Dragon Age : Les Légendes de Thédas

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Posté Mer 13 Sep - 2:14
Missive 12
Commandant,
Le baron Bohémond de Clairvallée fait appel à l’inquisition. Dans sa demande, il indique qu’il offrira une bonne partie de ses carrières si on arrive à lui débarrasser d’un groupe d’assassins qui complotent pour le renverser. Il indique que sa garde n’en fait pas façon et qu’en quelques jours il a déjà échappé deux fois à la mort.  
Le Baron du savon



Une bonne semaine passa depuis les événements surprenants que le Commandant avait vécus. Entre cette attaque de mage du sang et ses démons, l’empoisonnement de Mellissandre et la petite entêtée avec Dorian, il s’est permit de se retirer dans ses quartiers et rester tranquille pour soigner ses blessures et se reposer. Il n’avait vu personne en dehors des réunions d’état major tant il se concentrait uniquement sur sa paperasse habituelle et à disperser ses équipes au travers du pays.

Ayant reprit du poil de la bête, il s’était remis depuis 3 matins à ses entraînements au sein de ses troupes et chaque fois il en redemandait plus. Cela motivait ses troupes d’ailleurs, surtout les plus jeunes recrues enrôlées depuis peu.

Ce matin-là il combattait parmi ses hommes, épée et bouclier en main sous le regard attentif de Cassandra qui le surveillait au loin. Les matins de Fort Célestes devenaient de plus en plus froids, déposant une fine couche de givre sur les sentiers au levé du jour. Si bien que les soldats aimaient d’avantage s’entraîner pour combattre le froid. Un soldat tomba le dos à plat par terre, puis ouvrit les yeux, une épée pointée devant son nez.

«  - Encore mort. »
«  - Ce n’est pas juste commandant, le croche-pied devrait être interdit. »
«  - En attendant vous seriez mort la même chose, et encore moins là pour vous plaindre »


Il rangea son épée et l’aida à se relever, et après l’entraînement il alla récolter des rapports dont un en particulier où un noble lui crachait tout son venin dessus. C’était vraiment plaisant de recevoir une lettre de la part d’un aristocrate qui lui hurlait dessus car ses troupes avaient mis les pieds dans un de ses champs.

Il parcourait les remparts, plongé dans sa lecture, avançant d’un pas lent. Il chantonnait quand il tomba nez à nez avec Joséphine ce qui lui fit sursauter dans un premier temps.

«  - Je vous ai fais peur, Commandant ? »
«  - Et bien, si un peu. Que puis-je faire pour vous, Ambassadrice ? »
«  - J’ai… besoin de vous »


Vu le ton qu’elle avait employé c’était une question délicate. Il se mit à rire un peu, il allait encore se retrouver dans une situation embarrassante comme à chaque fois qu’elle prenait ses airs-là.

«  - Haha, encore un problème avec Dorian ? Je regrette fois ce sera sans moi »
«  - Ah non ! Pas cette fois ! »


Elle tenait également un rapport dans ses mains, visiblement il n’était pas seul à déplorer son courrier du jour.

«  - Le baron Bohémond de Clairvallée fait appel à l’inquisition. Dans sa demande, il indique qu’il offrira une bonne partie de ses carrières si on arrive à lui débarrasser d’un groupe d’assassins qui complotent pour le renverser. Il indique que sa garde n’en fait pas façon et qu’en quelques jours il a déjà échappé deux fois à la mort. »
«  - D’accord mais je ne vois pas ce que moi je viens faire là-dedans. Si j’envoie un groupe de soldat ils pourront résoudre le problème, j’imagine. »
«  - Sauf que le baron vous réclame vous. »
«  - Pourquoi moi ? »
«  - Et bien au vu de votre réputation, et du fait qu’il préfère s’entourer des meilleurs… Et il refuse d’entrer en matière si ce n’est pas vous qui veniez le voir. »
«  - … Ces nobles je vous jure. »
«  - D’ailleurs, chose amusante, il est un grand partenaire commercial de la famille Alirius. Mellissandre pourrait vous accompagner ce serait un bon point pour nous également. »


Donc le voilà en l’espace de quelques secondes, envoyé à Orlaïs avec Mellissandre à aider un noble capricieux à se débarrasser des assassins qui essaient de le tuer. Qui disait qu’il allait survivre jusqu’à leur arrivée.

«  - Vous avez quoi à me coller à Mellissandre ? »
«  - Ne faites pas le timide, tout le monde sait que vous vous entendez bien ~ »


Tout le monde… C’était l’inquisiteur, c’est ça ? Le Commandant soupira mais ne chercha pas plus loin. Il releva la tête vers Joséphine, qui comprit immédiatement qu’il n’aimait pas qu’on lui dise ce genre de choses.

«  - Rassurez-vous, je ne vais pas vous abandonner aux griffes des nobles orlésiens, Commandant. Je viens avec vous pour les négociations avec le baron. »
«  - Parfait, et quand partons-nous ? »
«  - Immédiatement, je le crains »
«  - ça me laisse à peine le temps de préparer mon cheval»
«  - Ne vous en faites pas j’ai déjà tout prévu. »


Prévoyante, cette Joséphine. Cela lui faisait presque peur d’ailleurs. Mais ils allaient de toute manière se déplacer en carrosse pour se rendre à Orlaïs, du moins les dames. L’ambassadrice avait pour habitude de le faire lors de ses déplacements, préférant le confort à la rusticité des chevaux. Contrairement à elles, le Commandant et quelques uns de ses hommes seraient à cheval, prêts à défendre le véhicule s’ils étaient pris dans une mutinerie.

Rapidement, Cullen, Mellissandre et les différents intervenants furent convoqués aux portes où tout se mettait en place pour leur départ.

«  - Je dois admettre que votre rapidité est déconcertante. »

Voyant le véhicule, il se disait que Mellissandre devait avoir un énorme plaisir à monter dedans à nouveau.

«  - comme on se retrouve, et cette fois pour un de vos amis Orlésiens.»

Il se demandait bien ce que cela devait faire de voyager dans un véhicule, mais cela le rendait mal à l’aise. Il n’aimait pas être assis à attendre que le temps passe, à ce moment-là autant le faire à dos de cheval.

«  - Profitez bien du voyage, je monte à cheval. Je ne pourrais pas supporter d’être enfermé là-dedans.»

Alors que tout le monde s’activait pour leur départ, le Commandant se rendit en tête de file où l’attendait Balthus en compagnie d’un ecuyer. Ce pur-sang Fereldien était un étalon mâle avec une carrure assez impressionnante, un cheval idéal pour le Commandant, qui adorait ces bêtes. Chaque fois qu’il avait l’occasion, il prenait le temps de se promener avec lui, étant le seul à le monter.

Les soldats qui fermaient la marche se mirent rapidement en place, alors que le Commandant chouchoutait sa monture. Puis il l’enfourcha quand tout fut prêt pour partir en direction de val Royaux, empruntant les sentiers montagneux des dorsales de givre en direction de l’est.

Le voyage fut long, mais ils finirent par arriver à l’orée de la soirée dans les rues colorées de Val royeaux. Le baron possédait une riche propriété en ville, entourée par un luxurieux jardin, emmuré sur son périmètre. Comme ils étaient attendus, ils se firent recevoir immédiatement, les gardes les laissant alors traverser la propriété.

«  - Comment font ces gens pour vivre dans une propriété aussi grande.. ? »

Leur arrivée n’avait cependant pas passé inaperçu, car voyager avec les bannières de l’inquisition était tout de même remarquable. Cela changeait bien entendu de leur dernier passage en ces lieux, depuis cette histoire avec les templiers du Seigneur-chercheur. Mais maintenant, les Orlésiens savaient que l’inquisition était dans leur capitale. Cullen se demandait tout de même si ce n’était pas risqué de servir d’appâts aux assassins.

Traversant ainsi le jardin où étaient exposés statues et représentations de ses produits, ils furent amenés près de l’entrée principale où attendaient quelques hommes du Baron. Après être descendu de son cheval, Cullen fut surprit par des cris en provenance de l’intérieur du bâtiment.

«  - Où sont-ils ?! Où sont-iiiiils ?! »

Le baron sorti alors d’un pas de course vers l’extérieur, poussant ses gardes au passage pour mieux observer le carrosse. Cullen hallucina : C’était lui le baron ?!

L’homme se précipita vers lui, l’observant de près, ses yeux derrière son masque qui semblaient vouloir sortir de leur globe pour se rapprocher d’avantage. Le commandant eut le simple réflexe de reculer d’un pas en arrière, en le voyant approcher.

«  - hmm.. Abricot. Vous avez bon goût pour les bons produits »
«  - Ah… heu.. je vous remercie ? »


Puis il se rendit compte qu’il ne s’était pas présenté à lui. Ils n’étaient pas des mabaris à se sentir le derrière pour se dire bonjour tout de même…

«  - Commandant Cullen Rutherford, pour vous servir, Baron. »
«  - AAAH mais oui ! Vous êtes venu pour finir !? MERCIIII, merci merci ! »


Le baron lui posa un bisou sur chaque joue et Cullen se mit à se demander ce qu’il faisait sérieusement là, alors que ses compagnons se riaient de lui.

Il tenait encore son cheval dans la main, comme il n’y avait pas d’écuyer dans les parages pour récupérer sa monture. Mellissandre et Joséphine ne tardèrent pas à les rejoindre.

«  - Baron Bohémond de Clairvallée, quel plaisir de vous revoir. »
«  - Aaaaah, Joséphine ! Très chère ! Cela fait bien longtemps ! Et Ooohhh ! Quelle surprise, Dame Alirius est avec vous ! Je ne vous ai plus revue depuis votre tendre enfance ! »


Alors qu’ils gloussaient tous les trois Cullen se contenta de les regarder et d’observer les alentours. L’air était plus doux ici à Val Royeaux, plus apaisant peut-être. Elwig et Loron qui étaient avec eux depuis le début du trajet s’approchèrent du Commandant avec leurs chevaux en main, préférant rester à l’écart des nobles.

«  - Il ne manque pas d’air je trouve »
«  - Oh rien que ça ? »
«  - Chut, nous somme ses invités, comportez-vous mieux que cela. »


Intérieurement il était dans le même état que ses hommes, mais il ne voulait pas encore faire capoter un plan ingénieux de joséphine à cause de son comportement. Après, pour ses hommes c’était une autre histoire.

Un des soldats du baron arriva, les invitant à le suivre pour permettre de déposer les chevaux. Mais rien qu’à regarder celui du Commandant à côté de celui de Loron, plus fin et plus petit, il se demanda vraiment si ce n’était pas un drake plutôt qu’un cheval. C’était dingue comment les soldats semblaient être de vraies femmelettes tout de même. Si maigre, et toujours obligés de faire des gestes gracieux pour tout et pour rien.

Bon après tout, la rusticité du sud de Ferelden était bien connue pour une chose, c’était son manque de raffinement. Il ne se posa pas de questions et le suivit pour y déposer Balthus. Une fois ceci fait, ils furent amenés dans un grand Hall rempli de vitrine contenant du… Savon. Loron regarda avec étonnement le contenu des cloches sur les piédestaux : Comment pouvait-on trouver beau ce avec quoi ils se frottaient les fesses pour sentir bon… ? D’ailleurs la galerie ne rigolait pas, il y avait plein de sculptures en savon dans toute la pièce.

«  - Excusez-moi, j’ai cru comprendre que le Baron était un partenaire commercial de la famille Alirius. Cela réside dans ces produits de ce genre ? »
«  - Le savon Tévintide a un succès fou dans le sud, et particulièrement ici, où le Baron a aidé au développement du produit. Chaque année, de nouveaux parfums voient le jour. »


Puis, ils traversèrent une allée où le Baron racontait à Joséphine ses exploits auprès de ces dames de la cour de Ferelden. Cullen s’approcha alors doucement de Mellissandre, regardant une étagère murale remplie de savons aux mille et uns parfums. Il y avait tellement de sortes différentes qu’il ne pouvait pas deviner à première vue combien il y en avait.

«  - Et bien, dans cette pièce il y a de quoi se laver pendant toute une vie »

Il se mit à glousser toujours dans la confidence avec elle.

«  - C’est Effrayant de voir un homme s’approcher de moi pour me renifler mon parfum. »

C’était  une allusion au Baron qui avait littéralement plongé ses narines sur lui. Comment avait-il fait pour deviner son odeur, lui qui avait prit un bain seulement la veille… Cela sentait aussi fort que cela ? Il avait l’habitude que Mellissandre utilise son Jasmin-menthe, mais alors il ne saurait absolument pas reconnaître son odeur.

«  - C’est un représentant de votre savonnerie ici ? »

Rien que de voir les conversations qu’il tenait cela ne donnait même pas envie de discuter de la mission avec lui…

«  - …. Et puis on vous enroule dans des feuilles de menthe pour purifier votre esprit et par la même occasion, cela libère les naseaux en cas de rhume … »

Et tout ça dans des gestes incroyablement exagérés. Comment faisait Joséphine pour apprécier la compagnie de ce genre de personnes… ? Son soupir en disait long... Quoi qu’il en était, il avait hâte de fouiller la ville à la recherche des assassins. Mais il laisserait Mellissandre introduire subtilement le sujet, elle avait bien compris qu’il s’impatientait. C’était qu’elle commençait à vraiment bien le connaître.

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Posté Mer 13 Sep - 21:24
Cela faisait longtemps que Mellissandre n’était pas allée en Orlaïs. Même s’ils avaient beaucoup de partenaires commerciaux là-bas, elle se rendait rarement sur place pour la simple et bonne raison que – comme le reste du monde - les orlésiennes aimaient assez peu les tévintide. Elle avait donc été quelque peu surprise quand Joséphine lui avait parlé d’un baron qui apprécierait de la voir intervenir. Toutefois, tout s’était éclairé quand elle avait entendu le nom de Béhemond Clairvallée. Cet homme avait autant de nez – sans mauvais jeux de mots – pour les affaires que pour les parfums mais il était surtout réputé pour son excentricité décomplexée. Le genre de personnes qui ne s’intéressaient pas beaucoup à sa réputation : tant qu’on parlait de lui cela lui convenait.

Décidée à se faire bien voir en exécutant une mission pour l’Inquisition elle avait bien entendu acceptée. D’autant plus que l’idée de passer quelques jours dans un manoir orlésien était plutôt satisfaisante. Pour ne rien gâcher, elle effectuerait cette mission en compagnie de Cullen et Joséphine, deux personnes qu’elle appréciait suffisamment pour être enthousiaste.

C’est donc tout guillerette qu’elle se présenta à l’entrée du Fort pour partir en expédition. Elle déchanta quelque peu en apercevant Elwig parmi l’escorte mais il lui retourna un regard froid très loin de l’animosité qu’il lui avait préalablement porté. Avec un peu de chance, il avait finis par accepter sa présence malgré les circonstances quelques peu… folklorique de sa venue.

C’est à ce moment que Cullen arriva et elle le salua, ignorant sa petite remarque, son esprit toujours tourné vers le templier qui finissait de préparer son cheval.

« Faites moi penser à bien fermer la porte à double tour si je prends un bain », souffla-t-elle à demi voix pour que seul le Commandant soit dans la confidence. Après tout, il était l’un de ses seul à pouvoir comprendre à quoi elle faisait allusion et il ne s’agissait pas de déclencher une quelconque hostilité, c’était juste un peu d’humour qui montrait qu’elle avait finis par digérer l’événement.

Les civilités achevées, elle rejoint avec plaisir Joséphine dans la calèche qui les conduirait jusqu’à Val Royeaux. Enfin un mode de transport civilisé. Ce n’était pas tant qu’elle n’aimait pas les chevaux mais on était quand même nettement moins bien installé pour les longs trajets…

« Amusez-vous bien Commandant », répondit-elle avec un sourire pétillant à sa remarque. Maintenant qu’elle savait à quel point il adorait les équidés, son choix était fort compréhensible. Et puis, elle préférait le savoir à l’avant en train de surveiller le convois. En plus, ça lui laissait tout le loisir de commérer avec Joséphine sans devoir supporter son regard exaspéré.

Le trajet se passa sans encombre et vu le confort elle ne vit pas le temps passé. Résistant à la curiosité de jeter un œil à la propriété, elle se contenta de regarder par l’étroite fenêtre quand ils furent accueilli par les gardes. Ils étaient attendus aussi il n’y eu aucun problème à ce qu’ils débarquent dans la cours. Espérons que cela soit de bonne augure pour la suite des opérations.

Admirant les jardins et les décorations, Mellissandre se contenta de jeter un sourire chargé de sous entendu à Cullen quand il se demanda comment c’était possible de vivre dans une propriété aussi grande. Sa maison à Minrathie était de taille raisonnable compte tenu de la densité de la ville mais sa résidence secondaire à Neromanian…

Elle n’eut toutefois pas le loisir de s’étendre davantage dans ses comparaisons car le noble – fidèle à sa réputation – sorti avec enthousiasme de sa demeure pour les saluer. Elle dû se retenir de rire quand il renifla Cullen avant de le féliciter pour son goût en terme de parfum et de lui faire la bise comme à une vieille connaissance. Décidément, Béhemond n’avait vraiment pas changé. Elle était encore jeune la seule fois où elle l’avait rencontré, son attitude si excentrique avait causé pas mal de migraines à ses parents obligés d’expliquer à la jeune et curieuse Mellissandre pourquoi il ne faisait pas comme tout le monde.

Joséphine le salua mais l’attention fut rapidement portée sur sa personne. Sort de sang ou pas, il semblait heureux de sa présence et Mellissandre dû adroitement calmer ses ardeurs en lui offrant sa main avant qu’il ne se lance dans une étreinte amicale. Ils bavardèrent quelques instants tandis qu’il commentait son audacieux mélange de jasmin et de menthe puis ils furent introduit à l’intérieur.

La décoration était fascinante. Du savon, partout, sous toutes ses formes, de toutes les couleurs, de toutes les tailles. C’était tellement extravaguant et obsessionnel que même Mellissandre devait faire des efforts pour ne pas rire. D’ailleurs, vu qu’une majorité des produits venait de chez elle, il y avait ses armoiries un peu partout ce qui était assez amusant au demeurant. Elle se sentait presque chez elle où la moindre cuillère portait leur emblème. De bonne humeur, elle se prêta volontiers à l’écoute des exploits du baron, habituée aux mondanités et aux fausses conversations.

Son attention fut toutefois détournée par Cullen qui s’était approché pour discuter un peu, commentant la quantité faramineuse de produit ici avant de rajouter à quel point il trouvait l’attitude du maître des lieux angoissante. Elle rit légèrement à son commentaire lui jetant un regard facétieux alors qu’elle se penchait un peu vers lui pour pouvoir respirer son odeur à son tour.

« Cela vous terrifie seulement quand c’est un homme ? », le taquina-t-elle en se redressant, une moue contrariée aux lèvres. « Tout de même, c’était bien la peine que je me donne tant de mal à vous proposez des parfums complémentaires si vous n’utilisez que l’orange », soupira-t-elle en constatant que le baron, fidèle à son nez, n’avez effectivement pas omis de fragrance.

Posant un regard distrait sur les statuts qui parsemaient la pièce, elle se décida à lui offrir un semblant d’explications.

« Oui, c’est à Orlaïs qu’on vend le plus ce genre de produit. Honnêtement, le baron a vraiment contribué à démocratiser le luxe dans ce domaine, les gens préférant habituellement les huiles de bains ou les parfums. En fait, ce partenariat commercial nous a vraiment été très bénéfique », conclu-t-elle avec un sourire.

Maintenant, ils étaient suffisamment implanté pour que la mort du baron ne soit pas trop catastrophique pour les affaires, mais c’est vrai qu’il avait fait beaucoup. C’était étrange d’imaginer qu’un homme qui semblait parfois si stupide puisse être un tel visionnaire.

Vu le long soupir qu’il poussa en attendant les élucubrations du maître des lieux, Mellissandre lui fit un sourire compatissant et elle se rapprocha pour prendre les choses en main alors qu’il parlait de sa récente cure thermale.

« Tout de même, vous allez-bien ? On m’a dit que vous aviez subis plusieurs tentatives d’assassinats, cela doit être terriblement stressant », lança-t-elle avec un intérêt feint pour sa sécurité, prétendant se sentir concernée.

« Ohlala vous n’imaginez pas ! J’ai au moins 4 cheveux blancs supplémentaires », se plaignit-il, se lançant aussitôt dans un long bavardage pour raconter avec force de détails les tentatives qui avaient frappé sa personne. Apparemment, il n’y en avait qu’une seule avérée – à moins que l’étouffement à l’os de poulet avalé de travers soit une nouvelle méthode de la Maison du Repos – un homme s’était introduit dans ses quartiers et avait tenté de lui trancher la gorge avec un couteau. Heureusement, il avait été aperçu par une nouvelle servante et les gardes avaient pu se débarrasser de l’intrus sans problème. Depuis, il était devenu paranoïaque.

« Je suis sûre que c’est mon neveux. Il veut s’emparer de mes savons ! Mais il n’a pas l’élégance nécessaire pour reprendre mon commerce ce scélérat ! Jamais, je ne lui céderais mes boutiques, JAMAIS ! », s’époumona-t-il d’une voix grandiloquente avant de se calmer à l’approche d’une jolie servante.

« Ah et voilà l’héroïne qui a vu l’assassin », la présenta-t-il en faisant un vaste signe de bras pour désigner une superbe femme rousse qui arrivait en portant avec adresse un plateau chargé de rafraîchissements.

Il avait du mal à faire confiance à son personnel, mais manifestement la demoiselle avait gagné un soupçon de gratitude à défaut de son respect.
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Posté Ven 15 Sep - 15:54


Le Baron du Savon
Cullen & Mélissandre & Elian'Ha

Il avait fallu du temps à Elian’Ha pour retrouver Ragnar, alias l’Inquisiteur. Elle devait trouver un moyen de le voir. La question était comment ? Avec son statut, elle ne pouvait pas se montrer comme cela… Oh et pourquoi pas après tout ? Surtout qu’il y avait désormais un facteur qui pouvait faire descendre la balance de son côté, mais il fallait qu’elle soit maligne et qu’elle utilise celui-ci de façon subtile. Tandis qu’elle réfléchissait à comment aller à Fort-Céleste, elle fut dérangée dans ses appartements par un homme des Corbeaux, qui lui ramena un ordre de mission. Génial, elle devait repartir ! En lisant la lettre, elle sourit, avant de se préparer. Elle allait pouvoir tuer de nouveau et se sortir de la tête l’inquisiteur qui occupait toutes ses pensées et ses nuits.

Néanmoins, elle savait que ça n’allait pas être vraiment le cas à cause du « facteur » : l’enfant qu’elle portait du fruit de leur union. Cela faisait désormais quatre mois et si ce n’était pas trop voyant pour le moment, son ventre avait commencé à prendre des formes. Elle avait réussi à le cacher jusque-là des autres membres de son clan, mais elle savait que le temps jouait contre elle et que bientôt elle serait face à un dilemme.

L’heureux élu qui allait périr des mains de la rousse était un baron d’Orlaïs. Sa mort ferait du bruit vu qu’il était dans le commerce du savon avec une grande famille, les… Alirius. Cela signifiait qu’elle devrait faire attention et utiliser un bouc émissaire. L’elfe alla donc voir un de ses sbires et lui indiqua le plan sans lui cacher leurs rôles respectifs. Ce dernier finalement prêt après plusieurs heures, elle alla se préparer en s’habillant d’une tenue modeste afin de se faire passer pour une servante. Fermant les yeux et inspirant grandement, elle finit de s’apprêter, allant dans la demeure où elle allait travailler. L’une de ses connaissances, dans le coup aussi, avait réussi à la faire engager près du Baron en tant que suivante.

C’est ainsi qu’elle fut au service de sa cible en tant que tel. Tout se passa comme dans ses plans jusqu’à la nuit de l’assassinat monté de toute pièce. En effet, afin d’avoir les faveurs de ce dernier, elle allait passer pour l’héroïne qui le sauverait de son bourreau, sans savoir que le vrai loup était encore présent. Lorsque tout le monde fut endormit, le sbire d’Elian’Ha s’introduisit dans la chambre du Baron et tenta de le tuer, réveillant celui-ci durant le procédé. La jeune femme entra et cria pour le faire fuir, avant de se précipiter vers le Baron d’un air faussement inquiet pour voir si tout allait bien. Elle pouvait désormais passer à l’étape deux.

Enfin, elle aurait pu, si ce dernier n’avait pas décidé d’appeler l’inquisition. Cela ne dérangeait pas tellement ses plans en soit. Elle devait seulement être plus prudente.

***


Puis vint le jour de l’arrivée de l’inquisition. Joséphine de Montilyet, Cullen Rutherford et Mélissandre Alirius entrèrent dans le domaine du baron, observés par la jeune femme qui les épiait telle une ombre pour ensuite disparaître. Ils étaient venus nombreux et elle ne s’y était pas attendu. Déjà que leurs venue n’était pas de bonne augure pour elle, cela réduisait ses mouvements. Si en plus ils ramenaient à la cavalerie… Il lui faudrait redoubler de prudence.

Ce qui était bien avec la Baron du Savon, c’est qu’il n’y avait pas besoin d’écouter aux portes ce qu’ils disaient. Il criait tellement qu’on entendait à travers les murs, même dans la cuisine où se trouvait la fausse servante qui préparait les rafraichissements. Coupant, pressant et pétrissant les fruits, Elian’Ha recueillait le jus qu’elle filtrait pour les verser dans des verres ensuite. Elle mit le tout sur un plateau d’argent et alla en direction d’où les éclats de voix provenaient.

《 — Héroïne ? Vous me flattez, je n’ai fait que mon travail. 》Déclara la nouvelle venue d’un sourire gêné.

Habillé d’une robe blanche et verte foncée frôlant de justesse le sol, Elian’Ha s’était détaché les cheveux, ces derniers ayant délicatement ondulés sans qu’elle n’eut besoin d’ajouter un quelconque artifice. Les tresses qu’elle s’était faite la ville avait aidé à façonner ces boucles au charme tout particulier. La robe avait été faite de sorte à ce qu’on ne voit difficilement sa grossesse. Elle portait à mi-hauteur un plateau contenant trois verres remplis d’un cocktail de fruit sans alcool qu’elle avait créée elle-même.

《 — Si vous désirez autre chose, n’hésitez pas. J’ai cueilli les fruits ce matin. Ils sont frais. 》Souria-t-elle.

Elle se déplaça avec agilité et grâce jusqu’à la petite table plus loin pour y déposer le plateau. Ensuite, elle se tourna vers les deux invités et s’inclina devant eux en signe de salutations respectueuses, ses longs cheveux de feu lâché suivant le mouvement et tombant en cascade de part et d’autres de son visage. Elle se redressa et amena le plateau à l’homme et sa compagne dans un sourire qui se voulait à la fois tendre et bienveillant alors qu’elle laissait dans son sillage un doux parfum de framboise. Elle donna le dernier verre au baron pour finalement se placer derrière lui, observant les deux invités, mais plus particulièrement le blondinet.

Cullen Rutherford, ancien templier désormais Commandant à l’inquisition. De regard, la rousse le trouvait… naïf et inoffensif. Comme quoi, il faut se méfier des apparences. Par contre, le réel danger était l’autre vipère. Mélissandre Alirius. Elles étaient pareilles, l’elfe le savait et s’était surtout d’elle dont elle devrait se méfier. Elle n’aimait pas cette femme. Elian’Ha ne saurait pas dire pourquoi exactement, mais tout son être lui criait de faire attention à cette beauté. Pareille à une rose, elle semblait camoufler des épines pointues et surement mortelles.

Il n’y aurait eu que Cullen, l’assassin aurait pu faire son meurtre sans soucis, mais elle devait prendre le facteur belle vipère en compte. Ou alors…. La faire accuser ? C’était dangereux et pourquoi l’accuser elle, alors que le neveu était un meilleur bouc émissaire ? Pour la première fois, elle devrait peut-être changer ses plans désormais. Sinon, elle pouvait utiliser Cullen, mais là aussi la question était comment ? Elle devait y penser, y réfléchir, voir les options qu’elle avait tout en faisant attention à ne pas se faire attraper. Il y avait trop en jeux.



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Posté Sam 16 Sep - 1:22
Missive 12
Commandant,
Le baron Bohémond de Clairvallée fait appel à l’inquisition. Dans sa demande, il indique qu’il offrira une bonne partie de ses carrières si on arrive à lui débarrasser d’un groupe d’assassins qui complotent pour le renverser. Il indique que sa garde n’en fait pas façon et qu’en quelques jours il a déjà échappé deux fois à la mort.  
Le Baron du savon



Donc le Baron avait un certain sens des affaires… Pourtant il semblait si étrange, et presque stupide pour être un grand influent commercial. Du moins à première vue. Cullen ne chercha pas vraiment d’explication à la chose, et se contenta d’ afficher une expression impressionnée sur son visage en réponse à Mellissandre.

Mais se rendant compte de cette situation quelque peu dérangeante pour le Commandant, la Tévintide prit les devants, en s’adressant au Baron glissant subtilement le but de leur venue dans une exclamation concernant la santé de leur hôte.

«  - Tout de même, vous allez-bien ? On m’a dit que vous aviez subis plusieurs tentatives d’assassinats, cela doit être terriblement stressant »
«  - Ohlala vous n’imaginez pas ! J’ai au moins 4 cheveux blancs supplémentaires »


Sérieusement… Malgré la situation il se plaignait que de la couleur de ses cheveux ? Mais dans quoi est-ce que Joséphine les avait entraînés… Cullen lui lança un regard las, et cette dernière ne lui répondit que d’un grand sourire, comprenant que ce n’était pas vraiment sa tasse de thé.

«  - Avez-vous des suspicions envers une personne en particulier, Baron Bohémond ? »
«  - Je suis sûre que c’est mon neveu. Il veut s’emparer de mes savons ! Mais il n’a pas l’élégance nécessaire pour reprendre mon commerce ce scélérat ! Jamais, je ne lui céderais mes boutiques, JAMAIS ! »


Ils étaient tous les 4 debout près d’une grande étagère de savon, que Cullen s’amusa à regarder pour faire passer le temps. Alors comme cela son neveu voulait prendre possession de ses biens, c’était probable. Mais en était-il seulement certain ?

Mais alors qu’il venait d’arrêter de crier – ce qui raisonna durant quelques secondes dans le hall – une jeune servante entra dans la pièce, un plateau sur ses mains. Le baron s’écria alors en présentant fièrement cette femme d’une main étendue vers elle, comme étant son héroïne.

« - Ah et voilà l’héroïne qui a vu l’assassin »

Le baron prenait garde que ses gardes restent suffisamment proche de lui pour se sentir en sécurité. La preuve avec les deux soldats présents près de la porte, qu’il surveillait en lançant des regards inquiets. Cullen était le seul à avoir remarqué ce détail, ou presque il ne savait pas.

Mais quoi qu’il en était, tous les regards furent posés sur la nouvelle arrivante.

«  - Héroïne ? Vous me flattez, je n’ai fait que mon travail. »

Elle semblait gênée, suite à cette remarque tant le Baron lui faisait son éloge. Et alors qu’il continua de vanter ses mérites auprès de l’Ambassadrice, Cullen regarda l’elfe poser le plateau sur une table quelques mètres plus loin.

«  - Vous devriez goûter son jus de fruit, il est Di-vin ! »
«  - Si vous désirez autre chose, n’hésitez pas. J’ai cueilli les fruits ce matin. Ils sont frais.»


Le baron restait étrangement collé au Commandant, comme s’il percevait une quelconque protection auprès de lui. D’ailleurs quand Cullen se déplaça pour aller attraper un verre, il prit de l’avance pour lui donner lui directement le verre.

«  - Prenez seulement ! »
«  - Oh heu… Merci ? »


Puis la jeune femme s’approcha d’eux en faisant une petite courbette pour les saluer, ce que les invités ne tardèrent pas à lui rendre en retour.

«  - Voici Elian’Ha, ma nouvelle servante. Et comme je vous l’ai dis tout à l’heure, c’est la jeune fille qui a vu l’assassin de ses propres yeux ! Ayant soudainement vu qu’il était repéré, il a prit les jambes à son cou ! Quelle femme courageuse ! »
«  - Quelle histoire ! Ravie de vous connaître Dame Elian’Ha »


Joséphine la salua chaleureusement, mais Cullen resta silencieux. Si on le connaissait bien on pouvait savoir qu’il réfléchissait. Du peu d’information qu’il connaissait sur cette histoire, le Baron avait été menacé durant son sommeil et la servante l’avait fait fuir en intervenant. Il avait eu de la chance qu’elle passait là… par hasard. Il fallait qu’il en apprenne plus. Si l’assassin était encore en liberté, il allait probablement revenir et se logeait très probablement dans la ville.

Le Commandant bu alors le jus de fruit sous le regard observateur du Baron qui attendait les mains jointes près de son visage comme s’il voulait que Cullen donne son avis sur cette boisson. Presque mal à l’aise, il se permit de faire une remarque pour contenter le Baron. Mais c’était vrai que le jus de fruit était très frais.

«  - Ah oui, en effet c’est délicieux. »
«  - Vous voyez ? Comment résister à un breuvage pareil ! »


Il s’éloigna alors faisant face à tous, claquant des doigts pour attirer leur attention après quelques poses gracieuses.

«  - Bien, je vais laisser ces jeunes demoiselles en compagnie d’Elian’Ha. Est-ce possible de les guider vers leur quartier ? »

Très bien, Joséphine et Mellissandre séjourneraient probablement dans la même suite, Il restait plus qu’à savoir où lui allait dormir histoire de pouvoir fuir un peu ce noble et commencer à fouiller les alentours du manoir pour enquêter tranquillement.

«  - … Et vous vous passerez la nuit avec moi ~ ! »
«  - Je… Quoi ? »


Et voilà, en plus d’être lourd, Bohémond était particulièrement collant. Il était venu pour arrêter les assassins ou pour être son garde attitré quelques jours ? Quoique.. Même si la situation était pénible, Cullen se rendit compte qu’il était bon de rester près de lui. L’assassin serait probablement réticent à attaquer sachant qu’il aurait un garde du corps quelques jours.

«  - Je ne trouve plus le sommeil depuis plusieurs jours, savoir que vous êtes dans mes quartiers m’aiderait probablement à dormir. »
«  - Bien, entendu dans ce cas. »


Les filles se mirent de ce pas en route, en direction de leur chambre. Cullen quant à lui, se retrouva alors seul avec le Baron qui se mit à hurler au travers des murs.

«  - Nous nous verrons pour le thé ! »

Il leur fit de grands signe de la main jusqu’à ce qu’elles disparaissent complètement de la pièce. Cullen croisa alors les bras, attendant les ordres en quelque sorte.

«  - Bon très bien. En attendant le thé, je vous propose de commencer les recherches. »
«  - Parfait, par où voulez-vous commencer ? »
«  - J’aimerais savoir par où l’assassin s’est enfuit, en premier lieu. Vous connaissant, le jardin était probablement gardé »
«  - AH, j’aime les têtes pensantes ~ Je vous y amène ! »


Ils prirent la direction opposée des femmes et partirent dans les jardins, par où le Commandant était arrivé un peu plus tôt. Une fois dehors, ils empruntèrent une cour couverte, puis débouchèrent sur une cour intérieure où dominaient quelques arbres parfaitement alignés  et quelques lanternes qui éclairaient les jardins. C’était vraiment un très bel endroit, Cullen en était presque tombé amoureux. En levant les yeux, quelques lumières brillaient au travers des vitrages qui donnaient sur les lieux.

«  - Là c’est ma chambre, et là-bas en face c’est cette des fille. Le fugitif c’est enfui par la terrasse juste-là »

Sa voix portait beaucoup, elle raisonnait dans tout le lieu. Décidément il avait un don pour parler fort, et les filles pouvaient entendre si les fenêtres étaient ouvertes. La terrasse qu’il mentionnait traversait toute la partie ouest de cette cour, où se situaient ses quartiers personnels. Au-dessous, se trouvait un passage couvert, parsemé de poteaux sculptés, où grimpaient quelques lierres. Cela faisait le tour et donnait une superbe vue sur la cour. Mais chose difficile pour Cullen, le seul passage extérieure était celui qu’ils avaient empruntés.

«  - Je dois avouer que cette cour est absolument superbe »
«  - Inspiré de l’architecture du Nord, je suis assez friand du confort Tevintide. »
«  - Oh, Je n’y suis jamais allé »
«  - Et bien vous devriez ! Rien que l’eau de la mer en plus d’être plus salée que celle des côtes, y est bien plus chaude, et je ne vous ai pas expliqué les propriétés curative de cette dernière. Et bien il se trouve… »


Et ça y est il recommençait. Bien qu’il était absolument excentrique et dynamique au point d’être énervant on voyait que ce Baron était une personne passionnée. Il se demandait bien pourquoi il vivait en Orlaïs, s’il avait tant d’affection pour Tevinter.

«  - Vous avez quelque chose qui vous rattache ici pour ne pas aller vivre à Tevinter ? »
«  - J’ai une grande influence ici, avec les ventes que j’ai effectué. Je n’ai pas tant que cela une bonne relation avec ma famille, tout ce qu’ils veulent c’est récupérer ce que moi je possède pour agrandir leur fortune. D’où le fait que je soupçonne mon neveu de vouloir m’assassiner. Mais cela n’écarte pas l’idée que des malfrats essaient de voler ma fortune. Et puis, avec tout ce que j'ai construis ici, je me vois mal partir comme ça AHAH»


Il s’arrêta alors, observant les balcons, l’air vraiment penseur.

«  - D’abord il y a eu des menaces écrites, reçues anonymement. J’y ai pas pris comptes, après tout l’inquisition doit en recevoir à la pelle aussi j’imagine. »
«  - Cela arrive, après tout. »
«  - Puis, les servantes ont prit la fuite, ayant trop peur qu’une horde d’assassins ne vienne tout réduire à feu et à sang. Je me suis retrouvé avec une bonne partie de mon personnel en moins. J’ai donc dût recruter rapidement, et c’est là qu’Elian’Ha est arrivée. 3 jours après cela, j’ai failli me faire assassiner »


Voilà donc la situation initiale. Et depuis que l’inquisition a reçu son message il s’était écoulé pas moins de 3 jours. Il avait stationné d’avantages de soldats, principalement dans les lieux qu’il côtoyait. Dans la cour il y avait eu 4 soldats qui s’étaient placés au cas où les assassins profiteraient de la nuit pour se montrer.

«  - J'ai doublé la garde nocturne, mais même ainsi je ne me sens pas en sécurité »

C’était dingue il était sérieux quelques instants et avait baissé le volume de sa voix pour rester dans la confidence avec Cullen. Ce dernier hocha simplement de la tête, comprenant la situation délicate dans laquelle il se trouvait. Les assassins avaient mit la pression avant de passer à l’assaut. Et encore, il ne savait pas s’ils étaient nombreux ou non.

«  - Soyez tranquille, mes hommes et moi on se charge de votre protection. J’ai pris que des personnes de confiance avec moi, sans oublier que Dame Alirius peut être dangereuse elle aussi. »
«  - Venant des Magistères les plus influents de Minratie je ne peux que confirmer vos dires ~ ENFIN ! »


Il fit une sorte de pirouette et désigna la seule sortie disponible pour regagner le bâtiment de réception qui se trouvait de l’autre côté de cette cour.

«  - On y va ? Le thé va refroidir »
«  - Je passerai la zone au peigne fin une fois la nuit tombée. Comptez sur moi pour arrêter cet assassin s’il a prévu revenir ici cette nuit. Vous avez gardé une de ces lettres que vous avez reçues ? »
«  - Non, je les ai toutes brûlées, détruites, déchiquetées, et WOUSH ! Disparu de Thédas . »
«  - * soupir * ça aurait pu être utile, mais c’est vous qui voyez »


Il observa un tonneau renversé quelques mètres plus loin, et le nota dans son esprit. Il fallait qu’il retrouve Joséphine et Mellissandre pour faire un premier rapport. Il allait donc confier le Baron à Loron et Elwig en attendant qu’il termine ses affaires.

Une fois que cela fut fait, Il se dépêcha de rejoindre la chambre des filles, enjambant 4 à 4 les escaliers. En chemin il croisa l’elfe qu’il avait vu un peu plus tôt, manquant presque de lui rentrer dedans alors qu’elle allait emprunter les escaliers qu’il terminait de monter.

«  - Oups, excusez-moi. »

Il l’esquiva, et continua au fond du couloir. Il y avait tellement de portes que cela le rendait nerveux de traverser une maison pareille. Si ça se trouvait, le Baron n’avait plus emprunté ce couloir depuis 2 ans. Rien que d’imaginer ça, il angoissa d’avantage. Une pièce devait être fonctionnelle, pas décorative.

Une fois devant la bonne porte, il observa derrière lui par pure paranoïa et frappa à la porte avant d’entrer. Rien que la taille de la pièce faisait 3x la taille de son bureau. Il observa une sublime baignoire de marbre au coin de la pièce et s’exclama :

«  - Au moins vous n’êtes pas dépaysée, Mellissandre. »

Il soupira, alors que les trois se rejoignirent pour ce petit bilan. Il prit place sur un des nombreux canapés se trouvant près d’une fenêtre ouverte sur l’extérieur, la fameuse cour qu’il avait emprunté auparavant.

«  - Vous avez appris quelque chose ? »
«  - Etrangement, j’apprécie le jardin mais là n’est pas le fond de l’affaire »
«  - Il y a une magnifique vue depuis le balcon, si vous voulez aller faire un petit tour. »
«  - J’y songerai quand j’aurai un arc dans mes mains »


Il ferait des patrouilles pendant toute la nuit, quitte à ce que l’assassin s’enfuie, il n’irait pas loin avec une flèche dans la jambe.

«  - Pour résumer, le Baron a reçu des lettres de menace de mort anonymes qu’il n’a pas prit au sérieux et magnifiquement jeté au feu droit après. Ses servantes se sont enfuies les unes après les autres, et il a dût engager rapidement du personnel pour le remplacer. Elian’Ha est arrivée à ce moment-là et c’est elle qui, 3 jours plus tard, a fait fuir l’assassin qui se trouvait dans la chambre du Baron. »

Les quartiers des serviteurs n’étaient qu’à l’étage du dessous, il ne comprenait pas ce qu’elle faisait comme par hasard là à cette heure-ci. Mais il allait lui demander, elle devait avoir ses raisons. En attendant, aucune piste sur ces assassins… Il fallait veiller ce soir, du moins pour lui.

«  - Cette nuit je surveille la cour avec Loron et Elwig. On fera un tournus pour pouvoir dormir un minimum, chacun dormira 3 heures pendant que les autres font leur tour de garde durant les 6 autres heures. 3 à l’intérieur de la chambre, 3 à l’extérieur dans la cour.  Mes deux autres soldats parcourront les jardins extérieurs du bâtiment avec les autres gardes. Je vais me renseigner sur les mabaris ils pourraient être utiles. »

Son plan pour la nuit était fait, concernant les filles, si elle voulaient aider soit, mais Cullen voyait mal Joséphine ou Mellissandre monter la garde. Il préférait qu’elles se reposent du voyage. Et puis s’il avait envie de discuter il viendrait taper à la vitre.

«  - Sinon le Baron nous offre gentiment le thé, ce serait impoli de le faire attendre. On y va ? »

Une fois cette petite mise au clair rapide pour situer l’événement, les trois agents de l’inquisition descendirent dans la fameuse salle où le baron racontait sa vie à Loron.

«  - … Et puis, vous savez, entre nous j’ai préféré qu’il soit jeté en prison parce qu’il sentait vraiment le mabari mouillé à ce moment-là, ça empestait ! »

Il détourna la tête, au grand soulagement du pauvre templier qui se faisait mener en bateau par le Baron depuis tout à l’heure. Cullen fit signe à ses hommes de retourner se poster près de la porte. D’ailleurs à sa grande surprise, Elwig passa à côté de Mellissandre, l’ignorant totalement, comme s’il avait oublié ce qui s’était passé dans la foret.

Instinctivement, il s’assit près de Mellissandre alors qu’ Elian’Ha servait tranquillement le thé.

«  - C’est impressionnant ! Ces templiers sont vraiment incroyables ! »
«  - Ils ne font que leur travail, rien de plus »


Cullen n’était pas spécialement friand du thé, mais lança tout de même un défis à Mellissandre.

«  - Vous qui êtes une connaisseuse en senteur raffiné : citez-moi le parfum de ce thé »

Il était particulièrement apaisé d’être auprès d’elle, et d’ailleurs leur complicité se voyait un peu trop, détail qui ne pouvait échapper à beaucoup de monde. Pourtant il n’y avait absolument rien, mais une sincérité s’était développée entre les deux. Le baron s’exclama :

«  - OH ! Mais que vois-je ~ ? »

Il sous-entendait tellement de choses. Mais Cullen pour protéger la réputation de Mellissandre, et surtout par principe, nia immédiatement toute relation entre les deux.

«  - Nous sommes amis, c’est tout. »

Bien entendu, s’ils allaient inventer qu’ils étaient amants auprès de lui, il allait le rapporter à ses parents et c’était assez délicat pour elle de garder une certaine réputation. Et puis, ce n’était pas un mensonge : Il n’y avait absolument rien entre les deux. Mais même s'il essayait de garder son calme, il était atrocement gêné.

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Posté Sam 16 Sep - 12:51
Bien entendu, après une telle introduction, la jeune servante était la cible de tous les regards. Modestement elle s’inclina, restant très professionnelle en dépit de toute l’attention qui lui était portée, leur offrant des jus de fruits d’une fraîcheur divine.

Nettement plus intéressée par la servante que par son verre, Mellissandre ne tarda pas à comprendre avec un petit sourire amusée qu’elles étaient identiques. Tout simplement car elle feintait la modestie et la timidité mais que – comme elle – elle était incapable de se forcer à rougir. Elle était belle, gracieuse, avait eu la force de chasser un assassin mais restait humble et docile sans être réellement impressionnée par tous les regards posés sur elle. Ah, le spectacle de l’ingénue. Combien de fois elle l’avait servi pour se tirer d’un mauvais pas, être sous estimée. Quelque part, elle se sentait un peu supérieure, persuadée d’être la seule à voir clair dans son jeu.

Cependant, cela ne faisait pas d’elle une assassine. Juste une femme charmeuse probablement décidée à s’extraire de sa condition de servante, souhait que Mellissandre respectait tout à fait, ce qui, ironiquement, la faisait quelque peu appréciée la jeune demoiselle. Pour l’heure, elle ne la soupçonnait donc pas plus que les autres serviteurs et gardes même si elle voulait en entendre plus sur les circonstances de cette tentative ratée.

Les politesses s’enchaînèrent et Mellissandre la salua au même titre que Joséphine, jusqu’à ce que le baron la désigne pour la conduire jusqu’à leurs chambres avant d’ajouter que Cullen partagerait la sienne. Choqué, il protesta avant de se laisser convaincre face à l’argument que cela serait sans doute une manière efficace de le protéger et surtout de lui permettre de bien dormir. Pendant une seconde, la jeune femme songea qu’elle avait effectivement bien dormi la fois où ils avaient partagé le même lit mais la situation était bien trop comique pour s’attarder sur ce genre de considérations. La surprise puis la résignation de Cullen face à l’insistance et la proximité du baron était absolument hilarante et elle devait faire de gros efforts pour ne pas rire. C’est bien pour ça que dès qu’elle fut dans le couloir elle n’eut qu’à échanger un regard avec Joséphine pour exploser de rire au point de ne plus pouvoir avancer et de faire patienter leur guide.

Également amusée par la situation et contaminée par son hilarité, la diplomate rit aussi et les deux jeunes femmes mirent de très longues secondes à se calmer.

« A votre avis, il va mettre combien de temps à s’en rendre compte ? », demanda Mellissandre avec difficulté ayant du mal à s’empêcher de se remettre à rire.
« Pas trop longtemps je pense vu comme le Baron semble charmé, il n’est pas très connu pour la subtilité de ses avances après tout... », rétorqua-t-elle en pouffant à nouveau. Décidément, le Cullen ne laissait personne indifférent…

Respirant pour retrouver un peu de sérieux et chasser la tête diablement amusante du Commandant atrocement gêné de son esprit, Mellissandre se redressa et s’excusa brièvement auprès de leur interlocutrice pour lui signaler de reprendre son chemin.

La maison étant immense, traverser les couloirs prendrait du temps et Mellissandre décida de le mettre à profit pour interroger un peu Elian’ha.

« Cela fait longtemps que vous travaillez pour le baron ? »
, demanda-t-elle avec banalité pour entamer la conversation avant de glisser sur des sujets plus sensibles. Encore que, le baron avait parlé d’une ‘nouvelle’ servante, elle était donc curieuse de savoir à quel point son arrivée était fraîche…

« Vous faisiez quoi avant ? », ajouta-t-elle ensuite toujours avec un naturel décontracté. C’était de la curiosité par un interrogatoire. Du moins pas officiellement. « ça vous plaît d’ailleurs de travailler ici ? », l’interrogea-t-elle également avec un air de connivence qui laissait entendre qu’elle pouvait tout lui dire sans craindre de voir ses propos répétés. Mais une vrai servante ne critiquerait jamais son employeur, Mellissandre le savait bien.

A force de discutailler ainsi, ils arrivèrent devant la chambre que Joséphine et elle allait partager ce qui laissa Mellissandre circonspecte. Toutefois, avant que Elian’ha ne puisse s’éclipser et vaquer à ses occupations ordinaire, la jeune mage lui posa une ultime question pendant que la jeune femme allumait les chandelles :

« Je sais que ça ne doit pas être facile, mais vous pouvez me raconter avec vos propres mots ce qu’il s’est passé ? N’omettez aucun détail », demanda-t-elle ensuite pour avoir son point de vu. Peut-être qu’elle avait remarqué quelque chose qui pourrait les faire progresser.

Une fois seule avec Joséphine, Mellissandre s’étira, ouvrant la fenêtre pour aérer un peu tandis que la diplomate l’interrogeait.

« Vous en pensez quoi ? », demanda-t-elle faisant bien entendu référence à la servante qu’elle avait cuisinée durant tout le trajet.
« Je l’aime bien », répondit sobrement la Tévintide avec un petit sourire ambigu.

Penchée par la fenêtre pour voir les jardins qui avait un petit quelque chose de familier qui la rendait nostalgique, elle sursauta presque en attendant la voix du baron raisonner jusqu’à ses oreilles. Manifestement, il présentait la configuration des lieux, expliquant que lui même se trouvait dans l’aile parallèle à la leur. Ce n’était pas une mauvaise chose au demeurant, en regardant par le fenêtre ils pouvaient donc voir si un assassin tentait de pénétrer par celle du baron.

Perdue dans ses pensées, Mellissandre revint sur terre quand Joséphine se mit à commenter avec force d’adjectifs les savons au caramel qu’on avait mis à leur disposition. Amusée, elle se prêta volontiers à l’inspection des parfums, constatant avec plaisir que l’on lui avait donné son traditionnel jasmin menthe.

« J’espère que cela ne vous dérange pas trop de partager vos appartements avec moi », déclara soudain Joséphine ayant sans doute remarquée le regard qu’elle avait porté aux deux lits placés d’un côté et de l’autre de la pièce.

« Non pas du tout, j’ai été simplement surprise. Étant donnée que le Baron m’a invité personnellement je ne pense pas qu’il ait été pris au dépourvu par ma présence et il a largement la place de m’offrir une chambre individuelle », nota-t-elle sincèrement intriguée.

Joséphine opina avant de l’éclairer.

« En fait, c’est le Commandant qui a insisté, il ne souhaitait pas que je sois toute seule sachant que des assassins rôdent dans les couloirs et je suis plutôt de son avis », expliqua-t-elle avec un sourire avenant.

« Oh bien sûr », opina Mellissandre en cherchant machinalement son bâton nonchalamment accroché dans son dos. C’est vrai qu’elle était nettement plus à même de se défendre que la diplomate. Et puis quelque part elle se sentait flattée que le Commandant estime ainsi ses capacités. Et surtout qu’il lui fasse confiance.

Soupirant, Mellissandre se mordit la lèvre en s’asseyant sur son lit aussi confortable qu’il en avait l’air. Parfois elle oubliait à quel point la situation était compliquée.

Fermant les yeux, elle se laissa tomber sur le matelas se reposant un peu jusqu’à ce qu’elles attendent frapper à la porte. Toutes les deux coquettes elles eurent le réflexe de rajuster leur cheveux avant de prononcer le sésame qui laissa le Commandant pénétrer dans les lieux.

Son regard s’attarda immédiatement sur l’immense baignoire qui trônait dans un coin, subissant une petite taquinerie du Commandant qu’elle balaya d’un sourire. Oui, elle assumait complètement sa baignoire de l’Inquisition.

« Ne soyez pas jaloux, je suis sûr qu’il y en a une encore plus grande dans la chambre du Baron », siffla-t-elle en réponse avec un air malicieux qui fit ricaner Joséphine tandis que les deux femmes s’échangeaient un regard complice qui n’était pas de bonne augure.

Toutefois, l’heure n’était pas aux plaisanteries et rapidement le sujet redevint plus sérieux alors qu’ils s’échangeaient le fruit de leur enquête. Mellissandre commença par lui apprendre ce que Elian’ha lui avait dit tandis que Cullen leur transmettait l’existence de lettres de menaces malheureusement brûlées. En somme, ils n’étaient pas beaucoup plus avancé et malgré sa bonne volonté Mellissandre décrocha un peu sur les détails techniques des tours de gardes. Tant qu’on ne lui demandait pas de faire le pied de grue devant une porte elle approuvait tout à fait les choix du Commandant.

Invité pour le thé, leur joyeuse bande ne tarda pas à rejoindre le salon où le Baron était en grande conversation avec un des templiers. Après un sourire de courtoisie, Mellissandre pris naturellement place sur un des luxueux divan en face du baron, ne réalisant même pas que Cullen s’était assis à côté d’elle tant cela lui semblait naturel. Le thé fut servis et tandis qu’elle attrapait gracieusement sa tasse, le Commandant lui lança un défi sur un ton enjoué.

Piqué dans son orgueil par la flatterie, elle joua le jeu, lui lançant un regard quelque peu hautain en signe d’acceptation de sa mission tandis qu’un sourire ravi se dessinait sur ses lèvres signe qu’elle appréciait la situation.

Manifestement, elle avait réagi avec un peu trop d’engouement car le baron s’intéressa soudain à eux, sous-entendant avec un intérêt de commère qu’ils avaient l’air particulièrement proche. Les joues de Mellissandre se tintèrent légèrement mais elle était prise dans les habitudes d’une soirée mondaine, ce qui lui permis de garder malgré tout contenance tandis que Cullen protestait avec véhémence. Un peu trop d’ailleurs. L’entendre dire qu’ils étaient amis avec tant d’empressement remuait beaucoup trop de choses contradictoire en elle. Flattée, satisfaite, mais aussi un peu frustrée et contrariée, sans parler du pointe de culpabilité et de tristesse. Dans quelle situation elle s'était mise...

Son sourire imperturbable toujours aux lèvres, Mellissandre rit légèrement comme si ses accusations étaient parfaitement ridicules tandis que le Baron se montrait davantage intéressé.

« Disons plutôt qu’il me supporte un peu plus que la moyenne », admit-elle avec un sourire plein d’autodérision qui fit glousser l’assemblée. Après tout, les sudistes n’aimaient pas les tévintides ça n’avait rien de surprenant.

« Vous êtes libre alors Commandant ? », demanda-t-il néanmoins avec une nonchalance mal feinte qui fit ricaner Mellissandre avant de le prendre en pitié et de voler à son secours.

« Navrée de vous l'apprendre, mais en réalité le Commandant est marié à son travail », expliqua-t-elle en cherchant le soutient de Joséphine qui opina.

« Ah c’est un crime ! », s’emporta l’orlésien avec son excentricité habituelle tandis que Mellissandre se décidait à relever le défi qu’on lui avait imposé.

Tenant toujours la tasse avec élégance elle rapprocha son visage pour en humer les arômes en fermant les yeux. C’est vrai qu’à force d’être confrontée à toute sorte de senteurs plus ou moins subtiles et exotiques elle avait finis par développer un odorat assez fin même si elle était loin d’être aussi douée que Béhémont.

Les yeux toujours fermés, elle réalisa cependant qu’elle était devenue le centre de l’attention à cause du silence qui accompagnait son geste. Ayant davantage de pression elle prit son temps de bien étudier l’effluve pour ne rien omettre ce qui n’était pas chose aisée vu le raffinement à outrance des orlésiens.

« C’est du thé vert au gingembre… avec une pointe de menthe et de cannelle », énonça-t-elle plutôt satisfaite de son analyse, cherchant auprès du Baron une confirmation. Il sourit victorieux preuve qu’il était impressionné mais qu’elle avait oublié quelque chose.

« Pas mal, mais vous avez omis le miel très chère », rétorqua-t-elle tandis qu’elle surjouait la défaite. Ceci dit, ce petit défi n’avait pas été parfaitement inutile, rien qu’aux ingrédients Mellissandre pouvait savoir qu’elle ne devait pas en boire sous peine d’avoir très chaud vu à quel point il était subtilement épicée, sans parler des propriétés supposées du gingembre.

Vu l’heure avancée de la nuit, Mellissandre savait que les recherches ne commenceraient que le lendemain mais elle n’était pas particulièrement pressée d’aller se coucher relançant avec aisance la conversation avec le Baron à plusieurs reprises quand bien même ses compagnons – notamment Joséphine – montrait des signes de fatigues évidents.
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Posté Dim 17 Sep - 17:28


Le Baron du Savon
Cullen & Mélissandre & Elian'Ha

Elian'Ha les écoutait d'une oreille en souriant parfois ou en faisant la moue d'autres fois. Elle se fit le plus souvent petite jusqu'à ce que les verres soient vides. Au moment où elle allait partir pour nettoyer les verres, le Baron s'exclama pour qu'elle montre les appartements aux deux jeunes femmes. Elle acquiesça en silence et se dirigea vers les escaliers, attendant ensuite celle-ci. En soulevant sa robe afin de ne pas tomber, elle se prit néanmoins le pied dans le tissu et manqua de louper une marche. Lors de sa chute, elle se protégea non pas la tête, mais le ventre, se rattrapant aussi de justesse. L'elfe se redressa et se racla légèrement la gorge avant de se diriger vers une porte en silence, les joues légèrement cramoisi. Elle s'arrêta néanmoins quand elle entendit la brune lui poser des questions.

《 — Cela fait trois jours. Il était en manque de personnel et comme j'avais besoin d'argent, j'ai demandé à un ami en commun de me présenter à lui.

Elle répondit avec un léger sourire et un regard, avant de reprendre sa route. Cependant, elle était encore ouverte aux questions et comptais y répondre. Ainsi, pour ne pas tout le temps s'arrêter et afin de ne pas paraître impolie, elle tournait la tête vers les deux invités en gardant toujours son sourire.

《 — Je ne faisais rien avant. Je restais à la maison tandis que mon époux allait travailler… Mais quand il a appris pour ma… condition… Il est vite parti la queue entre les jambes… Pardonnez-moi l'expression… Ce n'est pas ainsi que je devrais parler…  

Mensonge. Mais elle ne voyait pas ce qu'elle pouvait dire d'autre. Puis de toute façon, qu'aurait-elle pût dire ? Bonjour je suis Elian'Ha et je suis une tueuse qui vient assassiner celui que vous devez protéger ? Autant tendre ses poignets tout de suite et demandez à ce qu'on la juge. Elle ne le voulait plus, ou plutôt, elle ne le voulait pas. Elle devait le revoir avant. À cette pensée, elle posa une main sur son ventre, avant de secouer la tête, regardant de nouveau la mage pour répondre à sa troisième question :

《 — Je me plais oui. Le Baron n'est pas mauvais avec moi, bien au contraire. Il est au courant de mon état et fait en sorte que je ne fasse pas de tâche trop lourde, bien qu'il me réprimande quand j'en fais.

Elle rigola d'un rire cristallin, avant de s'arrêter et de se racler la gorge. Elle savait que les deux femmes n'étaient pas des amies et pourtant elle se plaisait à leur parler. Ceci n'était pas un mensonge. Elle n'avait jamais connu cela et pour une fois, elle appréciait. Elle s'excusa de son attitude, avant de s'arrêter devant la porte qui les séparait des appartements des deux membres de l'inquisition.

《 — Très bien. Vous savez que le dortoir des serviteurs se trouve en bas ? Mais les murs sont fin, vous vous en rendrez rapidement compte. J'aime bien la nuit et je comptais aller dans les jardins pour voir une Epiphyllum Oxypetalum qu'on nomme aussi la belle de nuit. Je suis passionnée par cette fleur qui éclot que la nuit et le Baron en a. Du coup je voulais les voir. En allant chercher une bougie, j'ai entendue du bruit en haut et j'ai voulu aller voir. J'ai toqué à la porte et je n'ai pas eu de réponse. J'ai tenté de nouveau et j'ai entendu un grognement. J'ai donc ouvert la porte et c'est là que je l'ai vu. Vu qu'il faisait nuit je ne peux pas trop le décrire. Je sais simplement qu'il avait une cape et de longs cheveux. AH et il a parlé une langue elfique… Je crois.

Elle rigola de nouveau, mais pour se moquer d'elle-même cette fois-ci, avant de se ressaisir. Elle s'inclina en déclarant qu'elle allait désormais les laisser, avant de prendre le chemin retour pour retourner à ses tâches. À l'escalier, elle rencontra le commandant et elle lui sourit de façon charmeuse en murmurant un :

《 — Ce n'est rien.

Avant de reprendre sa route et de retourner en cuisine. Elle prépara d'autre rafraichissement, mais pour les soldats de l'inquisition. Elle alla les donner, non sans se faire charmer par certains d'entre eux. Elle était belle, Elian'Ha le savait et elle en jouait. C'était sans compter sur certains qui étaient un peu trop collant et qui du coup fit qu'elle se retrouva bloqué par l'un d'eux. Deux choix s'offrit à elle : user de la force ou de la malice. Alors que le soldat tenait fermement son poignet, la faisant légèrement grimacer, cette dernière se changea en sourire et elle se rapprocha du garde pour le déstabiliser en lui murmurant:

《 — Je ne pense pas que votre Commandant apprécie de vous voir flirter alors qu'un assassin est en liberté.

La cible de cette remarque lâcha légèrement sa prise, mais assez pour que l'elfe retire son poignet endolori. Elle s'inclina en signe de salutation, avant de faire demi-tour et de retourner en cuisine afin de préparer le thé. Prenant tous les ingrédients dont elle avait besoin, elle chauffa l'eau, puis prépara les tasses qu'elle plaça sur le plateau. Elian'Ha vérifia le tout à plusieurs reprise, avant de porter son attention sur l'eau en train de bouillir plus loin.

Lorsqu'elle entendit les membres de l'Inquisition et le Baron descendre, elle alla servir le thé. Quand ce fut le tour du commandant, elle se rapprocha doucement de lui, servant son thé. L'ex templier ayant de ce fait une belle vue sur le décolleté de la rousse et sur la trace de main qu'elle avait au poignet. Poignet qu'elle cacha rapidement sans rien dire, avant de continuer à servir en finissant par son employeur.

Elle se mit ensuite en retrait en attendant, les regardant parler du thé en souriant. Effectivement, il y avait tout cela, mais ils oublièrent tous un ingrédient qu'elle avait un peu mis dans le thé afin de réduire un peu les épices et le gingembre : citron. Elle en avait mis quelques gouttes, mais pas trop non plus afin de ne pas dénaturer le goût des autres aliments. Se rapprochant du Baron, elle regarda les invités dans un sourire

《 — Dois-je servir le repas ? Ou préférez-vous aller vous coucher ? Aussi M. Rutherford, le Baron m'a dit de me mettre à votre entière disposition si vous avez des questions. N'hésitez pas. Je pense avoir tout dit à votre… amie, mais si un détail me revient, je ne manquerai pas de vous prévenir. Mesdames, désirez-vous que je prépare un bain pour vous ?

Elle se redressa ensuite, regardant les trois invités en silence, un léger sourire aux lèvres, ses mains croisées devant elle, l'une dans l'autre.



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Posté Lun 18 Sep - 0:14
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Commandant,
Le baron Bohémond de Clairvallée fait appel à l’inquisition. Dans sa demande, il indique qu’il offrira une bonne partie de ses carrières si on arrive à lui débarrasser d’un groupe d’assassins qui complotent pour le renverser. Il indique que sa garde n’en fait pas façon et qu’en quelques jours il a déjà échappé deux fois à la mort.  
Le Baron du savon



Damnation, Cullen venait enfin de comprendre les vices du Baron. Et le voilà dos au mur à regarder ce dernier discuter de lui et de sa situation amoureuse avec Mellissandre, qui n’essayait presque pas de lui sauver les miches.

«  - Vous êtes libre alors, Commandant ? »
«  - Je.. Quoi ? »
«  - Navrée de vous l’apprendre, mais en réalité le Commandant est marié à son travail »


Autant dire que le Commandant était soudain prit d’une grande bouffée de chaleur tant cette situation le rendait dingue. Et il ne pouvait absolument rien faire. Il s’enfonça dans le canapé si confortable sur lequel il était assis dessus, tâtonnant le pied au sol en attendant que cette conversation se termine. De plus, la servante lui ouvrait volontairement une divine vue sur son décolleté ce qui le déstabilisa d’avantage.

«  - Ah c’est un crime ! »
«  - Navré de décevoir mais c’est le cas »


Mais son attention revint sur le thé qu’elle tentait de deviner le goût.

«  - C’est du thé vert au gingembre… avec une pointe de menthe et de cannelle »
«  - Pas mal, mais vous avez omis le miel très chère »


Du gingembre… Connu pour être aphrodisiaque. Là, le Commandant était d’avantage mal à l’aise, sachant qu’il venait de boire 3 tasses – décidément sa soif lui faisait peur – si bien qu’il se leva pour faire un tour stressé comme il était. Ses hommes stationnés près de la porte ressentirent son malaise très rapidement, et Loron lui fit un petit sourire compatissant.

Il ne remarquait d’ailleurs pas que les autres occupants de la pièce étaient fatigués, plus la marque sur le bras de la servante l’avait intrigué. Elle disait être bien traitée par le baron selon Mellissandre, mais elle semblait être battue.

Le baron sauta de son siège, s’approchant alors de Cullen qui recula au fil de son avancée puis alla remettre en place les cheveux de Loron qui le dérangeaient au plus haut point. Puis Elian’Ha prit l’initiative de leur proposer quelque chose

«  - Dois-je servir le repas ? Ou préférez-vous aller vous coucher ? Aussi M. Rutherford, le Baron m'a dit de me mettre à votre entière disposition si vous avez des questions. N'hésitez pas. Je pense avoir tout dit à votre… amie, mais si un détail me revient, je ne manquerai pas de vous prévenir. Mesdames, désirez-vous que je prépare un bain pour vous ? »
«  - Si vous voulez vous entretenir en privé aucun problème Dame Elian’Ha »
«  - Moho ~ J’en serais presque jaloux ~ »
«  - Je… * soupir * »


Il tourna le dos et se rendit près de ses hommes au fond de la grande pièce, maintenant en confidence avec eux. Il n’avait besoin de rien, mais eux avaient possiblement faim

«  - Tout va bien ? »
«  - Si je ne suis pas à mon tour de garde à l’heure convenue cette nuit vous savez où je suis… Bon sang, entre ça et la servante… »
«  - Vous auriez dû laisser Dorian vous amocher non ? »


Loron dévisagea Elwig alors que Cullen eut soudainement un regard noir porté envers lui. S’il essayait de lui remonter le moral c’était loupé.

«  - Quoi, arrêtez de vous plaindre d’avoir des gens à vos pieds, tout le monde rêverait d’être à votre place. »
«  - Tout dépend du point de vue. »
«  - Bon s’il vous plait…. ! »


Il surveillait l’assemblée de loin, ne prenant pas garde à ce qu’ils se disaient. Il s’appuya contre le mur à côté de ses hommes et soupira. Il avait juste envie d’aller se détendre dans le jardin seul.

«  - Vous êtes épuisé, Commandant »
«  - Vous pas assez. Surveillez le Baron pour moi.»


Puis il quitta la pièce se rendant dans les jardins, attrapant une lanterne au passage pour avoir une source lumineuse lors de son enquête. Il revint dans ce petit paradis fermé, observant les plantes unes à unes pour percevoir une quelconque trace, ou marque suspecte. Mais visiblement, le bâtiment était trop bien entretenu pour laisser une trace pareille et il se résigna rapidement. Il s’approcha alors du tonneau renversé et observa les alentours avant de le redresser pour mieux éclairer l’intérieur : il était visiblement vide.

Il se redressa, observant que la servante était sortie, peut-être pour lui parler.  En premier lieu, il la regarda simplement, puis remit le couvercle du tonneau en place avant de se diriger près d’elle.

«  - Vous avez observé quelque chose ? »

Puis il se rappela qu’il était parti comme un voleur. Il se gratta l’arrière du crâne, démêlant ses cheveux au passage. C’était vrai qu’il avait promit au Baron de le protéger, mais il n’avait pas envie de devoir se retrouver attaché à son lit non plus. Autant profiter de cette soirée tranquillement, avant de refaire son premier tour de garde. Si l’assassin ne se montrait pas, ils iraient enquêter en ville. Des hommes de Leliana s’en occupaient à l’heure actuelle.  

«  - Hem.. Dites-moi. Cette marque sur votre bras… ? »

Elle devina rapidement le reste de sa question, après tout elle ne pouvait pas le nier la marque était vraiment visible et ce genre de détail ne lui échappe pas, surtout lors d’une enquête comme celle-ci.

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Posté Lun 18 Sep - 19:25
Depuis que Mellissandre avait appris pour la condition de Elian’ha elle avait l’impression de ne voir que ça. Il n’y avait pas grand-chose de moins intimidant qu’une femme enceinte à part un nourrisson et cela la rendait inconsciemment moins méfiante. Surtout qu’elle avait beaucoup de sympathie pour elle après avoir entendu son histoire. Comment pouvait-on abandonner sa femme et son enfant ? C’était inconcevable, atroce, horrible, inimaginable. Mellissandre ne s’émerveillait pas de grand-chose mais la famille était sacrée pour elle, tout comme le fait d’avoir des enfants. Autant dire qu’elle avait touché juste avec sa petite histoire mélodramatique, car, à part l’Amour, il n’y avait bien que sur ce sujet qu’elle pouvait se montrer si naïve.

Évidemment, cela ne l’empêchait pas de rester critique vis à vis de son récit qu’elle trouvait un bancal mais elle comptait sur l’objectivité du Commandant et son sens de la déduction pour les guider.

Durant toute la soirée, elle ne lui offrit donc que des sourire aimables, son regard s’attardant parfois sur son ventre comme pour y déceler les prémices propre à la grossesse. Un peu distraite, cela ne l’empêcha pas de tiquer un peu alors qu’elle se présentait comme étant à la disposition du Commandant. Certes, il chapeautait leur petite expédition mais la tournure était maladroite, elle avait un côté… personnel. Sans parler du fait que Cullen en rajoutait une couche ce que le Baron ne manqua pas de souligner une nouvelle fois.

Souriant à Elian’ha, Mellissandre bu une légère gorgée de son thé et laissa le Commandant s’éclipser sans faire mine de le remarquer. Béhemond était quelque peu étouffant elle ne pouvait pas lui en vouloir de chercher la conversation de ses hommes.

« Nous avons déjà mangé, mais l’idée d’un bain est fort séduisante je dois dire, je me sens encore engourdie du voyage », répondit-elle avec courtoisie tandis que Joséphine opinait et renchérissait. Le baron profita de l’occasion pour conseiller quelques uns de ses nouveaux produits aux parfums exotiques. Bien entendu, elle les commenta gaiement, oubliant la servante le temps qu’elle aille avertir les domestiques de monter l’eau chaude. Dans son état ce n’était certainement pas elle qui allait le faire.

Quand ce fut près, elle remercia chaleureusement Elian’ha puis salua le baron avant de rejoindre ses quartiers en compagnie de Joséphine. Habituée aux thermes cela ne la dérangeait pas le moins du monde de partager un bain mais la diplomate semblait un peu plus ennuyée à l’idée, aussi elle la laissa profiter de l’eau en premier tandis qu’elle même restait accoudée contre le rebord de la fenêtre, admirer les jardins et accessoirement le Commandant qui fouillait un tonneau.

« Eh bien, ses jardins ont dû succès », déclara soudainement Joséphine avec un léger bruissement d’eau, désirant manifestement faire la conversation.

« Oui, ils me rappellent ceux de ma maison », répondit-elle d’une voix un peu nostalgique en regardant les colonnes remplies de lierres grimpants. Avec plus de fontaines elle se serait vraiment cru dans une maison tévintide. Ce qu’elle avait hâte de rentrer chez elle. Mais heureusement, cette idée n’était plus si lointaine et hypothétique. L’heure de son bal approchait.

« Je suis impatiente de les voir », répondit-elle avec politesse. En tant qu’ambassadrice il était inconcevable qu’elle ne vienne pas même si l’idée l’emballait moins qu’elle ne voulait bien l’admettre. Tevinter était quand même une destination effrayante… « D’ailleurs… Je me demandais… est-ce que c’est vrai ce que Dorian a dit a propos de vous et l’Archonte ? »

Après tout, elle n’était pas diplomate pour rien. Bien sûr que ce genre de détails l’intéressaient, surtout avant une soirée officiel.
La simple évocation de l’altus crispa Mellissandre qui serra les doigts sur l’appui fenêtre jusqu’à s’en faire blanchir les phalanges. Son regard narquois, son insulte vulgaire, la colère du commandant… Malgré les jours qui s’étaient écoulés elle ne s’en était toujours pas remise.

« J’ai été fiancée avec lui il y a un peu moins d’une dizaine d’année mais ce n’est plus vraiment d’actualité », éluda-t-elle avant d’ajouter tout à fait gratuitement : « Dorian est juste un imbécile »

Son regard toujours perdu dans les jardins, elle ne manqua pas d’apercevoir que Cullen et Elian’ha discutaient même si elle ne pouvait pas entendre de quoi ils parlaient. Etant déjà contrariée par la mention de son confrère, elle voyait presque d’un mauvais œil cette discussion nocturne, même si elle l’observait avec résignation.
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Posté Mar 19 Sep - 0:01


Le Baron du Savon
Cullen & Mélissandre & Elian'Ha

Après la réponse des invités, Elian'Ha acquiesça et s'éclipsa pour préparer le bain. En effet, le Baron étant en manque de personnel, elle faisait le plus de tâche possible et préparer l'eau était l'une de ses tâches, bien qu'épuisante. Elle fit en sorte que l'eau soit à la bonne température, avant de mettre les savons et les serviettes à disposition. Elle vérifia que tout était en ordre et quitta la chambre, allant dans le jardin. Jardin où le Commandant était. Marchant d'un pas léger, ses mains l'une dans l'autre, elle lui sourit.

《 — Observé quelque chose ? Non, je venais voir les belles de lune.

Elle se dirigea vers les dites fleurs et prit appui sur le bord, avant de se mettre à genou pour en prendre une dans ses mains sans la cueillir. Elle s'arrêta dans son geste et se tourna vers Cullen, le regardant avant de baisser le regard, les joues légèrement rouge. Elle se redressa et se rapprocha, restant néanmoins à une distance convenable du blond.

《 — Vous vouliez être au calme ? Je peux partir ?

Elle gardait son sourire tendre et charmeur, jusqu'à ce qu'il parle de son poignet. Ce dernier s'évanouit, laissant place à une moue gênée. Elle se racla la gorge en mettant son poignet contre sa poitrine, sa main opposée sur celui-ci en regardant ailleurs. Devait-elle le dire ? Ou le cacher pour elle ? Elle décida d'avouer la vérité, soupirant doucement.

《 — Ne les blâmez pas Commandant…. C'est l'un de vos soldats, qui a été un peu trop insistant…

Elle se racla de nouveau la gorge en tortillant une mèche de ses cheveux autour de ses doigts. Tic qu'elle avait toujours eu quand elle était gênée. Elle releva la tête et en une fraction de seconde, son regard changea. Celui de la servante docile et fragile avait laissé place à un regard plus dur et plus sévère. Il n'était pas méchant, mais plus mature et sérieux. Comme si la coquille s'était brisé et avait laissé entrevoir la véritable personnalité de la rousse. Cependant, ce regard ne dura que deux trois secondes pour laisser de nouveau le rôle de la servante prendre le dessus.

Soudain, alors que tout était calme dans le jardin, un bruit se fit entendre. Elian'Ha regarda partout autour en se demandant d'où cela venait, jusqu'à ce qu'elle voit l'ombre dans un arbre. Sans qu'elle sache vraiment pourquoi, elle s'élança sur le commandant et le poussa. Elle comprit néanmoins trop tard que la cible n'était pas le blond, mais elle. C'était bel et bien l'elfe qui était visée. Sur la surprise, elle resta figée devant la flèche qui fonçait vers elle. Elle se ressaisit légèrement et bougea de quelques centimètres, la flèche l'égratignant sur la joue droite.

Cependant, elle restait figé là sans comprendre. Pourquoi ? Pourquoi était-elle visée ? Elle sut rapidement et mis une main sur son ventre, l'autre sur sa bouche. Elle savait la raison. Elle s'effondra à genou. Pour la première fois depuis longtemps, elle avait peur. Peur de ce sentiment qui la rongeait et la détruisait. Elle devait le retrouver et rapidement.

Fermant les yeux, Elian'Ha fit en sorte de se ressaisir. Elle leva son regard vers Cullen et tendit ses mains tremblantes vers lui.

《 — Je… Je peux vous demander de m'aider à me relever ? S'il vous plaît…

Sa voix était aussi tremblante que ses mains et elle s'en voulait de se montrer dans un tel état. Ce qui la rassurait, c'est qu'ils penseraient que ça serait dû au choc de la tentative d'assassinat et pas du fait qu'elle venait d'être prise pour cible. Mais elle se demandait si c'était seulement une mise en garde ou s'ils tentaient vraiment de la tuer.

Une fois relevée, la jeune femme ne put tenir sur ses jambes et elle s'effondra sur l'homme en face d'elle, ses mains sur le torse de ce dernier. Elle balbutia une énième excuse, avant de regarder vers l'arbre, mais la personne était partie dans la nuit et puisque c'était comme ça, Elian'Ha allait jouer à leur jeu. Elle regarda Cullen et se rendant compte que leurs visages étaient à quelques centimètres, elle rougit. Elle ne s'écarta pas néanmoins, murmurant pour que seulement Cullen entende :

《 — Je pense savoir qui a tenté de tuer le Baron, mais celui qui l'a fait n'est que la marionnette… Malheureusement je ne connais pas le marionnettiste….

Elle se recula par la suite, se reculant doucement en tenant de nouveau sur ses jambes. Elle s'excusa pour sa piètre attitude et demanda à se retirer dans ses quartiers.



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Posté Mar 19 Sep - 2:46
Missive 12
Commandant,
Le baron Bohémond de Clairvallée fait appel à l’inquisition. Dans sa demande, il indique qu’il offrira une bonne partie de ses carrières si on arrive à lui débarrasser d’un groupe d’assassins qui complotent pour le renverser. Il indique que sa garde n’en fait pas façon et qu’en quelques jours il a déjà échappé deux fois à la mort.  
Le Baron du savon



L’elfe était sortit instinctivement pour observer les fleurs du jardin du baron. Cullen se senti un peu bête, tant il était plongé dans son enquête le nez dedans – du moins ce qu’il en restait, il ne cacha pas qu’il avait encore mal du contrecoup - . Mais lorsqu’il mentionna la marque sur sa main pour changer de sujet, la jeune femme avait l’air de se demander si elle devait lui dire ou non.

« - Qu’est-ce qui s’est passé ? »
« - Ne les blâmez pas Commandant…. C'est l'un de vos soldats, qui a été un peu trop insistant… »
« - Oh »


Bon sang ce n’était pas vrai, ils avaient quoi ces derniers temps ?! La semaine précédente c’était Mellissandre qui faisait les frais et maintenant la pauvre servante qui n’avait rien demandé. Ses hommes allaient l’entendre durant les changements d’horaire.

« - Excusez-les… Il n’y a pas que les chevaux qu’ils aiment monter… Je prendrai des dispositions pour que cela ne se reproduise plus. »

Il semblait calme mais à l’intérieur il avait envie d’en prendre un pour taper sur l’autre. Déjà que la situation était compliquée, alors ils devaient avoir une tenue irréprochable. Il se mit à faire les cents pas lentement, comme à son habitude quand il était contrarié. Il ne vit de ce fait pas le regard déterminé que la jeune femme arborait.

Mais alors que le calme était revenu dans le jardin, le Commandant senti un lourd regard posé sur lui et se mit directement sur sa défensive, crispant sa main sur son épée, par réflexe. A peine il eut le temps de se rendre compte qu’ils étaient observés qu’il se senti poussé avec force mine de rien. En tournant légèrement la tête, il vit qu’il s’agissait d’Elian’Ha. Il profita de l’instant pour se réceptionner d’une roulade sur le côté et dégaina son arme dans la foulée. Mais l’esquive absolument incroyable de l’elfe lui démontra qu’elle n’était pas si inoffensive qu’elle en avait l’air. Il était incollable sur ce genre de chose et un mouvement pareil n’était possible que si elle était une combattante.

Mais pas le temps de se poser d’avantage de question, la jeune femme était à genou au sol et en bon et fervent homme de foi, Cullen se précipita sur elle, oubliant de poursuivre l’agresseur. Alors que l’ombre parti sur les balcons et monta sur le toit en escaladant les constructions, le Commandant balaya la zone des yeux et aperçu Mellissandre à la fenêtre de sa chambre. Il ne se posa même pas la question et ne sorti pas de son rôle de Commandant habituel.

« - Vous attendez quoi !? »

C’était sec, franc et sévère. Comme s’il reprochait à Mellissandre de ne pas avoir réagis immédiatement. Elle était sur les balcons et pouvait réagir et ce n’était pas trop tard pour le faire. Lui était coincé dans les jardins avec Elian’Ha et ne comptait pas la laisser en proie aux assassins maintenant qu’ils avaient lancé l’assaut. Et le Créateur sait combien il y en avait dans les environs.

Et là, il se rendit compte d’un détail que Mellissandre avait mentionné auparavant : Elle était enceinte. Et bougre comme il était, il l’avait complètement oublié. Elle tremblait, et espérait qu’elle n’avait rien.

« - Vous allez bien.. ?! »
« - Je… Je peux vous demander de m’aider à me relever ? S’il vous plait… »
« - O-oui bien sûr. »


Il rangea son épée, alors à genoux devant elle. Puis ayant les mains libres vu qu’il avait lâché la lanterne dans la précipitation, la saisi sans aucun problème et l’aida doucement à se relever. Il la maintenait toujours par les bras quelques instants pour être certain qu’elle avait récupéré son équilibre.

Il allait lâcher son emprise sur l’elfe, qui finalement s’effondra à nouveau, incapable de tenir sur ses jambes. Et le premier réflexe de Cullen était de la rattraper avant qu’elle ne se fasse plus de mal.

« - Ne vous blessez pas. »

Le regard de la jeune femme dévia sur l’arbre d’où provenait le tir, mais Cullen savait que l’assassin avait filé. Mellissandre était à ses trousses et espérait qu’elle réussisse à l’attraper, mort ou vif. Le mieux était de pouvoir lui soutirer des informations pour remonter jusqu’à ses commanditaires. Alors que les yeux étaient rivés sur l’arbre et ses environs, l’elfe était toujours blottie contre Cullen qui lui caressait doucement le dos pour espérer la calmer. Puis, ils tournèrent le regard l’un vers l’autre en même temps, mais l’elfe ne bougea pas pour autant. Elle se mit d’ailleurs à lui parler, profitant de cette proximité pour que lui seul entende ce qu’elle avait à lui dire

« - Je pense savoir qui a tenté de tuer le Baron, mais celui qui l'a fait n'est que la marionnette… Malheureusement je ne connais pas le marionnettiste…. »
« - Je vous demande pardon ? »


Suite à cette remarque elle quitta son étreinte ayant désormais semé le doute dans l’esprit de Cullen. Elle prétendait ne pas connaître les assassins, et tout à coup en se faisant attaquer, elle se mit à s’en souvenir. Pourtant il faisait sombre, son point de lumière n’était même plus accessible puisque la flamme s’était envolée au contact avec le sol. Il ne faisait pas encore sombre, mais une chose était sûr : il était impossible de percevoir le visage de cette personne qui les avait attaqués. Donc elle aurait menti. Additionné à son étonnante esquive… Elle allait devoir s’expliquer.

Mais alors qu’il était en pleine réflexion, elle demanda à se retirer dans ses quartiers. Cependant Cullen ne comptait pas la laisser partir aussi simplement.

« - Attendez. »

Il était conscient qu’elle devait aller voir un médecin, mais cela jouait en sa faveur d’un côté : elle finirait par lui dire la vérité, sans chercher d’excuses. Et à force de cotoyer les masques, il commençait à être bon pour déceler les menteurs.

« - Vous avez l’air de savoir bien des choses. Premièrement, vous avez une bonne esquive pour une femme enceinte. J’en ai vu d’innombrables durant ma vie et je peux vous affirmer qu’elles seraient incapables de faire des prouesses pareilles. Je sais de quoi je parle, je m’occupe de la formation de mes soldats. Deuxièmement, il fait trop sombre pour pouvoir identifier l’assassin sans que vous l’ayez vu auparavant. »

Il fit quelques pas vers, elle les bras croisés.

« - Je vous ai posé une première fois la question. Vous ne connaissiez pas ceux qui en voulaient à la vie du Baron. Et tout à coup, un coup est porté vers vous et cela vous remet la mémoire en place… Je dois vous avouer que je suis particulièrement perplexe. »

Il s’arrêta alors à sa hauteur.

« - Vous avez autre chose à me cacher ? Je vous conseille vivement de me raconter ce qui se passe ici, et en détail. »

Il regarda alors les balcons à la recherche de Mellissandre. Mais n’ôta pas son attention de la jeune elfe pour autant. Cullen pouvait se montrer insensible.. Malheureusement c’était sa formation qui l’exigeait.

« - ...Ensuite, seulement, je vous laisserai partir rejoindre vos quartiers. »


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Posté Mar 19 Sep - 18:41
Sans vraiment s’en rendre compte, Mellissandre toujours nonchalamment accoudée contre la fenêtre telle une princesse en attente de prince charmant, s’était laissée captivée par l’interaction entre le Commandant et la servante. C’était d’autant plus frustrant qu’elle n’entendaient pas ce qu’ils disaient, ne pouvant que spéculer leurs paroles en fonction de leur geste. Agacée, elle improvisait donc un doublage ridicule grommelé dans sa barbe jusqu’à ce que les choses s’accélèrent. Elle avait beau avoir une vue en hauteur, elle n’avait absolument pas aperçu l’assassin dissimulé dans les fourrées et elle se redressa donc avec stupeur quand elle vit Elian’ha violemment poussé le Commandant avant d’esquiver – avec beaucoup d’agilité - une flèche qui lui était destinée.

Avec la rapidité d’une sauterelle, l’homme en noir bondit sur le muret puis sur le balcon le plus proche, escaladant avec une aisance spectaculaire le mur de la demeure pour s’enfuir par les toits. Impressionnée, elle observait sa gymnastique depuis quelques secondes quand le Commandant la rappela sèchement à l’ordre.

« - Vous attendez quoi !? »

Contrariée, Mellissandre fronça les sourcils en croisant les bras.

« De savoir voler »
, rétorqua-t-elle immédiatement sur un ton outrageusement ironique. Non mais il croyait quoi, qu’elle savait escalader les murs et sauter de balcon en balcon ? Déjà que quand elle devait faire des acrobaties pour danser elle avait peur de se fouler la cheville alors crapahuter sur les toits…

Par principe elle laissa quelques éclairs qui zébrèrent l’obscurité mais aucun de ses coups ne toucha car il louvoyait trop aisément entre les briques, il était d’ailleurs presque hors de porté désormais. Grognant, Mellissandre décida quand même de tenter sa chance, sortant précipitamment de la chambre pour trouver un chemin normal afin d’accéder aux toits. Heureusement que la danse la rendait sportive parce que sinon elle aurait été essoufflée avant même d’avoir finis de traverser le couloir. Guidée par un domestique, elle escalade une échelle qui l’emmena en hauteur et elle marcha de façon beaucoup plus prudente sur les tuiles instables. Non mais vraiment, comment il faisait pour courir ?

L’assassin aurait probablement eu le temps de rentrer à Antiva le temps qu’elle arrive si les gardes du barons ne s’étaient pas interposés, rameutés par le cri du Commandant. Certes, la première fois aussi il s’était enfui par les toits, mais Mellissandre ne sous-estimait jamais la bêtise humaine, du coup, elle était presque surprise qu’il ait eu la présence d’esprit de placer des hommes là. Bon par contre, il ne fallait pas trop en demander. L’anguille-sauterelle meurtrière se mouvait avec aisance, esquivant sans problème les coups qui lui étaient portés en se payant même le luxe de blesser quelques hommes aux passages qui eux n’étaient guère habitués à se battre sur les toits.

Il était bien parti pour se faire la belle quand Mellissandre décida d’employer les grands moyens.

« STOP ! »

Sa voix raisonna dans le chaos, surpassant le brouhaha ambiant, si impérieuse que l’assassin se figea en plein mouvement.

Surpris de voir l’homme coopérer à son injonction, les gardes s’approchèrent prudemment de lui, se saisissant de l’individu sans aucune difficulté bien que ses membres soient étonnamment raides.

Main tendu, silencieuse, Mellissandre ne le quittait pas des yeux en laissant le sang coulait indolemment le long de sa paume, sachant très bien qu’un instant d’inattention suffirait à briser son emprise. Elle avait eu de la chance qu’ils soient plusieurs à le pourchasser, sinon elle n’aurait pas pris le dessus si facilement car il se serait méfié.

Ce n’est que quand elle fut certaine qu’il était bien ligoté qu’elle fit cesser son emprise, son bras tremblant légèrement comme si elle avait porté un poids du bout des doigts pendant plusieurs minutes. La magie du sang avait un côté bien plus physique qu’on ne l’imaginait.

Soupirant, elle sortit un mouchoir pour se bander sommairement la main et arrêter de repeindre le toit en rouge tandis qu’elle dévisageait l’assassin. Sa façon de ce mouvoir était tellement exceptionnel qu’elle s’était attendu à découvrir un visage exceptionnel mais il était plutôt banal en fait. Un elfe comme on en croisait des centaines dans les rues.

« Tenez le bien », intima-t-elle avant de faire le chemin inverse, redescendant pour rejoindre les jardins là où se trouvait le Commandant aux dernières nouvelles.

Comme un pêcheur fier de son trophée, elle fit amener sa prise devant Cullen en croisant les bras un sourire indéniablement satisfait aux lèvres. Il ne manquait plus que quelques fleurs jetées avec dévotion et le tableau aurait été parfait.

Il était en grande discussion avec Elian’ha et c’était tant mieux. Vu les réflexes de la demoiselle, elle avait revu son jugement sur son côté inoffensif. D’ailleurs, comme pour confirmer qu’elle était mêlée à tout ça, l’assassin cracha subitement quelques insultes à son encontre, qui malheureusement étaient en antivan, les rendant incompréhensibles aux oreilles de Mellissandre. Enfin, il ne fallait pas être polyglotte pour comprendre qu’il y avait une certaine animosité entre les deux.

« J’aimerais bien qu’on m’explique pourquoi un assassin s’en prend à une servante enceinte », déclara-t-elle d’un ton froid en dévisageant la demoiselle en question, croisant les bras pour dissimuler plus ou moins son bandage à la main.

Elle se doutait bien que le Commandant avait déjà commencé l’interrogatoire mais elle voulait une mise à jour. En outre, elle savait qu’ils avaient bien peu de chance de faire parler leur loustic, mais s’il la détestait tant, peut-être qu’il se montrerait bavard pour le plaisir de la contredire… C’était donc important qu’elle refasse son récit devant lui. En tout cas, la jeune femme était attentive aux gestes des deux protagonistes.

Mellissandre n’accordait pas facilement sa compassion, si Elian’ha s’était moquée d’elle, elle allait amèrement le regretter parce qu’en prime, elle serait vexée d’avoir été naïve.

En tout cas, elle était bien déterminée à obtenir des réponses, d'ailleurs, elle lança un regard ambigu à Cullen. Elle avait une petite idée s'ils se montraient réticents mais elle aurait besoin de sa coopération...
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Posté Mar 19 Sep - 19:39


Le Baron du Savon
Cullen & Mélissandre & Elian'Ha

Prise au piège. Tel l'oiseau qui pensait avoir quitté sa cage, le brouillard l'avait aveuglée et elle allait directement dans une nouvelle cellule. Plus grande et plus dangereuse. Comment pouvait-elle se sortir de là ? Elle avait sous-estimé l'inquisition et elle s'en mordait les doigts. Il fallait qu'elle s'échappe de cette situation et elle espérait que l'assassin arriverait à s'échapper. S'il l'avait. Elle était finie. Elle devrait tout dire. Ou presque.

Alors qu'elle marchait dos à Cullen, elle s'arrêta quand il lui ordonna, se tournant à demi vers lui. Sa blessure saignait légèrement, mais pas de quoi lui faire perdre connaissance ou de mettre sa vie en danger. Elle regarda le ciel et ferma les yeux un instant. Fini le jeu. Elle venait de le perdre. Tout ce qu'elle pouvait dire c'était la vérité. Ou du moins une partie de celle-ci.

《 — Vous avez raison. Vous êtes très observateurs Commandant.

Elle se tourna complètement vers lui et leva les mains en l'air, avant de soulever sa robe. Ce n'était pas pour le draguer ou autre. Son geste était lent afin de montrer qu'elle n'avait pas d'arme. Elle fit un tour sur elle-même pour montrer que ce n'était pas le cas, avant de se mettre de nouveau face à lui.

《 — Je vais parti des C…

Elle leva la tête quand elle entendit du bruit, avant de regarder Mélissandre venir avec l'assassin. Elle était foutue. Elle devait trouver quelque chose de convaincant et de juste de façon à ce que cela corrobore avec la version de l'assassin. Qui lui jeta à la figure des mots emplis d'amour. Pour la énième fois, Elian'Ha ferma les yeux. Ses épaules s'affaissèrent et elle poussa un long soupir, avant de rouvrir ses yeux. Ils n'avaient plus rien de docile et de gentil. C'était le regard d'une femme qui en avait vu beaucoup et qui savait ce qu'était que survivre. Une femme qui était tout sauf faible, bien au contraire. Elle soupira et tapa dans ses mains, avant de les croiser sous sa poitrine, la rendant un peu plus volumineuse.

《 — Merci pour tes mots emplis d'amour. Je ne suis point une traîtresse et si tu m'avais demandé au lieu de te faire tes illusions, je t'aurais dit Norandir.

Elle se passa une main dans les cheveux, les mettant sur le côté dans un geste gracieux et calculé. Elle regarda le blond, puis la brune, avant de soupirer de nouveau. Cela la barbait plus que l'effrayait. Elle avait un moyen de sortir d'ici. Elle ne voulait pas l'utiliser, mais elle l'utiliserai si besoin.

《 — Je fais partie des Corbeaux d'Antivan. Tout comme cet homme. Notre mission était d'assassiner le Baron.

Elle se tourna vers le Commandant, souriant légèrement

《 — Je connais la marionnette, mais pas le marionnettiste.

Elle regarda de nouveau l'assemblée

《 — Enfin… Il devait le faire… Je n'étais là que pour nettoyer ensuite…

Alors qu'elle allait continuer son récit, le fameux Norandir se mit à rigoler.

《 — C'est cela oui ! Baratine tout le monde, ce n'était pas le plan !

Elian'Ha sourit en haussant un sourcil, avant de se mettre à rigoler

《 — Dans ce cas-là tu as mal compris. Je devais le faire si TU échouais.

Elle perdit son sourire et eu un visage plus triste.

《 — Je n'ai jamais voulu tuer personne

Elle posa une main sur son ventre, avant de continuer son récit.

《 — Je n'ai rien voulu de tout ça. C'est mon père qui m'a vendu à eux. Voilà d'où vienne mes capacités. Je ne voulais pas être des leurs. Mais chez les Corbeaux, c'est suivez ou mourrez. Je ne pouvais pas choisir la deuxième option…

Ses mains toujours sur son ventre, elle retrouva un sourire triste, regardant désormais Mélissandre. Reculant une jambe, elle fit une légère révérence, avant de se remettre droite. C'était pour elle un signe d'excuse.

《 — Je n'ai jamais voulu jouer avec vous Dame Alirius. Nous nous ressemblons. Si je vous ai offensé l'un…

Elle jeta un regard vers Cullen.

《 — … Ou l'autre…

Puis vers la mage.

《 — … Ce n'était nullement mon intention. Je voulais simplement nous protéger… Si j'ai pu mentir sur d'où je venais et qui j'étais, ma grossesse et mon histoire sont cependant vraies. J'ai simplement omis le fait que le père est une personne importante. D'où le fait qu'il m'ai abandonné… Il ne pouvait avoir d'enfant bâtard…

Elle se mit à rire de façon crispée et triste, avant de laisser ses mains retombées contre son corps. Elle se mordit la lèvre inférieure et des larmes commencèrent à couler sur ses joues. Elle était sincère sur ses paroles et ses actes. Elle baissa la tête et soupira, avant de relever la tête. Elle écarta les bras, les regardant.

《 — Je suis à vous.

Ses yeux se fermèrent et elle baissa la tête. La balle était désormais dans leurs camps.





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Posté Mer 20 Sep - 2:16
Missive 12
Commandant,
Le baron Bohémond de Clairvallée fait appel à l’inquisition. Dans sa demande, il indique qu’il offrira une bonne partie de ses carrières si on arrive à lui débarrasser d’un groupe d’assassins qui complotent pour le renverser. Il indique que sa garde n’en fait pas façon et qu’en quelques jours il a déjà échappé deux fois à la mort.  
Le Baron du savon



Il savait que cette femme lui cachait quelque chose mais il ne se doutait pas qu’elle allait lui déballer toute la vérité. Cela l’étonna fortement d’ailleurs, lui qui avait l’habitude d’user de la manière forte pour faire parler les prisonniers.

«  - Vous avez raison. Vous êtes très observateurs Commandant. »

Il resta silencieux, certain qu’elle allait réagir en étant suspectée, mais rien du tout. Elle semblait calme et posée. Là, une question lui vint à l’esprit, il voulait être certain qu’elle ne tente rien contre personne. C’était légitime après tout et elle semblait coopérative.

«  - êtes-vous armée ? »

Elle leva les mains en l’air, les mettant bien en évidence, elle n’avait rien sur elle et sa robe ne permettait pas vraiment de cacher quoi que ce soit tant elle était près du corps au niveau de la poitrine. Cela aurait été visible si elle avait quelque chose de caché. Puis elle leva la robe doucement pour montrer qu’elle n’avait rien accroché à ses jambes. Cullen détourna immédiatement les yeux.

«  - O-oui oui, c’est bon je vous crois. »

Elle allait lui annoncer quelque chose, quand Mellissandre arriva, avec un soldat qui détenait l’assassin. Comme quoi lui dire les choses de manière crue lui était plus compréhensif que de demander gentiment comme à son habitude. Cependant elle aimait bien avoir le dernier mot et ça il allait le lui faire remarquer.

L’assassin était alors jeté au sol devant le commandant et la jeune elfe. Puis il se mit à hurler en Antivan visiblement des paroles pas très joyeuses, mais assez compréhensives pour comprendre la rancœur envers l’elfe.

«  - J’aimerais bien qu’on m’explique pourquoi un assassin s’en prend à une servante enceinte »
«  - Je préférerai demander ce que fais un assassin avec une servante enceinte plutôt… »


Quoi qu’il en était il avait vu juste : elle avait bien connu cet assassin auparavant. Il resta néanmoins silencieux quand elle lui répliqua en retour.

«  - Vous le connaissez, il me semble. »
«  - Je fais partie des Corbeaux d'Antivan. Tout comme cet homme. Notre mission était d'assassiner le Baron. »


Le premier réflexe de Cullen était de regarder Mellissandre comme pour lui démontrer une sorte d’incompréhension, lui suppliant presque  de lui reconfirmer l’information. Cela dura une petite seconde, puis il se reconcentra sur la jeune femme.

«  - Qui veut s’en prendre au baron ? »
«  - Je connais la marionnette, mais pas le marionnettiste. »


Donc cette histoire n’était pas terminée. D’autres assassins allaient revenir si ceux-là ne finissaient pas le travail.

«  - Et lui dans tout ça ? »

Deux corbeaux pour un simple baron ? Cela paraissait étrange vu la réputation qui les précédait.

«  - Enfin… Il devait le faire… Je n'étais là que pour nettoyer ensuite… »
«  - C’est cela oui ! Baratine tout le monde, ce n’était pas le plan ! »
«  - Dans ce cas-là tu as mal compris. Je devais le faire si TU échouais »


Et les voilà entrain de se disputer, la question ne se posait même plus pour Cullen, il fallait abréger ce remue-ménage.

«  - Assez. »

Avec toute cette histoire il ne savait plus où se mettre : Les deux assassins s’accusaient mutuellement de ne pas avoir mené à bien la mission et encore, ce qui déstabilisait d’avantage était le fait que cela leur était égal. Le Commandant se pinça le haut du nez en soupirant.

«  - Je dois bien avouer que cette situation m’échappe. Vous… * Soupir * Qu’est-ce qui se passe ici ? »

Il avait bien raison de montrer son incompréhension : Le voilà entrain de sympathiser avec les assassins présumés du baron…

«  - Je n’ai jamais voulu tuer personne »
«  - Expliquez-vous… ? »
«  - Je n'ai rien voulu de tout ça. C'est mon père qui m'a vendu à eux. Voilà d'où viennent mes capacités. Je ne voulais pas être des leurs. Mais chez les Corbeaux, c'est suivez ou mourrez. Je ne pouvais pas choisir la deuxième option… »
«  -  .. Et encore moins maintenant visiblement. »


Il faisait allusion à l’enfant qu’elle portait qui semblait lui redonner une sorte d’espoir et l’envie d’avoir une nouvelle vie. Il se demanda presque pourquoi le père l’avait abandonnée. Mais il commençait à se demander si elle ne profitait pas de la présence de l’inquisition pour se réfugier auprès d’eux. Il laisserait cela à Mellissandre car elle serait plus à même que lui de la comprendre, les femmes il en faisait pas façon. Mais alors qu’il réfléchissait, elle se mit à présenter des excuses envers eux.

«  - Je n'ai jamais voulu jouer avec vous Dame Alirius. Nous nous ressemblons. Si je vous ai offensé l'un ou l’autre ce n’était nullement mon intention. Je voulais simplement nous protéger… Si j'ai pu mentir sur d'où je venais et qui j'étais, ma grossesse et mon histoire sont cependant vraies. J'ai simplement omis le fait que le père est une personne importante. D'où le fait qu'il m'ait abandonné… Il ne pouvait avoir d'enfant bâtard… »

Mais c’était ignoble de penser cela… Si ces personnes s’aimaient cet enfant devait leur apporter beaucoup de joie, peu importe leur condition. Mais il ne connaissait rien de leur histoire, il ne pouvait pas lui reprocher ce choix après tout…

Son regard dévia timidement sur Mellissandre durant quelques instants. Il était vrai que ce n’était pas évident d’assumer un rapprochement avec une personne qui vous est interdite. Mais il ne comprenait pas le lien avec cette affaire, la présence de l’inquisition et le meurtre du baron. D’ailleurs en parlant du loup.

«  - Qu’est-ce qui se passe ici !? »

Elian’Ha était effondrée, et le Commandant s’était retrouvé coincé. Cette histoire était délicate. Il voulait faire une feinte pour espérer la sauver, mais elle se dénonça seule devant le baron, étendant ses bras en attendant qu’on la saisisse. Cela tombait bien, toute la garde arrivait, les siens y comprit, et tous les quatre.

«  - Je suis à vous. »

Pour faire bonne figure auprès du Baron, il ordonna à ses templiers de la saisir d’un simple geste de la main, ce qui se passa immédiatement.

«  - Elian’Ha était une taupe des assassins et elle a avoué ses crimes. »

«  - C-Comment ?! Elian’Ha est-ce vrai… ? »


Il semblait avoir un semblant de compassion pour un noble Orlésien. Reconnaissant visiblement qu’elle l’avait défendue contre celui qui l’avait agressé durant la nuit il y a trois jours.

«  - … Qu’on les tue immédiatement ! »
«  - Je regrette, je ne peux pas vous laisser faire cela. »
«  - Comment … ?! Vous osez me dire quoi faire sous mon propre toit ? »


Le baron voulait la voir morte, curieusement ce n’était pas étonnant de la part d’un noble de ne pas s’attacher à ce genre de personnes.

«  - Pour celui-là, vous avez raison de vouloir lui ôter la vie, mais Elian’Ha n’a fait que vous défendre et ne peut être accusée. »
«  - Elle l’aurait probablement fait si elle n’avait pas été grillée ! »
«  - Ces personnes sont sous l’autorité de l’inquisition, et elles seront jugées par notre Inquisiteur que vous le vouliez ou non. »


Le Baron continua de protester ordonnant à ses hommes de pointer leur arme sur Cullen qui s’était mit en barrage entre les prisonniers et le baron.

«  - Vous nous avez demandé de régler cette affaire on le fait. Mais tenez vos engagements auprès de Joséphine. De plus nous ne savons pas si d’autres risquent de revenir. »

Il se tourna vers l’elfe, alors maintenue aux bras comme s’il recherchait sa confirmation.

«  - … Après tout si on part maintenant vous n’êtes pas encore hors de danger. Mais c’est vous qui voyez »


Le Baron resta silencieux dans un premier temps puis se rendit compte que cela était inutile de continuer à brasser de l’air pour rien. Il agita les bras et sa garde se remit à sa place.

«  - C’est quoi la suite du plan ? »
«  - On veille cette nuit comme convenu. L’enquête n’est pas terminée »


Sur ce il avait un interrogatoire à poursuivre avec les deux assassins. L’un était ligoté mais semblait tout à fait apte à parlementer s’il se montrait coopératif. Profitant du chahut,  et accessoirement pour son plaisir personnel, il se rendit vers Mellissandre.

«  - J’espère que vous ne dormez pas trop. »


Il la trouvait bien silencieuse, elle qui avait la bouche ouverte pour le contredire quand elle en avait l’occasion.

«  - C’est une maladie chez vous à Tevinter visiblement. Le dernier qui a forcé ma patience s’est retrouvé avec mon poing dans la figure, ne me dites pas que c’est ce que vous recherchiez tout de même »

Il s’attendait à ce qu’elle sorte une énorme vanne sur le fait qu’il avait également renversé cette dite personne sur la table, mais il préférait se la garder pour lui-même. Par Andrasté, le voilà qui se met à s’introduire le vice dans son esprit .

Puis il lui attrapa sa main bandée et la leva assez haute pour qu’elle soit dans leur champ de vision à tous les deux.

«  - Je ne ferai aucun commentaire là-dessus. »

Il ne tarda pas à lâcher son emprise, il en avait assez vu. Il se redressa et regarda les prisonniers.

«  - On doit leur soutirer des informations. Savoir si d’autres reviendront et si tel est le cas il faut que nous les empêchons d’agir. »

Cet elfe.. Il devait en savoir des choses, et il ne devait pas être aussi simple à convaincre que la jeune femme.  

«  - Si vous avez envie de cogner je vous laisse ce…  Norandir. S’il ne veut pas se montrer coopératif. Je vous laisse tout de même terminer ce que vous avez brillamment commencé. »

Il lui fit un clin d’œil amical, c’était même une sorte de récompense pour lui que de lui laisser interroger une cible pareille. Mais alors qu’il allait retourner voir ses hommes, il lui demanda finalement.

«  - Avez-vous d’autres observations à me faire part ? »

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Posté Mer 20 Sep - 15:09
Laissant Cullen mener l’interrogatoire, Mellissandre resta silencieuse, observant tour à tour les deux protagonistes de cette étrange comédie. Elle s’attendait à des explications farfelues mais certainement pas à des aveux aussi francs. Prise au piège, Elian’ha avait manifestement décidé de jouer franc jeu – du moins en apparence – elle admit donc être une Corbeau, tout comme son collègue. Vu la réputation des assassins antivans elle se félicitait d’autant plus de l’avoir attrapé mais cela n’augurait rien de bon non plus. Tant que le commanditaire était dans la nature, le contrat restait valable… Des Corbeaux, il y en avait des centaines prêt à prendre la relève et aussi charmante la demeure soit-elle, elle n’avait pas l’intention de camper ici jusqu’à l’année prochaine.

Veillant à rester neutre, elle jeta un regard plutôt froid à Elian’ha alors que celle-ci s’excusait personnellement à son égard, glissant que les deux femmes se ressemblaient. Oui, elles étaient pareilles, bien plus que la rousse ne pouvait l’imaginer. Racontant son histoire larmoyante – sans doute pour être prise en pitié – elle acceptait tout de même dignement son sort ce qui laissait une impression étrange à la jeune mage. Était-ce possible de demander pardon pour un crime de cet ampleur ? Cullen avait déjà montré sa mansuétude et sa clémence, mais elle restait persuadée que s’il savait qu’elle était venatori, il la décapiterait sur place. L’absolution pour la trahison n’existe jamais vraiment, quand bien même on est sincère. La confiance est une chose fragile, une fois brisée, on ne peut plus vraiment la réparer, même avec toute la bonne volonté du monde. C’était terrifiant.

Le Baron était venu, bien entendu, il réclamait la tête de la servante mais le Commandant s’interposa en clamant qu’elle serait jugé par l’Inquisition. La nouvelle sembla contrarié Béhemond mais le menace qui planait toujours sur sa tête semblait suffisante pour le rendre coopératif. Les discussions allaient bon train quand elle vit Cullen se rapprocher, désireux de s’entretenir avec elle.

Manifestement, il la trouvait bien silencieuse car il l’accusa indirectement de dormir debout. Un sourire circonspect aux lèvres, elle le toisa avec une once de malice.

« Si vous aimez tant le son de ma voix, je viendrais vous chanter une berceuse », le taquina-t-elle à voix basse pour qu’il soit le seul à profiter de sa réplique. De loin, on aurait pu les croire en train de planifier une stratégie, pas de s’envoyer des piques sans intérêt. Enfin, il n’était manifestement pas d’humeur à plaisanter.

«  - C’est une maladie chez vous à Tevinter visiblement. Le dernier qui a forcé ma patience s’est retrouvé avec mon poing dans la figure, ne me dites pas que c’est ce que vous recherchiez tout de même »


«  Non ça va, une fois m’a suffi », répondit-elle avec un soupçon d’impertinence, se remémorant cet histoire de baiser volé qui lui avait valut un joli bleu. Cela semblait si lointain désormais. Étrangement, elle se demandait si elle aurait été capable de le refaire maintenant que… que le Commandant était plus qu’un joli blondinet à la tête des armées de l’Inquisition. Pour l’efficacité que ça avait eu en plus... Des fois, elle se disait qu’elle réfléchissait beaucoup trop, le sud était beaucoup moins adepte des plans alambiqués… Enfin, c’était fait maintenant, et c’était une pensée toujours plus agréables que les petites mesquineries de Dorian. Rien que d’y repenser elle avait envie de revoir la scène où il se faisait frapper en boucle.

Il attrapa soudainement sa main, lui lançant un regard réprobateur avant de faire une très belle prétérition en déclarant qu’il ne ferait pas de commentaires. Choisissant de ne pas mettre de l’huile sur le feu, elle prit un air faussement contrit tout à fait éloquent qui montrait bien qu’elle savait qu’il n’approuvait pas et que pour ça elle était navrée, mais qu’elle n’était pas vraiment désolée non plus sur le principe. Elle n’avait blessé personne à part elle même et elle avait accompli sa mission, il n’allait quand même pas se plaindre…

L’attention commençant à revenir sur eux il était temps de redevenir sérieux et le Commandant énonça des évidences en disant qu’ils devaient en apprendre plus. Manifestement, il lui laissait le soin d’interroger son prisonnier tandis qu’il s’occuperait d’Elian’ha. C’était plutôt rassurant de savoir qu’il la considérait encore suspecte malgré son histoire dramatique et ses petits yeux mouillés.

Honnêtement, cette répartition lui convenait très bien, aussi insensible soit-elle, dès qu’elle entendait le mot ‘bébé’, elle avait envie d’apprendre le tricot pour faire des chaussettes à pompon, si elle avait dû interroger la jeune femme, elle aurait craint de se laisser amadouer…

« Ne baissez pas votre garde », l’avertit-elle donc simplement en lui lançant un regard étrangement inquiet. Quelque part, elle avait quand même un peu anxieuse pour lui. Même s’il était un peu rude parfois cela restait une personne profondément gentille et compatissante, elle ne voulait pas qu’il se fasse embobiner par ses grands yeux et joue les chevaliers servants.

« Oh et tachez de savoir qui est le père », lui conseilla-t-elle également. Cullen n’était pas habitué aux manigance, il ne savait probablement pas à quel point ce genre d’informations pouvaient s’avérer utiles en d’autres circonstances. Si c’était bel et bien un noble, il y avait toujours possibilité d’obtenir quelques faveurs. Surtout s’il ne voulait pas qu’on connaisse sa paternité.

Elle aurait bien aimé poursuivre un interrogatoire croisé mais il avait été déterminé de les interroger séparément, aussi se retrouva-t-elle seule dans une cellule avec son elfe toujours ligoté, deux gardes juste derrière la porte prêt à agir en cas de problèmes.

Elle commença par lui poser des questions banales mais il restait ostensiblement silencieux. Manifestement, il était habitué à ce genre de scène, c’était un Corbeau, même sous la torture il ne craquerait probablement pas…

« Vous savez, je n’y connais pas grand-chose en assassinat, mais par contre je ne suis pas trop mauvaise en coup monté », admit-elle brusquement, suscitant vaguement son intérêt. « Je pense que c’est effectivement Elian’ha qui devait tuer le baron, sinon pourquoi aurait-elle essayé de passer pour une héroïne en vous en empêchant ? », demanda-t-elle tandis qu’un rictus plutôt satisfait apparaissait sur ses lèvres.

S’il y avait une chose susceptible de lui délier la langue c’était la jeune fille vu la haine qu’il semblait éprouver à son égard.

« Je me demande quand même, si vous étiez entré dans la chambre du Baron, pourquoi ne pas avoir fini le travail malgré tout ? », l’interrogea-t-elle plus par curiosité qu’autre chose. Mais ce détail la titillait depuis qu’elle savait qu’elle était dans le coup.

« C’était une doublure », révéla-t-il finalement en haussant les épaules, « Cela n’aurait servi à rien de le tuer. Elian’ha devait obtenir sa confiance pour savoir où il dort vraiment... »

Tiens donc. Un détail que Béhémond avait omis de préciser. Décidément, il avait plus de ressource qu’elle ne le pensait. De la même manière qu’elle semblait inoffensive quand elle jouait les naïves, l’excentricité du Baron poussait beaucoup de gens à le sous-estimait en le croyant stupide, mais il ne l’était pas, loin de là.

« Tu l’as traité de traîtresse, pourquoi ? », continua-t-elle en songeant que si elle avait décidé d’abandonner la mission, cela jouerait en sa faveur lors du procès.

Néanmoins, la réalité était tout autre.

« Elle nous a caché sa grossesse tout en connaissant parfaitement les conséquences », répondit-il d’une voix glaciale, le regard dur. Mellissandre frissonna légèrement devant tant de conviction.

« Les Corbeaux n’ont pas le droit d’avoir d’enfant? », insista-t-elle sans doute parce que l’idée la choquait.

« Les Corbeaux n’ont pas le droit d’avoir de faiblesses », conclu-t-il en secouant la tête. Ce genre de choses arrivaient rarement, hommes ou femmes, leur corps était abîmé par l’entraînement intensif et les tortures qu’ils subissaient, mais quand cela arrivait il était inconcevable de le garder. C’était une faiblesse physique, mais psychologique aussi. Après tout, il n’y a pas meilleur point de pression que quelque chose auquel on tient. Mellissandre avait bien vu ses réflexes, toujours protéger son ventre. Ses aveux aussi était éloquents, elle craignait pour la vie de son enfant plus que pour la sienne.

« Donc puisqu’elle n’était plus apte à remplir sa mission, tu as décidé de prendre la relève et de te débarrasser d’elle et du Baron », continua-t-elle néanmoins, espérant que la transition lui permettrait d’obtenir des informations.

« Oui »

C’était succinct mais au moins il était plus bavard. Elle n’avait qu’à continuer à creuser.

« Mais pourquoi l’attaquer en présence du Commandant ? Elle ne se méfiait pas de toi, tu aurais pu la piéger autrement non ? Surtout que je regardais en plus…  », l’interrogea-t-elle ensuite, tentant de mettre toutes les pièces du puzzle en place. Quelque chose dans cette affaire la dérangeait mais elle n’arrivait pas à mettre le doigt dessus.

L’assassin resta silencieux ce qui aggrava ses soupçons. Il lui cachait quelque chose, il fallait juste qu’elle découvre quoi. En pleine réflexion, Mellissandre le dévisageait comme si la réponse à sa question était écrite sur son front. Qu’est-ce qui avait pu le pousser à agir en étant si visible au lieu de tenter de faire passer Elian pour une victime collatérale ou une petite vengeance personnelle ?

La réponse la plus logique étant qu’il voulait qu’ils sachent que Elian était visé ? Mais qu’est-ce que ça lui apportait, pourquoi prendre ce risque ? Sauf si la jeune femme souhaitait qu’on pense qu’elle était une traîtresse. Après tout, elle l’avait avoué bien facilement… Si ça se trouve, toute cette mise en scène, cette révélation faisait parti d’un plan alambiqué pour leur faire baisser leur gardes où leur donner de mauvaises informations.

C’était peut-être tordu mais elle aurait été tout à fait capable de le faire elle même et la servante l’avait dit : elles étaient pareille.

Et Elian’ha était seule avec le Commandant.

Prise d’un soudain doute, Mellissandre sortit précipitamment de la cellule en ordonnant aux gardes de surveiller le prisonnier. Ce n’est qu’alors qu’elle traversait le couloir d’un pas excessivement pressé qu’elle se rendit compte à quel point elle était inquiète qu’il puisse lui arriver quelque chose. Sincèrement inquiète.

S’il mourrait de la main d’Elian’ha elle n’aurait rien à se reprocher, elle ne pourrait pas être accusée, mais pourtant cela la paniquait. En sommes, elle ne voulait pas qu’il meurt et cette simple réalité était assez déstabilisante en soit.

Elle ne mit pas longtemps à arriver à la cellule où elle était retenue et qui avait été aménagée pour être plus confortable vu sa condition. Sans réfléchir, elle ouvrit la porte à la volée sans se donner la peine de frapper, si désireuse qu’elle était de vérifier que tout allait bien.

« Commandant, je me demande si ce n’est pas un piège », déclara-t-elle en même temps avec une certaine précipitation, légèrement essoufflée par sa marche très rapide dans ces couloirs interminables.
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Posté Mer 20 Sep - 21:50


Le Baron du Savon
Cullen & Mélissandre & Elian'Ha

Elle devait se sortir de là. Peu importe comment, mais elle devait réussir à s'enfuir. Ainsi, durant tout le chemin versa sa « cellule » elle réfléchit à un moyen de partir. Elian'Ha regarda vers le ciel, avant de voir un signe. Elle sourit, regardant ensuite Cullen devant, puis les deux gardes de chaque côtés d'elle, la tenant par les poignets. Elle manqua de tomber, étant rattrapé par ceux-ci. Elle les remercia d'un sourire, avant de s'asseoir sur une chaise confortable, la faisant doucement soupirer. Malgré sa force, elle restait une femme enceinte et ses capacités étaient amoindries.

《 — Merci beaucoup pour l'attention

Elle regarda ensuite Cullen, puis les soldats, se positionnant correctement sur le siège, ses deux mains sur son ventre à le caresser avec douceur. Elle ne s'était pas rendu compte que c'était devenu une part importante d'elle et de sa vie. Elle ne pouvait pas le tuer, tuer le petit être dans son ventre qui grandissait. Mais elle savait aussi que cela lui causerait beaucoup de problèmes. Trop. C'est pour cela qu'elle avait besoin du père, de l'Inquisiteur.

Néanmoins, elle n'allait pas tout révéler non plus. C'est pourquoi elle décida de se taire et de ne plus répondre aux questions du Commandant. Si elle ne répondait pas, il allait de toute façon user de méthodes plus… forcés, afin de la faire parler. Mais c'était vain. Elle ne pipait mot. Peu importait les coups qu'elle pouvait avoir ou autre. Elle avait été entraînée et torturé pour ce genre de moment. Elle savait qu'il ne toucherait pas à son ventre. Sinon elle les tuerait tous. Cependant, le visage et les mains, elle s'en moquait.

Puis, dans un moment de silence, un cri de chouette se fit entendre. C'était la nuit donc rien de bien étrange, mais pour l'elfe c'était signe de libération. SI tôt dit, si tôt fait, les deux soldats se retrouvèrent immobiles, une aiguille dans le coup de chacun. Puis une autre atterrit dans le cou de Cullen, l'immobilisant aussi.

《 — Non, ne le tue pas. Je vais le faire.

Une ombre apparut derrière Elian'Ha, tandis que cette dernière se levait de façon lente et gracieuse. La rousse se mit en face de Cullen, allant caresser ses joues. Les deux soldats s'effondrèrent, tué par l'ombre, puis disparut. Attendant qu'il parte, Elian'Ha regarda de nouveau le blond, souriant doucement.

《 — Faites de beaux rêves, commandant

Elle se pencha vers lui, ses lèvres à quelques centimètres de celle du prisonnier. Elle se pinça les lèvres, avant de murmurer :

《 — Je ne vais pas vous tuer. J'ai encore besoin de vous. Un jour vous comprendrez Cullen Rutherford.

Puis elle l'embrassa d'un baiser doux et langoureux. La jeune femme fit en sorte qu'il ouvre les lèvres et elle le força à avaler une gélule qui allait non pas le tuer, mais simplement l'endormir. C'était sans compter sur l'arrivée de Mélissandre qui du coup assista à la scène du baiser de l'assassin et de l'ex-templier. Elle se redressa et avant que la brune ne puisse faire le moindre geste, elle lui planta une aiguille dans la gorge, la paralysant. Elle fit un grand sourire.

《 — Nous sommes pareilles. Plus que vous pouvez le penser Dame Mélissandre Alirius. On se reverra plus vite que vous ne le pensez.

Elle disparut ensuite, partant en courant. Elle avait une mission : tuer le Baron et Norandir. Lorsqu'elle arriva devant la cellule, elle vit que les gardes étaient morts et l'elfe n'était plus là. La peur la saisit et elle décida de faire ce qu'elle n'avait jamais fait avant : fuir. Elle marcha rapidement en dehors du bâtiment et elle sortit de la ville. Elle savait qu'elle était sa prochaine destination, mais elle avait des préparations à faire. Elle devait tout planifier. Durant sa marche, elle soupira. Rien ne s'était passé comme voulu. Le Baron était vivant, les membres de l'inquisition aussi, elle était désormais fugitive des Corbeaux. Décidément, rien ne marchait comme elle le voulait depuis sa rencontre avec Ragnar. D'un côté, elle appréciait. Cela donnait un côté piquant.



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Posté Jeu 21 Sep - 2:30
Missive 12
Commandant,
Le baron Bohémond de Clairvallée fait appel à l’inquisition. Dans sa demande, il indique qu’il offrira une bonne partie de ses carrières si on arrive à lui débarrasser d’un groupe d’assassins qui complotent pour le renverser. Il indique que sa garde n’en fait pas façon et qu’en quelques jours il a déjà échappé deux fois à la mort.  
Le Baron du savon



Cullen surveillait d’un œil attentif les deux assassins, étant plus que mal à l’aise actuellement. Il ne savait pas vraiment par où commencer.

«  - Je vais me charger d’Elian’Ha seul. Je prendrai Loron et Elwig avec moi, ce sont des personnes de confiance après tout. Ils pourront me défendre si jamais il m’arrive quelque chose. »
«  - Ne baissez pas votre garde »
«  - J’y tâcherai. »


Il allait s’en aller rejoindre ses troupes pour l’interrogatoire, quand Mellissandre lui dit alors :

«  - Oh et tachez de savoir qui est le père »

Il s’était retourné, hochant doucement la tête pour acquiescer puis fit signe à ses templiers de le suivre.  Loron et Elwig le suivirent alors en tenant l’elfe qui se lassa amener dans un des cachots mis à leur disposition par le baron.

Une fois qu’elle était installée elle semblait incroyablement à l’aise et pas du tout stressée par l’interrogatoire musclé qu’elle allait subir. D’un côté, il se disait que Mellissandre faisait bien de ne pas être là parce qu’il allait utiliser les manières fortes si elle ne se montrait pas coopérative. Le Commandant se plaça alors en face d’elle, toujours debout alors que les deux templiers se positionnèrent devant la porte sans dire mot. Mais Elwig ne pouvait pas s’empêcher de se sentir déstabilisé face au comportement de la jeune femme.

«  - Si vous êtes aussi sincère que vous le faites croire vous devez sans doute coopérer d’avantage maintenant »

Il venait de lancer les hostilités, mais la jeune femme ne lui répondit pas, se contentant de le regarder. Il se doutait bien que la situation était bizarre et le comportement d’Elwig ne lui échappa pas. Il resta cependant particulièrement calme et droit, car il ne fallait pas se laisser intimider par cette femme.

«  - Premièrement, qui est le père de l’enfant ? »

Il devait commencer subtilement par la question de Mellissandre, après tout il était légitime de lui demander qui serait le père de cet enfant. Mais l’elfe resta impassible et ne bougea pas. Cullen attendit quelques secondes, la regardant attentivement, et en voyant qu’elle préférait faire la sourde oreille, il se résigna.

«  - Bon.. Je vois que votre langue est restée dans le jardin… »

Il se mit à faire les cents pas, réfléchissant à un moyen de la déstabiliser, autrement. Il ne la menacerait vraiment qu’en dernier recours, et il était formé pour n’avoir aucun scrupule à tuer l’enfant directement. Il espérait ne pas en arriver là, alors passa à la question suivante.

«  - Dites-moi combien êtes-vous de corbeaux à courir après le baron ? »

Toujours aucune réponse. Pourtant elle connaissait sa  mission et les différents intervenants. Etrange, elle jouait la carte du silence alors qu’elle avait décidé de se mettre à dos les assassins un peu plus tôt. Mais à quoi elle jouait… ?

Loron s’approcha alors et lui flanqua une bonne gifle pour lui remettre les idées en place.

«  - Le Commandant vous a posé une question, tachez d’y répondre ! »

Malgré la violence de son geste elle se contenta de redresser le regard vers lui sans prendre la peine de lui répondre en retour. Les moyens du baron étaient sommaires pour permettre de la faire parler. Mais pas besoin d’écarteler pour la faire parler, il suffisait de faire pression sur son enfant.

Mais à force de continuer les questions, elle ne se laissait pas arracher un mot, et les coups devinrent trop nombreux pour espérer obtenir quoi que ce soit sur elle. Autrement dit c’était perdu d’avance. Puis le Commandant dégaina son épée, orientant alors la pointe vers le ventre de l’elfe.

«  - Ne me forcez pas à le faire. »

Elle pouvait croire qu’il bluffait ce n’était malheureusement pas le cas. Si elle pensait qu’en demandant simplement pardon, elle allait être lavée des crimes qu’elle avait commis dans le passé et en faisant partie du complot elle était concernée elle aussi par ce qui s’y passait. Elle jouait avec eux, mais elle n’irait pas loin si elle ne décida pas de coopérer.

Mais à peine il eut effectué son geste que son regard dévia sur ses hommes qui réagirent étrangement, ils furent touchés par quelque chose et Cullen ne tarda pas à comprendre : ils avaient été piégés. Mais dans la mêlée, il n’eut pas le temps de se retourner vers l’elfe, le voilà également touché par ce qui semblait être une fléchette. Il senti ses membres s’engourdir, et il ne pu rapidement plus bouger, toutes ses forces le quittant peu à peu. Il se fit également surprendre par le bruit claquant de son épée qui tombait au sol dans un fracas épouvantable. Il pensait qu’il allait y passer, jusqu’à ce qu’Elian’Ha mentionna qu’elle allait s’en occuper.  Donc il était simplement paralysé. Mais Dos à la jeune fille, impossible pour lui de percevoir qui était avec eux dans la pièce et surtout par où il était entré…

«  - Non, ne le tue pas. Je vais le faire. »

De toute manière, le voilà impuissant et incapable de bouger. Ses hommes ne pouvaient d’ailleurs pas l’aider, eux aussi étant dans le même état que lui. Mais ils restèrent néanmoins particulièrement calme malgré la situation.

Puis, Elian’Ha se rapprocha de lui, le contournant pour se placer devant lui, captant par la même occasion son regard alors qu’il essayait de lutter pour garder ses forces, ses tremblements en disaient beaucoup. Puis il entraperçu une ombre achever ses deux hommes, qui s’effondrèrent sous son regard impuissant. Et suite à cela il tomba à genoux devant elle, perdant ses dernières forces.

«  - Faites de beaux rêves, commandant »

Il releva la tête vers elle, alors qu’elle se penchait pour se rapprocher de lui. Mais elle n’avait pas de dague, rien qui ne pouvait le tuer. Mais qu’avait-elle derrière la tête… ?

«  - Vous allez me tuer, comme le reste de mes hommes… ? »
«  - Je ne vais pas vous tuer. J'ai encore besoin de vous. Un jour vous comprendrez Cullen Rutherford. »


Il s’était résigné, son épée était à portée de main de la jeune femme après tout. Allait-elle le laisser assommé ici ou pensait-elle l’emmener dans sa fuite… ? Ce serait trop risqué cependant. Et Cullen resta dans l’incompréhension, mais il prit rapidement peur quand il la vit approcher de plus en plus près. Elle avait déjà les mains sur ses joues, ce n’était pas bien difficile de se rendre compte de ses gestes. Cependant il n’eut pas le temps de réfléchir que les lèvres de l’elfe attrapèrent celles du Commandant qui ne pouvait qu’assister à cette scène sans avoir la force de la repousser. Cela lui arracha qu’une brève inspiration emplie d’étonnement. D’ailleurs elle poussa quelque chose à l’intérieur de sa bouche absolument atroce qu’elle força à avaler avant d’achever son acte. Cependant, il était tellement surprit par cette situation qu’il n’avait pas prit attention à Mellissandre qui venait de faire irruption dans la pièce.

Elle était essoufflée, comme si elle avait couru pour arriver jusqu’ici, et à peine entrer elle pouvait découvrir les cadavres des deux templiers qu’elle connaissait gisant sur le sol. Il n’observa cependant pas grand chose car il vit soudainement tout tourner, puis il s’effondra au sol inconscient.

◊ ◊ ◊ Un peu plus tard...

Lorsqu’il revint à lui, il fut ébloui par une lumière, quelque chose d’oranger en face de lui et très difficile à distinguer. Puis entendit quelque chose, deux sons différents, impossible à décrire. Il se demandait presque où il était, mais le simple fait de penser lui donna une migraine pas possible.

Il était tellement sonné qu’il mit un moment avant de percuter où il était et qui étaient les personnes proches de lui. Dans la pièce, il y avait Joséphine, Mellissandre et le Baron, visiblement entrain de se disputer puisque le volume était trop fort pour lui.

Au bout de quelques minutes il se mit à percevoir les sons et sa vision devint d’avantage nette. Il fixait le plafond sculpté du baron couché quelque part, sans savoir s’il se trouvait sur le lit ou sur un divan très large. Epuisé, il referma les yeux écoutant sans trop savoir ce quoi cela parlait cette pseudo discussion qui se déroulait proche de lui. Puis il se remit à réfléchir. Il était encore chez le baron, mais que se passait-il… ? Combien de temps s’était écoulé depuis lors ?

«  - Commandant, vous revenez à vous !? »


C’était la voix de Joséphine, mais même s’il avait envie de lui répondre, il ne réussi qu’à gémir en guise de réponse, ce qui le surprit lui-même. Bon sang mais qu’est-ce qu’elle lui avait donné pour le mettre dans un état pareil… Et surtout depuis combien de temps elle l’avait dans la bouche ce truc ? Il essayait de se remémorer la scène puis repensa au moment où les deux templiers se firent tuer, ce qui lui fit un choc soudain. Mais ce choc lui redonna la force de se redresser, si bien qu’il décida de se lever manquant de peu de se prendre les mobiliers et tenant à peine sur ses jambes.

«  - Cullen, vous devez… »
«  - Je sors. »

A peine il eut réussi à atteindre le balcon, après avoir titubé douloureusement jusque-là, qu’il se laissa tomber sur la barrière de pierre qui la bordait. Il regarda en bas, il y avait le jardin où plusieurs soldats s’affairaient à des patrouilles et diverses recherches. Et sur le côté, il aperçu plusieurs corps emballés près à être transportés sur une charrette présente à cet endroit.

Il resta quelques instants le regard vide, agrippé à la tablette de pierre avant de joindre ses mains devant sa bouche de manière à garder le silence quelques instants.

«  - Fait chier.. »

D’habitude il contrôlait ses paroles, de manière à rester courtois, mais là il était tellement vide et désespéré que le templier ne savait même pas comment réagir. Rire, pleurer, s’énerver ? Pour quoi faire.

Cullen baissa la tête, de manière à plaquer le haut de son crâne contre la pierre et s’attrapa ses boucles entre les doigts, crispant son geste comme pour se tenir à quelque chose. Il profita alors du calme pour se mettre à prier silencieusement. Il avait échoué et devait s’excuser auprès d’Andrasté pour ne pas avoir tenu sa promesse.

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Posté Jeu 21 Sep - 10:47
Mellissandre ne savait pas vraiment à quoi s’attendre en ouvrant cette porte. Elle espérait que le Commandant allait bien et qu’ils étaient simplement en train de discuter. Elle envisageait qu’elle soit moins bavarde et que l’interrogatoire soit plus musclée. Elle craignait qu’ils ne soient en train de se battre. Par contre, rien ne l’avait préparé à assister à ce baiser langoureux. Figée de stupeur et habitée d'une fureur viscérale, elle dévisagea la scène une bonne seconde avant de comprendre que quelque chose n’allait pas. Le visage tordu de Cullen, les cadavres de Loron et Elwig. Son premier réflexe fut de lancer un éclair sur la jeune femme mais, inconsciemment, elle le fit avec moins de vivacité qu’à son habitude de peur de blesser le Commandant. Une grave erreur car Elian’ha elle n’avait pas ce genre de préoccupations.

Mellissandre sentit à peine la pointe de l’aiguille pénétrée sa peau. C’était comme une piqûre d’insecte, indolore et puis soudainement brûlant. Elle jeta un regard plein de haine à son interlocutrice alors que Cullen s’effondrait à terre. Est-ce qu’il était… mort ? L’angoisse de l’incertitude lui serra les entrailles mais elle ne pouvait pas bouger. Tout son corps était engourdi, ses membres trop lourd pour être mu. Elle ne pouvait pas attaquer la rousse, pas plus qu’elle ne pouvait se précipiter auprès du Commandant pour prendre son pouls. Elle était juste immobile, impuissante, crachant toute sa haine d’un simple regard à cette servante souriante.

On se reverra disait-elle. Oh, elle l’espérait. Parce que la prochaine fois qu’elle la reverrait elle lui effacerait ce sourire de son visage, définitivement.

L’adrénaline ne lui avait pas laissé le temps d’avoir peur que Elian’ha était déjà partie en la laissant en vie. Un bien curieux choix aux yeux de Mellissandre mais elle n’arrivait pas à comprendre leurs raisonnements. Cette situation lui échappait complètement et cela rajoutait une couche de frustration à sa paralysie.

Ses muscles étaient douloureux à force d’être si atrocement crispés mais elle s’efforçait de ne pas y penser. En revanche c’était plus difficile de détourner son regard du corps immobile du Commandant. Elle n’arrivait pas à voir s’il respirait et ne sachant pas quoi faire d’autre, elle pria silencieusement pour que ça soit le cas auprès de toutes les divinités qu’elle connaissait. C’était tout de même ironique que de réclamer à Dumat d’épargner le commandant de l’Inquisition.

Elle avait un problème, elle le savait bien mais elle refusait de le considérer pour l’instant, repoussant l’échéance chaque fois qu’elle réalisait qu’elle s’était un peu trop attachée. Ses parents trouveraient une solution – ils trouvaient toujours une solution - elle n’avait qu’à faire avec en attendant.

Enfin le poison se dissipa et elle s’effondra par terre, ses muscles criant grâce. Elle avait l’impression de sortir d’une crampe qui aurait frappé tous les membres de son corps en même temps et le moindre geste lui tirait une éloquente grimace. Toutefois, elle ne pouvait pas résister à l’injonction impérieuse qui lui clamait de vérifier l’état de Cullen, aussi rampa-t-elle plus ou moins gracieusement jusqu’à lui avant de poser ses doigts sur sa jugulaire. Apaisée par les battements de réguliers de son coeur, elle soupira de soulagement avant de se laisser mollement retombée sur le dos. Il était encore en vie et il n’avait pas l’air sous l’emprise d’un virulent poison. Manifestement, la jeune rousse avait décidé de les épargner tous les deux pour une raison incompréhensible.

Elle n’était pas vraiment restée paralysée longtemps mais Elian’ha devait être déjà loin, ça ne servait à rien d’essayer de la poursuivre, surtout dans cet état. Non le mieux c’était d’attendre sagement comme une étoile de mer endolorie qu’on les trouve. Et c’est ce qu’elle fit ne sortant de sa torpeur que lorsqu’elle entendit le hoquet de stupeur d’un garde.

« Ne nous enterrez pas encore », déclara-t-elle d’une voix lasse, sachant pertinemment qu’ils donnaient l’impression d’un charnier désordonnés.

« Dame Mellissandre ! Commandant ! »

L’homme se précipita à sa rencontre, l’aidant à se relever tandis qu’elle titubait pour se redresser. Par le Créateur, depuis quand il y avait autant de muscles dans un corps humain… Un deuxième homme arriva, soulevant péniblement le corps toujours endormis de Cullen et Mellissandre prit les devants.

« Emmenez le Commandant à un guérisseur et aidez moi à marcher jusqu’à mes quartiers s’il vous plait », ordonna-t-elle sans mettre les formes mais il ne vint à aucun d’entre eux l’idée de protester.

Dès qu’elle la vit arriver, Joséphine blanchit en prenant la relève pour l’aider à marcher.

« Par le Créateur, mais que c’est-il passé? »

« On s’est fait rouler… et j’ai besoin d’un bain »

********


Se massant la tempe, Mellissandre jeta un regard las au baron et à Joséphine qui se crêpait le chignon à propos des récents événements.

L’eau chaude lui avait fait le plus grand bien et elle avait arrêté de grimacer au moindre geste mais elle n’avait pas vraiment la force de s’immiscer dans leur houleuse conversation pour autant. Béhémond reprochait à l’Inquisition d’avoir manqué de prudence persuadé que s’il avait tué Elian’ha sur le champ rien de tout cela ne serait arrivé. Joséphine lui rappelait que c’était pour lui venir en aide que 4 hommes étaient mort et qu’il lui avait caché cette histoire de doublure. En outre, 3 Corbeaux pour un seul homme cela faisait beaucoup. La diplomate était persuadée que le Baron leur cachait quelque chose et quand bien même il était toujours en danger elle menaçait de faire cesser la mission sur le champ s’il ne révélait pas tout.

La tension était palpable quand le Commandant commença à reprendre ses esprits. Mellissandre qui était assise non loin de lui le sentit s’agiter et elle se redressa soudainement ce qui alerta aussitôt la diplomate de la situation.

Avec douceur, elle tenta de lui imposer le repos mais il semblait beaucoup trop troublé pour l’écouter. En fait, même le Baron habituellement si volubile resta silencieux tandis que Cullen encore endoloris titubait jusqu’au balcon.

Silencieuse, Mellissandre n’avait pas bougé, se contentant de le regarder disparaître par la porte-fenêtre jusqu’à ce qu’un regard de Joséphine lui intime d’aller le réconforter. Elle ne savait pas trop, il avait sans doute envie d’être seul un peu pour clarifier ses pensées. Honnêtement, la mort d’Elwig était moins satisfaisante qu’elle ne l’avait imaginé mais elle n’en était pas attristée pour autant contrairement au Commandant.

Soupirant, elle finit par se lever pour le rejoindre tandis que le Baron et Joséphine reprenait leur discussion fort animée. Elle s’approcha timidement, peinée de le voir aussi désemparée. Tout doucement pour ne pas le faire sursauter elle posa une main sur son épaule. Elle voulait le geste réconfortant mais elle savait que ce n’était pas suffisant vu la tristesse qui l’animait. Le problème c’est qu’elle n’était pas très douée pour consoler les gens c’était un exercice plus ou moins inédit pour elle… Ennuyée par sa propre maladresse, elle piétina un peu, ouvrant la bouche en espérant que cela débloque sa parole sans succès.

Pour l’heure, ça ne servait à rien qu’il s’arrache littéralement les cheveux, aussi elle finit par poser ses mains sur celles de Cullen, emmêlant ses doigts avec les siens pour avoir une prise assez douce mais suffisante pour le faire lâcher ses pauvres boucles blondes. Elle ne savait toujours pas quoi faire à part être là aussi elle l’enlaça, se blottissant dans son dos pour attester sa présence sans lâcher ses mains.

« Ce n’est pas votre faute », murmura-t-elle finalement. Une évidence mais certaines fois, il était bon de les rappeler.
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Posté Jeu 21 Sep - 12:03
Missive 12
Commandant,
Le baron Bohémond de Clairvallée fait appel à l’inquisition. Dans sa demande, il indique qu’il offrira une bonne partie de ses carrières si on arrive à lui débarrasser d’un groupe d’assassins qui complotent pour le renverser. Il indique que sa garde n’en fait pas façon et qu’en quelques jours il a déjà échappé deux fois à la mort.  
Le Baron du savon



Prit au piège dans ses tourments plus que ses prières, il ne bougea pas quand il senti une main se poser sur son épaule. Pas besoin de relever la tête pour savoir qu’il s’agissait de Mellissandre, son parfum étant assez fort pour remarquer que c’était elle. Il ne réagit pas, se retenant de sangloter devant elle. Il ne pleurait pas la mort de ses hommes en général, mais il était particulièrement proche de ceux-ci. Et il se demandait également pourquoi il n’avait pas fini avec eux.

Mais dans sa réflexion, Mellissandre saisi doucement ses doigts qui malmenaient quelque peu sa chevelure pour les abaisser, et se retrouver contre lui, l’enlaçant en tenant toujours ses mains. Cullen releva alors doucement la tête pour revoir ce qui se passait en bas de ce balcon. Il vit les soldats charger les derniers corps et la charrette se mit en marche.

« - Au moins ils n’ont pas souffert… »
« - Ce n’est pas votre faute »


Le Commandant soupira, en levant le nez au ciel. Malgré la situation la pilule était dure à avaler contrairement à ce qu’Elian’Ha lui avait donné. Il attendit quelques instants comme cela, puis se redressa, prenant appuis sur la balustrade avec son dos.

« - Je… cette situation… »

Il ne savait pas comment lui expliquer ce qu’il ressentait, il ne le faisait jamais après tout. Et puis, la jeune femme ne semblait pas porter l’un des deux dans son cœur, il ne savait pas si en tant que noble capricieuse elle serait à même de comprendre de toute manière. Mais il devait avouer que son effort pour le réconfortait lui allait droit au cœur.

« - Elian’Ha nous a surprit avec un autre assassin. Je ne saurais pas dire par où il est entré mais à peine nous nous en étions rendu compte que c’était déjà la fin. Et ensuite je ne me rappelle plus de rien. »

Il se rappelait de petites informations, mais pas assez pour qu’il puisse reconstituer toute l’histoire. Quoi qu’il en était, c’était mieux ainsi selon lui.

« - Je dois vous avouer… que je ne suis pas fier de ce qui s’est passé. Je n’ai pas été assez vigilent. »

Il essayait de se trouver des excuses, même s’il savait qu’il avait été prit dans un piège tendu des corbeaux et que peu s’en serait sorti normalement. Mais il ne pouvait pas s’empêcher de s’en vouloir de n’avoir rien pu faire…

« - Je sais, je ne suis pas responsable, mais je ne peux pas m’empêcher de le penser. »

Il s’était retourné, de manière à pouvoir observer les jardins, les coudes appuyés contre la balustrade. Il écouta ce que Mellissandre lui dit, cela le touchait énormément.

« - Je ne pensais pas qu’un jour vous diriez cela. »

De la compassion de sa part c’était rare, surtout qu’elle faisait partie de cette catégorie de noble à avoir été pourri gâtée toute sa vie et dont le souci des autres était son dernier problème.

Il resta silencieux dans un premier temps, à tapoter ses doigts sur la pierre car il hésitait sur ce qu’il devait faire ou dire. Et puis, l’air frais de la soirée l’aidait à reprendre ses esprits plus rapidement que prévu. Mais alors qu’il entendait toujours Joséphine discuter avec le baron, il aperçu que dans la cour il n’y avait plus personne. Tout était redevenu calme, comme si de rien ne s’était passé.

Il savait la jeune femme proche de lui, mais ne savait pas vraiment comment continuer la conversation avec elle. Il bégaya quelques mots maladroitement alignés, puis se résigna en soupirant.

« - Et puis mince… »

Il se redressa, s’avança près de Mellissandre et l’embrassa sans réfléchir. Il ne sait pas combien de temps cela dura, mais il n’en avait absolument rien à faire. Mais dans son élan, il se retrouva à plaquer la jouvencelle contre le pilier dressé à côté des balustrades de pierre, goûtant ainsi ses lèvres sucrées.

Soudain il se rendit compte de son geste : Il ôta sa main posée sur la hanche de Mellissandre, puis celle qui lui caressait la joue avant de se retirer et faire quelques pas en arrière pour reprendre une distance convenable entre eux.

Mais qu’est-ce qu’il venait de faire..

Il resta dans un premier temps idiot, et son regard se mit à chercher du réconfort sur le pas de la porte-fenêtre à côté d’eux, mais sans succès. Cullen se mit alors à passer une main nerveuse derrière la tête et se reposa sur la barrière quelques mètres plus loin.

« - Mon geste était déplacé… E-excusez-moi. »

Si Mellissandre lui en voulait, cela lui était égal, mais si dans le cas contraire elle avait apprécié le voilà dans de beaux draps. Ce n’était pas possible entre eux et elle le savait mieux que tout le monde.

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Posté Jeu 21 Sep - 20:49
Elle ne savait pas vraiment quoi dire d’autre mais son geste était éloquent. Son étreinte l’enveloppait de son mieux, comme pour créer un cocon dans lequel il pouvait se sentir bien. Il n’y avait pas besoin de mots et d’ailleurs il resta également silencieux avant de se défaire gentiment de ses bras pour se retourner et lui faire face.

Docile, Mellissandre le laissa faire, restant néanmoins proche de lui pour pouvoir le regarder dans les yeux. Lui offrir son écoute et sa compassion. Elle ne pouvait pas tout à fait comprendre ce qu’il ressentait mais elle savait une chose, quand on est submergé par le désaroi la simple présence de quelqu’un de bienveillant et affectueux pouvait faire du bien. Après tout, même encore à son âge, elle avait toujours envie de se réfugier dans les bras de ses parents quand elle allait mal, dans ceux de Cullen aussi, plus récemment.

« - Elian’Ha nous a surprit avec un autre assassin. Je ne saurais pas dire par où il est entré mais à peine nous nous en étions rendu compte que c’était déjà la fin. Et ensuite je ne me rappelle plus de rien. »

La simple évocation d’Elian’ha assombrie la mine de Mellissandre qui ne cherchait pas à cacher sa propre colère. Le nom lui renvoyait aussitôt l’image de son air innocent et de sa fausse contrition contredite par ce baiser vicieux sur le Commandant. Franchement, elle n’avait pas trouvé d’autres méthodes pour le neutraliser ? L’ignominieuse garce.

« - Je dois vous avouer… que je ne suis pas fier de ce qui s’est passé. Je n’ai pas été assez vigilent. »

« Cette vipère nous a tous manipulé avec sa grossesse et sa soit-disant repentance. Et puis, trois assassins pour un simple baron ? Jamais on n’aurait pu deviner qu’il y en avait un autre. Vous n’avez rien à vous reprocher Cullen. Honnêtement je… Je pense que personne n’aurait pu mieux gérer la situation et certainement pas moi », avoua-t-elle sans plus s’étendre sur le sujet en reposant une main sur son épaule étant d’humeur particulièrement tactile.

Malgré sa méfiance intrinsèque, elle s’était beaucoup trop laissée attendrir par cette histoire de bébé, elle le savait très bien. En l’occurrence, Cullen avait géré la situation au mieux, ce n’est pas comme s’il avait eu la bêtise de la laisser aller se promener ou de l’assigner dans une simple chambre. Personne ne pouvait prédire la venu d’un troisième homme.

« - Je sais, je ne suis pas responsable, mais je ne peux pas m’empêcher de le penser. »

Malgré ses efforts la culpabilité continuait de le ronger. C’était frustrant mais tellement normal. La raison n’arrive pas toujours à tenir les rennes des sentiments et ce n’était pas ses pathétiques évidences qui pourrait changer ça. D’ailleurs, il s’était retourné, comme pour signifier que c’était inutile d’insister, que ça ne servait à rien.

Mellissandre se mordit la lèvre, cherchant une nouvelle fois ses mots. Il était peut-être vain de tenter d’effacer son sentiment d’échec. De toute façon, plus elle insisterait plus il se braquerait.

« C’est parce que vous êtes quelqu’un d’infiniment bon Commandant », répondit-elle après un léger silence, sa voix chargée de conviction. Finalement, cet horrible sentiment partait d’une qualité et c’était toujours bon de le rappeler.

« Votre gentillesse, votre sérieux, votre compassion, font de vous une personne vraiment admirable… Je vous admire », avoua-t-elle sans vraiment s’en rendre compte. Mais c’était sincère, et rare de la part d’une noble hautaine et capricieuse. Elle espérait qu’il apprécie son compliment à sa juste valeur… « Ne changez pas Cullen, mais ne laissez pas vos émotions négatives vous rongez non plus Concentrez-vous plutôt sur toutes les bonnes choses que vous avez accomplis », conclu-t-elle constatant que ses mots semblaient l’avoir touché. Elle n’était pas très douée mais elle faisait de son mieux, au final, l’énergie qu’elle mettait à le réconforter jouait probablement tout autant que ses paroles.

Elle lui sourit même s’il ne pouvait pas la voir. Elle était juste satisfaite de le sentir moins attristée même si cela était remplacé par une pointe d’embarras tout à fait attendrissante. Finalement, il se ressaisit et se tourna vers lui, empli d’une soudaine détermination. Elle continua de lui sourire avec bienveillance, son regard l’incitant à partager le fils de ses pensées avec elle.

Il l’avait dévisagé avec une ardeur surprenante mais elle était pourtant loin d’imaginer qu’elle était la source de sa soudaine résolution. En fait, elle ne comprit qu’en sentant la douceur de ses lèvres sur les siennes tandis que l’élan l’emportait sur le colonne la plus proche. C’était si étourdissant qu’elle en oublia de respirer son esprit peinant déjà à assimiler la situation. Ses doigts qui happaient délicatement sa joue, sa main qui prenait égoïstement possession de sa taille, ses lèvres qui s’emparaient fougueusement des siennes. Si impérieusement, si viscéralement qu’elle ne songeait même pas à résister juste fascinée par la chaleur que dégageait tout son être ainsi lové contre le sien, par le relief de sa cicatrice contre ses lèvres, par la satisfaction d’être ainsi enlacée, entourée, choyée, comme si sa simple présence pouvait effacer la déréliction qu’elle ressentait.

Finalement il s’éloigna et l’air frais de la soirée lui parut soudainement glacial et elle frissonna tout en regardant Cullen légèrement hébétée. Encore un peu étourdie, elle ne tarda néanmoins pas à rougir avec virulence alors qu’elle prenait conscience de l’ampleur de ce qu’il venait de se passer. C’était plus qu’un incompréhensiblement agréable moment, c’était un baiser. Pour quelqu’un d’aussi romantique qu’elle cela n’avait rien d’anodin et elle se sentait atrocement embarrassée, mais aussi indéniablement charmée par cet élan romanesque. Comme si elle avait besoin de ça en plus.

Alors qu’elle constatait que son coeur pulsait jusque dans ses oreilles à un rythme effréné, elle se rappela que respirer était un besoin vitale et elle se concentra là dessus en essayant de mettre un peu d’ordre dans ses pensées.

Oh, elle avait définitivement un gros problème. Sauf que maintenant, elle devait le gérer immédiatement, elle ne pouvait plus repousser du bout du pieds ses sentiments pour les cacher le temps d’y mettre un peu d’ordre.

Cullen s’était éloigné, récréant une distance tout à fait respectable entre eux tandis qu’il jouait nonchalamment avec la pierre tout en s’excusant pour le caractère déplacé de son geste. Elle balbutia quelque chose, incapable de trouver quelque chose de cohérent à dire. Bien entendu que c’était déplacé, atrocement déplacé Et dangereux. Et vain. Ils n’avaient aucune chance de pouvoir aller quelque part. Ils n’étaient pas du même monde. En fait ils n’étaient même pas dans le même camp. Mais au-delà de l’ivresse du moment, si elle n’en avait pas voulu elle aurait eu le temps de l’électrocuter trois fois au moins. Mais si, elle ne se reprenait pas très vite, ses parents allaient la crucifier pour sa faiblesse.

Encore une fois, la raison n’arrive pas toujours à tenir les rennes des sentiments et ce n’était pas ses pathétiques évidences qui pourrait changer ça. Un inextricable dilemme qu’elle se devait pourtant de trancher en faveur de ce qui était le mieux. Ses devoirs, ses responsabilités. Elle n’allait pas décevoir sa famille quand même en se laissant entraîner dans quelques indignes caprices...

« Je... »

Mellissandre remis maladroitement une mèche de cheveux derrière son oreille comme pour ce dernier l’air plus présentable alors qu’elle était toujours adossée contre cette colonne, incapable de se redresser.

Elle savait très bien qu’elle rôle elle devait jouer, et d’ailleurs, elle avait même l’impression que Cullen l’implorait silencieusement de le faire. Qu’il attendait qu’elle le rejette pour effacer son élan symbolique.

Elle savait parfaitement qu’ils n’allaient nulle part et qu’elle devait le dire clairement et catégoriquement, mais c’était cruellement difficile. Pourquoi elle ne pouvait pas simplement profiter encore de l’exaltation sucrée dans laquelle cela l’avait plongé ?

« Nous partons dès demain, je n’ai pas réussi à trouver un compromis satisfaisant avec le Baron... »

Mellissandre qui n’avait pas quitté des yeux Cullen sursauta en entendant soudainement la voix de Joséphine. Vu le moment qu’ils partageaient juste avant elle avait l’impression d’être surprise en train de faire quelque chose de mal. Ce qui en soit en disait long sur la complexité de la situation. D’ailleurs, la diplomate ne manqua pas de remarquer la couleur écrevisse qui était subitement revenue colorer ses joues.

« Tout va bien Mellissandre ? Vous devriez faire attention, on ne sait jamais les effets secondaires des poisons », s’inquiéta-t-elle avec sincérité.

« Hmm, oui, vous dites que Béhémond ne veut plus coopérer ? », s’intéressa-t-elle désireuse de changer la conversation. Pour être honnête, elle profitait allègrement de l’occasion pour remettre à plus tard son inévitable confrontation avec Cullen. D'un autre côté, elle n'allait pas reprendre cette conversation en présence de la diplomate tout de même.

...

Elle se trouvait des excuses, espérait prendre le temps de réfléchir, de se calmer. Mais en réalité, le déni était définitivement une de ses stratégies favorites…
PROCHAIN NIV. :
Le baron du savon [PV : Mellissandre / Elian' Ha] D3ku
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