Dragon Age : Les Légendes de Thédas

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Posté Mar 29 Aoû - 2:57
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Commandant,
Aujourd'hui vous allez penser à vous, sachant que les événements d'hier vous ont particulièrement touchés. Ne vous en faites pas, un jour de repos ne fait de mal à personne ! Je vous mets quelqu'un sur le coup pour vous aider à passer cette épreuve.  
Détendez-vous, Commandant



Même pas une journée s’écoula depuis cet incident avec les démons à Fort Céleste, et grâce aux efforts de Leliana, peu de monde fut au courant de cette histoire. A l’interne, la panique générale était intolérable et les forces armées devaient faire leur possible pour empêcher que cela se produise. Entre temps, Cullen avait réfléchi à une astuce pour renforcer la sécurité et redistribuer les tâches à ses soldats de garde.

Mais cette nuit-là il n’avait pas dormi, encore sous le choc après ce qui s’était passé. Il voulait se réserver une bonne nuit de sommeil – chose ratée – mais avait fini par se contenter de rêvasser en attendant que le jour se lève. Le conseil était à l’unanimité sur le fait qu’il prenne sa journée de repos, car plusieurs était inconcevables pour lui. Enfin, il était obligé de le faire et il était limite surveillé s’il comptait faire autre chose que se reposer.

Encore couché dans son lit, allongé sur le côté le bras sous l’oreiller, il fixait le mobilier en face de lui, les yeux grands ouverts. Chaque fois qu’il entendit le plafond grincer il leva les yeux pour espérer trouver la zone d’où le bruit provenait. En y réfléchissant, il se faisait autant plaisir qu’un écuyer ramassant les crottins de cheval.

Mais s’il fixait cette étagère c’était surtout parce que son esprit était ailleurs, toujours en pleine réflexion avec ce qui s’était passé la veille. Il avait passé la nuit à penser à Mellissandre, malgré lui. Il se consolait dans son malheur en listant les reproches qu’il lui faisait à cette noble ingrate. Mais la veille il lui devait tout de même une fière chandelle. Chaque fois qu’il ressentait une once de sympathie envers elle, il secoua bêtement la tête, chassant ainsi l’idée. Il ne pouvait pas apprécier une casse-pied pareil après tout.

Il essayait de se rendormir mais chaque fois qu’il fermait les yeux son esprit mal tourné lui remettait le couvert. Il changea plusieurs fois de position, secouant nerveusement les pieds. Puis, il prit son oreiller et le jeta au fond de la pièce.

«  - Mais elle a fait quoi à ma tête, celle-là ? »

Il se leva alors et s’assit dans son lit décrétant qu’il ne pouvait pas faire ce que les autres avaient l’habitude d’appeler : Grasse matinée. Il allait devoir se détendre autrement… Après tout, le jour était levé que depuis peu et cela le stressait un peu de ne pas être levé aux aurores.

Il décida de sortir du lit et d’aller aux bains se détendre, quitte à faire quelque chose d’autre de sa journée, il ne fallait pas qu’il soit tenté d’aller voir ses patrouilles, ou encore d’aller fouiller ses paperasses. Une fois sorti de son bureau, il senti la porte se claquer violemment derrière lui ce qui le fit hoqueter de surprise. Il se retourna subitement et vit Doreen appuyé contre le montant de la porte, tournant une clé dans la serrure, fermant ainsi la seule porte ouverte…

«  - Que… faites-vous ? »
«  - Simple : Je vous rend service, Commandant. »
«  - Pardon ?! »


L’elfe fit quelques pas en avant un sourire étrangement sadique jusqu’aux oreilles. Il croisa les bras de même que son interlocuteur, comme pour le mimer assez vulgairement.

«  - Joséphine m’a donné l’ordre de veiller sur vous, de façon à ce que vous vous reposiez. »
«  - Je sais me reposer sans distraction »
«  - hmm… Ce n’est pas ce qu’elle m’a dit. Du coup je prends ça et je vous laisse à vos prochaines occupations »


Il secoua l’épée du Commandant qu’il venait délibérément d’attraper et parti au pas de course avant de se remettre en furtif et échapper à Cullen qui avait essayé en vain de lui courir après.

«  - Non, rendez-moi ça tout de suite !! »
«  - Un jour vous me remercierez ~ !! »


En faisant le point, son bureau était fermé et Doreen avait confisqué son armement et le tout sous les ordres de Joséphine… Pas parti pour se détendre mais stresser d’avantage maintenant.

Il décida de jouer le jeu mais que l’elfe allait regretter son geste… Ou était-ce plutôt Joséphine dans ce cas-ci ? Doreen pouvait s’amuser, mais il allait très vite comprendre pourquoi Cullen était le Commandant d’une armée, et surtout son chef avant tout. Mais en premier lieu il devait aller prendre son bain… Rien de tel pour passer le temps.

---

Une fois dans le bain il ne put s’empêcher d’être sur ses gardes, pourtant seul dans la pièce. Il secoua la tête se retrouvant alors dans la même situation que dans son lit le matin même… Il se replongeait dans les affaires de la veille… Il finit alors par vouloir s’en aller estimant qu’il y avait passé assez de temps quand il entendit un bruit étrange dans son bassin. Il se retourna, alors dos au bruit, l’air interrogatif quand Doreen sorti la tête du bain comme un prédateur.

«  - …. Combien de temps cela fait que vous êtes là ? »
«  - exactement 20 secondes, et vous ça ne fait même pas 10 minutes ! »
«  - Est-ce que cela va continuer toute la journée ? »
«  - Je me dois tout de même de vous dire qu’un bon bain dure en moyenne 1 bonne heure, le temps que l’eau refroidisse ~ »
«  - Vous restez autant de temps dans votre bain, vous ? »
«  - Et bien oui, on se laisse porter par le mouvement de l’eau, profiter de la chaleur, et détendre ses muscles. Cela ne fait pas partie de votre vocabulaire, Commandant ? »
« - Pff…… Je… »


Il lui tourna le dos et quitta le bassin quand soudain, parti de si bon chemin Doreen l’appela, détenant sa serviette.

«  - Vous n’oubliez pas votre serviette, Commandant ? »
«  - … Ne faites surtout pas cela… »


L’elfe, assis dans le bassin secoua la serviette au-dessus de l’eau comme pour faire croire qu’il allait simplement le lâcher, mais Cullen se rendit compte qu’il avait autre chose derrière la tête… La solution serait bien trop simple, autrement. Prit au dépourvu, l’elfe quitta la pièce en filant sous le nez de son chef en gardant sa serviette avec lui au passage. Cullen resta hébété au milieu de la pièce qui contenait les trois bassins puis se serra le haut de son nez d’une main désespéré…

«  - Par le créateur… »

Il ne perdit pas de temps pour filer au pas de course dans les vestiaires de l’autre côté du couloir pour récupérer ses affaires. En entrant il vérifia qu’il avait bien toutes ses affaires, ce qui était le cas… Il allait se promener mouillé mais il avait l’habitude.  Après s’être changé, il sorti en trottant pour espérer rattraper l’elfe. Mais il n’eut pas réussi à le dénicher, si bien qu’il se mit à passer dans des endroits improbables dans le fort.

En prenant l’angle d’un couloir Il manqua de peu avant la collision avec Mellissandre qui  y passait à cet instant. Il freina subitement et finit par faire un bond en arrière. En s’arrêtant, il se demanda d’ailleurs ce qu’il faisait, se rendant compte que sa situation était vraiment idiote.

«  - Je…. »

Il repensa au fait qu’il n’avait pas arrêté de penser à elle, mais ne souhaitait absolument rien dire, par pure fierté, bien entendu.

«  - Vous savez comme moi que si on se croise, c’est mauvais signe : Il va se passer quelque chose d’ici 5 minutes »

Après tout, il n'avait jamais vécu autant de choses en dehors de mission depuis qu'il l'avait rencontrée... Cette femme attirait spécialement les ennuis à sa façon. Il dévia sensiblement le regard ne cherchant pas à croiser celui de la jeune femme, étant très mal à l’aise de la situation. Il jeta un œil dans le couloir pour voir s’il apercevait Doreen, puis céda.

«  - Joséphine me fait surveiller par un de mes agents et il se trouve qu’il rend ma journée plus que pénible. Je ne pensais pas trouver meilleur que vous à vrai dire »

Il dit cela en soupirant ses dernières paroles, et en effet, elle pouvait remarquer qu’il était encore mouillé et semblait chercher quelque chose.

«  - Oui, il m’a volé ma serviette, et ce n’est pas la pire situation. Je n’ai plus d’arme et mon bureau est actuellement fermé. En gros je suis condamné à passer la journée dehors et selon eux, essayer de me détendre.  »

Il n’aimait pas parler de lui, mais là la situation était trop cocasse pour que Mellissandre n’apprécie pas ce qui lui arrive. Et voilà, il repensait encore à la faire rire.

«  - J…. Disons que je ne sais pas trop comment m’y prendre pour me détendre, étant donné que j’ai l’impression de perdre mon temps, je n’en vois pas l’utilité. Vous faites comment à Tevinter ? »

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Posté Mar 29 Aoû - 11:44
Après avoir fini de se pomponner, Mellissandre s’observa un moment dans la glace s’assurant d’être parfaitement présentable avant de soupirer, lisser une mèche qui folâtrait un peu trop sur son front et finalement sortir de la pièce.

Elle n’avait pas eu trop d’ennuis suite aux événement de la veille mais Joséphine lui avait quand même subtilement fait comprendre qu’elle avait intérêt à faire profil bas quelques jours. Toute Mellissandre qu’elle soit elle ne pouvait pas vraiment la contredire et c’est pourquoi elle avait pris des dispositions pour ne pas pouvoir provoquer d’esclandre à Fort Celeste au moins aujourd’hui.

Toujours dans cette optique elle s’était levée très tôt et arpentait désormais des couloirs déserts pour croiser le moins de monde possible jusqu’à sa destination. Toutefois, preuve que le Créateur avait un indubitable sens de l’humour il mit le Commandant sur son chemin.

Le Commandant mouillé, sur son chemin.

Clignant des yeux, Mellissandre se figea alors que Cullen faisait un bon tout à fait comique en arrière pour éviter une collision. A la façon dont il s’était brusquement reculé on aurait pu croire qu’il avait été piqué par un démon ce qui était assez vexant pour elle. Il la craignait tant que ça ? Bon, ce n’était pas non plus si surprenant après ce qu’elle avait fait… Et dire qu’elle était restée sage à ne pas trop creuser dans sa mémoire.

Silencieuse, elle croisa les bras en le dévisageant de manière assez vive tandis qu’il bredouillait quelque chose. Il n’avait pas tant l’air en colère que ça en fait, plus troublé. D’ailleurs, quand il l’accusa de provoquer des ennuis il semblait plus mal à l’aise qu’agressif à son égard si bien qu’elle ne savait pas trop comment interpréter la chose. Habituellement elle aurait cru que c’était une énième pique à son égard mais là cela ressemblait presque à une ridicule superstition. Mais de son point de vu à elle, c’était quand elle était avec lui qui lui arrivait toute ses coquilles… Comme quoi tout est relatif.  

« Je pourrais vous retourner la remarque », répondit-elle finalement avec un petit sourire amusé en cherchant son regard des yeux. Pourtant il l’évitait soigneusement, portant ses iris partout autour en prenant soin de l’ignorer. Pour le coup, ça c’était vraiment suspicieux. Un peu mal à l’aise à cause de son manège, Mellissandre jeta un œil par dessus son épaule pour voir s’il elle avait raté un éléphant rose en train de jouer de la cornemuse dans son dos mais le couleur était absolument désert.

« Est-ce que tout va bien Commandant ? », demanda-t-elle finalement d’une voix incertaine mais plutôt douce.

Il agissait bizarrement, il avait les cheveux trempé et ses vêtements collaient un peu preuve qu’il ne s’était probablement pas séché. Après ce qui lui était arrivé elle ne pouvait pas soupçonner quelques séquelles. Cullen était-il en train de perdre la tête ?

C’est alors qu’il lui expliqua avec désespoir la situation épineuse dans laquelle il se trouvait. Apparemment un de ses hommes trop zélé lui faisait des misères dans le but de l’empêcher de travailler. Effectivement la situation était cocasse.

Incapable de s’en empêcher, Mellissandre pouffa légèrement de rire en apprenant pourquoi le Commandant était encore mouillé, l’imaginer en train de courir après une ombre voleuse de serviette avait effectivement de quoi la mettre de bonne humeur.


« Et ça ne vous ait pas venu à l’idée de demander à un serviteur de vous apporter une nouvelle serviette ? », le taquina-t-elle en lui lançant un regard pétillant de malice. Évidemment, Cullen n’était pas noble, il n’avait pas le réflexe de s’en remettre au petites gens pour ce genre de problème. Pour une fois que ça le desservait.

« Enfin, au moins je comprends mieux les rumeurs qui prétendent que Ferelden sent le chien mouillé ~ », ajouta-t-elle avec facétie. En plus, elle aimait plutôt bien l’odeur du Commandant c’était juste pour le plaisir de l’embêter.

« J’ai une réputation à sauvegarder », s’excusa-t-elle presque avec un sourire pourtant pas vraiment désolé. C’était plus pour lui signifiait qu’elle était vexée qu’il trouve que quelqu’un d’autre était plus pénible qu’elle, en somme elle était tout à fait apte à concourir pour sauvegarder son titre. Mais si ça pouvait le faire rire et le détendre un peu cela n’était pas plus mal.

Elle aurait probablement pu trouver d’autre pique à lui lancer mais il détourna subtilement la conversation en lui demandant comment ils se divertissaient à Tevinter.

Un peu prise au dépourvu Mellissandre fit mine de réfléchir une seconde. Généralement occupée à planifier quelques mauvais coup, à s’entraîner ou à apprendre le commerce de sa famille elle n’avait en réalité pas tant de temps que ça pour elle.

« Généralement, on va aux thermes », expliqua-t-elle, un sourire extatique passant sur son visage rien qu’au souvenir de ses bains à différente température dans le plus grand calme. Et les massages… « … mais j’ai l’impression que vous êtes déjà passé par les bains... », conclu-t-elle en lui jetant un nouveau regard un peu moqueur.

Creusant un peu son esprit, elle chercha ce qu’elle faisait de son temps libre – à part lire des romans à l’eau de rose, et puis se fut l’illumination. Se figeant soudainement signe qu’elle avait eu une idée, elle posa les yeux sur Cullen arborant un sourire si malicieux qu’il en était de mauvaise augure.

« Vous savez quoi, en fait, vous tombez parfaitement bien Commandant »
, déclara-t-elle finalement. « J’ai besoin de vous », ajouta-t-elle pour finir d’installer son mystère.

Il venait de lui avouer être désœuvré, il ne pouvait donc pas vraiment s’esquiver. Et en titillant ainsi sa curiosité elle l’empêchait d’inventer un prétexte pour s’enfuir.

« Ce que vous allez faire, Commandant, c’est que vous allez allé dans les quartiers des serviteurs, demander gentiment une serviette propre et des vêtements de rechange, chaud, puis me rejoindre à la porte du Fort », conclu-t-elle sur un ton indéniablement autoritaire mais pas agressif pour autant. Elle prenait les choses en main sans souffrir de protestation, c’est dans ce moment là qu’on se souvenait qu’elle avait l’habitude de mener beaucoup de gens à la baguette elle qu’elle n’était pas forcément désagréable en le faisant. Tout ce qu’il pouvait déduire c’est qu’ils allaient sortir. En même temps, vu qu'il semblait avoir du mal à s'empêcher de travailler, l'éloigner de sa tentation était une idée tout à fait légitime.

« Ne me faites pas trop attendre », conclu-t-elle avec un ultime sourire malicieux avant de reprendre gracieusement son chemin. C’était aussi un avertissement. Elle allait l’attendre, donc s’il ne venait pas, elle allait le chercher, il n’avait pas d’échappatoire.

Reprenant sa route sans plus se soucier d’éventuelles de protestations, Mellissandre fit donc une halte à la taverne qui n’était pas encore trop bondé vu l’heure matinale. Scipio lui préparait toujours plus qu’elle ne pouvait en finir mais dans le doute elle lui demanda d’improviser quelque chose en vitesse en plus pour être sûr d’avoir assez à manger pour deux. Grand cuisinier quil était, elle ne doutait pas que cela le contrarierait en même temps que de lui offrir un challenge à la hauteur de son talent. En tout cas, elle ne regrettait absolument pas décision de l’engager comme cuisinier, cet homme était un génie.

Une fois que tout fut rangé et soigneusement emballé dans un sac de voyage, Mellissandre se dirigea vers la porte où la vie commençait à fourmiller. Appuyée contre un mur, elle entendit sagement que le Commandant ait finit de s’occuper de ses cheveux – il n’y avait que ça qui puisse justifier qu’il prenne autant de temps – et qu’il daigne enfin la rejoindre.

Toujours aussi pétillante de mesquinerie, Mellissandre lui révéla enfin le programme de la journée.

« Depuis que je suis arrivée, mis à part cette charmante visite dans les marais je n’ai pas vraiment eu l’occasion de faire du tourisme », expliqua-t-elle alors qu’un palefrenier leur amené deux chevaux soigneusement bridé. Elle installa solidement ses affaires sur le sien et se retourna vers Cullen avait le visage le plus étincelant de malice qu’il n’ait jamais vu.

« Donc… on va faire du shopping ! ~ », expliqua-t-elle finalement en montant avec souplesse sur son étalon, toujours en amazone.

« Je ne connais rien aux spécialités fereldienne, vous pourrez me conseiller. J’aimerai trouvé un cadeau pour mes parents... », ajouta-t-elle un peu plus sérieuse en lui adressant une ultime moue taquine : « Je me suis dis que vous en connaissiez un rayon en terme de charme rustique fereldien ~ »

De ce qu’on lui avait dit, la village le plus proche suffisamment commercial était Golfalois. Il avait repris pas mal de sa splendeur d’antan depuis les événements avec Alexius mais peut-être qu’il connaissait d’autres endroits sympathique et accessible en quelques heures de cheval. Mine de rien, elle s’en remettait à lui.

« Allez, détendez-vous Commandant, j’offre le pique nique. Vous verrez, vous n’aurez jamais mangé quelque chose d’aussi bon », conclu-t-elle en désignant ses propres affaires. De toute façon, elle n’avait quasiment rien pris avec elle. Juste son manteau, une somme d’argent fort indécente et le repas.

Une journée tranquille à flâner dans les paysages et les boutiques. Pas de prisonniers à la langue bien pendue, pas de tentative d'assassinat, de mage du sang fou ou de templier médisant. Elle y croyait vraiment.
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Posté Mer 30 Aoû - 2:01
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Commandant,
Aujourd'hui vous allez penser à vous, sachant que les événements d'hier vous ont particulièrement touchés. Ne vous en faites pas, un jour de repos ne fait de mal à personne ! Je vous mets quelqu'un sur le coup pour vous aider à passer cette épreuve.  
Détendez-vous, Commandant



Comme à leur habitude, ils échangèrent d’innombrables pics, comme pour prouver à l’autre qui avait le plus d’autorité en ces lieux. Mais finalement la jeune femme se montrait coopérative, malgré tout.

«  - Généralement, on va aux termes… mais j’ai l’impression que vous êtes déjà passé par les bains… »
«  - Je ne vois pas ce qui vous fait dire cela… »


Au moins il était certain d’une chose : Le fanatisme de Mellissandre pour les bains et tout ce qui était synonyme. Rien que d’y penser la mage du sang semblait apaisée. Cullen soupira, sachant qu’il n’allait pas retourner dans les bains de toute manière…

Il tentait de trouver de quoi s’occuper, après tout ce ne devait pas être compliqué de faire autre chose que surveiller son armée…. Bon c’était impossible au fait….

«  - Vous savez quoi, en fait, vous tombez parfaitement bien Commandant »
«  - Ah bon ? »
«  - J’ai besoin de vous »
«  - Venant de vous je me méfie »


Elle avait un sourire trop malicieux sur son visage pour paraître innocente cette tévintide. Elle avait quelque chose derrière la tête, Cullen en était certain. Mais après tout, au point où il en était, il n’attendit pas avant de soupirer et se résigner…

«  - Bon, très bien… Que voulez-vous que je fasse… ? »
«  - « Ce que vous allez faire, Commandant, c’est que vous allez aller dans les quartiers des serviteurs, demander gentiment une serviette propre et des vêtements de rechange, chaud, puis me rejoindre à la porte du Fort »
«  - QU… pardon ?! Vous voulez quitter le fort ?


Elle semblait sérieux, au ton de sa voix, et Cullen n’avait visiblement pas le choix au vu de ses activités annulés pour la journée. Le créateur avait vraiment envie de s’amuser avec lui aujoud’hui… Déjà qu’il devait rester au calme à cause de ses blessures et de cette histoire de démon, mais s’il sortait à l’extérieur du fort avec Mellissandre cela n’allait pas jouer en sa faveur.

«  - Ne me faites pas trop attendre »
«  - Heu je… !! »


Il suivit le mouvement de la jeune femme qui le contourna et quitta les lieux, sans un mot de plus. Cullen ne savait vraiment plus où se mettre, affreusement gêné de la situation.

« - …. Je n’aime pas les femmes… Mais alors vraiment pas… »

Il se gratta le crâne et alla s’asseoir sur un fauteuil pour réfléchir à la situation. Donc Mellissandre lui conseillait de sortir du fort, sans armement ni armure pour sa convalescence d’une journée. Audacieux. Alors qu’il mesurait la gravité de la situation s’il allait se rendre on ne sait où, il s’assoupit et s’endormit quelques instants, tant la fatigue le gagna subitement.

Quelques instants après, il se réveilla en sursaut, quand un soldat qui effectuait sa patrouille emprunta ce couloir. Ce dernier remarqua sa présence mais ne fit guère attention, ne souhaitant pas le déranger initialement. Quand il remarqua que le Commandant était réveillé, il s’excusa simplement.

«  - Navré… Je ne voulais pas vous déranger »

«  - Je… Il n’y a pas de mal.. »


Il se rendit compte qu’il s’était assoupit sur ce fauteuil, ne sachant pas combien de temps s’était écoulé depuis sa discussion avec Mellissandre. Il fit un bond pour se lever et se précipita vers la sortie quand le soldat quitta le couloir.

Ses vêtements avaient en parti séché, n’ayant pas énormément d’eau sur lui à ce moment-là. Mais ses cheveux étaient plus rebelles que d’habitude comme il s’en était pas occupé lorsqu’ils étaient encore mouillés. Il passa devant un miroir et s’arrêta net quand il vit sa crinière emmêlée.

«  - Bon sang… »

Il essaya de remettre le tout en place, mais les cheveux bouclés sont particulièrement difficiles à faire tenir en places une fois secs. Il soupira de nouveau, finissant par abandonner toute solution complémentaire : Ses affaires étaient enfermés dans son bureau de toute manière.

Une fois à l’extérieur, Mellissandre l’attendait déjà aux portes comme annoncé plus tôt. Cullen ne put s’empêcher de se demander si elle était vraiment sérieuse. Il s’approcha alors d’elle, n’admettant pas qu’il s’était assoupit.

«  - Je suis là… Vous avez quelque chose derrière la tête pour vouloir quitter Fort Céleste ainsi ? »
« - Depuis que je suis arrivée, mis à part cette charmante visite dans les marais je n’ai pas vraiment eu l’occasion de faire du tourisme »
«  - Du… Tourisme ? »


Il vit qu’elle avait fait amener deux chevaux. Chose pas trop désagréable étant donné que le Commandant adorait voyager à dos de monture hors du fort. Au moins cette balade allait lui être agréable, d’une certaine manière. Il regarda son cheval, les bras croisés faisant croire qu’il n’était pas intéressé.

«  - Et donc… ? »
«  - Donc… on va faire du Shopping ! ~ »


Prit au dépourvu le commandant se mit à rire de bon cœur face à cette option proposée par Melllissandre. C’était bien la première fois qu’on lui proposait d’aller faire du shopping, et avec une noble, quelle catastrophe cette journée allait être.

«  - Vous êtes marrante, déjà que c’est à cause de vous que je me retrouve en congé une journée, mais en plus vous imaginez que je vais vous suivre aveuglément pour porter vos sacs !? Demandez à quelqu’un d’autre : je ne vois pas du tout le rapport avec moi »

Il commençait à s’en aller alors que la jeune femme montait sur son cheval. Elle reprit tout de même la discussion, haussant le ton en le voyant partir pour qu’il comprenne sa situation.

« - Je ne connais rien aux spécialités fereldienne, vous pourrez me conseiller. J’aimerai trouver un cadeau pour mes parents... »

Il s’arrêta net, se laissant prendre par les sentiments, comme à chaque fois…. Cette femme était forte, elle réussissait à avoir ce qu’elle voulait, par ses propres moyens. Cullen soupira bruyamment et se retourna pour lui faire face, alors encore à terre. Il leva les yeux vers la demoiselle et continua

«  - Je suis Fereldien mais je ne vois pas comment vous aider. »
«  - Je me suis dis que vous en connaissiez un rayon en terme de charme rustique fereldien ~ »
«  - HAHAHA je crois qu’on ne s’est pas très bien compris : C’est Non »


Il croisa les bras et leva les yeux au ciel comme pour implorer Andrasté de le tirer de là. La situation n’était pas critique, mais passer une journée avec Mellissandre au-delà du mur le rendait dingue. Cette fille lui apportait que des problèmes depuis son arrivée. Et il ne parlait pas de ses blessures encore fraîches...

« - Et ne me demandez pas de vous suivre, je n’irai nulle part. »
« - Allez, détendez-vous Commandant, j’offre le pique nique. Vous verrez, vous n’aurez jamais mangé quelque chose d’aussi bon »


Finalement sa petite sortie en extérieur était une excuse pour se retrouver en tête à tête avec lui… Il réfléchissait, après tout il n’avait pas pu discuter calmement de ce qui s’était passé avec elle. Cullen avait la sale manie de grimper les tours quand on le provoquait et en oubliait les bonnes manières. A en réfléchir un peu, il n’avait rien d’autre à faire après tout. Mais cela ne l’enchantait guère.

«  - Vous vous donnez tant de mal pour simplement se retrouver en tête à tête ? »

Il sourit mais baissa tout de même les yeux, tant cela lui paraissait être vraiment tiré par les cheveux comme supposition. Qu’elle le prenne pour une pique, elle en avait l’habitude après tout.

«  - Bon… La ville la plus proche est Gaulfalois. Elle se trouve à quelques heures de cheval d’ici. Cependant si je vous accompagne c’est uniquement parce que je vous suis redevable à propos de ce qui s’est passé avec le démon hier. »

D’un geste, il enfourcha le second cheval, ayant l’habitude de le faire puis s’avança vers le premier soldat qu’il croisa pour lui dérober son arc.

«  - Donnez-moi votre arme, Soldat »
«  - O-oui, Commandant, mais… »
«  - C’est un ordre, et vous avez de la chance, c’est le seul que je vais donner de la journée »
«  - Tenez »


Il quitta ensuite les lieux avant Mellissandre se répétant bien qu’il allait lui faire regretter ce petit contretemps. Alors en chemin, il coinça l’arc sur lui, après l’avoir enfilé, puis vérifia que le carquois était bien positionné avant de reprendre la route.

--

Quelques temps plus tard, ils traversaient une petite clairière à l’orée de la forêt, sur la route principale menant à Gaulfalois. La route était simple : Une fois qu’ils s’en seraient sortis ils pouvaient rejoindre les fermes, puis la rivière, et enfin ils remonteraient la route jusqu’à l’entrée de la ville.

En attendant, la route était plutôt calme, et l’utilisation de ses flèches n’était pas requis pour l’heure. Les chevaux trottaient côte à côte, leur laissant l’opportunité de discuter en toute liberté. Enfin, Cullen ne se montrait pas très bavard jusqu’à ce que cette histoire de la veille lui vienne à l’esprit.

«  - J’aurais une question si ce n’est pas indiscret. »

Il ralenti la cadence de son cheval en tirant légèrement sur les rennes, et se rapprocha d’avantage de Mellissandre. Ils n’avaient pas eu l’opportunité de discuter plus en détail de la veille. Bien que cela pouvait passer outre, c’était très important pour lui.

«  - Vous avez déjà affronté des démons par le passé ? »


Il pouvait lui parler de ce qui s’était passé au cercle. Après tout, pourquoi le lui cacher, elle connaissait bien cela, étant mage elle aussi. Des démons il en existent de différentes sortes, mais le pire était très certainement le démon de la paresse, celui qui rôdait dans le quartier des templiers à la tour du cercle.

«  - J’en ai vu de toutes sortes, bien que j’aurais préféré de ne pas en voir du tout. Quand j’étais au cercle en tant que templier un enchanteur supérieur s’est rebellé et a décider d’user de la magie du sang pour se créer une armée d’abomination. »

Il n’alla pas plus loin dans son récit, simplement qu’il avait oublié une bonne partie de ce qui s’était passé jusqu’à ce que les effets du lyrium disparaissent. La suite était moins glorieuse.

«  - Ce n’est pas contre vous, mais j’ai un certain mépris pour la magie du sang en particulier. Mais vous savez, vous m’auriez connu il y a quelques années je me serais occupée de vous un peu plus tôt. »

Il leva la tête et vit au loin le moulin de Golfalois qui trônait sur une colline. Ils en avaient plus pour longtemps avant d’arriver sur les lieux.

«  - Et dire que cet endroit était pourri de vénatoris… Heureusement que la vie suit son cours… »


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Posté Mer 30 Aoû - 17:15
Sans grande surprise, Cullen était réticent à l’idée de sortir du Fort, surtout pour faire quelque chose d’aussi insignifiant que du shopping. Pourtant, quoi qu’il en dise c’était une activité prenante qui l’occuperait toute la journée sans que cela ne soit lié à son travail.

Bien déterminée à ne pas lâcher le morceau jusqu’à ce qu’il accepte – elle pouvait être étonnamment têtue – Mellissandre ne cilla pas lorsqu’il l’envoya plusieurs fois balader avec fermeté. Son argumentation n’était pas bien élaborée – et encore, elle n’avait pas encore sorti le ‘je vais le dire à Joséphine’ - mais elle le sentit vaciller alors qu’elle mentionnait le pique-nique.

Ah l’estomac, le meilleur argument qui soit ! Manifestement le Commandant ne faisait pas ex…. Mellissandre cligna des yeux alors qu’il suggéra qu’elle avait monté toute cette histoire pour obtenir un tête à tête.

Elle ne savait pas ce qui était le plus choquant. Qu’il pense cela, que cela suffise à le convaincre ou qu’il arbore soudainement un sourire aussi adorable et un peu timide ou que l'idée ne lui semble pas si désagréable.

Prise au dépourvu, elle resta silencieuse à le dévisager alors qu’il acceptait officiellement de se joindre à elle, avant de préciser que ce n’était que parce qu’il lui était redevable. On aurait dit un enfant trop fier qui viens de faire une galanterie mais ne l’assume pas et joue les dur juste après. Adorable était décidément le mot qui venait à l’esprit même si elle ne savait pas trop quoi en penser mais l’idée était fort satisfaisante. Et puis, au moins, il admettait qu’elle lui avait sauvé la vie, c’était déjà ça.  

« Si vous le dites ~ », répondit-elle finalement sur un ton si exagéré qu’il trahissait ses doutes quand à la validé de son affirmation : ‘c’est juste par reconnaissance’. Si le Commandant commençait à apprécier sa compagnie malgré lui, il n’avait pas fini d’en entendre parler. Mais pour l’instant, elle décida de ne pas trop tirer sur la corde et se contenta de le regarder se mettre en selle avec un petit sourire amusé.

« Vous tirez à l’arc ? », constata-t-elle avec étonnement après qu’il ait emprunté l’arme d’un de ses soldats. Elle était persuadée que c’était un guerrier à l’épée, aussi, ce potentiel talent la surprenait sincèrement. Décidément, le Commandant était un homme plein de surprise.

Ce dernier détail réglé, ils s’élancèrent tous les deux tranquillement sur le pont qui permettait de quitter le Fort. Après tout, ils étaient tous les deux en repos, rien ne pressait. Plus ou moins sincère dans son désir de faire du tourisme, Mellissandre ne se montra pas très bavarde, gardant le nez en l’air pour observer plus finement le paysage.

Si elle avait désiré faire la conversation elle aurait sans problème trouver quelque chose à dire mais Cullen semblait savourer sa tranquillité et elle préféra donc attendre que ce soit lui qui lance la discussion pour une fois. N’étant lui même pas très bavard, ils restèrent donc très longtemps silencieux jusqu’à ce que le Commandant prenne soudainement la parole alors qu’ils atteignaient l’orée d’une charmante petite forêt.

Après l’avoir autorisé à lui poser cette fameuse question, Mellissandre qui s’était tournée vers lui pour montrer qu’elle était attentive eut la surprise de l’entendre parler de démon. A bien y réfléchir, les événements de la veille devait encore être vif dans sa mémoire…

« Bien sûr que j’ai déjà affronté des démons », répondit-elle sobrement. Pour une fois, elle n’était ni ironique, ni agressive, même si cela lui semblait être une évidence. « L’Empire est fort différent du Sud mais les mages passent tous leur Confrontation malgré tout », expliqua-t-elle avec nonchalance, preuve que cet étape de sa vie n’avait pas été un grand traumatisme. Mais il était templier, il devait donc savoir de quoi elle parlait. La Confrontation portait bien son nom, il s’agissait de combattre une de ses créatures mais aussi de résister à une menace plus insidieuse qui titillait, peur désir et orgueil. C’était une épreuve éprouvante, aussi bien physiquement – vu tout le lyrium qu’ils ingéraient d’un coup – que mentalement.

« Et puis je vous l’ai dis, j’étudie la lutte contre la manipulation mentale et la possession, cela implique inévitablement des combats avec ces créatures malgré ma magie. Tout le monde n’a pas votre force mentale Commandant... », conclu-t-elle, glissant indolemment un très beau compliment. Après tout, elle était venu l’avertir, mais c’était lui et lui seul qui avait chassé Désir de son esprit.

Jugeant qu’elle en avait assez dit – elle préférait s’abstenir de mentionner sa faculté d’invoquer des Ombres – elle l’écouta parler à son tour de sa propre expérience au sein du Cercle. Bien entendu, elle n’avait jamais entendu parlé de cet événement mais elle comprenait mieux désormais son traumatisme envers la magie du sang. Un mage fou qui transforme ses camarades et ses protégés en abomination cela marquait l’esprit. D’ailleurs, elle se demandait à quel degré il était impliqué dans cet histoire. Avait-il assisté à événements comme observateur extérieur ou bien plongé au coeur des événements ? Avait-il lutté contre ses monstres, résister à la possession ou simplement constater les dégâts ? Sa curiosité morbide lui brûlait les lèvres mais elle n’eut pas l’occasion de l’interroger plus avant car il… s’excusa plus ou moins de l’avoir mal jugé. C’est du moins ainsi qu’elle préférait interpréter sa remarque.

« Malgré mes innombrables défauts je ne suis pas rancunière... », répondit-elle donc, signe que si c’était bien des excuses qu’il lui présentait elle lui pardonnait. Mais sa curiosité n’était pas rassasiée pour autant.

« Mais je me demande, qu’est-ce qui vous a un peu apaisé en ce cas ? », demanda-t-elle avec douceur en apprenant qu’il avait été bien plus sévère contre les mages autrefois. Elle pouvait comprendre qu’un traumatisme nous pousse à l’excès mais il était encore plus difficile de sortir de ce genre de paranoïa…. « Oh ! Dites moi que c’est une histoire d’amour interdite avec une mage », le taquina-t-elle aussitôt  avec un enthousiasme sincère comme si elle avait une subite révélation, constrastant avec le ton sérieux de la discussion jusqu’alors. D’une certaine manière, c’était l’occasion d’en apprendre plus sur les histoires de coeur du commandant. Ce genre d’informations valaient de l’or auprès des pintades du Fort, et dans le fond, sa fibre romanesque espérait un peu que ça soit le cas. De toute façon, il connaissait déjà son péché-mignon pour la romance alors…

Finalement, ils arrivèrent en vue de Golefalois qui semblait bien plus pittoresque qu’elle ne l’avait imaginé et Mellissandre se détendit un peu. Avec la malchance qui la poursuivait, elle avait craint une attaque pendant tous le trajet et elle était donc presque surprise qu’ils soient arrivés dans le village sans heurt.

Le regard perdu sur le vieux moulin délabré elle tiqua légèrement en entendant Cullen mentionner les venatori qui avaient pullulaient à cet endroit pendant le ‘règne’ d’Alexius. Bien entendu, elle trouvait la situation fort ironique mais surtout cela ne lui rappelait que plus vivement l’échec cuisant qu’avait subit le Magister. Dire qu’elle même pouvait subir la même déchéance à chaque instant…

« Est-ce que c’est vrai que l’Inquisiteur a vu le futur ? », demanda-t-elle toujours nonchalante, décidant de profiter de l’occasion pour glaner quelques informations potentiellement utiles. Cette rumeur n’était pas un secret mais elle était relativement marginale malgré tout. C’était tellement fou que c’était difficile à croire, il y avait tant de supposés exploits que Ragnar avait soit disant accompli…

Avant qu’ils ne pénètrent dans le village, Mellissandre rabattit le large capuchon de sa cape sur son visage afin de dissimulée son teint légèrement hâlée et ses long cheveux noirs. Ce n’était pas écrit sur son front qu’elle était tévintide mais elle en avait tout de même le physique typique, dans une citée si récemment marquée par les venatori c’était de la provocation de se promener à visage découvert…

« Le raccourci entre mage tévintide et venatori est malheureusement très vif dans le Sud », se justifia-t-elle auprès de Cullen avec un sourire un peu amer, jouant parfaitement le jeu de la femme lassée d’être sans arrêt accusé.

Et puis, au-delà de ça, elle n’avait pas très envie d’être alpagué toutes les cinq minutes par des hommes libidineux. Bon, la présence du Commandant à ses côtés aurait probablement limité ce genre d’interaction mais autant réellement essayer de ne pas faire d’esclandre…

Ils entrèrent sans encombre dans la ville, mais à peine avaient-ils fait dix pas à l’intérieur qu’un soldat de l’Inquisition s’approcha au garde à vous.

« J’ai un message pour vous, Commandant », annonça-t-il avec une rigueur toute professionnelle en tenant une lettre entre ses doigts. Vu l’écriture, elle avait été écrite par Dorian.
« Est-ce que c’est une question de vie ou de mort ? », demanda aussitôt Mellissandre avec une pointe d’agressivité coupant l’herbe sous le pied de Cullen et surprenant le soldat qui n’avait probablement pas prêté attention à sa présence.
« Heu… non... », répondit-il l’homme manifestement destabillisé par la tournure des événements.
« Donc ça peut attendre demain alors. Aujourd'hui, le Commandant est en repos », renchérit Mellissandre avec autorité habituelle, intraitable. Dans le même temps, elle fit les gros yeux à Cullen en guise d’avertissement. « Ne retombez pas déjà dans vos travers », grogna-t-elle persuadée que s’il ouvrait cette lettre il allait se laisser obséder par le contenu. Auquel cas, elle aurait mis sa main au feu que sa journée shopping et son pique nique champêtre serait alors le cadet de ses soucis… C’était une Alirius, elle ne supportait pas passer en second.

Se dandinant sur le place, l’homme regarda le Commandant pour avoir son verdict. Tout le monde savait que Cullen travaillait trop, il se sentait donc coupable d’avoir troublé son repos… Mais surtout, il ne pouvait pas s’empêcher de se demander pourquoi il passait ce jour si rare en compagnie de Mellissandre… Et pourquoi la jeune femme contrariée ressemblait à une épouse aigrie qui veut empêcher son mari d’aller boire un verre.
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Posté Mer 30 Aoû - 21:58
Missive 7
Commandant,
Aujourd'hui vous allez penser à vous, sachant que les événements d'hier vous ont particulièrement touchés. Ne vous en faites pas, un jour de repos ne fait de mal à personne ! Je vous mets quelqu'un sur le coup pour vous aider à passer cette épreuve.  
Détendez-vous, Commandant



Cullen n’était pas étonné que Mellissandre avait rencontrée des démons par le passé, elle se vantait chaque fois de lutter contre les manipulations mentales. Il savait d’avance ce qu’elle allait raconter, mais malgré tout, elle ne pouvait pas s’empêcher de le répéter. Mellissandre aimait parler d’elle et vanter les mérites de sa propre famille à longueur de journée, à croire presque qu’elle ne connaissait personne en dehors de ces personnes.

Elle mentionna pour commencer le passage des confrontations. Quelque chose de typique qu’un mage ou un templier vivait au moins une fois dans sa vie. Cependant, pendant son service, Cullen n’avait pas vraiment eu de problèmes avec les mages prit de possession démoniaques. Il avait eu de la chance jusqu’à cet incident.

«  - Et puis je vous l’ai dis, j’étudie la lutte contre la manipulation mentale et la possession, cela implique inévitablement des combats avec ces créatures malgré ma magie. Tout le monde n’a pas votre force mentale Commandant... »
«  - HA…. Si vous le dites.. »


La discussion tournant ensuite sur son aventure au cercle, dont il regretta au final d’en avoir parlé le calma légèrement… Il l’écouta alors d’une oreille en regardant au loin deux Hahls qui se nourrissaient de feuillages.

« - Mais je me demande, qu’est-ce qui vous a un peu apaisé en ce cas ? »
«  - Ce qui m’a apaisé ? Concernant les mages vous dites ? »


Il se mit sérieusement à réfléchir à ses paroles… Il ne souhaitait pas que la jeune femme interprète mal ses paroles car il était encore difficile pour lui de passer ce cap… Malheureusement il essayait de passer outre mais ce n’était pas évident pour autant.

«  - Oh ! Dites moi que c’est une histoire d’amour interdite avec une mage »
«  - Vous divaguez… »


Elle semblait tellement satisfaite d’avoir posé cette question, comme si elle s’attendait de quelque chose de vraiment romanesque, comme les livres qu’elle lisait.

«  - Vous aimeriez bien le savoir n’est-ce pas ~ ? Avec qui le Commandant a-t-il bien pu connaître le désir d’aimer, de se retrouver nu avec sa dulcinée, victime d’une passion interdite ? …. Très bonne question. »

Il clôt le sujet ainsi, ne dévoilant absolument aucun détail et la laissant d’avantage dans l’interrogation. Ce n’était ni un oui, ni on non, elle ne pouvait pas connaître les détails croustillants de ses potentiels nuits et cela le rendait béat de le savoir.

«  - Concernant les mages je fais des efforts pour collaborer avec eux, mais malheureusement ce n’est pas évident après avoir vécu de telles choses.. »

Le calme se réinstalla alors, et le Commandant retrouva sa tranquillité. D’ailleurs il était tellement fatigué qu’il manquait de peu de piquer du nez. Mellissandre ne tarda pas à reprendre la discussion, mais cette fois c’était l’inquisiteur qui l’intéressait.

«  - Est-ce que c’est vrai que l’inquisiteur a vu le futur ? »
«  - Je ne saurais dire, je n’y étais pas je n’ai fais que lire le rapport. Mais si vous voulez des détails croustillants demandez à Dorian, il y était avec lui. Il me semble que vous êtes de bons amis maintenant, selon les dires ~ »


Il leva la tête, car ils passaient proche du moulin, jusqu’à ce qu’ils atteignent la ville. La jeune femme se couvrit le visage, pour rester quelque peu discrète. Elle remarqua néanmoins que Cullen la dévisageait et elle se justifia sans qu’il ne lui demande.

«  - Le raccourci entre mage tévintide et venatori est malheureusement très vif dans le Sud »
«  - Oui, c’est vrai. La plupart des fanatiques viennent de Tevinter. D’où le rapprochement… Vous faites bien de vous couvrir un peu. »


Il prit alors les devants, comme il connaissait le coin depuis le temps qu’il fréquentait les lieux. Et là, stationné à l’entrée parmi les soldats, un agent de l’inquisition sorti pour s’adresser au Commandant qui avait passé les portes.

«  - J’ai un message pour vous, Commandant »
«  - Déjà une missive ? »


Tiens curieux, comment cette personne avait-elle pu deviner que le commandant serait en déplacement à Gaulfalois ce jour-ci ? A moins que cette personne souhaitait lui parler et qu’il en avait profité pour lui envoyer une missive dût à son urgence ?

«  - Est-ce que c’est une question de vie ou de mort ? »
«  - Heu…non… »
«  - Donc ça peut attendre demain alors. Aujourd’hui le Commandant est en repos »


Le pauvre soldat changea d’attitude presque gêné de voir Mellissandre réagir ainsi, de plus le Commandant ne réagissait pas tout de suite, ce qui augmenta son inquiétude.

«  - Oh je… Navré, je vais transmettre cette lettre à Fort Céleste dans ce cas.»
«  - Non, je la prends, ne vous en faites pas pour cela. »


Il se saisit de la fameuse enveloppe et la regarda sur les deux faces pour vérifier l’écriture de celui ou celle qui lui avait écrit. Il ne devina pas a qui cette écriture appartenait tant il en voyait passer à la pelle.

«  - Ne retombez pas déjà dans vos travers »

Elle était pas très contente la jeune tévintide, ce qui fit rire le Commandant qui commença à ouvrir la fameuse lettre sous ses yeux. Cependant il lui cacha le contenu. Il la lu d’une traite, puis la rangea dans sa veste. Ils étaient à l’arrêt et le soldat finit par se retirer pour rejoindre ses occupations habituelles.

«  - Je n’ai aucun ordre à recevoir de vous. »

Il le disait avec sarcasme, mais d’un autre côté il avait parfaitement raison sur ce point : Ce n’était pas Mellissandre qui irait lui dire quoi faire tout de même. Alors en route, son cheval était côte à côte de celui de la jeune femme ce qui lui donnait le loisir de lui passer un petit savon s’il le souhaitait ~

«  - Faites pas cette tête, c’est presque dommage ~ »


Cela lui donnait une petite mission en étant ici, de quoi l’occuper pendant que Mellissandre avait décidé de faire son shopping. Il pensait à passer déléguer la mission au campement, notamment et de s’en occuper plus tard.

«  - Bon, je vais déléguer plus loin la mission, si cela vous attriste que je ne sois pas tout à vous. »

Dorian recherchait des notes de la part de son ancien maître. Pourquoi, aucune idée, mais si ces notes existaient encore il fallait chercher pour les retrouver. Mais dans ces cas-là, le mieux était de déléguer, la ville était immense. Il ne pouvait pas se permettre de gaspiller sa journée, Joséphine ne le pardonnerait jamais. Et il n’osait imaginer s’il s’attirait les foudres de Mellissandre.

«  - Allons au campement de l’inquisition en premier pour se débarrasser de cette mission. »

Cela par contre c’était un ordre, il ne lui en laissait pas le choix. Cependant, il souhaitait rester discret pour ne pas l’importuner plus longtemps. Si bien qu’il joua la carte de la discrétion. Une fois arrivé sur place, il prit le chef des troupes seul à seul et discuta à voix basse avec lui.

«  - Vous pouvez me trouver cela pour moi ? »
«  - Ah.. Je vais voir ce que je peux faire, Commandant. Mais depuis le départ des Venatoris, je crains que la plupart de leurs effets ont été brulés. »
«  - Redites-moi ce soir, si vous avez quelque chose, dans le pire des cas, ce n’est pas grave, j’effectuerai le rapport au demandeur à mon retour. »


Il parti en direction de Mellissandre qui l’attendait un bout plus loin et alors qu’il s’approcha d’elle, il continua la conversation laissé en suspend.

«  - Pas trop abandonnée ~ ? »

Il regarda les environs réfléchissant ce qui pouvait intéresser la jeune femme…

«  - Alors, par où voulez-vous commencer ? Je ne sais même pas ce que vous désirez trouver. »

Il avait remarqué les quelques regards des soldats qui le connaissaient se poser sur eux, se demandant bien ce qu’il faisait seul avec une jeune femme… Surtout que prendre congé n’était pas chose commune chez lui. Cela le rendit passablement mal à l’aise par la même occasion.

«  - Ce n'est pas bientôt fini ces messes-basses dès que nous sommes entrain de discuter...? »

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Posté Jeu 31 Aoû - 0:48
Sans grande surprise, Cullen ne désira pas lui avouer les raisons de sa plus grande sérénité envers les mages, préférant au contraire excité son imagination en reformulant. Il n’avait pas tort, elle voulait savoir, mais il en faisait trop pour être crédible. Tout du moins, aux yeux romanesques de Mellissandre, ça ne l’était pas. Un amour impossible ne se décrivait pas en ces termes. Fatalité, désespoir, inexorable attirance, passion dévorante, culpabilité… Il ne s’agissait pas de désir d’aimer, mais d’Aimer tout court. Ce n’était pas un souhait, pas un choix mais un fait.

« Pas d’histoire avec une mage alors », soupira-t-elle de dépit, montrant donc qu’elle n’était pas dupe. « Sans vouloir vous offensez Commandant, vous ne savez guère parler du sujet. Vous devriez lire un peu plus », le taquina-t-elle ensuite, dévoilant la raison de son incrédulité.

Peut-être qu’elle se trompait, qu’il avait vraiment vécu quelque chose, mais cela ne l’intéressait pas plus que ça si ce n’était pas une passion aussi belle que puissante et exaltante. Des liaisons il y en avait des centaines chaque jour à Minrathie, elle en était saturée et lasse, des histoires d’amour, elle n’en trouvait que dans ses livres. Finalement, peut-être que c’était une fatalité… elle mettait la barre trop haut pour que cela puisse exister un jour.

Ayant manifestement décidé de ne pas collaborer avec elle, il ne répondit pas non plus à sa curiosité sur le potentiel voyage dans le temps de l’Inquisiteur, l’invitant à en parler avec Dorian. Elle s’entendait un peu mieux avec lui c’est vrai, mais de là à l’interroger plus avant, il ne fallait peut-être pas exagérer. Avec une moue dubitative, elle opina néanmoins, signe qu’elle allait y réfléchir. Tout dépendait de degré de sa curiosité en réalité.

Mais malgré sa mauvaise foi, la journée s’annonçait bien jusqu’à cette fameuse lettre qui menaçait de détourner le Commandant de leur programme. Avec un désespoir évident elle le regarda prendre la missive, persuadée qu’il ne pourrait pas résister à gérer la situation. Et c’est qu’en plus il osait s’offusquer qu’elle lui ait prétendument donné un ordre.

Contrariée Mellissandre croisa les bras en le dévisageant.

« Je ne me permettrais jamais de vous donner des ordres voyons Commandant », ironisa-t-elle alors qu’elle l’avait plus ou moins kidnapper plus tôt dans la journée. « Et puis, je suis beaucoup plus autoritaire que ça quand j’en donne », souffla-t-elle sur un ton qui avait quelque chose d’étrangement sensuel. Difficile de dire ce qu’elle sous-entendait exactement mais il y avait une pointe de malice derrière sans l’ombre d’un doute.

Rembrunie par la situation, la jeune femme était déjà en train de revoir ses plans quand Cullen vient la taquiner, l’exhortant à ne pas faire une tête aussi sombre avant de déclarer qu’il allait déléguer la mission puisqu’elle désirait tant l’avoir pour elle toute seule.

Surprise, elle eut un instant de flottement où elle cligna plusieurs des fois pour être sur d’avoir bien compris. Il allait vraiment résister à un peu de travail pour sa compagnie ? C’était vraiment fort suspect… Peut-être qu’il avait juste trop peur de Joséphine… Ou alors, si ça se trouve en fait la missive ne contenait que le bulletin météo et il prétendait lui faire une faveur. Comme si elle n’était pas capable de se débrouiller toute seule. Son orgueil piqué, elle ne se montra pas aussi aimable qu’elle l’aurait dû vu les circonstances, tournant la tête, boudeuse.

« C’est juste que je n’aime pas modifier mes plans », maugréa-t-elle avec la même mauvaise fois que lui lorsqu’il avait accepté plus tôt sous l’unique prétexte qu’il lui devait la vie. Néanmoins, lorsqu’il déclara qu’ils allaient faire un détour pour déposer la missive au camp, elle opina en ronchonnant, faisant encore un peu la tête, juste pour la forme.

Une fois arrivé, elle le laissa sagement gérer ses affaires – pourtant, elle avait très envie de savoir de quoi ça parlait – puis l’accueillit avec un sourire facétieux quand il revint la taquiner.

« Oh, vous ne pouvez pas savoir comme je me languissais de vous », répondit-elle, jouant cette fois la carte du sarcasme pour montrer qu’elle n’était plus contrariée.

Elle n’avait pas menti en disant ne pas être rancunière, elle n’avait pas l’intention de gâcher sa journée après tout. Toutefois, la bonne humeur du Commandant semblait elle entaché par les quolibets des soldats qui s’interrogeaient sur sa personne. Avec un peu de chance ils ne l’avaient pas reconnu mais ça n’allait pas empêcher une nouvelle série de rumeur de se propager. Elle voyait déjà les gros titres : la mystérieuse jeune femme avec qui le Commandant passe son temps libre. Quelque part, en tant que venatori, c’était un peu rassurant de voir que l’Inquisition avait du temps à perdre dans ce genre de commérage. Enfin, les remontrances de Cullen semblait les avoir calmer et ils étaient tous reparti vaquer à leur occupation en faisant mine de ne plus se préoccupait de leur personne.

Il était donc temps de revenir au coeur du village là où toutes les boutiques et les marchands à ciel ouvert s’étaient aglutinés. Par commodité, ils ne pouvaient pas garder leur cheval et ils le confièrent donc à une écurie un peu plus en hauteur avant de se mêler à la foule tandis que Mellissandre laissait son regard se promener sur les étales.

« Je ne sais pas exactement ce que je cherche, c’est pour ça que s’appelle du shopping Commandant », daigna-t-elle enfin répondre à sa question avec une certaine gentillesse, comme si elle expliquait les évidences de la vie à un jeune enfant. « J’aimerais juste trouver un souvenir à rapporter à mes parents, quelque chose de typique », explicita-t-elle tout de même tandis que son regard se porter vers une statuette horriblement moche de mabari. « De typique et de joli, même si ça va être difficile à trouver », compléta-t-elle avec nonchalance. Elle n’avait jamais cherché à cacher son mépris pour les autres cultures, mais quelque part, son simple désir de tourisme témoignait d’une plus grande ouverture d’esprit. Un peu comme si elle refusait volontairement de se départir de son image de noble imbuvable.

Plus ils s’approchaient du coeur du marché, plus la foule était dense et Mellissandre se retrouva ballotter dans tous les sens ce qu’elle trouva proprement insupportable. Après une ultime bousculade, elle fusilla du regard l’homme responsable en agrippant au bras de Cullen qui semblait plus épargné qu’elle sans doute à cause de sa stature.

« Le prochain qui me pousse, je le transforme en hamster », grommela-t-elle sans conviction en continuant la route sans faire mine de lâcher le Commandant. De base, c’était lui qui manquait de galanterie de ne pas lui avoir offert son bras comme tout homme courtois. Surtout dans une telle foule.

Heureusement, l’allée s’évasait un peu et Mellissandre se détendit alors qu’ils circulaient plus sereinement ce qui ne l’empêcha pas de rester accroché à lui, lui imposant son rythme. Ralentissant pour observer des bijoux qui scintillaient une étale. Il ne lui fallut qu’un coup d’oeil pour constater que c’était du toc mais son instant d’hésitation suffit à attirer l’attention du vendeur qui leur fit de grand sourire.

« Approchez n’hésitez pas, vous pouvez les essayer », tenta-t-il avec un air enjoué avant de s’adresser directement à Cullen sur un air entendu. « Allons Monsieur, vous n’avez pas envie de faire plaisir à votre femme ? Vous savez ce qu’on dit...  une femme heureuse est plus généreuse ~ », conclu-t-il avec un petit rire grivois.

Mellissandre qui ne savait pas ce qui était le plus cocasse la blague graveleuse ou la relation qui leur prêtait, se rapprocha encore davantage de Cullen. Comme si elle avait besoin d’un homme pour l’entretenir.

« Je te préviens, Chéri », pouffa-t-elle en essayant désespérément de rester sérieuse, malgré le ton outrageusement appuyé qu’elle employait. « Si tu m’offres une telle camelote, je demande le divorce », conclu-t-elle en ricanant, incapable de résister plus longtemps sous le regard mécontent du vendeur qui croyait qu’elle se moquait de lui, ce qui n’était pas tout à fait faux au demeurant.

Il se rembrunit mais ne se découragea pas pour autant.

« Mes bijoux sont tous authentique Madame », se défendit-il maladroitement avant de fouiller dans un coin de son étale pour sortir des colliers aux chaînes dorées qui s’achevaient sur une rose sertie d’une petite pierre semi-précieuse. C’était du bel artisanat au demeurant, mais ce n’était pas du vrai or ou des pierres précieuses, rien de son standing en some. « De quel couleur sont les yeux de votre femme ? », insista-t-il en hésitant entre plusieurs coloris qui allaient du bleu au vert.

Mellissandre, curieuse de savoir s’il allait jouer le jeu – et s’il se souvenait de la couleur de ses yeux car ce n’était pas quelque chose auquel on prêtait généralement attention – tourna la tête pour l’empêcher de vérifier avec un petit sourire en coin.
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Posté Jeu 31 Aoû - 19:07
Missive 7
Commandant,
Aujourd'hui vous allez penser à vous, sachant que les événements d'hier vous ont particulièrement touchés. Ne vous en faites pas, un jour de repos ne fait de mal à personne ! Je vous mets quelqu'un sur le coup pour vous aider à passer cette épreuve.  
Détendez-vous, Commandant



Etonnant, il n’avait jamais vu la jeune femme lui faire la tête ainsi, à croire presque qu’elle faisait exprès pour l’avoir à sa botte. Mais Cullen n’était pas dupe et savait se montrer très stricte si elle abusait de sa gentillesse. Quoi qu’il était et malgré le regard des soldats, ils repartirent en direction du marché.

Cullen prit au passage la lanière de leurs deux chevaux par pur courtoisie avant de les amener à un écurie en amont du marché. La jeune femme, elle semblait ne pas apprécier les rues noires de monde qui traversaient la petite ville, contrairement au Commandant qui en avait l’habitude. Ce ne devait pas être évident de traverser la foule en étant un noble ~

Alors qu’ils se frayaient un chemin parmi la foule, Mellissandre était passée en premier, et son compagnon se contentait simplement de la suivre alors que les regards de la jeune femme se perdaient dans les présentoirs des commerciaux.

«  - Vous ne m’avez toujours pas dit ce que vous recherchiez »
«  - Je ne sais pas exactement ce que je cherche, c’est pour ça que cela s’appelle du Shopping Commandant »
«  - D’accord, mais un petit détail m’aiderait tout de même à vous dénicher quelque chose. »
«  - J’aimerais juste trouver un souvenir à rapporter à mes parents, quelque chose de typique. »
«  - Bon... heu... Bon.»


Il se retint de soupirer, cela ne l’aidait pas. Quelque chose de typique, n’étant pas vraiment un connaisseur en matière de cadeau à faire à une femme – Evidemment, ce qui concernant les armes il était incollable, mais alors il ne savait absolument pas ce qui plaisait à la gente féminine – Il avait beau regarder ce qui se présenter sur les établis, rien ne lui sautait au visage.

«  - Cela m’a l’air pas mal, ça. »
«  - De typique ET de joli, même si ça va être difficile à trouver »
«  - Ne faites pas la difficile, sinon on ne trouvera rien d’assez bien pour vous »


Une chose était déjà certaine : Les bibelots simples ne l’intéressaient pas. Il fallait se mettre dans la peau de la noble pour dénicher la perle rare. Mais ce n’était pas évident… En s’approchant de la place, le nombre de stands avait augmenté et la foule aussi. D’ailleurs, se frayer un chemin devenait de plus en plus délicat.

Bien trop occupé à suivre les jolies jeunes filles du regard, Cullen ne vit pas tout de suite que Mellissandre se faisait bousculer dans tous les sens par les passants, dont certains étaient vraiment peu délicats. Bien entendu des coups d’épaules il y en avait, mais elle semblait vaciller à chacun de ses pas tant elle en recevait des coups.

Soudain, elle s’agrippa à lui en fusillant un passant du regard ce qui non seulement l’étonna, mais quand il entendit la jeune femme se plaindre des bousculades il ne put s’empêcher de glousser.

«  - Le prochain qui me pousse, je le transforme en hamster »
«  - Vous n’avez pas l’habitude de vous déplacer dans les rues de « basse société », vous. »


Il ne pouvait pas s’empêcher de lui faire remarquer ce fossé qui les séparait, étant lui-même un roturier. Et il n’appréciait pas spécialement les nobles par la même occasion.

En rejoignant la place, la foule se montra moins dense. La rue s’était écartée, et l’air était plus respirable. Cullen se laissa séduire par un stand qui vendait des chevaux, dont de sublimes sauvageons dalatiens. Ces bêtes étaient réputées pour ne pas être très répandues dans le sud et cela lui faisait de l’œil avant que Mellissandre ne décide de s’attarder à un stand de bijoux. Mauvaise idée de freiner le pas, surtout devant ce vendeur Antivan qui avait l’œil pour repérer ses potentiels clients.

«  - Approchez n’hésitez pas, vous pouvez les essayer »

Il essaya d’ignorer, mais comme la jeune femme avait son attention sur les babioles qui se trouvaient sur le comptoir de l’homme. Ce qui d’ailleurs le força à s’arrêter vu qu’elle était agrippée à lui depuis tout à l’heure. Le pauvre Rutherford était à deux doigts de lâcher un soupir vraiment désagréable.

«  - Allons Monsieur, vous n’avez pas envie de faire plaisir à votre femme ? Vous savez ce qu’on dit… une femme heureuse est plus généreuse ~ »

Vraiment mal à l’aise subitement, il ne savait pas vraiment ce qui était le plus gênant : Le fait qu’il prenne Mellissandre pour sa femme ou le fait qu’il eut sorti une vanne tellement basse les concernant. Il n’essayait même pas de bégayer des paroles, sa compagne avait prit les devants, jouant au même jeu que le vendeur, ce qui fit légèrement rougir Cullen.

«  - Je te préviens, Chéri »

Elle appuya sur le dernier mot, comme pour démontrer qu’elle plaisantait grandement à ce que venait de dire le vendeur.

«  - Si tu m’offres une telle camelote, je demande le divorce »
«  - HAHAHAHA Mais voyons ~ V..-tu es bien trop exigeante !  »


Maudit soit ses bonnes manières, il ne s’était jamais imaginé tutoyer la jeune femme un jour. Si bien qu’il avait faillit mal jouer son rôle de « mari dévoué ». Mais d’un autre côté sa remarque lui fit sourire : il ne s’imaginait pas ça de la part de la jeune femme : C’était vrai, elle devait apprécier ce genre de choses après tout d’où sa question.

«  - Mes bijoux sont tous authentique Madame »

Et il continua à fouiller dans ses établis. Mais quand il se baissa, Cullen saisit Mellissandre par les épaules, alors derrière elle, et lui murmura à l’oreille.

«  - Venez on profite pour s’en aller »

Mais la jeune femme ne bougea pas, presque curieuse de savoir ce qu’il possédait dans ses affaires. Il se mit à regarder les chevaux du stand en face, comme auparavant pour faire passer le temps jusqu’à ce que le vendeur lui demande la couleur des yeux de Mellissandre.

A cet instant précis il hoqueta, n’ayant aucune idée de la couleur exacte de la jeune femme. Il aurait voulu vérifier, mais elle tourna la tête ailleurs, comme pour l’en empêcher, ce qui le mit d’avantage dans l’embarras. Bien sûr il la regardait dans les yeux, souvent même, mais ce genre de détail ne lui restait jamais en mémoire.

«  - Heu… »


Il essaya de contourner Mellissandre pour espérer avoir une vision de ses yeux, mais malheureusement pour lui, elle esquiva,  et il se retrouva quelque peu hébété. Il se pencha alors vers le vendeur.

«  - Vous savez comme moi que ce n’est pas le plus important chez une femme ~ Si je me trompe elle va me tuer. »
«  - Ooooh. Une caractérielle ? »
«  - Vous n'imaginez même pas la vie qu'elle me mène à la maison. »


Il lui fit un clin d’œil puis poussa légèrement Mellissandre de l’épaule pour l’éloigner du stand.

«  - Non, attendez ! Revenez ! »
«  - On reviendra plus tard, on finit de faire le tour »


Il continua de pousser la jeune femme un peu plus loin et traversa la foule pour se retrouver devant le stand des chevaux. Non seulement pour observer ces sublimes créatures de près, mais également pour que le vendeur ne les ait plus dans son champ de vision.

«  - Ce vendeur, un vrai casse-pied... Une femme pour conseiller une autre femme serait plus approprié, il n'avait pas l'air de connaître grand chose. »

Un des chevaux lui renifla les cheveux car il était trop proche du stand et à la portée de celui-ci. Sans brusquer l’animal, Cullen repoussa son museau pour le faire reculer de quelques pas, et continua de lui caresser le haut de la tête d’un geste lent.

«  - Si vous voulez quelque chose dans vos cordes, il y a une librairie sur la place. On peut aller y jeter un œil…. Avant que j’achète impulsivement un cheval »

Il désigna du doigt la zone à  aller visiter pour qu’elle puisse identifier le bâtiment. Un petit bâtiment en colombage situé à côté de ses sœurs dans une ruelle qui débouchait un bout plus loin.

«  - Si je me souviens bien vous aimez la lecture, peut-être que vous trouverez ce que vous cherchez là-bas »


Sans tarder ils se remirent en route, et entrèrent finalement dans la boutique où initialement le calme régnait. Il n’y avait qu’eux dans le magasin, quand une vieille dame sorti du magasin.

Intrigué par la lettre de Dorian, il avait noté au coin de sa tête le nom de l’ouvrage qu’il recherchait : Peut-être qu’ici il pouvait mettre la main dessus après tout. Il se rendit donc dans la section magie et élémentaire du magasin pour aller fouiller les étagères.

«  - hmm… Magie basique… Je doute que quelque chose vous intéresse ici »

Non, rien non plus ici. Malheureusement il fallait se rendre à l’évidence, rien ne pouvait correspondre aux recherches que Dorian convoitait. C’était trop spécifique et si la trace des vénatoris avait été brûlé, aucun doute que ce bouquin aussi… Il attendrait dans ce cas le rapport de ses soldats en fin de journée avant de rentrer. Peut-être serait-il étonné.

Il passa alors quelques étagères plus loin et tomba sur des romans à l’eau de rose que lisait Mellissandre habituellement. Curieux, il ouvrit l’un d’eux et en lu un petit extrait.

«  - Vous trouvez quelque chose à votre goût ? »

Il referma immédiatement le livre quand la charmante bibliothécaire sorti du réduit avec une pile de livre dans les bras presque plus haute qu’elle.

«  - Bonjour m’ssieur, dame ! »
«  - Oh, Bonjour. Un coup de main ? »
«  - Non, je vous remercie, j’ai l’habitude vous savez ! Et ce ne sont que les nouvelles ventes de la journée ! »


Il ne fut même pas étonné de voir qu’il y avait un tas de bouquins d’histoires d’amour à l’intérieur, presque à croire que c’était vraiment populaire. Il n’était même pas étonné si Mellissandre trouvait la suite d’une de ses trilogies.

Par simple curiosité il alla vers l’étagère des nouveautés pour observer cette fameuse pile de livre que la jeune femme tenait entre ses mains.

«  - Oh sympa, un guide sur l’éthologie équine, écrit par les plus grands chercheurs en la matière de l’université d’Orlaïs ! »

Il senti un regard pesant sur lui, si bien qu’il se senti presque obligé de se justifier auprès de Mellissandre.

«  - Oui, je sais lire, un problème ? »
«  - Vous ne seriez pas ici autrement ! »
«  - heeeemm…. Oui… aussi »


Il se racla la gorge, mais se précipita sur l’ouvrage comme un enfant quand elle l’eut posé dans l’étagère.

«  - Navré, je suis obligé de vous le prendre »
«  - Faites, ils sont là pour ça ! »


Non seulement ce genre de bouquin l’intéressait mais s’il pouvait mettre en pratique ce qui y était annoté ce serait encore mieux. Il avait une facilité de communication avec les chevaux et savait s’y prendre pour les calmer, comme sa formation lui obligeait, mais il voulait en savoir plus, les comprendre. Et surtout étudier les destriers qu’il n’avait pas encore eu l’occasion de voir en vrai.

«  - Les chevaux du nord ont une sacré réputation pour leur vitesse, je serais enchanté de pouvoir posséder l’une de ces races une fois dans ma vie ! »

Il feuilleta les pages et observa les dessins et les schémas qui y étaient annotés, presque absorbé. Il releva les yeux vers Mellissandre en ayant un peu oublié la raison de leur présence ici.

«  - Ah… Navré, je…. J’adore les chevaux ! Et si j’ai l’occasion d’en apprendre plus sur eux je n’hésite pas. Et c’est toujours utile.»

Il essaya de rebondir sur un autre sujet, alors que la bibliothécaire retournait dans la réserve chercher d’autres livres.

«  - Je n’ai même pas prêté attention mais… Quelque chose vous a intéressé ici ? »


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Posté Ven 1 Sep - 0:49
C’était toujours amusant de voir le Commandant déstabilisé. Le rougissement lui allait bien et elle résistait d’autant moins à jouer le jeu. Elle n’était pas sûr qu’il s’y adonne lui même mais il essaya. Un rire nerveux et un difficile tutoiement plus tard il tenta de s’esquiver mais elle s’amusait trop et elle renâcla volontairement. Saisissant l’opportunité, le vendeur tenta une nouvelle fois de leur refiler un bijou mais malheureusement pour lui, Cullen ne connaissait pas la couleur de ses yeux et elle ne lui facilita pas la tâche en détournant ostensiblement la tête pour le tester. Tester quoi elle n’en savait trop rien mais maintenant au moins elle était fixée.

Un peu surprise par la soudaine audace de Cullen qui plaisantait sur leur inexistante vie de couple, Mellissandre pouffa de rire en s’imaginant réellement en vie maritale avec lui. Ils étaient tellement différents qu’elle n’envisageait que des situations absurdes et une vie quotidienne bien compliquée. Néanmoins sans doute lasse de l’instance du marchand, il se décida à l’entraîner plus loin en la tirant par le bras et elle se laissa guider proche d’un stand qui vendait des chevaux.

L’esprit encore tourné vers la glorieuse comédie qu’ils venaient de jouer, Mellissandre sourit à Cullen alors qu’il râlait sur l’incompétence de l’homme. Fille ou pas, elle n’avait jamais eu la moindre intention d’acquérir le moindre bijoux, mais au moins là elle s’était amusée. Encore un peu pétillante d’avoir ri, elle offrit donc un visage presque sincère au Commandant qui luttait soudainement contre un étalon désireux de brouter ses cheveux.

Pas le moins du monde gêné par la situation il calma le cheval avec un naturel et un calme fascinant. C’est vrai que même engagé dans une chasse au mage du sang il gardait une certaine retenue qui devait plaire aux bêtes. Elle le regarda donc faire en silence en songeant à sa propre incompétence avec la vie sauvage, jusqu’à ce qu’il s’ébroue et lui montre une librairie plus haut dans la rue.

« Acheter impulsivement quelque chose qui nous plaît est l’apanage du shopping », le morigéna-t-elle alors qu’il avouait son envie d’acquérir une des bêtes de l’enclos. Elle ne comprenait sincèrement pas pourquoi il ne cédait pas à sa pulsion. Il faut dire qu’elle avait des sommes d’argent indécente et des esclaves pour s’occuper de ses achats si d’aventure c’était une chose vivante…

Malgré tout, elle n’allait pas le forcer et elle opina donc à son désir de visiter la librairie, l’arrêtant toutefois après avoir fait trois pas. Sans agressivité elle le regarda un certain moment, cherchant ses yeux et lui offrant les siens. Ça la taraudait depuis tout à l’heure, au moins maintenant c’était fait.

« On a presque les même », juga-t-elle finalement d’une voix douce, faisant bien entendu référence à leurs iris. Les siens étaient un peu plus foncés mais ils avaient le même noisette clair à qui le soleil donnait des reflets flavescents. Plutôt miel pour lui, plutôt ambré pour elle.

Ce n’était pas la première fois qu’ils se dévisageaient, combien de foi l’avait-elle fixé avec intensité comme si ça pouvait lui faire rentrer ses propos dans le crane mais là c’était différent. Il n’y avait pas de volonté de convaincre derrière, elle contemplait simplement et ça avait quelque chose de troublant. Presque embarrassant. Se sentant rougir pour rien, elle reprit donc nonchalamment la marche jusqu’à la fameuse librairie.

L’odeur de vieux livre avait effectivement un quelque chose de familier pas trop désagréable et Mellissandre se fondit naturellement entre les étagères pour fouiller les rayons à la recherche d’une perle rare. Naturellement le Commandant jaugea que les livres de magies n’étaient pas assez élaboré pour elle et elle le vit du coin de l’oeil même feuilleter un livre à l’eau de rose. Malheureusement pour elle, il ne s’attarda pas et elle n’eut pas le temps de se moquer avant que la responsable ne revienne.

Il lui proposa galamment de l’aider et Mellissandre tiqua légèrement. C’est vrai que le Commandant avait un côté très chevaleresque – ce n’était pas pour rien que les pintades s’extasiaient tout le temps sur lui – mais il semblait néanmoins oublié cet aspect de sa personnalité en sa présence. Parfois, elle se disait qu’elle avait très mal joué avec lui pour en arriver à cette relation mais à bien réfléchir elle ne savait pas si les choses auraient réellement pu être différente. Même en incarnant une douce et gentille ingénue il ne lui aurait probablement pas fais confiance. A vrai dire, soupçonnant son hypocrisie les choses auraient même pu être pire. Et puis, toute talentueuse qu’elle était, elle serait probablement morte d’épuisement de jouer constamment une cruche aimable. Rien que d’y penser elle en avait la nausée.

Réalisant que, perdue dans ses pensées, elle avait arrêté de fouiner un moment elle reprit nonchalamment ses recherches, regardant si la suite de certaines séries populaires étaient sorties. Plongée dans des calcules savants pour savoir à quel tome elle s’était arrêtée elle fut de nouveau perturbé par Cullen qui s’extasiait sur un livre. N’ayant jamais imaginé que la lecture soit un de ses passe temps elle lui lança un œil dubitatif et il se justifia immédiatement.

Ce n’était pas tant la lecture que le sujet qui le passionnait. Finalement, cette sortie lui aurait bien appris quelque chose sur le Commandant même si elle n’était pas sûre que cette information soit d’une quelconque utilité aux venatori. Le Commandant aime les chevaux, youpi la guerre est gagnée.

Souriant devant son excitation – on cru un gosse à qui on offre son premier livre d’image – Mellissandre l’écouta d’une oreille distraite vanter les mérites des cheveux nordiques. Elle n’y connaissait strictement rien aussi aurait-il pu l’abreuver de bêtises qu’elle n’y aurait vu que du feu.

« Si j’avais su, je vous aurez offert un pur sang au lieu d’une épée », plaisanta-t-elle finalement en songeant que c’était probablement le plus beau cadeau qu’elle aurait pu trouver vu l’enthousiasme qui semblait l’animer. A bien y réfléchir, ce n’était pas trop tard, a priori le palefrenier qu’ils avaient visité tout à l’heure ne s’était pas envolé mais elle doutait qu’il soit consentant. Pour elle, cela ne représentait pas grand-chose, le prix d’un ou deux bijoux au maximum, mais il avait son orgueil et elle doutait qu’il accepte un cadeau gratuit.

Sans compter qu’on allait encore la soupçonnait de manigancer quelque chose alors qu’elle souhaitait juste s’attirer la sympathie du Commandant. Bon, comme elle l’avait si bien dit à l’Inquisiteur son envie de se faire apprécié n’était pas pure, mais paradoxalement elle était sincère.

« Oui, j’ai trouvé un livre que je n’ai pas encore lu », conclu-t-elle finalement en jetant machinalement un œil sur l’ouvrage qu’elle tenait dans sa main. Un tome 8, preuve s’il en était qu’elle était friande de cette saga car sinon elle n’aurait pas dévoré les 7 précédents.

Puis, dans un élan de génie, elle se tourna vers la bibliothécaire qui revenait avec une nouvelle pile de livre et désigna son ouvrage ainsi que celui de Cullen.

« Je prends les deux », déclara-t-elle en déposant en haut de la pile quelques pièces largement suffisante pour l’acquisition afin qu’il ne puisse pas protester. C’était moins excessif qu’un cheval mais ça restait un cadeau désintéressé, une bonne alternative au demeurant.

Un peu surprise mais pas mécontente, la gérante ne discuta pas plus que ça et Mellissandre taquina le Commandant en sachant très bien que même contrarié sa politesse l’empêcherait d’être désagréable.

« De rien », anticipa-t-elle donc pour lui signaler que seul la reconnaissance serait accepté avant de quitter la petite boutique.

« Bon », soupira-t-elle une fois dehors. « Cela ne résout pas mon problème de cadeau », reprit-elle en s’élançant à nouveau dans les rues en quête de cet objet unique qui saurait capter son attention. Le moins qu’on puisse dire c’est que c’était très différent des marchés à Tevinter.

Déjà, il n’y avait pas la traditionnelle estrade où était exposé les esclaves et où se concentrer généralement l’animation, mais même les produits identiques l’étaient fait avec plus de… convivialité. Par exemple, les animaux n’étaient pas vendus dans des cages minuscules mais dans des enclos où ils pouvaient se baladaient un peu.

Ironie du sort, c’est quand en passant près d’un espace où était réuni de fier mabari, et qu’elle se demanda comment les vendeurs faisaient pour s’assurer qu’ils ne s’enfuient pas avec des barrières aussi peu imposante, qu’un chien décida de sauter par dessus. Plus surprise que paniquée, la foule eu un mouvement de recul. Mellissandre aussi mais ça ne fut pas suffisant car la créature avait manifestement décidé de s’en prendre à elle.

Choquée, elle se retrouva donc soudainement par terre écrasée par le poids de la bête avant d’avoir pu comprendre ce qui se passait. Néanmoins, le chien n’avait apparemment aucun grief contre elle puisqu’il ne chercha pas à la dévorer vivante comme elle l’avait craint un instant mais qu’il préféra plutôt lui mouiller le visage à grand coup de langue baveuse.

Dégoûtée et échevelée, la jeune femme tenta de le repousser tant bien que mal mais la bête était imposante et elle se retrouva simplement à tourner la tête d’un côté et de l’autre dans l’espoir de se soutirer à ce subit excès d’attention. Heureusement, le vendeur intervint assez rapidement, rattrapant le canidé en aidant la jeune demoiselle à se relever, manifestement confus. Et sous le charme.

Dans la confusion, elle avait bien entendu perdue sa capuche et il la dévisageait soudain avec une certaine béatitude manifestement pas dérangé par le filet brillant laissé sous ses joues qu’elle essayait d’enlever en se frottant dans sa cape.

Morte de honte, elle jura en tévène avant de foudroyer du regard Cullen, l’avertissant silencieusement de ne pas faire le moindre commentaire sous peine de sévères représailles. Lui il avait eu de la bave de démone alors il n’était pas en position de se moquer sinon elle n’aurait aucune pitié…

« C’est dégoûtant, vous devriez surveiller vos animaux », pesta-t-elle sans la moindre amabilité en ramassant son livre et sa bourse. Le vendeur avait un air faussement désolé qui l'agaça profondément, il ne se rendait pas compte de la chance qu'il avait qu'elle ne l'ai pas grillé par réflexe. A tevinter ce genre de chose ne seraient jamais arrivé...

« Ahah, je suis navrée Mademoiselle mais vous savez ce qu’on dit, les mabari sont des êtres bien trop intelligents pour être contrôlé », déclara-t-il avec la certitude de l’homme qui dit des évidences.  Si elle n’y croyait pas trop, il y avait cette légende à Tevinter qui disait que les mabari étaient des créations tévintides mais qu’ils avaient choisi de les trahir et de rejoindre Ferelden pendant la guerre.

Ce n’était pas pour autant qu’elle allait pardonner si facilement cet outrage et elle fusilla donc l’homme du regard – ainsi que le chien – manifestement de mauvais humeur. Pas si intelligent que ça, la bête ne sembla pas contrarié par sa remontrance visuelle et il s’assit sagement en remuant la queue et en jappant.

« Je crois que Hector vous aime bien », commenta sobrement le vendeur sous l’aboiement enjoué du chien. « Ce sont eux qui choisissent leur maître Mademoiselle, vous n’avez jamais envie d’avoir un de ces fières animal à vos côtés ? Aucun prétendant n’osera vous faire du tort avec un tel garde du corps », ajouta-t-il finalement l’air de rien.

Clairement pas convaincue Mellissandre croisa les bras en toisant son interlocuteur avec tout le dédain qu’elle possédait.

« Je n’ai besoin de personne pour me défendre », souligna-t-elle en jetant un bref regard à Cullen comme pour l’inciter à témoigner. « Moi je pense surtout que vous l’avez dressé pour ce genre de démonstration et que tout cela n’est qu’un attrape nigaud », ajouta-t-elle sans la moindre délicatesse. En général, elle n’avait pas un bon contact avec les animaux, selon elle il était donc évident qu’il s’agissait d’un stratagème habilement monté pour pousser des clients à l’achat. D’ailleurs, face à sa mauvaise humeur et à son regard sévère, le chien semblait désormais beaucoup plus intéressé par Cullen que par elle. Drapé dans toute sa dignité, l’animal venait même lui réclamer des caresses, s’étant assis devant lui avec un air tout fier.

Cullen, l’homme qui murmurait à l’oreille des animaux.


« C’était du tévintide. »

Prise au dépourvu par l’exclamation, Mellissandre tourna la tête vers la vielle femme qui venait de lui parler et qui lui jetait un œil sévère. « Vous avez marmonné quelque chose, c’était du tévintide », insista-t-elle ayant manifestement une très bonne ouïe pour son âge si elle avait été capable d’entendre son juron.

D’un autre côté, ses longs cheveux noirs et son teint légèrement hâlé la trahissait suffisamment. Tout ce qu’il manquait au tableau c’était quelqu’un pour la pointer du doigt. La cicatrice des ventori était encore vive, il n’en fallait pas plus pour que des regards sévères et suspicieux se posent sur sa personne.

« Je pense qu’on devrait trouver un coin tranquille pour notre pique-nique Commandant », soupira Mellissandre consciente que si personne ne lui avait encore sauté à la gorge il valait mieux ne pas trop tarder.

Manifestement, le Créateur avait décidé qu’elle n’avait pas le droit d’avoir un peu de paix et de tranquillité, de simplement profiter de sa journée. Toujours il fallait qu’elle soit jugée, critiquée. Dans le fond, le fait que leurs craintes soient justifiées lui apportait un peu de réconfort sinon elle aurait probablement fini par en être affectée malgré tout elle qui avait pourtant l’habitude de ne pas prendre les choses à coeur.

La tête haute, le dos droit, Mellissandre ignora donc les murmures de la foule avec beaucoup de prestance, ce qui ne l'empêchait pas de trahir une certaine lassitude. Tristesse même. Une mimique subtile qui se révélait dans le coin de ses yeux, dans son sourire un peu moins altier. Mais elle ne comptait guère sur la compassion de quiconque ici, même pas sur celle du Commandant, il fallait qu'elle soit inébranlable pour survivre en ce monde.
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Posté Ven 1 Sep - 18:13
Missive 7
Commandant,
Aujourd'hui vous allez penser à vous, sachant que les événements d'hier vous ont particulièrement touchés. Ne vous en faites pas, un jour de repos ne fait de mal à personne ! Je vous mets quelqu'un sur le coup pour vous aider à passer cette épreuve.  
Détendez-vous, Commandant



Il regarda alors le livre qu’elle détenait, visiblement ce devait être le dernier bouquin d’une saga qu’elle semblait lire. Mais alors qu’il essayait de connaître le titre de l’ouvrage en guignant sur son épaule, la jeune femme se tourna vers la jeune bibliothécaire qui revenait alors.

«  - Je prends les deux »
«  - hein ?! Heu… pardon !? »


Non seulement cela le choquait mais Mellissandre était sérieuse et même s’il insistait pour prendre ses affaires en charge la jeune femme ne voulait rien entendre.

«  - J’insiste, j’arrive à le prendre en charge »

Sauf que trop tard, elle venait de payer les ouvrages. Cullen se sentit soudainement très gêné. Il n’aimait pas qu’on lui offre des choses, par fierté mal placée certainement.

«  - De rien »

Elle se rendit alors à l’extérieur de la boutique lui rendant son ouvrage au passage. Après un soupir, Cullen la suivit à l’extérieur. Une fois qu’il eut refermé la porte derrière lui, il n’eut pas le temps de reprendre la discussion que la jeune femme s’exclama.

«  - Bon… Cela ne résout pas mon problème de cadeau »
«  - J’imaginais que c’était le bon endroit pour que vous trouviez quelque chose d’intéressant… Navré je n’ai pas d’autres idées »


Il la laissa comme auparavant prendre les devants et resta à quelques mètres derrière elle en observant les alentours pour trouver quelque chose qui l’intéressait. Mais il ne connaissait pas assez Mellissandre pour connaître ses intérêts ainsi que ceux de sa famille. Il resta en retrait ne voulant pas la contrarier d’avantage dans ses recherches. Après tout, ils étaient du genre à avoir des problèmes quand ils étaient les deux ensembles. Peut-être qu’en restant en arrière il pouvait remarquer quelque chose qui pouvait passer inaperçu pour elle.

Il continua de la suivre, jetant un coup d’œil à un établi rempli d’armements, quand il croisa une vieille connaissance.

«  - Oh tiens, mais qui voilà ~ »
«  - Sven ? Mais quelle surprise ! »
«  - Je ne suis même pas étonné de te voir rôder par ici. Que deviens-tu »


Il regarda par-dessus l’épaule de son ancien camarade mais il venait de perdre Mellissandre, rien de plus génial ! Après tout la place n’était pas bien grande, il la retrouverait de toute manière jeter un œil au milieu des stands.

«  - oh je… Un petit boulot sympathique, et aujourd’hui je suis … en congé. »
«  - Et tu fais les courses c’est bien ça ? Etonnant, tu n’es pas du genre à aimer cela »
«  - Vois-tu je… »
«  - … non… Tu es marié !?! »


Il n’eut pas le temps de lui répondre qu’il entendit un bruit dans la foule et de nombreux aboiements en provenance de la place. Son attention fut immédiatement attirée par les hurlements et il se précipita sans perdre de temps se saisissant de son arc prêt à décocher la flèche qui s’y trouvait déjà tendue. Sauf que la scène était bien différente qu’il ne l’eut imaginé : Le mabari qui attaquait – bien entendu – Mellissandre voulait simplement jouer avec elle. Et comme elle n’avait pas une grande capacité de compréhension envers les animaux elle ne l’entendait pas de cette oreille.

Il rangea son arme et s’approcha de la bête d’un pas tranquille, voyant bien que Mellissandre était contrariée par les coups de langue de ce dernier. Mais Cullen se refusa d’exploser de rire par pure politesse envers elle qui s’affichait comme pas possible en public.

Il fit signe au mabari de reculer, ce qu’il fit avant que son propriétaire ne s’en charge puis aide Mellissandre à se relever en lui lançant un regard des plus obscène.

«  - C’est dégoûtant, vous devriez surveiller vos animaux ! »

La jeune femme foudroya du regard le Commandant qui n’avait rien fait d’autre que d’essayer de l’aider. Il ne comprenait pas le langage qu’elle utilisait, forcément du Tévène vu son origine, mais il n’en était pas certain. Alors que Cullen croisa les bras en secouant la tête, Sven trotta jusqu’à lui en observant ce spectacle quelque peu déstabilisant.

«  - Cette femme est une Tévintide »
«  - Est-ce que cela change quelque chose ? »
«  - Les Venatoris ont réduit en cendre cette ville, si l’inquisiteur n’était pas venu sauver les mages d’ici, le créateur seul sait ce qui se se serait passé ici »


Cullen observa la situation et les prises de tête entre la jeune femme et le vendeur, sans dire mot et sans bouger non plus. Il avait lu ce qui s’était passé dans le futur alternatif que Dorian et l’inquisiteur avaient visité. Mais, cette histoire était du passé à présent, et il ne fallait pas que les tévintides soient blâmés pour quelque chose qu’ils n’ont pas faites.

«  - Je le sais, oui. Mais traite ma femme de Venaroti encore une fois et tu auras une flèche entre les deux yeux. »
«  - Je… HEIN !?... excuse-moi vieux »


Soudain le mabari vint vers lui, et s’assis en remuant la queue. Cullen se mit un genou à terre devant lui et lui caressa le crâne.

«  - Tu es un monstre, toi tu le sais… ? »

Le mabari pencha la tête sur le côté, hébété mais l’attention du templier fut dévié sur les personnes qui se mettaient à critiquer Mellissandre non pas pour sa malhonnêteté, mais car elle était une Tévintide. Beaucoup soulevèrent ce point dût à son physique exotique. Selon Cullen il était temps de filer avant que les choses ne s’aggravent. Il s’adressa alors à l’éleveur de mabari qui ne cessait de regarder Mellissandre d’un peu trop près.

«  - Faites retourner ce chien dans son enclot et reprenez vos affaires »
«  - Bien entendu, monsieur. Mais dites-moi, vous semblez connaître cette charmante donzelle ~ Vous pensez que j’ai une chance avec elle ? »


Cullen haussa un sourcil, alors que Mellissandre affrontait une vieille dame du regard. Il se saisit alors du vicelard par le col de sa chemise et le tira assez près de lui pour l’intimider d’avantage.

«  - Cette « charmante donzelle » comme vous le dites si bien c’est ma Femme, alors je vous suggère d’arrêter de la reluquer ainsi comme un pervers ou je vais vous faire comprendre à quel point je peux être mauvais une fois en colère. »
«  - Ah… heu… excusez-moi »


Il le relâcha et indiqua à Mellisandre que le mieux était de partir, ce qu’elle ne tarda pas à faire, approuvant particulièrement cette idée.

«  - Je pense qu’on devrait trouver un coin tranquille pour notre pique-nique Commandant »
«  - Oui, filons d’ici et en vitesse. »


Sur les premiers mètres, il la poussa la main au fond du dos, puis reprit ses distances en soufflant de mécontentement du nez.

«  - Je connais un endroit où nous pourrions être tranquille si vous le souhaitez, mais nous devons nous rendre au bord du lac. »

Il la guida près du port, il y avait un banc qui était libre en bordure quelques mètres plus loin. Cet endroit était plus calme pour déjeuner tranquillement.

«  - Après réflexion c’était une mauvaise idée de vous conduire ici.. Je suis navré je ne pensais pas qu’il y aurait eu autant de problèmes car vous êtes une tévintide. »

Il ne savait pas trop comment lui remonter le moral, surtout qu’elle semblait être en colère et en pleine réflexion sur la situation. Mais dans le fond il savait bien que ce genre de chose, se sentir détesté par toute une nation à cause de son origine devait être douloureux. Il s’assit alors à son tour sur le banc et regarda Mellissandre plein de compassion.

«  - Vous voulez en discuter ? »

La jeune femme possédait un comportement impossible à déterminer en avance : Cullen était certain qu’elle allait lui hurler dessus pour lui proposer un appuis. Après tout, cette femme avait une certaine fierté mal placée, un peu comme lui parfois.

Il la laissa tranquille sans trop insister si elle décidait de ne pas lui adresser la parole. De toute manière, l’horizon montagneux était aussi magnifique à admirer depuis leur position.

Pour cette histoire d’épouse, elle avait clairement lancé la pierre la première. C’était surtout pour lui éviter des problèmes supplémentaires qu’il dût utiliser cette méthode assez gênante et peu sympathique pour lui.

S'en était-elle seulement rendu compte ?

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Posté Sam 2 Sep - 0:42
Mellissandre aurait donné cher pour entendre le mensonge du Commandant mais malheureusement elle était trop concentrée sur la harpie qui l’accusait de tous les maux de la terre pour prêter attention au vendeur.

Au moins ce dernier avait-il arrêté de vouloir lui refiler son chien et Cullen était d’accord avec elle sur le fait de filer. Sans se donner la peine de dire autre chose que « Je ne suis pas venatori » en toisant la foule d’un air aussi altier que condescendant, Mellissandre s’éclipsa donc escortée par le Commandant.

Un peu inquiète elle resta sur ses gardes prête à réagir à toute agression à son égard mais manifestement aucun villageois n’était assez fou pour les attaquer, a priori, vociférer leur haine à l’égard de son peuple leur suffisait.

« Le plus loin sera le mieux je crois », commenta-t-elle amèrement suite à la proposition de Cullen de se rendre près du lac même si c’était un peu distant. Docile, elle se laissa donc guider, se détendant imperceptiblement à mesure qu’ils s’éloignaient de la foule en colère.

Ils finirent par arriver à destination et il lui présenta un banc qui avait l’air à peu près propre. Sans se faire prier, elle prit donc place dessus, laissant échapper un long soupir de lassitude alors qu’elle laissait son esprit dériver, porter par la tranquillité du lac.

A sa grande surprise, Cullen s’excusa de son choix peu éclairé et lui demanda si elle souhaitait parler de ce qu’elle ressentait vis à vis de tout ça. Un peu surprise, Mellissandre l’observa un moment avec un regard légèrement suspicieux comme si tant de prévenance de sa part était vraiment louche. Son premier réflexe fut de refuser car elle songea immédiatement qu’il cherchait des faiblesses à exploiter mais connaissant le Commandant cette option lui parut rapidement invraisemblable et elle reconsidéra la question. De toute façon, que risquait-elle réellement ?

S’il y avait bien une personne appréciée et admirée dans l’Inquisition c’était lui. Vu son histoire et son statu de mage, Ragnar n’était clairement pas la coqueluche de leur faction, c’était plutôt Cullen qui faisait figure de héro digne du Cantique de la Lumière. Du moins, son comportement n’aurait pas fait grincé une mère chantriste comme un piano mal accordé. Si quelqu'un pouvait lui donner des conseils pour se faire accepter c'était lui.

Après un long silence plutôt pesant, Mellissandre qui avait abandonné l’idée de forcer un sourire soupira à nouveau.

« Je veux bien supporter ce genre de réaction, ce n’est pas un problème », commença-t-elle en regardant ses pieds, profondément perdue dans ses réflexions. « Ce qui m’ennuie c’est surtout que je ne sais pas comment je peux les faire changer d’avis. Qu’est-ce que je peux faire pour qu’ils finissent par m’accepter… », continua-t-elle en agitant nonchalamment ses jambes comme hypnotisée par le mouvement. Elle avait presque l’air d’une jeune fille timide, ça ne lui allait pas du tout. Attendrissante et beauté sulfureuse faisaient rarement bon ménage. « J’ai l’impression que c’est une fatalité et c’est très… frustrant », expliqua-t-elle toujours sur le même ton mélancolique et rempli de résignation.

Happée par le maelstrom de ses pensées, elle continua assez naturellement à parler, tournant cette fois légèrement la tête pour entrapercevoir le Commandant.

« J’imagine que c’est pour ça que j’étais si heureuse que vous m’ayez cru…  enfin, que vous ne m’ayez pas condamné par principe dans cette histoire avec Mara », avoua-t-elle. Elle avait failli parler de confiance mais le terme n’aurait pas été vraiment adéquat. Cullen ne lui faisait pas confiance, il l’avait dit lui même, mais il essayait de ne pas trop laisser ses préjugés obscurcir son jugement et c’était déjà plus que la plupart des gens.

Soupirant une énième fois comme pour évacuer son fardeau dans l’air, Mellissandre renversa légèrement sa tête en arrière, les yeux fermés pour profiter des rayons du soleil, beaucoup plus sereine. Elle n’aurait pas parier qu’un monologue suffirait à l’apaiser mais c’est vrai qu’elle se sentait mieux. A moins que ça ne soit la tranquillité ambiante du lieu qui était reposante ?

« Il fait froid dans le Sud », commenta-t-elle assez bêtement après qu’une brise un peu fraîche l’ai faite frissonné. Une évidence, mais qui n’était pas si anodine que ça, pour elle qui cherchait désespérément la chaleur de l’astre solaire sur sa peau. Sans parler de ses doigts qui s’étaient glacés sur le marbre du banc.

« Mon pays me manque », avoua-t-elle finalement, quitte à être mélancolique, autant ne pas le faire à moitié. Et puis, ce n’était un secret pour personne qu’elle idolâtrait sa patrie.

« Le soleil est plus vif, l’air plus sec mais parfois il y a une brise divinement fraîche qui souffle… Dans notre résidence à Neromanian quand je laisse ma fenêtre ouverte, je peux entendre la mer. Ma gouvernante disait que c’était la meilleure des berceuses, mais en vrai je crois qu’elle ne sait juste pas chanter », plaisanta-t-elle définitivement rassérénée par ses souvenirs. Elle pouvait presque les sentir, les voir, entendre le roulis des vagues à la place du clapotement du lac.  

Ils ne quittaient pas souvent la capitale mais elle avait beaucoup de souvenir de cet endroit. Peut-être parce qu’ils étaient loin des intrigues et qu’elle avait toujours été plus choyée dans leur résidence secondaire.

Rouvrant les yeux, elle chassa une mèche qui avait pris ses aises sur son visage pendant son petit moment de nostalgie, la remettant sobrement derrière son oreille.

« Mes parents me manquent aussi », concéda-t-elle également en détournant les yeux, un peu gênée par cette révélation. Les romans à l’eau de rose était une chose, être aussi attachée à ses géniteurs à son âge s’était un peu… enfantin. Et pourtant, elle était tellement fière d’être leur fille, d’être à la hauteur de leur exigences. Tellement assoiffée de leur amour et de leur reconnaissance. Elle ne vivant que pour ça. Ils étaient son eau et son soleil, sans eux elle se serait desséchée.

Mais une fois n’est pas coutume, Mellissandre estima qu’elle avait suffisamment parlée d’elle et qu’il était préférable de réorienter la conversation vers son interlocuteur.

« Vous avez grandi par ici ? », demanda-t-elle consciente que Ferelden était vaste mais il avait l’air plutôt familier avec le coin donc cette supposition n’était pas si infondée que ça.  Même si, à bien y réfléchir, si sa famille vivait dans le coin, il la verrait peut-être plus souvent. « Vous voyez souvent votre famille ? Vous n’en parlez jamais. J’avoue que j’ai été surprise d’apprendre que vous aviez une sœur », commenta-t-elle en se rappelant des événements avec la démone. Il en était assez proche si Désir avait pris son apparence pour le duper. Pourtant, elle n’avait jamais entendu le Commandant la mentionner ou quelqu’un en parler.

Prenant subitement conscience que le monde entier n’avait pas une relation aussi intense avec sa famille qu'elle et qu’elle avait peut être ravivé des souvenirs douloureux Mellissandre se mordit la lèvre, fouillant dans son sac pour en sortir la nourriture soigneusement préparée par Scipio en guise de diversion.

Toutefois, à peine avait-elle eu le temps de sortir les différents récipients qu’elle vit un homme essoufflé arriver en courant dans leur direction. Son visage ne lui disait rien, pourtant elle était passé devant sa boutique plus tôt : Sven.

Méfiante, elle se tendit en le regardant s’arrêter juste devant eux, prenant quelques instants pour reprendre sa respiration.

« Vous n’êtes pas facile à trouver », déclara-t-il finalement avec un air qui oscillait entre le décès imminent et la fierté victorieuse. « Je vous ai cherché partout après les événements au marché mais vous aviez disparu », rajouta-t-il confirmant le fait que c’est bien leur présence qu’il requérait.

Froide, Mellissandre le regardait en essayant de ne pas trop être agressive. Elle ne pouvait pas s’empêcher d’être méfiante mais il lui lançait des sourires amicales même s’il était manifestement gêné…

Une main dans les cheveux il regarda Cullen avec un air contrit.

« Hmm… Je voulais m’excuser pour tout à l’heure tu sais… d’avoir traité ta femme de venatori… », déclara-t-il soudain avec un air sincèrement navré. D’ailleurs, il se tourna vers Mellissandre avec le même air de chien battu. « Vraiment, Madame Rutherford, je suis désolé. Nous avons beaucoup souffert des venatori aussi alors j’ai été un peu prompt au jugement… Mais si Cullen vous a épousé c’est que vous êtes forcément quelqu’un de bien », clama-t-il finalement après s’être légèrement emmêlé les pinceaux mais fier de terminer sur une note positive. « Et puis, si je puis me permettre, je ne me serais jamais douter qu’il aurait si bon goût en matière de femme, vous êtes vraiment magnifique ! », ajouta-t-il en faisant une petite révérence et un clin d’oeil à son ami.

« Honnêtement, quand il m’a dit ça, j’étais tellement surpris que je crois que j’ai perdu mes moyens… Je vous aurez aidé sinon tout à l’heure ! », se reprit-il manifestement très fermement décidé à obtenir leur pardon.

Hébétée était un faible mot pour définir l’état mental de Mellissandre à cet instant. Figée dans une moue neutre, elle restait parfaitement immobile à fixer leur interlocuteur, sentant presque ses neurones bouger au ralenti tandis qu’elle essayait de mettre les morceaux en place. Ta femme. Madame Rutherford. Vous a épousé.

Au début, elle avait songé qu’il avait entendu leur petite comédie auprès du marchand, mais elle tiqua sur le quand tu m’as dis ça. Cullen avait donc dit à cet homme qu’ils étaient mariés. Pour le coup, elle n’arrivait pas à comprendre pourquoi il avait fait ça, a priori, il n’était pas trop le genre d’homme qui avait envie de se faire mousser à prétendre fréquenter une belle femme. Et puis, il aurait pu juste dire qu’ils étaient ensemble, pas marié.

Fort perturbée mais sentant déjà le machiavelisme démanger son épiderme, Mellissandre fit un sourire complaisant à son interlocuteur en signe de pardon.

« Oh, que vous a-t-il dit exactement ? ~ », demanda-t-elle avec nonchalance en lançant un petit regard facétieux pour Cullen, histoire de savourer le moment où il comprendrait à quel point il était foutu.

Sven se mit à rire, cherchant les mots exacts pour ne pas être en porte à faux avec son ami.

« Qu’il me transpercerait avec une flèche si j’osais dire du mal de vous », paraphrasa-t-il finalement, songeant que c’était plutôt une bonne chose. Il avait défendu son honneur, elle ne pouvait en être que contente. Il ne pouvait pas savoir qu’il était en train de fournir des munitions dangereuses à Mellissandre qui avait de plus en plus de mal à contenir son sourire sadique. Il n’y avait que Cullen qui pouvait déchiffrer son rictus alors qu’elle lui lançait un nouveau regard malicieux. Il allait être poursuivit par ça jusque dans la tombe, elle en faisait le serment.

Même si elle trouvait la situation fort comique, elle devait bien reconnaître qu’elle était toujours aussi perplexe quand aux motivations du Commandant. C’était aimable à lui d’avoir voulu la défendre – adorable même – mais au point de prétendre ça ? C'était vraiment... troublant.

« Vraiment chéri, pourquoi tu ne m’as rien dit ? », renchérit-elle finalement incapable de résister à une telle perche.

Content de voir que Mellissandre ne s’était pas offusquée, Sven se détendit encore un peu et c’est sur un air parfaitement enjoué qu’il lança :

« Est-ce que vous accepteriez de venir déjeuner chez moi avec ma femme ce midi ? C’est la moindre des choses et puis tu as tellement de chose à me dire mon vieux. J’ai hâte de savoir comment vous vous êtes rencontré ! Et comment était le mariage aussi ! », ajouta-t-il manifestement fort enthousiasmé par cette histoire.

« Oh ça serait avec plaisir, hein chéri ! Après tout, j’ai rarement l’occasion de faire la connaissance de tes amis », ajouta Mellissandre en attrapant le bras de Cullen pour se lover contre lui avec un mielleux évident, incarnation parfaite de la jeune mariée encore énamourée. Mais surtout, elle acceptait l’invitation avant qu’il ne puisse la décliner. « Et puis, c’est de la salade froide, on pourra toujours faire notre pique nique ce soir », ajouta-t-elle en rangeant les contenants, l’empêchant une nouvelle fois de trouver des excuses.

C’était officiel.

Elle allait le torturer.

Si en plus elle pouvait apprendre des choses croustillantes, elle n’aurait pas perdu sa journée.

En tout cas, il ne pouvait plus vraiment reculait maintenant...  Elle aussi avait hâte de voir les histoires qu’il allait inventer. Surtout quand viendrait irrémédiablement l’incontournable ‘mais qu’est-ce qui t’a attiré chez elle, quand et pourquoi tu t’es dis que c’était la bonne’.

Même si elle avait voulu l’inventer, à elle seule elle n’aurait probablement pas pu placer Cullen dans une position si embarrassante. Finalement, elle commençait à apprécier l’humour douteux du Créateur.
PROCHAIN NIV. :
avatar[Terminé] Détendez-vous, Commandant [PV . Mellissandre] D3ku
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Posté Sam 2 Sep - 22:17
Missive 7
Commandant,
Aujourd'hui vous allez penser à vous, sachant que les événements d'hier vous ont particulièrement touchés. Ne vous en faites pas, un jour de repos ne fait de mal à personne ! Je vous mets quelqu'un sur le coup pour vous aider à passer cette épreuve.  
Détendez-vous, Commandant



Elle ne répondit pas à l’instant, et le Commandant abandonna l’idée de discuter calmement pour perdre ses pensées sur le paysage lointain et particulièrement prenant que leur offrait cette vue sur le lac.

«  - Je veux bien supporter ce genre de réaction, ce n’est pas un problème »

Elle parlait calmement, presque trop sincèrement aussi. Cette pointe de sincérité qui détourna le regard de son compagnon vers elle, pour étudier les traits de son visage et ainsi déceler ce trait de caractère inhabituel chez elle. Il cligna une fois des yeux sans dire mot, attendant alors la suite des paroles de Mellissandre alors qu’elle avait le regard orienté vers ses pieds.

«  - Ce qui m’ennuie c’est surtout que je ne sais pas comment je peux les faire changer d’avis. Qu’est-ce que je peux faire pour qu’ils finissent par m’accepter »
«  - C’est beaucoup de travail de soi, j’imagine. Mais il ne faut pas s’en faire, de l’eau va couler sous les ponts. Cela prendra juste un peu de temps »


Être considéré comme un venatori alors que ce n’était pas le cas juste pour sa nationalité était un véritable fardeau parfois. Et ce qui n’aidait pas la jeune femme était sa position dans la société parmi les Altus, qui souvent était eux qui dirigeaient la société Tévintide.

«  - Il faut aussi comprendre que ce peuple a été longuement tourmenté par des mages aux idéaux mauvais et que certains ont perdu des membres de leur famille à cause d’eux. Ils recherchent un responsable car malheureusement le magister Alexius n’est pas seul dans cette histoire »
«  - J’ai l’impression que c’est une fatalité et c’est très frustrant »


Cullen dévia la tête ne sachant pas vraiment quoi lui dire pour lui remonter le moral. Après tout, elle n’avait pas tort, mais cela devait prendre du temps pour se cicatriser. Et voir Mellissandre pour une fois sincère et sans envie de lui jeter des pics était vraiment attendrissant.

«  - J’imagine que c’est pour ça que j’étais si heureuse que vous m’ayez cru… enfin, que vous ne m’ayez pas condamné par principe dans cette histoire avec Mara. »
«  - Oh, heu… Je… »


Il avait tourné la tête au même moment qu’elle à ce moment-là et c’était fou ce que cet air sincère et vulnérable provoquait. Cela la rendait d’avantage attirante et plus agréable à regarder. Cullen détestait ça, il savait qu’il serait sous son charme encore longtemps, si bien qu’il dévia tout de suite le regard ailleurs, les joues brûlantes.

«  - Je préfère trouver le fin mot de l’histoire ce que la plupart de mes soldats s’y refusent »

La brise présente sur les lieux caressa la surface de l’eau la faisant frémir à son passage. Le Commandant tenta de rester calme, car le seul qui était tendu dans cette situation était lui bien entendu.

«  - Il fait froid dans le Sud »
«  - Vous trouvez ? »
«  - Mon pays me manque »


Oui, bien entendu, elle se vantait assez de son pays et de sa famille, elle devait être une grande patriotique, et par conséquent c’était normal que son pays lui manque.

«  - Je n’y suis jamais allé, comment est-ce à Tevinter ? »
«  - Le soleil est plus vif, l’air plus sec mais parfois il y a une brise divinement fraîche qui souffle… Dans notre résidence à Neromanian quand je laisse ma fenêtre ouverte, je peux entendre la mer. Ma gouvernante disait que c’était la meilleure des berceuses, mais en vrai je crois qu’elle ne sait juste pas chanter »
«  - HAHA ! Ce devait être quelque chose, en effet »


Elle semblait se souvenir de bons moments passés et tant que cela lui faisait le plus grand bien c’était tout ce qui lui importait. Il regardait alors l’eau du lac comme auparavant.

«  - Et vos parents ? »
«  - Mes parents me manquent aussi »


Il essayait d’entretenir une discussion avec elle mais il ne voulait pas risquer de la brusquer ou quoi que ce soit. Il ne savait pas comment continuer la conversation, tant ce sujet était délicat.

«  - Vous avez grandi par ici ? »
«  - Pas dans cette ville, mais plus loin dans les montagnes du côté de Cordoan. »


Bien entendu elle ne devait pas connaître, elle n’était pas du coin. Il décida d’alors anticiper sa question en lui faisant une brève description.

«  - C’est un petit village dans le sud, à environs 2 heures de cheval d’ici. Quand j’étais petit il y avait un gigantesque golem immobile au milieu de la place, ce que je trouvais extraordinaire car ce n’était pas chose courante. Mais je ne peux pas vous conseiller d’y aller, je ne possède plus rien qui m’y attache depuis que l’enclin a ravagé cet endroit. Heureusement ma famille a pu s’enfuir»

Il n’alla pas plus loin dans ses discussions  afin d’éviter le sujet qui fâche. Elle ne connaissait pas ce qui était arrivé à sa famille et ne pouvait pas le deviner non plus… A moins que…

«  - Vous voyez souvent votre famille ? Vous n’en parlez jamais. J’avoue que j’ai été surprise d’apprendre que vous aviez une sœur »
«  - Non je… n’en parle pas vraiment, c’est vrai. »


Parler de sa famille, pour Cullen c’était un sujet de discussion très délicat. Il ne savait pas trop par où commencer, et en sachant que Mellissandre était très attachée à la sienne, elle risquait de ne pas comprendre ses choix.

«  - Je suis le second enfant d’une fratrie de 4. La femme que tu as vue dans mon souvenir est mon aînée et celle qui m’a toujours soutenu dans mes projets. »

Il souffla du nez et regarda au loin. C’était la partie facile, et pour Mellissandre qui semblait très intéressée par ce sujet de discussion.

«  - Mais, non…Je n’ai plus contact avec ma famille. Et depuis la mort de mes parents j’ai coupé les ponts avec le reste de mes frères et sœurs. J’avais écris a Mia il y a plusieurs années, mais je n’ai plus eu le temps de lui redonner de mes nouvelles depuis. C’est ainsi, chacun fait sa vie de son côté »

Il regarda alors du coin de l’œil la jeune femme puis redressa son regard vers elle en voyant cet air compatissant qu’elle lui rendait en retour. C’était bien plus attendrissant qu’auparavant et il se mit vraiment à l’admirer à cet instant précis. Mais alors qu’il s’approcha un peu d’elle, Cullen fut surprit par son ancien camarade Sven qui était sorti de la foule et qui s’approcha d’eux ce qui le freina dans son élan. Il le regarda en premier lieu d’un œil mauvais car il venait interrompre un moment d’intimité entre eux puis il soupira et s’accouda contre le dossier en le voyant approcher.

«  - vous n’êtes pas facile à trouver »
«  - Tu me cherchais ? »
«  - Je vous ai cherché partout après les événements au marché mais vous aviez disparu »
«  - On ne cherchait pas les ennuis et il valait mieux que nous prenions nos distances avec la foule »


Désormais il en était certain : être avec Mellissandre avait un don pour lui attirer des ennuis. Et pas seulement quand ça parle magie du sang et démon ! Même pour un bête shopping elle s’en prenait plein les dents.

«  - Hmm… Je voulais m’excuser pour tout à l’heure tu sais… d’avoir traité ta femme de venatori… »
«  - Ah… ! »


Et là cullen se rendit compte de sa bêtise ce qui le fit trembler de tous ses membres à l’instant où il entendit le mot « femme ». Mellissandre ne semblait pas avoir entendu cela et se retourna immédiatement vers lui pour demander des explications du regard. Il n’entendit pas la suite de la conversation, essayant de trouver une solution pour se sortir de là. Il ne chercha même pas à supplier la jeune femme du regard pour qu’elle l’aide, lui étant si fier de se débrouiller seul.

Mellissandre semblait choquée d’entendre cela en premier lieu, ce que Cullen ne tarda pas à comprendre vu son regard absent. Il reposa son dos contre le banc et se passa une main sur le front.

«  - Oh, que vous a-t-il dit exactement ? »
«  - Qu’il me transpercerait avec une flèche si j’osais dire du mal de vous »


ça y était, Cullen était désormais perdu tant son corps ne lui répondait plus, presque paralysé par la honte de cette situation. Mais ce n’était pas faux, il avait bien dit ça à ce gars. Mais le fait que Mellissandre s’intéressa à ce qu’il avait dit allait jouer contre lui et il savait bien qu’elle allait profiter de cette situation pour lui envoyer une multitude de pics sur lesquels il serait obligé de marcher les deux pieds dedans.  Alors qu’il soupira une nouvelle fois, la jeune femme vint se coller à quelques centimètres de lui, le regard tellement malicieux que cela lui faisait presque trembler d’avantage.

«  - Vraiment chéri, pourquoi tu ne l’as rien dit ? »
«  - Héé…. Je … »


Elle pouvait très bien déceler son malaise, et encore mieux la teintée rouge sur ses joues qui donnait presque un mal de tête à ce pauvre Commandant. Il le savait en plus que ça allait lui retomber dessus…

« - Est-ce que vous accepteriez de venir déjeuner chez moi avec ma femme ce midi ? C’est la moindre des choses et puis tu as tellement de chose à me dire mon vieux. J’ai hâte de savoir comment vous vous êtes rencontré ! Et comment était le mariage aussi ! »
«  - AH, et bien… pour tout te dire… »
«  - …Oh ça serait avec plaisir, hein chéri ! Après tout, j’ai rarement l’occasion de faire la connaissance de tes amis »
«  -
au secours… Oui, bien sûr ce serait une excellente idée, même… ! »

Elle venait de se coller à lui, comme le ferait n’importe quelle femme pour démontrer que son partenaire l’appartenait. C’était vraiment gênant, mais Cullen fit mine de tenir bon face aux avances de la jeune femme. De manière à ce que ce soit naturel en quelques sortes… Il en oubliait presque le repas que Mellissandre venait de sortir mais elle avait prévu le coup, comme si Andrasté faisait tout pour qu’ils restent ensemble… Quelle mauvaise blague.

« - Et puis, c’est de la salade froide, on pourra toujours faire notre pique nique ce soir. »
«  - Tout à fait… »


Il se racla la gorge et se mit à respirer profondément pour effacer son malaise et essayer de tourner ce petit jeu à son avantage finalement. Il savait bien que Mellissandre en profiterait pour lui faire subir de sales coups.

Elle le savait, il ne pouvait plus reculer. Et bien que cette bêtise le laissait vraiment dans un état pire que la gêne, c’était elle qui avait commencé ce petit jeu en premier. Alors qu’elle rangeait tranquillement les pots, il se releva du banc profitant d’être près d’elle pour lui murmurer :

«  - Merci. mais sachez que je vais être autant mauvais que vous à ce jeu ~ »

Elle comprit rapidement qu’il était sérieux. Si elle comptait profiter de cet instant pour lui faire subir ses petites piques, il allait profiter pour faire de même de toute manière. Après tout, il n’aimait pas passer pour une victime. Et encore moins quand une femme s’en mêlait. Sauf que Mellissandre n’était pas n’importe quelle femme : elle était fourbe et particulièrement joueuse.

«  - Bien, je vis pas loin d’ici, dans le quartier sur les pilotis par là-bas. Venez avec moi à la maison, ma femme s’y trouve déjà. »
«  - D’accord allons-y »
«  - N’oublie pas tes affaires, Cully »


Direct les surnoms… Il soupira et se saisit du panier contenant leur repas et profita que Mellissandre soit accrochée sur la dernière réplique de Sven pour la soulever avec toute la douceur d’un mabari et la charger sur son épaule. Il la tenait en coinçant son bras à l’arrière des genoux de la jeune femme et ne la lâcha plus.

«  - C’est bon je crois que j’ai tout embarqué ~ »

Arrivé près de la maison de son ami, il fit redescendre Mellissandre – en douceur cette fois – et la serra contre lui.

«  - Allez Chérie ne tire pas cette tête, tu sais que je ne résiste pas à l’envie de te faire des crasses ~ »

Il ne devait pas être mauvais acteur s’il avait réussi à convaincre Mellissandre à cause de cette histoire de démons. Maintenant il ne restait plus qu’à ce que les deux inventent une histoire cohérente pour s’en sortir.

«  - Entre nous je ne pensais pas que cela se passerait comme ça, mais ça doit tellement vous amuser de vous délecter du malheur de mes propos »

Bien entendu qu’elle adorait saisir une opportunité pareille, c’était Mellissandre après tout. Il ne lâcha pas son emprise, et lui écarta une mèche rebelle qui glissait le long de son visage.

«  -  hormis cette histoire, j’apprécie beaucoup votre sincérité. »

Il la relâcha, et  suivit Sven à l’intérieur de la maison. Il ne voulait pas chercher à mentir sur la raison qui l’avait poussé à raconter des bobards à son ami à leur propos… Mais la situation était vraiment tendue et le prétendre avait abaissé pas mal de tension.

En effet, à ce moment-là Sven avait dégainé son poignard pour aller la tuer, mais ça Cullen ne l’avouerait certainement pas à Mellissandre, la situation était assez délicate ainsi. Autant qu’elle passe pour son épouse et que cela la tienne en sécurité… Pour l’instant.

«  -Tu viens, mon aimée ? »

Il affichait un sourire malicieux envers elle, et l’invita à passer la porte avant lui, de manière galante, mais surtout pour protéger ses arrières si quelque chose se passait. Mais connaissant Sven, il ne ferait plus de mal à Mellissandre. Cependant il ne connaissait pas encore sa femme…..

En entrant ils débouchèrent sur un magnifique séjour, avec un balcon couvert donnant vue sur le lac. Le tout étant très rustique puisque la maison était en colombage.

«  - Chéri ! Tu rentres que MAINTENANT ?!? »

Une fois grave résonna dans la maison ce qui fit frémir Cullen. Le plancher vibra au ton de la voix, mais Sven ne bougea pas d’un sil, habitué à la situation.

«  - TU VAS VOIR CE QUE C’EST QUE D’ARRIVER EN RETARD POUR LE DÎNER ! Espèce d’irresponsable !! ET tu as pensé à amener la petite chez ta mère !? »

La Femme tira le rideau qui séparait la cuisine au reste de la pièce et admira la première personne qui était dans la pièce à part son mari, à savoir Mellissandre qui pour elle était d’une telle beauté.

«  - Flo, j’amène de la visite »
«  - ….OH »


Cette femme était bien plus grande que Sven et avait une carrure d’un golem tant ses épaules étaient larges et ses bras musclés. Elle fit claquer le torchon qu’elle tenait sur son épaule et essuya ses mains à son tablier pleine de sauce tomate, on aurait dit un véritable bourreau.

«  - Mais tu aurais pu me le dire plus tôt ! »
«  - Comme chaque fois tu ne me laisse jamais expliquer la situation »


C’était donc cela un couple marié… ? Cullen regarda d’un œil comparatif cette femme et celle qui se trouvait agrippée à lui. Si ça se trouvait elle allait être pire qu’elle…. !

«  - Veuillez excuser mon impolitesse, mes chéris. Je suis Flo la femme de Sven. Vu que vous êtes là je peux vous proposer un siège à notre table pour le dîner ? »
«  - A..avec joie Madame. »


A chacun de ses pas le plancher semblait vouloir céder c’était atrocement impressionnant.

«  - Je suis Cullen Rutherford, un ami de longue date de Sven. Je l’ai croisé tout à l’heure au marché par hasard. »
«  - Un ami de longue date… ? Si tel est le cas pourquoi vous ne lui écrivez PAS plus souvent … !? »

Elle s’était approchée très près ce qui l’intimida d’avantage. Même le plus horrible des ogres ne lui faisait pas cet effet … Une femme c’était vraiment effrayant.

«  - Et vous, ma chère beauté, comment vous prénommez-vous  [Terminé] Détendez-vous, Commandant [PV . Mellissandre] 2862595858  ? »

Quelle horreur… Elle était en fascination totale sur Mellissandre. Cullen savait qu’il allait passer une journée d’enfer.

«  - Très joli ! Venez vous installer ! »

Elle l’amena en posant une main rassurante vers la table et tira la chaise pour elle. Cullen resta planté près de la porte, encore choqué de la situation…

PROCHAIN NIV. :
avatar[Terminé] Détendez-vous, Commandant [PV . Mellissandre] D3ku
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Invité
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Posté Dim 3 Sep - 1:31
Mellissandre ne s’émouvait pas des paysages, des fleurs et des petits oiseaux. Le monde alentour la laissait tristement indifférente. Mais aujourd’hui le décor lui était agréable. Sans s’extasier dessus elle devait bien reconnaître qu’il avait quelque chose d’apaisant. Comme si l’air frais qu’elle respirait lavait le marasme qui l’habitait. Peut-être parce qu’elle avait parlé aussi. C’était plus difficile pour elle qu’elle ne le laissait paraître. Faire tomber le masque, dévoiler une part d’elle même, une faiblesse. La sincérité c'était s'exposer à des coups de poignards douloureux. Un risque qu’elle prenait rarement. Mais le lieu s’y prêtait, la personne s’y prêtait, le moment s’y prêtait. Oui, elle se sentait seule dans ce pays si loin de chez elle qui la détestait encore plus qu’elle ne le méprisait. Mais alors que la colère des villageois la confortait dans sa décision d’incarner ce qu’on lui reprochait la compassion de Cullen la déstabilisait.

Son abnégation aussi.

Même au sujet de son procès il se raccrochait à ses principes, à ses valeurs au lieu de s'en venter. Elle n’était qu’obéissance aveugle, elle faisait ce qu’on lui demandait de faire, par comparaison ce mode de fonctionnement la dépassait. C’était probablement stupide, risqué, mais aussi admirable dans un sens.

Il prétendait que le temps effacerait la haine des autres envers les tévintides mais quand elle avait cherché son regard il avait détourné les yeux. Il avait fuis pour être exact. Malgré tout le temps passé ensemble, il faut croire qu’ils avaient encore un long chemin à parcourir pour qu’il arrête de renâcler à sa seule présence. Mais peut-être qu'un jour elle arriverait malgré tout.

C’était un peu triste de songer à tous les efforts qu’elle déployait pour obtenir sa confiance tout en sachant qu’elle la perdrait incessamment à cause de son allégeance. Elle ne pouvait pas, elle ne devait pas, mettre trop de coeur à l'ouvrage sinon, elle savait qu'elle le paierait. Elle construisait un immense château de carte juste pour pouvoir le détruire ensuite. Même elle était capable de savoir qu’elle n’en retirerait jamais un quelconque sentiment d’accomplissement et que si elle s'attachait à sa propre illusion elle en pâtirait. Un cruel paradoxe qui lui faisait presque regretter se s'être épanché malgré tout le bien que ça lui faisait. C'était trop douloureux de s'attacher à cette douceur, à cette gentillesse, à Cullen...

Heureusement que parler de son pays était rassérénant. Penser à sa famille, à toutes les raisons qui justifiaient ses actes et sa dévotion. Ils méritaient les sacrifices et les efforts qu’elle faisait.

Heureusement, elle n’était pas les seule bercée dans une douce nostalgie, Cullen aussi parlait avec enthousiasme de son pays natal. Elle sourit à la mention du golem, comprenant sa fascination pour ces créatures.

« Vous allez adorer les Colosses de Minrathie », souffla-t-elle avec un sourire aimable. Offert par les nains il y a des centaines d’années, ces deux golems de plusieurs dizaines de mètres de haut avaient toujours protégé la capitale de Tevinter, contribuant à la rendre imprenable. Ils fascinaient tout le monde et elle savait que le Commandant n’y serait pas indifférent. D’ailleurs, elle n’avait même pas réalisé qu’elle avait parlé au futur, certaine qu’elle était que ses parents allaient accepter sa proposition.

Heureusement, il ne sembla pas plus relever qu’elle son abus de langage pris dans le poids de ses relations familiale. Mellissandre aussi se retrouva d’ailleurs rapidement happée dans ses révélations. La compassion qu’elle exprima alors qu’il mentionnait le décès de ses parents était d’ailleurs sincère. Rien n’était plus sacrée que la famille à ses yeux et toute indifférente qu’elle soit ce genre de chose la touchait vraiment. Que pouvait-il arriver de plus triste que de perdre ses parents avant l’heure ? Rien que l’idée la terrifiait alors le vivre…

Elle était tellement navrée pour lui qu’elle n’avait pas envie de lui reprocher d’avoir perdu le contact quand bien même elle trouvait ça tristement aberrant. Les yeux posés sur lui trahissant sa compassion, Mellissandre se retrouva soudain terriblement muette. Elle savait que le Commandant avait son orgueil, un excès de pitié le contrarierait, mais d’un autre côté son attendrissement était sincère. Elle avait envie de trouver les mots, les gestes pour le réconforter, pour lui témoigner sa sympathie, son soutient, ses condoléances.

Toujours muette, leurs regards encore accrochés l'un dans l'autre, elle esquissa un mouvement dans sa direction pour poser sa main sur son épaule, lui donner un peu de contact humain, de la chaleur de son pays.  Elle aurait juré qu’il s'était approché, qu'il voulait dire quelque chose, mais les bruits de pas effrénés les détournèrent tous les deux de leur but initial et tendue elle finit par être complètement captivée par la situation rocambolesque dans laquelle ils se trouvaient.

Manifestement, il avait totalement compris ses intentions sadique de le taquiner autant qu’elle le pourrait et malgré son embarras flagrant il lui annonça qu’il n’allait pas se laisser faire. D’autant plus piquée par sa provocation, Mellissandre lui retourna un sourire plein d’assurance en guise de réponse. Elle n’avait aucun doute sur ses capacités à rendre ce moment particulièrement délicat pour lui et son impression fut confirmé quand elle entendit le petit surnom officiel de son camarade. Cully. Par le Créateur, elle devait vraiment lutter de toute ses forces pour ne pas rire. Les yeux presque humide de moquerie, elle chercha son regard pour lui faire comprendre l’étendu de son ricanement intérieur quand elle se retrouva soudain soulevée sans ménagement.

Surprise, elle agita un peu les jambes tandis qu’il l’empêchait de bouger avec son bras, clamant avec un naturel déconcertant qu’il avait tout embarqué. Comme si elle était une chose. Contrariée, Mellissandre pesta en tévène en croisant les bras pour essayer de trouver une position un peu plus confortable pour rendre le trajet agréable à défaut d’être élégant. Non mais quitte à la porter il aurait pu le faire autrement que comme un vulgaire sac de patate. Elle était une princesse pas un sac de légume ! Il allait lui payer cet affront tellement cher.

Heureusement pour lui que le trajet fut bref car elle le consacra entièrement à planifier sa vengeance et le grand air de la campagne pouvait la rendre étonnamment créative.
Quand il la reposa enfin, elle lui lança un regard noir pour lui faire comprendre l’étendu de son courroux mais il ne sembla pas impressionné. Au contraire, il semblait plutôt fier de son coup le sacripant.

Jouant le jeu des messes basses, elle se rapprocha suffisamment de lui pour pouvoir murmurer ses propres menaces à son tour, arborant en prime le sourire le plus vicieux de son répertoire.

« Croyez bien que je vais effectivement me délecter de la situation Cully », répondit-elle en insistant particulièrement sur son surnom adorablement ridicule. « Vous vous attaquez à beaucoup trop fort pour vous », conclu-t-elle en faisant mine de détourner les talons mais il la retint.

Suspicieuse elle l’interrogea du regard alors qu’il glissait presque tendrement une mèche de cheveux derrière son oreille. Fascinée, Mellissandre sentit le début de son sang s'accélérait dans ses veines tandis que sa respiration, elle ralentissait. Il jouait beaucoup trop bien le marié amoureux, c’était troublant. D’ailleurs, il acheva de la déconcertée en avouant qu’il aimait sa sincérité.

Déstabilisée, elle ne bougea pas immédiatement alors qu’il la lâchait les joues légèrement rosées, il dû l’appeler pour qu’elle reprenne ses esprits et le suive à l’intérieur de la bâtisse. Mon aimée. Cela ne sonnait pas trop mal au demeurant, il aurait pu trouver un surnom beaucoup plus ridicule preuve qu'il n'avait aucune chance de la battre.

Une fois à l’intérieur, elle eut la surprise de rencontrer pour la première fois de sa vie un dragon. C’est du moins l’image qu’elle retira de l’imposante maîtresse de maison qui semblait gérer son foyer à la baguette, ou plutôt au gros rouleau à pâtisserie.

Un peu impressionnée, Mellissandre dû refréner un instinct de recul alors qu’elle s’approchait pour les saluer devenue soudain mielleuse. Même s’il ne se démonta pas, elle sentit la prise de Cullen se raffermir sur son bras quand la dame s’approcha avec son templier sanguinolent pour les saluer et les invités à prendre place – non sans avoir reproché au Commandant de ne pas donner assez de nouvelles.

« Oh, je vous prie de lui pardonner mais ce n’est guère personnel, Cullen n'écrit pas trop de lettres », déclara Mellissandre du voix sucrée faisant mine de voler à son secours pour mieux le piéger ensuite. « Il a eu un mal fou à m’écrire des lettres d’amour », conclu-t-elle en se rapprochant également de lui pour jouer les tourterelles. « Pourtant, il est si romantique quand il s’y met… », minauda-t-elle en souriant à la femme de Sven qui soupira.

« Ah vous en avez de la chance ma jolie, moi ce gougeât ne sait pas dire autre chose que ‘quand est-ce qu’on mange’ », s’apitoya-t-elle sous le regard compatissant de Mellissandre.

« Oh, chéri, dis lui ce que tu m’as écris la dernière fois, ça inspirera peut-être ton ami », l’incita-t-elle finalement, dévoilant enfin où elle allait avec cette histoire. Oui, elle ne l’embarrassait pas simplement sur ce côté romanesque, maintenant il devait sortir une mièvrerie romantique ET gentille à son propos. Plutôt c'était dégoulinant de gimauve, mieux ça serait.

Peut-être commençait-il à comprendre l’ampleur de sa fourberie… C’était d’autant plus facile que la femme semblait l’apprécier vu les petits sobriquets dont elle l’affublait.

« Je me prénomme Mellissandre, ravis de faire votre connaissance », répondit-elle néanmoins avec toute la courtoisie de son rang, faisant manifestement fort impression. Pour une femme de la campagne, son élégance et sa grâce avait quelque chose de fascinant, au-delà même de sa beauté fantasmagorique.

Jouant le jeu, elle se laissa donc conduire jusqu’à la table en jetant un regard subtilement narquois à Cullen. Il n’avait fait qu’entrapercevoir ses talents de comédienne, elle pouvait être tellement polie quand elle le souhaitait.

« C’est vraiment délicieux à vous de nous recevoir Flo, votre maison est vraiment charmante », déclara nonchalamment Mellissandre décidée à s’attirer définitivement les faveurs de la maîtresse des lieux. « Et je dois dire que l’odeur est divine, Sven nous a caché que vous étiez une si bonne cuisinière », ajouta-t-elle avec le sourire le plus étincelant du monde pendant que l’immense femme était en pâmoison.

« Oh vraiment ce n’est rien, j’aurais fais quelque chose de mieux si j’avais été prévenu de votre visite ! En tout cas c’est un plaisir de vous accueillir Mellissandre »
« Je vous en prie, appelez-moi Melli », la corrigea-t-elle toujours aussi amène ce qui fit glousser son interlocutrice
« Très bien Melli ! Vous devriez dire à votre mari de vous approcher, on dirait qu’il a peur d’être mangé ! », plaisanta-t-elle avant de lâcher un rire tonitruant qui fit presque trembler les vitres de la maison.

Imperturbable, Mellissandre sourit à Cullen l’invitant à s’approcher avec la même malice qu’un bourreau qui adore son métier et qui convie son condamné à l’échafaud. En soit, inventer une histoire crédible n’était pas chose difficile, le problème était plutôt de rester coordonné dans leurs mensonges et ce malgré leur absence de coopération puisqu’ils passaient leur temps à se faire des tacles.

Une fois qu’il eut pris place à côté d’elle, Sven se mit en face et elle écopa de Flo qui amena une immense soupière sur la table, manquant de fracasser le meuble en bois massif quand elle posa son plat.

« Et voilà les tourtereaux, régalez-vous ! », s’exclama-t-elle en servant le ragoût avec une grosse louche aussi rustique que leur plat.

Mellissandre fixa la bouillie dans son assiette, peinant à conserver son sourire de civilité sur les lèvres à l’idée de manger le contenu de son bol. Elle avait oublié ce détail dans son plan diabolique pour torturer le Commandant. Le pire, c’est qu’elle était sûr qu’il s’en était rendu compte et que lui non plus n’allait pas se priver pour la taquiner en douce.

Incapable de trouver une échappatoire, elle plongea sa cuillère dans le liquide douteux et la porta à ses lèvres avant d’ingurgiter une gorgée. C’était atroce. De là où il était, elle était sûre que Scipio venait d’avoir une attaque rien que parce que ce plat existait.

Incapable de retenir une grimace nauséeuse, Mellissandre reposa sa cuillère dans son assiette. C’était impossible qu’elle mange ce plat, surtout qu’il était rempli à ras-bord. Mécontente, la maîtresse de maison lui jeta un regard intrigué et la jeune femme eut une soudaine illumination. Quitte à mentir… Du coin de l’oeil, elle pria pour que Cullen soit en train de boire ou de manger alors qu’elle ouvrait la bouche.

« Oh, je suis vraiment désolée Flo c’est délicieux mais je me sens un peu nauséeuse… Depuis que je suis enceinte, ça m’arrive tout le temps c’est atroce... », se lamenta-t-elle en posant une main sur son ventre, un air sincèrement désolé sur les lèvres.

Oui, elle avait osé.

Un regard surpris plus tard, c’est une grande solidarité qui se lisait dans les grands yeux de la Maîtresse de maison. Elle semblait même très mal à l’aise de lui avoir fait des reproches.

« Oh ma pauvre, je compatis tellement, quand j’étais enceinte de la p’tiote je n’arrivais pas à manger correctement non plus », répondit-elle, un nuage passant devant ses yeux à l'évocation de ce souvenir.

Mellissandre opina avant de glisser nonchalamment son bol vers Cullen.

« Mais ça serait vraiment dommage de gaspiller, heureusement que tu as beaucoup d’appétit mon amour », roucoula-t-elle en lui lançant un sourire étincelant.

Un mensonge de plus à assumer – marié et père dans la même journée c’était quand même beaucoup – elle était débarrassée de cet immonde ragoût et en plus il devait le manger. Une pierre trois coup, c’était parfait.

Enfin presque car la maîtresse de maison se leva précipitamment pour récupérer l’assiette.

« Je vais la mettre de côté si vous avez faim plus tard Melli », déclara-t-elle en s’éclipsant pour la porter en cuisine, sans doute près du feu mourant.

« Félicitation en tout cas ! C’est prévu pour quand ? », renchérit son interlocutrice manifestement enthousiasmé par cette idée. Rien de tel qu’un bébé pour mettre tout le monde d’accord.

« Le printemps », répondit-elle sans hésitation, ayant rapidement calculé pour que cela soit assez lointain. Vu sa ligne, elle n’aurait pas été crédible autrement.

« Cela fait longtemps que vous êtes marié ? »

« Trois mois », mentit Mellissandre, prenant également une date assez proche. Elle ne savait pas quand ils s’étaient vu pour la dernière fois. En outre, ils se connaissaient depuis à peine un mois, tout bon menteur sait qu’il faut s’approcher le plus possible de la vérité pour ne pas se trahir.

« Eh bien, vous avez été prolifique », ricana Sven sans méchanceté en lançant un regard mi-complice mi-admiratif à Cullen avant de lui faire un clin d’oeil.

Retenant un soupir alors qu’elle comprenait très bien l’allusion, Mellissandre se réfugia dans son verre d’eau buvant quelques gorgées. Même l’eau avait un goût rustique. Partageant son désarrois, Flo levant les au ciel avant de dévisager à nouveau la jeune femme avec amabilité.

« Au fait, j’aime beaucoup votre collier Melli »

Surprise, Mellissandre baissa les yeux, apercevant son amulette familiale qui brillait nonchalament sur sa poitrine. Elle n’avait pas l’habitude de l’exhibait mais le collier avait dû glisser de son décolleté quand Cullen l’avait porté.

« Oh, merci, ce sont les armoiries de ma famille », expliqua-t-elle, incapable de mentir sur un sujet aussi sacré à ses yeux. C’est bien pour ça qu’elle la cachait généralement dans sa robe même si elle la portait presque tout le temps.

Fascinée, Flo détailla un moment le symbole avant de taper sa main contre son front ayant une subite révélation.

« Je savais que je l’avais déjà vu quelque part ! Regarde bien Sven ! C’est la même sur le savon de luxe que tu m’as offert pour mon anniversaire l’année dernière ! »

Pas spécialement passionné par les savons et les colliers, Sven qui espérait sans doute discuter épée avec le Commandant opina machinalement mais Flo elle semblait absolument sidérée.

« Mais alors, ils viennent de Tevinter je croyais qu’ils étaient orlésiens », s’étonna-t-elle en regardant Mellissandre comme si elle détenait la réponse à une question existentielle de première importance et qu’elle avait été profondément trahie.

« On les importe en Orlais car ce sont les premiers consommateurs, mais ces savons viennent bien de Tevinter, près de Quarinus pour être exact, c’est là-bas qu’on trouve les plus grand champ de lavande », expliqua-t-elle avec un sérieux naturel qui montrait qu’elle connaissait son sujet. Après tout, un jour elle hériterait de l’empire commercial de sa famille.

Bien que toujours aimable, Flo lui lança un long regard qui mit Mellissandre légèrement mal à l’aise devant tant d’insistance.

« Vous êtes riche alors », devina-t-elle finalement. Après tout, il s’agissait d’un produit de luxe.

« La cinquième fortune de Tevinter pour être exact », rétorqua Mellissandre qui n’était définitivement pas connue pour être modeste. Venter les mérites de sa famille était un réflexe chez elle.

Éberluée autant qu’impressionnée, Flo la dévisagea une nouvelle fois avant de regarder le commandant. Même Sven avait l’air quelque peu déstabilisé. Cullen était un homme gentil mais modeste, comment en était-il arrivé à être marié avec une femme indécemment riche et incroyablement belle et sophistiquée.

« Qu’est-ce qui vous a plu chez Cully ? », demanda-t-il subitement avec un sourire, mais pour peu elle aurait presque pu croire qu’il était jaloux.

Mellissandre s’attendait à ce genre de question, mais elle ne pu s’empêcher de se sentir légèrement embarrassée malgré tout. Tout bon menteur n’est jamais loin de la vérité après tout.

« Sa gentillesse. Son sérieux et sa rigueur. Son sourire. Cette manie qu’il a de passer la main dans ses cheveux… », lista-t-elle avec une certaine spontanéité au fur et à mesure, sentant ses joues légèrement rosir malgré tout. Pris d’un élan de sincérité, elle ajouta même un dernier mot qu’elle n’avait préparé. « La douceur et la confiance qu'il peut me témoigner. »

Flo s’extasia avant de lancer un regard plein de reproche à son mari, comme pour lui reprocher de ne pas avoir une telle relation.  

« Et vous Cullen, qu’est-ce qui vous a séduit chez Melli ? », demanda-t-elle assez logiquement en retour avant de renchérir. « Mais au fait, comment vous vous êtes rencontré tous les deux ? », demanda-t-elle enfin, manifestement très curieuse d’en apprendre plus.
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Posté Dim 3 Sep - 3:21
Missive 7
Commandant,
Aujourd'hui vous allez penser à vous, sachant que les événements d'hier vous ont particulièrement touchés. Ne vous en faites pas, un jour de repos ne fait de mal à personne ! Je vous mets quelqu'un sur le coup pour vous aider à passer cette épreuve.  
Détendez-vous, Commandant



Mellissandre avait replacé un nouveau masque, jouant à la perfection le rôle de la jeune femme tout juste mariée. Elle aurait eut une grande carrière dans le théâtre tant elle était impressionnante. Mais Cullen n’aimait pas le mensonge. Ce qui était un problème à ce moment-là. Elle complimenta un peu trop la maison de Flo, sa cuisine et bien d’autres choses. Alors que les femmes gloussaient ensemble, Cullen se tourna vers son camarade en se passant une main sur le visage.

« - Tu es tout pâle… ça va ? »
« - Oui, t’en fais pas. »
« - J’ai du lyrium si tu veux, je peux aller t’en chercher. »
« - NON…. Heu.. Non merci j’en ai déjà pris une dose ce matin, ce n’est pas ça le problème. »


Il allait essayer de lui expliquer la situation, mais ce n’était pas évident. Il se fit interrompre et finalement changea d’avis quand Sven le lui redemanda.

« - Très bien Melli ! Vous devriez dire à votre mari de vous approcher, on dirait qu’il a peur d’être mangé ! »
« - "Melli " ? »


Elle lui avait déjà donné un surnom ?! Mais à quoi elle jouait ?! Elle voulait se mettre la bonne femme dans sa poche ou il était entrain d’halluciner ? Quoi qu’il en était Sven lui fit signe d’avancer et il alla s’installer à côté de Mellissandre. Une fois assis, Flo revint avec une énorme casserole de ragoût qu’elle posa violemment sur la table.

« - Et voilà les tourtereaux, régalez-vous ! »
« - Merci beaucoup Flo. »


Un ragoût, quelque chose que Mellissandre ne semblait pas connaître, vu la tête qu’elle avait en regardant le contenu de l’assiette qui se posa devant elle. Cullen sourit et récupéra son assiette attendant que tout le monde soit servi avant de commencer à manger.

« - Tu sais, les templiers ont prit cher ici quand Alexius a prit les commandes de la ville. Je n’ose même pas te raconter ce qui s’était passé ici, durant ce laps de temps. »
« - Oui, j’en ai entendu parler… C’est horrible rien que d’y penser… »


Ils continuèrent leur conversation alors que Mellissandre tripotait les morceaux de viandes qui flottaient au milieu de soupe et de patates dans l’assiette. Cullen se demandait bien comment elle allait terminer son assiette sans décevoir Flo ~

« - Tu ne manges pas, chérie ? »

Flo se posa la même question vu le regard qu’elle lui lançait, mais malicieuse, Mellissandre rebondit sur un argument que Cullen ne soupçonnait pas encore… Il continua alors de manger silencieusement alors que Mellissandre s’exclama.

« - Oh, je suis vraiment désolée Flo c’est délicieux mais je me sens un peu nauséeuse… Depuis que je suis enceinte, ça m’arrive tout le temps c’est atroce... »

Depuis que…

Cullen se rendit compte de ce qu’elle eut dit et avala de travers se mettant à tousser suite à sa remarque. Sven n’était pas bête, il avait bien deviné qu’il y avait quelque chose de louche derrière tout ça.

« - Oh ma pauvre, je compatis tellement, quand j’étais enceinte de la p’tiote je n’arrivais pas à manger correctement non plus »
« - Mais ça serait vraiment dommage de gaspiller, heureusement que tu as beaucoup d’appétit mon amour »


Elle lui pourra le ragoût vers lui, en remarquant que son assiette descendait plus vite que le sien. Bien entendu, elle voulait éviter de manger…. MAIS après un coup pareil il n’avait pas l’intention de la laisser s’en tirer de si bon compte.

« - Bien entendu que j’ai de l’appétit, mais tu devrais faire un effort et manger un peu, tout de même »
« - Je vais le mettre de côté si vous avez faim plus tard Melli »


Elle sortit de la pièce, Cullen lançant un regard mauvais à Mellissandre. Il pouvait être interprété de plusieurs façons : le premier étant le fait que c’était impoli de réagir ainsi chez leurs hôtes. La seconde qu’il allait amèrement lui faire regretter cela.

« - Félicitation en tout cas ! C’est prévu pour quand ? »
« - Le printemps »
« - En effet et Madame devrait peut être se ménager un peu… »


Il tapota du doigt sur la table nerveusement… Regardant d’un air blasé la jeune femme qui se trouvait à côté de lui…

« - Cela fait lonftemps que vous êtes mariés ? »
« - Trois mois »
« - Le temps passe vite ! On aurait dit que c’était hier ! »
« - Eh bien, vous avez été prolifique »


Cette remarque dérangea le Commandant… Mais d’un autre côté…

« - On a juste particulièrement bien consommé notre mariage, c’est tout. »
« - Oh ça se tient… »
« - Vous avez eu votre fille tard ? »
« - Ouais 2 ans après, ils arrivent dans des moments où l’on s’attend le moins »


Pendant que les femmes commençaient à parler de babioles, les deux compagnons se remirent à leurs aises en parlant du passé. De leur formation, de leurs premiers combats avec leurs gamelles ainsi que de l’évolution de la chantrie depuis que les mages et les templiers s’étaient rebellés. Mais au milieu de leurs discussions actives, la bonne femme les interrompit pour parler des armories se trouvant sur le pendantif de Mellissandre qui lui rappelaient ceux du savon qu’il lui aurait offert l’année précédente.

Du savon.

Cullen n’écouta que d’une oreille et continua sa discussion avec son ami, car pour être francs ils en avaient rien à cirer de leur histoire de savon autant l’un que l’autre.

« - Tu vois, les femmes ça parle de savon »
« - Elles ne peuvent pas s’en empêcher, faut bien qu’elles nettoient leur linge avec quelque chose… »


Et là le pompon : elle se vanta d’être la cinquième fortune de Tevinter… Chose à ne pas faire dans une modeste maison comme celle-ci où ils avaient à peine de quoi tenir l’hiver… Il allait encore une fois devoir faire fermer le clapet de Mellissandre avant qu’elle ne bave trop de sornettes. Les Nobles Tévintides étaient souvent assimilés aux magisters qui avaient attaqués la ville… Et savoir qu’elle avait de l’influence à la cour de la sauvait encore moins. Il se baffa simplement le visage d’une main.

« - Qu’est-ce qui vous a plu chez Cully ? »
« - Rah… arrête avec ce surnom.. »

ça y était, et après on me reprocherait de vouloir épouser cette femme car elle avait de l’argent. Chose que Cullen ne supportait absolument pas, il avait toujours vécu par ses moyens.

« - Sa gentillesse. Son sérieux et sa rigueur. Son sourire. Cette manie qu’il a de passer la main dans ses cheveux… »
« - Ah… ? »
« - Et la douceur et la confiance qu’il peut me témoigner. »


Cullen ressenti quelque chose de différent cette fois, qui lui rappelait ce qui s’était passé près de l’eau tout à l’heure. Il dévia alors le regard en se râclant la gorge, pendant que Mellissandre le regardait.

« - Et vous Cullen, qu’est-ce qui vous a séduit chez Melli ? »
« - chez elle… ? »


Il fit mine de la regarder de travers, mais elle comprit parfaitement que c’était pour l’enquiquiner.

« - C’est une femme casse-pied, qui ne pense qu’à elle en premier lieu et qui n’hésitera pas à se montrer fourbe si la situation l’exige. »

Ah, une liste de défauts, il sentit les dents de Melli grincer, mais il n’avait pas terminé ses propos.

« - Mais elle a un bon fond et une sincérité qui ne me laissent pas indifférent. »

Il n’aimait pas les masques ce que savait déjà son camarade. Et là il comprit enfin pourquoi il y avait cette petite étincelle entre les deux. Il avait dû fouiller bien plus profondément que cela pour libérer cette passion entre eux.

« - Tu sais bien que les nobles et moi ça fait 5. C’est elle qui a un peu insisté à vrai dire. Je ne la supportait absolument pas au début »
« - Vraiment ?! Ouah. C’est vrai que les plus belles histoires naissent ainsi »
« - Je ne saurais dire comment les sentiments sont nés à vrai dire. C’est comme s’ils étaient toujours là, mais qu’on ne voulait pas se l’avouer. C’est un sentiment complexe, mais qui possède son mystère. »
« - Ouais parce que toi avec une noble c’est juste impossible… enfin c’était ce que je croyais »
« - Je lui ai dis que je ne voulais pas vivre dans un domaine, ma place est ici. C’est pour ça que c’est un peu compliqué ces derniers temps. »


Il ne savait pas ce qu’il racontait. Ses sentiments actuels pour elle ou simplement un mensonge tissé sur un début de vérité. Mellissandre pouvait assez douter de ce qu’il disait mais ils jouaient à des stratégies différentes à leur jeu. Elle jouait sur le fait de se tirer dans les pieds, lui sur sa sincérité. Mais ce n’était pas pour autant qu’il allait la laisser impunie pour cette histoire d’enfant…

« - Mais au fait, comment vous vous êtes rencontrés tous les deux ? »
« - Cela fait quand même pas mal de temps je dirais, on s’était rencontré par hasard à la côte orageuse, au nord de Ferelden. Initialement c’était pour une histoire diplomatique, puis ça s’est développé. Mais initialement on ne pouvait pas se supporter, je l’ai même giflé quand elle a essayé de m’embrasser. »
« - AH, du Cullen tout craché. »


Il attrapa Mellissandre par le bras et la serra contre lui.

« - Tu t’en rappelles, chérie ? Cette histoire restera à jamais gravé dans ma mémoire »

Le rappel narquois du magnifique bleu sur le visage de la jeune femme. Etonnant si on ne connaissait pas vraiment l’histoire… Et encore il n’avait pas mentionné l’inquisition. Et elle le fait qu’elle était mage… Attention, elle devait se rendre compte que Sven était templier lui aussi et elle ne pouvait pas faire ce qu’elle voulait comme elle avait fait avec sa famille tout à l’heure.

« - Avec Sven on a été formés ensemble pour devenir templier et il a toujours détesté les mages. Manque de bol, il se prenait les plus farouches »

« - Pff… Arrête. Et certains sont vraiment des cas sociaux »


Soudain, Cullen entendit le ventre de Mellissandre gargouiller ce qui trahissait une faim soudaine. Il la regarda en haussant un sourcil… Le créateur avait su être bon avec lui finalement !

« - Qu’est-ce que j’entends.. ? »
« - Oh, je vais de ce pas chercher le reste du ragoût »


Flo se leva et Cullen la regarda partir un sourire malsain sur son visage. La jeune femme pouvait plus s’enfuir dès à présent. Quand l’assiette retourna sur la table, Il se saisi des couverts et décida de nourrir lui-même Mellissandre.

« - Allez ma chérie, cette fois tu dois terminer ton assiette. Tu as faim et tu sais que pour le bébé tu dois manger le double normalement. »


Il saisi quelques légumes qui flottaient dans le bouillon et les amena à la bouche de la jeune femme.

« - Tu vas manger toute ton assiette et je vais veiller moi-même à ce que tu le fasse. D’accord, mon aimée ? »


Ah ce regard malicieux qui le trahissait. Il ne pouvait pas s’empêcher de le penser fort dans sa tête qu’il tenait sa vengeance. Et comme il avait son attention absolue sur elle, Mellissandre ne pouvait pas éviter le ragout. Surtout que si une noble ne mangeait pas tout le repas qu’on lui offrait, elle allait avoir une sacré mauvaise image d’elle.

« - On ouvre grand la bouche »

La vengeance était un plat qui se mangeait froid, et là il avait un peu été réchauffer ~

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Posté Dim 3 Sep - 13:10
Un jour, Mellissandre arriverait à contrôler son rougissement. Mais en attendant elle n’avait pas pu empêcher ses joues de se colorer alors qu’elle complimentait le Commandant. Cela pouvait passer pour de la timidité mais Mellissandre n’était pas timorée, non, ce qui l’embarrassait c’était plutôt d’avouer à Cullen qu’elle avait bel et bien remarqué ses qualités et ses tics.

Heureusement que l’attention était déjà reportée sur lui car il devait passé par la même question qu’elle. Tendue, elle porta toute son attention sur sa réponse, largement déçue par le résultat. Il ne jouait pas le jeu. Voilà qu’il clamait à quel point elle était invivable. Était-ce si difficile de trouver un compliment à lui faire ?!

Elle était vexée et en plus elle avait l’impression qu’il trichait. Leur couple était assez étrange comme ça, s’il ne faisait pas un effort, Sven et Flo n’y croirait jamais…. Heureusement qu’il se rattrapa en ajoutant quelques compliments. Enfin, il ne pu s’empêcher de les temporiser, se plaçant dans le rôle du courtisé. Cet homme était une diva.

Impassible malgré sa tumulte intérieure, Mellissandre conserva son sourire teintée d’une pointe d’embarras amusé tout à fait propice à genre de révélation. Le regardant alors qu’il annonçait que les choses étaient un peu compliqué entre eux car il ne voulait pas de sa noblesse. C’était… plus fin qu’il n’y paraissait. Aucun couple n’est parfait, même les jeunes mariés. Révéler une faille pour donner plus de crédibilité c’était une stratégie qu’elle utilisait souvent. Elle était presque impressionnée. Et c’est pour ça qu’elle voulait bien l’encourager en jouant pleinement le jeu.

« Oui, c’est un peu compliquée parfois en effet... », renchérit-elle sans préparer de coup foireux. Au contraire, elle se demandait sincèrement comment elle réagirait dans un cas comme ça tellement cela semblait incompatible. « Rien n’est plus important pour moi que ma famille… », déclara-t-elle, vérité absolue qu’elle avait sans doute déjà énoncée à mainte reprise mais qui prenait un autre tour alors qu’elle posait tendrement sa main sur celle de Cullen. « Mais il est aussi ma famille maintenant. », ajouta-t-elle aussitôt, créant un syllogisme qui ne disait rien de moins que rien n’était plus important que lui. Bien entendu tout ceci n’est qu’une part de leur comédie, mais peut-être qu’il comprendrait mieux pourquoi elle aimait tant les histoires d’amour vu à quel point elle consacrait le mariage comme un absolu. Qu’elle l’aime ou pas, elle se dévouerait corps et âme à son futur époux.

« Enfin, j’imagine que c’est l’apanage de tous les couples d’avoir des problèmes avec sa belle-famille », conclu-t-elle avec un sourire facétieux qui fit éclater de rire Sven. Manifestement, lui aussi avait eu quelques ennuis avec les parents de sa dulcinée et il compatissait donc avec son ami.

Puis vint le moment de parler de leur rencontre et il resta plutôt honnête sur le sujet, mentionnant même cette histoire de baiser volé alors qu’il se rapprochait d’elle. Elle se souvenait très bien de son bleu, des quolibets et son sourire narquois lui donna envie de le frapper mais plus fourbe que ça, elle préféra se rapprocher encore davantage, approchant ses lèvres des siennes au-delà du raisonnable alors qu’elle gloussait.

« Oui, je m’en rappelle très bien… et dire que maintenant tu ne peux plus t’en passer », susurra-t-elle pour le provoquer, son souffle se mêlant au sien tant elle était proche de concrétiser ce baiser, leur regard happé l’un dans l’autre. Une menace diablement réel pour lui qui avait été si choqué la première fois.  Mais... il avait de la chance, ce n’était pas poli de s’embrasser en public et elle voulait paraître courtoise, autrement, elle en aurait été capable. A la place, elle se contenta donc de déposer un léger baiser pas si innocent sur sa joue non loin de ses lèvres, brisant par cette adorable nonchalance la tension indéniablement sensuelle qu’elle avait instaurée avec sa petite provocation.

Comme un avertissement, il lui parla de sa vie de templier avec Sven et elle opina en écoutant leur histoire, signe qu’elle avait bien compris qu’il était préférable de ne pas parler de ses pouvoirs. Une noble tévintide c’était déjà gros, alors une mage en plus… Après ce qu’ils avaient subis c’était tendre le bâton pour ce faire battre. Déjà que Flo avait eu l'air très contrariée d'apprendre sa richesse indécente. Enfin, tout était réunis pour poursuivre une conversation fort naturelle tandis qu’elle refrénait ses envies de clamer la supériorité des mages quand son ventre décida soudainement de gargouiller.

Forcément, elle n’avait rien mangé ce midi, avait pris son petit déjeuner tôt et était habituée à avoir trois copieux repas par jour. Atrocement embarrassée elle pria le Créateur pour qu’ils n’aient rien entendu mais c’était sans compter sur le concours de Cullen qui lui lança un sourire digne d’un psychopathe machiavélique tandis que Flo se lever pour récupérer son assiette encouragé pour Sven. Elle sembla hésiter mais se dirigea finalement vers la cuisine.

Discrètement, Mellissandre fusilla du regard son 'mari' en essayant de garder malgré tout son sourire sur les lèvres. Une parade, il lui fallait une parade. N’importe quoi. Son esprit s’activant à vitesse grand V, Mellissandre n’avait toujours pas trouvé d’idée géniale alors que le bol était de nouveau posé sous ses yeux, encore moins appétissant qu’auparavant. Bien décidé à se venger, Cullen ne lui laissa d’ailleurs pas une once de répit, saisissant sa cuillère pour faire mine de la nourrir alors qu’il mentionnait à quel point s’était important pour le bébé. Le mécréant.

Juste avec ses iris, Mellissandre lui témoigna toute la haine qu’elle ressentait pour lui à cet instant précis. Non seulement elle n’avait pas envie de manger cette immonde bouillie mais en plus il tournait ça de façon terriblement ridicule.

Ravalant sa frustration, Mellissandre fit un sourire en baissant doucement le bras de Cullen pour éloigner cette damnée cuillère de sa bouche.

« Allons chéri, je t’ai déjà dis que tu me maternais trop. Je suis enceinte, pas invalide », le morigéna-t-elle en attrapant elle même sa cuillère avant de se tourner vers Flo. « Je pense qu’il sera un vrai papa poule », confia-t-elle avec un air de confidence, un peu rêveur aussi.

Elle désirait tellement avoir des enfants plus tard que ce n’était pas difficile de jouer les futurs maman enthousiastes.

La femme opina, se triturant les mains soudain fort mal à l’aise. Mellissandre se demanda ce qu’elle avait bien pu faire mais elle ne voyait pas. Enfin, elle avait remarqué que Flo tiquait souvent à l'évocation du bébé. Peut-être avait-elle perdue un enfant... Quoi qu'il en soit, elle se dévoua enfin à manger une autre cuillère du ragout. C’était toujours aussi peu alléchant mais préparée psychologiquement elle arriva à conserver un air neutre. Il faut dire que tout le monde était suspendue à ses lèvres, la dévisageant comme si elle s’apprêtait à trouver le sens de la vie dans sa cuillère, elle n’avait pas le choix.

Avec une lenteur exaspérante, elle mangea donc une cuillère, puis une deuxième. Les légumes lui semblaient fade et amer, la viande caoutchouteuse, la sauce trop liquide et en plus c’était froid. Mais courageusement, elle bravait cette épreuve en pensant aux salades de Scipio qui l’attendait dans un sac. Les sacrifices qu’elle faisait juste pour embarrasser le Commandant…


« J’espère que ça sera une fille », avoua Mellissandre pour briser le silence pesant qui s’était installé.

De plus en plus nauséeuse malgré son abnégation, elle allait enfournée une énième cuillère quand Flo se leva soudainement, lui arrachant presque l’assiette des mains. Estomaquée, Mellissandre la dévisagea et celle-ci passa une main dans ses cheveux presque au bord du malaise. Quelque chose n’allait pas et Mellissandre se tendit.

« Je… j’ai l’impression que c’est froid, je ne peux pas vous demander de manger ça, je… laissez moi aller réchauffer la marmite plutôt… », déclara-t-elle finalement.

« Quelque chose ne va pas, Flo ? », demanda-t-elle en regardant intensément la cuisinière qui continuait à triturer ses mains. Même Sven semblait surpris et inquiet face au comportement de sa femme, qui avait soudainement un air abattu.

« Les venatori, ils ont défiguré notre fille »
, murmura-t-elle sans articuler si bas que Mellissandre peina à comprendre ses paroles. Quelque part, elle souhaitait avoir mal compris tant un mauvais pressentiment commençait à lui dévorer les entrailles, lui donnant le vertige.

Péniblement Mellissandre se redressa pour dévisager Flo avec d’autant plus de détermination.

« Mais je ne peux pas...  Le bébé… Je suis tellement désolée Mellissandre... Cullen », s’excusa-t-elle alors qu’elle fondait presque en larme ce qui était donnait un contraste étrange vu sa carrure.

Sven réagit aussitôt, un air horrifié sur le visage en comprenant ce qu’il se passait.

« Flo, qu’est-ce que tu as fais ? »
« Je suis désolée, je suis tellement désolée », répéta-t-elle tandis que Mellissandre vacillait de plus en plus nauséeuse en tentant de se rasseoir, s'accrochant à la table pour ne pas s’effondrer par terre.

Voilà qui expliquait son extraordinaire gentillesse et le fait qu’elle n’avait pas laisser Cullen manger dans son assiette. Les poisons étaient monnais courante à Tevinter et c’est bien pour ça qu’elle avait des goutteurs, des gardes du corps… Mais ici, elle n'avait rien de tout ça. Heureusement, que comme tout noble de Tevinter elle était mithridatisée à un certain nombre de substance et qu'elle n’avait pas manger grand-chose.

De plus en plus mal en point, elle posa une main sur son ventre qui la brûlait atrocement en essayant de garder l’esprit clair.

« Vous avez mis quoi », demanda-t-elle sur un ton qu'elle ne voulait pas trop agressif. C'était important de savoir et puisque manifestement elle regrettait son geste, Flo allait sans doute lui dire la vérité.
« De la Viveracine », hoqueta la femme après un instant d’hésitation.

Mellissandre opina légèrement soulagée. Cette substance était terriblement dangereuse mais elle demandait une préparation minutieuse, pure elle était un moins létale, surtout à petite dose. Et puis, il devait y avoir un antidote chez l’apothicaire du coin vu le nombre d’enfant qui s’empoisonnaient accidentellement car cette plante était plutôt commune en Ferelden. Elle allait juste être atrocement malade.

Il lui sembla que Flo gargouillait encore quelque chose à propos de flammes, des venatori et de sa fille mais elle n’arrivait plus à rester lucide. Transpirant à grosse goutte tandis que son corps luttait contre le poison, elle chercha instinctivement un appui, tatonant pour trouver la main de Cullen alors qu’elle se sentait partir dans une sorte de sommeil comateux.
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Posté Dim 3 Sep - 19:12
Missive 7
Commandant,
Aujourd'hui vous allez penser à vous, sachant que les événements d'hier vous ont particulièrement touchés. Ne vous en faites pas, un jour de repos ne fait de mal à personne ! Je vous mets quelqu'un sur le coup pour vous aider à passer cette épreuve.  
Détendez-vous, Commandant



Il insistait en avançant la cuillère en direction de la bouche de la jeune femme comme pour lui montrer qu’il ne rigolait pas cette fois-ci.

«  - Allons chéri, je t’ai déjà dis que tu me maternais trop. Je suis enceinte, pas invalide »
«  - Dans ce cas fais-moi plaisir et mange ce repas. Flo s’est donné tant de mal, ce serait impoli »


Elle se saisit ensuite de la cuillère et se tourna vers son hôte, essayant par la même de gagner du temps en discutant avec Flo. Mais l’attitude de la bonne femme intrigua Cullen qui lança perplexe un regard à son ami.

«  - Je pense qu’il sera un vrai papa poule »
«  - Ah.. tu crois ? »


Flo avait soudainement un comportement étrange, elle semblait moins enjouée et cela contrastait énormément avec la joie que lui apportait la présence de Mellissandre tout à l’heure. Mais pourtant Cullen ne réagissait pas plus que cela, alors que sa compagne mangeait tranquillement le ragoût.

D’ailleurs Sven senti également que quelque chose n’allait pas : Il se mit à regarder Cullen puis son épouse. L’ambiance était devenue tellement macabre qu’il se décida à relancer une discussion avec Cullen.

«  - J’espère que cet enfant naîtra dans de bonnes conditions. Te connaissant je sais que tu feras un bon père. »

Assez gêné, le pauvre Commandant semblait perturbé suite à sa remarque. Il se contenta de répondre brièvement pour être poli.

«  - Je… ferai de mon mieux en tout cas »
«  - J’espère que ça sera une fille »
«  - On verra bien à ce moment-là ! Le simple fait d’avoir un enfant me comblerait ! »


Avec cette discussion, elle continua de manger sous le regard approbateur de Cullen qui avait bien l’intention de la surveiller jusqu’à ce qu’elle finisse l’assiette. Mais alors qu’elle allait reprendre une nouvelle cuillerée, Flo se leva et retira immédiatement le bol à la stupeur des trois autres personnes présentes sur les lieux.

« - Je… j’ai l’impression que c’est froid, je ne peux pas vous demander de manger ça, je… laissez moi aller réchauffer la marmite plutôt… »
«  - Quelque chose ne va pas, Flo ? »


Les deux templiers étaient surpris, et Cullen commençait manifestement à s’inquiéter sans qu’il ne sache vraiment pourquoi. Son regard balança entre Sven et sa femme et la tension semblait se répandre à une vitesse folle. D’ailleurs, la bonne femme suait à grosses gouttes voulant s’effacer dans la cuisine avec l’assiette de Mellissandre. Mais la tévintide ne la laissa pas s’en aller sans savoir ce qui se passait. On le sentait, elle était très tendue elle aussi.

Flo marmonna dans sa barbe, mais Cullen comprit immédiatement le mot « venatori » qui n’était pas étonnant d’ailleurs. Par réflexe il se leva et fracassa ses mains sur la table.

«  - Que se passe-t-il ici, par Andrasté ?!?! »

Elle eut un sursaut de frayeur quand tout à coup le doux et aimable Cullen sorti ses crocs en face d’elle.

«  - Expliquez-vous, Flo »
«  - Mais je ne peux pas...  Le bébé… Je suis tellement désolée Mellissandre... Cullen »


Au moment où il détourna les yeux vers Mellissandre elle semblait vaciller comme prise soudain d’un malaise. Le premier réflexe du Commandant était de la rattraper avant qu’elle ne tombe, alors que Sven réclama des explications à sa femme. Cette fois il était clair, elle avait mit quelque chose dans son plat pour provoquer ce malaise.

« - Flo, qu’est-ce que tu as fais ? »
« - Je suis désolée, je suis tellement désolée »


Cullen ne comprenait pas : elle avait essayé de la tuer, mais pourquoi avait-elle renoncé à faire la chose jusqu’au bout… ? Malgré le fait qu’ils jouaient un sorte de rôle il ne pouvait pas laisser cette femme de se faire tuer, pour des raisons qui lui paraissaient évidentes. Mais Mellissandre ne s’avoua pas vaincue alors qu’elle était pliée en deux de douleur. Elle se redressa, en prenant appuis contre la table et lança un regard accusateur à Flo, comprenant parfaitement ce qui s’était passé.

«  - Vous avez mis quoi »
«  - De la viveracine »


Ce furent ses dernières paroles avant qu’elle ne s’effondre dans les bras de Cullen qui ne savait absolument pas quoi faire sur les premiers temps. N’étant pas un grand connaisseur de ce produit plus que tant. Il s’assurait que la jeune femme continue à respirer, mais l’heure était grave, elle devenait fiévreuse.

«  - Pourquoi avez-vous tenté de l’empoisonner.. ? »
«  - … non ce n’est pas… »
«  - POURQUOI !?! »


Sven n’était pas derrière tout ça, vu la sincérité de sa réaction. Il était mauvais comédien après tout, et ce n’était pas son genre à chercher à faire du mal à un de ses amis. Mais il fut néanmoins impressionné par la réaction de Cullen, qui n’était pas habituelle pour lui : On aurait dit un véritable lion. Autrefois lors de leurs petites escapades ensembles il était assez discret, et n’avait pas une âme de chef malgré son impulsivité. Mais à ce moment-là il dégageait une telle présence que son ami en fut troublé et presque effrayé.

«  - Tu as intérêt à lui répondre : Je pars chez l’apothicaire trouver un remède. »

Le pauvre Sven ne savait plus ou se mettre, mais il eut un très bon réflexe. Et même si Mellissandre avait été gravement empoisonnée, la dose n’était pas mortelle. Du moins c’était ce qu’avait expliqué son ami avant de filer au pas de course. D’un certain point de vue, ils pouvaient dire au-revoir à l’enfant s’ils en avaient vraiment eu un… Et les douleurs au ventre de la jeune femme pouvaient en témoigner facilement. Il fallait qu’il se montre malin, et qu’il fasse passer cela pour un avortement et paraître plus crédible.

«  - Vous vous rendez compte de ce que vous avez fait… ? »
«  - Je suis navrée… vraiment navrée…. »


Il tentait de garder son calme, mais Mellissandre pouvait parfaitement en mourir si elle avait ingurgité une plus grande dose. Ne souhaitant pas attendre d’avantage, il souleva la tévintide et la porta un bras sous les genoux, l’autre derrière le dos pour l’emmener s’allonger.

«  - Emmenez-moi dans une de vos chambres »
«  - Tout de suite… »


La grosse femme fit trembler le plancher, mais essayait de se faire discrète alors que de lourdes larmes roulaient sur ses joues. Elle s’en voulait. Mais quelque chose clochait pour Cullen et d’un autre côté, ne lui en voulait pas plus que cela avec un certain recul… Maintenant qu’il savait qu’elle n’allait pas mourir.

Alors qu’il l’allongea sur le premier lit qu’il trouva – celui du couple – il continua sa discussion laissés en suspend avec Flo, alors qu’elle essayait de s’éclipser de la pièce.

«  - Les Venatoris s’en sont prit à votre sang ? »
«  - Je… »
«  - Je ne veux pas vous tuer, juste essayer de comprendre. Si je répondais à mes pulsions je vous aurais déjà éliminée. »


Flo s’adossa au pas de la porte, ne sachant pas trop quoi répondre. Elle jeta un regard perplexe vers Mellissandre qui semblait délirer avec sa forte fièvre.

«  - Les venatoris ont utilisé leur magie sur ma fille. Ils l’ont torturé, brûlé sa chair… Elle en garde de terribles séquelles… Tout ça parce qu’elle était mage et qu’on refusait de la livrer aux magisters. On ne voulait pas qu’elle serve l’ancien… Elle a 4 ans. C’est inhumain d’utiliser des enfants. »
«  - Votre fille est mage … ? »
«  - Oui, elle a découvert son pouvoir très tôt, et ne sait pas s’en servir. On va la confier au cercle quand elle en aura l’âge. Ce qui est très douloureux. »
«  - Et vous vous en êtes pris à ma Femme et à notre enfant juste pour vous venger d’eux.. ? Mais où est-ce que cela vous mène !? »
«  - Je ne sais pas ce qui m’a prit… Je… Je m’en voudrais toujours… Elle ne méritait pas cela.. et vous non plus… »


Une histoire de vengeance, mais elle ne comprenait pas qu’elle avait mit un pas dangereux dans la politique Tevintide de cette manière. C’est là qu’il entendit des pas rapides monter les escaliers de bois et Sven apparut tenant la fiole qui contenait l’antidote.

«  - Fais-lui boire la bouteille, cela coupera également la douleur. »
«  - Merci. Je vais aller seul en cuisine chercher de l’eau, par la même occasion. Je ne peux malheureusement faire confiance à son empoisonneuse pour le faire. Même si elle regrette son geste. »
«  - Je comprends.. »
«  - Tu as vu ce que tu as fais ?!? Tu es cinglée ou quoi ?!? »
«  - Ne t’énerve pas contre elle, elle a ses raisons. »
«  - Quoi… ?! Et tu n’es pas fâché que ta femme ait faillit mourir ?!? »


Mais de quoi l’accusait-il encore… Cullen était fou de rage mais tentait tant bien que mal de la contenir malgré tout. Il saisit Sven par le col, pour lui montrer qu’il ne rigolait pas.

«  - Oh que si je suis en colère, Oh que si que je suis malheureux de savoir qu’elle ne pourrait peut-être pas garder son enfant. Mais est-ce que tuer tout le quartier aidera à changer la situation en elle-même ? Non. Alors maintenant discutez-en entre vous, je m’occupe de ma femme et on s’en ira quand elle ira mieux. Je ne veux juste pas être dérangé, est-ce bien clair… ? »

Puis il le relâcha, et avec lui toute la poigne lourde qu’il imposait à son ami. Il ne souhaitait pas en arriver là, mais cette situation était vraiment inacceptable.

«  - Si Mellissandre était morte, vous auriez eu les foudres de toute sa famille en retour pour leur avoir arraché leur unique enfant. Et sachez qu’elle a une certaine influence pour être la 5ème fortune. Son meurtre aurait pu très bien provoquer une nouvelle guerre ici. Elle est venue en paix et ne vous avait pas fait de mal. Et là vous vous en êtes pris à elle et à moi. Je doute que l’inquisition vous aurait prêté main forte dans cette situation. »

Il retourna alors dans la pièce, mais fut interpellé par son ami qui eut un gros doute.

«  - Pourquoi cela.. ? »

«  - Parce que c’est moi qui déploie ses troupes. »


Puis il referma la porte derrière lui, attendant que les deux quittent le couloir avant de se diriger vers Mellissandre d’un pas lent. Il s’assit sur le lit à côté d’elle et lui caressa le front pour prendre sa température. Elle était bien entendu brûlante. Il essaya de la réveiller, alors qu’elle nageait en plein délire. Il ne savait pas du tout comment cela se passait à cause de ses insomnies, mais il allait être là si cela tournait mal pour elle.

«  - Mellissandre j’ai l’antidote, il faut que vous la preniez. »

Elle était couchée sur le ventre, ce qui lui donnait tout le loisir de lui caresser le dos pour la rassurer. D’un côté, lui avait échappé à cela et ne comprenait pas à quel point cela était douloureux pour elle. Mais s’il pouvait se montrer utile. Il se pencha près d’elle pour lui murmurer à l’oreille le plan qu’il avait en tête.

«  - Navré... de ne pas pouvoir me rendre plus utile. »

Il se redressa en soupirant. Il regarda autour de lui incertain de ce qu’il faisait… Est-ce que Mellissandre se rappelait de leur petit plan pour la journée.. ? Il devait passer pour son mari fidèle et aimable. Mais si elle s’écartait de cette idée, il mettrait la faute sur les hallucinations qu’elle avait à ce moment précis. Sa fièvre le peinait amèrement si bien qu’il se leva pour rejoindre la cuisine.

Une fois arrivé sur les lieux, il croisa la route du couple qui n’osait pas trop s’interposer avec le pauvre Cullen qui semblait avoir une idée derrière la tête.

«  - Je vous ai sorti une bassine et un torchon pour sa fièvre. »
«  - C’est gentil, merci »


Il paraissait absent, alors qu’il regardait la casserole de sauce tomate bouillir près de lui. Le liquide était particulièrement foncé ce qui attira son attention. Il se rappelait qu’elle était entrain de préparer des bocaux pour l’hiver quand il était arrivé.

«  - Je ne sais pas quoi te dire, Cullen… Je suis vraiment navré »
«  - Ce n’est pas à moi de t’excuser, ce n’est pas moi qui ai faillit mourir. »


Il profita de l’instant pour se saisir du petit baquet et le remplir d’eau avec la carafe qui se trouvait non loin de lui.

«  - Puis-je rester seul… ? »
«  - Bien sûr.. »


Les deux personnes quittèrent la pièce et Cullen prit un verre et le rempli avec le contenu de la casserole. Quelle chance que le liquide soit aussi foncé, ce n’était pas le cas de toutes les sauces tomates après tout…

Avec tous ses ingrédients, il remonta dans la chambre et ferma la porte avec son pied. Il posa le baquet à terre et y jeta le torchon. Il trempa le doigt dans le verre de sauce tomate qui était encore en ébullition et décida de la laisser refroidir en la posant sur al table de chevet. Mellissandre devait se demander ce qu’il mijotait alors qu’il alla chercher de quoi la mettre à l’aise dans l’armoire.

«  - Si vous tenez à vos vêtements, il faut mettre ça »

Il lui balança une vieille chemise blanche qu’il avait saisie dans les affaires de Sven et referma la porte de l’armoire. Il l’aida d’ailleurs à se dévêtir vu à quelle point elle semblait terriblement en souffrir.

«  - L’antidote a été prise ? »

De toute manière peu importait sa réponse il lui forcerait à la prendre si elle ne l’avait pas encore fait. Actuellement il se concentra sur cet espèce de corset qu’elle portait, presque impossible à retirer.

«  - Bon sang, je ne suis vraiment pas à la pointe de la mode… »

L’avantage qu’il pouvait en tirer de cette situation – sans pour autant que s’en soit un – était que les murs étaient fins, et le plancher aussi. En bas ils entendraient de manière étouffée tout ce qu’ils se disaient entre eux… Il fallait rester discret ou le faire passer pour une hallucination.

Une fois qu’il l’eut retiré sa robe, il la déposa sur une chaise pendant qu’elle enfilait cette satanée chemise. Il était même prêt à l’aider si elle gémissait trop suite à la douleur…

Il profita qu’elle se recouche pour lui passer un coup de torchon sur le visage et ainsi la rafraîchir un peu, puis s’approcha d’elle pour lui murmurer la suite du plan à l’oreille.

«  - J’ai été chercher du jus de tomate à la cuisine, encore bouillant. Si cela vous sied, vous avez la possibilité de leur faire payer cette attaque en le renversant sur le lit, leur faisant croire que nous avons perdu notre enfant… »

Cullen aussi sadique… envers les siens ? Quelque chose que la jeune femme ne comprenait pas. Il n’était pas comme cela, pas méchant, et ne cherchait pas à se venger pour quoi que ce soit. Il lui avait simplement offert la possibilité de le faire, et cela se passerait sous condition, bien entendu.

«  - Si vous le faites, vous me promettez que vous ne chercheriez pas à vous venger et provoquer une autre guerre civil ici. Ils ont déjà bien assez souffert comme cela suite au passage des venatoris. Flo était juste désespérée, que l’on se soit prit à sa propre fille… Elle pensait que vous étiez tous pareils… Si vous voulez effacer cette image du Venatori chez les Tevintides, changez cela et suivez mon conseil. »

Il se redressa la regardant non pas avec mépris, mais pitié. Il ne voulait pas que le sang coule… Mais Mellissandre avait bien entendu l’histoire que la bonne femme avait racontée auparavant. Elle était derrière la porte et avait une voix bien portante après tout.

«  -  Elle aurait pu vous tuer, j’ai vu le pot à la cuisine il y avait bien assez pour que la dose soit mortelle… Mais elle ne l’a pas fait, se rendant compte trop tard de son erreur… »

En rendant au retour que le remord de lui avoir fait perdre son enfant, cela serait une punition plus que suffisante… Et d’ailleurs Mellissandre savait aussi que pour rester crédible elle devait le faire… Seulement allait-elle la prendre en pitié ?

«  - Je vous en prie, ils ne méritent pas de souffrir d’avantage. »

Le verre était sur la table, il suffisait juste de le renverser sur le lit, à la hauteur de son bassin et le tour était joué. Qu’allait-elle faire.. ?

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Posté Dim 3 Sep - 21:47
Mellissandre était confuse. Elle attendait vaguement ce qui se passait autour d’elle mais les voix étaient trop lointaines et son esprit trop brumeux pour saisir le sens des sons qui l’entouraient. Justement, ils n’étaient que ça, des sons, comme une musique à peine audible. Cullen cria et puis elle se sentit soulevée avec délicatesse ce qui ne l’empêcha pas de ressentir une douleur lancinante au ventre. Elle avait chaud et elle avait froid. Elle frissonnait et elle tremblait, elle se sentait pâteuse et elle se sentait collante. Elle voulait enlever ses vêtements mais ses doigts n’avaient plus de forces et elle abandonna l’idée laissant ses bras ballotter le long de son corps.

Légèrement tremblante, elle gémit alors qu’un chuchotement frôlait désagréablement son oreille, un rire inquiétant aussi. C’était angoissant mais elle tourna la tête, enfouissant son visage dans le manteau de Cullen, se sentant légèrement plus en sécurité.

Il lui avait déjà sauvé la vie une fois, il ne la laisserait pas mourir quand bien même les murmures prétendaient le contraire. Elle avait confiance en la bonté du Commandant.

On la déposa dans un lit, la fraîcheur des draps lui fit du bien mais la solitude l’enveloppa également, glaciale. Maladroitement, elle tendit légèrement la main en gémissant quelque chose mais Cullen était manifestement occupé à discuter avec les propriétaires des lieux. Il s’énervait et elle voulait lui dire de ne pas s’énerver parce que ça lui donnait mal à la tête de l’entendre crier et qu’elle voulait juste qu’il la prenne dans ses bras comme sa nounou quand elle avait de la fièvre mais elle ne parvint pas à articuler tout ça. Juste à s’agiter en gémissant quelques syllabes incompréhensibles.

Elle avait tellement mal que c’était dur de respirer. Elle essayait de prendre des profondes inspirations mais la douleur la frappait soudainement coupant brusquement son souffle. Elle se crispait alors subitement agitée de spasmes, ses muscles devenant douloureux à leur tour à cause de la tension qui leur était imposé.

On l’avait allongé sur le ventre au cas où elle aurait eu besoin de vomir, qu’elle ne s’étouffe pas en étant à moitié inconsciente mais la pression sur son abdomen ne l’aidait pas, une torture supplémentaire. Enfin, Cullen revient vers elle, caressant son dos dans un geste étonnamment apaisant. Elle savait qu’elle n’allait pas mourir pourtant elle n’avait pas remarqué qu’elle était si affolée. Il lui murmura quelque chose qu’elle ne comprit qu’à moitié toute délirante qu’elle était mais il semblait avoir les choses en main et c’était rassurant. Au moins, elle se sentait un peu moins nerveuse.

Un peu moins faible, Mellissandre se redressa pour s’allonger sur le dos les yeux dans le vague. Ses souvenirs, ses rêves et ses mensonges se mélangeaient dans sa tête, rendait le coup aussi troublant qu’incohérent. Elle voyait tour à tour des démons, la mer, le sol de marbre de sa maison, les Colosses, du sang beaucoup de sang. Des marres entières de sang et de lyrium rouge, Jess, un bébé, un trône, Corypheus, l'archonte ses parents… Cullen était parti, elle était seule encore, dans l’immense salle de sa maison. Pourquoi avaient-ils un salon aussi grand ? On se sentait si petit et perdu à l’intérieur… Elle murmura quelques paroles incohérente au sujet du trône qui se liquéfiait et menaçait de la noyer.... Et puis Cullen revient avec pleins d’objets détournant son attention du cauchemar éveillé.

La pièce était trop lumineuse pour elle, elle avait beau plisser les yeux, elle avait du mal à distinguer autre chose que des vagues formes et des couleurs. Il lui demanda quelque chose et comme elle ne réagissait pas il vint l’aider à se déshabiller. Enfin. Elle sentit ses doigts courir sur son corset, s’énervaient face à la complexité des lacets et cela lui tira un petit rire amusé qui lui fit un peu mal mais elle souriait quand même.

L’enlaçant elle se lova contre lui. Elle avait mal au ventre mais c’était normal d’être nerveuse dans un moment comme ça. Dans son délire, elle confondait la réalité et ses divagations et malheureusement pour lui, il était son mari et cette scène lui évoquait la nuit de noce qu’elle avait toujours fantasmée. Son pauvre époux fou de désir, s’échinant à lui retirer cette robe absolument magnifique qui la rendait encore plus belle et attirante que d’habitude mais qui avait un millier de petit fils dorés à démêler. Comme une ultime épreuve pour profiter de ses irrésistible attrait. A moins que cela ne soit que la patience attentionnée qu’elle ne souhaitait trouver chez son futur époux. Dans tous les cas, elle était divinement belle et glorieuse, et fière et heureuse. Elle était la plus radieuse et magnifique mariée que la Chantrie n'ait jamais vue alors comment en vouloir à son mari de s'impatientait...

« Ne sois pas si impatient », le taquina-t-elle d’une voix facétieuse, moqueuse avant de s’adoucir pour devenir plus tendre « Je suis à toi pour toute la vie après tout... ».

Elle frotta son nez contre sa joue, cherchant à l’aveugle le chemin vers ses lèvres mais il lui parla subitement d’antidote et elle fronça les sourcils contrariée en stoppant son geste. Ça n’était pas du tout romantique. Pourquoi il lui parlait de ça maintenant ?  

Sa mimique ayant allure d’aveux, il entreprit de lui faire ingurgiter le contenu du flacon contre sa volonté. Elle se débattit un peu mais elle n’était pas en état de résister et s’agiter la faisait trop souffrir. Elle avala donc le liquide amer en grimaçant ostensiblement. Ah maintenant elle était dans la tour des mages quand on l’avait rendu ivre au lyrium pour sa confrontation. Qu’est-ce que ça lui avait donné mal à la tête.

Ah, elle était tellement nauséeuse, est-ce qu’il lui avait donné du lyrium ? Est-ce qu’elle allait dans l’Immatériel ? Mais pourquoi elle avait si mal. Et pourquoi maintenant? Ca ne pouvait pas attendre après ? Elle gémit en s’agitant, continuant néanmoins à exécuter docilement les mouvements qu’il lui imposait pour la déshabiller sans trop se soucier d’être nue. De toute façon c’était son mari alors pourquoi s’inquiéter. Et puis, elle respirait mieux comme ça, la fraîcheur lui faisait du bien aussi. Elle constatait avec la chaleur de ses doigts qui effleuraient sa peau même si ça la chatouillait un peu, elle aurait aimait des caresses plus franches. Totalement dévêtit, il lui donna un pyjama et elle resta immobile, destabillisée. Il voulait déjà qu’elle se rhabille ? Mais pourquoi ?!

« J’ai fais quelque chose de mal ? Je ne te plais pas ? Tu n’as pas envie de moi ? », se lamenta-t-elle en essayant de ne pas pleurer pour garder un peu de dignité. C'était terrible. C’était la pire nuit de noce-Confrontation qu’elle ait jamais eu. Peinée, elle enfila quand même la chemise en grimaçant quand elle étira son buste. Ah, elle avait drôlement mal au ventre quand même. Foutu lyrium.

Cullen passa un torchon humide sur son front et elle soupira d’aise en s’enfonçant un peu dans les oreillers. Elle se sentait mieux. L’antidote commençait à faire effet et elle devenait un peu plus lucide, parvenant à mieux distinguer les fantasmes de la réalité. Elle eut quand même bien du mal à comprendre pourquoi il lui parlait soudainement de jus de tomate. Toutefois, à mesure qu’il lui expliqua, son esprit retrouva un peu de cohérence. Grimaçant à cause de l’atroce mal de crane qui ravageait sa tête, Mellissandre regarda Cullen légèrement hébétée alors qu’elle remettait les pièces du puzzle en place.

C’est vrai qu’elle n’était pas réellement enceinte, c’était une comédie. Perdue dans ses pensées elle posa une main sur son ventre qui la lançait toujours. Elle se sentait un peu triste quand même que ça soit un mensonge. Elle voulait vraiment des enfants, pleins d’enfants qui rient et qui jouent dans les jardins. Elle avait une très très grande maison avec de très très grands jardins après tout.

Complètement redevenue elle même malgré la faiblesse qui engourdissait toujours ses membres, Mellissandre l’écouta exploser un plan farfelue à base de sauce tomate en essayant de lui arracher la promesse qu’elle n’allait pas leur faire de mal.

Silencieuse, elle le regarda longuement, le dévisageant. Elle était en colère. Ce sentiment désagréable rongeait ses entrailles se mêlant à la douleur des réminiscences de poisons dans un coctail atrocement pénible.

« C’est ça l’opinion que vous avez de moi », constata-t-elle avec amertume sans contrôler le volume de sa voix qui était aussi froide et coupante qu’un rasoir. « J’ai été empoisonnée et vous ne pensez qu’à ce que je pourrais faire subir à ces pauvres gens ? », renchérit-elle.

Il lui avait dit qu’avec le temps on lui ferait davantage confiance, qu’on l’accepterait. Mais lui même considérait à ne la voir que comme une folle assoiffée de vengeance.

Elle était encore perclus de douleur, elle ne se souvenait pas très bien de ce qui s’était passé pendant les bonnes heures où elle avait déliré, elle ne se souvenait pas qu'il l'avait materné ou tout du moins c'était en train le marbre de sa maison ruisselant de sang et les démons qui venaient lui sussurer des choses à l'oreille alors elle ne pouvait pas vraiment prêter foi à ses souvenirs. De toute façon, Cullen était quelqu'un de dévoué et attentionné, peu importe la personne. Non, tout ce qu’elle constatait maintenant qu’elle était bien réveillée c’est qu’il ne lui avait pas demandé comment elle allait, si elle avait besoin de quelque chose. Il lui avait juste proposé une vengeance pour qu’elle épargne un courroux plus virulent à ses amis. Ceux qui avaient essayé de l’empoisonner. Il ne lui avait même pas demander de les épargner simplement, non il lui proposait quand même une alternative comme si elle était incapable de faire preuve de mansuétude.

Elle était furieuse. Mal en point, triste mais surtout furieuse. Elle lui jeta un regard équivoque et fit mine de se redresser, chancelant au moindre mouvement, grimaçant et gémissant au moindre geste mais ça lui était égal, elle avait juste envie de partir de cette maudite maison rustique. Pantelante pour s’être juste assise au bord du lit, elle décida de le rassurer quand même.

« Je n’ai pas besoin de votre sauce tomate, mais je n’ai pas l’intention de m’en prendre à ces gens non plus », déclara-t-elle toujours aussi contrariée et amer.  L'avantage était que son épuisement la faisait parler tout bas même si elle ne se souciait pas d'être entendu. « Contrairement à ce que vous pensez je n’ai jamais eu l’intention de me venger, je ne suis pas si mesquine. Vous avez vraiment cru que méchante tévintide que je suis, j’allais m’en prendre à eux ? », ajouta-t-elle en faisant mine de se redresser mais l’effort lui tira un hoquet et elle chancela. Si ces gens s’en était réellement pris à sa famille elle n’aurait pas donner cher d’eux mais quand on la visait elle, elle n’était pas si rancunière dans le fond. Elle avait bien vu que Flo regrettait son acte, même si c’était à cause d’un mariage et d’un bébé qui n’existait pas. De toute façon, elle avait bien conscience que ça aurait desservi sa réputation alors elle n’avait rien à gagner à les faire souffrir. Au contraire, sa clémence jouerait en sa faveur. Elle voulait juste les oublier.

Pestant contre sa propre impuissance elle se rallongea avec réticence se sentant encore plus abattue. La douleur, le sentiment de trahison qui l’habitait, la confusion. Allongée comme un macchabée sur le lit, les yeux posés sur le plafond plein de toile d’araignée, les bras sur son ventre, elle respira profondément pour chasser la souffrance autant que la tristesse qui la submergeait.

« Vous êtes un menteur Commandant, vous m’avez fait croire que les gens finiraient par m’accepter, mais même vous dans le fond vous me considérez comme un monstre », murmura-t-elle  en sentant les larmes lui monter les yeux. Ah elle détestait sa faiblesse. D’être trop fatiguée pour marcher loin d’ici, d’être trop épuisée pour retenir ses larmes elle qui savait bien jouer la comédie. Elle pleurait. Elle ne voulait pas mais elle sentait le liquide coulait le long de ses cils, glisser indolemment sur sa joue et mourir sur ses lèvres. Comme si elle n’avait pas bu assez d’amertume pour une seule journée.

Elle pleurait et ça l’énervait encore plus. Elle était une Alirius, elle ne devait pas se laisser atteindre par des choses aussi futiles, après tout, pourquoi elle se souciait que le monde entier la déteste ? Elle n’avait qu’à engager un garde du corps à plein temps dorénavant. Elle n’avait pas besoin du monde entier, elle n’avait pas besoin de Cullen, elle n’avait besoin de personne à part sa famille.

Elle le savait alors pourquoi elle continuait de pleurer comme une greluche ? Pourquoi ça lui avait fait si mal de constater que le Commandant la méprisait malgré tout ? Pourquoi elle avait accordé tant de crédits à ses paroles sur ce satané banc ?  

Pudiquement Mellissandre posa son bras sur son visage pour cacher ses yeux, le fait de sangloter lui faisait contracter son abdomen et lui donnait encore plus mal au ventre, sans compter qu’elle avait plus de mal à respirer.

C’était vraiment une mauvaise journée.
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Posté Lun 4 Sep - 0:26
Missive 7
Commandant,
Aujourd'hui vous allez penser à vous, sachant que les événements d'hier vous ont particulièrement touchés. Ne vous en faites pas, un jour de repos ne fait de mal à personne ! Je vous mets quelqu'un sur le coup pour vous aider à passer cette épreuve.  
Détendez-vous, Commandant



La situation était très délicate. Actuellement en plein délire la pauvre Mellissandre n’avait pas toute sa tête et était à fleur de peau. Il remarqua qu’elle prenait le moindre de ses gestes à cœur surtout cet instant où il essayait de libérer sa poitrine de ce corset qui l’empêchait de respirer.

«  - Ne sois pas si impatient… Je suis à toi pour la vie après tout… »
«  - Mais qu’est-ce que vous racontez… »


La réalité pour elle semblait faussée, prise entre leur mensonge et ses désirs qui semblaient tellement réels pour elle. Il ne savait pas ce qui se passait dans sa tête, mais elle semblait certaine qu’ils étaient en pleine nuit de noce. A cet instant elle était tellement mielleuse qu’il essayait de faire son possible pour ne pas être tenté par elle, d’où son geste rapide quand il lui avait envoyé la chemise.

Mais quand il parla de l’antidote, la jeune femme ne comprenait pas où il voulait en venir. Elle avait un regard si innocent, et en avait oublié d’enfiler le vêtement qu’il avait jeté sur le fond du lit… Mais alors que Cullen allait saisir cet habit pour la lui enfiler, il tomba nez à nez avec elle qui ne cherchait qu’à lui faire goûter les joies du plaisir de la chair. Un peu perdu, Cullen essaya de se retirer le visage atrocement rouge. En déviant le regard sur le côté, la fiole était encore où il l’avait posé en partant tout à l’heure. Il se pencha sur la jeune femme et l'attrapa, profitant alors d'empêcher la main baladeuse de Mellissandre de lui saisir son derrière.

«  - Ahh… c’est pas vrai.. »

Après cela il la força à boire tout le contenu de la bouteille, ce qui ne fut pas si simple au demeurant. Elle se débattit mais finit par boire entièrement la fiole. Doux créateur, heureusement que personne n’était entré à cet instant on aurait dit qu’il réécrivait le livre des péchés capitaux.

Une fois qu’il l’eut fait, il devait la rhabiller car c’était beau d’être à califourchon sur une femme presque nue qui ne demandait que ça, mais elle devait se reposer et le contenu de la fiole ferait son effet aussi d’ailleurs. Il se retira alors et reprit la chemise qui était au fond du lit pour la lui donner alors qu’il posa la robe ailleurs.

Mais quand il se retourna vers elle, Mellissandre le regarda choquée et au bord des larmes. Cullen ne comprenait pas du tout ce qu’elle avait tout à coup, il ne lui avait pas fait de mal ni quoi que ce soit.

«  - J’ai fais quelque chose de mal ? Je ne te plais pas ? Tu n’as pas envie de moi ? »

Encore en plein délire… Evidemment si un mari en pleine nuit de noce redonnait le vêtement à son épouse c’était parce qu’il y avait quelque chose de mauvais chez elle. Mais ce n’était pas son intention, et le but n’était pas qu’elle se mette à pleurer… Il se sentait mal tout à coup… Mais elle avait finalement enfilé cette chemise.

Elle s’était presque assoupie quand il revint lui éponger le front pour essayer de diminuer sa fièvre. Ce n’était pas évident de subir ses états d’âmes, mais finalement elle s’était calmée et le commandant pouvait continuer de la soigner.

Il la sentait revenir et lui expliqua son plan. Mais elle ne semblait pas l’entendre de cette oreille, son air était étrange. Il se demanda de-nouveau ce qu’il avait fait. Il était toujours assis à côté d’elle, le torchon en main, à affronter un nouvel état d’âme de la jeune femme.

«  - C’est ça l’opinion que vous avez de moi ? »

Comme auparavant il la regarda, le visage neutre afin de ne pas y prêter énormément d’attention. Mais vu comment elle réagissait elle revenait petit à petit à elle et cela le réconfortait bien.

«  - J’ai été empoisonnée et vous ne pensez qu’à ce que je pourrais faire subir à ces pauvres gens ? »
«  - Non, vous vous fourvoyez, j’essaie de… »
«  - … Contrairement à ce que vous pensez je n’ai jamais eu l’intention de me venger, je ne suis pas si mesquine. Vous avez vraiment cru que méchante tévintide que je suis, j’allais m’en prendre à eux ? »


La pauvre, elle délirait encore, visiblement dans le flou le plus total… Il se pencha alors pour faire tremper le torchon. Il ne voulait pas qu’elle parte dans des histoires qui pouvaient l’épuiser.

«  - Vous êtes encore fébrile, Mellissandre. Calmez-vous… »

Mais suite à sa remarque elle se redressa ce qui fit immédiatement réagir Cullen qui voulait qu’elle reste tranquillement couchée. Et elle semblait souffrir de surcroît. Il l’appuya sur ses épaules pour la forcer à se recoucher.

«  - Je vous en prie, restez tranquille »

Elle semblait atrocement énervée… Après tout, il n’avait pas volé c’était idiot de lui parler de cela alors qu’elle était encore faible. Il se maudit par andrasté durant quelques instants puis replongea ses mains dans l’eau pour récupérer le torchon et l’essorer.

« - Vous êtes un menteur Commandant, vous m’avez fait croire que les gens finiraient par m’accepter, mais même vous dans le fond vous me considérez comme un monstre »
«  - Mais non, pas le moins du monde. J'essaie juste de vous aider..!»


Mais il entendit alors Mellissandre renifler, maudissant de tout son être ce qui se passait. Il fallait qu’il se rattrape, histoire qu’elle se détende en attendant de retrouver entièrement ses esprits.

Il était encore assis près d’elle alors qu’elle se recroquevillait sur elle-même. Elle n’avait pas hurlé, mais la savoir entrain de pleurer était déchirant. Il regarda le torchon qu’il détenait et lui posa une main amicale sur l’épaule de la jeune femme pour lui apporter un certain soutient tout de même.

«  - Navré, si je me suis montré indélicat.. j’étais pris entre deux sièges entre ce qui s’est passé aujourd’hui et  … cet empoisonnement… »

Il restait distant, mais réussi tout de même à lui faire bouger son bras pour libérer son front afin qu’il y pose la fameuse serviette humide.

«  - Maintenant que vous avez pris l’antidote cela va aller mieux, vous verrez »

Il n’était pas de nature tactile, mais il comprenait bien que la jeune femme était actuellement entrain de respirer douloureusement. Il lui essuya ses larmes et lui demanda de respirer calmement afin que les douleurs cesse.

«  - Je ne veux que votre bien, vous savez. N’allez pas imaginer que je vous vois comme un monstre ou quoi que ce soit. Si tel était le cas je ne serais certainement pas à votre chevet à espérer que vous alliez mieux. »

Il reprit le torchon et le remit à tremper dans l’eau fraîche. Après tout, elle ne restait pas froide éternellement. Puis, il tamponna à nouveau le torchon sur son visage, voyant bien qu’elle suait des suites de sa fièvre. Il se retrouva alors face à elle, son souffle se coupant subitement ce qui le fit hoqueter et dévier le regard ailleurs.

«  - Reposez-vous. D’accord ? »

Il hésita puis lui déposa un baiser furtif sur son front avant de se relever. Après tout, il devait la laisser se reposer. Il pensait sortir de la pièce pour la laisser tranquille. A défaut de dormir, elle pouvait parfaitement rester calme et lasser le produit agir.

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Posté Lun 4 Sep - 18:31
Elle le provoquait. Elle voulait qu’il s’en aille et qu’il la laisse tranquille. Qu’il aille avec ses amis auxquels il tenait tant et qu’il la laisse en paix. Mais il s’obstinait à nier, à prétendre qu’elle divaguait. Ce n’était pas vrai, elle était parfaitement lucide ! Une douleur lui vrilla le crane, légèrement apaisée par le torchon humide qui venait une fois de plus refroidir son front. Elle ne croyait pas un traître mot de ce qu’il disait mais c’est vrai que ces attentions étaient agréables. Hmm… peut-être qu’elle avait un peu de fièvre après tout.

Soupirant, Mellissandre cessa progressivement de hoqueter, ses larmes se tarrissant à mesure qu’elle respirait plus sereinement. Pendant un moment elle ne pensa à rien d’autre qu’à l’air qui entrait et sortait de son corps, se détendant perceptiblement à mesure qu’elle se calmait. Ses joues tiraillaient un peu mais le Commandant les avait séché en même temps qu’il épongeait sa sueur. C’est vrai qu’il n’était pas trop mal en garde malade. Il lui rappelait presque sa nounou tout ce qu’il manquait c’était…

Il déposa un léger baiser sur son front.

Mellissandre sourit, sereine. C’est fou comme les gestes les plus anodins pouvaient être rassérénants.

Peut-être qu’il disait la vérité après tout. Peut-être qu’il ne la considérait pas vraiment comme un monstre et qu’elle divaguait ? Ou qu’elle était devenue paranoïaque à force de se savoir entouré d’ennemis.

La jeune mage soupira en fermant les yeux, rabattant la couverture sur elle jusqu’à être complètement emmitouflée dedans. Elle aurait voulu se recroqueviller dans le lit en enlaçant l’oreiller mais plier son ventre était absolument hors de question alors elle restait simplement allongée bien droite sur le dos comme une morte qui reprend vie.

Elle s’endormit, profondément pendant plusieurs heures. D’un de ses traditionnel sommeil sans rêves, juste une paisible obscurité et une absolue quiétude. Le réveil en revanche fut beaucoup moins doux. Ouvrant brusquement les yeux elle eut un instant de panique, son cerveau ayant du mal à resituer les événements. Ce n’était jamais agréable d’émerger de son sommeil chez des étrangers, surtout dans un endroit si pittoresque.

Une fois son égarement passé, elle se tranquillisa à nouveau, calmant son souffle un peu trop vif qui la faisait souffrir. Elle avait moins mal. Tout son corps était engourdi et une douleur diffuse irradiait de son ventre mais elle se sentait moins nauséeuse et sa tête avait arrêté de la lancer. En fait, elle avait enfin l’impression de pouvoir réfléchir sans naviguer dans un épais brouillard.

Cullen était là. Elle n’aurait su dire depuis combien de temps mais il était bel et bien à côté d’elle à ce moment précis. Sauf si elle hallucinait encore mais ça lui semblait bien réel. Ses yeux, ses boucles blondes, cette petite cicatrice sur sa lèvre, tout était trop finement détaillé pour être une illusion.

Bien que toujours malade, elle se redressa un peu dans le lit, repoussant la couverture pour s’asseoir péniblement à défaut de se relever. Elle se souvenait vaguement qu’elle avait été empoissonné et que le Commandant avait veillé sur elle mais elle avait oublié tout le reste tant ça lui paraissait lointain et onirique. Les autres événements étaient des rêves qui s’effaçaient emportés par l’aurore ou en l’occurrence le crépuscule. Elle avait dormi plus longtemps qu’elle ne l’aurait cru…

Frissonnant à cause de sa nudité partielle, Mellissandre regarda avec circonspection la chemise qu’elle portait. Elle ne se souvenait pas l’avoir enfilé.

« C’est vous qui…? », l’interrogea-t-elle sans agressivité après avoir observé sa tenue parfaitement immobile pendant plusieurs secondes. Elle voulait juste remettre un peu d’ordre dans sa tête. Un peu pudique malgré tout, elle croisa les bras sur sa poitrine comme pour cacher à retardement cette partie de son anatomie.

« Quelque part, j’imagine que j’ai de la chance que vous soyez un chaste templier »
, soupira-t-elle en songeant que c’était la deuxième fois déjà qu’il la voyait nue. Cela n’avait rien d’obligatoire mais beaucoup de templiers faisaient vœux de célibats et inconsciemment elle avait rangé Cullen dans cette catégorie. Cela expliquait les quelques commentaires graveleux que le prisonnier avait fait à son sujet, son absence totale d’intérêt pour ses jolies jambes dénudées – elle pouvait créer une collection printemps-été à force de porter des chemises – et puis surtout, sinon pour quelle raison aurait-il été toujours aussi seul malgré tout le succès qu’il avait auprès de la gente féminine ?

Elle avait un peu faim en plus de ses douleurs abdominales mais elle savait bien que si elle mangeait quelque chose elle le vomirait aussitôt, aussi se rapatria-t-elle sur un peu d’eau qu’elle bu à petite gorgée précautionneuse, l’esprit un peu ailleurs.

« J’ai dit des choses drôles pendant mes hallucinations? », demanda-t-elle finalement avec un sourire tranquille. La vivaracine provoquait des délires et des confusions, cela pouvait être hilarant d’entendre le récit incohérent de quelqu’un qui voit des lapins bleu et des carottes parlantes. En outre, elle voulait savoir si le Commandant avait des dossiers sur elle, pour être prête s’il les ressortait un jour.

Alors qu’elle attendait le récit, on frappa à la porte puis Sven entra, jetant un œil soulagé à Mellissandre en voyant qu’elle était éveillée et qu’elle semblait moins mourante.

« Je suis content de voir que vous allez mieux Dame Rutherford... », déclara-t-il d’une voix incertaine, ayant sûrement peur de sa réaction. Avec tout ça, elle avait presque oublié leur petite comédie, c’était vraiment étrange d’être appelé comme ça… De toute façon, même si elle se mariait un jour, elle garderait son nom.

Silencieuse, Mellissandre se contenta d’opiner. Elle n’avait pas l’intention de se venger mais cela ne voulait pas dire qu’elle était prête à copiner avec eux de nouveau.

« Je… je vous ai fais un bouillon avec des herbes médicinales conseillées par l’apothicaire pour apaiser les douleurs au ventre », dit-il, en regardant le plateau qu’il tenait dans ses mains et qui était orné d’un bol encore fumant au liquide clair.

Manifestement mal à l’aise, il se dandina un peu, piétinant sur place, regardant Cullen pour y trouver du soutient.

« Je… je comprendrais tout à fait si vous ne voulez pas le manger mais il ne faut pas rester le ventre vide… Je vais le poser là comme ça vous pourrez aviser, mais je vous promets qu’il n’y a rien de mauvais », dit-il en s’approchant pour déposer le bol sur la table de chevet, ainsi qu’un autre plus copieux probablement pour Cullen. A côté de la sauce tomate.

Ah, elle avait oublié cette histoire aussi. Il sembla surpris un instant de trouver ce bocal à une place incongru mais ne se laissa pas perturber pour autant.

« Bien entendu, vous pouvez rester ici cette nuit. Flo est partie avec la p’tiote chez sa mère et moi je vais dormir dans la chambre d’Ana », expliqua-t-il sobrement.
Contrariée, Mellissandre jeta un œil à la fenêtre, constatant que le soleil avait effectivement dangereusement décliné. Dans son état, elle pouvait à peine se lever alors faire plusieurs heures de cheval dans la montagne c’était impensable. En outre, Cullen aurait pu rentrer mais elle doutait qu’il le fasse. Du moins elle ne l’espérait pas, elle n’avait pas envie de se retrouver seule en étant si affaiblie… Et puis, ça n’aurait pas été très crédible pour leur petite histoire.

« Merci », le remercia-t-elle donc sans faire d’histoire, le congédiant de sa propre chambre par la même occasion. Ah, elle restait une noble dans le fond.

« Si vous avez besoin de quoi que se soit n’hésitez pas », conclu-t-il en attrapant quelques affaires dans l’armoire avant de sortir et de refermer la porte pour leur laisser un peu d’intimité.

Mellissandre soupira, le regard un peu perdu dans le vague. Elle se sentait faible, mais elle n’était plus vraiment fatiguée pour autant après la sieste qu’elle venait de faire.

« Je suis désolée que votre rare jour de repos ce soit déroulé ainsi », s’excusa-t-elle par courtoisie mais cela n’empêchait pas sa sincérité. Maintenant c’était officiel, elle portait la poisse. « Il faudrait peut-être envoyer un message à Fort Celeste pour les prévenir de notre retard d’ailleurs, je vous laisse trouver un prétexte », ajouta-t-elle avec une pointe de facétie alors qu’elle songeait au contenu de la missive s’ils avaient été honnête. ‘Mellissandre s’est fait empoisonné par des amis à moi, je reste à son chevet jouer les mari attentionné, cordialement Cullen’.

« Enfin, mis à part l’empoisonnement, je me suis bien amusée », rajouta-t-elle, ricanant en repensant à la tête du Commandant quand elle avait prétendu être enceinte. Rien que pour ce moment, ça valait presque le coup de supporter le supplice qui grignotait encore son estomac.

Le reste de la soirée se déroula à peu près sans encontre. Elle finit par manger un peu de son bouillon qui avait assez mauvais goût pour être effectivement un médicament puis quémanda son livre pour entamer sa lecture. Tant qu’à être clouée au lit, autant en profiter. Cullen eu donc le plaisir de la voir incroyablement concentrée alors qu’elle se plongeait dans son roman, ses mimiques témoignant des passages les plus intenses ou romantique. Les yeux fatigués, elle finit par le refermer avec un sourire éclatant et coupable, manifestement mise de bonne humeur par sa lecture.

Toutefois, une nouvelle question s’imposa subitement alors qu’elle envisageait de dormir. Il n’y avait qu’un lit dans cette chambre, après tout c’était celui du couple qui les hébergeait. Le connaissant Cullen était capable de dormir par terre sur le bois un peu brut et plein d’écharde avec un drap pillé dans l’armoire mais cela lui semblait vraiment… ingrat de sa part de le laisser faire une telle chose.

« Ca ne me dérange pas si vous dormez avec moi dans le lit »
, déclara-t-elle, trouvant aussitôt que sa phrase sonnait tendancieusement. En même temps . Aussi elle reprit après s’être éclaircie la gorge. « En tout bien tout honneur bien sûr, mais ça sera moins suspect », expliqua-t-elle en se convainquant elle même de la légitimité de son explication. « Et puis, on est plus à ça prêt », soupira-t-elle en songeant à leur mascarade doublé du fait qu’il l’avait déshabillé tout à l’heure. Ils n’étaient effectivement plus à ça prêt,

« Par contre je vous préviens, j’ai tendance à prendre toute la couverture », ajouta-t-elle pour dédramatiser la situation, sachant très bien ses vices mais aussi qu’elle serait de toute façon trop faible pour lutter s’il décidé de faire une rétention de couverture.
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Posté Lun 4 Sep - 23:33
Missive 7
Commandant,
Aujourd'hui vous allez penser à vous, sachant que les événements d'hier vous ont particulièrement touchés. Ne vous en faites pas, un jour de repos ne fait de mal à personne ! Je vous mets quelqu'un sur le coup pour vous aider à passer cette épreuve.  
Détendez-vous, Commandant



Il finit par ressortir de la pièce, la laissant se reposer. Par malchance pour eux, ils étaient en plein après midi, le soleil était encore bien haut dans le ciel, mais ils ne pouvaient pas rentrer à Fort-Céleste s’ils s’attardaient par ici. Mais tant que Mellissandre ne se remettait pas complètement il était hors de question qu’elle ne quitte la chambre.

Il descendit donc rejoindre le couple quelques instants pour discuter avec, éclaircir la situation et enfin trouver un compromit pour que tout s’arrange. Mais prise de culpabilité, Flo décida de quitter les lieux pour rejoindre sa fille et ainsi les laisser tranquille jusqu’à leur départ. Cullen n’y voyait pas d’inconvénient c’était elle qui devait se remettre de ses émotions.

Une fois que le couple fut calmé, Cullen prit de l’eau fraîche dans une carafe et l’amena à Mellissandre pour qu’elle puisse boire à son réveil. Après tout il devait veiller à ce qu’elle ne fasse pas de bêtise.  Il poussa la porte doucement et déposa la carafe sur la table de chevet, en décalant au passage le pot de tomate pour avoir de la place.

Il prit place sur le fauteuil qui se trouvait à côté du lit, non loin de la table de chevet et se mit à réfléchir des derniers événements. En premier lieu, une douloureuse brûlure à la jambe, en second une sympathique sortie avec des démons et maintenant une tentative d’assassinat… Le tout avec Mellissandre bien entendu. Il se laissa tomber contre le dossier, prit d’une douleur crânienne, comme depuis quelques jours à cause de la fatigue. Cela lui arrivait souvent, et par la même occasion, se rappelait d’avoir faillit céder à ce dont il combattait depuis plusieurs mois déjà.

Oui, il avait mal mais préférait ne pas s’en plaindre, ce qui le rendait assez nerveux aussi. Et comme qu’il n’avait pas dormi de la nuit, le simple fait de réfléchir le rendait somnolant. En levant les yeux vers Mellissandre qui dormait, Cullen se rendit compte qu’il pouvait profiter de cet instant pour se reposer lui aussi.

Bien plus tard, alors que les ombres de la soirée pénétraient dans la pièce, le Commandant fut surprit par le réveil en sursaut de Mellissandre, qui le tira hors de son sommeil. Il était couché perpendiculairement au fauteuil, les jambes et la tête surélevées par les accoudoirs. Il regarda du coin de l’œil la jeune femme qui était entrain d’observer sa tenue, l’air interrogative et assez gênée.

«  - C’est vous qui… ? »
«  - Qui quoi…. ? »


Alors tiré de son sommeil il était encore mielleux et s’étira longuement après que la tévintide lui ait adressé la parole n’ayant pas vraiment capté de quoi elle voulait bien parler. Il se frotta les yeux et se rendit compte qu’il avait une grosse courbature qui lui sciait le dos, ce qui le fit grimacer.

«  - Oui c’est moi qui vous ai changée, premièrement pour vous libérer les poumons de ce corset impossible à défaire et surtout pour éviter vos crises de nerfs si vous vous étiez vomit dessus. »

Tout en courtoisie, mais disons qu’il était trop occupé à s’étirer le dos pour préparer mieux ses répliques. De plus, cela permettait à la jeune femme de se sentir d’avantage à l’aise si l’ambiance n’était pas trop sérieuse.

«  - Quelque part, j’imagine que j’ai de la chance que vous soyez un chaste templier »
«  - "un chaste templier" HA ! »


Il se mit à rire sous cape, elle ne connaissait pas vraiment les templiers, elle. Mais généralement ils étaient tellement dévoués à leur cause qu’ils ne flirtaient que quelques fois ou pratiquement jamais. Cela dépendait, mais certains cachaient bien leur jeu avec les sœurs de la chantrie ~

«  - Au moins je ne peux pas vous reprocher d’être chaste, vous »

Il sous entendait bien évidemment à la tentative de tout à l’heure pendant qu’il essayait de la changer. Il eut un sourire assez narquois sur son visage en imaginant cette scène… Mais elle avait de la poigne mine de rien, et il était très difficile de la retenir si elle en avait vraiment envie.

«  - J’ai dis des choses drôles pendant mes hallucinations ? »
«  - Vous n’imaginez même pas ce que vos lèvres ont prononcées »


Il eut à peine terminé sa phrase qu’on frappa à la porte, attirant le regard des deux occupants envers cette dernière. Quand elle s’ouvrit, leur hôte fit irruption dans la pièce, en tenant un plateau.

«  - Je suis content de voir que vous allez mieux Dame Rutherford… »

Cullen avait beaucoup de mal à ce que Mellissandre se fasse appeler ainsi, et même elle semblait grimacer. Elle se contenta d’un petit geste, visiblement agacée de sa présence. Si une chose était certaine c’était qu’elle voulait s’en aller d’ici.

«  - Qu’est-ce que tu nous apportes ? »
«  - Je… je vous ai fais un bouillon avec des herbes médicinales conseillées par l’apothicaire pour apaiser les douleurs au ventre »
«  - Ah, super ! Bonne idée, je pense qu’elle doit avoir faim »
«  - Je… je comprendrais tout à fait si vous ne voulez pas le manger mais il ne faut pas rester le ventre vide… Je vais le poser là comme ça vous pourrez aviser, mais je vous promets qu’il n’y a rien de mauvais »


Il déposa le bol entre le verre d’eau et la sauce tomate, qu’il se demanda d’ailleurs ce que ça faisait là. Cullen se contenta de sourire, en lui expliquant qu’il buvait du jus de tomate pour ses migraines chroniques. Cela apaisait les douleurs chez lui. Il ne cherchait pas d’avantages d’explications et ne tarda pas à rejoindre la porte.

«  - Bien entendu, vous pouvez rester ici cette nuit. Flo est partie avec la p’tiote chez sa mère et moi je vais dormir dans la chambre d’Ana »  

Cullen était déjà au courant de cette histoire, puisque c’était lui qui lui avait conseillé de faire cela. Il acquiesça juste d’un hochement de tête, puis il quitta la pièce une fois que Mellissandre le remercia sobrement.

Une fois qu’ils furent seuls, Cullen se leva de son fauteuil et prit la sauce tomate pour en avaler une gorgée – mine de rien, il le faisait souvent ce n’était pas si mauvais que cela – Et reposa le récipient à sa place initiale.

«  - Je suis désolée que votre rare jour de repos ce soit déroulé ainsi »
«  - Vous savez, entre nous je doute que je puisse avoir une journée reposante une fois dans ma vie. »


Il se retourna s’asseoir et Mellissandre souleva le fait que Fort Céleste pouvait s’inquiéter de leur absence. Après tout, le soir tombait et ils ne pouvaient pas repartir durant la nuit, c’était trop risqué de se mouvoir alors que les bandits rôdaient. Il avait déjà prévu le coup en déplaçant les chevaux à côté de la maison dans les écuries de son ami pour pouvoir repartir plus rapidement le lendemain.

«  - Il faudrait peut-être envoyer un message à Fort Celeste pour les prévenir de notre retard d’ailleurs, je vous laisse trouver un prétexte »
«  - Non, je doute que ce soit nécessaire de leur écrire, on rentre demain dans la journée. »


Il s’était relevé et allumait les lampes à huile qui se trouvaient dans la pièce et qui permettaient un minimum d’éclairage. Il posa la dernière sur la table de chevet, et regarda le contenu de ces soupes qu’il y avait près de lui.

«  - Et puis, vous voudriez que je leur explique quoi : que nous sommes mariés ou que vous vous êtes fais empoisonner ? »

Il le dit sur un ton humoristique alors qu’il termina de préparer la pièce pour le coucher. Après tout, il semblait que la jeune femme avait froid alors il attrapa la bassinoire qui se trouvait au coin de la pièce.

«  - Enfin, mis à part l’empoisonnement, je me suis bien amusée »
«  - Oui, tout à fait. Une manière étrange de se détendre, mais qui a porté ses fruits, on va dire »


Il remit la couverture en place et se rendit à l’extérieur de la chambre pour aller piocher des braises dans la cheminée pour les mettre à l’intérieur de l’ustensile qu’il détenait. Quand il revint dans la chambre il posa la bassinoire sous les draps et remit le tout en place.

«  - Gaffe à ne pas vous brûler avec ça. Dites-moi si la chaleur est trop forte et je la retirerai. »

Après cela, il posa le panier repas qu’elle avait transporté toute la journée sur les genoux de Mellissandre. Lui, il se rabattait sur les soupes laissées par Sven.

«  - Si vous préférez manger quelque chose de plus à votre convenance, j’ai ramené le panier. Peut-être que la rusticité de la cuisine Fereldienne ne vous sied guère après tout. »

La jeune femme savait qu’elle devait boire la soupe contenant des anti-inflammatoires mais si elle le voulait pas, ce n’était pas nécessaire. Cullen s’affaira alors à manger rapidement son assiette et finit le verre de sauce tomate histoire de ramener cela à la cuisine en même temps que le reste.

Il sortait de quoi s’occuper, en l’occurrence son fameux livre sur les chevaux achetés plus tôt dans la journée. Mais alors que la jeune femme continuait sa lecture, lui s’absenta pour aller se baigner, ayant constaté une baignoire dans la salle se situant en face. Par la même occasion il pouvait profiter de désinfecter sa blessure à la jambe et renouveler le bandage qui bâillonnait trop selon lui.

Durant l’heure qui suivit, il se préoccupa de faire chauffer l’eau qui lui servirait à se laver et avait demandé à Sven où trouver du savon et de la pharmacie.

«  - Non, tu étais blessé ? »
«  - Un mage m’a échappé l’autre jour, j’en ai les douloureuses traces encore. »
«  - Elle s’occupe ta femme ? Ne me dit pas qu’elle dort de-nouveau »
«  - Non, elle lit. Et quand elle lit elle ne fait pas attention à ce qui l’entoure. Je me demande si elle m’a vu quitter la pièce. »
«  - Et… Elle a mangé ? »
«  - Oui, une partie. Je viendrai ramener le reste en bas tout à l’heure. J’avais la jambe qui me démangeait trop pour le faire avant. »


Sven sorti alors des bandages et un désinfectant à base de plantes et le posa sur le bord de la baignoire.

«  - Je te sors des serviettes ? »
«  - Ne t’en fais pas je me suis servi dans ton armoire, déjà. »
«  - Impardonnable, tu refais comme à la colonie ! »
«  - Hey, tu piquais bien mes affaires, toi aussi. »


Malgré la situation la complicité entre les deux restait inchangée, après tout Cullen ne cessait de lui dire que ce n’était pas de sa faute et que malgré tout il n’y avait pas eu de mal.

Finalement il se retrouvait seul, et finit rapidement dans la baignoire. On pouvait dire que Flo était une grande fan de savon tevintide, Il avait le choix : environ 15 savons aux odeurs différentes qu’il s’amusa à sentir toutes pour savoir laquelle utiliser. Jasmin, Verveine-citron, Cassis, miel, vanille, Algue, Fleur d’oranger, Et il en passait. Alors assis dans l’eau comme un enfant à sentir les odeurs en grimaçant quand elles paraissaient trop farfelues.

Tient, Abricot avait une senteur appréciable.. Et dire qu’il ne perdait pas son temps à des futilités pareil, le choix était tellement immense qu’il ne résista pas à le faire. Puis il saisi celui à la fleur d’oranger et combina avec abricot.. Il se demandait si Mellissandre passait autant de temps à chercher le savon qui lui convenait. Etant un des sujets de fortune de sa famille, elle devait avoir le triple, voir le quintuple des choix qu’il avait ici.

«  - Les femmes et le savon, une grande histoire d’amour… »

Il prit son gant de toilette et commença à frotter le savon dessus en ricanant de plus belle, attendant que le tout mousse un peu avant de se le frotter contre le bras. Il continua sa toilette un moment, se montrant minutieux avec sa jambe blessée. Après tout, cela suintait encore pas mal, il ne voulait pas arracher les croutes.

D’ailleurs il se demandait si Mellissandre était encore entrain de lire son bouquin ou non. Il finit de se laver et sorti de la baignoire, prenant soin de remettre les savons à leur place dans la boîte. Il attrapa la serviette et se la passa sur son corps pour se sécher rapidement et se l’enroula autour de la taille avant de sortir de la pièce et rejoindre la chambre.

Pas étonnant que la tévintide ne lui adressait pas la parole, elle avait le nez encore plongé dans le livre. Et bien heureusement, parce qu’elle allait encore faire une crise cardiaque en le voyant à moitié nu. L’air de rien il alla fouiller l’armoire en face du lit pour récupérer de quoi se changer, comme il l’avait fait avec Mellissandre auparavant. Par pur politesse il sorti de la pièce pour enfiler les vêtements trouvés, après avoir nettoyé la plaie et remit un bandage. Puis, il retourna s’asseoir dans le fauteuil continuer sa lecture, une serviette posée sur ses cheveux humides.

Au bout de quelques instants, Mellissandre tiqua alors qu’elle referma son bouquin. Cullen ne remarqua pas tout de suite ce qu’elle faisait, car il avait les yeux rivés sur les écrits qu’il avait dans les mains. Le livre était épais, cela lui laissait du contenu à lire durant un moment après tout.

«  - ça ne me dérange pas si vous dormez avec moi dans le lit »

Elle semblait comprendre qu’il reste cloitré dans son nouveau nid vu qu’il s’y était de-nouveau installé après tout. Il referma le bouquin, assez gêné.

«  - Ah heu. Vous êtes sûre ? Je peux dormir ici ce n’est pas un problème, vous savez »
«  - En tout bien tout honneur bien sûr, mais ça sera moins suspect »


Ah oui, ils étaient mariés, il avait oublié ce détail… Mais en soit ce n’était pas un problème, il allait faire comme quand il devait partager la couche avec sa fratrie quand il était petit.

«  - Bon comme vous voudrez, je n’y avais plus pensé. »
«  - Et puis, on est plus à ça près »
«  - C’est vrai, que finalement on n’est plus à cela près. Moi cela m’est égal »


Ce n’était pas pour des raisons de « chaste templiers » mais par pure galanterie, un homme ne dormait pas dans la couche d’une femme sans son consentement et ne voulait absolument pas empiéter sur son espace personnelle. Lui aimant rester seul, il s’imaginait que Mellissandre était aussi solitaire que lui, d’où le malaise qu’elle avait probablement. Mais tenir des suppositions ne changerait rien. Il traversa la pièce, contournant le lit en se frottant les cheveux avec la serviette pour les sécher un minimum sans qu’il soient trop bouclés – il détestait que tout soit en désordre surtout au niveau de ses cheveux – et continua d’écouter la jeune femme au passage.

«  - Par contre je vous préviens, j’ai tendance à prendre toute la couverture »
«  - Dépend de sa matière, je vous la laisserai volontiers ~ »


Il déposa la serviette sur l’assise de la chaise qui tenait la robe de Mellissandre sur son dossier, et alla tester le coussin pour connaître sa consistance. Il n’était pas compliqué pour dormir, mais il avait rapidement mal au dos s’il dormait dans des positions étranges et sur des coussins trop durs.

«  - Et de toute manière, entre vous et moi, je pense que je n’ai pas besoin de tirer bien fort pour reprendre ma part de couverture »

Il avait beau regarder dans l’armoire il ne trouva pas une seconde couverture, et la seule qu’il y avait encore était dans la chambre de la fille. Il se rappela la fourrure qui se trouvait dans le séjour et décida d’aller le réquisitionner. Il adorait dormir là-dessus d’ailleurs.

«  - Je reviens je vais finir de nettoyer notre vaisselle, si jamais il y a une baignoire encore chaude et une panoplie de savon de par chez vous dans la pièce d’à côté… J’ai un petit faible pour l’abricot.. »

Suite à ses paroles il se saisi de la vaisselle et ressorti pour rejoindre  la cuisine et laisser un moment de répit à la jeune femme si elle avait envie de prendre un bain. Après tout cela lui laissait le loisir de discuter avec son ami pendant qu’il nettoyait ce qu’il avait utilisé plus tôt.

Une fois, qu’il revint il avait la fourrure sur le dos et comptait bien l’étaler sur le lit pour dormir tranquillement dessus. Il était assez large pour que Mellissandre en profite aussi. Et comme elle n’était plus dans la pièce – forcément le mot baignoire la faisait sortir d’un coma -  Il profita pour faire le lit et retirer la bassinoire afin d’éviter que le drap ne prenne feu à force de rester en contact avec. Il s’occupa de la vider et de la remettre à sa place initiale, et enfin, décida de s’y installer en poussant un énorme soupir avant de rabattre la couverture sur son corps.

Quand la jeune femme était revenue, il était assis la tête emmitouflée dans un coussin, à lire son bouquin. A défaut de l’attendre autant que ce soit avec quelque chose qui l’occuperait, comme il n’avait pas son journal avec lui.

«  - Alors, comment se passe cette journée en tant qu’épouse féreldienne ? ~ »

Autant engager la discussion, après tout. Ils allaient passer la nuit ensemble. Il se demandait bien ce qui lui était passé par la tête pour qu’elle lui propose de partager la couche.. Le fait que cela soit un prétexte car ils étaient soit disant mariés lui sonnait faut.

«  - Dites, vous vouliez savoir ce que vous avez dit pendant vos délires tout à l’heure, avant que l’on soit interrompus. Vous me croyez si je vous dis que vous avez essayé de m’empoigner la fesse ? »

Rien qu’en disant cela, il transmettait parfaitement l’image à la jeune femme sur ce qui s’était passé. Et oui, c’était une situation cocasse, mais tellement hilare en y rependant.

«  - Vous vous croyiez à votre nuit de noce, et je ne vous explique pas comment vous avez réagit quand j’ai essayé de vous faire enfiler cette chemise »

Autant lui épargner cela après tout.

«  - Celui qui devrait faire gaffe entre vous et moi ce n’est pas vraiment vous en fin de compte… A mon avis ~ »

PROCHAIN NIV. :
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Posté Mar 5 Sep - 10:43
Évidement il préférait la taquiner en laissant sous entendre qu’elle avait fait des choses fort embarrassantes sans toutefois dire lesquels. Il savait que maintenant elle allait se triturer les méninges pour imaginer le pire et qu’il pourrait encore la surprendre en ressortant le dossier à un moment qu’elle ne soupçonnait pas. C’était de la torture et c’était fort malin.

Par contre, ne pas envoyer un message à Fort Celeste la laissait nettement plus dubitative. Qu’elle même soit en retard ne devait pas poser de problèmes particuliers : elle n’était pas encore impliquée activement dans les missions et surtout elle était réputée pour être capricieuse et volatile. Le Commandant en revanche était un bourreau de travail si sollicité qu’on avait l’impression que le château risquait de s’effondrer quand il s’absentait. Elle était persuadée que tout l’état major serait en panique en ne le voyant pas rentrer, d’où l’intérêt de mentir en prétextant resté un peu avec un très vieil ami par exemple. Mais bon, c’était son problème, pas le sien après tout.

Continuant de ce faire chouchouter elle regarda d’un œil circonspect la bassinoire. Il faisait assez chaud à Tevinter, ils n’avaient rien de ressemblait et pour elle cela avait davantage l’apparence d’un instrument de torture que d’un ustensile utile. Pourtant, il lui démontra le contraire, la chaleur des braises réchauffant agréablement le lit.

Puis il lui apporta son panier à pique nique et, bien que la vision soit fort alléchante, elle refusa poliment : elle ne pouvait pas se permettre de manger encore, elle avait trop mal au ventre. Par contre, elle devait bien admettre que c’était satisfaisant de se faire ainsi chouchouter. Cullen était vraiment aux petits soins avec elle – sans doute à cause de la culpabilité qu’elle ait été empoisonnée par la femme de son ami – et elle adorait ça. A sa décharge, elle avait l’habitude d’avoir une dizaine de personnes à sa disposition pour s’occuper de ses moindres caprices…

Et c’est peut-être à cause de cette bonne volonté qu’elle se sentait pleine de mansuétude à son égard, culpabilisant légèrement de le voir souffrir à force de rester dans l’étroit fauteuil. Elle avait pleinement retrouvé ses esprits désormais, son petit manège de grand-père grabataire quand il s’était levé ne lui avait donc pas échappé.

« Si vous vous ne vous reposez pas pendant votre jour de repos et que vous revenez grincheux parce que vous avez mal dormi et que vous avez mal au dos, Joséphine va me faire les gros yeux 
», tenta-t-elle de se justifier une nouvelle fois avec une mimique exagérément effrayée. Ceci dit, l’antivane était effectivement le genre de personnes qu’elle n’aimait pas contrarier.

Heureusement, il n’insista pas plus que ça, acceptant sa proposition avant de s’éclipser non sans lui avoir signalé qu’il restait de l’eau chaude dans la baignoire. Instantanément intriguée, Mellissandre réalisa que dans ses préjugés condescendants elle n’avait pas imaginé qu’un couple aussi rustique puisse avoir une baignoire. Déjà que les sudistes n’étaient pas réputés pour leur hygiène irréprochable…

Incapable de résister à l’idée de délier un peu ses muscles endoloris et de se sentir propre, elle opina donc et se leva péniblement. Preuve qu’elle était encore faible, elle tituba jusqu’à la salle de bain en question mais plongea avec délice dans l’eau encore chaude et un peu mousseuse. Bon, elle n’aimait pas spécialement passer après quelqu’un d’autre mais elle avait beaucoup transpirer à cause du poison et c’était fort relaxant.

Ironiquement, Flo avait bel et bien des savons de chez elle et elle contempla avec un mélange de fierté et d’ironie ses armoiries finement dessinées qui commençaient à s’effacer sur les pains colorés. Par réflexe, elle allait attraper le jasmin mais elle stoppa son geste et sans trop réfléchir elle se saisit finalement de l’abricot, frottant avec attention sa peau avant de rincer et finir avec le miel pour donner une note moins acidulée et plus sucrée au parfum.

Sa toilette terminée, elle se sécha, détacha ses cheveux et enfila de nouveau la vulgaire chemise qui lui faisait office de pyjama avant de retourner dans la chambre ou Cullen était en train de lire.

C’était quand même perturbant de le voir là, à moitié allongé sur le lit qu’il avait doublé d’une douillette fourrure lui donnant des airs encore plus rustiques. Sa décontraction lui évoquait bel et bien une scène de ménage fereldien et malgré ce qu’elle avait dit, elle sembla hésiter à le rejoindre. C’était quand même vraiment bizarre.

Grimaçant parce qu’elle était restée debout trop longtemps, elle décida d’arrêter de faire sa mijaurée et elle se réinstalla donc lentement dans le lit, restant néanmoins le plus au bord possible pour ne pas le frôler accidentellement. Bien entendu, il ne résista pas à l’envie de la taquiner, attestant du fait qu’il était beaucoup plus à l’aise qu’elle malgré la timidité qu’il montrait parfois. Enfin, d’un autre côté, il n’avait pas tous les interdits de la bienséance qui pesait sur sa conscience tandis qu’elle ne pouvait pas s’empêcher de penser que c’était quand même tout à fait indécent. Peut-être qu’il n’était pas trop tard pour changer d’avis après tout… Il s’en remettrait d’un petit mal de dos non ?

Elle avait beau être si proche du bord qu’elle aurait pu tomber, la proximité entre eux était suffisante pour qu’elle sente le parfum complexe de son interlocuteur, presque étonnée qu’il ait pris la peine de faire des mélanges même si c’était maladroit.

« Fleur d’oranger », nota-t-elle en le dévisageant, témoignant par la même occasion de la finesse de son odorat. Oui, elle passait bel et bien des heures à choisir ses savons. « Vous ne devriez pas mélanger deux senteurs aussi proches et fruitées, si vous aimez l’orange, vous devriez essayer avec quelque chose de boisé. Du cèdre ou du santal par exemple, c’est plus viril ~ », expliqua-t-elle avec un petit sourire légèrement taquin. Elle même avait choisi miel mais elle était une femme, il lui fallait une pointe de douceur et de sucré et encore c’est parce qu’elle n’avait pas eu beaucoup de choix.

Incarnant bel et bien le petit couple marié dans leur jolie maison rustique à colombage, Mellissandre soupira et décida d’ignorer sa provocation sur sa journée d’épouse fereldienne, lui retournant plutôt la question.

« Comment se passe votre journée d’époux d’une futur magister ? »
, demanda-t-elle résumant en un seul mot, le fait qu’elle était mage, noble et tévintide. Tout ce qu’il détestait.

Mais il avait encore de la ressource et il commença à lui parler de ses divagations. Tendue, elle l’écouta donc raconter une histoire fort saugrenue qui la choqua plus qu’elle ne la gêna dans un premier temps.

« Pardon ?! C’est vous qui divaguez, je n’aurais pas... »
, tenta-t-elle tandis qu’il renchérissait en expliquant qu’elle croyait être dans sa nuit de noce. Malheureusement pour elle, elle se souvenait d’une vague histoire de mariage non consommé dans ses élucubrations, c’était trop précis pour que cela soit une coïncidence.

Mortifiée, Mellissandre se sentit rougir au-delà du raisonnable, son visage entier menaçant de prendre une teinte écarlate.

« Je... »
, commença-t-elle incapable de trouver une phrase cohérente pour justifier son comportement. S’excuser ? Tenter de garder contenance et de prétendre que cela lui était égal ? Jouer les séductrices qui assume totalement ?

« Je... », répéta-t-elle sans réaliser qu’elle était en train de bégayer bêtement. C’était vraiment atroce. Elle n’arrêtait pas de se demander ce qu’elle avait dit et ce qu’elle avait fait exactement. Au delà de la situation fort cocasse et embarrassante en tant que tel, il s’agissait d’un fantasme très intime. Déjà, c’était un de ses rare fantasme au sens tendancieux du terme car elle était bien plus chaste qu’il n’y paraissait et en plus cela touchait au mariage, quelque chose de sacré mainte fois espéré autant que craint. Le genre de pensées confidentielles qu’elle n’avait partagé avec personne et qui étaient maintenant révélées dans un moment d’égarement. Et elle ne pouvait s’en prendre qu’à elle même.

« S’il vous plaît ne le répétez pas », articula-t-elle finalement d’une voix un tantinet suppliante mais surtout incroyablement mal à l’aise. Cette histoire, sa fantaisie. Il ne devait rien dire. Elle voulait le regarder pour appuyer ses paroles mais elle n’osait clairement pas le faire, fixant ostensiblement le plafond à la place. Ce n’était pas très malin de montrer que ça la dérangeait, donnant ainsi encore plus de poids au ‘secret’ qu’il détenait, il savait qu’il pourrait l’embarrasser atrocement avec ça désormais, mais elle ne voyait pas comment faire autrement, elle était trop gênée pour jouer la comédie, même avec son talent.

Soupirant, elle lui tourna le dos, enlaçant son oreiller en grimaçant un peu alors qu’elle bougeait son abdomen. C’était toujours pénible mais plus supportable. Bien déterminée à ne plus se risquer à faire la conversation, elle resta silencieuse à ressasser dans son coin avant d’être à nouveau emportée par le sommeil, toujours épuisée malgré sa sieste.

Néanmoins, étant de nature plutôt insomniaque et ayant déjà dormi plusieurs heures, elle ne tarda pas à se réveiller, ouvrant les yeux au beau milieu de la nuit, toujours un peu souffrante mais beaucoup moins mal en point. Encore une fois, l’immersion fut quelque peu violente, car confuse, elle mit du temps à comprendre que ce qui lui chatouillait le nez n’était autre que les cheveux de Cullen.

Habituée à dormir seule dans des lits gigantesques, elle n’avait pas pris toute la couverture, mais toute la place, s’étalant jusqu’à repousser le templier aux frontières du lit, restant blottie contre lui sans doute pour profiter de la chaleur bienvenue dans ce pays trop froid.

Précautionneusement, Mellissandre se détacha donc de lui pour retourner de son côté – désespérément glacé – du lit. Il ne semblait pas avoir remarqué - sinon il l'aurait sans doute repoussé non? - donc elle s’abstint de tout mouvement brusque pour ne pas le réveiller. Comprenant qu’elle même n’était pas prête de plonger à nouveau dans les bras de Morphée surtout qu’elle frissonnait légèrement à cause de la température – foutu pays du sud - elle se tourna un peu dans tous les sens pour trouver une position confortable. Habituellement, elle se serait levée même si on était encore en plein milieu de la nuit mais il aurait été mal venu de sa part d’arpenter cette maison, et elle ne pouvait pas allumer une bougie ici sans réveiller le Commandant.

Ah, elle était bien trop gentille avec lui.

Désœuvrée, elle laissa donc son regard plonger dans les ombres, essayant de deviner dans l’obscurité les formes, écoutant les craquements du bois perdue dans ses pensées. L’ennui la gagnant à nouveau, elle finit par regarder le Commandant qu’elle devinait à peine, se laissant happer par la constatation diablement vitale qu’il avait une boucle qui rebiquait et prenait une forme peu aérodynamique sur son crane. C’était marrant, mais maintenant elle ne voyait que ça, et elle finit par se laisser tenter, tendant précautionneusement le bras pour la toucher et la repousser dans une position adéquate.
PROCHAIN NIV. :
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Posté Mar 5 Sep - 12:54
Missive 7
Commandant,
Aujourd'hui vous allez penser à vous, sachant que les événements d'hier vous ont particulièrement touchés. Ne vous en faites pas, un jour de repos ne fait de mal à personne ! Je vous mets quelqu'un sur le coup pour vous aider à passer cette épreuve.  
Détendez-vous, Commandant



La jeune femme s’était arrêtée net quand elle était entrée dans la pièce. Ce devait être perturbant de voir un homme dans le même lit qu’elle, sachant que visiblement elle n’avait jamais partagé la couche avec quelqu’un d’autre que son égo. Mais étonnamment elle ne fit pas d’histoires et entra timidement dans le lit.

Mais il détourna la tête quand il vit que la jeune femme resta presque à la limite du lit à deux doigts de tomber.

« - Je ne vais pas vous manger, je me suis déjà nourri ce soir »

Mais alors qu’elle était proche de lui, elle se concentra sur son odeur. Ouais, il s’était amusé avec les savons et elle avait le nez pour le remarquer. Il avait mit deux senteurs qui selon la jeune femme, n’allaient pas ensemble.

« - Fleur d’oranger »
« - Vous avez le nez »
« - Vous ne devriez pas mélanger deux senteurs aussi proches et fruitées, si vous aimez l’orange, vous devriez essayer avec quelque chose de boisé. Du cèdre ou du santal par exemple, c’est plus viril ~ »
« - Merci du conseil, je ne savais pas que l’odeur du bois vous excitait à ce point. »


Il se demandait bien quelle senteur devait avoir ces produits. Mais en passant, il avait prit les senteurs qui lui plaisaient le plus, ne prenant pas compte de ce qui allaient ensemble ou pas. Mellissandre pouvait être surnommée « la reine des baignoire et du savon », tant ce domaine semblait être dans ses corde.

Mais sa réaction à ses propres travers était absolument magistrale, et venant d’une noble, délectable au possible. Alors qu’ils s’envoyaient de-nouveau une petite pique concernant leur soit disant mariage, il ne put s’empêcher de remettre sur la table cette histoire merveilleuse qu’il avait vécu avec elle tout à l’heure quand il essayait de lui faire boire l’antidote.

« - Pardon ?! C’est vous qui divaguez, je n’aurais pas… »
« - Je vous épargne les détails les plus embarrassants, mais je vous rassure, nous n’avons rien fais. »


Ils n’avaient rien fais pour plusieurs raisons, la première était qu’elle était complètement délirante et qu’elle devait boire ce que l’apothicaire lui avait confiné. La seconde, qu’à ce moment précis il était bien trop occupé à s’occuper d’elle qu’à penser à ces choses. Et en toute franchise, il savait se contenir contrairement à d’autres. Les templiers avaient un mental très puissant, et ils devaient résister à toutes sortes de vices créés par les démons, le plaisir de la chair en étant un par exemple.

Mais il était très sérieux – comme à son habitude – quand il prononça ces paroles à la jeune femme. Il tourna une page de son livre alors qu’elle bégaya particulièrement choquée par ce qu’elle venait d’apprendre.

« - S’il vous plaît ne le répétez pas »
« - Pourquoi le ferais-je ? »


Il la regarda alors qu’elle ne semblait plus savoir où se mettre. Elle esquiva comme elle pouvait son regard, préférant la compagnie du plafond. Mais comme elle ne lui répondit pas il continua, essayant tant bien que mal de la rassurer malgré tout.

« - Mellissandre, vous étiez délirante : N’importe qui aurait pu faire de telles choses, ne vous tracassez pas pour cela. »

Sa réponse fut de lui tourner le dos, visiblement trop gênée pour continuer la discussion. Il décréta qu’il était temps pour eux de dormir, en espérant qu’il n’ait pas perverti les pensées de la jeune femme au point qu’elle s’imagine cette scène des centaines de fois.. Il soupira à son tour et s’allongea après avoir soufflé sur sa bougie.

« - Bonne nuit, alors »

Il s’était lui aussi tourné dos à la jeune femme, la main sous l’oreiller. Malgré la sieste il était encore pas mal fatigué et ne tarda pas à s’endormir lui aussi. Il devait se forcer à se reposer, mais la blessure qu’il avait et ses mots de crânes rendaient cela bien plus facile. Il était bien mal au point d’ailleurs, cela l’étonnait d’ailleurs.

Au milieu de la nuit, il fut réveillé par les mouvements de Mellissandre dans le lit, le faisant grincer et bouger. Visiblement elle n’arrivait plus à dormir et semblait s’embêter puisqu’elle ne savait pas comment dormir.

Cullen ne bougea pas, ouvrant simplement les yeux. Mais malheureusement pour lui il frissonna car il ressentait un coup de froid dans son dos. Curieux, il était pourtant dans la couverture encore. Mais en bougeant un peu la jambe il se rendit compte qu’il était à quelques centimètres du bord du lit et entreprit de se décaler en arrière pour éviter de tomber. Seulement il n’avait pas fait gaffe à Mellissandre qui avait la main tendue droit vers lui.

« - Mais vous faites quoi ? »

Créant une sorte de malaise, elle se retira immédiatement. Mais Cullen était juste surpris que la place droit à côté de lui soit aussi chaude. Il ne prit attention qu’une petite seconde avant de se remettre sur le dos observant la jeune femme avec un certain étonnement.

« - Finalement le mélange abricot / fleur d’oranger ne vous laisse pas indifférente ~ »

Il plaisantait bien entendu, il ne sait pas ce qu’elle essayait de faire et il s’en moquait. De toutes manières, seules au milieu de la nuit dans un lit, il n’y avait pas grande occupation. Afin d’y voir plus clair il alluma la lampe à côté de lui. Ils étaient les deux réveillés, et pour discuter avoir une source lumineuse était plus agréable.

« - Cette histoire de nuit de noce vous affecte à ce point ? »

Autant discuter de quelque chose. Après tout elle était plus encline à parler désormais. Et il voulait être honnête avec elle pour éviter qu’elle se fasse des idées. Il s’assit en tailleur face à elle, mais resta discret pour ne pas réveiller Sven qui dormait dans la chambre d’à côté.

« - Je vous l’ai déjà dis : Je ne vous ai absolument pas touchée. Et je sais à quel point votre vertu est importante pour vous, c’est honorable de vouloir garder cela pour son futur époux »

Il connaissait cette histoire de mariage avec l’Archonte. Comme quoi il ne s’était pas déroulé comme sa famille l’entendait. Mais il trouvait injuste qu’elle n’ait pas son mot à dire dans toute cette histoire. Choisir son partenaire était important, et ce n’était pas aux parents de décider. Mais les traditions nobles étaient spéciales et il savait qu’il ne comprenait pas cette situation.

« - …Et n’essayez pas de vous défiler vous me l’avez vous-même dit lorsqu’on était dans les sous-sols à Fort-Céleste. »

La politique de nobles était la première chose qu’il ne supportait pas après leur arrogance. Ils se prenaient pour les piliers du monde, parce qu’ils avaient une fortune et des sujets pour les servir. Et souvent ils passaient leur journée à manger et glousser s’ils ne copulaient pas. Bref quelque chose qu’il détestait, mais ça tout le monde qui le connaissait le savait, Mellissandre y comprit.

« - Dites, vous n’avez vraiment pas votre mot à dire à ce sujet ? Vos parents vous imposent-ils vraiment votre mari potentiel ? »

il ne put s’empêcher de lui demander ce qu’elle redoutait le plus. Après tout, il ne comprenait pas vraiment la situation..

« - Je sais que la légalité du mariage est autour des 15 ans. Mais je ne cache pas ma surprise sachant que la plupart des hommes vous convoitent et que vous êtes encore une jouvencelle. Personne ne vous supporte ou est-ce un choix de votre famille ? »

Il ne souhaitait pas lui dire que Dorian lui avait raconté cette histoire avec la première puissance de Tevinter. D’ailleurs, lui aussi était libre malgré son titre et son âge ?

« - Je me demande bien ce que vous pouvez penser de cette vie. Personnellement si je n’avais même pas le choix de la personne qui va partager le restant de ma vie, je passerais les journées à refuser les mariages politiques. Je trouve cela… étrange. Et j’en viens même à me demander si votre fougue pour ce genre de livre que vous lisez est une sorte d’échappatoire.»

Elle était si fière de sa famille, cela était indéniable, mais il était vraiment étonné de savoir ce qu’elle pensait vraiment de sa situation. Surtout suite à ces fiançailles loupées.

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Posté Mar 5 Sep - 21:09
Concentrée sur son objectif qu’elle s’efforçait de réaliser dans la plus grande discrétion, Mellissandre sursauta quand Cullen bougea subitement, manifestement réveillé. Retirant sa main avec vivacité, elle eut néanmoins le droit à une interrogation quelques peu agressive du Commandant qui la laissait gênée comme une gamine pris en faute.

« C’est vos cheveux, ils sont n’importe comment, ça me perturbe », se défendit-elle avec véhémence en achevant tout de même de remettre correctement la petite mèche qui avait tourné à l’obsession dans son ennui.

Cullen la taquina, prétendant que c’est son parfum qui le rendait irrésistible et elle roula des yeux en réponse même s’il ne pouvait probablement pas la voir vu l’obscurité. Il alluma la lampe à huile qui se trouvait sur la table de chevet et Mellissandre se redressa légèrement pour lui faire face. Manifestement, il avait interprété son silence comme de la rancœur et il lui parla soudainement de cet histoire d’hallucination, s’inquiétant manifestement de la savoir ressasser.

La dernière chose qu’elle avait envie de faire présentement était de parler de sa vertu avec Cullen mais il essayait maladroitement de la rassurer, ayant manifestement mal interprété la source de ses inquiétudes…

« Non ce n’est pas... », tenta-t-elle mais il l’interrompit en comprenant une nouvelle fois ses propos de travers. Lui rappelant qu’elle lui avait avoué son innocence lors de leur petite discussion dans les cryptes.

« Je n’ai jamais remis en doute votre intégrité Commandant », insista-t-elle néanmoins. Il méritait tout de même de savoir qu’elle n’avait pas ce genre d’opinion de lui, pas une seule seconde elle n’avait envisagé qu’il ait profité de la situation. « Je sais que vous n’auriez jamais... abusé de mon moment d’égarement », le rassura-t-elle, trébuchant un peu sur ses mots face à la gravité du sujet qu’ils abordaient presque nonchalamment. Avec d’autres, elle n’aurait peut-être pas eu cette chance. « C’est juste que... » Elle marqua une pause, jaugeant qu’elle en dirait plus en essayant d’expliquer le caractère intime de son fantasme que ce qu’elle avait probablement dit pendant ses élucubrations. « ... Laissez tomber d’accord ? Je ne suis pas fâchée, je ne veux juste plus parler de cet incident, je ne m’en souviens même pas », conclu-t-elle d’une voix ferme mais qui n’était pas agressive, juste un peu lasse et résignée.

Elle pensait le sujet clos et il eut la délicatesse de ne pas renchérir dessus, préférant soudainement parler… mariage. Décidément, ils faisaient une journée à thème ! Plus précisément, il semblait soudainement plaindre sa situation, l’interrogeant sur sa liberté quant au choix de son mari, sur le fait qu’elle était encore célibataire et sur sa passion pour les livres à l’eau de rose qui serait comme un exutoire.

Elle l’écouta patiemment exposer son point de vu, des mots qu’elle avait déjà entendu mais qui sonnaient moins creux de sa part. Peut-être qu’elle commençait à apprécier avoir quelqu’un à Fort Celeste qui se soucie de son bien être.

« Oui ce sont mes parents qui choisiront mon futur mari », confirma-t-elle en achevant de se redresser sur le lit, se calant confortablement son dos contre l’oreiller. « En cas d’hésitation, j’imagine que mon avis pèsera dans la balance et rien ne m’interdit de faire des propositions mais la décision finale leur revient », expliqua-t-elle cherchant à relativiser la dureté de la situation. On lui imposait quelque chose mais elle avait quand même la possibilité de discuter avec eux, ce n’étaient pas des monstres après tout.

« Quant au fait que je ne sois pas encore mariée, c’est parce que mes premières fiançailles ont été annulées », annonça-t-elle sur un ton de révélation, inconsciente que Cullen connaissait déjà ce détail. « J’ai été fiancée avec l’archonte quand j’avais 12 ans mais il les a rompu peu avant le mariage pour des raisons politiques. Je crois que mes parents ne s’en sont jamais vraiment remis et depuis aucun prétendant ne leur paraît assez bien », déclara-t-elle en riant légèrement alors qu’elle imaginait la tête dubitative de ses géniteurs en train d’examiner ses prétendants. « En même temps, c’est difficile de trouver un parti intéressant pour moi », détailla-t-elle, entreprenant de lui dresser un portrait de la situation à Tevinter.

« Je suis l’héritière de la cinquième fortune de Tevinter, les 4 autres étant l’archonte, le Divin et deux familles naines. Les nains sont extrêmement bien vu dans l’Empire – plus que n’importe quel autre étranger d’ailleurs – mais leur résistance à la magie en font des très mauvais choix pour les familles de magister. D’un point de vu politique, mes deux parents sont en magisterium, mis à part le rôle d’archonte et le celui de conseiller de l’archonte – qui, depuis qu’il n’est plus occupé par les Pavus a été extrêmement fragilisé – il n’y a pas de position plus importante dans l’Empire. Traditionnellement, les enfants héritent du siège de leur parent, mais je ne peux pas en avoir deux donc le second reviendrait à un autre membre de ma famille proche, en l’occurrence possiblement mon mari. C’est une aubaine pour les cadets de grande famille et les laetans qui rêvent de faire partir du pouvoir mais ils n’ont rien à m’offrir. J’ai déjà eu des prétendants d’autres pays, des marches libre ou d’antiva qui auraient pu renforcer notre empire marchand mais ils n’avaient pas de mage dans leur lignée et comme c’est largement héréditaire mais parents – et tous les autres altus en général - craignent que cela affaiblisse nos talents. Enfin, il faut que la personne soit irréprochable en tout point pour ne pas entacher le nom de la famille ou faire perdurer une potentielle tare qui pourrait s’avérer problématique. C’est pour ça que l’homosexualité assumée de Dorian a fait tellement de mal à sa famille. Rien n’est plus effrayant que l’idée de voir sa lignée s’éteindre faute d’héritier », expliqua-t-elle, réalisant après coup à quel point elle l’avait abreuvé d’explication, mais bon elle n’avait fait que refléter la situation complexe dans laquelle elle se trouvait.

Parfaitement réveillée désormais, Mellissandre s’étira tandis que son regard s’attardait sur le livre qui trônait sur la table de chevet.

« C’est vrai que dans une telle équation, il n’y a pas de place pour l’Amour », concéda-t-elle d’une voix moins magistrale un peu plus mélancolique mais pas pour autant triste. Elle était en paix avec cette idée depuis de nombreuses années.

« De toute façon, mes prétendants n’en ont qu’après ma beauté, ma fortune ou mon pouvoir. Parfois les trois, personne ne s’intéresse à moi pour le reste », ajouta-t-elle avec résignation en remettant nonchalamment une mèche de cheveux derrière son oreille. « Enfin, l’avantage, c’est que je peux être aussi insupportable que je veux », ajouta-t-elle avec un petit sourire amusé, faisant preuve d’autodérision par rapport aux incessantes piques de Cullen.

« Mais cela ne veut pas forcément dire que je serais malheureuse avec mon futur mari », tempéra-t-elle en regardant Cullen pour témoigner de la sincérité de sa croyance. « Mes parents ne sont pas du tout épris l’un de l’autre, ils ne me l’ont jamais caché et d’ailleurs ils font chambre à part depuis ma naissance, mais pour autant ils s’entendent très bien », ajouta-t-elle avec enthousiasme avant de laisser ses yeux partir un peu dans le vague. Mais elle le regardait toujours, ses pupilles rivées dans les siennes.

« Un mari ou une femme, c’est un partenaire pour la vie mais...  il y a différentes raisons de conclure ce partenariat. Vous… Vous cherchez une femme qui vous rendra heureux, moi je cherche un mari qui m’aidera à prospérer car satisfaire ma famille me rend heureuse. C’est un partenaire d’affaire plus que de coeur en somme, mais cela ne signifie pas qu’il est moins légitime », expliqua-t-elle avec un sourire indolent en attrapant son livre, caressant distraitement la couverture.

« De toute façon, je ne crois pas que l’Amour tel qu’il est décrit dans mes romans existe réellement », soupira-t-elle quelque peu perdue dans ses pensées, manifestement attristée par cette idée là. Mais c’était du pragmatisme tout à fait légitime compte tenu de sa situation, et de son point de vu. Tout le monde ne pensait qu’à se blesser et tirer le meilleur parti d’autrui alors comment auraient-ils pu aimer sincèrement une autre personne… ?

Elle reposa le livre, s’extirpant de sa rêverie pour s’ancrer à nouveau pleinement dans la réalité.

« De toute façon, même si c’était le cas, je dois trop à mes parents pour me soustraire à mon devoir d’héritière. Ils ont tous fais pour moi, ils ont toujours été là pour moi et continuent de l’être. Ils ne veulent que mon bien, je ne peux pas égoïstement les laisser tomber, peu importe la raison... », conclu-t-elle avec énergie et un sourire tout à fait serein. C’était un potentiel sacrifice qu’elle avait toujours été prête à faire et qui ne changerait pas. Quand bien même elle rencontrait l’homme chevaleresque, attentionné, fort, exaltant et drôle dont elle rêvait, quand bien même elle trouvait une personne qui l’aide à s’épanouir et rende le monde autour d’elle un peu moins fade.

S’étirant une nouvelle fois, Mellissandre réalisa qu’elle n’avait plus vraiment mal au ventre mais qu’elle était affamée. Son regard se posa sur la salade de Scipio, quel dommage tout de même qu’ils n’aient pas pu en profiter dans un cadre agréable…

« Dites Commandant, ça vous dit un pique nique de minuit ? Je dois avouer que j'ai un peu fin de ne pratiquement avoir rien mangé depuis ce matin... », demanda-t-elle soudainement avec un sourire facétieux, s’imaginant déjà sortir en douce de la maison comme deux adolescents qui bravent un interdit, pour profiter de l’air frais à l’extérieur. Bon, en réalité il était plus deux ou trois heures du matin mais la formulation sonnait mieux ainsi. Quitte à avoir froid et à parler de choses aussi profonde, autant le faire sous les étoiles.

Consciente que même si elle se sentait mieux elle ne pouvait pas vraiment sortir seule, elle lui fit les yeux doux de jeune femme récemment alitée pour le convaincre avant de s’extirper précautionneusement du lit pour ne pas forcer sur son corps encore crispé. En outre, elle se sentait un peu raide et pataude, encore engourdie, ce qui signifiait qu’elle n’allait pas pouvoir remettre sa robe toute seule, il faudrait au moins quelqu’un pour l’aider à relacer le bustier dans son dos. Décidément, le Commandant allait devenir un expert en corset.
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Posté Mer 6 Sep - 0:51
Missive 7
Commandant,
Aujourd'hui vous allez penser à vous, sachant que les événements d'hier vous ont particulièrement touchés. Ne vous en faites pas, un jour de repos ne fait de mal à personne ! Je vous mets quelqu'un sur le coup pour vous aider à passer cette épreuve.  
Détendez-vous, Commandant



Cullen se demandait presque ce qui l’avait poussé à discuter de la politique Tevintide. Après tout de tous les nobles qui pouvaient exister, ils étaient parmi les plus snobinards et les moins intéressants à écouter. Rien que Dorian partait dans des explications farfelues quand il se mettait à répondre à une question dont la réponse était soit « oui » soit « non ».

Mais effectivement, elle expliqua brièvement que c’étaient ses parents qui choisissaient son époux. C’était bien dommage de ne pas pouvoir prendre sa vie en main. Mais son éducation a été faite de telle manière qu’elle soit dépendante de sa famille et des personnes qui s’occupaient d’elle. Ce n’était pas vraiment compliqué de le deviner, elle ne savait pas cuisiner, ne pouvait pas entretenir une maison et attendait patiemment que les choses soient faites pour elle. La seule chose qu’elle fait de bien ce sont des discours. Après tout les nobles sont formés à bien parler.

Il y avait vraiment un énorme fossé entre les deux et Cullen se mit à se demander si vraiment il l’appréciait au point de vouloir se rapprocher plus d’elle. Mais de toute manière, même si cela était le cas, elle n’avait pas son mot à dire et ils seraient de toute manière séparés. Autant ne pas continuer sur cette voie et reprendre des distances avec elle.  Après tout, ce n’était pas le but de l’opération n’était pas de partir dans une relation dite « impossible » bien que très romanesque.

Mais pourquoi son esprit divaguait ainsi ?

« - J’ai été fiancée avec l’archonte quand j’avais 12 ans mais il les a rompu peu avant le mariage pour des raisons politiques. Je crois que mes parents ne s’en sont jamais vraiment remis et depuis aucun prétendant ne leur paraît assez bien »
«  - 12 ans… C’est jeune. »


Comme Dorian l’avait expliquée elle avait été fiancée à l’archonte, mais à un âge très prématuré. 12 ans était l’âge à laquelle Cullen s’amusait à monter à cheval et escalader le golem au milieu de son village. Aucunement il n’aurait imaginé qu’on pouvait être marié aussi jeune.

Elle expliqua alors sa situation actuelle, ainsi que celle de certaines puissances tévintides. Le fait qu’être mage dans la société de Tevinter était très important pour eux, car elle fait partie intégrante de leur culture et de leur puissance. Cela faisait un critère supplémentaire pour les demandeur en mariage, ils étaient recalés d’office s’ils ne possédaient pas de pouvoir magique. Cullen dormirait moins bête, ce soir-là.

Il apprit par la suite que la famille de Dorian occupait une place très importante dans la haute société et que quelque chose avait fait qu’ils n’eurent pas resté longtemps au pouvoir… Enfin, le post semblait assez délicat à obtenir. En voilà un sujet que Cullen pouvait demander à Dorian : Il ne s’en était pas vanté de celle-ci.

Ensuite un autre problème était présent : étant fille unique de deux magistères elle hériterait des deux sièges à leur mort, et forcément le second devait être judicieusement choisi vu qu’il s’agirait de celui de son futur époux. D’où le fait qu’elle était très convoitée, il comprenait mieux à présent.

«  - Et bien c’est assez complexe comme situation, je dois vous avouer »
«  - C’est vrai que dans une telle équation, il n’y a pas de place pour l’Amour »
«  - Qu’est-ce qui vous fait dire cela ? »
«  - De toute façon, mes prétendants n’en ont qu’après ma beauté, ma fortune ou mon pouvoir. Parfois les trois, personne ne s’intéresse à moi pour le reste »
«  - c’est peut-être ce que vous vous dites, mais je ne parie pas là-dessus. Il y a des gens qui peuvent vous apprécier pour ce que vous êtes si vous vous montrez sincère. »


Il venait de prendre son cas pour une généralité, mais probablement c’était vrai si cela avait marché avec lui. Il la voyait d’un autre œil ces derniers temps, autre que la jeune femme enjôleuse de la place à la côte orageuse.

«  - Enfin, l’avantage, c’est que je peux être aussi insupportable que je veux »
«  - C’est un avantage ça ? »


Cullen se recoucha alors, rabattant la couverture sur lui car il faisait vraiment frais cette nuit-là. Il y eut un petit moment de calme, où il était fort agréable d’être dans un petit nid bien au chaud.

«  - Mais cela ne veut pas forcément dire que je serais malheureuse avec mon futur mari »
«  - Bien entendu, parfois il y a une petite étincelle qui se créé entre les époux avec le temps. »
«  - Mes parents ne sont pas du tout épris l’un de l’autre, ils ne me l’ont jamais caché et d’ailleurs ils font chambre à part depuis ma naissance, mais pour autant ils s’entendent très bien »
«  - Non c’est vrai !? »


Quelle révélation il n’en revenait pas. Les parents de Mellissandre n’avait procréés ensemble uniquement pour des raisons d’héritage plus que par amour envers l’autre. C’était désolant, très désolant. Après, cette explication confirmait le pourquoi les nobles étaient autant volage durant le mariage.

«  - J’ai grandi dans un village où tout le monde se mariait par amour et pas par devoir. J’ai de plus en plus de peine avec vos manières de faire. Mes parents s’aimaient énormément et nous ont éduqués de manière à toujours vouloir aider les autres. »

Ce qui le choquait le plus c’était qu’ils fassent chambre à part.. C’était inimaginable à Ferelden, du moins dans un petit village ou même dans une famille normale.

«  - J’ai du mal à croire que des personnes mariées font chambre à part… »
« - Un mari ou une femme, c’est un partenaire pour la vie mais...  il y a différentes raisons de conclure ce partenariat. Vous… Vous cherchez une femme qui vous rendra heureux, moi je cherche un mari qui m’aidera à prospérer car satisfaire ma famille me rend heureuse. C’est un partenaire d’affaire plus que de coeur en somme, mais cela ne signifie pas qu’il est moins légitime »
«  - Navré, mais je trouve cela vraiment triste. »


Il se posait tellement de questions, mais maintenant il se rendait compte pour quelles raisons Mellissandre ne connaissait pas vraiment certaines de ses habitudes qui semblaient normales pour lui. Au fait, elle a été élevée pour les respecter et les obéir au doigt et à l’œil comme un pion sur un échiquier. C’était triste, vraiment triste. C’était pour cela qu’elle ne remarquait presque pas les attentions qu’il portait à elle, principalement durant cette soirée. On aurait dit que pour elle c’était normal qu’il s’occupe d’elle, comme si c’était un devoir envers elle alors que pas du tout.

«  - De toute façon, je ne crois pas que l’Amour tel qu’il est décrit dans mes romans existe réellement »

Elle avait un don pour réussir à faire sortir Cullen de ses gonds, et principalement avec ce sujet-là.

«  - Le Créateur nous a toujours apprit à aimer son prochain, c’est un fait indéniable. Mais ce n’est pas parce que vous avez grandi dans le but d’asservir les idéaux de votre famille que l’Amour tel qu’il est écrit dans ce bouquin n’existe pas. Pour cela il faudrait sortir un peu plus souvent des murs froids de votre demeure et observer les gens qui vous entourent. Je ne peux pas croire que vous osiez dire une chose pareille. Apprenez à vous ouvrir et ne pas vous cacher derrière un semblant de caractère parce que ce n’est pas pour la façade que vous dégagez que les gens vont vous aimer en retour. Vous êtes exécrable quand vous vous y mettez et ensuite vous vous plaignez que personne ne vous aime. Ne venez pas vous étonner ensuite. »

Il se tourna dos à elle, se blottissant dans sa couverture énervé d’entendre cela de sa part. Bon sang ces nobles, toujours à se plaindre quand rien ne va dans leur vie.

«  - De toute façon, même si c’était le cas, je dois trop à mes parents pour me soustraire à mon devoir d’héritière. Ils ont tout fais pour moi, ils ont toujours été là pour moi et continuent de l’être. Ils ne veulent que mon bien, je ne peux pas égoïstement les laisser tomber, peu importe la raison... »
«  - Si votre propre bonheur ne vous intéresse pas, je suis navré de l’entendre. Mais cessez de vous plaindre dans ce cas et assumez le choix que vous avez fait. »


Il sous-entendait fortement qu’elle pouvait décider de changer et de prendre en main sa vie. Mais si elle était à ce point rattachée à ce que sa famille a voulu lui faire croire c’était son problème et c’était à elle de faire bouger les choses.

Il se décida à somnoler un peu, après tout elle ferait comme elle voudrait, il n’avait pas à lui indiquer comment être heureux. Pourtant cela était plus fort que lui de prêcher la bonne parole Andrastienne.

Il commençait alors à s’endormir quand Mellissandre lui demanda :

«  - Dites Commandant »
«  - Hmmmmmm…. ? »
«  -  ça vous dit un pique nique de minuit ? Je dois avouer que j'ai un peu faim de ne pratiquement avoir rien mangé depuis ce matin... »
«  - Vous voulez sortir… maintenant… ? »


Bien entendu, elle ne voulait pas attaquer le contenu du panier à l’intérieur de cette maison. Mais sortir à cette heure était vraiment déconseillé, le port était connu pour posséder de nombreux trafiquants et autres brigands qui profitaient qu’il y avait que quelques patrouilles de nuit pour agir.

«  - Je doute que sortir à cet heure soit une bonne idée, il y a des brigands qui se promènent la nuit sur les quais. »

Il pouvait très bien se défendre, mais il était tout engourdi, il avait froid et avait un mal de crâne si intense qu’il était contrarié. Un délicieux mélange qui sous-entendait qu’il refusait sa proposition. Il voulait juste terminer cette nuit en se reposant au maximum après tout il était encore en repos forcé.

«  - J’ai un mal de tête atroce, je n’ai pas envie de sortir maintenant. »

Au fond du couloir menant aux chambres il y avait un petit balcon, ceci dit qui longeait une bonne partie de la façade qui donnait sur le lac. Il suffisait de s’y asseoir sur un des bancs et le tour était joué ils seraient sans danger. Mais avec tout ceci, Cullen n’avait pas fait le tour de la maison et n’était pas au courant de cette partie-ci. Si Mellissandre voulait y faire un tour, libre à elle de le faire mais lui il s’était décidé à dormir tout à coup.

«  - Mais si vous avez faim je vous en prie, mangez seulement… »

Et après tout pourquoi avait-elle besoin de sa compagnie pour manger un morceau ? Elle avait probablement quelque chose derrière la tête qui intriguait le Commandant malgré sa subite humeur maussade.

«  - …Parce que vous comptiez faire quoi… ?

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Posté Mer 6 Sep - 11:07
Mellissandre ne s’était pas attendu à ce que le Commandant réagisse à tant de véhémence quant au fait que l’Amour avec un grand A n’existait pas selon elle. Il en venait même à lui faire des reproches, ce qui, bien entendu la mettait de mauvais poil.

« Oui bien sûr, tous les petites gens s’aiment sans retenus et ne se marient que par amour. C’est pour ça qu’il n’y a pas de bâtard ou d’histoire sordide parmi le peuple. J’imagine que c’était pas amour que certains époux battent leur femme jusqu’à les tuer »
, déclara-t-elle avec une voix indéniablement venimeuse. Combien d’orphelin à cause de ce genre violences avait-elle comme esclave. De tête elle pouvait en citer au moins trois, alors elle n’appréciait pas trop ses généralités, ses préjugés. Son monde à lui n’était pas non plus parfait.

« En outre, je n’ai pas dit que l’amour n’existait pas, je ne suis pas à ce point cynique, j’ai dis que l’amour tel qu’il est décrit dans mes romans n’existaient pas. Avez-vous lu une seule fois un livre romantique pour pouvoir affirmer le contraire sur un ton si pédant ? », le défia-t-elle en croisant les bras, réalisant qu’elle s’était un peu enflammée sur le sujet. Elle ne savait même pas pourquoi elle avait ce débat avec lui. « Je parle d’un amour si violent, si pur, si vibrant, si inconditionnel qu’il emporte tout sur son passage. Le genre de sentiment qui sont des Vérités absolues, des certitudes. Je ne parle pas de deux personnes qui s’apprécient et qui décident de passer leur vie ensemble, je parle d’âme sœur, je parle de deux êtres qui s’aiment tellement qu’ils ont besoin de passer leur vie ensemble, sans quoi leur existence n’aurait pas de sens », expliqua-t-elle avant de soupirer pour se calmer. Oui, elle était un peu excessive sur le sujet. Elle plaçait la barre si haut. Tout ou rien, elle n'était clairement pas dans la demi mesure

Mais c’était bel et bien de ce genre de sentiment inconditionnel et inexorable qui la faisait rêvait. Elle qui était si vide, si creuse, l’idée qu’une personne dans ce monde puisse venir la compléter et combler la vacuité de son existence avait quelque chose d’infiniment beau. De trop beau pour vraiment exister.

Mais il continuait à l’accuser d’être contradictoire dans ses choix et ses affirmations. Encore une fois, elle le trouvait injuste envers elle, car elle s’était apitoyée sur beaucoup de choses, mais certainement pas sur son destin de futur mariée.

« Je ne crois pas m’être plaint une seule fois de devoir faire un mariage arrangé », souligna-t-elle en regardant Cullen, quelque peu contrarié. « Pour autant, cela ne signifie pas que j’apprécie qu’on me manque de respect et qu’on me déteste au point de vouloir ma mort, ça n’a strictement rien à voir », ajouta-t-elle en comprenant vaguement où il voulait en venir. Même si ça lui semblait inconcevable, même si ça le dérangeait, elle avait le droit de croire qu’elle pouvait accéder au bonheur même en se pliant aux exigences de sa famille. Non, qu’elle pourrait y accéder uniquement en se pliant aux exigences de sa famille. Et ce n’est pas parce qu’elle avait accepté ça, qu’elle n’avait pas non plus le droit de rêver au prince charmant et à l’Amour avec un grand A. Tant qu’ils ne restaient que des rêves, elle ne faisait de mal à personne…

Soupirant à nouveau, Mellissandre décida d’arrêter de se justifier. En fait, elle ne comprenait même pas pourquoi elle essayait de le convaincre. Pourquoi son avis avait tant d’importance que pour la première fois depuis son arrivé dans le Sud elle avait pris la peine de faire un cours sur sa situation et que maintenant elle s’énervait parce qu’il ne la croyait pas. Cela aurait été plus facile s’il avait juste concédé au lieu de continuer à l’encourager à s’extraire de sa condition comme un petit diablotin tentateur. Et d’ailleurs pourquoi ses propos avec quelque chose de captivant, suffisamment pour qu’elle ait vacillé un instant avant de se draper dans ses principes. On lui avait déjà dit ça une centaine de fois, compatissant à son pauvre sort et l’incitant à prendre sa vie en main pour pouvoir vivre avec un être aimé. Mais ce n’était pas pareille, de la bouche de Cullen, cela sonnait plus doux et plus vrai.

Enfin, comme il n’y avait rien de mieux pour apaiser les tensions qu’un peu de nourriture, elle s’était lancée dans cette petite lubie de vouloir pique niquer à l’air libre. Mais, résistant à ses yeux de chien battu post maladie, il renâclait en prétendant que c’était dangereux.


«  - Je doute que sortir à cet heure soit une bonne idée, il y a des brigands qui se promènent la nuit sur les quais. »
« Oh, vous dites qu’un fort et vaillant templier tel que vous ne pourrait pas me protéger de quelques brigands ? Je suis déçue ~ », minauda-t-elle d’une voix un tantinet moqueuse et exagérée de femme en détresse, titillant volontairement son orgueil.

Mais apparemment il avait mal à la tête. Décidément ce genre de migraine semblait lui arriver souvent…

Sans répondre à son ultime question, Mellissandre qui s’était levée, posa un genoux sur le lit, son poids le faisant légèrement grincer alors qu’elle se penchait pour mettre le dos de sa main sur le front du Commandant qui lui tournait toujours le dos, emmitouflé dans la couverture. Ses cheveux vinrent chatouiller son cou et ses oreilles avant de refluer quand elle se redressa, se retrouvant en seiza sur le lit alors qu’elle constatait qu’il était brûlant, surtout par contraste avec ses doigts gelés.

« Vous êtes malade… ? », s’étonna-t-elle presque avant de se souvenir qu’il avait été brûlé au deuxième degré, subit l’invasion d’un démon ET d’une mage du sang dans son esprit, qu’il avait déjà eu l’air mal en point ce matin et qu’il avait passé la journée à la veiller. « ... Votre blessure s’est infectée ? », le questionna-t-elle plus avant. Si elle avait été un tant soit peu médecin elle l’aurait forcé à lui montrer mais la vérité c’est que les arcanes du soins lui étaient interdites elle ne pouvait donc pas faire grand-chose pour lui. A par parler d’une voix infiniment douce et reposante pour ne pas aggraver ses maux de tête. Elle était tellement peu habituée à jouer les gardes malades qu’elle ne pouvait mimer que ce qu’elle avait vu.

« Vous voulez un linge humide sur votre front ? », demanda-t-elle incertaine de la marche à suivre, avec une innocence qui frôlait la candeur. Il y avait toujours le seau qu’il avait utilisé pour elle, vu la température, l’eau devait être bien fraîche. S’il acquiesçait elle le ferait. Maladroitement sans doute mais elle le ferait.

Maintenant qu’elle même se sentait mieux, elle était plus réceptive à lui et son mal être, elle se sentait presque coupable de ne pas l’avoir remarqué plus tôt. Elle avait juste constaté qu’il avait mal au dos rien de plus.

« Vous avez raison, c’était stupide, vous devriez vous reposer », conclu-t-elle. Tant pis pour son pique nique sous les étoiles. Elle aurait d’autres occasions dans faire un dans des circonstances plus normales. Mais quelque part, c’est justement parce que les circonstances étaient étranges que l’idée était séduisante. Un pique nique à Golefalois avec son faux mari du jour. Les choses ne seraient plus pareil après. Dès leur retour à Fort Celeste il redeviendrait grincheux et distant, trop occupé à jouer le coq pour impressionner ses soldats et ses pintades avec quelques ordres charismatiques pour discuter tranquillement avec elle. Et de toute façon, elle ne pourrait pas lui parler gentiment sans qu’on l’accuse d’entretenir une liaison.

Elle portait volontairement un masque mais la vérité c’est que tout le monde se comporte différemment selon la sphère dans laquelle il se trouve. Si son histoire de bal se concrétisait elle aurait encore l’occasion de le voir sous un jour différent, et lui aussi d’ailleurs. Même s’il allait probablement détester la Mellissandre dans son élément. C’était un peu triste.

Presque tendrement, elle chassa une mèche blonde de son front du bout des doigts.

« Elle rebiquait encore », mentit-elle avec un petit sourire en coin avant de se servir un grand verre d’eau dans la carafe et de le boire pour couper sa faim. Elle n’allait pas manger à côté de lui ou sortir toute seule dans cette maison pittoresque, elle pouvait attendre demain matin.

Considérant que l’affaire était close, elle éteignit la lampe et elle se rallongea, s’emmitouflant dans la couverture avant de venir se blottir dans le dos du Commandant, de la même manière que lorsqu'elle s’était réveillée. Une position rassurante et chaleureuse, affectueuse presque.  

« Bonne nuit », souffla-t-elle gentiment tout près de son oreille vu leur proximité. Elle ferma les yeux, ne sachant pas trop si elle réussirait à dormir mais en tout cas, elle se promis de ne pas se remettre à tripoter ses bouclettes blondes dans un élan d’ennui fasciné.
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Posté Mer 6 Sep - 12:35
Missive 7
Commandant,
Aujourd'hui vous allez penser à vous, sachant que les événements d'hier vous ont particulièrement touchés. Ne vous en faites pas, un jour de repos ne fait de mal à personne ! Je vous mets quelqu'un sur le coup pour vous aider à passer cette épreuve.  
Détendez-vous, Commandant



Il ne cessa de se répéter qu’il n’aurait pas dû s’énerver comme ça contre elle pour un sujet aussi grotesque. Après tout il s’en moquait, elle faisait ce qu’elle voulait. Mais il ne put s’empêcher de penser le contraire après tout. Il semblait refuser qu’elle pense cela, parce qu’il commençait à vraiment l’apprécier et que ce n’était pas vraiment dans ses habitudes de laisser quelqu’un penser aussi négativement à la vie. Mais malheureusement pour elle il s’était comporté en Commandant envers un soldat et ce n’était pas ce qu’il recherchait.

« - Vous êtes malade ?... Votre blessure s’est infectée ? »
« - Ne vous en faites pas, un peu de repos suffira… »


Après tout il avait subit pas mal de choses en moins de 48 heures et son esprit étant assez fragilisé il se rendit compte de sa faiblesse et ne pouvait pas l’accepter. Il se demanda de plus en plus s’il fallait qu’il reprenne du Lyrium… Cela dansait dans son esprit.

La dernière chose qu’il aurait souhaité, c’était se sentir mal devant elle. Elle devait se poser des questions d’ailleurs.

« - Vous voulez un linge humide sur votre front ? »
« - Je… »


Il hésita quelques instants, alors toujours dos à elle… Elle essaya de prendre soin de lui, c’était injuste de la freiner dans son élan alors qu’elle faisait des efforts pour cela.

« - Ce serait aimable si vous arriviez à m’apporter le torchon. »

Il ne voulait pas abuser d’elle, mais elle semblait si généreuse tout à coup à vouloir l’aider en retour. Il se demandait bien ce qui avait pu se passer dans sa tête à ce moment-là. Mais ne voulu pas le lui demander par fierté. Il fallait accepter que les nobles n’étaient pas tous que des flemmards qui attendaient que les autres fassent leurs besognes.

Elle lui apporta le torchon encore maladroitement mal essoré mais au moins il pouvait saluer son effort. Et de l’eau froide lui faisait le plus grand bien à ce moment-là.

« - Merci. »
« - Vous avez raison, c’était stupide, vous devriez vous reposer »


Il se rendit compte qu’il avait complètement oublié Dorian avec cette histoire. Mais il se contenta de fermer les yeux en tenait le linge sur son front pour ne pas qu’il tombe.

« - Ce ne sera que partie remise… »

Elle était encore penchée sur lui, à ce moment-là et observait son attitude depuis en hauteur. Puis elle chassa une mèche qui bouclait un peu trop sur le côté ce qui fit lever le regard de Cullen vers elle, l’air interrogatif.

« - Elle rebiquait encore »
« - Vous avez un problème avec mes cheveux vous »


Elle éteignit alors la lampe qu’il avait allumée en se penchant un peu sur lui, et se recoucha en se remettant dans la couverture, mais en se blottissant près de lui à son grand étonnement. Oui elle avait son corps tout entier collé au sien, comme si elle recherchait un point de chaleur pour dormir.

« - Bonne nuit »
« - Bonne nuit.. »


Il ne réussissait pas à s’endormir tout de suite, se demandant bien ce qui pouvait se passer ensuite. Mais finalement après plusieurs heures de réflexion avec lui-même il finit par enfin se rendormir, ayant presque oublié que Mellisandre dormait contre lui.

Le matin, le soleil passait au travers de la fenêtre et éclairait la pièce de sa douce lueur. Les deux compagnons dormaient encore quand Sven entra dans la pièce pour les réveiller.

« - Allez, debout les amoureux ! Le soleil est levé depuis un petit moment déjà ne tardez pas trop, le petit déjeuné est sur la table »
« - …… Oui maman… »


Cullen se réveilla lentement, se rendant compte qu’il dormait le front contre celui de Mellissandre, L’un contre l’autre en sommes. Au moindre mouvement, elle était forcée de se lever aussi, car ils étaient chacun appuyés sur l’autre. Le commandant se dressa en premier, restant assis sur le lit.

Il ne se doutait pas qu’un jour il allait se réveiller avec une femme dans son lit – du moins pas dans ces conditions - et son premier réflexe était de la regarder et au bout de quelques secondes de contemplation, passa une main tendrement dans ses cheveux.

« - Debout, la marmotte. »

Puis il quitta le lit, profita pour s’étirer et déposer la robe de la jeune femme sur le lit pour qu’elle puisse s’habiller tranquillement pendant que lui allait dans la salle de bain faire sa toilette en premier.

« - Cullen !! Tu as piqué la couverture du canapé ! »

« - Ah, oui, je te la ramène de suite ! »


Arrivé dans la chambre, il tira Mellissandre par le pied pour qu’elle s’enlève de la si douce fourrure posée sur le lit. Il était revenu vers elle étant torse nu puisqu’il se changeait à cet instant. Mais il n’allait pas entacher la vue pudique de la jeune femme durant longtemps, il venait juste récupérer la couverture.

« - je vous ai pas dis de vous lever, vous ? Plus vite que ça ! »

Il ramassa la couverture et sortit de la pièce. Puis il retourna se changer dans la salle de bain avant de redescendre profiter du repas qui lui était gracieusement offert par son ami.

La table était remplie de brioches diverses et de fruits frais. On pouvait dire qu’il avait songé au bien être de ses invités. Cullen regarda cela alors qu’il se servit un jus de fruit et se mit à appeler sa femme.

« - Chérie ! Si tu veux manger dépêche-toi parce que sinon je risque de tout avaler avant que tu n’arrives ~ »

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Posté Mer 6 Sep - 19:06
Quel joie, quel bonheur, d’être réveillé par la voix enjoué d’un templier. Pas habituée à obéir à ce genre de commandement, Mellissandre grogna légèrement sans daigner ouvrir les yeux. Elle avait mis très longtemps à se rendormir et elle était donc contrariée d’être coupée dans son élan. Présentement, là elle se sentait incroyablement relaxée, elle avait envie de végéter encore un peu dans ce lit rustique mais pas si inconfortable.

Sa tête dodelina quand Cullen retira son front, les deux étant appuyés l’un sur l’autre au point qu’elle aurait probablement une infime marque rouge pendant quelques minutes. Contrariée, elle se roula davantage en boule – preuve que son estomac ne la faisait plus souffrir – compensant l’absence de son compagnon en enlaçant l’oreiller. Mais la chaleur n’était pas la même.

Têtue, elle refusait toujours d’ouvrir les yeux, quand bien même il lui caressait les cheveux en la traitant de marmotte. Elle était une marmotte si elle voulait d’abord. Pour elle, il était évident que tout cela faisait parti de leur comédie de marié. Il la laissa – sans doute pour se préparer – et elle se retrouva seule. Elle trouvait le lit soudain terriblement froid et elle était bien réveillée, mais par pur principe, elle resta ostensiblement allongée en prétendant somnoler. Juste pour être enquiquinante en somme.

Toutefois, apparemment Cullen avait emprunté une couverture en bas et il entreprit donc de la restituer en la tirant nonchalamment par le pied. Surprise, elle se débattit légèrement mais elle ne faisait pas le poids contre Cullen et elle finit par s’asseoir tout échevelée de sa nuit autant que de la bataille, tandis qu’il récupérait son trophée.

« Vous êtes un monstre », déclara-t-elle d’une voix neutre en tournant les yeux, s’efforçant de ne pas trop détailler son torse. Franchement, ça n’était pas normal d’avoir des abdominaux si bien dessinés.

Toujours aussi maussade, Mellissandre entreprit de se vêtir de mauvaise grâce, prenant tout son temps pour enfiler sa robe. Toutefois, elle sursauta quand il l’appela soudainement, la menaçant de tout manger si elle ne se dépêchait pas. C’était hors de question. Elle était affamée.

« Si tu fais ça, c’est toi que je mange », cria-t-elle en retour en peinant à refaire les lacets de sa robe alors qu’elle accélérait précipitamment le mouvement.

Amusé par leur manège, Sven sourit en se servant un verre de jus d’orange.

« J’avoue que quand tu m’as dis que tu étais marié avec une riche tévintide j’ai eu quelques doutes », admit-il. Il n’avait pas vraiment caché sa surprise ni sa méfiance à l’égard de cet union, mais manifestement ils l’avaient convaincu. « Mais quand je t’ai vu péter un plomb après son empoisonnement… Je ne t’ai jamais vu si inquiet et en colère... », nota-t-il avec un petit sourire, manifestement impressionné. « Je ne sais pas trop ce qui vous unis mais prend bien soin d’elle », lui intima-t-il en stoppant ses messes basses alors que Mellissandre débarquait dans le salon encore décoiffée.

Elle soupira de soulagement en voyant la table encore garnie et prit place à côté de Cullen sans faire sa difficile. Sur un air de confidence, elle se pencha vers son ‘époux’ et murmura
« Il faudra qu’on se mette d’accord sur une version si on nous interroge sur notre escapade », l’avertie-t-elle avant de glousser pour donner l’illusion d’avoir juste dit une bêtise.

C’était agréable de profiter un peu de l’ambiance décontractée avant son retour à Fort Celeste où l’attendait une très mauvaise surprise…


FIN
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