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Posté Ven 19 Jan - 21:53

Fabien Sourceclaire
"Je ne sers pas l'Impératrice ; je sers l'ordre, je sers la paix, je sers la Divine Justinia."
NOM & PRÉNOM(S) ✶ Fabien Clovis Sourceclaire SURNOM ✶Le boiteux, "Source d'ennuis" pour les templiers ragotant, surtout quand il est loin d'eux. C'est préférable pour ces pauvres petits templiers. AGE ✶ 56 ans NATIONALITÉ & LIEU DE NAISSANCE ✶ Orlésienne PROFESSION ✶Chercheur de la Chantrie, Garde rapprochée de l'Impératrice Célène, meneur des Lys du Crépuscule LIEU DE RÉSIDENCE ✶  Principalement Val Royaux, même s'il préfère le milieu campagnard SITUATION AMOUREUSE ✶ Fabien a prononcé ses voeux, alors n'y pensez même pas. Il a malgré tout eu un amour platonique avec un templier qui s'étend sur plusieurs décennies. ORIENTATION SEXUELLE ✶ Seul l'amour d'Andrasté possède une réelle importance, donc la question ne se pose pas FACTION & RANG ✶Chercheur, Chantrie ARMES ET/OU MAGIE ✶Il ne se bat qu'avec une épée à une main et un bouclier de temps à autre LANGUE PARLÉE ✶Orlésien, universel


Tout sur ton personnage
on veut tout savoir de lui.
CARACTÈRE + "Tout Orlésien se doit de porter plusieurs masques."

✶✶ Masque de la Chantrie + Froid, sérieux : deux mots qui ne se sont jamais associés avec tant de poésie. Fabien ne laisse rien au hasard dans ce qu'il entreprend au nom de la Chantrie. Sa franchise naturelle et sa fidélité sont deux grands atouts. Sourceclaire sert la Divine Justinia V avec ferveur et engagement, même après sa mort. Il fera tout ce qui est en son pouvoir pour comprendre ce qui se passa au Conclave. Solitaire, il s'efforce malgré tout à ne pas trop s'isoler.

Mais avant tout, Fabien est pieux. Il prie Andrasté chaque jour, et porte beaucoup d'attention aux messes. Quand l'occasion s'offre à lui, il participe même aux offices en tant qu'organiste, poste auquel il prend grand plaisir. Malgré les apparences, Fabien aide énormément ceux qui en ont besoin. Il passe beaucoup de temps auprès des malades ou des blessés.

✶✶ Masque de la Famille + Une valeur très importante à ses yeux : sa famille. Aîné d'une fratrie de six, avec un père blessé et malade, Fabien prit rapidement les rênes pour les aider au mieux à survivre. Malgré les événements, il reste très proches de ses cadets encore en vie. Il s'est toujours démené de défendre l'amour au sein des familles, ainsi que l'unité. Chacun doit s'entraider pour s'en sortir, tout en restant ensemble.

Le chercheur est très attentif aux siens. Il s'inquiète assez facilement, et ce masque doit bien être le plus authentique qu'il possède sur ce qu'il ressent. Malheureusement, ce masque est le plus fragile : alors, il ne le privilégie que pour très peu de monde. Fabien écoute et aide, toujours. Il est aussi protecteur, et fera tout pour rendre ceux à qui il tient heureux et épanouis.

✶✶ Masque de la Cour + Sans doute le plus faux et le plus vicieux des trois, mais il est tout naturel, si l'on regarde son nom. Fabien est détestable, méprisable, mais ce n'est pas grave : il s'en délecte. Son côté solitaire et glacial n'arrangent pas les choses, et sa courtoisie a le niveau du paysan qu'il est, puisqu'il vient de cet ordre. Il est rude dans les actes, mais sait bien parler. Sa maîtrise de la langue et de l'écriture possède toutes les lettres de noblesse possibles.

Son travail, il le fait avec un plaisir insoupçonné, finalement. Il déteste les nobles en général, mais cette besogne lui plaît. Il faut dire qu'il a ses propres façons de procéder pour soutirer les informations, et ce n'est point autant réjouissant. Souvent, il passe par la violence et la torture. Nombreux furent les nobles qui tentèrent de se venger d'un tel enfer, mais la seule réelle chose qu'ils firent furent de davantage s'attirer d'ennuis.

Sans oublier ses hommes, d'anciens templiers ayant arrêté le lyrium. Fabien les aide du mieux qu'il peut, par le biais de plantes et de méditation. Il porte grande attention à leur santé et à leur état. A croire que le monstre craintif et sans pitié qu'il laisse planer dans la cour n'est qu'une façade. Bien évidemment.
✶✶✶
PHYSIQUE +
un bg

Fabien possède une allure bien particulière, et pour un vieil homme boiteux, il tient encore bien la route. Sa tenue varie selon le lieu où il se trouve : la plupart du temps, il revête une longue toge au teint bordeaux, surmontée d’un manteau sombre, armé d’une capuche et de larges manches qui recouvrent ses poignets. Une ceinture resserra le tout.

Quand son titre de chercheur est demandé, il en revêtit l’armure avec fierté, à quelques détails près : il changea son plastron pour quelque chose de bordeaux, surmonté du symbole des Lys du Crépuscule, finalement pas tant différent de celui des chercheurs. Sous tout cela, Fabien porte une chemise large et beige, ainsi qu’un pantalon bleuâtre.

Plus important, dès qu’il se tient auprès de l’impératrice, il se fait davantage coquet, sans pour autant s’emmêler dans l’inutile. Une tenue sobre, mais riche malgré tout, toujours dans une même tonalité de couleurs. Il conserve également des pièces d’armure, plus orlésiennes cette fois-ci. Un masque cache son regard inquisiteur, mais pas sa bouche, parsemé de détails, dont une fleur de lys sur le côté gauche.

De façon plus générale, une canne au design simple l’accompagne partout. Par pure précaution, il cacha dans son bijou une véritable lame, suffisamment longue pour remplacer l’épée. Vu le vieil homme qu'il devenait, le combat devenait toujours plus pénible pour lui, pour ses mains et pour sa jambe. Cette lame est plus fine, plus légère, mais tout autant efficace.

Blond originellement, ses bouclettes indisciplinées grisent de plus en plus. Souvent, il les laisse cascader le long de ses épaules, ou alors il les attache en un chignon plus ou moins potable. Une grosse barbe accompagne le tout, lui aussi victime d’horribles poils gris ou blancs. Le teint pâle, ses yeux d’un bleu vif et clair ressortent beaucoup dans ce tableau. Aussi, Fabien ne se sépare pas d’une boucle dorée qu’il porte à l’oreille gauche. Mais ce visage usé par le temps en garda de conséquentes cicatrices.

Deux quittant son œil droit et qui suivent le contour de sa joue, comme deux larmes égarées qui se rejoignent finalement en un sillon. Une autre encore part de l’œil gauche et lui traverse le nez, rejoignant presque les deux.
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ANECDOTES + Quand il est en colère ou qu'il ressent une forte émotion, ses mains tremblent davantage et il se peut que sa jambe lui fasse mal. Il a tué un templier une fois en se servant de ses capacités de Chercheur. Fabien attache énormément d'importance à sa famille, et fera passer leurs problèmes avant les siens. Clairement, il apprécie peu le social. Fabien préfère rester dans ses affaires, dans l'ombre, à faire son travail que de papoter avec d'autres personnes. Par ailleurs, il déteste quiconque issu de la noblesse ou de riche famille, en particulier les femmes. Il aide beaucoup les persones malades ou blessées. Le plus souvent, il prie pour leur rétablissement, mais depuis récemment, il les aide à se soigner. Suite à quelques circonstances, Fabien a appris à faire connaissance avec le milieu botanique. Il se sert d'herbes médicinales pour aider ses hommes à arrêter le lyrium, en tout cas à calmer les douleurs occasionnées. Sourceclaire a fait pas mal de recherches sur les contrecoups du lyrium pour être plus adepte de les aider, même s'il ne trouve hélas pas grand-chose. Son plus grand plaisir doit sans doute être de torturer des nobles de la cour pour obtenir des informations. Sinon, on n'a pas tellement l'impression qu'autre chose lui fasse plaisir dans la vie. Il n'eut qu'un seul petiot sous son aile : les autres recrues avaient bien trop peur de lui pour s'y risquer. Fabien est bon professeur, mais également très exigeant. Beaucoup de soeurs ont essayé de l'espionner  quand il était avec Lucius ; manque de bol, personne ne peut clairement affirmer qu'il a trahi ses voeux ou non. On lui a annoncé la mort de Lucius quand l'explosion du conclave se produisit. Depuis, il est encore plus froid et distant qu'avant, plus violent aussi. Fabien est étonnamment organiste, compte tenue de ses tremblements. Il adore cet instrument et s'arrange quand il peut pour jouer de cet instrument lors des messes. Hélas pour lui, les temps sont maintenant trop durs pour pouvoir s'attarder sur un aussi bel instrument. Lors des conflits à Kirkwall, Fabien tenta de comprendre comment Meredith en était venue à complètement s'égarer du droit chemin, ainsi que cette histoire de statuette corrompue retrouvée dans les Tréfonds. Une des premières personnes qu'il interrogea fut le chevalier sous-capitaine Rutherford, et on peut dire qu'il en a gardé un très bon souvenir. Pauvre petite chose.


Derrière l'écran
on veut tout savoir de toi.
NOM & PSEUDO ✶  Alexandre les gens, sinon Naël ÂGE ✶  Allez soyez sympa, je touche presque mes 18 ans ;-; TES PASSIONS ✶ J'ai déjà pas mal raconté ma vie pour Dodo je crois     SÉRIES, FILMS, JEUX VIDÉO ✶  *rajoute MGSV et Mass Effect dans la liste* PRÉSENCE ✶ Je vous observe TOUT LE TEEEEEMPS TON AVIS SUR LE FORUM ✶ Honnêtement, depuis qu'on a la version 2.0 du forum, je trouve ça juste incroyable le nombre de gens qui sont arrivés. ça commence à faire un petit bail que je suis ici, et c'est plaisant de voir tous ces gens arriver, fufufu ~ j'aurais aimé aussi que Rey puisse voir à quel point son travail avec Al a vraiment porté ses fruits (même si je ne doute pas qu'il passe de temps à autre pour voir, haha !) et allez, tout va pour le mieux ici et j'espère que ça continuera comme ça ! COMMENT AS-TU CONNU DA:I ✶  Je crois que c'est toujours la même manière que pour Dodo     TON DERNIER MOT, NIARK ✶  CULLEN STANTON RUTHERFORD :v je te surveille :v vous autres aussi je vous surveille :v (sinon vous regardez Versailles ? Parce que Marchal blblblblbl)
Deus Vult :v
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Posté Ven 19 Jan - 22:05
Première lettre
9:6 Dragon
Papa,

J’espère que tout se passe pour le mieux à la maison. Non, je ne vous ai pas oublié, ne t’en fais pas pour moi je vais très bien. Je reste encore un peu dans la bourgade où je suis actuellement, mais je serai bientôt à la maison, ne t’en fais pas. Je suis content que tu m’aies appris à lire et à écrire, je me demandais cruellement à quoi ça pourrait bien me servir à l’avenir. Je reviendrai pour aider maman à s’occuper du bétail, ne te fais pas de souci.

Tu te souviens quand je t’avais dit que j’ai préféré aller au marché à la place de maman ? J’avais raison : notre charrette s’est faite attaquée par des brigands. Heureusement que je suis solide, en moins de deux ils étaient par terre. Les marchandises n’ont rien eu, rassure-toi. Et .. il se peut que j’ai peut-être emprunté ton épée, une fois de plus. Je sais que tu vas me trucider en rentrant, mais dis-toi que ça nous a sauvé notre commerce.

D’ailleurs, la vente s’est bien passée, on aura en tout cas assez d’argent pour tenir plusieurs mois ! J’ai hâte de le dire aussi à maman et à mes cadets. Comment va Amélia ? J’espère que sa petite fièvre est retombée, j’ai vraiment cru au début qu’elle allait mourir !

Te connaissant, je sais que tu vas la lire à haute voix pour que tout le monde entende. Oui maman, je vais bien, je ne suis pas blessé, ni en danger, ne t’inquiète pas. Marcel, arrête de te surmener, Sébastien, arrête d’embêter tes sœurs, et surtout, Amélia, repose-toi bien. Je serai bientôt à la maison, mes petits. Et papa, .. je sais que ce n’est pas évident avec ta jambe. J’ose espérer que tu tiennes le coup, on aura toujours besoin de toi dans la famille. Je fais de mon mieux pour compenser tout ce que tu n’arrives plus à faire, et je t’en supplie : pense surtout à te reposer avant de te mettre en danger.

Honnêtement, je ne te recommande pas de lire ce passage à haute-voix, mais je m’inquiète vraiment pour toi. J’ai l’impression terrible que ton état se dégrade jour après jour. Je sais que tu ne veux pas qu’on s’inquiète, mais plutôt qu’on se serre les coudes pour s’en sortir. Et c’est ce qu’on fait, et ce qu’on fera, mais ils auront besoin de toi, j’aurai besoin de toi. Tu es quand même notre père, après tout. As-tu déjà essayé de consulter des guérisseuses ? Il paraît que si on cherche bien, certaines soignent sans somme particulière à donner. Je sais que tu es malade, papa. Les autres peut-être pas, ils sont un peu jeunes après tout, mais je ne suis pas dupe. Alors fais attention à toi, d’accord ?

Je serai bientôt de retour, j’ai juste un léger détail qui m’a fait rester, à vrai dire. J’ai vingt ans, tu sais, et à ce marché, j’ai rencontré une femme d’à peu près mon âge. Elle vit dans le bourg où je suis. Pour tout te dire, j’hésite pas mal, tu sais. Je veux dire .. elle est vraiment sympa, elle me plaît beaucoup, mais vous avez besoin de moi. Je ne peux pas partir loin de notre petite ferme qui tient à peine debout sans même me retourner. Enfin, je .. j’y réfléchirai avec soin. Je ne sais pas trop si c’est une bonne idée, ni quoi faire.

Je reviendrai de toute façon sous peu. Allez, d’ici là, soyez sages les petiots, et prenez tous soin les uns des autres, c’est très important.

Je vous embrasse tous très fort.

Fabien


Seconde lettre
9:8 Dragon
Amélia, ..

Je sais ce que tu vas dire. Je sais même ce que tu vas faire avec cette lettre, mais je t’en supplie, ne la brûle pas tout de suite. Je .. Je peux m’expliquer. Je peux tout expliquer. Ah, mon écriture tremble toujours autant.. Je m’y suis pris à plusieurs fois pour écrire cette lettre. Mes mains tremblent encore, et sans doute que cela ne va jamais s’arrêter, seulement s’atténuer avec le temps. Je l’espère .. Et ma jambe droite.. Je dois m’aider d’une canne pour marcher. C’est encore difficile pour moi, mais ça ira mieux avec le temps. Toujours le temps.

Contrairement à ce que vous pouvez penser, je ne suis pas mort. Contrairement à ce qu’elle aurait pu vous dire, je ne suis pas mort. Bon sang, qu’ai-je fait ? Tu saurais me le dire, toi ? Non .. bien sûr que non. Je savais que je n’aurais pas dû vous abandonner ainsi. Je le savais. Et malgré tout, je me suis quand même laissé tenter.

J’ai mis un certain temps également à retrouver votre trace. Je crains le pire, Amélia. Est-ce que vous allez tous bien ? J’ai tenté de tous vous retrouver… Il n’y a que toi que j’ai vraiment trouvé, finalement. Tu n’as aucune nouvelle de nos autres frères et sœurs ? Et maman ? Comment va-t-elle ? … Je sais ce qui est arrivé, plus ou moins. Ceux qui sont actuellement avec moi m’ont donné un coup de main pour vous retrouver, pour comprendre ce que j’avais raté, coupé du monde ces deux dernières années. Deux ans… Mine de rien, c’est long. C’est pénible. Beaucoup de choses peuvent arriver en deux ans.

Ils m’ont dit en premier lieu que la ferme avait brûlée, bien après qu’on vous ait annoncé ma mort. Je sais que vous avez tenté de rester unis, comme une vraie famille soudée, … Je n’ai pas la force d’écrire, Amélia. Je m’en veux tellement. Je suis tellement désolé. J’étais censé veiller sur vous. C’était mon devoir en tant que frère aîné. Mais je vous ai tous laissés tomber pour une femme, pour la tentation, pour le péché charnel. Je vais quand même te raconter ce qui m’est arrivé durant ces deux ans, quitte à demander à un autre frère d’écrire à ma place.

Je ne pensais pas que tout cela irait autant loin. Tu sais .. je l’aimais avec sincérité. Je croyais en chacun de ses mots, de ses gestes. J’aurais pu tout entreprendre pour elle. Mais j’aurais dû me méfier de cette famille. J’aurais dû rester avec vous.

Déjà, quand j’ai dû couper les ponts avec vous tous, je sentis que j’étais sur le point de commettre une grave erreur. J’avais cette voix au fond de moi qui me le hurlait. Mais j’étais amoureux, Amélia… Comment se défaire de toutes ces ronces qui glissent le long de votre peau, sans hésiter un seul instant à s’y planter pour mieux vous garder ? J’aurais tant aimé le savoir.

Dans un premier temps, elle restait avec moi. Elle me portait toute l’attention du monde, me répétait les mêmes paroles que je buvais sans rien dire. Et puis, après un certain temps, celui où, je pense, elle pensait finalement que je ne partirais pas, elle me laissa dans mon coin. Elle ne m’adressait plus un seul regard. Et .. je compris que tardivement ce qui était sur le point de m’arriver.

Elle était revenue vers moi, me portant une fois de plus ses charmes et son attention.. pour pouvoir mieux attaquer par après. Et non, contrairement à ce que tu peux penser, nous n’étions toujours pas mariés. Heureusement, d’ailleurs. Cela ne faisait que quelques mois que je vous avais quittés. Elle arriva vers moi avec un verre de vin qu’elle me tendit. Elle en avait également un. S’asseyant à côté de moi, nous commençâmes à discuter à nouveau. J’avais une lueur d’espoir à cet instant : finalement, elle ne m’avait pas abandonné. Ce que j’étais naïf… Elle avait glissé un petit quelque chose dans le vin, qui petit à petit me fit perdre connaissance. Et mon calvaire ne faisait que commencer.

Je m’étais réveillé enchaîné, les poings et pieds liés. Je ne savais tellement où je me trouvais, ni combien de temps j’étais resté là, mais c’était sombre, délavé. De simples murs de pierres, froids et inhospitaliers. Je n’avais même pas la force de me demander comment j’en étais arrivé là. Je compris bien après, Amélia. On m’expliqua que sa famille était des esclavagistes, ils marchandaient pas mal avec Tevinter, surtout. J’ignore encore aujourd’hui comment le Créateur a bien pu me conduire à pareille route, mais surtout pourquoi.

C’est sans doute la chance qui me permit de quitter cet endroit, mais j’y suis resté des mois durant. Je crois. Je ne sais pas trop… Mais ce fut long, autant que pénible. Je tentais de m’enfuir, de trouver des astuces, de résister, de survivre. Ils voulaient me briser pour que je sois plus malléable, pour que j’obéisse plus facilement. Pour avoir une meilleure emprise sur quelqu’un, il faut d’abord le briser. On me rouait de coups de toute sorte, on me ménageait pas mal. L’un d’eux s’amusa même à me marquer sous l’œil, avec l’aide d’une tranchante lame. Il imitait des larmes, leur parcours. Comme si les miennes ne connaissaient plus le chemin. Mais un jour, ils perdirent patience face à la mienne.

Tu dois te demander comment j’ai fait pour tenir, malgré tout ce que l’on m’affligeait là-bas. Eh bien .. j’ai commencé à prier. Tous les jours, sans répit. J’ai appris la patience, à faire le vide. Je ne pouvais que me raccrocher à ma Foi. Je n’avais plus que cela, après tout. Où étaient passées ma force, ma détermination, ma raison ? Elles étaient hélas bien loin… Je n’avais que la prière qui me redonnait un semblant de patience. Et cela les agaça bien plus que je ce que pouvais soupçonner.

Ils en vinrent à la conclusion que j’étais une cause perdue, et tentèrent de se débarrasser de moi. Et j’ai presque envie de dire qu’ils étaient vraiment en très bonne voie d’y arriver. Ils m’empoisonnèrent. Puis ils se débarrassèrent de mon corps devenu inerte je ne sais de quelle manière. C’est vraiment angoissant, quand tu sens tes forces et tes nerfs s’effriter, sans que tu puisses être capable d’agir de quelconque façon. Je ne me souviens pas de ce qui m’arriva par la suite, mais on me raconta.

Ce sont des frères vivant loin de la civilisation qui me trouvèrent. Ils ne sont pas beaucoup, mais c’est tant mieux. Ils me ramenèrent à leur demeure, en plein cœur de la forêt. Comme je te l’ai dit, ma survie ne tient qu’au miracle. Ils n’ont pas dû mettre assez de poison pour que cela ne me tue vraiment, mais j’en garde beaucoup de séquelles. Mes mains tremblent maintenant. C’était bien pire avant. Ma jambe me fait mal : sans qu’elle soit paralysée, je peine à la bouger.

J’ai beaucoup traversé en peu de temps. Beaucoup m’en fut nécessaire pour clairement retrouver mes esprits. J’ai prié, médité. Petit à petit, je retrouvais des couleurs. Mais tu penses bien que je ne serai plus jamais le même, après cela.
Voilà ce qui m’est arrivé. Je t’écris depuis cette même maison, mais je pense rapidement retrouver Val Chevin et intégrer la Chantrie là-bas. Andrasté m’a sauvé la vie, Amélia, je me dois de lui être reconnaissant. Et puis … je n’ai plus que cela, aujourd’hui.

Redonne-moi de tes nouvelles, petite sœur. J’ai besoin de savoir comment toi tu vas. Je .. je n’ai de nouvelles de personne d’autre. Et pour tout te dire, je ne sais pas ce que je pourrai réellement y changer désormais. Pour la grande plupart, je dois être mort encore.

Je vais m’arrêter d’écrire, ma main me fait vraiment mal, autant que mon crâne. Réponds-moi vite, d’accord ?

J’espère que tout va bien pour toi, ma petite.

Fabien


Troisième lettre
9:11 Dragon
Ma petite Amélia,

Je t’écris pour pas mal de raisons, mais surtout pour te féliciter pour ton mariage. J’espère que ton époux est quelqu’un de bien et qu’il te sortira de la misère dans laquelle nous grandîmes. De mon côté, tout se passe bien, enfin .. je crois. Je passerai te voir quand je le pourrai, ma petite. Ah, ça me fait drôle, tu es si jeune… Jeune et déjà mariée. J’ai simplement l’impression que tu étais une enfant la veille.

Je suis content que tu ailles bien. J’ai retrouvé la trace de Sébastien et de Mélanie. Comme tu me l’avais dit, je les ai retrouvés dans les alentours d’Arlesan. Ça me fait vraiment plaisir de les savoir en vie. Je suis resté quelques temps avec eux. Ils préfèrent vivre ensemble en se serrant les coudes, dans la même maison. Aucun des deux ne s’est encore marié, mais je pense que ça viendra, comme c’est venu avec toi. Je pense que de les revoir te fera également le plus grand bien, si tu veux mon avis.

Enfin, je ne t’écris pas que pour cela. Il faut que je te parle d’un casse-pieds que j’ai rencontré à Val Chevin. Et pour être honnête, je ne sais pas quoi penser de lui. Je ne sais pas où le mettre. Il s’appelle Lucien, c’est un templier fauteur de troubles, qui passe ses journées à boire et à jouer aux bourreaux des cœurs. Un exemple de vertu pour ce monde, en somme.

Je l’ai étonnamment rencontré à la prière. Tu te doutes bien qu’avec mes tremblements, j’ai laissé de côté l’épée pour me consacrer à prier. Enfin, de dire cela n’est pas totalement vrai ; je l’avais déjà entraperçu du côté des soins. Je reste pas mal de temps à prier pour le rétablissement des blessés et des malades, pendant que les guérisseuses font leur travail. Certains pensent que ce que je fais ne sert pas à grand-chose, mais c’est comme ça que j’ai survécu, donc j’y crois. Et cet abruti de Lucien était bien évidemment blessé.

Il était arrivé dans la grande salle, et personne ne prêta attention à lui. Ils avaient bien raison, qu’est-ce qu’il était désagréable… Je suis certain qu’il faisait exprès de se blesser uniquement pour se draguer les guérisseuses. Quel ingrat. Malgré tout, elles me demandèrent d’aller le voir, surtout en me souhaitant bonne chance. Je soupirai un bon coup avant de m’avancer vers lui, des bandages et de quoi soigner les plaies au cas où.

Quand je suis arrivé en ces lieux, j’avais soudainement acquis la réputation du coincé qui passait son temps à prier et à respecter à la lettre les consignes, mais aussi le reclus qui ne parlait à personne. J’avais quand même quelques affinités avec les guérisseuses, mais je ne parlais à personne. A vrai dire, je n’aimais pas tant rester trop longtemps entouré de personnes, et si je pouvais éviter les conversations, ça serait avec grand plaisir. Je fais même peur à beaucoup d’entre eux apparemment.

Je suis donc arrivé vers ce Lucien, qui s’était tout bêtement blessé lors d’un entraînement. Il a à peu près mon âge, il est un peu plus jeune .. et plus petit, aussi. Bon, je dépasse tout le monde d’au moins une fois la tête, ce n’est pas tant étonnant. Il m’analysa de la tête aux pieds avec un sourire enjôleur, qui disparut dès qu’il croisa mon regard. Il avait bien raison, je le clouais avec les yeux. Monsieur semblait déçu qu’une de ces pauvres guérisseuses ne soit pas venue à lui. Enfin. J’ai donc soigné la plaie comme j’ai pu – je m’occupais du bétail à la maison, ce n’est pas bien différent je trouve. Elle était quand même profonde, sa blessure, pour dire qu’il s’agissait d’un entraînement. Et alors que je finissais de serrer le bandage à la hauteur de son épaule, je croisai son regard à nouveau. Contrairement à avant, j’étais bien plus près de lui, et .. j’y ai lu quelque chose que je ne saurais définir clairement. Il y avait de la surprise, de l’intrigue, … Enfin. Presqu’aussitôt, je sortis de l’infirmerie. Et à compter de ce jour, il me colle à la semelle. Je ne comprends pas trop pourquoi, mais c’est fortement agaçant.

Ah, je manque de parchemin.. Bon, je te réécrirai. Je penserai également à passer te voir, quand je pourrai. Il faut bien que je rencontre l’homme avec qui tu as décidé de vivre, que je puisse m’assurer que tu soies entre de bonnes mains.

Prends soin de toi, ma petite.

Fabien


Quatrième lettre
9:34 Dragon
Lucius, tendre ami,

Je n’aime pas te savoir là-bas. Et chaque jour, j’entends toujours plus souvent que tout est en train de déraper là où tu es. Je prie Andrasté chaque morceau de temps libre que j’ai pour que tu ailles bien. Tu ne me croiras jamais si je te dis qu’actuellement, je t’écris de Val Royaux. Ou plutôt, ce que j’y fais. Depuis quelques temps, la tension monte en Orlaïs ; la nouvelle Divine m’a demandé de garder un œil attentif sur la cour impériale. Et je tiens à dire que ce n’est pas évident tous les jours. J’y ai pas mal remis de l’ordre, mais je sais que cela ne finira jamais.

Enfin, je ne t’écris pas pour te raconter ces petites chansonnettes de nobles coincés qui pensent bien cacher leurs petits secrets. J’ai eu un pincement au cœur, récemment, en retrouvant dans mes affaires cette boucle d’oreille que tu m’avais donné. Pour ne pas que l’on s’oublie, tu disais.

Te souviens-tu de la première fois que l’on s’est vraiment parlé ? Comment pourrais-je l’oublier. En même temps, je ne parlais pas à grand monde en ce temps-là. Après t’avoir rencontré à l’infirmerie, j’étais absolument confus, au point d’en avoir perdu ma nuit. Mais comment oublier ce regard que tu m’as adressé cette fois-là, ce sourire finalement hésitant et léger, cette peau que le soleil avait doré avec soin, ces longs cheveux de jais tressés et longeant ta robuste épaule ? Et pourtant, je le voulais. Je refusais de risquer quoi que ce fût dans ce genre de petits jeux stupides. J’avais déjà prononcé mes vœux en plus. J’avais peur de dévier de ma route, que les démons ne s’emparent à nouveau de moi pour me torturer une fois de plus, comme avec cette femme. J’avais peur Lucius, de tout sauf de toi. J’avais peur de ces péchés, de ces erreurs, mais pas de toi.

Finalement, je m’étais levé pour me vider la tête, pour prier. Et dans cette petite chapelle, qui ai-je croisé ? Ce que j’essayais justement d’éviter, oui. Paralysé, je restai dans l’encadrement de la porte. Il n’y avait que toi dans la chapelle, pourtant. Il n’y avait que nous deux. Malgré ma présence, tu restas silencieux, occupé à prier. Mais finalement, tu t’arrêtas pour te tourner vers moi. Tu me souris, puis tapotas à côté de toi en signe de venir. Malgré tout, je m’étais risqué à venir, mais il me fallut un moment. Cela t’arracha même un léger rire qui raisonna dans toute la salle. Je n’étais pas franchement à mon aise, pour tout te dire. Et au lieu de prier, je m’étais perdu dans tes yeux, alors que nous discutions. Je trouvais cette sérénité à plonger dans tes prunelles dérangeante au début, mais je sais que même à ce moment-là, elle venait naturellement.

Tu disais t'appeler Lucien. J'ignorais d'où tu venais vraiment, mais cela importait peu à l'époque, tout comme cela importe peu encore maintenant. Un vrai petit templier plein de vie, mais qui aussi avait pleins de problèmes. Un peu comme moi à ce moment-là, je crois. Et au fil de tes paroles, je me demandais deux choses : premièrement, si les rumeurs contre toi existaient vraiment, et deuxièmement, comment j'avais pu simplement me faire une opinion de quelqu'un sur les ragots qui flirtaient dans l'air.

Je me souviens, je t'avais quitté par la suite la tête un peu moins lourde. Enfin, c'était ce que je pensais. Finalement, c'était encore pire. Enfin, je ne t'en veux pas ; ma tête était lourde d'autres songes, mais mon coeur était léger. Cela me faisait du bien de te voir, de te parler, mais à ce moment-là, de l'admettre m'aurait coupé la langue, tu peux en être certain.

Je sais ce que tu vas me dire, à l’évocation de toute cette histoire : ce n’est pas bon d’être nostalgique. Mais d’un côté, je crois que c’est ton absence qui me rend ainsi nostalgique. Et je suis coincé ici, en plus .. autant te dire que ce n’est pas la joie. Mon moral pique du nez, heureusement que j’ai matière à défoulement ici.

Redonne-moi de tes nouvelles, Lucius. S’il te plaît. Quoique, c’est un ordre, en fait ; t’as intérêt à le faire, sinon gare à toi. Je prie Andrasté que tu ailles bien, et que tout va bien se passer. Ne t’en fais pas, nous nous reverrons, au plus vite je l’espère.

Prends soin de toi, fais attention à toi. J’essaierai de te retrouver ces herbes pour calmer tes maux de tête.

Fabien Sourceclaire


Cinquième lettre
9:35 Dragon
Ah, Lucius,

Si tu me voyais, je pense que tu aurais tout lâché rien que pour me tirer de là. Je suis épuisé, je n’arrive plus à dormir sans penser que quelconque crétin viendrait me tuer dans mon sommeil. J’ai tenté de mettre de l’ordre dans une sombre affaire, impliquant pas mal de célébrités de la cour. Une affaire de poisons, et tu sais autant qu’Andrasté à quel point j’adore ça. Je n’ai fait que mon travail, tu sais, mais je ne suis pas rassuré. Je te connais, tu me dirais sur un ton sarcastique que je ferais même peur aux démons quand je m’y mets. Enfin … je dois me tenir à ma mission. Cela ne fait qu’une année que je suis au service de l’Impératrice selon les ordres de la nouvelle Divine, et je n’en peux déjà plus… Restaurer l’ordre dans un nid de serpents venimeux n’est pas la chose la plus aisée qu’il soit de faire.

Et Kirkwall … Rien que dans ce que j’arrive encore à entendre, rien ne va plus. Les tensions grandissent partout à la fois, il nous faudra être forts. … Lucius, j’ai tellement l’impression qu’il t’est arrivé quelque chose, et cette pensée est loin de me rassurer, mais surtout loin de me quitter. Alors je t’en supplie, c’est même un ordre en fait, réponds-moi et redonne-moi de tes nouvelles. Rien que de voir tes mots couchés sur du parchemin me redonnerait patience et espoir dans ce monde décadent qu’est la Cour Impériale.

Te souviens-tu de ce jour où tu t’étais encore une fois blessé en entraînement ? Eh bien elle me hante depuis que je te sais en potentiel danger là-bas. Elle, comme d’autres. Tu me connais depuis le temps, une fois que je me perds dans mes souvenirs, j’y reste en apnée.

Ta jambe te faisait mal, tu boitais. J’étais une fois de plus passé dans l’infirmerie afin de prier pour le rétablissement des infirmes. Ton arrivée avait froncé mes sourcils ; cela faisait un petit moment que tu ne passais plus à l’infirmerie. D’habitude, tu passais le soir, quand je finissais mes dernières prières, pour me demander des soins. Je savais pertinemment que ce n’était qu’un prétexte pour rester avec moi et discuter de tout et de rien, mais cela n’importait plus vraiment. Tu avais décidé de me coller, j’avais décidé de jouer la carte du relativiste avec toi. Mais cette fois-ci, tu étais venu en plein après-midi dans l’infirmerie, et aussitôt t’avais-je aperçu chancelant que j’accourus immédiatement à toi pour t’aider à marcher. Je t’avais aidé à prendre place sur une chaise, et quand je m’étais tourné pour voir si quelqu’un aurait la bonté de soigner cette profonde plaie, pour parler d’entraînement .. Personne. Tout le monde dans la pièce avait tourné la tête. Et jamais auparavant, ce décalage m’avait autant frappé. Je ne m’étais jamais réellement demandé pourquoi tout le monde cherchait à t’éviter, à vrai dire. Maintenant, je le sais et je trouve cela absurde. Et alors que j’avais demandé, avec toute la franchise des Sourceclaire, pourquoi ne pas te soigner, on nous avait demandé de quitter les lieux, comme si on les importunait réellement. Je me souviens de ces regards malveillants sur ta personne, et elle me donne encore des frissons.

Mais toi, tu ne disais rien, tu en avais l’habitude… Tu avais aussi joué la carte du relativiste, tu évitais alors l’infirmerie. Dans ce cas, pourquoi cette fois-ci était différente ? Tu me l’avais dit, alors que nous regagnons ma chambre. Tu étais volontairement passé rien que parce que tu avais envie de me voir. Et tu avais comme disparu de la circulation ces derniers temps, aussi. Je n’osais pas te dire que ces instants avec toi, dans le silence béat de la prière, m’avaient manqué, que tu m’avais manqué. Le soir s’avançait en même temps que ta douleur croissait. Tu te sentais affreusement mal, je pouvais le lire dans tes yeux. Puis tu me demandas si tu pouvais me faire confiance. Ta question me brûla cette carapace autour de mon cœur affaibli et meurtri, cette carapace que je m’efforçais d’avoir avec toi. Elle s’envola, et tu me racontas ton histoire.

Ton vrai nom était Lucius, pas Lucien, nom que tu avais volontairement rendu plus orlésien. Tu venais de Tevinter, sanglante nation se croyant encore au sommet, même en ruines. Tu reniais tes origines, tant tu y avais souffert. Ta famille était modeste, tu n’étais pas mage, alors cela te porta préjudice. Croulant sous les complots et les trafiques les plus absurdes, le valet que tu étais en eut marre, et tu avais fui. Fuir pour à nouveau être rejeté, pour à nouveau être seul. Rien que de repenser à tout ce que tu m’avais dit ce soir-là, à toute cette douleur que tu m’avais transmise, j’en pleure à nouveau. Tu avais alors devant toi une facette de ma personne que tu n’avais jamais vue auparavant, que personne n’avait jamais vraiment vu, en vérité.

J’étais en larmes devant toi, impuissant. Je voulais tant pouvoir faire quelque chose pour toi, doux ami, mais j’ignorais. Alors, j’essayais de te soigner la jambe comme je pouvais, d’ailleurs dans mes souvenirs, ta plaie avait bien cicatrisé. Et toi, avec cette sottise qui te seyait bien finalement, tu ajoutas que ma seule lumière avait chassé en toi ces démons de tourment. Et là je compris. J’étais terrifié, mais pas à cause de toi. Avec tout ce que j’avais traversé en peu de temps, je .. ne me sentais pas apte à y replonger. Et hélas, tu lus toutes ces craintes dans mes yeux. J’aurais pu t’expliquer le pourquoi, je l’aurais même voulu. Mais à la place, je t’avais parlé de mes vœux prononcés, qu’on ne pouvait pas se le permettre. Et toi, abominable imbécile heureux, tu avais déjà cerné le problème. Ce n’était pas grave. Ce n’était pas de ma faute. Tu comprenais que rien ne serait plus jamais pareil pour moi. Mais ce n’était pas grave. Tu saisis mes mains, tu me regardas droit dans les yeux, et de ta voix suave tu ajoutas ces mots : « Je t’aime quand même. »

Puis par un bien étrange miracle, tu eus cette migraine, ce vertige, et contre toute attente je t’avais rattrapé. Je t’avais gardé contre moi. Je me souviens de ton souffle, lent et chaud, contre mon cou, de tes bras nonchalamment autour de ma taille. J’étais affreusement tendu et mal à l’aise, et honnêtement je ne savais vraiment ce que je faisais. D’un côté, j’étais inquiet, très inquiet même pour toi, alors qu’une autre question me traversa l’esprit. A croire que les autres te malmenaient aux entraînements et se défoulaient sur toi, toi qui ne faisais rien pour changer les choses. Tu m’avais répondu en un souffle somnolant, comme si tout cela était loin derrière et qu’il n’y avait plus que cet instant, cette pièce, mais surtout nous deux. Tu t’endormais toujours plus contre moi ; alors, sans un mot, du moins j’essayais, je m’étais allongé dans le lit, en te gardant près de moi. Tout était parti de là, et vingt-trois ans après, c’est loin d’être terminé.

Bon sang, vingt-trois ans .. tu te rends compte ? Nous ne sommes plus tout jeunes, n’est-ce pas. Et pourtant, malgré tout ce qu’on a traversé, nous sommes encore là – étonnam [Une tâche d’encre recouvre une partie sur le côté, comme si l'encrier s’était partiellement renversée. Une autre page fut alors ajoutée, la partie restante de la précédente étant submergée de tâches.]

Tu ne me croiras pas si je te dis que j’avais raison de rester éveillé. Désolé de l’état de la lettre .. Apparemment, cette folle voulait effectivement ma peau. Un bien aimable valet vient de me faire une visite avec un poignard dans le dos. Heureusement que je conserve encore bien mes réflexes, je serais sans doute mort. Je n’ai fait que me lever, me retourner au bon moment et le plaquer contre la table. L’encrier a dû se renverser à ce moment-là … Par chance, j’ai pu m’en trouver un autre. Ne t’en fais pas, je vais bien ; lui, un peu moins, enfin il ne pourra pas vraiment le témoigner.

Je disais donc qu’on avait traversé énormément de choses. Je me souviens de cette bagarre au cœur même de la Chantrie. Tu venais d’être promu templier, et déjà deux raclures de bas étages sur ton dos. Avec mon allure de frère, j’avais réussi pourtant à leur coller une rouste moyenne avec ma canne. De mes petits entraînements avec mon père, je n’en avais gardé que très peu désormais. Ma nouvelle vie m’avait également ôté cette carrure que j’avais étant plus jeune. Mais cela ne voulait pas dire qu’on avait le droit de se battre impunément au sein même de la Chantrie .. Je ne m’en étais pas non plus sorti indemne, mais ça, je ne te l’avais jamais dit. Des petites égratignures, rien de bien dangereux. Et quelque chose me disait qu’ils étaient bien loin de te lâcher la grappe.

Je m’étais tout le temps demandé les réelles motivations que j’avais de reprendre l’épée malgré mes tremblements. Je crois bien que c’était en partie grâce à toi. Tu avais besoin de quelqu’un qui prenne ta défense, qui te protège, même si de l’admettre t’aurait foudroyé sur place. Et puis il fallait dire, rester simple prieur n’était plus tant utile pour personne. J’avais envie d’agir, de changer les choses, alors cette solution me convenait parfaitement.

Clairement, tu n’étais pas motivé à m’entraîner. Tu avais peur de me blesser, ou simplement que parce que j’étais infirme – un peu, quand même – je n’avais pas à reprendre tout ça. Mais j’étais insistant, et tu as fini par céder. Je me souviens également de ta réaction quand je t’avais annoncé que je voulais devenir chercheur de la Chantrie. Plus précisément, quand je t’avais annoncé que je ferai la Veille. J’avais à nouveau repris en consistance, je parviendrai à tenir le coup. Et tu étais tellement inquiet pour moi, c’était .. adorable, oui. Tu ne me lâchais plus d’une semelle, mais en même temps, tu ne pouvais m’entraver car tu sentais que c’était ce que je voulais. A chaque instant, tu étais là pour moi. Je le savais, j’en étais certain. Evidemment que je devais le faire seul, en plus tu étais affecté du côté de Val Royaux. Ah .. J’ai un grand sourire qui me vient, là. Je me souviens de toutes ces lettres que j’avais retrouvé dans ma chambre. Toutes de toi. Et puis, on t’expliqua que je ne pourrais les voir avant un moment, alors .. tu as quand même continué. J’ai encore chaque parchemin, je les avais d’ailleurs toutes lues à mon retour. Droit après, j’étais parti pour Val Royaux simplement dans le but de te revoir. Je crois même avoir regretté d’être venu, vu comment tu ne me lâchais absolument plus la grappe. Bon sang, ce que t’étais pénible.

Cela dit, tes petits gestes et ton inquiétude restaient touchants. Tout se passait bien au cercle où tu te trouvais, en tout cas. Tu t’y amusais bien. En tout cas, le chevalier-capitaine Martel se tenait à carreaux à ce moment-là. Rah, je sais ce que tu vas me dire et je vais vraiment t'en coller une : tu ne pouvais pas le savoir, tu n'as fait qu'obéir à tes supérieurs.

A cette époque, j’avais l’impression que notre relation avait franchi un autre cap. Tu le disais toi-même : elle était solide, mais surtout différente de toutes celles que tu avais vécues par le passé. Quelque chose de spécial était en train de s’installer.

Merde, il s’est réveillé… Bon, au moins il est attaché dans un coin de ma chambre, mais s’il commence à faire du bruit, ça va très mal se terminer. Je vais donc devoir abréger et m’occuper de son cas. Lucius, réponds à cette lettre. Donne-moi de tes nouvelles, d’accord ? Même si elles sont mauvaises, je m’en fiche. Je veux savoir comment tu vas.

Prends soin de toi Lucius. Qu’Andrasté te protège.

Fabien Sourceclaire

PROCHAIN NIV. :
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Posté Ven 19 Jan - 22:07
Sixième lettre
9:18 Dragon
Amélia, très chère,

J’ai appris quelque peu tardivement ta grossesse ; je voulais t’écrire, mais je n’étais pas tant au meilleur de ma forme. Sache que je suis vraiment heureux pour toi, j’espère que tout se passera bien pour toi, en tout cas. Ces derniers jours furent complexes, mais je suis également soulagé de t’annoncer que j’ai fini ma Veille. Etonnamment, il m’est difficile de sortir de mon jeûne : je mange, mais très peu, encore. Ne t’en fais pas pour moi, je me porte comme un charme. … J’ai surtout Lucius derrière moi et qui me force à manger un minimum. En somme, tout se passe bien pour moi, la Veille m’a fait un bien fou. Et pourtant, tu le sais, j’ai beaucoup traversé pour en arriver là. Il fut un temps où je doutais être encore de ce monde à l’heure où je t’écris.

Lucius est inquiet, très inquiet. Il ne se sent pas bien, lui non plus, mais il en fait fi, comme si mon état était bien plus important que ses problèmes. Je ne sais pas quoi faire pour l’aider .. Et il refuse de me dire quoi que ce soit, même si j’insiste. Je te jure que s’il continue, je vais lui en coller une.

Me voilà donc chercheur de la Chantrie. J’ai passé mes dernières cérémonies avant-hier. C’est un honneur de pouvoir servir la Divine, de me sentir utile pour une fois.

Quand je te disais que la Veille m’aida grandement, je pèse à peine mes mots. Toute cette tranquillité, cette paix intérieure, cela fait du bien, finalement. Ce fut éprouvant, oui, et nombreuses furent les fois où je pensais m’écrouler bêtement là, à bout de force. Lucius le pensait aussi : il m’a écrit une montagne de lettres, te rends-tu compte ? Bien sûr, je n’y avais point accès avant hier, et je peux te dire qu’il était terriblement angoissé. Il tenta à plusieurs reprises de me voir, même si on le repoussa violemment. Ah, Lucius .. J’espère qu’il s’en remet.

Enfin, cela dit, ce n’était pas tant pour cela que je t’écrivais, initialement. J’espère que les choses s’améliorent avec ton époux. Andrasté .. tu sais à quel point je ne peux pas le voir en peinture. Et un troisième enfant arrive au sein de cette étrange famille. Surtout, prenez bien soin les uns des autres. Ne les oublie pas non plus, Amélia, même si je sais que c’est difficile. Veille sur eux, tout enfant a besoin au moins d’une mère .. vu que de l’autre côté, c’est peine perdue. Je veux dire, le jour où ton mari se préoccupera réellement d’eux, tu m’enverras une lettre parsemée de fleurs et de basilic. Ce jour n’arrivera jamais.

Enfin, plus que des mots, je viendrai te voir, une fois de plus. Cela fait un bail, petite sœur. J’irai aussi prendre des nouvelles de Mélanie, quand je pourrai. Il paraît que Sébastien est parti pour Val Chevin ! Je me demande bien ce qu’il compte y faire .. surtout sans elle. Je croyais qu’ils vivaient ensemble, histoire de survivre un minimum.

Passe le bonjour à tes garçons, j’espère qu’ils se portent bien.

A tantôt, je l’espère.

Fabien

PS : J’espère qu’un jour, Amélia, nous pourrons tous nous revoir. En famille, comme avant, tu sais .. Allez, je t’embrasse fort. Je t’aime, ma petiote.


Septième lettre
9:23 Dragon
Lucius,

Je sais ce que tu vas faire, mais surtout, ne brûle pas cette lettre. Laisse-moi te parler. C’est la troisième lettre que j’essaie de t’envoyer. S’il te plaît, écoute-moi.

Beaucoup de choses se sont mélangées, on s’est les deux pris la tête, ça a dérapé, et tu es retourné dans ta sublime tour d’ivoire. La seule chose que je voulais faire ce jour-là était de t’aider, de te conseiller sur ce qu’il y avait de mieux à faire. Et je sais ce que tu vas me dire .. et tu as raison. Tu as parfaitement raison. Je me suis tout de même inquiété pour toi, pour l’imbécile que tu étais.

Tu n’as fait que suivre les ordres de ton chevalier-capitaine, tu n’as rien à te reprocher. Absolument rien.. Personne ne pouvait prévoir qu’il complotait avec une grande prêtresse pour qu’elle puisse s’élever au rang de Divine. Sans doute que je sais déjà ce que tu dois te dire à mon sujet, mais figure-toi que j’ai des remords. Oui ! Le chercheur sans cœur Sourceclaire a des remords !

Je sais que tu es furieux contre moi, et pour de nombreuses raisons qui sont, je le confesse, légitimes. Je ne souhaite que discuter avec toi, prendre de tes nouvelles.

Tu avais sans doute raison, quand tu m’as dit que ce rang de chercheur m’était monté à la tête .. que cela m’avait changé. … Ecoute, Lucius. Je t’écris pour me réconcilier avec toi. J’ai eu un comportement exécrable avec toi et je t’ai blessé. Depuis mon arrivée à Val Firmin, je n’ai de cesse de penser à tout cela, je n’en dors plus de la nuit, je n’y arrive plus. Même la prière ne m’apaise plus.

Je veux te revoir pour te dire tout cela en face. Ma jambe me fait atrocement mal, mais ce n’est pas grave, je marcherai. Si je n’ai plus la force de tenir debout, je ramperai. Ce n’est pas grave. Tant que je puis te parler, ou simplement te voir... Que tu lises ou non cette missive, je passerai quand même te voir à Val Royaux, et essaie de m’éviter, je te trouverai.

Je ne suis cependant pas le seul à blâmer dans cette discorde. Toi aussi, tu m’as blessé ce jour-là, à me préférer quand j’étais bien plus vulnérable à tes yeux .. Si tu penses que j’ai oublié cela .. J’aurais pu te tuer ce jour-là tellement j’étais en colère. Je commençais enfin à aller mieux, mais tu me préférais quand j’étais tourmenté, torturé nuits et jours à cause de songes ou d’insomnies. Mais bon, c’est vrai, j’avais oublié qu’il n’y a que toi qui souffres, qu’il n’y a que toi qui as des problèmes. Tu n’es qu’innocence et pureté, après tout.

Et je suis épuisé de parler à un mur, je suis épuisé de chercher seul une solution. Regarde-moi, parle-moi, réponds-moi, pour l’amour d’Andrasté .. c’est si douloureux…

D’ailleurs, pourquoi ne m’avoir rien dit ? Si tu crois que je n’avais pas remarqué cette souffrance dans tes yeux.. Tu avais préféré ne rien me répondre et faire l’imbécile entêté. Tu ne me faisais plus confiance déjà, c’est cela ? Eh bien soit ! Ne me fais plus confiance, haïs-moi aussi, tant que tu y es ! .. Tu sais que je n’y arriverai pas … Parce que je suis comme ça, parce que je t’aime toujours, que je continuerai de t’aimer ; et ce, même si tu veux me forcer à l’inverse. Je t’aime, Lucius, je prie pour que tu ailles bien, pour que tu sois heureux. C’est ce que je souhaite. Et je veux t’aider et te protéger, peu importe la situation, ton avis ou la distance entre nous. Je t’aime, voilà, cela paraît si bête à dire maintenant. Lucius, tu ignores tant à quel point je tiens à toi, à quel point je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que tu sois heureux. Enfin .. si tu l’es plus sans moi, eh bien soit, tu sais, je .. l’accepterai. Aussi difficile, aussi invivable sera deviendra. Mais réponds-moi, dis-moi clairement les choses. Si tu ne veux plus de moi, dis-le.

Qu’Andrasté t’accorde le bonheur et le répit que tu mérites, et qu’Elle veille sur toi.

Fabien


Huitième lettre
9:25 Dragon
Amélia !

Beaucoup trop de choses se sont produites depuis la dernière fois que je t’ai fait une visite. Comment se porte la petite Cordélia ? Ça fait un petit moment que je ne suis pas revenu .. Quel âge a-t-elle, maintenant ? Cinq, six ans ? Doux Créateur, que le temps passe vite. Prends bien soin d’elle, d’accord ? Cette précieuse et magnifique enfant est un cadeau d’Andrasté, j’en suis certain. Si petite, si blême encore, mais avec tant de vie…

Je pense que tu as remarqué, ma plume est bien plus vivace que la dernière fois. Il s’est produit quelque chose d’incroyable à Val Firmin. Et je peux te jurer qu’encore maintenant, je n’arrive pas à me rendre compte des faits. Il était venu un moment où je restais enfermé avec moi-même. Eventuellement, je jouais à l’orgue lors des messes, mais sans plus. J’évitais les gens, une fois de plus. Enfin .. presque tous, mais il fallait être déterminé. Un peu comme Lucius à l’époque .. Ah, je ne sais pas si je me remettrai de ses mots sur cette lettre. Son écriture tremblait, et ses paroles .. Je ne pensais pas qu’il était autant mal, tu sais. Oui, j’étais terriblement blessé, poignardé directement au cœur, mais je sentais surtout la peur, l’inquiétude et l’impuissance grandir en moi. Si tu avais vu ses mots, Amélia .. cette souffrance qui n’osait clairement s’exprimer. Et puis, il y eut cette matinée, à l’aube.

Quelqu’un frappa gentiment à la porte de ma chambre. Bien évidemment, je ne dormais déjà pas, je me préparais pour les prières du matin. Quelqu’un voulait me parler ; cela tombait bien, je ne voulais voir personne. Un silence. Puis le chahut commença. Des pas lourds qui ébranlaient le sol, la pauvre petite qui voulait l’empêcher de passer, et .. sa voix. Cette voix. Ce cri, cette plainte, ce désarroi. Il m’appelait de toute la conviction, de toute la force qu’il avait encore. Je sentais sa fatigue dans le timbre de sa voix. Oui, il était épuisé, il était à bout. Mais j’ai préféré me cloître dans mon sanctuaire. Après de telles paroles, je ne voulais pas le revoir.

C’était quand même l’heure des matines prochainement, alors je sortis finalement. Et je l’ignorai totalement, passant à côté de lui sans remuer une grimace de colère, sans lui poser la moindre question, la moindre syllabe. Rien. Je passai mon chemin dans toute la sérénité que je pouvais. Je m’étais même efforcé de ne pas le regarder, de ne pas penser à tout ce qu’il avait dû traverser pour écrire cette lettre, et pour venir jusqu’ici. Et devine ce qu’il fit cet imbécile.

Comme à l’époque, il me colla. Il essaya d’attirer mon attention. Je peux te dire qu’il était pénible, Créateur.. Qu’avais-je fait pour me coltiner tout ça. Mais il était déterminé, et c’est vraiment une qualité que j’admire chez lui : il va toujours au bout de ses convictions pour obtenir ce qu’il veut. Ou au moins, il essayait. Je sentais de plus en plus ma jambe me faire mal, mes mains trembler. A un moment donné, je n’arrivais même plus à la bouger, désormais un inerte et bête morceau de bois. Mes mains étaient douloureuses, et il devenait sérieusement difficile pour moi de tenir debout. Mais tu me connais, je n’en fis de cas. Je continuai de marcher, d’avancer, sans me retourner vers ce pauvre cabot qui me collait à la patte. Et évidemment, un jour, j’en ai eu marre.

Je m’étais alors violemment retourné vers lui, et là, au milieu de la Chantrie, je l’ai sermonné, je lui ai dit les choses droites en face. J’étais irrité, je souffrais atrocement de cette situation autant physiquement que psychologiquement, et je n’en dormais plus de la nuit. Donc oui, j’en avais marre de son petit jeu. D’ailleurs, en y repensant, je devais vraiment paraître pour le cliché du vieillard sénile qui ne supportait personne. Enfin.

Le fait était que Lucius me regardait sans réel étonnement. Et là, la première fois depuis longtemps, je le voyais vraiment, et je pris peur. Je lisais sur son visage de la souffrance et de la fatigue. Je voulais tant le prendre en pitié et l’écouter, mais j’étais furieux et affreusement mal également. Pour la première fois depuis un moment, nous étions sur le point de parler face à face. Autant te dire que je n’étais pas tant rassuré que cela.

Il m’expliquait qu’il n’en pouvait plus, que cette distance était en train de le tuer. Qu’il regrettait à peu près tout ce qu’il avait dit, qu’il regrettait de m’avoir laissé ainsi seul, agonisant. Mais tu penses sérieusement que je pouvais tout bêtement jouer les divas et lui pardonner tout ça sans conséquences ? Oui, j’ai écouté tout ce qu’il avait à dire, planté au milieu de la Chantrie – honnêtement, j’aurais préféré être entre nous, pour parler vraiment de cela. Je l’ai regardé droit dans les yeux, l’œil furieux, je me suis approché de lui, et je l’ai frappé avec toute la violence que me permettaient ces mains traîtresses. Il avait sacrément bien reculé, il fallait dire. Et là, je m’emportai sur absolument tout. Je lâchai prise et lui dis avec clarté les choses.

Comment te dire que mon calme était désormais inexistant. Mais j’étais déterminé à lui faire comprendre que non, je ne voulais plus de lui. Il n’avait qu’à revenir plus tôt, à ne pas m’écrire ces mots, à ne pas me torturer tant. Abruti fini qui pensait que tout rentrerait dans l’ordre uniquement parce qu’il était venu me voir avec son air de chien battu. Comme si je fonctionnais ainsi ! Mais il gardait la foi, il continuait sur sa petite route pavée. Et je craquai encore : cette fois, je tentai de le frapper avec ma canne, pour le faire reculer. Seul problème que j’avais légèrement oublié dans toute cette haine ; je manquai de tomber lamentablement, totalement en déséquilibre. Lucius tenta de me rattraper pour ne pas que je tombe, mais je le repoussai de toute la violence qui me restait. Et rapidement, constatant ma défaite dans cette discussion, je m’éloignai sans un mot. Si je pouvais, j’aurais couru, tout ce que j’aurai pu, simplement pour me tenir loin de lui. Lui qui désormais n’était qu’un poison ..

Les jours suivants furent reclus, comme toujours. Enfin, pas tout à fait comme toujours : j’étais pensif, j’étais perdu. Et puis, au beau milieu de la nuit, je me souviens d’un baiser sur mon front. Je me souviens de ce contact, de cette chaleur. Cela me réveilla malgré moi, mais c’était finalement une très bonne chose.

Une lettre m’accueillit à ce moment-là, avec de simples mots. « Adieu, je t’aime. » Pas besoin d’Andrasté pour reconnaître cette écriture. Un vent de panique me secoua alors : Lucius était en train de partir. Il devait avoir compris que je ne lui pardonnerai pas autant de souffrance, autant de tourments.. Et pourtant, je me levai à la hâte.

Je marchai le plus vite que mon corps me le permettait, douloureux à en mourir à cet instant précis. On pouvait même se demander alors ce qui lâcherait en premier, mon corps ou mon cœur. Les deux tomberaient de toute façon. Une fois dehors, je l’aperçus, au loin, sur cette fameuse petite route. Je lâchai ma canne, et je m’élançai en courant vers lui. Je hurlai à pleine voix son nom, d’attendre un instant, de .. [De l’eau semble avoir effacé cette partie.] .. partir comme ça. Je savais au fond de moi que ce n’était pas ce que je voulais.

Hélas pour moi, mes jambes me lâchèrent ; je m’effondrai la tête la première contre le pavé froid. Je ne sentais plus ma jambe, je peinais à vraiment la bouger. Les émotions avaient pas mal tendance à rendre le contrôle de mes membres imprévisible, mais jamais autant. Je m’effondrai, en larmes. Il allait s’en aller, et moi, je resterai bêtement contre le sol à sangloter, incapable de me relever.

Et pourtant, je sentis cette main sur mon épaule.

Je relevai alors la tête, à bout d’énergie et de foi. Cela ne pouvait pas être lui, c’était sans doute une sœur qui m’avait trouvé. Mais non. Ce n’était pas une sœur, Amélia.

Il m’aida à me redresser, au moins à m’asseoir à genou, tout comme il l’était actuellement. Je tremblai de toute part, je ne pouvais plus arrêter mes larmes de couler. Et il me prit dans ses bras, s’excusant encore. Lui aussi était secoué dans tous les sens par les émotions, ou alors par les sentiments, je ne savais plus trop. J’avais presque honte de moi, je paraissait tant vulnérable face à lui .. J’aurais aimé que Lucius ne voie jamais cette facette de ma personne, cette vulnérabilité que je portais tous les jours de ma misérable existence depuis cette histoire de poison.

Ah, Amélia, je suis tant soulagé qu’il soit resté, qu’il soit auprès de moi à nouveau. Je te l’avais dit, il ne pouvait pas penser tout ce qu’il me dit dans cette lettre.

Plus rien d’autre n’avait d’importance sur cette terre à cet instant. Lucius se mit tout de même en tête de me ramener dans la Chantrie, dans cette chambre que je ne quittais plus tellement ces derniers temps. Oui, j’étais vulnérable, mais je n’étais plus seul. Lucius me protégera, et je sais qu’il le fera.

Cela dit, son état m’inquiète. Il avait l’air si pâle, si maigre, si confus… Et je ne sais pas quoi faire pour lui. Il fait sa tête de mule, et persiste à ne rien vouloir me dire. Mais je le lui ai dit, un jour, je saurai. En tout cas, maintenant, je pourrai veiller sur lui.

Je suis tant soulagé, tu ne t’imagines pas à quel point. Il est resté à Val Firmin avec moi, c’est une bonne chose. Apparemment, le Cercle de Val Royaux commençait sérieusement à lui sortir par les yeux, le pauvre.

Enfin, pour synthétiser, je vais mieux, bien mieux. Je te réécrirai, ne t’en fais pas. Pour l’heure, je vais m’occuper de ce pauvre Lucius. Trois ans que nous ne nous sommes plus revus ainsi.

Transmets à Cordélia mes salutations, comme toujours. J’essaierai de passer vous voir, une fois de plus. Tu penses que je pourrai emmener Lucius avec moi, cette fois ?

Prends bien soin de toi et de ta famille.

Fabien


Neuvième lettre
9:36 Dragon
Lucius, sache deux choses.

Premièrement, je t’aime de tout mon cœur, et deuxièmement, tu me manques. J’ai l’impression que tu es parti pour Kirkwall depuis trois éternités au moins .. De mon côté, tout se passe bien, je maintiens un semblant d’ordre dans la cour, même si je pressens que les guerres civiles s’apprêtent à éclater. L’impératrice les redoute également. A mon avis, il va falloir tenir bon, mais tu me connais, je suis solide.

Tu excuseras ces premiers mots, mais je le pense vraiment. Je ne suis pas le sentimental entre nous deux, mais je suis épuisé, je crois. Je continue de prier pour toi, en espérant que tu ailles bien, que tu ailles mieux. Honnêtement, cela ne me rassure pas de te savoir là-bas, sans que je puisse veiller sur toi. Fais très attention.

J’ai repensé à tout ce que nous avions traversé ensemble ces derniers temps, et ça m’a beaucoup fait réfléchir. Je continue de penser que tu es très courageux de te prendre ainsi en main et de tout arrêter, mais pour l’amour d’Andrasté .. Te rends-tu compte d’à quel point tu seras vulnérable face à ces combats ? Tu affrontes principalement des mages, je te le rappelle ! Alors rien que pour cela, je t’en conjure, fais très attention à toi, ne force pas les choses comme tu avais l’habitude de le faire. Dans la vie, il faut savoir reconnaître ses limites, et je suis très bien placé pour te le dire.

J’ai tenté de retrouver ces herbes qui calmaient tes maux de tête incessants. Si j’arrive, je te les envoie le plus rapidement possible. Infuse-les bien avant de boire, d’accord ?

Lucius, avec tout ce que nous avons traversé dans les dorsales de Givre, j’espère que tu vas beaucoup mieux. Tu me semblais plus serein, plus maître de toi, en tout cas. N’hésite pas à revenir voir la petite communauté, si ça te fait du bien ; ils m’ont demandé de te transmettre ce message. Finalement, je pense qu’ils t’aiment bien. Et ils ont raison : si tu en as besoin, tu me préviens, et nous y retournons. Ah .. ça doit vraiment t’être insupportable, toute cette inquiétude pour toi. Et ce, alors que tu vas mieux, et que je sais que tu vas mieux. Mais je suis comme ça, moi, j’ai dû veiller sur ma famille les vingt premières années de mon existence. D’ailleurs, je continue de veiller sur eux du mieux que je peux. Et tu fais partie de ma famille désormais, Lucius, alors attends-toi à ce que je sois pénible avec toi, affreusement pénible.

J’ignore en revanche si je me remettrai de ce sombre épisode. Tu sais, celui où durant la nuit tu disparus sans prévenir. Je n’ai jamais eu autant peur de toute ma vie, mes mains en tremblent encore. Enfin, tu me diras avec ironie qu’elles ne font que cela, et je t’accorde le bon point.

Le fait que tu ne t’en souviens pas me laisse encore des frissons sur l’échine. Comment as-tu pu aller autant loin, dehors, dans la neige, en pleine tempête en plus, et perdre connaissance bêtement là ? Surtout, sans t’en souvenir ..

Je crois que tes nerfs avaient officiellement rendu l’âme à ce moment-là. Tous les autres frères te prenaient déjà pour un fou. Et ce regard que tu m’avais lancé dans la chapelle .. Toute ta détresse est à présent imprimée à jamais sur ma rétine, compte là-dessus.

Tu étais perdu, Lucius, mais cette bouffée d’air frais te fit du bien. Et là, maintenant, tu es loin de moi. Si les choses n’empirent plus qu’elles ne le sont déjà à Kirkwall, surtout préviens-moi, j’accours aussi vite que possible. L’impératrice comprendra.

Je t’aime, Lucius. Je crois hélas ne te l’avoir témoigné que trop peu de fois. Et je ne parle même pas de notre premier baiser à Val Firmin. Te souviens-tu ? Tu venais de quitter le Cercle, et ce, rien que pour me retrouver. Ah, je me souviens de tes paroles, de tes mots, quand tu t’étais réveillé en sursaut et que tu t’étais agrippé à moi comme tu le pouvais. Et je te le redis : moi non plus, je n’ai jamais rien vécu d’autant intense que ce que nous construisons depuis des années et des années. Je dois dire aussi que tu as bien changé. Tu es passé du débauché bourrin accros à l’alcool ou autre péché à une personne plus calme, plus .. romantique, aussi. L’âge doit y être pour beaucoup.

Si tu savais le nombre de fois où je culpabilisais, d’ailleurs, à ce sujet. A Val Firmin, je pensais vraiment que tu ne voulais plus de moi à cause de mes vœux. Alors oui, du coup, tu me parlais de tes mages, de tes « amis » templiers, simplement pour me faire enrager, sale raclure de bas étage. Mais je suis comme ça, j’ai réussi à en faire abstraction pour être pleinement heureux. Et je pense que tu es également en chemin d’atteindre cette félicité.

J’ai toujours dit que tu étais mon ami. Cela semblait te contrarier pas mal, mais ce n’est pas le sens que tu crois. Dans « ami », il y a « âme ». A l’origine, on appelait un ami une personne qui partageait la même âme que soi, sauf que le tout se situait en deux corps. Je trouve cette définition plus poétique, mon ami. Tu sais, je suis tellement heureux de t’aimer Lucius, si tu savais. Au début, cela me faisait peur, j’étais mal à l’aise. Mais tu étais là, et je suis tellement content finalement que tu fusses si collant et pénible. Et je m’égare une fois de plus dans tous ces souvenirs ..

Ecris-moi dès que tu peux, Lucius. Fais gaffe à toi, prends soin de toi.

J’espère te revoir bientôt, abruti impulsif. Je t’aime.

Fabien Sourceclaire


Dixième lettre
9:37 Dragon
Ma petite Cordélia,

Comment vas-tu ? Cela faisait un petit moment que je ne t’avais pas écrit. Disons que là où je t’écris, tout part relativement en vrille. La Chantrie de Kirkwall vient d’être détruite par un apostat dérangé et, d’après les rumeurs, à moitié possédé par une espèce de démon. La guerre est en train de se répandre, j’imagine, bien au-delà des remparts de cette affreuse ville marchéenne. Il semblerait que tout est sur le point de se jouer prochainement, d’où ma réponse extrêmement tardive, mes excuses jeune fille. Mais ces derniers temps, je n’ai cessé de courir dans tous les sens, tout ça généralement pour du flanc. C’est agaçant, extrêmement frustrant, mais je reste cependant de bonne humeur.

Je suis heureux d’apprendre que tu viens d’être promue templière. Enfin, ce n’est pas totalement vrai. Oui, c’est impressionnant d’être un templier, mais ne crois pas qu’il n’y ait aucune ombre derrière tout cela. Andrasté… une jeune fille comme toi, pleine de vie, qui s’apprête à consommer du lyrium… Cette idée ne m’enchante absolument pas. Surtout, n’en prends qu’en petite quantité, ou cette aptitude « supplémentaire » tournera au fardeau.

J’imagine que ça va bien du côté de ta famille. C’est tellement navrant d’apprendre la faillite de l’entreprise familiale. J’ai toujours détesté la manière que ton père avait d’exploiter ses enfants. Heureusement, tu es parvenue à sortir de la fourmilière, à mieux te débrouiller. Fais quand même attention : la plupart des templiers se croient tout permis. Si tu rencontres des ennuis avec quelconque brute, note leur nom quelque part, et je leur ferai la peau. Personne ne touche à ma nièce adorée, d’accord ? Par contre, ne va pas non plus leur dire que nous sommes de même famille, ou tout le monde pensera plutôt à détaler en courant quand ils te verront.

Fais de ton mieux, accomplis ton devoir, mais n’oublie jamais tout ce qui te constitue, tes qualités, tes défauts. … Et n’oublie pas de prier ! Je saurais si tu évites la chose, sois-en sûre. Ne perds jamais ton altruisme et ta bonté, Cordie. J’ai toujours dit à ta mère que dans cette famille, tu étais une lumière, un cadeau de la part d’Andrasté. N’oublie jamais de faire ce qui est juste pour toi.

Je vais te laisser, ou sinon je ne fermerai pas l’œil de la nuit. Je suis solide, mais tout être doit dormir un minimum. Mais ta lettre m’a fait grandement plaisir, il me fallait simplement le temps de répondre, et il se trouve que je ne l’avais que maintenant, tard dans la nuit. Je viendrai te voir quand je pourrai. En attendant, prends soin de toi, petite luciole. J’espère que tout se calmera par ici, mais ce serait être fou de réellement le penser.

Je t’embrasse fort, ma chérie.

Ton oncle, Fabien


Onzième lettre
9:42 Dragon
Chercheuse Pentaghast,

Pourquoi ne suis-je pas étonné d’entendre ce nom quand les gens parlent de l’Inquisition. Je me souviens de vos bonnes actions à Val Royaux, de ce combat contre autant de dragons à la fois .. On peut dire en tout cas que vous portez bien le nom de votre famille sur vos épaules.

Enfin, je ne suis point là non plus pour faire des éloges, ce n’est pas tant mon genre que cela. Je ne vous ferai point de reproches non plus. Pour être honnête, je ne comprends pas la décision du Seigneur-Chercheur. Alors que le monde est en proie à tant de menaces, quelle idée lui vient en tête ? De tout diviser pour guerroyer les apostats ! Tout part dans tous les sens, comment voulez-vous espérer un minimum d’ordre et de tranquillité avec tout cela.

Je vous écris donc depuis Halamshiral, et sans doute que vous vous en demandez les raisons. Ne vous en faites pas, je serai bref. Sachez que si votre petite Inquisition a besoin d’appui, vous avez des alliés. Peu, mais c’est tout de même un début. Je garde un œil de fer sur la cour Orlésienne depuis des années, et je ne compte pas lâcher cette mission que la Divine Justinia me confia. Je ne doute point de la qualité des informations que vous obtenez, je connais la très bonne réputation de dame Rossignol dans ce domaine. Cela dit, si vous avez besoin d’informations supplémentaires qui touche la cour Orlésienne, je serai ravi de les communiquer à votre maître-espion. Les choses commencent à se tendre par ici, avec les guerres civiles qui s’y passent.

Pourquoi vous offrir mon aide et mon soutien ? Pour plusieurs raisons, à vrai dire. Premièrement, avec une poignée d’ancien templiers, nous nous sommes détachés de l’Ordre des templiers pour s’allier à la Chantrie. Je sais que l’Inquisition en est indépendante, mais nous nous posons la même question : qu’est-il arrivé à la Divine Justinia ? C’est également un sujet que nous prenons très au sérieux.

Je n’ai que vaguement entendu parler de Corypheus et de l’attaque de Darse. Puisse le Créateur accueillir toutes ces bonnes âmes auprès de lui. Mais comptez là-dessus, personne en Orlaïs ne se soucie de cette menace, inexistante selon certains. Je préfère m’en inquiéter. Sans parler de ses .. Venatoris. Je n’ai pas encore eu l’occasion d’en rencontrer vraiment, mais j’espère que cela ne saura tarder.

Dernier point, qui est non-négligeable : votre Inquisitrice, Cordélia Amnell. Conseillez-la bien et aidez-la du mieux que vous pourrez. J’ai confiance en vos compétences, donc je ne m’inquiète pas trop. En revanche, j’espère que votre commandant a appris à réfléchir par lui-même, cette fois. Je m’en méfierais si j’étais vous, mais je puis me tromper. Cordélia n’est autre que ma nièce, et j’y tiens particulièrement. Donc occupez-vous en avec soin, sinon vous entendrez parler de moi d’une toute autre façon.

Les Lys, peut-être avez-vous eu l’occasion d’en entendre parler. Si ce n’est pas le cas, c’est tant mieux : ce n’était pas comme si nous privilégions l’affichage comme votre organisation. Pour le moment, nous nous contentons de servir de garde rapprochée à l’impératrice, mais dans le fond, nous sommes surtout là pour maintenir un certain ordre dans la cour impériale, de bloquer quelques éventuels complots. Et ils ne cessent de s’accroître en nombre, les tensions grandissent vite, ces temps.

Tout ça pour vous dire que nous avons plus ou moins les mêmes objectifs et que vous pourrez compter sur notre soutien, Cassandra. En ces temps où tout se divise, autant essayer de se serrer les coudes du mieux que l’on pourra.

Le Créateur vous accordera la réussite, je n’en doute pas. Et saluez bien Cordélia de ma part.

J’espère que nous aurons la chance de nous rencontrer prochainement.

Chercheur Fabien Clovis Sourceclaire, meneur des Lys du Crépuscule
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Posté Ven 19 Jan - 22:34
MON OOOOOOOOOOOOOOOONCLEEEEEEE !!! 

Rebienvenue Dodo ! <3 Hâte de te voir validé pour qu'on puisse écrire du drama ensemble ! 
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Posté Ven 19 Jan - 22:38
MA PETITE CORDIE D'AMOUUUUUUUUR

hâte aussi, j'ai tellement de Drama à écrire avec lui damn xDD
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Invité
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Posté Ven 19 Jan - 23:26
*se sent opprimé rien que de venir ici*
... un chercheur :v et pas n'importe lequel ~
( l'appel du complooooooooooooooooot ! )

All hail de chalons :v vala
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Human's N°1 hater ⊱ Mien'harel
— PSEUDOs : Nayja
— DISPONIBILITÉ RPs : ✓ Disponible
— PRÉSENCE : Soirs et fin de semaine
— MISSIVES : 591
— DC&TC : Nai'Lahn
— PRESTIGE : 515
— CRÉDITS : Elf ✶ Gabbyd70
— ICONE (100x100) : — NATIONALITÉ : Dalatienne
— ÂGE : 29 ans
— PROFESSION : Mage de guérison et de soutien
— FACTION : Mien'Harel
— ARMES : Un bâton magique en chêne noir ainsi qu'une formation en magie de guérison et de soutien. Valÿra connaît aussi quelques sorts de glace
— AMOUREUSEMENT : Célibataire.
— O.SEXUELLE : Hétéro, elfes seulement
Posté Sam 20 Jan - 1:47
À mort les chantristes!

*sort*

Rebienvenue Dodo!


Valÿra répond en : #47262B ou en #976B72
Actuellement en recherche d'au moins 0 RP
Besoin d'aide pour un code CSS?
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Posté Sam 20 Jan - 8:54
Oooooooooh je savais même pas !
Tu me le dis même pas et tout

J'espère que ce personnage te plaira autant que Dorian
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Posté Sam 20 Jan - 17:04
Bon courage pour ton nouveau drama
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Posté Dim 21 Jan - 13:00
Un nouveau Drama queen orlésien, ça ne peut que envoyer du lourd xD !
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Posté Dim 21 Jan - 14:03
Cullen : Alors toi tu vas mais TELLEMENT en pâtir :v

Valy : Pas celui-là :v Tu vas voir TU VAS L'ADORER =u=

Soren : PARDON

Crista : huehuehue alors ce Drama tu vas l'adorer ma petite

Tutulle : Alors lui il chasse plutôt les Drama Queens orlésiennes :vvvvv

MERCI JE VOUS AIME TOUS SUR CE : DRAMA (normalement j'ai fini les deux premières lettres aujourd'hui en tout cas   )
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Posté Lun 12 Fév - 19:36

⊱ Félicitations, tu es validé !
bravo, bravo et encore bravo !

L'AVIS DU STAFF SUR TA FICHE ✶ Fiche lOoooOOooOOOoongue mais très complète. Petit plus pour les " souviens-toi " de Fabien qui donnent envie de cramer ses lettres, je viens de m'en rappeler de l'utilité de cette acte 8D /PAN/ Non sérieusement, très bonne fiche, complexe du point de vue scénaristique mais pas entièrement impossible. Tout y est bien décrit et dans assez de détail pour le comprendre. Et bien, je pense que je vais devoir prendre garde à mes fesses, après avoir posté ce message...


J'ai donc le plaisir de t'annoncer que tu es validé, Fabien ! Si tu as une question quelconque, ou quelque chose à faire savoir, n'hésites pas à contacter le staff. Bon jeu et encore bienvenue parmi nous ! #CULLEN RUTHERFORD

Bravo, te voilà validé et fin prêt à te lancer à l'aventure sur les routes de Thédas ! Toutefois, voici un petit récapitulatif des sujets que tu devrais aller visiter pour pouvoir profiter pleinement de ton expérience de jeu sur notre petit forum.

la section administrative ;

Tout ce qui est Administratif est important. Si tu ne l'as pas fait, il te faudra signer le règlement du forum. Tu pourras aussi aller dire quel est le personnage de ton avatar sur le bottin d'avatar uniquement si tu as créé toi-même ton personnage.

gestion de personnage ;

Gérer son personnage est très important ! C'est un des meilleurs moyens d'étendre sa visibilité et son authenticité. Sur Dragon Age Infinity, nous n'avons pas fait les choses à moitié : Vous pouvez créer une fiche de lien, un journal intime, une gestion de rp et même une boite aux lettre pour envoyer des missives ! Tout cela est fortement conseillé mais non obligatoire, bien entendu.

la section role play ;

En ce qui concerne les rps, désormais, tu y as accès comme bon te semble ! Tu peux néanmoins aller demander un rp si tu n'as pas de compagnon, voir même t'inscrire à une quête pour pouvoir gagner des points de prestige en plus !

la section hors-jeu ;

Le hors-jeu est l'une des parties les plus importantes du forum. C'est dedans que tu peux jouer aux jeux, flooder, voter aux top site, poster ta galerie d'art ou de n'importe quoi d'autre ; en bref, tout ce qui te concerne toi ou tout ce qui tourne autour de l'amusement sans prise de tête. Le flood fait vivre le forum alors n'hésite surtout pas à spamer cette partie !

les aides & guides ;

Tout ce qui te sera utile tout au long de ton séjour ici se trouve dans ces liens raccourcis. Nous avons mis à ta disposition des montagnes d'informations afin que tu puisses t'y retrouver plus facilement dans l'univers de Dragon Age !
Le guide du novice est là pour toi si tu veux revoir les bases du forum rpg, ce que tu as d'exclusif sur Dragon Age Infinity ou si tu veux revoir quelques bases sur la saga de jeu ; les annexes sont ici pour t'indiquer les membres du staff et t'expliquer le fonctionnement de certains systèmes au sein du forum -sans oublier t'énumérer toute classe présentes dans Dragon Age ; et enfin, le guide de Thédas est fait pour tes recherches sur l'univers des jeux.


Sur ce, Fabien... Je te souhaite une bonne aventure parmi nous ! Te joindras-tu avec les plus héroïques afin de sauver Thédas, ou au contraire, plongeras-tu le monde dans le chaos ?

Bienvenue sur Dragon Age Inquisition : Infinity !
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Posté Lun 12 Fév - 19:37
Montjoie. :eyes: :eyes: :eyes: :eyes: :eyes: :eyes:
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Invité
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Posté Lun 12 Fév - 21:08
Bienvenue en retard collègue ! "Regarde sa fiche"

Oula... j'en déduis que ton perso et le mien ne vont sûrement pas s'apprécier.
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Invité
Invité
Posté Lun 12 Fév - 21:48
Eyh eyh ! Bravo pour la fin des lettres o/ et amuse toi bien avec ton chantriste ^^ Drama !
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Posté Mar 13 Fév - 13:49
Armand : sachant que j'aime pas les nobles et que tu supportes pas avoir des supérieurs d'une caste inférieure, .. on va bien s'amuser =u=

Wulfy : Drama mon petit :eyes: :eyes: :eyes: :eyes:
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