Dragon Age : Les Légendes de Thédas

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avatarLa Pie, l'Epine, Thorn... les noms ne sont que des masques face au coeur D3ku
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Posté Dim 20 Aoû - 22:10


Jessëan
It is better to offer no excuse than a bad one.

NOM & PRÉNOM(S) ⊱ Jessëan SURNOM ⊱ Thorn (l'épine) – plus jeune : la pie. AGE ⊱ 27 ans, née 9:15   NATIONALITÉ & LIEU DE NAISSANCE ⊱ Féreldienne, bas-cloître de Dénérim. PROFESSION ⊱ Mercenaire / assassin-voleuse LIEU DE RÉSIDENCE ⊱  Aucun / là où les missions l'amènent / A la recherche de ses racines SITUATION AMOUREUSE ⊱ Célibataire. ORIENTATION SEXUELLE ⊱ Hétérosexuelle à 90 %. Ouverte à d'autres options FACTION & RANG ⊱ Mercenaire (peu cotée) / Assassine-voleuse (réputation en cours d'approfondissement). ARMES ET/OU MAGIE ⊱ Doubles dagues, poison, fouet, sarbacane, couteaux de jet, corps à corps LANGUE PARLÉE ⊱Tevene et Universelle, avec accent féréldien, dénérim plus précisément.

Tout sur ton personnage !
on veut tout savoir de lui.

Déterminée, voire têtue. Difficile de lui faire changer d'avis. ⊱ Cœur de pierre, cœur d’artichaut. Elle a un cœur, mais le cache bien. Pourtant, beaucoup de choses peuvent l'émouvoir. ⊱ Méchante. Vous la trouverez orgueilleuse, cynique, cruelle. ⊱ En quête d'identité ⊱ Idéaliste mais farouche ⊱ A le goût du risque ⊱ Pragmatique ⊱ Solitaire malgré elle


Autant vous arrêter tout de suite : je ne souffre pas d'une schizophrénie hallucinatoire ou d'un dédoublement de personnalité stéréotypée avec le « mauvais » et le « bon » séparés en deux entités. Nope, je suis normale, avec une seule et unique âme. Une seule et unique âme spécialement noire, ceci dit, et je vous l'accorde bien volontiers. Certains diraient maléfique. Juste peut-être deux façons différentes d'exprimer la complexité d'un esprit qui s'est voué à faire le mal, et à le faire bien.
Et là encore, je mets fin à votre suspicion : je ne suis pas une démente psychotique paranoïaque. Je n'entends pas des voix, et je ne prétends pas ne pas être maîtresse de mes actes. J'ai une conscience, je connais la notion de bien et de mal, telle que la masse mugissante des mortels les pratique. Je sais parfaitement que la plupart de mes actes (oui, bon, quasiment tous) sont répréhensibles aux yeux de la plupart, et si cela ne me gêne pas de mentir, voler, piller, torturer, je n'en tire pas un plaisir pervers. Bien au contraire. Je ne suis ni sadique, ni masochiste. Mais terriblement lucide et décidée. Parfois, il faut ce qu'il faut. Je n'ai pas peur de me salir les mains, si nécessaire.

Toute vie naît dans la souffrance. Vous n'avez qu'à demander à n'importe quelle femme ayant accouché. Elle vous dira à quel point l'expérience fut douloureuse. Ce n'est pas non plus insoutenable ; sinon, la race humaine – elle et toutes les autres - aurait connu une extinction assez rapidement. Mais ce n'est pas une partie de plaisir pour autant. Toute vie grandit dans la violence. Pensez-vous que les humains ont évolué jusqu'à là où ils en sont en demandant gentiment aux dragons et autres prédateurs de bien vouloir les laisser vivre en paix, avec échange de recettes de cuisine ? Non, l'humanité s'est forgée dans le sang et la guerre, la douleur et les pleurs.
Alors pourquoi cherchons-nous toujours à effacer la sauvagerie, la brutalité, la cruauté du monde ? Pourquoi toujours imposer aux hommes et femmes de faire le bien et la paix, alors que nous sommes naturellement barbares ? Il suffit de voir les réactions générales lors des situations de grand péril. La plupart des personnes sauveront égoïstement leur peau avant tout, quitte à marcher sur le corps des autres, à les condamner à la souffrance et à la mort. Les cas où les parents ont sacrifié leur propre enfant pour survivre ne sont pas rares. Ce sont plutôt les héros, ceux qui réunissent et calment, sauvent le commun des mortels en dépit d'eux-mêmes, qui sont insolites. On ne croise pas des preux chevaliers à tous les coins de rue. Certes, ils existent, je le reconnais. Mais ce n'est pas un signe d'espoir pour moi, bien au contraire. C'est parce qu'ils existent que tous ceux qui ne sont pas comme eux sont appelés « méchants ».

J'ai embrassé cette vérité : pour le reste du monde, ne pas être un adepte du kumbaya main dans la main, c'est être méchant.
Bien.
Vous m'appelez méchante ? Je serai méchante.
A mes yeux, nous sommes tous mauvais, et c'est lutter contre nous-même, contre la Nature même, que de vouloir éradiquer le Mal. Sans jeu de mot, le Mal est un mal nécessaire. Une question d'équilibre. Imaginez-vous un monde sans ténèbres, sans nuit, sans ombre, continuellement soumis à la lumière du soleil, ses rayons ardents frappant sans relâche. Au bout du compte, vous obtiendrez un monde de désert et de désolation, toute trace de végétal disparue et pour seuls témoins de notre existence, des os blanchis dans le désert de sable et de rochers. Un même monde de pure obscurité est tout aussi néfaste.
Suis-je donc méchante ? Assurément. En tous les cas, à vos yeux.  Moi, je me dis que l'important, c'est l'équilibre et l'écoute de son soi primordial. L'auto-régulation instinctive. Moi, je ne suis ni mauvaise, ni bonne. Je suis juste humaine, mortelle, en accord avec sa nature profonde.

Je crois en la loi du plus fort, à l'ordre naturel. Ce qui pousse à la violence, mais aussi à l'union des faibles, et à l'instauration d'un ordre social via la force. La force physique, mais aussi la force mentale. Un chef de meute, un leader de clans n'est pas simplement une brute. Sans être un génie, il doit pouvoir protéger les siens, leur dégoter de quoi subvenir à leurs besoins et les amener jour après jour au lendemain. Avoir du charisme donc. Dans la vie, il y a forcément des dominants, et des dominés, et ce n'est pas pour autant que c'est « mal ». Enfin, pour vous, sûrement.
Je lutte pour l'abolition de cette satané morale qui voudrait que tout le monde soit copain avec tout le monde. Je lutte pour que chacun ouvre les yeux et décide d'agir en son âme et conscience. Bien entendu, j'entends par là que la plupart des humains rejettent les conventions sociales. A mort tous les bénis-oui-oui ! Pourtant, je ne suis pas une anarchiste. Je crois qu'il est nécessaire qu'un ordre social s'établisse, et soit respecté... mais le tout selon les lois de la nature. Je dis qu'un humain, libéré des contraintes morales, serait plus « méchant » que maintenant, car plus à même à user de sa force et de sa violence innée, mais ça n'en ferait pas un monstre. Encore une fois, l'instinct de survie voudrait qu'on revienne à une mentalité de meute, avec les forts devants et les faibles qui ramassent les miettes, mais protégés et soumis.
Je suis méchante, mais uniquement parce que je ne me laisse pas entraver par des mœurs et de l'étique à la con. Si je dois torturer un gosse devant un père pour obtenir ce que je désire, je n'hésiterai pas. Y prendrai-je plaisir ? Pas nécessairement, sauf si j'ai en face de moi un de ses crétins aveugles qui prônent l'amour et la justice et le bon et les papillons dans la prairie. Alors ça, ça me dégoûte ! C'est inhumain, ce genre de pensée. Ça me révulse, oui ! Presque autant que ces grands cinglés qui aiment faire mal, gratuitement.

Car suis-je pour autant sans la pitié ? Certainement non. Je me refuse tant que possible à toucher aux enfants, non parce qu'ils sont « innocents », mais bien parce que justement, ils portent en eux cette graine de cruauté naturelle. Hé oui, tout enfant explore un jour le pouvoir sur autrui, en salant les vers de terre ou arrachant les ailes des mouches, et ce indifféremment de votre éducation. C'est bien la preuve que l'homme est mauvais de nature. Tuer un enfant est juste refuser à un être d'explorer son véritable soi. C'est refuser de laisser à l'humanité de devenir ce qu'elle devrait devenir. De toute façon, si un enfant devait devenir une pourriture, il finirait bien à agacer des gens qui feraient appel à des gens comme moi. Là, le cercle de la vie est bouclé, en auto-gestion.
Je ne cautionne pas la violence gratuite, les débordements de gore et autres surenchères à la barbarie. Ça, pour pousser les gens à devenir fous furieux et adeptes de la violence gratuite, il n'y a pas mieux. Oui, je crois en la loi du plus fort et à notre instinct. Mais nous ne sommes plus des sauvages pour autant, nous avons évoluer et je traquerai sans répit quiconque s'abandonne aux dérives abominables, faisant de l'homme un monstre. Je ne suis pas une héroïne, je veux juste que le mal existe et à sa juste valeur. En gros, l'auto-régulation, le retour à une vie plus saine, moins... civilisée, ou sophistiquée, comme diraient certains.

Cette volonté, cet état d'esprit fait de moi quelqu'un d'implacable, droit et autoritaire. Oui, je suis tout ça.
Dédaigneuse, sans aucun doute. Je porte sur le reste de mes congénères un regard froid et dégoûté,  Oui, des sept péchés capitaux, je suis l'Orgueil. Fière et vaniteuse, mais uniquement parce que j'ai vécu et survécu, et que je sais que j'ai raison, n'en déplaise aux biens-pensants ou aux mous du gland qui se laissent dicter leur conduite. C'est souvent ainsi que les gens me qualifient. Mais quiconque me connaît sait que moi, j'aime à être plus manipulatrice et patiente, langue fourchue et calculatrice.  Pragmatique dans ma vie quotidienne, mais ambitieuse dans mes « buts ». Sûrement pas rêveuse. Je suis le volcan qui dort, je suis le prédateur qui guette dans l'ombre. Je suis l'eau qui dort. Je ne bouge que quand je suis sûre de mon coup, ou quand je suis poussée à bout. Dans ce cas, j'explose. L'un dans l'autre, je suis généralement mortelle.

Pour autant, c'est l'envie et l'avarice que j'insuffle autour de moi, car il s'agit bien là des qualités les plus mortelles possibles. On ne peut poursuivre la  destruction du monde  en étant paresseuse ou lubrique. On ne peut être avare si, par gloutonnerie, on avale tout ce qui existe. La gloutonnerie conduit à un déséquilibre, de toutes les façons. L'orgueil est un mensonge né de la notion de bien. Qui dit bien, dit meilleur. Voyez, je me sais moi-même corrompue par ce monde d'arcs-en-ciel et de fraternité universelle. Pouah ! Alors que l'envie et l'avarice sont des sentiments qui poussent à l'action, au dépassement de soi.
Enfin, c'est ce que j'espère.
En dehors de ses considérations philosophiques, je suis une personne peu expansive, pas spécialement associable mais recherchant peu la compagnie de mes semblables. Je laisse les gens aller vers moi, je les séduis par mon côté sombre et énigmatique. Généralement patiente, je suis particulièrement incapable de résister à un défi. Je cultive un certain sens du risque et de l'aventure. Ce feu né de l'adrénaline dans nos veines ? Il n'y a que ça de vrai, pour se sentir en vie. Courageuse, avec des tendances téméraire (un peu plus tête brûlée quand je laisse bride abattue à ma fierté), je suis active et déteste la mollesse.
Si je croise un inconnu et que rien ne nous oppose de prime abord, je serai sans nul doute aimable, et peut-être même amusée et curieuse si cela se justifie. Le tout avec beaucoup de cynisme. Mais je reste profondément une solitaire, une ermite qui préfère  chasser dans les forêts, découvrir des zones vierges de la trace de l'humain, vivre en harmonie avec cette nature, et non pas en créature dominante qui détruit tout. Cependant, je me rends compte que pour survivre, j'ai besoin de la civilisation et de ses travers, de ces villes que j'aime explorer, mais qui finissent toujours par me dégoûter. Il n'y a que dans les villes où les gens, forcés de cohabiter selon un ordre social qui leur est imposé sans leur être naturel, sont le parfait exemple de la cruauté et des dérèglements. Oui, je suis paradoxale. Ce qui ne devrait plus vous étonner à ce moment de notre conversation.

Il y quelque chose en moi que je n'explique pas. Un sentiment de manque, qui me hante depuis quelque temps. J'ai l'impression de toujours avoir un mot sur le bout de la langue, ou d'être sur le point de me souvenir de quelque chose d'important. C'est pour cela que je parcoure le monde et que j'étudie autant les gens. Je veux savoir ce que je renferme. Avec les années, le doute ne m'est plus permis : il y a en moi quelque chose qui me dépasse. Quelque part, je ne m'appartiens pas, et je me réveille en sueur. Dans ces moments là, je suis comme étrangère à moi-même. C'est la solitude qui me pèse. J'ai beau dire, je suis un animal social. Je cherche ma meute, mon alpha.



Un jour, j'ai failli mourir étouffée avec un bout de cerise. Depuis, je ne peux plus les voir en peinture. Cependant, je suis très douée pour nouer les queues de cerise avec ma langue. Je déteste les pigeons. Les autres volatiles, ça va encore, mais j'ai horreur des tourterelles, des pigeons and co. Leur roucoulement me donne toujours la chair de poule. Ça me vient de mes ballades sur les toits, et ces satanés volatiles qui s’effraient d’un rien et qui donnent l’alerte. Si j'ai pris pour mon premier amant un gars de ma bande de Dénérim, je n'ai jamais eu l'occasion d'être amoureuse, ou de prétendre l'être. Cela ne m'arrivera sans doute jamais. C'est peut-être mon plus grand regret. J'aimerai bien avoir un amoureux. Une vie normale, en fait. J'adore les bijoux. Pas forcément les plus précieux, une simple barrette en bronze brossé me suffit. Mais c'est mon pêché mignon. Je ne vole généralement pas pour rien… sauf pour des bijoux, il m’arrive de craquer. J'ai un accent mélangeant le féréldien et le tévenne. Je n'arrive pas à m'en débarrasser. Si   Fenris est mon héros. Le seul esclave à s'être échappé de l'Empire, c'est pour vous dire *_* J'suis fan. Même si je ne déteste pas mes maîtres comme lui... J'ai appris à voler par la force des choses, mais j'ai eu un maître d'armes. Marrant, comme quoi tuer peut-être institutionnalisé. J'ai un minimum d'éducation, et surtout, je suis assez calée niveau théorie de la magie, et sur le plan politique. J'ai été formée par les Alirius, après tout. J'adore prendre de bains de minuits dans les lacs et les rivières. D’ailleurs, je ne suis pas très prude, sans être exhibitionniste.


Ton toi derrière l'écran !
on veut tout savoir de toi.


NOM & PSEUDO ⊱  Nya
ÂGE ⊱  30+.
TES PASSIONS ⊱  le jeu sous toutes ses formes, l'écriture, les loisirs créatifs.
SÉRIES, FILMS, JEUX VIDÉO ⊱  J'aime la SF et la Sfy. Film préféré : Danse avec les loups. Livre préféré : Les Trois Mousquetaires. J'aime bien les films d'animation et les films d'actions à gros budgets. Grande fan de la série Assassin's Creed, je suis très  RPG dans mes choix de jeux vidéos.
PRÉSENCE ⊱ Régulière : passage tous les jours, réponse dans les 2-3 jours.
TON AVIS SUR LE FORUM ⊱  J'aime bien le graphisme, et je trouve que les annexes expliquent bien l'univers. Par contre, si la barre de menu pouvait glisser avec la navigation, ça serait bien. C’est ennuyant de devoir scroller tout en haut à chaque fois.
COMMENT AS-TU CONNU DA:I ⊱  Par ma marraine, Melissandre
TON DERNIER MOT, NIARK ⊱  Je ne connais pas grand chose du monde de DA. J'ai à peine commencer DAO ^^ Mais j'ai plein d'info en tête, et ma bible (Melissandre) pour me guider.





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Posté Dim 20 Aoû - 22:15


this is my story
Look at how a single candle can both defy and define the darkness


J'aurais bien voulu commencer par le commencement, mais voilà, qui de nous sait vraiment son commencement ? Qui peut en être certain ? Vous peut-être, mais sûrement pas moi.
Je suis née dans le bas-cloître de Dénérim, d'un père humain et d'une mère elfe. Demi-sang, j'avais les traits de la race de mon père, mais tous les préjugés de celle de ma mère. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, je ne suis pas née du viol de ma chère et tendre mère qui a été pauvre innocente entre les griffes d'un tortionnaire. Si ce qu'elle m'a dit est vrai, ils étaient amoureux. Sauf que sa famille à lui n'a pas cautionné cet amour, et voilà ma mère enceinte jusqu'aux yeux qui débarque à Dénérim. C'est là que j'ai grandi. D'où vient mon père, qui était-il, je n'en ai pas la moindre idée. Ma mère est morte quand j'avais sept ans, d'une mauvaise fièvre. Elle avait trouvé une place de servante dans une auberge dans le secteur du marché de la ville, car elle avait un soupçon d'éducation. Ma mère était belle, et dans mes souvenirs, elle avait un certain maintien. C'est peut-être une déformation suite au temps, mais j'ai l'impression qu'elle avait un minimum d'éducation. Peut-être avait-elle été servante dans une grande maison, au service d'un bann ? Je ne sais pas. Elle s'est tuée à la tâche, pour faire plaisir à son patron et m'offrir le meilleur. Elle voulait me sortir du bas-cloître, projet très valeureux mais pas si facile que ça. Avec le recul, je me dis qu'elle aurait mieux fait d'y aller mollo, car je ne suis pas sûre qu'elle n'aurait jamais réussi, à moins de me renier. M'offrir le meilleur ? A moi, la métisse dans les bas-fonds de la capitale ? Ah ! Comme si elle pouvait faire quelque chose pour moi. Par contre, si j’avais endossé le mensonge d’être humaine et que humaine… Mais l’amour d’une mère peut-il aller jusqu’à renoncer à son propre enfant ? Je ne sais pas. Je ne crois pas. L’amour a toujours quelque chose d’égoïste.
L'un dans l'autre, je n'ai jamais su qui était mon père : ni son nom, ni son métier, même pas sa description. Avec les années, j'en suis venue à me demander si ma mère m'avait seulement dit la vérité. Peut-être s'était-elle convaincue elle-même de croire à ce mensonge. A sept ans, je n'ai pas cherché à savoir, et depuis, j'ai tout perdu d'elle, à l'exception de souvenir et de ce bijou, un pendentif, que j'ai récupéré bien des années plus tard. Je l'avais toujours vu autour de son cou, et à sa mort, il avait disparu. J'ai toujours cru qu'elle l'avait vendu pour payer le loyer et les factures. En tous les cas, je l'ai retrouvé et depuis, il ne me quitte plus. C'est bien là la seule image réellement positive que je garde de mon enfance.

Car il ne faut pas se bercer d'illusions : les enfants elfes sont tous aussi bêtes et violents que les gamins humains. Parce que je n'avais pas l'ossature fine et les oreilles pointues, ils m'ont rejetée. Ça encore, ça pourrait aller, mais bien entendu, ils se sont ligués contre moi. Oui, sortez les violons. J'ai été victime de brimades pendant mon enfance. Et pas des petites. Mais j'ai appris à me défendre, et surtout, à m'enfuir. Alors, oui, je vous vois venir : ooouh, la lâche. Mais à huit ans, je faisais quoi, seule contre cinq d'entre eux ? Voilà, je fuyais. C'est de là qu'est venue ma capacité à me faufiler partout. En fait, c'est de là que viennent mes compétences à longer les murs, à bouger sans me faire voir et à éviter les obstacles. Agilité, souplesse, sens du danger, merci Dénérim.
Orpheline, j'avais été récupérée par une amie de ma mère qui fit de son mieux pour m'élever, mais ce n'était pas pareil. Et elle ne voyait pas les autres enfants comme seule ma mère pouvait les voir. Elle ne se rendait pas compte, ou ne voulait pas se rendre compte. C'est ça, la réalité d'un cœur de mortel. On refuse tous de voir la vérité en face. Admettre que les autres gosses m'en voulaient juste parce que j'étais différente, l'aurait forcée à ouvrir les yeux sur la misère de son existence. Non, ce n'était pas ma différence qui gênait, parce que j'aurais été naine que ma vie aurait été différence. C'était mon sang humain qui focalisait les tensions. Il ne faut pas croire, mais il n'y a rien de plus raciste qu'un elfe. Les Dalatiens pensent qu'ils sont les derniers exemplaires d'une race parfaite, et les elfes citadins se complaisent tellement dans leur rôle de victime qu'ils en ont fait un trait culturel qui leur donne un passe-droit pour vomir en toute impunité sur le premier des humains, juste parce que leur arrière-arrière-arrière-grand-papa a été un esclave sous le joug d'un humain. Si ça, ce n'est pas de la connerie et de la médiocrité à l'état pur, je ne sais pas ce que c'est. Bref. On dira que j'avais un toit où dormir le soir, une porte à pousser pour y recevoir un repas matin et soir, un bain tous les deux jours et un minimum d'éducation.

Parce que j'avais une bouille d'humaine, je pouvais m'échapper du quartier elfe, et déambuler dans les rues de la capitale. Je crois qu'à dix ans, je les connaissais par cœur. Les belles avenues, comme les petites ruelles sombres. Les chemins de dalles et de boue comme les toits, les remparts et les arbres. Et parce qu'il faut bien s'occuper les dix doigts du lever du soleil jusqu'au coucher, j'avais réussi à me dégoter des contrats de mains-à-tout-faire : porter les courses, aller acheter du pain, retrouver le chat de Mémé Adélaïde... Croyez-moi ou pas, mais à l'époque, je bossais dur, et honnêtement. J'avais très bien compris que moi, je pourrais quitter le ghetto. Moi, je pouvais prétendre passer d'une existence misérable à une existence médiocre. Alors j'accumulais les petites pièces, une par une, avec une patience qui allait me caractériser plus tard.
Ce faisant, j'attirai l'attention d'une bande d'humains, qui allait m'adopter dans leurs rangs. A seulement huit ans, j'étais encore suffisamment naïve pour les croire, malgré une méfiance initiale. Nous n'avions pas de nom, nous n'étions rien, si ce n'était des vauriens montés en graine. J'ai toujours été fine et menue, et le « chef », Riley, avait très bien calculé ce que je pouvais faire pour lui. D'abord monter le guet, ou suivre quelqu'un. Puis me faufiler par une fenêtre entrouverte pour ouvrir une porte. Ce fut lui qui m'enseigna les bases du vol à la tir. Ce faisant, il joua avec une facilité déconcertante sur mon amour des choses qui brillaient : non seulement me récompensait-il avec des babioles, mais fit-il appel à ce sens de l'avidité que chacun avait en soi, pour me convaincre que voler un ou deux petits bijoux n'était pas du vol, mais un rééquilibrage des ressources. Il était injuste, disait-il, qu'ils eussent tant et nous, rien. Nous avions droit nous aussi à posséder ce que la terre produisait. Nous n'avions pas demander à être pauvres. Et me voilà devenue une voleuse des rues, appelée avec « affection », la Pie, par cette bande.
Ils étaient ma famille. Ils m’acceptaient, me désiraient même, pour tout ce que j’étais ou n’étais pas justement. Nous avions faim ensemble, nous fuyions la milice ensemble. Nous étions tous humains, et tous pauvres. Au temps pour moi, qui croyais à l'époque que seuls les elfes du bas-cloître étaient miséreux, et que passés les murs du ghetto, tout le monde vivait dans un certain confort. Déconfiture dont su profiter cet homme. Riley avait 17 ans quand j'en avais 8, et ces 9 ans de différence me paraissaient être comme une frontière semblable au Voile. Je n'ai jamais pensé à contester son autorité. Déjà, à l'époque, je montrais tous les signes d'une bêta. Je n'ai jamais été une alpha, et je ne le serai jamais. J'ai besoin d'un chef, d'un maître, d'un guide et d'un protecteur, à qui je confierai aveuglement mes capacités. Une fois qu’il aura prouvé (il ou elle d’ailleurs) avoir mérité ma confiance aveugle.
C'est facile de dire ça, maintenant que les années ont passé. Avec le recul, je me trouve à manger du foin et la seule évocation de ce temps suffit à me faire frapper la tête contre la surface dure la plus proche. Parfois, je me dis qu'un sort d'amnésie ferait mon bonheur... Après tout, il en faut peu pour être heureux, dit-on. Moins de souvenirs, plus de bonheur ? Mais sans ces années, je ne serai pas ce que je suis aujourd'hui. Ce n'est pas ce que j'aime ce que je suis, mais on sait toujours ce qu'on quitte, pas ce qu'on gagne. Avec « si », on peut refaire sa vie, et à défaut d'avoir peu de souvenirs, je ne suis pas forcément si malheureuse.

J'ai donc passé 7 ans dans la bande, à apprendre l'art du vol sous toutes ses coutures, et un début d'entraînement au combat – assez costaud tout de même, car l'école de la rue ne pardonne pas. Nos lames étaient de mauvaise qualité et nos positions devaient donner des crises cardiaques à n’importe quel maître d’armes, mais seul nous intéressait le résultat : notre survie. Sauf que… Si j'avais 15 ans, le chef en avait 24, et il voulait faire autre chose que vivoter. Il nous faisait faire des coups de plus en plus imposants, et parfois, il prenait des commandes. De qui, et comment, je n'ai jamais su. C'était lui le chef, et il veillait avec un soin jaloux à ne pas laisser la moindre once de pouvoir lui échapper. Désormais, nous nous spécialisions dans le cambriolage des maisons des hauts de ce pays, qui venaient peut-être trois fois l'an à Dénérim. Les gardes et les serviteurs laissés sur place à l'année s’amollissaient et il suffisait d'être un peu organisé et méticuleux dans la préparation pour entrer et sortir ni vu, ni connu. Un travail qui me convenait bien : espionner, subtiliser une clé, flirter avec le page pour obtenir des infos... C'était le chef qui organisait le tout après.
Sauf qu'un de nos coups commandités tourna mal. J'avais tout prévu, sauf le fils qui allait profiter de ces lieux vides pour organiser une orgie impromptue. Nous tombâmes en pleine séance de jambes en l'air. Croyez-moi, les nobles, ça a vraiment des goûts bizarres. Nous repartîmes les mains vides, trois des nôtres morts sur le carreau, cinq autres blessés et capturés. La bande était réduite à néant : plus de membres, plus de réputations, plus rien. Riley en était désespéré et il alterna entre la rage et la boisson. Jamais un très bon mélange. Ce fut dans cet état de ressentiment amer et nébuleux qu'il accepta de son âme aux Abominations. Ou plus exactement, accepta de vendre des elfes du bas-cloître. Il accepta de faire partie des mercenaires de Howe et Mac Tir.
Alors, qu'on soit bien d'accord. A l'exception de quelques personnes dans le ghetto, je ne portais personne dans mon cœur. Voir les petits merdeux – devenus grands – qui m'avaient traquée auparavant, se faire rosser était une grande source de satisfaction. Les imaginer esclaves aussi, mais c'était bien là le mot clé : les imaginer. Jamais je n'aurais été au-delà du rêve très, très sombre. Je m'indignais et là, Riley me fit comprendre qu'il n'avait pas le choix : l'échec de notre cambriolage avait pour conséquences que nous devions de l'argent, beaucoup d'argent, à notre commanditaire. Pour payer, c'était soit la prime du Iarl Howe, soit des moyens dévoyés. Avec presque plus personne dans la bande et sans moyens, Riley se faisait mercenaire et moi... prostituée. Une grande leçon d'humilité, que je n'étais pas prête à recevoir.

Pourtant, nous n'avions pas le choix.
Et c'est là que je compris. Nous avions toujours le choix. Parfois, ce n’était que des mauvais choix, mais ça restait des choix. Mon choix fut de monter de mon propre grè sur le bateau qui m'emmena sur les rivages de l'Empire Tévinter. Être esclave, c'est d'être au mains de plus puissants, et d'être contrainte de faire ou de ne pas faire. C'était remettre son destin au Créateur, aux Anciens Dieux, aux Pierres ou aux Astres, quelque soit le nom que vous voulez lui donner. Être prostituée, c'est volontairement abandonner toute dignité, toute volonté. C'est s'offrir en brebis sacrificielle sur l'autel de la décadence. C'était sûrement idiot comme raisonnement, mais quitte à devoir me faire mettre des menottes, autant choisir celles qui ne me donnaient pas l'impression de me suicider pour rien. Je savais parfaitement ce qui allait m'arriver si je rejoignais un bordel. Je n'avais pas la moindre idée de ce qui allait passer si je montais sur ce navire. Peut-être finirais-je tout de même dans une maison close, mais au moins, ça ne serait pas « mon choix ». C’était mon choix de ne pas en faire. Déjà à l’époque, j’étais compliquée.

La traversée fut un enfer. De ma vie, je ne remettrai pas le pied sur le pont d'un navire. Le fait même de voir la mer me rend malade. Mais ce ne fut pas la houle le pire. Ce fut les gémissements des elfes. Pas un pour tenter de faire contre mauvaise fortune, bon cœur. Je n'ai jamais détesté les elfes. Pour haïr, il faut accorder un minimum de considération, or je n'avais que du mépris pour eux. Il arrive que des individus s'affranchissent de leur condition d'elfe citadins, et de la même façon qu'aujourd'hui, je ne veux pas être jugée juste sur un coup d’œil, je tente de rester neutre face à un elfe. Mais par la culotte d'Andrasté, ce qu'ils peuvent m'être insupportables.
Ce qui pour beaucoup fut la fin de leur vie reste encore les meilleures années de ma vie. Je fus achetée par la famille Alirius, en tant qu'animal domestique de garde de leur précieuse fille, Melissandre. J'avais impressionné le Maître en me tenant bien droite lors de mon enchère, au lieu de chouiner et de tenter d’esquiver les yeux des acheteurs. Au contraire, regardez-moi bien, pensais-je. Regardez comme je suis forte et en bonne santé. Je ne suis pas n’importe quoi. Avec moi, vous en aurez pour votre argent. Lorsque Maître Alirius me demanda si je savais me battre, je lui déclarai « oui, surtout avec les coups bas ». Il me demanda une démonstration et me fit combattre contre un garde. Bien entendu, je me suis faite éclater et ce fut le visage en sang que je fis mes premiers pas comme esclave d'Altus.  
J'appris l'art du combat, pour devenir la garde du corps de l'héritière. Par dessus, on rajouta une couche d'éducation, pour me faire passer pour une « esclave de compagnie », de telle sorte que j'eusse pu accompagner Melissandre partout. Je sais donc servir le thé, agiter les sept différentes sortes d'éventail de cours, ainsi que choisir les paires de chaussures idéales pour les différentes activités de la petite maîtresse. J'ai surtout appris à reconnaître les poisons à l'odeur, les changements dans les liquides, ou les contacts avec l'argent ou l'or. J'ai déjoué une tentative d'assassinat sur Melissandre ainsi. De telle sorte que je suis maintenant capable de tuer quelqu'un de trois façons différentes avec une aiguille à tricoter. Et je ne vous parle pas des dégâts que je sais faire avec une fourchette. Surtout les fourchettes à dessert. C'est que la civilisation a ses armes, et elles sont redoutables.

Je n'ai jamais compris ce que les gens reprochent à l'esclavage. Bon, si, je sais. Le manque de choix, de liberté. Je peux concevoir que certains aimaient leur ancienne vie et que s'en retrouver arraché les dérangeait.  Mais quand je vois ce que certains en font, de leur liberté, je me pose des questions. Personnellement, j'étais très heureuse de dire au revoir à Dénérim. Alors que chez Mélissandre, j'avais 3 repas par jour, un lit douillet, un bain quotidien, des jolis habits, un maître d'armes... On m'aurait rendue la liberté que je serais retournée chez les Alirius demander un emploi. On ne me battait pas, on n'abusait pas de moi. Et les moqueries sur ma condition d'esclave ? Vu que ce que j'avais subi à Dénérim pour être une métisse, j'étais endurcie. Et puis, passer de proie à esclave, pour moi, c’est une montée sociale. Surtout que je me gardais bien de dire aux Alirius que j'étais de sang mêlé. Comment !! Mettre leur précieuse enfant au contact d'une sale elfe ? Pire encore, mettre la vie de leur fille entre les mains d'une elfe ? Non, hors de question. Pour tout le monde, j'étais une esclave humaine... et ça m'allait très bien. Ce fut la seule vérité que je leur cachai jamais.

Melissandre et moi n'étions en rien des amies. La différence de castes nous empêchait de nous considérer ainsi. La différence d'âge jouait aussi. Nos personnalités faisaient le reste. Cependant, j'étais constamment avec elle, dans son ombres. Je savais tout d'elle, alors que je n'avais rien à lui dire. Je n'étais pas ici pour lui conter les histoires ou lui rapporter des ragots. J'étais là pour la tenir en vie et veiller à ce qu'elle se comportât comme une belle petite dinde. Moi qui avais jadis cambriolé les maisons des riches, je me retrouvais à y être invitée, dans ces demeures, toujours deux pas derrière une gamine qui, à mon avis, mériterait d'aller passer quelques jours à Dénérim. Je n'avais jamais vu une fille aussi peu dégourdie. Jolie, et même intelligente, mais d'une naïveté abyssale. Parfois, je me demandais comment la lumière pouvait danser dans ses yeux, vu qu'elle n'atteignait pas le fond de son cerveau. Non, je n'ai aucune pitié. En avait-elle pour moi ? Ses parents en avaient-ils ? Le monde, je l'avais appris, est dur, et si elle n'était pas capable de profiter des largesses tombées du ciel de part sa naissance, je n'allais pas la plaindre.

Enfin, c'était ainsi que j'ai passé mes deux premières années. Au fil du temps, je compris que Melissandre n'était qu'une poupée, un peu comme je l'avais été entre les mains de Riley : je lui avais fait confiance. Ce n’était pas forcément une mauvaise chose, car Riley n’avait jamais abusé. Il avait profité oui, mais avec une certaine tenue. Je crois sincèrement qu’il m’aimait bien, à sa façon, et plus d’une fois, il avait risqué sa vie pour protéger ma fuite. Mais il avait eu toutes les clés, et moi, j’étais restée aveuglée par ma candeur, ma sottise, et mon refus de voir que j’avais des oeillères.
Je fus forcée de revoir ma copie. Melissandre ? Intelligente, ah oui. Mais aveuglée surtout. Ce besoin fervent de se faire aimer, de se faire reconnaître une valeur, fût-elle minime, oh, je connaissais. J'avais été prête à tout pour faire partie de la bande. J'avais menti, pillé, volé, triché et même tué pour ceux que je pensais être les miens. Pourquoi serait-elle différente ?
Ce n'était pas de l'affection. Ce n'était pas que je ne l'aimais pas, car cela m'était interdit. C'était que je me revoyais tellement en elle que je ne pouvais pas me convaincre de perdre tout espoir. Pour elle, car pour moi, j'étais au-delà de toute rédemption. Par une circonvolution bizarre du destin, j'avais trouvé une autre version de moi. Vous vous rappeliez du « et si ». Melissandre était une de ces possibilités. Aussi, je me dévouais à la servir, la faire en sorte qu'elle réussît, là où j'avais échoué. Je voulais qu'elle survécût, non par affection pour elle, mais par curiosité revancharde. Je voulais la voir mettre en échec toutes les tentatives d'entraver son chemin, qu'elle pût monter sur la plus haute marche possible pour elle et qu'elle regardât enfin le monde à ses pieds, superbe et dédaigneuse, elle qui aurait vaincu les augures. Personne ne l'utiliserait, personne n'abuserait de ses capacités. Elle serait avant tout au service d'elle-même.
Le jeu de masques et de sourires me fut donc bientôt aussi familier que le jeu des lames. Les Alirius ne surent jamais, je pense, à quoi ils devaient ma loyauté sans faille. Peut-être ne voulaient-ils pas savoir. Après tout, pourquoi s'encombrer des états d'âmes d'une esclave, tant que celle-ci vous sert, et bien ? Ma vie, qui était déjà assez confortable auparavant, en devint douillette. Je bénéficiais désormais des meilleurs maîtres empoisonneurs, des fines lames venus m'apprendre une parade ou un geste, des courtisanes qui me confiaient des secrets de séduction, ou des secrets tout court. De gré ou de force d'ailleurs, car j'ai souvent mis à profit les talents hérités de mon autre vie pour m'infiltrer dans un boudoir et récupérer des journaux intimes ou des confessions. De la même façon que certaines pestes ou jeunes hommes trop empressés à médire de la petite maîtresse avaient des fois de fâcheux accidents. Il m'arriva aussi de tuer sans autre raison que ma cible avait été désignée comme telle.

En 9:35, alors que j'avais 20 ans et Melissandre 14, nous partîmes pour un endroit dont je garderai le secret. Une tentative d'assassinat qui avait été déjouée au dernier moment faisait que la petite maîtresse était trop en danger. Je fus seule désignée pour l'accompagner chez Shandra, une magicienne qui fit de Melissandre sa disciple. Ancienne esclave dont les talents avait fait sa renommée jusqu'à la hisser au-delà des possibilités, Shandra était aussi une de ces autres moi. Et elle, elle avait réussi. Elle aura tout mon respect, jusqu'à ma mort.
La magie, ce n'est pas mon truc. Je n'ai absolument aucune sensibilité magique, et c'est tout aussi bien, parce que sang-mêlé ET mage, ça aurait fait beaucoup. Par contre, j'ai beaucoup lu sur le sujet, puisqu'il n'y avait que ça à faire chez Shandra, à part m'entraîner régulièrement. Pendant les 3 ans où Melissandre apprit sa magie du sang, j'appris à lire – je n'étais pas bonne lectrice, vu comment j'avais rapidement déserté les rangs des classes de la Chantrie et donc, forcée de m’y mettre sous peine de mourir d’ennui, j’ai dû m’améliorer. Ainsi j'appris l'histoire, la géographie, la politique... et la théorie de la magie. Il y avait des tas de volumes sur le sujet, la plupart du contenu me restant complètement obscure. Cependant, j’aimais bien les diagrammes et les dessins. Je suis bien loin d'être une experte. Tout juste une amateur éclairée. Mais là où Melissandre restait obstinément aveugle et fermée, je me découvris tout un champ de possibilités. Le savoir, c'est aussi le pouvoir. Moi qui n'avais juré que par les armes et mes compétences physiques, que ce soit le vol ou l'infiltration, me voici fascinée et enfin, je compris pourquoi Riley ne voulait jamais dire qui était notre client, le pourquoi, le comment.
Mes talents principaux furent tout de même mis à contribution pour préparer le rituel qui fit de Melissandre celle qu'elle est aujourd'hui. Oui, je connais son secret, et telle une mère voyant son enfant grandir, je la vis passer du stade de la jeune femme aux charmes par ma foi acceptables, à une très séduisante illusion. Je frémis, mais à la guerre comme à la guerre. Ce n'était sûrement pas moi qui allait jeter la première pierre. Oui, des gens étaient morts. Et alors ? Des tas de gens mourraient tous les jours. C'était comme ça. J'allais mourir un jour aussi, et je n'en faisais pas tout un drame.
D'ailleurs, j'ai connu le baiser de la mort et je n'en fais pas tout un plat non plus.

Cela arriva quelques mois après notre retour à la capitale. Melissandre fut immédiatement embarquée dans un tourbillon de mondanités. Son « pouvoir », ou peut-être son « aura », fonctionnait à merveille, et allié avec sa fine éducation, elle fit une entrée remarquée et remarquable dans la haute société des Altus. J'étais, comme toujours, sa fidèle ombre. De dame de compagnie, j'étais passée chaperonne. Un autre masque que je portais, car nul ici n'était pas plus innocent qu'il n'était mage de sang. Mais il y a des vérités qu'il vaut mieux taire. Et vu les ordres que le Maître et la Maîtresse m'avaient donné, il était hors de question que ma protégée rejoignît le rang des sacrifiées sur l'autel de la culbute. Je pouvais comprendre l'attrait que le sexe pouvait avoir sur une jeune personne aussi naïve qu'elle – quoiqu'elle devait peut-être encore confondre cela avec l'amour – mais les ordres étaient les ordres.
J'étais justement en train de signifier à un jeune crétin que s'il voulait un jour engendrer une descendance, il ferait bien de ne pas envisager la créer avec ma petite maîtresse, quand le coup arriva. Je n'entendis rien, n'eus aucun signe avant-coureur de la chose. Pourtant, je n'étais pas mauvaise dans mon genre. Mais contre un assassin entraîné à combattre comme un fantôme, je ne pouvais rien. Pas même me défendre.
Ce jour là – enfin, soirée – je connus la mort.

Je me réveillai sonnée, faible, chacun de mes os fracassé, mon corps tellement douloureux que je n'étais plus qu'une plaie ouverte de la tête aux pieds. Pourtant, je n'avais reçu que trois coups de couteaux, dans le dos. C'était un véritable miracle que j'eusse survécu. Une seule des attaques aurait dû me tuer, que ce fut celle vers mon rein, celle traversant mes poumons pour toucher mon cœur, ou encore la longue entaille sur mon flanc. Je n'en suis pas sûre, mais je pense que c'est mon sang-mêlé qui m'a sauvé la vie. Les elfes et les humains sont très proches, anatomiquement parlant, au point de pouvoir se reproduire en eux, mais forcément, il y a des différences. Mes organes sont sûrement plus regroupés, ou juste un peu sur le côté par rapport à un corps humain. L'assassin n'avait aucune raison de soupçonner que je n'étais pas humain, enfin, pas totalement ; il (ou elle) me laissa pour morte... et il avait raison.
L'esclave public qui ramassa mon cadavre, trouvé dans une rue, s'étonna de me voir faiblement respirer une fois arrivé à la fosse commune où Tévinter incinérait plus enterrait les cadavres des « non voulus ». La pression des macchabées empilés tout autour de moi, ainsi que la chaleur rémanente de leur corps, m'avaient ramenée parmi les vivants. Je fus donc mise de côté en attendant que je me remis ou que la mort vînt me prendre pour de bon. Les paris ne me donnaient pas gagnantes, et de nombreux travailleurs des égouts, les éboueurs et toute « la lie » qui pourtant préservait la beauté de la ville, perdirent de l'argent quand, tenace, j'ouvris les yeux.
J'étais... une larve pathétique. Incapable de me tenir debout. Mes muscles avaient fondu pendant la forte fièvre qui m'avait cloué sur ma paillasse pendant des jours. L'infection qui s'était installée avait été guérie par les moyens du bord. Le Créateur sait que j'ai un profond respect pour les herboristes et la nature, mais je refuse de croire que certaines choses peuvent être mise en contact avec une plaie, encore plus une plaie sur mon corps. Mais c'était ce qui c'était passé, et pourtant, j'aurais voulu y passer.
Parce qu'on me signifia que je n'avais plus de raison de vivre.
Les Alirius ne me reprendraient pas à leur service. S'ils ne m'avaient pas fait cherché pendant les trois semaines depuis ma disparition, c'est qu'ils ne voulaient pas de moi. J'ai eu beau protesté qu'ils avaient sûrement cherché ma trace, mais n'avaient jamais pensé à envoyer quelqu'un ici. Un éboueur secoua la tête. Les Maîtres envoyaient toujours quelqu'un au Charnier. Les Alirius ne s'étaient pas donné cette peine. A se demander, me fit-il remarquer avec une honnêteté brutale, s'ils n'étaient pas certains de ma mort... puisqu'ils l'auraient organisé. Au début, je ne pus accepter cette théorie, mais le doute finit par s'installer. Je connaissais tellement de leur secret. Peut-être le Maître avait-il décidé que j'étais une menace pour Melissandre. Ou peut-être n'avait-il pas voulu donner l'air de s'inquiéter pour une simple esclave. Les masques couvrent les visages, mais imposent des émotions. La compassion n'en faisait pas partie, et les Alirius se seraient fait prendre à leur propre jeu de ceux qui dédaignent les esclaves. Devais-je alors tenter de me présenter à eux ? Pour quoi faire, me répondit-on. Dans mon étant, je ne serai d'aucune utilité, et si je n'étais pas morte, je le serai alors pour de bon. Un Altus ne s'embarrasse pas de ce genre de débat éthique. Melissandre pouvait se défendre toute seule. Elle allait aussi faire face à d'autres menaces que des assassinats. Une telle mort serait par bien trop suspicieuse.

J'étais, tous comptes faits, superflue.

Mon monde s'écroula. J'avais consacré 8 ans de ma vie à construire quelqu'un qui n'était qu'un château de cartes, quelque chose sur lequel je n'avais aucun contrôle. Esclave, c'était donc ça. Ce sentiment d'incapacité totale. Ne rien avoir, ne rien être. Ni nom, ni rêve, ni futur. J'étais réellement née sous une étoile double, car ce fut au moment où je me retrouvai libre que je compris l'horreur de l'esclavage. Encore une fois, je m'étais bercée d'illusion. J'avais compris ce que j'avais voulu comprendre. Je me jurai que plus jamais je refuserai de voir la vie telle qu'elle était vraiment. Je ne renonçais pas à l'espoir, mais je savais que c'était une chose chimérique, et non éphémère. Je renonçais à croire que je pouvais radicalement changer les choses. J'acceptais aussi que je n'aurais aucune chance, et de ce jour, je n'ai jamais joué à quelque jeu que ce fût.
8 ans, et en seul paiement, trois cicatrices, longues, rouges, zébrant mon dos et mes côtes comme un vers bien gras. Avec le temps, elles blanchiraient, mais la suture avait été faite tellement artisanalement qu'elle marquait fortement mon corps, au lieu de disparaître en une ligne fine. 3 cicatrices, et la menace de me faire tuer si jamais j'étais reconnue par les Alirius ou leurs « amis ». J'avais 23 ans, et je devais fuir. Encore.
Et là, un miracle. Ces gens, qui vivent dans les ordures et les morts – littéralement – ces gens qui n'étaient pour moi et pour qui je n'avais rien été jusque là, ces gens qui n'avaient rien, m'aidèrent. Ils avaient déjà beaucoup donné de ce « rien » qu'ils avaient pour me remettre sur pieds, et ils trouvèrent encore le moyen de payer pour mon passage sur un navire vers Férelden. SI je n'avais aucun attachement pour ma patrie, c'était encore le seul endroit que je connaissais. Cependant, je refusai de monter à bord. Ce n'était même pas que j'étais terrifié des bateaux et de la mer. J'en étais dégoûtée. Pourtant, il le fallait. Alors on trouva un moyen, assez retors, je l'avoue : je me fis tatouer la plante des pieds. Ne pas pouvoir bouger sous peine de douleurs intenses m'obligerait à rester dans mon hamac. De toutes les façons, je n'étais pas bien vaillante. L'idée n'enchanta pas le tatoueur, qui pensait que pour le coup, j'allais attraper une infection qui me tuerait. C'était peut-être une option qui me tentait à l'époque, car j'étais encore folle de rage et chagrin contre les Alirius, Tévinter et l'esclavage. Pour motif, je choisis un savant mélange de dessins inspirés de mes lectures, du temps où j'avais longé chez Shandra. Quelque part, je voulais graver l'ironie des faits : si j'avais les pieds sur terre, bien ancrés dans la réalité, c'était grâce, ou à cause, des Alirius. Ils m’avaient tout pris, et pourtant, tout appris. La magie ne me servait à rien, tout comme cette vie vécue auprès d’eux.

Plus que la peur de l'inconnu, c'était une dette qui me ramenait à Dénérim. C'était là la conclusion à laquelle j'étais arrivée pendant mes longues heures de tourment, installée sur ma couchette dans le ventre du monstre qui me ramenait « chez moi ». On est peut-être à l'ère des dragons, mais entre affronter un drake and cie, et un navire ? Je prends le dragon. Au moins j'aurais les pieds sur terre et j'aurais chaud. Les voyants qui me sortent que je suis de signe d'eau, je les égorge. Littéralement. Bref. Je devais rembourser ceux et celles qui m'avaient aidé à m'enfuir de Tévintide, mais j'avais gardé au fond de ma mémoire Riley, qui avait été prêt à tout au nom d'une dette. Il avait été mon chef, et un bon chef, en dépit de tout. Comparé aux Alirius, je ne pouvais pas lui reprocher de ne pas tenir à moi. Alors certes, il avait fait un truc pas bien du tout en se mêlant à cette histoire d'enlèvement d'Elfes. Bah, qui n'a jamais merdé dans sa vie ? Il était désespéré, et ce n'était pas totalement que de sa faute s'il n'avait pas trouvé d'autres personnes vers qui se tourner. C'est marrant, mais quand on a faim, froid ou qu'on est dans le merdier, la Chantrie est souvent comme abonnée absente. Je ne sais pas si vous avez remarqué ce détail. Riley ne m'avait jamais trahie : il m'avait utilisée et j'avais juste été assez stupide pour ne pas m'en rendre compte, alors qu'il ne s'en cachait pas. S'il était encore vivant, alors je devais le retrouver, et l'aider. Tout le monde a droit à une seconde chance, non ? Pourquoi moi, et pas lui ? Et si je voulais jamais racheter mes dettes auprès des autres esclaves, je devais trouver du travail. Or, je ne pouvais travailler comme voleuse ou assassin dans l'Empire. Férelden, donc, et plus précisément Dénérim, here I go, comme ils disent dans les Anderfels.
Je descendis la passerelle avec les jambes encore bien tremblantes, mais toutes mes douleurs furent oubliées le moment où le vent porta à mon nez les relents de la cité : le bois pour le feu, la boue, la sueur de la populace et le mouton mouillé, le tout épicé d'un relent d'iode. Ça, ça ne m'avait pas manqué. Pourtant, je retrouvai avec une aisance presque trop rapide mes marques dans cette ville. Les rues avaient changé, la guerre ayant laissé des traces encore visibles sur les murs de la capitale. Le bas-cloître était toujours là, plein d'Elfes crétins et peureux. Les mages n'étaient plus contraints à vivre dans des Cercles, mais les Oreilles-Pointues eux, n'avaient pas trouvé la force de changer leur condition. Pourquoi s'étonner que j'ai le plus profond mépris pour la plupart des Elfes ? Ils peuvent m'appeler Oreilles-Plates, s'ils le veulent. Moi, c'est Amour-Propre Plat, que je les appelle.

De Riley, je ne trouvai aucune trace. Il n'avait pas marqué l'histoire de par ses exploits de mercenaire. Il n'y avait même pas le moindre indice sur une possible chute, et donc pas de tombe. Je pleurai sincèrement sa disparition, car il était le dernier lien avec une vie à laquelle j'avais renoncé avec, je le savais désormais, trop de facilité. De ma mère d'adoption, je n'eus aucune nouvelle. Elle faisait partie des nombreuses victimes des rafles tévènes. Je pense que j'aurais pu réclamer son héritage... mais hériter de quoi ? Une maison dans le bas-cloître ? Non merci.
A force de les chercher, Riley et elle, je finis par attirer l'attention d'un groupe. « Les amis de Jenny la Rousse », qu'ils s'appellent. Alors, je ne sais pas qui est Jenny, et même si elle existe vraiment, ou si elle n'a jamais existé. Cependant, force est de reconnaître que c'est une chic fille, cette Jenny. Permettre aux plus pauvres d'avoir recours à des services généralement réservés aux riches... comme si en étant pauvre, on l'était aussi du droit de justice ou de vengeance. Comme je ne cherchais pas à m'enrichir, j'acceptais ces contrats pas forcément très lucratifs. Cependant, j'avais un sentiment de « bien », quand je volais ou tuais pour le compte du groupe. Je veux dire, quitte à voler et tuer – mes seuls talents, mes seuls moyens de survivre – autant ne pas le faire juste égoïstement. Je ne dis pas que les gens qui étaient mes victimes étaient forcément les pires salauds de la création. Si ça se trouve, j'ai trucidé des innocents. Mais quelque part, quelqu'un avait besoin de moi, et mes gestes, à défaut d'être « bons », n'étaient pas gratuits ou égocentriques. Quelque part, j’œuvrai pour le plus grand bien. Ou plus grand mal, si vous préférez. Je ne suis pas contrariante, je respecte le droit à l'individualité.

Ce fut pendant une de ces missions que je remis la main sur le médaillon de ma mère. Une pierre, simplement sertie dans un fin treillis d'argent. Le fait même que ce ne soit pas de l'or prouve que l'objet en soi n'a aucune réelle valeur – la pierre étant une belle babiole bien taillée et scintillante, à peine demi-précieuse. Mais c'était un souvenir fort pour moi. J'étais dans la boutique d'un bijoutier de Dénérim, et je ne sais pas ce que le bougre a fait, mais il a hérité ce soir d'un coup de couteau entre les deux côtes. C'était un jeu qui m'amusait : parfois j'imaginais les raisons qui faisaient que tel ou tel se retrouvait à ma merci. Dans le cas de ce type, il me plut de penser qu'il avait trompé sa femme en abusant de sa petite fortune et que la cocue avait ponctionné dans ladite somme pour se faire veuve et seule gardienne des cordons de la bourse. Ce n'était sûrement pas ça, mais j'aime ma version.
J'aurais pu voler le médaillon, mais par principe, je n'interfère jamais avec mes missions : si je suis ici pour tuer, alors je ne vole pas, et autant que possible, vice-versa. Je me pointai donc le lendemain, me présentant à la veuve éplorée pour demander « mon dû », prétextant que son mari avait travaillé pour une commande spéciale que j'avais passé. Elle s'enrichit des sous obtenus pour l'assassinat de son cher et tendre. L'ironie de la chose me fit sourire. Maintenant, je porte en permanence ce bijou, le long d'une chaîne fine en argent, de telle sorte que la pierre se longe dans le creux de mes seins, invisible pour tous.

J'étais rentrée en Férelden en  9:38, l'année où la Chantrie décida de mettre fin aux Cercles. C'était le début des emmerdes, et le commerce pour les gens de l'ombre, comme moi, florissait. Je pus rembourser ma dette envers les esclaves de Tévinter, et là, je me retrouvai face à moi-même, sans trop savoir quoi faire. Je n'avais, finalement, aucun rêve pour moi-même. Je ne savais que tuer ou voler. A défaut de tout autre chose, je me mis sur le marché officiel de mercenaires, tout en travaillant à côté pour les Potosses à la Rouquine. Bon gré, mal gré, je commençais à me faire une petite réputation comme lame à louer. J'accompagnai donc des caravanes à travers le pays. C'était surtout mes missions « à côté » qui me remplissaient les poches, mais je savais déjà que l'argent ne faisait pas le bonheur, bien qu'il y contribuât.
Pour des raisons de marketing, j'avais pris l'habitude de signer mes méfaits, quand ils étaient officieux, d'une rune « th » naine. Un symbole facile à tracer, avec le sang – de ma victime – ou du charbon, de la craie. Rapide, efficace. J'avais appris les anciennes runes chez Shandra. Pour une raison que j'ignore, elle avait un traité sur les coutumes naines, alors qu'un nain, c'est aussi loin de la magie que les Tréfonds du ciel, et elle, c'est une mage. Mais vu les liens entre l'Empire et les Thaigs, ça ne m'étonnait pas de voir des bouquins de culture générale naine qui traînaient un peu partout. Bref, l'occasion faisant le larron, j'avais posé ma marque, et par là-même, acquis une réputation. « Th » comme « Thorn », donc l'Epine, dans ce langage passé.
La Pie, l'Epine, Thorn... les noms ne sont que des masques face au coeur Runa%20thurisaz
Ça m'allait bien. Je ponctionnais les bourses et les carotides, tel l'aiguillon de la rose. Et Thorn avait donc plus de succès que Jessëan.

Alors que j'étais en train de me tâter, à savoir investir mes petites économies dans une caravane ou dans une boutique, les Potosses me contactèrent pour une mission que je ne pus refuser. Des familles s'étaient mises en commun pour payer mes services, pour tuer leurs fils, maris, amants, neveux, cousins, etc. templiers, devenus soldats de Coryphéus suite à l'histoire du lyrium rouge. Je dis « histoire », parce que cela ne me concerne pas plus que ça. Je vis dans un monde, et ce monde bouge, change, mute. Je suis contente pour lui. Et oui, je sais que ces changements impactent MA vie, mais comme je ne sais pas lire et prédire les événements – sauf la météo du lendemain - je suis incapable de savoir quoi, comment. J'ai beau me refuser à être manipulée à nouveau, il y a des choses qui dépassent mon entendement. Alors, je laisse venir. Donc, toute cette histoire de Faille, d'Inquisition... Quelque part, Coryphéus est presque un sponsor. En créant un tel chaos, il est à la source de l'offre et la demande pour des services comme je les prodigue. Sans lui, le monde serait peut-être un peu trop en paix pour moi. Je n'irais pas à dire que je lui dois une fière chandelle, mais... Après tout, s'il veut conquérir le monde, pourquoi faudrait-il forcément l'en empêcher ? Il veut être Dieu sur Terre ? Bah, vu ce que le Créateur m'a mis, dans sa profonde indifférence, dans la tronche, je ne dis pas que je suis tentée de lire les pamphlets de la concurrence. Les Elfes ont leur propre panthéon, les anciens dieux sont des archidémons en devenir, et les Nains adorent la pierre. Pourquoi refuser à ce type de faire ces preuves ? Personnellement un Dieu du Chaos et du Carnage, ça me va. M'enfin, ce n'est pas le point. Le point est que j'ai une liste de dix noms, et que je dois faire ça proprement, pour la libération de l'âme et la fin de ses tourments et tout ça. Bien Ma'ame, à vos ordres Ma'am. J'suis pas chiante, comme fille, franchement.
J'avais traqué et barré trois noms sur ma liste quand une autre offre arriva. Non pas via les Amis. Cette offre, elle me vint de nos Tréfonds à nous, les guildes d'assassins et de voleurs. Nous avons nos réseaux, nos messagers. Thorn était invitée à accepter une mission pour laquelle on la désirait personnellement. Les premières informations étaient forcément floues, comme toujours ; jamais un employeur digne de ce nom ne donne tous les détails comme ça. Il fallait nous appâter, avec des mots clés, et si le job semblait nous correspondre et rentrait dans l'agenda, alors on discutait. En général, je ne cours jamais deux lièvres à la fois. C'est le meilleur moyen de se planter sur les deux missions. Mais là. L'orgueil l'emporta. C'était la première fois qu'on me voulait, moi, en particulier. C'était bien le signe que Thorn avait une certaine renommée. Alors, s'agissait-il d'une mission suicide commanditée par la concurrence pour se débarrasser de moi ? Possible. C'était également la possibilité pour moi de gagner beaucoup, en prestige, en argent.  Après cette mission, de haut risque, en solitaire, dans le plus grand secret, je pourrais carrément me racheter une vertu, me faire commerçante avec pignon sur rue. Commerçante de quoi, je cherche encore, mais avoir de quoi réfléchir aide à la réflexion, en fait.

Je pris la mission, on s'en doute.
Il s'agissait d'aller fouiner dans le quartier général de l'Inquisition, pour savoir ce qui s'y passait. Nul vol, nulle mort. Juste de l'espionnage. Ce que je ne savais pas est que le commanditaire n'est nul autre que la Reine Anora. La charmante petite blonde sur le trône n'a guère apprécié de voir l'Inquisiteur et des compagnons s'installer à portée de bras, et à se constituer des terrains et une influence politique de plein droit. Si c'était Orlaïs dont les territoires étaient directement impactés, Les Dales sont à la frontière de Férelden. Madame la Reine, sans vouloir faire de l'ingérence – pour le moment – se refusait à ne pas savoir. En ça, elle est bien différente de moi, mais moi, je ne suis pas reine. Comme elle ne peut pas faire appel à son réseau d'espions habituel, elle a fait appel aux services d'une personne compétente, mais sans plus : quelqu'un qui a tout à gagner, quelqu'un qui peut réussir et surtout une personne dont on ne pourra jamais remonter la trace jusqu'à elle. Une personne qui aurait tellement de raison d'être prise en train de fouiner dans les petits papiers de Ragnar and co, que jamais on ne penserait à la royauté d'à côté.
Son choix s'est porté sur moi, et moi, sans le savoir, je pris ce boulot.
Car je savais que tôt ou tard, je finirais par croiser le chemin de l'Inquisition. Les templiers rouges s'étaient dispersés un peu partout, et si je voulais finir ma première mission, il allait me falloir des renseignements vérifiés. Sinon, j'étais bonne pour parcourir le monde pendant dix ans à la recherche d'une demi-douzaine de crétins ayant versé dans les arts occultes. Une perspective qui ne m'allait guère, bien que je n'eus finalement pas mieux à faire. Voilà, à défaut de savoir ce que je voulais, je savais ce que je ne voulais pas.
C'est déjà un début, non ?

Et justement, c'en est un. Le début de mes aventures.



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Invité
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Posté Dim 20 Aoû - 22:26
Bienvenue à toi !! ^o^/
Bonne chance pour ta validation ! :D
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Invité
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Posté Dim 20 Aoû - 22:44
Bienvenue nouvelle miss mercenaire ! o7
Bon courage pour la suite ! si tu ne meurs pas avant La Pie, l'Epine, Thorn... les noms ne sont que des masques face au coeur 1968096591 La Pie, l'Epine, Thorn... les noms ne sont que des masques face au coeur 3898462433
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Invité
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Posté Dim 20 Aoû - 22:53
bienvenue officiellement <3
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The Hero of Ferelden ⊱ Grey Warden
— PSEUDOs : Pendräagon.
— DISPONIBILITÉ RPs : ✓ Disponible
— PRÉSENCE : Présent.
— MISSIVES : 447
— DC&TC : Glorfindel Mien'Harel (+) Seth.
— PRESTIGE : 521
— PAIRING & OTP : Reylistair shipper forever.
— CRÉDITS : moi (+) noobito
La Pie, l'Epine, Thorn... les noms ne sont que des masques face au coeur 8euj
— ICONE (100x100) : La Pie, l'Epine, Thorn... les noms ne sont que des masques face au coeur Mc3n — NATIONALITÉ : Il est Alamarri.
— ÂGE : Reyner possède vingt-sept ans.
— PROFESSION : Commandant des Gardes de Ferelden.
— FACTION : Garde des Ombres.
— ARMES : Il est armé d'une très belle épée Orlésïenne et d'un bouclier comportant l'écusson des Cousland.
— AMOUREUSEMENT : En couple avec Alistair Theirin, ancien ami et frère d'arme pour qui il avait toujours éprouvé des sentiments sincères et profonds.
— O.SEXUELLE : Bisexuel.
Posté Lun 21 Aoû - 0:23
Bienvenue sur le forum, miss ! Très bel avatar, olalalalah. La Pie, l'Epine, Thorn... les noms ne sont que des masques face au coeur 1175699689

Je te souhaite bonne chance pour la rédaction de cette fiche prometteuse !

Si tu as des questions, n'hésite pas à me contacter ou bien à contacter Iris (mais ça, je pense que tu le sais déjà huhu. La Pie, l'Epine, Thorn... les noms ne sont que des masques face au coeur 1968096591)


The Calling of the Warden.
THE CITY OF THE DEAD ⊹ I'M SCARED OF WHAT'S INSIDE MY HEAD, WHAT'S INSIDE MY SOUL ; I FEEL LIKE I'M RUNNING BUT GETTING NOWHERE. FEAR IS SUFFOCATING ME, I CAN'T BREATHE, I FEEL LIKE I'M DROWNING, I'M SINKING DEEPER. WHITE LIGHT FADES TO RED AS I ENTER THE CITY OF THE DEAD. I FEEL IT BURNING THROUGH MY VEINS, IT'S DRIVING ME INSANE, THE FEVER IS RISING, I'M GOING UNDER.

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Invité
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Posté Lun 21 Aoû - 19:07
Bienvenuuuuuuuuue ! o7
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Invité
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Posté Mer 23 Aoû - 9:51
Bienvenue, camarade Mercenaire !
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— ICONE (100x100) : La Pie, l'Epine, Thorn... les noms ne sont que des masques face au coeur Mc3n — NATIONALITÉ : Il est Alamarri.
— ÂGE : Reyner possède vingt-sept ans.
— PROFESSION : Commandant des Gardes de Ferelden.
— FACTION : Garde des Ombres.
— ARMES : Il est armé d'une très belle épée Orlésïenne et d'un bouclier comportant l'écusson des Cousland.
— AMOUREUSEMENT : En couple avec Alistair Theirin, ancien ami et frère d'arme pour qui il avait toujours éprouvé des sentiments sincères et profonds.
— O.SEXUELLE : Bisexuel.
Posté Lun 28 Aoû - 0:28



⊱ Bravo, tu es validée Jessëan !
bravo, bravo et encore bravo !

⊱ AVIS SUR LA FICHE — Quelle longue histoire, très bien écrite et riche de détails de l'univers de Dragon Age ! On ne dirait pas que tu n'as jamais joué à la saga, c'est impressionnant. Bravo à Irisviel pour son aide apportée afin que ton histoire soit encore plus riche ! Bref, tout est parfait de mon coté ! J'ai donc le plaisir de t'annoncer que tu es validée, Jessëan ! Si tu as une question quelconque, ou quelque chose à faire savoir, n'hésites pas à contacter le staff par tout les moyens qui existent : chat box, MP, section questions... Sur ce, je te dis avec amour : Bon jeu et encore la bienvenue parmi nous ! #REYNER.

⊱ Cool, j'suis validé !
... Mais je fais quoi maintenant moi ?

Maintenant petite recrue, je t'invite à te créer une relationship ici ; c'est obligatoire et conseillé pour te dépatouiller des relations de ton personnage ! Il y a aussi la possibilité de se créer un journal intime ici, pratique si tu veux t'occuper en attendant une réponse de ton coéquipier de RP. Par là, tu pourras lister tes RPs en tout genre, encore une fois pour voir clair dans tous tes faits et gestes ! Quant à cette section, il t'est possible de passer des petites annonces comiques ou autre sur le forum, qui défileront en dessous de la bannière. Ah tien, tant qu'on y pense, ça te dit, un rang ? Va y donc, c'est mieux que de ne rien avoir sous son pseudo ; ça rajoute un petit coté esthétique très fancy.

Plus sérieusement à présent ; va de suite signer le règlement, s'il te plait, c'est obligatoire ! Quand l'envie de RP te prendra, tu pourras alors te diriger par là pour faire une petite demande pour ceux qui pourraient être intéressés ! N'oublie pas d'aller au bottin à avatar pour dire quel est le nom de ton personnage et de quel jeu il vient s'il est inventé, merci ! Cela évitera les doublons, et c'est obligatoire. Pense à créer ta boite aux lettres que tu puisses envoyer et recevoir des missives, c'est super utile et ça permet de commencer ou de finir des Rp d'une manière encore plus amusante. Renseigne toi par ailleurs sur le système des Points de Prestige, ils vont te servir plus tard si tu veux un rang ou un double compte.

Ho tant que j'y pense ! Si tu as une quelconque question sur l'univers de Dragon Age et que tu as besoin d'informations pour tes RP ou juste pour en apprendre plus, il y a le Guide de Thédas à ta disposition. Chose vitale, renseigne toi à propos de l'intrigue en cours et de la chronologie en RP. Vois-tu, comme nous simulons plusieurs époques, ces dernières ont un point de départ bien précis, et tu ne peux pas passer d'un an à un autre sauf en RP flashback ! N'oublie pas non plus de voter sur les top-sites ! Voilà tout pour la partie administrative ultra barbante ! Tu es digne d'un véritable membre de l'Inquisition !

Maintenant, ce sera bien plus drôle qu'avant, car je te convie à faire la teuf dans la taverne la plus proche ! Tu peux jouer un max pour faire vivre le forum ; ça ne prend que quelques secondes par jours/postes, et en plus, ça te fait grimper le nombres de messages pour d'éventuels doubles comptes ! Tout comme tu ne dois surtout pas hésiter à flooder, que ce soit pour dire ce que t'as bouffé à midi ou autre encore, on s'en fiche : on aime le racontage de life et le bla bla trop wtf sur ce forum !

Sur ce, Jessëan... Je te souhaite une bonne aventure parmi nous. Te joindras-tu avec les plus héroiques afin de sauver Thédas, ou au contraire, plongeras-tu le monde dans le chaos ?

Bienvenue sur Dragon Age Inquisition : Infinity !




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Invité
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Posté Lun 28 Aoû - 0:54
Félicitation <3
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