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Posté Dim 11 Fév - 18:26



allez, sois sympa !
wulf & ethel

L'alcool tapait sur les tempes d'Ethel avec l'efficacité d'un bon forgeron, produisant en série tout un paquet de petites taches blanches à la périphérie de son regard. Le genre de douleur à vous glisser subrepticement que le seul moyen de guérison est de vous frapper très fort la tête contre un rocher.

Elle venait de finir un contrat de plusieurs mois, qui s'était terminé par un solde bien dodu pour elle et ses compagnons. Comme de juste, ils étaient partis tout dépenser à la taverne le soir même pour fêter leur méfait. Se saouler en compagnie de gaillards qui, vu qu'ils étaient déjà là depuis un moment, étaient maintenant moins pourvus en diplomatie mais doté d'un niveau intellectuel égal -elle l’espérait- avant de partir sans payer et si possible en foutant un bordel monstre demeurait selon elle le meilleur moyen de finir une aventure.
La soirée avait été bien loin de ses attentes puisque seule la case "beuverie" avait été cochée - et encore, tous ses compagnons avaient fini par partir ou s'évanouir sur le sol de l'établissement, la laissant seule à regarder les murs tourner autour d'elle. C'était l'heure la plus triste de la nuit. Celle de la fermeture, dans laquelle seuls les piliers de bar et les gens trop alcoolisées pour se relever restaient dans la taverne.
Le désespoir envahit Ethel. Elle venait de constater qu'en plus d'être seule, elle avait perdu sa bourse quelque part pendant la soirée. Elle réglerait ça demain, mais l'addition n'attendait pas, et l'heure de la fermeture approchait.

Le tavernier jeta un dernier coup d'oeil à la pendule. Tous ses muscles se relâchèrent dans un soupir aussi long que l'avait été sa journée. Il s'apprêtait à plier boutique, presque un sourire sur les lèvres, avec la moue de celui qui se rend compte être satisfait de sa journée. Oh, il avait connu bien pire. Il releva le regard pour voir qu'une Elfe venait de se traîner jusqu'au comptoir.

- Vous y allez, je présume, dit-il.
- Bouais.
- Vous étiez à quelle table ?

Germain le tavernier n'était pas né du dernier Enclin. Il savait que plus l'heure se faisait tardive, plus les ivrognes qui fréquentaient son établissement cherchaient à se défiler pour éviter de payer. Il avait tout vécu : intimidation, menaces, mensonges.
Mais personne n'était jamais sorti de la Barque Renversée sans payer.

Ethel cligna des yeux. Une idée venait de lui traverser l'esprit. Elle parcourut la salle d'un oeil averti (mais alcoolisé, faut pas déconner). La salle tournait vachement... Il y avait des gens en train de discuter, des gens affalés contre le mur, et deux rouquins qui se ressemblaient drôlement, dis donc. Elle se retourna et dégaina son plus beau sourire.

- C'est mes copains là-bas qui vont payer, répondit l'assassin d'une voix pâteuse. Les deux rouquins là-bas, c'est mes potes. J'étais à leur table... et... tout. Elle s'appuya contre le comptoir pour donner sa meilleure impression de sobriété.
- Vraiment ? Répondit l'aubergiste, une lueur méfiante dans le regard. Je ne vois qu'une personne.

Elle tourna la tête, confuse. Les oscillations de son regard commencèrent à se calmer et elle cessa de voir la salle entière en double l'espace d'un instant, assez pour se rendre compte qu'il n'y avait en fait qu'un seul roux assis sur la table en question. Merde ! Sa crédibilité avait pris un sacré coup. Mais elle pouvait encore s'en sortir.

- Y'était... avec son frère tout à l'heure, répondit Ethel avec un large sourire.
- H-hm, répondit Germain en contemplant le spectacle affligeant qui se déroulait sous ses yeux. De loin, Ethel fit un signe de main amical au rouquin.
- Bon, tu vois ? C'est mon pote, reprit-t-elle. Je peux partir maintenant ?

Par les Anciens, qu'il avale son histoire et qu'il la laisse partir ! Mais il n'y avait aucune raison pour qu'il refuse, son mensonge était en acier, après tout.
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Posté Dim 11 Fév - 21:59

Allez, sois sympa !

T'es gentille, paye ta bière de ta poche, merci



Lothering était la définition même de l’ennui aux yeux de Wulf : ce village n’avait rien. Pas beau, pas de bagarre, pas grand monde potable… Bref : cette excursion qu’il avait commencé dans le but de parfaire sa carte n’était pas assez palpitante à son goût. Certes, il avait croisé un dragon au niveau des marches solitaires, qu’il avait pu observer. Sans s’attaquer au combat, il avait noté l’emplacement du nid du dragon en s’approchant de ce dernier avec son invisibilité. Et là, il se dirigeait vers Fort Bastel histoire d’y traîner un coup et prendre des nouvelles des divers camarades. Bref : c’était ainsi qu’il avait terminé à franchir le petit ponton ennuyeux de Lothering après être passé devant la chantrie ennuyeuse de Lothering.
Autant d’ennui, c’était une parfaite excuse pour se rincer le gosier, aussi le garde ne se gêna pas : il attacha son cheval quelque part et entra dans la taverne qui avait soudainement l’air… moins ennuyeuse. Le climat ambiant sympathique, l’air chaud, l’odeur de bière et les tables couvertes de jeux de carte, c’était le moment parfait. Ou plutôt : l’endroit était propice à passer une soirée agréable. Il se mêla rapidement à un groupe de travailleurs, et la bière coula alors que les mises passaient et que les cartes tombaient.
Si l’uniforme des gardes des ombres n’était pas toujours apprécié, Wulf savait parfaitement bien jouer le rôle du bon gars qui travaille dur : et le franc parler de ses années en tant que marin revenait vite alors qu’il discutait avec les habitants de l’ennuyeuse Lothering. Il gagnait pas mal, mis pas assez pour devenir antipathique, aussi une pinte, puis deux puis trois pintes de bière passèrent.
S’il n’était pas ivre, le rouquin était gentiment joyeux, aussi lorsque la soirée se termina, il bourra sa pipe de tabac et commença à fumer tranquillement, profitant du moment béni entre nuit et jour, où le silence se faisait à la taverne. Quelques ivrognes traînaient encore, mais Wulf n’y prêtait pas attention. Ce n’était pas son problème, le tavernier n’était pas né de la dernière pluie, il saurait très bien gérer ça. Il était garde des ombres, pas bon samaritain.
Mais le problème était visiblement une cliente en particulier : Wulf l’observa attentivement. Une elfe, avec des tatouages, comme les dalatiens en porte. Elle avait l’air de ne pas avoir un rond pour payer, elle était probablement bonne pour la plonge. Tant pis pour elle.
Mais une partie du dialogue entre l’elfe et le tavernier parvint à ses oreilles, et cela le contraria :
C'est mes copains là-bas qui vont payer. Les deux rouquins là-bas, c'est mes potes. J'étais à leur table... et... tout.
Bon, tu vois ? C'est mon pote. Je peux partir maintenant ?

Un signe de main était censé ponctuer le discours de l’ivrogne, mais lorsque le tavernier croisa le regard du rouquin, ce dernier se leva d’un coup, prêt à rouspéter. Mais lorsqu’il se leva, il buta contre la table et perdit son équilibre. Zut : il avait bu combien de chopes ? Cinq ? Mince, il s’en était fait offrir.
Il s’avança néanmoins bravement vers le comptoir ou il respira d’un air qu’il voulait furieux avant de pointer du doigt l’elfe et de déclarer en grognant presque comme un ours :
Elle est pas ‘vec moi.

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Posté Lun 12 Fév - 11:04
Le plan génial d'Ethel pour ne pas avoir à payer s'effritait au fur et à mesure que les secondes passaient. Elle entendit une table se renverser et quelques bruits de pas plus tard, le rouquin était au comptoir à côté d'elle. Sa tête se dédoublait toujours occasionnellement, de même que le reste de son corps. L'aubergiste, lui, était en trois exemplaires. Mais son regard était toujours dardé sur elle.

- Elle est pas 'vec moi.
- Mais siii ! Enfin, Michel ! On a fait une partie de Grâce Derficpe ! Perfide. Enfin tu vois, quoi, implora Ethel d'une voix pâteuse en regardant le rouquin d'un air suppliant. Manque de chance pour elle, elle n'était pas tombée sur un bon samaritain. Ou sur un samaritain tout court, d'ailleurs.

- Bon..., soupira Germain, qui pensait passer au moins une soirée tranquille. Je m'en fiche de savoir qui est avec qui. Vous payez, ou j'appelle la milice. Il les regarda tour à tour d'un oeil intransigeant.

Ethel jeta un coup d'oeil par la porte entr'ouverte de la taverne. Les deux miliciens qui étaient censés surveiller l'établissement étaient affalés contre un muret en pierre, à moitiés assoupis, une bouteille à moitié terminée dans la main. Ce n'était pas cette milice-là qui allait l'arrêter. Elle se retourna - un peu trop rapidement : elle eut l'impression que son cerveau venait de se cogner contre sa boîte crânienne - vers le rouquin et s'agrippa à sa manche, tel un lierre fermement accroché à un mur de briques.

- S'il te plaît, implora-t-elle. Je ferai ce que tu veux, 'fin presque, faut pas dec' -hips-... Je me suis fait voler ma bourse pendant la soirée... Ou je l'ai perdue, je sais pas... Mais j'ai besoin qu'tu m'avances ! Allez, sois sympa ! Je ferai ce que tu veux !

La scène d'une Elfe grande et mince comme une asperge s'agrippant au bras de ce moustachu roux eut le mérite de faire lever quelques sourcils et quelques têtes d'ivrognes avachies sur leur table. Enfin un peu d'animation par ici ! Au grand bonheur des ivrognes, et au grand dam de Germain.
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Posté Lun 12 Fév - 18:36

Allez, sois sympa !
T'es gentille, paye ta bière de ta poche, merci




Mais siii ! Enfin, Michel ! On a fait une partie de Grâce Derficpe ! Perfide. Enfin tu vois, quoi

Le garde haussa un sourcil et détailla un instant cette elfe qui croyait s’en sortir avec ce culot démesuré : brune, le teint halé, elle faisait penser à une Antivan. Elle gagnait probablement sa vie grâce à ses lames, vu comment elle était habillée et armée. En bref, Wulf n’avait clairement pas envie de se la mettre à dos, ce n’était pas un soir propice à la bagarre trop tardive. Mais là, clairement, le rouquin devait remettre certaines choses à leurs place… Et c’est ce qu’il tenta d’exprimer :
J’m’appelle pas Michel…

Fronçant les sourcils, il semblait lui-même étonné de sa diction approximative, et louchait presque comme s’il voulait fusiller du regard sa bouche bégayante. Clairement, il avait du mal à compter le nombre de verre qui avaient traînés dans la soirée… Et c’était du Whisky, le goût qu’il sentait contre son palais ? Quand est ce qu’il avait bu du Whisky ?
Bon...Je m'en fiche de savoir qui est avec qui. Vous payez, ou j'appelle la milice.

Jetant un regard aux deux gars qui pionçaient tranquillement dans leur coin, Wulf se retint de justesse d’hausser les épaules. Il doutait sérieusement qu’une elfe armée qui se baladait toute seule dans un trou paumé de Férelden se fasse avoir par quelques ivrognes de cet acabit. Evidemment, dans cette réflexion, il ne songea pas qu’ils étaient tout deux les plus ivrognes de l’histoire.
S'il te plaît. Je ferai ce que tu veux, 'fin presque, faut pas dec' -hips-... Je me suis fait voler ma bourse pendant la soirée... Ou je l'ai perdue, je sais pas... Mais j'ai besoin qu'tu m'avances ! Allez, sois sympa ! Je ferai ce que tu veux !

La donzelle s’accrochait à lui comme une moule sur son rocher et Wulf commença à fouiller dans sa bourse en se disant qu’il allait payer, histoire d’abréger cette histoire au plus vite. Avec un air résigné il fouilla dans sa poche, et eut un moment d’absence : avait il consommé la moitié de sa bourse sans le savoir ? Visiblement oui, ce qui expliquait le goût de Whisky dans sa bouche. Mais là, il n’était même plus certain de pouvoir payer les trois quatre pintes qu’il pensait avoir consommé. Mais tant pis : il y allait au bluff !
Il sortit les quelques piécettes qu’il lui restait, et prit un air dégagé en sortant un gros mensonge :
Désolé, j’ai juste assez pour mes trois pintes.

Il sortit son plus beau sourire affable, tentant d’ignorer l’inconnue qui semblait faire exprès de tirer sur son bras de façon irritante. Mais le tavernier n’était pas dupe, et l’acheva d’une phrase bien placée :
Vous avez déjà payé une tournée, mais là, vous me devez pour quatre pintes et un verre de Whisky.

Argh. Bonne nouvelle : il n’avait pas son uniforme de garde des ombres, sinon ce serait un bon truc pour donner une mauvaise impression de son ordre. Le rouquin jeta un regard désemparé à l’elfe, suivit d’un coup d’œil aux deux gars de la milice. Ses deux yeux verts semblaient hurler à l’inconnue : « A trois, on cours ! »
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Posté Mar 13 Fév - 17:04
Visiblement, le mensonge ne marchait pas, mais le fait de s'accrocher à lui comme une huître à son rocher, si ! Un grand classique à Antiva, d'ailleurs. Mais ça marchait partout, tout compte fait.
Mais un revirement survint dans l'histoire : en fait, le roux n'avait pas de quoi payer pour sa propre consommation. Elle avait misé sur le mauvais cheval. Mince. Elle aurait dû s'en douter, vu ses habits, il ne semblait pas mener un train de vie très opulent... Le type tourna ses yeux vers elle. Des yeux dans lesquels elle lisait une lueur de détresse. Il regarda un instant la porte de sortie, et elle comprit. Hé hé, finalement, il y avait un peu de bon sens derrière cette moustache.

Ethel avait l'alcool mauvais, dans le sens où boire la rendait plus exaspérante et irrespectueuse qu'autre chose. C'était un assassin, certes, mais même les assassins avaient des principes... Sauf que ceux d'Ethel disparaissaient dès que son organisme passait la limite d'ébriété. Et en l'état, se tirer en courant comme la première des lâches avait l'air d'une solution tout à fait convenable.

La Dalatienne s'élança telle le halla sauvage vers la porte de la taverne. Enfin, dans sa tête, c'était le halla sauvage, mais en réalité, ça tenait plus du buffalo paniqué, vu sa démarche. Elle regarda derrière son épaule si le rouquin suivait... puis elle se retrouva sans trop savoir comment sur le sol de la taverne. Elle leva la tête, désorientée.
Elle venait de buter contre quelqu'un. Un type immense et bedonnant la dominait de sa hauteur, ultime barrière la séparant de sa liberté.

- Tu vas où comme ça, elfe ?

Jak le Bourre-Pif était un des clients les plus réguliers de la taverne. Occasionnellement, l'aubergiste l'engageait également pour travailler en tant que videur, et pour stopper les petits malins comme cette Elfe qui tentaient de partir un peu trop hâtivement. Ethel tenta de se retourner et de se rétablir, mais son menton heurta de nouveau le sol alors que Jak la saisissait par la cheville.

- Lâche-moi !
- C'est la milice pour toi, grogna Jak en essayant de charger Ethel sur son dos. Mais l'Elfe se débattait comme une démone. Elle profita de ses gesticulations pour donner un coup de coude bien placé sur le menton de l'homme, qui poussa un cri de douleur.
- Le roux ! Aide-moi !

L'attention des clients, qui avait été en totale léthargie jusque-là, venait de se réveiller : l'altercation avait quelque chose de fascinant. Surtout pour une salle de gens bourrés à deux heures et demie du matin.
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Posté Mar 13 Fév - 22:28

Allez, sois sympa !
T'es gentille, paye ta bière de ta poche, merci




Bon, visiblement, l’atout discrétion du roux était invalidé lorsqu’il était éméché : il n’avait pas réussi à paraître crédible ni aux yeux du taverniers ni même à ceux de son compère alcoolique. C’est dire. Il respira un grand coup t commençait à reprendre ses esprits quand l’elfe se révéla plutôt tapide mine de rien et fila sans demander son reste. Bon, évidemment, rien ne se faisait sans accroc : et bien sûr, il fallait qu’elle bute contre un homme au physique improbable (sérieusement, la taille de son ventre proportionnellement au reste, il y avait un souci !), et que ce dernier ne tente de s’emparer d’elle.
Mais la brune avait le diable au corps, et remuait sans cesse, l’appelant à l’aide :
Lâche-moi ! Le roux ! Aide-moi !

Wulf répondit à l’appel à l’aide et accourut : il trébucha vers l’énorme type et fila à ce dernier un crochet du droit qui témoignait un trop grand nombre d’expériences de bagarre en taverne. Bien sûr, cela sonna comme l’étincelle pour le reste des ivrognes du coin : un gars s’approcha de Wulf et tenta de lui donner un coup de pied. Le garde évita, et ledit coup de pied partit s’échouer du côté des bijoux de famille d’un autre.
Tout devint chaotique à ce moment : Wulf évita de justesse un verre qui volait. Personne ne semblait en reste de cette immense bagarre ou pas un des participantes ne semblait sobre.
Le garde trébucha sur une chaise effondrée, percuta un gars occupé à en taper un autre et parvint à atteindre la jeune elfe :
On part !


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