garde-Commandeur des Marches Libres, Karlan Rurin. L'équivalant de notre cher Reyner Cousland, mais de l'autre côté de la mer. Je l'avais rencontré une fois lors d'une patrouille, et c'était un nain fort symapthique. Bien qu'un peu sévère et strict d'un premier abord, il avait su montrer une franchise et un sens de l'humour peu commun. Bref, je l'aimais bien, et il me rappelait un peu mon Reyner. Enfin, en plus petit et en plus ... nain. Le voir ici était une bonne surprise, et une source de divertissement sans fin. Le gardant toujours par l'épaule, je posais sur lui un regard plein de malice, mon accent chantant antivan roucoulant de plus belle.

Alors, les Marches Libres tiennent encore debout ? Il serait peut être temps que je vienne faire une petite visite pour y remédier, non ?

Juste à côté, d'autres gardes nous avaient entendus. L'un deux, un elfe que je connaissais bien, s'était retourné et d'une voix aussi joyeuse qu'un peu alcoolisé se mit à me railler.

Ouais, et ça nous ferait des vacances par la même occasion ! Ha ha ha ha !!

Je jetais sur lui un regard noir, claquant la langue en signe de désapprobation. Sur le même ton joueur et plein de camaraderie, je répondis du tac au tac.

Tch... Fenedhis lasa, Casse-Pipe ! Moi au moins j'ai de quoi exciter un peu leur fin, pas comme toi la brindille ! Mhe !

Je lui tirais la langue, et la conversation fut terminée dans un nouvel esclaffement de rire des Gardes. Je profitais de cela pour tirer le pauvre Commandeur dans mes serres, l'obligeant presque à s'asseoir à côté de moi avec ma brusquerie accoutumée. Les autres observaient, amusés et à la fois intrigués de voir comment un autre commandeur allait se débrouiller avec moi. Ils m'observaient taper la discute avec le commandeur comme si de rien n'était, allant même jusqu'à lui tirer un couvert, lui mettre à manger et commencer à servir 2 pintes.

Dites moi, Commandant Karlan, c'est pas pour les beaux yeux de notre Commandant Reyner que vous êtes ici, nan ? Allez, une bière !!

Je souriais, poussant vers lui une chope de bière de la Surface. Rien à voir avec cette daube qu'ils font dans les tréfonds. Souriante et attendant la suite, je n'oubliais cependant pas de me servir ma propre platrée, bien chargée en viande et tout ce qui pourrait faire de terribles dégâts au côlon.


PROCHAIN NIV. :
Invité
Invité
Posté Lun 26 Fév - 12:29

le loup, le corbeau et le cochard
Ou le remake des fables de la Fontaine




Fort Bastel avait souvent ce côté grouillant et fourmillant qu’on les édifices vivants aux habitants nombreux. Aujourd’hui, néanmoins, c’était plus paisible. Enfin… Paisible était un mot tout à fait relatif, et Wulf, en se dirigeant vers la cantine avait dans l’idée que l’ambiance là-bas serait plus animée. S’il avait faim, et que son ventre grondait, c’était aussi pour bavarder un peu qu’il quittait le baraquement dans lequel il avait pioncé.
Il n’était arrivé que dans la soirée d’hier, ou plutôt : dans la nuit qui venait de se dérouler. Il n’avait pu voir personne mis à part quelques gardes chargés de veiller la nuit. Il dormit peu, mais cela lui était tout à fait égal : c’est tôt le matin qu’il se leva et parcouru un peu les fortifications en quête… en quête de quoi ? Un peu d’action, de nouvelles, quelques camarades qu’il n’avait pas vu depuis belle lurette… Il parla un peu avec untel, plaisanta légèrement avec une autre, puis la journée passa jusqu’au coucher du soleil. Le temps était passé plutôt vite, et Wulf ne comptait pas non plus s’éternisait dans le coin, aussi il partit dîner avec dans l’idée de repartir sillonner les côtes de la mer d’écume d’ici la semaine passée.
Quand il pénétra dans la pièce à l’atmosphère réchauffée, tout était tel qu’il se l’était plus ou moins imaginé : les longues tables couraient le long du Hall et un brouhaha ambiant animait le tout. Le rouquin se balada un peu le long des rangées, partageant parfois quelques mots avec des gardes déjà assis. Mais toutes les places étaient prises et il devenait difficile de trouver un siège correct. Il était venu au moment où il ne fallait pas : l’heure précise du soir que l’on pouvait nommer « heure de pointe ». Mais une place assise se situait à un certain endroit, et cela tombait à pic quand on voyait qui y était installé. Au premier abord, il vit Tullia, difficile à rater avec sa crinière blanche qui tranchait avec les tons chaleureux de la salle. Il connaissait un peu l’exubérante antivane : une soirée partagée dans une taverne, et ils avaient tout deux étés jeté des lieux à coups de pieds aux culs… Une bonne camarade en somme ! Mais le mieux était le second personnage qui lui tournait le dos : Karlan était reconnaissable à sa taille, à son uniforme et à sa coiffure. Et l’ancienne corbeaux avait beau être à moitié avachie sur le commandeur – garde, le conteur roux aurait pu reconnaître son frère d’arme s’il avait été invisible.
Tullia, Karlan…

Les saluant d’un mouvement de tête sobre mais avec un sourire sincère, il gratifia le nain d’une frappe légère et amicale sur l’épaule avant de s’asseoir à leur table et de se servir en nourriture et en boisson. La question de Tullia résonna et il tendit l’oreille, curieux de la réponse : que faisait donc Karlan en ces lieux, lui qui travaillait ordinairement dans les marches libres ?
PROCHAIN NIV. :
Invité
Invité
Posté Mar 13 Mar - 11:23
Fort-Bastel. Repère bien connu des nouveaux Gardes des Ombres de Férelden, installés ici depuis la fin du dernier Enclin, l'endroit était réputé au sein de l'Ordre tout entier pour son ambiance familiale et sa taille humaine. On y trouvait rarement plus d'une centaine d'individus, ce qui n'était pas le cas dans beaucoup d'autres bastions. Ansburg et sa trentaine de Gardes faisait exception bien entendu, mais les Marches Libres n'avaient pas l'aura de Férelden. Plus jeune, Karlan avait pas mal voyagé pour diverses missions, et il s'était battu à l'occasion avec des Gardes d'autres contrées. Il avait évité Amaranthine autant que possible cependant, car le célèbre Héros de Férelden y menait ses recrues, et qu'il éprouvait une certaine angoisse à l'idée de se retrouver dans la même pièce que lui. Tout le monde n'avait pas essayé de le tuer ici, et rares étaient ceux qui étaient encore en vie pour en témoigner de toutes façons. Mais les circonstances changent, et le nain était devenu Commandeur-Garde, et avait récupéré avec ce titre certaines responsabilités, qui le menaient parfois dans des endroits inattendus.
Le Garde des Ombres était arrivé cet après-midi là par la mer, trajet le plus court pour qui vient des Marches Libres, et il avait parcouru la forteresse quelques heures pour mener à bien sa mission, qu'il évitait soigneusement de divulguer au premier venu, curieux de voir un nain se balader dans leurs rangs, d'autant plus s'il portait sur son armure les insignes dues à son rang. Heureusement, la plupart étaient trop occupés pour chercher des ennuis potentiels. A la nuit tombée, Karlan alla tout naturellement dans le grand réfectoire pour y dégoter un repas. Il avait annoncé au Chambellan qu'il resterait deux nuits, et ses affaires étaient en règles. L'endroit était bondé, et il y régnait un joyeux tumulte de journée qui s'achève au sein de la Garde, du soulagement partagé d'avoir survécu à une journée de plus. Il déambulait péniblement dans les allées blindées quand il sentit une personne lui enlacer les épaules, et une bouche s'approcher de son oreille pour lui hurler dessus à s'en briser les tympans. « Heyyyyyyyy ! Mais si c'est pas mon nain des Tréfonds préféré ça !!! » Les regards se tournèrent aussitôt vers Karlan et celle qui ne pouvait être que la joyeuse Tullia, trublionne de son état. Un sourire las se dessina sur les lèvres tandis qu'elle pivotait pour lui faire face. « Tullia ! Tu aurais du me dire que tu étais dans le coin, je me serais fait servir mon repas dans ma chambre ! » Il aimait taquiner sa sœur d'armes, et leurs joutes verbales résonnaient encore dans certaines conversations de l'Ordre, car chacun faisait preuve d'une persévérance remarquable en la matière. Il appréciait sa compagnie, aussi surprenant que cela puisse paraître pour quelqu'un d'aussi morne en apparence, mais savait aussi se méfier de cet électron libre.
« Alors, les Marches Libres tiennent encore debout ? Il serait peut être temps que je vienne faire une petite visite pour y remédier, non ? » Il ricana. Aucun Commandeur-Garde n'inviterait sciemment Tullia à moins d'avoir de gros travaux à faire, ou le moral des troupes à remonter. « Nan en fait les Marches-Libres se sont effondrées ce matin. Sont tous morts. C'est pour ça que j'en suis réduit à demander l'asile ici, tu vois ? » Un Garde des Ombres dont les oreilles et le tatouage ne laissaient nul doute quant à ses origines en profita pour se moquer d'elle, et elle le remit aussitôt à sa place, ce qui fit rire ses compagnons. Karlan sourit plus largement lui aussi, chose rare, et il se laissa ensuite escorter (le mot était juste), jusqu'à une place, où sa camarade lui servit à manger. « Dites moi, Commandant Karlan, c'est pas pour les beaux yeux de notre Commandant Reyner que vous êtes ici, nan ? Allez, une bière !! » Il s'empara de la choppe et but quelques gorgées avant de la reposer dans une moue satisfaite. La question avait beau être tournée sur le ton de l'humour, le nain se doutait bien qu'elle était au fond très sérieuse, et que beaucoup d'oreilles alentours étaient à présent attentives à leur conversation. On ne l'aurait pas forcé plus habilement, il devait bien le reconnaître. « Eh bien... »
Une main amicale vient se poser sur son épaule, et il s'interrompit pour découvrir le visage d'un vieil ami, Wulf. Ce dernier alla s'asseoir à leurs côtés, et les salua avec son calme habituel. Le nain resta silencieux un moment. Les dernières nouvelles qu'il avait de son ami étaient par lettres, et cela faisait un sacré moment qu'ils ne s'étaient pas croisés de la sorte. « Tullia, je crois que notre frère va avoir soif, lui aussi. » Son ton était posé, comme à son habitude, mais ses yeux pétillaient d'un amusement qui ne leur était pas étranger. Il avait des choses à raconter à Wulf, mais ce n'était ni le moment, ni le lieu. Il semblait en bonne santé, cependant, et la question de l'Antivane restait en suspens sur toutes les lèvres. Il se devait d'y répondre au mieux. La bière lui offrit une partie des réponses qu'il pouvait offrir à ses compagnons. « Pour commencer Tullia, arrête de me vouvoyer, je ne suis pas un noble. Tu le fais peut-être pour séduire ton cher Commandant, mais je t'ai déjà dis que j'étais pas intéressé. » Et bim, de quoi la relancer un peu. « Je ne sais pas ce qui vous intrigue à ce point dans ma venue. On est des Gardes presque comme les autres, on a bien le droit d'aller se balader un peu, non ? » Personne n'avalerait ça, personne qui connaissait son histoire passée avec Reyner. « Disons qu'il y a des sujets qui sont trop sensibles pour être partagés par courrier entre plusieurs Commandants, ou par intermédiaires. Je suis aussi venu voir comment se porte votre recrutement, et si ce ne sera pas possible d'envoyer quelques jeunes recrues à Ansburg pour nous renforcer un peu. On a perdu beaucoup de personnes dans nos dernières Unions, et pas mal de nos frères et sœurs sont partis pour leur Appel. Quand je suis arrivé il y a dix ans, on était plus de soixante-dix. Et on est une trentaine sous mon glorieux commandement. » Voilà, il espérait que le sujet était clos. Un regard en coin au rouquin lui signifia qu'il savait l'essentiel des sujets sensibles qu'il avait à communiquer en personne à Cousland.
Le nain s'étira bruyamment. Il se sentait soudainement d'humeur joueuse, et déclara avec force, pour que tous l'entendent dans la salle bondée. « Mais quand je vois la gueule des recrues du vieux Cousland, j'me dis qu'on est pas si mal logés au final ! »
PROCHAIN NIV. :
Contenu sponsorisé
Posté
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum