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Posté Lun 22 Jan - 21:29
Fort-Céleste, chapitre 4Ft. Siha Bellanaris

Une lueur au coeur de la nuit


La nuit fut rude, il ne fallait pas croire. Un songe, un mauvais rêve ou un souvenir déformé, cela revenait au même et empêchait Dorian de convenablement fermer l’œil. Il s’était réveillé en sursaut dans son lit, suant d’une confusion froide et due au réveil précipité. Mais malgré son court répit, le thaumaturge ne se sentait pas fatigué, loin de là. Sans doute l’habitude d’écourter ses nuits pour lire, travailler ou s’occuper intelligemment. Le fait était qu’il était bien loin de pouvoir étreindre Morphée ; alors, il décida de se lever.

Ne prenant même pas la peine de se changer, conservant donc sa large chemise blanc cassé et son pantalon sombre, il se fabriqua une petite flamme pour voir où il allait, et partit en direction de la bibliothèque. Bien évidemment, il avait chaussé ses bottes pour préserver ses pauvres petits petons de la froideur des pierres de Fort-Céleste. Il traversa le fort à pas de loup, perdant son regard sur les ombres dansantes que sa présence créait. Pourtant, même s’il ne l’admettrait jamais, ses pensées encore égarées aggravaient les traits de son visage. Songeur, Dorian avançait d’un pas distrait, l’œil divaguant sur les marches qu’il gravissait. La main qui ne contenait nulle flamme s’était emparé de tout autre chose, de ce fameux pendentif qu’il portait autour du cou ; lui aussi, il était présent dans ses songes de tempête.

Avant de pousser la porte, Dorian s’arrêta un instant. Il fixait toujours ce collier, sur lequel il s’amusait à tapoter son pouce, rien que pour entendre ce petit cliquetis. Finalement, il dût le lâcher pour ouvrir la porte.

La première chose qu’il fit quand il arriva fut de soupirer. Etant très bien réveillé, il oublia de passer dans l’autre bibliothèque pour avoir de quoi lire. Dorian passa une main sur son visage et se décida quand même à regarder si quelque chose de décent pourrait l’intéresser en ces lieux. Le thaumaturge farfouillait dans les étagères avec attention, puis se dirigea vers son fauteuil de prédilection, deux ou trois livres sous le bras. Soudain, il s’arrêta, son regard pointé vers son habituel lieu de détente. Il lui semblait que quelqu’un, ou qu’en tout cas quelque chose se trouvait dans son fauteuil fétiche. Ses sourcils se froncèrent, tandis que le nécromancien accéléra le pas, pour être en mesure de déterminer si les ombres des étagères ne lui jouaient pas de tours. Complètement focalisé sur cette silhouette, Dorian se ramassa de l’épaule un coin de l’étagère. Son visage se crispa, tandis que d’une part sa main lâcha les livres dans un fracas pas possible, et que de l’autre sa flamme s’éteignit pour que Dorian pût saisir son épaule endolorie, le tout en exprimant sa douleur sans penser à en réduire le volume. Puis il jura en tévène, cette fois pour lui, donc plus discrètement. Après un certain moment, le silence revint dans la bibliothèque. A peu près. Les coassements des corbeaux résonnaient encore dans la tour.

Dorian s’approcha lentement de sa place privée, réalisant qu’effectivement, il y avait quelque chose, il y avait quelqu’un. Une flamme surgit à nouveau de sa main, et il tomba nez-à-nez avec des yeux qui le fixaient. La flamme dansait dans les siens, alors posés sur la personne qui squattait son siège.

Mon fauteuil est confortable, n’est-ce pas ?

Il avait oublié de ramasser ses livres, oui. Mais cela importait moyennement. Dorian ne s’attendait pas à croiser quelqu’un à la bibliothèque à une heure pareille – mais surtout dans son petit coin. Il s’appuya contre l’étagère, soupirant et glissant une main dans ses cheveux. Avec le boucan qu’il avait causé, très certainement qu’il l’avait réveillé ; quel génie.

Décidément, la discrétion, ça me connaît… J’espère au moins ne pas avoir interrompu un trop beau rêve.


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Posté Dim 28 Jan - 11:50


Une lueur au cœur de la nuit

"Acte I"

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Depuis des heures Siha marchait sans relâche sur une voie irrégulière, un profond sillon creusé à même de larges vallées de cristal. Parfois un jeu de lumière se reflétait sur la surface polie comme du verre, irisant le décor d'une mystérieuse teinte rubis. Aucune destination d'arrivée n'était visible, aucune fin aussi loin que porte le regard. Le chemin serpentait encore et encore à perte de vue en direction de la ligne d'horizon, où ne brillait ni soleil ni lune. Ses pieds nus lui faisaient mal et sa tête bourdonnait d'un inconfort inexplicable, de la sensation bizarre d'être observé. Il était pourtant seul dans ce paysage si familier, d'ordinaire peuplé par de nombreux feux follets, des esprits de valeur, de compassion et de sagesse.
Il continuait d'avancer faute de pouvoir faire autre chose, dans l'espoir de comprendre le douloureux vide laissé par leur absence. Non seulement ne pas retrouver ces entités amicales le plongeait dans la profonde angoisse de ne jamais les revoir, mais en plus il ne s'expliquait pas que ses Rêves changent de forme pour la première fois en presque vingt ans. C'était comme si tout était chamboulé, comme si le frêle équilibre qu'il avait mis si longtemps à trouver était mis sans dessus-dessous en un capricieux claquement de doigts.

Siha s'arrêta en entendant un étrange son et finalement approcha le cristal d'une main hésitante. Ce son et cette couleur fascinante l'attiraient irrésistiblement, comme une flamme attire un papillon de nuit. Son regard se braqua sur le quartz rouge qui apparut brûlant sous sa paume. Sursautant de surprise il la retira aussitôt, la peur au ventre. Soudain ce fut comme s'il avait allumé la mèche d'une bombe. Le bruit s'arrêta et le temps sembla suspendre son cours. De nombreuses voix se mirent à murmurer tout autour de lui, de plus en plus nombreuses, de plus en plus fort. Rapidement elles  devinrent des cris d'agonie, des appels désespérés de personnes vivantes inconnues mais aussi des défunts. Eluthel. Myra. Hallasan. Il ferma les yeux avec force, voulant échapper à tout cela. Sous les puissantes vibrations le sol se mit à gronder puis à trembler, de telle sorte que le mage peina à garder son équilibre.

Regardant tout autour de lui, il ouvrit la bouche sans qu'un seul son s'en échappe. Il tenta de crier, néanmoins sa voix était comme inexistante. Il voulait demander de l'aide, il voulait demander secours à l'un des nombreux esprits qui l'avaient si longtemps tenu compagnie, mais il ne pouvait pas. Se bouchant les oreilles l'archiviste s'accroupit à même le sol, se recroquevillant pour se protéger de cet assaut invisible. Son cœur compressé lui faisait mal, sa respiration entrecoupée, sa tête comprimée dans un étau métaphysique. Quand silence se fit enfin, il réalisa qu'il était trop tard. Un seul bruit pulvérisa ce calme artificieux, achevant ce qui restait de son sang-froid. Un cri muet agita sa poitrine. Un craquement sourd et puissant, une mince zébrure dans ce monde de cristal qui ne tarderait pas à s'effondrer entièrement. Un bruit de glace brisée explosa, alors que des montagnes sanglantes lui tombaient dessus.


***


Siha se roula en boule sur son siège, inspirant à plein poumons. L'air lui manquait pour hurler et ses yeux affolés semblaient vouloir sauter de leurs orbites. C'était comme s'il venait de remonter à la surface après être resté trop longtemps en apnée. Pâle comme un linge et le cœur battant à tout rompre, il avait du mal à reprendre pied. Pourtant ce n'était pas faute de ne pas avoir remarqué le boucan causé par l'homme étrange qui se découpa quelque part dans le flou de son champ de vision. Néanmoins malgré la gêne coupable d'avoir été surpris en train de piquer un somme, ce n'était pas cela qui l'inquiétait le plus. Son regard confus oscillait entre l'inconnu et les corbeaux agités de la volière, sans comprendre. Il fallait qu'il se reprenne, qu'il s'arrache à l'épuisement de plusieurs nuits blanches d'affilée.

Il s'épongea le front d'un revers de main rageur, écartant quelques mèches charbon de son front tatoué. Ce n'était qu'un taslin, un songe comme celui que faisaient les non uthenari, un rêve éphémère sans substance ou lien avec l'Immatériel. Essayant de se rassurer, Siha expira lentement pour retrouver son calme et faire le vide dans son esprit. L'inconnu le fixait toujours avec insistance, sa main éclairant leurs visages d'une flamme magique. L'elfe réalisa enfin à quel point ils étaient proches et fronça les sourcils sans immédiatement relever le sarcasme. Le manque de repos allié à cette drôle de mésaventure onirique lui donnait l'impression d'avoir été piétiné par un troupeau de brontos lancés à pleine vitesse.

« Oui c'est... très confortable en effet. » Il agita la tête en répondant innocemment, avant que ses neurones restants ne se relient et relaient l'information. Son fauteuil ? ...merde. « Oh ? Oh. »

Relevant la tête vers l'humain à la peau joliment hâlée, Siha fut stupéfait par l'intensité dans son regard, puis l'indécente courbe de sa moustache. C'était d'une extravagance fort exotique. Souriant de nervosité, le géomancien saisit le livre qui gisait ouvert sur ses genoux en le refermant d'un coup sec. S'appuyant sur l'accoudoir il se releva prestement pour céder cette place honteusement usurpée à son propriétaire légitime, balbutiant de profuses excuses.

« Non je... C'était un peu brutal mais je suis soulagé d'être réveillé, ahem... »

Son visage blême trahissait une fatigue presque maladive, une réaction trop vive pour être causée par la seule interruption de sa sieste. Toutefois il ne se laissait pas désarmer et se forçait à se reprendre, même si en se relevant il faillit se casser la figure à cause de ses jambes flageolantes. Se rattrapant de justesse sur une des étagères il se retourna pour vérifier qu'il n'avait rien fait tomber. Dans le genre magnifique première impression, c'était pas mal.

« Encore désolé de m'être installé comme ça, j'ignorais que cette place appartenait à quelqu'un. » Il dodelina de la tête puis avec son livre sous le coude, tendit une main en direction de Dorian. « Sihan'diel Bellanaris, archiviste. Occasionnellement squatteur secret à Fort Céleste. Vous pouvez m'appeler Siha, ce sera plus simple. » Les shem avaient souvent du mal à prononcer son prénom en entier alors autant leur faciliter la vie et éviter qu'ils l'écorchent. « Je vois que... l'on fait d'intéressantes rencontres en venant ici la nuit. Insomniaque, vous aussi ? »

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Posté Sam 3 Fév - 19:47
Fort-Céleste, chapitre 4Ft. Siha Bellanaris

Une lueur au coeur de la nuit


Le pauvre semblait complètement bouleversé, et à en juger des prunelles qu’il posa sur lui, ce n’était pas un petit nuage qu’il venait de quitter. Peut-être que son boucan très subtil était une bonne chose, finalement. Le jeune homme aux oreilles apparemment pointues paraissait complètement égaré, comme quand l’on se réveillait brusquement, cela se tenait. Il lui fallut un petit temps avant de pleinement constater la situation et de revenir dans le monde concret.

Oui c'est... très confortable en effet. … Oh ? Oh.

Mes félicitations, l’information a enfin percuté votre crâne.

Il espérait alors que le second degré apparaîtrait comme une évidence, bien que le premier essai fût quelque peu un échec. La flammèche dansante éclairait un rictus, ainsi qu’un regard perçant : la maladresse dont il faisait preuve possédait un certain charme, il n’allait pas mentir. Le jeune elfe avait refermé le livre qui gisait ouvert sur lui et était en train de se lever, honteusement confus.

Non je... C'était un peu brutal mais je suis soulagé d'être réveillé, ahem...

Hey, soufflez un coup .. tout va bien ?

Il aurait mieux fallu préciser que le noiraud essayait de se lever. A la place, il eut pas mal de peine à rester droit et se rattrapa comme il put sur une étagère. Enfin, pas n’importe laquelle ; Dorian s’y appuyait également. Celui-ci se redressa un peu mieux et, avec un réflexe étrangement bien réveillé, il lâcha sa petite lumière pour le rattraper. Bien évidemment, grâce à l’étagère en bois, le thaumaturge n’accomplissait que la moitié du travail : il put donc rallumer une flamme de sa main inoccupée, histoire d’y voir quelque chose, et il réalisa leur proximité. Et au lieu de bêtement détourner la tête, Dorian en profita pour dessiner du regard les contours de son visage, de ses yeux. Son léger sourire persistait, décidément bien amusé de la situation. Il était dans la bibliothèque, au beau milieu de la nuit, en compagnie d’un jeune homme plutôt charmant qui venait de lui tomber dessus. La soirée promettait.

Son interlocuteur du moment se reprit un peu mieux en main et lui en tendit une amicalement.

Encore désolé de m'être installé comme ça, j'ignorais que cette place appartenait à quelqu'un. Sihan'diel Bellanaris, archiviste. Occasionnellement squatteur secret à Fort Céleste. Vous pouvez m'appeler Siha, ce sera plus simple.

Dans un mouvement calculé, Dorian attrapa sa main avec douceur et la retourna légèrement, tandis qu’il se pencha vers celle-ci. Il laissa brièvement son souffle en parcourir le dos avant d’y déposer un baiser, comme il se plaisait parfois à saluer certaines personnes dignes d’intérêt. Finalement, après son petit manège, il se redressa, le surplombant de toute sa taille, de manière à toujours conserver une certaine proximité avec lui. Et enfin, il lui répondit sur un ton suave en implantant son regard dans le sien.

Enchanté de faire votre connaissance, Siha. Je m’appelle Dorian Pavus, thaumaturge et squatteur officiel de la bibliothèque.

Il lui adressait toujours ce même sourire qui pouvait dire tout et n’importe quoi. Le nécromancien lui tenait toujours la main à moitié, s’il voulait lui faire lâcher prise, ce ne serait point tant compliqué que cela.

Je vois que... l'on fait d'intéressantes rencontres en venant ici la nuit. Insomniaque, vous aussi ?

Ah, la nuit n’a pas été évidente, en effet. Moi qui pensais me changer les idées en venant ici, je crois bien que c’était une très bonne décision. ~

Jamais n’avait-il autant pas regretté qu’on le dérange ou qu’on l’entrave quand il voulait se poser dans un coin pour lire ou pour travailler. Dorian s’éloigna quand même des étagères, un peu d’espace s’imposait. Il s’éloigna quelque peu de Siha, la lumière produite par sa magie dansant sur le même rythme que le pyromancien employait pour se déplacer, avec lenteur, mais vivacité.

Mince alors, comment pourrions-nous bien tuer le temps, à deux ?

Songeur, il se tourna vers le jeune elfe, qui peut-être aurait quelques idées. Qui sait ? Il avait ouvert une porte, libre à lui de passer par là ou non. Seul petit détail sans doute légèrement triste, le nécromancien n’était pas du genre patient dans ce genre de situation ; il se rapprocha à nouveau de lui, le regardant droit dans les yeux, et ne s’arrêta que lorsqu’il en était assez prêt à son goût.

Seuls, dans cette bibliothèque, loin de trouver le sommeil à nouveau, .. Beaucoup de possibilités s’offrent à nous, vous ne trouvez pas ?
~


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Posté Sam 10 Fév - 22:03


Une lueur au cœur de la nuit

"Acte II"

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La confusion emmêlait encore son esprit engourdi par le sommeil, et Siha ne sut comment interpréter le sarcasme de l'inconnu. Ses sourcils se froncèrent dubitativement et il se tint sur la défensive, ne s'attendant franchement pas à de l'amabilité après avoir été surpris là. Néanmoins le visage hâlé du tévintide quoique goguenard, semblait dépourvu de vraie hostilité à son égard. Soulagé et gêné le dalatien se releva un peu trop vite en acquiesçant pour toute réponse, manqua de se rétamer dans un manque d'élégance flagrant et se rattrapa finalement comme il put à une des étagères bancales à proximité. Dans la panique de faire tomber des livres, Siha ne réalisa pas immédiatement que Dorian avait dû le soutenir par l'épaule pour lui éviter la chute. Comme électrisé par ce toucher, il recula d'un pas, sans pouvoir aller plus loin. Son dos buta contre le mur et il sourit à défaut de trouver un truc intelligent à dire.

Sa main tendue ne fut pas serrée, au lieu de cela le thaumaturge s'inclina dune étrange façon pour l'effleurer de ses lèvres. Siha cilla à plusieurs reprises, le cœur battant et la bouche grande ouverte, hébété. Était-ce une coutume habituelle chez les humains ? D'un autre côté le minois moustachu qui lui faisait face semblait beaucoup s'amuser de la situation. Se pouvait-il qu'il ait fait exprès d'agir de la sorte par pure provocation ou espièglerie? Lui qui était naturellement tactile se trouvait très confus face à cette invasion de son espace vital : c'était une chose que de démontrer son affection et sa sympathie à un ami, s'en était une autre de faire preuve de tant de familiarité envers un étranger. Enfin au moins ne semblait-il pas lui tenir rigueur d'avoir occupé son siège. Dansant comme un funambule au-dessus de son embarras, Siha dirigea la conversation vers quelque chose de plus neutre.

« Un thaumaturge ? » La flamme sans sa main rendait évidente sa nature de mage, mais ce qualificatif lui était inconnu. C'était un peu indiscret de poser de telles questions mais franchement la curiosité était trop forte pour qu'il s'en formalise. « Qu'est-ce que c'est ? Vous êtes également pyromancien, apparemment. C'est... assez rare de pouvoir maîtriser des arts différents. »

Son regard brillait de fascination, tel de l'or liquide sous les jeux de lumière. Il était clair que son attention était focalisée sur les sujets ésotériques plutôt que les sous-entendus pourtant peu subtils. Sans doute avait-il espéré que ce soit le fruit de son imagination, ou bien une lubie passagère. Toutefois lorsque Dorian s'approcha sans scrupules, une étincelle langoureuse dans le regard, Siha se mordilla nerveusement la lèvre inférieure.
C'était si inespéré et soudain que toute sa verve était passée à la trappe. De par son isolement de nomade, son apprentissage rigoureux et l'importance de son rang d'archiviste il n'avait jamais été approché aussi ouvertement, malgré sa relative jeunesse elfique. Sa voix était faussement calme et son sourire un peu nerveux. Il n'était pas à l'aise dans ce petit jeu où il était la proie, aussi il esquiva.

« J'imagine que deux confrères mages peuvent hum... gagner à échanger sur leurs savoir respectifs ? » Il soutint le regard du tévintide plus par défi que par conviction, toujours adossé dans ce recoin de mur qui ne lui laissait malheureusement pas beaucoup d'options de retraite.
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Posté Sam 10 Fév - 23:43
Fort-Céleste, chapitre 4Ft. Siha Bellanaris

Une lueur au coeur de la nuit


Siha avait reculé, hélas pour lui, jusqu’à ce qu’un mur le contraigne à rester là. Un léger ricanement d’amusement s’envola alors des lèvres du thaumaturge, tandis qu’il accepta finalement de laisser un peu de répit au pauvre petit elfe bloqué contre son mur. Dorian s’était arrêté, le fixant alors avec un intérêt certain ; de toute façon, il savait qu’il avait l’avantage et que de filer lui serait difficile, alors autant prendre son temps, papoter un peu, apprendre à faire connaissance. Aller trop vite ne servait pas à grand-chose non plus, surtout si la personne avait raté le train.

J'imagine que deux confrères mages peuvent hum... gagner à échanger sur leurs savoir respectifs ?

Oh, mais .. tout dépend de ce que vous voulez savoir, de l’étendue de votre curiosité. Pour ma part, la curiosité fait partie intégrante de mon travail.

Il pouvait parler de thaumaturgie pendant des heures, et il était d’ailleurs ravi de savoir qu’il ne savait pas tant ce que c’était. D’ailleurs, soit c’était dû à la fatigue, soit c’était volontaire, mais le nécromancien gardait une certaine douceur dans la voix, un certain soupçon de sensualité également. Pensif, il fixa un instant cette petite flamme qui dansait au bout de ses doigts. En effet, il fallait être doué pour maîtriser plusieurs branches de magie. Et pour dire qu’il maîtrisait la pyromancie et la nécromancie, tout en alignant à son palmarès pas mal de connaissances sur la base de la magie, sans trop se vanter, Dorian était très doué. Et encore, il n’avait pas parlé de la magie temporelle, mais c’était encore une autre équation. Oh oui, pour apprécier la thaumaturgie, il fallait être extrêmement curieux.

Rien que pour surprendre le jeune archiviste qu’il avait en face de lui, il s’amusa à passer de cette sympathique petite lumière de feu à quelque chose de plus violacé. Un mélange de feu et de fumée qui tourbillonnait dans sa main, le tout éclairant d’un violet vif mais peu rassurant les étagères. Oui, c’était déjà moindre lumière que du feu, effectivement.

Je suis également nécromancien, et pour vous expliquer brièvement ce qu’est la thaumaturgie .. disons que j’étudie les fondements de la magie, ses liens avec l’immatériel, ses limites.

Au fil de ses paroles, Dorian s’était à nouveau approché, comme avant, sur un pas lent pendant qu’il énumérait certaines choses. La thaumaturgie était bien plus que cela, mais cela suffirait amplement comme explication. Sauf si son interlocuteur s’avérait être davantage curieux… Dans ce cas, il se ferait un plaisir d’approfondir le sujet. En attendant, il avait un jeune archiviste qui avait envie d’échanger des savoirs.

Si c’est un échange de savoir que vous voulez, il se peut que je puisse vous accorder un aperçu du mien.

Là, dans toute sa subtilité et sa finesse, le Tévintide s’arrêta devant lui, en laissant toujours une marge entre eux, au cas où le noiraud aurait besoin d’un peu d’air. La sombre magie redevint une petite flamme, vive et dansante. Son regard se planta alors sournoisement dans celui de Siha, pendant qu’il se rapprocha encore d’un pas ou deux. Son sourire en coin témoignait du fait qu’il avait une idée derrière la tête. Et certainement pas n’importe laquelle.

En revanche, je n’espère qu’une seule chose pour vous ..

Et soudainement, la flamme s’éteignit. Le noir complet. Dorian profita alors de la situation pour se hisser davantage près du jeune elfe, appuyant même son avant-bras contre la paroi, non loin de son visage. De l’autre main, il effleura les traits de sa mâchoire avec une minutie calculée, laissant à son compagnon d’insomnie le temps de réaliser sa présence rapprochée. Sa tête s’inclina également davantage, de façon à frôler les lèvres de son souffle. Puis, dans toute sa sensualité, il murmura ces quelques mots.

.. que vous n’ayez point peur du noir.

Sans réellement prévenir – cela gâcherait un peu tout le jeu –, le fourbe Tévintide épousa ses lèvres sur les siennes, mais seulement brièvement, attendant une quelconque réaction de la part de Siha. Il maintint cependant la proximité, laissant ses doigts glisser de son visage pour errer dans le vide, et appuyant son front contre le sien. Le thaumaturge n'avait pas eu réellement le temps de profiter de cet échange plus direct de paroles, de cette chaleur, de cette saveur. Enfin, il se rattraperait sans doute plus tard : il avait senti le malaise avant, mais pas le dégoût face à une telle attitude. Après, il pouvait se tromper, et dans ce cas précis, il avait intérêt à rapidement disparaître : le pauvre archiviste qui n’avait rien demandé… Dorian soupira en silence, tandis que sa main errante se posa par hasard – ou par chance – sur sa hanche.

Alors, votre curiosité .. est-elle pleinement ouverte, maintenant ?


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Posté Lun 12 Fév - 14:33


Une lueur au cœur de la nuit

"Acte III"

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Il se sentait comme un gibier fuyant la ligne de mire d'un tireur agile et particulièrement persistant. Le cerveau toujours retourné par son cauchemar et la mémoire encore vive de souvenirs douloureux qu'il aurait préféré oublier, Siha avait du mal à savoir comment réagir face à des avances éhontées. Espérant que le changement de sujet pourrait donner une nouvelle direction à cet échange improbable, il avait regardé le tévintide avec attention, friand d'en apprendre davantage sur de nouvelles écoles de magie. Ses connaissances quoique fort pointues en des domaines peu ordinaires étaient limitées par le domaine d'étude des archivistes. L'occasion d'en apprendre plus aux côtés d'autres mages -si rares parmi les clans effrayés par la possession- était trop belle pour ne pas être saisie d'autant plus qu'il n'avait encore jamais quitté la Dalatie auparavant. Pas totalement inconscient de ce petit jeu de séduction Siha continua de discuter tranquillement, persuadé que bien assez vite le moustachu finirait par se lasser.

Ses yeux suivirent chacun des mouvements de main de son interlocuteur, avides de saisir le fonctionnement de cette flamme étrange. Fasciné par les différents sentiments éveillés par cette magie inconnue, il se sentit attiré et effrayé à la fois. Tel un papillon de nuit partagé dans son envie de s'approcher, il pressentait déjà le danger de se brûler les ailes.

« J'étudie les failles également, bien que je n'aie pas encore trouvé le moyen de les approcher sans prendre des risques. » Cela ne l'avait pas empêché d'essayer, embarquant son frère et quelques guerriers de confiance. Jusque là cela n'avait rien donné de très concluant, hormis peut-être lui apprendre à perfectionner ses talents face aux démons. « Mon frère ne cesse de m'en dissuader, craignant que ma sensibilité envers l'Immatériel ne m'affaiblisse au mauvais moment. »

Siha avait murmuré les sourcils froncés, sans toutefois ignorer le commentaire sur la nécromancie. Il avait lu plusieurs ouvrages sur le sujet, mais inévitablement cela éveillait scepticisme et méfiance de sa part. Il était de ceux qui pensaient que la magie n'était ni bonne ni mauvaise, mais le reflet de celui qui la maniait. Épée meurtrière ou bouclier salvateur... Une dualité complexe. Quoique toucher à l'âme des morts lui paraisse instinctivement répréhensible, il serait arrogant de se braquer sans en savoir plus. Le rapprochement de son interlocuteur ne le surprit plus, bien qu'il se pose encore des questions.

« Les échanges sont généralement bénéfiques, oui. Mais v- » L'elfe ouvrit la bouche pour poser des questions et parler de ses propres talents, seulement il n'en eut jamais l'occasion.

Le noir se fit dans la bibliothèque déjà mal éclairée et Siha retint machinalement sa respiration. Ne comprenant pas tout de suite ce qui se passait il se trouva bien bête sans pouvoir utiliser le feu voilé, la seule source de lumière qu'il maîtrisait. Tâtonnant sur le siège à côté il pensait déjà à comment saisir la lampe à huile la plus proche lorsque la voix évocatrice de Dorian, bien plus proche qu'il ne le pensait, le statufia sur place. Son cœur se lança au triple galop au toucher qui effleura sa mâchoire, avant de manquer de sauter de sa poitrine à cette énième provocation. Le tireur avait un angle de tir parfait... Siha le sentait dans chaque fibre de son être. La flèche siffla dans l'air, sans prévenir.
Hébété il voulut balbutier quelque chose mais ses lèvres ne marmonnèrent qu'une protestation inintelligible, de toute façon coupée court par un baiser volé. Ce fut relativement bref et fugace, paradoxalement doux en comparaison du tempérament fougueux du nécromancien. Surpris et en même temps grisé par ce culot, l'archiviste ne sut comment réagir face au flot d'émotions contradictoires qui déferlaient tout à coup. Attrapant la main de Dorian avant qu'il ne puisse la retirer, il la soutint brusquement dans la sienne, ignorant s'il voulait prolonger le contact ou l'interrompre. Son souffle s'accéléra silencieusement.

Devait-il repousser cet homme et ses flatteuses attentions pour rester fidèle à... à quoi justement ? Au souvenir de quelqu'un qui l'avait répudié, à l'espoir qu'il finisse par se mettre les yeux en face des trous ? Non, ça n'arriverait pas. De plus il était hors de question qu'il commette la même erreur que Cullen, en s'accrochant à une relation impossible. L'obscurité tint secret le cortège d'émotions conflictuelles défilant sur son visage pâle comme un linge. Il était mort de trouille, confus, estomaqué... Pressé par une nécessité presque animale de faire quelque chose de totalement stupide. N'importe quoi pour peu que cela lui fasse oublier l'aigreur du rejet, quoi que ce soit pouvant le démarquer de la lâcheté indécise qu'il avait lui-même reprochée. Comme souvent quand il se retrouvait acculé sans option de sortie Siha se laissa porter par l'instinct, quitte à se vautrer lamentablement.

« Je n'ai pas peur. » Amusant comme il avait réussi à prononcer ce mensonge sans même ciller, d'une voix si convaincante qu'elle ferait même illusion à ses oreilles. Sa main se leva sans un bruissement et roula sur l'épaule du nordique, d'une pression si légère que Dorian pourrait se demander si elle n'était pas juste le fruit de son imagination. D'un petit pas en avant il combla la maigre distance entre eux, murmurant à son oreille.

« Votre but est-il donc de faire peur à un elfe vulnérable ? » Son intonation laissait pourtant deviner que malgré sa réserve il était très loin d'être sans défense. Chacun luttait avec ses armes... et Siha n'avait jamais été doué pour rendre les siennes.

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Posté Mar 13 Fév - 20:09
Fort-Céleste, chapitre 4Ft. Siha Bellanaris

Une lueur au coeur de la nuit


Un silence l’accueillit, ou plutôt, un souffle l’accueillit. Siha était resté muet un bon moment : avait-il fait quelque chose de travers ? Sans doute, ou alors le pauvre archiviste n’était tout simplement pas encore à l’aise. Dans tous les cas, cela fronça les sourcils de Dorian, légèrement inquiet. Cela dit, il n’était pas près de trahir cette espèce de jeu qu’il avait mis en place. Il verrait bien ce que le Dalatien penserait de tout son manège.

Faites attention, je vais prendre ce silence pour un oui. ~

Je n'ai pas peur.

Un sourire s’élargit sur le visage mate du Tévintide, tandis qu’il referma sa main attrapée au vol sur celle de Siha, comme s’il se préparait à une danse ; il avait réussi à maintenir ses doigts fins contre sa paume. Puis une légère pression sur son épaule ; la curiosité du thaumaturge s’éveilla. C’était tant mieux, étant donné le principe même du jeu. Rien que de ne pas voir ce qui se passait et de se faire surprendre avait quelque chose de palpitant.

Votre but est-il donc de faire peur à un elfe vulnérable ?

Le thaumaturge avait senti que l’archiviste préparait quelque chose de son côté après une telle affirmation, et malgré tout, il sursauta légèrement. Bien, au moins il cernait les principes de ce petit divertissement. Ce petit tour lui arracha un léger ricanement ; voilà donc où il se cachait. Il pouvait le sentir, ce souffle chaud contre son oreille. Dorian inclina légèrement la tête vers lui, ce qui lui valut de retrouver le flanc de son visage.

Allons .. vous n’êtes pas vulnérable.

A son tour de jouer, et il comptait ne rien laisser au hasard. Il replaça sa main de manière à finir paume contre paume, et laissa encore l’autre sans attache particulière, mais sans se trahir non plus. Dorian savait comment attaquer, et il comptait bien se servir de l’obscurité qui régnait en maître.

Si vous l’étiez, je suis certain que vous auriez déjà quitté cet endroit depuis longtemps.

Il profita de sa petite affirmation pour le distraire légèrement. Après tout, la fatigue n’aidait pas vraiment à avoir les pensées au clair, et souvent l’on mettait bien plus de temps à y réfléchir.

Brusquement, sans pour autant faire mal, Dorian attrapa l’archiviste à la hanche de sa main inoccupée et poussa son corps contre le mur qu’il y avait derrière lui. N’étant pas certain des distances, il n’avait pas été tant fort dans ce geste. Le tout lui permit de l’avoir à nouveau droit en face de lui, et de reprendre un peu le dessus sur lui. Il se pencha vers le Dalatien, cherchant de son profil le sien, chose qu’il trouva sans trop de difficultés. Le thaumaturge colla à nouveau son front au sien, la tête déjà légèrement inclinée sur le côté.

Maintenant, disons qu’il serait .. légèrement plus compliqué de filer.

Et il se rapprocha encore, diminuant la distance entre leurs deux corps. Dorian se colla à lui, tandis qu’il plaqua la main qu’il tenait contre cette même paroi de pierre. Puis il pencha à nouveau la tête en avant, et laissa un murmure frôler sa peau en même temps que son souffle.

Peut-être parce que maintenant, je ne vous laisserai plus vous enfuir.

Après avoir lâché ces mots, le thaumaturge s’empara de ses lèvres à nouveau, mais cette fois-ci, il ne comptait pas rester en coup de vent. Fermant les yeux, il se délecta de ce contact, de cette chaleur, savoura chaque recoin de sa bouche avec attention. Puis le thaumaturge lâcha sa main pour encadrer son visage, qu’il attira à lui tout comme le reste. Le rythme de son cœur s’était également embrasé, mais pas au point de faire mal ; sa respiration s’était alors accentuée en conséquence. Il raffermit un peu son emprise sur ses lèvres, avant de tristement s’en séparer. Dorian resta cependant très proche de lui, laissant son souffle se mélanger au sien. Le nécromancien s’en voudrait de trop brusquer les choses, ainsi que de ne pas prendre son temps dans cette affaire. Cela lui laissa l’occasion de reprendre son souffle légèrement chamboulé.

Mais il ne prit pas la peine de lui déclarer quoi que ce fût ; il n’était pas temps de discutailler. Ah, quel dommage de ne pouvoir contempler le jeune elfe qu’il avait devant lui, contre lui, même. Dorian aurait profité de ce petit temps pour observer les traits de son visage, lui sourire ou exécuter tout petit geste charmeur comme il avait l’habitude de le faire. A la place, ses lèvres se posèrent contre son front, contre sa pommette, contre sa joue, puis contre sa mâchoire, avant de descendre le long de son cou, qu’il ne faisait que frôler sans rien faire. Volontairement, il laissa retomber la chaleur entre eux, surtout pour observer. Que comptait faire Siha, dans tout ça ? Et l’ironie prit le dessus.

Vous savez, si je vais trop vite, il faut le dire.

Dorian se redressa un peu mieux, gardant toujours son front contre celui de l’archiviste, ainsi que les yeux clos. Ce n’était pas comme s’ils seraient d’une grande aide, dans cette manche. Il caressait d’un mouvement régulier du pouce son épaule, qu’il avait attrapée plus tôt avec une douceur surprenante. Le thaumaturge n’était pas une brute, mais n’était pas non plus une petite fleur fragile qui s’envolait au moindre coup de vent. L’avantage de ce petit jeu sans lumière était qu’il ouvrait plus facilement les autres sens. Il était plus facile de se laisser porter par une caresse, par un parfum, ou par une voix, tout simplement.

Dorian Pavus Theme song
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Posté Lun 19 Fév - 6:59


Une lueur au cœur de la nuit

"Acte IV"

Image fond RP



Le jour viendrait avec son lot de questions, de culpabilité et peut-être même de regrets, mais en attendant le noir tenait éloignés les jugements moralisateurs des prêcheurs hypocrites. Ce soir il n'y avait qu'eux et leur rencontre, une découverte qui s'avérait déjà mémorable par sa singularité. A posteriori c'était presque dommage que les deux hommes aient fait les présentations... car dans l'anonymat tout comme le creux de la nuit, rien n'était interdit.
Petit à petit surprise et nervosité laissaient leur place à un sentiment plus complexe, plus profond. En compagnie de cet homme audacieux, complet étranger qui plus est, Siha se sentait vraiment vivre pour la première fois depuis qu'il avait mis les pieds dans les montagnes. Ne sentant aucune agressivité dans le geste il recula sans résister, plus surpris de la tendresse dans le geste que du geste lui-même. Quoique secrètement désarmé le mage était encore loin de s'avouer vaincu. Sa main libre se logea sur les flancs du tévintide avant de les parcourir lentement à travers la tenue légère, doigt par doigt, comme une araignée tiède et paresseuse. C'étaient les prémices de l'ardeur couvant sous une épaisse couche de contrôle.

« Si je n'essayais pas de résister, quel intérêt auriez-vous à me prendre en chasse ? Vous vous lasseriez en un instant, je le crains. »

Dorian y fut encore de plusieurs traits d'esprit avant de lui voler un langoureux baiser. Le contact lui fit l'effet d'une étincelle encore relativement innocente, une provocante escarbille qui risquait de tout incendier sur son passage. Souriant aux chatouilles causées par l'indécente moustache, Siha ne put retenir un petit rire amusé. Cependant sa passion n'était pas en reste, loin de là. Glissant une main dans la nuque de son compagnon, l'elfe mêla ses doigts à son cuir chevelu pour le masser doucement, et parfois les crisper sous une sensation plus inattendue, sans jamais lui faire mal. Et puis vint le calme avant la tempête et l'affection d'une étreinte silencieuse. Là tout de suite il pouvait bien être la dernière des canailles que ça lui était bien égal.
Alors que les lèvres de Dorian traçaient un sillon descendant sur sa peau comme une promesse implicite, le dalatien laissa ses ongles voyager sur le cou de son partenaire. Écartant des pans de tissu il glissa sa main légèrement froide entre ses omoplates, se satisfaisant immensément de ce contact si simple et pourtant sincère. Ce soir il n'y avait pour eux ni faux-semblants, ni grandes expectatives, ni engagements... les seules limites étaient celles créées par leurs envies et ça lui allait parfaitement. Les yeux grands ouverts Siha étaient ceux d'un grand chat farouche, un félin sauvage dans un corps humain, gracile mais fuyant comme de l'eau.

Le souffle du thaumaturge se mêla au sien alors que leurs lèvres se séparaient enfin, les visages à peine séparés. Le murmure de ce dernier fut une énième caresse, à peine audible dans ce recoin sombre de la bibliothèque. Un instant la peur d'être surpris là emballa son cœur, avant que la question ne retombe dans son cerveau embrumé. C'était... inespérément prudent mais aussi gentil à lui de s'inquiéter de la sorte. En fait pour quelqu'un d'aussi brutalement entreprenant c'était presque choquant, dans le bon sens. Siha sourit avec plus de calme qu'il ne ressentait, effleurant la joue du nordique du dos de la main. Puis il embrassa cette dernière, passa les bras autour de sa nuque pour le serrer fort contre lui. Il n'avait pas le courage de révéler quoi que ce soit de trop personnel, mais il ne pouvait se résoudre à l'induire en erreur non plus. Son corps entier frissonna, fusse-t-il de peur ou d'émotion.

« Ce n'est pas tant le trop vite qui m'inquiète... que le trop loin, Dorian. »

L'elfe savoura le prénom pour la première fois, un plaisir aussi coupable et enivrant que ce début de liaison. Légèrement plus petit il se trouvait à la hauteur parfaite pour attaquer, aussi il ne se priva pas. Se servant de son visage pour repère dans l'espace, Siha mordilla malicieusement la jugulaire du nécromancien, ses deux mains baladeuses glissant sous le haut de son pyjama. Retenant son souffle, il fut finalement le premier à ouvrir les hostilités après leur baiser. Sa langue remonta le long de la peau hâlée en direction du lobe de son oreille, dans une initiative plus aventureuse qu'il ne s'en pensait capable. Ses gestes étaient assurés, mais sous son crâne rageait une immense tempête. L'image de quelqu'un d'autre hantait des pensées dont il ne voulait pas, ce qui le fit presque grimacer d'inconfort. Dorian méritait son attention pleine et entière, et il comptait bien la lui donner. Finalement ses lèvres se refermèrent brièvement sur l'oreille de Dorian, sa voix résonnant minuscule dans le creux de son accolade.

« Faites-moi oublier. »

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Posté Mar 6 Mar - 21:54
Fort-Céleste, chapitre 4Ft. Siha Bellanaris

Une lueur au coeur de la nuit


La réponse de SIha arracha à Dorian un ricanement léger, insouciant. Ainsi donc, il se considérait déjà comme proie. Dommage, lui qui adorait les retournements de situation. Pendant le baiser, le thaumaturge sentit ses doigts caresser son cuir chevelu dans une douceur agréable. C’était calme, c’était apaisant. Dorian souffla par le nez de bienêtre contre ses lèvres. Ses caresses discrètes avaient bien plus d’impact sur lui que ce qu’elles laissaient paraître. Une telle minutie dans le geste le fit tressaillir en silence, et on ne parlait même pas de la fraîcheur de sa main contre sa peau ; cela lui arracha un soupir plus accentué que les autres.

Puis, l’archiviste l’enlaça, ce qui surprit grandement le Tévintide. Celui-ci s’était alors laissé quelque peu entraîner par son élan, faisant un léger pas en avant pour retrouver son équilibre. Au début, il resta figé sous ce geste, puis il débloqua son souffle et l’enlaça à son tour. Quelque chose lui disait qu’il n’était décidément pas le seul à mal aller, en ce moment.

Ce n'est pas tant le trop vite qui m'inquiète... que le trop loin, Dorian.

Que répondre à cela, eh bien .. allez savoir. Dorian se contentait de lâchement profiter de cette étreinte, une étreinte dont il avait finalement besoin, et ce, atrocement.

Mais il n’eut le temps de se perdre dans le parfum de sa longue chevelure que voilà l’archiviste reparti à l’assaut. Sa morsure lui fit l’effet d’un électrochoc, ce qui lui coupa brièvement le souffle. Le thaumaturge ferma les yeux, se focalisant sur chaque pression qu’occasionnaient ses dents contre sa peau, et il frissonna davantage. Ses mains, baladeuses à leur tour, s’agrippèrent toutes deux à ses hanches, avant de progressivement descendre. Lui aussi désireux d’en découvrir plus, Dorian pencha la tête en avant et déposa ses lèvres contre son cou, y déposant simplement des baisers ; il n’avait pas envie de mordre, là maintenant.

De sentir ses mains encore fraîches contre son corps lui arracha une légère plainte, à peine audible. Il y avait quelque chose chez le Dalatien de doux, de tendre, de minutieux. Cela lui faisait relativement drôle, mais surtout, c’était terriblement agréable. Le thaumaturge lâcha sa prise pour souffler doucement auprès de son oreille. Il sentait bercé, il se sentait bien. Ou alors mieux. Difficile à dire.

Siha s’était aussi rapproché de son oreille, y laissant une légère trace de son passage. Dorian retint son souffle.

Faites-moi oublier.

Et il s’immobilisa encore. Pulvis. Voilà à qui il pensait, tout à coup. Il avait cette douceur, cette attention, et ce souvenir dérègla davantage son souffle. Mais Dorian n’était pas du genre à tout mélanger, et il espérait alors que cette image disparaîtrait de sa rétine pour la nuit, en tout cas. Enfin, avec un rêve autant mouvementé que précédemment …

Heureusement qu’il faisait très sombre. Cela faisait que la seule chose qui pourrait trahir son état cependant temporaire serait sa respiration. Oublier. Oh, ça, il adorerait. Dorian soupira, puis baisa sa tempe.

Faites de même, dans ce cas.

Son murmure se déposa au creux de son oreille, avant que le Tévintide ne remonte ses mains sur ses hanches pour le pousser à nouveau contre le mur. Il comptait bien s’occuper de lui, oui. Se chasser toutes ces mauvaises pensées, à lui-même comme au Dalatien, le temps qui leur serait nécessaire. Droit après son geste, Dorian se colla à lui, corps contre corps. Tandis que les doigts glissèrent sous sa tunique, dégrafant précédemment tout ce qui pourrait éventuellement nuire à son avancée, le thaumaturge s’empara une fois de plus de ses lèvres, avec une fougue malgré tout insoupçonnée. Il se risqua même à laisser sa langue à l’encontre de la sienne, tâchant de savourer chaque nouveau parfum qu’il rencontrait sur sa route. Sa respiration, comme son pouls, accéléra brutalement, mais Dorian ne voulait plus penser à rien, il voulait découvrir. Il laissait ses mains s’en charger, parcourant cette douce chair avec attention. Il profita de cet instant de silence et de concentration pour rompre le baiser en douceur, soudainement préoccupé.

Vous savez .. nous pouvons regagner mes quartiers, histoire d’éviter les ennuis.

En fait, il avait entendu parler de ce clan Dalatien qui avait débarqué comme ça à Fort-Céleste, et sans doute que de voir leur archiviste dans les bras d’un Tévintide serait loin de leur plaire. Et si Dorian pouvait lui éviter les problèmes au sein de sa petite famille, il ne se gênerait nullement de le faire.

Il fait déjà meilleur dans un bon lit douillet.








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