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Posté Jeu 16 Nov - 11:56






◇ Des nains en Dalatie ◇





Les tombes émeraudes, en plein cœur de la dalatie. Ce que j’appréciais particulièrement à Orlaïs, c’était la proximité de la culture elfique, puisque cette terre qui leur appartenait pendant plus de quatre siècles, a été reprise par les orlésiens après le second enclin. Encore une fois, la Chantrie avait causé leur perte, et réduis ces derniers en esclavage.

Aubert m’a prévenu à quel point les elfes pouvaient se montrer hostiles dans les environs, et qu’il était conseillé de les éviter si on en avait la possibilité. Pour la peine, il remit son mercenaire sur le coup pour veiller sur moi. Alors assise sur mon Hahl Dyrah, j’observais le ciel qui laissait filer la lumière entre les arbres au-dessus de ma tête. Je réfléchissais encore à la raison pour laquelle je ne pouvais pas me promener seule dans une forêt aussi tranquille que celle-ci. Je savais me défendre, et jusqu’ici cela ressemblait d’avantage à une balade de santé qu’autre chose. D’ennuis, je baissais les yeux vers mon compagnon de voyage, qui ouvrait la marche devant moi.





《 - Hordrin, c’est cela ? Vous êtes un mercenaire Nain ? 》





《 - Parce que j’ai l’air d’avoir une tronche d’elfe ? 》





《 - Hmm… Non vous êtes bien trop poilu. Mais vous venez d’Orzammar, vous travaillez pour une caste là-bas ? 》





《 - Non, je suis juste un mercenaire surfacien 》

Il avait le sens de la discussion, dites-moi. Mais peut-être qu’il ne connaissait pas aussi bien l’universel, il tiquait sur certains mots. Je me demandais s’il était plus facile de lui faire la discussion dans le langage de la pierre. J’aurais pu y penser plus tôt, mais je n’ai pas eu l’occasion de reparler cette langue depuis un bon bout de temps.





《 - Mercenaire surfacien, peut-être, mais mon fiancé m’a dit que vous venez du Thaig. Vous avez eu un problème là-bas pour vous retrouver ici ? C’est dommage, il paraît que les tréfonds sont sympas à visiter.  》





《 - Visiter ?! Les tréfonds sont souillées par les engeances, êtes-vous sotte au point de croire qu’il s’agit d’une balade de santé ?! 》

Il s’était retourné, pas trop tôt. Je n’avais pas vraiment pu observer l’énergumène depuis que nous étions partis de Hurlevent. Il n’était pas spécialement le plus simple de faire la discussion avec les nains venant des Sous-sols, ils étaient bornés et particulièrement irritables. Il me regardait, le visage crispé puis se remit rapidement en route.





《 - Calmez-vous, ne me dites pas que les engeances vous font peur, à moins de ne pas savoir vous servir de votre hache. 》

Je me demandais bien comment cela se faisait qu’Hordrin s’était retrouvé en surface. La plupart partaient faire leur commerce, les autres étaient exilés. Il ne devait certainement pas faire partie de la première catégorie.





《 - Je m’imaginais pas que vous parliez la pierre, les nobles Orlésiens sont d’une médiocrité. Mais je dois admettre que votre accent Antivan à son charme. 》





《 - Ooow ~ Vous avez donc deviné d’où je viens, je suis étonnée en bien.  》





《 - Mais que fait une naine Antivan dans la Noblesse Orlésienne ? 》





《 - J’ai simplement saisi les opportunités, voilà tout. 》

Notre chemin ne continua pas très longtemps, puisqu’une grande ruine elfique pointa le bout de son nez à quelques mètres de nous. C’était parfait pour commencer mon chapitre sur cette architecture riche et exotique. Je sautais de ma monture et avançais au niveau du mercenaire qui regarda cette ruine perplexe.





《 - Et donc vous écrivez un livre sur un tas de caillou effondré ? 》





《 - Effondré, oui et non. J’aimerais amener ma pierre à l’édifice en rédigeant un livre imagé pour l’université d’Orlaïs. L’architecture Naine m’intéresse beaucoup aussi, je ne renie pas mes origines, mais vous savez qu’on n’entre pas à Orzammar comme dans un moulin. 》





《 - Dépend par où vous passez, mais oui. 》





《 - Vous ne pouvez pas me faire entrer ? 》





《 - Je ne suis plus à Orzammar pour une très bonne raison, mais il existe de nombreuses entrées pour accéder aux tréfonds, il y a de nombreux thaigs abandonnés dans les sous-sols. 》

A défaut c’était une idée de venir à Orzammar par les tréfonds, mais vu que c’était rempli d’engeances il fallait faire très attention. Mais sans vraiment savoir pourquoi il semblait très bien renseigné, peut-être connaissait-il ces cavernes. Mais trêve de suspens, il fallait se mettre au boulot. J’avais quelques colonnes à croquer et des écritures à déchiffrer.

En m’approchant de la ruine, j’écartais quelques lierres ici et là qui gobaient presque les colonnes et commençais mes observations alors qu’Hordrin s’occupait du Hahl tout en guettant les environs. Insouciante, je commençais mes études, prit des notes, et observait ce qui semblait être la carcasse d’une première pièce.





《 - Et vous passez votre temps à voyager et dessiner ? 》





《 - J’étudie les lieux et l’organisation des habitats aussi. Par exemple, ici vous avez un reste d’évacuation des eaux, les elfes étaient ingénieux. 》

Je m’étais installée pour dessiner et en quelques traits, on pouvait deviner la forme de l’objet que j’observais devant moi. Le barbu s’approcha de moi et observa ce que je faisais avec une attention particulière, avant de complètement s’en désintéresser. Seulement, il préféra rester appuyé contre une colonne au lieu de s’asseoir et souffler un peu. Il devait être un combattant exceptionnel vu son endurance, mais je ne l’avais pas vu se servir de sa hache encore.

Entre deux coups de crayons, je le regardais du coin de l’œil. C’était la première fois que je me retrouvais seule avec un nain, et celui-là m’intriguait particulièrement. Mais je ne me doutais pas que nous n’étions pas seuls, contrairement à lui.  

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Posté Lun 20 Nov - 0:04

Des nains en Dalatie
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9:42 + Les tombes d'émeraude Il y avait une ambiance particulière dans les forêts dalatiennes et ce n'était pas uniquement l'impression de tomber sur des brigands à chaque tournant. Les plaines exaltées sentaient la guerre et la désolation et les ruines fumaient comme des fantômes d'un passé pas si lointain. On ne pouvait que se remémorer le triste destin des Dalatiens lorsque l'on foulait Dirthavaren et ses terres désolées. La forêt d'émeraude, en revanche, c'était une autre histoire. Les vestiges de la guerre y étaient plus fugaces, plus dignes peut-être dans leurs ruines de pierre rongées par la mousse et leurs statues majestueuses borgnes ou éclopées, à croire qu'elles avaient subi le même sort de ceux qui les avaient sculptées. À présent que ses adorateurs avaient rejoint les Créateurs dans l'Au-delà, qui se souvenait encore de la raison pour laquelle elles avaient été édifiées ? Même leurs visages avaient été effacés. Le temps était comme l'homme : sans pitié.

Ered avait choisi de traverser la forêt qui abritait les tombes d'émeraude pour rejoindre le sud d'Orlaïs, où l'attendaient plusieurs missions et deux de ses amis. Il avait emprunté ce même chemin la dernière fois qu'il s'était rendu à Val Royeaux ; c'était le plus court et le plus agréable à ses yeux. Pas le plus sûr, évidemment, avec tous ces shemlens plus ou moins honnêtes qui se baladaient dans le coin comme s'il leur appartenait, les bandits en tout genre... et les clans dalatiens. Ered savait qu'il devait marcher loin des sentiers les plus évidents pour éviter les deux premiers ; quant aux derniers il ne craignait pas de les rencontrer, mais il aimait voyager seul. Cela l'obligeait certes à esquiver les endroits susceptibles de cacher des groupes armés, mais il pouvait au moins prendre sa dose d'indépendance et d'asociabilité avant de se retrouver dans la foule oppressante d'une cité comme Val Royeaux.

Cette simple perspective le mettait sur les nerfs et Ered s'arrêta près d'un pilier presque entièrement déraciné pour reprendre son souffle et respirer l'air frais de la forêt. Ici tout lui semblait familier et très lointain à la fois. C'était l'effet de Din'adahlen. La forêt des morts. Ered posa la main sur le pilier qui penchait dangereusement mais restait malgré tout bien ancré dans le bout de terre qui l'empêchait encore de choir lamentablement de tout son long ; un bel exemple de ténacité. Ered espérait, comme la majorité des elfes, que leur peuple retrouverait un jour leur gloire passée. Bien sûr, rien ne pourrait effacer le tort qu'avaient subi les elfes, comme rien ne rendrait jamais à ce pilier son éclat d'antan, mais Ered et beaucoup d'autres étaient prêts à se battre pour récupérer ce qui leur appartenait, et cette forêt en faisait partie.

Il reprit sa route en suivant les vestiges de son peuple et les ruines essaimées ça et là le menèrent bientôt à une construction d'une plus grande ampleur. Peut-être une très grande demeure, ou un temple ? Ered ne distinguait pas de détails significatifs de là où il se tenait, mais il décida que c'était l'occasion de satisfaire sa curiosité tout en faisant une pause bien méritée. Après tout, il n'était pas à un jour près de marche, il pouvait bien s'accorder un moment d'exploration ou simplement de contemplation, et cet endroit qu'il surnommait Din'adahlen s'y prêtait tout à fait. Mais pour une forêt habitée par les trépassés, elle était bien peuplée : Ered entendit avant de les voir deux personnes qui discutaient, dans une langue qui lui était inconnue. En se rapprochant discrètement, il perçut quelques intonations, un accent âpre qui grondait et roulait comme la pierre. Durgen’len. Nains.

Il y en avait deux, à entendre les voix, un homme et une femme qui discutaient. Ou plutôt, la femme faisait la conversation et l'homme grommelait de temps à autre des réponses. Ered n'avait pas croisé de Nains depuis... fort longtemps. Il ne comprenait pas un traître mot de ce qu'ils disaient mais il lui semblait normal de vérifier qu'il ne s'agissait pas de pillards, même s'ils étaient plus nombreux que lui ; il pourrait toujours opérer une retraite stratégique s'il se sentait en danger. Il réussit enfin à s'approcher pour les distinguer, entre deux murs à moitié effondrés, et la vision le rassura. Le nain avait l'air bien armé mais l'autre ne semblait pas menaçante. Il devait rester méfiant, bien sûr : disons qu'au lieu d'être à deux contre un, il était à un nain et demi contre un. La plaisanterie involontaire sur la taille du peuple de pierre fit sourire Ered, mais il se garda bien d'afficher un air moqueur ou provocateur lorsqu'il sortit des ombres pour signifier clairement sa présence. Il lui semblait que le nain armé l'avait senti arriver et de toute manière, il n'avait aucun intérêt à leur sauter dessus sans prévenir.
– Salutations, Durgen’len. Excusez l'intrusion mais il est rare de voir des représentants de votre peuple sur nos terres.
Certes, Ered n'était techniquement pas sur ses terres, mais tout Dalatien était originaire de Dalatie alors il pouvait bien désigner la forêt comme sienne – gare au shemlen orlésien qui aurait le culot de le contredire. Et se réapproprier l'intrusion des deux nains était sa façon de leur signifier subtilement qu'ils n'étaient pas ici chez eux. Même si, contrairement à ces saletés de shemlens, les enfants de la pierre étaient connus pour leur amour des vestiges anciens et de tout ce qui était composé à plus de 50% de cailloux. Ered devait au moins leur reconnaître ça. Il existait néanmoins tellement de sortes de pillards qu'il ne pouvait s'empêcher de fixer avec méfiance la naine qui examinait les ruines.
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Posté Lun 20 Nov - 21:57






◇ Des nains en Dalatie ◇





En toute franchise je ne faisais pas attention à ce qui m’entourait à part mon objectif qu’était l‘exploration du lieu. Ce n’est que quand j’entendis grogner le mercenaire que je relevais les yeux vers lui, légèrement perplexe. Il fixait un point plus loin, et mon regard ne tarda pas à suivre le sien pour y découvrir un elfe logé entre deux colonnes.

Sur le coup de la surprise, je hoquetai d’étonnement car je ne m’attendais pas à voir cet elfe ici. Et il ne semblait pas vraiment être un innocent cueilleur de baies… La longue et profonde cicatrice qui ornait la moitié de son visage en disait gros sur lui. Cela ne signifiait rien de bon, mais je me devais de faire confiance à Hordrin dans cette situation, bien que je ne souhaitais pas que cela parte en affrontement ouvert.





《 - Salutations, Durgen’len. Excusez l'intrusion mais il est rare de voir des représentants de votre peuple sur nos terres. 》

à la suite de ses paroles, je devinais qu’il ne comptait pas se battre, mais cela n’empêcha pas mon partenaire nain de proliférer des menaces, à en voir : Il semblait détester les elfes.





《 - C’est un Dalatien. Une phrase de travers et je lui fais boire son propre sang. 》





《 - Non, attendez laissez-moi gérer cette affaire, il ne semble pas chercher l’affrontement. 》

Hordrin leva la tête au ciel, cherchant peut-être d’autres elfes potentiellement alliés à celui-ci et qui se maintenaient en position de décochage cachés parmi la cime des arbres. Il me semblait qu’à Orzammar ils parlaient l’universelle, mais manifestement ce nain-ci ne le métrisait pas entièrement. La langue de la pierre était parlée que par des nains de noblesse, serait-il donc possible qu’il est issu d’une caste élevée ?





《 - Atrast vala, mon ami. En effet, nous ne venons pas d’ici, J’étudie l’architecture elfique. 》

Les Dalatiens étaient connus pour se montrer hostiles envers les humains, surtout en provenance d’Orlaïs. Je comprenais mieux pourquoi l’on m’avait attribué un nain.





《 - Si vous ne voulez pas vous faire descendre je vous déconseille de dire que vous êtes Orlésienne. 》





《 - Le problème, Hordrin, c’est que je ne suis pas Orlésienne et vous le savez parfaitement. 》

L’elfe avait parfaitement sous-entendu qu’ils n’étaient pas les bienvenus, c’était pourquoi le mercenaire nain restait sur sa défensive. Il fit glisser son pied sur le sol et ressenti les vibrations à proximité. Cet Elfe était venu seul à leur rencontre, animé probablement par une curiosité mal placée de voir un couple de nain osciller les environs. Moi, personnellement, je ne savais pas trop quoi penser. Ce n’était pas habituel de tomber sur un dalatien, et encore moins dans ce qui faisait partie de la dalatie autrefois.





《 - Que voulez-vous ? 》

Hordrin ne voulait pas s’attarder à d’avantage de discussion, si bien qu’il fit un effort pour parler l’universel, mais uniquement pour que l’elfe comprenne ses menaces, pour rien d’autre.





《 - Pas d’histoires, ou je me ferai un plaisir de t’ouvrir la tête en deux. 》





- ça suffit, proliférer des menaces nous mènera nulle-part, Hordrin. Je ne cherche aucunement l’affrontement. 》

Elle se leva et fit quelques pas pour s’approcher de lui, sans avoir d’idées derrière la tête, juste pour lui signaler qu’elle ne souhaitait pas qu’une effusion de sang ait lieu.





- Excusez le comportement de mon partenaire, il ne souhaite pas se montrer aussi vulgaire. C’est juste qu’il a pour mission de me protéger et se méfie du moindre inconnu qui se présente à nous. Je me nomme Louhara, je suis Architecte. 》

Il ne devait pas être étonné que l’on s’intéresse à la pierre, après tout les nains adoraient leur élément. J’étais particulièrement attachée à nos traditions naines, bien que je n’avais pas vraiment connu notre civilisation. C’était pour cela que je voulais me rendre à Orzammar ou quelque part dans les tréfonds pour étudier l’architecture Naine. Si j’arrivais à faire publier mon livre, peut-être que je pouvais commencer mes recherches là-bas. Ce serait le rêve.

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Posté Dim 3 Déc - 1:06

Des nains en Dalatie
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9:42 + Les tombes d'émeraude Ered s'appuya contre une colonne en croisant les bras, dans cette pose nonchalante qu'il prenait habituellement pour écouter une conversation, l'air de rien. Sauf qu'il était au centre de ladite conversation, cette fois ; les deux nains arguaient entre eux dans leur langue natale, probablement pour décider s'ils l'écharpaient tout de suite ou s'ils discutaient d'abord. C'était cliché, ce "on tape en premier on questionne ensuite". Presque autant qu'un elfe dalatien se promenant en, voyons... en Dalatie, tiens. Ered faillit sourire quand le nain bourru jeta des regards méfiants autour d'eux, comme si d'autres elfes allaient sortir des buissons et sauter des arbres pour les prendre en embuscade. Mais cette méfiance était légitime ; Ered préféra ne rien dire. Etant lui-même d'un naturel prudent, il aurait été déplacé de sa part de se moquer... Et puis il préférait laisser le nain croire qu'il n'était pas venu seul et flipper au moindre bruit suspect. C'était, en plus d'assurer sa sécurité, absolument hilarant à imaginer.
Atrast vala, mon ami. En effet, nous ne venons pas d’ici, J’étudie l’architecture elfique.
Enfin, on lui parlait dans une langue qu'il comprenait. Ered haussa légèrement les sourcils aux derniers mots de la jeune femme, mais inclina tout de même la tête en signe de respect. À nouveau, ses deux interlocuteurs échangèrent entre eux. Encore des mots en langue naine. Il pouvait comprendre qu'ils se méfient de lui, mais leurs messes basses pouvaient être mal interprétées, à son avis, c'était presque comme s'ils avaient quelque chose à cacher.
Parce que franchement.
Qui s'intéressait encore à l'architecture elfique ?
Et une naine, en plus ?
C'était presque trop gros pour être crédible. Il devait en avoir le cœur net. Mais s'il faisait paraître trop franchement sa méfiance, ce serait lui qui aurait l'air agressif. Il n'avait pas envie de ça. Le nain était le seul à s'échauffer tout seul et Ered serait raillé sur trois générations par ses amis s'il avait le malheur de déclencher une bagarre avec un enfant de la pierre simplement parce qu'il ne savait pas dire non à une provocation. Il valait mieux que ça. Il était calme, raisonnable et il venait en pacifiste.
– Que voulez-vous ? voulut savoir la naine qui n'avait pas l'air de vouloir l'étriper, mais l'autre ajouta :
– Pas d’histoires, ou je me ferai un plaisir de t’ouvrir la tête en deux.
Ered ouvrit la bouche pour répondre spontanément qu'il lui rendrait la pareille – ainsi s'envolaient ses belles pensées pacifistes – mais la jeune femme lui coupa la parole pour apaiser la situation. Le Dalatien se demanda quelle relation ils entretenaient pour qu'un seul ordre lui cloue le bec comme ça. Etait-il à son service ? Une sorte de garde du corps ? Ou un époux fort obligeant. Dans les deux cas, Ered comprenait qu'il avait meilleur temps de s'adresser directement à elle et d'ignorer la petite boule de nerfs à ses côtés. Non, il n'avait pas fait exprès d'utiliser l'adjectif "petite". Dans leur cas ce n'était pas une insulte, non ? Puisqu'ils l'étaient vraiment. Bien entendu, Ered se gardait bien de plaisanter tout haut, ne doutant pas une seule seconde de la véracité des paroles du nain à la hache et de son habileté à manier celle-ci.
– Excusez le comportement de mon partenaire, il ne souhaite pas se montrer aussi vulgaire. C’est juste qu’il a pour mission de me protéger et se méfie du moindre inconnu qui se présente à nous. Ah, ceci expliquait donc cela. Je me nomme Louhara, je suis Architecte.
Sérieusement ? Ered ne put retenir une petite expression incrédule, très légère et tout à fait passagère. Il avait appris, de ses années de captivité, à ne pas montrer ses émotions, quand celles de ses maîtres s'avéraient parfois imprévisibles. Et au service du jeune maître, il avait vu de sacrées choses, parfois très ridicules. Il essayait encore d'oublier la majorité. Mais jamais il n'avait entendu une naine lui dire qu'elle étudiait tout à fait sérieusement les ruines dalatiennes. Il se recomposa un air concentré comme s'il réfléchissait à une réponse alors qu'il essayait simplement de ne pas passer pour un crétin.
Donc le métier d'architecte spécialisation temples dalatiens existait réellement ?
Ah, l'université... Sérieusement les Orlésiens ne savaient plus quoi inventer pour se sortir de l'ennui.
Enfin. Ered prit une petite inspiration et, toujours appuyé contre son pilier, leva légèrement les mains dans une attitude pacifiste. Il semblait de bon ton de se présenter, pour commencer, histoire de ne pas nourrir le cliché qui voulait que tous les Dalatiens soient de grands barbares. Lui au moins ne se baladait pas avec une hache.
– Je m'appelle Ered. Je... comprends le comportement de votre ami, articula-t-il lentement, sans l'excuser pour autant. Mais vous êtes ici en territoire dalatien. Menacer les inconnus n'est pas la meilleure façon de vous faire des amis.
Il avait dit ça sur un ton tout à fait sérieux, presque soucieux de la sécurité des deux nains, alors il espérait que celui avec la hache ne prendrait pas cela pour de l'ironie bien cachée.
Bien sûr qu'Ered était ironique, là n'était pas la question.
– Quant à moi, je suis comme vous, un simple visiteur en ces lieux. Excepté que je ne m'intéresse pas aux... Il fit un geste en direction de la zone sur laquelle Louhara était penchée un peu plus tôt, aux ruines comme vous le faites. Vous êtes vraiment architecte ?
La question le taraudait plus qu'il ne le pensait mais si c'était vrai, si ce n'était pas une grossière excuse pour piller le peu de gravats qui avaient encore de la valeur aux yeux de certains, aux yeux des Dalatiens, alors c'était tout simplement fascinant. Ered n'avait jamais eu un grand amour pour les cailloux mais qu'on s'intéresse à une autre culture que la sienne était quelque chose qui le dépassait et, présentement, lui plaisait. Très lentement et tout en gardant le nain à la hache en vue, il se redressa et contourna la colonne contre laquelle il s'était appuyé. Il fit quelques pas dans la direction opposée aux nains pour observer un des murs avec un regard neuf. Si ces vieilles pierres avaient de l'intérêt pour d'autres personnes que celles qui les avaient agencées, autre que les Dalatiens s'entendait, alors il voulait le voir de ses propres yeux. Enfin. De son œil. Il longea le mur sur quelques pas, les mains dans le dos mais sans faire l'erreur de se détourner complètement des deux nains. La femme semblait correcte mais l'autre, il ne voulait pas l'avoir dans son angle mort.
– Savez-vous à quoi servait cet endroit ?
Ered s'adressait à l'architecte. La question transpirait la curiosité, mais il brillait dans ses yeux une lueur amusée : celle du défi. Un test.
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Posté Ven 8 Déc - 23:59






◇ Des nains en Dalatie ◇





A la prononciation de mes paroles, l’elfe semblait perplexe voir même particulièrement étonné. C’était vrai que de voir des nains arpenter l’architecture elfique cela était peu commun, pourtant c’était la vérité, j’étais bel et bien Architecte diplômée. Mais il gagna bientôt sa droiture qu’il avait jusque là, faisant mine de ne pas s’y intéresser plus que cela.

A son tour, il se releva et mit ses mains bien en évidence pour montrer qu’il ne cherchait pas les ennuis. Du moins pour l’instant, ce qui était déjà fort agréable pour moi.





《 -  Je m'appelle Ered. Je... comprends le comportement de votre ami, mais vous êtes ici en territoire dalatien. Menacer les inconnus n'est pas la meilleure façon de vous faire des amis. 》

Il n’avait absolument pas tort, sur ce point-ci, ce qui me fit tourner la tête vers Hordrin pour qu’il lâche son arme immédiatement, que j’essayais d’appuyer avec le regard pour qu’il comprenne. Je ne cherchais pas à me battre, je ne venais que pour étudier les ruines antiques de la dalatie, rien d’autre.





《 - Je le conçois, mais comme vous le savez les habitants de ces terres se montrent particulièrement hostiles envers les étrangers. C’est pourquoi nous redoublons de prudence, surtout pour ce que je suis venue faire qui n’a semble-t-il rien de commun. 》

Hordrin subit une seconde fois le regard insistant que je lui lançais et finit par ranger son matériel derrière son dos après un léger soupir qu’il tentait tant bien que mal de contenir. Il alla à son tour s’appuyer contre une colonne, prenant un brun d’herbe qu’il commença à mordiller. Il venait de s’écarter, laissant la possibilité à l’elfe de s’approcher de moi.





《 -  Quant à moi, je suis comme vous, un simple visiteur en ces lieux. Excepté que je ne m'intéresse pas aux… aux ruines comme vous le faites. Vous êtes vraiment architecte ? 》

Il désignait la zone derrière moi, ce qui me fit instinctivement me retourner pour vérifier ce qu’il me montrait. Il parlait bien entendu de cette ruine sur laquelle je me trouvais depuis quelques instants.





《 -  Oh, heu.. oui je suis bel et bien Architecte, est-ce étonnant qu’une personne en soif de connaissance visite des ruines comme celles-ci ? 》





《 - Vous n’avez pas la tronche d’une personne arborant les sentiers elfiques pour observer trois cailloux. En général ce ne sont pas les nains qui le font dans le coin…

Je me retournais vers lui, perplexe et fronçant même les sourcils. Qu’il arrête immédiatement ces clichés sur les nains et les orlésiens par pitié. Mais l’elfe continua de poser ses questions, pas pour prouver que je faisais bel et bien ce métier, mais car il semblait en ressentir un réel intérêt.

Ered contourna alors son pilier et observa alors un reste d’un mur qui s’élevait de l’autre côté de la ruine. Il arpentait la zone, alors que je m’approchais de lui pour vérifier quelques écritures que je ne pouvais pas encore déchiffrer. Il fallait que je contacte un traducteur à l’université pour se faire.





《 -  Savez-vous à quoi servait cet endroit ? 》





《 -   Il s’agit d’une villa, et nous nous trouvons actuellement dans la partie qui contenait les termes. 》

Je lui répondis directement, sans broncher, car d’une connaissance accrue en l’architecture les signes ne trompaient pas. Non loin d’eux, il y avait des marches qui descendait dans ce qui semblait être un reste de bassin rempli de terre et de pierre visiblement effondrée.





《 -   Là-bas c’est un bassin, et ce qui est effondré dedans semble être la dalle qui était soutenue par les colonnes présentes sur son périmètre. Cela signifie qu’il y a un autre étage au-dessus de cette zone et que l’ouverture donnait sur des possibles jardins. Si vous observez bien, les arbres en extérieur sont trop bien alignés pour avoir poussé de manière sauvage : Quelqu’un les as mis là. 》

Je marquais mon explication d’une pause, en allant observer quelques fresques et mosaïques sur les parois de ce bassin. Cela semblait si naturel pour moi de reconnaître les pièces, les dispositions et ce à quoi elles servaient.





《 - Et vous n’avez pas parlé de la guerre.

Je me retournais, sans dire mot, observant Hordrin avec un intérêt assez imperceptible. Pourquoi parlait-il de la guerre ? Etait-ce cela qui avait mit cette bâtisse dans cet état ?





《 -   Le bâtiment ne s’est pas effondré sans raison, les elfes construisaient en pierre taillée, et très épaisses. Il y a forcément eu… 》

Mes yeux s’écarquillaient pendant que le mercenaire s’approcha de moi en jetant un coup de pied dans un caillou sur son chemin pour le repousser sur le côté.





《 -   .. Vous ressentez encore la pierre 》

Je n’avais pas tort, visiblement vu le sourire qu’il arborait tout à coup. Mais ce qui lui provoqua cette expression était d’une toute autre raison. Il ôta la brindille de sa bouche et me passa à côté sans daigner garder son intérêt sur moi alors que je le suivais du regard. Hordrin s’arrêta alors devant ce mur et fit mine de l’observer.





《 - Vous ne savez pas ce que c’est que de ressentir la pierre, Lady de Pierre. C’est presque contradictoire avec votre titre. 》





《 -   Il n’est pas nécessaire de me le rappeler et vous le savez. Cela fait trois générations que ma famille est surfacienne. 》

Sur ce point-ci, j’étais en partie attristée de ne pas pouvoir ressentir la pierre. Et il fallait que je vive de nombreuses années sous terre pour récupérer ce sens, pourtant si unique chez les nains. Je faisais partie de ce peuple sans l’être finalement et il était vrai que je ne me sentais à ma place nulle part. Il avait de la chance de pouvoir avoir connu tout cela.





《 - Pour un nain, la pierre possède des particularités qui fait d’elle un être à part entière. C’est elle qui nous guide, c’est elle qui nous indique l’histoire d’un lieu. Les vibrations sont encore perceptibles et résonnent à l’intérieur de cette paroi. Et il se trouve qu'elles sont particulièrement fortes... 》

C’était fou de penser qu’en ressentant les vibrations dans la pierre on pouvait déterminer certaines choses. Mais de là penser à la guerre, ce n’était pas faux… Je penchais plus pour une attaque de dragon ou de géants, vu les circonstances du coin.





《 - Cette bâtisse est tombée pendant une guerre… 》

Il passa depuis quelques instants sa main contre la paroi, mais incertain des événements de la surface, il se retourna vers les pros de la question, c’est à dire le dalatien et moi-même. Que lui dire à ce sujet.





《 - … Et pas qu’une petite bataille. Quel genre de conflit a subit la dalatie ? 》

Je n’avais pas besoin de réfléchir longtemps pour déterminer l’événement : La prise de la dalatie par les Orlésiens. C’était le plus gros conflit à ce jour pour les elfes… Mais était-ce nécessaire d’en parler maintenant ?

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Posté Mar 19 Déc - 20:48

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9:42 + Les tombes d'émeraude Ered considérait avec amusement la naine qui était apparemment très intéressée par les ruines dalatiennes. Son compagnon de voyage ne semblait pas de cet avis, mais peut-être le ton agressif qu'il utilisait était-il naturel. Ered ne comprenait pas un mot de leur langue, alors si ça se trouvait il était plein de mots doux et de sympathie. Cette simple idée renforça son amusement mais il se garda bien de le montrer, se contentant d'adopter une pose un peu moins raide. Cela ne se voyait pas forcément au premier regard car Ered adoptait toujours une attitude excessivement détendue, mais c'était bien souvent une carapace et une certaine rigidité au niveau de ses épaules trahissait sa méfiance. Ered était comme les deux nains : peu désireux de se faire attaquer par surprise, que ce soit ici ou ailleurs.

Le garde du corps avait abandonné son arme cependant et il semblait qu'une trêve était de mise, alors que l'architecte s'étonnait tout haut que sa profession puisse sembler peu crédible. Ered se contenta d'un haussement d'épaules. Louhara et lui se retrouvèrent bientôt tous deux face au mur qu'examinait l'elfe. Elle répondit à sa question avec plus de détails que ce à quoi il s'attendait et un petit sourire franchit les lèvres du Dalatien alors qu'il découvrait tout ce que son interlocutrice lui montrait.
– En effet, le paysage a gardé malgré tout l'empreinte d'un agencement artificiel, reconnut Ered en jetant un coup d'œil dans l'ancien jardin.
La nature avait repris ses droits, mais pas tout à fait. Il y avait autant de restes elfiques dans l'arrangement des plantes que de plantes sur les constructions elfiques. Ce n'était que justice. Ered ne prêta pas attention à l'échange qui suivit entre les deux nains, jusqu'à ce que Louhara forme des hypothèses sur l'état des bâtiments. Bien sûr, le temps n'était pas seul responsable de la dégradation des lieux. Ered soupira sans même s'en rendre compte, les yeux perdus dans le vague. Il se rappelait quelques mots de l'Archiviste de son clan actuel, le jour où ils avaient parlé de la Marche exaltée. "Sais-tu pourquoi on appelle ces lieux Dirthavaren, da'len ?" L'ancien nom des plaines exaltées, le nom que les elfes utilisaient pour décrire ce lieu jadis, lorsqu'il représentait alors autre chose qu'un tas de ruines poussiéreux... La voix du guerrier nain, et surtout ses mots en langue universelle, tirèrent Ered de ses pensées :
– Vous ne savez pas ce que c’est que de ressentir la pierre, Lady de Pierre. C’est presque contradictoire avec votre titre.
– Il n’est pas nécessaire de me le rappeler et vous le savez. Cela fait trois générations que ma famille est surfacienne.
Ered se demanda brièvement si elle avait écopé de ce surnom pour son amour des ruines, du coup. Il tenta de ne pas montrer qu'il avait raté une partie de la conversation et s'intéressa aux explications du nain à la hache : il n'avait toujours connu que des Surfaciens, et aucun ne savait "lire la pierre".
– Pour un nain, la pierre possède des particularités qui fait d’elle un être à part entière. C’est elle qui nous guide, c’est elle qui nous indique l’histoire d’un lieu. Les vibrations sont encore perceptibles et résonnent à l’intérieur de cette paroi. Et il se trouve qu'elles sont particulièrement fortes...
Ils faisaient à présent tous les trois face au mur de pierres. Une émotion étrange parcourut Ered alors qu'il avait le nez levé vers le mur au milieu de ces deux nains. Ce n'était pas de la nostalgie, pas vraiment. Il n'avait pas connu l'époque où ce bâtiment s'élevait encore fièrement, ni les gens qui l'avaient habité, et il se doutait que leur mode de vie devait être bien différent alors. Il n'avait rien en commun avec ces souvenirs si ce n'était d'appartenir au même peuple. De façon assez impressionnante, le nain à la hache mentionna la guerre après avoir touché la pierre, comme si cette dernière lui avait révélé dans quelles circonstances elle s'était brisée. Pour Ered cela était évident, bien sûr, cela faisait partie de l'histoire de son peuple comme de sa race. Mais il oubliait parfois que les autres n'étaient pas aussi porté que lui sur l'histoire dalatienne et le nain, s'il n'était pas surfacien, avait d'autant plus de raisons d'ignorer ce qui s'était produit exactement. Tout cela mis bout à bout renforçait le respect et l'étonnement que ressentait l'elfe face au lien qui unissait les Enfants de la pierre à leur élément.
– Quel genre de conflit a subit la dalatie ?
En temps normal, Ered n'aurait pas répondu à une telle question, mais son interlocuteur avait fait l'effort de parler dans la langue universelle pour qu'il le comprenne, et avait exprimé un réel intérêt pour les lieux. Il fixa le mur en prenant un air qui se voulait détaché :
– Le même genre de conflit qui a lieu partout.
Il ne tenait pas à paraître amer, il se doutait que la question ne visait pas à le blesser et il était tout à fait enclin à éduquer autrui à ce sujet. Il posa à son tour une main contre la pierre. Il n'en ressentait évidemment pas les vibrations mais il pouvait imaginer, sans même avoir à fermer les yeux, ce qui s'était produit. Thédas avait connu de nombreuses guerres, Ered avait vu son lot de conflits, à son échelle : rien ne changeait réellement, si ce n'étaient les protagonistes et le temps. Il retira sa main et expliqua :
– Nous sommes ici sur un ancien territoire elfique. La Dalatie appartenait aux elfes avant que la Chantrie orlésienne ne lance ce qu'ils ont appelé une "Marche exaltée" afin de récupérer ces terres. Une guerre pour imposer leurs croyances, si vous préférez. Il y a eu deux Marches exaltées dans l'histoire, et cette forêt, ainsi que les plaines sur le plateau d'Urthëmiel, en portent encore les stigmates. On appelle ces dernières les Plaines exaltées. Les Dalatiens, eux, disaient Dirthavaren. Cela signifie "promesse". Mais même cela, les Orlésiens l'ont pris.
La région avait conservé son nom bien qu'elle soit rattachée au royaume d'Orlaïs, mais les lieux avaient perdu de leur signification. Qualifier le Dirthavaren de plaines exaltées, c'était rappeler le sort des elfes à chaque fois que le mot serait prononcé, c'était enlever toute envie de rébellion au peuple dalatien pour que toujours il sache ce qui lui en coûterait, c'était une humiliation constante et sans fin. Ered se rendit compte qu'il serrait les dents et les poings en fixant méchamment un pauvre relief sur le mur qui n'avait rien demandé. Il détendit sa mâchoire et croisa ses bras, puis ajouta plus sereinement :
– Nous appelons l'endroit où nous sommes Din'adahlen. Cela signifie "forêt des morts". On dit que chaque arbre représente un elfe tombé lors de la guerre. Il se retourna vers les nains, Louhara en particulier, et demanda, un léger sourire au coin des lèvres : Vous n'apprenez pas ça à l'université ?
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Posté Ven 5 Jan - 0:48






◇ Des nains en Dalatie ◇





La question d’Hordrin était légitime, après tout il n’était pas sorti des tréfonds depuis longtemps, il ne connaissait rien de la surface, si ce n’était qu’il aurait pu tomber dans l’immensité du ciel. Quel horreur, pourquoi pensaient-ils tous ainsi ?





《 -  Le même genre de conflit qui a lieu partout. 》

Cet elfe semblait énormément atteint par ce qui se passait dans les environs. Pourtant les tombes émeraudes étaient remplies de ruines comme celles-ci. Seulement une plus grande au Nord cachait peut-être plein de mystères. Mais je n’étai pas là pour cela malheureusement. Ce sera une autre fois.





《 - Les conflits ne sont alimentés que par les désires de pouvoir et d’orgueil. 》

Hordrin laissa sa main glisser contre la paroi et soupira, afin de rompre le contact. Mais même au sol, il pouvait ressentir quelque chose de fort, et cela je ne m’en doutais pas.





《 -  Nous sommes ici sur un ancien territoire elfique. La Dalatie appartenait aux elfes avant que la Chantrie orlésienne ne lance ce qu'ils ont appelé une "Marche exaltée" afin de récupérer ces terres. Une guerre pour imposer leurs croyances, si vous préférez. Il y a eu deux Marches exaltées dans l'histoire, et cette forêt, ainsi que les plaines sur le plateau d'Urthëmiel, en portent encore les stigmates. On appelle ces dernières les Plaines exaltées. Les Dalatiens, eux, disaient Dirthavaren. Cela signifie "promesse". Mais même cela, les Orlésiens l'ont pris. 》

Le conflit qu’animaient les elfes contre les orlésiens était légitime, mais je ne me sentais aucunement concernée par cela. Ce que la chantrie avait fait en ces temps, ne regardait que la chantrie. Cela me dégoutait que l’architecture locale fut anéantie pour une guerre basée sur des croyances étranges.





《 -  Nous appelons l'endroit où nous sommes Din'adahlen. Cela signifie "forêt des morts". On dit que chaque arbre représente un elfe tombé lors de la guerre. Vous n'apprenez pas ça à l'université ? 》





《 -  Voyons, je suis une élève modèle tout de même ~ 》

Je m’entortillais une mèche de cheveux autour de mon doigt, et souriais assez idiotement à la suite de sa petite pique à mon égard. Rien de bien méchant, mais je ne pouvais m’empêcher d’y émettre un petit rire en guise de réponse.





《 -  Hordrin ne connaît pas les trésors du monde des surfaciens. Il apprend tout juste l’existence d’elfes et de qunaris, le pauvre. Le temps de tout assimiler. 》





《 - Elle n’a pas tort, je ne suis pas passé par ces « universités » de galleux qui ne savent pas que faire de leur journée à part manger et chier. Personnellement, j’ai vécu au sein de la pierre, et d’une communauté de faibles qui ne font que fuir ce monde dans lequel sombre les tréfonds. 》





《 -   Entre nous, je ne sais pas quel parti est meilleur. Chier toute la journée ou subir la pression d’une société dépravée ? 》

Ce genre de discussion m’amusait, les punchlines étant mon grand fort dans cette histoire. Ce que j’adorais quand on me tenait tête, je n’avais pas l’habitude qu’on le fasse d’ailleurs, et tirer des tapis toute la journée ne m’apportait pas que de la satisfaction parfois. Surtout que les serviteurs de mon époux étaient d’un ennui remarquable.





《 - Oooh ~ susceptible ~ 》

Je le regardais d’un air las, mais cependant amusé. Rien qu’en s’envoyant des piques, on avait réussi à s’égarer du sujet de base, que je redressais avec habilité.





《 -   Cette bâtisse a dû s’effondrer pendant la marche exaltée. Intéressant… C’est triste que de si magnifiques constructions terminent comme cela. Mais il en est ainsi depuis fort longtemps. 》

Hordrin me regardait, le dos appuyé contre le mur qu’on étudiait plus tôt, les bras croisés. Il attendait probablement la suite des opérations, comme je ne disais plus rien. Mais en effet, nous n’étions pas là pour regarder les fleurs. Enfin, pas que. J’avais un livre à écrire.





《 -  Maintenant que je vous ai prouvé que je suis architecte. Suis-je en vos bonnes grâces pour continuer mes croquis ? 》

Je soulignais ma demande d’un sourire étincelant en attendant sa réponse. S’il était convaincu et sans question supplémentaires, alors nos chemins pouvaient se séparer ici.


#946FA6
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