Dragon Age : Les Légendes de Thédas

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avatarLe temps d'un éclair [RP solo] D3ku
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Invité
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Posté Jeu 28 Sep - 23:55
Mellissandre respira profondément en relisant la lettre qu’elle venait de recevoir. Après le conseil de guerre il y a de ça 4 jours elle avait décidé de quand même prévenir les venatori des actions envisagées par l’Inquisition. Elle n’avait pas pu rester pour avoir les détails, mais au moins les avait-elle prévenu qu’ils étaient au courant, que Mireï était recherchée tout comme le livre et que cette dernière les avait possiblement trahi.

Bien entendu, se méfiant de Léliana, elle avait fait passer le message pour des civilités relatifs à son bal dont elle venait juste de commencer officiellement les préparations. En réalité, elle n’avait pas envoyé une lettre, mais une dizaine d’invitations personnelles tout à fait vrai et parmi elles, elle avait glissé son message afin de rester la plus discrète possible.

En revanche, elle ne s’attendait pas à recevoir de réponses, et encore moins de réponses aussi urgentes. Surtout que le point de rendez-vous était étrange. Ce n’était pas Golfalois à proprement parlé mais la route entre l’Inquisition et le village dans les montagnes.

Intriguée, mais surtout mise mal à l’aise par cette initiative, Mellissandre n’avait cependant pas vraiment le choix : elle devait coopérer. Sachant très bien qu’un départ précipité et secret paraîtrait suspicieux, elle ne se cacha pas alors qu’elle faisait sceller son cheval, expliquant – quand on l’interrogea - avec un grand sourire qu’une connaissance lui avait donné un rendez-vous impromptu et qu’elle était impatiente de revoir son amie mais qu’elle devrait être de retour rapidement.

Il se faisait tard, ce n’était pas prudent de galoper sur les routes eneigées et parfois verglacées – c’est bien pour ça qu’aucune caravane qui approvisionner le Fort ne circulait la nuit - aussi laissa-t-elle son cheval au pas, avançant prudemment. De toute façon, elle ne savait pas exactement ce qu’elle cherchait ni quel était précisément le point de rendez-vous alors elle ne voulait pas le manquer dans la précipitation.

Grelottant de froid malgré son manteau, et peinant à discerner le chemin dans l’obscurité malgré la lune et la flamme qu’elle avait créé pour s’éclairer, elle finit néanmoins par se stopper en entendant le bruit caractéristique des sabots qui foulent la neige à grande enjambée.

En travers du chemin pour bien signaler sa présence, elle eut néanmoins la surprise de voir émergée de la pente une silhouette encapuchonnée, aussi essoufflée au son cheval. Gênée par Mellissandre, l’individu dû ralentir puis complètement s’arrêter et une voix familière s’éleva, faisant sourciller la jeune mage.

« Mellissandre ? »
« Mireï… ? », hasarda-t-elle sans en croire ses oreilles, ayant malgré tout reconnue la petite voix fluette de l’elfe rousse.

Cette dernière retira sa capuche pour confirmer, lui jetant un regard aussi affolé que suppliant.

« Dame Mellissandre j...je vous en prie j’ai besoin d’aide ! Les venatori me pourchassent. Je… c’est long à expliquer m...mais j’ai besoin de vous, aidez-moi à rejoindre l’Inquisition, là-bas j...je vous tout !!! », demanda-t-elle sans dissimulée sa panique, son cheval s’agitant nerveusement corrompu par ses émois.

C’est à ce moment que l’altus compris. Dorian avait raison, Mireï avait bien regretté sa décision et décider que la magie temporelle était trop puissante pour tomber aux mains des venatori à nouveau. Sauf qu’elle n’avait pas juste décidée de s’enfuir, elle avait fait demi-tour. C’était pour ça qu’ils avaient pris le risque de la contacter. Elle était la seule à pouvoir intercepter Mireï sur la route avant qu’elle n’atteigne Fort Celeste.

« Ne t’inquiète pas, je vais t’aider », répondit Mellissandre en décalant un peu son cheval avec un air sérieux, comme si elle acceptait la gravité de la situation même si elle ne comprenait pas tout.

Mireï soupira en flattant sa monture pour la préparer à reprendre la course. Ils n’étaient plus très loin désormais.

« Je vous remer... »

Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase, lui jetant un regard incrédule avant de s’effondrer frapper par la foudre. Inconsciente mais vivante. Surpris par le bruit, son cheval se cabra la faisant tomber au sol en même temps que ses affaires avant de filer dans la neige au grand galop. Sa surprise avait été tellement sincère que Mellissandre se mordit la lèvre. Attaquer en traître ne lui posait pas de cas de consciences majeur mais en réalité elle appréciait plutôt la jeune elfette… Et elle ne pouvait pas s’empêcher de se demander ce que le Commandant ou Joséphine penserait de ses actes.

Elle était venatori, mais jusque là, elle n’avait pas fait grand-chose de vraiment mal. Elle avait bien tué quelques personnes et recruter de nouveaux membres mais c’était la première fois qu’elle mettait vraiment des bâtons dans les roues à l’Inquisition.

L’Inquisition qui n’était plus à ses yeux qu’un repère d’hérétique mais un repère de personnes. Il y en avait qu’elle détestait comme Dorian, comme Elwig, comme les templiers qui l’avaient agressés ou les commères jalouses. Mais il y en avait d’autre qu’elle appréciait Joséphine, Cullen, l’Inquisiteur, Scipio… Mireï.

Mettant pied à terre, Mellissandre observa le corps inanimé et entreprit malgré tout de le ligoter avec ce qu’elle trouva, c’est à dire une écharpe. Ce n’était pas grand-chose, mais au moins ses mains étaient positionnées de manière à ne pas pouvoir utiliser réellement la magie. Cela ferait l’affaire le temps qu’elle se réveille.

A peine avait-elle finit sa besogne que trois cavaliers se firent entendre, rejoignant leur petit duo incessamment.

L’un d’eux mis pied à terre et Mellissandre reconnue immédiatement Maximus, un laetan de bas étage qui était pourtant devenu un des coordonnateurs des venatori du sud. Comme quoi, venatori c’était une bonne situation d’ascension sociale. C’était un de ses seuls contacts qu’elle avait à proximité, leur groupe s’efforçant de se fractionner en plusieurs petites bulles de sorte à ne pas pouvoir trahir les autres si l’un venait à se faire prendre. Cela avait des avantages, mais aussi des inconvénients, comme le fait qu’elle n’avait eu aucune idée que Mireï faisait parti des leurs car elles n’appartenaient pas à la même bulle.

« Beau travail », la félicita-t-il avec un grand sourire, défaisant les liens de l’elfe pour les refaire de manière plus professionnel.

« Ton message nous a bien aidé, on commençait à s’inquiéter mais on croyait qu’elle avait été gênée par l’Inquisition ou par le mauvais temps… »

Une fois sa besogne effectuée, il l’encouragea à se mettre un peu à l’écart, le temps que la jeune femme reprenne conscience.

« Je dois dire que ton efficacité m’a impressionné, beaucoup d’entre nous commençaient à douter de ta loyauté à force de te voir faire les yeux doux au Commandant », plaisanta-t-il ce qui eut instantanément le don de mettre Mellissandre de mauvaise humeur.

Tendue, elle lui jeta un regard froid quelque peu agressif malgré tout. Les insultes de Dorian dansaient encore dans son esprit, tout comme les rumeurs sur sa prétendue liaison alors que, depuis Golfalois, elle trouvait que leur relation avait quelque chose de vraiment… pur. Sincère. Et puis, elle n’aimait pas entendre son collègue venatori prononçait son titre de Commandant. Comme si le simple fait qu’il mentionne son existence faisait planer un danger sur sa tête.

« Je n’apprécie pas qu’on remette en cause ma loyauté », répondit-elle finalement, jouant la carte de l’orgueil blessé pour justifier sa contrariété.

Il éclata de rire, tapotant son épaule avec un air de franche camaraderies.

« Ne t’inquiète pas, je pense que personne ne la remettra en cause désormais, mais bon, avec cette histoire de bal en plus, il faut bien reconnaître qu’on commençait à se poser des questions c’est tout », déclara-t-il ensuite, sa langue natale chantant doucement à son oreille. C’était quand même agréable d’être à côté de l’un des siens…

Toutefois, leur petite discussion fut interrompu par un sous-fifre qui annonçait ne pas avoir trouver le livre dans ses affaires, ce qui eut le don de contrarier Maximus.

« Mais où elle a bien pu le planquer cette garce ? On a fouillé sa chambre d’auberge il n’y avait rien, et ce n’est pas comme si elle avait eu le temps de le cacher quelque part depuis qu’on la traque… Elle l’a pas jeté dans un buisson quand même ? »

Malheureusement pour elle, c’est ce moment que Mireï choisie pour ouvrir péniblement les yeux, découvrant sa situation avec un affolement bientôt remplacée par de la résignation. D’ailleurs, un sourire presque victorieux s’afficha sur ses lèvres quand on l’interrogea sur la position du livre.

Très vite, face à son silence aussi mutin qu’obstinée les esprits s’échauffèrent et une première volée de coups s’abattirent sur elle.

« Ca ne sert à rien », souffla finalement Mellissandre lasse de la situation. Elle n’avait pas envie de voir ainsi la fragile demoiselle se faire molester. Et puis, elle savait très bien que la torture ne marchait pas quand il y avait une vrai volonté de garder un secret. Au mieux, ils obtiendraient un mensonge.

« Tu as raison », soupira Maximum en frottant un peu ses phalanges l’air néanmoins déçu. « J’imagine qu’il va falloir directement passer aux choses sérieuses... », conclu-t-il avec un ton indéniablement menaçant qui fit frisonner leur victime.

Relevant le visage amochée de la demoiselle pour qu’elle le regarde dans les yeux, il laissa un sourire malsain orner ses lèvres avant de murmurer.

« Je me demande comment ta maîtresse Liris, va réagir en apprenant ta trahison », demanda-t-il avec un air faussement naïf. « A ton avis, elle va se contenter de tuer ton frère, ou bien elle va l’humilier et le torturer d’abord pour atténuer sa frustration ? »

Pour la première fois ses mots semblèrent faire effet et un air horrifié déforma encore davantage ses traits alors que les larmes lui montaient aux yeux.

« Vous ne pouvez pas faire ça... »


Elle n’y croyait pas elle même et en désespoir de cause, elle tourna la tête vers Mellissandre, implorant une fois de plus son aide, sa pitié. Une image si pathétique que même la placide mage ne put s’empêcher de ressentir une pointe de culpabilité remuer en elle.

« Je vous en prie… Je n’ai jamais voulu ça, je voulais… je me moque de Corypheus, de l’Inquisition… je… j’espérais juste offrir une meilleure vie à mon frère en devenant l’apprentie d’un grand magister, c’est tout ce que je voulais... », sanglota-t-elle sans pour autant s’attirer davantage de pitié.

La jeune laetan qui se plie en quatre pour satisfaire un magister et s’élever de sa condition c’était du vu et de revu… Même si, elle ne pouvait pas s'empêcher d'avoir tout de même un pincement. La famille, c'était sacrée.

« Mais la magie temporelle est trop dangereuse… Elle pourrait détruire le monde… j...je ne veux pas lui offrir un monde détruit… Vous devez me comprendre Mellissandre ! »

Ce n’était pas totalement faux. A quoi bon vivre sur des cendres. Mais Corypheus avait les pouvoirs d’un dieu, il pouvait créer un havre de paix pour ses fidèles. Un sanctuaire ou ses parents seraient heureux.

Face à l’impassibilité affichée de l’altus, Mireï se résigna, laissant mollement sa tête tombait vers l’avant, écrasée par le poids de son découragement.

« Ne...ne lui faites pas de mal, je...je vous en supplie... »

A ce moment là, Maximus su qu’il avait gagné et il se montra soudain particulièrement mielleux pour lui soutirer les dernières informations. Le livre était caché dans une crevasse sur la route, elle l’avait déposé à l’allée. Il refusait de la croire sur parole, mais à partir du moment où elle était consentante, c’était un jeu d’enfant d’utiliser un peu de magie du sang pour fouiller ses souvenir et confirmer ses propos. Une fois que ce fut fait, que l’information fut vérifiée, elle s’effondra, épuisée, sans doute terrassée d’une abominable migraine d’avoir subit une telle intrusion, mais les choses n’étaient pas finis.

Ils savaient tous qu’ils ne pouvaient pas la laisser en vie. Elle en savait trop, elle était trop instable et surtout elle était recherchée. Cela ferait d’eux une cible vivante pour l’Inquisition. Ils étaient quatre, mais bien entendu, c’est vers elle que se tournèrent les regards sérieux, lui intimant de finir le travail.

Pourquoi elle ? Elle faillit poser la question, mais les doutes sur son allégeance dansaient encore dans sa mémoire et elle savait très bien la réponse.

« Ton frère, comment il s’appelle ? », demanda-t-elle sobrement en se redressant pour surplomber la jeune demoiselle, un air étrangement doux sur le visage.

Mireï fronça les sourcils, mais obtempéra une nouvelle fois. De toute façon, ses camarades avaient déjà l’information.

« Remus... »

Mellissandre opina gravement.

« Je m’assurerais qu’il ne lui arrive rien », expliqua-t-elle sur un ton légèrement attristé mais emprunt d’une mansuétude toute hautaine malgré tout. Cependant, cela sembla rassurée légèrement la jeune femme. La parole de venatori ne valaient pas grand-chose. Sans doute celle de Mellissandre ne valait-elle pas beaucoup plus mais au moins elles se connaissaient. Et puis, rien ne l’obligeait à lui dire ça, à prendre cette responsabilité.

Mireï ferma les yeux, sereine, tandis que Maximus se renfrognait un peu. Il savait qu’elle ne plaisantait pas et les Alirius avaient les moyens de protéger un pauvre esclave elfe si ça leur chantait. Le temps d'un éclair et tout serait fini.

La foudre la frappa une seconde fois, le coup de tonnerre déchirant le silence de la nuit qui revint, encore plus profond maintenant qu’un cœur avait cessé de battre.

**************

Mellissandre avait très mal dormit. L’auberge de la mouette et la lanterne n’était pas vraiment confortable selon ses goûts et elle avait à peine échangée un mot avec la venatori qui était restée avec elle. Une guerrière à la mine patibulaire qui n’avait pas ouvert la bouche mais qui lui servait d’escorte – et de couverture – si jamais il venait a y avoir un problème. Après tout, elle était censée passer la soirée avec une amie…

Maximus et le dernier venatori étaient parti récupérés le livre, elle n’avait plus de nouvelles depuis, en sommes cela était plutôt bon signe, mais ce n’était pas vraiment de l’allégresse qui l’habitait alors qu’elle reprenait la route du Fort des cieux. Elle réfléchissait beaucoup trop.
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