Dragon Age : Les Légendes de Thédas
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Posté Mer 28 Fév - 14:20

Un verre, camarade !

Premier soir du garde des ombres




Un instant, Dorian sembla regretter sa question. Mais le rouquin ne la regrettait pas : autant que les choses soient claires le plus rapidement possible, il préférait cela. Et ce, peu importe la suite.
N-non mais je .. Tu sais, si .. Huh .. Oublie ce que je viens de dire, c’est ..

Aussi il ignora les bafouements prévenant du mage, et si la réponse allait être brutale… Le Garde avait parfois l’impression que sa tristesse lui collait à la peau, créant une véritable barrière entre lui et le monde. Et des moments comme ceux-ci le culpabilisait parfois de toute la tristesse et le deuil qu’il dégageait.
Le regard du tévintide semblait à la fois perdu et hésitant après sa réponse. Le silence s’étirait et le froid les gagnaient tout les deux progressivement, même lui. Et puis le brun se jeta dans ses bras, le Garde réceptionnant plus ou moins adroitement ce corps lancé contre lui. Il le serra un bref instant, juste un instant, pour pouvoir reprendre contenance. Les mots de Dorian ne l’avaient pas blessé mais l’atmosphère n’était plus aussi légère qu’auparavant.
Non mais vraiment .. Bordel, mais quelle idée .. Huh .. Désolé Wulf, je .. sais pas ce qu’il m’a pris de parler de ça tout à coup.

Passant une de ses larges mains dans les cheveux brun de celui qu’il tenait dans les bras, il tint à rassurer un peu le mage, ce qu’il fit d’une voix néanmoins un peu faible.
C’est pas grave…

Dorian recula un peu, tournant la tête (évitant son regard ?), avant de sembler se diriger à nouveau vers leur but. Ce geste seul fit s’entrechoquer quelques pensées dans sa tête : le lendemain risquait d’être relativement étrange pour les deux hommes, et si Wulf était trop confus pour craindre quoique ce soit, il avait le pressentiment que la nuit avait rendu plus trouble l’envie pourtant originalement claire des deux hommes.
Oui .. donc .. Ma chambre ..

Et les deux hommes reprirent leur route, leurs deux mains désormais déliées. Le rouquin n’avait aucune idée d’où il allait : de Fort Céleste, il n’avait visité que la cour, les cuisines, quelques remparts et la bibliothèque étrangement cachée.
Un vent traversa la cour, et le rouquin regretta un instant de se balader torse nu. Tant pis, il avait connu bien pire avec les côtes orageuses, de ces climats où la pluie collait aux os et le froid à la chaire.
Un éternuement de Dorian le ramena à la réalité : le frileux tévintide montait les escaliers devant lui. Tentant de chasser l’ambiance morose que le mage avait installée sans le vouloir, il rattrapa de deux longues foulées celui qui le précédait.
Tu n’es pas habitués au climat des dorsales…

D’un mouvement de la main, il poussa tranquillement Dorian pour qu’il pénètre en premier dans le gigantesque hall. Il faisait meilleur à l’intérieur et Wulf ne se gêna pas pour observer tout ce qu’il pouvait voir : les rambardes à l’étage supérieur, le trône au fond, les diverses portes sur les côtés…
Je ne sais pas où aller… Je te suis.


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Posté Mer 28 Fév - 15:19
Fort-Céleste, chapitre 6Ft. Wulf Varatarg

Un verre, camarade !



C’est pas grave…

Ben si, ça l’était, et Dorian le comprit davantage à travers cette réponse. Une autre parmi les mille raisons de le garder dans ses bras, sauf qu’il faisait un peu froid là ; il se rattraperait plus tard, quand ils seraient au chaud dans leur petit coin. Le thaumaturge se remit donc en route, essayant un minimum de garder ses pensées focalisées sur une idée, sur leur trajet ; chose rendue bien plus complexe maintenant quand il regardait le rouquin qui se tenait derrière lui. Mais d’ailleurs devait se poser : que se passait-il donc, maintenant ? Était-ce vraiment la fatigue qui pointait son nez ? Parce que si c’était le cas, elle se manifestait de façon étrange. D’ailleurs, il se demanda comment cela se faisait que ..

Tu n’es pas habitués au climat des dorsales…

Dorian sursauta, soudainement ramené à la réalité et au froid du coin. Grmbl. Il adressa un regard par-dessus son épaule, avant de directement regarder droit devant lui. Et voilà, il perdit le fil de ses pensées. Bravo. Le thaumaturge soupira, fixant la buée qui se dégageait en conséquence.

Je préfère le bon, grand et chaleureux .. soleil.

Fronçant les sourcils, il se demanda d’ailleurs pourquoi il marqua une pause entre le début et la fin de sa réponse. Pourtant c’était bien de cela dont il voulait parler. Sans doute la fatigue. Ou l’alcool, qui devait sérieusement commencer à lui faire tourner la tête, tellement qu’il disait n’importe quoi.

Et ce fut encore en sursautant que le Tévintide sentit la main de Wulf dans son dos, qui le poussa vers l’avant. Ah oui, il s’était arrêté. Être autant perdu dans ses pensées qu’on en oubliait ce genre de fait, c’était dire. Dorian se racla la gorge, avant de reprendre sa marche sur un rythme légèrement plus rapide. Cette situation commençait sérieusement à l’agacer. Soufflant par le nez, le thaumaturge se dirigea jusque devant une porte, au fond du hall d’entrée. Puis il se tourna, observant ce Wulf perdu au milieu de tant de décoration. Sans doute était-ce la première fois qu’il entrait par ici. Dorian siffla légèrement, les bras croisés.

Bon, tu viens ?

Ce n’était pas qu’il était fatigué, mais il était fatigué. Et puis, le laisser en plant dans l’entrée n’était pas franchement une bonne idée. Manquait plus qu’on retrouve un garde dormir dans le siège de l’Inquisitrice, et ce serait le bouquet. Il franchit donc la porte qui menait aux divers quartiers de l’Inquisition, prit un escalier et en monta deux étages. A un moment donné, il regarda derrière lui pour vérifier si Wulf avait réussi à suivre, quand même, sauf qu’il ne l’aperçut pas, ou du moins, pas tout de suite. Fronçant les sourcils, il était pourtant certain qu’il le suivait. ..

…Wulf ?

Il descendit un peu les escaliers, le regard attentif. Eh voilà, à se forcer à rester dans son coin, Wulf avait sans doute tourné les talons pour aller voir ailleurs. … Une véritable inquiétude avait vibré dans le ton de sa voix, soudainement présent et minutieux dans sa fouille visuelle. Ayant complètement redescendu un escalier complet, il observa dans les couloirs, en bas, mais toujours rien. .. Eh voilà, il avait filé, comme ces songes dont on voulait terriblement se souvenir, mais qui s’échappaient malgré tout. Le regard soudainement attristé, Dorian reprit donc lentement sa route vers sa chambre. Il avait donc filé .. Ses sourcils se froncèrent : mais non, ça n'avait pas de sens. Il finit par s'arrêter, réfléchissant attentivement.

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Un verre, camarade ! (PG 18) - Page 2 397188ASSPECTEURUn verre, camarade ! (PG 18) - Page 2 Cullel10Un verre, camarade ! (PG 18) - Page 2 UzdfUn verre, camarade ! (PG 18) - Page 2 Drama_10Un verre, camarade ! (PG 18) - Page 2 Ccc10Un verre, camarade ! (PG 18) - Page 2 Captur10Un verre, camarade ! (PG 18) - Page 2 Pavism10


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Posté Mer 28 Fév - 15:57

Un verre, camarade !

Premier soir du garde des ombres




Entre sursauts et grognements, Wulf observait avec un amusement mêlé de curiosité les pensées presque visibles du mage : ce dernier semblait être en proie à de profondes réflexions, et l’alcool avec le froid ne semblait pas l’aider à obtenir les conclusions qu’il paraissait souhaiter.
Je préfère le bon, grand et chaleureux .. soleil.

Les propos même du moustachu devenaient confus, de toute évidence, la nuit dans un bon lit était plus qu’attendue.
Le tévintide avait peut-être suivit le même chemin de pensée puisqu’il accéléra le pas : un raclement de gorge produit par le thaumaturge fronça les sourcils du rouquin. Il avait le sentiment confus et imprécis que quelque chose n’allait pas.
Mais lorsqu’il se laissa happer par le décor dans cette salle toute en longueur, un sifflement lui fit tourner la tête : Dorian, bras croisés et sourcils froncés avait un air agacé sur le visage.
Bon, tu viens ?

Le Garde hésita un instant entre se fâcher d’être ainsi sifflé, où le prendre bien. Il décida comme c’était souvent son habitude de prendre la chose à la rigolade : peut être arriverait il à faire sourire le brun ?
Ouaf

Avec un léger sourire en coin, il accéléra le pas sans pouvoir s’empêcher de regarder autour de lui : les vitraux, les gigantesques murs de pierre… Il avait la sensation d’être dans une gigantesque Chantrie. En moins pète sec. Se laissant un peu distraire, il jeta un œil aux mosaïques dorées incomplètes qui recouvraient les murs. Ses yeux émerveillés parcouraient les reliefs des pièces s’emboitant comme des puzzles : c’était des contes ! Des histoires incomplètes disséminées et rassemblées ici pour être entièrement racontées !
Son esprit enthousiaste songea soudain à partager cette trouvaille avec son compère mage :
C’est des contes ! Dorian ! … Dorian ?

Un coup d’œil aux alentours suffit à modérer son enthousiasme : le mage n’était plus là. Soit il avait manqué de patience, soit il était parti sans vérifier que le rouquin le suivait. Merde. Ce n’était clairement pas le genre d’endroit où il souhaitait se perdre : pour un peu qu’un esprit méfiant le trouve, ou que le commandant décide de lui tomber dessus. Réprimant un bâillement, il fronça les sourcils avant de se diriger vers une porte : le mage avait eu l’air de marcher dans cette direction. Poussant une porte, il observa un escalier qui descendait, et un autre qui montait. Se fiant à sa logique toute simple, il conclut que les communs se trouvaient souvent dans les étages inférieurs tandis que quartiers plus nobles étaient en haut. Montant un étage, il décida de s’y arrêter avant de pousser une porte pour se trouver dans un couloir.
…Wulf ?

C’était peut-être comme la réverbération d’une voix, ou alors son imagination, mais le rouquin s’approcha d’une fenêtre ouverte : le bruit venait de là ? Passant la tête par la fenêtre il vit que l’étage du dessus avait lui aussi une vitre ouverte sur l’extérieure : conclusion, Dorian était à l’étage du dessus.
Retrouvant d’un coup toute son énergie, il partit de nouveau dans le couloir, monta un étage de plus et croisa avec un sourire assez alcoolisé le Dorian pensif qu’il cherchait. Et ses premiers mots envers le mage furent inattendus :
Dorian ! Les mosaïques, c’est des contes !

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Posté Mer 28 Fév - 17:08
Fort-Céleste, chapitre 6Ft. Wulf Varatarg

Un verre, camarade !


Complètement perdu dans ses pensées, le Thaumaturge finit par poursuivre son chemin, avant d’entendre des pas dans l’escalier. Fronçant les sourcils, il se retourna pour tomber sur un Wulf enjoué qui lui causa un arrêt cardiaque. Complètement sorti de sa bulle, le fait était que Dorian ne savait pas s’il était finalement soulagé de le revoir, irrité par son petit effet de surprise, ou simplement épuisé et impatient.

Dorian ! Les mosaïques, c’est des contes !

Son premier réflexe fut de s’approcher de lui, de l’attraper par le menton pour le rapprocher de lui, les sourcils froncés d’agacement. Il semblait avoir trouvé un juste milieu qui le satisfaisait.

Gueule encore plus fort, alors qu’il y a des GENS qui DORMENT dans cet endroit.

Il n’avait pas particulièrement crié, il avait seulement accentué certains mots qu’il jugeait importants. Puis il soupira, souhaitant se laisser aller contre lui, ou de s’emparer de ses lèvres, ne fût-ce que pour un bref instant .. ce qu’il fit à moitié. Le thaumaturge se braqua et le poussa légèrement, avant de continuer sa route dans la direction de sa chambre.

Vishante kaffas ..

Il n’ajoutait rien de plus, cela disait tout ; il sentit ses joues chauffer un peu. En revanche, il revint quelque peu en arrière pour attraper Wulf au poignet, dans le but de s’assurer de ne pas le perdre comme avant. Et toute sa fatigue se lisait dans ce juron. Puis Dorian soupira, avant de se tourner vers Wulf à nouveau, laissant sa main glisser dans la sienne. Il se colla un peu contre lui, décidément autant confus que saoul.

Désolé de tuer l’ambiance à chaque fois, mais .. Je ne sais pas, je ne comprends pas ce qui se passe. Et ça m'énerve.

Et la fatigue n’aidait pas ; Dorian bailla en silence, appuyant sa tête contre son épaule. Ah, s’il pouvait, il s’endormirait là. Mais il se rappela que sa chambre n’était pas loin : alors, il lâcha Wulf, continuant de tenir sa main, et reprit sa montée.

Enfin allons-y, je crois que la fatigue se fait toujours plus sentir. ..

Dorian finit de monter les escaliers, puis bifurqua sur la gauche. Atteignant alors la troisième porte depuis les escaliers, il l’ouvrit. Elle donnait bien évidemment sur sa chambre ; allumant une flamme dans sa main, il en garnit la bougie qui se tenait sur sa table de chevet, histoire d’y voir quelque chose.

Bon, mets-toi à l’aise .. ~

Il fit cependant un autre grand effort avant de se laisser choir dans le lit : il chercha de vue sa tenue pour dormir, puis s’en empara et la jeta sur le lit, avant de commencer à se changer, d’abord le bas, puis le haut. Alors qu’il enfilait sa large chemise beige, Dorian était une fois de plus pensif ; une question tournait dans sa tête, maintenant.

Wulf, combien de temps comptes-tu rester ici ?



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Un verre, camarade ! (PG 18) - Page 2 397188ASSPECTEURUn verre, camarade ! (PG 18) - Page 2 Cullel10Un verre, camarade ! (PG 18) - Page 2 UzdfUn verre, camarade ! (PG 18) - Page 2 Drama_10Un verre, camarade ! (PG 18) - Page 2 Ccc10Un verre, camarade ! (PG 18) - Page 2 Captur10Un verre, camarade ! (PG 18) - Page 2 Pavism10


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Posté Mer 28 Fév - 18:03

Un verre, camarade !

Premier soir du garde des ombres




La tête du mage était assez amusante à voir : l’effet de surprise mêlé à l’agacement, tout cela avait pour conclusion l’infantilisation du rouquin qui s’amusait sans cesse des sursauts qu’avait le moustachu lorsqu’il se trouvait surpris.
Et quand le tévintide s’approcha de lui pour lui saisir le menton, avec une allure de parent mécontent, un léger sourire en coin borda les lèvres du voleur.
Gueule encore plus fort, alors qu’il y a des GENS qui DORMENT dans cet endroit.

Prenant un air penaud on ne peut plus faux, Wulf se contrefichait des personnes qui dormaient aux alentours. Et il ne manqua pas de le verbaliser :
J’ai failli te dire la même chose dans les écuries.

Son air goguenard fondit lorsque Dorian l’embrassa à la limite de ses lèvres. Se faisant pousser vers la chambre du thaumaturge plutôt docilement, essayant tout de même de mémoriser l’emplacement de la chambre du brun. Juste au cas où.

Vishante kaffas ..


Se faisant attraper par le poignet, le juron mêlé aux joues légèrement roses du thaumaturge fit sourire un peu le rouquin qui se sentait visiblement de meilleure humeur que son compère. Les deux mains des hommes se trouvèrent à nouveau, tout naturellement, comme elles l’avaient déjà fait dans la cour. Et la proximité revint à nouveau. Wulf regarda un peu plus attentivement le regard confus du mage… Décidément, Dorian avait l’air compliqué. Ou peut être aimait il les complications. Lui avait juste envie de dormir.
Désolé de tuer l’ambiance à chaque fois, mais .. Je ne sais pas, je ne comprends pas ce qui se passe. Et ça m'énerve.

Bon, si le mage avait été une femme, le rouquin aurait été tenté de répondre très finement « c’est les règles », mais ç’aurait été grossier. Puis il ne pouvait pas répondre cela au tévintide, définitivement non.
Tu as besoin de dormir.


Le bâillement de Dorian confirma ses propos. Ce dernier posa sa tête sur son épaule, et Wulf sentit son estomac descendre au niveau de la cave. Flûte. Lui aussi avait besoin de réfléchir, et peut être serait il confus, mais une chose après l’autre.
Et le chemin reprit son cours vers la chambre du moustachu. L’appel du matelas se faisait de plus en plus fort.

Enfin allons-y, je crois que la fatigue se fait toujours plus sentir. ..

Et la chambre se révéla : troisième porte après les escaliers. Avec ses talents de mage décidément très pratiques dans ces conditions, une bougie fut allumée.

Bon, mets-toi à l’aise .. ~

L’éducation de Wulf était ce qu’elle était : précaire. Et puis zut, il avait trop bu, il était trop fatigué et le lit avait l’air trop moelleux, il s’y jeta. Le brun faisait plus d’efforts que lui puisqu’il se changea. Le rouquin se rinça l’œil avant de décider de poser sur une commode non loin son haut… et tant pis : il enleva son pantalon pour dormir nu. Il préférait cela à dormir dans des vêtements sales, il n’avait pas vraiment songé à prendre ses habits de nuit lorsqu’il était parti à la taverne, il n’avait pas vu aussi loin.
Wulf, combien de temps comptes-tu rester ici ?

Complétement avachi sur le lit, le Garde des ombres fixait le plafond, fronçant les sourcils alors qu’il réfléchissait :
Eh bien… Je ne compte pas rester indéfiniment ici, mais ce sera un point de chute régulier jusqu’à ce que le problème des failles soit réglés…

S’appuyant sur ses coudes pour se relever un peu afin de mieux observer le brun, il posa la question en retour :
Et toi ?

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Posté Mer 28 Fév - 20:18
Fort-Céleste, chapitre 6Ft. Wulf Varatarg

Un verre, camarade !


L’éducation de Wulf était ce qu’elle était : féreldienne. Evidemment qu’il se mettrait à l’aise de la sorte, le thaumaturge aurait presque parié une pièce d’argent sur le fait. Quand il se retourna vers lui, il eut une somptueuse vue sur son corps naturellement dévoilé, comme ces cloches que l’on enlevait des plats et qui ne servaient pas à grand-chose, si ce n’était pour la mise en forme.

Eh bien… Je ne compte pas rester indéfiniment ici, mais ce sera un point de chute régulier jusqu’à ce que le problème des failles soit réglés… Et toi ?

Dorian avait écouté à moitié, complètement captivé par ce qu’il avait sous les yeux. Pas de doute, la rusticité de Férelden avait son charme fou. Le thaumaturge s’assit sur le lit, s’étirant un peu avant de se tourner vers lui. Il se rapprocha alors et, bien à côté de lui, il laissa une main parcourir ce torse qu’il osait laisser comme ça sous son regard à nouveau curieux.

Moi, je reste autant longtemps que je le veux bien. Malgré le froid et l’amabilité de certains, le sud est un endroit bien sympathique.

Là, il le poussa de cette même main, tandis qu’il se plaça au-dessus sur lui. Le sourire légèrement en coin, il perdit encore son regard sur lui. Ah, comment résister pleinement à ça. Dorian se pencha vers lui et s’empara de ses lèvres, gardant un certain appui contre lui. Le baiser ne dura pas tant longtemps que cela ; le thaumaturge se recula un peu, perdant ses yeux dans les siens, encore, toujours.

Bon, dormons. ..

Il se déplaça quelque peu, laissant sa tête s’appuyer contre son épaule, sa main la calant bien, et sa jambe au milieu des siennes. Il était trop fatigué pour se glisser sous la couverture. Puis Dorian se laissa un peu bercer par sa respiration régulière, par sa chaleur ou simplement par son parfum. Ah, qu’il était bien là, contre lui. D’une voix toujours plus endormie, devenant carrément suave, il s’adressa alors à Wulf.

Dors bien, Wulf .. ~


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Posté Jeu 1 Mar - 14:35

Un verre, camarade !

Premier soir du garde des ombres




Le regard que Dorian portait sur lui était assez plaisant, et à se voir ainsi observé, le Garde eut un sourire en coin, qui cachait sa propre déception de voir son compère ainsi couvert. Tant pis. Une main effleura son torse, et il frissonna un peu. Mais ce n’était pas le froid qui lui hérissait ainsi les poils.
Moi, je reste autant longtemps que je le veux bien. Malgré le froid et l’amabilité de certains, le sud est un endroit bien sympathique.

Le jeu de mot qu’il avait fait lui revint aussitôt en tête et le rouquin eut un léger sourire plein de sous-entendu, laissant ses propres doigts parcourir légèrement le cou du brun, profitant des dernières miettes de tendresse que le plaisir leur avait laissé. Du moins, c’était sûrement cela. Et l’alcool, bien évidemment. Le regard clair de Dorian qui rendait Wulf si confus se posa contre le vert des yeux du féreldien. Un léger baiser réunit à nouveau les deux hommes, et le voleur eut le sentiment que si la fatigue ne les assommait pas, ils auraient pu passer la nuit à … certaines activités. Cette pensée était assez plaisante et le regard du Garde devint rêveur jusqu’à ce que la voix du thaumaturge le ramène à la réalité.
Bon, dormons...

Le tête du brun se posa contre son épaule, et le rouquin tenta d’ignorer l’étrange coup au cœur. Une de ses mains se posa contre la nuque de Dorian, dans un étrange geste un peu protecteur.
Dors bien, Wulf .. ~

Bonne nuit Dorian…

Et le sommeil l’engloutit.
Et puis… Une terre sombre, et rouge, qui somnolait sous un ciel verdâtre, une créature morte mais pourtant vivante à nouveau, des écailles qui filaient, toujours plus rapide que lui. L’obscurité n’était plus son alliée, et les ombres étaient trop dangereuse pour le féreldien pourtant invisible. Des rêveries, des cauchemars, un ogre ! Un ogre !
Trop de flash le secouaient alors que le cauchemar se poursuivait : les tréfonds se remuaient, la terre grouillait, le ciel tremblait, l’eau n’était plus que poison, l’air était chargé de vice.
Et au loin, une silhouette fantomatique mais chaque nuit plus présente, une ombre avec deux ailes géantes comme des doigts crochus l’emmenant à la mort…
Papa ! Papaaaa !

Wulf se retourna, juste à temps pour voir les yeux bruns de sa fille, ses boucles rousses… Et le sol engloutit la semi elfe, comme si elle n’avait été une vision éphémère.
Les deux lames dans sa main deviennent poussière, il n’est plus vêtu de l’uniforme bleu des Gardes des ombres mais… mais d’une armure comme celle que les Hurlocks portent.
Et au loin, la silhouette aux deux ailes hurle… Un Appel.
Wulf ouvre brutalement les deux yeux. Sa respiration précipitée se calme un peu. A ses côtés, Dorian dort paisiblement, toujours accroché à lui. Et la main de Garde serre à présent le flanc du tévintide. Le rouquin reste silencieux. Il a besoin de remettre de l’ordre dans ses pensées. Il se rappelle la taverne, même si quelques bribes de la discussion qu’ils ont eue lui ont peut-être échappées. Il se rappelle des écuries, et ce, avec une certaine précision. Il se rappelle de lui se perdant dans le Fort. Et il se remémore assez bien les mots de tendresse échappés au cours de la soirée.
Il reste immobile, respirant plus sereinement, ses yeux fixant le plafond.
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Posté Jeu 1 Mar - 15:59
Fort-Céleste, chapitre 6Ft. Wulf Varatarg

Un verre, camarade !


En un soupir et demi, Dorian sombra dans un sommeil vide, enfin pas complètement. Un mélange curieux de sensations et de murmures s’étaient alors emboîtés pour occuper le sommeil. Un classique, quand il y avait pas mal d’alcool dans le sang. Des frôlements, des frissons, le souffle même de l’hiver .. et une odeur, une présence, une chaleur. Un quelque chose qui le retournait complètement à chaque fois que cela refaisait surface dans ce théâtre pour aveugles. C’était doux, cela lui empoignait la poitrine. De l’étourdissement, de la confusion, mais également un sentiment de bienêtre étrange.

Et puis plus rien ; seulement une source de chaleur et de quiétude régulières toutes deux, quelque chose de doux. C’était étonnamment calme, Dorian avait connu des nuits plus agitées que ça après avoir passé une bonne partie de la soirée à s’arroser. Soudain, il y eut comme un changement ; quelque chose se bouleversa, et il le sentit. Cet équilibre béat était chamboulé, et cela le sortit d’ailleurs de son sommeil tranquille : il était bien trop curieux pour rester endormi après cela.

Avec peine, en gémissant légèrement, Dorian ouvrit à demi les yeux. Il pouvait sentir encore cette même chaleur qui le berçait, ce parfum qui l’enveloppait, ce souffle régulier à présent. Était-ce simplement son imagination ? Non non .. Attendez.

Était-il seulement contre quelqu’un à cet instant précis ?!

Ses yeux s’ouvrirent finalement pleinement, les sourcils rapidement froncés alors que les pièces commençaient à s’assembler. Il prit appui sur ses coudes, curieux avant tout de savoir sur qui il pourrait bien tomber .. .. Et il croisa le regard émeraude et désormais perturbant du rouquin qu’il avait rencontré la veille. D’une voix bien réveillée, Dorian lui posa la question la plus simple et la plus stupide de l’humanité.

… Wulf ?

Son pouls était déjà étonnamment enjoué pour dire qu’il venait de se réveiller .. Le Tévintide avait seulement prononcé son nom, et pourtant, il avait l'impression qu'elle avait déjà une saveur particulière dans sa bouche. Complètement à la ramasse, le thaumaturge tenta de balbutier quelque chose, perdant son regard un peu plus bas .. Puis il le redressa à nouveau vers le sien, avant de soudainement le dévier sur le côté. Qu’il s’amuse ou non de la situation, Dorian s’en fichait complètement. Quelque chose qui émanait de lui le mettait soudainement mal à l’aise, nerveux. … En plus de constater que son matelas de cette nuit – apparemment .. – était là, complètement nu sous lui : ce fut la goutte de trop, et le Tévintide roula sur le côté pour complètement s’enlever de lui. Il finit son trajet à l’opposé du lit, qui d’ailleurs était le sien .. Oui oui, il était bel et bien dans sa chambre, en tenue de nuit en plus. .. Les sourcils toujours autant froncés, il avait agrippé sa large chemise à la hauteur du cœur. C’était qu’il battait sérieusement vite, là .. Et pour rien, en plus. Le thaumaturge sentit alors que son visage entier avait drastiquement chauffé. C’était .. légèrement .. embarrassant .. Oui, c’était le bon mot.

Après un petit temps, Dorian inclina la tête dans la direction de Wulf, qui devait sans doute rien comprendre à sa réaction – mais bon, lui non plus ne comprenait pas trop, surtout la raison de sa présence dans cet état dans son lit, en plus.

Dis voir .. comment a-t-on atterri là, les deux ? J'ai .. possiblement un blanc ..

De la veille, il ne se rappelait que des sensations, des ressentis et peut-être aussi des bribes de paroles. Mais sinon, c’était le noir complet, quoiqu’il pouvait se faire une petite idée de quelle genre de nuit il venait de passer ; mince, elle devait être vraiment géniale. ..

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Posté Jeu 1 Mar - 16:27

Un verre, camarade !

Premier soir du garde des ombres




Alors qu’il songeait à se rendormir, ou peut être même à se lever (mais alors là, question ultime : se casser ou attendre comme un abruti que l’autre se réveille ?), le brun à ses côtés remua un peu. Visiblement le mage s’agitait un peu, le réveil l’attendait sûrement. Et il croisa alors le regard confus, ce même regard qui oscillait entre le gris et le vert sans savoir précisément de quel couleur il était.
… Wulf ?

Cette simple question présageait déjà une matinée plus mouvementée que l’avait espérée le roux. Flûte. C’était sa malédiction à lui : l’alcool pouvait le rendre malade, con, sentimental, mais il n’oubliait jamais rien. Enfin, si le mage avait oublié, bien sûr… Les quelques secondes du réveil pouvaient toujours être confuses.
Non, c’est mon double maléfique.

Des balbutiements, un air confus… Wulf regrettait presque sa petite blague un peu trop matinale pour l’esprit égaré du tévintide. Et ce dernier venait visiblement de constater que le rude féreldien n’avait pas pris la peine de recouvrir son corps de quelques tissus. Patiemment, sans se moquer, le roux observa le brun éviter son regard. Là, lui-même ne savait pas comment réagir.
Le moustachu semblait extrêmement tendu. Et le Garde devint mal à l’aise quand le mot « adorable » vint illustrer dans sa tête le regard gêné du thaumaturge. Mais quel bazar avaient-ils donc fait en une nuit…
Lorsque Dorian roula sur le côté pour s’éloigner de lui, Wulf eut du mal à camoufler sa déception. Tant pis. Se redressant un peu sur ses coudes et pliant ses jambes, il jeta un regard à ses vêtements. Quelle idée il avait eu la veille de lancer des habits aussi loin ? hésitant un peu avant de finalement rester sur le lit, il finit par observer le mage qui semblait étrangement bouleversé.
Son estomac remua un peu puis le brun tourna la tête vers lui. S’il continuait de présenter ainsi un visage si bouleversé, Wulf allait le kidnapper dans ses bras, trou de mémoire ou non.
Dis voir .. comment a-t-on atterri là, les deux ? J'ai .. possiblement un blanc ..

Un pli un peu amer marqua le coin des lèvres du Garde des ombres. Possiblement, hein ? Enfin, bon, s’il devait se faire à nouveau conteur, mais de sa propre histoire…
Tu m’as retrouvés à la taverne, on a discuté, bu… Puis on … fait un tour à l’écurie, réveillant probablement au passage toute personne aux alentour.

En espérant que le sous-entendu tacite suffirait, il ne tenait pas non plus à dire de manière un peu trop brut « les tables féreldiennes sont vraiment très solides » avec un clin d’œil qui enlèverait tout doute.
Et puis tu m’as mené dans ta chambre, après que je me sois un peu perdu dans le Hall.

Qu’espérait-il ? Que les détails rafraîchissent la mémoire du tévintide ? La partie un peu amère et déçue du Garde avait envie de remballer ses affaires et de partir sans explication. Mais sa partie plus « gentille » (ou avec le plus d’espoir ?) tenait à ne pas lâcher cette affaire de sitôt. Même s’il venait d’avoir eu la confirmation que rien ne serait simple.
Et puis quelle affaire ? Quelle confirmation, qu’espérait-il. S’humectant les lèvres, un peu gêné, ce fut à son tour, d’éviter le regard de Dorian. C’était vraiment injuste, ce trou de mémoire… Wulf se sentait lésé de … quelque chose.

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Posté Jeu 1 Mar - 17:13
Fort-Céleste, chapitre 6Ft. Wulf Varatarg

Un verre, camarade !



Tu m’as retrouvés à la taverne, on a discuté, bu… Puis on … fait un tour à l’écurie, réveillant probablement au passage toute personne aux alentour.

Je crois qu’à la vue de cette splendide tenue que tu portes, j’aurais un peu compris qu’on avait couché ensemble, merci.

Le regard de Dorian se plissa : il ne se souvenait pas depuis quand il le tutoyait, alors que cela lui vint le plus naturellement du monde. En revanche, .. les écuries ? Réfléchissant également à haute-voix, le thaumaturge constata.

Ah, c’était ça, cette sensation de froid ..

Il se souvenait très clairement avoir eu froid, avant de disparaître un instant pour revenir bien plus tard, plus mordant. En même temps, s’ils s’étaient amusés ensemble, il ne fallait pas s’étonner qu’il n’ait plus eu froid lors de cet entre-deux.

Et puis tu m’as mené dans ta chambre, après que je me sois un peu perdu dans le Hall.

Ah, il s’était perdu dans le hall. … Oh. Il se souvenait d’un moment où il se sentait affreusement mal, étreint dans une espèce de solitude sortie de nulle part. Mais bon, s’il avait réussi à se perdre en route, il ne fallait pas s’étonner ; la confusion avait repris droit derrière, épousant un sentiment de légèreté indescriptible, et ..

Pensif, il remarqua cependant le regard de Wulf qui l’évitait à son tour, ce qui fit bien plus que de l’ébranler. Dorian put sentir que quelque chose de décalé se passait dans cette pièce ; d’abord observant les draps, il rehaussa son regard vers lui. Il voulait comprendre, comprendre ce qui était en train de se passer. Bon .. à vrai dire, il en avait sa petite idée, mais il refusait de la considérer comme fiable. Il revint vers lui sur un pas prudent, à quatre pattes sur le lit. Une fois à côté de lui, il s’assit, ne sachant vraiment quoi lui dire. Il écarta son œil perdu un instant tout en soupirant, avant de revenir, posant une main sur son épaule .. non .. Il hésita encore. Dorian souffla par le nez, avant de glisser un doigt dans sa moustache colorée, puis de caresser sa joue de sa main entière.

Wulf, je .. Je n’ai pas vraiment oublié, je me rappelle de certaines choses, encore.

Il avait l’impression de lui avouer son secret le plus terrible, alors qu’il sentit sa nervosité gagner du terrain. Il s’était tu, le regard légèrement sur le côté, les joues moins chaudes qu’avant. Mais son état, cette sorte de tristesse dans ses yeux .. cela lui rappelait vaguement quelque chose, et lui avait déjà fendu le cœur une fois : il n’aimait pas le voir dans cet état, il le savait. Quelque chose avait décidément changé entre la taverne et ce matin.

Le thaumaturge se pencha alors vers lui et le prit dans ses bras, sans un mot, enlaçant son cou. Puis il soupira de tout son long, comme pour essayer de calmer tout ce remue-ménage à l’intérieur de lui, qui n’eut que le don de se décupler. Mais bon sang .. Il avait glissé sa jambe entre les siennes, pour essayer d’être un minimum en face de lui, et avait collé son corps contre le sien, et .. Il se sentit alors submergé, comme la veille. Il retrouva cette chaleur, ce parfum .. Toujours plus confus, Dorian enfouissait sa tête dans son cou, murmurant en tévène son désespoir.

Bordel, .. mais qu’est-ce qui m’arrive ? ..


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Posté Jeu 1 Mar - 17:47

Un verre, camarade !

Premier soir du garde des ombres




Je crois qu’à la vue de cette splendide tenue que tu portes, j’aurais un peu compris qu’on avait couché ensemble, merci.

Wulf haussa un sourcil, comme heureusement surpris de retrouver les commentaires incisifs du mage. Il avait un peu d’inquiétude pour la suite de la conversation, mais au moins la satisfaction que le brun ne se voilait pas (entièrement ?) la face. Et puis, la conversation facile ainsi que la proximité dans le langage revenaient rapidement, c’était au moins ça.
Ah, c’était ça, cette sensation de froid ..

Le Garde observa patiemment le tévintide froncer les sourcils alors qu’il fouillait dans sa mémoire à la recherche de quelques souvenirs.
Sentant le regard de Dorian (pourquoi le nom ne lui semblait plus… anodin ?) sur lui, il essayait d’avoir l’air dégagé. Puis un froissement de draps lui fit relever la tête : le mage s’approchait de lui sur le lit, à quatre pattes. Un silence régna quelques instants dans la chambre. Wulf ne savait même pas quelle heure il était, mais à en juger la luminosité de la pièce, ce n’était pas aux aurores que les deux hommes s’étaient réveillés.
Une main se posa sur son épaule, et le Garde se perdit dans le regard du thaumaturge. Et merde. Il commençait à soupçonner sérieusement les raisons de l’atmosphère étrange. Et il hésitait actuellement entre retourner dormir et aller chialer sur la tombe de sa femme. Contrairement à ce qu’il aurait souhaité, il n’était manifestement pas fait de pierre.
Un doigt se glissa dans sa moustache rousse et le voleur eut un léger sourire. Puis la paume de Dorian engloba sa joue et son sourire diminua alors que son regard devenait plus intense. Son cœur battait beaucoup trop vite pour qu’il ne songe à penser maîtriser la situation, de manière relativement claire, il avait complètement perdu pied. Et il ne savait pas encore si c’était pour le déplaire.
Wulf, je .. Je n’ai pas vraiment oublié, je me rappelle certaines choses, encore.

L’air nerveux du brun l’attendrit un peu. Il saisit la main qui était porté à sa joue.
Il n’y croyait pas : que tout cela soit aussi rapide. Et intense.
Et puis, le thaumaturge se pencha vers lui et le prit dans ses bras, et il y crut. Définitivement pas ce à quoi il s’attendait quand il était entré pour la première fois à Fort Céleste.
Les soupirs du mage résonnaient contre sa poitrine, et en retour, le roux passa lentement ses bras autour des épaules mats du tévintide. Les jambes de Dorian se calèrent entre les siennes, et la position devant plus confortable, le câlin se rallongea aussi. Le visage contre la tempe du mage, il se mordit la lèvre comme pour combattre ce sentiment qui gonflait à l’intérieur de sa poitrine.
Et la langue de l’empire fut murmurée à son oreille :
Bordel, .. mais qu’est-ce qui m’arrive ? ..

Les mots de détresse pure du tévintide résonnèrent en lui, attristantes et rassurantes à la fois. S’éloignant un peu il contempla quelques instants le visage de Dorian, son index caressant l’angle de sa mâchoire avant de saisir le menton de l’homme entre deux doigts. Avec un sourire un peu attendrit, il regarda le mage dans les yeux, avant de répondre en tévène :
Je crois que c’est ce qu’on appelle : perdre le contrôle de la situation.

Mais sachant à quel point de simple mots ne pouvaient retracer ce qu’il se passait, il caressa la joue du thaumaturge avant de l’embrasser, doux, tendre, léger… un peu inquiet ?
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Posté Jeu 1 Mar - 19:16
Fort-Céleste, chapitre 6Ft. Wulf Varatarg

Un verre, camarade !


Quand Wulf lui attrapa la main avec toute la douceur du monde, Dorian s’était figé, tout en poussant paradoxalement son envie de le prendre dans ses bras. Rien de ce qu’il essayait ne dissipait toute cette confusion et cette espèce d’angoisse. Et puis, il sentit ses bras l’enlacer à son tour, ce qui le détendit grandement, comme si ce simple geste lui retirait cet épais manteau d’incertitude pour tout bêtement profiter de sa présence, sans se poser la moindre question. Tout ça, pour finalement réapparaître sournoisement, au moment où Wulf s’éloigna de lui. Et il se perdit encore dans son regard, qu’il n’osa alors plus quitter. Il avait alors l’impression que s’il s’en détournait, il commettrait la plus grande erreur de son existence. Muet, Dorian eut un léger frisson quand il sentit son doigt se promener le long de sa mâchoire, avant d’attraper son menton. Il resta alors suspendu, comment en attente de quelque chose : ce regard et ce sourire en disaient bien trop, mais juste pas assez, ce qui était fortement agaçant, il fallait le dire.

Je crois que c’est ce qu’on appelle : perdre le contrôle de la situation.

Et .. il .. ah. Et cet accent qu'il avait en parlant cette lange-ci .. Dorian en perdit soudainement le souffle, sa confusion qui, à force de gonfler, venait d’exploser à l’intérieur de lui. Le thaumaturge mit un certain temps avant de réaliser ce qui était en train de se passer. Un certain temps avant que la flamme ne l’embrase complètement, ne l’enjoigne à fermer les yeux et à attraper son visage. Ses poumons, son cœur le brûlait. Il soupira encore, cette fois-ci contre ses lèvres, le souffle tremblant. Et malgré toute la violence interne, il faisait preuve d’une tendresse avec Wulf qui pouvait grandement surprendre. Mais ce simple geste le détendit, le rassura un peu, aussi. .. Et puis, le baiser se rompit, le laissant haletant et muet face à lui. Il n’avait plus rien à dire ; tout s’était très bien résumé en un seul geste. Dorian observa à son tour avec minutie son visage, pouvant éternellement désormais le contempler comme ça. Le tout, avant qu’un bruit n’interpelle qu’à moitié sa conscience sans dessus-dessous.

Ah vous êtes encore ici, je vous cherch … HIIIIIII !!!!

Et un claquement de porte. Dorian sursauta à ce cri strident, regardant Wulf avec un air étonné, avant de se tourner vers la porte. Derrière, la petite Mireï, rouge pivoine, qui s’adossait maintenant à la porte.

Oh non j-je .. désolée ……….

Ce décalage de situation, quoique curieux, arracha un rire léger au thaumaturge. Il s’était alors redressé, le regard perdu sur la porte. Ah la la, Mireï .. Une personne dont il prendrait bien des nouvelles, surtout après une sale journée comme la veille. Le thaumaturge posa un regard légèrement empreint d’ironie, le sourcil arqué, et le sourire en coin.

Mes félicitations, nous venons de traumatiser la petite.

A ces mots, il se pencha à nouveau vers lui pour lui dérober un bref baiser, laissant une main se balader sur son corps, avant de prendre appui dessus pour s’écarter officiellement de lui. Il se leva du lit, s’étirant de tout son long, avant d’attraper les vêtements de Wulf pour les lui envoyer dessus.

Allez Wulf, on se réveille !

Il avait retrouvé une énergie incroyable l’espace d’un simple baiser .. « simple », car lui-même savait qu’il ne l’était pas. Il s’approcha de la porte, attendant évidemment qu’il s’enfile quelque chose, tournant un regard aguicheur vers lui sans manquer une miette du spectacle et, une fois tristement fini, attira l’attention de Mireï en frappant gentiment à la porte.

Tu es encore derrière ?

N-non mais je ne vais pas vous déranger plus longtemps, je ..

Mais non, entre donc.

Puis la porte s’ouvrit timidement sur une Mireï qui s’en voulait d’avoir autant détruit l’ambiance. Heureusement qu’elle n’était pas arrivée une fraction de seconde plus tôt .. Elle hocha de la tête légèrement pour saluer Wulf derrière, puis entra sur un pas mesuré, très mesuré, pendant que Dorian refermait la porte derrière elle. Celui-ci s’ébouriffa les cheveux, comme pour y remettre un minimum d’ordre, puis s’assit sur le lit, l’invitant à faire de même. Mireï avait réellement l’impression d’avoir complètement gâché l’ambiance, aussi elle se fit très .. très petite.

Je .. j’imagine que ce n’est pas nécessaire de demander comment ça va .. ?


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Posté Ven 2 Mar - 11:14

Un verre, camarade !

Premier soir du garde des ombres




Ce baiser faisait partie de la catégorie des gestes précieux qui pouvaient tout changer. Et le regard de Dorian disait la moitié d’un tout que lui complétait. Il avait l’impression que l’intérieur de sa poitrine faisait un véritable ménage de printemps, ramenant à la vie des sensations qu’il n’avait pas connu depuis 12 ans. Et le mage saisit son visage, tendre, prolongeant le baiser. Wulf commençait à y perdre pieds, à y couper son souffle, puis le baiser cessa. Les deux hommes s’observèrent de nouveau, le Garde des ombres essayant de graver dans sa mémoire chaque trait du visage du thaumaturge. Et ces yeux indéfinissables…
Et un léger bruit les interpella, un peu irrité, le rouquin tourna le regard vers la porte, prêt à lâcher quelques mots secs à l’inopportun qui… Sauf que des cheveux roux et un air timide l’arrêtèrent dans son geste.
Kaffas.

Ah vous êtes encore ici, je vous cherch … HIIIIIII !!!!

Un claquement de porte plus tard, le bord des lèvres du rouquin frémit, dans un sourire un peu coupable. Bien évidemment, c’était lui qui était à poil. Il avait la mauvaise manie d’être à poil dans ce genre de situation gênante. L’air étonné du tévintide résumait assez bien la sensation qu’il avait d’être coupé dans son élan de tendresse. Tant pis.
Oh non j-je .. désolée ……….

Un léger rire de la part de brun, et celui-ci se redressa un peu s’éloignant du rouquin pour le déplaisir de ce dernier.
Mais à y réfléchir, avec la journée d’hier, Mireï avait peut-être des choses à leurs dire : elle avait dû passer la soirée dans sa famille ou trouver une alternative plus discrète pour les éviter.
Mes félicitations, nous venons de traumatiser la petite.

Eh bien, je suppose que la prochaine fois, elle toquera à la porte.

Sa phrase avait été lâchée de manière anodine. Elle ne l’était pas vraiment, essayant de poser tout doucement l’idée d’une prochaine fois, d’une habitude.
Un bref baiser de Dorian lui tira un léger sourire alors qu’une des mains du mage traînait sur son corps. Ses vêtements lui furent jetés.
Allez Wulf, on se réveille !

Grognant un peu, le rouquin pu constater un léger mal de crâne qui commençait à pointer. Décidément, il tenait mieux l’alcool qu’une dizaine d’années auparavant. Regardant le thaumaturge s’approcher de la porte, il enfila sans tarder son pantalon, avant d’attaquer son haut avec un froncement de sourcils. Facile à enlever, mais parfois casse pied à remettre. Y arrivant, il rejeta en arrière sa capuche bleu, avant de tourner de nouveau son regard vers la porte.
Tu es encore derrière ?


N-non mais je ne vais pas vous déranger plus longtemps, je ..


Mais non, entre donc.

Mireï entra avec sa timidité habituelle. Accrochant légèrement son regard, il lui fit un sourire qui se voulait le plus rassurant possible. Un hochement de tête en guise de salut lui répondit.
Je .. j’imagine que ce n’est pas nécessaire de demander comment ça va .. ?

Son sourire se fit un peu plus large, appréciant l’humour de l’adolescente.
Peut être pas nécessaire, effectivement.

Se levant du lit, le rouquin trouva avec une certaine joie une chaise avant de s’y asseoir. Tentant d’ignorer la présence du mage qui avait tendance à le déconcentrer, il prit le temps de dévisager sa compère rouquine, essayant de lire dans son regard à quel niveau était la douleur qu’elle devait forcément ressentir.
Et toi, comment ça va ?

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Posté Sam 3 Mar - 0:11
Fort-Céleste, chapitre 6Ft. Wulf Varatarg

Un verre, camarade !



Eh bien, je suppose que la prochaine fois, elle toquera à la porte.

Dorian ricana malgré lui à cette remarque, fortement ironique comme il les aimait. Bon, pour Mireï, c’était tout de même méchant, mais sa façon si naturelle de l’avoir dite était vraiment drôle. Dorian s’était donc levé et, une fois le tout plus ou moins remis en place, et avait accueilli une Mireï hésitante, qui s’était donc assise sur le lit. Les sourcils froncés, Dorian adressa un regard à Wulf, loin d’être rassuré.

Et toi, comment ça va ?

Cette bête question semblait lui être le plus grand casse-tête de l’histoire. Elle quitta son regard émeraude en baissant la tête, jouant avec ses doigts en signe de nervosité. Ah, il le sentait mal ; ayant reporté son attention sur l’elfette, Dorian le retourna vers son amant en affichant clairement une mine inquiète. Cela ne dura que brièvement, mais il préférait lui signaler qu’il ne le sentait vraiment pas.

Ça va ..

Attends.

Dorian se pencha alors vers la petite, et renifla l’air autour d’elle : légèrement affolée, elle recula quelque peu, avant que le thaumaturge ne fronce les sourcils d’une légère colère.

Mireï .. !

N-non mais attendez, J-je .. je peux –

Tu peux expliquer ça, vraiment ? Je connais cette odeur, et ce n’est pas celle attribuée au jus de pomme.

Cela dit, il ne se souvenait pas d’avoir croisé ses oreilles à la taverne. Pensif, il se tourna vers Wulf encore une fois, le temps de vraiment bien tout repensé l’histoire, avant de revenir vers elle.

Mireï .. t’as fait quoi de ta nuit ?

Pas .. grand-chose de très intéressant ..

Fronçant toujours plus les sourcils, le Tévintide croisa alors les bras, décidément énervé, mais pas contre elle. Cela dit, il respectait son silence : si elle ne voulait pas en parler, eh bien soit. Il s’y tiendrait, chacun avait ses petits secrets dans la vie. Et soudainement, comme épuisée, elle se laissa aller contre l’épaule de Dorian, qui sursauta presque. Par réflexe, ou presque, il encadra ses épaules d’un bras solide, au moins suffisamment pour réconforter un minimum.

… j’en ai marre …

Hey .. tu sais que tu peux nous en parler, on est là.

Il ne fallait pas croire, hein. Dorian était simplement plus attendri à cause de la nuit qu’il venait de passer, et du réveil insolite qu’il avait subi contre son gré. Il se reprit tout de même, le ton un peu plus solide.

Oui non, enfin on est là, quoi.

Il frotta un peu son bras comme pour la rassurer un peu, sentant la petite pleurer contre son épaule, avant qu’elle ne remonte dans sa tignasse rousse, toujours attachée en deux petites tresses. Elle balbutia un peu, avant de souffler près de lui.

Ils sont partis ..

Soudainement, Dorian écarquilla les yeux d’une surprise qui ne quittait pas ses semelles furieuses, qu’il posa sur Wulf. Malgré tout, il était grandement inquiet de son état, et il sentait qu’il était loin d’être le seul. Mais .. ils ne l’avaient tout de même pas laissée seule ici ?! Mireï ne bougeait plus, sanglotant en silence contre Dorian qui, honnêtement, ne savait pas trop quoi faire.

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Posté Sam 3 Mar - 14:47

Un verre, camarade !

Premier soir du garde des ombres




Lorsque Mireï pénétra tout à fait dans la chambre du brun le rouquin pu contempler avec une certaine tristesse la mine chiffonnée de l’elfette. Tout cela ne présageait rien de bon augure. Et lorsque le Garde capta tout à fait naturellement le froncement de sourcils inquiet du tévintide, le féreldien sut qu’une fois de plus, cette histoire ne sentait pas bon.
Quand il demanda à la jeune mage comment elle allait, elle quitta son regard, ses yeux bleus nerveux et apeurés. Elle jouait avec ses doigts, et la peur semblait transpirer de ses pores. Un nouveau regard de la part de son amant lui mit de nouveau la puce à l’oreille. Quelque chose clochait, la question était de déterminer le niveau de gravité de tout cela.
Ça va ..

Attends.


Dorian était assis aux côtés de la jeune adolexcente, sur le lit. Wulf, lui, était sur une chaise à deux mètres, et ne comprenait pas très bien l’injonction de son cadet.

Mireï .. !


N-non mais attendez, J-je .. je peux –


Tu peux expliquer ça, vraiment ? Je connais cette odeur, et ce n’est pas celle attribuée au jus de pomme.


Levant légèrement le nez en l’air, le rouquin sentit effectivement l’odeur de l’alcool. Mais après vérification, ses vêtements fleuraient bon la taverne, et vu la distance il ne pouvait pas profiter des effluves de la soirée de l’adolescente. Fronçant légèrement les sourcils, il se rappela ne pas avoir vu une autre tête rousse à la halte du messager… Par contre, lorsque la jeune elfe lui avait montré la bibliothèque la veille, il se rappelait d’une réserve d’alcools non loin… Bon sang, si elle s’était soûlée seule là-bas, c’était d’une tristesse incroyable.
Croisant une nouvelle fois le regard clair de son acolyte moustachu, il attendit la réponse de ce dernier, curieux mais silencieux, son regard vert compatissant tournée vers la benjamine.
Mireï .. t’as fait quoi de ta nuit ?

Pas .. grand-chose de très intéressant ..  

Le bras du brun entoura la frêle carrure de la mage, et Wulf ne contint pas un léger sourire attendrit devant leur comportement.

… j’en ai marre …

Hey .. tu sais que tu peux nous en parler, on est là.

Confirmant d’un hochement de tête, bêtement heureux du « nous » mais sérieux dans son engagement, le rouquin ne quittait pas des yeux la forme frêle pelotonnée contre l’épaule de Dorian.

Oui non, enfin on est là, quoi.

Quelques pleurs roulèrent sur les joues de la demoiselle, et Wulf s’approcha un peu, tendant son bras pour passer une main affectueuse sur la tête de Mireï. En réconfort silencieux, si celaa pouvait aider…

Ils sont partis ..

Ses yeux clairs se figèrent brusquement et une colère froide s’insinua un peu en lui. Cherchant du regard le thaumaturge, il croisa les iris claires et choquées de ce dernier.
Comprenant que le mage ne savait que dire, le voleur continua de poser sa main contre la tête de Mireï avant de serrer son épaule légèrement. Mobilisant toutes les miettes de délicatesses paternelles enfouies en lui, il chercha le regard bleu, appuyant ses paroles d’une voix calme et d’un regard adouci.
Je suis désolé, Mireï… Sache que tu n’es pas seule, d’accord ?

Serrant un peu les lèvres, il posa une nouvelle fois le regard de Dorian avant que sa poitrine soit soulevée d’un lourd soupir. Accrochant d’une main celle de la fillette, il demanda d’une voix un peu plus hésitante :
Ils ne t’on rien laissé ?

Une lettre, un mot d’adieu de la part de sa mère, un souvenir, un peu d’argent (dans le meilleur des cas) ?
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Posté Jeu 8 Mar - 22:55
Fort-Céleste, chapitre 6Ft. Wulf Varatarg

Un verre, camarade !


La plus grande tristesse devait être la distance entre le petit duo et Wulf, qui avait décidé de prendre une chaise. Mais il s’avança également, posant sa grande main chaude et rassurante sur sa petite tête rousse. Cet étrange tableau en fin de compte tira de Dorian un sourire léger, malgré la situation quelque peu alarmante.

Mais ils étaient partis. Au regarde que lui accorda Wulf, Dorian comprit qu’il était loin d’être le seul en colère. Le garde déplaça sa main pour saisir son épaule ; là, Dorian n’avait jamais vu autant d’attention et de douceur émaner d’un homme .. Sans doute qu’il possédait déjà une certaine expérience avec ça, le thaumaturge le comprenait dans ce sens-là. Peut-être qu’il avait une sœur ou quelque chose du style qui faisait qu’il possédait déjà ce genre de bagage ; une sœur, une nièce, une fille .. Une étrange mélancolie le traversa, tandis que plusieurs portraits se mélangeaient dans sa tête. Enfin, il avait plutôt connu une enfance et une jeunesse assez solitaire de ce côté-là de ce point de vue.

Et il avait osé se perdre dans de telles rêveries .. enviait-il Mireï de cette espèce de chance qu’elle avait d’avoir quelqu’un comme Wulf auprès d’elle ? Non, quand même pas .. Ses sourcils étaient froncés, son regard, perdu. Les dents serrées, il sortit de cette bulle quand il entendit à nouveau la douce voix du garde.

Ils ne t’ont rien laissé ?

Se concentrer sur l’instant présent. Dorian souffla par le nez, avant de porter un regard vers son amant. S’il ne l’avait pas déjà été, il ferait définitivement un bon père, un très bon père, même. Mireï s’était un peu figée, silencieuse depuis tout à l’heure. Elle garda son appui contre le Tévintide, essayant de calmer ses sanglots muets pour peut-être pouvoir parler.

Hier, en .. en fin d’après-midi… J’étais allée prendre des nouvelles de mon père. J’étais descendue du côté de l’infirmerie, je .. j’y ai croisé ma mère .. E-elle m’avait pris dans ses bras, elle m’avait dit que tout irait bien …

Le thaumaturge la serra un peu plus contre lui, sentant une nouvelle vague de pleurs sur le point de la secouer. Pauvre petite … Le regard clair du Tévintide se posa sur Wulf, présageant que le plus lourd serait à venir. Puis, son attention fut volée par l’étreinte soudainement plus ferme de l’elfette, s’agrippant à lui de toutes ses forces et cachant son visage contre son épaule. Dorian la regardait, tout en resserrant un peu plus l’étreinte. Cela lui rappelait de bien sombres épisodes, qu’il aurait bien aimé laisser au fin fond de leur tiroir.

Comment va-t-il ?

C’était qu’il l’avait bien amoché, sous le jouc de la colère. Son ton était calme, mais extrêmement soucieux ; pas pour le brûlé vif, mais bel et bien pour Mireï.

Il .. va bien .. … Mon père m’a .. regardé .. d’un œil mauvais … Il aurait pu me frapper, me hurler dessus, … J’aurais presque préféré qu’il fasse réellement quelque chose, finalement …

L’indifférence et l’ignorance ; il n’y avait rien de pire de la part d’un parent. Dorian se mordit l’intérieur de la joue, puis ferma les yeux, cala sa tête contre la sienne et l’enlaça à deux bras, pour être certain de bien la tuer à force de la blottir contre lui. Il comprenait tellement ce qu’elle était en train de vivre, et il en était tellement navré. Et puis, soudainement, il eut l’espoir que Wulf allait se joindre à eux ; pourvu qu’aucun mot ou geste ne soit échangé pour communiquer l’idée ..

Désolée .. j-je m’en veux de vous .. déranger…

Oh, si ce n’est que ça…

Là, il adressa un regard à Wulf et, malgré l’ambiance, lui sourit, ajouté à ce drôle de tableau un clin d’œil plein de sous-entendus.

Nous aurons bien d’autres occasions.

Il marqua une pause, avant de revenir au principal souci du moment.

Mais .. ils sont partis ? Comme ça ?

Comme ça ..

Ce fut au tour de la jeune fille de laisser le silence s’installer. Evidemment, Dorian n’allait pas bêtement se contenter de cette timide écho.

Je .. je suis partie de l’infirmerie. J’ai discuté avec ma mère … Elle .. parlait d-de .. d’un moyen de réparer les choses .. de .. chasser les troubles qui .. divisaient notre famille …

De chasser ta m .. oh non.

Si .. si …

Le thaumaturge eut tant de déjà-vus dans cette histoire .. Oh, il se sentit basculer émotionnellement parlant, et honnêtement, il se passerait volontiers de montrer ses états d’âme comme ça. Il tenta d’éviter les larmes de monter en respirant avec plus de force et en serrant les dents. Puis il répondit d’une vois ferme, quoique légèrement tremblante d’émotions bien trop fortes pour lui.

Ne pleurs pas leur départ à ces salauds, ils ne te méritent pas.

Brusquement, Dorian se leva, évitant les regards ou quelconque potentiel contact, si Wulf allait tenter de le retenir, pour se diriger vers la porte. Il en franchit le pas rapidement, refermant la porte derrière lui. C’était bien plus qu’il ne pourrait porter avec elle, et il n’avait pas envie que le rouquin le vît dans cet état.

Mireï porta un regard inquiet à Wulf, confuse quant à sa soudaine réaction : elle l’avait senti se figer pourtant, son souffle d’un coup plus insistant. Elle soupira, baissant la tête.

.. J’ai encore dit quelque chose de travers ..

Dans le fond, elle ne comprenait pas ce qui était en train de se passer, mais tout le monde avait besoin d’une excuse pour s’expliquer les choses. Perdue, elle replia les genoux vers son corps et les enroula de ses bras, pour y appuyer sa tête.

Ser Dorian ne .. va pas très bien … Vous devriez ..

Elle marqua une pause, avant de reprendre, le ton plus bas.

Je devrais vous laisser ..




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Posté Ven 9 Mar - 14:02

Un verre, camarade !

Premier soir du garde des ombres




Le regard mélancolique de Dorian en disait beaucoup sans rien exprimer à la fois. Wulf en était venu à se demander, une main posée délicatement sur Mireï quelles épreuves avaient dû traverser son cadet pour se sentir si ému à l’évocation de tels problèmes de familles.
Mais son intervention ramena le thaumaturge au moment présent : un discret soupir et le voilà qui secoue la tête avant de le regarder. Quelque chose l’intérieur de la poitrine du Garde remua alors qu’il croisait le regard de son amant.
Hier, en .. en fin d’après-midi… J’étais allée prendre des nouvelles de mon père. J’étais descendue du côté de l’infirmerie, je .. j’y ai croisé ma mère .. E-elle m’avait pris dans ses bras, elle m’avait dit que tout irait bien …

Reportant son attention sur la jeune elfe, il sentit quelques espoirs sur la mère de Mireï : elle avait l’air moins radicale que son époux, plus réfléchie. Il ne savait pas si elle était une quelconque piste de raccord pour cette famille tristement déchirée… mais il ne pouvait s’empêcher de l’espérer un peu.
Le regard du tévintide vint de nouveau remuer ses entrailles alors que la jeune mage se serrait un peu plus contre son voisin. Le réconfort qu’elle souhaitait en tirer l’aiderait, mais faire le deuil d’une famille stable et aimante ne serait tout de même pas une chose aisée.
Le regard du brun semblait aussi douloureux que les yeux de la rouquine, et le Garde des ombres tentait de réprimer sans bien savoir pourquoi l’élan de tendresse qui le secoua.
Comment va-t-il ?

Wulf se fichait bel et bien de l’état du père de la jeune elfe, mais cette dernière devait avoir été suffisamment remuée pour ne pas voir en prime son père blessé.
Il .. va bien .. … Mon père m’a .. regardé .. d’un œil mauvais … Il aurait pu me frapper, me hurler dessus, … J’aurais presque préféré qu’il fasse réellement quelque chose, finalement …

La douleur de l’ignorance… Quelques flashs passèrent devant les yeux du tempête : le regard d’un père en deuil prêtant peu d’importance à son fils, tellement focalisé sur sa douleur. Le fantôme d’une mère absente qu’il avait tué… Un frisson parcourut le corps du féreldien, et mené par une impulsion soudaine, il se leva de sa chaise et s’assit à côté de Mireï, en face de Dorian. Un de ses bras enserra les deux corps tandis que le second posait tranquillement sa paume contre la tête de la benjamine. Quelle étrange câlin recomposé, mais pourtant si salvateur pour les trois égarés qu’ils étaient…
Désolée .. j-je m’en veux de vous .. déranger…

Et quel manque de confiance cette famille cruelle avait instiguée dans la jeune adolescente. Il s’apprêtait à répondre qu’il se souciait peu de l’interruption, puisqu’elle était importante. Mais le tévintide répondit avant lui.
Oh, si ce n’est que ça…

Un regard, comme une promesse… Il répondit au clin d’œil de son amant par un léger sourire…
Nous aurons bien d’autres occasions.

… et un regard troublé.
Mais .. ils sont partis ? Comme ça ?

Comme ça .. Je .. je suis partie de l’infirmerie. J’ai discuté avec ma mère … Elle .. parlait d-de .. d’un moyen de réparer les choses .. de .. chasser les troubles qui .. divisaient notre famille …

De chasser ta m .. oh non.

Si .. si …

Le regard de Wulf devint glacial. Il se rappelait de quelques visages marqués au front d’un soleil, de langages monocordes… La voix tremblante de Dorian le tira de ces souvenirs.
Ne pleurs pas leur départ à ces salauds, ils ne te méritent pas.

Préférant en rajouter une couche pour Mireï, il conclut la phrase du mage par une affirmation importante pour lui, et pour la jeune fille :
Personne ne va changer quoi que ce soit. Il en est hors de question.

Mais le brun se leva, surprenant son partenaire rouquin. Il tendit un bras vers son amant, mais ne tenta pas de le retenir physiquement : quelque chose clochait, c’était certain.
Dorian ?

Avec un sourire rassurant mais inquiet envers Mireï, il la serra un peu plus contre lui.
.. J’ai encore dit quelque chose de travers ..

Elle se serra contre elle-même, ramenant ses jambes contre son corps. Wulf caressa se cheveux, tentant de mettre de l’ordre dans son propre crâne. Qu’est ce qui avait touché Dorian ? « d’un moyen de réparer les choses… » son estomac se glaça : le rouquin savait qu’aimer un homme quand on en était un était chose difficile dans l’empire.
Ser Dorian ne .. va pas très bien … Vous devriez ..
Je devrais vous laisser ..

Se levant, il rattachait chaque pièce du puzzle (le puzzle tévintide à moustache) les unes aux autres. Avec un regard pour la rouquine, il s’approcha de la porte :
Ce n’est pas de ta faute. Tu n’as rien fait de mal dans cette histoire. Je vais le chercher, tu restes ici : je reviens tout de suite, avec ou sans lui.

En conclusion, il finit par dire :
Il est hors de question que tu traverses cette épreuve seule.

Et il sortit de la chambre. Un regard à gauche, puis à droite, il finit par choisir une destination, puis une autre : aucune trace du thaumaturge. Une boule dans la gorge, il finit par retourner dans la chambre du mage : il comptait bien occuper un peu l’esprit de l’adolescente…
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