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Posté Jeu 11 Jan - 2:19
Un nouveau jour se lève sur le Cercle de Férelden, loin de ma terre natale.À mon arrivée, le Grand Enchanteur m'avait présenté ce lieu comme un havre de paix, où les mages pouvaient exercer leur art en toute quiétude, protégés. Pour moi, il ne s'agissait que d'une prison ; une prison qui ne manquait pas de panache certes : immense, sa taille dépassait largement les quelques vestiges tévènes que j'explorais jadis, mais cela restait une prison. Une prison dans laquelle je devais désormais évoluer jusqu'à la mort apparemment. Quelle perspective réjouissante ! Une perspective que je rejetais en bloc et pour cause, en à peine 1ans de présence, j'avais déjà tenté une ou deux évasions – qui se soldèrent évidemment par un échec et un séjour dans l'humidité des geôles. En y réfléchissant, j'étais bien chanceuse de ne pas avoir été taxée de mage du sang et le Créateur – comme disent les autres – sait à quel point c'était chose facile.

Il s’agissait d’un matin comme les autres : je me levai péniblement hors de ma couchette, l’esprit encore embrumé par les vestiges d’un rêve étrange. Enfin, pas le temps de réfléchir davantage sur ses possibles significations qu’il fallait se dépêcher pour ne pas faire attendre tout le monde. J’eus à peine le temps de tresser quelques mèches de cheveux et me voilà prête à affronter la journée qui s’offrait à moi, « enthousiaste » comme toujours : quelques leçons de morale, à répéter une fois de plus que « la magie doit servir l’homme et non l’asservir », que les mages du sang sont méchants, qu’à Tévintide ils sont pas gentils, qu’on était là pour notre propre bien et celui des autres et autres bla bla habituels.
Ceci fait, nous passions sous la tutelle d’un mage pour nous exercer. On m’avait dit que cette histoire de tutelle était pour créer un lien de confiance, destiné à faire avancer l’apprenti, transmettre ses connaissances ; de bien belles idées, si on omettait le caractère de certains mages de rang. Le mien par exemple, un dénommé Cadell, était un mage doué, hautain sans avoir de mauvais fond, mais si imbu de lui-même que s’en était pénible. Et vas-y que j’ai travaillé à la Flèche Blanche, que suis incollable en astronomie ancienne, etc… Pénible, vraiment. Oh, il ne faisait pas que raconter ses hauts-faits ! Parfois il tentait de m’enseigner des choses et moi, je faisais toujours mine de ne rien comprendre, alors il abandonnait, partait en haussant les épaules, exaspéré par mon ignorance de petite sauvageonne. Un petit sermon plus tard, il haussait les épaules avant de me flanquer à la bibliothèque afin de me « civiliser » comme il aimait dire. Evidemment, je venais des terres sauvages donc forcément je ne pouvais être qu’une inculte ! Mon clan avait sans doute dû me rejeter en raison de ma condition de mage, un peu comme les dalatiens, pour me retrouver en plein village féreldien. Evidemment ! Enfin, il n’était sûrement pas le seul à le penser là-bas et lui au mois, avait l’air de s’intéresser à ma culture et ce, même s’il la jugeait barbare.

Cette journée-là ne dérogea pas à la règle : comme d’habitude, je finissais à la bibliothèque sous l’œil vigilant, mais néanmoins vide d’un apaisé. Je rêvassais, feuilletant vaguement un manuel traitant de l’histoire de Férelden avant de piquer du nez sur les exploits de Calenhad. Il me semblait dès lors judicieux de regagner le dortoir pour finir le reste de ma nuit vu l’heure tardive, quand mon attention fut soudainement attirée par les murmures d’une prière dans la chapelle et une silhouette. Jusque-là, je ne m’étais que rarement promené en ce lieu, n’ayant jamais ressenti le besoin vital de m’y rendre sinon par simple curiosité une fois ou deux. Si on ne m’avait pas spécifiquement dit que la Chantrie était le mal absolu, les vertus de cette religion n’étaient guère louées dans mon village et mon passage au Cercle ne fit que confirmer mon aversion.
Face à la statue d’Andrasté se trouvait un homme à genoux, seul. L’éclat des bougies se reflétait sur la surface d’une armure rutilante ; un templier donc, la tête courbée face à cette déesse de pierre. Je l’observais, elle, cette femme éternellement figée dans une posture solennelle. Combien de personnes avaient donc bien pu courber l’échine face à elle ? Combien d’apprentis ; de templiers ? L’esquisse d’une réflexion envolée aussitôt oubliée, ainsi, mon regard se tourna de nouveau vers le templier mystère. Que faire ? Claquer des mains ? Pas assez violent. Me changer en ours pour le surprendre ? Hum… un petit peu trop violent. Pourquoi pas en chat ? En souris ? Ou bien encore, en oiseau ? Lancer une boule de feu ? Mmm… que de choix. Décidée, je tente de me glisser derrière lui le pas léger, la surface de la droite glaciale, prête à donner l’assaut.
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Posté Dim 14 Jan - 19:46






◇  Il était une foiss dans une tour lointaine ◇






Cullen était devenu templier il y avait à peu près une année, après un entraînement intensif au sein de son centre de formation. Il avait rapidement été assigné à la vie communautaire au cercle de Ferelden, dans la tour en bordure du lac de Calenhad. Bien qu’il pouvait rentrer de temps à autres retrouver sa famille, il avait vraiment l’impression d’être enfermé dans un autre monde. Heureusement qu’il pouvait encore voir le ciel, mais il se demandait comment ses frères pouvait se plaire dans un environnement pareil. Il effectuait son travail sans broncher, toujours autant persuadé que sa vie en dépendait. Après tout, même s’il avait des horaires spéciaux et la compagnie de mages, cet environnement ne lui déplaisait pas pour autant.

Cela faisait de longs mois de routine qui se virent rapidement accompagné du 5ème enclin. Cullen était inquiet, il n’y avait pas encore de présence démoniaque dans les environs, mais cela ne saurait tarder. Il prenait d’avantage de son temps libre pour prier Andrasté et lui partager ses craintes tout en implorant cette dernière d’épargner la tour.

Ce soir-là, ou plutôt cette nuit-là, le jeune templier avait terminé de surveiller la confrontation d’un jeune mage qui s’était déroulé sans encombre, et pas trop tard non plus. Il avait donc passé une grande partie de la nuit dans la salle des confrontations avant de rejoindre rapidement la chapelle pour vaguer à ses occupations habituelles. Enfin, habituelles, il n’y avait rien d’habituel, ce jour-là. Il avait reçu une lettre en provenance de sa sœur Mia à propos de ses parents : L’enclin les avait emporté tous les deux. Marqué d’une profonde tristesse, il en avait toujours de la peine à l’admettre. Le reste de sa famille était parti dans les marches du sud, sur la route de la capitale. Il aurait souhaité que cela ne se passe jamais ainsi, et comme beaucoup, aurait voulu être là pour les protéger. Mais désormais, il fallait empêcher que des vies dans la tour ne se fassent emporter par l’enclin. C’était son devoir en tant que templier.

A cet instant, il était seul dans la chapelle et s’éclairait que des quelques bougies disposées devant la grandiose statue d’Andrasté. Cela faisait un moment qu’il était agenouillé devant elle à prier sans interruption pour que sa famille survive, et que l’enclin cesse bientôt. Elle était à leur porte.

Soudain, il ressenti une présence, qui se fit de plus en plus prononcée. En premier lieu il ne fit pas attention, et finalement ouvrit les yeux tout en continuant de réciter un cantique faisant mine de n’avoir rien entendu. Quand elle fut assez proche il se retourna, la saisi par le bras et la plaqua au sol sans prendre le temps de voir de qui il s’agissait. Après l’action il remarqua qu’il s’agissait de Keridwen, la jeune apprentie de 14 ans. Il poussa un énorme soupir et la relâcha sans tarder.





《 - N’es-tu pas dans ton dortoir à cette heure ? 》

Cette apprentie donnait du fil à retordre aux templiers lorsqu’elle en faisait qu’à sa tête. D’ailleurs, en la voyant arriver, le jeune homme laissa sa peine de côté se voilant la face sur la tristesse qui l’envahissait à cet instant. On aurait d’ailleurs dit qu’il était en colère contre cette interruption, ce qui était le cas dans le fond de sa pensé. Mais il était comme ça depuis petit, on ne pouvait pas le changer. Il ne pouvait s’empêcher de penser que la jeune demoiselle tente une nouvelle échappatoire et s’enfuie à nouveau.





《 - Allez dépêche-toi d’y retourner. 》

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Posté Dim 21 Jan - 18:07
Raté. Mon petit assaut était raté et, au lieu de rire aux éclats, je me retrouvai plaquée par terre avec la délicatesse légendaire des templiers, une fois de plus. Effrayée ? Non, plutôt surprise car je constatai avec aigreur que mes capacités physiques s’étaient amoindries depuis mon arrivée, et que la furtivité gagnée lors de sessions de chasse, était définitivement perdue… à moins que les templiers aient un sixième sens ; dans ce cas, le précédent en était dépourvu. Un coup d’œil rapide sur l’homme avant de manger la poussière : il s’agissait de ce templier plutôt mignon, Cullen. Au fond de moi, je me disais que cela aurait pu être pire, comme Greagor par exemple ; lui, il m’aurait fait regagner le dortoir à coup de pied ou traînée par par la robe sans me demander mon avis – un vrai pédagogue. Avec Cullen, c’était un peu différent. Je n’aurais su dire pourquoi, mais je ne le voyais pas de la même manière que les autres templiers ; il était parmi les rares personnes qui m’étaient sympathique. Peut-être était-ce parce que nous étions nouveaux ici ? Ou bien pour une raison plus obscure ? Pour l’heure, il était sur mon dos, et moi, je me retrouvais avec le souffle coupé ; qu’est-ce qu’il était lourd avec son armure ! Comment avait-il réussi à bouger aussi vite avec cette chose sur le dos ? Rapidement, il finit par desserrer son étreinte, sûrement après s’être rendu compte qu’il ne s’agissait que de moi et non d’une créature maléfique. 

- N’es-tu pas dans ton dortoir à cette heure ? 

Question légitime vu que le couvre-feu pour les apprentis était passé depuis longtemps. Néanmoins, je ne pouvais m’empêcher de rouler des yeux, par réflexe. Pour une fois qu’on n’avait rien de particulier à me reprocher ; il peut arriver à tout le monde de s’assoupir dans une bibliothèque ! Cela m’avait d’ailleurs étonné que l’apaisé me laisse aussi longtemps dormir sur un livre. Il devait être trop occuper à faire l’inventaire des livres que d’une apprentie assoupie. Ça ou autre chose, je ne m’occupais pas des affaires des apaisés. Le regardant droit dans les yeux, je m’empressais de répondre :

- J’étais en route figure-toi. J’ai juste entendu quelqu’un parler par ici, donc je suis venue voir et t’étais là. Je me suis approchée doucement pour ne pas te déranger. « Pour ne pas te déranger », j’osais sortir cette phrase avec aplomb, sans même rougir.  

Il avait l’air particulièrement fâché. Pourquoi ? Parce que j’avais interrompu sa prière ? Parce que j’étais encore debout ? A moins qu’il ne s’agissait d’autre chose ? Non, il était dans la nature des templiers d’être ainsi : autoritaire et prompte à sauter sur la moindre incartade. C’était là leur rôle principal m’avait-on dit, des geôliers plus que des justiciers et parfois même bourreau de temps en temps, lorsque la situation l’exige. De ce que j’avais pu observer alors, cette représentation manichéenne des templiers me semblait plutôt juste et pertinente, bien que l’un d’entre eux m’avait fortement démenti cette vision binaire de leur rôle. Enfin, il facile d’avoir un avis biaisé à cet âge.
Toujours est-il qu’il m’intriguait, planté là à prier une statue de pierre. Qu’espérait-il ? Une réponse ? Un conseil ? La déesse parlerait-elle à ses heures perdues ?

- Allez dépêche-toi d’y retourner. M’ordonnait-il alors.
Mais je fis mine de ne rien entendre, mon attention était captée par cette Déesse de pierre. Je m’approchai d’elle lentement, jusqu’à presque pouvoir la toucher ; cette Andrasté à laquelle on me demandait de croire au mépris de mon héritage déclaré hérétique. Était-elle supérieur à notre panthéon ?  Pourquoi ?  Je ne poursuivais pas plus loin ma réflexion, la tête encore engourdie par ma sieste inopinée. Après avoir brièvement admirer son regard de marbre, je me retournai vers mon interlocuteur, le regard emplit de curiosité :

- Tu priais non ? Est-ce qu’elle a répondu ? Est-ce qu’elle parle vraiment ou non ? Est-ce qu'elle agit réellement, comme sauver ses fidèles d'une catastrophe ?

Des questions idiotes que je n'osais jamais posé, si ce n'est une fois, avec mon tuteur qui trouva mes questions stupides. Je me frottais l’arrière de la tête. Peut-être que lui, il pouvait me donner quelques éléments de réponse. S'exprimait-elle plus que nos dieux ? Apportait-elle réellement force et courage à ses adorateurs ?
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Posté Mar 23 Jan - 20:57






◇  Il était une foiss dans une tour lointaine ◇





Il comptait retourner à sa prière une fois qu’elle quittait le pas de la porte de la petite chapelle de la tour. Cependant la jeune apprentie ne broncha pas une seconde, visiblement pas prête de l’écouter. Comme à son habitude, d’ailleurs. Le templier soupira et se releva pour lui faire face. Elle avait la tête dressée vers quelque chose en hauteur et en se retournant, le jeune Rutherford constata qu’elle admirait la statue d’Andrasté dressée au centre de la chapelle.





《 - Tu connais le chevalier capitaine Greagor, s’il t’attrape ici à cette heure, on va se faire brosser tous les deux. 》

Il savait que la jeune fille n’était pas croyante en ce qui concernait les divinités de la chantrie Orlésienne, et c’était ce qui l’interpella dans un premier temps. A moins qu’elle essayait de gagner du temps pour ne pas rejoindre le dortoir et ça, ça lui ressemblait bien. Au moins, il pouvait la surveiller, on ne pouvait pas le lui reprocher cela.





《 -Tu priais non ? Est-ce qu’elle a répondu ? Est-ce qu’elle parle vraiment ou non ? Est-ce qu'elle agit réellement, comme sauver ses fidèles d'une catastrophe ? 》

Ouh là, une question à la fois. Le rouquin laissa paraître un rictus d’embarras suite à ses questions. Ce n’était pas quelque chose d’évident à raconter à une personne qui ne croyait pas en les mêmes divinités que lui. Il leva lui aussi le nez vers la statue d’Andrasté dont les lueurs des bougies déformaient les ombres.





《 - C’est bien ça, je priais..  》

Il priait pour tant de choses à vrai dire, et cela lui avait fait passablement de bien de pouvoir se confier par la prière.





《 - Andrasté ne répond pas par la paroles mais par des actes. Je doute qu’espérer avoir une conversation physique avec elle soit possible. Cela doit être pareil avec tes divinités non ?  》

Cullen n’était pas du genre à blâmer les anciens dieux elfiques ou d’autres croyances que le culte Orlésien. Pour lui, cela dépendait des cultures mais le résultat était similaire.





《 - Je suis étonné, tu ne t’intéresse pas vraiment à la bonne parole d’habitude. 》

Et le voilà parler comme un vieux prêtre de paroisse. Pour elle il devait être barbant, mais elle avait demandé, voilà sa réponse.

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Posté Mer 31 Jan - 20:48
- Andrasté ne répond pas par la parole mais par des actes. Je doute qu’espérer avoir une conversation physique avec elle soit possible. Cela doit être pareil avec tes divinités non ?

Peut-être était-ce pour cela que j’appréciais tant ce templier : à lui je pouvais poser mes questions, sans crainte d’être jugée et j’obtenais une réponse, simple et habituellement concise. Enfin, aussi concis que l’on puisse être lorsqu’on parle de croyance ; qu’il est toujours compliqué d’aborder un thème à la fois si simple et si complexe, de mettre des mots sur une conviction profonde, une philosophie, une façon de vivre. Néanmoins, il releva le défi en expliquant brièvement les façons d’Andrasté.  Mes dieux s’exprimaient en signes, en songe ainsi qu’en sensations, aussi, lorsqu’il m’en fit la remarque, je ne pouvais qu’acquiescer. Les divinités chantristes avaient à priori les mêmes moyens d’expressions, ce que je trouvais curieux dans un premier temps, logique dans un second.
- Je suis étonné, tu ne t’intéresse pas vraiment à la bonne parole d’habitude.
- Un  petit peu. Quoi ? C’est si surprenant que ça ?

Sa réaction n’avait rien d’étonnant. Mon intérêt pour la chantrie était jusque-là proche du néant. D’ailleurs, je ne compter pas vraiment m’y pencher de sitôt. Pourquoi s’intéresser à la culture de l’ennemi en même temps ? Ils nous détestaient, et je les détestais d’autant, prête à sauter -littéralement- au moindre mot de travers. Peut-être était-ce pour cela que je m’entendais bien avec certaines personnes. En tout cas, vivre parmi eux eu au moins le mérite de me faire lentement changer d’avis sur le sujet. Certes, je restais toujours aussi hostile, mais néanmoins moins prompte à botter des culs pour un rien. Toujours est-il que du haut mes quatorze ans, je désirais comprendre, ne serait-ce qu’un peu, l’univers auquel je baignais désormais -et surtout, retomber sur mes pattes après un assaut raté. Et cela, à cause d’un homme accomplissant cet acte si intime qu’est la prière à la lueur des bougies ; loin des jérémiades et des chansons habituelles. Pourquoi cela m’avait-il tant frappé cette fois-ci ? Je n’aurais su le dire. Peut-être était-ce à cause de la fatigue ? L’humeur ? Ou bien quelque chose de plus profond encore.

-  C’est juste que… non rien. S’ensuivit un petit silence gênant. Je me demandais juste à quel point nous étions différents, c’est tout. Bien entendu, ce n’était pas la vraie raison. Celle là, je préférais la conserver au creux de ma gorge, bien au chaud.

Car si Andrasté avait l’air d’être sacrément bavarde -enfin, autant qu’une divinité puisse l’être- les miens en revanche, s’étaient fait bien discrets ces derniers temps. Muets même. Le processus avait été si discret et moi, j’avais été si occupée au quotidien, que je ne l’avais guère remarqué jusqu’à présent. J’en parlais, mais à quand remontait exactement ma dernière prière ? Ma dernière méditation ? Puis, après une courte réflexion, il me sembla logique de penser qu’étant fortement liés à la nature, être coupé de cette dernière signifiait se couper des esprits, des dieux, ou bien, cela n’augurait rien de bon… Mais non, cela ne pouvait être autrement ! Je devais croire, m’accrocher, car un vrai chasind ne pouvait se permettre de perdre la foi sous aucun prétexte. Toujours est-il que leur absence me pesa soudainement.

- Qu’est-ce que tu ferais si Andrasté ne te répondait plus ? Mais genre, plus du tout ?  Un moyen détourné d’exprimer mes craintes, même si, je le reconnais, c’était assez maladroitement demandé.

Il restait une hypothèse, la plus probable : je me faisais des idées pour rien. Crise de foi ? Curiosité ? Confusion surtout ! Au final, je ne savais plus ni pourquoi ni comment. Moi qui était juste venue commettre mon petit forfait en toute impunité, me voilà bien arrangée ! Néanmoins, en regardant la chose sous un autre angle, j’avais enfin eu l’occasion de poser ces petites questions. Un mal pour un bien, dira-t-on, même si au final, je me retrouvai avec plus de doutes qu’au début. Décidément, la religion, c’était compliqué et leur ressenti, encore plus.  

- Euh… Puissant argument, hum… c’est vrai que l’Enclin avance ?

Ou comment passer du coq à l’âne pour éviter de continuer sur la religion ; ma tête commençait d’ores et déjà à me faire mal. De plus, c’est fou comme les couloirs résonnent dans les tours.
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Posté Dim 4 Fév - 20:59






◇  Il était une foiss dans une tour lointaine ◇









《 - Un petit peu. Quoi ? C’est si surprenant que ça ? 》





《 - Et bien… oui, en quelques sortes. Quelque chose ne va pas ? 》


Il se redressa, gardant la tête dressée envers la statue quelques instants puis se retourna vers la jeune apprentie qui semblait subitement silencieuse. On se tournait vers la prière quand l’esprit était trop occupé et qu’il avait besoin de souffler un peu. Il senti une part d’embarras chez elle, qu’elle justifia à sa manière.





《 - C’est juste que… non rien. 》


Cullen baissa la tête sur le côté, arquant un sourcil avant qu’elle ne reprenne rapidement pour éviter un silence malsain.





《 - Je me demandais juste à quel point nous étions différents, c’est tout. 》





《 - Même si tu demeures un mage, nous ne somme pas vraiment différents. La croyance est quelque chose vers laquelle se tournent les âmes qui le veulent, et je doute que cela créé un fossé entre toi et ces gens-là. C’est un choix de vie. 》


Il ralluma la bougie qui était posée sur la table, celle qu’il utilisait pour faire ses rondes et voir quelque chose dans ces couloirs si sombres. Il n’allait pas tarder à rejoindre ses dortoirs de toute manière, et surtout raccompagner Keri qui abusait un peu avec le couvre-feu. Cullen avait besoin de ses nuits de sommeil contrairement au chevalier-capitaine qui avait que des courtes nuits.





《 - Qu’est-ce que tu ferais si Andrasté ne te répondait plus ? Mais genre, plus du tout ? 》





《 - Nul besoin qu’elle me réponde, seulement qu’elle m’écoute. Tu sais, tu n’es pas la seule à douter, une sage personne m’a dit une fois : « La foi ne devient plus forte qu’en faisant face au doute. Sans cela, elle n’existerait pas. 》


Il s’appuya contre la paroi en y réfléchissant, cela lui avait permit de ne pas baisser les bras. Peut-être qu’elle aussi trouverait les réponses à ses questions par ce biais.





《 - Euh… Puissant argument, hum… c’est vrai que l’Enclin avance ? 》





《 - L’enclin a déjà ravagé les environs du Lothering, oui. Elle vient doucement vers nous, je le crains. Mais nous sommes en sécurité ici, le Grand enchanteur nous l’a certifié. 》


Sa voix perdit en intensité, presque tremblante. Il avait perdu ses parents, et espérait juste que sa fratrie se mette à l’abri et rapidement. D’où il était il ne pouvait rien faire.





《 - Cependant, je trouve l’ambiance très tendue, sans même savoir pourquoi. 》


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