Dragon Age : Les Légendes de Thédas

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avatarDes loups à l'affût | ft. Morrigan D3ku
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Posté Dim 27 Aoû - 12:46
Juste après la quatrième heure de l'après-midi, tandis qu'un crachin tiède s'abattait du ciel gris, la calèche de Morrigan fit comme prévu son apparition le long d'un chemin boueux, au grand soulagement des cinq mercenaires postés dans une futaie quelques dizaines de mètres plus loin.
Pour Ethel, le succès ou l'échec d'un contrat était déterminé avant même que celui-ci se produise. Il fallait tout prévoir, les détails temporels, le terrain, l'environnement, les possibles chemins à prendre pour s'échapper, la personnalité de la future victime, tout jouait un rôle - pas seulement ses propres compétences. Et aujourd'hui, Ethel avait la trouille.

Sûr, elle avait reçu des contrats de kidnapping avant, mais il s'agissait toujours d'adultes qui avaient quelque chose à se reprocher, de vendettas entre marchands ou nobles plus ou moins véreux. C'était moins courant qu'on leur demande d'enlever des enfants à Orlaïs. Cela prouvait l'absolu manque de scrupules du commanditaire, mais si elle avait voulu faire dans la générosité, elle serait Soeur et non pas Corbeau.
Leur commanditaire était un certain duc d'Onofrio. Un homme influent de la région de Val Firmin qui possédait plusieurs domaines viticoles, et qui, apparemment, avait une dent contre la nouvelle et mystérieuse conseillère de l'Impératrice. Ethel n'avait même pas mis les pieds à Val Royeaux qu'elle avait déjà entendu parler d'elle. Elle ignorait ce qui précisément avait amené le Duc à vouloir lui ramener son enfant en vie, mais pour l'instant, elle s'en fichait.

La calèche flanquée d'un chevalier Orlésien et de deux soldats pataugeait à grande vitesse vers eux ; aussi Ethel, perchée sur une branche à quelques mètres de hauteur, fut la première à bondir au sol pour barrer le chemin au convoi. Les chevaux cabrèrent et les soldats saisirent aussitôt leurs armes ; trop lentement, cependant, pour la salve de flèches qui jaillit hors des buissons et vint cueillir les deux soldats. Ils étaient encerclés et en sous-nombre. C'était parfait. Ethel pointa sa rapière sous la gorge du cocher terrorisé.

Faites sortir la femme. Et donnez-nous tous les objets de valeur que cette calèche contient.

Elle poussa le cocher à descendre de la pointe de sa rapière et s'assit à sa place. Les objets précieux n'étaient qu'une diversion pour les faire passer pour de simples bandits de grand chemin ; elle avait ordonné à ses complices de laisser Kieran à l'intérieur pour qu'elle puisse s'échapper avec. Un assassin avait tranché les tendons de la monture du Chevalier qui s'était écroulée au sol et tenait ce dernier en joue. Elle comptait bien sur les autres pour tenir Morrigan et le Chevalier immobilisés afin qu'ils ne fassent rien d'imprudent tandis qu'elle fuyait avec le gamin. Pourvu que la chance reste de son côté.
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Posté Dim 27 Aoû - 22:48
Serindë était partie laissant un vide au sein du microcosme familial formé par Morrigan et Kieran. Tous deux s'étaient habitués à sa présence, à entendre ses histoires que Kieran arrachait à la mercenaire à grands renforts de demandes répétées. Vivica était là mais ce n'était pas pareil. Néanmoins la mercenaire s'était glissée dans le trou laissé par sa maîtresse et avait su démontrer que la Brodeuse avait eu raison de lui confier la garde de la famille. La Plume était vive, volubile partageant sans réserves son expérience et ses passions avec un Kieran toujours avide de découvertes et d'instruction. Ce fut tout naturellement qu'elle les accompagna lorsque Morrigan décida de quitter Val Royeaux quelques temps. Avant de se rendre jusqu'au QG des Gardes des Ombres elle se devait de régler quelques affaires internes, comme mettre fin aux invectives de certains nobles orlésiens à son encontre.

Et quoi de mieux pour cela que d'aller mener une visite dans leurs domaines respectifs, de poser ses pieds sur la table (du moins métaphoriquement parlant) et de faire comprendre à ces bonnes gens de cesser leurs luttes ? L'Impératrice avait exigé un minimum de sécurité autour du carrosse menant sa conseillère. Cette dernière avait veillé à retenir toute critique à ce sujet. Morrigan avait bien plus confiance en Vivica qu'en ce chevalier engoncé dans son armure de plates.

Coincée dans le carrosse en compagnie de Kieran, la mage ne vit rien de l'attaque qui tomba sur son escorte avec la vivacité de la foudre. Elle n'en perçut que les échos, grondement d'orage qui tendirent son corps, corde d'arc prête à lâcher sa flèche. Dans le silence qui s'était brutalement installé, souffles suspendus, une voix résonna commandant de livrer trésors du carrosse et son occupante. La main de Morrigan saisit celle de son fils. Il était hors de question qu'on la sépara de lui. Elle n'était pas née de la dernière pluie la sauvageonne. S'écarter de son fils revenait à le condamner. Vivica le savait, elle aussi, femme rompue aux champs de bataille et aux duels exercés dans les coupes-gorges. Du regard elle interrogea Morrigan. Elle demeurait sa main armée, et obéirait aux ordres qu'on lui donnerait.

Le cocher ouvrit la porte tremblotant. D'un signe de tête Morrigan fit comprendre à Vivica de conserver Kieran sous sa protection. Ce ne fut que lorsque la mercenaire eut posé sa main sur l'épaule du garçon que la sorcière relâcha celle de son fils.

« Tout ira bien. » asséna-t-elle d'une voix qui n'acceptait aucune réponse. « Vivica, veillez sur lui. »

Sans un mot de plus la sorcière s'extirpa du carrosse sans même un regard pour le cocher. Au sol reposaient les chevaliers abattus par la horde de voleurs. Les prunelles de Morrigan captèrent les oreilles elfiques avant de se poser sur celle qui se tenait à la place du cocher.

« Me voici. Pour le vol, vous avez misé sur le mauvais cheval. Je n'ai pas même pris mes robes de bal. »

Les bagages consistaient en tout et pour tout de quelques chiffons, les mœurs d'Orlaïs exigeant que l'on sépara les tenues de voyage de celle d'apparat, histoire de bien se présenter devant ses ennemis. Il aurait été ignoble d'ajouter un affront supplémentaire, n'est-ce pas ? Morrigan posa ses poings sur ses hanches, levant crânement le menton superbe malgré le danger qui l'encerclait. Ses lèvres se retroussaient, dévoilant ses dents – gestuelle qu'elle avait conservé depuis qu'elle s'était glissée dans la peau d'un loup.

« Je suppose que vous désirez quelque chose en particulier pour avoir exigé ma sortie. Puis-je en connaître la teneur ? »

La politesse des paroles ne masquait pas la colère grondante de Morrigan. Ils avaient curieusement bien choisi leur moment ces voleurs - pile quand la Brodeuse avait quitté Orlaïs pour d'autres contrées.

Note a écrit:
Vivica est la création de Serindë Elisung. Je l'utilise avec l'autorisation de sa créatrice (avec tout droit de modification de sa part si ma façon de la jouer ne colle pas).
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Posté Jeu 31 Aoû - 15:22
Deux mercenaires allégèrent Morrigan de ses bagages aussitôt qu'elle les eût présentés. Son regard croisa un instant celui de la sorcière et elle sentit un frisson lui parcourir l'échine. Qu'est-ce que les mages pouvaient la mettre mal à l'aise...
Elle donna une tape brutale dans le dos du cocher pour lui signifier de s'écarter tandis qu'elle reprenait sa place ainsi que les rênes du véhicule.

- Votre sortie suffira amplement.

Elle échangea un signe de tête avec la mercenaire à côté d'elle, une femme masquée armée d'un couteau. Celle-ci pointa son couteau sur Morrigan, lui barrant le passage d'une façon assez claire.

- Rien de personnel, ma Dame !

Pas de temps à perdre. Le chevalier pourrait reprendre ses esprits dès que possible. Elle donna un violent coup de rênes aux chevaux, qui détalèrent aussitôt. Ethel jeta un coup d'oeil derrière son épaule, le coeur battant ; mais dans son empressement, elle avait oublié de jeter un coup d'oeil à l'intérieur de la calèche. Cette Morrigan n'était pas connue pour avoir énormément d'alliés, ni d'époux, elle la voyait mal voyager avec quelqu'un d'autre que son fils. Du moins, c'est ce que toutes ses sources s'étaient accordées à dire.

La calèche volée filait à toute allure sur la route tandis que le crachin s'intensifiait et devenait de la pluie. Sans avertir, elle sentit une main la tirer par le col et la déstabiliser. Elle lâcha les rênes et tenta de saisir sa dague, mais un bras puissant l'enserrait par la gorge et bloquait sa respiration.
Son assaillant la poussa brutalement hors de la calèche en mouvement et elle atterrit avec fracas dans une flaque d'eau. Ses doigts cherchèrent frénétiquement sa dague tandis qu'elle se remettait d'aplomb, couverte de boue et sonnée par sa chute.
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Posté Dim 10 Sep - 22:39
La lame du couteau chatouillait la gorge de la sorcière qui n'en avait cure. Son regard avait détaillé le visage de l'elfe qui avait pris les rênes, l'imprimant en sa mémoire avec précision. Ils avaient usé d'un moyen rompu par le temps, et grossier, pour l'extirper de la calèche – et ils avaient réussis. La femme qui la tenait en joue déclama quelques mots dont Morrigan ignora la teneur. Son esprit se trouvait au sein de la calèche, auprès de Kieran qui devait se questionner sur cette embardée soudaine conjointe à l'absence de sa mère.

Un hurlement sortit de la gorge de la femme masquée. La mâchoire d'un loup s'était refermé sur son bras, celui qui tenait le couteau. Chair et os finissaient broyés sous la pression des dents. L'animal secoua la tête jusqu'à faire lâcher l'arme à la Corbeau. Grondant, babines retroussées, le loup laissa là sa victime, n'eut pas même un regard pour le cocher apeuré qui implorait la grâce d'Andrasté et courut, courut, dans le sillage laissé par les roues du carosse.

***

Kieran se demandait bien ce que devenait Mère. Il sentait le carrosse rouler plus vite que habituellement, secoué qu'il était par les embardées et les cahots. Sous l'injonction muette de Vivica, le garçon garda bouche close, écoutant et observant. Lorsque la mercenaire grimpa sur le toit, Kieran éprouva de la déception. Il aurait bien aimé pouvoir assister à l'exploit, et non devoir se contenter d'un récit de seconde main.

Vivement qu'il grandisse – adulte et chevalier (ou mercenaire, il hésitait encore) il pourrait combattre par lui-même.

***

La fragrance des bois environnants – humus humidifié par la pluie de la nuit dernière, moisissures des champignons, odeur fauve des bêtes – emplissait ses narines de louve. Néanmoins une ressortissait de ce marasme, la guidait tel un oriflamme – celle de Kieran, de son fils. Truffe au vent, oreilles tendues, Morrigan courait comme jamais, appréciant la souplesse de ces muscles bien plus prodigieux que ceux d'un humain. On pouvait bien critiquer sa magie, la sorcière aimait s'y plonger, enfiler cette peau qui n'était pas la sienne originelle mais qui lui allait comme un gant.

Le carrosse ne se présenta pas à elle mais la silhouette de Vivica oui. La mercenaire se déployait dans toute sa puissance au sein de la route déserte où les sillons des roues continuaient au loin, augurant que les chevaux avaient continué leur route, même dépourvus de leur cocher improvisé. À la figure de Vivica s'ajouta celle de l'elfe qui avait lancé une ultime bravade à Morrigan avant de filer, telle une flèche. À sa vue Morrigan gronda sourdement, son poil se hérissant sur sa nuque. Une envie primaire fusa dans son esprit.

Mordre. Déchirer. Blesser. Tuer. Frapper celle qui a touché au petit.

Kieran n'était pas là, Kieran avait du rester dans la calèche et avait été emporté au loin. Morrigan était partagée : courir après son fils ou punir celle qui avait tenté de le capturer ? Elle finit par sauter sur l'elfe, faisant s'écarter la mercenaire qui brandit un de ses lames, prête à s'abattre sur le prédateur qui venait de surgir. Sa main stoppa en voyant, à la place, la sorcière juchée sur l'assassin, une main posée sur la gorge de cette dernière.

« Ne bougez pas. » Se tournant vers Vivica, elle posa une seule question. « Mon fils ? »
« Je lui ai dit de ne pas bouger. » répondit laconiquement la mercenaire.
« Les chevaux ont du stopper plus loin. Retrouvez-le. Je m'occupe de cette femme. »

La mercenaire jaugea la situation avant d'abdiquer, se rappelant qu'elle devait obéir et ne pas faire entrer en ligne de compte ses propres opinions. Ce qui ne l'empêcha pas de jeter de rapides coups d’œil en arrière, sa lame jonglant entre ses doigts. Lorsqu'elle fut partie Morrigan s'ôta du corps de l'elfe.

« Bien. Maintenant dites-moi. Qui vous a engagé pour capturer mon fils ? »

De l’œil la sorcière surveillait les gestes de l'assassin, prête à se couler à nouveau dans la peau d'une louve si nécessaire.
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Posté Mar 26 Sep - 16:53
La proximité avec cette bête mi-humain mi-loup glaça le sang d'Ethel qui se tint figée. Les mages métamorphes étaient rarissimes, il fallait qu'elle tombe sur la seule du coin qui sache se transformer en loup. Jamais elle n'en avait vu maîtriser aussi bien leur transformation, encore moins l'exécuter si près d'elle. La crainte passa un court instant dans le regard d'Ethel avant qu'elle se ressaisisse et soutienne le regarde de la femme qui la dominait de sa hauteur.

Elle entendait au loin le fracas de la calèche enlevant sa cible au loin. Restait-il une chance de la rattraper sans finir broyée entre les mâchoires du loup ? Non, probablement pas. La brute qui l'avait balancéeà terre n'était pas très loin non plus, et elle ne tenterait pas de battre un loup à la course. Merde !

« Le Duc Ulysse d'Onofrio, dit-elle à contrecoeur.

Elle était juste là pour faire son travail, mais ce n'était pas la peine de le préciser. L'esprit de l'assassin tournait à toute vitesse, essayant de chercher une issue.

- Il veut votre fils vivant » acheva-t-elle avec réticence.

C'était une situation très délicate. Aurait-elle une seconde chance d'accomplir son contrat ? Ou devait-elle trouver une solution de repli ?
Elle ne savait pas pourquoi d'Onofrio voulait le fils de Morrigan, c'était vrai. De nombreuses rumeurs couraient au sujet de ce noble. Certains disaient qu'il était secrètement devenu partisan du culte de Corypheus et agissait comme un agent double, mais aucun des aliés d'Ethel n'avait pu confirmer ou réfuter la rumeur.
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Posté Ven 29 Sep - 18:43
Le nom n'évoqua aucun écho en l'esprit de Morrigan. La sorcière ne comptait plus le nombre de nobles de Orlaïs qui rêvait d'afficher sa tête au-dessus de la cheminée aux côtés de leur dernière chasse dans les bois de Thédas. L'apostate ne fit alors que lever un sourcil, plus intriguée que réellement intimidée par ce titre ronflant. En soit ce que lui avouait l'assassin ne lui révélait guère que des miettes. Morrigan se permit même un haussement d'épaules tandis qu'elle se reculait d'un pas de l'elfe, la jaugeant.

« Vivant ? Bien entendu sinon vous l'auriez déjà saigné lors de notre rencontre. Avez-vous pour habitude de déclamer tout haut des évidences ? »

Converser avec cette femme devenait pratiquement une perte de temps. Soit elle ne savait rien, soit elle conservait fort bien les détails de sa mission et ne les lâcherait qu'après avoir été pressée comme un fruit. Morrigan n'aurait su dire. Elle n'avait jamais été particulièrement douée pour lire dans les gens. Les animaux étaient des êtres bien plus aisés à comprendre, plus instinctifs.

« Néanmoins je ne vais pas vous laisser partir. Nous allons rejoindre mon fils et Vivica, veillez à ce qu'il soit en bonne santé, et nous discuterons plus avant de cet ordre de mission qui vous a fait vous confrontez à moi. Vous n'êtes pas le premier elfe assassin qui m'a été donné de rencontrer. » précisa Morrigan. « Il était retors lui aussi, mais plus bavard je vous l'accorde. Il avait renié sa famille de Corbeaux. »

Zevran et sa verve, ni plus, ni moins.

La magie crépitait au bout des doigts de Morrigan. Son regard s'appesantit sur l'elfe.

« Allez marchez. Et n'oubliez pas que je suis mage et que je ne rechigne guère à user d'arts non approuvés par la Chantrie. »
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