Dragon Age : Les Légendes de Thédas

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Posté Ven 29 Sep - 21:24



⊱ Une danse entre deux mondes
Le bal tévintide en faveur de l'Inquisition



Résumé

Mellissandre a décidé d'organiser un bal à Tevinter pour aider l'Inquisition à s'y faire des alliés. Les magister les plus influents et l'Archonte seront présents pour rencontrer la délégation de Fort Celeste. Sous couvert de danses et d'entremets c'est les prémices d'une alliance ou d'un scandal qui se jouent...

Tous les RP préparatoires sont disponibles dans la chronologie de Mellissandre



Rappel des règles

Ceci est un RP intrigue important, afin qu'il se déroule dans les meilleurs conditions, quelques règles sont à respecter.

- Postez dans l'ordre que vous voulez le premier tour, après on suivra cet ordre là (avec la possibilité d'intervertir si vous le souhaitez, il suffit de vous arrangez entre vous et de le dire en début de post) + vous pouvez sauter votre tour volontairement si vous n'avez rien à dire.

- Vous avez 3 jour max pour répondre après quoi votre tour saute

- Il n'y a pas de nombre de lignes minimums imposés du fait du délais assez court.



Liste des PNJ utilisés

(la liste sera mise à jour au fur et à mesure pour pouvoir garder le fil)

-  Marilia Vineon Alirius (Mère de Mellissandre. Physiquement, elle lui ressemble beaucoup. Au delà du masque de courtoisie. C’est une femme désabusée que rien ne choque et qui peut se montrer absolument implacable sans avoir l’air de s’intéresser à ce qu’elle fait)
- Octavius Lucius Caesare Alirius : (Père de Mellissandre. Très fin avec une barbichette. C’est une personne assez austère très à cheval sur les bonnes manières qui s’emporte facilement)
- Cléa : L’intendante de la maison, elle parle universel et s’occupe de gérer tout le personnel à la baguette. Elle est plutôt stricte.
- Remus : esclave elfe roux fort maladroit.
- Auguste Cicéran : Fils de magister bien que n'étant lui même pas mage. Il est l'héritier d'une grande fortune tévintide basée sur le commerce d'esclave. C'est d'ailleurs le haut responsable de la guilde de ce domaine.




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Invité
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Posté Ven 29 Sep - 21:26
Minrathie. Le joyaux de Tevinter, la citadelle imprenable qui avait mis à genoux l’armée d’Andrasté elle même. Une ville à la hauteur de sa légende dont les murailles et les plus hautes tours tutoyaient avec un insolence la montagne escarpée contre laquelle elle était adossée. Imposante, la citée semblait veiller avec aplomb sur tous les villages de plus en plus denses qui bordaient la Route Impériale.

Déjà de loin, Minrathie dégageait une impression solennel mais cette dernière ne fit que se renforcer à mesure qu’ils s’approchaient. Comme pour leur laisser le temps d’admirer ses parures, ils furent obligé de ralentir alors qu’ils atteignaient presque la porte principale. En effet, une longue file s’était formée devant les herses au point qu’ils durent même s’arrêter complètement pendant quelques instants. Ce n’était pas un mal eu demeurant, les cinq jours de voyages s’étaient déroulés sans encombre mais à très vive allure, il faisait bon de pouvoir flâner un peu.

Mellissandre en profita d’ailleurs pour sortir du palanquin, s’étirant ostensiblement tout en posant un regard fière, presque paternaliste, sur les immenses murailles qui donnaient le vertige. Elle était chez elle, enfin. Après tout ce temps passé dans le Sud, la grisaille la boue, les montagnes enneigées et la pluie, elle était chez elle. L’air sec, le soleil brûlant, le vent divinement rafraîchissant et les cris des marchands en tévène. Chez elle. Elle n’avait pas encore mis un pied dans la citée qu’elle se sentait déjà ressourcée.

C’est d’ailleurs sans doute cette bonne humeur impérissable qui la poussa à se rapprocher du Commandant pour entamer la conversation alors qu’ils s’étaient à peine échanger quelques mots ces derniers jours.

« Alors, c’est à la hauteur du golem de votre village ? », demanda-t-elle avec un petit air taquin mais sans méchanceté. Elle avait bien le droit de profiter de l’ébahissement générale pour s’enorgueillir un peu. Au cas où sa remarque n’était pas suffisamment éloquente, elle désigna du menton les deux gigantesques statues qui encadraient la porte, le genoux à terre comme pour saluer les voyageurs mais la mine sévère comme pour les avertir de se tenir tranquille. En soit, les proportions faramineuses avaient de quoi impressionner mais ce qui faisait réellement la spécificité des Colosses c’est que ce n’était pas des statues, c’étaient des golems. L’incarnation de l’alliance immémoriale entre les Tévintides et les nains, des armes et des outils de défenses redoutables qui étaient soigneusement entretenues en ce but.

Ceci dit, si elle s’était approchée c’était aussi pour des raisons plus pragmatiques que jouer les guides touristiques. En effet, les gardes fouillaient tous les arrivants aux portes et confisquaient les marchandises de ceux qui n’avaient pas le permis adéquat : on ne badinait pas avec la guilde marchande à Tevinter. Ils n’avaient rien de ce genre, mais malgré tout, leur convois n’allait pas passer inaperçu, pour éviter tout ennui, il était donc préférable qu’elle ne se cache pas dans le carrosse, mais s’affiche au contraire avec ostension. Son talisman aux armoiries de sa famille bien visible sur sa poitrine, elle prit donc place à cheval – elle n’allait pas rester à pied tout de même – à la tête de leur petite troupe.

Comme prévu, leur délégation fit grincer des dents les deux escouades de gardes stationnés près de l’entrée, mais aucun n’osa faire de commentaires, ni même exiger de fouiller le palanquin après que le nom des Alirius fut prononcer. Étrangement, ceux qui contrarieraient les familles influentes finissaient souvent mutés dans un village perdu de la campagne, une perspective suffisamment peu réjouissante pour les dissuader de se montrer trop zélés.

Ayant enfin pénétrés dans la glorieuse citée, ils furent immédiatement assaillit par tout ce qui faisait la spécificité de l’endroit : un lieu foisonnant, grouillant de vie et de trop plein, crépitant de magie d’odeur et de couleurs. D’esclaves aussi.
Leurs habits, leurs éventuelles entraves changeaient constamment mais ils restaient aisément reconnaissable à l’attitude servile qu’ils arboraient et à l’indifférence générale qu’ils suscitaient contrairement aux mendiants qui eux semblaient agacer les passants par leur simple existence.

Comme toute les citées engoncées dans un carcan de murailles et de montagnes, Minrathie avait un problème majeur : celui de la place. La population croissait mais l’espace à disposition lui ne changeait pas, d’où l’architecture tout en hauteur composée de couches successives d’agrandissement sauvages, comme des scories qui parasitaient l’audacieuse architecture tévène. Malgré tout, on pouvait parfois apercevoir sur une passerelle suspendue, la pointe d’une tour ou le l’arche d’un péron, le style gothique si typique de leurs pays tout en voûtes effilées, en flèches ciselées et en rosaces pointues.

Les rues étroites et sinueuses étaient bondées mais heureusement l’armement rutilant de leurs escorte suffisait à persuader les gens de faire place et ils purent avancer malgré l’encombrement des rues qui s’amenuisait au fur et à mesure de leur périple. Plus on s’approchait du centre, plus les bâtiments semblaient anciens et entretenu et l’espace dégagé, mieux encore, un peu de verdure venait soudain ponctuée l’ocre des pierres noircies par le temps. Ces petits jardins soigneusement entretenues avaient presque l’air d’avoir poussé à des endroits insolites tant leur présence semblait incongru après le chaos citadins qu’ils venaient de traverser mais l’explication était beaucoup plus simple : l’argent.

Manifestement, ils venaient de pénétrer dans les quartiers administratifs. La cathédrale n’était pas loin, le palais de l’archonte non plus, et, gravitant autour de ces deux solennel édifices, des villas de magister influents qui semblaient crier à la ville toute entière leur puissance. Après tout, dans un univers si étroit, l’ultime panache était d’avoir de la place. Point de dorures à la mode orlésiennes, la taille des bâtisses qui arboraient toute le même style, faisait office de richesse et d’orgueil.

Bien entendu, c’est devant une de ces demeures que leur petite troupe s’arrêta brusquement, le soleil dans le sourire de Mellissandre étant suffisamment éloquent. Ils étaient devant chez elle. Aussi impressionnante que les autres, tout en hauteur et en défilés vertigineux, leur emblème saillant à la surface d’une rosace chapeautant l’ensemble d’un œil protecteur.

« Bienvenue chez moi », souffla-t-elle avec une émotion et une fierté non dissimulée, résistant à l’envie de presque courir jusqu’à l’imposante porte d’entrée bordée d’escalier. Il fallait qu’ils s’y fassent, des escaliers vertigineux, il y en avait partout.

En quelques instants, les grilles furent ouvertes tandis qu’une rangée de garde les accueillaient au garde à vous accompagnés d’esclaves – facilement reconnaissable au sobre collier très près du cou qu’ils portaient - qui eux s’inclinèrent très bas. Mellissandre mis pied à terre, invitant par la même tout le monde à faire de même tandis que la machine huilée des domestiques se mettaient en place pour s’occuper des chevaux et décharger leur matériel.

Une femme à l’air pincé et au chignon aussi sévère que ses traits taillés à la serpe, se présenta presque immédiatement devant eux, s’inclinant avec rigueur malgré son âge.

« Bienvenue chez vous Mellissandre. J’espère que vous avez fait bon voyage. J’ai fais prévenir vos parents de votre arrivée, toutes les chambres sont prêtes et j’ai demandé à ce que des rafraîchissements soient servis à nos invités », déclara-t-elle avec une neutralité absolue en tévintide de sorte que seule une infime partie de leur escouade puisse comprendre les civilités qu’elles s’échangeaient.

C’était un peu frustrant mais ils allaient devoir s’y habituer. Les tévènes étaient très chauvin, les trois quarts des esclaves ne parlaient pas l’Universel et les magister ne se donnaient simplement pas la peine de le faire.

Mellissandre en avait d’ailleurs bien conscience, car elle se retourna légèrement pour faire les présentations.

« Voici Cléa, l’intendante de la maison et ma nourrice quand j’étais bébé, si vous avez le moindre problème n’hésitez pas à la solliciter »

En guise de réponse, la femme s'inclina à nouveau avec courtoisie, mais dans leur direction cette fois.

Les civilités échangées, Mellissandre se pressa un peu, impatiente de leur montrer la demeure elle même. Il faut dire que derrières les lourdes portes en bois gravés se trouvait un spectacle à la hauteur de l’extérieur. Un hall, immense mais pas vide grâce aux teintures, aux tableaux, aux incroyables chandeliers et aux escaliers qui s’ouvraient comme un rideau vers l’étage tandis que d’autres plus discrets s’enfonçaient vers les profondeurs du sous-sol. C’était dans cette pièce qu’aurait lieu le bal et c’était d’ailleurs évident vu le monde qui s’affairait à dresser des tables et une petite scène pour les musiciens, amenant encore davantages de chandeliers et fleurs pour rendre l’endroit parfaitement onirique.

Mais, même au milieu de ce capharnaüm organisé, on ne pouvait manquer d’apercevoir les maitres de maison. Marilia Vineon Alirius et Octavius Lucius Caesare Alirius. Ses parents. Debout côte à côte en train de descendre l’escalier avec l’élégance altière d’un couple royal.

Avec une impatience fort enfantine, Mellissandre accéléra encore le pas, se détachant du groupe pour se précipiter dans leurs directions, tandis qu’eux même augmentaient légèrement le rythme de leur démarche, un sourire doux sur les lèvres. La ressemblance était déjà flagrante, mais quand Mellissandre enlaça sa mère, elle fut saisissante. Elle était si identique à sa génitrice que c’était comme regarder une version plus âgée d’elle même. La même beauté suaves aux boucles noires que même le temps ne parvenait pas à flétrir, les même yeux, la même stature, le même doux teint de vanille caramélisée.

Tandis que Mellissandre se laissant aller à quelques effusions de joies bercées de civilités tout à fait attendrissante, des esclaves étaient venus avec leur discrétion coutumières, chargés de plateaux pour proposer avec révérence, eau et vin aux invités.

Une nouvelle fois, les présentations furent de rigueur et les trois Alirius s’approchèrent.

« Maman, papa, je vous présente l’ambassadrice Joséphine Montilyet et le Commandant Cullen Rutherford », commença-t-elle avant de faire un ample geste de la main vers l’elfe du groupe. « Voici Solas, c’est un somniari et un proche conseiller de l’Inquisition », l’introduisit-elle également se gardant toutefois de présenter individuellement toute l’escorte et encore moins le personnel même si son père semblait subitement fasciner par Scipio. D’un autre côté, les albinos n’étaient pas monnaies courantes, cela n’avait rien de surprenant.

« C’est un plaisir de faire votre connaissance »


La voix de Marilia était chaleureuse, le sourire radieux, contrebalançant la mine plus sévère du père. D’ailleurs, il s’excusa poliment prétextant affaire pour s’éclipser avec sa femme, laissant de nouveaux Mellissandre seule avec leur petit groupe, tel un guide touristique en période de vacance, elle jaugea le nombre d’individu et sourit après être restée songeuse quelques instants.

« Joséphine, Solas et Cullen venez avec moi, je vais vous montrer vos quartiers, les autres vous pouvez suivre Cléa elle va vous faire visiter », déclara-t-elle avec nonchalance. A ses yeux, il était évident que les dignitaires et l’escorte ne pouvaient pas résider dans la même aile du palace.


[HRP : Désolée pour la dose de description, mais il me semble important de poser l'ambiance. Encore un tour de présentation des lieux et après on attaque les choses sérieuses ~]
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Posté Sam 30 Sep - 0:45
Je hais les voyages, surtout les longs. Je n’aime pas beaucoup sortir de ma cuisine, surtout de jour. Eh oui, en plus de m’offrir un physique tape à l’oeil (rouge l’oeil ahahaha !) la vie m’a doté du même coup d’une sensibilité accrue aux affres du soleil. Cet enfoiré qui brille toujours jusqu’à des heures pas possibles… C’est pour ça que je préfère l’hivers, il est moins omniprésent et féroce. J’ai moins à supporter son brûlant éclat et sa sale gueule.
Cinq jours passé à me tartiner de crème pour éviter de désagréables brûlures sur ma peau en plus du chapeau à large bords que je porte en quasi permanence en journée (quasi permanence puisque je ne le porte pas au réveil) des gants sur mes mains et des vêtements couvrants sur mon corps.
Cinq jours à jouer à espérer qu’il pleuve ou neige, que le ciel se couvre de nuages. J’avais déjà vécu le même enfer lors de mondépart de Minrathie pour Fort Céleste.
Enfin, bientôt je serais en face de fourneaux à entamer les préparatifs du banquet, et ces cinq jours seront loin derrière moi. Ah, vivement que je retrouve l’éclat des cuivres, le crépitement du feu, l’odeur du pain qui cuit. Les épices, les viandes n’attendant qu’à être découpées, assaisonnées, mitonnées avec amour. La vie trépidante des cuisines. A l’abris de ce salopard de soleil.
Et à s’occuper que personne ne finisse empoisonné durant le repas.
Mirathie, la maison, n’est plus très loin. En fait nous sommes au pied des imposantes murailles de la cité tévintide.
C’est quand même impressionnant mine de rien. Surtout avec les deux golems géants qui gardent la porte. Je comprend la fierté clairement ostensible de ma petite-soeur, moi ça a plus tendance à me laisser indifférent. La gloire du grand empire de Tévinter ça m’a toujours un peu passé au dessus de la tête.
Faut dire qu’un bâtard soporatori albinos ça le fait moyen dans le tableau.
Par contre la gloire de la famille Alirius nous épargne quelques soucis avec la douane, ce qui est toujours agréable. Surtout quand les soucis impliquerait d’attendre sous le soleil.
Merci soeurette.

Après un passage dans la fourmilière grouillante et surpeuplée qu’est Minrathie, d’ailleurs la présence d’esclaves à tous les coins de rues a doit faire bizarre aux sudistes, nous arrivons devant l’entrée du manoir des Alirius.
Étrange que de se retrouver face à un lieux qui a n’été qu’une vague idée pour moi, presque l’ombre d’un rêve. Je savais qu’il existait, que si je le voulais je pouvais même m’y rendre (en faisant comme toujours attention au soleil de plomb). Mais je n’avais jamais eu de volonté de le faire…
Et pourtant m’y voici aujourd’hui. Maman en serait ravie, un pas de plus de fait. Son bâtard dans la maison familiale de son géniteur, invité par la petite fille chérie légitime de ce dernier.
On dirait le début d’une blague. Je ne demande qu’à voir la chute…
Je profite de la protection offerte contre le soleil (à l’intérieur enfin !) pour enlever gant et chapeau.
C’est une femme grande, sèche, stricte qui nous (par nous je veux dire ma princesse de soeur) accueille en tévintide. Hum j’espère que les Alirius ont pensés à prévoir des traducteurs, sinon ça risque d’être pénible pour les autres membres non-bilingues de l’équipe de communiquer avec le personnel. Mais ça c’est pas mon soucis~
Par l’étagère à épices d’Andrasté en plus d’être immense cet endroit est aussi fastueux. Teintures luxueuses, chandeliers fantasmagorique, architecture grandiose… C’est clairement ostentatoire mais ça marche. Enfin je demande à voir les cuisines pour être réellement impressionné.
Les maîtres des lieux sont parmis nous. Méllisandre se précipite sur eux, incapable de retenir plus longtemps la hâte qui la taraudait depuis notre arrivée devant le portail du manoir. Les effusions qui suivent sont dignes d’un charmant tableau de famille. Le père et la mère aimants retrouvant leur enfant prodigue après une longue et douloureuse séparation…
Ma soeur ressemble à sa mère, elle est son portrait craché avec vingt ans de moins. La même posture de reine en sa demeure, les mêmes boucles de jais brillantes, le même teint délicat. Oui, comme moi elle tient de sa mère et non de notre père. Peut-être avons nous quelques traits en communs avec lui, mais si c’est le cas ils doivent se perdre dans ceux de nos mères.
Avec une appréhension que je ne comprend pas je tourne les yeux vers mon géniteur, tout en essayant de rester discret.
Vingt-deux années d’absence. Vingt-deux années d'abandon et d'indifférence partagée. Après tout ce temps nous revoilà ensemble dans la même pièce. Je peux de nouveau mettre un visage sur un nom. Bonjour papa, ça faisait un bail…
Je soutiens son regard un sourire innocent et un peu gêné sur les lèvres.
est ce qu’il se souvient qu’il a un fils d’une vingtaine d’année albinos ? Est-ce qu’il reconnaît certains de mes traits ? Est-ce qu’il se doute de quelque chose ?
La question n’est pas urgente pour le moment, de toutes façons je ne peux rien faire contre ça.
Bref ! J’ai d’autres choses à penser, beaucoup plus capitales. Je m’adresse avec un grand sourire à Cléa.

-Excusez-moi, pouvez vous m’indiquer où sont les cuisines s’il-vous-plaît ?

C’est que j’ai des larbins à mettre au pas et des préparatifs à entamer moi.
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Posté Lun 2 Oct - 14:35
Missive 14
Commandant,
Le bal a Tevinter a lieu d'ici quelques heures, merci de faire bonne figure.
Une danse entre deux mondes



Malédiction : Voilà comment le Commandant résuma ses quelques jours de trajets en direction de Minrathie. Ses douleurs liées au manque de Lyrium s’étaient montrées plus violentes ces derniers jours, lui faisant vaciller entre nausées et vertiges à longueur de journées. Ses nuits au contraire étaient invivables, si ce n’était pas des cauchemars, il passait son temps accroché à un sceau.

Mais le matin du départ était le moins terrible, heureusement pour lui. Il avait passé une journée bien chargée la veille, durant son entretien avec Cordélia avec qui il se trouva de nombreux points communs. Finalement il avait bien fait de jeter son dévolu sur elle pour le post auquel elle était conviée. Mais pour en revenir à la situation, c’est mauvaise mine que le Comandant arriva près de son cheval pour entamer le voyage. Et même après les jours de chevauchées il avait encore des tremblements et d’atroces maux, il profiterait de son temps libre pour aller flâner dans les centres de soin corporelle histoire de se détendre avant le bal. Du moins c’était ce qu’il ne cessait de se répéter durant tout le trajet.

Menant le groupe vers la grande cité Tévintide depuis le début du voyage, Cullen observait les changements de paysages, la hausse de la température et avec elle, l’apparition d’espèces exclusifs et de plantes exotiques. Même s’il surveillait le convoi de l’inquisition, il en profitait pour donner régulièrement à boire à son cheval, n’étant pas habitué aux grandes chaleurs.

Une fois arrivés devant les grandes portes de la cité de Minrathie, il se senti très angoissé. Il s’approchait du bal, chose tant redoutée, et mettre enfin une image sur cette ville créait une pression inconcevable. Il y régnait une ambiance mauvaise, comme si son instinct de templier lui disait de repartir immédiatement.

Devant la porte étaient stationnés deux immenses golems, bien plus gros que celui qu’il avait dans son village quand il était petit. Cependant les immenses murailles ne l’intimidèrent pas, mais les regards méfiants des gardes n’étaient pas loin de le rendre fou. On sentait que la cité de portait pas l’inquisition dans son cœur.

« - Alors, c’est à la hauteur du golem de votre village ? »

Il tourna la tête et vit Mellissandre l’air terriblement fière des murs de sa cité. Il la regarda sans vraiment savoir quoi répondre. C’était vrai qu’ils étaient impressionnants, mais il était trop préoccupé par son état pour s’attarder sur ce genre de détail sans réelles importances. Mais Joséphine lui avait clairement dit de ne pas trop contrarier la tévintide, alors il s’efforça tout de même de lui répondre.

«  - Les nains sont capables de construire des choses vraiment impressionnantes. »

Un compliment envers les nains plutôt qu’à la cité Tévintide, mais passons, il n’allait pas s’attarder sur le sujet. Il fit arrêter son cheval puis le convoi, se trouvant alors quelques mètres en arrière des douanes où les gardes devaient fouiller leurs voitures. Il s’attendait à ce qu’ils procèdent à la fouille, et descendit de sa monture pour se dégourdir les jambes. Après tout, c’était lui qui avait l’invitation officielle dans la main pour confirmer leur présence. Mais alors qu’il fouillait ses affaires, il vit apparaître Mellissandre sur un cheval, se rendant auprès des soldats, pour régler les affaires à sa manière ce qui laissa hébété Cullen qui voulait faire les choses en ordre. D’ailleurs il dû vite reprendre en main Balthus qui tentait de mordre le cheval de Mellissandre. Cullen savait sa monture têtue, mais ne s’imaginait pas qu’elle ne supportait pas se faire doubler. Voyant ce spectacle du haut de son cheval, Joséphine s’avança alors vers lui la mine enjouée comme à son habitude.

«  - Rappelez-moi de ne pas vous passer devant, Commandant. »
«  - Je ne sais pas ce qui lui a prit, Ambassadrice. »


Il se dépêcha de ranger le tout pour remonter sur la selle de son cheval, l’air particulièrement mécontent.

«  - Vous aussi cela vous embête ? Vous n’avez pas besoin d’être aussi irrité, vous savez. Je peux comprendre que cela puisse être difficile à tolérer, mais essayez de laisser vos différents de côté pour le moment »
«  - C’est le genre d’attitude qui me hérisse et je ne suis pas particulièrement sur mes bons jours comme vous avez pu le constater. »
«  - Je suis navrée que vous ayez attrapé cette maladie, vous savez. Profitez de la journée pour vous reposer, d’accord ? »
«  - J’en ai bien l’intention.. »


Ce n’était pas tant le bal qui le rendait dingue, mais la ville lui semblait si peu chaleureuse. Rien que l’attitude ingrate des gardes qui murmuraient des paroles imperceptibles pour lui ne présageait rien de bon. Ensuite Mellissandre qui en profitait pour se pavaner et clamer haut et fort sa présence le rendait dingue. Mais Joséphine avait raison, il devait se montrer calme et patient.

Mais une fois entrés dans la ville, il ne savait vraiment plus où se mettre, heureusement que son cheval prenait de la place et que des soldats écartaient les gens sur leur chemin.

«  - Quel monde.. »
«  - Et c’est comme cela dans toute la ville »
«  - Mais comment peut-on vivre ainsi ? »
«  - On voit que vous n’êtes pas un citadin, Commandant ~ »


Même à Kirkwall il n’y avait pas autant de monde regroupé au même endroit, et les habitants nobles se détachaient bien des plus pauvres. Il y avait même un marché aux esclaves qui vendaient des elfes à peine plus âgés de 15 ans. Depuis sa position, il observa ce spectacle sans dire mot, mais sans quitter des yeux des estrades où une jeune elfe fut poussée dans les bras de son prochain propriétaire.

«  - Qu’est-ce qui se dit concernant l’esclavage ? »
«  - C’est un des piliers économique de la société Tévintide, toute personne de haute classe sociale en possèdent. »
«  - Il y en a absolument partout, c’est terrifiant »


Leur passage ne passa pas inaperçu, les passants les regardèrent certains depuis leur fenêtre, l’air indifférents. Puis ils changèrent de quartiers, entrant dans ce qui semblait être la Hauteville. C’était assez similaire à Kirkwall dans l’organisation de la cité, mais pas aussi tranquille. Les rues s’étaient élargies, et malgré la chaleur présente dans l’air, tout semblait se rafraîchir en sortant de ce monde.

Toujours guidés par Mellissandre, elle s’arrêta alors près des barrières d’une des bâtisses, faisant alors arrêter tout le monde.

«  - Navrée, Commandant, je préfère que vous restiez en retrait pour le moment. »
«  - Bien entendu.. »


Après tout il ne devait pas foirer la rencontre entre Joséphine et leurs hôtes, en espérant cette fois qu’ils ne soient pas autant farfelus que le Baron à Val Royaux. Il se contenta de la suivre et de rester silencieux, après tout elle connaissait mieux ce domaine que lui.

« - Bienvenue chez moi »
« - C’est charmant ! »


Joséphine observa les palissades de sa propriété, alors que Cullen vit approcher un attroupement de gardes et d’esclaves prêts à les accueillir. En s’approchant de Mellissandre ils s’inclinèrent bien bas et s’occupèrent ensuite du cortège. Le Commandant les regardait faire alors qu’il descendit de sa monture, puis rassembla ses troupes pour laisser les serviteurs à leur besogne. Il resta cependant assez proche de Cordélia puisqu’elle était son second durant cette mission peu ordinaire.

Il profita de la présence d’un elfe qui s’occupait de prendre Balthus pour lui faire la conversation.

«  - Excusez-moi, vous allez les laisser à quel endroit ces chevaux ? Je risque d’en avoir besoin plus tard. »

L’elfe le dévisagea, sans dire un mot et paniquant presque de ne pas se remettre de suite au travail. Cullen le regarda partir l’air franchement étonné jusqu’à ce que Joséphine vint à son secours.

«  - Ne lui en voulez pas, les esclaves ne comprennent pas un autre langage que le Tévène. »
«  - Ce qui m’étonne c’est qu’il a eu peur que je l’accoste. »
«  - Ils s’attendent à des sanctions s’ils ne font pas leur travail, ce ne sont pas des servants ordinaires à qui on peut faire la discussion. »


Aussi dingue que cela pouvait être, elle avait raison à croire que ces êtres étaient considérés plus comme des objets que comme des personnes. Une cruelle réalité bien présente dans ce pays, et trop habitué à la courtoisie de Ferelden, Cullen en restait bouche-bée. Il entreprit alors de rejoindre le reste du groupe derrière les herses qui venaient d’être levées. Joséphine quant à elle, continuait d’observer les alentours.

«  - Vous avez vu, cela ressemble presque à la maison du Baron de Clairvallée. »
«  - C’était le genre de personne à aimer ce type d’architecture effectivement. … Pfiou, j’aurais dû revoir ma garde Robe, c’est une véritable fournaise ici. »
«  - L’hiver approche dans le sud, mais ici c’est l’été quasiment toute l’année »
«  - Je vous remercie pour ces précieuses informations.. »


Une femme à l’air sévère et d’un certain âge ne tarda pas à les rejoindre, s’adressant à Mellissandre en Tévène. Vu la droiture de cette femme, elle devait probablement être l’intendante ou une responsable. Si au moins elle pouvait communiquer dans la langue commune cela était plus facile pour eux…

« - Voici Cléa, l’intendante de la maison et ma nourrice quand j’étais bébé, si vous avez le moindre problème n’hésitez pas à la solliciter »

A condition que cette femme voulait bien leur adresser la parole, vu comment elle les dévisageait elle devait probablement les détester. Mais elle s’inclina pour les saluer, ce qui rassura un peu le Commandant qui se sentait pas vraiment dans son élément jusque là. Il suivit alors Mellissandre et la gouvernante jusqu’à l’intérieur de la bâtisse, sans dire un mot et regardant les quelques tableaux dans le hall. Il s’attendait presque à voir plus de savon tant il s’agissait de son domaine de prédilection. Mais son regard fut attiré non par la famille Alirius qui descendait les escaliers en face d’eux, mais par les serviteurs qui effectuaient les préparatifs pour le bal. Joséphine dût lui donner un coup de coude pour attirer son attention ailleurs.

C’était fou la ressemblance entre elle et sa mère, qui semblait être une personne particulièrement aimable contrairement à son paternel. Cullen s’attarda sur lui, observant avec quelle médisance il le regardait avant qu’il ne donne son attention ailleurs.

Les dignitaires de l’inquisition étaient arrivés en petit comité, contrairement à la garde qui était entrés avec eux. Une Vingtaine de soldats se trouvait avec eux, Cullen ne ménageant pas ses troupes comme la dernière aventure qu’il avait eu à Orlaïs. Et le voyage étant plus long, il fallait avoir des personnes capables de défendre sans problème leur petit groupe.

« - Maman, papa, je vous présente l’ambassadrice Joséphine Montilyet et le Commandant Cullen Rutherford »

Suite à cette petite introduction ils firent les deux une révérence pour les saluer, signe de respect, en attendant que Mellissandre finisse de présenter leur petit groupe.

« - C’est un plaisir de faire votre connaissance »
«  - Nous de même, Dame Alirius. Merci encore de nous accueillir parmi vous. »


La petite présentation fut de courte durée car bientôt ils s’excusèrent, prétextant des affaires importantes pour les préparatifs du bal du lendemain. Le Commandant les regarda partir sans dire un mot, puis Mellissandre reprit alors qu’ils étaient de-nouveau seuls.

«  - Joséphine, Solas et Cullen venez avec moi, je vais vous montrer vos quartiers, les autres vous pouvez suivre Cléa elle va vous faire visiter »

A défaut de ne pas se retrouver avec Cléa, il était bien content que ce soit Mellissandre qui les fasse visiter. Cependant, cela l’embêtait de quitter ses hommes aussi rapidement. Il s’éclipsa quelques secondes vers Cordélia.

«  - Je vais me renseigner sur le déroulement du bal, afin de savoir comment organiser les troupes pour demain. Je vous laisse surveiller mes hommes en attendant. On se rejoint plus tard par ici. »

Ceci étant fait, il rejoignit Solas et Joséphine pour partir avec Mellissandre en direction des quartiers. Ils empruntèrent des escaliers qui montaient en direction de l’aile, et alors qu’ils sillonnaient les couloirs, Joséphine engagea la discussion.

«  - Parlez-moi de l’organisation du bal à Tevinter. Je dois avouer que je n’en ai jamais assisté à aucun d’entre eux jusqu’à présent. S’agissait-il de la salle de bal dans ce Hall ? »

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Posté Lun 2 Oct - 19:42

Le voyage avait été long, extrêmement long. C'était la première fois que Cordélia voyageait aussi loin de ses pénates, et elle avait regardé d'un air fasciné (enfin pas trop quand même, elle devait avoir l'air sérieux en tant que nouvelle chef de l'escorte) le paysage changer autour d'elle.
Afin qu'elle ne se ridiculise pas complètement, Joséphine avait eu la gentillesse de lui indiquer ce qu'il fallait faire et ne pas faire à Tevinter, ainsi que les différents us et coutumes. Malgré cela, elle était quand même nerveuse, une anxiété mitigée par la magnificence et le faste de la ville qu'elle ne pouvait s'empêcher d'admirer, un sourire béat et un peu idiot aux lèvres. Quelle grandeur !

Mais il n'y avait pas que matière à s'émerveiller, même si le fait de voyager aussi loin était un privilège en soi pour Cordélia. Le plus choquant était les esclaves, évidemment. C'était impossible de les manquer tant il y en avait. Ici, les différentes strates de la société étaient visibles même pour des yeux étrangers. Cela la mettait mal à l'aise, mais elle n'en était pas au bout de ses surprises : une fois le portail de la demeure franchi, c'est toute une armée de domestiques discrets mais efficaces qui vint les décharger de leurs bagages.
Elle n'arrivait pas à mettre le doigt dessus mais quelque chose ici la mettait mal à l'aise. Quelque chose dans la façon dont les gardes et les passants les observaient, cette méfiance mêlée de curiosité... On les observait, et cela allait sûrement durer jusqu'à leur départ.

Le faste ostentatoire de la maison des Alirius était à couper le souffle, elle n'avait jamais vu une architecture pareille, ni des jardins si bien entretenus. Elle resta bouche bée devant les tableaux, les fioritures, les tapis et même la hauteur du plafond. Plusieurs des soldats faisaient de même, observant l'endroit avec un étonnement à peine caché.
Mellissandre conversa avec ses parents dans une langue qu'elle ne comprit pas, puis enjoignit l'escorte de suivre l'Intendante. Elle soupira intérieurement. Pourvu qu'elle parle au moins un peu d'Universel... Elle allait emboîter le pas à Clea quand le Commandant se retourna pour lui donner une instruction.

«  - Je vais me renseigner sur le déroulement du bal, afin de savoir comment organiser les troupes pour demain. Je vous laisse surveiller mes hommes en attendant. On se rejoint plus tard par ici.
- Bien, Commandant. »

Elle inclina la tête puis tourna les talons et intima au reste de l'escorte de la suivre alors que le groupe suivait calmement l'Intendante.

« - Je cuis dans mon armure, gémit un soldat plus ou moins discrètement.
- Patience. Nous aurons bientôt accès à nos quartiers, et à davantage de rafraîchissements » répondit-t-elle en retour. En fait, elle n'en savait rien, mais c'était plus pour calmer le reste de l'escorte aussi épuisé qu'elle. Elle s'était retenue de se plaindre, mais elle n'aurait pas dit non à un autre verre d'eau... Cette chaleur était insoutenable. Comment faisaient les Tévintides pour supporter ça ?
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Posté Lun 2 Oct - 21:55
Il y avait beaucoup de mots pour désigner Solas, et certains d'entre eux n'avaient pas d'équivalents dans la langue universelle, et se paraphrasaient par des expressions parfois aussi longues que des phrases. En revanche, il était évident que le mot « sociable » ne faisait pas partie de ceux là, ni aucune de ses approximations. Ce voyage, il l'avait passé à l'écart du reste du groupe, restant en dehors des conversations et des formations. Il ne s'était véritablement joint à eux qu'occasionnellement, le temps de quelques repas et discussions, notamment une avec Joséphine qui avait tenu à le préparer au protocole qui s'imposerait une fois arrivée à Tévinter, ignorant ses connaissances de la noblesse ainsi que l'absence totale d'envie de faire des ronds de jambe aux tévintides.

Encore que, concernant ce dernier point, elle semblait avoir senti quelque chose. Elle avait dû voir ses yeux lancer des éclairs lorsque la patrie de Mélissandre était évoquée, et elle l'avait ainsi enjoint à faire des efforts, le mettant au pas avec l'imparable argument du « c'est pour le bien de l'Inquisition ». Du bout des lèvres, Solas avait finalement accepté d'être aussi respectable et respectueux que possible.

Jusqu'à ce qu'il en décide autrement.

Ainsi, le vieil elfe était resté sombre et fataliste au fur et à mesure que les jours s'écoulaient, et il avait tenté de nuancer sa mine grognonne en pensant à toutes les merveilles qu'il verrait une fois arrivé à Minrathie. Il y aurait beaucoup d'horreurs, certes, mais il ferait des rêves fascinants, y apprendrait des choses oubliées de tous et pourrait revenir dans le sud avec une meilleur compréhension de ce qui fut le plus grand empire du monde durant des siècles. Un empire sur le déclin, certes, mais à la grandeur passée inégalée.

Au bout du cinquième jour, la cité fut en vue, et le moins qu'on l'on puisse dire, c'est que son statut de capitale crevait les yeux. Tout y semblait grand, grandiloquent même, et elle dégageait une aura d'austérité mêlée d'une odeur d'excès, et peut-être de débauche. Mais pour ce dernier point, il ne se fiait guère à ses impressions seules : celles-ci avaient été entachées par ce qu'il savait déjà de l'empire, et il n'était guère objectif à ce sujet.

Il se rapprocha du groupe alors qu'ils furent sur le point d'être fouillés, afin qu'il n'y ait aucun doute sur son appartenance et qu'on ne vienne pas l'alpaguer dans les rues. Ladite fouille n'eut d'ailleurs jamais lieu, car Mélissandre n'eut qu'à claquer des doigts pour qu'ils passent, leur rappelant ainsi son rang, au cas où il y avait des gens suffisamment imbéciles parmi eux pour l'oublier. Jetant un regard aux golems qui les surplombaient, Solas ne put s'empêcher d'être à la fois émerveillé et déçu. Toute cette puissance, cette grandeur, mais tout cela était pourtant si pâle en comparaison avec les colosses dont étaient inspirés ces créatures. Les nains comprenaient-ils seulement d'où venait leur passion pour le gigantisme ?

Leur hôtesse les emmena alors à travers les rues de la cité, les faisant gravir l'échelle sociale à chaque pas, et le décor qui les entourait ne manquait pas de le leur faire comprendre. Solas regardait autour de lui d'un œil mauvais, comme si un seul de ses regards pouvait pétrifier la masse d'esclavagistes qu'il voyait ramper autour d'eux.

Il n'y avait rien au monde, passé ou ancien, qui révulse plus Solas que l'esclavage. C'était cette raison qui l'avait poussé à prendre les armes contre les Evanuri. Le meurtre de Mythal n'avait été, en fin de compte, que le déclencheur, l'étincelle qui a mis le feu au saar-gamek, comme le disait Iron Bull. Et sa haine était telle que l'explosion avait détruit les « dieux ». Et pour quoi ? Pour voir qu'il avait détruit le monde pour que des pratiques similaires continuent de le souiller. Que tout cela n'avait, en fin de compte, réglé aucun problème, et s'était contenté d'en créer de nouveaux. C'était une véritable torture.

Il ravala son dégoût et les suivit en silence, jusqu'à la demeure de Melissandre, assurément l'une des plus belles de la ville. Il prit sur lui de mettre sa mauvaise humeur de côté et contempla ainsi l'architecture de la bâtisse, très différente de ce qu'il avait pu voir dans le sud et qui avait un côté indéniablement elfique. Néanmoins, ses efforts furent réduits à néant lorsqu'une armée d'esclave vint se mettre au garde à vous, se muant en une galerie d'objets mouvants que leur hôtesse semblait ravie de pouvoir exhiber.

Il écouta à peine ce qu'elle leur raconta sur la femme qui se présenta, et retint juste le mot « intendante ». Il mit quelques instants à réaliser que le groupe avait reprit son avancée et pressa le pas pour les rattraper. Pourquoi, aux noms de tous les dieux de Thédas, les faux comme vrais ou les hypothétiques, avait-il accepté de venir ? Il savait à quoi il serait confronté...

Peut-être était-ce pour cette exacte raison qu'il avait pris cette décision. Sa curiosité pour l'histoire des lieux était réelle, mais ça ne l'empêchait pas non plus d'être un prétexte, cachant une intention qui pouvait bel et bien être véritable : contempler l'ampleur de son échec.

Leur route croisa celle des parents de Melissandre, et cette dernière, heureuse comme une enfant lorsqu'elle les vit, fit les présentations avec entrain, introduisant Solas en tant que somniari, justifiant ainsi immédiatement la vile présence d'un elfe libre entre ces murs en leur apprenant qu'il avait assez de valeur pour qu'on ne daigne pas l'enchaîner. Trop aimable.

Lorsque leurs regards se posèrent sur lui, Solas les contempla avec une haine et un dégoût qu'il ne chercha pas à cacher. Après tout, il était probable qu'ils ne l'aient même pas remarqué : ils s'esquivèrent si vite qu'il était évident qu'ils ne leur accordaient qu'un intérêt mineur. Avait-ils seulement posé les yeux sur lui, ou bien s'étaient-ils contentés de fixer un point fixe quelque part derrière lui ? Peu importe, soupira-t-il intérieurement.

Toujours silencieux, ruminant, il suivi Melissandre, leur groupe se scindant en deux. Dire qu'il allait passer du temps dans une maison remplie d'esclave, manger la nourriture préparée par des gens privés de leur liberté, dormir dans des draps lavés pour la seule récompense d'un repas...

Solas désapprouve grandement.
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Posté Mar 3 Oct - 23:57
HRP : Petite visite guidée de la maison  cette fois. Désolée pour les descriptions encore, promis après j’arrête ~ Je précise que là, techniquement, bien qu’on soit dans le hall d’entré, on est au premier étage, parce qu’il y a un graaaaaand escalier pour entrer dans la demeure. Je rappel que vous êtes libre de faire des RP à côté de l’event pour visiter Tevinter – ou la maison de Mellissandre – au prochain tour, on commence le bal à proprement parlé, je vous laisse faire votre entrée ~

- - Scipio & Cordelia - -


D’un simple pincement de lèvre, Cléa morigéna Scipio, lui intimant silencieusement de faire preuve de patience. Au cas où son air de chouette anorexique n’avait pas suffit, il était désormais certains que la femme ne badinait pas avec la discipline. Pas étonnant que Mellissandre soit si bien élevée, l’ayant eu comme nourrice pendant toute ses jeunes années.

Ce n’est donc qu’une fois que la maîtresse des lieux eut donné son accord et grimpé les marches en compagnie des dignitaires qu’elle se décida enfin à lui répondre. Enfin, sa réplique n’était pas particulièrement destinée à sa personne…

« Veuillez me suivre je vous prie », déclara-t-elle en parfait universel avec une énième petite révérence. C’était fascinant de voir à quel point malgré son âge, elle ne semblait pas rouillé par se geste, l’exécutant avec la rigueur de ses vingt ans.

Empruntant un des colimaçon qui encadré l’escalier monumental, ils descendirent donc au rez-de-chaussé. D’un ample geste de la main, elle désigna une porte sur la droite, l’utilité de la pièce étant trahie d’avance par l’odeur alléchante qui s’en dégageait et la température qui exsudait jusque dans le couloir.

« Les cuisines sont ici, mais je vous conseil de vous refréner jusqu’à la fin de la visite », le prévient-elle d’une voix froide. Comme une mauvaise augure, des exclamations en Tévènes retentirent, la porte s’ouvrant sur un chétif elfe roux houspillé par un de ses supérieurs.

« Mais c’est pas possible ! Par le Créateur, qui m’a collé un empoté pareil !? Jamais vu un esclave aussi maladroit ! Mais d’où il sort à la fin, ils l’ont trouvé dans une pochette surprise ou quoi ?! », vociféra l’homme en charge tandis que le jeune elfe prenait un air penaud qui ne semblait toutefois pas attendrir son interlocuteur, qui, a en jugé par son collier était également un esclave. Malgré sa colère flagrante, Cléa le fit taire d’un regard et l’homme se rembrunit comme s’il venait de se faire taper sur les doigts.

« Je ne veux plus le revoir dans la cuisine où on va finir par ne plus avoir de vaisselle », avertit-il néanmoins en rentrant de nouveau dans le bâtiment. Cléa soupira, dévisageant avec sévérité l’elfe avec le désespoir d’une animatrice qui ne sait pas quoi faire d’un enfant trop turbulent. Les bras croisés, elle jaugea la situation avant de désigner l’escorte – qui était en train de se plaindre de la chaleur – du menton.

« Tu parles l’universel n’est-ce pas ? », l’interrogea-t-elle tandis qu’il opinait timidement. Carrant les épaules pour obtenir l’attention du groupe, Cléa proclama d’une voix forte.

« Je vous présente Remus, il sera à votre disposition pour tout le séjour. Il parle l’universel, vous pouvez donc vous reposez sur lui si vous avez besoin de communiquer avec quelqu’un d’autre », conclu-t-elle avec assurance malgré sa contrariété intérieure. Elle avait prévu de donner ce rôle à quelqu’un d’autre, mais elle ne savait définitivement pas quoi faire de cet empoté et Mellissandre avait spécifiquement exigé qu’il ne fasse pas de corvées trop épuisantes.

« En cas de problème, n’hésitez pas à me solliciter, d’ailleurs, tout le personnel de la maison est à votre disposition. Il est cependant interdit de violenter les esclaves – les molester ou se montrer trop insistant – peu importe la raison », insista-t-elle avec lourdeur. C’était rare qu’ils reçoivent des sudistes et certains invités avaient un peu trop l’habitude se montrer rude avec leurs domestiques, sauf que ce n’était guère la politique de la maison. Un esclave battu est un esclave craintif et affaiblit donc moins efficace, il y avait bien d’autres moyens de leur inculquer des leçons. « Si vous aviez un problème avec l’un d’eux, venez m’en parler », conclu-t-elle en ultime caution de la marche à suivre.

Reprenant la visite avec nonchalance, Cléa ouvrit cette fois la porte de gauche, dévoilant une très grande salle emplie de tables. La décoration était sobre mais la pièce était fort lumineuse et quelques plantes égayaient le tout. Par ailleurs, malgré l’heure de la journée le lieu semblait aussi joyeux que vivant à cause de quelques enfants qui jouaient dans un coin, tranquillement assis sur des tapis sous le regard bienveillant de ce qui semblait être leur mère.

Cela pouvait surprendre au premier abord mais en soit, cela n’avait rien d’étonnant. Les esclaves se côtoyaient tous les jours pendant des années, dans ces conditions ils n’étaient pas rare que l’amour naisse et les enfants avec. Après tout, un enfant était un futur esclave gratuit, et une famille épanouie, une force de travail bien moins fatigante à gérer.

« C’est la salle commune des serviteurs », expliqua-t-elle sobrement. « Les repas sont servis ici, mais vous pouvez venir quand bon vous semble. Surtout que, il me semble que vous êtes invité à dîner dans le salon des maîtres au moins ce midi », nota-t-elle d’un air pincé qui montrait sa contrariété. Des simples soldats autorisé à aller à l’étage. Le monde partait vraiment en vrille depuis le trou dans le ciel.

Reprenant la visite, ils descendirent encore un étage, entrant cette fois ci au sous-sol, le brusque changement de luminosité étant fortement révélateur de ce fait. Néanmoins, davantage éloigné des cuisines et enterré sous la tête, cet étage était un peu plus frais que le précédent, et l’effet ce renforça alors qu’ils descendaient encore d’un étage de plus.

« Ces deux étages sont les quartiers où résident les serviteurs », annonça-t-elle brièvement, ne prenant pas la peine de préciser que celui qu’ils n’avaient fait que traverser accueillait le personnel qualifiait et les esclaves les plus méritant car il s’agissait de chambres individuelles et non de dortoirs. De toute façon, on comprenait très vite que cette maison tout en hauteur instaurait littéralement la hiérarchie entre les individus.

Ouvrant une porte, Cléa dévoila donc un dortoir, où une vingtaine de lit aux draps de cotons soigneusement alignés attendaient ses occupants. Des bassines d’eau fraîche, des petites commodes, des mannequins pour ranger les armures et même quelques paravent pour avoir un peu d’intimité. Malgré la sobriété tout le confort possible était présent, et surtout la propreté de la pièce était remarquable.

« C’est ici que vous logerez, s’il manque quelque chose, faites le savoir, dame Mellissandre souhaite que vous ayez tout le confort nécessaire le temps de votre séjour », déclara-t-elle, s’excusant presque de les faire dormir dans ces quartiers car la place manquait à l’étage où les chambres étaient simplement immense. « D’ailleurs, Madame, en tant que Commandant de l’escorte, si vous le souhaitez, vous pouvez avoir une chambre individuelle ? », demanda-t-elle soudainement à Cordelia avec une placidité absolu.

« La salle de bain est au fond du couloir », précisa-t-elle en joignant le geste à la parole pour leur montrer la salle d’eau où on pouvait même prendre des bains.

S’inclinant, elle s’éclipsa donc pour les laisser se familiariser avec leur environnement, gardant un œil sur Scipio de peur qu’il ne court jusqu’au cuisine pour prendre possession de son royaume temporaire. Le cuisinier avait été averti de la relève, elle ne doutait pas que les choses se passeraient bien. Enfin… A priori… Antoine avait un tempérament assez sanguin après tout… A croire que crier faisait parti du métier.

De son côté, Remus qui s’était contenté de suivre le groupe droit comme un I, se détendit imperceptiblement alors que Cléa s’en allait. Comme tout le monde ici, il était terrifié par l’intendante, et si le poids de ses responsabilités auprès de l’Inquisition l’écrasait, il était ravis de pouvoir se rendre utile. D’ailleurs, il se rapprocha lui même de la jeune templière.

« Hmm… Je… Je peux faire quelque chose pour vous aider ? », demanda-t-il poliment se dandinant presque d’impatience, absolument désireux de bien faire.


- - Cullen & Solas - -

Prenant son rôle de guide à coeur, Mellissandre les entraîna donc dans les imposants escaliers centraux, atteignant le deuxième étage qui était aussi luxueux que le précédent. A se demander quel boutique ils avaient pillé pour avoir autant de teintures, de babioles et de tableaux à accrocher à leurs murs. Des armes aussi. De magnifiques pièces d’apparat absolument impossible à manier qui luisaient sous les rayons du soleil.

« Le salon se trouve ici », expliqua-t-elle en désignant une pièce sur la droite où une salle plutôt intime vu les proportions du manoir proposant fauteuils et canapés dans une ambiance douillette propices aux conversations secrètes. Une nonchalance qui contrastait avec la solennité de la salle à manger qu’elle présenta juste après, mais surtout, de l’immense bibliothèque qui se trouvait au même étage.

Connaissant les goûts de Solas en la matière, elle s’y attarda un peu plus que nécessaire, invitant tout le monde à admirer les imposantes étagères couvertes avec assez de livre pour donner un orgasme à Dorian rien qu’en la voyant. Toutefois, ce qui attirait vraiment l’attention, c’était le mur en face qui était couvert de tableaux – en plus que les autres – organisés dans un ordre précis. Un arbre généalogique illustré sur au moins 5 générations. Que des nobles drapé dans leur stature et leur richesse qui posaient un regard sévère et protecteur sur l’assemblé. Mellissandre n’échappait pas à la règle et à côté d’un tableau vide destiné à son futur mari, on pouvait donc voir une peinture de la jeune femme qui datait un peu. Beaucoup même puisqu’elle était alors âgée d’une douzaine d’année, ayant encore l’innocence adorable des enfants de son âge sur ce portrait.

« Les tévintides sont obsédés par la généalogie », plaisanta-t-elle, désignant le livre fort épais qui était exposé en dessous sous un piédestal. L’arbre généalogique encore, mais sur plusieurs pages cette fois, complétant les branches secondaires et remontant aussi loin qu’il était possible de l’être.  Un trésor à l’importance capitale qui était donc soigneusement mis sous vitre mais exhibait avec la fierté d’un bijoux de famille. Après tout, les altus détenaient leurs légitimités de leurs ancêtres…

Délaissant le lieu, ils montèrent encore un étage tandis que Joséphine s’enquérait du déroulement du bal.

« Oui, cela se déroulera dans le hall, c’est la pièce la plus vaste de la maison et on attend une bonne centaine de personne après tout. Entre les tables, l’estrade des musiciens, la piste de danse… Sinon, l’organisation est semblable aux bals orlésiens », la rassura-t-elle avant de développer un peu, ne serait-ce que pour le Commandant. « La fête commence à 20h, mais les premiers invités sont rares, tout le monde veut se faire remarquer en arrivant en retard… C’est pour ça que l’annonceur restera près de la porte pour toute la soirée. Je vous ai fournis la liste des invités avec leurs… allégeances connus, ça devrait vous aider à mieux vous repérez », déclara-t-elle avec un sourire de connivence à la diplomate.
Un bal était une guerre, il fallait connaître ses alliés et ses adversaires et ses pour ça qu’elle avait soigneusement commenté la liste des présents avec Joséphine.

« Il y aura tout le temps de la musique mais dans un premier temps les gens bavardent toujours près des buffets, le temps que les retardataires arrivent justement… Les danses ne commencent qu’après l’ouverture du bal sur une valse traditionnelle, mais dans les faits les gens continuent de discuter... », déclara-t-elle avec un petit sourire malicieux toujours destinée à son interlocutrice.

« La seule différence avec Orlaïs c’est qu’il ne faut pas s’étonner s’il y a un mort. Ca arrive tout le temps c’est normal, les gens trouvent ça ennuyeux sinon… Une petite tentative d’assassinat par ci, un duel par là, une esclandre et un débat interminable dans un coin… Du moment que les directives de sécurités sont bien respectées tout devrait bien se passer. Les domestiques qui servent les plats sont triés sur le volet, et la nourriture est constamment surveillée et goûtée pour éviter les empoisonnements, il suffit juste de ne pas accepter un verre d’un invité en somme », rappela-t-elle avec sobriété. Ils en avaient déjà parlé mais ça ne pouvait pas faire de mal de le répéter.

« Si tout se passe bien, le bal finira très tard – enfin plutôt très tôt – et on aura l’occasion de discuter avec les personnes les plus importantes lors d’un dîner officiel le lendemain »

Se stoppant pour appuyer ses propos, Mellissandre regarda longuement Solas et Cullen, signe qu’ils étaient les personnes visés par sa prochaine remarque.

« Les décisions à Tevinter sont davantage prise lors des bals qu’au magisterium. Considérez toute la soirée comme une longue audience pour défendre la cause de l’Inquisition. On vous interrogera, on essaiera de vous piéger avec des sophismes et des concepts philosophiques. Les miens sont persuadés que tous les sudistes sont des barbares, ne vous laissez pas avoir par leurs provocations », conclu-t-elle en lançant un regard particulièrement insistant sur le Commandant. Elle le savait capable de raison, mais il pouvait aussi se montrer… impulsif.

Ils étaient arrivé au troisième étage, mais Mellissandre ne s’y attarda pas, continuant à monter les escaliers malgré une description sommaire.

« Le troisième étage accueille les quartiers de nos invités », expliqua-t-elle avant de renchérir alors qu’ils arrivaient au sommet de la maison, le quatrième étage. « Mais c’est ici que vous logerez, à l’étage des dignitaires », conclu-t-elle, même si elle était persuadée qu’ils n’auraient pas conscience de l’honneur qu’ils leur faisaient. De toute façon, la maison avait beau être gigantesque, il n’y avait qu’une dizaine de chambre sur tous l’étage tant elles étaient vastes. Engagée dans un couloir qui était patrouillé par des gardes preuve qu’on ne badinait pas sur la sécurité, Mellissandre désigna les portes à droite d’un mouvement ample.

« La chambre – et le bureau - de mon père, celle de ma mère, et la mienne, n’hésitez pas à me solliciter si vous avez un problème », annonça-t-elle avec un naturel déconcertant, pas du tout choquée par le fait qu’ils vivent si ostensiblement dans des quartiers séparés. C’était si normal pour elle après tout. Elle allait renchérir, quand la porte de la première pièce s’ouvrit sur un homme qu’ils n’avaient jamais vu mais qui était très clairement trop bien habillé pour être un simple domestique. D’ailleurs, une jeune esclave le suivait comme son ombre en tenant fermement une pile de papiers.

Surprise de le voir, Mellissandre marqua un temps d’arrêt qui causa sa perte car l’homme s’approcha aussitôt de leur petit groupe en s’inclinant pour lui faire un baise-main tandis que la demoiselle s’inclinait très bas.

« Dame Mellissandre, c’est un tel plaisir de vous revoir. Si je puis me permettre vous êtes radieuse », la salua-t-il en tévène avant de daigner s’intéresser à ses compagnons, jetant un regard particulièrement dédaigneux – quoi qu’intrigué – sur Solas.

« Je m’appelle Auguste Cicéran, fils du magister Tulius Cicéran… », se présenta-t-il spontanément tandis que Mellissandre se tendait, connaissant tout à fait la fin de son laïus qu’il prononçait avec fierté et condescendance. « … Haut responsable du commerce d’esclave de Tevinter »

De toutes les personnes possible, il fallait qu’ils tombent sur le plus grand marchand d’esclave de la ville, manifestement venu pour affaire. Contrariée, Mellissandre fusilla son père, resté dans l’encadrement de la porte, du regard, attendant les hypothétiques réactions de ses partenaires. Apercevant son mécontentement, ce dernier lui sourit avec résipiscence.

« Je sais que je suis en avance - j'étais justement en train de m'entretenir avec votre père sur le sujet - mais j’ai entendu parlé du bal et l’invitation s’étant perdu en chemin,  je me suis dis qu’une visite de courtoisie serait de bon aloi. J’étais très curieux de rencontrer des sudistes en personne je dois dire, mais surtout, je ne pouvais pas manquer l’occasion de vous voir, ma dame. Caesare, vous devez vraiment être fier, d’avoir une fille si incroyablement belle », conclu-t-il en se tournant vers le géniteur de Mellissandre, lui destinant le compliment plutôt que de lui offrir à elle.

Perfides provocations mêlées de compliments mielleux alors qu’il admettait plus ou moins ouvertement que c’était le conflit qu’il cherchait. Typiquement tévintide. Tout aussi typique, Mellissandre n’avait pas cillé, gardant un sourire impeccable malgré l’agacement des flatteries et de cette présence inopinée. Les esclaves chez elle était excessivement bien traité, elle avait donc espéré éviter trop de tensions de ce point de vu là, mais avec Auguste dans les parages, le débat allait forcément s’installer à un moment où à un autre, la soirée promettait d’être longue.

Ouvrant la bouche pour répliquer, Mellissandre fut cependant interrompu par sa mère qui avait décidé d’intervenir avec un naturel décontracté.

« Allons, allons, cher Auguste, vous ne voyez pas que nos invités sont épuisés d’un long voyage ? Il n’est pas bon d’être bavard au point d’en oublier la politesse la plus élémentaire. Vous devriez redescendre dans vos quartiers vous reposez vous-même », le morigéna-t-elle avec un sourire étincelant tandis que l’homme s’esquivait non sans passer ses nerfs sur son esclave, trouvant un prétexte futile pour l’enguirlander alors qu’il descendait les escaliers. Après tout, on venait de remettre en cause ses manières, et de lui rappelait que l’Inquisition était des invités plus important vu l’étage dans lequel ils résidaient.

Mellissandre remercia silencieusement sa mère du regard mais elle s’était emmurée dans un visage aussi neutre que désabusé, retournant vaquer à ses occupations sans un regard de plus pour leur petit groupe.

« Hmm… Je disais donc… les chambres », hésita-t-elle quelques secondes, ayant besoin d’un peu de temps pour retrouver le fils de ses pensées.

Une à une, elle leur présenta donc leurs quartiers, des salles immenses divisés en plusieurs parties, des lits assez grand pour accueillir au moins trois personnes et couvert de draps de soies, des tapis, des rideaux, des teintures, des armoires sculptées… Et une salle de bain séparé d’un simple rideau opaque. Immense. Des baignoires en marbre creusée à même le sol dans lequel on pouvait aisément entré à deux sans parler de tous les produits soigneusement exposés autour. Savons, crèmes… il y avait tout dans ses chambres de la taille de petites maisons. La première était pour Joséphine, la seconde pour Solas – ce lieu était presque considéré comme maudit tant il avait connu de meurtres et de complot, elle espérait qu’il apprécie les potentielles réminiscences – et enfin la dernière était pour Cullen. Elles étaient presque identique à deux trois agencements et décorations prêt, mais celle du Commandant accueillait en plus un mannequin de bois sur lequel avait été posé une superbe armure. D’un noir luisant, elle avait été taillée avec beaucoup d’élégance selon la mode Tévène, c’est à dire des épaulières fort larges et quelque peu acéré. C’était un travail remarquable et la finesse des plaques se voyaient jusqu’à leur agencement pensé pour contenir le moins de métal possible et rester particulièrement légère. Dans le dos, l’épée de l’Inquisition avait été gravé, aussi grandiloquente que sur les bannières et les fanions qui s’agitaient au vent.

Mellissandre qui ne l’avait pas encore vu, la jaugea pendant une seconde avant de porter un regard presque étrange à Cullen. Elle était sûr que cela allait lui allait divinement bien, s’en était presque embarrassant. Après tout, le Commandant avait omis de lui signifiait qu’il ne voulait pas la porter…
Assez naïvement, elle avait donc hâte qu’il la porte. Et puis, elle ne l’avait jamais vu en noir ténébreux.

Elle ouvrit la bouche, déterminée à faire un commentaire, mais cela sonnait trop étrange donc elle s’abstient, reculant pour sortir de la chambre et lui laisser un peu d’intimité. Ils ne s’étaient pas beaucoup parler depuis le baron, les choses étaient toujours un peu… étrange.

« … Ma proposition de vous faire visiter la ville tiens toujours, on a toute la journée après tout », dit-elle en se remémorant leur conversation au bord du lac à Golefalois. Enfin, plutôt, elle y avait repensé depuis qu’ils étaient arrivé chez elle. Elle avait déjà proposé à Joséphine la même chose mais manifestement l'antivane avait d'autre projets. « Je vais aller me prélasser aux thermes, rejoignez moi dans le hall dans une heure si cela vous tente », conclu-t-elle en s’esquivant pour rejoindre ses propres quartiers qui étaient donc juste en face.

Ils avaient deux après-midi devant eux pour faire un peu de tourisme, se reposer et se préparer. Ce n’était pas beaucoup de temps finalement, et les journées passèrent très vite.

Avant même de s’en rendre compte, il était donc l’heure de rejoindre la salle de bal. Les premiers évitaient étaient arrivés, la musique s’élevait doucement dans l’air tandis que les ultimes préparatifs avaient été achevé et que la nourriture plus ou moins exotique selon les humeurs de Scipio, ornée les buffets.
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Posté Jeu 5 Oct - 19:17
La vieille chouette avec un balais dans le cul me fait signe de me taire et de prendre mon mal en en patience.
Non mais dites donc ! Elle sait ce que c’est mémé d’avoir un banquet à préparer avec une cuisine à mettre au pas ? Est ce que je lui demande d’attendre pour faire son boulot à elle ?
Non, parce que je suis quelqu’un de bien élevé et de poli. Et aussi parce qu'elle fait un peu peur mamie psychorigide, rien que le fait qu’elle ait réussie à mettre mini-Méllisandre au pas fait reconsidérer le fait de moufter en sa présence…
N’empêche faudra pas s'étonner si jamais par inadvertance le contenu de son assiette est carbonisé ou cru… Nah mais oh !
Ce n’est qu’une fois Mélli et la clique “haut de gamme” (je plains Solas au passage, ce doit pas être une sinécure pour lui, et qu’il attende le bal, ça va pas s’arranger…) passe à l’étage que cette vieille chouette se décide à nous faire visiter les pénates qui nous sont attribuées. Et j’espère nous montrer la cuisine.
Au rez de chaussée elle désigne une grande porte sur la droite que je couve déjà d’un regard tendre et amoureux.Il n’y a aucun doute possible, c’est la cuisine.
Je sens déjà les douces effluves qui s’en échappent, tentatrices promesse d’un futur que je suis prêt à embrasser dans l’instant. Sa chaleur dans laquelle je veux me blottir dans ce souffle si doux si chaud…. Aaahhhh.

« Les cuisines sont ici, mais je vous conseil de vous refréner jusqu’à la fin de la visite »

Ouais ouais vieille pie… Grmbl… des exclamations retentissent, et un homme sort de la porte menant à la caverne des merveilles en houspillant un gamin rouquin maigrelet.

« Mais c’est pas possible ! Par le Créateur, qui m’a collé un empoté pareil !? Jamais vu un esclave aussi maladroit ! Mais d’où il sort à la fin, ils l’ont trouvé dans une pochette surprise ou quoi ?! »

L’homme vocifère tandis que le petit se fait de plus en plus petit et lance des regards désolés, qui n’attendrissent en rien le maître-coq. De base les tévintides ne sont pas des tendres mais alors les cuisiniers tévintides qui travaillent sur le fil pour un banquet… Désolé petit c’était pas le jour pour faire des boulettes. J’aurais sans doute pas été plus clément que ce gars.
Je note que la vieille chouette psychorigide aspire unanimement la peur chez les habitants de cette maison. Je me demande si le fait qu’elle se soit occupée de Méllisandre durant ses primes années joue un rôle… Et qu’est ce qui de l’oeuf ou la poule ? Enfin la vieille chouette.

« Je ne veux plus le revoir dans la cuisine où on va finir par ne plus avoir de vaisselle »,

Ah oui, c’est sûr que lorsqu’un commis pratique un génocide dans la population d‘assiettes et de couverts… Il ne fait pas long feu. Du moins pas avec son fessier en bon état…
Enfin la vieille chouette lui trouve rapidement une nouvelle occupation: interprète.
Et la visite reprend, je jette un dernier regard déchirant à la porte du paradis. Promis mon amour je reviens bientôt ! Très bientôt mia bella. Cette vieille chouette ne nous séparera pas éternellement !
Durant le reste des corvées je trépigne d’impatience. Par les cors au pied d’Andrasté ! Comme si j’allais avoir le temps de dormir ou de sortir de la cuisine, je n’ai même pas prévenu maman que je revenais à Minrathie. Bon parce que ce serait un risque de me trahir que de lui envoyer des missives régulières. Ni lui rendre visite je le crains…
Peut-être que si j’ai du temps, avant de partir je pourrais faire un rapide tour dans le quartier de la maison. Passer devant quelques instants. Peut-être entrapercevoir des visages familiers.
La vieille chouette finie enfin par s'éclipser. Pas trop tôt !! Bon par contre la présence d’une salle d’eau est une bonne nouvelle. Je vais pouvoir me débarbouiller avant d’aller en cuisine. Très vite mais c’est déjà ça.
J’attrappe un savon et me met à me débarbouiller énergétiquement le visage, savonner mes bras jusqu’au dessus des coudes.
Deux minutes plus tard je suis en train d’entrer en cuisine. Oh Créateur ! Cinq jours que j’attends ça ! Mon pays de cocagne ! Mon paradis terrestre !

Les cuisines sont à l’image du reste des lieux: immenses et fastueuses.  De superbes batteries de cuisines pendent aux murs, étincelant de mille feux. Le feux crépite dans les imposantes cheminées, on les préparent déjà pour la cuisson à la broche des viandes.
Les commis courent dans tous les sens sous les cris impérieux de leurs supérieurs.
La maison… Bien Scipio au travail maintenant, on a déjà assez perdu de temps avec la vieille chouette !

Je ne suis pas content. Je viens de faire la vérification des produits pour savoir s’ils sont empoisonnés. Alors la bonne nouvelle c’est que personne n’a mis de poison dedans, un soucis de moins pour le moment. Ouais enfin je me demande si je ne troque pas Scylla contre Charbryde… Parce que les produits sont d’excellentes qualité. Ce qui fait que trouver de la farine avec des charançons dedans, de la compoté de cerise qui moisie. Ou encore cette magnifique meule de fromage orlésien qui, quoi qu’on dise sur les fromages orlésiens en se basant sur le roquefort (qui lui est juste parfait au passage), ne devrait pas sentir autant ni avoir cette consistance poisseuse sous la lame. Et vu l'épaisseur et la dureté de la croûte ce n’est pas par manque d’affinage.
Par contres les fruits de mer et poissons sont encore ruisselants et frais sur leurs lits de glace. En même temps Minrathie est en bord de mer et pour une grande maison comme les Alirius c’est le strict minimum d’avoir du poisson frais.
Bref tout ça pour dire que toutes ces tâches dans le tableau sont d’autant moins acceptable et qu’il va falloir remonter des bretelles.
Je sors du cellier furieux.

-QUI EST LE SOMBRE TARÉ CONGÉNITAL EN CHARGE DE LA CONSERVATION DES PRODUITS ???!!!!

Un type sort de la foule mi-outré mi-perplexe de la façon dont je viens de le qualifier. Surtout que vu ma tronche pour beaucoup le taré c’est moi. Savoir réutiliser les insultes les enfants c’est le secret.

-C’est moi c’est quoi le problème ?

-Le problème c’est que je trouve des trucs pourris dans ce cellier !
Je lui fous sous le nez la compoté de cerise.

-Tu trouve ça normal ?! Le type louche dessus sans savoir que dire et je ne lui laisse pas le temps de trouver. J'enchaîne directement. Et la farine qui grouille de bestioles ? Tu servirais ça sombre abruti ?! Et je ne parle pas de la superbe meule de fromage orlésien gâchée ! POUR UN PEU ON CROIRAIT QUE C’EST TA CERVELLE !!! MANQUE QUE LES ASTICOTS ET LES MOUCHES !!!

Le type cligne des yeux sous le choc, la bouche grande ouverte.


-QU’est ce que t’attends ? La résurrection d’Andrasté ?! Allez dépêche toi de me débarrasser de tout ce gâchis ! ET PLUS VITE QUE CA !! Encore heureux que ton incompétence soit limitée, sinon je me serais fait un plaisir de te servir à la place des denrées abîmées !

Il règne dans les lieux un silence de mort. Bon mon petit speech a fait son effet. On va pouvoir commencer les choses sérieuses.

-Allez fini de bailler aux corneilles ! On a du boulot !

L’activité reprend tout aussi rapidement, j’attrape un petit elfe commis au passage.

-Dis moi le grand patron habituel il est où, petit ?

Non parce que bon, j’ai besoin d’infos sur le fonctionnement des lieux et l’avancement des préparatifs. Et ça c’est le chef habituel qui peut me renseigner dessus efficacement, et puis bon de rapides présentations n’ont jamais tué personne (enfin presque personne).
Le jeune elfe me désigne un homme au regard inquisiteur, les cheveux grisonnants un début d’embonpoint.Mais un seigneur en sa demeure. Les gestes sûrs et rapides. Hum, oui on dirait bien que c’est le maître des lieux. Presque une image d’Epinal, je remercie le gamin qui retourne aussitôt à ses occupations.
Je m’approche jusqu’au chef.

-Bonjour, enchanté de faire votre connaissance. J’espère que notre collaboration se passera bien.

L’homme me toise un moment tout en continuant les mouvements experts de ses mains.

-De même. On a reçu les menus et on a commencé, la viande devrait pas tarder à être mise à la broche.

Ah ben ça semble bien parti. Je passe les prochaines minutes à discuter avec lui tout en surveillant le reste des préparations et en bossant aussi.
S’arrêter est un luxe que l’on ne peut pas se permettre.
Les bases pour les plats sont prêtes, pour les canapés on monte au dernier moment pour préserver la fraîcheur des produits. Les porcs sont en train de tourner sur leurs broches en permanence, c’est le secret pour un fumage bien réguliers. La couenne se dorant dans de délicieuse effluves et arrosées généreusement de bière féreldienne. Le premier que vois arrêter de tourner où laisser la viande sécher sous les flammes se prend de belles engueulades. Leurs larmes saleront un peu la viande au pire et puis les Tévintides sont particulièrement friands de ce genre de petites choses. Au pire ce n’est que de la valeur ajoutée.
Je surveille les autres préparatifs d’un oeil d’aigle. Le moindre geste suspect sera sévèrement punis si il se trouve saboteur…
On ne salope pas mon boulot comme ça !
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Posté Jeu 5 Oct - 23:50
Missive 14
Commandant,
Le bal a Tevinter a lieu d'ici quelques heures, merci de faire bonne figure.
Une danse entre deux mondes



Ils passèrent devant un petit salon possédant quelques fauteuils et une vue plutôt éclairée sur l’extérieur, quand Cullen se déconnecta de la visite guidée. Il donna un léger coup d’œil sur le côté quand Mellissandre leur désigna de la main la pièce. Disons que le voyage était très épuisant et le Commandant n’avait pas spécialement envie de s’attarder dans les innombrables couloirs de la propriété des Alirius.

Ils entrèrent alors dans la pièce maîtresse de cet étage à savoir une immense bibliothèque. Par simple curiosité, Cullen s’attarda sur les bibelots et ce qui y était entreposé, notamment ce livre ouvert sous vitre qui se situait au-dessous d’un arbre généalogique représentant la famille actuelle de Mellissandre.

« - Oh, ce portrait de Mellissandre est adorable »
« - Elle semble jeune sur cette peinture »
« - Ils vont peut-être mettre à jour quand elle sera mariée à en voir le cadre libre »


A en voir l’organisation de cet arbre, cela en était presque effrayant. Si elle était encore une enfant et ses parents si obsédés par le mariage elle ne devait pas avoir une vie heureuse la pauvre. Et sachant ce qui lui était destiné à cet âge, elle devait posséder un sacré poids sur ses épaules.

« - Les tévintides sont obsédés par la généalogie »
« - J’ai aussi un arbre similaire sur un mur dans le hall d’entrée de la propriété de ma famille. Je trouve cela passionnant ! »


Qu’est-ce qu’ils avaient, les nobles pour exhiber ainsi leur généalogie ? Cullen ne savait pas qui se trouvait au-dessus de ses grands-parents, et encore… Il se demandait ce que cela devait être de connaître à ce point ses ancêtres.

Sans plus de cérémonie, ils quittèrent les lieux, lorsque Joséphine demanda à leur hôte le déroulement des bals. Finalement Cullen se concentra pour écouter d’avantage leur discussion. Raison de plus pour savoir comment il devait s’organiser avec ses troupes.

« Oui, cela se déroulera dans le hall, c’est la pièce la plus vaste de la maison et on attend une bonne centaine de personne après tout. Entre les tables, l’estrade des musiciens, la piste de danse… Sinon, l’organisation est semblable aux bals orlésiens »

Une centaine de personnes pour assister à ce genre de gala. Et bien, l’organisation a dû être quelque chose.

« - La fête commence à 20h, mais les premiers invités sont rares, tout le monde veut se faire remarquer en arrivant en retard… C’est pour ça que l’annonceur restera près de la porte pour toute la soirée. Je vous ai fournis la liste des invités avec leurs… allégeances connus, ça devrait vous aider à mieux vous repérez »
« - C’est monnaie courante d’avoir entre 1 et 2 heures ma chère. Et je vous remercie, je l’étudierai pour demain. Vous avez déjà une idée du programme ? »
« - Il y aura tout le temps de la musique mais dans un premier temps les gens bavardent toujours près des buffets, le temps que les retardataires arrivent justement… Les danses ne commencent qu’après l’ouverture du bal sur une valse traditionnelle, mais dans les faits les gens continuent de discuter... »


Rien qu’à entendre, le bal s’annonçait ennuyeux… Et se connaissant, Cullen allait arriver 5 minutes en avance et serait le premier présent en ces lieux. Joséphine devait absolument lui expliquer le lore des bals pour éviter de se prendre un mauvais coup.

« - La seule différence avec Orlaïs c’est qu’il ne faut pas s’étonner s’il y a un mort. Ca arrive tout le temps c’est normal, les gens trouvent ça ennuyeux sinon… Une petite tentative d’assassinat par ci, un duel par là, une esclandre et un débat interminable dans un coin… Du moment que les directives de sécurités sont bien respectées tout devrait bien se passer. Les domestiques qui servent les plats sont triés sur le volet, et la nourriture est constamment surveillée et goûtée pour éviter les empoisonnements, il suffit juste de ne pas accepter un verre d’un invité en somme »
« - Génial, je me sens rassuré.. »


Il lança un regard à Solas, qui lui aussi ne semblait pas dans son élément dans ce bal. Raison de plus pour doubler sa garde, pour sa sécurité personnelle déjà… Et si en plus il y allait avoir des tentatives de meurtre il allait devoir être particulièrement vigilent.

« - Si tout se passe bien, le bal finira très tard – enfin plutôt très tôt – et on aura l’occasion de discuter avec les personnes les plus importantes lors d’un dîner officiel le lendemain »
« - Donc au final, où en est l’utilité si tout se passe le lendemain ? »


Si le rendez-vous avec les officiels se faisaient le lendemain, il n’y avait pas besoin du bal, mais ce que ne savait pas encore le Commandant, c’était que cet événement était très important, bien plus que le dîner. C’était pourquoi Mellissandre le dévisagea un moment avant de continuer.

« - Les décisions à Tevinter sont davantage prise lors des bals qu’au magisterium. Considérez toute la soirée comme une longue audience pour défendre la cause de l’Inquisition. On vous interrogera, on essaiera de vous piéger avec des sophismes et des concepts philosophiques. Les miens sont persuadés que tous les sudistes sont des barbares, ne vous laissez pas avoir par leurs provocations »

Elle s’attarda sur lui en particulier, ce qui ne l’embêta pas dans un premier temps mais qui commençait à devenir pesant. D’accord les bals n’étaient pas son élément de prédilection, mais cela ne voulait pas dire qu’il serait un fardeau non plus. Il roula les yeux alors que Joséphine essayait de lui sauver la peau.

« - je vais prendre du temps avec lui, ne vous en faites pas. »

Une fois en haut des escaliers, Mellissandre continua son chemin, prétendant que c’était le quartier des invités, sans s’y attarder spécifiquement. Cullen se demandait bien ce qui pouvait se trouver à cet étage. Mais cela, il allait s’en rendre compte en allant y jeter un coup d’œil dans la soirée.

Une fois au dernier étage, le regard du Commandant s’attarda sur les gardes qui patrouillaient dans le couloir. De quoi rassurer, en quelque sorte. Mellissandre continua comme à son habitude de présenter l’étage alors que le Commandant se retint de bailler.

« - La chambre – et le bureau - de mon père, celle de ma mère, et la mienne, n’hésitez pas à me solliciter si vous avez un problème »
« - Tout à fait, je n’y manquerai pas. »


En plus d’être des invités, les voilà dans le même étage que la famille de Mellissandre. Curieusement, ses parents ne vivaient pas ensemble dans la même pièce ce qui intrigua Cullen. Mais pour Mellissandre cela lui semblait si naturel, qu’elle ne faisait même pas attention à ce détail.

Mais avant qu’il n’ait pu lui poser la question, une des portes s’ouvrit, dévoilant un homme, visiblement un noble vu son accoutrement, accompagné d’une esclave maintenant sa paperasse. Sans prêter attention à cet individu, Cullen s’attendait à ce que la visite continue, mais ce dernier s’adressa alors en tévène à Mellissandre. Semblant alors lui faire part de ses faveurs pour la saluer.

« - Je m’appelle Auguste Cicéran, fils du magister Tulius Cicéran Haut responsable du commerce d’esclave de Tevinter »

Joséphine étant d’avantage proche de lui que de ses compagnons, s’inclina la première, montrant en quelque sorte l’exemple au Commandant qui le fit à son tour. Sur toutes les personnes sur lesquelles ils pouvaient tomber, il fallait que ce soit un esclavagiste, et leur chef de surcroît.

« - C’est un plaisir de vous rencontrer, Messera. »

Mais alors que Joséphine lui adressait ces mots, Cullen eut son regard attiré par le père Alirius, présent sur le pas de la porte, les regardant comme s’il s’attendait à ce qu’ils réagissent à cette situation. Par pur réflexe, Joséphine plaça sa main sur celle de Cullen quelques instants, comme pour lui signaler de la laisser régler cela sans dire un mot.

« Je sais que je suis en avance - j'étais justement en train de m'entretenir avec votre père sur le sujet - mais j’ai entendu parlé du bal et l’invitation s’étant perdu en chemin, je me suis dis qu’une visite de courtoisie serait de bon aloi. J’étais très curieux de rencontrer des sudistes en personne je dois dire, mais surtout, je ne pouvais pas manquer l’occasion de vous voir, ma dame. Caesare, vous devez vraiment être fier, d’avoir une fille si incroyablement belle »

Par simple réflexe, Cullen qui le trouvait particulièrement grossier, fit un pas en avant, mais la prise de Joséphine se referma à nouveau sur sa main lui faisant particulièrement mal cette fois-ci.

« - C’est ce qu’il veut, Commandant.. »

Soudain, alors que tous essayaient de garder leur calme, la mère de Mellissandre entra à son tour en scène, et visiblement au bon moment, pour remettre les choses en ordre.

« Allons, allons, cher Auguste, vous ne voyez pas que nos invités sont épuisés d’un long voyage ? Il n’est pas bon d’être bavard au point d’en oublier la politesse la plus élémentaire. Vous devriez redescendre dans vos quartiers vous reposez vous-même »

L’homme ne chercha pas d’ennuis et s’inclina avant de repartir aussi tôt qu’il était venu. Et de plus, il allait dormir dans le même bâtiment qu’eux, à l’étage juste au-dessous.

Mellissandre traça subitement entre eux, traversant le groupe en reprenant le fil de ses pensées, visiblement agacée. Après une petite hésitation, Cullen continua de suivre le groupe. Petit à petit, elle leur présenta leurs quartiers, en premier ceux de Joséphine, puis ceux de Solas et enfin les siens.

Le premier réflexe de Cullen en entrant dans la pièce était de soupirer assez bruyamment, à la vue de l’armure dans un coin de la pièce, proche du lit. D’ailleurs quel lit, il pouvait au moins inviter 3 voir 4 personnes à l’intérieur tellement il était grand.

Le Commandant s’attarda à regarder la décoration et particulièrement cette étrange baignoire à même le sol qui semblait inconfortable et trop grande pour lui. Il pouvait limite faire des brasses à l’intérieur. Mais alors qu’il regardait les savons sur les étagères, Mellissandre lança timidement la discussion, comme ils étaient seuls.

« - … Ma proposition de vous faire visiter la ville tiens toujours, on a toute la journée après tout »

Cullen se redressa, et se retourna vers elle sans dire un mot. Il était bien silencieux depuis le début de la visite, mais la fatigue y était pour quelque chose aussi.

« - Je vais aller me prélasser aux thermes, rejoignez moi dans le hall dans une heure si cela vous tente »
« - J’y réfléchirai. »


Il la regarda partir et baissa simplement les yeux au sol quand elle referma la porte. Il n’avait pas terminé de parcourir ses quartiers et avait la forte intention d’en connaître les moindres recoins. Il traversa donc la pièce, observant alors les bibelots, ouvrant chaque tiroir pour repérer ce qui s’y trouvait.

Il quitta ses occupations quand Joséphine fit irruption dans la pièce. Quand cette dernière s’approcha de lui, il tenait un étrange objet dans la main dont il ne savait pas vraiment à quoi cela servait.

« - C’est de la pierre ponce, très efficace pour enlever les peau mortes. »
« - Haha, et à quoi cela va bien me servir ~ »
« - Vous ne prenez donc jamais de bain, Commandant ? »
« - Je suppose que cette chose vaut au moins 5 fois le prix du savon standard – qui est déjà passablement élevé – donc non, je n’en utilise pas si c’était la question. »


Il s’amusa à la lancer assez haut et la récupérer ensuite avant de la reposer sur le buffet. Mais passons, si Joséphine était venue le voir, c’était pour une bonne raison après tout.

« - Bien, Ambassadrice, je vous écoute. »

Il s’approcha d’une chaise et y déposa son manteau – il faisait toujours une chaleur insoutenable dans cette maison – tout en s’approchant d’elle.

« - J’ai parlé à Solas et lui ai dis de ne pas s’en faire. Cet esclavagiste s’est montré particulièrement provocateur. »
« - Tiens, en parlant de ça, vous ne m’avez pas dit que vous aviez une poigne pareille. »
« - Ne me dites pas que je vais devoir vous surveiller durant le bal tout de même. Cet homme nous testait, et cherchait à déstabiliser avec ses manières. Vous avez mis les deux pieds dans le plat. »

« - Moi je crois que c’est le père Alirius qui est étrange.»
« - Pourquoi vous baissez d’un ton là ? »
« - et bien je ne sais pas, peut-être qu’on nous écoute au travers de tableaux, comme dans les romans dramatiques dans les châteaux.»

« - Haha ! Vous divaguez ! »

Elle avait refermé la porte en venant, et les tableaux dans la pièce n’étaient pas des portraits, donc son petit tout était loupé.

« - Commandant, deux parois sur 4 contient des fenêtres, la troisième donne sur la chambre de Solas et la quatrième sur le couloir. A part écouter aux portes je ne vois pas comment on peut nous surprendre, et d’ailleurs, Avez-vous seulement vu l’épaisseur de cette dernière ? »
« - .. Vous êtes effrayante, et tellement stratégique. »
« - Je prends cela pour un compliment ~ »


Il se rendait compte qu’il n’arrêtait pas de changer de sujet, il fallait qu’il se reprenne. Si elle était là c’était pour le sermonner d’avoir été si peu stratégique mais également pour lui faire part de ses observations à elle. Et pour le coup, le commandant comptait sur son savoir pour lui donner des informations.

« - Déjà, avant de commencer. Vous avez reçu une lettre. »
« - Une lettre.. ? »


Il avait jeté son dévolu sur le bain et les savons alignés mais pas sur le bureau à sa disposition où se trouvait une lettre encore cachetée. Au moins la famille de Mellissandre ne s’était pas amusé à l’ouvrir c’était un bon début. Il jeta un regard sournois à sa compagne et alla se la saisir pour l’ouvrir.

« - C’est.. Dorian »
« - Dorian ? »
« - Je lui ai écris avant de partir, à propos de Mireille. Elle doit être encore inconsciente à l’heure actuelle, en espérant qu’elle ne meure pas. On doit savoir qui détient le Cognitio sans quoi nous aurons un énorme problème. »
« - Chaque chose en son temps, Commandant, il ne faut pas mêler cette histoire au bal, vous vous attireriez trop de problème. Et ce n’est ni le lieu ni le moment. »


Elle avait raison, mais il y avait quelque chose qui embêtait Cullen, quelque chose de bien trop important pour qu’il se permette de baisser sa garde. Il déplia alors la lettre et la lu à voix haute pour que Joséphine entende son contenu.

http://dragonageinfinity.forumactif.org/t332-les-missives-de-cullen#5388

Il s’arrêta sur la dernière phrase… Le poulpe.. Qu’est-ce qu’il voulait bien dire par là. Joséphine se mit à glousser en entendant le contenu de cette lettre, Dorian pensait exactement comme elle.

« - Maevaris Tilani… Qui cela pourrait bien être… »
« - J’ai vu son nom dans la liste des invités fournis par Mellissandre. »


Elle se saisi alors du dit papier et le déplia en allant s’installer en face de Cullen qui venait de s’asseoir dans un fauteuil.

« - C’est une magister Tévintide reconnue par le Sénat impérial. Il s’agit de quelqu’un d’influent et si elle peut nous aider, allez vous présenter ~ On ne manque jamais de contact, après tout c’est la raison première de notre venue. »

Il se contenta de hocher naïvement de la tête car Joséphine savait ce qu’elle faisait. Et comme le disait Dorian, il s’agissait d’une allié de poids dans tout ce bazar.

« - Qu’allez-vous faire durant cette chaude journée, Ambassadrice ? »
« - Oh, ne vous en faites pas pour moi. J’ai quelque chose de prévu, mais vous je vous conseille d’aller aux termes avec Mellissandre. »
« - Vous écoutez aux portes en plus ? »
« - Non elle m’a simplement posé la question à moi aussi. »


Etrangement drôle, mais après tout il avait prévu d’aller se détendre et les termes de Minrathie étaient reconnus au-delà du pays. Ils ne devaient pas être mauvais.

« - Profitez bien, Commandant. »

Elle se leva et se dirigea vers la porte, ayant la ferme intention de commencer ses petites affaires de son côté.

« - Heu.. J… Ambassadrice… ? »

Elle se retourna, alors qu’il réclama son attention. Etrangement elle avait un sourire assez malicieux aux lèvres, comme si elle s’attendait à ce qu’il allait lui dire.

« - Je.. je peux… ? * Soupir * »
« - Dites-moi ?»
« - Depuis cette histoire chez le Baron, je dois vous avouer que je ne suis pas du tout en confiance avec la situation. »
« - Vous avez doublé votre garde personnelle au fort, et amené une vingtaine de soldats pour le trajet. Vous pensez que je n’ai rien remarqué ? »
« - Je me doute bien.. Mais… Je crains qu’en étant désarmé et sans armure à un bal rempli de mages prêt à tuer juste pour le spectacle ne me rassure aucunement. »
« - Et je ne peux que vous comprendre, surtout en sachant que nos hommes sont stationnés dans les quartiers des serviteurs. »


Elle se rapprocha alors de quelques pas, voyant parfaitement là où il voulait en venir.

« - Si vous avez peur vous.. »
« - … Je n’ai pas peur ! »
« - Alors qu’avez-vous donc ? »


Son silence en disait long, une trop grande fierté mal placée qu’il disait.

« - Profitez de la journée pour emmener votre nouveau second avec vous. Si cela peut vous rassurer d’avoir quelqu’un qui veille sur vous, n’hésitez pas à le faire. Mellissandre comprendra parfaitement cela, elle y était chez le baron de surcroît. »
« - Je vais y aller, oui. »
« - Et puis entre nous, Commandant. Les Alirius se sont donnés du mal pour organiser cette rencontre. Si l’alliance entre nous et l’Archonte leur sera profitable, ils feront tout pour nous protéger. »


Le risque nul n’existe pas, surtout dans un événement pareil. Mais Cullen devait d’avantage penser à se faire une petite place s’il ne voulait pas passer pour une cible facile. Concernant l’attitude à adopter, elle lui fera un topo quelques heures avant le bal.

« - Pour l’heure, allez vous changer les idées. »

Avant de quitter la pièce, elle s’arrêta près de la porte en bois.

« - Au fait : on dit –Avanan- pour dire bonjour et –vitae benefaria- pour exprimer de respectueuses salutations. Cela risque de vous aider, aujourd’hui. »

Finalement il avait complètement oublié la barrière de la langue qui n’allait pas être très simple.. Mais il devait se rendre en vitesse dans les quartiers de ses soldats comme convenu plus tôt.

♢♢♢

Après avoir enlevé ses 36 couches de vêtements et enfilé un haut plus léger, il se rendit dans le quartier des serviteurs, qui visiblement restait très animé. Il descendit les escaliers par où étaient partis ses troupes, puis arriva devant deux portes, la première étant la cuisine, la seconde une grande pièce, ressemblant à un séjour. Il ne s’y attarda pas, remarquant qu’aucun de ses soldats ne s’y trouvait. D’ailleurs en chemin, il se rendit compte qu’il était difficile de se renseigner vu qu’aucun des serviteurs ne connaissait la langue commune.

Il continua son chemin, jusqu’à voir un autre escalier, descendant cette fois dans les sous-sols. Après tout, il prit le temps de descendre plus bas pour savoir dans quelles conditions était logés son équipe. Mais en passant, il remarqua le regard perplexe des serviteurs, ne comprenant visiblement pas la présence de ce dernier ici. Cela l’amusait d’ailleurs.

Plus il descendait plus il se demandait combien d’étages avait la maison. Sérieusement, allaient-ils dormir dans les cachots… ? Mais heureusement pour lui, alors qu’il traversait le couloir des serviteurs, il tomba sur un de ses hommes qui allait chercher de l’eau à la cuisine.

« - Commandant ? Mais que… »
« - Je visite, et je constate que les sous-sols sont franchement glauques. »
« - Nous dormons à l’étage au-dessous si vous voulez savoir. »
« - Ah bon ? »


Sérieusement, ils étaient 6 étages en dessous du sien, bravo la hiérarchie. Mais soit il allait faire avec. De toute manière il faisait bon dans les sous-sols.

« - Profitez du frais, je suis au 4ème et je doute que vous ayez l’autorisation de grimper aussi haut. »
« - Je doute aussi. Laissez-moi vous montrer nos quartiers dans ce cas »


Cela faisait quelques instants que les soldats s’étaient installés et visiblement c’était le carnage dans la pièce tant ces derniers semblaient dissipés. En voyant le Commandant entrer, les plus proches de la porte calmèrent leurs ardeurs, ce qui était plus compliqué pour ceux présents au fond de la pièce. Cordélia ne semblait pas en faire façon. Il y en avait un en particulier qui semblait vouloir jouer aux durs. Cullen profita de la situation quelque peu cocasse pour se saisir d’une coupe métallique sur un plateau situé sur une table, gardant tout son calme et prenant bien son temps, pour le balancer sur celui qui semblait à ce point dissipé.

« - Qui est-ce qui… ?!?! »

En se retournant, il tomba sur le Commandant à l’autre bout de la pièce, maintenant un second verre dans la main qui arqua un sourcil quand le soldat s’adressa à lui de cette manière.

« - Veuillez m’excuser... Je n’ai pas vraiment compris la fin de votre phrase. »

En regardant de plus près, il se rendit compte qu’il s’agissait du bougre qui avait harcelé Mellissandre lors de son incident « coup de tête » avec Dorian. Et ce dernier semblait également s’en rappeler. Mais malgré la situation, et peu importe ce qu’ils essayaient ou avaient essayé de faire à Cordélia, il y avait un énorme problème de discipline. La présence de Cullen en intimida plus d’un dont la plupart se calmèrent immédiatement à son intervention. Le bougre, lui, ne savait plus vraiment où se mettre.

« - Dois-je vous rappeler chez qui nous sommes… ? »
« - N-non, Commandant… Navré, je… C’était… »
« - Je me moque éperdument de vos excuses, soldat. Si je dis qu’il faut obéir à Cordélia, vous obéissez à Cordélia. »
« - Mais ce n’est pas… ! »
« - … Et si le fait que ce soit une femme vous dérange, peut-être préféreriez-vous la compagnie des chevaux et de leurs innombrables kilos de merdes ? »


Il ne flanchait pas face à ce genre de comportement et essayait de ne pas s’attarder sur des personnes qui n’en valaient pas la peine. S’il avait du mal à comprendre par les mots, les menaces lui rappelleraient probablement son coup de tête de l’autre fois, mais pas besoin il suait déjà à grosses gouttes rien que d’y penser.

« - Ou alors je peux encore demander à Mellissandre de vous faire payer ce que vous avez essayer de faire la dernière fois. »

Il parlait lentement de manière à ce que ses paroles s’impriment dans son crâne. Il profita de ce silence pour observer les lieux et ses soldats affairés à mettre en place leur lit respectif. En jetant un œil près de la porte, deux elfes les espionnaient car le silence subitement installé les avait attirés.

« - Faites en sorte d’être irréprochables à partir de maintenant, je serai moins tolérant si une nouvelle indiscipline arrive jusqu’au 4ème étage. »

Profitant alors de l’attention de tous sur lui il refit le tour de la pièce du regard, ne perdant pas de sa droiture habituelle.

« - Est-ce que c’est clair ? »
« - Oui, Commandant »


Toute l’assemblée acquiesça et se remirent à leurs affaires.

« - Cordélia ? »

Pas besoin de passer par mille chemins pour comprendre qu’il voulait lui parler en privé. Une fois qu’elle s’approcha de lui il lui désigna le couloir afin d’être seuls parmi des esclaves qui ne comprenaient pas ce qu’ils disaient. Il referma la porte ensuite, et se rapprocha d’elle.

« - ça va ? »

Il n’avait pas bien cerné ce qui avait bien pu se passer mais visiblement une partie de ses troupes ne l’écoutaient pas. Il espérait que la situation s’améliore. Rien que pour elle cela ne devait pas être évident.

« - Si vraiment, prenez une chambre individuelle, je suis certain qu’ils comprendront. »

Par ils il mentionnait la famille Alirius. Ce n’était pas facile d’être une femme parmi les soldats, et même Mellissandre pouvait le comprendre l’ayant vécu. Quelle idée d’avoir fait une pièce mixte aussi…

« - Bien, Je sors en ville et ce n’est pas le fait d’y aller seul qui m’effraie un peu, mais j’aime bien avoir une escorte. Cela vous fera prendre un peu l’air, non ? »

De toute manière même si elle refusait il ne lui laissait pas le choix ~ Cependant il se demandait presque comment Mellissandre allait le prendre. Il espérait qu’il n’y ait pas trop de grabuge entre ces deux femmes, mais il s’attendait à un poile de jalousie après ce qui s’était passé chez le baron.

« - Suivez-moi on va partir avec un guide. »

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Posté Ven 6 Oct - 11:14

La visite s'était poursuivie sans esclandre, si l'on ignorait l'éjection publique des cuisines qu'avait subie le pauvre Remus. Ce qu'elle voyait collait plus ou moins avec les descriptions de l'Empire Tévintide qu'on lui avait faites, avec quelques différences ceci dit. Elle avait été réellement surprise d'apprendre qu'il était interdit de battre les esclaves, alors qu'elle avait entendu dire que c'était monnaie courante ici. Cléa leur montra une large salle lumineuse emplie de tables, et commenta qu'ils mangeraient ici pour le reste du séjour exception faite de ce midi.

« Wow. On est invités dans le salon des maîtres. Tu entends ça ? Quel honneur !
fit une voix moqueuse derrière elle. Quelques ricanements s'élevèrent dans les rangs de l'escorte.
- Silence ! » répondit-elle aussi bas que possible.

Il était évidement que la majorité des soldats n'avait guère envie de se trouver ici, dans des quartiers glauques alors que les supérieurs de l'Inquisition se la coulaient douce à l'étage. Elle pouvait comprendre cela, mais ils pouvaient garder leurs remarques pour eux.
Ils s'enfoncèrent encore plus bas dans la maison, l'air se rafraîchissant au fur et à mesure. Ces quartiers-là étaient semblable à une fourmilière, divisée selon la fonction de chacun. Ici, tout le monde connaissait sa place.

Avant de prendre congé, Cléa se tourna vers elle :

« - D’ailleurs, Madame, en tant que Commandant de l’escorte, si vous le souhaitez, vous pouvez avoir une chambre individuelle ?
- C'est aimable, mais je vais rester avec l'escorte. Merci quand même. »

Elle ne demandait que ça, de se retrouver finalement seule dans une chambre confortable, mais elle ne pouvait pas. Malgré l'envie qu'elle avait de se jeter sur un lit pour y dormir jusqu'au début du bal, elle n'allait pas laisser l'escorte sans surveillance.

« Hmm… Je… Je peux faire quelque chose pour vous aider ? » demanda Remus. Cordélia tourna le regard vers lui, étonnée, puis se rappela qu'il les avait suivis sous ordre de Cléa. Il était tellement discret qu'elle en avait oublié sa présence.
Les soldats commencèrent à s'installer et déballer leurs affaires près de leurs lits respectifs. Enfin, presque tous.
Un soldat de l'escorte, le plus grand d'entre eux et celui qui avait fait la remarque tout à l'heure, s'assit lourdement sur le matelas et regarda Remus.

« Hé, lapin ! Retourne dans la cuisine et ramène-nous une bouteille d'alcool.
- Ignore-le, répondit Cordélia. Elle fit un pas vers le soldat, l'air agacé. Une petite soif, Samhuin ? Je suis sûre qu'un verre d'eau vous suffira.
- L'alcool est interdit dans les dortoirs, renchérit un Templier proche de Cordélia avec un air désapprobateur.
- L'alcool est interdit dans les dortoirs, imita quelqu'un derrière elle dans une voix nasillarde. Quelques ricanements retentirent dans le dortoir. Manifestement, il y avait un petit groupe de soldats plus difficiles que d'autres au sein de l'escorte.

- Silence ! ordonna-t-elle en fusillant le soldat du regard. Elle ne devait pas laisser passer ce genre d'affronts, sinon on ne la prendrait jamais au sérieux.

Le grand soldat se leva, dominant de sa hauteur le pauvre Remus qui jetait de petits coups d'oeil affolés vers Cordélia. Il posa une main grande comme un battoir sur l'épaule de l'esclave.
- Remus, mon p'tit pote. Tu peux bien faire ça pour nous, non ?
- Ignore-le, Remus, fit Cordélia entre ses dents en écartant l'elfe pour faire face à Samhuin. Fichez-lui la paix ou je fais en sorte que ce voyage soit votre dernier en tant qu'escorte, c'est clair ?!

Samhuin la toisait de toute sa hauteur. Il n'avait clairement pas l'intention de l'écouter, ou de la considérer comme quelque autorité que ce soit.

- C'est une Orlésienne qui me donne des ordres ?

Elle allait répliquer lorsqu'autre chose attira son attention vers le fond de la salle. Plusieurs soldats s'étaient réunis autour de l'un d'entre eux et Cordélia comprit vite pourquoi. Le soldat avait sorti une bouteille de son sac et l'exhibait fièrement comme un trophée. Elle était remplie d'un vin d'une douce couleur dorée et, si les yeux de Cordélia ne la trompaient pas, assurément hors de prix.
Samhuin éclata de rire. C'en était trop. Elle se rua vers le soldat et lui arracha la bouteille des mains.

- OÙ EST-CE QUE VOUS AVEZ TROUVÉ ÇA ?!

Un immonde brouhaha commença à s'emparer du dortoir, ponctué de rires, d'exclamations et de bavardages. Elle était en train de rêver, ce n'était pas possible... Sa mortification atteint le stade final lorsque le Commandant fit son entrée dans le dortoir. Le projectile métallique lancé par Cullen fit mouche et eut le mérite de rétablir instantanément l'ordre dans la salle. Ce n'était pas la même chose quand le Commandant faisait son apparition dans le dortoir, c'était certain. Ils avaient peur de lui, pas d'elle. Cordélia gardait le poing fermé, folle de rage. C'était précisément le genre de situation qu'elle redoutait.

Une fois le calme rétabli, elle suivit Cullen dans le couloir avec appréhension.

- Ça va ?
- Oui, Commandant. Je... Veuillez m'excuser. Je suis désolée... Je vais faire en sorte que ça ne se reproduise pas. Elle tourna la tête vers la porte, le visage cramoisi et le poing fermé. Elle s'attendait à une engueulade en bonne et due forme pour ne pas s'être fait respecter de ses soldats et était quelque peu rassurée - même si ce qui venait de se passer n'avait aucun intérêt à se reproduire. Elle était responsable de ces hommes et de l'image qu'ils donnaient. Et pour l'instant, c'était la catastrophe. Elle avait intêret à arranger ça, et vite.

- Si vraiment, prenez une chambre individuelle, je suis certain qu’ils comprendront.
- Et les laisser sans surveillance ? Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Enfin, je verrai ce soir.

La perspective de passer une nuit dans un dortoir rempli de soldats ne l'enchantait pas. Elle avait l'habitude de dormir entassée avec plusieurs autres personnes dans la même pièce, ce n'était pas ça, mais elle ne savait pas jusqu'où leur indiscipline pouvait vraiment aller.

« - Peut-être que ce n'est pas une mauvaise idée, oui.
- Bien, Je sors en ville et ce n’est pas le fait d’y aller seul qui m’effraie un peu, mais j’aime bien avoir une escorte. Cela vous fera prendre un peu l’air, non ?
- Euh, bien, Commandant. En effet, j'ai un peu besoin d'air. »
Elle avait l'air franchement surpris, mais tant mieux ! Elle ne demandait qu'un peu d'air frais après ce qui venait de se passer. Elle laissa Cullen ouvrir la marche vers les étages supérieurs et le suivit jusqu'au hall d'entrée, ravie de quitter les étages inférieurs.
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Posté Ven 6 Oct - 18:58
Silencieux, Solas se laissa guidé par Mélissandre, en compagnie de Cullen et de Joséphine. Leur hôtesse les fit monter de plusieurs étages, les faisant passer par une bibliothèque dans laquelle à décida de s'attarder quelques temps, ce qui arracha un frêle sourire – ou plutôt une moue paisible – à Solas, curieux d'apprendre quels savoir se trouvaient consignés ici. Une petite partie de lui s'y intéressait en espérant pouvoir y apprendre quelque chose sur Corypheus et sur les rituels tévintides en général, mais la principale raison de son intérêt n'était autre que le frisson de la découverte face à une culture qu'il ne connaissait pas vraiment.

Melissandre leur présenta ensuite son arbre généalogique, dont une partie était représenté sur le mur sous la forme de tableaux des ancêtres des Alirius, chacun semblable à l'autre, leur fournissant le parfait exemple des habitudes tévintides : les magisters ne se mariaient qu'entre eux, et il y avait fort à parier que toutes les lignées s'étaient déjà croisées tôt ou tard. Ainsi, les visages et les traits qu'on leur présentaient manquaient de diversité, et il n'était pas rare que mari et femmes aient des airs de frère et sœur. Certains l'étaient d'ailleurs peut-être...

Le portrait de la jeune femme était néanmoins celui qui attirait le plus les regards, tant par la façon dont elle était représentée – elle ne devait pas avoir beaucoup plus d'une dizaine d'années à l'époque où celui-ci avait été peint – que par son entourage, un tableau vide destiné à son futur époux. Solas retint un soupir : de tous temps, les nobles avaient cherché à s'assurer les meilleurs mariages possibles, mais à Tevinter, cela tournait à l'obsession malsaine, tout cela dans le but de créer le mage parfait, comme si la magie ne coulait que dans le sang. Il était triste de voir qu'une nation dominée par les mages était frappée par les mêmes idées reçues que n'importe quel autre royaume du sud.

Joséphine recentra rapidement la conversation sur la raison première de leur visite : le bal. Il allait avoir lieu dans le hall, et s'annonçait assez similaire à tout ce qu'il avait pu connaître par le passé. Lorsque Melissandra annonça qu'il y aurait probablement un mort – ou plus – et que Cullen se fendit d'une réplique consternée, Solas ne put s'empêcher de laisser échapper un bref ricanement. Du temps maudit des Evanuri, les fêtes avaient elles aussi tendance à donner dans la violence de temps à autre. En un sens, cette pensée le rendit nostalgique, et ce malgré tous les griefs qu'il éprouvait à l'encontre de ses ancêtres.

Leur hôtesse prit le temps de quelques répliques supplémentaires pour les mettre à nouveau en garde sur tout ce qu'un bal impliquait, et le vieil elfe eut la politesse de faire semblant d'écouter. Ce n'était pas la première fois qu'elle les mettait en garde, et même s'il ne pouvait pas lui en vouloir d'avoir des doutes le concernant, le fait était qu'il n'avait nullement besoin de ses directives. Certes, il aurait pu la prévenir – elle ou même Joséphine d'ailleurs – de son aisance dans un tel milieu, mais il valait mieux garder ses atouts cachés le plus longtemps possible.

Comme le fait qu'il connaisse le Tévène par exemple. Après son réveil, il avait jugé important d'apprendre les langages des plus grands empires du monde. Il n'avait pas eu le temps d'en apprendre beaucoup, et plus le temps passait, plus il se disait qu'il était important qu'il apprenne le Qunlat.

Toujours silencieux, il découvrit avec le reste de ses compagnons l'étage des dignitaires, se figurant que ce devait être un honneur que leur faisait Mélissandre. Elle leur désigna ainsi les chambres déjà occupées, à savoir celles de ses parents – séparées – ainsi que la sienne, sous-entendant ainsi qu'ils étaient tous mis au même niveau, quand bien même ce n'était pas le cas.

En la regardant déambuler dans la maison de ses parents, il lui trouva un air presque enfantin qui ne collait guère avec ce qu'il avait entendu d'elle. Ses yeux n'avaient peut-être plus l'innocence de la petite fille représentée sur le tableau, mais il y avait quelque chose dans son attitude qui l'amenait à penser qu'elle n'était pas aussi éloignée que cela de celle qu'elle fut quelques années auparavant.

Sa réflexion fut cependant interrompue quand le bureau de son père s'ouvrit et qu'un homme se présenta à eux. Lorsqu'il s'annonça comme « haut responsable du commerce d'esclave », Solas sentit ses cheveux se dresser sur sa tête, ce qui était un exploit quand on considérait l'inexistence de ces derniers.

Joséphine et Cullen saluèrent l'homme en s'inclinant poliment, ce que Solas ne fit pas. Il resta droit comme un i, peut-être plus raide encore qu'à l'accoutumée, et darda l'homme d'un regard meurtrier. Son visage restait neutre, mais si cet Auguste prenait la peine de le regarder dans les yeux, il ne manquerait pas d'y voir la profonde haine que lui vouait l'elfe, qui se résolut néanmoins à ne rien faire ni dire de plus. À côté de lui, il vit Cullen amorcer un pas en avant avant d'être promptement stoppé par Joséphine. Son geste, il en était certain, avait été nimbé d'agressivité, et il ne put que supposer les raisons qui auraient pu le pousser à s'opposer à cet homme.

Il n'en avait aucune idée fixe, mais la simple idée qu'il ait été en désaccord avec un marchand d'esclave donna à Solas une opinion un brin meilleure de leur ex-templier de commandant.

La mère de Melissandre vint à la rescousse de cette dernière, qui semblait sur le point de répondre quelque chose à son tour. Dame Alirius les débarrassa poliment de l'importun, tandis que Solas se demandait si cela valait le coup de le tuer, et comment il allait devoir s'y prendre. L'homme disparu de leur champ de vision, mais il serait évident qu'ils allaient le retrouver au bal, quand bien même il n'avait visiblement pas été invité. Ce dernier point était d'ailleurs la seule raison pour laquelle il n'avait pas d'ores et déjà quitté le palais : si Melissandre avait eu le toupet d'envoyer une invitation à un pareil homme, toute discussion aurait été impossible.

Cette pensée ne l'emplissait guère de fierté, mais l'Inquisition venait de passer au second plan dans l'esprit de Solas, et sa nouvelle priorité était de s'en prendre à ce marchand d'esclave, d'une façon ou d'une autre. Il était néanmoins assez intelligent pour concilier les deux : un meurtre n'aurait guère arrangé leurs affaires. Pendant le bal, en revanche, il y aurait plus de possibilités qui s'ouvriraient à lui : humilier ce brave homme était la première, le tuer lors d'un duel provoqué d'une façon ou d'une autre était la dernière. Et il avait une journée et demi pour trouver toutes les autres façon possibles.

Il remercia ainsi poliment Melissandre lorsqu'elle lui indiqua sa chambre, et décida de ne pas s'y attarder. Il annonça brièvement à Joséphine qu'il serait en ville pendant l'après-midi, et choisit de partie seul à la rencontre des habitants de Minrathie. Il comptait poser quelques questions aux esclaves des Alirius, mais il se les réservait pour plus tard, notamment parce qu'il savait ce qu'ils allaient lui dire : « on travaille dur, mais nous sommes bien traités, bien mieux qu'ailleurs ». Or, c'est cet ailleurs qu'il voulait voir. Et si possible, il comptait en apprendre plus sur cet Auguste.
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Posté Sam 7 Oct - 17:54
[HRP : le bal commence donc officiellement ~ Je vous ai préparé plein de surprises personnalisées avant la grosse intrigue huhu]

L’efficacité des domestiques était remarquable. Ce qui n’avait été qu’un embryon de salle de bal lors de leur arrivé était désormais une somptueuse salle de réception qui n’avait rien à envier à une fête orlésienne. L’immense hall était si bien nettoyé que le sol en marbre luisait presque assez pour apercevoir son reflet, de larges tables rondes couverte de nappes brodées étaient disposés dans la périphérie de la pièce toutes chaleureusement décorées de fleurs dans des vases d’argents, les assiettes couvertes de mignardises disposées en rosace. Le balais des serviteurs étaient déjà bien rodé et malgré leur allées et venues incessantes ils louvoyaient avec une aisance remarquable parmi les tables et les quelques invités déjà présents, mais le plus impressionnant était sans doute leur pouvoir de faire oublier leur présence jusqu’à ce qu’on ait besoin d’eux, auquel cas il surgissait avec vivacité pour répondre à des désirs informulés.

Le brouhaha diffus des conversations semblait porté par la musique qui s’était parfaitement ajustée à la tonalité ambiante. L’orchestre produisant pour l’heure une délicate sonorité d’ambiance qui restait discrète mais habillait l’atmosphère avec élégance.

Ce qui détonait par rapport à l’empire orlésien était la sobriété des tenus. Peu de froufrous, d’épais jupons ou de rubans, le raffinement tévintide était dans les détails, dans des robes près du corps qui dévoilaient subtilement une épaule, un dos ou une jambe, dans des couleurs uniformes mais chatoyantes ou d’un noir profond, dans les motifs complexes des broderies et dans les lourds bijoux étincelants.

Près de la porte, les parents de Mellissandre avaient chaleureusement accueillis les premiers invités, parlant en universel pour donner le ton de la soirée tout en présentant succinctement les membres de l’Inquisition et l’ambassadrice. Même si la salle était encore loin d’être pleine, l’annonceur prenait son travail à coeur, debout près de la porte il clamait distinctement les noms et titres des entrants qui s’amoncelaient de plus en plus à mesure que le temps passait. Beaucoup de noms en us ou autre sonorités typiquement tévintide… Bien entendu, Auguste était déjà là, un verre de vin dans les mains et un sourire provocants aux lèvres son esclave décoré pour l’occasion à ses côtés. Albrexis avait également été annoncé, ainsi que la magister Amanda Liris et d’autres grands noms du magisterium en us. Les familles Ladius, Vanedius et Malrus. Quelques noms en I également, comme Maevaris Tilani qui avait suscité son lot de réaction tant certains semblaient la mépriser là où d’autre l’encensait, mais aussi la sexagénaire magister Merindi qui ne semblait pas vouloir laisser son âge la priver des plaisirs de la vie. Malgré les années et son léger embonpoint, cela faisait longtemps qu’on avait arrêté de parier sur son décès dans la mesure où elle avait déjà enterré sept maris tous plus jeune et qu’on commençait à la soupçonner d’avoir trouvé un sort d’immortalité.

Dans cette foule naissante la bataille avait déjà commencé, chacun cherchant ses alliés et ses ennemis du regards, formant de petit groupes auprès d’un des buffets pour bavarder en toute quiétude. Les deux balcons latéraux étaient pour l’instant délaissés, bien que les grandes portes fenêtres avaient été laissées entrouverte pour aérer un peu, en preuve, les rideaux, rubans et fanions qui décoraient la pièce frémissaient parfois sous la main invisible d’une brise rafraîchissante.

La majorité des invités importants étaient arrivé excepté l’Archonte qui n’était pas attendu avant encore quelques temps, mais la grande absente de ce somptueux tableaux millimétré était Mellissandre. Octavius et Marilia servaient d’hôtes dans des tenues d’un noir impénétrable et pour l’heure, l’Inquisition avait été poliment saluée mais plutôt ignorée – comme pour rappeler qu’ils devaient gagner la considération d’être approché – mais l’instigatrice du bal n’avait pas encore fait son entré et d’ailleurs personne ne lui en tenait rigueur. Le retard était presque une convention sociale. C’était même nécessaire. Ainsi, bien que le bal avait officiellement débuté, il se déroulait pour l’instant dans une tranquille langueur presque apaisée. Un échauffement pour tous les participants qui s’acheva alors que l’annonceur clamait distinctement le nom de Mellissandre, désignant non pas la porte d’entrée, mais les larges escaliers qui menaient aux étages.

« Mellissandre Octavia Alirius, fille du magister Octavius Alirius et de la magister Marilia Vineon »

Un silence relatif s’installa de plus en plus prégnant à mesure que les invités levaient le nez vers cette soudaine apparition. Que l’on aime ou pas, il était indéniable qu’il y avait quelque chose de magnifique chez Mellissandre qui était encore plus somptueuse qu’à l’accoutumée dans une tenue cousue pour la mettre en valeur elle et ses courbes de danseuses.

Étincelante dans une robe de soie noire ornée d’or, la jeune femme entreprit de descendre lentement les marches avec des airs de princesse.  En plus des quelques broderies flavescentes qui traçaient de splendides arabesques sur le bustier, une partie de ses épaules avaient étaient laissées à nue, les manches tombant sur le haut de ses bras bordée par des fines écailles dorées. Avec une gracieuse sensualité, la robe était fendue sur le côté droit jusqu’à mi-cuisse et trois séries de maillons qui reliaient les deux bords de la commissure tintinnabulaient joyeusement à chaque pas.

A l’image de l’élégante complexité de sa tenue, les cheveux de Mellissandre avaient été rattachés en un chignon tressé de fils d’or, la coiffure ne sombrant pas dans la sévérité grâce à quelques détails faussement négligés et deux mèches qui encadraient joliment son visage. Par ailleurs, comme s’il n’y avait pas déjà assez de nuance d’or dans l’ébène de ses cheveux, un petit bouquet de fleurs de jasmins sculptées dans le précieux minéral ornait également son chignon, scintillant d’autant plus que l’étamine lui était composé de minuscules diamants. De fine et longilignes boucle d’oreille venait compléter l’ensemble avec un imposant collier proche de la tiare lui aussi en or et sertie d’une onyx taillée en goutte.

En un instant, en plus de monopolisée l’attention, Mellissandre semblait étaler avec ostension l’indécence de sa richesse mais aussi celle de sa fascinante beauté. L’effet était d’autant plus saisissant que beaucoup ne l’avaient pas vu depuis longtemps et avait donc oublié une partie de ses traits, se remémorant son éclat avec l’inconstance d’un mythe corrompu de médisances et de jalousies.

Habituée à s’exprimer en public, la jeune femme s’arrêta quelques marches avant le sol et n’eut guère de mal à faire porter sa voix sur toute la salle, proclamant officiellement le début du bal, presque une heure après son début légitime avec une assurance naturelle.

« Mes amis, je vous remercie d’être venue aujourd’hui pour saluer les efforts de l’Inquisition dans le Sud. Ces pays nous semble lointain, leurs coutumes parfois barbares, et pourtant ils sont à l’heure actuel, le seul rempart contre une menace qui nous dépasse tous. Si nous ne voulons pas que Thédas devienne un tas de cendre ou que l’Histoire ne nous désigne une fois de plus comme les coupables de tous les fléaux qui ravage le monde, c’est dès aujourd’hui que nous devons agir. Mesdames et Messieurs, permettez moi de vous présenter officiellement quelques dignitaires qui se sont déplacés malgré leurs nombreux engagements : l’ambassadrice Joséphine Montyliet d’Antiva et le Commandant des armées, Cullen Stanton Rutherford », conclu-t-elle en désignant d’un ample mouvement de main les deux concernés, mettant fin à toute tentative – souhaitée ou non - de se faire oublier.

Tous les regards rivés sur eux, c’était leur première occasion de se faire remarquer – en bien ou en mal - il était donc temps de dire quelque chose d’intelligent…
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Posté Sam 7 Oct - 21:02
Je me penche pour goûter une cuillère du bouillon sous l’oeil angoissé du cuistot. Je fais tourner le liquide brûlant dans ma bouche pour mieux en percevoir toutes les saveurs.
Les piments, la présence encore insistante du vin blanc; les aromates, la pincée de poivre.
Aucune trace de poison qui viendrait troubler l’harmonie de la préparation, pas même en arrière plan.


-Rajoute un peu de fenouil et c’est parfait.

Le cuisinier soupire de soulagement et file finaliser le bouillon. L’activité frénétique des lieux est un ballet parfaitement huilé pour qui sait regarder un tel spectacle.
On a envoyé les premiers encas en haut, de délicats canapés, des petites saucisses épicées cuites et marinées dans du miel et de la moutarde, des marinades de fruits de mer aussi enfin tout un tas de petites choses destinées à occuper tous ces magisters et à leur ouvrir l’appétit en prévision du repas à venir et du buffet.
Je continue ma tournée entre les différents plats en train de mitonner, mijoter, fricasser, rissoler, braiser, glacer ou monter.
Vraiment je suis très satisfait, on sent que c’est une équipe soudée et qu’elle sait ce qu’elle fait (sauf cet abruti de tout à l’heure), et c’est franchement agréable de pouvoir se reposer sur ça.
Je suis en train d’ajouter la touche finale dans une préparation qui sera servie en entrée lorsqu’une petite esclave en tenue de serveuse s’approche de moi.


-Messerah, un invité souhaiterait vous parler.


-Qu’est ce qu’il y a ? Il n’est pas content de ce qu’on lui sert ?

Il y a toujours un gros lourd jamais satisfait et plein de mauvaise foi sur ce qu’il mange.


-Non Messerah, au contraire, il est ravi de ce qu’il mange et il aimerait vous rencontrer. Il a grandement insisté pour cela Messerah.

Ah ben d’accord, c’est pour ça. J’ai encore du travail ici, cependant dédaigner ainsi la demande d’un magister serait hautement indélicat et d’une absence totale de diplomatie. Ce qui pourrait nuire plus tard aux pointures en haut. Mais c’est pas comme si j’en avais vraiment grand chose à faire. Dans un registre plus trivial et égoïste ça pourrait me porter préjudice à moi. Et potentiellement assez lourdement.
Hum, pour le moment tout est bien rodé en cuisines et au pire Antoine peut prendre le relais durant mon absence. Bon… Il semblerait que je doive m’absenter durant un petit moment de mon paradis…


-J’arrive, donne moi juste un instant.

Je vais voir Antoine pour lui signaler ma disparition durant quelques minutes. Une fois cela fait je suis l’elfe à l’étage supérieur.
Damned, ils n’y sont pas allé de main morte. C’est une véritable salle de bal que j’ai désormais sous les yeux, alors que peu de temps auparavant ce n’était encore qu’une ébauche.
Et y a un de ces mondes aussi. Seulement le monde et la raison de ma présence ici se font vite éclipsés par l’entrée de ma petite-soeur dans le bal.
Royale. Je ne vois que ça a dire. Ma soeur a la prestance et la présence d’une reine. u d’une impératrice.

« Mes amis, je vous remercie d’être venue aujourd’hui pour saluer les efforts de l’Inquisition dans le Sud. Ces pays nous semble lointain, leurs coutumes parfois barbares, et pourtant ils sont à l’heure actuel, le seul rempart contre une menace qui nous dépasse tous. Si nous ne voulons pas que Thédas devienne un tas de cendre ou que l’Histoire ne nous désigne une fois de plus comme les coupables de tous les fléaux qui ravage le monde, c’est dès aujourd’hui que nous devons agir. Mesdames et Messieurs, permettez moi de vous présenter officiellement quelques dignitaires qui se sont déplacés malgré leurs nombreux engagements : l’ambassadrice Joséphine Montyliet d’Antiva et le Commandant des armées, Cullen Stanton Rutherford »

Joli discours, assurance, éloquence. Vraiment elle tient bien son rôle.
Reste à voir si les représentants de l’Inquisition sauront en profiter.
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Posté Mar 10 Oct - 22:28






◇ Une danse entre deux mondes ◇





La soirée du bal arrivait très rapidement, et le Commandant avait passé l’après-midi avec Joséphine à apprendre quelques astuces pour être bien vu dans la haute-société. Et autant dire que ce n’était absolument pas sa tasse de thé. Il avait réfléchi au moindre pas, à la moindre réplique qu’il dirait, et où il se déplacerait dans le bâtiment pendant le bal. Mais il savait pertinemment que rien ne se passerait comme lui l’a prévu. D’ailleurs en y repensant, il avait recroisé l’esclavagiste dans ces couloirs qui ne pouvait s’empêcher de lui afficher un sourire sournois. Ce type s’était invité au bal en obtenant les faveurs du père Alirius, autant dire que cela était suspect. Et même si Cullen essayait de rester calme il voyait des complots absolument partout.

Appuyé contre le bord de la fenêtre, il observait les paysages extérieurs et humait l’air marin qui flottait doucement dans l’air. Quel dommage de ne pas avoir la vue sur les immenses étendues d’eau, mais c’était le privilège des maîtres des lieux, pas le sien. Il attendait que Joséphine passe le voir, et le temps se faisait long. Perché sur le 4ème étage, il n’entendait absolument pas les brouhaha du rez-de-chaussée qui indiquaient que le bal avait déjà commencé et même si son regard se perdait sur les pendules il ne se doutait pas que Joséphine avait mit son petit grain de sel, ce qu’elle fit vaillamment remarquer en arrivant.





《 - Félicitation, Commandant, vous avez tenu bon. 》

Il se retourna, perplexe, ne comprenant pas où elle voulait en venir. Puis regarda à nouveau l’horloge constatant qu’il restait une dizaine de minutes avant le bal.





《 - Vous avez exactement 47 minutes de retard.  》





《 - QUOI ?!? 》

Il quitta immédiatement sa fenêtre pour se précipiter sur l’horloge et vérifier si elle ne s’était pas arrêtée de fonctionner.





《 - C’est impossible le bal commence dans 10 minutes ! 》





《 - Ah, vous n’y êtes pour rien c’est moi qui ai déréglé l’horloge, sinon vous n’auriez jamais toléré arriver en retard comme je vous l’ai inculqué cet après-midi. 》

Et voilà il venait de se faire avoir par Joséphine… Encore. Elle avait toujours plusieurs tours d’avances sur lui, qu’elle était effrayante parfois. Cullen se résigna et reposa l’objet sur son mobilier respectif.





《 - Visiblement vous êtes préparée, on peut y aller ? 》





《 - hmmm… 》

Elle tiqua sur la marque qu’il avait encore sur le nez à cause du coup de tête avec Dorian. Même s’il s’agissait d’un combattant il devait être irréprochable pendant le bal et ce bleu la dérangeait au plus haut point.





《 - Asseyez-vous. 》

Elle sorti ensuite sa mallette de maquillage qu’elle avait amenée avec elle et là Cullen comprit tout de suite qu’il allait être cobaye à une étrange pratique féminine. Il ria bien jaune face à la situation dans laquelle il était.





《 - N’y pensez pas, je n’en ai pas besoin. 》





《 - Oh que si, parce que je doute que vous souhaiteriez expliquer comment vous vous êtes infligé cette marque. 》

Elle insista encore et accompagna ses mots par le geste désignant le lit derrière lui. Après un long soupir il s’exécuta et se montra particulièrement docile quand Joséphine lui appliqua un fond de teint contre les rougeurs. Il ne se rendait pas compte combien les femmes pouvaient mettre de couche de maquillage juste pour cacher une petite trace…





《 - Vous allez voir tout le monde n’y verra que du feu 》

Il n'eut d'autre choix que d'acquiescer. Elle n’appuyait pas fort, mais il se rendait compte que ce coup lui faisait encore beaucoup de mal au niveau du haut du nez, ce qui le fit pas mal grimacer au grand amusement de Joséphine.





《 - Servez-vous de votre tête autrement la prochaine fois 》





《 - J'y veillerai... 》

Une fois qu’elle eut terminé et reposé son matériel dans la mallette, elle contempla son travail et hocha joyeusement de la tête pour confirmer qu’il était bien fait. Suite à cela, ils partirent tous les deux en direction de la salle de bal où de nombreux invités étaient déjà présents. En chemin, Joséphine lui rappela l’importance de garder le sourire et de ne pas tirer une tête de mulet pendant la cérémonie car cela était visible et reflétait leur image. Soit, si cela ne se résumait qu’à cela, autant jouer le jeu.

Mais le pire moment n’était pas encore arrivé et pour Joséphine ce n’était qu’une formalité. A leur arrivée, l’annonceur dût les appeler l’un après l’autre ce qui le mit dans tous ses états. Et comme si cela n’était pas assez gênant, ils étaient obligés d’étaler sa vie entière lors de son appel.





《 - Au nom de l’inquisition : Messera Cullen Stanton Rutherford de Cordoan. Commandant des forces de l’inquisition. Ancien chevalier sous-capitaine de Kirkwall. Et Dame Joséphine Cherette Montilyet de la citée d’Antiva, Ambassadrice de l’inquisition. 》

Lui qui voulait faire une entrée discrète, le voilà embêté. Et pourquoi avait-il un titre plus long que Joséphine aussi ?! Il lui lança un regard plein de désarroi et entra dans le bal en sa compagnie.

Il se demanda pourquoi il fallait autant attirer l’attention mais c’était ce que Joséphine recherchait ce soir. En effet, plein de monde lançaient des regards sévères envers eux, ce qui ne laissa pas le Commandant à son aise. Ses soldats étaient en patrouille à l’extérieur du manoir, et comme il ne voyait pas encore Cordélia dans les parages il ne quitta pas Joséphine alors qu’elle allait saluer des connaissances à elle.

La soirée allait être longue.

Mais, alors que Cullen se rendait auprès de l’orchestre pour écouter tranquillement la musique qu’ils étaient entrain de jouer, plusieurs jeunes filles se lancèrent à l’assaut sur lui pour lui faire la conversation.





《 - On dit des tas de choses sur vous, mais on ne nous a jamais dit à quel point cela doit être plaisant de travailler avec vous ~ Dame Mellissandre a une de ces chances ~ 》





《 - Ah.. ? Fort aimable 》





《 - Vous venez de Ferelden ? Je n’ai jamais vu personne qui vienne du sud ! Je les imaginais avec des cornes et les mains remplies de sang ! 》





《 - Oh, et vous avez quelqu’un dans votre vie ? J-je veux dire bien entendu j’imagine ? 》





《 - Mais chut, vous allez le faire fuir avec vos questions sans intérêt ! 》





《 - Et bien je suis curieuse, moi !  》





《 - Heu… Et bien, pour vous répondre oui je suis Fereldien et… 》





《 - … Est-ce vrai qu’à Ferelden on ne mange que du maïs et de la viande de cochard ? »






《 - Mais attendez, je n’ai pas pu entendre s’il avait une épouse ou non ! 》

Le voilà dans une querelle entre 3 jeunes filles qui visiblement avaient de l’intérêt pour lui. Et comme Joséphine lui avait dit de sourire, il se retrouvait bêtement à en rire, affreusement gêné. Mais soudain une personne arriva vers eux, avec un air particulièrement loufoque que Cullen reconnu immédiatement. Il faisait de grands gestes envers les demoiselles pour les faire partir, brassant l’air avec ses mains.





《 - Zou, zou, zou ! Vous allez me l’abîmer ! Allez embêter quelqu’un de votre caste, mesdemoiselles, celui-ci est déjà prit - par moi - !  》

Les filles marmonnaient dans leur barbe, avançant vers les buffets en gardant un œil sur Cullen et lui faisant des signes enjôleurs comme pour lui signaler qu’elles étaient toujours ouvertes à discussion.




《 - Et voilà ~ Ne me remerciez pas, c’est tout à fait normal 》





《 - Baron de Clairvallée, je ne m’attendais pas à vous voir ici. 》





《 - Vous avez oublié que je suis un fervent partenaire commercial de la famille Alirius ? Tout de même ! 》

C’est là que Joséphine retrouva le Commandant pendant que Bohémond lui époussetait la sublime tenue qu’il avait sur lui.





《 - Quel plaisir de vous revoir, Baron de Clairvallée. 》





《 - ça fait longtemps Dit donc ! Et vous savez quoi ? On a réussi à débusquer deux corbeaux à Val Royeaux avec l’aide de vos hommes, mais je doute que cela soit suffisant pour démanteler le groupe. Mais je vis bien mieux désormais et ce grâce à vous ! 》





《 - Tout le plaisir est pour nous. 》

Ils continuèrent leurs petites discussions habituelles alors que Cullen fut subitement attiré par les balcons d’où arriva Mellissandre. Il prit le temps de la contempler les yeux écarquillés par tant de beauté qui s’émanait d’elle. Et l’annonceur ne tarda pas à faire son discours d’appel.





《 - Et bien elle se faisait attendre ~ 》

Le baron sorti un éventail et s’éventa alors que le reste de la salle levèrent les yeux vers celle que l’on attendait depuis le début de l’événement. Visiblement habituée aux bals et à l’expression devant tant de gens, Mellissandre ne tarda pas à s’exprimer.





《 - Mes amis, je vous remercie d’être venue aujourd’hui pour saluer les efforts de l’Inquisition dans le Sud. Ces pays nous semble lointain, leurs coutumes parfois barbares, et pourtant ils sont à l’heure actuel, le seul rempart contre une menace qui nous dépasse tous. Si nous ne voulons pas que Thédas devienne un tas de cendre ou que l’Histoire ne nous désigne une fois de plus comme les coupables de tous les fléaux qui ravagent le monde, c’est dès aujourd’hui que nous devons agir. Mesdames et Messieurs, permettez moi de vous présenter officiellement quelques dignitaires qui se sont déplacés malgré leurs nombreux engagements : l’ambassadrice Joséphine Montyliet d’Antiva et le Commandant des armées, Cullen Stanton Rutherford  》

Il allait devoir s’y faire à être appelé par son second prénom, mais soit puisqu’il en était ainsi. A la suite de l’annonce, comme ils étaient près de l’escalier, l’attention s’était déplacée vers eux et le baron ne put résister à s’enjailler et faire de petits couinements pour exprimer à quel point il était fier d’être avec eux.

Joséphine se permit alors de prendre la parole, sachant pertinemment que le Commandant allait bégayer face à autant de nobles. Elle fit un pas en avant pour se détacher du groupe, et présenter ses cordiales salutations.





《 - C’est un plaisir pour l’inquisition de prendre part aux festivités organisés en son honneur et de pouvoir créer des liens solides avec Tevinter par ce biais. Nous tenions à remercier la famille Alirius sans qui tout cela ne serait possible et souhaitons que notre amitié perdure encore longtemps. 》

Très bref, mais cela suffisait à rassurer une partie de la foule. Mais alors que la fête reprit de son court, le baron donna un bon coup d’éventail sur les fesses du Commandant pour le faire ôter les yeux de Mellissandre quelques instants.





《 - Non, mais vous…. ?! 》





《 - Je vous déconseille de garder vos yeux plus de 5 secondes de cette jeune femme, son père a une fâcheuse manie de dissuader ceux qui ont essayé de l’approcher de trop près. Si elle demeure toujours votre amie, suivez mon conseil ~ 》

Cullen resta dans un premier temps assez hébété, mais finit par comprendre. Et il ne souhaitait pas tout gâcher à cause de ses mauvaises manières. Par le Créateur... Et le baron se remit à s’éventer, ayant capté toute l’attention de l’ex-templier, avant de repartir un peu plus loin. Joséphine discutait déjà avec d’autres dignitaires, et Cullen se retrouva à nouveau seul. Mais avant que cela ne se voie trop, il repéra Cordélia parmi la foule.





《 - Par le Créateur, enfin je vous retrouve. 》

Cela faisait à peine une petite heure qu’il était là il avait déjà envie de partir de là. En chemin il reçu les compliment de deux jeunes femmes - et une nettement moins jeune – qui démontrait que la gente féminine en avait après lui ce soir.






《 - Tout va bien de votre côté ? 》

Il ne faisait pas vraiment attention aux invités, si ce n’était que de sourire quand il croisait certains d’entre eux lors de ses déplacements à l’intérieur de ce bal. Le monde était atroce et il faisait particulièrement gaffe où il mettait les pieds afin d’éviter de piétiner une robe soyeuse et atrocement chère. Il ne connaissait pas la suite des événements, mais il n’allait pas tarder à le découvrir.
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Posté Ven 13 Oct - 9:00

Cordélia se sentait un peu étourdie au milieu de tous ces masques, toute ces robes, toute cette luxure. Elle n'avait jamais mis les pieds dans un bal ou un quelconque événement destiné aux gens bien nés. Elle surveillait autant qu'elle admirait l'ensemble de la salle, vigilante aux gestes de chacun. De là où elle était, elle ne pouvait avoir de vision sur l'ensemble de l'endroit tellement c'était immense, mais des gardes avaient également été postés à l'opposé de la salle sur ordre du Commandant.
Elle avait vite constaté qu'être un garde dans cette salle équivalait à être une statue ou un meuble parmi tant d'autres pour les invités les plus fortunés. Au moins, elle était stationnée près du buffet et ne refusait jamais un petit-four quand l'un des esclaves sillonnant la salle avec leurs plateaux lui en proposait un. Ils avaient tenté de lui offrir un verre de vin à plusieurs reprises, mais elle les refusait tous, la mort dans l'âme.

Elle aurait bien aimé boire et rire comme tous les gens qui se pressaient dans la salle de réception, mais elle devait rester vigilante. Et quelque chose lui disait que certains ennemis de l'Inquisition auraient intérêt à ce que la garde soit saoûle ce soir-là. Elle en était là de ses pensées quand le Commandant surgit de la marée humaine d'invités qui se massaient devant le buffet. Elle haussa un sourcil

- Tout va bien de votre côté ?
- Rien à déclarer de mon côté, non. C'est difficile de voir ce qu'ils se passe dans une telle marée humaine, j'espère juste que les autres se tiennent bien et refusent l'alcool qu'on leur propose...

Un esclave fondit aussitôt sur Cullen, lui mettant un plateau garni d'apéritifs sous le nez. Verrines, crevettes, canapés, toasts... Il y en avait pour tous les goûts.

- Voulez-vous un apéritif, Ser ?
- Je vous conseille la verrine de chair de crabe, c'est la meilleure, commenta Cordélia. Elle avait eu le temps de presque tous les tester - en même temps, elle n'avait pas grand-chose d'autre à faire. Elle laissa le Commandant prendre un apéritif (ou pas) et reporta son regard sur la salle, songeuse.

- Tout a l'air de bien se passer, dit-elle à Cullen pendant que l'esclave s'inclinait et repartait vaquer à ses occupations. Vous êtes rassuré ?

La méfiance exsudait des pores de Cullen depuis qu'ils étaient arrivés à Tevinter. Elle pouvait le comprendre, bien qu'elle trouvait cela un peu exagéré.
Elle se demandait où était placé le groupe de soldats dissidents de tout à l'heure. Elle n'était pas repassée par le dortoir après la visite, ayant à peine eu le temps de se changer.
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Posté Sam 14 Oct - 14:43
L'enquête de Solas avait porté ses fruits, aussi pourris soient-ils. Il avait passé une bonne partie de sa journée ainsi que celle de la veille à arpenter les rues de Minrathie à la recherche d'informations concernant Auguste, et la façon dont les esclaves étaient généralement traités. Sans grande surprise, la considération qu'on lui accordait variait selon les activités de leur maître : ceux qui estimaient ainsi avoir la vie la plus rude étaient ceux qui travaillaient pour des exploitants, des fermiers ou des cultivateurs. Là bas, le travail était rude et le moindre retard pouvait nuire à la productivité de la plantation. Or, lorsque le travail d'un esclave impactait directement la fortune de son propriétaire, ce dernier avait tendance à ne pas faire de cadeaux.

Les autres, en dehors de quelques rares cas d'abus, s'estimaient plutôt bien lotis. Ceux qui officiaient au service de la haute noblesse étaient très certainement ceux qui avaient la vie la plus facile, et même si leur travail était ingrat, ils jouissaient dans l'ensemble d'une relative liberté dont il s'estimait heureux, à tel point que lorsque Solas leur souffla deux mots à propos de la véritable liberté, ils le regardèrent avec des yeux ronds avant de lui demander de bien vouloir partir, ne souhaitant pas s'afficher aux côtés d'un tel illuminé.

Le marché des esclaves n'était pas quelque chose contre lequel le vieil elfe allait pouvoir lutter, il le savait. En revanche, les rumeurs allaient bon train concernant Auguste, et bien peu de mots doux furent prononcés à son égard. Sans être considéré comme cruel, on le décrivait brutal avec ses esclave, prompt à frapper et à humilier quand une remontrance aurait pu faire l'affaire. De plus, Solas avait fini par apprendre, quelques heures avant le bal, qu'on le soupçonnait de faire preuve d'un peu de laxisme concernant la provenance de sa marchandise, indifférent aux origines de ses esclaves, y compris quand ils venaient d'une nation avec qui Tevinter n'avait aucun grief. Ainsi, les pirates et autres brigands lui rapportaient souvent des cargaisons pillés à bord de tel ou tel navire imprudent.

Il n'avait guère de preuve à lui opposer, mais il n'avait guère de doute sur le bien-fondé des rumeurs. Il avait également appris qu'Auguste avait un frère nommé Aurelius. Un magister. Solas n'avait guère pu apprendre à son sujet, hormis qu'il était le cadet d'Auguste, mais que son statut de mage l'avait propulsé comme héritier. Le marchand d'esclave avait ainsi hérité de son titre en compensation, disait-on, et si jamais il venait à mourir, le poste reviendrait à Aurelius.

Tout cela ne l'avait guère aidé à prendre une décision. Il n'avait aucune idée de si la mort d'Auguste allait changer quoi que ce soit, mais il avait encore un peu de temps pour prendre sa décision : Aurelius, en tant que magister, était invité au bal, et Solas aurait tout le temps de voir quel genre d'homme il était ce soir là.

Lorsque le bal en question débuta, Solas fut l'un des premiers à s'y rendre : il n'avait aucune envie de se faire remarquer plus que nécessaire. Vêtu d'une tenue similaire à celle qu'il avait portée au bal en compagnie d'Irisviel – il se surprit à légèrement sourire en repensant à cette soirée – il ne respirait pas la richesse, loin de là. Néanmoins, son costume avait l'amabilité de ne pas sembler indigent, et les tévintides interpréteraient probablement son manque de fioritures comme une élégance sobre et humble – et qu'est-ce qui allait mieux à un elfe que l'humilité aux yeux de ces gens là ?

Seul à l'écart de la foule, il observa tous les invités entrer les uns après les autres, jusqu'à ce que certains d'entre eux finissent par s'intéresser à lui. Par deux fois, on le confondit avec un esclave, et il dû répliquer avec un sourire poli qu'il était là en tant qu'homme libre et agent de l'Inquisition. Certains ne tentèrent même pas de cacher leur mépris en apprenant cette nouvelle, et une femme se mit à rire si fort qu'elle s'attira les regards curieux d'une bonne dizaine d'autres nobles.

Il en fallait néanmoins plus que cela pour que Solas se vexe : le Jeu, il ne connaissait, et il était le même dans tous les empires et à toutes les époques. Il resta ainsi de marbre, poli et plaisant, presque charmeur par moments, s'attirant même quelques œillades de la part de nobles curieuses et visiblement amatrices d'exotisme.

Un peu plus tard, alors qu'il était en pleine conversation avec un magister à propos de la façon de maintenir une barrière, Melissandre décida de faire son entrée, s'attirant le moindre regard de la salle de bal. Solas vit même certains serviteurs interrompre leur tâche pour l'admirer, avant de reprendre hâtivement, en espérant que personne ne les aies vus. Lui même dû reconnaître qu'elle était particulièrement magnifique, et il sembla pour la première fois remarquer sa grande beauté. Il s'autorisa ainsi quelques instants d'attention avant de reporter celle-ci sur le reste des convives, détaillant les réactions que suscitait son discours.

Il y avait de tout : de l'approbation, de la désapprobation, de l'admiration, du mépris, et aussi des gens qui n'étaient venus que pour se faire bien voir et manger des petits fours, et qui semblaient réaliser seulement maintenant que le bal avait quoi que ce soit à voir avec l'Inquisition. Il remarqua également que les réactions négatives restaient masquées, et étaient somme toute plutôt rare. La position officielle de l'empire Tévintide était contre les Venatori après tout, et dénigrer l'Inquisition n'était pas dans l'intérêt de grand monde. On pouvait s'offusquer des manières de ses envoyés, mais critique l'organisation en elle même était bien plus risqué.

Il apprécia que leur hôtesse ne mentionne pas son nom, et regarda Cullen et Joséphine avant de se diriger vers le premier. Le hasard avait fait qu'ils étaient chacun à l'autre bout de la pièce, aussi, l'elfe allait mettre du temps à le rejoindre, d'autant plus que le bougre avait changé de cap et se dirigeait vers l'une de ses templières. Solas avait néanmoins jugé utile de le prévenir : s'il en venait à défier Auguste en duel, il était plutôt évident que leur commandant devait être au courant. Il ne faudrait pas qu'il considère cela comme un affront à l'Inquisition.
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Posté Sam 14 Oct - 17:40
Son entrée était un succès. Dominant littéralement la salle du regard puisqu'elle était encore dans l'escalier, Mellissandre pu savourer les dizaines de pair d'yeux posés sur elle qui ne la lâchait pas, captivée par sa beauté autant que ses paroles. Contrairement à ce qu'on aurait pu croire, Mellissandre n'était pas une diva qui aimait et recherchait désespérément de l'attention, elle se contentait de jouer le rôle qui plaisait à ses parents et l'approbation dans les prunelles de sa mère valait bien l'angoisse inévitable de faire un faux pas exposé à tant de regards.

Joséphine reprit brillamment le flambeau de parole qu'elle lui avait tendu, s'avançant même d'un pas pour détourner l'attention de Cullen. Ce fut bref mais courtois et emphatique, la diplomate savait ce qu'elle faisait et elle fut même saluer de quelques applaudissements polis avant que la soirée ne reprenne son court. Comme si l'entrée de Mellissandre avait marqué le début des hostilités, les discussions reprirent, un tantinet plus vive.

D'un seul regard, Mellissandre pouvait dire qui était arrivé, quels étaient les absents, identifier les groupes qui se formaient et surtout les duo inhabituels. C'était un champ de bataille où les alliances et les influences se faisaient et se défaisaient au rythme des morceaux de musique, ce genre de réflexe était une nécessité de survis.

Descendant gracieusement les quelques marches manquantes, Mellissandre entreprit de faire le tour de la salle pour donner des salutations personnelles et mielleuses par ordre de préséance et d'affinité. Elle ne s'inclinait devant personne, tout au plus elle effectuait un semblant de révérence pour présenter ses hommages, elle était reine en son royaume et dans sa robe d'or et de noir personne ne l'aurait contesté.

Un sourire étincelant aux lèvres qui seyait à ses formules de politesse à n'en plus finir, Mellissandre n'en était pas moins sur ses garde, prête à réagir à la moindre attaque – verbale – mais aussi au moindre faux pas de l'Inquisition. D'un œil elle surveillait Cullen comme un chaperon couve sa protégée lors d’une soirée trop alcoolisée, n'omettant pas de jauger le professionnalisme des soldats de l'Inquisition par la même occasion.

Elle passa ainsi de longues minutes à faire le tour des invités, acceptant les compliments et riant à des traits d’humour peu drôle. Puis, après un signe d’approbation de sa mère, elle se rapprocha de Joséphine qui était en grande discussion sur les merveilles d’Antiva. Elle n’avait pas encore eu l’occasion de saluer Cullen qui était parti avec Cordelia, mais elle avait d’autres priorités.

Ce bal, aucun magister ne l’oublierait, elle en était certaine.

A son sourire et sa légère révérence, Joséphine compris immédiatement de quoi il en retournait et elle posa son verre, le visage radieux. Seul Mellissandre pouvait sentir sa nervosité parce que sa main trembloter légèrement dans la sienne. Elle la serra un peu, rassurante. La musique s’était arrêtée, laissant un brusque silence envahir la salle alors que le changement d’atmosphère avait une fois de plus fait taire tous les invités.

Vu l’heure, tout le monde savait de quoi il s’agissait et les regards se tournèrent machinalement vers le centre de la piste de danse où Mellissandre et Joséphine se faisait face. Il y eu quelques regards surpris, des murmures et des sourires amusés. Comme le voulait la coutume, l’organisatrice ouvrait le bal, mais ce n’était pas un cavalier à son bras, mais une cavalière. De l’Inquisition qui plus est.

Une singularité assez rare pour éveiller l’attention et faire de ce moment assez barbant le centre des spéculations alors que tout le monde refluait pour leur laisser un immense espace pour valser.

La musique reprit, beaucoup plus fort, envahissant la salle tout comme les deux jeunes femmes qui se mirent à bouger avec une aisance remarquable et une synchronisation fascinante. Mellissandre savait fort bien danser et on sentait à la grâce de ses mouvements qu’elle maîtrisait cet art au-delà des valses de salon mais Joséphine n’était guère en reste. C’était une dame de la cours qui savait briller lors des bal orlésienne, un peu moins sensuelle, ses gestes restaient maîtrisés et précis, un exploit compte tenu qu’elle n’était pas habituée à diriger et que la valse tévintide était un peu plus dynamique que celle de l’empire des froufrous.

Quelques exclamation de la foule ponctuait les notes vivaces qui marquaient des figures, une élégante pirouette, une courbure, un subit rapprochement où leur nez se frôler tant qu’on pouvait presque croire qu’elles allaient s’embrasser. L’entrelacs des jambe était si complexe qu’on se demandait comment elles faisaient pour ne pas trébucher et pourtant leurs pieds ne faisaient que s’effleuraient même quand le tempo s’accélérait.

A dire vrai, elles n’avaient pas spontanément atteint une telle harmonie, elles s’étaient entraînée. Quand Mellissandre avait compris que Cullen ne voudrait jamais être son cavalier, et qu’il était quand même nécessaire qu’elle ouvre le bal avec un membre de l’Inquisition, elle avait pensé à Joséphine. Solas était hors de propos, ne restait que l’ambassadrice qui avait accepté l’audace de sa proposition.

Elle transformait donc ce moment symbolique mais anodin, en une scène inoubliable, deux femmes magnifiques qui se mouvait avec élégance dans les bras l’une de l’autre, de quoi éveiller quelques fantasmes qui ne manquèrent pas. Un ou deux ragots aussi mais elles sauraient en rire avec humour de sorte à les écarter.

La musique pris fin, les deux femmes légèrement essoufflée s’inclinèrent précieusement avec un sourire de connivence tandis que de furieux applaudissement retentissaient bien plus fougueux que ne l’exigeait la courtoisie.

Le bal étant ouvert, cavalier et cavalière rejoignirent la piste de danse tandis qu’une mélodie plus calme raisonnait et que les deux jeunes femmes se félicitaient avant de se séparer. Il fallait profiter de l’intérêt et de l’admiration qu’elles venaient de susciter pour faire jouer les relations et toute deux le savait très bien.  


- - Scipio - -

La magister Merindi fut la première à saluer Scipio. C'est elle qui l'avait fait mander pour lui offrir ses courtoises salutations et ses hommages. Voilà bien une demi heure qu'elle avait laissé sa réputation de nymphomane de côté pour faire honneur à son autre vice : la gourmandise. Pendant ce laps de temps, elle avait méthodiquement goûter tous les petits canapés aux noms aussi délicieux et surprenants que leur apparence et que leur goût : elle était conquise.

« Dame Alirius a été inspiré par le Créateur en personne de vous choisir comme cuisinier ! Votre cuisine est divine, cette rigueur dans l'exécution, cette originalité, ce sens du détail… Chez quel chef avez-vous fait vos preuves ? », l'interrogea-t-elle non sans avoir détailler avec force de précision les amuses-gueule qu'elle avait préférée.

Enthousiaste, elle fut une interlocutrice attentive et dévouée, l'écoutant avec plaisir parler de sa vie, de ses recettes, de son travail, de son amour pour les aliments qu'elle partageait, ne s’arrêtant que pour contempler d’un œil intrigué l’ouverture du bal. Indéniablement, Merindi avait encore toute la finesse de son esprit et une passion dévorante pour la nourriture qu’elle étalait avec emphase pour Scipio.

A 60 ans, ayant deux fils au sein du magisterium et une bonne dizaine d'autres descendants placés à des postes moins glorieux mais tout aussi stratégique d'intendance, de percepteurs et de marchands, Dame Merindi n'avait plus rien à prouver à personne. Cela faisait bien longtemps que ses rides ne faisaient plus jacasser, les blagues sur son appétit insatiable – dans tous les domaines – s'était émoussés au fils des ans, parfois quelques quolibets reprenaient faute d'autres rumeurs à servir pendant le thé, mais Merindi les ignorait draper dans toute le respect qu'on devait aux aînées et à une femme qui pouvait encore influencer la diplomatie grâce à tout ses rejetons stratégiquement placés et mariés.

Malgré sa beauté depuis longtemps flétri par l'âge et les gâteaux, Merindi n'en restait pas moins une femme pleine de vie, souvent joviale et décontractée qui ne mâchait pas ses mots. Pendant 40 ans, elle avait fait des courbettes et estimait que désormais, elle était trop vieille pour la langue de bois. C'est donc avec le plus grand naturel du monde qu'elle ne se contenta pas de vanter les qualités culinaires de Scipio.

« Et puis ce visage d'ange… vous êtes tellement craquant Messere », minauda-t-elle en battant des cils avec des airs de jeunes jouvencelle. « Un vrai chou à la crème avec votre teint pâle et vos cheveux blancs »
Le comparer à une pâtisserie, c’était plus beau compliment qu'elle puisse faire.

Sa descendance était assurée et les regards un peu amusé lancé à cet étrange couple d'une vieille magister affamée et d'un timide cuisinier albinos glissait sur elle comme sur la surface d'un lac gelé. Il n'était pas bien comme il faut ? La belle affaire : il était à son goût et, en séductrice aguerrie, elle commença à se montrer plus familière, plus tactile, lui intimant même avec un sourire sucrée de l’appelait par son prénom : Démétra, feignant de ne pas voir qu'il souhaitait juste rejoindre ses fourneaux.

Le magister Alirius qui l'observait avec insistance depuis le début de la soirée le regarda avec amusement avant de se décider à voler à son secours, s'approchant avec la mine sévère qui lui était coutumière et que son sourire ne parvenait pas à rendre amicale.

« Dame Merindi, quel plaisir de vous voir, toujours aussi radieuse », s'exclama-t-il avec un ton un peu trop enjoué pour être honnête, jouant le jeu des courtoisies galantes puisqu'il s'inclinait pour un élégant baise-main. Ah, il savait parler à la vieille magister. Pas dupe, cela ne l'empêchait pas de glousser sous le faux jeu de séduction qui était plus une blague qu'une réelle tentative.

« Magister Alirius, le plaisir est partagé. C'est vraiment une superbe soirée, j'étais justement en train de m'entretenir avec votre charmant chef pour lui présenter mes félicitations : le buffet est un délice »

Flatté comme si c'est lui qu'on complimentait, Octavus pris un air outrageusement accusateur. « Vous n'essayez pas de nous le voler tout de même ? »

La vieille magister ricana en sortant gracieusement un éventail.

« Vous savez bien que je ne résiste pas aux bonnes choses mon cher », rétorqua-t-elle avant de faire un clin d'oeil aguicheur à Scipio. « Chez moi vous seriez beaucoup, beaucoup mieux traiter... », souffla-t-elle sans chercher à dissimuler les entendus graveleux qui crissaient dans sa voix. « Si ça vous tente, vous n'aurez qu'à venir me voir, je loge ici ce soir, quartier des invités troisième porte à droite… Je suis sûre que mon lit sera nettement plus confortable que ceux des domestiques », plaisanta-t-elle avec une facétie pétillante.

Octavius n'avait toujours pas bouger, signe qu'il souhaitait s'entretenir avec le jeune homme et Demetra savait tout à fait quand se retirer, elle fit donc une révérence polie, feintant d'avoir aperçu quelques connaissances plus loin.

« A plus tard mon chou », s'exclama-t-elle joyeusement enrobant d'une tonalité presque séductrice le petit surnom qu'elle lui offrait.
La regardant s'éloigner, Octavius redevenu de marbre attendit que les oreilles indiscrète soient occupé avant de parler encore, fixant l'ombre disparu de Merindi pour ne pas regarder son interlocuteur dans les yeux.

« C'est un bon parti », déclara-t-il subitement avec une voix neutre qui se voulait presque magistrale. « Elle a du pouvoir, de la fortune, n'a plus à se soucier de sa descendance, c'est une femme aimable et, même si elle ne l'était pas, tu n'aurais pas à la supporter bien longtemps vu son âge et ses excès »

Enfin, il daigna poser son regard sur l'albinos, toujours draper dans sa grande fierté d'Alirius, mais on pouvait malgré tout sentir une certaine gêne au fond de ses yeux, un malaise communicatif face à cette situation grotesque. Voilà des dizaines d'année qu'il ne lui avait pas adressé la parole, qu'il n'avait pas pris de nouvelles, envoyant froidement quelques pièces pour survivre à sa mère, et ils se retrouvaient tous les deux à converser au beau milieu d'un bal organiser par sa fille.

Quand il l'avait vu surgir la veille il n'en avait pas cru ses yeux, il l'avait instinctivement reconnu, son menton, c'était le même que le sien ! Des albinos il n'y en avait pas tant et puis… c'était son fils il le sentait. Demander son nom l'air de rien n'avait été complexe de quoi corroborer ses suppositions. Depuis, il s'était torturé l'esprit pour savoir comment agir, si sa femme apprenait son existence, il était mort. Sa conscience trop souvent mis de côté ne le tourmentait pas beaucoup, mais il ne pouvait s'empêcher de se sentir un peu embarrasser de loger son sang dans les quartiers des domestiques. Est-ce qu'il pensait faire une bonne action en s'intéressant subitement à des histoires de fiançailles ? Sans doute oui, cela allégerait sa conscience de le savoir entre les mains dévoués de Merindi.

Un silence pesant s'était installé malgré les bruits de fête alentour, un tel sérieux sur le visage qu'on se demandait de quel plat ils pouvaient bien parler avec tel austérité. Et dans ce moment un peu solennel, ces retrouvailles, ce père modèle aux yeux de Mellissandre ne trouva rien de mieux à dire à son fils

« J'espère que ta mère va bien »

Preuve ultime si le doute était encore permis qu'il le reconnaissait sans vraiment encore l'assumer et sans prendre la peine de ne serait-ce que justifier sa très longue absence.



- - Cullen - -

L'Inquisition avait été source de beaucoup de critiques et de fantasme. Sans grande surprise, ses membres étaient donc la cible d'une ribambelle de regards curieux ou méprisant qui les jauger à chaque instant. C'était ça les barbares sans cervelles et sans éducation ? Cullen n'avait même pas une barbe plus broussailleuse qu'un magister. Joséphine évoluait avec son aisance naturelle, dissipant sans effort cette pression constante, mais pour le Commandant c'était une autre pair de manche.

On le sentait moins à l'aise et comme des hyènes qui préfèrent finir des proies épuisées, il était bien plus amusant de le tester lui. Sans parler de son charme indéniable qui avait déjà captivé de jeunes femmes à marier. Des mariés aussi. Avoir des liaisons, c'était comme la magie du sang : interdit mais tout le monde le faisait et en parlait sans s'inquiéter. Certaine téméraire s'étaient déjà engagée pour lui faire la conversation et c'était un défilé de jeune demoiselle pimpante et souriante qui s'approchait, parfois avec leur cavalier qui le jauger d'un air sévère, devinant par ses appuis que même s'il ne portait pas d'armes, il n'en était pas moins un homme dangereux.

C'était une machine bien huilée qui avait bien rapidement jauger Cordelia, la reléguant au rang de garde et mettant le compte de leur discussion sur un peu trop de zèle quand à la sécurité. C'est qu'ils ne badinaient pas ces membres de l'Inquisition. Incontestablement, les membres de l'escorte faisaient leur petit effet et on les admirait respectueusement comme quelques statues antiques.

Toutefois, il ne pouvait pas indéfiniment se réfugiait au côté de Cordelia – ses admiratrices ne l'aurait pas permis – et bientôt, la jeune templière fut identifiée comme chef de la sécurité et sollicitée de toute part par des magister soucieux qui accaparèrent son attention laissant ce pauvre Cullen en proie aux questions indiscrètes.

L'une d'elle eut même l'audace de lui proposer un verre, le lui tendant si ostensiblement qu'il était difficile de le refuser. Pourtant, les consignes de Mellissandre avait été clair, le problème était plutôt : comment refuser sans vexer personne et se prendre les pieds dans le protocole.

La jeune tévintide qui saluait toujours les invités un par un avait remarqué et s'apprêter à s'éclipser pour lui prêter main forte -même s'il semblait plutôt bien se débrouiller malgré l'extrême insistance de la femme - toutefois, une nouvelle figure salvatrice arriva pour le sauver sous les yeux renfrognés du baron qui comptait bien jouer le rôle du protecteur– pour embêter SON Commandant, il faudrait lui passer sur le corps ! - une femme, très belle malgré un corps peu voluptueux. Ses longs cheveux blond et son regard bleu perçant lui donnait un air plein d'assurance qui rayonnait tout autour d'elle. Elle portait une robe indubitablement féminine ornée d’un petit coquelicot qui semblait presque déplacé dans ce bal avec tant d’or et d’argent qu’on se serait cru chez un joaillier.

« Allons, Dame Lidius, je sais que les affaires vont mal mais vous ne songez tout de même pas à vous reconvertir en domestique pour ainsi servir à boire ! », souffla-t-elle d'une voix grave indubitablement masculine malgré les tonalités aigu qui s'y glissait maladroitement. La magie accomplissait des miracles mais elle était bien inutile parfois.

Piqué au vif, la jeune femme s'insurgea, embarrassée, gardant subitement le verre pour elle – ce qui lui en faisait deux – de sorte à ce que sa camarade se moqua gentiment en la traitant d'ivrogne mais l’attention revint bien rapidement sur la demoiselle blonde.

Dans un jeu propre à la noblesse, on la fuyait comme la peste et après quelques regards condescendant les pintades se dispersèrent brusquement sous des prétextes ridicule, tel une volée de pigeon dérangée par un caillou.

Maevaris Tilani ne faisait pas la majorité, loin de là. Refusant de jouer le jeu des faux semblants et des rond de jambe, elle affirmait haut et fort ses convictions et ses choix de vie personnelle, envoyant valser d'un élégant revers de main les conventions sociales. Cela lui avait valut des admirateurs mais surtout des ennemis. Elle subissait plus de tentative d'assassinat que les autres et devait supporter beaucoup de regards de serpents mais pourtant on la respectait. Par la force, l'audace, le charisme et l'intelligence, elle avait conservé sa place au magisterium, gardant précieusement un pouvoir et une influence qu'on lui enviait.

Amusée par la situation, la femme garda un sourire radieux alors qu'elle se présentait enfin avec une élégante révérence, poussant le vice jusqu'à réclamer un baise-main au Commandant.

« Magister Maevaris Tilani pour vous servir Commandant, Dorian m'a beaucoup parlé de vous », déclara-t-elle finalement.

D’ailleurs, à l’évocation du thaumaturge, elle défit le coquelicot de ses cheveux pour le tendre à Cullen comme un galant qui offre des fleurs à sa bien aimé. Un petit sourire aux lèvres en espérant qu’il comprendrait la subtilité, elle entama la conversation.

« Avoir discuté avec moi devrait vous assurer un peu de tranquillité », déclara-t-elle la malice fleurissant sur ses lèvres alors qu’elle le détaillait de bas en haut. Elle comprenait l’intérêt des demoiselles pour le beau Commandant, sa réputation de pestiférée ne suffirait peut-être pas à la réflexion. « Enfin, j’espère pour vous »

Elle lui épargna les discussions stratégiques sur les âmes indécises, celle qu’on pouvait convaincre de faire passer une motion au magisterium, Mellissandre avait déjà dû le faire et puis de toute façon, Cullen n’était pas diplomate, son malaise était flagrant, ce n’était pas un rôle pour lui. Enfin, il pouvait quand même leur être utile.

Attrapant à la volée un verre, elle désigna nonchalamment un homme qui sortait du lot car il portait une amure sombre plutôt impressionnante rehaussé d’or.

« C’est le grand général des armées de Tévintide, Maximu. Il déteste les bal presque autant que vous mais il a compris depuis longtemps que c’était un mal nécessaire. Il sait qu’il doit venir pour que les magister fassent des donations à l’armée. Je pense qu’il vous appréciera, vous pourriez peut-être le convaincre... », déclara-t-elle avec un sourire encourageant. Puisqu’il était là, le Commandant était probablement désireux de faire son mieux… « Flattez le sur ses capacités, montrez que vous êtes bien viril et vous l’aurez dans votre proche », conclu-t-elle avec un petit sourire espiègle à la mention de virilité. A vrai dire, elle même avait bien envie de voir Cullen rouler des mécaniques.

« Sinon, vous pouvez user de votre charme sur dame Cremonia, son mari est totalement apathique, il fait ses quatre volonté mais il s’est montré très hostile contre l’Inquisition, c’est un bon moment de... »

Brusquement, elle s'arrêta de parler, regardant un point derrière Cullen, elle lui fit un sourire encourageant, presque désolé pour lui.

« On reprendra plus tard, il semblerait que dame Alirius veuille vous parler… soyez prudent », le prévint-elle poliment en s'éclipsant. Toute alliée qu'elle soit, elle ne pouvait pas rester à ses côtés tel un garde du corps tout le temps. Surtout pas face à la maîtresse des lieux qui s’impatiantait.

Et pourtant, Cullen en aurait bien eu besoin car ce n'était pas Mellissandre qui s'était glissé dans son dos en attendant d'avoir un peu d'attention, c'était Marilia. Beaucoup plus sobre que sa fille, la Magister n'en était pas moins l'incarnation de l'élégance et d'une beauté plus mature mais qui avait su faire tourner quelques tête malgré tout.

Un sourire de circonstances aux lèvres, elle toisa le Commandant, son regard n'augurant rien de bon pour la suite des événements. Le père de Mellissandre était un épouvantail très à cheval sur les courtoisies qui parlaient fort et s'insurgeait avec panache mais agissait peu. Marilia en revanche  semblait ne se souciait de rien mais était aussi vicieuse qu'un serpent. Elle faisait ce qu'elle jugeait nécessaire avec nonchalance, faisant preuve d'un pragmatique glaçant que rien ne semblait émouvoir sauf sa précieuse fille. Et le blondinet qu'elle prenait pour un coureur de jupon qui ne s'en donnait pas l'air, avait fait quelque chose à sa précieuse fille. Elle ne savait pas quoi, comment, pourquoi, quand, combien de fois, Mellissandre avait tout nié en bloc feignant avec beaucoup trop d’application pour être honnête, un total désintérêt qui contrastait avec les éloges qu’elle avait timidement fait dans ses lettres. Sauf que Marilia n'était pas stupide. Elle connaissait le romantisme naïf de la chair de sa chair qu'elle avait élevé elle même. Si elle n’avait rien eu à se reprocher, elle n’aurait pas menti, Mellissandre lui cachait donc quelque chose en rapport avec Cullen, en tirer des conclusions n'était pas un exercice difficile.

Heureusement qu'elle savait sa fille trop romanesque pour commettre une infamie, elle était persuadée que ce n’était qu’une amourette sans grande importance, sinon, Cullen aurait eu des raisons d'être si paranoïaque depuis sa venue à Tevinter. Mais les flammes insignifiantes pouvaient devenir de bien terrible incendies si on ne les éteignait pas à temps et c’est pour ça qu’elle n’avait pas insisté. Elle ne voulait pas tirer la corde du romantisme en s’interposant dans ses émois innocents, il suffisait de décourager le galant et elle était très forte pour ça. Ce n’était pas que la colère grandiloquente de son mari qui avait préservée sa précieuse fille des inopportuns pendant toutes ces années.

« Il faut que l’on parle. De ma fille », souffla-t-elle sur un ton de confidence qui aurait pu être amical s'il n'avait pas était chargé de tant de menaces. Elle n’était pas obligé d’annoncer la couleur, mais cela faisait partie de sa stratégie. Voir s’il gambergeait et à quel point, le laisser mijoter un peu. Elle jouait toute cette manche sur le bluff, sa réaction en dirait long sur le degré de reproche qu’il avait à ce faire.

Une mélodie calme, une valse orlésienne tout ce qu'il y a de plus sobre et simple se jouait et Marilia tandis la main. C'était une tradition, les discussions privées se jouaient sur la piste de danse. Si elle avait entendu le bal pour cette conversation embarrassante c’était bien parce qu’elle ne souhaitait pas qu’il se défile.

« Vous dansez », déclara-t-elle sans ciller alors qu'elle le regardait dans les yeux. Ce n'était pas une question, plutôt une suggestion hautement appuyée. Elle avait volontairement choisi une danse facile pour qu'il ne se ridiculise pas mais le temps semblait suspendu en attendant la réponse. Ses pintades ne le lâchait pas des yeux, un refus serait un affront intolérable envers la maîtresse des lieux qui les accueillait et ni le baron, ni Maevaris, ni Joséphine et encore moins Mellissandre ne pourrait l’aider. A contrario, un accord revenait à l'exposait pendant une discussion qu'il pouvait deviner désagréable rien qu'au sourire hypocrite de la matriarche et surtout, c'était le prémisse d'une marais de demande incessantes.


- - Cordelia - -

Les nobles étaient des bébés. C’était un très bon résumé pour expliquer le comportement d’une bonne majorité d’entre eux au cours de la soirée. A la moindre contrariété, ils venaient pleurer dans ses jupons comme un enfant à qui on a volé son bonbon. Pourtant, ils savaient bien que c’était la garde des Alirius qui assuraient la sécurité, mais ils avaient tous décidé que Cordelia était en charge et c’est donc vers elle qu’ils se plaignaient, exposaient leur doutes et pleurnichaient parce qu’on les avait un peu bousculer. C’était un test pour voir si la barbare saurait garder son calme, du moins, c’est comme ça qu’ils justifiaient leur paranoïa douillette.

« J’ai entendu un bruit suspect dans les jardins », soutint un noble quelconque qui portait la même barbichette à la mode que 80 % des hommes ce soir. Le jardin était quadrillé par des soldats de l’Inquisition, mais aussi d’autres gardes et pourtant, Cordelia était obligée d’aller patrouiller en compagnie du noble pour le rassurer. Le regard insistant de Mellissandre confirmant cette nécessité si elle en avait douté. Il fallait les brosser dans le sens du poil.

L’air à l’extérieur était frais, on entendait la musique bien que lointaine qui se mêlaient avec les bruits tout aussi lointain de la ville. Désignant un buisson d’où s’élevait effectivement des bruits ‘suspects’ le noble se cacha derrière elle, manifestement pas gêné par le ridicule de la situation. Il faut dire que dans son armure bien huilée, Cordélia était plutôt impressionnante.

Sans grande surprise, la terrible menace ne se révéla pas être un assassin dissimulée dans l’ombre mais deux amants qui n’avaient pas eu envie d’attendre la fin de la soirée pour batifoler dans les herbes folles. D’ailleurs, ils ne semblaient guère apprécier d’être dérangé en plein action vu les regards courroucés qu’ils lancèrent à Cordelia.

« On vous a pas appris à laisser un peu d’intimité aux gens dans le Sud ? Espèce de voyeuse ! »

Un chapelet d’insulte s’éleva, la plupart en tévintide tandis que le noble qui l’avait fait déplacé lui, s’éclipsait discrètement. Son rang était peu élevé et il n’avait guère envie de se faire houspiller par deux magister influents.

A quelques mètres de là, un garde de l’Inquisition a moitié endormi laissait sa tête dodeliner. Reléguer dans un coin stratégique certes, mais plein d’ombres et peu intéressant, il n’avait pu résister au sommeil gagné par la solitude et le désespoir. Lui aussi voulait profiter du buffet, de la musique et des femmes superbes en robe échancraient qu’ils pouvaient à peine voir monter les escaliers.

Comme alerté par un sixième sens, il se réveilla à l’approche de Cordelia et la héla.

« Madame, est-ce que je peux rejoindre les autres à l’intérieur… S’il vous plait ? », demanda-t-il respectueusement en faisant des yeux de chien battus. Loneric n’avait jamais posé de problème jusque là. Il était discret, efficace mais un peu jeune ce qui lui avait valut d’être désigné à cette corvée. Tout le monde dans la troupe faisait les quatre volonté de Samhuin – car c’était le vétéran, le plus impressionnant sur le champ de bataille – et Samhuin ne l’aimait pas.

Toutefois, il était inconcevable que « madame la chef de la sécurité », disparaisse trop longtemps et une fois la question réglée, elle était obligée de revenir à l’intérieur où l’attendait d’autres requêtes et d’autres pleurnicheries.

Profitant de son absence – et du fait que le Commandant était occupé à l’autre bout de la pièce, le dénommé Samhuin en avait profité pour se relâcher. Dans un coin de la pièce – il n’était pas fou non plus – lui et deux autres gardes profitaient plus qu’allègrement du buffet, se servant comme n’importe quel noble sous les yeux dubitatifs des esclaves qui s’efforçaient de le remplir aussitôt ne sachant pas s’ils devaient s’offusquaient ou s’ils avaient le droit. L’Inquisition était invitée après tout…

Samhuin savait que Cordelia l’avait vu, d’ailleurs, il leva même un verre à sa santé en guise de provocation. Ce n’était pas un mauvais bougre mais il avait décidé de mener la vie dur à la templière. Il ne comprenait pas pourquoi lui qui avait mené des dizaines de bataille, maintenue des troupes solide et uni avec brio pendant toutes ces années n’avaient pas été reconnu par le Commandant. Oui, Samhuin était jaloux. Infiniment jaloux qu’une jeune femme ait obtenu le poste de bras droit qu’il était persuadé d’avoir après la mort de Loron et Edwig. Son insubordination était donc autant un moyen d’évacuer sa frustration que de montrer l’incompétence de Cordelia pour qu’elle soit déchue : elle n’avait pas les épaules. Si quelque chose arrivait, tant que ce n'était pas trop grave, ils seraient blâmé mais c’est surtout elle qui en payerait le prix – le privilège des supérieur.
Malheureusement pour la jeune femme, beaucoup partagés son avis et ils s’étaient plus ou moins ligué pour lui faire des ennuis. Il faut dire que la décision du Commandant les avait pris au dépourvu et que sans grande surprise on attribuait la promotion de Cordelia a d’autre chose que ses talents militaires. C’est qu’elle était plutôt belle…


- - Solas - -

Un elfe au sein de l’Inquisition… Voilà qui était exotique. Solas était sans doute celui qui soulevait le plus de fausse indifférence. Pourtant, les choses avaient changé après l’entrée de Mellissandre. Ayant subtilement glissé au plus grande pipelette de la salle que l’elfe était un somniari, il fut soudainement l’objet de jugement plus ou moins dubitatif à ce sujet. C’était difficile à prouver mais pourtant peu étaient les magister a remettre en question cette assertion aux allures de mythe. Après tout, pour quel autre raison un vulgaire elfe aurait-il était invité sinon ? En proie à la curiosité, on osait tout de même pas oser l’approcher de peur de salir son nom, comme si les oreilles pointues avaient été sujet à contagion.

Seul les serviteurs semblaient prendre un plaisir certain à le servir, s’inclinant bassement avec des grands sourires, lui proposant constamment boisson et vérines. Une elfe finit même par s’approcher après avoir épousseter sa robe. Elle n’était pas une des serveuses à en juger par sa robe quelque peu élégante bien que sobre mais ses yeux vert et ses cheveux blonds étaient tout à fait reconnaissable : c’était la secrétaire d’Auguste. L’elfe qui le suivait partout pour prendre des notes et s’efforçait péniblement de réaliser le moindre de ses caprices sans quoi elle subissait une volée de coup – là où ça n’abîmerait son joli visage. Après tout, elle avait appris à lire et à écrire et elle était vive d’esprit mais ce n’était pas pour ces qualités qu’il l’avait acheté et gardé pour lui. Auguste avait un faible pour les blondes, chose assez peu fréquente à Tevinter.

Un peu timidement, elle se présenta vers Solas en effectuant une révérence qu’elle voulait parfaitement gracieuse mais qui en devint maladroite. Rien qu’à son attitude : ses cils qui battaient trop vite, la bretelle de sa robe qu’elle avait nonchalamment fait tomber, son souffle un peu rapide et ses yeux qui se voulaient discrètement enjôleur, il était évident qu’elle cherchait à le séduire.

« Bonjour Messere », le salua-t-elle courtoisement en jetant un œil inquiet à Auguste qui conversait avec un magister un peu plus loin. Elle n’était pas supposée s’éloigner de son maître mais la discussion était si animée qu’elle avait décidé d’en profiter pour s’entretenir seul à seul avec le célèbre elfe de l’Inquisition.

Les bras dans le dos, Marane s’efforça de reporter son attention sur Solas, lui souriant en essayant d’être la plus charmante possible, mettant en valeur ses atouts mais avec assez d’embarras pour trahir sa maladresse.

« Hmm… je »

Le regard poser sur l’elfe de l’Inquisition, elle cherchait ses mots. Pourtant, elle avait prévu tout ce qu’elle voulait dire, tout ce qu’elle devait faire. Personne ne s’intéressait à deux elfes qui faisaient la conversation, c’était le moment. Malgré tout, elle se rapprocha encore un peu pour pouvoir chuchoter.

« Je sais que vous avez pris des renseignements sur mon maître », avoua-t-elle finalement avec un air un peu penaud. « Mais je ne lui ai rien dit !! Je... »

Elle hésitait. C’était si risqué. Si on apprenait ce qu’elle essayait de faire, elle y perdrait la vie. Mais ses amies lui avait rapporté qu’un elfe posait des questions, s’inquiétait du sort des esclaves et parlait de liberté. Habituellement elle aurait ri au fou qui aurait osé parler de ça mais Solas avait dévisageait avec fierté Auguste. Il dormait à l’étage des maître de la maison, il avait le soutient de l’Inquisition…

« Je vous en prie, aidez-moi », souffla-t-elle finalement avec un air désespéré en essayant de reprendre contenance pour ne pas alerter les gens alentours. Elle n'avait pas le temps de tergiverser, c'était peut-être sa seule occasion. « Je ferais ce que vous voulez, tout ce que vous voulez... », ajouta-t-elle ensuite, sincère dans sa proposition. C’était ironique qu’un esclave en mal de liberté offre corps et service sans restriction pour gagner la dite liberté. Mais Marane n’avait rien d’autre. Pas une robe, pas un bijoux ne lui appartenait, elle n’avait qu’elle et c’est pour ça qu’elle avait prier le Créateur et les anciens dieux pour être au goût de Solas. Comment le convaincre de prendre un tel risque autrement ?

Il y avait tant à dire mais déjà Auguste s’était aperçu de son absence et s’approchait en lançant un regard mauvais à Solas.

Empoignant la jeune femme par le bras il la traîna vivement jusqu’à ce qu’elle se percute contre lui et qu’il l’oblige à lui faire face.  

« Où tu étais toi ? Ca fait 5 minutes que je te cherche », la gronda-t-il avec un air sévère qui ne présageait rien de bon. Si elle ne trouvait pas une excuse valable dans les dix secondes à venir, elle allait avoir plus que ses mains trop serrées sur son avant bras sous l’oeil indifférent ou à peine réprobateur de ses compatriotes. C’était comme ça à Tevinter. Elle était sa propriété et même si on trouve ça stupide, personne ne serait aller s’insurgeait qu’on malmène un bijoux ou une chaise.
PROCHAIN NIV. :
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Posté Dim 15 Oct - 0:38
La première personne à me saluer est une magister d’un certain âge et aimant grandement les bonnes choses. Apparemment c’est elle qui m’a fait mandé.
Et je me retrouve à avoir un retour détaillé et sincèrement très constructif sur  les amuses-gueules. Une groumete ! Merveilleux ! Délicieuse surprise ! Avoir ce genre de retour est toujours très gratifiant et intéressant. Un retour extérieur expert et bien plus fin que celui que la majorité des gens peuvent offrir.

« Dame Alirius a été inspiré par le Créateur en personne de vous choisir comme cuisinier ! Votre cuisine est divine, cette rigueur dans l'exécution, cette originalité, ce sens du détail… Chez quel chef avez-vous fait vos preuves ? »

-Je suis ravi que ma cuisine vous plaise ma Dame. Oui se faire mousser, surtout quand c’est mérité, c’est toujours agréable. Pour tout vous dire je suis assez autodidacte, et je n’ai malheureusement jamais eu le privilège de travailler avec de grands chefs jusqu’à aujourd’hui.

Je trouve cette rencontre assez agréable au final, échanges intéressants sur la gastronomie. C’est vraiment formidable d’avoir des échanges avec une passionnée de temps à autres. Vraiment une agréable surprise.

« Et puis ce visage d'ange… vous êtes tellement craquant Messere »

… Euh… Elle a bien dit ce que je crois là mamie ?

« Un vrai chou à la crème avec votre teint pâle et vos cheveux blancs »

Fasta vas… C’est bien du rentre dedans ça non ? Ou alors un truc de mamie gâteaux portée sur la pâtisserie… Chou à la crème… La seule personne qui m’a dit ça c’était la vieille elfe dans les cuisines de ma mère. Celle qui m’a initié à la cuisine. Et comme elle était un peu comme une mamie d’adoption… Oui, ça doit-être ça ! N’empêche que c’est malaisant là… J’ai l’impression que la magister serait capable de me dévorer sur le champ et de ne pas en laisser une miette comme… Un chou à la crème...Glups !
Je bafouille et essaie désespérément de retourner diplomatiquement à ma tendre cuisine diplomatiquement. Mais rien n’y fait… Pitié quelqu’un à l’aide… Ma cuisine me manque…
Parfois la vie répond à vos attentes, mais d’une façon que vous n’êtes pas vraiment sûr d’apprécier au final…
C’est ce que je me dis en voyant le visage de mon père tandis qu’il approche. S’il faisant cette tête quand il a rencontré maman c’est sûr, elle était cent pourcent motivée par l’ambition…

« Dame Merindi, quel plaisir de vous voir, toujours aussi radieuse »


« Magister Alirius, le plaisir est partagé. C'est vraiment une superbe soirée, j'étais justement en train de m'entretenir avec votre charmant chef pour lui présenter mes félicitations : le buffet est un délice »


Est-ce que j’en profite pour filer et ne plus remonter à l’étage jusqu’à ce que je sois sûr que tous les invités des Alirius sont bien partis ? Nah parce que leur petit jeu d’acteur c’est sans doute ma seule chance de ne pas finir lentement dévoré…

« Vous savez bien que je ne résiste pas aux bonnes choses mon cher »,

Glups… Avec ma peau le moindre rosissement prend des proportions incroyables. Impossible à dissimuler.

 « Chez moi vous seriez beaucoup, beaucoup mieux traiter... "


Hein… Que ? Oh par la culotte de la grand-mère d’Andrasté…

" Si ça vous tente, vous n'aurez qu'à venir me voir, je loge ici ce soir, quartier des invités troisième porte à droite… Je suis sûre que mon lit sera nettement plus confortable que ceux des domestiques  A plus tard mon chou »

Rouge cramoisi. Avec de jolie nuance pivoine et fraise écrasée. Voilà la teinte de mes joues en cet instant. Bon sang c’est ça les jeux de séduction ? C’est terrifiant.
Tandis que la terrifiante croqueuse de choux à la crème s’en va. Et que les choux à la crème eux retrouvent la paix et le soulagement.  Père ne me regarde, ne dit rien.

« C'est un bon parti  Elle a du pouvoir, de la fortune, n'a plus à se soucier de sa descendance, c'est une femme aimable et, même si elle ne l'était pas, tu n'aurais pas à la supporter bien longtemps vu son âge et ses excès »

C’est moi ou mon père que je n’ai pas vu depuis vingt-deux ans, est en train de planifier mon possible mariage arrangé avec la magister ? Ah oui, Tévinter…

-Si elle ne me dévore pas avant.

Parler de mes envies, de mes choix ne rimerait à rien. Je le sais. Enfin il pose ses yeux sur moi toujours avec toute la grandeur de la famille Alirius et de ses siècles de gloire et de supériorité sur le reste du monde. Mais je crois que le grotesque de la situation ne lui échappe pas et l’imconforte aussi. La dernière fois que je l’ai vraiment vu j’étais trop jeune pour vraiment mon souvenir. Non mon premier souvenir c’est la réaction de maman suite à son départ. Pas une nouvelle après ça, rien. Et voilà le résultat. Franchement je pense que ça doit faire rire quelqu’un dans l’Immatériel.
Un silence de plomb s’installe entre nous. Pas étonnant. Qu’est ce qui pourrait combler le fossé creusé par plusieurs décennies de silence et d'indifférence ?

« J'espère que ta mère va bien »

… Certainement pas ça. Je sens une colère incompréhensible et inconnue se répandre dans mes veines, imprégner les cellules de mon corps.

-Maman est pareille au jour où tu es partis. Brisée. Mais ne va pas me faire croire que tu en as quoique ce soit à faire.

Je crache presque ces mots. Mais ce n’est rien que la vérité. Ma mère ne s’est jamais vraiment relevée de l’abandon de mon père, de tout ce que ça impliquait.

-Si tu avais vraiment voulu savoir comment elle allait tu l’aurais sût. Si tu avais voulu garder un oeil sur moi, même de loin, tu l’aurais fait. Avec le nom d’Alirius il n’y a pas grand chose que tu ne puisse faire.
PROCHAIN NIV. :
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Posté Dim 15 Oct - 19:10






◇ Une danse entre deux mondes ◇





Ayant maladroitement traversé un couloir pour la rejoindre, il se rendit compte que son air légèrement stressé ne passait pas inaperçu. Si bien qu’il souffla un bon coup pour se reprendre alors que Cordélia lui fit son topo.





《 - Rien à déclarer de mon côté, non. C'est difficile de voir ce qu'il se passe dans une telle marée humaine, j'espère juste que les autres se tiennent bien et refusent l'alcool qu'on leur propose...  》





《 - Je confirme il y a du monde… Concernant nos hommes, n'hésitez pas à les réprimander en cas de besoin. 》

Non seulement il y avait du monde, mais en plus de cela il faisait incroyablement chaud et l’air était irrespirable dans la zone où il se trouvait. En bon Fereldien qu’il était, il ne supportait pas l’air chaud du Nord et il en avait fais les frais durant la nuit précédente dans ses quartiers. Rien que d’y penser, son bain d’eau froide ne lui avait jamais paru aussi délicieux que cette nuit-là.

Mais alors qu’il fantasmait sur ses différentes manières de combattre la chaleur envahissante des lieux, un esclave passa à côté d’eux, tenant dans ses mains un plateau rempli d’apéritif qu’il distribuait aux invités de la soirée. Il s’arrêta à leur niveau et le tendit au Commandant qui contempla en premier lieu ce qui s’y trouvait.





《 - Je vous conseille la verrine de chair de crabe, c'est la meilleure 》

Elle contempla attentivement le plateau comme si elle en avait déjà goûté tout ce qui pouvait s’y trouver – elle était stationnée juste à côté des buffets – et Cullen fut à la fois surprit et charmé par ce côté-là de la jeune femme. Il ne pensait pas qu’elle appréciait à ce point la nourriture. Il prit alors la verrine, amusé par cette révélation, et inspecta son contenu.





《 - C’est vous l’experte ~ 》

Il semblerait qu’il s’agissait de crabe, comme la plupart du contenu du buffet. Les fruits de mer étaient des mets très courants à Tevinter, étant à côté de la mer et c’était étrange de voir toute la diversité culinaire qu’il pouvait y avoir. Et puis, semble-t-il que le chef était de l’inquisition donc pas de quoi s’alarmer.





《 - Tout a l'air de bien se passer 》





《 - Visiblement, oui. 》

Cordélia continua la discussion, observant la salle de bal avec toutes ces personnes réunies dont certains allaient et venaient du buffet. Le commandant glissa la terrine vide sur le bord de la table où étaient empilés d’autres, puis piocha un met au hasard – celui-ci possédait du caviar – avant de l’engloutir, se rendant compte que c’était assez spécial.





《 - Vous êtes rassuré ? 》

Il voulu lui répondre, mais encore étourdi, aucun son ne voulu sortir de sa bouche, se rendant compte qu’il hésitait à lui dire la vérité. Après tout, il passait pourquoi à pleurer la misère du monde parce qu’il ne souhaitait pas être là. Quel égoïsme, ses soldats ne souhaitaient pas être là non plus, mais contrairement à lui ils n’étaient pas autant affichés. Le moindre geste de travers et tout était fichu pour l’inquisition, et Cullen devait porter ça sur les épaules ce qui le mirent dans un état de stresse assez conséquent. Et le pire dans cette histoire c’était qu’il avait la forte impression que la jeune templière avait remarqué son malaise.





《 - Rassuré… C’est un bien grand mot, vous savez. Je m’y accommode on va dire 》

Il se retenait de parler d’une quelconque affaire militaire, bien que cela l’aiderait à se détendre. Après tout, Cordélia avait affaire : elle devait gérer les équipes qui patrouillaient dans les alentours. Il savait pertinemment qu’elle allait bientôt faire sa ronde, et il se préparait psychologiquement à se retrouver à-nouveau seul d’ici quelques instants.

D’ailleurs, un noble ne tarda pas à venir vers elle pour réclamer son attention pour une affaire visiblement importante. Cullen ne comprenait pas, mais se fit petit assez rapidement pour la laisser faire son « travail », se contentant de sourire quand elle parti avec lui. Si ses hommes allaient passer leur temps à satisfaire les moindres désirs des nobles il les plaignait d’avantage. Il profita de sa solitude pour rejoindre les barrières et observer la piste de danse, vu de l’étage du dessus. S’il ne pouvait pas passer son temps avec son garde à cause de broutilles il fallait qu’il se trouve des alliés. Mais comme un manche, il ne savait pas trop qui aborder, car ils étaient pour la plupart soit nobles, soit esclaves dans cette pièce.

Mais soudain la musique s’arrêta, et l’attention se tout le monde se focalisa sur Mellissandre et Joséphine qui visiblement allaient ouvrir le bal ensemble. Assez étonné, le Commandant entendit alors non loin de lui des nobles se demander pourquoi ce n’était pas lui qui ouvrait le bal avec elle ?

Très bonne question, mais Joséphine pouvait aisément remplir cette fonction à sa place, ayant l’habitude de briller dans la noblesse Orlésienne. Et puis le Commandant ne savait absolument pas danser, ce n’était pas une place pour lui, surtout sur une musique aussi rythmée. C’était pourquoi il avait prévu de refuser toutes les danses qu’on lui proposerait dans la soirée. Mais le spectacle restait grandiose, et lui en ressortait bouche-bée : Mellissandre avait une grâce incroyable et Joséphine une technique impeccable. Il n’osait même pas imaginer s’il avait dû faire l’entrée à la place de sa comparse. Et rien que de voir le nombre d’applaudissement à la fin il n’en croyait pas ses yeux. Il y avait eu une telle complicité entre ces deux femmes que certains se demandaient si leur relation était uniquement professionnelle. Finalement, il se félicitait d’avoir refusé être son cavalier. Il ne manquait plus que des rumeurs à Tevinter pour couronner le tout.

Le spectacle terminé, les couples s’élancèrent à leur tour sur la piste de danse, Cullen continuant de les observer quelques instants avant de repartir tranquillement vers les buffets. Là, une noble s’approcha de lui, n’hésitant pas à lui faire la discussion sur ce qu’ils venaient de voir avec Mellissandre et l’ambassadrice.





《 - Quel dommage que ce ne soit pas vous qui ayez dansé… 》





《 - Navré, je suis blessé j’ai dû décliner l’offre, bien qu’honorable. 》





《 - Oh, vraiment ? 》

Il se demandait s’il était utile de préciser ce genre de détail, mais cela suffirait probablement à refouler une demande de sa part, maintenant que le bal était ouvert. Il se contenta de lui faire un sourire légèrement embêté, soulignant une sorte de regret, alors qu’au fond il était soulagé d’avoir trouvé cette excuse – qui datait de cette histoire de mage du sang – et qui allait le sauver plusieurs fois durant la soirée.





《 - Oui, j'ai dû régler une fâcheuse affaire il y a deux semaines et j’ai eu une méchante blessure à la jambe, alors je fais attention. 》

Il disait cela d’un naturel, il ne s’en rendait même pas compte. Mais tout en racontant son histoire qu’il estimait inutile, la noble était particulièrement accrochée à ses mots. Il s’en rendit compte quand il eut fini de choisir un met sur le buffet et qu’il releva les yeux vers la bonne femme.





《 - Oh, vous faites votre travail de Commandant sur le terrain parmi vos troupes ? J’ai entendu dire que c’était une bonne manière de rendre la cohésion de groupe incroyable. 》





《 - ça l’est, les troupes ont en besoin pour leur motivation personnelle et même moi, j’ai besoin de voir autre chose que la paperasse sur mon bureau. Je m’entraîne avec eux quand je le peux, il en va de soit que je dois me soucier que leur entraînement soit impeccable. 》

Il parla quelques instants avec elle ainsi, à échanger sur le maniement des armes, alors qu’à Tevinter la magie était d’avantage plus courante. La noble le remercia pour l’attention portée à son égard ainsi que ce petit échange avec lui qui l’avait bien plu, puis s’en alla. Le Commandant se demanda si finalement il ne s’était pas améliorer en discussion… Et puis, pour une fois qu’une femme ne s’intéressait pas qu’à la séduction cela faisait toujours plaisir.

Entre temps, une autre femme s’était approchée de lui, un verre à la main, qu’elle tendit visiblement pour lui. Mais il se rappela de ne jamais accepter ce genre de propositions et Joséphine avait clairement répété cela à plusieurs reprises.





《 -  Ecoutez, c’est gentil, mon verre se trouve juste ici. 》

Il désigna un verre lambda du doigt posé au coin du buffet, qu’un noble avait dû laisser là. Pour preuve le contenu était encore à moitié rempli et le Commandant lui fit bien comprendre qu’il souhaitait terminer son premier verre avant d’en prendre un second.





《 - Roh, allez, vous n’allez pas carburer au champagne toute la soirée, tout de même ? 》





《 - Allons, Dame Lidius, je sais que les affaires vont mal mais vous ne songez tout de même pas à vous reconvertir en domestique pour ainsi servir à boire ! 》

Il n’eut pas le temps de répondre, quelqu’un d’autre l’avait fait. Et en tournant la tête, il vit alors cette fameuse personne entrevue la veille qui s’approchait de lui, un grand sourire bienveillant sur les lèvres.





《 -  Vous... ? 》

Il y avait plein de filles qui attendaient leur tour pour lui parler, mais quand cette femme était arrivée, toutes se résignèrent et reprirent leurs occupations initiales. Maintenant seul avec elle, Cullen l’admira dans un premier temps, observant le coquelicot qu’elle arborait avec grand intérêt. Une plante connue pour pousser dans les grandes étendues herbeuses.

Et finalement, elle se présenta, effectuant alors une révérence courtoise puis tendit la main vers lui pour lui réclamer un baise-main.





《 - Magister Maevaris Tilani pour vous servir Commandant, Dorian m'a beaucoup parlé de vous 》





《 -  Un véritable plaisir de vous rencontrer, Dame Tilani. 》

C’était donc cette personne qu’il avait rencontrée la veille dans le restaurant, et étrangement il s’y attendait quelque peu. Maevaris était une femme fascinante et il en était pas moins heureux de l’avoir de son côté vu comment elle avait fait partir les innombrables personnes qui lui tournaient autour depuis le début du bal. Il fut cependant étonné qu’elle lui offre la fleur qui ornait ses cheveux, comme s’il y avait une signification là-derrière. Dorian était un partisan du langage des fleurs, mais ne lui en avait jamais expliqué les significations.





《 - Avoir discuté avec moi devrait vous assurer un peu de tranquillité… Enfin, j’espère pour vous 》





《 -  Je constate les bien-fais de votre présence en effet. 》

Un esclave passa avec un plateau de verres de vin,  et les deux invités se servirent durant son passage avant que Maevaris se retourne et lui désigna un homme tout d’armure vêtu qui avait d’ailleurs déjà tapé à l’œil du Commandant à plusieurs reprises.





《 - C’est le grand général des armées de Tévintide, Maximus. Il déteste les bal presque autant que vous mais il a compris depuis longtemps que c’était un mal nécessaire. Il sait qu’il doit venir pour que les magisters fassent des donations à l’armée. Je pense qu’il vous appréciera, vous pourriez peut-être le convaincre...  》




《 - Convaincre le général d’une armée aussi puissante que la votre ? De quelle manière ? 》





《 -  Flattez le sur ses capacités, montrez que vous êtes bien viril et vous l’aurez dans votre proche 》





《 -  Cela paraît simple à première vue. 》





《 - Sinon, vous pouvez user de votre charme sur dame Cremonia, son mari est totalement apathique, il fait ses quatre volonté mais il s’est montré très hostile contre l’Inquisition, c’est un bon moment de...  》

Elle s’interrompit, regardant par-dessus l’épaule du Commandant qui n’osa même pas se retourner pour vérifier ce qui se passait. Puis la Magister lui afficha un regard presque désolé souligné d’un chaleureux sourire.





《 - On reprendra plus tard, il semblerait que dame Alirius veuille vous parler… soyez prudent  》

Ne lui dites pas que Mellissandre la menaçait du regard pour le libérer, il n’avait absolument pas envie de lui parler maintenant. Et puis, le Baron avait spécifiquement averti qu’il serait délicat de rester seul ensemble durant cette soirée, pour éviter d’élever des soupçons du père et créer des scandales quelconques. Il souffla du nez avant de se retourner et de presque sursauter en voyant qu’il ne s’agissait pas de la jeune Alirius, mais de sa mère. Déjà qu’il suait légèrement à cause de la chaleur, mais là le petit coup de chaud qu’il venait de prendre par surprise n’arrangeait guère son cas.





《 - Bonsoir, Dame Alirius. Quel plaisir de vous revoir. En quoi puis-je vous aider ? 》





《 - Il faut que l’on parle. De ma fille  》

A bien y réfléchir, Cullen ne savait pas vraiment ce qu’il devait se reprocher avec elle. En soit, tout se passait pour le mieux avec Mellissandre et elle effectuait les tâches qu’il lui demandait de faire sans trop de problème. Et ce n’était pas comme si la jeune femme avait été blessée ou quoi que ce soit, elle ne s’en tirait pas trop mal.

Mais vu le ton qu’elle utilisait, ressemblant à une menace, il y avait quelque chose derrière. Est-ce que Mellissandre lui avait parlé de cet échange entre eux chez le Baron ? D’un autre côté, elle ne pouvait pas mentir à sa mère, vu les circonstances de son éducation. La jouvencelle idolâtrait ses parents comme personne ne l’avait jamais fait, il était donc inconcevable qu’elle ne lui en ait pas parlé.





《 - Je vois. Que voulez-vous savoir ? 》

Cullen demeurait calme, luttant d’avantage contre la chaleur que ce petit coup de stresse. En soit il n’avait pas fait grand chose avec Mellissandre et si sa mère soupçonnait que leur petite amourette sans grande histoire se concrétisait elle se fourvoyait.

Il ne se rendit pas compte, mais la musique était devenue plus douce, et moins rythmée. Mais le Commandant ne prêtait peu attention à la musique à ce moment-là. Pour lui la danse c’était hors de question peu importe qui lui demandait ce soir-là. D’ailleurs il ne tarda pas à recevoir une invitation de la part de la mère.





《 - Vous dansez 》

Pas de chance pour le Commandant, il s’agissait plus d’un ordre que d’une demande. Mais toutes les filles aux alentours avaient les yeux rivés sur eux, comme si tout le destin de la fête reposait sur cette ultime réponse que devait donner Cullen. D’ailleurs, même Joséphine le regardait depuis sa position alors qu’elle discutait avec le Baron.





《 - Non, Commandant ne refusez pas… 》





《 - S’il le fait c’est officiellement mon Dieu. 》

Cullen regarda la matriarche au fond des yeux, car elle insistait grandement et souhaitait obtenir sa réponse en retour. Cependant, était-il raisonnable pour lui de lui expliquer qu’il avait une blessure à la jambe pour se sortir de ce mauvais pas. De plus, pourquoi danser, alors qu’elle voulait simplement discuter avec lui. Soudain, il se rappela de ce que lui avait enseigné Joséphine durant l’après-midi qui avait précédé ce bal. Elle lui avait dit que la plupart des discussions privées se jouaient sur la piste de danse, mais il n’avait pas bien compris le sens du terme.

Mais alors qu’il allait lui répondre, son regard glissa derrière Marilia où des nobles s’étaient rassemblés pour visiblement assister à ce qui semblait être une bagarre. En effet, l’un des soldats de l’inquisition – Samhuin – avait défié en duel le chef des armées Tévintides Maximus suite à une discussion entre eux qui avait mal tourné. Cullen démontra une certaine inquiétude à la vue de cette scène et demanda alors à son hôte, en sachant parfaitement que son soldat était moins bon.





《 - S’agit-il d’un combat à mort ? 》

Quelle question, généralement c’était le cas, mais Cullen voulait s’en assurer pour ne pas intervenir pour rien. Il était absolument inconcevable que l’un de ses soldats ne meurent de la sorte, et de plus, pour l’inquisition cela était une très mauvaise publicité, surtout que le bougre se vantait d’être un soldat puissant et imbattable vu les cris qui résonnaient dans la pièce.





《 - Je.. Navré 》

Il n’attendit pas plus longtemps pour partir rapidement rejoindre le groupe de nobles qui encourageaient leur Commandant pour la plupart, mais il était vrai que l’imposant templier qui se trouvait en face de lui ne laissait pas à désirer. Le combat s’annonçait prometteur, et cela ne serait pas le seul de la soirée. Et dans toute cette histoire, la plupart des personnes présentes dans la pièce encourageaient le combat, certains pariant pour le vainqueur et d’autres se contentant de boire comme s’il s’agissait d’un jeu.

Cullen se fraya un chemin parmi les nobles et resta quelques instants en seconde ligne pour observer l’avancement du combat. Au fil de l’affrontement, Maximus démontrait une agilité certaine, esquivant pour la plupart les coups de son rival qui agissait impulsivement. Rien de bien exceptionnel, vu que le templier fut rapidement mis à terre par son adversaire qui était bien plus expérimenté que lui sous les applaudissements des personnes aux alentours.

Samhuin restait à terre, trop étourdi pour se relever aussi rapidement qu’il l’aurait fait d’habitude. Il fallait le dire, le vin tévintide était d’avantage sucré et se buvait presque comme du jus de fruit, il n’avait pas fait attention à la dose qu’il avait ingérée. Mais avant que Maximus puisse l’achever, Cullen poussa les deux nobles qui se trouvaient devant lui pour s’interposer.





《 - Il suffit ! 》

Le tévintide s’arrêta de justesse, la lame arrêtée à plusieurs centimètres de sa cible, avant de se retourner vers Cullen l’air interrogatif.





《 - Ce combat n’est pas terminé, merci de reculer. 》





《 - J’ai dis qu’il suffisait. 》

Maximus, qui tenait encore son épée en main, analysa celui qui venait de s’interposer durant quelques instants puis mit enfin un grade sur cette personne.





《 - C’est donc vous le Commandant de l’inquisition. 》





《 - Lui-même, et j’aimerais savoir en quoi cet homme en était pour quelque chose dans cette affrontement. 》





《 - Celui-là ? Il se plaignait d’être commandé par une femme et n’a pas apprécié que je lui fasse remarquer qu’elle semblait plus douée que lui. 》

A en entendre les plaintes de la bouche de Samhuin il l’avait encore en travers de la gorge. Mais rien de si alarmant. De son point de vue, Cullen ressentait l’envie de Maximus de se frotter à quelqu’un de bien plus fort que ce pauvre soldat. Il trouva alors un prétexte pour impliquer le Commandant Rutherford dedans cette histoire.





《 - Cet homme m’a aussitôt attaqué et provoqué en duel. Vous savez comme moi ce qui implique, et si vous comptez interrompre ceci, vous allez vous déshonorer vous et votre armée. 》

De la provocation pure et dure, mais il s’y attendait. Après tout, il n’avait pas tort, Samhuin serait déshonoré mais le Commandant n’avait rien à faire là-dedans. Cependant cela n’était pas l’avis des nobles qui eux voulaient leur spectacle.





《 - Vous insinuez qu’un duel face à l’impulsivité d’un simple templier suffis à vous satisfaire ? 》





《 - Dans ce cas, divertissez-moi. 》

Suite à ses paroles, il pointa son arme vers Cullen, qui ne bougea pas d’une oreille. La foule se recula d’avantage, alors que d’autres soldats de l’inquisition vinrent récupérer leur camarade qui était à terre. Il comptait sur Cordélia pour lui passer un premier savon, mais en attendant, ce duel était franchement tentant. Combattre un homme aussi imposant et discipliné serait un bon moyen de faire plus amples connaissances.





《 - Je pourrais, mais comme vous pouvez le constater je suis désarmé. 》





《 - Un Commandant n’est jamais désarmé. 》

C’était vrai et il le fit bien comprendre. Mais comme tout chef il était, l’un de ses soldats détenait son arme, et son adversaire le savait. Il fit alors signe à un de ses hommes de lui donner son épée, ce dernier sortant de la foule pour la lui remettre.





《 - Bien joué. 》

Après s’être saisi de l’épée, il la cala contre l’épée de Maximus, faisant crisser les lames l’une contre l’autre suite au choc. D’un geste droit et précis, le tévintide se rendit compte qu’il avait bien fait de provoquer ce duel. Mais les deux hommes jaugeaient la force de l’autre, ne se quittant pas du regard en restant d’une droiture certaine.

Puis, Maximus passa à l’attaque en premier ouvrant les hostilités. Cullen prit le réflexe de parer après une démonstration du maniement de son épée qu’il tournoyait adroitement tout au long de son geste, faisant comprendre à son rival qu’il ne rigolait pas avec le duel. Et dans toute cette histoire, Le Commandant gardait une posture droite, une de ses mains derrière son dos, profitant du fait qu’il n’avait pas d’armure pour jouer sur l’agilité. En plus de son aisance naturelle pour le combat, il décida d’en garder une certaine classe.





《 -  Vous promettez un combat intéressant, ser Rutherford. 》





《 - Ce serait idiot de ma part de ne pas vous offrir un combat signe de ce nom. 》

Dans ce genre de duel, il était simple de remporter la victoire, soit en désarmant son adversaire, soit en le bloquant avec son arme. Et les deux hommes se retrouvèrent rapidement à parer le coup de l’autre, restant ainsi bloqué durant quelques instants, leur lame tremblant à leur confrontation. Pourtant, malgré la situation, ils avaient l’air de beaucoup s’amuser.

PROCHAIN NIV. :
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Posté Lun 16 Oct - 18:27

- Hé !
- On vous a pas appris à laisser un peu d’intimité aux gens dans le Sud ? Espèce de voyeuse !
- D-d-d-
- Barbare Féreldienne !!
- Dé...
- Laissez-nous tranquille !
- Mes plus sincères excuses, m-messieurs dames... !

Cordélia fit volte-face à la vitesse de la lumière, le visage écarlate, alors que le couple dans les buissons continuait à l'insulter de loin. Quelle idée d'avoir suivi ce noble dans les jardins. D'ailleurs, il s'était éclipsé dès qu'il s'était rendu compte que les "bruits suspects" n'étaient en réalité que ceux d'un couple prenant du bon temps. Franchement, ils ne manquaient pas de ressources pour lui faire perdre son temps à elle !
Elle décida d'un commun accord avec elle-même d'effacer toute trace de ce qui venait de se passer de son esprit. Bon sang, quelle perte de temps. Mais bon, elle était obligée de brosser ces nobles dans le sens du poil. Sur le retour, elle croisa un soldat de l'Inquisition. Un chouette type qui faisait du bon travail, mais qui avait tendance à s'ennuyer rapidement.

- Qu'est-ce que tu fais là ? Samhuin était censé être posté ici, demanda-t-elle à Loneric.
- Oui, mais il m'a demandé d'échanger nos tours de garde, je ne sais pas pourquoi. Mais ça ne me gênait pas, alors...

Cordélia laissa un soupir agacé s'échapper de ses lèvres en regardant aux alentours. Qu'est-ce qu'il faisait encore ?

Suivie de Loneric, elle se hâta de retourner à l'intérieur de la salle. Et elle ne tarda pas d'apprendre ce que Samhuin fabriquait. Attablé au buffet avec quelques autres soldats, il lui leva son verre d'un air faussement jovial.
Cordélia fit de son mieux pour masquer son énervement, mais ce n'était pas bien efficace. Elle se fraya un chemin parmi la marée de nobles pour franchir la salle et le rejoindre.

- Un petit verre, Cordélia ?
- Non, merci, répondit froidement la concernée en le fusillant du regard. Vois-tu, Loneric et moi te cherchions. Il serait temps que tu retournes là où tu es censé être.
- Ce n'est pas très amusant. Qu'est-ce que vous en pensez, les gars ? C'est pas mieux ici ?


Les autres soldats approuvèrent les propos de Samhuin d'un hochement de tête. Manifestement, le buffet était très confortable. Bon sang, elle n'avait pas que ça à faire de gérer leurs gamineries en plus de toutes celles de nobles de ce fichu bal.

- Si le buffet te plaît tant que ça, Samhuin, va donc remplacer Anselm là-bas.

Elle pointa du doigt une table où discutaient quelques nobles, au milieu de la salle ou presque. Elle ne pouvait pas le forcer à revenir dans le jardin, mais elle pouvait au moins l'éloigner de ses camarades et le mettre à un endroit où il était plus facile à être surveillé. Samhuin obéit en grommellant.

Après avoir dû retrouver la broche « volée » d'une noble (qu'elle avait en réalité faite tomber sous une table) et indiqué les toilettes à cinq personnes différentes, elle revint dans la salle principale où quelque chose semblait attirer l'attention des invités.

Un petit attroupement s'était formé au milieu de la salle autour de trois personnes : Cullen, un invité, et Samhuin. Ce dernier semblait avoir causé une rixe avec l'invité en question, et vu l'hématome qui commençait à se développer sur son visage, il n'en sortait pas vainqueur jusqu'à ce que Cullen les interrompe. Ce dernier semblait avoir la situation en main... Contrairement à elle. Si elle avait été dans la salle, elle aurait pu empêcher cela.
Pour éviter de déshonorer les hommes de l'Inquisition, le Commandant venait de défier l'invité à un duel. Elle serait bien restée là pour regarder, mais des affaires plus pressantes l'attendaient.

Les deux gardes du buffet avait regardé avec attention l'amorce du duel entre Samhuin et le militaire Tévintide, admiratifs du courage insensé de leur collègue et de son état d'ébriété; cependant, ils pâlirent vite à l'approche de Cordélia. Elle brava leur regard et tenta d'appliquer les conseils du Commandant.

- Revenez à vos places respectives, s'il vous plaît. Je comprends que ce soit frustrant de devoir faire des rondes alors qu'on pourrait tous en profiter, mais c'est l'image de l'Inquisition qui est en jeu.

Les soldats la fixaient, l'un d'eux ayant toujours un verre de vin figé à quelques centimètres de sa bouche.

- Sauf si, bien entendu, vous voulez subir le même sort que Samhuin.
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Posté Mar 17 Oct - 21:34
La foule se mit soudainement en branle alors que les danses commençaient, entraînées par celle de Mélissandre et Joséphine. Déjà, Solas entendait les invités jaser et commenter avec plus ou moins d'approbation le spectacle hautement original qu'on leur offrait. Cela collait néanmoins assez bien avec le message qu'ils voulaient transmettre : l'Inquisition n'était pas une organisation comme on n'avait de cesse d'en voir de part le monde. Ils étaient différents, respectueux des traditions mais également capables d'en jouer : rien n'interdisait à une femme de danser avec une autre, et plutôt que de rester de côté et de laisser la place à un homme, l'ambassadrice avait assuré le spectacle. En voyant les diverses réactions autour de lui, Solas eut un bref sourire satisfait, avant de se remettre à chercher Cullen du regard.

Il ne fut guère difficile de le retrouver : il suffisait de se concentrer sur les groupes de femmes. Le vieil elfe avait en effet remarqué que leur commandant avait une nette tendance à attirer les regards de ces dames – et de quelques uns de ces messieurs également – qui s'étaient organisé en sa petite cour personnelle, à moins qu'il ne s'agisse d'une arène dans lesquelles ses prétendues prétendantes combattaient à coup de mots afin de savoir laquelle s'attirerait ses faveurs. En tous les cas, il était évident, à en juger par son regard qui appelait au secours, que Cullen aurait donné cher pour être ailleurs, et Solas s'apprêtait à lui fournir un moment de calme – en lui expliquant qu'il allait tuer quelqu'un, certes, mais...

Son déplacement et ses réflexions furent interrompus par une jeune elfe qui s'approcha de lui. L'extrême majorité des gens ici présents auraient poursuivi leur route, n'ayant même pas remarqué la présence d'un être aussi bas, mais Solas, lui, stoppa immédiatement et la regarda d'un air curieux. Elle était élégamment vêtue, trop pour être une simple domestique, mais pas assez pour être autre chose qu'une esclave, une jolie possession que l'on exhibe aux yeux libidineux de la noblesse. Et jolie, elle l'était. Ce qui interpella Solas était plutôt le fait qu'elle faisait particulièrement en sorte de l'être.

Sa tentative de séduction maladroite ne rencontra qu'un visage neutre aux sourcils légèrement froncés, mais il l'écouta parler sans l'interrompre, à la fois curieux et inquiet de savoir ce qu'elle avait à lui dire. Il n'eut guère de mal à la reconnaître, l'ayant croisée aux côtés du fameux Auguste le jour de leur arrivée. Il n'avait pas oublié son visage, ni la volée de coup qu'elle avait reçu après que son maître se soit fait éconduire par la mère de Mélissandre. Et à en juger par le regard désespéré de la jeune femme, elle ne l'avait pas oublié non plus.

Le visage neutre mais le cœur rempli d'horreur, Solas resta silencieux à la fin de sa supplique, considérant ses options. Il était là pour tuer l'esclavagiste, mais libérer cette jeune femme était difficilement conciliable avec cet objectif : Auguste mort, ses possessions seraient transmises à son frère, ou à un membre de sa famille selon les lois en vigueur à propos de l'héritage. Or, son esclave était sa propriété.

Il baissa les yeux vers l'esclave désespérée, et les releva immédiatement en voyant que son maître s'approchait d'un air agressif, la saisissant immédiatement par le poignet en se mettant à l'invectiver. Ses manières semblaient même agacer certains des invités, mais bien évidemment, ils ne dirent rien. Ce petite écart de conduite, la jeune fille allait le regrettait, qu'ils soient en public ou non, et si c'était ainsi qu'il traitait les esclaves qu'il montrait à ses pairs, l'idée de ce qu'il infligeait à ceux que personne ne voyait pouvait donner des frissons.

Solas s'avança, serein. Il bouillonnait de rage, mais il lui en faudrait bien plus pour lui faire perdre contenance : il avait mené une guerre contre des esclavagistes aux pouvoirs divins durant des siècles, ce n'était pas un petit roquet – même pas mage – qui allait le mettre en boule.

« Milles excuses, s'excusa-t-il en s'inclinant très légèrement mais sans le quitter des yeux, c'est ma faute. Je souhaitais m'entretenir avec vous, mais comme vous étiez occupé, j'ai jugé plus avisé de passer par votre valet. Il aurait été impensable qu'un elfe ose interrompre la discussion d'un magister. »

Son prétendue contrition ne dupait personne, et ce n'était d'ailleurs pas son but. Il avait choisi ses mots pour être le plus insultant possible sans manquer à la moindre règle de politesse. Il avait qualifié son esclave de valet, la désignant comme une employée et non un objet, avait refusé de baissé les yeux et, comble du mépris, avait déclaré ne pas vouloir couper la parole à un magister, sous entendant le peu de valeur qu'il accordait à la sienne.

Un peu plus loin, il semblait y avoir un début d'agitation, mais Solas n'y prêta guère attention. Peut-être ne serait-il pas le premier duelliste de la soirée après tout.

« Je vous épargne le fardeau de vous présenter, poursuivit-il avec un sourire aimable. Après tout, je sais déjà qui vous êtes. Pour ma part, je suis Solas, représentant et conseiller magique de l'Inquisition, spécialiste de l'Immatériel et Somniari. C'est un honneur d'enfin pouvoir vous rencontrer. »

Il ne s'inclina pas. C'était à ceux d'un rang inférieur de le faire en premier après tout.
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Posté Jeu 19 Oct - 12:24
- - Scipio - -

Assez étrangement, Octavius n’avait pas songé que son fils se montrerait si colérique. A ses yeux, il faisait preuve d’une grande magnanimité en allant lui parler, Scipio aurait dû être heureux et reconnaissant mais non, il le rejetait les dents serrés.

« Ne me parle pas sur ce ton », siffla-t-il en contrôlant sa voix pour éviter de mêler la foule à ses histoires de familles. On voyait bien que ce n’était pas lui qui l’avait élevé, jamais Mellissandre ne lui aurait montré si peu de respect. Il était sûrement trop tard pour jouer les éducateur mais cela restait son fils, il n’avait pas pu s’en empêcher.

Le Créateur a parfois un drôle de sens de l’humour, se fils caché, renié, qu’il avait oublié, il le considérait malgré tout comme son sang. Il avait voulu être indifférent mais il ne l’était pas. Ce qui lui restait de conscience l’avait poussé à venir lui parler malgré les dangers ou l’étrangeté de la situation.

Fermant les yeux pour retrouver sa contenance, son visage s’adoucit, plein de mélancolie. Il n’était pas là pour se fâcher et cela le rendait sincèrement triste d’imaginer Flavia brisée et aigrie. Elle qui fut une femme magnifique pleine d’assurance mais plus douce et vivante que sa femme. Il avait coulé des jours heureux dans ses bras et ces agréables souvenirs s’étiolaient désormais pour une image caricaturale d’une femme bafouée.

« Je l’ai fais pour vous protéger », ajouta-t-il finalement d’une voix plus apaisée. L’excuse était facile, mais elle n’était pas dénuée de vérité. « Le nom Alirius n’est pas qu’une bénédiction… Si Marilia avait appris votre existence vous seriez morts tous les deux », ajouta-t-il avec conviction, sincèrement persuadé que c’est le sort que sa femme leur réservait.

D’ailleurs, comme si prononcer son nom avait pu la faire apparaître, Octavius lança un regard oblique à son épouse qui parlait au Commandant. Personne ne se préoccupait d’eux, persuadé qu’ils ne parlaient que de gestions culinaires. Malgré tout, cet entretiens ne pouvait pas se poursuivre indéfiniment…

Comme un signe du Créateur, une rixe éclata soudain avec le général Maximus, créant rapidement une foule de curieux dont il devait s’occuper.

« Je sais que je ne peux pas rattraper tout le temps perdu, mais ne crois pas que je ne pense jamais à vous... », souffla-t-il finalement, décidant de laisser son fils digérer la nouvelle. Il serait encore temps de se reparler avant le départ de l’Inquisition, Scipio avait besoin de digérer.

- -  Cullen - -

Elle le sentait nerveux – mais qui ne l’aurait pas été – pourtant il garda son sang froid, feintant la plus parfaite innocence, l’incompréhension, l’invitant à parler en premier. Peut-être qu’il était plus subtile qu’elle ne l’avait envisagé… Pour autant, elle était loin d’en avoir finis avec lui. Elle pouvait jouer toute sa partie sur le bluff sans problème, pas besoin de preuves pour menacer quelqu’un et lui passer l’envie de chanter la sérénade à sa précieuse et un peu trop naïve jeune fille.  

Mais encore une fois, il s’esquiva. Un combat avait éclaté et il s’en servit comme prétexte pour filer. Marilia n’était pas dupe, elle savait qu’il n’attendait que ça, une opportunité de se défiler mais elle pouvait difficilement l’en empêcher dans la mesure où un membre de l’Inquisition était concerné. Peut-être que le Créateur était bien avec lui finalement.

A charge de revanche, Marilia n’était pas vraiment contrarié, retournant dans le fleuve tranquille que constituait sa vie, elle sourit magnanime.

« Je vous en prie », l’excusa-t-elle alors qu’il fendait la foule, ne daignant pas s’intéresser au combat qui s’en suivait, préférant boire nonchalamment un verre.



- - Cordelia - -

Le départ de Samhuin qui découvrait une autre table plus exposé calma le reste des hommes qui reprirent une attitude beaucoup plus digne de leur rang. Ils partageaient la défiance de leur ‘chef’ envers la jeune femme mais ils n’avaient pas la motivation d’agir par eux même. Quelque part la droiture de la templière avait quand même quelque chose d’inspirant, tout comme sa patience. Ils la croyait faible et pourtant elle supportait leur mesquinerie avec une certaine dignité. Lentement mais sûrement, elle remontait dans leurs estime, et l’un d’eux l’aida même à retrouver une broche volée.



- - Solas - -

L’elfe bredouilla quelque chose d’inintelligible qu’Auguste ne trouva manifestement pas satisfaisant. Il était loin de se douter de l’audace de son esclave, il ne souhaitait sanctionner que son manque de respect et c’est pourquoi il leva la main pour asséner une gifle. Toutefois, il stoppa son geste quand Solas s’approcha, détournant son attention.

Finalement, elle avait une bonne excuse.

La tranquille assurance qui se dégageait de lui le laissait méfiant mais il était trop orgueilleux, trop habitué aux elfes obséquieux pour sentir l’insulte dans ses propos. Son regard posé sur Solas, il oublia son ‘valet’ pour écouter les présentations officielles. Légèrement déstabilisé par les titres prestigieux qu’il étalait. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il ne s’attendait pas à ça. Quand il avait aperçu l’elfe dans le quartier des dignitaires il s’était imaginé que c’était un esclave ou éventuellement un bureaucrate qui suivait la diplomate mais non. Il réalisait soudainement qu’un elfe avait dormis dans une chambre privilégiée, un étage au dessus de lui. Autant dire que cela ne le mettait pas dans de bonnes dispositions.

Pourtant, hypocrite jusqu’au bout des ongles, il inclina légèrement la tête en guise de salutation. Il s’était plus ou moins invité à ce bal mais il ne souhaitait nullement contrarié les Alirius. Aîné d’une famille richissime son absence de don pour la magie l’avait toujours contrarié mais s’il pouvait créait une alliance, enfin il aurait la reconnaissance de sa famille au détriment de son frère. Rien que pour voir son cadet obligé de le féliciter cela valait le coup, et puis franchement, Mellissandre était physiquement à son goût, il n’aurait pas à se plaindre…

« C’est un plaisir de faire votre connaissance Solas », répondit-il, prenant pour un compliment de ne pas avoir à se présenter à nouveau.

« De quoi vouliez-vous vous enquérir ? », demanda-t-il en jetant un regard à son esclave qui avait probablement déjà eu cette conversation. Après tout, si Solas voulait lui parler, ce n’était probablement pas pour rien. Au delà de son mépris, Auguste commençait à envisager d’autres perspectives. Si l’Inquisition était si proche des Alirius, peut-être qu’il pouvait utiliser ses membres pour se rapprocher de Mellissandre et de ses parents ?

C’est donc avec bienveillance qu’il l’écouta, pris au dépourvu par les éclats de voix un peu plus loin. Le général Maximus se battait avec un membre de l’Inquisition.

Même s’il n’était pas mage, il détestait les guerriers et il ne pu s’empêcher de soupirer.

« Tous des barbares... »



*************




Cullen n’était pas la seule personne victime de son succès. Maintenant que le bal était ouvert, Mellissandre recevait tellement d’invitation à danser qu’elle ne semblait plus quitter la piste, si accaparée par ses devoirs d’hôtesse qu’il en devenait difficile de materner ses compagnons, enfin, heureusement sa mère était semble-il venu en aide à Cullen.

Après avoir tournoyé une énième fois avec autant de sensualité que d’élégance, Mellissandre salua son partenaire pour se retrouver aussitôt dans les bras d’un autre qui attendait patiemment son tour. Ses pieds étaient déjà en feu malgré ses chaussures souples, le joli tintement de ses dorures commençaient à lui taper sur les nerfs au moins autant que la conversation de ses cavaliers et pourtant elle gardait un sourire étincelant, acceptant poliment les invitations et rivalisant toujours de grâce pour rendre le spectacle inoubliable.

Charmante et charmeuse, elle s’assurait prestement du soutient de chacun de ses cavalier en gardant une impeccable réserve policée qui la rendait inaccessible – et donc encore plus attirante. En sommes tout se passait pour le mieux quand des éclats de voix retentirent malgré la musique qui régnaient sur les lieux.

Curieuse, Mellissandre tourna la tête, ses jambes effectuant machinalement les pas qu’elle avait effectué mille fois, mais malgré ses réflexes incorporée elle faillit se figer en comprenant ce qu’il se passait.

Le Commandant se battait avec le général Maximus. Vu la foule qui se pressait autour d’eux c’était difficile de voir l’avancement du combat mais les quelques mots enthousiastes des spectateurs et les ombres qu’elle avait aperçu entre deux épaules ne laissaient aucun doute sur la situation.

Tiraillée entre les convenances et son désir de rattraper une situation infiniment délicate, Mellissandre décida de prendre le risque de contrarier son cavalier en mettant fin à la valse avant son terme. C’était d’une extrême impolitesse mais elle ses excuses mielleuses et ses petits yeux implorants et contrits eurent tôt fait de convaincre son partenaire qui se montra magnanime et la rapprocha du bord pour qu’elle puisse se glisser dans la foule.

Glissant avec agilité parmi les badauds elle capta quelques conversations qui en disait long sur le spectacle : les invités avaient attendu toute la soirée qu’il se passe quelque chose. Après tout, un dicton voulait qu’un bal soit ennuyeux s’il n’y avait pas au moins un mort…

« Je paris 15 pièces d’or sur le général Maximus, il a l’expérience de son côté »
« Tenu, le Commandant Cullen a la fougue de la jeunesse ! »
« C’est vrai qu’il est impressionnant, vous savez qu’il est blessé à la jambe en plus... »
« Nooooon ? »
« Siiii ! »
« Tout de même, se battre comme des chiffonniers au beau milieu d’un bal… Les hommes sont vraiment des brutes. Cela ne me surprend pas de la part de Maximus, mais je pensais le Commandant plus raffiné... »
« J’imagine qu’on ne peut pas changer sa nature de barbare... »
« Et puis vous avez vu le tapis ? S’ils mettent du sang là dessus, il sera fichu »
« Ah oui, ça serait terrible en effet »

Quolibet après quolibet, Mellissandre réussit à reconstituer approximativement le déroulement des événements. Apparemment, il s’agissait d’un duel initié par Maximus à cause du comportement inapproprié d’un soldat, Cullen s’étant interposé avant que son homme finisse découpé. Heureusement qu’elle avait demandé les plus présentables, sinon elle n’osait pas imaginer ce qui serait advenu…
D’un excellent niveau tous les deux, les deux hommes offraient un combat fort captivant mais Mellissandre ne comptait pas laisser s’écouler une seule seconde de plus. Elle n’avait aucune envie de voir l’un des deux s’écroulait brusquement mort – et gâcher ce tapis qui était effectivement très joli.

Ces deux imbéciles n’avaient manifestement aucune idée des conséquences de leurs actions. Si le sang était versé – même accidentellement, cela risquait de mettre leur alliance naissante en péril. Tant de suspicion pouvait naître d’un geste malencontreux… Une âme malveillante pourrait aisément faire tourné un bal mondain en massacre si l’opportunité était donné.

« Il suffit ! », dans un ironique mimétisme, la voix de Mellissandre tonna, renforcée par le grondement d’un éclair qui s’abattait entre les deux combattants pour les forcer à reculer. C’était des guerriers aguerris, elle savait que sa petite frappe qui faisait plus de bruit que de mal ne les effleureraient même pas. Mais cela lui permettait de s’immiscer entre eux sans se prendre un coup d’épée perdue.

Magnifique dans sa fureur outragée, elle fusilla du regard les deux protagonistes avant de tourner le dos à Cullen pour régler son compte à Maximus en premier.

« Ce duel n’est pas finis Ma Dame », s’offusqua aussitôt ce dernier loin de se démonter.

A voir leurs sourires, ils passaient le meilleur moment de la soirée depuis le début du bal et elle se sentait presque coupable de leur voler leur petit plaisir mais n’en déplaise à leurs pulsions masculines, ils étaient ici pour la diplomatie.

« Ce duel n’a pas lieu d’être », répondit sobrement Mellisandre, si impérieuse qu’une partie de la foule opina bêtement. Puisqu’elle le disait avec tant de conviction, ça devait être vrai.

Frustré par son insistance, Maximus désigna dédaigneusement du menton Samhuin qui peinait à se relever encore un peu hébété par le combat et le vin.

« Ce soldat m’a insulté et m’a défié », rappela-t-il drapé dans ses excuses.

« Allons bon, vous vous abaissez à répondre à toutes les provocations des soldats impulsifs ? », répliqua aussitôt Mellissandre avec un sourire narquois. Touché. On pouvait déguisé ça en question d’honneur mais il avait juste profité de l’occasion pour se divertir et se battre un médiocre troufion n’avait rien de digne. Même s’il avait troqué le petit merdeux contre le Commandant.

« De plus, dois-je vous rappeler qu’un duel en bonne et dû forme suppose une équivalence de titre que des étrangers – aussi noble de coeur soit-ils – n’ont pas ? Un combat en dehors des règles n’est qu’un vulgaire règlement de compte et c’est indigne de vous... », le morigéna-t-elle avec un air de maîtresse d’école qui dispense son savoir avec sévérité. Bien entendu, il n’avait pas réfléchis à ce genre de subtilité législative…

Le droit Tévintide remontait à plusieurs millénaires, tellement de lois, de règles et de décrets avaient été oubliés et moisissaient dans la bibliothèque du palais de l’Archonte. On les brûlait où on les brandissait avec fierté selon les humeurs et les envies. Etre magistrat était un poste plein de péripétie et de responsabilités. On pouvait passer sa vie dans les vieux rouleaux à relire des édits centenaires pour qu’un Magister puisse le ressortir comme une évidence dans une session du conseil. Mellissandre était loin de maîtriser toutes les subtilités de la législation, mais elle avait l’art de la rhétorique pour appuyer sa conviction, et une tradition désuète qui sacralisait la hiérarchie avant tout pour la soutenir. Après tout, cela aurait effectivement été illogique qu’un soporati provoque en duel un altus pour son bon plaisir… L’équivalence des titres devenait une évidence pour des dizaines de gens qui ne s’étaient même jamais posé la question sur leur pratique… Enfin, sauf là fois où ils avaient dû échapper à un duel problématique…

Pour l’instant, elle avait repris la main en accusant Maximus de ne pas respecter les règles – que des étrangers ne pouvaient savoir, l’incident était donc pleinement sa faute – mais elle savait bien que cela le rendait plus instable. La frustration, l’envie de défendre son honneur pouvait le pousser à négocier, pinailler, nier… Il fallait qu’elle le fasse courber l’échine avec toutes les grâces officielles que cela supposait.

«  En outre, se sont MES invités, en MA demeure, sous MA protection…. », rappela-t-elle avec force d’emphase tandis que la foule amusé commençait à comprendre. « Si vous avez un problème, c’est avec moi que vous devez le régler », conclu-t-elle finalement pour les deux du fond qui n’avait pas compris où elle venait en venir. Le raisonnement était imparable et Maximus serra le pommeau de son épée, contrarié.

« Alors, souhaitez-vous me défier en duel, Général ? », insista-t-elle en le regardant dans les yeux malgré l’impressionnante différente de carrure.

Elle était mage, mais à la vérité elle n’avait aucun désir d’affronter Maximus. C’était un guerrier terriblement dangereux et même s’il ne possédait pas les talents d’un templier il avait suffisamment de ressource pour parvenir à la battre. Mais… elle était une Alirius en sa demeure. Sa mère qui n’avait pas daigner s’intéresser à la situation, apparut subitement à l’orée de la foule comme par enchantement, lançant un sourire désabusé au Général qui se crispa sur son épée en feignant de ne pas être trop contrarié.

S’il égratignait Mellissandre, cette vipère de Marilia lui ferait payer au centuple à la moindre occasion. Officiellement, elle n’avait pas le droit de se venger, mais officieusement elle pouvait couper encore une partie des gracieuses subventions qui alimentaient la guerre à Séheron, mettre son pire ennemi à un poste haut placé ou faire assassiner le chiot pour lequel il s’était pris d’affection et qu’il gardait secrètement dans ses quartiers.

Il y eu un long silence troublé par les bruits discrets de la foule qui piétinait et commentait la scène, puis finalement Maximus reprit la parole. L’offense – il ne se souvenait même plus de quoi il s’agissait exactement – n’était pas si grave, il n’aurait de toute façon plus sont exaltant combat avec le Commandant. En sommes, il n’en retirait que des ennuis.

« Non, ma Dame, pardonnez mon impulsivité », s’excusa-t-il finalement en s’inclinant docilement, un sourire crispé aux lèvres. Après tout, un simple soporati ne prenait pas une fonction si prestigieuse sans savoir faire quelques rond de jambes. C’était un fin stratège, il savait quand battre en retraite.

Imperceptiblement soulagée, Mellissandre, hocha la tête, quittant son air grave pour reprendre ses manières policées, tel un ciel d’été qui reprend son bleuté après un orage éphémère. Son regard se posa sur Samhuin qui s’était enfin redressé en titubant. Maintenant elle le reconnaissait et elle dû faire tous les efforts du monde pour garder son sourire.

« Notre ami ici présent a semble-t-il un peu abusé de l’alcool mais comment lui en vouloir de s’être un peu laissé emporté… Le vin tévintide est le meilleur du monde après tout », glissa-t-elle avec nonchalance tandis que la foule opinait avec des petits ricanements. On se moquait gentiment du barbare happée par la sophistication de leur société, l’offense était officiellement lavée, l’affaire était close.

Enfin, Mellissandre était décidée à saisir la moindre opportunité et elle profita donc de l’attention qui avait éclos pour glisser un de ses innombrables discours inspiré qu’elle servait depuis son arrivée.

« La paix et la coopération est un idéal bien difficile à atteindre », commença-t-elle avec un air de connivence qui transformait ce lieu commun en perle de sagesse que tout le monde ne pouvait qu’approuver. « Mais, quand j'ai vu ces deux guerriers s’affronter, je n’ai pu m’empêcher de songer quel spectacle grandiose ils offriraient s’ils se battaient cote à cote… Et je me rappel à quel point il est important de faire de notre mieux pour atteindre cet idéal », conclu-t-elle avec emphase sous des applaudissements modérés mais sincère.

L’image était belle en effet. Les deux guerriers avaient démontré leur talent durant ce cours interlude – il y avait au moins quelque chose de bon à retirer de leur impulsivité – ils incarnaient chacun un idéal guerrier.

La pression étant retombée, la foule retourna à ses occupations, laissant Mellissandre gérer le reste des protagonistes. Après un profond regard méprisant à Samhuin qui avait au moins la décence de ne plus trop faire le malin, elle fit signe à un de ses gardes personnel de s’approcher et ordonna en tévintide qu’il soit enfermé dans une chambre le temps de dégriser. Il était hors de question de l’avoir encore dans les pieds pour la soirée : c’était assez facile de trébucher comme ça.

Puisque l’heure était au remontrance, elle jeta un regard courroucé à Cordelia qui avait fort heureusement réussi à calmer les autres.

« Je ne tolérerais plus aucun comportement de ce genre compris ? S’ils ne sont pas capable de se tenir tranquille mettez les dans les jardins », siffla-t-elle à son encontre. Elle était la chef de la sécurité, c’était à elle qu’incombait de surveiller ses hommes. Clairement, elle rejetait une partie de l’incident sur ses épaules mais si sa réplique avait bien des airs de menaces, celle-ci était creuse. Seul Cullen avait le pouvoir de la sanctionner mais elle pouvait toujours rendre le reste de leur séjour infiniment pénible.

En parlant du Commandant, c’était à son tour de se faire morigéner, et Joséphine semblait s’être joint à elle pour sonner les cloches. Manifestement, Mellissandre était furieuse.

« Vous avez quel âge franchement ? Vous battre avec le général en plein milieu d’une salle de bal ! Vraiment… vous… ! »

Elle en perdait ses mots. Malheureusement pour lui, il ne l’avait pas mise de bonne disposition en refusant de porter le cadeau qu’elle s’était démenée pour lui offrir afin de rendre le bal moins pénible pour lui. Oui, elle n’avait pas oublié.

Mellissandre soupira, résistant au désir de se masser les tempes car ce n’était pas très élégant.

« Réfléchissez un peu au conséquence avant d’agir », asséna-t-elle finalement avec lassitude en le regardant dans les yeux. Un mélange de résignation, de colère, de mélancolie et d’avertissement, elle ne faisait pas allusion qu’à ce geste impulsif mais aussi à celui qu’il avait eu deux semaines plus tôt.

« Il faut tout de même reconnaître qu’il a au moins sauvé la vie d'un membre de l'escorte, cela aurait pu poser de grave problèmes... », le défendit Joséphine, tentant d’arbitrer le conflit même si elle trouvait effectivement qu’il avait eu tort de résoudre la situation ainsi. Elle ne pouvait pas savoir que ses reproches s’étendaient au-delà.

Ah, sauver ce crétin insupportable et indigne…. Mellissandre s’apprêtait à rajouter quelque chose, mais ses mots se perdirent tandis que la salle se figeait une nouvelle fois.

« Sa Majesté impériale, l'Archonte Radonis ! »


Cette annonce soudaine n'avait de sobre que son nombre de lettres. Il était la seule personne dans tout Tevinter dont on ne mentionnait pas les parents dans le titre : un Archonte ne se définissait pas en fonction de ses géniteurs ou prédécesseurs. Il brillait par son propre règne, par la façon dont il façonnait l'Empire ainsi que le magisterium. Pour la même raison, qu’ils abandonnaient tous leurs noms de famille en montant sur le trône : ils n'en avaient plus eu besoin. Désormais, il n'y avait qu'un seul Radonis qui daigne être mentionné.

Une vague de pétrification sembla se répandre parmi les invités qui interrompirent uns à uns leurs activités pour se tourner vers l'invité tardif, le dévisageant avec divers degrés de surprise. Un lourd silence s'abattit sur les convives, tandis que tous s’inclinait très bas avec une telle synchronisation que la foule semblait être devenue une immense vague. A cette vision, Radonis sourit imperceptiblement sous sa barbe. Il ne se laissait jamais de cette sensation.

D’un geste de la main, il autorisa l’assemblé à se redresser – à ce demandait comment elle faisait pour voir le signal – et tout le monde obtempéra, gardant néanmoins la tête respectueuse baissée ce qui n’empêcha pas Mellissandre de jeter un œil à ses invités pour voir si les membres de l’Inquisition avaient eu la présence d’esprit de suivre le mouvement.

Il fit un pas en avant, et un chemin se créa naturellement pour lui permettre de progresser jusqu’au maîtres des lieux. Avec la même ponctualité que lors du duel, Marilia se retrouva soudainement au côté de sa fille, dans une posture noble mais insolemment décontractée qui contrastait avec la rigidité de celle de son père.

Lorsque la voie fut complètement dégagée, tous s'inclinèrent à nouveau un peu plus légèrement au passage de Radonis, qui n'accorda de regard à personne, progressant avec une lenteur délibérée. À ses côtés se tenaient quatre suivants : il y avait son garde du corps, inutile mais imposé par le protocole, ainsi que trois esclaves. Deux d'entre eux tenaient les coins de son immense cape afin qu'elle ne traîne pas sur le sol. Le dernier, plus richement vêtu que la moitié des invités, avait l'honneur de porter son bâton, dont le mage ne se séparait jamais : presque aussi grand que lui, l'objet était couvert de feuilles d'or semblables à des écailles, et se terminait en se scindant en trois têtes de dragon. De nombreux grands enchanteurs portaient des bâtons à l'aspect similaire, mais en voyant celui de l'Archonte, il était évident de deviner lequel était celui qui avait inspiré les autres.

Serein et confiant, il avança vers la famille Alirius, qui s’inclina à nouveau avec plus de fioritures.

« Magister Octavius, salua-t-il le père en inclinant brièvement la tête. Magister Marilia », la salua-t-il en lui offrant un baise-main et un sourire charmeur au nez et à la barbe de son mari.

Radonis n'était pas particulièrement beau. Il était loin d'être laid, mais c'était sa prestance naturelle qui faisait tourner les têtes, et non ses traits rudes. Rares étaient les visages qui exhalaient tant d'autorité et de prestance, et l'opulente – et imposante – tenue dont il était affublé ne faisait que renforcer cet effet. Pourtant, beaucoup en haut lieu savaient qu'il aimait séduire, et qu'il n'était pas trop mauvais à ce petit jeu.

« Dame Mélissandre, ajouta-t-il finalement en reproduisant le même manège qu'avec sa mère, peut-être avec un peu plus de retenue. C'est un réel plaisir d'avoir été invité. »

Il y eut quelques brefs rires dans l'assistance. Évidemment que l'Archonte avait été invité. Il l'était toujours.

« Je suis ravi de vous revoir, et j'espère que vous avez fait bon voyage. Mais trêves de mondanités, où sont donc nos amis sudistes ? Il me tarde de les rencontrer. »

Il détailla la foule avec un sourire aimable, mais un regard perçant. L'Inquisition dont il avait tant entendu parler... Voyons voir de quel bois ils étaient faits.

Se sentant aussi fébrile que le jour de sa Confrontation, Mellissandre désigna gracieusement Cullen et Joséphine qui se tenait tout prêt. En espérant que cette fois, le Commandant soit plus disposé à agir avec modération.

« Je vous présente Dame Joséphine Montilyet d’Antiva, ambassadrice de l’Inquisition et Cullen Rutherford, Commandant de l’Inquisition », déclara-t-elle en s’effaçant pour les laisser échanger quelques mots sur le regard lourd d’une centaine de personne.

C’était un instant décisif…
PROCHAIN NIV. :
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Posté Ven 20 Oct - 21:03
« Ne me parle pas sur ce ton »


Je souris aigrement à cette réplique. Vingt-deux années d’absence sans même un mot et ça se permet de donner des ordres. De vouloir faire les éducateurs, comme on gronde un petit enfant qui a fait une impolitesse.
Ici le petit enfant a vingt-trois ans et se rend parfaitement compte de sa grossièreté. Il n’y accorde juste pas d’importance.

-C’est un peu tard pour jouer au père…


A partir du moment où il nous avait quitté je considère qu’il a perdu tout droit sur moi et sur mon éducation. Si elle lui déplaît, tant pis pour sa poire les absents ont toujours tort.
Honnêtement il n’aurait pas parlé de maman je me serais montré moins… enfin plus… pas aussi furieux ? Je n’ai jamais pensé ou imaginé que mon père et moi nous nous retrouvions. Pour moi cela a toujours été une chose appartenant à un autre monde, un fantasme trop délirant pour être seulement envisagé. Même la veille alors que je l’avais en face de moi je n’ai pas vraiment réalisé au fond.

« Je l’ai fais pour vous protéger »

Elle a bon dos celle là ! C’est facile papa. On peut justifier tellement de choses avec ça.

« Le nom Alirius n’est pas qu’une bénédiction… Si Marilia avait appris votre existence vous seriez morts tous les deux »

A supposé que ce soit vrai, ça l’est très certainement: les épouses de magisters ne sont pas des tendres en général. Et j’ai cru comprendre que leur tendresse est drastiquement réduite proportionnellement à la position importante dans leur époux.
Je veux bien croire que cette femme soit capable de nous tuer sans un remord.
Il n’empêche que ce n’est pas très franc comme réponse, le nom des Alirius est peut-être lourd à porter. Peut-être a-t-il sincèrement voulu m’épargner ce calvaire. Il n’empêche que reconnaître un bâtard soporati ça fait tâche sur le joli arbre généalogique d’une si glorieuse et admirable lignée. Alors si en plus le bâtard est taré… Là c’est à se demander pourquoi on ne fait pas comme avec les chiots lorsque dans une portée on en a un qui fait tâche…
Je ne suis pas naïf, je sais que le sale tour que m’a joué la Nature à la naissance n’est pas étranger à cette absence complète.
C’est ainsi et on n’y peut rien. Mais un peu de franchise, c’est trop demandé ?
Au fond qu’importe ? Savoir tous les détails, connaître toutes les motivations ne changera rien. Le passé est le passé. Se tourmenter avec n’apporte pas grand chose de bon, mieux vaut se taire et clore définitivement certains chapitres, même s’ils n’ont jamais vraiment commencés en vérité.
J’ai grandi sans père. J’ai grandi avec une mère brisée et blessée dans son orgueil. J’ai grandi avec tout cela sans en tirer d’amertume. Pas trop du moins, pas comme maman. Ce n’est pas maintenant que ça va commencer.
Je crois que je lui en veut juste de ne pas assumer sa démarche commencée vingt-deux printemps auparavant complètement.  Peut-être que je lui en veut pour la douleur de maman ? Ou alors un subtil mélange des deux
Je ne sais pas au fond, je perd un peu pied dans ce bain d’émotions et de faits aussi vieux que moi.


Une rixe éclate au loin. Un immanquable des soirées tévintides ça: le sang versé. Eh bien, ça risque d’aiguiser l’appétit des vautours et des convives. Même si parfois la nuance est faible.
Je crois que cela met un terme à notre échange, un maître de maison doit gérer ce genre de petits embarras. Le voilà qui déjà part remplir ses devoirs, mais alors qu’il passe devant moi je l’entend souffler.

« Je sais que je ne peux pas rattraper tout le temps perdu, mais ne crois pas que je ne pense jamais à vous... »

… Je ne veux pas y penser. J’en ai assez eu pour aujourd’hui et la cuisine m’attend. Je me suis absenté plus longtemps que prévu, et la chaleur et les activités familières de ses entrailles me manquent. Juste ne plus penser à tout ça, tout ce que ça peut impliquer ou non. Et de toutes façons à quoi ça m’avance de savoir que de temps à autre cet homme se rappelle de l’existence de ma mère ou la mienne ?
N’y pense plus Scipio tu as d’autres préoccupations que ça. Donne toi un peu de temps avant de repenser à tout ça.
L’avantage de ce tintamarre c’est que je peux rejoindre l’étage inférieure sans que la magister ne me remarque et menace de me dévorer sur place.
Une fois de retour je me remet au travail frénétiquement. J’ai pris assez de retard comme ça.
PROCHAIN NIV. :
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Posté Sam 21 Oct - 1:50






◇ Une danse entre deux mondes ◇





Le combat continuait entre les deux commandants, qui démontrèrent une certaine habilité, une grande puissance et une vise incroyable. Ils n’étaient pas à niveau équivalent, Cullen jouissant de son entraînement de templier pour prendre le dessus sur son adversaire, qui lui avait une force et une défense bien supérieure.

Maximus visait des points définis pour pouvoir prendre le dessus avec des enchaînements, mais le Commandant se montrait particulièrement malin et réussissait chacune de ses esquives et parage. Leurs enchaînements devenaient d’avantage physique, et les chocs des épées de plus en plus denses, cela se jouait d’avantage à l’endurance qu’à la force.

Mais alors que Cullen esquivait en penchant le buste en arrière, son adversaire contre-attaqua directement, le forçant à brandir son épée alors qu’il avait un genou à terre, puis  roula sur le côté pour esquiver et attaquer Maximus en se redressant. Il n’avait pas encore aperçu Mellissandre qui s’était glissée dans la foule, s’imaginant que leur combat était sans réel intérêt. Préparant une garde, Cullen se remit à l’attaque, en exploitant un point faible de son rival, mais avant que leurs épées puissent s’entrechoquer, un éclair traversa la mêlée et les séparèrent immédiatement.





《 - Il suffit ! 》

En tournant la tête, Mellissandre était sortie de la foule et s’était interposée entre les deux, sa forte odeur de Jasmin faisant reculer d’avantage Cullen car cela lui rappelait son escapade chez le Baron Bohémond. En relevant les yeux vers la jeune femme, elle semblait d’une colère certaine, ce qu’il ne comprit pas vraiment à vrai dire. Et Maximus fut le premier à le lui faire remarquer.





《 - Ce duel n’est pas finis Ma Dame 》

Ce n’était pas un duel à mort, cela était plus une manière de faire connaissance entre les deux et chacun des combattants le savait. Maximus pouvait se sentir vexé, interrompu deux fois en quelques instants cela ne devait pas être des plus agréables. Mais tout de même, Mellissandre avait choisi son moment. Cela était pourtant évident que si un parti aussi important que l’un des deux mourrait ce soir ou serait blessé, cela serait une catastrophe pour le bal, mais la jeune femme ne semblait pas avoir comprit pourquoi ils faisaient cela, a moins qu’il y ait quelque chose d’autre.





《 - Ce duel n’a pas lieu d’être 》





《 - Ce soldat m’a insulté et m’a défié  》





《 - Allons bon, vous vous abaissez à répondre à toutes les provocations des soldats impulsifs ? 》

Ce qui était hallucinant c’était que le public approuvait ce que disait Mellissandre alors qu’ils n’avaient pas idée de ce que représentait ce duel pour les deux hommes. Cullen croisa les bras, tenant toujours son épée en main et en secouant la tête sur le côté. Et même Maximus semblait embêté, mais ce dernier ravala sa fierté très rapidement, et ne répliqua pas face à autant de personnes.





《 -  De plus, dois-je vous rappeler qu’un duel en bonne et dû forme suppose une équivalence de titre que des étrangers – aussi noble de coeur soit-ils – n’ont pas ? Un combat en dehors des règles n’est qu’un vulgaire règlement de compte et c’est indigne de vous... 》

Mais que suggérait-elle ? Etait-elle seulement entrain de le dissuader de combattre Cullen juste pour une question de patrie et de droits ? Quel rapport avec les principes de combat entre deux soldats ?

Maximus regarda Cullen dans le fond des yeux quelques secondes avant de baisser les yeux vers Mellissandre comme s’il semblait en avoir marre de ses réprimandes. Et cela était compréhensible, ce n’était pas lui qui se faisait engueuler – et si elle le faisait devant autant de monde, Cullen doutait que cela soit franchement productif, vu qu’elle souhaitait créer une alliance.





《 -  En outre, se sont MES invités, en MA demeure, sous MA protection...  Si vous avez un problème, c’est avec moi que vous devez le régler 》





《 - ... Elle divague...? 》

Elle ne prit visiblement pas en compte la remarque de l’ex-templier, qui venait de voir Joséphine percer de la foule visiblement aussi contrariée que Mellissandre. Mais au moins il savait que Maximus était du même avis que lui et cela le réconfortait d’une part.





《 -  Alors, souhaitez-vous me défier en duel, Général ? 》

Elle insista, appuyant son regard dans celui du général qui était d’avantage contrarié. Mellissandre ne pouvait pas l’affronter ici et maintenant, c’était une sorte de menace pour le dissuader de continuer ses combats et il l’avait bien comprit. Mais le tévintide jeta un regard au public où trônait fièrement Marilia Alirius qui lui lança un regard fort compréhensif depuis le point de vue de Rutherford. Elle était aussi vile qu’effrayante cette femme. Il allait faire son possible pour l’éviter et ne pas avoir à subir cette discussion concernant Mellissandre.





《 - Non, ma Dame, pardonnez mon impulsivité 》

Il était un capitaine admirable, de ravaler sa fierté ainsi et ne pas s’attirer les foudres des Alirius. Cullen était encore trop impulsif pour tolérer cela, ce qui expliquait pourquoi il détestait à ce point les nobles. Joséphine s’approcha alors d’avantage de lui et le tira de son côté.





《 - Vous je dois vous parler. Tout de suite. 》





《 -  … J’imagine que ce n’est pas pour parler des petits four, c’est dommage. 》

Il ne quitta pas les yeux de Mellissandre, puis se retourna pour faire face à l’ambassadrice alors que la foule commençait à se disperser, Entendant Mellissandre vanter les vins tevintides affreusement sucrés. Rien que d’entendre cela, Cullen pesta et redonna l’épée à un de ses soldats avant de partir en direction des balcons, interrompu dans son déplacement par Joséphine qui ne comptait pas attendre plus longtemps.





《 - Vous devriez faire plus attention, Commandant. Vous ne pouvez pas vous permettre de… 》





《 -  Sauf votre respect, Ambassadrice, vous n’avez pas la moindre idée de ce que ce combat représentait. 》





《 - Et vous des conséquences. 》





《 -  J’essayais de sauver la vie à Samhuin pour qu’il ne finisse pas en morceau sur le tapis. Et puis, finalement ce combat était important car il nous permettait de… 》

Il n’eut pas le temps de terminer, que Mellissandre arriva telle une furie





《 -  Vous avez quel âge franchement ? Vous battre avec le général en plein milieu d’une salle de bal ! Vraiment… vous… ! 》





《 -  Et vous, vous n'aviez pas à vous mêler de ça, je maitrisais ce combat 》





《 - Réfléchissez un peu au conséquence avant d’agir 》





《 -  Mais...?! Pfff.... 》

Elles avaient les mêmes discours, on aurait dit qu’elles s’étaient mises d’accord avant de venir lui faire sa fête. En tournant la tête, il vit Bohémond près des fenêtres, qui le fixait, avant  de regarder l’extérieur avec un certain entrain, tout en continuant de s’éventer. Et le voilà encore entrain de se disputer avec Mellisandre, mais il se rappela de ce que lui avait dit le baron et se résigna rapidement, restant muet. Mais c’était vrai, il ne réfléchissait pas, avant d’agir et cela le contrariait d’avantage. Décidément, vivement que cette soirée se termine. Il avait bien l’occasion de partir avant que la soirée se termine, il suffisait de…





《 -  Il faut tout de même reconnaître qu’il a au moins sauvé la vie d'un membre de l'escorte, cela aurait pu poser de grave problèmes... 》

Et pas qu’un peu, si visiblement la soirée s’annonçait longue peut-être que Joséphine pouvait le faire comprendre à Mellissandre. Mais la réaction de la jouvencelle le laissait perplexe. Elle était en colère, mais il y avait autre chose, qu’il n’arrivait pas à déceler. Mais alors qu’elle allait rétorquer, ils furent tous surprit par un nouvel événement majeur.





《 - Sa Majesté impériale, l'Archonte Radonis ! 》

Il se souvint que l’Archonte était également invité, et il se trouvait qu’il arrivait à l’instant. Mais il n’était pas simplement la personne qui dirigeait tout l’empire, il était la cible des Alirius pour obtenir ses faveurs. Il n’avait pas oublié qu’ils essayaient de marier Mellissandre avec lui, et si elle n’était pas encore avec un homme cela ne faisait que prouver leur patience pour que cela se produise. Décidément, ils étaient vraiment obsédés par la généalogie – et le pouvoir – mais cela Cullen ne pouvait rien y faire. Il avait juste peur de la suite, autant pour elle que pour lui.





《 - Allons-y Commandant, ce serait indélicat de ne pas aller à sa rencontre. 》





《 -  Je.. Oui j’arrive. 》

Résigné il n’eut pas le choix de suivre Joséphine jusqu’auprès de l’Archonte pour voir ce qui il s’agissait exactement et le spectacle n’en était pas moins impressionnant. Le Baron les avait suivi de près et s’était placé à côté de Cullen pour éviter qu’il ne fasse d’avantages de bêtises.





《 - Suivez le mouvement, Commandant. On s’incline bien bas. 》

Regardant toute l’élégance dont faisait preuve le Baron dans son geste pour saluer l’archonte, Cullen en oublia de s’incliner également, et ce n’est que le coup d’éventail sur sa jambe qui lui remit les idées en place et débloqua son geste.

D’un simple geste, tous eurent l’autorisation de se redresser, les premier effectuant ce geste en premier, suivi du reste de l’assemblée, comme s’il y avait une synchronisation de la foule. Mais tous voulaient avoir les faveurs de l’Archonte et l’ambiance changea tout soudain. A en voir les serviteurs qui l’accompagnaient, cet homme n’était pas moins qu’un mage très puissant. Et sa présence seule était incroyablement impressionnante. Mais le regard de Mellissandre et de Cullen se croisa de-nouveau. Peut-être qu’elle le surveillait, mais il ne voulait pas que Marilia entrevoie un quelconque attrait pour sa fille, si bien qu’il baissa les yeux très rapidement.

La foule se dégagea pour lui permettre de saluer les Alirius qui étaient tous les trois réunis désormais. Mais Cullen profita de sa proximité avec Bohémond pour lui poser une question qui lui tournait dans la tête depuis tout à l’heure.





《 -  Pourquoi vous ne m’avez rien dit sur sa mère ? Vous le saviez pourtant 》





《 -  A quoi bon tout vous dire ? Ce ne serait pas instructif, et vous le savez... Mais il y a autre chose : Elle vous plait, n’est-ce pas ? 》





《 -  Dites-moi à qui elle ne plairait pas, je vous prie ? 》

Cela ne servait à rien de s’étendre sur le sujet, mais il se rendit compte qu’il venait de faire une grossière erreur, encore. Avouer à un partenaire familiale qu’il trouvait Mellissandre Magnifique était irréfléchi. Il savait Bohémond comme étant un bon ami, mais il pouvait se montrer particulièrement fourbe. Et cet information était la confirmation de ce qu’il soupçonnait et cela pouvait faire jaser.





《 -  Mellissandre est connue pour être belle, mais cela s’arrête ici, Bohémond. Ne vous imaginez pas que je ressente quoi que ce soit pour elle c’est idiot. 》





《 -  Bien entendu. C’est idiot. 》

Le baron garda en vue le Commandant, avant de replonger ses pensées sur l'invité qui venait de se joindre à la petite fête. Joséphine, de son côté, remarqua que l’Archonte était bien plus fougueux avec Marilia qu’avec Mellissandre, ce qui démontrait qu’il n’avait pas eu énormément d’occasion de parler avec la jeune tévintide.





《 - Je suis ravi de vous revoir, et j'espère que vous avez fait bon voyage. Mais trêves de mondanités, où sont donc nos amis sudistes ? Il me tarde de les rencontrer. 》

Cullen ne fit aucune remarque sur le mot « sudiste » qui voulait dire tant de choses bonnes comme mauvaises, vu qu’à Tevinter les sudistes étaient connus pour être des barbares sans cœur. Mais Joséphine fit rapidement signe à Cullen de la suivre et fit un chaleureux sourire à destination de l’archonte – et de Mellissandre, constatant son malaise et ne cherchant qu’à la rassurer – et s’inclina poliment en compagnie du Commandant pour le saluer.





《 -  Je vous présente Dame Joséphine Montilyet d’Antiva, ambassadrice de l’Inquisition et Cullen Rutherford, Commandant de l’Inquisition 》

Les voilà face à l’archonte en personne, un homme fort impressionnant qui avait une certaine stature. Mais Cullen pouvait se sentir rassurer, à en entendre ce que disait Radonis, l’inquisition attirait sa curiosité. Il garda néanmoins son calme, restant droit et silencieux comme Joséphine lui avait sommé de le faire en début de soirée. Mais il ne se doutait pas que l’Archonte était aussi âgé.





《 - C’est un plaisir et un honneur de vous rencontrer, Archonte Radonis. 》

Joséphine avait lancé la discussion, mais Bohémond en avait profité pour s’éclipser, se rendant avec grandiloquence auprès de Marilia pour faire un brin de causette.





《 -  Mon amie, j’ai le regret de vous confirmer que vos soupçons sont fondés. 》

Il resta néanmoins en arrière, toujours dans la confidence avec la mère Alirius pour ne pas que Mellissandre ne se doute de quoi que ce soit. Il était bon pour les ragots, c’était un Orlésien après tout. Il s’appuya contre la parois derrière lui, et surveilla au travers de son masque les deux dirigeants de l’inquisition qui faisaient la discussion avec l’Archonte.





《 -  il se trouve qu’elle lui a drôlement tapé à l’œil, mais cela n’est pas étonnant vu la beauté que dégage votre fille, ce soir. Son intervention de tout à l’heure, aussi brillante fut-elle, n’était pas simplement pour empêcher le tapis d’être souillé si vous voulez mon avis. 》

Mellissandre avait tourné cela d’une manière à ce que ce combat soit perçu comme une démonstration de leur puissance, et pour empêcher que les deux se blessent. Surtout son petit blondinet chéri.





《 -  Vous savez que je vous soutiens, Dame Alirius. Mais je vous suggère de le dissuader rapidement, il est plus fougueux qu’il laisse penser. 》

Il regarda ailleurs, et continua de surveiller le Commandant, qui n’avait pas vu qu’il s’était déplacé vers la matriarche. Joséphine non plus d’ailleurs, mais elle n’était pas au courant de l’histoire de toute manière, cela aurait été très dangereux.





《 -  J’ai ouïe dire qu’ils séjournaient tous deux dans des chambres opposées, sur le même étage… Peut-être… qu’ils vont céder à leurs pulsions s’ils se retrouvent à l’abri des regards, seuls, en ayant pour obstacle qu’une pauvre porte en bois ~ 》

Qu’il aimait remuer le couteau dans la plaie, mais il tenait à ce que la demoiselle se marie avec l’Archonte comme il en était convenu depuis de longues années. Et il ferait n’importe quoi pour récupérer le Commandant. Et ce dernier allait probablement éviter la mère Alirius, mais Bohémond, lui, était son seul allié dans ce bal.





《 -  Je peux le dissuader moi-même s’il ne se laisse pas approcher. Je vous dois bien cela, après tout. Moi, il m’écoutera, je ne peux que vous l’assurer, ma Dame.  》

PROCHAIN NIV. :
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Posté Lun 23 Oct - 15:53
HRP:
 

Soit Auguste était plus malin qu'il ne l'avait imaginé, soit il n'était définitivement pas bien vif. Il ne releva pas les nombreuses piques de Solas, laissant ce dernier dans le doute : avait-il choisi de les ignorer, ou bien lui étaient-elles vraiment passées par dessus la tête ? Dans le doute, mieux valait progresser avec prudence.

« Il est rare de voir un homme incapable d'user de magie atteindre une telle influence à Tévinter. Je ne peux m'empêcher d'être curieux quant à votre réussite. Vous savez, dans le sud, les rôles sont inversés, et ce sont les mages qui sont tenus éloignés des postes importants, pour ne pas dire qu'ils sont mis au ban de la société. Votre situation m'évoque celle de beaucoup de confrères mages, et je ne peux m'empêcher d'être impressionné. J'ai un faible pour les belles histoires, voudriez-vous bien me raconter la votre ? »

Les éclats de voix que Solas avait entendus plus tôt redoublèrent d'intensité, et le fracas du métal contre le métal retentit finalement, arrachant un regard curieux à Auguste qui se détourna pour chercher la source de tout ce vacarme. Le vieil elfe profita de ce petit temps de tranquillité pour offrir un petit clin d’œil à l'esclave qui était venue à sa rencontre : il jouait la comédie tellement bien que l'on pouvait s'y méprendre, et il voulait qu'elle sache qu'il était de son côté, car un mouvement de panique aurait pu lui coûter cher.

Tournant son regard vers le combat qui avait lieu, il eut la surprise d'y voir le commandant Cullen aux prises avec un général tévintide sous l’œil amusé de la foule. Auguste se fendit d'un petit commentaire supérieur, et Solas y répondit d'un air serein, le brossant dans le sens du poil.

« Peut-on vraiment en vouloir aux militaires d'être des hommes de violence ? Ils sont là pour ça, et sous la coupe d'un dirigeant avisé, ils peuvent faire des merveilles. L'important, c'est qu'il y ait toujours des hommes pour se souvenir de la valeur de l'intelligence. »

Le duel était devenu l'attraction du bal, tout du moins jusqu'à ce qu'une Mélissandre furibonde ne décide d'y mettre fin, ressortant d'obscures lois et menaçant le général de l'affronter à son tour. Il fallait le reconnaître, elle était une habile politicienne, et malgré l'urgence, elle avait su gérer la situation correctement. De loin, Solas regarda toute la petite équipe échanger une discussion visiblement houleuse, mais celle-ci fut brutalement interrompue lorsque l'on annonça l'arrivée soudaine de l'Archonte.

L'espace d'un instant, Solas oublia Auguste et son esclave, et tourna son regard vers Radonis, avant de devoir s'incliner comme tout le monde. Le voilà donc, ce mage empereur qui faisait tant trembler le sud. Flaqué de trois esclaves, il dégageait une aura de puissance naturelle suffisante pour que Solas s'en méfie immédiatement. De tous les chefs et les rois qu'il avait pu rencontrer, il fut celui qui lui rappela le plus les Evanuri : enveloppé dans sa puissance magique, il était de ceux qui pouvaient écraser ses sujets s'il le souhaitait, le genre de chef qu'il fallait défaire, si l'on s'y opposait. Tévinter était une terre imbue de politique et de protocoles complexes, mais sans ses règles, l'Archonte n'aurait guère eu à craindre de qui que ce soit.

Solas désapprouvait grandement.

Satisfait d'avoir été mis de côté lors des annonces, il regarda Mélissandre présenter à l'empereur – pouvait-on vraiment ne pas l'appeler ainsi ? – aux membres de l'Inquisition, et leur souhaita silencieusement bon courage. Il espérait pouvoir s'enquérir avec l'Archonte, mais plus tard : il avait des esclaves à libérer pour le moment.

« Je suis curieux, dit-il à Auguste après que les discussions aient commencé à reprendre. Comment fonctionne le commerce des esclaves ? Si je voulais acheter l'un des vôtres, par exemple, en aurais-je seulement le droit, moi qui suit étranger ? Et si je le pouvais, puis-je acheter n'importe lequel, ou y en a-t-il qui vous sont indispensables ? »
PROCHAIN NIV. :
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Posté Lun 23 Oct - 17:46
- - Cullen - -
Tout semblait revenu à la normal et l’arrivé de l’Archonte apporta même une distraction bienvenue. En une fraction de seconde, le combat fort impressionnant des deux hommes fut oublié, l’aura de puissance du dirigeant de Tevinter canalisant toute l’attention. Marilia avait salué, un sourire ambigu aux lèvres tandis qu’il baisait sa main avant de couver des yeux sa fille qui subissait aussi ses politesses.

Elle avait tout appris à Mellissandre, lui avait tout donné – y compris ses traits – elle n’avait aucun doute sur les charmes de sa fille. 21 ans, c’était long, mais sa patience était inépuisable quand il s’agissait d’ancrer leur nom dans l’Histoire. Enfin, à supposer qu’elle se montre aussi sage et docile qu’elle le lui avait enseigné.

S’éclipsant tandis que les mondanités s’enchaînaient avec l’ambassadrice, Marilia rejoint le Baron prêt d’un mur en lui adressant un sourire amical. Partenaire commerciaux de longues dates, son soutient lui était précieux dans cette affaire délicate. Silencieuse, elle l’écouta donc faire part de ses soupçons en attrapant à la volée quelques canapés tendus par une jeune servante sur un plateau d’argent.

Songeuse, elle prit le temps de réfléchir à la situation en grignotant son amuse-gueule.

« Il y a un garde devant sa porte », rétorqua-t-elle avec une pointe d’amusement. Il était là pour protéger Mellissandre, pas pour empêcher les galants, mais cela tombait plutôt bien. Même si elle avait du mal à imaginer son adorable fille pêcher. Était-elle trop naïve à son tour ? Trop sentimentale de cet enfant qui avait toujours sagement écouté tout ses conseils mais qui pour une fois, lui avait menti ?

« Mais vous n’avez pas tort, je m’y suis mal pris avec lui », souffla-t-elle finalement en se souvenant des menaces virulentes qu’elle avait eu l’intention de proférer. S’il était effectivement si fougueux, elle n’aurait fait qu’empirer les choses. Rien de tel que d’interdire quelque chose pour le rendre plus désirable.

Par contre, elle savait exactement comment procéder maintenant. Son tempérament jouerait contre lui.

« Ce n’est pas la peine d’aller lui parler… A vrai dire, mon cher Baron, j’ai un service à vous demander... », souffla-t-elle avec un sourire si étincelant que Béhemond frissonna. Quand Marilia s’ennuyait elle était déjà dangereuse, mais quand elle avait une idée, elle était terrifiante.



- - Solas  - -

S’il y a bien une chose à laquelle Auguste ne s’attendait pas, c’est entendre Solas parler du commerce d’esclave. Naïvement intéressé de parler de son sujet favoris, il était presque tenté de lui pardonner ses mesquineries préalables. Bien entendu, il n’était pas dupe du petit jeu de l’elfe qui le rabaissait en lui rappelant sa condition de soporati dans un monde gouvernait par les mages. Cette tare, il l’avait vécu chaque jour de son existence, subissant, moquerie et regard déçu, il pouvait encaisser plus que ça.

Avec un sourire de requin, il s’intéressa donc au chauve, devenant beaucoup plus mielleux.

« Oserais-je croire que vous intéressé par ce commerce ? », susurra-t-il en profitant de sa position de supériorité. Il n’était pas stupide, enfin, pas quand ça concernait sa marchandise. Cela ne pouvait pas être une coïncidence que Solas aborde ce sujet après avoir conversé avec sa belle esclave. Il avait eu un coup de coeur pour la petite Tani, c’était évident. Or, quand quelqu’un veut une femme en particulier, les prix pouvaient vite grimper…

« Les sudistes se font souvent beaucoup d’idée sur le commerce d’esclave, mais c’est un commerce comme un autre… On examine, on paye, on repars avec la marchandise. Rien de bien original en somme », déclara-t-il avec une nonchalance presque indolente, la vie humaine n’avait effectivement pas plus de valeur à ses yeux.

« En outre, rien ne vous empêche d’acheter un esclave si vous le souhaitez, en revanche, c’est à vous de gérer les autorités de votre pays... », expliqua-t-il comme il le faisait régulièrement auprès de nobles peu scrupuleux qui venaient parfois jusqu’à Tevinter pour repartir avec un joli souvenir aux oreilles pointues… Ce qu’il advenait après, ce n’était pas de son ressort...

« Et, non, personne n’est irremplaçable, tout dépend combien vous êtes prêt à offrir », répondit-il finalement en lui jetant un regard carnassier. Ce prétendu somniari et conseillé de l’Inquisition pouvait-il aligner les pièces d’or ? Avait-il suffisamment d’influence auprès des Alirius pour les faire jouer en sa faveur ? « Celle là par exemple », dit-il en attrapant par le bras Tani, exhibant littéralement sa marchandise. « Elle est belle, sait lire, écrire et parler l’Universelle. Je l’ai bien éduqué, donc elle vaut cher... »

Passionné par sa discussion et curieux de voir si cette vente aboutirait, Auguste ne prenait même plus garde à tout les simagrées qui entouraient l’Archonte et les Alirius même s’il ne pu s’empêchait de jeter un coup d’oeil distrait à Mellissandre. Après tous les efforts qu’il avait fait, cela l’aurait peinait de se faire couper l’herbe sous le pied par ce quadragénaire intouchable.


**************



Avec un sourire similaire à ce qu'il avait offert à Mélissandre, oscillant entre la politesse et le charme, l’Archonte salua Joséphine de l'exacte même façon qu'il l'avait fait avec leur hôtesse, déclenchant à nouveau quelques réactions étouffées dans l'assistance. Traiter une étrangère de la même façon qu'un magister et sa fille, cela voulait tout dire sur la place qu'il attribuait à l'Inquisition. Un vent de désapprobation en fit frissonner certains, mais là encore, personne n'osa émettre de critiques à voix haute. Tous savaient quelle était l'opinion de Radonis sur l'Inquisition, ou tout du moins, sur Corypheus et ses Venatoris.

Officiellement, aucune action d'envergure n'avait été entreprise contre eux, mais officieusement, chacun savait que se déclarer Venatori revenait à une condamnation à mort. Tous ceux qui avaient eu le malheur de les soutenir avaient été retrouvés morts en moins de temps qu'il n'en fallait pour dire « trahison ». Il fallait dire qu'ils étaient une menace directe pour le trône de Radonis, avec leur vieille engeance qui se prenait pour un dieu, et qui, à ce qu'on disait, pouvait bien le devenir pour peu qu'on ne s'oppose pas à lui. Si cette secte parvenait à ses fins, l'Archonte allait vite changer.

Et puis, au delà de la politique, Radonis avait une raison bien plus simple de s'opposer aux Venatoris : il ne les aimait pas. Ni eux, ni leur chef, ni ce qu'ils représentaient. Il avait fait beaucoup d'efforts pour que Tevinter se débarrasse de cette image de mouton noir qui lui collait à la peau dans le reste de Thédas. Son empire était décadent, il le savait, et plutôt que de s'acharner à faire briller le passé, il voulait aller de l'avant, se bâtir une gloire nouvelle au lieu de tout construire sur celle de leurs ancêtres. Que le Créateurs emportes ces anciens dieux primitifs que beaucoup, il le savait, continuait à adorer en secret.

En un mot, Corypheus était l'opposé de ce qu'était Radonis, un monstre bien décidé à ramener le monde et Tevinter en arrière, choisissant d'ignorer tout ce qui avait pu se passer depuis. Et puis, il n'avait aucun charme.

« Dame Montilyet », la salua-t-il « tout le plaisir est pour moi. Il est courageux de votre part d'avoir quitté le confort de votre château pour s'aventurer en ce que certains estiment être un territoire ennemi. J'espère de tout cœur que votre visite pourra changer cela. »

Il lâcha sa main – qu'il avait tenue pendant toute leur discussion – et se tourna vers Cullen. Il le salua de la même manière qu'il avait salué Octavius : droit, et d'un mouvement de tête. Ses petites effusions n'étaient réservés qu'aux femmes après tout.

« Commandant Rutherford, je suis ravi de pouvoir vous compter parmi nous. Après la voix », dit-il en désignant Joséphine, vient l'épée, comme il se doit. La façon dont vous avez géré l'attaque des templiers rouges aurait de quoi faire rougir notre propre général, et c'est avec un grand soulagement que je constate que l'Inquisition a su bien si s'entourer malgré sa jeunesse. Je ne peux que regretter que l'Inquisiteur Warwick n'ait pas pu se joindre à nous. »

Il écouta leur réponse avec un sourire affable, avant de se tourner vers Mélissandre à nouveau.

« Très chère, voudriez-vous bien m'offrir cette danse ? Vos invités ne représentent que la moitié des raisons pour lesquelles je suis venu ce soir après tout, et vous, vous êtes toutes les autres. »

Cela en disait long sur l'importance qu'il accordait au reste des invités et Mellissandre en resta pantoîse. Elle avait beau savoir que ce n’était qu’un jeu de provocation, son orgueil n’en était pas moins flatté pour autant. Quelques murmures amusés, aigri ou juste intrigué parcoururent la foule tandis que Mellissandre arborait son sourire le plus mielleux, le morigénant du regard comme pour lui demander d’arrêter ses plaisanteries.

« Nous discuterons plus en profondeur plus tard, » annonça-t-il à l'Inquisition. « Quant à vous, ma dame... »

Il tendit la main vers Mélissandre, et la elle accepta gracieusement l’invitation malgré ses pieds endoloris.

Cela ne voulait rien dire, l’Archonte accordait souvent une danse ou deux à quelques jolies altus, mais elle ne pouvait pas s’empêcher d’y voir un signe favorable. Guidée sur la piste de danse où peu de gens osèrent les rejoindre, elle se lança donc dans une nouvelle valse dynamique qui contrebalançait la sensualité par l’élégance. L’archonte portait bien son titre à ce moment précis et Mellissandre ne faisait pas outrage à sa grandeur, tant elle semblait empreinte de prestance. S’il n’avait pas été beaucoup plus âgé qu’elle, ils auraient probablement fait un couple incroyable et d’ailleurs, quelques murmures approbateurs commençaient à se répandre à ce sujet, mais le destin est souvent facétieux…

Du coin de l’oeil, Mellissandre aperçu deux gardes – un des siens et un de l’Inquisition – entrer précipitamment dans la salle de bal. Bien entendu, elle fut prise d’une insatiable curiosité mais elle se refréna, continuant de sourire à son interlocuteur en étant la plus gracieuse possible. Tout le monde avait les yeux braqué sur eux, ce n’était pas le moment de commettre un faux pas. Marcher sur le pied de l’Archonte la couvrirait sans aucun doute de honte pour deux générations au moins.

Le premier garde s’adressa donc à Octavius, qui pâlit aussitôt et fit mine de rejoindre sa femme tandis que le second lui, s’adressait à Cordelia.

« Madame, une trentaine de templier ont pénétré dans la demeure, je pense qu’ils sont en train d’encerclé le bâtiment. Ils n’ont attaqué personne pour l’instant mais cela m’inquiète beaucoup. Les gardes des Alirius nous ont dit de rien faire sans quoi on risquait de provoquer un incident diplomatique, mais je n’aime pas ça du tout... », déclara-t-il essoufflé. La situation était complexe, il ne voulait pas prendre une telle responsabilité sur ses épaules. Personne ne le voulait et c’est pourquoi les gardes postaient dehors n’avaient pas fait de vague.

Toutefois, il était trop tard pour réellement agir, un murmure annonciateur de bouleversement traversa la foule. Mellissandre eut à peine le temps de lever les yeux vers l’entrée que le héraut prononça d’une voix incertaine le seul nom qu’elle redoutait d’entendre ce soir.

« Sa sainteté, le Divin impériale Valhail V »

Instantanément Mellissandre se raidit en jetant un regard inquiet à sa mère qui était toujours aussi nonchalante. Pour la deuxième fois de la soirée, la foule devint une marais qui s’inclina respectueusement de concert avant de se redresser beaucoup plus vivement cette fois-ci. Seul l’Archonte s’était contenté d’un bref signe de tête en gage de politesse : tout le monde savait qu’ils ne s’aimaient guère et se chamaillaient pour voler un peu d’influence au seul homme qui pouvait rivaliser.

D’un pas lent, le Divin s’avança, majestueux dans sa robe rouge et noir. Sur beaucoup de point, la Chantrie impériale et la Chantrie orlésienne s’opposaient, mais leur symbole était étrangement identique : un soleil rougeoyant qui posait un œil inquisiteur sur l’assemblé. La seule nuance étaient les petits rectangles qui le surplombaient et dont personne ne s’accordaient sur la signification.

La lutte allait être âpre, Mellissandre le savait et elle réunissait déjà tout ses talents d’oratrice pour galvaniser la foule, pourtant elle resta muette en entendant le bruit cadencé des armures au pas.

Suivant comme une élégante traîne l’avancée du Divin noir, une vingtaine de templier s’alignèrent prestement en rang d’oignon, barrant ostensiblement la sortie. Il y avait d’ailleurs fort à parier que les balcons et les entrées secondaires avaient été bloquées également. Pour preuve, quelques membres de sa garde personnel et de l’Inquisition était maintenu en respect un peu plus loin, ils ne semblaient pas blessé mais le sérieux qui irradiait des templiers n’étaient pas de bon augure.

Mellissandre pâlit, comprenant immédiatement de quoi il en retournait. Rassemblant le peu de lucidité qu’elle possédait, elle posa un regard à la fois sévère et implorant à Cullen, comme pour le supplier de ne pas faire de bêtise. L’Inquisition était en nombre, ils avaient une chance mais l’Archonte en personne ne pourraient rétablir de bonnes dispositions diplomatiques. Peut-être que les serviteurs et les gardes excentrés pouvaient s’enfuir mais elle était trop exposée, tout comme Joséphine et Cullen. Non, elle pouvait encore négocier en rappelant qu’ils étaient des invités diplomatiques sous sa protection, collaborer était leur seul issu, mais ce n’était pas elle qui déciderait… Il suffit qu’un seul dégaine son épée et attaque pour les entraîner tous. La tension était palpable.

La musique ayant cessée, Mellissandre adressa un regard navré à l’Archonte en s’inclinant poliment pour marquer la fin de la danse. Il lui fit un signe de tête en retour, s’éloignant même du centre de l’attention autant qu’il le pouvait. Tout Radonis qu’il était, il savait que ce qui allait suivre ne le concernait pas, du moins pas directement. Il pourrait toujours manœuvrer et soutenir après mais il ne pouvait pas s’opposer ouvertement au Divin.

S’inclinant poliment devant Valhail cette fois, Mellissandre s’efforça de sourire. Le geste était si ancré en elle que le rictus se dessina sans effort, plutôt réaliste.

« Votre sainteté, que me vaut l’honneur de votre visite ? », demanda-t-elle avec toute la courtoisie du monde en s’avançant malgré sa nervosité et le silence pesant qui planait dans la salle. Le Divin la dévisagea, s’attardant une demi seconde de trop sur ses courbes savamment rehaussée par l’élégance de sa tenue. L’ironie amusa légèrement Mellissandre qui ne pouvait malheureusement pas utiliser ce regard un tantinet déplacé à son avantage. Tous les prêtres et même le Divin avait le droit de se marier et d’avoir des enfants à Tevinter, personne ne lui en voudrait d’être un homme de plus fasciné par sa beauté exacerbée.

Un des musiciens fit malencontreusement grinçait son violon et le Divin le fusilla du regard pour avoir brisé la solennité du moment. Néanmoins, il fallait plus qu’une note désaccordée pour briser sa prestance. Relevant le menton, il fit un vaste geste de la main pour désignée l’assemblée, retrouvant toute la grandiloquence de sa faction.

« Navrée de troubler votre soirée, mais en tant que saint des saint je me devenais d’intervenir avant que cette plaie ne se répande dans notre belle citée ! Au nom du Créateur, j’ordonne l’arrestation immédiate des hérétiques qui osent profaner les terres sacrées de Tevinter ! Saisissez-vous de l’Inquisition… et de  Dame Mellissandre Alirius. »

La sentence tomba, raide. Mellissandre cligna des yeux tandis que le silence religieux faisait soudain place à des exclamations et des protestations. L’arrestation arbitraire des membres de l’Inquisition – qui étaient effectivement des barbares hérétiques techniquement – ne posait pas vraiment de problème à la plupart des invités, mais Mellissandre ! Si le Divin se permettait de faire emprisonner une personne si importante, aucun magister ne serait plus à l’abri de ses caprices et ça, c’était intolérable.

Face à ce mécontentement global, les templiers hésitaient, nerveux et d’un geste autoritaire, le Divin leva le bras pour faire les taire protestations avant de prendre à nouveau la parole.

« Il me peine d’emprisonner une tévintide, une mage du Cercle de Minrathie que j’ai moi même félicité pour le succès de sa Confrontation, une fille respectée et aimée... », déclara-t-il sous les hochements de tête dubitatif, frissonnant légèrement alors que son regard croisait celui de Marilia. Cette nonchalance débonnaire avait quelque chose de vraiment perturbant. « ...mais il évident que notre Mellissandre a été corrompue par les barbares hérétique du Sud ! Pour preuve, elle ne cherche même pas à cacher sa liaison impie avec leur Commandant.  »

Un nouveau flot de murmure accompagna la révélation. Certains restaient campés sur leurs positions, d’autres, trop heureux de voir la famille Alirius en difficulté changeait subitement d’avis maintenant qu’ils n’étaient plus concernés et d’autres enfin avaient totalement occulté la situation initiale pour se concentrer sur les ragots qui allaient agrémenter le thé pour les semaines à venir.

Bien entendu, la plupart des pintades qui étaient venus roucouler auprès du Commandant se drapait soudain dans un mépris mesquin comme si l’idée de passer la nuit avec Cullen ne leur avait jamais traversé l’esprit. Leur condescendante étant d’autant plus affirmée qu’une pointe de jalousie s’emparaient de leur coeur. Une fois de plus, Mellissandre raflait la mise, ce n’était pas juste.

Dans sa propre demeure, Mellissandre se trouva donc soudain aux centres des hostilités, lasse d’une rumeur qui semblait manifestement décidée à la suivre jusqu’au bout du monde. Engoncée dans toute sa dignité, elle releva fièrement le menton en retrouvant ses esprits. Des fausses accusations elle en avait subit d’autre, mais elle était irréprochable. Enfin… presque. Mais cela ne lui posait pas de problème moral de jurer qu’il ne s’était rien passé.

« C’est absolument faux, je suis toujours rester fidèle à mon pays ! », clama-t-elle plutôt fière de sa formulation qui faisait double sens. « Je ne fais que servir Tevinter en nouant une alliance qui pourrait sauver le monde », rétorqua-t-elle en jetant un regard vers l’Archonte pour réclamer son soutient. Il hocha la tête, ne souhaitant pas se mouiller davantage contre son pire ennemi. Mais l’Inquisition était ici sous la protection des Alirius pas celle de l’état. Il devait être outré, lui qui essayait tant de changer l'image du pays, mais tant que la question n'était pas porté au magisterium il ne pouvait pas agir, preuve s'il en est que tant que cette danse avaient été de la pure poudre aux yeux. Elle devait se débrouiller toute seule.

« Et, je n’ai de liaison avec personne. Propager ce genre de rumeurs totalement infondées est fortement déplacée et indigne de votre rang, votre Sainteté », continua-t-elle d’attaquer avec audace quand bien même elle était atrocement embarrassée par la situation. Depuis toujours sa vie sexuelle ne lui appartenait pas, mais elle commençait à trouver ça pénible de devoir en parler devant des dizaines de gens qu’elle connaissait plus ou moins.

S’il n’en avait tenu qu’à elle, elle ne serait même pas donné la peine de démentir mais ses pairs adoraient autant les ragots que les déchéances, ils attendaient comme des vautours la moindre brèche qui pourrait vriller sa réputation.

La moindre hésitation dans son discours pouvait suffire à lui faire perdre en crédibilité, corroborant le sophisme de son adversaire. Elle menait un bras de fer pour l’opinion qui serait seule à déterminer le bien fondé de l’accusation. Tout était une histoire de conviction, et certainement pas de preuve : si elle commençait à se justifier on prendrait ça pour une faiblesse, il fallait seulement certifier, s’offusquer qu’on ose remettre en cause sa pureté, elle qui était une femme de vertu.

Mais le Divin – qui n’avait sans doute pas eu cette idée seul, elle se demandait qui lui avait soufflé cette prétendue liaison – lui réservait encore des mauvaises surprises.

« Je ne répand pas de rumeurs, j’affirme », répondit-il néanmoins avec sa grandiloquence habituelle. « Le Créateur m’a parlé. »

Ben voyons. Elle n’y croyait pas une seule seconde et personne n’était dupe, à part quelques fanatiques personne n’était vraiment croyant et si le Créateur existait bel et bien il avait sûrement d'autre soucis que ses histoires de coeur, mais il venait de bassement la piéger avec cet argument irrecevable. Impossible à vérifier et pourtant brodé de légitimité puisqu’il était le Divin. Si elle démentait, il l’accuserait encore davantage d’être une hérétique corrompu par le Sud, puisqu’elle remettrait son lien avec le tout puissant en cause. Si elle ne disait rien, cela passerait pour un aveu silencieux.

 Incapable de trouver la formule parfaitement juste, Mellissandre vacilla pour la première fois, moins de fermeté, moins de conviction. Elle hésitait. Proférer des demi-vérité, rester en subtilité, continuer le déni pur…

« Les voix du Créateur sont impénétrables... », tenta-t-elle assez maladroitement pour rappeler que le Divin en personne pouvait se tromper mais c’était peine perdue. Elle connaissait mal la théologie – la Chantrie, elle ne s’y rendait que pour les mariages et les enterrements – et à ne pas nier en bloc, elle laissait les doutes s’infiltrer dans l’esprit des spectateurs. Une hypocrisie pure – combien de femme et d’hommes ici avec des amants ? - mais qui était propre à la noblesse, propre à Tevinter. Combien de magister adepte de la magie du sang avait condamné l’un des leur pour ce prétexte.

Octavius, en revanche, ne l’entendait pas de cette oreille. Furieux, il se plaça au côté de Mellissandre.

« Ma fille a toujours été irréprochable, je ne tolérerais pas plus d’infamie sous mon toit », tonna-t-il pour contrebalancer la soudaine timidité de Mellissandre.

Le Divin lui jeta un regard compatissant, plus ou moins rassuré de voir que la foule lui était presque acquise.

« Je comprends votre désarrois Magister Alirius, mais vous êtes aveuglé par votre affection. J’ai dix témoins – dont les sœur Variani - qui les ont vu en rendez-vous galant dans l’après-midi hier, seulement escorté de la chef de la garde, j’ai ouïe dire qu’elle le couvrait de cadeau – une armure par le maître forgeron tout de même, qui d’autre à l’Inquisition a profité d’une telle générosité ? - et, comble de l’indécence, vous ne pouvez ignorer qu’elle a fait mettre ses quartiers en face des siens, quels autres preuves vous faut-il, Sieur Alirius ? », lista-t-il avec un air affairé comme si toute cette situation le peinait.

« A moins que tout ceci soit faux, et que l’on m'ai trompé ? », demanda-t-il, s’adressant cette fois à Mellissandre qui sentit son sang couler au ralenti dans ses veines, elle était glacée.

C’était vrai, elle ne pouvait pas nier le contraire car c’était trop facilement vérifiable. Ce n’était que des hasards mais c’était la vérité qu’il avait juste mis en bouquet pour attester son mensonge. Quand on cherche désespérément des preuves, les coïncidences paraissent forcément suspectes.  

« Vous vous méprenez, j’ai... », tenta-t-elle de plus en plus maladroite alors qu’elle perdait de sa superbe sous la jeu de rhétorique et les quolibets médisants qui commentaient à grand renfort de chuchotis la moindre assertion.

« La question était simple, est-ce que c’est vrai ou faux ? », insista-t-il tandis qu’elle se résignait. Elle avait perdu cette manche, il fallait l’admettre et garder ses bonnes cartes pour un moment plus opportuns.

« Oui c’est vrai, mais ça ne veut pas dire que j’ai une liaison », avoua-t-elle finalement, en gardant un regard farouche en guise d’avertissement. La partie n’était pas terminée.

Le Divin opina, peu impressionné, et sourit à l’assemblé.

« Mesdames et messieurs, je pense que les doutes sont suffisamment important pour arrêter Mellissandre Alirius et ses invités hérétiques. Bien entendu, aucun mal ne leur sera fait en attendant un jugement en bonne et du forme du magisterium... », clama-t-il apaisant les dernières craintes.

Non, il n’osait pas encore violer les traditions et prononcer des sanctions arbitraires sans l’appuie du magisterium. Cela rassura d’ailleurs Mellissandre qui était plus à l’aise avec les jeux politiques que les débats éthiques sur sa liaison inexistante. De toute façon, ça n’avait jamais été vraiment une question d’hérétie malgré les différences entre les deux cultes. C’était plus une histoire d’idéologie qui allait faire grand bruit… Car admettre l’existence de Corypheus remettait en cause beaucoup de choses, tout comme le fait de s’en prendre à des invités pouvaient nuire à l’image de Tevinter. Mais manifestement le Divin s’en moquait à un point que Mellissandre le soupçonnait d’être un venatori sûr de sa supériorité sur le reste de Thédas.

Enfin, il était trop tôt pour sauter les conclusions, et elle se laissa donc dignement encadrer par les templiers, leur jetant un regard menaçant quand ils firent mine de la neutraliser. C’était le moment décisif, elle se tenait prête si jamais l’Inquisition décidait de ne pas être coopérative. Selon, elle s’était une très mauvaise idée mais avec tous les impulsifs difficile de dire ce qui allait se passer.

Ayant bien compris que rien n’était joué, la foule reflua subitement vers les bords de la pièce, s’écartant prudemment au cas où un conflit éclaterait, ne laissant quelques personnes éparses en dehors des membres de l’Inquisition. Ainsi, Maevaris,  Dame Merinda,  Maximus et un nobliau du nom Albrexis clamèrent officiellement leur soutient dans le plus parfait silence, les yeux rivés sur les soldats de l’Inquisition. Eux aussi, n’attendaient qu’un mot, qu’un geste pour transformer cette presque paisible soirée en bain de sang.
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Posté Mer 25 Oct - 22:10
Je pétris la pâte, malaxant avec force la boule avant d’en faire un pâton que j’étale à l’aide d’un rouleau à pâtisser. Une fois un joli cercle d’une épaisseur homogène réalisé je commence à le poinçonner avec de jolis moules aux formes diverses et variées. Là une fleur, ici un serpent avec un dauphin à ses côtés. Il y aussi des formes géométriques plus simples au milieu de cette ménagerie et serre, des rectangles, des ronds. Je recouvre chacune de ces silhouettes de pâte d’un coup de pinceau enduit de jaune d’oeuf battu. Ainsi elles prendront une jolie teinte dorée appétissante durant leur passage au four.
Ces délicatesses vont ensuite refroidirent avant d’être recouvertes de crème de citron, de framboise, de compoté de cerise, de pâte d’amande colorée, de nougatine ambrée, de caramel. Toutes ces mignardises délicates et douces seront servies comme dessert, avec les assortiments de tartelettes et les massepains présentés en petits fruits, avec quelques fruits confits et frais aussi. Bref de quoi ravir tous les palais.
J’enfourne les plateau de silhouettes de pâtes dans le four et retourne la clystère afin de les laisser juste le temps qu’il faut. Il faudrait pas qu’on les oublient. Une petite heure et elles en sortiront toutes chaudes et parfumées du four.
Je profite de ce petit temps pour aller faire une rapide inspection de l’avancement du reste des plats. Je me suis mis à la pâtisserie pour me détendre, j’aime bien préparer des douceurs pour ça.
Seulement il y a un truc qui cloche, je sens qu’il y a quelque chose qui cloche dans la mécanique des lieux. C’est quelque chose qu’on apprend à sentir avec le temps, les mouvements propres qui animent les lieux. On finit par sentir quand quelque chose ne va pas, où qu’il y a un décalage quelque part. En tous cas moi je le sens.
Je les vois ensuite. Deux templiers avec un air pas commode peint sur la tronche, ils parcourent des yeux les lieux tout en avançant d’un pas décidé, sans se soucier de l’activité autours d’eux les esclaves s’écartant craintifs, quitte à prendre de long détours ou à s’arrêter dans leurs mouvements effrénés et pressés. Et si jamais un pauvre bougre a le malheur de ne pas s’écarter assez vite à leur goût ils le pousse sans ménagement. Pas des rigolos ceux là, et surtout des emmerdeurs. Ils sont en train de foutre un de ces merdiers ces zigotos !
Qu’est ce qu’ils foutent là d’ailleurs ces deux empaffés ? Ils vont me faire tourner le beurre si ça continue. Et qu’est ce qu’ils cherchent comme ça ?
L’un deux regarde dans ma direction et donne un rapide coup à son compagnon avant de me désigner d’un mouvement de tête.
Une sale odeur me monte au nez à ce moment. Ils avancent vers moi le visage fermé, hostile.

-C’est toi le cuistot de l’Inquisition ?

Simple question rhétorique, ils le savent déjà. D’ailleurs je n’ai pas le temps d’esquisser l’ombre d’une réponse que déjà l’un me saisit le bras. Là j’ai une putain de certitude qui s’accompagne d’une odeur écoeurante et viciée: ça pue la merde...
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Posté Mer 25 Oct - 23:34






◇ Une danse entre deux mondes ◇





Les deux agents de l’inquisition s’étaient retrouvés face à Radonis, l’Archonte de Tévinter, celui qui était à la tête de tout et dont le nom était souvent prononcé dans le sud quand ils parlaient de sa nation. Dans un premier temps, Cullen resta tranquille et observait ce que cet homme disait à Joséphine.





《 - Dame Montilyet tout le plaisir est pour moi. Il est courageux de votre part d'avoir quitté le confort de votre château pour s'aventurer en ce que certains estiment être un territoire ennemi. J'espère de tout cœur que votre visite pourra changer cela. 》





《 - L’inquisition n’a jamais eu d’aprioris concernant Tevinter, Archonte Radonis. Je dirais qu’il est regrettable que l’on associe votre peuple aux venatoris. Nous comptons l’aide de nombreux Tevintides au sein de notre organisation et leurs efforts sont remarquables. 》

Joséphine était douée pour parler aux nobles  - après tout elle en était une elle aussi – mais elle semblait également avoir captivé l’attention de l’Archonte ce qui était un avantage majeur dans cette situation. Il lâcha enfin la main de l’Ambassadrice et s’adressa alors au Commandant, qui garda tout son sérieux et sa droiture face à lui, bien qu’il était très impressionnant.





《 - Commandant Rutherford, je suis ravi de pouvoir vous compter parmi nous. Après la voix  vient l'épée, comme il se doit. La façon dont vous avez géré l'attaque des templiers rouges aurait de quoi faire rougir notre propre général, et c'est avec un grand soulagement que je constate que l'Inquisition a su bien s'entourer malgré sa jeunesse. Je ne peux que regretter que l'Inquisiteur Warvick n'ait pas pu se joindre à nous. 》





《 -  Vos compliments m’honorent, Archonte Radonis. Je n’ai fais que mon travail. 》

Il hocha sa tête de manière très formelle, ce qui convenait parfaitement à Cullen qui n’était pas un grand fan des formalités nobles.  

Vu la sincérité qui semblait se dégager de ses propos, l'inquisition l'intriguait au plus au point. Quelque chose à garder au coin de la tête, selon Joséphine qui observait le moindre détail sur cet interlocuteur de marque.

Mellissandre était encore auprès d’eux, et rapidement l’attention de l’empereur se détourna sur la jeune femme et l’invita à danser. Pour tout dire, il était normal qu’il s’intéresse à elle après tout elle était l’organisatrice du bal.





《 - Nous discuterons plus en profondeur plus tard 》





《 - Merci de nous avoir accordé de votre temps, Archonte. Je me réjouis d'avance de pouvoir échanger d'avantage avec vous. 》

Joséphine et Cullen prirent leurs distances après une petite courbette, puis retournèrent près du buffet où étaient stationnés quelques soldats de l’inquisition. Cordélia ne semblait pas bien loin non plus. Mais Cullen, ayant changé de zone de prédilection, observait les environs avec intérêt. Jusqu’à ce qu’au bout de quelques minutes, deux soldats arrivèrent au pas de course, le premier s’adressant aux Alirius tendis que le second à Cordélia, lui fit plisser les yeux, son attention braquée sur ce qui pouvait bien se passer. Pas besoin d'être un combattant pour savoir que ce qui se passait n'était pas normal.

Le soldat passa le mot et reparti aussitôt,  mais en passant devant Cullen, ce dernier se racla la gorge suffisamment bruyamment pour attirer l’attention de cet homme soudainement si précipité.





《 - …Commandant ? 》





《 -  Pourquoi cet empressement je vous prie ? 》





《 - Oh.. Navré Commandant. Et bien il se trouve que… 》

Il n’eut le temps de continuer que des bruits étrangement familiers de soldats au pas se firent entendre au bout du couloir non loin d’eux. Cullen devina que cela n’était pas normal et Joséphine se questionna pour savoir si tout allait bien.  Quand tout à coup l’annonceur prit la parole à nouveau, laissant entrevoir une certaine hésitation.





《 - Sa sainteté, le Divin impériale Valhail V 》

Un homme arriva et pas n’importe qui : le Divin noir. Si Cullen avait joué à la grâce perfide aujourd’hui il aurait gagné à coup sûr. Qui lui aurait dit qu’il serait tombé sur l’Archonte et le Divin le même jour en à peine une heure d’intervalle ? Il en riait presque si la situation n’était pas autant étrange. Sa Sainteté n’était visiblement pas le Bienvenue et avait interrompu la danse entre Mellissandre et l’Archonte.





《 -   Quelque chose ne tourne pas rond, ici. 》

Cullen connaissait Mellissandre et elle était particulièrement douée pour reprendre une situation qui lui échappait. Seulement, elle n’avait pas prévu l’arrivée de cet homme et cela n’échappa pas à Cullen qui s’empressa immédiatement de demander des explications à son soldat quand il aperçu les templiers arriver.





《 -   Que font les gardes ? 》





《 - Pour des raisons diplomatiques, ils nous ont conseillé de ne rien faire. Mais entre nous, c'est pour cette raison que j'ai accouru ici..》

C’était donc cela, Les Gardes ne faisaient pas leur boulot pour éviter un incident diplomatique. Autant ne pas en stationner du tout dans tous les cas. Cela ne servait à rien d'appeler Cordélia pour en discuter il était déjà trop tard.  

Le Divin traversa la salle jusqu’à faire Face à Mellissandre et curieusement, elle ne semblait pas à l’aise. Mais le Divin était presque menaçant vu sa démarche et la manière dont il fusilla du regard ce pauvre musicien qui l’avait interrompu un peu plus tôt.  Les templiers bloquèrent les sorties et Cullen regarda Joséphine qui commençait à perdre son calme en voyant cela.





《 - Que se passe-t-il ici ? Pourquoi bloquer les issues ? 》





《 - ça ? C’est une prise d’otage, Ambassadrice. 》

Cullen était presque heureux que le bal tourne à son avantage, mais il préféra se soucier de la sécurité de Joséphine à l’heure actuelle. Les templiers semblaient menaçants, eux aussi. Mais pas autant que le Commandant si l’un d’entre eux avait l’audace de se liguer contre lui. D'ailleurs son air menaçant fit glacer le sang de l'un d'eux stationné près de lui.





《 - Votre sainteté, que me vaut l’honneur de votre visite ? 》





《 - Navrée de troubler votre soirée, mais en tant que saint des saint je me devenais d’intervenir avant que cette plaie ne se répande dans notre belle citée ! Au nom du Créateur, j’ordonne l’arrestation immédiate des hérétiques qui osent profaner les terres sacrées de Tevinter ! Saisissez-vous de l’Inquisition… et de Dame Mellissandre Alirius 》

Joséphine eut un coup de froid  en voyant les templiers se retourner pour se rapprocher d’eux. Sauf que Cullen ne l’entendait pas de cette oreille. Il se plaça entre Joséphine et les deux templiers et se saisit de l’arme que possédait le patrouilleur de l’inquisition pour les dissuader d’avancer d’avantage.





《 - Pas un pas de plus, sans que l’on sache à quoi retourne cette accusation, votre Sainteté 》

Super, les voilà dans de beaux draps maintenant ils se font arrêter par le Divin et au vu de son grade, cela allait s’annoncer compliqué de desserrer l’étau.  Il comptait d’avantage sur les Alirius – ou plus précisément sur Mellissandre pour se tirer de là – mais à y réfléchir, Marilia allait forcément réagir pour aider sa fille. Cullen ne pouvait pas imaginer cette mère si proche de sa fille l’abandonner comme cela.

Mais malgré la situation, Marilia ne bougea pas d’un sil, observant la scène de là où elle était. Cependant le public était d’avis de ne pas embarquer Mellissandre, ce qui était un gain de temps considérable. Joséphine était collée au Commandant qui tendait le bras en sa direction pour la protéger comme il le pouvait.





《 - La foule possède un gros impact sur la situation, Cullen. La désapprobation est si grande que les templiers ne savent pas s’ils doivent nous emmener, ou non. 》





《 - En espérant que la situation perdure. Mais je dois vous avouer que s’ils lancent l’assaut je ne pourrais pas combattre et vous défendre en même temps 》

Le Divin réclama le silence en levant la main sans un mot de plus jusqu’à ce que tous se taisent ou du moins parle moins fort.





《 - Il me peine d’emprisonner une tévintide, une mage du Cercle de Minrathie que j’ai moi même félicité pour le succès de sa Confrontation, une fille respectée et aimée... 》

Oui, à Minrathie le Divin noir supervise les cercles. A la différence de la Chantrie d’Orlaïs, les hommes faisaient partie du clergé et Andrasté n’était pas reconnue comme étant une divinité pour eux. Cullen se rappelait de ses cours longuement étudiés, mais il ne s’imaginait pas ressortir cela un jour. Mais ce beau discours du chantre sonnait étrangement faux.





《 - ...mais il évident que notre Mellissandre a été corrompue par les barbares hérétique du Sud ! Pour preuve, elle ne cherche même pas à cacher sa liaison impie avec leur Commandant. 》

Dans ce cas de figure précis il était clair que…





《 - Je vous demande… pardon… ? 》





《 - …. Ne me dites pas que vous avez osé, Commandant. 》

En détournant le regard sur le côté, Joséphine avait déjà reculé d’un pas secouant la tête horrifiée. Elle semblait y croire en plus, mais pourtant le pauvre blondinet n’avait rien fait cette fois. Il n’avait certainement pas touché Mellissandre et encore moins sous son propre toit.





《 - Je vous assure je n’y suis pour rien, je ne vois pas ce dont il parle… Vous savez bien comment je fais taire les rumeurs. 》





《 - Vous êtes sans cœur au fait. 》

Peu importe si elle le croyait ou pas mais l’assemblée le dévisageait avec mépris, presque avec dégoût même. Cela le faisait vraiment mal au cœur, mais il devait garder la tête froide devant une provocation pareille. Cela était absurde de devoir arrêter quelqu’un juste pour cette raison.





《 - C’est absolument faux, je suis toujours rester fidèle à mon pays ! Je ne fais que servir Tevinter en nouant une alliance qui pourrait sauver le monde 》

L’archonte, qui s’était éclipsé en dehors de cette conversation, hocha de la tête suite à ce que Mellissandre lui dit pour sa défense. Elle essayait de se montrer inébranlable mais face à ces deux têtes de Tevinter cela ne devait pas être évident.





《 - Et, je n’ai de liaison avec personne. Propager ce genre de rumeurs totalement infondées est fortement déplacée et indigne de votre rang, votre Sainteté 》

Elle se défendait bien, mais Cullen doutait que ses paroles changent quoi que ce soit dans cette situation. Il tenait toujours l’épée dans sa main mais ne comptait pas s’en servir tant que les templiers restaient à leur place. Mais comment le Divin pouvait émettre de telles accusations sans connaître l’inquisition ?





《 - Je ne répand pas de rumeurs, j’affirme, Le Créateur m’a parlé. 》

Le Créateur avait autre chose à faire que de s’attarder sur de telles broutilles. Mais étant un Divin, il pouvait cracher n’importe quoi de son venin il arriverait à ébahir tout le monde, ce qui était entrain de se produire. Joséphine demanda conseil à Cullen c’était son rayon après tout. Mais très discrètement, il lui indiqua qu’ils ne pouvaient pas remettre en cause la parole d’un divin. Il fallait donc trouver une autre solution. Mais Mellissandre était en mauvaise posture. Si elle ne disait rien, elle approuvait son péché et si elle répliquait ou cherchait des excuses elle remettait en cause la parole du divin. Mais il n’avait aucune preuve et sans les preuves c’était sa parole contre la sienne. Cullen priait pour qu’elle réclame des preuves mais elle semblait résignée.





《 - Les voix du Créateur sont impénétrables... 》

Mais alors que Cullen semblait persuadé qu’il se fasse enlevé Octavius, le père de Mellissandre demanda des explications, furieux. Joséphine se mit à réfléchir, quelque chose n’allait pas dans cette histoire.





《 - Si c’est un complot pour faire arrêter l’inquisition, alors nos ennemis sont passés à l’action. 》





《 - Je ne vois pas vraiment comment on peut accuser sans preuve que l’une ou l’autre personne est un venatori. 》

Et surtout si cette personne est une des personnes les plus influentes de l’empire. Sans preuve quelle qu’elle soit, et mentionner les templiers n’était pas suffisant. Mais s’ils étaient là c’était qu’une personne dans la salle les avait avertis. Ils avaient vu juste : il y avait des venatoris dans la salle, et ce n’était certainement pas les Alirius. Et le baron, il était passé où dans cette histoire ?





《 - Je comprends votre désarrois Magister Alirius, mais vous êtes aveuglé par votre affection. J’ai dix témoins – dont les sœur Variani - qui les ont vu en rendez-vous galant dans l’après-midi hier, seulement escorté de la chef de la garde, j’ai ouïe dire qu’elle le couvrait de cadeau – une armure par le maître forgeron tout de même, qui d’autre à l’Inquisition a profité d’une telle générosité ? - et, comble de l’indécence, vous ne pouvez ignorer qu’elle a fait mettre ses quartiers en face des siens, quels autres preuves vous faut-il, Sieur Alirius ? 》

Les trois donzelles de la veille… Comment ont-elle pu rapporter cela au Divin alors qu’elles étaient venues juste pester contre Mellissandre ? Et leur sortie ne signifiait rien du tout, elle prenait plaisir à faire visiter la ville à ses invités c’était tout. Elle lui offrait des choses pour lui montrer qu’elle était riche et qu’elle aimait étaler la fortune de sa famille, sans parler de la porte en face de la sienne… A cela il mit la faute au hasard, du moins il l’espérait… Mellisandre, elle, continuait de se défendre comme elle le pouvait face à l'insistance du Divin qui réclamait son aveu.  





《 - Mesdames et messieurs, je pense que les doutes sont suffisamment important pour arrêter Mellissandre Alirius et ses invités hérétiques. Bien entendu, aucun mal ne leur sera fait en attendant un jugement en bonne et due forme du magisterium... 》

La sentence était tombée et visiblement Mellissandre avait joué toutes ses cartes. Mais au moins ils n’étaient arrêtés que jusqu’à l’assemblée au Magisterium. Cela rassura Joséphine, mais Cullen ne se voyait pas aller tranquillement en prison sans rien faire.

Mellissandre se résigna et se laissa alors saisir par les templiers tout en gardant de sa voracité s’ils se montraient trop violents avec elle. Mais pourquoi se laissait-elle faire ainsi sans chercher à obtenir le respect dans sa propre maison ?

La foule s’était écartée, laissant alors une meilleure visibilité de la pièce. Et alors que les nobles se retiraient, Cullen aperçu Maevaris, les bras croisés, qui le fixait dans un silence des plus significatifs. Elle était la première à rester sur place, et quelques mètres plus loin, Maximus était aussi statique à attendre que le premier bouge pour provoquer une rixe générale. Le commandant observait la zone avant de reculer au fil de l’avancement des templiers qui s’approchaient de lui. Bon sang, que devait-il faire ? La situation était délicate du point de vue politique.

S’il réagissait, devant le Divin et devant l’Archonte il pouvait être certain que leur alliance avec Tevinter tombe à l’eau. Et tout ceci n’aurait servi à rien. De tous les nobles qui étaient présents au bal, seuls 4 personnes étaient restées près d’eux pour les soutenir, mais ce n’était pas suffisant. Cependant les templiers de Tevinter ont une force nettement inférieure à celles de templiers sudistes, ce qui pouvait leur laisser un certain avantage, sans parler de Solas qui était un très bon mage. Et avec Maevaris et Maximus comme alliés ils avaient de grandes chance de remporter la rixe, mais était-ce nécessaire ?





《 - Archonte Radonis, vous qui représentez l’avenir dans votre Nation, pouvez-vous tolérer que l’on nous accuse de la sorte sans que nous ayons le droit de nous défendre ? 》

Joséphine s’éloigna de Cullen, contournant les templiers pour obtenir l’attention de celui qui représentait l’autorité de son pays. Dans un moment aussi crucial, il était nécessaire d’avoir son appuis, surtout qu’il ne semblait pas du même avis que son homonyme religieux.





《 - Par conséquent, je demande le droit de prendre la parole. 》

Des murmures s’élevèrent dans la salle, les nobles se délectant de la joute verbale qui s’annonçait. Joséphine s’avança alors vers le Divin gardant une certaine distance pour ne pas se montrer menaçante. Elle était alors au centre de l’attention, Cullen ne bougeant pas d’une oreille pour éviter de déclencher une bagarre quelconque. S’ils s’attendaient à ce qu’une grande rixe s’engage, Joséphine ne comptait pas laisser cette situation perdurer : la violence n’était pas la solution. Pourtant c’était ce qu’ils recherchaient à en voir les menaces qu’ils proliféraient. De tout son talent d’oratrice, elle se tenait droite, la voix assez portante pour paraître impressionnante, et ne baissant pas ses yeux de ses interlocuteurs afin de ne pas se soumettre.  La notoriété de l’Archonte étant en jeu, il était forcé de la laisser s’exprimer.





《 - L’inquisition n’est en aucun cas lié à la chantrie. En effet, son but premier n’est pas de prêcher la bonne parole, mais de combattre la menace qu’est la brèche et les failles disséminées çà et là au travers de Thédas. 》

Elle marqua une légère pause afin d’observer la réaction des personnes autour d’elle, alliés comme ennemis.





《 - Par la suite, nous avons réalisé quels étaient nos véritables adversaires. Je veux bien évidemment parler de ces fanatiques que sont les Venatoris et de leur ancien : Corypheus, responsable de l’ouverture de ces failles. La chantrie, impériale comme orlésienne, s’est bien évidemment opposée à eux et à leurs ambitions, eux qui vénèrent un autre dieu que le Saint Créateur. Notre objectif est de préserver la paix sur Thédas et nous agissons sur des plans diplomatiques et non religieux. Donc vos accusations d’hérésie n’ont en aucun cas lieu d’être. 》

Des voix se soulevèrent dans la foule, relevant que la chantrie impériale devait pour des raisons religieuses, s’opposer aux Venatoris.  Joséphine attendait patiemment la réaction du Divin suite à sa remarque. S’il était un fervent croyant du Créateur, il devait approuver. S’il était Venatori, il avait donc utilisé un prétexte pour mentionner le Tout puissant. De ce fait, il abusait de son pouvoir pour emprisonner ses ennemis sans avoir d’obstacle pour l’en empêcher.

Maintenant que cette accusation était réglée, Joséphine pouvait passer au sujet Mellissandre et ses galipettes avec le Commandant qui était un autre prétexte infondé pour les faire arrêter.





《 - Sans parler de l’arrestation de quelqu’un dans sa propre demeure, les délations que vous portez envers Mellisandre sont totalement infondées. Pour preuve, la journée d’hier était organisée par notre hôtesse pour montrer la splendeur de votre capitale aux dignitaires de l’inquisition. Sa présence esseulée avec le Commandant et la Garde Cordélia est uniquement due au fait que j’y étais indisposée. 》

A cela, le public parla d’avantage entre eux. C’était une sortie officielle non pas un galant rendez-vous entre les deux soupçonnés amants. Avec d’avantages de renseignements, autres que les roucoulements de quelques nobles jalouses, la situation se dévoilait plus claire à présent.





《 - Mellissandre vient de vous confirmer qu’elle a en effet offert des cadeaux au Commandant. D’une générosité certaine, elle a à chacun de nous donné un présent pour nous remercier de l’hospitalité qui lui était offerte à Fort Céleste.  Vous pouvez lui demander confirmation : Elle m'a offert un magnifique bijou, vous souvenez-vous, Noble Dame ? Ainsi, je ne peux que démentir cette nouvelle dénonciation. 》

Joséphine n’était mentionnée nulle part dans les accusations profanées par le Divin et donc en amenant son récit, cela donnait une toute autre tournure aux événements.





《 - De Surcroît, compte tenu du fait que j’ai dansé avec elle aujourd’hui : Auriez-vous accusé Dame Alirius d’avoir une liaison avec moi si ma chambre se trouvait en face de la sienne ? Ce trouve ces réflexions quelque peu… précipitées. 》

De l’indécence elle en avait à transmettre. Mais le Divin avait fortement sous estimé les talents d’oratrice de l’ambassadrice qui était extrêmement redoutable. De plus, elle venait de s’offrir les faveurs de la foule qui approuvaient désormais ce qu’elle venait de dire. Si elle se faisait arrêter, elle savait que les magisters présents dans la salle avaient une toute autre vision, désormais. Et leur libération était donc assurée. Tout cela avait été effectué sans bataille sanglante qui leur causerait leur perte à tous. Elle venait de démanteler chaque argument du Divin et cela démontrait sa grande force. Une des forces de l’inquisition.






《 - Avez-vous quelque chose à rajouter, votre Sainteté ? 》

Elle joignit ses mains devant elle, en attendant patiemment la défense du Chantre. Désormais, elle avait joué une partie de ses cartes. Et elle en avait d'autres dans la poche dans le cas où cette histoire se terminerait dans les cachots.

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Posté Ven 27 Oct - 11:46

Cordélia s'accorda un instant de pause pour fulminer près du buffet. Elle avait déjà assez de mal à gérer les frasques de ses soldats, elle n'avait pas en plus besoin qu'une noble Tévintide vienne lui faire la leçon et la menacer comme si elle était sa supérieure. Quel culot, franchement...

Elle en était encore à ruminer intérieurement quand un soldat vint la chercher et lui glissa quelques mots à l'oreille. Une angoisse insidieuse commença à s'insinuer en elle. Mais elle ne pouvait pas faire grand-chose pour le moment. Elle ordonna au soldat de ne rien faire avant de savoir ce dont il s'agissait au moment où le Divin Noir fit son entrée en grande pompe.

Cordélia le regarda proférer ses accusations, hébétée. Même si elle jetait un regard noir aux Templiers d'en face, le doute commençait à s'insinuer en elle. Elle ne connaissait pas le Commandant si bien que ça, et il était tout à fait plausible qu'il ait eu une petite aventure avec la jeune Tévintide. Après tout, l'Inquisition entière ne parlait que de ça, et celle-ci avait eu l'air particulièrement agacée qu'elle les accompagne... et le fait que le Commandant lui ait dit de ne pas écouter les rumeurs ne prouvait rien en soi... Enfin, quelle que soit la vérité, elle ne regardait personne et certainement pas l'ensemble de la salle de bal. De plus, les "preuves" qu'ils avaient ressemblaient davantage à un prétexte pour enlever Mellissandre.

Elle resta muette, observant Joséphine faire sa diatribe. Sa parole à elle ne valait pas grand-chose en tant que simple garde, même si elle se portait témoin, elle aurait peu de chances d'être crue, surtout si elle prétendait opposer sa parole à celle du Créateur lui-même. Quelle blague... Elle garda la main sur le pommeau de son épée, prête à intervenir au cas où ils décidaient d'en venir aux armes.
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Posté Sam 28 Oct - 19:45
Le sourire aimable de Solas se muait lentement en un sourire de triomphe. Auguste, bien que surpris, semblait ravi d'avoir l'occasion de parler de son métier – qui prenait des allures de passion. Il lui confiait sans la moindre honte son mépris des lois des autres pays, lui assurant qu'une fois que Solas aurait acheté l'esclave, c'était à lui et à lui seul qu'incombait la responsabilité légale. Il alla même jusqu'à lui présenter sa suivante comme s'il était un marchand de poisson. Avait-il deviné que c'était elle qu'il avait en tête ? Possible, même s'il était évident qu'il devait se méprendre sur ses véritables intentions. En tous les cas, il venait d'être mis dans d'excellentes dispositions.

Restait à savoir s'il voulait l'acheter, ou s'il pouvait se permettre de s'y prendre autrement. Il n'avait aucune fortune personnelle, et ses compagnons n'avaient pas emporté moult richesses avec eux, loin s'en faut. Et quand bien même Joséphine serait venue avec une petite fortune, elle aurait sans doute renâclé à l'idée de prêter – voire même donner, car Solas n'avait pas vraiment de moyens de le lui rendre – une telle somme à l'elfe, surtout pour affranchir une simple esclave.

En voyant Auguste jeter de rapides coups d’œil à Mélissandre de temps à autres, Solas devina qu'il avait là un possible moyen de pression, mais pour ça, il allait devoir consulter la famille Alirius. Il avait, en un sens, fait une faveur à Mélissandre en acceptant de venir, mais il savait qu'elle avait demandé sa présence faute de mieux, et il doutait que cela soit suffisant. Mais qui sait ? Ils étaient riches après tout, à ne plus savoir quoi en faire. S'il trouvait un moyen de se rendre important, il y avait peut-être moyen de négocier. Peut-être en leur garantissant qu'Auguste ne survivrait pas...

« Et quel serait votre prix ? À titre hypothétique bien sûr », se reprit-il en jouant le client frileux.

Il allait compter sur son ignorance des coutumes locales pour lui proposer un prix exhorbitant, il en était certain, mais Solas était convaincu qu'il aurait une bonne marge pour négocier : si Auguste sent que la vente peut avoir lieu, alors il acceptera un prix plus modeste, car après tout, Solas était de l'Inquisition, et l'Inquisition, c'était le cheval de bataille de Mélissandre. Ou bien peut-être se laisserait-il convaincre par la promesse d'un accord avec les Alirius ? Il allait vraiment devoir parler avec elle, sinon il ne...

« Sa sainteté, le Divin impériale Valhail V. »

Tout le monde s'interrompit en apprenant que le Divin Noir arrivait, et Solas jeta un regard curieux vers l'homme avant que la foule ne se mette à se courber à nouveau. Sa présence était inattendue, et c'était plutôt inquiétant : qu'est-ce qui avait pu pousser le second homme le plus important de l'Empire – à moins que ce ne soit le premier ? – à se rendre à cette soirée ? Accompagné de ses templiers qui plus est. Du coin de l’œil, le vieil elfe vit les soldats de l'Inquisition s'agiter, et la suite leur donna raison.

À l'instant où il prononça « saisissez vous de l'Inquisition », Auguste bondit loin de lui, bien décidé à ne pas être accusé de frayer avec un paria, emportant son esclave avec lui qui jeta un regard indéchiffrable à Solas. Ce dernier se raidit et fronça les sourcils. Lorsqu'il entendit que Mélissandre était elle aussi accusée, son froncement fut tel qu'il ne resta plus au dessus de ses yeux qu'une unique courbe chargée de suspicion. Tout cela sentait la manœuvre politique à plein nez, et un mot lui vint immédiatement à l'esprit : Venatori.

La foule fut au moins aussi choquée que lui, et il y eut des murmures de désapprobations qui s'élevèrent çà et là. Même Auguste se mit à grogner, lui qui semblait avoir des vues sur Mélissandre, et Solas décida de tirer parti de son inattention : il se déroba à sa vue et vint se glisser dans la foule, loin de ceux avec qui il avait pu parler. On ne l'avait pas présenté officiellement après tout, et seules ceux avec qui il s'était entretenu savaient qui il était. Cela lui laissait l'occasion de disparaître et de passer pour un serviteur. Qui faisait attention aux elfes après tout ?

Il se glissa dans la foule tandis que le Divin poursuivait ses accusations d'hérésie, alléguant une prétendue relation entre Mélissandre et Cullen. S'était-il rendu à Fort Céleste pour écouter les potins ? Solas n'avait aucune idée d'à quel point tout cela était vrai ou non, et il ne s'y intéressait guère. Pour l'instant, la question était : que faire de son anonymat temporaire ? Personne n'allait arrêter un elfe, mais il n'allait pas pouvoir passer pour un serviteur éternellement. Il pouvait profiter du temps que cela lui offrait pour disparaître, envoyer un corbeau à l'Inquisition et éventuellement servir de renforts.

Il hésita cependant. Le Divin venait d'affirmer devant la foule qu'il y aurait un procès, et les dizaines de témoins influents suffisaient à transformer ces paroles en inéluctable promesse. Le procès serait-il équilibré ? Ça serait une autre paire de manche, mais pour l'instant, il était évident que personne n'allait mourir ce soir tant qu'il n'y avait pas provocation. De plus, l'argument du « le Créateur m'a parlé » sonna particulièrement faux aux oreilles de Solas. Sans être un expert de la Chantrie, et encore moins de la Chantrie Impériale, cela sonnait grandement comme un blasphème, car on enseignait à qui voulait l'entendre que le Créateur était parti. Si le Divin avait déjà choisi d'utiliser un argument aussi fragile, c'est qu'il ne devait pas avoir grand chose sur eux.

Mais ce qui acheva de le convaincre de ne pas partir fut la réponse de Joséphine. Après en avoir appelé à l'Archonte, elle asséna une vérité difficile à contester : l'Inquisition n'était pas la Chantrie. Au contraire même, elle lui était presque opposée, au vu des tensions qui persistaient. Leur organisation n'avait pas de culte officiel, et même si elle avait été créée sur l'intention de la divine Justinia, sa mort rendait sa légalité particulièrement trouble. D'autant que les templiers s'en étaient définitivement détournés lorsque Warwick avait choisi de recueillir les mages. En somme, ils n'avaient de Chantriste que leurs origines, et même ce point là était contesté. Le Divin aurait bien du mal à qualifier d'hérétique une organisation avant tout militaire, et non religieuse.

Si elle s'y prenait bien, Joséphine pouvait même réussir à s'attirer la sympathie de la foule en leur rappelant que la Chantrie de Tévinter avait eu des origines bien similaires, en s'émancipant de sa sœur sudiste. L'Inquisition y ressemblait beaucoup après tout.

Solas décida ainsi de se rapprocher du maelstrom diplomatique, curieux de voir comment les choses allaient tourner. Il espérait aussi pouvoir en apprendre un peu plus : il parlait le Tévène après tout, ce qu'aucun de ses compagnons ne savait, ni personne à Tévinter d'ailleurs. Peut-être pourrait-il entendre des murmures de soldats qui ne se souciaient pas d'être entendus par un elfe anonyme.
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Posté Lun 30 Oct - 15:05
- - Scipio - -  
Inconscient de ce qui se tramait en salle de bal, les templiers affectés dans les quartiers inférieurs ramenaient sans ménagement le petit personnel jusqu’au premier étage où se déroulait la réception. Ce qu’ils avaient trouvé n’était pas bien glorieux pour être tout à fait franc : un homme à moitié soul consigné dans ses quartiers et un cuisinier albinos en train de s’affairer dans ses fourneaux.

Il n’avait pas l’air vraiment dangereux pour un hérétique capable d’empoisonner le coeur des tévintides – enfin peut-être pouvait-il les empoisonnait tout court, l’odeur qui régnait dans les cuisines étaient si alléchantes qu’ils avaient presque envie de s’arrêter pour prendre une petite collation.

Gardant un semblant de dignité professionnel, le templier se contenta donc de l’attraper sans ménagement par le bras et de le tirer hors de la cuisine.

« Sur ordre de sa sainteté, Vaihail V, je vous arrêtes », proclama-t-il d’une voix neutre sous les murmures choqués des esclaves et restèrent silencieux quelques instants avant qu’une jeune commis qui s’approcha timidement.

« Attendez ! »

Surpris le templier se retourna tandis qu’elle… lui demandait des instructions pour la cuisson des desserts. A partir de là, ce fut la cohue, chacun réclamant des indications avec force de détail, mortifié de rater une seule des créations. Scipio avait bel et bien réussi à imposer son autorité sur les cuisines, et tout le monde craignait bien plus la déception des Alirius que les quelques templiers en train de cuir dans leur belle armure, incapable de résister à un amas de serviteurs trop zélés. Tant qu’à faire, pourquoi ne pas goûter un de ces fameux petit pain fourré ?

Quand enfin, ils remontèrent, le débat battait son plein, loin d’être la loi martiale comme ils l’avaient envisagé. Aussi, les templiers s’efforcèrent de se faire le plus petit possible en attendant que les puissants aient cessés de converser.

*********

La situation dans le hall était tendu. On attendait dans un silence religieux ponctué de discrets murmures et raclement de gorges. Le regard lourd de sens, Mellissandre dévisageait Cullen de peur qu’il n’est le sang trop chaud. Même avec la promesse d’un bon traitement, demander à un guerrier de baisser les armes sans combattre n’était pas une mince à faire. Mais il le fallait, sinon toutes leurs chances partiraient en fumée, et elle avait misé gros.

Mais ils ne pouvaient pas savoir que la promesse n’était pas vaine, ils ne pouvaient pas savoir l’impact positif qu’aurait un procès devant le magisterium. C’était une occasion inespérée de répandre la voix de l’Inquisition, le Divin leur offrait une tribune, de la publicité, une visibilité décuplé par rapport à ces invités triés sur le volet.

La mise en garde silencieuse de Mellissandre sembla fonctionner grâce au concours de l’ambassadrice qui le calma, le temps de prendre la parole en s’adressant à l’Archonte. Une manœuvre audacieuse digne d’elle, même si cela n’était pas la plus habile aux yeux de la jeune tévintide. Qu’importe, ils jouaient collectivement à la Grâce Perfide, elle devrait étaler ses cartes de concert.

《 - Archonte Radonis, vous qui représentez l’avenir dans votre Nation, pouvez-vous tolérer que l’on nous accuse de la sorte sans que nous ayons le droit de nous défendre ? 》

« Vous aurez le droit de vous défendre Ambassadrice, mais plus tard, devant une assemblée neutre, pas devant un par terre déjà acquis à votre cause », tempêta le Divin aussitôt, mais puisqu’il était de nouveau impliquait dans le débat, l’Archonte ne se priva de faire un petit pied de nez à son rival de toujours.

« Il n’en est pas moins naturel d’accordé à des invités de marques le droit de s’exprimer, s’ils ne sont pas convainquant, vous pourrez les embarquer après », trancha finalement le dirigeant du pays avec un sourire en coin mal dissimulé par ses airs solennel ce qui lui donnait un petit air effronté si caractéristique impossible à reprocher. Même s’il avait détesté l’Inquisition il aurait probablement pris ce parti juste pour contrarié Valhail.

Le Divin serra les dents, inclinant légèrement la tête pour marquer son approbation alors que toute l’attention était reportée sur Joséphine. Plus qu’un homme religieux, Valhail était également un homme politique, malgré ce qu’il avait dit,  il savait que les Alirius n’avaient pas que des alliés ici, les grands noms étaient plus puissants que les allégeances. Le pouvoir de la Chantrie impériale s’effritait de jour en jour, il fallait frapper fort pour la restaurait, il se tenait donc près.

D’un regard il suivit des yeux Marilia qui allait échangé quelques mots avec certains invités, notamment la très décriée Maevaris. Il se méfiait de ce que cette vipère pouvait réserver, mais pour l’heure, il devait se concentrer sur les propos de l’Ambassadrice.

Habile oratrice, Joséphine commença par désengagée l’Inquisition de la Chantrie sudiste, sans doute frileuse à l’idée de s’engager sur un débat théologique qu’elle avait peu de change de gagné, puis elle réfuta un à un ses arguments quand à la prétendu liaison entre Mellissandre et Cullen.

Avec un sourire, Mellissandre s’empressa d’approuver toutes les affirmations de l’ambassadrice – qui en soit était vrai – même si elle se garda bien d’admettre que Cullen avait eu deux cadeaux, on n’était pas à ce genre de détail près. De toute façon, dans le fond, le Divin s’en contrefichait. Mellissandre pouvait bien couché avec qui elle voulait – à vrai dire ça ne lui aurait pas déplu de l’avoir pour maîtresse – tout ce dont il avait eu besoin c’était un prétexte, et la noblesse raffolait des rumeurs davantage que des conflits théologique.

« Comme c’est commode », ironisa-t-il aussitôt en toute mauvaise fois. « L’ambassadrice de l’Inquisition, qui donne sa parole en faveur de l’Inquisition en guise de preuve... », souligna-t-il avec un regard appuyé à la foule, se moquant clairement de l’antivane.

Oui, tout ceci n’était que du vent, des mots, mais sa parole avait plus de poids, surtout qu’il parlait de fait vérifiables et vérifiés – ce n’était que leur significations étaient distordues - tandis qu’elle ne pouvait guère prouvé avoir été invité à leur petite visite de la ville. Mais de toute façon, le Divin lui même était lasse de ses ragots, c’était sur d’autres sujets, plus noble, qu’il voulait titiller.

« Quand à prétendre que votre institution n’a aucun lien avec la religion c’est presque insultant pour les gens ici présents... », tonna-t-il finalement en se rapprochant un peu de l’assemblé.

« N’est-il pas vrai, ambassadrice, que votre Inquisition a été fondé sur un décret de feu la Divine Justinia ? », demanda-t-il avec un sourire carnassier.

Bien entendu, il n’avait laissé aucun détail au hasard, espérant profiter d’une plus grande connaissance pour remporter cette joute verbale. L’Ambassadrice ne pouvait qu’approuver car c’était effectivement sur la parole de la Divine orlésienne que leur institution avait vu le jour.

« Votre Inquisiteur, votre chef, n’est-il pas prétendument le ‘messager d’Andrasté’ ? Sauvé par celle que vous clamez être l’épouse du Créateur? Rien que ce titre, constitue en soit une hérésie aux yeux de la Chantrie Impériale ambassadrice », insista-t-il avec un mépris certain alors qu’il prononçait le titre de Ragnar.

Il y avait deux divergences majeur au sein des Chantrie : la déité d’Andrasté, et la cause des enclins. Pour eux, Andrasté était un mage, puissante et hypocrite, ils n’avaient tué qu’une femme, pas une épouse divine.

« Voyez mes amis, à quel point l’Inquisition est insidieuse. Elle se cache derrière ses ambitions de paix et de louables valeurs. Elle prétend ne pas se soucier de la religion alors que ce sont là leur racine, et, sournoisement ils véhiculent le message de leur Chantrie orlésienne ! Bien sûr qu’ils ne clament pas haut et fort qu’ils veulent convertir les notre, non ils le font dans le discrétion en croyant que nous sommes trop stupide pour nous en rendre compte ! »

Un murmure secoua la foule, divisée par les arguments amenés de part et d’autre du conflit. Les prenait-on réellement pour des idiots ? Ils se fichaient d’Andrasté comme de leur première paire de botte mais par contre, on ne les prenait pas pour des imbéciles. Il est vrai que ce détail quand à l’origine de l’Inquisition leur avait été omis. Quand au titre de l’Inquisiteur, ils avaient fermé les yeux dessus, car au moins, cet homme était un mage.

Il se voyait déjà vainqueur – ce qui augurait de bonnes choses pour la suite – mais une ignomineuse trouble fête s’éleva soudainement.

« Et encore, vous avez oublié de parlé de Corypheus », déclara Maevaris avec un air irrévérencieux qui faisait saillir ses pommettes. Elle soutenait officiellement l’Inquisition, aussi la voir aller dans son sens le déstabilisa quelque peu. Il y avait un piège, il le savait, parce que c’était pour une très bonne raison qu’il n’avait pas mentionné la deuxième hérésie dont ils étaient coupable. Il jeta un regard mauvais à Marilia qui souriait de toute ses dents en sirotant un verre de vin, et, de mauvaise grâce il opina.

« En effet, il y a tant à dire que j’en ai omis de mentionné une de leurs innombrables hérésie ! Depuis toujours, le Sud veut nous accuser de tous leurs maux et encore aujourd’hui cela serait un ancien magister qui causerait le chaos. Tous sommes, encore et toujours le bouc émissaire du monde ! », reprit-il avec de grand gestes éloquents tandis que quelques acquiescement amer le rejoignait. Oui, les tévintides étaient toujours le grand méchant loup de l’histoire.

Il savait que l’Archonte, ou Mellissandre, ou l’Ambassadrice allait s’en servir comme tremplin pour défendre leur fallacieuse paix, mais Marilia ne leur en laissa même pas le temps.

« Mais c’est faux bien entendu », reprit-elle d’une voix clair tandis qu’on fronçait les sourcils en harmonie. Allons, c’était le monde à l’envers ! Voilà que Dame Alirius elle même se liguait contre l’Inquisition. « La Chantrie nous enseigne que ce n’est pas les magister qui ont causé engeances et enclins, qu’ils étaient là avant », répéta-t-elle comme une bonne élève.

« En effet », confirma-t-il en commençant à voir où tout cela les mènerait mais, elle n’oserait tout de même pas…

« Et pourtant Corypheus existe bel et bien. C’est un être informe et Corrompu, une Engeance à n’en point douté. Comment justifiez-vous cela ? Vous n’allez tout de même pas croire à une coïncidence ? »

« Non à des mensonges, jusqu’à preuve du contraire, cette créature n’existe pas. Les sudistes raconteraient n’importe quoi pour justifier la grandeur de leur tâche, ils ont bien un ennemi mais rien ne prouve qu’il s’agirait d’un ancien magister corrompu ! »

Sa défense était maigre, il le savait. Pour des barbares, ils se seraient quand même nettement bien organisé à tous prétendre avoir vu la même créature de Cauchemar qui impliquait même les Gardes des Ombres même s’ils n’avaient pas encore réagit.

Marilia sourit et s’avança.

« Écoutez moi bien, car vous n’allez même pas avoir besoin de m’inventer une liaison avec le Commandant pour m’accuser d’hérésie », déclara-t-elle finalement soulevant quelques rire avec sa provocation tout à fait gratuite.

« Corypheus, existe, il est bien ce qu’il prétend être : un ancien magister souillé par la Corruption », la révélation avait de quoi faire s’emballait la salle, mais Marilia n’était pas prête à laisser l’attention retombait non sans avoir fait quelques effets de manches supplémentaire.

«  Il est temps de cesser de faire l’enfant en se cachant derrière des mensonges rassurants auxquels de toute manière, le reste du monde ne croit pas. Oui, ce sont des tévintides qui ont causés les Enclins, quand bien même, sommes nous responsables des actes de nos aïeux ? Non, nous ne sommes responsables que de nos actes, et aujourd’hui, nous avons l’occasion de faire un geste fort. De montrer aux mondes que cette Créature n’a plus rien à voir avec nous car nous la combattons. Il est indigne de la grandeur de notre nation de faire l’autruche. »

Elle marqua une légère pause, triomphante dans sa provocation.

« Notre Chantrie se trompe ou nous ment depuis des siècles ! Je n’ai que faire de l’opinion de sa sainteté à mon encontre, mais elle n’a pas la légitimité d’arrêter l’Inquisition pour hérésie, s’ils ont la vérité de leur côté »

Le débat prenait des proportions inattendues, car il ne s’agissait même plus de savoir si l’Inquisition méritait ou pas d’être embarqué, mais si le Divin avait la légitimité de le faire. En parlant en son nom propre, elle dédouanait l’Inquisition, tout en faisant officiellement vacillé le pouvoir de la Chantrie Impériale.

Débarrassé de son rival, l’Archonte ne pourrait que se montrer reconnaissant, de même que Corypheus aurait davantage de marge si le pouvoir de la Chantrie s’effritait, surtout qu’ils allaient lui faire une sacré publicité, des gens qui n’avaient jamais entendu parlé de lui aurait vent de sa puissance et de sa réalité. Quand on doute des préceptes inculqués, il est plus facile d’accueillir un nouveau dieu bien présent…

Le Divin ne savait pas quelles pouvaient bien être ces preuves, mais vu l’influence, le pouvoir de la Magister, le soutient des sudistes et Mellissandre qui avait passé du temps là-bas, il ne doutait pas qu’elle détienne un cocktail de témoignages et de textes anciens pour attester ses propos.

Il ne fallait pas la laisser achever. Théologie ou pas, l’Inquisition avait tout à gagné à prouver l’existence de leur ennemi à qui tout le monde croyait même s’il prétendait le contraire. Un paradoxe une fois de plus, une hypocrisie. On prétendait ne pas comprendre toutes les implications, mais aujourd’hui, ce n’était plus possible. En remettant en cause un des fondements de la religion : les magister n’ont pas provoqué les enclins, c’est toute la religion qui risquait de vaciller.

« Saisissez vous d’elle », ordonna-t-il avant même qu’elle ne puisse ouvrir encore la bouche.
Marilia s’inclina en levant les mains en signe de reddition, un sourire satisfait aux lèvres tout en faisant signe à Mellissandre de s’approcher.

Elle enlaça sa fille, murmurant quelques chaleureuses paroles à son oreille, ainsi qu’une révélation qui manqua de faire s’évanouir la jeune femme.

« J'ai bluffé, ma chérie, je n'ai aucune preuve, j'espérais avoir le temps d'en rassembler mais ce n'est pas le cas,  c'est à toi et l'Inquisition de prouver que j'ai raison », souffla-t-elle avant de se laisser emmener avec toute la dignité du monde, pas du tout inquiété par sa situation.

Tant que le doute était permis, il ne pouvait plus s’en prendre à l’Inquisition, tout se jouerait donc sur ce débat théologique pourtant bien réel. Ils avaient quelques jours, le temps du procès, pour réunir des preuves du lien entre Corypheus et les enclin – ou du moins réunir assez de soutient en ce sens - et convaincre Tevinter tout entière que leur religion était un mensonge.

A moins qu’ils ne décident de s’enfuir pour ne pas risqué d’être condamné à nouveau s’ils échouaient ?

Quand Marilia faisait un pari, elle ne le faisait pas à moitié. Soit elle gagnait tout, soit elle perdait... jusqu'à la vie.







[HRP : Bon, voilà ce qui arrive quand vous me faites improviser.

Du coup, je laisse encore un ou deux tour pour clore le bal à proprement parlé, maintenant vous avez le choix de poursuivre ou pas jusqu’au « procès » de Marilia. Si non, merci beaucoup d’avoir participé avec autant d’assiduité, vous avez été super ♥️

Si vous êtes partant pour continuer l’aventure, je vous laisse réfléchir à qu’est-ce que votre personnage pourrait faire en ce sens (pour rappel : il ne s’agit pas tant de prouver que l’Inquisition a un ennemi mais bien que c’est bien un ancien Magister tévintide corrompu par l’Enclin) un simple témoignage bien éloquent sur son physique peut faire l’affaire. Si vous n’avez pas d’idée, j’en ai plein pour tout le monde, donc on peut en parler :p

Pour ceux qui veulent poursuivre, il y aura soit des RP solo où vous réunissez votre « preuve » (et éventuellement en profiter pour fouiller dans des endroits habituellement inaccessible si ça vous chante ~), soit avec un MJ, et enfin, il y aura un grand sujet final où votre personnage expose sa preuve devant le magisterium et où on tranchera.

L’enjeu est bien entendu, la survie de la maman de Mellissandre, mais aussi l’alliance Tevinter/Inquisition.]





Sous le sourire tranquille de Marilia, Mellissandre s’efforça de rester droite en regardant sa mère s’éloignait avec tant de dignité qu’on aurait presque cru que les templiers l’escortaient. Le Divin leur lança un dernier regard féroce, gravant les visages de l’Inquisition dans son esprit, avant de faire volte face d’un pas exagérément altier et de quitter la demeure.

Il savait fort bien que le sursis accordé à l’organisation leur donner une chance de s’échapper mais il ignorait s’il voulait que cela soit fait. Leur fuite signerait un aveu, tandis que leur présence risquait de causer sa perte.

La religion s’était affaiblit au fils des ans à Tevinter, mais l’excuse divine et le lointain passé avait toujours été suffisante pour justifier les incohérences, les dissimulait dans l’ombre de l’ignorance et de forces supérieures, mais, face à des contradictions dans leur propre genèse, il ne donnait pas cher de son influence dans les années à venir.

Il y eu un moment de silence suite au départ du Divin et puis les conversations enflèrent, chacun commentant la joute verbale et les rebondissements dont ils venaient être témoin. Déjà il y avait les convaincus, les fanatiques et les indécis qui se dessinaient, c’est dès maintenant que ce jouer les procès de Marilia.

On aurait pu croire qu’après de tels événements, le bal aurait pris fin, mais les invités étaient bien trop habitués aux circonstances exceptionnelles pour s’en formaliser, il y avait donc encore quelques heures de grignotages et de danses en perspectives.

L’intervention du Divin avait fait mouche, renforcé par l’affirmation fort hérétique de Marilia, aussi certain jetait un œil méfiant à l’Inquisition comme s’ils allaient soudain sortir l’oeil chantriste pour les convertir à celle du Sud, mais au moins l’intervention de Joséphine avait été suffisamment efficace pour faire taire les rumeurs quand au Commandant et Mellissandre, enfin presque.

Encore sous le choc, Mellissandre était restée immobile, ignorant le brouhaha de conversation autour d’elle jusqu’à ce que son père la ramène à la raison et lui rappelle qu’ils devaient agir dès maintenant pour s’attirer le plus de soutient possible.

Avec le sourire le plus factice qu’elle s’était forcée à faire, Mellissandre, décida donc de parler un peu avec l’Archonte. Elle savait que c’était une chance de conquérir son soutient, elle devait obtenir des autorisations de fouiller dans l’Enfer de la bibliothèque du Cercle de Minrathie. Ce n’était pas le moment de se laisser submerger par la fatigue et la morosité.

[HRP : Bon, comme ce n’était pas très clair – désolée - j’ai rajouté un petit épilogue pour dire où on en est. En gros, le bal n’est pas encore tout à fait finis, mais bientôt. C’est donc votre ultime chance de parler avec des PNJ pendant le bal, après ils s’en iront et je clôturerais ce sujet pour en ouvrir des individuel avec chacun d’entre vous en fonction de ce que vous avez choisi de faire comme action/pour poursuivre des intrigues secondaires personnelles]
PROCHAIN NIV. :
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Posté Dim 5 Nov - 21:49
Oh merde. Manquez plus que ça… Qu'est ce qu'il me veut l'autre là ? C'est vrai que je ne suis pas une grenouille de bénitier mais quand même… Enfin encore des magouilles certainement et je dois faire partie des dommages collatéraux. Oh joie.
Il s'apprête à m'emmener je ne sais où, m'arrachant à ma chère et tendre cuisine. Seulement une petite commis avance timidement et… Me demande des précisions sur les desserts. Elle est quasi immédiatement par une horde de petites mains soucieuses de bien faire. J'en verserais presque une petite larme, c'est beau un tel dévouement à la cuisine. Braves petits.
Ces branquignoles de templiers se laissent vite submerger par les larbins, eh ben c'est quand même vachement loin de l'image qu'on en a chez les sudistes. Enfin je ne vais pas m'en plaindre. Je réponds avec force de détails à chacune des questions qui me sont posées, tout en gardant un oeil sur les templiers qui louchent sur une fournée de petits pains fourrés tout chaud sortis du four. Là une idée germe dans mon esprit, un sourire mauvais se forme dans mes pensées. En voilà une occasion en or, périlleuse et franchement pas des plus éthiques mais elle pourrait me sauver les fesses, ou juste me donner une petite revanche. Seulement cela risque d'être délicat en terme de dégâts collatéraux, je n'ai aucune idée si l'avertissement de Méllisandre concernant ce qui sort de mes fourneaux vaut encore… Et déjà des remords concernant l'empoisonnement de mes propres préparations me tiraillent. Quelque soit ma décision il faut que je la prenne et vite…
Ouais enfin je dis ça et je fais finalement rien. Trop de choses plus pressantes à régler en fait. Comme faire entrer dans la tête de cet abruti que la cuisson des paupiette doit se faire à feux doux PUIS à feux vif, et que le premier qui oublie le laurier et les clous de girofles pour les figues au four je m'arrange pour servir ses doigts en andouillettes avec une sauce aux champignons et un excellent chianti…
Il y a des priorités dans la vie.
Lorsque nous arrivons dans la salle de bal je remarque que c'est un beau bordel. Je pige rien à ce qui se passe mais ça a l'air fun ! Enfin j'espère pouvoir rire de la blague sans en être le dindon.

Après je ne sais combien de retournements de situations passionnants et la flamboyante intervention de belle-maman je dois dire que je m'en sors quand même bien.
Je suis sain et sauf, libre comme l'air ou presque; Maman va être ravie en apprenant ce qu'il s'est passé ici et la situation dans laquelle se trouve les Alirius. C'est toujours un excellent point.
Seul bémol: le dîner est gâché. Des heures de boulots qui s'envolent en fumée. Je doute qu'après un tel spectacle les Alirius désirent continuer les festivités…
C'est frustrant que diable !
PROCHAIN NIV. :
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Posté Mer 8 Nov - 12:32






◇ Une danse entre deux mondes ◇





Joséphine ne s’attendait pas à ce que le Divin reste de marbre devant la fragilisation de ses accusations envers l’inquisition. De plus, il était normal qu’il tente un revers pour retourner la situation à son avantage et la mauvaise foi dont il faisait preuve était plus que suffisante pour prouver qu’il était en tort.





《 - Comme c’est commode : L’ambassadrice de l’Inquisition, qui donne sa parole en faveur de l’Inquisition en guise de preuve... 》


Joséphine ne répondit pas à cette provocation infondée. Elle ne faisait que défendre l’inquisition et ses valeurs depuis le début, le Divin n’avait plus d’argument valable.





《 - Quand à prétendre que votre institution n’a aucun lien avec la religion c’est presque insultant pour les gens ici présents... N’est-il pas vrai, ambassadrice, que votre Inquisition a été fondé sur un décret de feu la Divine Justinia ? 》





《 - A cela je ne peux qu’approuver l’information. C’est en effet la Divine Justinia qui a ordonné que l’on forme l’inquisition si le conclave venait à échouer. Mais notre organisation reste néanmoins indépendante à la Chantrie, qui comme vous le savez à d'autres préoccupations en ce moment. 》


Cullen, qui écoutait attentivement le débat, savait que les sujets fâcheux allaient être cités, et Joséphine en était parfaitement consciente. Mais elle ne bronchait pas pour autant.





《 - Votre Inquisiteur, votre chef, n’est-il pas prétendument le ‘messager d’Andrasté’ ? Sauvé par celle que vous clamez être l’épouse du Créateur? Rien que ce titre, constitue en soit une hérésie aux yeux de la Chantrie Impériale ambassadrice 》





《 - L’on raconte effectivement que notre Inquisiteur a été sauvé par Andrasté lors de l’explosion du conclave, ce qui lui a valut son surnom. Mais nous ne sommes en rien responsables de l’hérésie dont vous nous accusez. 》


Ils n’avaient aucun lien avec le fait qu’Andrasté soit reconnue comme une divinité dans le Sud et cela, les personnes présentes le savaient bien, comme le Chantre en face d’eux.





《 - Voyez mes amis, à quel point l’Inquisition est insidieuse. Elle se cache derrière ses ambitions de paix et de louables valeurs. Elle prétend ne pas se soucier de la religion alors que ce sont là leur racine, et, sournoisement ils véhiculent le message de leur Chantrie orlésienne ! Bien sûr qu’ils ne clament pas haut et fort qu’ils veulent convertir les notre, non ils le font dans le discrétion en croyant que nous sommes trop stupide pour nous en rendre compte ! 》


Par Andrasté mais ce Divin avait été tiré à la courte paille. Il inventait insinuations sur insinuations et tentait de mêler le conflit entre les différentes Chantries et cela allait beaucoup trop loin pour le Commandant, qui trouva judicieux d’aider Joséphine durant cet échange. Cela partait bien au-delà de ce qu’elle pouvait répondre.





《 - Sans vouloir vous offenser, votre Sainteté, cela ne fait nullement partie de nos intentions. Nos différents de ce soir ne concernent en aucun cas le conflit de la chantrie et de ses croyances. Ce genre d’accusation n’a pas lieu d’être, car nous n'en sommes pas responsable. 》


Il croisa les bras, et il savait bien qu’il ne pourrait pas aller plus loin. Les conflits étaient initialement nés à Kirkwall et s'était répandu dans tout le sud de Thédas où mages et templiers continuaient de se livrer bataille. Et le fait qu'Andrasté soit reconnue comme une divinité n'avait rien à voir avec les intentions de l'inquisition à cet instant. La foule, en revanche, semblait perplexe et ne savait pas vraiment dans quel camp se ranger. Mais Joséphine voyait bien que les faveurs penchaient dans leur sens, et ce pour plusieurs raisons. Mais dans le fond les dignitaires de l’inquisition s’étonnèrent à moitié qu’il ne s’attarde pas sur les venatoris. Ce que Maevaris décida de faire remarquer avant que le divin crie victoire trop rapidement.





《 - Et encore, vous avez oublié de parler de Corypheus 》


Et là, le regard accusateur envers la maîtresse des lieux n’échappa pas à Cullen qui avait observé son attitude depuis un bon moment. Ce qu’il ne comprenait pas en revanche, c’était pourquoi se retourner vers elle en particulier ? Comme s’il attendait quelque chose d’elle… Mais la remarque de la Tévintide ne le ravissait pas et le fait qu’elle le soulève penchait la balance à leur avantage.





《 - En effet, il y a tant à dire que j’en ai omis de mentionner une de leurs innombrables hérésie ! Depuis toujours, le Sud veut nous accuser de tous leurs maux et encore aujourd’hui cela serait un ancien magister qui causerait le chaos. Nous sommes, encore et toujours le bouc émissaire du monde ! 》





《 - Mais c’est faux bien entendu 》


Le jeu se lança du côté de la mère Alirius qui se jeta dans le débat, sans même laisser le temps à l’inquisition de répliquer à nouveau. Mais la surprise était de mise : Elle semblait se liguer contre l’inquisition et sans faire de conclusions hâtives, l’Ambassadrice se contenta d’écouter ce qu’elle avait à dire.





《 - La Chantrie nous enseigne que ce n’est pas les magister qui ont causé engeances et enclins, qu’ils étaient là avant 》





《 - En effet 》


Il y avait certes plusieurs versions des légendes concernant les engeances et leur apparition en fonction de la chantrie peut-être. Mais les explications de Dame Alirius semblaient se pencher du côté de l’inquisition en fin de compte, quand elle mentionna que pourtant cet être existait bel et bien. Le Divin, lui était certain du contraire.





《 - Écoutez moi bien, car vous n’allez même pas avoir besoin de m’inventer une liaison avec le Commandant pour m’accuser d’hérésie Corypheus, existe, il est bien ce qu’il prétend être : un ancien magister souillé par la Corruption 》


Cullen tiqua sur sa provocation qui reprenait les accusations infondées du Chantre. Pourtant, cette révélation semblait secouer la salle, au grand soulagement de Joséphine qui constata qu’enfin on les prenait au sérieux. Marilia profita de l’attention pour continuer à s’exprimer : En indiquant aux gens d’arrêter de se voiler la face et de faire face à la réalité. En toute Franchise Cullen n’appréciait pas l’ambiance qui s’installait subitement. Il avait baissé son arme, voilà de longues minutes déjà, mais ne put s’empêcher de serrer l’emprise sur elle, comme s’il s’attendait à ce que tout parte en rixe générale. Mais la mère Alirius était maligne et indiquait aux gens qu’ils avaient enfin l’occasion de faire cesser cette vision misérable que les légendes ont sur Tévinter et d’avancer vers un avenir meilleurs.





《 - Notre Chantrie se trompe ou nous ment depuis des siècles ! Je n’ai que faire de l’opinion de sa sainteté à mon encontre, mais elle n’a pas la légitimité d’arrêter l’Inquisition pour hérésie, s’ils ont la vérité de leur côté 》


Dans la situation actuelle, la chantrie niait l’existance de Corypheus et cela avait fait sortir de ses gonds Marilia qui alla jusqu’à provoquer le Divin. La situation était devenue tendue et finalement et cela était devenu un tout autre débat. Cullen savait que le Divin cherchait à tout prix à arrêter l’inquisition peu importe les conséquences, et cela sonnait étrangement faux à son oreille. Il n’y avait aucun fondement sur les accusations, et il doutait presque à ce que ce dernier soit rangé du côté des partisans. Mais sans preuves suffisantes il ne fallait pas aller aux conclusions hâtives.

Mais le Divin n’en voulu pas entendre d’avantage et à défaut de ne pas avoir l’inquisition comme cible, il se tourna vers Marilia et ordonna son arrestation.





《 - Saisissez vous d’elle 》


La situation avait évolué et pas dans le sens qu’ils espéraient. Mais Joséphine continua d’observer silencieusement ce qui se passait : quelque chose n’était pas logique dans cette histoire. Et d’avantage quand elle vit que Marilia se laissa arrêter sans sourciller, un étrange sourire aux lèvres.

Les templiers s’approchèrent d’elle et l’emmenèrent sans plus de cérémonie, le Divin suivant alors le reste du groupe. Tout semblait redevenu calme et les discussions s’empressèrent de reprendre quand tous disparurent. Joséphine s’avança alors vers Cullen en attrapant un verre au passage pour se désaltérer.





《 - Je sais déjà ce que l’on peut faire pour la sortir de là. Même si entre nous, je doute qu’il y ait une certaine légitimité dans tout ça. 》





《 - J’ai comme l’impression que son but était d’arrêter l’inquisition sans vraiment se soucier de la manière à opter. Vous pensez que Dame Alirius était une sorte de « lot de consolation ? » pour ne pas avoir réussi à le faire ? 》





《 - Elle a quand même menacé le Divin en insinuant que la Chantrie impériale n'en aurait pas pour longtemps. Le problème désormais est tout autre. Mais j'imagine que le fait qu'elle ait prit notre défense y est pour quelque chose. 》


Ce bal était loin d’être terminé… Il fallait désormais discuter avec les autres Alirius pour mettre au point une situation. Joséphine, qui venait de faire taire les rumeurs concernant Mellissandre et Cullen, jugea préférable qu’elle s’en charge seule. Elle reposa alors son verre vide sur le coin du buffet et souffla à Cullen.





《 - Je vous remercie pour le temps que vous m'avez fais gagner tout à l'heure, Commandant. Le bal n'étant pas terminé, continuez de profiter de la soirée comme vous le pouvez. Mais je vous conseille vivement de ne pas vous approcher de Mellissandre pour le moment. Vous savez, ne prenez pas de risques. 》





《 - Entendu. Je vais aller finir quelques besognes, et je pense que je m’éclipserai comme tout bon dignitaire que je suis ~ 》


Il était ironique dans le ton qu’il utilisait, il était certain que Joséphine le reprenne, mais la soirée avait été pas mal entamée et vu les circonstances, il n’était pas étonnant que Mellissandre décide de le clore plus tôt que prévu. La foule étant restée sur les bordures, il retrouva sans peine Maximus et se rendit directement vers lui pour discuter deux mots.





《 - Je dois vous avouer que vous m’avez surprit en bien, en tant que dignitaires. J’ai eu droit à une belle démonstration de force et à une surprenante intervention de la part de votre ambassadrice. Je commence à comprendre pourquoi on vous redoute tant dans le Nord. 》





《 - Je transmettrai vos compliments à notre Ambassadrice, mais elle a eu la chance de ne pas être interrompue, au moins. Heureusement que vous n’êtes pas restés à la première impression données par mes hommes ce soir. 》





《 - Vous savez, je peux parfaitement comprendre leur ennuis, je ne suis pas là par pur plaisir non plus. Mais en revanche, la première impression que j’ai de vous, ce sont vos exploits à Darse. Réussir à remporter une victoire sans fortifications et avec un nombre limité de soldats, je dois avouer que vos stratégies ne sont pas à prendre à la légère. 》





《 - Nous avons dû jouer sur l’environnement, et comme ils empruntaient la vallée, nous n’avons pas hésité à nous en servir à notre avantage. Au moins pour gagner du temps pendant que l’on évacuait les civils. 》


Ils restèrent un long moment à discuter équipement – un sujet intéressant pour les deux partis, une fois lancé impossible de les arrêter. – Mais alors qu’ils s’extasiaient sur la composition des trébuchets et de leur efficacité, Maximus relança le sujet des soldats, alors qu’il voyait Cordélia s’affairer.





《 - Cette fille, elle vient d’être élue à son post ? 》





《 - Oui, cela fait moins d’une semaine, j’avais besoin de quelqu’un de courtois et patient pour ce genre de mission. En temps normal, je prendrais des personnes de confiance, mais malheureusement je les ai perdu lors d’une mission récemment. J’ai dû les remplacer rapidement, et bien entendu la plupart ne se tiennent pas tranquille en voyant que c’est une femme qui doit les mener. 》





《 - J’ai eu le cas une fois, un bon soldat qui avait toujours voulu mener les archers et il pensait vraiment avoir le post. Je ne dis pas qu’il était mauvais, mais sa manière de procéder ne me convenait pas. J’ai donc naturellement donné le post à une personne de confiance. 》





《 - Il en va de soit. 》


Ils passèrent leur soirée discuter et Cullen apprit beaucoup de choses concernant le mode de vie à Tevinter, il n’était absolument pas similaire à ce qu’il connaissait des cercles dans le sud.

Joséphine quant à elle, avait dût braver les discussions avec divers nobles venus la questionner à propos de la joute verbale qui s’était déroulée devant eux. Elle réussi à atteindre Melissandre que bien plus tard dans la soirée.





《 - Toutes mes excuses, j’aurais voulu venir vous parler plus tôt.》


Elle avait prit à part la demoiselle, pour pouvoir discuter tranquillement de la situation, sans stresse supplémentaires. Si Mellissandre désirait sortir prendre l’air, elle n’hésiterait pas à la suivre.





《 - J’espère qu’ils ne vous ont pas trop brutalisée ? Je m’en veux de ne pas avoir pu sauver votre mère de cette situation. 》


Elle ne voulait pas faire de conclusions trop hâtives, alors elle ne s’étala pas d’avantages sur la question. Joséphine voulait se montrer bienveillante à son égard, cela ne devait pas être facile pour elle de voir sa mère condamnée. Mais l’antivane avait bon espoir pour elle, le procès s’annonçait favorable





《 - Ne vous faites pas de soucis, ce procès va plutôt jouer en notre faveur, j’ai fais en sorte de rallier des familles influentes à notre cause, et Maevaris s’est occupée de rassembler ses alliés. Et connaissant la réputation de votre famille, je doute que la situation dégénère. Sa Sainteté n’est pas favorable à l’inquisition et veut essayer de nous chasser comme il le peut. 》


Maintenant qu’elle avait essayé de la rassurer, elle pouvait aisément lui demander des informations pour la suite.





《 - Mellissandre, vous devez savoir qu’il est de notre devoir de vous aider car nous sommes en grande partie responsables de ce qui est arrivé ce soir. De combien de temps disposons-nous avant le procès ? 》


Il y a une chose qu’elle pouvait faire, mais Cullen était plus apte à réagir, étant un grand stratège. Son avis était important, mais pas pendant le bal. C’était bien trop risqué de le voir s’entretenir avec la maîtresse de maison à l’heure actuelle.





《 - J’ai éloigné le Commandant pour ce soir, afin d’éviter que des autres rumeurs viennent vous embêter tous les deux. Mais si vous avez l’occasion de vous entretenir avec lui après le bal, il est de très bon conseil dans ce genre de situation. 》


Joséphine devait encore discuter avec pas mal de personnes ce soir-là, et n’attardait pas sa discussion d’avantage. Après tout la tévintide devait avoir encore à penser pour le reste de la soirée. Si bien que Joséphine ne tarda pas à retourner aux festivités.





《 - La soirée n’est pas terminé, ne souhaiteriez-vous pas boire quelque chose ? 》


Il était préférable de laisser le problème là où il était pour le reste de la soirée et de terminer ce qui avait été durement commencé ces dernières semaines.

PROCHAIN NIV. :
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Posté Lun 13 Nov - 22:22
« Votre mère a fait montre d’un étonnant courage. À moins bien sûr que vous n’ayez un atout dans votre manche. »

Personne n’avait fait attention à lui. Tous les regards étaient concentrés sur les membres plus officiels de l’Inquisition, et bien évidemment, sur les trois grands noms de la soirée : les Alirius, l’Archonte, et le Divin. Ce dernier les avait attaqué violemment, et de face, sans aucune subtilité. Son plan était-il vraiment aussi simpliste ? Ce n’était pas impossible : ce genre de position était plus stable que toute autre, et ne requérait pas forcément d’être un animal politique. Toucher au Divin, c’était plus ou moins s’en prendre au Créateur. Qui avait besoin de subtilité face à un tel postulat ? S’il voulait se débarrasser de quelqu’un, il n’avait qu’à pointer du doigt.

Seulement voilà, Marilia l’avait frappé à son seul point faible, et avait fait trembler le colosse aux pieds d’argiles qu’était la Chantrie. L'existence même de Corypheus remettait en cause le postulat de base de la Chantrie Impériale, et tout le monde au Sud l'avait déjà plus ou moins compris. Le fait est cependant que tout le monde s'en fichait, car pointer du doigt l'Empire Tévintide n'apporterait rien à personne pour le moment, si ce n'est encore plus de mépris de leur part à l'encontre des « sudistes ».

En revanche, ce que la mère de Mélissandre venait de faire, c'était un coup de poignard dans le dos. Si les dires de Corypheus étaient prouvés, le Divin n'aurait qu'à plier bagages. S'il était malin, l'Archonte trouverait même le moyen de le faire emprisonner, afin d'avoir son ancien rival sous la main en cas de besoin. Mais le plus important, c'est qu'une telle révélation serait un soufflet au visage du peuple Tévintide tout entier, une prise de conscience que, non, ils ne sont pas victimes d'un grand méchant monde jaloux de leur grandeur passée, mais qu'ils ont eux aussi commis de graves erreurs, terribles même. Et si Solas pouvait participer à ce réveil collectif, il en serait ravi : c'est par la contestation que naissait la révolution, et la contestation était l'enfant de la compréhension.

À demi-mot, Mélissandre lui fit comprendre que, non, sa mère n'avait aucune arme à sa disposition, et Solas n'en fut que plus admiratif. C'était un coup de bluff extraordinaire – et il était pourtant celui qui avait tenu sept Evanuris en respect à l'aide de sa force, de ses fidèles, mais aussi et surtout de ses ruses et de ses mensonges.

« Je peux vous aider, déclara-t-il sans préambule. L'Inquisition doit bien choyer ses alliés, non ? Ajouta-t-il avec un bref sourire à l'attention de Joséphine, qui se trouvait à côté d'eux. J'aurais besoin d'un accès à la bibliothèque la plus ancienne et la plus prestigieuse de tout Minrathie, ainsi que les meilleurs traducteurs d'Ancien Tévintide que vous ayez. Les plus dignes de confiance aussi. Je pense que l'Archonte sera tout à fait disposer à nous donner un coup de main à ce sujet. »

Si seulement Irisviel avait été là. Il voyait déjà ses yeux s'illuminer à l'idée qu'elle ait l'accès aux plus vieux ouvrages de l'Empire qu'elle avait tant étudié.

« S'il y a quelque chose concernant Corypheus, alors je le trouverai. Peut-être même que ce sera rapide : à cette époque, la magie était encore plus importante qu'aujourd'hui pour l'Empire, notamment parce que l'héritage de mon peuple était encore frais. Il n'est pas impossible que le ou les livres relatant la vie de l'homme extraordinaire qu'à dû être Corypheus en soient emprunts, qu'il s'agisse de sang ou de lyrium. Et s'ils ont un lien quelconque avec l'Immatériel, je saurais le sentir. »

Et quand bien même ce ne serait pas le cas, ils avaient plusieurs jours devant eux. Solas était confiant. Et quand bien même ils échouaient... Une magister mourrait. La belle affaire.

« Je ne sais pas ce que vous comptez demander en retour, dame Montilyet, mais pour ma part, j'aurais un petit service à vous demander. Un peu d'or, fit-il en baissant la voix en veillant à n'être entendu que par ses deux interlocutrices, afin d'acheter une esclave. Tout le monde à l'air de ne pas l'avoir remarqué, mais votre généreux partenaire commercial et marchand d'esclave Auguste est une ordure de la pire espèce. Je sais que nous ne sommes pas venus ici pour sauver qui que ce soit, mais je ne ferai pas la sourde oreille à une femme qui vient me demander mon aide. »

Et puis, une fois libérée et remise d'aplomb, elle accepterait peut-être de rejoindre sa lutte. Elle suivait Auguste partout, et devait en savoir long sur le commerce d'esclave et sur les secrets de la capitale de l'Empire. Elle pourrait bien devenir un atout de poids pour ses agents, peu répandus dans le nord.

« Engraisser le trafic d'esclaves pour une seule elfe n'est pas une excellente idée, j'en conviens, mais Auguste ne fera pas long feu de toute façon. Car je vous préviens, par politesse : il ne survivra pas à notre passage. Que vous accédiez à ma demande ou non, je le tuerai avant que nous partions, seul, dans ses rêves, sans aucun témoin. Personne ne pourra vous incriminer. Mais tenez-vous prêts à faire affaire avec son frère qui lui, au moins, ne s'amuse pas à frapper ses inférieurs pour la moindre contrariété. »

Il jeta un bref regard à Cullen. Bien sûr que chacun d'entre eux détestait Auguste à divers degrés, c'était évident. Mais oser s'en prendre à un tel homme pouvait être intimidant, surtout lorsque l'on n'était pas en position de force. Solas comptait le tuer après l'avoir payé, et ne récupérerait évidemment pas l'argent, faisant de l'anonymat sa plus grande force. Mais peut-être que Cullen comptait l'affronter en duel ? Lorsqu'ils l'avaient croisé, le soir de leur arrivée, il avait eu l'impression de sentir une pointe d'animosité chez leur commandant.

Restait à savoir qui, du duel ou de l'assassinat, nuirait le plus à la réputation de l'Inquisition. Car il y aurait des soupçons, à n'en pas douter. Aucune preuve, mais les rumeurs avaient un pouvoir certain ici, à Minrathie.

Qu'importe. Il mourrait.

« Si j'ai votre accord, alors je m'y rends dès que possible. Il serait dommage que le Divin y envoie des hommes avant nous. »
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