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Posté Dim 17 Sep - 22:18
Fort-Céleste, chapitre 9Ft. Scipio Romulus
A votre santé
C’était frustrant, mais surtout une bonne journée de merde. Bon, il en fallait bien de temps à autre, c’était vrai. Premièrement, le livre n’était plus là, et l’Inquisiteur comme le commandant doutaient de ses chances de s’en sortir parce que le pauvre petit paon était blessé. Ce qui n’était actuellement plus le cas, et Dorian le savait pertinemment. Ce n’était pas un petit sort de magie du sang de rien du tout – qui avait pour but de le paralyser, au point de bloquer ses organes vitaux pour le tuer – qui allait l’affaiblir. Le nécromancien était solide, mais tout le monde passait son temps à le sous-estimer.

Son verre se posa un peu trop brutalement pour paraître normal sur le comptoir. Mais voilà.

Mais le pire dans cette histoire, ce devait être Cullen. Il avait décidément dépassé les bornes. Le mage Altus n’était pas non plus blanc comme neige dans ce conflit, mais cette situation l’avait mis hors de lui. Pour une fois qu’il pouvait lâcher prise. Mettre des mots sur ces conneries qui lui trottaient en tête. Il avala une autre gorgée de vin.

Mellissandre devait avoir des plans bien précis derrière la tête. Mine de rien, son entrée seule en ces lieux était des plus curieuses : pourquoi se compliquer la vie à aller à la côte orageuse alors qu’elle aurait pu correspondre avec Joséphine et arrivée telle la diva qu’elle et sa famille étaient ? Sans s’être trop penché sur le sujet, le nécromancien trouvait effectivement ce seul point louche. Et comme par hasard, les deux seuls – ou en tout cas, de ce qu’il voyait – prenaient place autour de la table d’état major. Les Alirius adoraient garder toute la puissance qu’ils avaient sous le nez rien que pour eux. Sans parler de cette lettre, qu’il avait laissé de côté pour une fois : gagner la confiance de l’Archonte en se rapprochant de l’Inquisition. Bon, quel noble peu influent ne ferait pas ça. Sans doute les Pavus, qui maintenant à terre n’avaient plus que leur orgueil pour cacher leurs larmes. Son verre de vin, cette fois-ci vide, se reposa sur le bar. Soupirant de plus belle, la mine songeuse, laissant une tête lasse s’appuyer contre la paume de sa main, Dorian était malgré tout bien muet comparé à d’habitude.
Pas la forme aujourd’hui on dirait, Dorian.
Je ne te le fais pas dire.

C’était sorti avec tant de spontanéité que cela le surprit. Mais c’était loin d’être faux ce qu’il énonçait : toute cette histoire le préoccupait tellement que cela semblait le déprimer, à force. Ses réflexions de plus en plus poussées sur le sujet n’en finissaient plus de tourner en rond. Pour revenir toujours aux mêmes questions. Désespérant.

Mais alors que le nécromancien allait en avance payer le verre suivant, le tenancier l’arrêta court dans son geste, le sourire de travers. Et voilà, il allait lui faire la morale sur on ne savait quoi.
Je ne pense pas que c’est bon de se laisser aller comme ça.

Le Tévintide n’avait absolument pas envie de s’énerver une fois de plus. S’amusant distraitement à glisser un doigt contre sa petite marque sur la pommette, toujours appuyé contre cette même main, il soupira de tout son long. Ça faisait toujours aussi mal. Les yeux temporairement clos, il les rouvrit pour les poser lourdement sur le nain qui lui faisait face et qui avait posé la chope qu’il lavait pour mieux porter son attention sur lui.
Je dis ça dans ton intérêt, hein.
Juste un soir où je peux me changer les idées, c’est trop demander, Nugrim ?
Il y a mille et une autres façons de se changer les idées, Dorian.

Celui-ci se massa la tempe, la tête redressée maintenant, puis poussa un léger râle avant de se lever. Avec peine, cela dit, sans pour autant tomber par terre ou trop chanceler. Le nain qui tenait la taverne hocha négativement de la tête tout en soupirant, puis croisa les bras.
Okay, je fiche le camp. A tout bientôt, Nugrim.
Tâche surtout de te reposer, ça serait préférable pour toi.

Dorian marmonna tout en sortant de la taverne. Evidemment qu’il s’était amusé à répéter ce qu’il venait de lui dire. Quelle journée. Même après quelques verres de vin, la tension et la colère encore vive n’avaient pas baissé. Mais puisqu’on ne le laisserait pas boire en paix, une somptueuse solution s’offrait à lui : puisqu’il ne pourrait pas boire en paix, autant s’infiltrer par les cuisines, le tout en évitant soigneusement le sympathique nain qui tenait le bar. Elles devaient bien avoir du vin, que ce fût pour cuisiner ou autre.

Malgré la fin d’après-midi qui inclinait déjà le soleil vers l’horizon, Dorian n’avait pas tant froid que cela pour une fois. Sans trop de peine, il se trouva une fenêtre qui donnait sur la salle qu’il cherchait à atteindre. Pensif en premier lieu, il analysait sa récente trouvaille. Elle était à moitié ouverte. Parfait. Sans tellement hésiter davantage, le mage Altus s’en rapprocha pour pousser la vitre de manière à complètement l’ouvrir. Personne en vue, semblerait-il. Parfait. Prenant lentement de l’élan en reculant, Dorian s’élança pour atteindre la hauteur de la fenêtre, s’agripper aux bords en bois et entrer peinard. Ou presque.

En effet, il y avait un léger détail que le thaumaturge n’avait pas pris en compte, et c’était la bonne grande pile de vaisselle qui séchaient sous ses pieds. Heureusement pour lui, seuls de grandes cocotes ou casseroles étaient présentes. Si en plus il cassait des assiettes… Le fait restait qu’il trébucha complètement dans toutes ces piles qui envahissaient le plan de travail. Par chance pour lui, ce n’était pas le lavabo qui se trouvait sous lui pour l’accueillir dignement. Dans ce déséquilibre le plus complet, Dorian dévala le meuble avec les casseroles. Le voilà par terre, la jambe pas repliée s’appuyant contre le plan de travail, sur le dos, le regard posé sur quelqu’un qui en vérité était dans les cuisines. Ah. Mince. Baignant dans ses récipients, Dorian lui adressa un grand sourire, sa nuque mystérieusement bien placée sur l’un d’entre eux.
Bonsoir bonsoir, vous n’auriez pas du vin ?


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Posté Mer 27 Sep - 15:15
Je termine de vérifier la cuisson de la dernière tourte. Parfaite ! Soigneusement je la dépose sur le plan de travail. Quelques minutes à refroidir avant qu’on puisse la découper comme les autres et ensuite elle rejoindra les entrailles chaudes du four pour éviter qu’elle ne soit pas servie trop froide. Les effluves de la viande hachées et mélangées aux épices et aux herbes aromatiques s'élève dans les airs et vient chatouiller mes narines. Avec sa pâte dorée à souhait (le secret c’est le jaune d’oeuf avant d’enfourner la tourte) et sa farce, il ne vas plus rien en rester, pas une miette.
Le coup de feu ne vas pas tarder à être donné mais tout est paré, les piles d’assiettes sur la grande table, les accompagnements bien au chaud (une purée de pommes-de-terres crémeuses avec un peu de beurre et de lait-et le secret un peu de jus de viande) pour dresser en vitesse les premières assiettes.
La vaisselle de casseroles et plats en cuivre et étain, amoureusement entretenus  et nettoyés cet après-midi sèche sur le plan de travail à côté de l’évier. Un coup de torchon et elles pourront reprendre leurs places habituelles sur les étagères.
Un changement de la luminosité aussi brusque qu'inattendu me fait froncer les sourcils et me retourner vers la vaiselle, qui sèche sous la fenêtre donnant sous la cour que j’ai ouverte un peu plus tôt pour profiter d’un peu d’air frais.
Juste à temps pour voir un hurluberlus moustachu poser ses pieds dans mes cocottes en cuivre chéries et se ramasser dans un fracas métallique et avec une pirouette digne d’un troubadour.
Que le Grand Cric me croque…
Je reste quelques secondes tétanisé, déchiré entre deux émotions contradictoires. Eclater de rire ou me mettre à hurler à cause du bordel qu’il vient de mettre dans ma cuisine, mes pauvres casseroles. Mes jolis petits cuivres chéris, astiqués avec amour et soigneusement...

-Bonsoir bonsoir, vous n’auriez pas du vin ?

J’éclate de rire. Non par Andrasté c’est monstrueusement tordant comme situation. Je peux pas rester indifférent.
Ahahaha...ah !

-Vous m’avez l’air d’en avoir déjà pas mal dans les veines.

Du Tévintinde oui, je suis pas en état de passer de suite en langue commune. Faut déjà que j’arrive à respirer. Je me tiens littéralement les côtes, encore un peu et je sens que je vais pleurer de rire.
Par la culotte à fleurs de la grand-maman d’Andrasté je n’en peux plus.
J'essaie temps bien que mal de reprendre mon souffle.

-Excusez moi.. Mais c'est ce qui s'appelle.. pffrrr Mettre les pieds dans... le plat !

J'éclate de nouveau de rire. Me tenant les côtes de plus belle.
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Posté Mer 1 Nov - 19:27
Fort-Céleste, chapitre 9Ft. Scipio Romulus
A votre santé
La situation était curieuse. A vrai dire, le mage Altus s’attendait à tomber sur un jeune homme qui lui aboierait dessus, le jetterait dehors et rien d’autre. Mais non, ce jeune homme éclata de rire. Rien que ce petit élan de bonne humeur enjoignit Dorian à rire à son tour avec légèreté. Au moins, sa potentielle expulsion des lieux se ferait moins durement. Dorian savait qu’il était affreusement doué pour la première impression, mais il fallait dire que là, il se fut surpassé. Toujours allongé dans ses casseroles, il ne quittait pas le maître des cuisines des yeux.
Excusez moi.. Mais c'est ce qui s'appelle.. pffrrr Mettre les pieds dans... le plat !

Le nécromancien resta figé un instant, le regard crédule, la bouche légèrement ouverte. La blague mit un petit temps avant de pleinement percuter son esprit. Les pieds … dans le … plat. Dorian éclata de rire à son tour, un rire jovial, toujours empreint de cette légèreté que lui avait déjà prodiguée les deux ou trois verres précédemment bus.
Je ne vous le fais pas dire : une entrée fracassante !

Les rires reprenaient de plus belle. Peut-être n’allait-il pas partir de sitôt. Peut-être aussi allait-il se relever. Ce fut ce qu’il fit, ou tenta de faire a priori. Le thaumaturge s’assit, le regard posé sur le bordel qui s’étalait autour de lui. Dorian jugea utile d’en empiler deux-trois, avant de se lever en époussetant sa tenue et de faire volte-face avec prestance, joignant ses mains dans son dos pour regagner un semblant de noblesse dans sa posture.
J’ignorais que le grand cuisinier de Fort-Céleste était une langue de Dragon. Dorian Pavus, enchanté.

C’était vrai qu’il avait oublié la politesse. Mais cette réponse et cette blague en tévène l’eurent effectivement surpris. Ils étaient beaucoup de l’Empire, finalement, dans le coin. Paradoxal, compte tenu de la méfiance des gens – surtout des chantristes – à leur encontre. Bon, pas tous les chantristes. Ah non, c’était vrai, des fois Achilles s’emportait contre ses mœurs qui n’étaient pas les siennes. … Et une fois de plus, il pensait à lui. Mais qu’est-ce qui n’allait pas, avec l’Antivan ? Une grande question qui devrait sans doute attendre. Oh. Une douce et chaude odeur dans la cuisine attira son attention. Complètement perdu dans ses pensées, cela le ramena au concret.
Eh bien, quelle douce odeur que voilà. .. Mais je m’égare !

Il regarda cependant dans la direction du bistrot, plus ou moins décelable si on connaît le bâtiment un minimum.
Par contre, si le tenancier m’attrape ici, héhé. Je crois bien que je suis un homme mort !

Dorian se déplaça pour s’adosser à un mur, puis croisa les bras en continuant d’observer son interlocuteur. Toujours d’aussi bonne humeur, il ne dissimulait nullement son sourire arrogant et son regard rieur qu’il posait sur le jeune albinos.
C’est loin Tevinter. Je me demanderais bien ce qu’un gaillard comme toi fait ici. Cela nous fera au moins un début de conversation.

Cela dit, un élément principal qu’il était venu chercher originellement manquait à l’appel. Le regard aiguisé du thaumaturge se posa sur les quatre coins de la pièce, analysant le tout avec la même minutie que quelqu’un mal réveillé qui avait peu dormi de surcroît. Plissant des yeux, il reporta son attention finalement sur le cuisto, s’amusant également à se lisser la moustache dans un geste naturel, comme s’il le faisait tout le temps – si ce n’était pas déjà le cas.
Sans doute que je me répète, mais il serait dommage de converser la gorge sèche, n’est-ce pas. ~



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