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Posté Jeu 11 Jan - 18:24




Racket sur la Voie Impériale
Le Flash Back
Ft. Soren Adrastus

Crista leva les yeux au ciel et poussa un long soupir. De gros nuages gris se rassemblaient au-dessus de sa tête, de toute évidence une bonne averse était en préparation. Elle marmonna quelques jurons en massant sa nuque d'une main. La naine ne détestait pas la pluie mais voyager trempée ce n'était pas ce qu'il y avait de plus agréable. Avoir ses vêtements tout collant comme une deuxième peau, avoir de la gadoue jusqu'aux genoux... Non décidément c'était une chose très pénible. Malheureusement c'est ce qui allait certainement se produire. Crista pria alors pour que son ânesse n'en fasse pas qu'à sa tête en s'arrêtant en plein milieu de la route sans vouloir faire un pas de plus. Oui, ça sentait le vécu.

L'artificier jeta un regard tout autour d'elle. Elle était entourée de plaines et de collines sauvages, et parfois de petits bois longeaient la route. Toute cette nature était incroyablement reposante. Au loin, Ulysse, son mabari, furetait un peu partout, reniflant les trous de lapins et marquant son territoire à tout-va. Ce gros pépère était plus heureux en pleine campagne qu'en ville. Ensemble, ils se sentaient bien mieux sur les routes de Thédas. Alors à part la pluie à venir, qu'est-ce qui pouvait arriver de pire ?

Au détour d'un virage, Crista aperçut trois hommes et une femme installés au milieu de la route. A leur côté, il y avait une carriole attelée à un cheval mais une roue semblait s'être détachée du reste. La naine esquissa un sourire, elle était toujours prête à venir en aide à ceux qui en avait besoin, même si c'était des inconnus. Elle continua sa route jusqu'à arriver près d'eux.

« Tout va bien ? Vous avez besoin d'un coup de main ? » Demanda-t-elle d'un ton avenant.
« Le Créateur soit loué, Il nous envoie enfin quelqu'un ! » s'exclama un des hommes « Ça m'a l'air bien cassé et nous ne savons pas comment réparer ça. » dit-il ensuite en s'avançant vers Crista, le sourire aux lèvres.

Il était très grand. Enfin les humains étaient tous très grands du point de vue d'une naine. Il était maigre et possédait des cheveux bruns, bouclés et vraiment sales. L'autre homme à côté était bien plus costaud, une montagne de muscle et son œil gauche était caché derrière un bandeau. Il y avait aussi un elfe, svelte, aux longs cheveux blonds. La femme quant à elle était très jolie et bien plus propre que ses compères. Elle patientait, assise sur le rebord de la carriole. A eux quatre, ils formaient une drôle de bande.

« Sans vouloir me vanter, je suis plutôt douée pour les travaux manuels. » rigola-t-elle.
« Mais c'est qu'on a une sacrée chance les gars ! »

Alors que la petite rouquine s'approchait pour voir de plus près l'étendu des dégâts, l'elfe fit le tour de sa petite charrette, soulevant même par endroit la bâche qui la recouvrait. Elle lui lança deux ou trois regards réprobateurs, le trouvant trop curieux et bien mal poli. La femme de la bande en ricana même. Crista reporta finalement son attention sur la roue brisée, elle se mit accroupie et son sang ne fit qu'un tour. En aucun cas cette carriole était cassée, la roue avait juste été détachée de son essieu. N'importe qui aurait pu la remettre. Alors pourquoi avaient-ils menti ? Elle n'était tout de même pas tombée dans un traquenard ?

« Dis-moi, tu n'aurais pas un peu d'argent aussi, pour nous aider ? » questionna la femme, amusée.

Plus aucun doute, là elle était bien tombée dans un traquenard.

« Non j'en suis navrée. » répondit calmement Crista en se relevant.

Son petit cœur battait à une vitesse folle. Il fallait qu'elle trouve quelque chose à dire pour couper court à leur rencontre et s'en aller au plus vite.

« Malheureusement je crains de ne pas pouvoir vous être utile. Je n'ai absolument aucune idée de comment réparer votre roue. » mentit-elle en se redirigeant vers son ânesse. « Dès que j'arriverai au prochain village, je ferais quérir quelqu'un pour qu'on vienne vous aider. »
« Quoi ? Tu veux nous laisser tous seuls ici ? »

L'homme aux cheveux bouclés qui semblait si sympathique au premier abord changea totalement d'expression. Il dévoila son véritable visage : menaçant. Et ça avait l'air de lui plaire. Le chef de la bande c'était lui, sans aucun doute. La pluie décida de tomber à ce moment là. Au début ce n'était que de petites gouttes qui se transformèrent vite en une véritable averse.

« Et tu crois qu'on va te laisser partir ? Quelle mignonne petite chose... »
« Hé regardez ce que je viens de trouver. » s'écria l'elfe en découvrant totalement la petite charrette. « C'est plein de poudre et d'explosif ! On a gagné le gros lot, ça va nous être utile ! »
« Ne touche pas à ça ! » s'énerva finalement Crista « Et remet la bâche, la pluie va tout abîmer espèce d'abruti congénital ! »
« La ferme ! »

D'un geste il poussa Crista. Sous la violence du coup elle fit quelques pas en arrière jusqu'à se cogner contre l'homme au bandeau qui s'était faufilé derrière elle. Celui-ci la poussa à son tour, sous les rires de toute la bande.

« Arrêtez ça ! » cria-t-elle en tombant dans la boue. « Ulysse ! Ulysse ! »

Le mabari, qui jusqu'à présent avait continué de fouiner dans les parages, accouru aussitôt en entendant l'appel de détresse de sa maîtresse. D'un bond il chargea l'homme au bandeau, le faisant tomber à terre. Il planta ses crocs acérés dans son bras, le lui arrachant presque. Le brigand avait beau se débattre, Ulysse ne lâchait pas sa prise pour autant. Le chef poussa un grognement enragé, il attrapa en vitesse une épée à deux mains, qui était restée cachée dans leur carriole. D'un geste il abattit le pommeau de son arme sur le haut du crâne du mabari. Ce dernier poussa long gémissement avant de perdre totalement connaissance.

« Ulysse ! Non ! ... Vous n'êtes que des sales fils de cochard ! » cracha l'artificier, le regard plein de haine.

En réponse elle ne se prit qu'un coup de pied dans le visage, lui fendant la lèvre inférieure. Le blessé se releva avec beaucoup de mal. Son bras était salement amoché et avec un peu de chance il ne pourrait plus jamais s'en servir. Les autres membres de la bande sortirent leurs armes et tous encerclèrent la naine.

« Alors qu'est-ce qu'on va faire de toi maintenant, petite chose ? »
 
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Posté Lun 22 Jan - 10:21




Racket sur la Voie Impériale
crista & soren

Perché du haut de ton arbre, tu écoutais les bruits environnants. Tu t'étais permis une petite pause, et tu préférais largement dormir ou te reposer dans la journée que la nuit. Parce que la nuit, tu pouvais retirer ce bandeau qui te barrait la vue, tu appréciais le simple fait d'être face à une nature imposante et indomptable. Tu écoutais donc les oiseaux chanter, et tu laissais ton imagination divaguer. Ton attention, ta perception des choses allait bien au delà de ce que l'on pouvait imaginer, et le moindre petit mouvement dans l'air, tu le ressentais. Tu ne l'expliquas pas non plus cette fois, lorsque tu sentis que l'ambiance de la forêt avait changé, quelqu'un traversait sans doute sur la voie principale, mais tu ne savais pas exactement ce qu'il se tramait. Tu avais ce sentiment de défendre la nature et les animaux, quelque chose que tu avais appris. Si tu avais tué des humains, tu n'en étais pas pour autant un sans coeur, surtout avec les plus petites créatures, comme les écureils, les cochards, ou les fennecs. Tu aimais particulièrement les fennecs. Peut-être que tu en attraperais un, un jour, pour avoir un peu de compagnie. Mais un oiseau serait peut-être plus judicieux. Les corbeaux par exemple, utilisés par les guildes de voleurs, ou les faucons, que l'on utilisait pour la chasse. Tout cela était fort intéressant, mais tu pourrais aisément y réfléchir plus tard. En attendant, le devoir semblait t'appeler. Tu te déplaças d'arbres en arbres, évaluant avec une précision exacte l'emplacement des branches devant toi, tu avais tâté tant de terrains différents et appris à tout voir par tes sens, hormi celui de la vue, que tu étais capable de vivre sans tes yeux. Même si le plaisir de les découvirr la nuit restait un sentiment d'excitation extrême, et que tu ne t'en lasserais certainement jamais.

En t'arrêtant à quelques mètres de l'orée de la forêt, tu sentis devant toi une immense plaine, sans moyens de te cacher. Tu n'avais pas envie de te montrer, après tout, pour le moment, il ne se passait rien d'alarmant. Au creux de ton ventre, par contre, il y avait ce pressentiment que tu n'aimais pas, celui qui annonçait le danger. Soudain, tu entendis une respiration haletante au pied de l'arbre où tu te trouvais, et ce mouvement significatif d'un animal curieux. Tu ne savais pas exactement ce que c'était, mais il semblait aussi curieux que toi. Parce que tu étais perché là-haut, qu'il t'avait probablement senti, et qu'il n'avait probablement rien de méchant. D'un petit saut agile, tu retombas sur tes pieds, et sans même que tu n'aies le temps de voir quoi que ce soit, la bête te sauta dessus. Son poids n'était le résultat que de longues marches, ou de longs voyages sans doute, parce qu'il était sacrément musclé. Tu ne pouvais voir ce que c'était, mais avec quelques petits signes significatifs, tu te demandas si ce n'était pas un mabari. Vu sa carrure, et sa taille, tu ne pouvais en être totalement certain. Tu n'en avais jamais vu de tes propres yeux, seulement entendu parlé ou vu dans un bouquin que tu avais feuilleté par hasard. Après tout, les mabaris étaient des créatures très fréquentes en Ferelden, cela ne devait donc pas t'étonner. Ce qui te fit percuter par contre, ce fut le fait de savoir s'il avait un maître.

Ulysse ! Ulysse !

Ou une maîtresse. Tes oreilles bougèrent dans tous les sens alors que l'animal te laissa pour rejoindre les appels en détresse de sa propriétaire. Tu cherchas le moindre son qui t'indiquait ce qu'il se passait, tu ne savais pas quoi faire. Tu avais souvent été la source de terreur, parce qu'avec ton look entièrement noir et tes yeux bandés, tu inspirais soit la peur, soit la pitié. Pour le coup, sans doute que la pitié ne ferait pas partie de ton vocabulaire, ni même de tes actes. En entendant le cri douloureux du chien, ton sang ne fit qu'un tour dans ta tête, et discrètement, tu cherchas à te raprocher du groupe de personnes par l'arrière, afin de provoquer un effet de surprise. La discrétion était ton point fort, et ta petite taille te permettait de te faufiler n'importe où, même dans une plaine totalement déserte. Après tout, l'attention était focalisée sur une seule et unique personne : la propriétaire de ce chien, de ce chariot rempli de poudre et d'explosif, de ce que tu avais pu entendre, et c'était une bonne chose. Tu ne comptais tuer personne, bien que l'envie te démangeait encore parfois. Les vieilles habitues ont la vie dure, et tu luttais contre ce genre de pulsions au quotidien. Tu avais horreur que l'on s'en prenne à quelqu'un d'autre, surtout à plusieurs, c'était un acte plutôt lâche, et toi, tu ne l'étais pas.

Tu te pointas donc comme une fleur de derrière le chariot, presque sur la pointe des pieds tellement tu étais silencieux. Ton apparition soudaine dans le dos de la femme au sol provoqua des sursauts et plusieurs réactions. Tu dégainas ton sabre et le pointas devant toi, sur cet homme qui venait d'assomer sans vergogne le fidèle ami de la jeune femme agressée. Tu tendis ton autre main vers ce petit bout de femme, pour l'aider à se relever.

Vous allez bien ?

Malgré que ton attention soit entièrement concentrée sur les assaillants en face de toi, tu t'assurais qu'elle allait bien, qu'elle n'était pas grièvement blessée. Tu sentais l'odeur du sang, mais cela ne semblait pas provenir d'elle. Tu ne savais pas exactement ce qu'il s'était passé. Tu ne pouvais juste pas laisser la situation comme ça, tu étais dans l'obligation de l'aider, parce qu'elle était dans une sale posture, et que des lâches faisaient les malins sur une seule personne. Vraiment, tu détestais cette lâcheté chez les êtres vivants sur deux pattes. Bien sûr, c'était toujours plus facile d'y aller à trois ou à quatre, surtout pour des brigands de ce genre, usant de stratagèmes pitoyables pour attendrir les âmes les plus charitables. Et bien, dommage pour eux, parce que tu étais là maintenant, et s'ils ne décidaient pas de partir, ou s'ils répliquaient, cela finirait sans doute très mal. Pour eux.
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Posté Sam 27 Jan - 22:11




Racket sur la Voie Impériale
Le Flash Back
Ft. Soren Adrastus

A genoux dans la boue, Crista observait d'un regard terrifié les bandits qui la dominait de toute leur hauteur. Elle se sentit sur le coup si petite et si insignifiante. Bien qu'elle soit fière d'être naine, elle maudissait sa petite taille qui la rendait tellement vulnérable dans des moments comme celui-ci. Elle essuya lentement du revers de la main le filet de sang qui coulait le long de son menton puis fixa le chef de la bande. La peur qui animait son regard se changea en colère et une boule se forma dans sa gorge. Elle était en colère contre ces humains infâmes mais aussi contre elle-même. Pourquoi fallait-il qu'elle soit si naïve, si prompte à offrir son aide ? Elle s'en voulait d'avoir été aussi idiote mais elle était comme ça, c'était une bonne samaritaine dans l'âme et dans le cœur. Dans le fond, elle n'avait pas à s'en vouloir, ce trait de caractère était tout à son honneur. Le vrai problème c'était eux, pas elle. Son cerveau était en plein ébullition, réfléchir lui était devenue extrêmement difficile. Qu'allait-elle faire à présent ? Il fallait qu'elle trouve un moyen de se sortir de ce guêpier. Elle ne voulait pas mourir là comme une misérable, assassinée par des détrousseurs de grand chemin. Elle avait tant de projets en tête que même une seule vie ne suffirait pas à tous les mener à bien, alors mourir ici, c'était hors de question !

Soudain, les expressions sur les visages des agresseurs changèrent du tout au tout. Ils semblaient être extrêmement surpris par quelque chose. Ou plutôt quelqu'un. Crista se retourna doucement et écarquilla les yeux. Juste derrière elle se tenait un garçon brandissant un sabre. Elle ne l'avait même pas entendu arriver et cela semblait être aussi le cas de la part des brigands. Elle ne lui donnait pas plus de 17 ans. Il avait les cheveux blancs et était tout vêtu de noir. Un détail cependant marqua la naine, il portait un étrange bandeau sur les yeux. Des centaines de questions se bousculèrent alors dans son esprit.

« Vous allez bien ? »

Le garçon lui tendit la main et bien qu'elle soit encore sous le coup de la surprise, Crista la saisit aussitôt. Clairement, il était l'unique chance qui s'offrait à elle. Hors de question de laisser passer ça.

« Oui. »

Elle avait lâché sa réponse dans un souffle. Elle n'était pas vraiment au mieux de sa forme mais son cas aurait pu être bien pire s'il n'était pas arrivé. L'artificier se releva. Une fois debout, elle lui arrivait à peu près au niveau des hanches, au moins avec lui elle se sentait un peu plus grande. Elle jeta ensuite un regard inquiet à Ulysse étendu sur le sol. Pauvre bête. Par chance il respirait encore, il était juste inconscient. Merci Créateur ! La marchande finit par lâcher la main de son jeune sauveur et elle se plaça légèrement derrière lui.

« Non mais d'où il sort ce gamin ? » s'exclama la femme.

L'effet de surprise avait bien fonctionné mais les hors-la-loi reprirent tout de même leurs esprits. L'homme qui s'était fait déchiqueter le bras un peu plus tôt préféra se mettre en retrait. Sa blessure le faisait souffrir, cela se lisait sur son visage. Les trois autres se rapprochèrent, ne prenant visiblement pas au sérieux l'inconnu qui venait de débarquer comme une fleur. Le chef laissa échapper un rire franc et moqueur.

« Tu as envie de partager les souffrances de la naine c'est ça ? On s'en chargera avec plaisir ! »

Un grand sourire sadique se dessina sur ses lèvres. Un horrible frisson parcourut l'échine de la naine.

« Ils sont quatre. Et même si l'un est gravement blessé... »

La petite rouquine ne finit pas sa phrase mais elle voulait tout dire : Qu'à deux il n'avait pas beaucoup de chance d'en ressortir indemne. Et le pire dans tout ça, c'est qu'elle ne savait même pas s'il y voyait quelque chose derrière son bandeau ou s'il savait vraiment se battre. Dans le fond, il avait juste l'air d'un adolescent qui avait piqué l'arme de son père. Mais peut-être ne fallait-il pas se fier aux apparences...

La pluie cessa enfin de tomber, cependant la tension qui régnait sur la voie ne s'estompa pas avec. L'homme éclata de rire une nouvelle fois et s'élança, impatient, sur le garçon. Le sang de Crista ne fit qu'un tour, elle se précipita vers sa charrette, l'elfe sur ses talons. Elle attrapa en hâte son arc mais son assaillant était bien trop proche pour qu'elle puisse lui décocher une flèche. Ni une ni deux, elle ne réfléchit pas et se servit de son arme comme bâton pour lui asséner un bon coup dans le ventre.  
 
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