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Posté Ven 1 Déc - 13:52


Une voiture, manifestement Orlésienne et tirée par une paire de chevaux fort bien coiffés, fit son entrée dans la cour de Fort-Céleste. Le conducteur annonça aussitôt :

- Le Marquis de Serault !

Aussitôt le véhicule arrêté, une porte s'ouvrit à l'arrière. Un jeune homme arborant une longue cape bleue et une tenue digne d'un Lancelot du pauvre en sortit.
Directement après que le noble en armure soit descendu de la voiture, un immense rapace en sortit en poussant des cris, aussitôt suivi par une nuée de servants paniqués. Les gardes postés près de l'entrée ouvrirent la bouche d'un air béat en voyant l'immense oiseau s'envoler.
Imperméable à l'agitation créée par la sortie de l'animal, Vael éclata d'un rire sonore.

- Laissez-le se dégourdir les ailes, enfin ! Il sera sûrement de retour dans la journée, dit-il avec un accent Orlésien à couper au couteau.

En s'arrêtant à Val Royeaux sur le chemin, l'étal d'un marchand animalier des Anderfels avait attiré l'attention du jeune noble. Le négociant s'était débrouillé pour l'embobiner et Vael s'était retrouvé, on ne sait trop comment, à acheter un Hibou grand-duc de la forêt Bréciliane, espèce rarissime nécessitant de grands soins. La prestance de l'oiseau reflétait bien l'image qu'il voulait montrer au grand public, celle d'un noble fort et dangereux. Malgré les tentatives de son majordome pour l'en dissuader, il avait insisté pour embarquer le hibou avec lui à Fort-Céleste.
En somme, un voyage bien agréable pour Vaël, un peu moins pour ses servants qui avaient dû passer le rester du trajet à nettoyer les déjections que laissait la nouvelle lubie de leur maître à l'intérieur de la voiture.

- Allez, inutile de rester plantés ici. Gabriel, voyons voir à quoi cela ressemble à l'intérieur.

Gabriel, le majordome de la famille de Serault, sentait une formidable migraine naître à l'intérieur de son crâne.
Le fils du Marquis avait dû venir à la place du Marquis lui-même suite à quelques empêchements. La mission était simple, et avait été répétée à Vael des dizaines de fois durant le trajet. Il fallait convaincre l'Inquisition de bien vouloir négocier un partenariat avec la région de Serault, qui se remettait tout juste de décennies de complète misère.
Tous les arrangements avaient déjà été faits par Gabriel et la très efficace équipe de servants de la Maison de Serault, mais il était tout de même inquiet. L'alliance entre Serault et Fort-Céleste reposait actuellement entièrement ou presque sur les épaules d'un abruti qui préférait acheter des hiboux et se coiffer devant un miroir plutôt que lire des traités de politique. Il sentait des cheveux blancs apparaître sur son crâne rien que de penser aux conséquences que cela aurait sur le domaine si Vael ne se comportait pas convenablement auprès des dignitaires de l'Inquisition. Il fallait prier le Créateur que le séjour se passe bien.

Suivi de Gabriel et de deux servants, Vael pénétra dans le hall principal de l'Inquisition. Il regarda l'immense plafond de pierre, la gigantesque voûte en berceau surmontée par les arcs en plein-cintre, les robustes et imposantes statues de pierre, les torches fixées au mur, les vitraux brillants, la lumière filtrant par ces derniers et colorant délicatement les dalles de nuances subtiles, et déclara :

- Fait pas chaud-chaud.

Tout occupé à chercher un feu ou une cheminée des yeux, il ne remarqua pas l'arrivée d'un servant portant l'insigne de l'Inquisition, qui s'inclina poliment :

- Nous sommes honorés de vous recevoir à Fort-Céleste, Ser de Serault. Je vais vous guider jusqu'à vos quartiers respectifs, je vous prie de me suivre.

On guida la petite équipée d'Orlésiens frigorifiés jusqu'à leurs quartiers - les servants logeaient dans les quartiers appropriés, tandis que Vael avait une chambre confortable (bien que mal décorée à son goût) à l'étage réservé aux invités. Le jeune Orlésien passa l'après-midi à déambuler dans le château, admirant les alentours pittoresques et la vue que lui offrait le fort, dominant les Dorsales de sa grandeur.
Au bout de quelques heures de pérégrinations et de conversations polies avec les habitants du château, Vael réalisa qu'il commençait à s'ennuyer un peu. Ses pas l'avaient guidé jusqu'à l'étage de la bibliothèque, situé juste en-dessous de la volière. Sitôt qu'il eût franchi le pas de la porte, un servant sembla le reconnaître et se dirigea vers lui, l'air légèrement irrité.

- Ser de Serault, nous vous cherchions.
- Qu'y a-t-il, mon brave ?
- Une des personnes travaillant à la bibliothèque s'est plainte de la présence de... déjections de hibou sur son matériel de travail. Si ce n'est pas trop vous demander, Ser, pourriez-vous rappeler votre animal à l'ordre ?

Sacré Hubert. Vael avait profité de l'après-midi pour finalement décider d'un nom à l'animal - à la base, il était censé s'appeler Gabriel, mais son majordome semblait ne pas être d'accord, pour une raison étrange. L'Orlésien sortit un sifflet en bois fin de son manteau et souffla dedans. Dans une mare de protestations et de soufflements agacés de la part des personnes travaillant dans la bibliothèque, des battements d'aile retentirent et l'immense hibou grand-duc survola l'étage pour venir se poser sur l'avant-bras de Vael, qui afficha un sourire ravi.

- Alors, Hubert, on est sorti se dégourdir les ailes ?

- S'il vous plaît, ne laissez pas votre hibou aller dans la bibliothèque à l'avenir.
- Bien, bien.

Le jeune homme fit quelques pas dans la bibliothèque tandis que l'intégralité des personnes présentes priait pour que cet Orlésien et son hibou de malheur s'en aillent. Malheureusement, le Créateur n'était pas de leur côté ce jour-là.
Il s'arrêta devant une alcôve proprette où se trouvait un plan de travail sur lequel étaient posés des livres probablement précieux et beaucoup de notes. L'ensemble était tapissé de crottes d'oiseau. Un jeune homme brun, manifestement un mage, sembla remarquer son arrivée.

- Oh... Ce sont vos affaires ? Je suis vraiment désolé pour le comportement de mon hibou, son éducation est manifestement à refaire, ha ha...

Le jeune héritier essaya d'arborer un sourire aussi photogénique que possible pour prouver sa bonne foi, mais le mage ne semblait pas particulièrement soulagé par ses excuses.
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Posté Sam 23 Déc - 2:21
Fort-Céleste, chapitre 1Ft. Vael de Serault

Un Orlésien - et un hibou - à Fort-Céleste


Une bonne journée, apparemment. Dorian avait bien avancé sur ses travaux relativement personnels. La bibliothèque était calme, les gens lui fichaient la paix, et aucun chantriste à l’horizon. Juste une petite rouquine qui pointa le bout de ses oreilles vers la table où il travaillait. Le thaumaturge leva alors ses yeux graves sur elle, avant de se plisser, comme s’il sentait qu’une autre personne était sur le point de débarquer pour la chasser de la bibliothèque, son père peut-être.

Tiens, salut.


Elle restait relativement silencieuse à regarder ce qu’il faisait, soit captivée par ce qu’il écrivait, soit perdue au milieu de tant de chiffres et de lettres. Mais Mireï ne quitta nullement son sourire de niaise, ce qui soulignait dans les deux cas une fascination incomparable. Considérant plutôt la seconde option, Dorian claqua des doigts pour la réveiller ; la petite sursauta.

Il te faut quelque chose, Mireï ?

Heu .. E-en fait, je .. Je me demandais .. enfin ..


Un sourcil s’arqua à force de l’entendre bafouiller des mots comme elle pouvait. Conservant tout son sérieux, Dorian attendait la dernière partie de sa phrase, qui viendrait sans doute dans quelques années. Enfin, il ne pourrait pas l’aider à aller plus vite, il ne lisait pas dans les pensées. Elle regardait l’ouvrage avec hésitation, comme si le toucher avec les yeux était déjà un crime en soi. Dorian soupira, se laissa aller contre le dossier de sa chaise et croisa les bras.

Si ça peut aider, dis tout en un bloc et pose-toi les questions plus tard.


Mireï inspira un long moment et s’apprêta enfin à répondre, mais elle se découragea au premier essai. Un profond soupir suivit alors son inspiration trop grande. Elle serra les poings, ferma les yeux et, de toute sa volonté, elle retrouva l’usage de la parole.

Je voudrais – enfin j’aimerais bien – enfin je ne vous oblige pas à accepter, mais ..

Mireï.

A-apprenez-moi la magie !


Un silence passa entre les deux, et parcourut la bibliothèque, même. Certains regards s’étaient alors posés sur eux deux, ce qui plissa les sourcils alors redressés de surprise de prime à bord du nécromancien. Ah oui, on n’aimait pas trop la magie dans le sud. Il était vrai que Dorian ne s’était jamais vraiment posé la question sur le sujet : enseigner la magie. Il était enchanteur, mais tout de même. La petite elfette baissa la tête, comme si elle avait dit la plus grosse bêtise du monde – ce qui, étant à Férelden, pouvait s’avérer être la chose la plus absurde du monde en tout cas.

Je .. j’aurais pas dû –

Tout dépend de ce que tu souhaites apprendre.


Les regards se dissipaient autour d’eux, sans doute parce que celui du thaumaturge s’était fait sévère à leur encontre. Et bon, il avait fait une promesse à son défunt frère, et il était homme à tenir ses engagements, donc bon. La petite réfléchit un instant, comme gênée de pouvoir dire une fois dans sa vie le fond de ses pensées à quelqu’un d’autre qu’elle-même. Mais Dorian n’avait pas tant le temps que cela d’attendre qu’elle se décide vraiment – surtout que généralement, le choix ne se fait pas comme ça en claquant des doigts. Il se leva et se dirigea vers une étagère en particulier. L’avantage d’avoir aidé les mages à Golefalois était que pleins d’entre eux avaient laissé des livres de magie en ces lieux. Enfin, pas vraiment en ces lieux. Dorian se dirigeait vers la porte et, constatant que Mireï restait plantée là à le regarder partir, poussa un soupir en s’étant arrêté.

Bon, tu viens ou pas ?

Heu .. O-oui !


Un mélange indescriptible de bonheur et de surprise parcourait les traits de son visage de jeune femme, avant qu’elle ne se décide à rapidement le rejoindre vers la sortie. Ils descendirent les escaliers, traversèrent le hall pour prendre d’autres portes et d’autres escaliers. Tout ça pour les conduire dans une salle que tout le monde semblait avoir un peu oublié, une salle qu’adorait visiter Dorian, de temps à autre – surtout parce qu’avec le manque de vie, il y faisait très froid.

C’était une seconde bibliothèque, avec des étagères pleines à craquer d’ouvrages qui montaient jusqu’au plafond. Un vrai paradis, malgré les toiles d’araignées un peu partout. Le regard de Mireï était autant émerveillé que celui du thaumaturge la première fois qu’il y a mis les pieds. Et pour dire, c’était toujours autant impressionnant.

Le nécromancien s’approcha donc d’une étagère en particulier, celle qui avait le moins de toiles. A croire qu’on l’utilisait tout de même.

Alors, qu’est-ce qui te tenterait le plus de prime à bord ?

Je .. ne saurais dire.


Tourné vers la rouquine, il s’appuya contre l’étagère en croisant les bras.

Généralement, la palette de magie que l’on apprend reflète la palette de notre personnalité. Typiquement, j’ai choisi d’apprendre la pyromancie car je suis .. relativement réactif.


Pour ne pas dire que déjà très tôt, il brûlait les autres camarades quand il ne pouvait vraiment pas les supporter. Il avait toujours pris pour habitude de laisser ses émotions et ses avis exploser sans forcément les contrôler d’une quelconque manière, ce qui pouvait clairement se retrouver dans l’utilisation de la magie du feu.

Je suis également nécromancien parce que je suis une personne vicieuse. Mais après, tu n’es pas forcément contrainte d’apprendre la magie, tu peux aussi l’étudier. C’est un peu mon travail, d’ailleurs. Après, une base élémentaire serait tout de même recommandée.


A ces mots, il s’empara de trois livres dans l’étagère, à différentes hauteurs en tout cas, et les présenta à Mireï.

Comme expliqué avant, il y a la pyromancie, mais pour le coup il faut vraiment faire attention avec cette magie-là, mais tu as aussi la cryomancie, le maniement de la glace, ou l’électromancie, le maniement de la foudre.


Mireï analysa chaque couverture avec attention, mais elle semblait indécise. Pas dans le choix en lui-même, mais un autre choix. Après tout, ses parents n’étaient pas au courant qu’elle avait des capacités magiques, et ils ne les aimaient pas tellement, à vrai dire. Constatant ce silence qui pourtant lui en disait beaucoup, Dorian posa les livres sur l’espèce d’autel dédié aux livres avant de revenir vers elle, la saisissant aux épaules sans se vouloir être trop busque.

Hey, qu’est-ce qui te tracasse là-dedans ?


Il savait où était le problème, mais Dorian préférait qu’elle le dise elle-même, ça libérerait un minimum ses pensées. La petite souffla par le nez, la tête légèrement baissée. Elle économisait son souffle, comme si elle se retenait de pleurer.

Mes parents vont me tuer s’ils l’apprennent…


Tiens, c’était amusant ça : Dorian avait déjà entendu cette phrase franchir ses propres lèvres, mais dans un tout autre contexte. Cacher quelque chose en soi pour éviter de passer de sales quarts d’heure sous le regard réprobateurs d’autrui, ce n’était jamais évident, surtout quand celui-ci venait des parents. Ce fut au tour du Tévintide de soupirer pour lui-même, avant de lui caresser la tête.

Il faudrait déjà qu’ils l’apprennent. Et puis dans la vie, on fait ce qu’on a envie de faire, et ce, sans s’amuser à perdre son temps à contempler le jugement des autres. Est-ce que tu as envie d’apprendre la magie, Mireï ?

Oui, mais mon père ..

On s’en fiche de ton père dans cette histoire. Ce n’est pas à lui que je pose cette question. Et puis tant qu’à faire, il n’a pas à te forcer à être quelqu’un que tu n’es pas. Il devra t’accepter telle que tu es, et tant pis pour le reste. S’il n’est pas content, il n’a qu’à s’en aller. On n’empêche pas une fleur de s’épanouir seulement parce qu’on n’aime pas la couleur de ses pétales.


Se rendant compte qu’il venait de mélanger deux discours complètement différents, Dorian s’éloigna un peu, histoire de retourner prendre ces trois fameux livres. Le sujet de la famille était sans doute encore tendu pour lui. Le thaumaturge se racla la gorge quand il revint vers l’elfette.

Je me suis un peu emporté, excuse-moi.

Non .. Je veux apprendre.


Elle s’approcha alors du thaumaturge et s’empara sans trop trembler du livre sur la cryomancie. Une fois fait, Dorian revint vers les étagères et reposa les deux autres livres. Puis il donna une tape sur l’épaule de la jeune fille et se dirigea vers la sortie.

Tu sauras que si l’envie te prend de vouloir étudier, tu peux venir ici. Par contre, je ne te recommande pas de trop souvent venir à la bibliothèque en haut, si tes parents te trouvent là-bas avec moi ils vont se douter de quelque chose. Après, rien ne t’empêche de passer.

O-oui, je ferai gaffe !


Après lui avoir adressé un sourire, Dorian sortit de la salle, finalement rapidement suivi par la rouquine. Elle avait déjà beaucoup à apprendre, en tout cas. Mais cela lui était bien égal, après tout. Il remonta les escaliers qui conduisaient à la bibliothèque, mais s’arrêta en cours de route, constatant une certaine agitation dans la salle – chose curieuse, c’était une bibliothèque après tout.

Et quand il arriva, il comprit aussitôt pourquoi. Ou alors, justement pas.

Une fois entré dans la salle, un silence étrange prit place. Certains murmures persistaient, mais le brouhaha général s’était arrêté. Les yeux plissés, Dorian s’avança dans la bibliothèque. Il aperçut alors une chantriste avec un balai en train de courir après un immense oiseau. La chose la plus inquiétante restait que cet endroit se trouvait être non loin de son coin de travail. Et son visage se crispa quand il aperçut le carnage.

Quatre mois de recherche. Il venait de perdre quatre mois de recherche à cause d’un vulgaire piaf.

…Laissez-le-moi.


Il s’empara alors de son sceptre qu’il pointa aussitôt vers le grand hibou, le tout en hurlant en tévène tout ce qui lui passait par la tête. Mireï essayait de le calmer, tandis que la chantriste tentait vainement de le retenir.

Messerah Pavus, je vous en supplie, gardez votre calme !

Mon calme ? MON CALME ?! Il va en tâter de mon calme ce piaf à la con !!!


Puis un autre personnage débarqua dans la bibliothèque, comme s’il avait passé son temps à courir dans tous les sens. Tous les regards alors s’étaient appuyés sur lui, sans doute un simple pauvre servant, qui poussa le soupir le plus long de l’histoire de l’humanité.

Oh non … Ne me dites pas que …


Le désespoir se lisait sur son visage, puis un brin de peur passa sur son visage quand il croisa le regard de braise de Dorian, qui avait déjà une grosse boule de feu dans une main. Croyant que celle-ci lui était destinée, la panique le traversa alors.

Non attendez, il n’est pas à moi !


Et enfin, une autre personne débarqua dans la salle. Les yeux plissés, Dorian hésitait vraiment sur qui l’envoyer, cette boule de feu. Aussi, ne pas causer d’incendie qui s’éparpillerait dans toute la tour serait sans doute quelque chose de bien. Sans doute. Un noble orlésien. Cela s’était ressenti dans trois éléments différents : sa posture, son allure et son accent. Il rappela magiquement son hibou vers lui, comme s’il était réellement le seul à pouvoir contrôler la situation – n’est-ce pas –, pendant que le pyromancien serra le poing, ce qui dissipa sa magie. Une autre fois, sans doute. S’il recroisait ce piaf de malheur dans ce foutu château…

Alors, Hubert, on est sorti se dégourdir les ailes ?

S'il vous plaît, ne laissez pas votre hibou aller dans la bibliothèque à l'avenir.

Bien, bien.


Tiens, il avait d’ailleurs deux ou trois mots à lui dire, à ce guignol arrogant autant que stupide. Alors, d’un pas relativement rapide, le Tévintide se rapprocha du petit groupe en les fusillant du regard. Il se demandait en boucle ce qui le retenait réellement de les brûler vif. Se trouvant alors à la hauteur de ses pauvres affaires souillées, il plaça une main dans son dos, l’autre tenant toujours fermement son sceptre.

J’espère pour vous que la fiente de piaf vous régale, parce que je vous préviens : vous avez intérêt à lécher toute votre merde étalée sur mes recherches. Et si je vois une seule tâche encore, vous êtes un homme mort, plus que ce que vous n’êtes déjà.

Oh... Ce sont vos affaires ? Je suis vraiment désolé pour le comportement de mon hibou, son éducation est manifestement à refaire, ha ha...

Il n’y a pas que son éducation qui est à refaire, MANIFESTEMENT.

Messerah Pavus, s’il vous plaît…

Ah non, vous ne commencez pas, vous !! J’ai le droit légitime d’être en colère contre ce gamin gâté qui laisse ses affreuses bestioles indisciplinées autant que lui faire n’importe quoi là où ça lui chante !!


A ces mots, le Tévintide grogna de colère en essayant de se relâcher, mais rien que de penser qu’il venait de perdre QUATRE MOIS de recherche, cela l’irritait davantage.

Quatre mois de travail et de recherche. Savez-vous SEULEMENT ce que cela REPRESENTE ?!


Là, Dorian l’attrapa au col de sa tenue et le rapprocha de lui. Suffisamment près au point de paraître relativement ambiguë comme situation, il parla à voix-basse, sans pour autant en perdre en acidité.

Maintenant, je vous recommande de vous barrer loin de cet endroit. Et si je recroise votre sale tête de bourge n’importe où dans Fort-Céleste, je vous crame vif, vous et votre volaille indisciplinée. Suis-je clair ?


Puis, après un moment à réellement prendre le temps d’analyser les traits de son visage, pour être certain de ne pas l’oublier au cas où il le recroiserait, il le lâcha brutalement et partit s’appuyer contre la barrière en bois qui cloisonnait la bibliothèque en le fixant froidement.

Mais avant toute chose, vous rangez le bordel que vous avez osé causer en ces lieux. Je vous observe. Et ne pensez pas confier cette tâche à un servant ou autre : c’est vous qui le faites. Compris ?


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Posté Ven 9 Fév - 12:21
Bon, d'accord : il avait vraiment merdé (c'est le cas de le dire, hahaha !). Mais en même temps, quelle idée de laisser tout son travail comme ça, à l'air, vulnérable aux attaques de volatiles ?
A voir la boule de feu qui avait commencé à se former au creux de la main du Mage, il était vraiment énervé. Fort heureusement, celle-ci se dissipa dès que Vael rappela son hibou à ses côtés.

Le mage à moustache se rapprocha rapidement du duo, hors de lui. Ce à quoi Vael ne s'attendait pas, c'était de se faire brutalement tirer par le col, se retrouvant quasiment nez à nez -et bien trop proche- du mage furieux.

- Maintenant, je vous recommande de vous barrer loin de cet endroit. Et si je recroise votre sale tête de bourge n’importe où dans Fort-Céleste, je vous crame vif, vous et votre volaille indisciplinée. Suis-je clair ?

Vael était tellement près du mage qu'il pouvait voir chaque pore de sa peau et chaque poil de sa moustache en détail. Moustache qu'il avait d'ailleurs très bien coiffée.

- Très... Très clair, oui, bredouilla le noble. Il fit un pas en arrière pour rétablir une distance décente entre eux deux tandis que l'homme s'adossait à un mur non loin de lui. Il espérait pouvoir en finir là avec la malheureuse rencontre, mais malheureusement, il n'était pas près de s'en tirer indemne. C'est... C'est vraiment moi qui dois le faire ? Un simple regard du type le dissuada de vouloir s'échapper. Bon, bon, d'accord.

Vael mettait tout dans l'apparence, mais contrairement à ce que ses bravades incessantes laissaient penser, il était assez facile à intimider quand la personne en face de lui était assez en colère. Exemple : Son père. Exemple : Un mage Tévintide menaçant de lui cramer la gueule. Il n'avait jamais aimé la magie, et ne tenait pas particulièrement à goûter à celle de ce type de plus près. Il fut contraint - LUI, VAEL DE SERAULT - d'aller demander du matériel de nettoyage dans les quartiers des servants, suivi de près par Hubert qui voletait gentiment autour de lui, inconscient des dégâts qu'il venait de créér.

- Ne l'écoute pas Hubert, tu n'es pas un hibou de malheur, roucoula Vael en remontant à l'étage. Malheureusement, le mage était toujours là. Il devait sûrement prendre plaisir à le voir nettoyer des déjections de hibou. Pervers.

Vael commença à récurer soigneusement la table, mettant de côté les papiers et autres grimoires couverts de saletés pour pouvoir nettoyer ce qui se trouvait en-dessous. Au bout de longues et douloureuses minutes de nettoyage de fientes d'oiseau, il brisa finalement le silence et s'adressa à l'homme qui le surveillait :

- Bon, et vous travaillez sur quoi, sinon ?
- Hou, ajouta Hubert.
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Posté Ven 9 Fév - 19:40
Fort-Céleste, chapitre 1Ft. Vael de Serault

Un Orlésien - et un hibou - à Fort-Céleste


Les bras croisés, Dorian tenta de retrouver un semblant de sérénité. Ah, la pire erreur à faire dans ce monde était de ne pas l’écouter, encore moins quand il était furieux. Ses premiers camarades de cercle ne pourraient jamais l’oublier, encore moins celui qui finit à moitié carbonisé. Une terreur, alors que le pyromancien était bien plus jeune qu’eux. Quelle comédie ! Tout cela pour rappeler que cette même braise de fureur étincelait dans ses yeux, alors qu’il se contentait de fixer sombrement le noble maladroit qu’il avait en face de lui. Elle semblait indignée, la pauvre petite chose qui restait bêtement plantée au milieu de la bibliothèque.

C'est... C'est vraiment moi qui dois le faire ? … Bon, bon, d'accord.

Dorian n’avait eu qu’à appuyer davantage son regard inquisiteur sur lui pour que toute envie d’esquiver cet ordre s’évanouisse. Il fallait dire que dans cette situation, le thaumaturge s’inspirait principalement d’une seule personne : sa mère. Exigeante, implacable et sévère. Ah, ce qu’il en avait souffert. Enfin, pas le temps de se rappeler d’autant sombres épisodes ; Dorian l’observa sortir de la bibliothèque pour chercher de quoi ranger. Il savait que ce petit, qui soudainement faisait moins le paon dans l’histoire – moins évident, après avoir bouffé ses chaussures incrustées de diamants –, oui, ce cancre allait revenir. Il avait suffi de lire dans ses yeux pour comprendre que le message s’était bien imprimé sur sa cochlée et sur son cerveau.

Soudainement, certains semblaient soulagés d’avoir une personne comme Dorian dans la bibliothèque. Personne ne savait vraiment comment gérer tout cela, et il vint, poussa une bonne gueulée remplie de menaces, et le calme revint plus ou moins. Voilà le fameux nobliau à deux sous qui revenait avec de quoi nettoyer. Quelques messes basses s’échangeaient dans la pièce, soudainement tranquille à nouveau. Certains le regardaient, l’air moqueur et dédaignant, d’autres étaient retourné à leurs occupations. Mais le thaumaturge, lui, ne bougeait plus d’un poil de moustache, le regard plissé et sérieux posé sur ce pauvre jeune homme. Enfin pauvre, quelle ironie.

Finalement, de le voir galérer à nettoyer un minimum devenait réellement pitoyable. C’était souvent difficile, de chuter de son piédestal imaginaire, tout ça pour laver des bouquins et une table de travail. Le piaf fixait ce qu’il faisait, sans réellement comprendre – en même temps, un oiseau ..

Puis, sans tellement de transition, il osa lui adresser la parole, pour faire la conversation. Cela se comprenait, le silence devenait réellement oppressant, surtout quand un Tévintide surveillait de près.

Bon, et vous travaillez sur quoi, sinon ?

Que faire, réellement répondre ou l’envoyer bouler, tout en lui rappelant qu’il était loin d’avoir fini et qu’il ferait mieux d’économiser son énergie ? Difficile à dire. Dans tous les cas, le thaumaturge laissa un silence passer entre la question et la réponse. Il gardait un ton grave, tandis que son œil s’amusait finalement à détailler ce qu’il avait en face de lui comme il prenait souvent l’habitude de faire.

J’étudie la magie. En l’occurrence, je travaillais sur quelque chose d’assez important et de trop compliqué à vous expliquer.

Dorian se pinça l’arête du nez en soupirant de plus belle. Les dégâts auraient pu être pires, selon lui, colossalement pires. Puis il se souffla à lui-même, pensif.

Heureusement que les livres étaient refermés. En revanche, les parchemins ..

Les parchemins seraient difficiles à récupérer, oui. Enfin, il fallait – tenter de – rester positif. Mais bon, il était vrai que le nécromancien n’était jamais contre un peu de discussion. Il était vrai que depuis son intervention, l’ambiance était pas mal retombée comparé à d’habitude.

Et que vient donc faire un Orlésien de votre trempe dans un endroit autant fade que Fort-Céleste ?


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Posté Sam 10 Fév - 19:45


Ah bon, c'était trop compliqué pour lui ? Il n'était pas assez intelligent, c'est ça ?
... En fait, c'était probablement le cas. Il n'avait jamais rien compris à ces histoires de magie élémentaire et de magie des failles et de magie entropique et, euh... tout ça. Beaucoup trop compliqué pour lui, et il n'était pas concerné. Lui, il avait des choses importantes à apprendre. Pas de place pour la magie quand on doit apprendre à monter à cheval comme un héritier compétent. Ou à gérer un marquisat. Enfin, tout cela pour dire : il ne connaissait rien à la magie. Il se contentait de la craindre.

Il ne prêta pas attention au commentaire du mage sur les parchemins, trop occupé à frotter une tache sur le sol plus tenace que les autres. C'était ça que faisait Gabriel toute la journée ? Pas étonnant qu'il ait cette tête-là. Il penserait à donner une augmentation au pauvre gars, un de ces jours. Surtout que maintenant, avec Hubert, il allait y en avoir des fientes d'oiseau sur le sol de la résidence. D'ailleurs, son père n'était pas au courant... Bon, le vieux pouvait attendre un peu. En plus, il était grand maintenant, il pouvait prendre les décisions qu'il voulait !
Son père espérait que ces décisions impliqueraient "prendre soin du marquisat et relancer son économie", mais pour l'instant, elle se limitaient à "faire l'abruti dans les grandes villes et acheter tout ce qui lui semblait exotique ou intéressant avec la fortune familiale". Tout le monde commençait quelque part.
Il y en avait juste qui commençaient plus bas que d'autres.

- Je suis venu demander un accord commercial entre nos deux, euh, entités. L'Inquisition, et le domaine de Serault. Vous avez sûrement déjà entendu parler de nous, ajouta Vael avec un sourire étincelant.

Frotte, frotte, frotte. Décidément, ces saletés partaient difficilement ! Mais Vael prenait sa punition à la rigolade, comme une activité amusante pour se distraire, comme toujours. Il préférait de loin ça à se faire cramer vivant par un de ces mages bizarres.

- C'est vrai que Hubert vous a bien sali votre espace de travail, mon pauvre ! commenta Vael comme si le désastre venait du hibou et pas des manières négligées de son propriétaire. Et vous alors, vous faites quoi ici ? Vous êtes Tévintide, non ?

Sacrés Tévintides. Toujours là où il y a du caca.
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