Dragon Age : Les Légendes de Thédas

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Posté Lun 18 Déc - 11:44
JOURNAL DE MATTHEW
Des rêves aussi lourds que le plus lourd des fardeaux.
Parfois un petit mot laissé dans une taverne, avec quelques tâches d'alcool. Parfois, un parchemin glissé dans un bouquin abandonné en guise de marque-page, lorsque la note n'est pas simplement inscrite dans la marge de l'ouvrage. Parfois même, des mots gravés à même la pierre ou la roche, sur un corps meurtri ou abandonné dans une bouteille, jetée dans un cour d'eau comme un moyen d'exorciser certaines pensées.

Autant de notes, autant de noms en guise de signatures qui changent mais surtout des lettres arrondies et élégantes, qui montent et descendent de manière contrôlée et excessive à la fois, brisant les mots en détachant certains caractères dans un même terme. Paradoxe typologique entre la froideur de l'esprit logique et les craintes d'un enfant, lui-même enfermé entre le corps et l'âme d'un vieillard d'une trentaine d'années, invitant quelques dessins autour de paroles parfois désordonnées, parfois aussi sincères qu'incompréhensibles.
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Posté Lun 18 Déc - 12:10
(Gravé sur plusieurs murs ou placardé sur des affiches discrètes dont l'encre d'un rouge d'abord foncé semble pourrir depuis quelques mois, voire années aux alentours de l'Emprise du Lion, le message semble fondre légèrement avec l'humidité des lieux ou ne sont plus que des rumeurs dans les tavernes des environs, comme un court épisode de la vie des paysans.)

(Approximativement vers l'an 9:37 du Dragon)



J'ai promis de ne pas laisser la Colère me contrôler. J'ai promis à mon père ne pas élever la voix et à mes gardiens de ne pas tenter de briser mes chaines... Mais cet homme, si l'on peut le nommer ainsi, a incendié ma demeure, tuer ma femme, violer mes enfants jusqu'à les rendre fous pour ensuite s'enfuir sans même m'accorder un regard.

Héros quelconque, garde des ombres respectable? Ce ne sera pas le premier, ni le dernier, dont je dévorerai le cœur. Certains diront que cela ne soulagera pas l'absence qu'il a laissé dans ma vie et que ses intentions étaient bonnes mais si je n'ai aucun soucis avec les imbéciles, j'en ai un certain avec ceux qui fuient leurs responsabilités, qui ne parviennent pas à les assumer.

Si vous usez de sortilèges, si vous prétendez définir une vérité qui va dans le sens des évènements actuels et à venir, tournez les talons et courez. Si l'Homme a encore sa retenue, la Colère elle-même est une bête cruelle et furieuse, la Hargne un buisson bien épineux.


    Le Brulé.



(Ps. Pour remplir le reste des pages, l'auteur semble avoir dessiner de manière enfantine une tour s'effondrant.)


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Posté Sam 23 Déc - 12:05
(Essaie de Matthew à propos de la croyance chantriste, et les "religions" en général. Ces textes peuvent être trouvés dispersés en Orlaïs, plus rarement en dehors, comme butin des pillages des Cercles tombés après l'attentat de Kirkwall provoqués il y a une demi-dizaine d'année.)

(Des textes avec la même idée générale peuvent être trouvés en Orlaïs chez les apostats à partir de 9:22 du Dragon et chez certains clans elfes en Dalatie à partir de 9:31, où les essais se multiplient mais gardent la même ligne directrice)


(...)

Etant plus jeune, on m'a inculqué très tôt la "peur des mages" et le pourquoi du comment, souvent de manière aussi peu subtile que justifiée. Disons plus simplement que la plupart du temps, il s'agissait de faits établis ou d'une conscience collective que l'on ne pouvait questionner, car il s'agissait d'une évidence évidente et que n'importe quelle interrogation serait vue alors, au mieux, comme une naïveté infantile, et dans la majeure partie du temps, comme une sorte d'hérésie et une preuve de dangerosité d'un individu. Ainsi, l'un de mes souvenirs que j'ai pu garder en intégrant les Cercles était celui d'une jeune femme que beaucoup nommaient "mage apostat". Naturellement, la vieille femme m'effrayait à cause de cette rumeur mais je ne parvenais pas à mettre le doigt pourquoi, le simple fait qu'elle soit accusée devenait l'excuse pour laquelle je pouvais l'insulter en public, une bonne action sociale qui permettait de prévenir quiconque serait tenté de suivre cette voie, celle du doute. Finalement, lorsque les villageois l'ont enfermés dans un sac avec un chat et un coq avant de la jeter ainsi, encore vive, dans une rivière a mis en moi cette interrogation, justifiée simplement par mon âge et qui pouvait même paraitre normale en vue de celui-ci.

Après tout, je le sentais en voyant ce sac gigotant s'enfonçant dans l'eau glacée car tel était le procédé : si elle en sortait, elle serait brulée et à l'inverse, si elle coulait, comme ce fut le cas, les villageois feraient une prière discrète à la Chantrie en s'excusant eux-mêmes pour cet acte, comme s'il s'agissait d'un moindre mal. Bien entendu, cette masse resterait muette auprès des Templiers qui la plupart du temps enquêtaient quelques jours sur la suspecte et rassuraient ensuite les foules, cette même foule qui préférait faire justice seule parfois en voyant là-dedans que la personne au centre de l'affaire avait réussi à tromper les autorités et était, en conséquence, bien trop dangereuse.

Est-ce que je viens écrire sur la Justice populaire? Non. Cette introduction me permet dans un premier temps de faire la corrélation sur la puissance d'idées reçues et sur les évidences qui n'en sont pas et dans un second temps, faire le lien entre cette idée de "croyance" et ce qu'elle peut impliquer sur le peuple, du plus cultivé au plus pauvre intellectuellement parlant.

Avant de commencer, je trouve important de signaler qu'étant élevé par un nain, fidèle à ses propres croyances, j'ai pu être mis à l'écart de ces villageois extrêmes dans leurs choix tout en cohabitant avec. Comme mon père me l'a enseigné, il est important de vivre en harmonie avec les gens des alentours, ne pas les exclure sous prétexte d'une culture autre mais, en même temps, vivre en dehors de leur bulle pour pouvoir mieux les observer et ne pas me faire aveugler moi-même par leurs croyances aussi diverses que variées, aussi innocentes que dangereuses. Bien entendu, je suis au courant que des idées préconçues, j'en ai moi-même, ce qui pourrait fausser cette étude et que c'est là une raison de cette préface. Comme le disait mon père, la pire des choses qui pourrait arriver à un homme, après avoir rompu une promesse, serait de se croire totalement isolé des systèmes de pensée et d'être un élément libre de tout jugement de la sorte, fait qui fait que nous sommes des êtres conscients et sociaux et refus qui ferait de nous des êtres imbéciles et arrogants par dessus tout, même de ces gamins que l'on excuse par l'âge car bien souvent, cette ignorance se manifeste chez des gens plus âgés, devenant caricatures d'eux-mêmes avec les ans et s'enfermant dans des croyances populaires sans se remettre eux-mêmes en question.

(...)

Comme expliqué à l'introduction de cette étude, la plupart des croyances, religieuses ou non, commence à la manière de légende urbaine que l'on suit sans réellement comprendre, naturellement, emporté dans un mouvement social impliquant cela comme une règle tacite que n'importe qui doit suivre. De cette manière, les personnes d'un même groupe renforcent un sentiment d'identité, bien plus fort si le groupe est peu important et expliquant le côté excentrique des villages reculés où tout le monde se connait. A plus grande échelle, cela pourrait englober également les personnes ne faisaient peu de cas de la religion, les croyants n'allant pas à la chantrie pour prier par exemple comme il y en a tellement. L'existence de ces pensées communes coexistent avec l'individu sans pour autant définir une ligne de conduite stricte, et c'est pour cela que l'on peut retrouver ceci chez les brigands ou alors, chez le peuple civil en général, même au sein des Cercles de mage où des chapelles sont à disposition, ainsi qu'un grand nombre de templiers, rappelant indirectement l'existence le culte du Créateur et de sa femme, Andrastée.

Plus qu'une légende lointaine, et peut-être la vision la plus répandue de la religion en règle générale, les individus de tout Thédas semblent percevoir ces croyances supérieures à la manière que l'on pourrait percevoir une mère. En effet, hormis le côté infantilisant, cela permet de procurer un sentiment de sécurité en plaçant quelque chose au-dessus de soi, pour éviter bien souvent la solitude ou alors, pour avoir une sorte de garant qui serait en mesure de pardonner les erreurs et ainsi, décharger le cœur d'un certain poids en bénéficiant en même temps d'un anonymat, le Créateur se faisant discret comme tout à chacun le sait, de même pour son épouse, n'apparaissant que rarement en visions et celles-ci pouvant être mises en doute assez facilement.

Les croyances naines, ou du moins ce que j'ai pu en découvrir en ces quasi-dix ans de vie commune avec l'un d'entre eux, semblent confirmé cette première hypothèse. Ceux-ci, au lieu de vénérer une sorte de "mère" subissent le même processus de pensée mais envers des "parents" qui peuvent s'ajouter à un panthéon déjà présent à la base sous le nom de "Hauts" et qui peuvent servir de modèle, là où Andrastée sert de modèle davantage aux religieux de la Chantrie et qui, si on s'y réfère comme modèle, peut être vu comme mignon ou arrogant, d'après mes propres constatations.

(...)

Le second stade, selon cette même métaphore, est de voir sa confession à la manière d'une femme ou d'une épouse. Bien plus encore que l'étape précédente, la cohabitation entre l'individu et ses positions se renforcent et c'est pour cela que je suppose que la plupart des religieux serait à ce niveau, le fait d'avoir cette présence omniprésente au quotidien ne les gênant guère et ceux-ci la recherchant en toute logique. La croyance devient ainsi une moitié que l'on aime ou qu'on apprend à aimer avec le temps, les Templiers étant eux-mêmes dans cette démarche et sont donc davantage que pour le premier stade où l'on pourrait parler d'andrastéen, plutôt que de chantriste, si l'on devait forcer le trait pour rendre l'explication plus nette.

(...)

Il m'est difficile de parler du troisième stade car il implique les religieux comme le second. Dans ce cas, la confession devient davantage l'équivalent d'une fille ou d'un enfant. Comme pour la "femme" dans la métaphore, c'est quelque chose que l'on apprécie, avec lequel on peut cohabiter mais à la différence, cet ultime évolution de point de vue implique le doute et ainsi, il s'agirait de ceux désirant le changement dans les institutions pour lesquelles ils travaillent.

C'est un enfant dont on peut douter, mais que l'on soutient tout de même et parfois même en silence. En quoi cela serait-il un stade de croyance plus élevé que l'antérieur? Car il y a une compréhension supplémentaire et plus que cela, cela pousse les religieux à devenir martyr, aux templiers à devenir de réels combattants de leur foi. Il y a quelque chose de davantage chevaleresque et ce credo peut être ainsi incomprise par la plupart des gens, ou peut-être être confondu avec du fanatisme qui est un enfermement dans les dictats d'une religion au point de supprimer l'individualité, alors qu'ici nous parlerons encore une fois de cohabitation. A ce niveau, la personne en vient à protéger ses croyances envers et contre tout et ne se voit plus comme quelqu'un d'égal ou d'inférieur, mais bien comme ayant un rôle plus noble brisant l'idée même de hiérarchie, bien que cela revient aussi à une évidence que certains verraient comme de la bêtise.

Un point intéressant, si ce n'est le plus, est la vision des gens parvenant à cet échelon est la vision globale des choses car avec cette idée "d'enfant à protéger", l'individu s'intéresse davantage au monde extérieur, comme pour mieux prévenir les dangers. Au contraire de ceux bénéficiant de messages d'autres mondes ou des fanatiques, justement, ces gens sont difficiles à identifier car ils acquissent devant les institutions qu'ils protègent, afin de se protéger eux-mêmes ou protéger celles-ci. Ces croyants ne boivent pas forcément chacun des paroles qu'on peut leur donner et s'interrogent, de manière à faire évoluer leur groupe de manière subtile, ou beaucoup moins selon l'urgence de la modification qu'ils pensent nécessaires, continuant à voir ici un élément servant à l'équilibre du monde dans lequel ils vivent.

(...)

Maintenant, voici le second sujet : que se passe-t-il pour ceux qui ne croient en rien?

L'allégorie de la famille peut continuer. Cela fonctionne aussi pour les individus prétendant ne croire qu'en eux-mêmes. Pour ma part, et cela n'engage donc que moi, j'interpréterai la chose comme un manque de confiance en soi. Un désir d'être "autre chose" en outrepassant un éventuelle parent, par souhait d'indépendance et donc, cela devrait être une étape nécessaire pour la croissance d'une personne, la solitude permettant la réflexion quitte à se mettre dans des situations risquées, pour pouvoir justement voir ses propres limites et non pas les limites du groupe. Cela peut être aussi fait par humilité, pour ne pas impliquer d'autres personnes dans certains actes.

Pour cela, je dirais que cette pensée est celle de ceux étant rebelles, ou des fous, cachant la plupart du temps un complexe envers la famille ou un parent en question. J'ai remarqué cela, au sein du Cercle, que cela soit chez les mages ou chez les Templiers, et cela s'accompagne parfois d'une surévaluation des compétences, pour ne pas sombrer dans la mélancolie, et c'est en cela que je pense pouvoir rapprocher cette étape d'une sorte d'équivalence à l'étape de l'adolescence.

(...)

L'évolution de cette rébellion et parfois confondu avec de l'arrogance et il est normal de faire l'amalgame car ces personnes se verraient plutôt comme des dieux vivants, des êtres supérieurs et cela serait donc la confirmation de la supériorité avec le parent. Il ne s'agirait plus réellement de se voir "à part" d'un quelconque groupe mais d'envisager par quelques biais qu'on puisse représenter ce dernier par nous-mêmes, en étant plus que soi-même, plus que le parent et plus qu'une simple personne. Ce complexe de supériorité n'est surement pas arrogance, l'arrogance en elle-même n'étant qu'un symptôme mais pas le mal dont le sujet souffre.

J'hésite à dire qu'il s'agit d'un mécanisme de l'esprit pour ignorer le manque de confiance ou l'isolement, à la manière d'amis imaginaires chez les enfants privés de contact. Ce n'est pas une position que l'on peut souhaiter naturellement, de part notre propre nature. Les individus infectés par ce mal ne savent pas comme il est inconfortable d'être au sommet de cette pyramide inversée et ne voit que les avantages de cette position, et même les surévaluent car ceux-ci entrent en compte de leur propre personnage tout comme les "rebelles" qui surévalueraient leurs propres compétences. Ainsi, ce trait peut être commun chez les tyrans ou autres despotes, et relèveraient plus d'une immaturité profonde, d'un entêtement stupide, d'où découlerait une assurance visible mais risible pour n'importe qui pouvant réfléchir correctement. Bien entendu, car ils s'imaginent souvent au-dessus de tout, ces malades pourraient, et font souvent, fi de ce genre de remarque en prétendant également à un niveau de conscience supérieur où le subjectif deviendrait objectif.

Ce qui m'évoque cette formule, qui peut être une excuse comme une démonstration simple :

"Il n'y a de divinité et de prophète que si nous y croyons, voilà l'essence même de la chose. Sinon, nous n'y verrons que légendes urbaines et usurpateurs."

(...)

Ainsi se termine ma vision des choses mais il me semblait nécessaire d'évoquer mes propres croyances, qui expliquerait plus que n'importe quoi pourquoi ces textes ne sont pas rendus publics. Je suis un mage, donc ma vision des croyances peut paraitre faussée, même pour moi et en soi, je suis peut-être le moins bien placé pour en discuter.

Malgré tout, ma croyance va vers le monde en général, et les gens qui y vivent, car il s'agit là de quelque chose que je peux étudier, observer, et qui me motive en même temps à m'impliquer relativement peu dans son évolution. Je ne me pense pas supérieur à Ce dernier, et cela revient à ma condition de mage très certainement et à l'adage bien connu selon lequel la Magie doit servir le peuple et non l'asservir, enseignement qui raisonne aux oreilles de bien des personnes sensibles à l'Immatériel et à ses mystères, davantage que la majorité des gens de Thédas, ceux là même qui interprètent dès fois de manière fausse tout ce que cela implique, pour la protéger le monde, que cela soit par le contrôle des mages ou pour la destruction de ce groupe d'individus.

Quant aux "dieux", il serait de mauvaise foi de ma part de les ignorer. Je les accepte pour la plupart, les imaginant peut-être comme de puissantes entités objectivement plus puissantes que ma pauvre personne ou comme des modèles à suivre, à la manière des nains. Il est cependant, voire obligatoire, de s'interroger pour croire correctement, sinon autant prier des arbres car leurs cimes paraissent élevés ou les montagnes sous prétexte que leurs sommets paraissent inatteignables. Un bon croyant devrait prier non pas dans l'espoir de récompense, ce qui correspond en réalité au péché de "vaine gloire" souvent oublié par les théologiens qui tombent eux-mêmes dans ce piège évident qui, ironiquement, est la plupart confondu avec le péché d'orgueil. (Cette disparition semble aussi se faire dans des textes religieux officiels, ce qui soulève d'autres questions...)

Pour stimuler l'esprit critique, je finirai sur une dernière comparaison avec le milieu familial et reviendrai même avant le stade de l'enfance : la croyance que l'on enseigne dans les petits villages m'évoque un berceau, et beaucoup de religions impliquent que nous aurions pu être créés, mais on ne peut rester dans un berceau toute sa vie. Si les gens y trouvent du réconfort, encore une fois, cela soulèverait des questionnements autrement plus importants que mes réflexions présentes et mériteraient d'autres études, mais cela m'encourage en même temps à prolonger l'adage sur la magie. Si les gens ne s'interrogent pas, ce n'est bien souvent pas à cause de gênes imbéciles, de paresse ou bien encore, par immaturité comme j'aurai pu le faire croire dans mes textes, mais plus clairement à cause d'un manque "d'outils".

C'est pour cette raison que, plus que la magie, les connaissances accumulées dans les si nombreux livres que j'ai pu parcourir doivent, non pas faire naitre une élite et écarter le peuple, mais servir celui-ci.



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Posté Dim 24 Déc - 9:48
(Extraits de journaux personnels de guérisseurs, souvent accompagnés de copie de documents médicaux en rapport à la blessure au bras gauche de Matthew, trouvables dans certaines institutions enseignants la médecine comme des chantries ou des universités en Orlaïs.)


9:22 du Dragon, 13 fenrentis ✶

Ce matin, nous avons tous été réveillés par une détonation dans les étages inférieurs de la tour, détonation suivie de cris aussi intenses qu'effrayants. Naturellement, les templiers étaient déjà sur place pour constater les faits :

Des escaliers fondus ou vitrifiés suite à l'exposition à une chaleur intense et de la suie principalement autour de ce que l'on a nommé "zone d'impact" à cause du manque d'informations sur les évènements. La zone sombre dessinait une sorte de sablier allongé, creusé en son centre, descendant les marches et couronnant l'entrée du couloir, laissant penser que l'explosion a eue lieu à l'intersection de la pièce principale et la descente.

Dans la pièce inférieure, un petit groupe d'enchanteurs et d'apprentis au nombre de sept, bien que ce denier ait surement été plus élevé en vue des traces laissés au sol. L'entrée de la salle des phylactères a été quant à elle, heureusement, protégée par les barrières magiques qui y étaient disposées et l'absence de membre de la chantrie semble indiquée qu'il n'y avait ainsi dire que des mages. Pour ce qui est du côté de la grande salle, il n'y avait qu'une seule trace au sol indiquant la présence d'une seule personne mais en vue de la configuration des lieux, il pourrait y en avoir d'autres qui n'étaient pas sur place lorsque les autorités sont arrivées, ceux-ci n'y trouvant qu'un apprenti inconscient ayant été projeté par le souffle de l'explosion contre le mur opposé, amorti par les bibliothèques et les objets présents sur la grande table au centre de la pièce, elle-même barrée d'une trace noire prouvant la trajectoire de l'enfant.

Il semblerait que cet apprenti ait contenu en partie l'explosion dans sa tenue, à en croire les déchirures et les brûlures sur son corps, ainsi que le manque de dégâts matériels derrière lui. Cependant, l'absence d'échappatoire pour les flammes de l'autre côté a provoqué de graves brulures sur les mages étant restés, la plupart ayant été apaisés pour les soulager de la douleur alors que sur les sept présents, deux sont morts probablement sur le coup, et que un a été exécuté par les templiers sur place après avoir tenté de se rebeller contre eux, faisant ainsi aveu de sa culpabilité. Le seul bénéficiant d'une attente pour son jugement est Matthew Albvael Donnchadh, l'apprenti inconscient, connu pour des infractions mineures régulières.

(...)

L'apprenti Donnchadh semble avoir été brulé sur 40% du corps à divers degrés, le membre le plus touché étant son bras gauche dont se dégage encore de la chaleur, des heures après que les templiers ne l'aient trouvés. Nous nous sommes mis d'accord pour user d'encens et d'autres moyens pharmacologiques pour le maintenir en sommeil pour l'instant, pour pouvoir le soigner plus simplement, bien que cela nous ait demandé l'aide d'un jeune templier pour actionner un système de pompe improvisé sur l'instant pour forcer l'enfant à vider le sang dans ses poumons et par la suite, l'aider à respirer. La magie est bien sûr utilisée, mais certains pensent que les os sont touchés et ont subis également d'importants changements, les autorités suspectant une transformation en abomination particulièrement étrange, de par son caractère non spontané. Malgré ceux-là, certains d'entre eux aident à nettoyer les plaies de Matthew avec de l'eau presque bouillante pour son bras, l'eau devant avoir la température du corps pour éviter tout choc et la température de ce bras étant anormalement élevée, ayant brulé les plus jeunes d'entre ceux étant chargés de la guérison du patient.

(...)


9:22 du Dragon, 17 fenrentis ✶

(...)

Les brûlures les plus légères semblent disparaitre, indiquant que le jeune homme n'est pas touché trop gravement au visage et que cela ne devrait pas être visible s'il se réveille. Les gonflements au niveau du bras gauche et de son épaule semblent s'être arrêtés, mais l'apprenti continue à produire un excédent de chaleur qui se répercute sur le reste de son corps, provoquant de violentes fièvres quand sa main touchée n'expulse pas de petits jets incandescents.

Nous avons théorisé qu'il essaie inconsciemment de réguler sa température et les guérisseurs sont enthousiastes quant à cette méthode, évoquant la possibilité de sauver le bras qui ne présente pas de mauvaise évolution mais plutôt un surplus de mana dans les os les plus gravement touchés.

(...)


9:22 du Dragon, 21 fenrentis ✶

(...)

Le patient est toujours inconscient mais l'aide de la respiration artificielle semble de moins en moins nécessaire. Nous ne la maintenons que par doute. En revanche, les infections se multiplient, nous forçant à retirer les peaux commençant à pourrir, en nombre étonnamment faible, probablement à cause de la chaleur du bras qui empêche l'humidité de faire son œuvre. Ce fait aurait pu causer problème vue que nous ne pouvons pas nettoyer certaines zones et que nous ne craignons que de nouvelles brulures n'apparaissent, les crises les plus brutales provoquant de légères tâches sur le torse, le dos et la gorge du garçon qui se résorbent généralement.

(...)

Nous avons dû lui faire une longue incision au niveau de la gorge et user de paille métallique pour forcer l'air à passer et reprendre les respirations artificielles, Matthew s'étouffant parfois lors des crises. Bien qu'il demeure calme en apparence, son corps semble subir un contrecoup important.

(...)


9:22 du Dragon, 21 parvulis ✶

(...)

Suite au progrès dans sa cicatrisation, nous ayant permis de voir où étaient les zones les plus profondément brulées et constatant l'état des os de son bras qui se ressoudent lentement, nous sommes enthousiastes quant à un réveil prochain.

Comme aujourd'hui, il s'agit de l'anniversaire de l'apprenti, nous avons eu le droit à la visite d'un templier se présentant comme Chevalier-Divin mais sa tendance à l'humour rend ses dires peu avérés et malgré la paranoïa de l'homme envers l'apprenti, d'autres sont venus remettre le jugement public : Matthew Albvael Donnchad de l'Emprise du Lion est officiellement innocent et a été intégré aux bonnes grâces de la Chantrie après une enquête pour acte de bravoure, mettant en avant que l'explosion avait emporté des mages cherchant à rejoindre un groupe terroriste.

(...)

Les doutes du prétendu "Chevalier-Divin" viendraient de visions qu'il eut lors de ses rêves, voyant l'enfant chercher de l'aide à travers ceux-ci afin de procurer des preuves et son témoignage malgré son état quant aux évènements aux autorités, ce qui aurait justifié l'extension de l'enquête pour conclure, avec des mages d'autres Cercles, que Matthew a des facilités à se rendre dans l'Immatériel. Qu'il parvienne à maitriser ce don suggère qu'il en a connaissance depuis longtemps et que l'éveil de ses capacités ne provient pas du "choc" de l'explosion, avouant par la même qu'il cachait certaines magies, bien que non illégales mais le rendant dangereux d'après certains.

(...)


9:22 du Dragon, 3 frumentum ✶

(...)

Suite aux révélations d'il y a un peu moins de deux semaines, l'apprenti semble avoir demandé l'autorisation à certains templiers de se balader en rêve pour palier à l'état de son corps, toujours sous aide médicale importante. Bien qu'il ait été demandé à ce dernier de ne pas en abuser et surtout, de ne contacter que des personnes présentant des chances de trahir le Cercle faibles, voire nulles, j'ai pu être mise au courant par sa propre visite ce matin (il me semble), m'ayant permis de mettre sur papiers ses paroles bien que cela soit venu avec une surveillance templière plus importante après que j'ai corrigé certaines parties de mes rapports en conséquence.

Ses intrusions lui permettent d'en apprendre plus sur ces capacités de Rêveur bien que certains enchanteurs semblent préférer lui conférer quelques astuces, mettant en avant son âge, et son immaturité en conséquence, pour lui promettre de l'éduquer davantage afin d'éviter des catastrophes dans le futur. Les templiers victimes de ces rêves quant à eux l'invitent à trouver protection auprès des croyances de la Chantrie, partageant des souvenirs de chapelle pour qu'il puisse prier quelque part, son corps physique étant encore paralysé et inconscient, donc inapte à être emmené en ces lieux saints disponibles dans le Cercle, me laissant penser que les autorités lui ont donnés certains droits pour mieux le contrôler.

Cela s'accompagnera surement d'une baisse d'activité du rêveur.

(...)




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