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Posté Sam 2 Déc - 18:33




Sauver le soldat Elian'Ha.
ou les Lames de la Vengeance


Les tours et remparts de Fort Bastel se voyaient au loin, alors que le jour finissait de se lever. La brume encore fraiche, l'air humide à l'odeur de terre et le ciel pastel donnaient une ambiance toute particulière à ce lieu. Les murs hauts et les torches ne donnaient pas vraiment signe d'hospitalité, encore plus quand on pouvait distnguer les bannières des Gardes, flottant dans le maigre vin matinale. Talonnant mon cheval pour qu'il aille au trop, je souriais tout en prenant plaisir à prendre une bonne inspiration de cet air humide, mes yeux se posant avec excitation et envie sur ce fort. Par le Créateur, mais que cette bâtisse est laide ! A chaque fois que j'y reviens, je me faisais toujours cette même réflexion. Même à côté les Thaigs des Tréfonds ont un cachet morbide que l'on ne peut que saluer par la puissance et la peur qu'elle dégager. Mais ici, c'est juste moche... Les sabots résonnaient sur le pavé alors que je rentrais dans la cour, saluant de la tête et d'un sourire quelques Gardes que je reconnaissais. Plusieurs fois j'avais proposé de faire quelques efforts de décoration, mais toutes mes idées avaient été refusée. Mettre des têtes d'engeances sur des pics ou peindre d'un grand bleu azur les murs pour qu'au moins ce soit un peu plus joyeux. Des étolles plus chatoyantes, des statues de marbres représentant notre Commandant Reyner, ou encore mettre un dragon empaillé au dessus de la grande salle, sous le plafond. Ces gens, ils n'ont pas le sens de l'esthétique, c'est d'un commun et d'un ennuis...

Je descendais de cheval, l'amenant rapidement à l'écurie. Je pouvais déjà entendre quelques gardes murmurer, à la vue de mes cheveux. C'est que j'étais presque célèbre au Fort maintenant. Je ne revenais pas souvent, mais à chaque fois on pouvait être certain que j'allais créer du bazar ou le chaos, au grand damn du commandant Reyner. Encore plus quand il est impliqué malgré lui. C'était de l'animation en plus pour les Gardes postés ici, certain l'appréciant et d'autres ronchonnant que c'était contraire " à l'honneur et à l'éthique des Gardes". Tout ça parce que la dernière fois ils n'étaient pas là quand j'ai fait mon lâché de bardes et de péripathéticiennes en petites tenues légères dans la grande salle, pour l'anniversaire d'un des Gardes. Ils ne savent pas s'amuser, autant qu'ils aillent directement aux Tréfonds ceux là, ils iront avec le décor. Après avoir salué quelques uns, je rentrais dans le quartier de résidence pour aller déposer quelques unes de mes affaires. Il était encore trop tôt pour aller s'entrainer, et pas assez pour surprendre le Commandant dans son lit. Bon, un petit tour aux cuisines alors histoire de piquer de quoi grignoter. Je montais les marches, croisant au passage un garde un peu plus jeune que moi. Je lui souriais, le connaissant pour les quelques séances d'entrainement que j'avais effectué avec lui, ainsi que deux trois tournées à la taverne. Il était moche, mais très sympathique et était bien amusé par mon comportement libéral et excentrique. De sa voix un peu caverneuse, il me héla avec un sourire.

Tiens, t'es là toi !
Tu as du courrier d'ailleurs. Tu devrais aller y jeter un coup d'oeil, c'est arrivé il y a deux semaines.


Tiens, du courrier ? Peut-être Elian'Ha, cela faisait un moment que je n'avais pas eu de ses nouvelles. Ou alors un autre de mes contacts qui étaient en mission d'informations pour moi. Il y avait beaucoup de possibilités. Me baladant presque tout le temps, je n'avais pas à proprement dit un lieu de résidence, Fort Bastel me servant de base mais j'y passais rarement plus de quelques jours, et ce tous les deux mois. Pour le reste, j'avais quelques tavernes ou bordels où l'on pouvait me laisser des messages, mais mes parcours n'étaient jamais écrits à l'avance. Aussi, à part si on me connaissait bien ou que je donnais des indications, il est très difficile de savoir où je vais bientôt atterrir. Je remerciais le jeune Garde, le raillant un peu au passage avec malice.

Salut Klaad ! Merci, je vais regarder ça rapidement. Et entrainement dans deux heures pour toi, j'ai l'impression que t'es plus bouffi qu'avant, ha ha ha !

J'évitais agilement une volée dans ma tête en riant, marchant d'un pas plus leste et rapide pour finir les quelques marches. Je retrouvais ma zone où je pouvais trouver un lit. Il n'y avait pas énormément de femmes, aussi il était facile pour moi d'avoir toujours un lit de disponible quand je venais. Je rentrais dans la salle, allant vers mon petit panier à courrier. Il y avait en effet une lettre pour moi, et toute sourire je la décachetais en voyant qu'elle provenait de ma chère Elian'Ha. Cependant, à mesure que je lisais la courte missive, mon visage se décomposait et mes expressions devinrent graves.

Elian'Ha Lullaby a écrit:
Elian'Ha Lullaby a écrit:
à l'intention de
Tullia
Elian’Ha

.
Tullia,

J’ai foiré… j’ai baissée ma garde et ils m’ont retrouvés. Je n’ai pas le temps pour nos codes et je ne sais pas si cette lettre arrivera jusqu’à toi. Je l’espère de tout mon cœur car tu es mon dernier espoir. J’ai réussi à me cacher dans les plaines de Féravel… je tiendrais autant que le temps puisse m’accorder, mais Tullia… si tu ne viens pas, je suis condamnée. Je ne pourrais pas rester caché longtemps, j’ai entraîné la plupart de mes poursuivants et je sais qu’ils vont me retrouver.

Fais néanmoins attention à toi, je ne voudrais pas qu’il t’arrive malheur…

En espérant que tu ai cette lettre,

Elian’Ha.

Une sueur froide, une sensation de vide.... puis une foule d'émotions me traversèrent. Peur, colère, questionnement, confusion... La peur, a survit. J'avais peur, peur pour ma soeur. Tout se passa très vite ensuite. En un éclair j'avais repris mes affaires, dérapais presque sur le sol humide du couloir pour foncer vers la salle d'infirmerie. Je pourrais quelques gardes, sautais des escaliers et prenais des raccourcis improbables. Comme la rampe d'escalier... J'arrivais toute haletante devant le Garde médecin, et son assistant mage. Ils furent surpris de me voir ainsi, mais je ne lui laissais pas le temps de me poser des questions.

Gaylord ! Gaylord ! J'ai besoin de bandages, et de baumes de soins d'urgences, vite !

Sans attendre non plus qu'il me donne une réponse, j'allais aussi vite fouiller dans leurs placards et leurs tiroirs. Véritable ouragan, je prenais tout ce qui me tombait sous la main, et tout ce dont je me souvenais qui pourrait être utile. Et tout ça, sous le regard ahuris du Garde qui était immobile, trop surpris pour faire quoi que ce soit.

Hein ? Mais qu'est ce...

Dérapant en manquant encore de me ramasser, je filais vers la porte, attendant quelques secondes pour prendre congé.

Pas le temps de t'expliquer, dit au Commandant que.... Je reviendrais faire mon rapport une autre fois. Encore merci et salut !!

Je disparaissais, sous le regard médusé du médecin et du mage. J'avais pris avec moi deux rouleaux de bandages, une fiole de fortifiant et deux fioles de soin. Je fourrais tout cela dans ma besace, courant toujours mais pour aller vers la cour. Là, ne décélérant pas le moins du monde, j'allais vers l'écurie pour prendre le premier cheval sellé à portée de main. Reprendre le mien n'était pas possible, il était dans son box bien tranquille pour un repos mérité. Mais pas le temps. Je vis un cheval scellé, un grand bai prêt à partir. Sans faire le moindre cas qu'il puisse être pour un autre Garde, je le détachais et montait dessus. Mais le véritable utilisateur, un Garde un peu vieux mais surtout connu pour être ronchon et à cheval sur les principes, se manifesta en beuglant et en me prenant presque le pied.

Hé ! Mais ça va pas non  ?!

Fronçant des sourcils, je le foudroyais du regard et lui donnais un furieux coup de pied pour qu'il me lâche. Bien différente de ce que je pouvais montrer habituellement à Fort Bastel, je montrais un visage bien plus violent et dangereux, ma voix étant aussi tranchante qu'une lame et ma mise en garde pleine de promesse de mort. Finis la joyeuse et malicieux petite Tullia, voici le visage du Corbeau si bien connu pour ses lames faciles.

Non, ça va pas du tout justement ! C'est une question de vie ou de mort, alors pousse toi ou je t'écrase ! Yhaaa !!!

Je talonnais le cheval, qui partit plein cul-galop en dehors du Fort. Je gardais un rythme très vif, pensant en même temps au temps qu'il me restait. Elle disait être dans les plaines de Féravel, c'était à une journée de cheval d'ici. En crevant le mien et en effectuant un changement, peut être que j'arriverais avant la nuit. Deux semaines... C'était long, TRES long... surtout en sachant qu'Elian'Ha était enceinte. Être traquée dans son état, c'était comme faire une course avec des chapes de plomb. Même si ma soeur était très efficace et mortelle comme assassin, elle n'était pas vraiment à son avantage. Il me restait plus qu'à arriver vite là bas, réussir à la retrouver avant les autres. Mais Féravel... C'est grand quand même.

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Posté Dim 10 Déc - 11:29

Alors qu’elle se dirigeait vers Fort Bastel pour aller voir sa sœur, Elian’Ha était tombé dans un traquenard tendu par les corbeaux. Piège dans lequel elle était tombé tête la première. Ce qui suivit sa capture fut l’enfer… D’abord ce fut un interrogatoire sur le père de l’enfant, sur la mission qu’elle avait raté et sur ce qu’elle comptait faire de la « fâcheuse conséquence de ses actes ». Drôle de manière de nommer la venue d’un être au monde. Enfin ! S’en suivit ensuite quelque chose de moins…. Joyeux : la torture. La rousse ne parlant pas, il avaient dû trouver un moyen plus… forcé, pour avoir leur réponse. Réponse qu’ils n’eurent pas. Même mieux, elle se moqua ouvertement de leur incompétence et elle le regretta. Elle et sa grande gueule. Il faudrait qu’elle apprenne à se taire. Un jour peut être.

Un soir, alors qu’on l’avait laissé attaché sans surveillance -grosse erreur- elle utilisa une de ses épingles à cheveux pour se libérer. Elle utilisa ensuite le peu de temps qu’elle avait pour envoyer une lettre à une certaine personne et fuir ensuite en espérant que cette dernière ai bien la lettre. Elle avait ensuite quitté le QG des Corbeaux avec le plus de silence possible, avant de se diriger vers la place où elle devait se rendre au début. Sauf qu’elle fut surprise par un Corbeaux qui était de garde et elle n’eut pas le temps de l’arrêter qu’il prévenu ses compères.

Décidément, rien ne s’était passé comme prévu. Il y avait d’abord eu cette mission qui avait foiré et voilà que maintenant elle venait d’échapper aux Corbeaux qui fut un temps ses alliés. Mais c’était finis désormais. Désormais, elle courait sous la pluie, blessé et faible, pour  échapper à ses poursuivants. Comment avait elle pu être aussi stupide ?! Cependant, elle n’avait pas le temps de s’insulter. Elle devait fuir tout en laissant des pistes pour que Tullia puisse la retrouver.

C’est ainsi qu’elle fini sa course dans une grotte. Elle s’était mise en hauteur de façon à être tranquille des araignées qui au moins lui servirons de chien de garde. À cette pensées Elian’Ha se mit à rire jaune. Dieu qu’il lui en était arrivé des choses…. Et elle aurait aimé se passer de la moitié d’entre elle. Sa main se porta presque inconsciemment sur son ventre et elle se mit a pleurer. C’était la première fois que cela lui arrivait et peut être pas la dernière. La mort de son enfant allait la changer. Le fait qu’elle soit enceinte l’avait déjà changé en soit. Elle s’était légèrement adoucie malgré le fait qu’elle ai tenté de le cacher. Néanmoins, là… c’était différent. On lui avait arraché une partie d’elle. Une partie qu’elle n’était pas sur de retrouver.

Puis là, elle voulait juste être retrouvé par sa seule famille. Tullia. C’était la seule avec qui elle était bien. La seule avec qui elle pouvait parler, avec qui elle pouvait être elle. Tout simplement. Elle était avec Tullia, ce qu’elle n’avait jamais été avec personne : proche. Elle pouvait tous lui dire sans être jugé ou dégoûté. Elle était plus jeune que la rousse, mais elles se parlaient comme si elles avaient le même âge et la même expérience. L’elfe sourit en repensant à leurs doux moment. Dieux que cela lui manquait…

Après un petit moment, elle chercha dans son sac une pomme qu’elle commença à croquer, le jus s’écoulant de la morsure faites plus tôt. Elian’Ha regarda la perle transparente descendre pour s’échouer sur son doigt rougeâtre sous le froid. Elle frissonna et souffla, regardant les alentours. Les grottes n’étaient pas connus pour leur chaleur. Elle prit une couverture qu’elle enfila en grimaçant, se posant contre le mur, elle finit sa pomme avant de soupirer. Elle avait écrit la lettre à Tullia il y a quoi ? Plusieurs semaines ? Du coup elle ne devrait pas tarder. Du moins elle espérait. Elle avait cassé des branches, écrit sur des rochers, laisser des traces de sang de façon à ce qu’elle seule puisse deviner où elle était. De plus, elle avait mis sur sa lettre une odeur qu’elle avait mis aussi sur les indices. C’était léger, mais cela lui permettrait de savoir que c’était elle qui les avaient laissé.

Elle s’endormit sur cette pensée, épuisé par ses deux dernières semaines et par sa fuite. Se blottissant donc dans la couverture, elle se recroquevilla contre elle-même dans un gémissement de douleur, avant de tenter de dormir malgré la faim et la douleur, se demandant combien de temps elle pourrait encore tenir. Deux ? Trois jours ?

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Posté Dim 10 Déc - 20:11




Sauver le soldat Elian'Ha
Ou les Lames de la Vengeance


Le cheval courait, et je réfléchissais. Elian'Ha était une personne intelligente, et nos habitudes épistolaires nous avaient habituées à se préparer à ce genre de cas d'urgence. Je savais quoi chercher, ou plutôt... Quoi sentir. Des symboles mais également des odeurs très présentes avaient été convenus. Des amrques à la craie, une manière de casser des branches... Toutes les missives que je recevais d'Elian'Ha avaient également une odeur particulière. Un genre de parfum, plus comme un extrait de plante légèrement âcre et épicé en même temps. Une combinaison particulière que je savais caractéristique de ma soeur. Pourquoi un tel procédé, pourrait on se dire... Tout simplement parce que ma soeur savait qu'avec la malédiction que je portais, mes sens étaient plus développés, comme mon odorat. Je me rappelais mieux de ces choses, d'un goût, d'une odeur, d'un bruit plutôt que de paroles ou de phrases écrites. Comme un chien de chasse en fait. Mais je n'avais pas honte de cela. J'avais totalement conscience de ce que j'étais, et me savais plus vraiment humaine. Tant que j'avais des avantages utiles, c'est tout ce qui m'importait.

Dans chaque région de Thédas, nous avions convenus d'endroits spécifiques où déposer des indices. Et pour la plaine, je connaissais plusieurs endroits. Une grotte, un champs près d'un village, un muret à un croisement de route... Je perdis une bonne journée à chercher ces différents endroits, sans trouver pour autant les marques spécifiques aux bons endroits. Est ce que trop de temps était passé ? Avait elle eu l'occasion de déposer les indices ? J'étais pleine de doute, la course du soleil et mes résultats infructueux ajoutant à mon stress et à mon malaise grandissants. Lors de mon dernier point de passage, les sous-bassements d'un vieux pont entre deux vallées, je soupirais, restant toujours sans indice.

Elian'Ha... où es tu ....

Je réfléchissais, sachant que le temps était contre moi. Il me restait encore trois endroits à vérifier, ensuite de quoi... Je devrais aller demander directement aux habitants de la région. Mais cela pourrait alerter les Corbeaux plus que de nécessaire, et mettre encore plus en danger Elian'Ha. Il allait bientôt faire nuit, je devais me hâter. Mon cheval commençait à fatiguer également, je devrais probablement bientôt en changer. Mais je verrais au lever du jour. La Lune était levée, à son trois quart montant. Les nerfs à fleur de peau, l'obscurité n'aidant pas, je sentais ce mosntre en moi prendre petit à petit le dessus. Je n'osais même pas imaginer si je n'arrivais pas à trouver Elian'Ha. Ce qui pourrait se passer.... Mon semblant de raison et de bon sens en avait des sueurs froides. J'arrivais enfin à un autre point de marquage. Un rocher, en dehors du chemin, dont la particularité était des veines plus foncées qui le rendait distinguable. La marque devait être située à un endroit précis, comme pour chaque endroit. Et là, mon regard s'illumina. Une légère gravure, un peu teintée de violet par le mélange de sève des plantes odorifières. Par réflexe, je mettais mon nez dessus pour l'identifier. Je fronçais des sourcils, ayant comme un éclair qui me traversait le corps . Mon sang se glaça, l'odeur étant... inhabituelle.

Mais, cette odeur...

Il y avait bien l'odeur caractéristique des lettres de ma soeur, mais également... du sang. SON sang. Une trace imperceptible, mais avec le temps et mon métier, j'étais devenue particulièrement sensible à l'odeur du sang. Ce la m'aidait d'autant plus à distinguer s'il était humain, nain, elfe, animal ou bien d'une engeance. Mais le sang d'Elian'Ha...
L'odeur du sang, la peur pour Elian'Ha et le stress de la traque m'avaient fait virer de bord, passant totalement d'une personne à peu près normale en prédateur motivé par des instincts primaires. Perturbée, je me sentais comme face à un combat, l'adrénaline coulant dans mes veines et me dictant une conduite peu digne des Gardes. Je souriais maintenant presque machinalement, ce sourire de prédateur appuyé par un regard excité et inquiétant alors que je me relavsi pour rejoindre mon cheval. Je n'étais plus vraiment moi même, montant et talonnant mon cheval, cherchant les pistes suivantes de manière frénétique. Beaucoup d'émotions contradictoires se bousculaient en moi. Le soulagement d'avoir retrouvé la trace de la soeur, la peur de la savoir blessée, mais également le plaisir de la traque qui faisait bouillir mes veines. L'instinct avait pris le dessus, et une chose était sûre...
La Chasse pouvait commencer.:
 

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Posté Dim 10 Déc - 21:11

Se réveillant après plusieurs heures de sonlong songes, elle ouvrit doucement les yeux pour regarder ce qu'il se passait en bas. Les araignées ne se souciaient guères de son existence. Elle avait trouvé une pauvre victime à dévorer. Dans une grimace, elle détourna son regard pour regarder désormais son ventre dans un profond silence. Elle aurait voulu le voir naître, l'éduquer, le gronder quand il faisait une bêtise... Lui chanter une chanson... Elle ferma les yeux et se mit à fredonner lentement une chanson. Sa mère la lui chantait il y a longtemps et c'était la seule qu'elle avait garder en mémoire. Des larmes se mèlerent à sa voix, la rendant quelques peu tremblante. Puis, lentement, elle se mit à repenser au passé:


Elgara vallas, da'len
Melava somniar
Mala taren aravas
Ara ma'desen melar


C'était un soir de la nouvelle année, la neige tombait encore en cette période de l'année. C'était l'anniversaire d'Elian'Ha et pour cette journée toute particulière, la mère avait préparé une belle soirée avec une belle tenue pour ce qu'elle avait prévu. Pour cette occasion, elle l'avait coiffé avec une tresse qu'elle avait fait passer au dessus de ses cheveux tel un bandeau, y ajoutant des fleurs blanches. Elle l'avait un peu maquillé et habillé d'une magnifique petite robe blanche qui touchait le sol avec une cape ivoire. La robe avit des brodures grises ornées de perles et de fleurs.


Iras ma ghilas, da'len
Ara ma ne'dan ashir
Dirthara lothlenan'as
Bal emma mala dir


Elles s'étaient ensuite dirigé vers une maison allumé de toute part. Sa mère ouvrit la porte laissant place à une petite assemblée. Il y avait ses amies, les parents de ceux-ci, mais plus que tout, il n'y avait pas son père/ Elle savait qu'elle allait passer une excellente soirée. Sans disputes, sans coups, sans verres qui se cassent au sol dans un bruit assourdissant. C'était vraiment une magnifique pour la jeune elfe qui retenait ses larmes comme elle pouvait en serrant sa robe. Elle était heureuse. Pour la première fois depuis longtemps.


Tel'enfenim, da'len
Irassal ma ghilas
Ma garas mir renan
Ara ma'athlan vhenas
Ara ma'athlan vhenas


La soirée continua dans la joie et la bonne humeur. Jusqu'au moment des cadeaux. Sa mère chanta la chanson qu'elle lui chantait depuis qu'elle était toute petite. C'était une chanson dalatienne que sa mère lui chantait et la mère de sa mère lui chantait aussi. Elle passait d'une femme à l'autre dans la famille. A la fin, elle donna un rouleau contenant les paroles à Elian'Ha. Cette chanson, c'était son héritage.

Retournant dans le présent, Elian'Ha rouvrit les yeux et essuya ses larmes. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas pensé à ce moment, car ce jour là fut son dernier jour de bonheur. Le lendemain, elle tuait son père habillé de cette même petite robe qui devint rouge du sang de son géniteur. Car cette soirée lui avait fait prendre sa décision: elle devait libérer sa mère de ce bourreau.

Les yeux de la rousse perdirent de leur éclat, devenant morne. Le bonheur. Elle en avait été privé. Elle ne verrais jamais son enfant naître, vu les coups qu'elle avait subit, elle était même pas sur de pouvoir en avoir d'autre. Les corbeaux lui avaient donnés un sens à la vie, mais désormais, alors qu'elle venait d'en trouver un autre, ils venaient de la détruire. Elle n'avait plus envie de rien. Elle alla même jusqu'à ce demander si cela valait la peine d'être sauver.

A y penser, elle conduisait Tullia dans un grand danger. Pourquoi lui avait-elle envoyer cette lettre ? Alors qu'elle était enfin tranquille, il avait fallu qu'elle lui demande de la retrouver... N'était-ce pas mieux de la libérer de tout ça? De la libérer d'elle ? Elle n'en savait plus rien. Tout ce qu'elle voulait désormais, c'était s'endormir et ne plus se réveiller. Cela serait tellement bien. Plus de douleur, plus de peine, plus de larmes. Juste. Plus rien. L'illusion était si douce... L'envie si forte... Pourtant une chose la retenait... Cependant, elle ne saurait pas dire quoi...

note: c'est la mère d'Elian'Ha à partir de la deuxième qui chante
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Posté Dim 10 Déc - 22:18




Sauver le soldat Elian'Ha
Ou la vengeance des lames.


Le piste remontait plus vers le nord, en suivant les indications criptées sur la pierre marbrée. Je retrouvais à quelques kilomètres de là un autre indice, avec toujours cette odeur de sang à la fois inquiétante et excitante. Une autre piste, mais la nuit était noire, je ne pouvais plus utiliser mes yeux convenablement. J'avais peut être un odorat plus développé, mais ma vision nocturne n'avait été réellement améliorée que pendant et quelques semaines après mon retour des Tréfonds. Depuis, ils étaient redevenus normaux, simplement plus attirés par les mouvements. Mes recherches allaient être mises en suspend, jusqu'au lever du jour. Mais le Créateur et toute sa clique était peut être avec moi ce soir. Le vent se leva légèrement, et au détour d'une brise une odeur âcre et métallique vint effleurer mes narines. Mon sang ne fit qu'un tour, reconnaissant l'odeur de sang d'Elian'Ha. Je souriais, mon corps tendu comme un arc et de nouveau pulsé par l'excitation.

Haaaa.... Cette odeur de sang....

Je poussais presque un grognement de satisfaction, cherchant l'origine de l'odeur. Celle ci était plus puissante que les marques, mais cela ne sentait pas le sang frais. Et il n'y avait pas cette odeur épicée du mélange des plantes. Etrange... Je remontais la piste, prenant mon cheval. Je mis presque une heure à remonter la piste, arrivant au détour d'une forêt de plaine. J'entendis des voix, et par réflexe je stoppais mon cheval, l'attachais et partais à pied. Furtive, J'étais en chasse, d'un groupe d'individus qui portait quelques torches mais marchaient de manière organisée, discrète et... familière. Les habits, cette même odeur de cuir Antivan... Des Corbeaux. La Raison me dirait de rester à distance et d'observer. Le Bon Sens me soufflerait qu'il serait dangereux de s'attaquer à un groupe de 5 Corbeaux sans savoir s'ils ne sont pas plus nombreux. Mais Vengeance, Violence et Bête me firent bondir en avant quand l'odeur du sang d'Elian'Ha se fit plus entêtant. La paire Hakkon était de sortie, et en un rien de temps ces dagues se retrouvèrent plantées dans la nuque du Corbeaux le plus proche, puis dans la gorge du mage qui se trouvait à portée de mains. Ils sursautèrent tous et firent un bond en arrière, se mettant en formation de combat. Ce qu'ils avaient devant eux avait de quoi faire frémir. Le regard fou, un sourire carnassier sur mon visage, des traces de sang encore frais sur mon visage que je goutais du bout des doigts. Une voix douceureuse et charmante, qui faisait froid dans le dos.

Tiens tiens, des oiseaux égarés ? Cela tombe bien, j'ai un petit creux, fu fu fu ~....

Un rire, puis je bondissais de nouveau dans la bataille. C'étaient des Corbeaux entrainés, mais pas forcément à se battre contre l'un des leurs. Ils n'étaient pas des assassins très expérimentés aussi je réussis à atteindre leurs membres inférieur avec Hakkon. Pas de quoi les blesser grièvement, mais le poison paralysant allait rapidement faire son effet. L'adrénaline et l'appel du sang me donnaient plus de réactivité, la colère et l'envie de violence plus de cruauté. Sur les 3 autres restants, je réussis à en tuer un et les deux autres étaient à terre, ne tenant plus sur leur jambe et leurs bras commençant à trembler. A croire que ce petit cocktail amélioré des Tréfonds était efficace sur les Corbeaux ! Même si j'utilisais toujours la même base que les Corbeaux, je savais qu'ils s'immunisaient (comme moi à l'époque) à leur effet. Changer la composition et trouver d'autres poisons m'avait permis de leur échapper pendant ma longue fuite, et je continuais à prendre des doses minines de poison des Corbeaux, au cas où. Mais là, aucun soucis, je n'avais pas une coupure et j'étais plutôt en jambe. Mon corps vibrait de cette envie de tuer, de ce sentiment de pouvoir... J'en oubliais presque Elian'Ha en fait. M'approchant d'un d'entre eux, le regard cruel et le sourire moqueur, je sentis d enouveau l'odeur du sang de ma soeur, ce qui augmenta ma colère. D'une voix froide et pourtant si civilisée, je leur intimais leur futur destin, caressant du bout des doigts la peau de leur cou.

Douce, douce mélodie du fond de la nuit ~.... Allons, mes petits oiseaux n'ayez pas peur. Mais faites moi plaisir... Criez, hurlez à l'agonie pour moi , ha ha ha ha !!

Je riais, et commençais ma terrible besogne. De la torture, alors qu'ils ne pouvaient bouger et qu'ils ressentaient toujours autant la douleur. Cela dura jusqu'au lever du jour. Au début ils ne dirent rien, ravalant leurs larmes et expressions de douleur par leur fierté de Corbeaux. Mais j'étais douée, et je prenais plaisir à continuer. L'odeur du sang, l'envie de les entendre crier de douleur me faisait frissonner. Au cours de l'interrogatoire, l'un d'entre eux mourru, et ce fut le tour de l'autre. Plus jeune et plus sensible, il finit par me cracher quelques informations entre les dents, se voulant sarcastique mais ne terminant son héroïsme que dans le pitoyable gargouilli du sang qui l'étouffait. Ils étaient donc bien sur la trace d'Elian'Ha, mais l'avaient perdu. Scindés en deux groupes, ils ratissaient la région, espérant la trouver dans l'un des réseau de grottes. Je reprenais mes affaires, soulagée d'avoir passé ma colère et ma frustration sur eux. Mais Elian'Ha restait en danger, encore plus si un autre groupe de Corbeaux continuait de rôder et d'être à sa recherche. Pourvue qu'ils ne l'aient pas encore trouvé. Ce serait bête, quand même ~ ...

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Posté Lun 11 Déc - 19:38

Tandis qu’elle était perdu dans ses pensées, un bruit l’en fit sortir abruptement. Regardant autour d’elle, elle entendait des bruits de pas et il n’y avait pas qu’une seule personne. Ils étaient plusieurs et parmi eux, elle en reconnut un à sa voix grave et portante: Will. S’il y avait une personne qui n’es l’aimait pas chez les Corbeaux, c’etait bien lui. Will était aussi violent et dévastateur qu’un dragon et il avait une haine envers les femmes et la rousse ne faisait pas exceptions. Surtout quand elle avait refusé ses avances en se moquant de lui. Autant dire que cela avait attisé le feu et n’avait rien aidé dans leurs relations.

D’un côté, cela ne l’etonnait Pas qu’il soit parmi ses poursuivants, mais de l´autre, il aurait dû se trouver à la porte d’ici du ponant  ce pour encore quelques semaines! Cependant, elle n’eut pas le temps de se poser plus de question: ils étaient proches et les araignées allaient finir en charpie. Si tôt dit, si tôt fait, un sort d’electricite Fut lancé et Elian’ha se reçut une décharge, la faisant tomber au sol dans un cri de douleur. Ils l’avaient retrouvés.

Les regardant s’approcher, l’elfe se recula au maximum en serrant la couverture contre elle. Elle finit rapidement son trajet contre le mur, les regardant s’approcher. Elle se voyait désormais comme le lapin encerclé par les renards. Comme l’agneau servis aux crocodiles. Elian’Ha espérait du fond du cœur que Tullia arrive rapidement. Son espérance de vie se réduisait considérablement. Alors qu’elle attendait un coup, il n’arrive rien. Regardant Will, elle compris pourquoi: il souriait. Il en avait pas finis avec elle et il le faisait comprendre.

Un signe envers les deux autres Corbeaux et ceux-ci prirent la jeune femme et ils la soulevèrent pour qu’elle soit debout. Ils la rapprochèrent ensuite de son bourreau, ce dernier lui prenant le menton entre ses doigts. Il lui leva le visage, avant de regarder son état. Plus il voyait ses blessures, plus il souriait. S’en était dérangeant. Il était de toute façon dérangé et fou pour Elian’Ha.

« J’adore te voir comme ça. Mais dit moi, c’est quoi ta spécialité? Le chant? Dans ce cas, chante pour moi. »


La suite devient peu glorieux, la grotte subissant Les échos des cris de douleur de la rousse. Cela dura plusieurs heures, avant que la pauvre victime s’evanouisse à bout. Lui donnant quelques instants de répits. Will soupira et l’attacha avant de la pendre par les poignets. Ses cheveux complètements lâchés étaient sales et mal coiffés; ses vêtements étaient en lambeaux et il y avait du sang sec et frais sur son corps pleins de terre et de poussières. En plus des multiples blessures anciennes et neuves.

Il ne l’avait pas loupé et quand elle se réveillerait, l’homme ferait en sorte qu’elle le supplie d’en finir et de prendre sa vie. Cependant, la femme avait sa fierté et jamais elle n’es supplierai pour sa vie ou pour sa mort. Elle attendait seulement qu’on vienne l’aider... avant qu’il ne soit trop tard. Mais une chose était sur: ils allaient mourir. SI ce ńetait pas de la main de sa sauveuse, ça serait de sa main. Elle ferait en sorte de s’en Sortir, nul ne sait comment encore, puis de les tuer. Jusqu’au dernier.
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Posté Mer 13 Déc - 21:49




Sauver le soldat Elian'Ha
Ou la vengeance des lames


Je remontais la piste, le soleil s'était levé depuis peu. Des grottes, il devait bien y en avoir dans les parages. Les maigres aveux du corbeau n'étaient pas suffisant, et je du de nouveau recourir à mon instinct et à mon odorat. Cette odeur d'Antivan, cette odeur de sang... Comme un chien d'arrêt je remontais la piste, pour arriver devant une grotte. Vide. Je longeais la petite falaise de vallée, voyant plus loin des chevaux attachés à des arbres. Les autres Corbeaux ? Il n'y avait pas de symbole, mais l'odeur du cuir était là, fraiche. Et l'odeur du sang. Mes oreilles entendirent des bruits sourds provenant de la petite entrée de la grotte. Des bruits masqué par la pierre. Comme une ombre, je rentrais avec discrétion dans la caverne. A mesure que j'entrais dans la gueule du loup, je pouvais entendre les échos des conversations, des coups, mais également différentes odeurs. Celle de la peur, l'humidité, le sang... Les araignées également, il devait y en avoir dans les parages. A force d'avoir été dans les Tréfonds, j'avais appris à reconnatr l'odeur de certaines créatures. Les Engeances, les chattemites, les Ogres, le nain sortant de la taverne et bien entendu, les araignées. J'entendais des choses, mais mon sang bouillait déjà. Cete odeur de sang, si familière, si... fraiche. Mais mon sang ne bouillait pas d'un envie carnassier, mais de colère et d'envie de meurtre, de cruauté. Ce sang était celui de ma soeur, et vu tout ce que j'avais senti, ce n'était pas bon signe. J'arrivais enfin à la pièce principale, par un boyau plus petit, me cachant derrière un rocher à quelques mètres. Il y avait plusieurs corbeaux, autour d'un corps qui était martelé de coups. Celui de ma soeur. Qui ne bougeait plus. Les corbeaux discutaient entre eux, mais je n'entendais rien. Il était temps à présent que la pièce sente la peur et le sang. Mais plus celui d'Elan'Ha. D'un seul coup, comme touchée par la foudre, je frappais. Sortant de ma cachette en dégainant l'une de mes dagues Hakkon, je la lançais pour atteindre en pleine poitrine l'un des Corbeaux, qui se la pris en plein coeur et s'effondra. Les autres se retournèrent, surpris. Ils ne savaient pas à quelle furie ils allaient avoir affaires avec. Je souriais, toujours aussi cruellement qu'avant mais avec un regard froid et meurtrier.

Vous me laissez me joindre à votre petite fête ?

Je ricanais, prenant à ma ceinture une fiole de la taille  d'un poing. Là, je la jetais contre la paroie derrière les Corbeaux, provoquant une grande flambée de feu et de la lumière dans la grotte. Là, ont put voir plus loin l'ombre des araignée s'agiter, ainsi que leurs cliquetis courroucés et le grincement de leurs griffes sur la roche. Je ricanais, haussant des épaules comme si de rien n'était.

Ne m'en veuillez pas, je rameute quelques amies, ha ha ha HA HA HA !!!

Je riais comme une démente, me jetant dans la mêlée en même temps que les araignées se jetaient sur les premières proies à portée: les Corbeaux. Ce moment de répit fut suffisant pour pousser une des Corbeaux sur les araignées et récupérer le corps inerte de ma soeur. Avec la force de l'adrénaline, j'arrivais à la porter avec rapidité sur le côté, derrière un des rochers. Je n'avais pas beaucoup de temps avant qu'une des araignées ou un des corbeaux ne s'attaque à nous. Là, je regardais le corps faible et presque méconnaissable d'Elian'Ha. Elle était sale, pleine de coupures et d'ecchymoses. Elle puait le sang. Puait oui, car son sang n'était pas une odeur agréable pour moi. Cette odeur apportait la peur et la colère, pas le plaisir. Je touchais son visage, sa peau étant dangereusement froide. Mais elle avait un pouls, son coeur battait encore. Je jetais un rapide coup d'oeil sur la caverne, la situation n'étant pas en notre faveur. Je commençais à secouer et à donner des tapes sur la joue d'Elian'Ha, l'appelant désespérémment.

Elian'Ha, réveille toi ... C'est pas le moment, debout !

Mais rien à faire. Je du même la lâcher et bondir sur le côté, pour repousser une des araignées. Sales pestes que celles-ci... Leur seule utilité, ce sont leurs glandes venimeuses qui font un superbe poison. Elles n'étaient pas difficiles à repousser quand on avait le truc, et les Tréfonds ça grouillait tellement qu'on ne pouvait passer outre. Je repoussais donc une ou deux araignées, mais les Corbeaux se débrouillaient bien eux aussi. Bientôt, il ne restera plus que nous, et je n'étais pas certaine de pouvoir défendre toute seule ma soeur contre eux. Les tuer et survivre, je pourrais. Mais sans qu'il s'en prennent à ma soeur au passage.... Un Corbeau, c'est fourbe. Comme moi ~ ...



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Posté Mer 13 Déc - 23:20

Des bruits, des sons, des combats. Elian’Ha entendait tant de choses, mais elle ne voulait qu’une chose : ne plus rien entendre. Elle voulait que tout s’arrête. Pourtant, une chose lui fit ouvrir les yeux : la voix de Tullia. Regardant où elle était, la rousse se rendit compte qu’elle n’était plus au même endroit. Elle se redressa en grimaçant, regardant ce qu’il se passait plus loin. Les araignées se faisaient petit à petit décimé par les deux corbeaux et Will. Elle n’avait cependant pas la capacité, ni l’envie de se battre. Elle voulait simplement partir et dormir. Se reposer. Elle était vraiment fatiguée de tout cela.

De plus, tout ses muscles étaient courbaturés. Ils lui disaient de lâcher prise et de se reposer. Elle se faisait vielle avant l’heure. Elle regarda Tullia, allant prendre la manche de cette dernière en la tirant doucement, elle se releva et se redressa en grimaçant.

« Je ne serais pas d’une grande aide, mais je ferai ce que je peux… »


Soufflant grandement, elle prit une dague qu’elle trouva au sol de la première victime. Elle regarda la lame et sa main trembla. Elle serra néanmoins un peu plus la poignée, regardant ensuite le nombre d’opposant qu’il restait : Les deux corbeaux, dont un visiblement empoisonné et quatre araignées. Elle laisserait les araignées pour plus tard. En effet, elle était immunisée de leur poison. C’est ainsi qu’elle se jeta sur un des corbeaux qu’elle maîtrisa plutôt rapidement malgré ses blessures.

Cependant, il se passa quelque chose d’étrange, voir même de complètement irrationnelle : elle ne put pas le tuer. La dague se leva, mais elle ne s’abattit pas sur la femme qu’étais son adversaire. Sa main tremblait, mais elle restait bloquée en l’air. Pourquoi ?! Pourquoi n’arrivait-elle pas à tuer la personne qui l’avait blessé ? Elle avait perdu son enfant à cause d’eux !

Mais elle savait pourquoi. Justement car on avait tué son enfant, elle ne voulait pas tuer l’enfant d’un autre. C’était peut-être pathétique pour beaucoup, mais pour Elian’Ha, c’était beaucoup. Elle perdait son plaisir de tuer. Ils lui avaient tous enlever : son enfant, son envie de tuer. Ils l’avaient brisé et même en pensant comme ça, la lame ne voulait pas pénétrer la chair de son bourreau. Tout ce qu’elle put faire fut de l’assommer.

Elle se lava ensuite et cacha son visage de sa sœur. Elle ne voulait pas la voir, elle ne voulait pas voir son regard. Que penserait-elle en voyant qu’elle était devenue faible ? En voyant qu’elle ne pouvait plus tuer ? Aurait-elle honte ? Se moquerait-elle d’elle ? Pire ! L’abandonnerait-elle à son sort ? Les larmes se mirent à couler sur ses joues, tandis qu’elle essayait de contrôler sa voix pour pas montrer son émotion :

« Je m’occupe des araignées… Je ne crains rien d’elle.  »


Ainsi, elle se dirigea d’un pas lent sur les araignées dont elle s’occupa. Elle entendait Will se moquer de son incapacité à tuer et qu’il était ravi de lui faire cet effet-là, mais elle savait que même la colère ne l’aiderait pas à tuer. Non. Elle en était désormais incapable. Pourrait-elle un jour retrouver cette envie ? Elle ne le savait pas… Elle espérait, mais elle en était incertaine.

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Posté Ven 15 Déc - 19:09




Sauver le soldat Elian'ha
Ou la vengeance des lames



Elian’Ha s’était réveillée et relevée, pour ma plus grande joie. Un sourire s’affichait sur mon visage, ne pouvant cacher l’excitation et le plaisir du passé retrouvé. La nostalgie des combats en compagnie de ma formatrice et sœur, que de bonheur en cet instant ! Elle voulut prendre part au combat, en s’attaquants aux Corbeaux. Je la laissais joyeusement faire, trouvant que ce n’était que justice après ce qu’ils devaient lui avoir fait. J’éloignais donc les araignées, sans que cela soit trop un problème. A l’instar d’Elian’Ha j’étais immunisée, une obligation pour ceux qui maitrisent l’art du poison et doivent déambuler dans les Tréfonds. Il ne faudra pas d’ailleurs que j’oublie de prendre sur leur cadavre quelques glandes à venin. Si précieuses pour la confection de poisons mais également de remèdes. Alors que je débitais joyeusement des araignées et m’occupais assez rapidement de ce gros porc de Will, les choses ne se passèrent pas comme prévues.

Elian’Ha, qui était une professionnelle et la meilleure tueuse que je puisse connaitre, était là avec son arme levée, suspendue comme une épée de damoclès au-dessus de sa proie mais sans l’abattre. De l’hésitation ? Pourquoi ? Etait-elle si faible et épuisée que cela ? Je le regardais avec surprise, fronçant des sourcils. Elle devait sérieusement être faible, ou malade, ou sous le choc, ou…. Possédée… Saletés de mages ! Elle était perturbée et encore sous un sort, ça devait être ça. Elle ne pouvait pas être faible, pas elle. Je vis Elian’Ha se détourner, semblant se remettre de son hésitation après avoir assommé le Corbeau. Elle disait vouloir s’occuper des araignées maintenant. Alors que je tranchais la gorge du troisième Corbeau, j’acquiesçais, non sans la regarder avec des yeux de merlans frits et d’une voix quelque peu déstabilisée et moins joyeuse.

…. D’accord….

Le dernier Corbeau encore debout avait vu la réaction d’Elian’Ha, et il ne se priva pas pour l’en moquer, alors qu’il était le seul débout avec quelques araignées mourantes. Sa voix me hérissa, un son graveleux et malsain qui me mettait d’autant plus en colère.

Alors, la terrible tueuse est devenue faible ? Ha ha ha… urg !

Il ne put terminer son rire de bauf’ des Landes, car il se prit en pleine mâchoire un coup de poing, suivis d’un coup de genou dans le torse. Le souffle coupé, il baissa sa garde et me permit de pouvoir l’envoyer valdinguer au sol. Ça fait plaisir, surtout quand du coup il se tait !

La ferme le porc, quitte à mourir, meurt en silence.

Je sautais sur lui pour le plaquer, dégainant Hakkon pour lui planter dans la main. Il étouffa un cri de douleur, et tenta de me mettre sur le tapis. Mais le poison était rapide. Sur le papier il était peut-être plus fort que moi dans la puissance brute, mais le poison paralysant sur mes lames rendaient déjà ses mouvements moins précis, sa force moins bien calculée. Presque en mêlée, l’échange de coups ne dura quelques longues secondes. Pour finalement laisser un Corbeau par terre, au bras tremblant et ayant du mal à bouger. J’avais pour ma part plusieurs coupures sur les bras, mais rien de grave et le poison des Corbeaux ne m’était pas inconnu. J’aurais une belle fièvre ce soir, rien de plus. Mais lui n’était pas dans le même état. A ma merci, je souriais, assise sur lui pour continuer à le bloquer, le temps que le poison fasse totalement effet.

Bien bien bien, qu’allons-nous faire à présent. L’envie de t’égorger sur le champ ou de te faire souffrir me taraude tour à tour…..

L’amusement était terminé pour lui. Il n’avait plus personne sur qui compter dans cette grotte, et l’autre partie de sa patrouille avait été éradiquée plus tôt dans la nuit par mes soins. Les araignées ne nous importunaient plus, si ce n’est pas l’odeur fétide de leur sang qui commençait à emplir la caverne. Will fulminait, laissant la colère être la seule compagne de sa frustration. Il commença à nous insulter, pour tout ce qu’il pouvait faire à présent.

Bandes de folles ! Vous allez toutes crever, on ne vous laissera jamais en paix bande de sales …

Oups, ma main a glissé ~… Sa phrase se termina par un nouveau crochet du droit dans sa tête, sa lèvre éclatant au passage. Retour des choses, il m’avait balafré ma belle bouche ce sale corbak. Si je perds ma beauté, il me reste plus grand-chose pour attirer les gens dans mes pièges à la taverne. Donc un bon pain dans la tête, c’est le minimum syndical qu’il méritait pour avoir parlé et souillé mon corps.

Que de vilaines paroles, et si peu de manières… Mais venant d’une si vilaine bouche et d’un si vilain personnage, à quoi peut-on s’attendre de mieux ha ha ha !

Je riais, car c’est vrai qu’il était moche. Pas étonnant qu’Elian’Ha ait refusé ses avances, avec une tête de cul pareille ! Je jetais un coup d’œil vers elle d’ailleurs, voyant un triste spectacle. Elle était vraiment mal en point. Tant physiquement que mentalement, cela se voyait dans son regard. On sentait la fougue et la détermination brisée. Cela me donna des sueurs froides, et j’eus de nouveau envie de torturer ce malpropre pour ce qu’ils avaient fait. Je ne savais pas ce qu’ils avaient fait exactement à ma sœur, mais pour la simple intention d’avoir voulu toucher à un seul de ses cheveux il devait souffrir mille morts. Mais il fallait qu’il parle également. Sauf qu’un Corbeau, par principe, c’est entrainé à ne pas parler. A moins de faire un arrangement avec lui, ce sera difficile. Et nous devions savoir exactement qui était le Maître assassin des Corbeaux qui avait mis la tête d’Elian’ha sur le billot. Le tuer, c’est donner plus de temps et de sécurité à Elian’Ha, pour que ses traces disparaissent de nouveau. C’est ce que j’avais fait pour moi, et depuis j’étais relativement tranquille. Mais le fait que je voyage beaucoup et de façon aléatoire aidait à brouiller les pistes. Pour elle, cependant… Il allait falloir la cacher le temps qu’elle se remette. Et comment le faire parler…

Que faire, que faire…. Ho je sais ! Elian’Ha, je peux jouer à un jeu avec lui, dis ? Il ne nous dira rien facilement, sauf si on a un argument de taille. Et j’aimerais le tester… Qu’en dis tu ?

Je me tournai vers Elian’Ha, un grand sourire et les yeux qui brillaient d’excitation et d’amusement. Oui, j’avais eu une idée, ça allait être amusant ! Enfin, pour moi en tout cas, pour lui moins je pense…




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Posté Mer 27 Déc - 6:21

Elle n’en revenait pas. Elle, surnommé la Reine Sanglante ou la Beauté empoisonné n’était désormais qu’une pauvre femme blessée et meurtrie. Triste comédie tragédie qu’elle était désormais. Pourtant, elle adorait tuer. Elle savait pourquoi. Regardant ses mains tremblantes, elle prit une grande inspiration avant de fermer les yeux. Elle se reprit et s’occupa donc de ses cibles sans souci. C’était du menu fretin pour elle. Ce ne fut qu’à la fin que ses blessures la rappelèrent à l’ordre et elle se laissa tomber dans une grimace. Elle appuya sa tête contre le mur en fermant les yeux, n’écoutant même pas la voix du porc un peu plus loin. Elle voulait juste qu’il se taise. Rouvrant les yeux, elle regarda Tullia avec un regard fatigué.

Oui, elle l’était. Elle n’avait pas dormi depuis plusieurs jours, presque rien mangé et sa gorge était sèche, n’ayant rien bu depuis un petit moment. Son corps et son esprit était à bout et elle savait qu’elle allait lâcher. Elle se releva néanmoins et se dirigea vers sa sœur en regardant avec haine le rat en bas. Si un regard pouvait tuer, ce dernier serait déjà mort de puis longtemps. En attendant, même si elle ne pouvait pas tuer, sa consœur elle le pouvait. Mieux, elle pouvait torturer et sa demande fit légèrement sourire Elian’Ha d’un sourire mauvais.

« Fais toi plaisir. J’ai vu un petit lac pas loin, je vais aller m’y désaltérer et enlever la terre sur moi… »


Aussitôt dit, aussitôt fait, elle sortit de la grotte et alla au petit lac. Elle en avait profité pour piquer des vêtements à un corbeau, les siens étant en lambeaux et puant le sang. Se déshabillant, elle entra dans l’eau en frissonnant sous la fraicheur, poussant même une exclamation de surprise. Elian’Ha s’habitua rapidement et elle entra entièrement dans l’eau. Se délectant de cette sensation d’eau plus ou moins propre sur son corps, elle se reprit rapidement et entreprit d’enlever la crasse sur son corps et dans ses cheveux. Là, elle se retrouvait.

Elle sortit et se sécha avec des vêtements d’un autre corbeaux qu’elle n’utiliserait pas, avant d’enfiler les vêtements. Le haut était trop petit au niveau de la poitrine, si bien que le premier bouton avait éclaté et le bas la moulait trop et comme elle n’avait pas de sous-vêtements… Elle grimaça. Tant pis, elle ferait avec pour le moment. La rousse mit une cape autour de ses épaules et elle attacha ses longs cheveux mouillés en une haute queue de cheval, avant de retourner dans la grotte pour voir ce qu’il s’y passait.

Le bain de minuit l’avait un peu remis sur pied et la fatigue était partie pour le moment, lui laissant un peu de répit. Assez pour fuir. Du moins l’espérait-elle. Retournant près de Tullia, elle ne prit même pas la peine de voir si Will était mort ou pas, elle s’en moquait. Là, elle ne voulait qu’une chose et elle le fit : elle enlaça la garde des ombres comme si ça vie en dépendait. Enfouissant son visage dans le vêtement de sa sœur et amie, elle se mit à pleurer silencieusement.

Pleurer n’était pas chose commune pour elle. C’était même la deuxième fois qu’elle pleurait de sa vie. Cependant, là, elle en avait besoin et pour qu’elle montre à Tullia ses larmes, c’est qu’elle avait vraiment confiance en elle. Retirant les dernières larmes sur ses joues, elle se redressa et regarda la jeune femme.

« Je veux partir…  »



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