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— FACTION : Garde des Ombres
— ARMES : Épée bâtarde, pouvoirs templiers
— AMOUREUSEMENT : Célibataire
— O.SEXUELLE : Hétérosexuel
Posté Ven 29 Déc - 10:06
L'homme qui observait le fort se découpant dans la plaine ne semblait pas se soucier du vent mordant qui agitait la cape au rouge profond lui drapant les épaules. Son armure épaisse élargissait quelque peu sa silhouette ; debout au sommet d'une butte herbeuse, s'essuyant les lèvres d'un revers de manche après s'être autorisé une rasade de l'outre qui était revenue dans ses fontes, il arborait sur son épaulière le blason bordé de bronze de la Garde des Ombres. Bien sûr, n'importe qui pouvait faire graver une telle armoirie sur un bout de métal, et ce n'était en rien un véritable gage.

Sa cuirasse sombre laissait apercevoir de solides vêtements de voyage en-dessous, pour l'occasion uniformément teints d'un brun de poussière. Personne de sensé n'entamerait un long périple ainsi harnaché, mais le fait était que Tyreas s'était surtout laissé porter par le cheval qui broutait voracement quelques pas derrière lui : une bête féreldienne à la robe rouan, si l'on en jugeait à ses formes épaisses et trapues. Son maître était un honnête cavalier, bien que l'activité en elle-même ne trouvât guère d'attrait à ses yeux.

« On ne pourra pas se défiler beaucoup plus longtemps » murmura-t-il d'une voix rauque.

Il ne semblait pourtant pas du genre à se défiler. La longue épée bâtarde pendue à son baudrier arborait les marques conjointes de l'usure et d'un entretien méthodique, de même que le bouclier aux angles acérés qui brillait faiblement, accroché à la selle, sous les feux déclinants du soleil de cette moitié d'après-midi. Une petite mais profonde cicatrice barrait la peau hâlée entre sa lèvre et son menton, et s'il avait été nu, on en aurait aperçu d'autres. Soit c'était un homme d'action, soit il était étonnamment malchanceux.

Quoi qu'il en soit, il claqua de ses doigts gantés de cuir.

« Laisse l'herbe en paix et viens là. »

L'animal l'ignora superbement, tout à sa tâche - longue, mais pas impossible à en juger sa mastication convaincue - de dénuder toute la cime de la colline. Tyreas siffla alors, répétant le même geste de la main, pour obtenir cette fois-ci une brève levée d'oreilles dans sa direction.

« J'oublie toujours que tu n'es pas un chien » grommela-t-il avec agacement.

Si la fierté de sa monture n'en pâtit apparemment pas, il y avait fort à parier que le guerrier aurait préféré monter un canin si la chose avait été possible. S'adaptant toutefois il se contenta d'aller se hisser sur le dos du hongre, trouvant aussitôt son assiette. Les rênes solidement tenus dans son poing, il le lança à un petit galop qui avala les empans.

*

« Tyreas Darius Malerion. Je viens de Weisshaupt. Je suis... recruté depuis peu. »

Quelque part, ça lui faisait mal de s'admettre une bleusaille devant deux morveux en faction. Morveux, le terme était sans doute exagéré si l'on considérait que les gardes à l'entrée du fort avaient quelque chose dans les vingt-cinq ans, et que lui-même n'en avait pas tellement plus ; mais, gagné par la confiance de la force de l'âge et la parfaite connaissance de ses propres talents, l'aveu le gênait aux entournures.

« Et... vous avez une preuve de ça ? »

Ses yeux sombres s'étrécirent devant la question.

Si Tyreas était un homme parfois fier, il était tout de même raisonnable dans l'ensemble : mais trop de choses s'accumulaient. Il détestait monter à cheval, il n'appréciait pas la posture jugée trop relâchée des guerriers en face de lui - rien d'extraordinaire, pourtant, mais il était tout pétri de la rigueur templière - et pire encore, l'Appel lui avait trotté dans la tête sur les dernières lieues de son voyage.
Sa discipline prenait cependant le dessus sur son humeur et, roide, il leur tendit un papier malmené du haut de son destrier. Le pli de sa bouche aurait été presque assez dur pour casser des pierres.

« Ça paraît... en ordre » lâcha son vis-à-vis avec une mine légèrement dubitative, étudiant le document avec de rapides aller-retours entre le papier et son possesseur.

C'est sûrement la première fois qu'il voit une missive de ce genre. Peut-être ont-ils collé les gamins à l'entrée parce que les effectifs ont diminué et que les Gardes réguliers sont déployés en ce moment. Ou au repos.

Ses réflexions peu flatteuses se lisaient peut-être sur ses traits, car soudain le gardien rougit légèrement et lui rendit son bien.

« C'est bon, allez-y. Bienvenue à fort Bastel. »

Il récolta un « Merci » lancé d'une voix rude comme le cavalier poussait aussitôt sa monture, passant le fronton imposant du bastion pour s'aventurer dans la cour intérieure.

Là, il mit lourdement pied à terre et prit le temps d'étudier la disposition des lieux. Habitué à fréquenter divers monastères de l'Ordre templier bâtis comme des casernes de garnison, il ne tarda pas à associer leur utilisation supposée aux diverses ailes et annexes du château proprement dit, puis aux bâtiments qui flanquaient les remparts. Devinant l'écurie à la forme allongée d'un édifice en particulier, l'Andrastien s'y dirigea d'un bon pas. Il ne tarda pas à se heurter au regard d'un grand échalas qui en venait justement et qui le détailla de la tête aux pieds.

« Bonjour. Je vais rester quelques temps. Je peux vous le confier ? »

La formule était interrogatrice, mais quelque chose dans le ton semblait plutôt indiquer qu'il s'agissait d'un ordre poli. Le palefrenier opina du chef, lui donnant un assentiment dans lequel Tyreas décela le soupçon d'un accent orlésien.

« Je ferais mieux d'aller me présenter au Commandeur. Vous savez où je peux le trouver ? »




« J'ai foi en ce que le monde est vivant : plus on le menace, plus il se débat. Alors ne perds pas espoir, vieil homme, parce qu'avec tout ce qui se passe à notre époque il doit y avoir une légion de héros pas loin ! »
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— FACTION : Garde des Ombres, hésite à rejoindre l'Inquisition
— ARMES : Dagues empoisonnées, Dagues rune purificatrice, son charme ~
— AMOUREUSEMENT : Pitié, trouvez lui un mâle...
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Posté Dim 31 Déc - 17:52




Contre mauvaise fortune bon coeur
Ou la visite de Fort Bastel avec une folle


La route avait été longue depuis Fort Céleste, mais des plus intéressante. J'avais rencontré du beau monde dans l'Inquisition, copiné avec l'Inquisitrice, lorgné sur les fesses de leur commandant, dépouillé une bonne partie des soldats à la Grâce Perfide et mis mal à l'aise au moins la moitié du fort pendant que l'autre moitié se gaussait de leur déboire. Bref, la routine quand j'arrive dans un endroit. Sur le chemin du retour, j'étais passée par Lothering, avant de remonter vers Fort Bastel. J'avais enjoins l'Inquisition à envoyer une missive de demande de soutient à Fort Bastel, et sur le chemin j'avais également envoyé une missive au commandant Reyner pour le prévenir de ce qui allait arriver. Et entre Lothering et Fort Bastel, j'avais éliminé quelques bandits de grands chemin, épargnant un pauvre hère qui avait tout perdu et souhaitait la rédemption. Il était mignon, doué avec des armes et semblait sincère. Suffisant pour moi pour l'embarquer et le ramener à Fort Bastel. S'il survit au rituel, il pourra se dévouer à une cause plus noble et plus héroïque. Enfin, ce sont ses dires, pour ce que moi j'en pense... Les journées étaient pluvieuses, mais rien d'étonnant pour la région. Un peu mieux vers la fin. Surtout quand nous croisions d'autres gens, dont une elfe condamnée à la potence pour avoir tué son maitre. Après rapide enquête à la taverne, la situation faisait qu'elle avait défendu l'honneur de son enfant maltraité, et n'avait pas eu de chance. Ni vraiment de jugeote sur le marche à suivre. Tout le monde sait que le puit d'une chantrie n'est pas le meilleur endroit pour se débarrasser d'un corps, c'est d'un commun... Après le choix, la décision.

C'est donc avec deux recrues potentielles que je trottais sur le chemin de Fort Bastel. Le temps s'était dégagé, laissant l'air marin iodé emplir les narines à foison et promettre des fourches démoniaques pour mes cheveux dans les jours à venir. Mais ce n'était pas important, car je revenais à Fort Bastel ! Cela faisait bien quelques semaines que je n'étais pas revenue, et j'avais tant de choses à raconter. Au commandant surtout, ce bon ami qu'il est toujours plaisant de titiller à la taverne et de bouger un peu de son bureau avec toute sa paperasse. De toute manière, c'était le seul que j'écoutais un minimum parmi la Garde, les autres ne pouvant que subir mes humeurs avec patience, amusement ou bien exaspération. Pour moi, c'était comme rentrer chez moi, jusqu'à ce qu'on ne puisse plus me supporter et qu'il soit temps que je reprenne la route. On ne me survit pas longtemps à Fort Bastel, et si je reste trop les Gardes deviennent fou et mon commandant devient lui même en proie à la folie. J'ai une telle influence positive sur les gens, c'est incroyable. Le plaisir de revenir me faisait accélérer le pas, me faisant assez facilement oublier que je n'étais pas seule. Mes compagnons de route, et sans doute d'infortune, n'en croyaient toujours pas leurs yeux. Il faut dire, mon apparence et mon comportement n'avaient rien de ce qu'on pouvait imaginer d'une Garde. Des yeux faisant penser à ceux d'une personne possédée par un démon, des tatouages qui faisaient penser à une dalatienne (merci Flémeth), des habits extravagants et colorés comme ceux des antivans, mettant en avantage mes atouts féminins naturels. A part les éléments sur ma selle et mon uniforme de Garde bien plié dans mes affaires, on ne pourrait savoir que je suis une Garde. Une nature sauvage et extravertie, bien loin de l'honneur et du code des gardiens de l'Ombre. Une énigme que j'étais, mais l'exception à la régle qui était nécessaire et faisait sans doute un bien fou à ces bouchés du fondement de Gardes.

Quand les murs du château se firent visibles à l'horizon, je talonnais mon cheval pour qu'il prenne un galop soutenu. J'avais tant à raconter au commandant, à la taverne, à mes quelques recrues qui continuaient surprenamment à me supporter. Les deux conscrits me suivaient avec surprise, mais sans mots dire. Je n'avais pas pour habitude de trop discuter avec les recrues, étant trop différente de ce qu'ils pouvaient attendre de la Garde, et tout simplement trop difficile à vivre quand on n'avait pas sois même un semblant de folie ou de second degré. Les pas des chevaux firent trembler le pont en bois du château, annonçant comme les trompettes de l'apocalypse mon arrivée.

Bonjour Fort Bastel, c'est moiiiiiiii ~ !

Cet accent antivan, cette bonne humeur qui faisait froid dans le dos, cette chevelure blanche et ces habits colorés...Le 6 Enclin (comme ils aimeaient bien m'appeler dans mon dos), était là. Tous les regards étaient rivés d'un coup sur nous, et je pouvais sentir tout le fort retenir sa respiration dans un silence qui annonçait la fin. J'étais de retour. La fin des jours tranquilles pendant quelques temps, le début des ennuis et de l'animation. Je descendais de cheval d'un geste rapide et agile, toujours aussi souriante et de bonne humeur. Je décelais de ça et de là des regards inquiets, le début de conversations ronchonnantes ou au contraire des sourires amusés. Chacun avait sa manière de voir ma présence ici, comme divertissement ou le retour de la honte sur la tête des Gardes. Peu m'importait, tant que je faisais ce qui me plaisait. Prenant mon cheval par la bride, je me rapprochais d'une personne en particulier, qui discutait déjà avec quelqu'un d'autre. J'ignorais au début cet autre, approchant du palefrenier qui déjà soupirait de fatigue mais dont le regard s'illuminait d'une certaine malice. Jannen était un Garde maitre palefrenier, qui se comportait avec une certaine parternalité envers moi. Il aimait me gronder et tenter de me remettre dans le droit chemin, mais en même temps cela l'amusait de me voir bousculer un peu ces vieux brontos de la Garde et titiller la jeunesse arrivante. Il grogna légèrement en me voyant, parlant de sa voix grave et posée.

Ha, le démon revient au nid. Et pas seule à ce que je vois.

Il fit un geste de la tête, pour montrer les deux personnes qui m'avaient accompagnées et descendaient de cheval, semblant à la fois impressionnées et perdues. D'un geste de la main je reléguais ces sujets au second plan, ayant d'autres choses en tête.

Oui, sur le chemin du retour de Fort Céleste j'ai recruté deux potentiels Gardes. Leur histoire est intéressante, mais je vous laisse vous en occuper, j'ai un rapport à faire au Commandant ~ !!

J'étais tout heureuse de pouvoir faire mon rapport à Reyner, et me demandant déjà à quel endroit du fort je pourrais le surprendre. Peut être dans les couloirs longeants la cour d'entrainement ? Il doit sans doute être encore à regarder Alistair s'entrainer, cette fleur-bleue... Mais soudain, mon regard de pie fut attiré par ce fameux étranger. Une armure ayant vécu de multiples voyages, un visage dur mais ayant son charme. Un nouveau sourire s'afficha sur mes lèvres, mes yeux brillants d'une lueur qui n'annonçait rien de bon. Je me rapprochais doucement de ce Garde, car c'était bien le symbole qu'il portait sur ses vêtements.

Hoooo, mais qui est ce donc ? Un nouveau ? Il n'a pas l'air d'ici.....

Ma voix charmeuse était sortie avec naturel, et Jannen avait compris ce qu'il se passait. Il se raidit légèrement, me parlant d'une voix qui se voulait dissuasive et ferme.

Tullia, non....

Mais c'était comme parler à un prédateur qui venait de trouver sa proie. Prête à la cerner et à bondir, analysant la situation. Ce Garde était une aubaine pour tromper mon ennui prochai, et j'étais bien curieuse de savoir ce qu'il faisait ici. Et ce que je pourrais faire de lui. Avec amabilité, j'ignorais royalement Jannen et continuais de parler à l'homme d'âge mur en face de moi, me faisant toute gentille et ...serviable.

Vous êtes perdu, vous avez besoin d'aide ? Je peux vous aider vous... Ow ow ow, pas les oreilles on avait dit !

Je du reculer de plusieurs pas, Jannen ayant saisi l'une de mes oreilles pour la tirer en arrière. Je faisais une grimace de douleur, reculant docilement jusqu'à ce qu'il me lâche. Comme une petite fille que l'on punissait, pour autant que l'on puisse poser la main dessus. Ma fascination face au nouveau venu m'avait fait oublier ce danger. Je suis fragile et sensible des oreilles, il ne faut pas y toucher. Comme un chat que l'on prend par la peau du cou pour le punir et qu'il ne bouge plus. dès que je fus libre, je fis un pas sur le côté, comme pour me mettre hors de portée d'un nouveau coup bas comme celui-ci. Jannen soupirais, me grondant du regard et de la voix.

Tullia, laisse le tranquille. Déjà qu'on doit te supporter alors si tu peux éviter de maudire les autres par ta présence, ça nous aiderait pour ne pas passer pour un asile de fous.

On sentait l'expérience et l'exaspération tout en même temps. Pour ceux qui m'avaient rencontré, il est vrai que l'image des Gardes en avait pris un coup. J'étais un Fléau, mais dont ne pouvaient vraiment changer les Gardes de Férelden. J'étais peut être excentrique et ingérable, mais j'étais efficace autant dans le combat des dagues que dans mon réseau d'information de quand j'étais Corbeau. Imprévisible, mais d'autant plus utile pour des missions qui requiert une certaine dose... d'improvisation. Bref, j'étais un mal pour un bien, et le doux surnom de "6e Enclin" n'était pas un euphémisme quand on pouvait entendre le commandant rager mon nom et essayer de me courir après suite à l'une de mes amusantes félonies. Comme une tempête, il faut attendre que cela passe, et pour le moment je venais juste d'arriver. Jannen essayait tant bien que mal de juguler ce que j'étais, et de sauver ce qui pouvait l'être. En l'occurence ce cher nouveau Garde. Mais j'étais vive et toujours prête à de nouvelles prouesses pour m'échapper des filets, ce que je fis, une fois de plus, avec brio. Faisant mine de ne pas comprendre ce qu'il voulait dire, j'essayais de tourner la catastrophe que j'étais en avantage.

Mais justement, mon très cher Jannen ! Autant qu'il s'habitue dès maintenant ! C'est bien ce que j'ai fait à Fort Céleste, et l'Inquisition n'a pas (vraiment) eu à s'en plaindre. Enfin, pas vraiment...

Je fis mine de réfléchir, mais le teint livide de Jannen montrait bien qu'il se doutait de ce que j'avais fait.

Tu... mais qu'est ce que tu as fait ?!

Profitant de ce changement de sujet, je pris par le bras le garde, le tirant avec moi avec plus de force que ce que mon corps fluet pouvait le faire penser. Le tout, en faisant croire que je ne comprenais pas ce qu'il disait. Enfin, comme si je comprenais ce qu'il voulait dire, mais qui était bien loin de la vérité.

Oui oui, je sais, pas d'entrailles d'engeances dans la salle d'entrainement, j'ai compris....A la prochaine Jannen !

Je fis un rapide salut de la main, m'occupant à présent du nouveau venu et ignorant le palefrenier. Celui ci secoua la tête de dépit, se disant que ce nouveau Garde était un bien maigre sacrifice pour une paix momentannée. Au moins pour la demi journée à venir. Il s'en alla pour s'occuper des deux chevaux, ainsi que des deux conscrits. Me laissant ainsi avec ma nouvelle proie. Enfin, le nouvel objet de ma curiosité ~ .... Je souriais, comme si de rien n'était, me comportant avec affabilité et bonne humeur, le guidant d'un pas tranquille vers la petite indépendance du fort.

Bon, alors à nous. Je me présente, Tullia E. Raijer, Garde de Férelden même si je ne porte pas l'uniforme pour le moment ha ha ha ! Je vais voir le commandant, mais si vous avez besoin d'indications pour aller autre part, je peux vous aider. Et vous êtes, beau brun ~ ?

Je le taquinais un peu, car je sentais qu'il avait besoin d'être un minimum décoincé. Ce qui était d'autant plus amusant, et pas une mince affaire quand on voit tout ce qu'il y a à faire à Fort Bastel. Par le Créateur, si je devais en faire ma besogne quotidienne, le fort et ses gardes ne s'en remettraient pas. J'étais une solution trop radicale. A voir si le garde étranger saurait me supporter. Ou non ?



Couleur de rep: #cc0033



* ~ Fight to the Sparkly Warden Rythm ~ *


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Posté Mer 10 Jan - 17:49
Tyreas se considérait comme un homme simple. Il aimait bien des choses qu'il était facile d'avoir, et parmi celles-ci l'ordre, le calme et la discipline faisaient figure de haut du tableau. Surtout lorsqu'il était question de son travail. Or, le moins qu'il pouvait penser derrière sa figure inflexible, c'est que la nouvelle venue ne correspondait pas franchement à ces critères. À aucun d'entre eux, d'ailleurs.

Elle avait une étrange allure. Quelque chose de chantant dans son accent lui évoquait les lointains rivages d'Antiva, ce qui allait de pair avec le hâle naturel de sa peau. Sa tenue chamarrée piquait son goût tout féreldien pour les habits aux couleurs profondes et unies, mais il y avait plus original encore pour le titiller : la jeune femme sentait la magie comme un vent de printemps perdu dans les cols des Anderfels. Les tatouages le long de ses pommettes, ses yeux à l'iridescence surnaturelle, la décoloration anormale de ses cheveux... Il ne s'y trompait pas. C'était une sensation difficile à décrire pour lui, comparable à tous les détails si signifiants que verrait un enlumineur sur une fresque par rapport au simple badaud. Cette Garde avait frayé avec les mages, d'une façon qu'il ne parvenait pas encore à bien percevoir ; mais il se faisait instinctivement une promesse de le découvrir. Il n'était pas de sorcellerie, à sa connaissance, qui puisse affecter une personne durablement sans la mener vers l'abomination. Ses réflexes de templier lui hurlaient de se mettre en branle, d'agir comme il l'avait appris pendant des décennies.

Et pourtant, la lutte intérieure qu'il mena pour les inhiber ne dura qu'une seconde, bien qu'elle fut violente. Elle ne se traduisît que par une brève crispation au coin des lèvres.

« Le Garde Marelion. »

Il lui avait répondu de cette voix un peu cassée qui le faisait paraître plus vieux, comme s'il avait passé la journée à brailler après le Créateur savait qui. Une pensée perfide lui traversa l'esprit, selon laquelle en compagnie de cette Tullia c'est bien ce qu'il risquait d'advenir.

Un regard en arrière en direction du palefrenier lui fit se rendre compte que ce dernier l'observait avec une espèce de résignation compatissante au fond des yeux. Il avait déjà vu de tels regards, le plus souvent venant des camarades des mages qu'on allait soumettre à leur Confrontation. Si on lui avait dit qu'un jour on lui en adresserait un semblable, Tyreas aurait ri de bon cœur.

« Et bien puisque vous connaissez les lieux... Je suppose qu'ici... »

Il avait ostensiblement ignoré les manières accortes de son guide imposé, désignant plusieurs édifices sis à l'abri des remparts sans manquer d'en supposer à haute voix la fonction. Le soldat  éprouva un soupçon de vanité en constatant que pour la plupart, il ne se trompait pas, confirmant son habitude de prendre ses quartiers dans des bastions plutôt que des bourgs. Il ne se privait pas de l'observer en coin comme ils marchaient côte à côte, mettant à profit l'instant pour la détailler plus avant.
Il s'attardait sur sa silhouette, tantôt soulignée tantôt cachée par l'extravagance de ses frusques hautes en couleurs. Plutôt à la façon d'un dresseur de chevaux devant un étalon inconnu, que comme un homme face à une femme. Il devait bien admettre qu'en apparence du moins, elle semblait assez capable de se défendre. La remarque avait son importance pour Tyreas, car comme nombre de guerriers qu'il avait connus, le Féreldien n'appréciait pas franchement de prendre les armes épaule contre épaule avec la gent féminine. La compétence n'avait rien à y faire : c'était déjà difficile d'obstruer la perte de ses camarades en pleine bataille, mais ignorer une compagne en train d'être mise à mort enrageait son instinct mâle jusque dans les tréfonds de son âme.

L'ancien templier détestait perdre le contrôle de lui-même. Surtout lorsqu'il était question de son travail.

Ses bottes foulaient la terre encore humide des pluies de la nuit passée, y laissant une empreinte bien plus profonde que celle de la Garde Raijer. Elle était là, à digresser sur un sujet auquel il n'avait prêté qu'une oreille distraite lorsqu'il s'était rendu compte qu'elle ne parlait plus de fort Bastel, quand il l'interrompit soudainement :

« Vous venez d'Antiva ? »

Il n'était pas parvenu à ôter toute trace de circonspection dans la question rauque qui jaillit de sa gorge. Dans le fond, c'était aussi bien ainsi : il était comme il était, et voilà tout. Férelden était un royaume qui se remettait encore timidement de l'occupation, et une longue tradition de méfiance envers l'extérieur enrobait son histoire. Il n'y avait jamais eu que les envahisseurs pour cimenter l'unité des thierns et de leurs bans.

Ils passaient à présent devant une dépendance, un solide appentis à la structure de bois épaisse et bien entretenue. Un coup d’œil lui permit de surprendre un maréchal-ferrant à l'oeuvre, frappant méthodiquement le métal sur une enclume qu'il ne discernait pas. La scène le ramena à son enfance, vingt ans plus tôt.

« Petit, j'ai rencontré un homme. Un Garde, comme vo-... comme nous. » Il ne s'était pas encore complètement fait à l'idée de s'associer à ces guerriers de l'ombre. Depuis qu'il tenait une arme, Tyreas s'était battu dans la lumière. Celle de la Chantrie et du peuple.

« Son nom était Duncan et je crois qu'il avait beaucoup voyagé. À travers certaines de ses histoires, j'ai compris qu'il y avait bien plus que les frontières de mon village. Et même que celles de Ferelden. »

Il eut un demi-sourire qui atténua brièvement la sévérité de son visage.

« La Garde a ça de bon qu'elle me permettra peut-être de voyager comme je l'avais désiré. Qu'est-ce que vous en pensez ? »

C'était ce qu'il pouvait faire de mieux en guise de main tendue, et même il n'était pas peu fier de son approche. Non pas qu'elle fût particulièrement calculatrice ; il se rendait simplement compte qu'il était capable de discuter, avec une femme et une étrangère de surcroît.
Parce que sous ses dehors bourrus et parfois froid, Tyreas faisait souvent contre mauvaise fortune bon cœur.




« J'ai foi en ce que le monde est vivant : plus on le menace, plus il se débat. Alors ne perds pas espoir, vieil homme, parce qu'avec tout ce qui se passe à notre époque il doit y avoir une légion de héros pas loin ! »
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Posté Jeu 11 Jan - 20:47




Contre mauvaise fortune bon coeur
Ou la visite de Fort Bastel avec une folle


Je pouvais sentir la crispation caractéristique de toute personne qui me rencontrait pour la première fois. Un léger mouvement de recul, imperceptible, et un regard qui en disait long. La réponse donnée du bout des lèvres par le nouveau Garde était à la hauteur du contraste que l’on pouvait attendre. L’exubérance et l’ouverture contre la raideur et la désapprobation. Mais peu m’importait. Je souriais, contente d’avoir une réponse relativement polie à défaut de mal à l’aise.

Marelion hein…. Plutôt Féreldien ça comme nom, nan ? Bon, en route, il y a beaucoup à voir et à faire avant de trouver le Commandant !

Je le tirais pour lui montrer un peu les lieux, ayant envie de me balader. Et le balader, aussi. A voir jusqu’à quand il allait garder patience et sang-froid. Le dernier que j’avais fait avait duré 10mn avant de chercher à s’enfuir ou à se cacher derrière un autre haut gradé. Quelle bande de chiffes molles, et ça se dit Gardes… Je suis insupportable et ingérable, mais quand même ! Mais avec assez de surprise, ce Marélion se trouva être une bonne pâte, et joua le jeu. Il semblait familier, et à l’entendre donner les noms des différents bâtiments et leur fonction je pouvais sentir que cela le rassurait, ou lui plaisait. Bha, moi tout ce que je retiens c’est qui est dedans et ce que je peux y faire, point. Et chaque bâtiment avait son souffre-douleur ou bien sa zone d’observation spécifique. D’où le fait que les Gardes de Fort Bastel étaient tendus à mon retour. Ils savaient qu’à chaque croisement de couloir ou bien dans l’ombre d’une poutre de plafond je pouvais être là, et causer des ennuis. Les poules tremblent quand le renard est de retour, j’y peux rien. Enfin si, mais ça m’amuse tellement que je ne vais pas m’arrêter ! J’hochais donc simplement de la tête, confirmant les différents noms des bâtiments. Mais régulièrement, je dérivais en racontant ce que j’avais pu y faire comme malice. Je n’arrivais jamais à me concentrer sur des choses statiques et sans notion d’action, il fallait toujours que j’y rapporte un fait marquant pour m’en souvenir. Cette drôle de mémoire qui perturbe autant les personnes, et l’une des autres raisons qui faisaient que je m’intégrais mal socialement. Trop vive et à sauter du coq à l’âne dans mon esprit, comme un animal qui voit quelque chose bouger.

C’est bien ça, en effet. Enfin, quoi que celui-là… Tiens, ça me rappelle qu’un jour dans les poutres de ce bastion j’avais effectué une bonne blague au commandant ! Tout ça juste avec de la ficelle et quelques membres d’engeances….

Je souriais de toutes mes dents, repensant à cette farce que je me faisais force de raconter avec brio et romanesque. Mais cela ne semblait pas beaucoup intéresser mon auditoire, qui avait l’air d’écouter pensivement sans vraiment rien entendre. Bha, de ça aussi j’ai l’habitude, ce qui ne m’empêche pas de continuer à parler. Nous continuions à visiter la cours intérieur, sous le regard parfois surpris et légèrement moqueur des autres Gardes. Ils devaient sans doute déjà faire des paris sur qui était cette personne d’allure respectable à côté de moi, et surtout combien de temps il allait tenir. Je le voyais du coin de l’œil, le savait et le comprenais dans les chuchotements inaudibles. Mais cela ne me dérangeait pas. C’était la partie intégrante de ce que j’étais pour ce Fort : une source de distraction et d’imprévus. On me redoutait comme on m’appréciait, et j’en jouais autant que je pouvais pour les détendre un peu et m’en amuser. C’était ma seule façon de m’intégrer après tout. J’étais le bouffon de la Cour autant que le loup qu’ils redoutent dans les bois. Mais ça, on ne peut s’en rendre compte qu’après avoir discuté avec les autres Gardes. De l’extérieur, on peut difficilement se rendre compte de ce que c’était. Et me demander… je serais bien trop incompréhensible et extravagante dans mes explications d’apparence enfantine pour être crédible. Bref, il allait bien s’en rendre compte un jour ou l’autre. Enfin, s’il reste. Je parlais de mes aventures pour traumatiser et faire rager le Commandant, quand soudain Marelion me posa une question en dehors du contexte. Je le regardais un peu avec surprise, essayant de raccorder mes pensées, déjà bien loin, avec ce qu’il demandait. Mais ce moment de trouble et de surprise ne dura que quelques secondes, puis de nouveau j’étais souriante et le regard brillant de malice.

Plait-il ? Ha oui, mon accent ou mes luxuriants habits ont dû vous mettre la puce à l’oreille ! Je suis bien une personne d’Antiva, ou du moins je l’étais ha ha ha !

Je riais, car il n’y avait que ça à faire. Certains aspects d’Antiva me manquaient, mais avec les Corbeaux je ne pouvais plus y retourner. C’est ça, quand on déserte… J’avais une légère nostalgie, mais le bon côté du voyage et de mon caractère toujours positif (en plus de ma capacité à ne plus penser au passé au-delà de 2 ans), c’est que ne n’y pensais que rarement. Quand je n’ai plus aucune engeance à zigouiller, pas de pauvres hères à dépouiller à la Grâce Perfide, ou bien des Gardes à tourmenter. Et là, en compagnie de Marelion, mon esprit était trop accaparé de pensés et d’émotions différentes pour laisser place à la nostalgie. La nouveauté a ça de bon. Le nouveau Garde en revanche, semblait plus enclin à penser au passé et à ce qu’il avait vécu. Nous passions devant les écuries, où le maréchal ferrant nous lançant un regard distrait, puis fronçant des sourcils en se posant sur moi. Tout ça parce que la dernière fois j’avais emprunté des fers sans les rendre, pour entrainer les nouvelles recrues. Lancer des fers à cheval sur la tronche des nouveaux n’est pas semble t’il la manière la plus appropriée pour leur apprendre à éviter des dagues volantes. Et oublier de les rendre semble être un crime de lèse-majesté pour le maréchal. Enfin bref… Je lui lançais un simple clin d’œil (pour l’énerver un peu plus) puis l’ignorais de nouveau pour écouter ce que Marelion avait à raconter. C’était donc bien un gars de Férelden, un ancien cul-terreux sans doute pour ne jamais avoir franchis les portes de son village. Il mentionna un certain Duncan, qui semblait avoir été son inspiration et lui avoir ouvert les yeux sur le monde extérieur. Un léger sourire vint ajouter du charme sur son visage un peu bourru, c’était étrange et attendrissant à voir en même temps. Etrange sensation… Mais je restais surtout fixée sur ce nom, Duncan. Il me disait quelque chose, mais je ne savais pas quoi. Je fronçais des sourcils, essayant de fouiller dans ma mémoire défaillante et à court terme.

Duncan… ce nom me dit quelque chose… Je crois que le Commandant Riri ou le Garde Alin-aze l’avaient mentionné. Mince, c’était pour quoi déjà….. Bha, peu importe, c’est l’heure de manger !

Trop difficile pour mon esprit, qui ne voulait pas s’attarder sur un détail sans la moindre importance d’action et ou d’émotion, je changeais complètement de sujet et réagis au quart de tour quand nous passions devant la porte des cuisines. Un léger fumet s’échappait de la porte entre-ouverte, sentant la viande en train de cuire et le pain. Attirée comme un ours par du miel, je fis signe à Marelion de me suivre, entrant dans la dite cuisine d’un pas souple et léger, comme si j’entrais par effraction. La salle était de taille moyenne, mais fonctionnelle. Le feu était allumé, avec un grand chaudron au-dessus des flammes pour laisser cuire le ragoût de ce soir. Sur les plans de travail, des planches avec divers légumes et quelques viandes en fin de préparation, un seau avec les abats à donner aux chiens… Il y avait de tout, sauf le cuisinier. Il y avait bien le commis, qui nous vit entrer d’un air surpris mais n’osa rien dire. Ou plutôt, en me voyant il s’éclipsa aussitôt pour aller chercher le cuisinier au plus vite. Le commis était un jeune conscrit elfe, qui était parmi nous depuis 2 ans. Il avait à peine la vingtaine, et avait autant d’autorité naturelle qu’un mouton dans son troupeau. Il me connaissait, et savait qu’il ne pouvait pas me faire partir de lui-même. Parti chercher la cavalerie, nous n’avions pas beaucoup de temps. Marelion avait posé une question juste avant de rentrer dans la cuisine, de manière tout à fait ouverte et affable. Je lui répondis, commençant cependant à piller en même temps ce que je pouvais en prenant pain à la viande qui trainait, du pain, et si je pouvais du saucisson.

Voyager, oui et non. Si l’on est un recruteur c’est certain qu’il faut se balader, ou quand on a des patrouilles à effectuer. Mais quand j’étais Corbeau, j’allais et venait à Thédas à ma guise et voyait plus de pays. Mais comme on dit, le voyage forme la jeunesse et brise les petits vieux avec, ha ha ha !

Je riais, pensant à quel point l’âge pouvait être un fardeau pour voyager. Heureusement que chez les Gardes, on ne fait pas de vieux os et qu’on meurt jeune face à la corruption de l’Enclin. Je mordais dans un morceau de pain, ayant la fringale caractéristique de notre caste. Le Garde semblait vouloir voyager, ce qui cependant me paraissait un peu… étonnant. Je ne le connaissais pas, et ne pouvais juger de son caractère. Mais ses habits manquaient selon moi des éléments pratiques et spécifiques aux personnes tout le temps sur les routes. Son aspiration semble être un rêve, mais il faudrait l’y guider un peu pour qu’il se réalise. Enfin, c’est comme ça que je le ressentais du moins. Entre deux bouchées, je lui fis une proposition enthousiaste, lui donnant même une petite tape amicale sur l’épaule avec ma seule main libre.

Mais si vous tenez tant à voyager, vous devriez venir avec moi ! Férelden et en dehors, c’est ma spécialité. Dernièrement je suis allée à Fort Céleste pour rencontrer l’Inquisition, dans les Dorsales de Givres. Un froid pas possible, mais c’était très amusant et instructif ! Et l’Inquisitrice est vraiment adorable… Tiens, il ne faut pas que j’oublie d’aller faire mon rapport….

C’est vrai que ce petit tour à l’inquisition avait été très instructif. Rencontrant l’Inquisitrice elle-même, leur commandant à la superbe coiffure, un de leur chef mercenaire à Corne ainsi que leur mage tévintide aux manières et goûts si plaisants. Mais ces souvenirs se turent en même temps que la porte du fond s’ouvrit avec fracas. Devant nous se dressait un homme d’âge mur et imposant, à la barbe fournie et aux petits yeux sombres. Derrière lui se tenait le commis, se cachant derrière la carrure rassurante de son chef. En le voyant, par instinct je pris vivement quelques mets en plus dans mes bras, et reculais pour mettre la table de travail centrale entre nous. Le renard pris la main dans le sac dans le poulailler, en position défensive face au fermier. Voilà l’image à laquelle cela faisait penser. Le cuistot entra, me foudroyant du regard après avoir jeté un léger coup d’œil surpris sur Marelion. De mon côté, je prenais soin de finir ma bouchée et d’attendre le bon moment pour fuir. Les remontrances du cuistot ne tardèrent pas à pleuvoir, d’une voix bourrue et autoritaire.

C’est donc vrai, tu es de retour… Je t’ai déjà dit de ne pas chiper dans la cuisine en dehors des repas Tullia ! Dehors !! Allez file !!

Il fit un geste vif de la main, comme s’il voulait dégager une mouche inopportune devant lui. Sauf que la mouche c’était moi. Il fit un pas en avant pour me faire partir, son bras se tendant au-dessus de la table comme pour me chopper. Mais j’étais trop vive et reculais hors de portée, et pris le bras de Marelion pour le tirer avec moi. En même temps que j’effectuais cette retraite stratégique, je défendais mon larcin avec la véhémence d’une gamine de 10 ans.

J’ai faim, j’y peux rien et je fais visiter ! Il fallait bien passer par les cuisines ! Au fait, ils sont bons tes biscuits… Merci et à toute ~ !

Tirant Marelion avec moi, une fois de plus avec la force inaccoutumée par rapport à ma constitution de base, je prenais la porte vers laquelle je m’étais rapprochée, menant vers un couloir annexe. Fuyant au petit trop, je ne me pressais pas en sachant qu’il n’allait pas sortir de sa cuisine. J’étais partie avec un butin, mais j’étais partie. Et c’est tout ce qui comptait à ses yeux, même si on pouvait l’entendre râler au loin. Je riais, contente de ce petit interlude qui mettait en appétit et en jambe. J’expliquais rapidement à notre invité le pourquoi du comment, et la raison pour laquelle il ne fallait pas s’en faire.

Ha Ha ha ha ! C’est le Garde Gwenel, il est principalement cuistot. Tous les Gardes ne se baladent pas, après tout. Tenez, mangez… Je crois qu’il m’aime bien, mais je préfère sa nourriture à son caractère de matrone psychorigide des provisions. Allez venez, il faut que vous voyez le hall, le baraquement des dortoirs, la salle d’entrainement, la taverne et puis le bureau du Commandant.

Je donnais à Marelion un pain de viande et quelques biscuits, ou plutôt les fourrais avec force dans ses mains. Il n’avait pas vraiment le choix, et de toute manière j’étais passée à autre chose. Je finissais ce que j’avais commencé à manger, marchant d’un pas un peu plus rapide que dans la cour. Nous étions dans un couloir annexe, sombre mais à l’abri. Il n’y avait personne ici à cette heure, ce passage étant plutôt emprunté lorsqu’il fallait faire le service vers le hall. C’est d’ailleurs par-là que je nous dirigeais. Pièce maîtresse du Fort, à part la salle d’entrainement et la petite taverne attenante je ne voyais pas d’autre endroit plus convivial. Si, les bains communs, mais en général les Gardes râlent quand je me ramène lors de la tournée des hommes. Comme s’ils n’avaient jamais vu une fille nue, quelle bande de petites choses fragiles, vraiment…Mais bon, on n’y était pas encore. Tout en traversant ce couloir, je me mettais à présent à interroger Marelion, repensant à son attitude envers moi depuis le début de la visite.

J’y pense d’ailleurs, vous n’étiez pas templier avant ? Vous vous déplacer comme eux, et ne cessez de lorgner sur moi comme une bête aux abois. Pas avec peur, mais avec le regard méfiant et désapprobateur si caractéristique des templiers, ha ha ha !

Je riais, ayant posé la question avec légèreté, montrant avec naturel que je ne prenais pas ombrage à ce genre de comportement. J’ai connu pire, le nombre de fois où des templiers me regardaient et se jetaient sur moi en criant « démon », et j’ai survécu. Eux, beaucoup moins… Je mangeais avec appétit mon petit pain de viande, continuant avec le morceau de saucisson que j’avais trouvé. Pas besoin de le couper, j’allais tout manger. Me tournant en même temps vers Marelion, j’essayais d’expliquer le pourquoi du comment, sans forcément aller trop dans les détails. Je montrais les dagues à mes hanches, preuves de ma bonne foi.

Mais je vous rassure, je ne suis pas un démon, et encore moins une mage. Mes compétences sont plus dans le maniement de mes petits précieux et dans mon réseau d’information. Après, que je sois possédée c’est autre chose. On ne sait pas vraiment ce qu’il m’est arrivé… Bha, les gens pensent que je suis juste folle de nature, et ils n’ont pas vraiment tors, hé hé hé…. Tiens, salut Owen !

Nous arrivions à la porte du fond, et celle-ci s’était ouverte pour laisser place à un autre Garde elfe. C’était un archer d’à peu près mon âge que j’avais rencontré lors d’une patrouille de Garde, et avec lequel j’avais sympathisé. Depuis toujours, je me suis plutôt bien entendu avec les elfes, plus parfois qu’avec les humains. A croire que ceux de ma propre race étaient d’une tolérance plus sensible. On se saluait rapidement avec cet elfe, qui me souriait et était tout à fait avenant. Il me moqua même en voyant mes bras chargés de victuailles, professant que Gwenel allait être d’une humeur massacrante ce soir. Nous en rions, je lui filais un pain à manger qu’il prit en me remerciant, puis il repartait, non sans poser un regard curieux sur Marelion. Il n’avait pas posé la question car ce n’était pas sa nature d’être introspectif envers des personnes qu’il ne connaissait pas. La timidité et la retenue des elfes, sans doute… Derrière la porte, nous étions dans une salle intermédiaire, qui servait de vestibule avant le grand hall. Là, on pouvait voir quelques autres Gardes en train de discuter, mais qui ne firent pas attention à nous. Ou plutôt, je ne faisais pas attention à eux et me concentrais de nouveau sur mon compagnon d’infortune.

Alors, dites-moi Marelion… templier ou garde de milice ? Et comment êtes-vous devenu Garde ? C’est rarement par appel de la profession après tout, même si votre apparence austère semble convenir au poste, fu fu fu

J’en riais, ne pouvant m’empêcher de penser à quel point j’étais l’exception qui confirmait la règle. Par pour l’appel de la profession, ça j’ét ais comme la plupart des Gardes. Mais plus pour mon profil atypique et mon état d’esprit radicalement différent du code d’honneur suranné et de la rigidité des principes. Heureusement que je suis là pour détendre un peu l’atmosphère et leur montrer autre chose que « honneur et sacrifice ». C’est bien beau et tout, mais parfois il faut savoir se lâcher et avoir quelque chose de plus proche de « fesses et bibine » pour se détendre un peu. Et le sens de l’humour, j’en parle même pas…





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* ~ Fight to the Sparkly Warden Rythm ~ *


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— ICONE (100x100) : — NATIONALITÉ : Féreldien
— ÂGE : 31 ans
— PROFESSION : Chasseur de mages et démons
— FACTION : Garde des Ombres
— ARMES : Épée bâtarde, pouvoirs templiers
— AMOUREUSEMENT : Célibataire
— O.SEXUELLE : Hétérosexuel
Posté Lun 15 Jan - 19:24
Tyreas avait été novice un jour, bien que dans le secret de son âme la chose lui parut lointaine et presque appartenir à une autre vie. Les chapardages en cuisine, les crasses jouées dans le dos des instructeurs et autres idioties qui pouvaient parfois survenir dans les couloirs des monastères de l'Ordre ne lui étaient pas étrangers ; à certains égards, les enfantillages de Tullia lui évoquaient cette époque. Rendu complice malgré lui en se voyant fourrer de la charcuterie dans les bras, l'ancien Templier avait bien amorcé un geste pour rendre son butin imposé mais l'avait retenu en se rendant compte de la fringale qui lui tenaillait l'estomac. C'était ainsi depuis qu'il était devenu un Garde des Ombres, son ascétisme ordinaire mis à mal par l'appétit presque légendaire qui saisissait les nouvelles recrues. C'est donc en mordant d'un air coupable dans un morceau de pain fourré qu'il s'était laissé entraîner par son guide turbulent. Celle-ci avait l'étonnante capacité de le submerger de questions tout en plaçant assez de commentaires pour l'empêcher d'y répondre - aidée en ceci que Tyreas avait la prise de parole plutôt posée, l'homme ayant l'habitude de réfléchir quelques secondes à ce qu'il allait dire avant d'ouvrir la bouche. Avec un amusement qui ne franchit pas le rempart stoïque de son visage, il se fit la réflexion que sa camarade paraissait être dans le cas inverse : probablement s'exprimait-elle quelques secondes avant de songer à ce qu'elle était en train de raconter.

Et des choses, Créateur, qu'elle en racontait !

Le front plissé, il repensait à toutes les informations dont la papillonnante Raijer l'avait enseveli. Elle avait avoué sans complexe aucun avoir appartenu aux Corbeaux, et associée au sujet d'Antiva, cette déclaration ne pouvait que désigner la guilde des assassins sise dans la contrée marchande du Nord aux cieux ensoleillés.
Tyreas était un homme pétri d'idéaux, mais des idéaux qui n'avaient paradoxalement rien de naïfs. Il aimait l'ordre et la justice, avec l'intransigeance froide d'une balance en métal, aussi l'aveu de la jeune femme lui donnait-il la furieuse envie de la secouer contre un mur pour lui faire ravaler l'insouciance avec laquelle elle évoquait ses méfaits passés - et supposés. Qu'elle fasse partie de la Garde, et lui aussi, l'en empêchait toutefois : il était trop discipliné pour céder à ses envies, et si elle officiait pour le compte du Commandeur, qui serait-il pour passer outre ?

Étouffant la colère qui lui avait brûlé les entrailles, il se concentra de nouveau sur ce que l'intéressée lui disait. Les rouages de son esprit rigoureux se mirent en branle, et le guerrier se contenta de s'étirer une épaule pour se donner le temps de reléguer à l'arrière-plan les derniers reliquats de son agacement.

« J'ignorais que les templiers marchaient d'une façon spécifique, vous devez avoir l’œil. Pas si étonnant, si l'on considère que vous avez travaillé pour les Corbeaux » Le sourire qu'il lui lança n'atteignait pas ses yeux noirs. « C'est d'ailleurs suffisant pour vous considérer avec méfiance et désapprobation. »

Le ton n'avait rien d'agréable. Il avait ravalé sa rage, mais rien ne le forçait à se montrer spécialement plaisant.

« Pour le reste, vous ne vous êtes pas trompée. Je suis né en Ferelden, et officiais pour le compte de l'Ordre et de la Chantrie. Pour, vous savez... » Son rictus devint narquois, perdant encore un peu - s'il était possible - en chaleur. « Protéger les gens des dangers qui les guettent. »

L'homme marqua une pause, se retournant à demi pour jeter son regard dans la direction d'où le dénommé Owen avait disparu. Il n'avait jamais vraiment pu parler avec des elfes ; en théorie, rien n'interdisait à ces derniers de rejoindre les Templiers, mais ils avaient cependant tendance à les éviter. Comme tout ce qui pouvait représenter une quelconque autorité humaine, et il ne pouvait pas vraiment les en blâmer. C'était même certainement mieux ainsi, bien que la chose contrariait sa curiosité à leur égard.
Secouant la tête, il ramena son attention sur Tullia. Elle était si... il n'aurait trop su la décrire. D'un côté, l'Antivane était pleine de vie et possédait un humour auquel il n'était pas insensible ; s'il conservait son inflexibilité, ce n'était que par habitude, parce qu'il avait été forgé à être ainsi à la manière d'une lame chauffée à blanc. Mais de l'autre côté, elle lui donnait l'impression de ne pas avoir la moindre considération pour les lois. Voire, soupçonnait-il, un certain mépris à leur égard.

C'était quelque chose qui lui était insupportable. Au fil de son existence, au fil des ans, il avait rencontré un certain nombre de têtes brûlées et d'esprits rebelles, qui n'avaient jamais compris la différence entre liberté et révolte. Parmi les plus sacrés des commandements, il tenait celui-ci comme le premier : la paix. Qui sème le conflit et nuit au moindre de Ses enfants sans y avoir été contraint, celui-là est maudit par le Créateur. Il était assez satisfait de constater que la paix, son besoin, cet objectif suprême, était présente dans la séculaire devise de la Garde des Ombres. Préserve la paix.
Il craignait que Tullia n'ai rien à faire de la paix. Il déduisait de cette première approche, de ses discours désinvoltes, qu'elle n'attachait guère d'importance à cette chose si fondamentale qui était précieuse à tout Thédas. N'avait-elle pas frayé avec des meurtriers ?

« Parlons plutôt de la raison pour laquelle vous avez rejoint la Garde. »

Il la doubla pour se mettre devant elle, le langage de son corps laissant entendre qu'il n'irait pas plus loin sans la réponse à sa question informulée. Le soldat sentait dans son dos, au niveau du hall, les regards de quelques compères qui jetaient un coup d’œil à leur échange avant de retourner à leur propre discussion.

« Extorquer et assassiner est une occupation assez peu en rapport avec celle de défendre ses pairs des périls de l'Enclin. À moins, bien sûr, que ce qui vous importait alors était davantage lié à l'amnistie que confère le statut de Garde. » Il croisa les bras sur sa poitrine, sa cuirasse épaississant sa silhouette. La ligne de sa mâchoire exprimait une dureté qui n'était pas sans le vieillir.

Spoiler:
 




« J'ai foi en ce que le monde est vivant : plus on le menace, plus il se débat. Alors ne perds pas espoir, vieil homme, parce qu'avec tout ce qui se passe à notre époque il doit y avoir une légion de héros pas loin ! »
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Fabulous warden ⊱ Grey Warden
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— PROFESSION : Recruteuse Garde des Ombres, Trouveuse d'Emmerdes
— FACTION : Garde des Ombres, hésite à rejoindre l'Inquisition
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— AMOUREUSEMENT : Pitié, trouvez lui un mâle...
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Posté Mar 16 Jan - 19:31




Contre mauvaise fortune bon coeur
Ou la visite de Fort Bastel avec une folle


La tension était montée d’un cran, je pouvais le sentir malgré tout mon bavardage. Une odeur différente, une crispation visible sur ses expressions, une attitude plus en recul et une voix plus froide. Au début, je ne savais pas vraiment ce qui l’avait ainsi piqué, notant simplement qu’il ne devait pas aimer les Corbeaux. Raison suffisante selon lui pour considérer toute personne avec méfiance et désapprobation. La méfiance, je suis d’accord. La désapprobation… Je n’étais pas capable de comprendre pourquoi, c’était ma nature. Je lui répondis assez simplement, de cette même bonhommie qui n’avait cessé de me caractériser depuis que j’avais commencé à parler avec lui.

Ha ha, je vous le fais pas dire ! On ne m’appelle pas le 6e Enclin pour rien ~.

Une réponse en apparence désinvolte, faite dans le rire et le regard malicieux soutenant celui foudroyant de l’ancien templier. Ce simple regard avait de quoi déclencher une petite étincelle d’émotion en moi. La peur, l’excitation, la colère ? Je ne saurais dire, vraiment. Une mélange assez complexe et subtil, comme si le loup observait simplement de ses yeux entre-ouvert. Je le voyais et l’entendais au fond de moi, mais n’allais pas chercher plus loin. Owen avait été une distraction suffisante pour oublier cette impression, et Marelion semblait prendre sur lui on ne sait quoi. Mais il avait accepté la nourriture et commençait à manger, c’est qu’il ne devait pas vraiment être en colère non ? Sans doute une simple impression de ma part, et mon instinct qui dégénère, encore… Cependant, quand il répondit à l’une de mes questions sur son origine, le ton et la phrase étaient bien loin d’une rancœur oubliée. Toujours avec désinvolture, mais avec esprit et malice, je lui répondis par un sourire.

Oui, oui, tous les trucs des Templiers et des Chantristes, je vois le tableau… Ce doit être bien d’être persuadé d’être innocent et légitime dans ses actes, juste parce qu’on le fait au nom d’une religion, non ?

Comme si le fait de travailler pour la chantrie faisait obligatoirement de lui quelqu’un de bien. Le nombre de chose que cette religion avait faite et ne pouvait être fière… elle se disait tolérante et ouverte, pourtant elle l’était beaucoup moins que la religion du Qun. Une ouverture mimée pour ne laisser place qu’à l’intolérance et à la tuerie au nom du Créateur, un être que nous devions soit disant servir dans toute notre faute et notre repentance pour être pardonné d’un acte que nous n’avons présentement jamais commis. Bha, quelles foutaises ces religions ! Rien de mieux pour manipuler les masses et se donner de louables excuses quand on en massacre un peu trop pour le pouvoir. Et il pouvait parler ce templier, qui faisait partie de ceux qui se sont détournés de la chantrie pour servir leurs intérêts, massacrer des innocents parce qu’ils ne savent pas faire la différence entre un apostat et un peigne-cul, et rejoindre une engeance qui a perdu la raison et veut conquérir le monde. Nan vraiment, l’institution des Templiers c’est vraiment chouette et ça veut vraiment protéger les gens…

Je ruminais ces pensés, voulant changer de sujet en lui demandant comment il était devenu Garde. Toujours un bon sujet pour faire connaissance entre nous, ça rapproche mine de rien ! Mais j’étais bien loin de m’imaginer que cela allait me retomber dessus. Au lieu de répondre à ma question, qui est simple en plus, ça demande pas de études de thèses sur le Voile, il se tourna et me bloqua le passage, pour me « retourner » la dite question. Je le regardais avec surprise, voyant clairement qu’il ne cachait plus sa frustration et sa colère. Je m’arrêtais, l’écoutant et le regardant avec des yeux ronds. Il est sérieux, là ? Il osait, devant tous les autres gardes en plus qui ne perdaient pas une miette de ce qu’il se passait, essayer de me rabaisser en raison de mon passé. Pourquoi ça vient sur la table ? Et en quoi c’est important ? On s’en fiche non, on est tous des Gardes à présent ? Mais d’un coup, la lumière se fit dans mon esprit et dans mes yeux. C’était un ancien templier, encore tout récent de ce que je pouvais comprendre. Une telle attitude ne pouvait montrer qu’une chose : il ne savait rien des Gardes. Je serrais les lèvres, étouffant un pouffement de rire. Lui, le bleu, il voulait me faire la leçon ? Me faire son coup de «  je suis templier regardez-moi, je suis plus mieux que vous et plus mieux honorable et oink oink oink…. ». Pas la peine de vous faire un dessin de comment je l’imaginais dans ma tête. Mais c’était un fait, il voulait mettre en avant son passé et son activité honorable, contre celle terrible et horrible de Corbeau. Je souriais d’un coup, sentant l’excitation me faire bouillir les veines et briller mon regard.

Hoooo ~ ! Je sens tout le mécontentement, le préjugé sarcastique bouffé par l’orgueil de se sentir juste et honorable, je me trompe ? Ha ha ha ! Ca faisait longtemps, comme c’est excitant ~ !

J’étais presque à trépigner, tant j’avais envie de m’amuser avec lui ! Le tourmenter dans sa bonne foi et tout persuadé de ce qu’il devait être dans son droit de faire une telle remarque qui n’avait pour but que de rabaisser la personne en face et montrer à quel point il était d’une meilleure nature, et donc sans doute un meilleur garde. Protéger les gens ? Un idéal de Paix ? Tout cela était vrai, il va s’en dire. Mais on ne protège pas le peuple et l’on n’obtient pas la paix avec des fleurs et de belles paroles. L’Histoire a montré que le sang et le fer étaient les principaux outils. Etre Garde, c’est tuer des engeances. Tuer. Il n’y a rien de noble dans cela, peu importe la raison. Amusant, horrible, déroutant, dégoutant peut-être, mais noble certainement pas. Même moi je le savais, et je le vivais plutôt bien. Je me redressais, souriant et posant sur lui un regard plein de malice. Je n’allais certainement pas reculer, d’autant plus que nous avions un public ! A moi de ne pas décevoir mes chers Gardes de Fort Bastel. Je répondis donc au garde templier, avec assurance et étonnamment une bonne perspicacité.

La plupart des Gardes n’ont pas une origine noble, et part noble j’entends dans les actions et les intentions. Voleurs, criminels en tout genre, fugitif… La plupart d’entre nous n’étions que vermines avant de devenir Garde, soit par obligation soit par volonté de rédemption. Ca ne regarde que chacun après tout…

J’haussais des épaules, n’importe qui ayant ses raisons. La gloire, le repentir, survivre… autant de choses qui n’avaient pas grande importance quand on est face à un Hurlock ou une Pondeuse dans les Tréfonds. Les Engeances s’en foutent bien de nos raisons, alors pourquoi se compliquer la vie ? Plongeant mes yeux dans les siens, mon regard se fit plus perçant et ma voix également plus tranchante et froide. Un contraste par rapport à la chaleur avec laquelle je l’avais accueillis et accompagné tout du long de cette visite.

Mais le merveilleux principe des Gardes, c’est qu’une fois Corrompu nous oublions notre passé pour faire une grande et belle famille de suicidaires névrosés du bulbe. Nous ne gardons que nos connaissances et nos compétences passées. Ce qui sera utile, voilà tout. Vous croire au-dessus et en droit d’être prêchi-prêcha de par votre passé « soit-disant honorable », c’est votre plus grosse erreur. Cela montre que vous n’êtes pas ENCORE un Garde des Ombres.

J'haussais des épaules, revenant au vif du sujet après ma petite insulte.

Mais bon, répondons à la question avant que vous n‘explosiez d’indignation dans votre si belle armure rutilante de bons et vertueux principes ~… J’ai été Corbeau toute ma vie, mais je me suis enfuie. Le meurtre, la chasse, la contrebande, c’est tout ce que j’ai connu. Alors oui, je tue… mais je tue bien et je suis très douée pour ça. Si c’est utile aux Gardes, tant mieux ! J’ai été touchée par l’Enclin, et en échange de mes quelques années restantes à vivre, je leur offre mon savoir-faire pour zigouiller de l’engeance. Gagnant-gagnant, tout le monde est content ! Et pour ce qui est de l’amnistie, les corbeaux ne sont pas du genre à s’en soucier. J’ai dû régler l’affaire… moi-même, fu fu fu ….

Je ricanais, repensant à la tête que j’avais dû envoyer dans un joli paquet pour qu’ils arrêtent de me poursuivre. L’armistice des Gardes, mon œil…. J’ai dû la créer moi-même, par ces mêmes méthodes qui faisaient que j’étais efficace et respectée parmi les Gardes. Le 6e Enclin, ce n’est pas qu’un surnom pour mettre en valeur ma folie et le souci que je causais parfois à Fort Bastel. C’est surtout parce qu’on n’a vraiment pas envie que je leur tombe dessus, tous crocs et griffes sortis. Cette pensée agréable partie, je reprenais mon sourire de malice et ma voix sympathique, pour sortir une énième réflexion ironique.

Une autre question, templier-pseudo-garde Marelion ~ ?

J’étais très sarcastique, mais j’avais toutes les raisons de l’être. Sympathiquement guidé et même nourris à la sueur de mon front (enfin, si on peut dire), je me retrouvais à me faire sermonner par un étranger qui ne me connaissait pas et qui n’était même pas encore de notre famille. La colère aurait pu faire tout son travail, mais mon caractère trop joueur et malicieux préférait tourner cet affront en un défi. D’ailleurs, les gardes présents nous regardaient, légèrement sous tension. Ils ne savaient pas de quoi était capable Marelion, et moi non plus d’ailleurs. Mais ils savaient ce dont MOI j’étais capable en une telle situation, ce qui était loin de les rassurer. C’était à la fois un risque, et une…. Distraction. Est-ce que cela allait dégénérer ? Le garde allait il perdre son sang froid ? Allais je changer d’avis et me jeter directement à sa jugulaire ? Les paris sont lancés et les jeux sont faits !



Couleur de rep: #cc0033



* ~ Fight to the Sparkly Warden Rythm ~ *


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