Dragon Age : Les Légendes de Thédas

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Posté Mer 16 Aoû - 22:41
C’était bien connu, le Commandant Cullen ne connaissait pas le sens du mot repos. Même assez tardivement, on pouvait être sûr de le trouver à son bureau s’il n’était pas en mission ailleurs. Souvent, cet état de fait était une simple commodité mais pour le coup, la pauvre recrue Kaden était bien contente de pouvoir compter sur lui afin de sortir de cette situation inextricable.

Après avoir frappé par politesse, il entra néanmoins dans le bureau sans vraiment attendre la permission, trop pressé par le temps pour plus de courtoisie.

« Commandant Cullen ! », s’exclama-t-il aussitôt entré, les joues un peu rouge d’avoir couru. Heureusement que son entorse était guérie depuis ses péripéties d’escaliers. « Je… j’ai besoin de votre aide... », annonça-t-il même si c’était plutôt évident vu son état. Néanmoins, il tenta de se récompenser en se mettant presque au garde à vous. « Il faut que vous m’accompagniez sur le champ pour appréhender Dame Alirius en espérant qu’il ne soit pas déjà trop tard », expliqua-t-il finalement d’une traite.

Vu l’importance et la dangerosité présumée de la femme, il n’avait pas osé y aller tout seul. Pour un cas comme celui-là, la présence du Commandant lui semblait absolument fondamentale.

« Elle a tué quelqu’un avec de la magie du sang », conclu-t-il néanmoins en réalisant qu’il n’avait même pas expliqué pourquoi il était nécessaire et si urgent de l’appréhender.

En chemin, Keden aurait tout le temps de lui expliquer : un certain Wimere, recruté il y a peu à l’Inquisition était venu le voir apeuré en lui affirmant avoir assisté à un meurtre près des écuries pendant qu’il s’était endormis dans le foin. Il avait formellement identifié la tévintide comme étant l’assassin. La victime était un des espions de Léliana – il avait envoyé quelqu’un d’autre la prévenir – et elle était bien à l’endroit indiqué avec des traces de brûlures mais aussi le coeur arraché, sans doute pour un sombre rituel de magie du sang. La scène de crime avait été laissé en état, un autre agent s’assurait que personne n’y touche ou ne puisse apercevoir la vision macabre.

Le Créateur avait quand même un sacré sens de l’humour. De toutes les choses légitimes dont on pouvait l’accuser, elle était désignée coupable d’un crime qu’elle n’avait pas commis. Loin de se douter des allégations portés sur elle à ce moment précis, la jeune femme savourait un de ses incontournables bain au jasmin. Après s’être prélassée dans l’eau chaude, Mellissandre se résolu néanmoins à sortir avant que ses doigts ne fripent.

Détendue, elle enfila un long peignoir en soie pourpre vaguement noué autour de sa taille et brodée aux armoiries de sa famille qui, il fallait bien l’admettre lui allait particulièrement bien. Autant parce que cela soulignait avantageusement la volupté de ses courbes que parce que cela dissimulait juste assez pour donner envie d’en voir plus. Le symbole même de l’érotisme, et pour une fois, ce n’était même pas volontaire.

Avachie sur son lit, elle attrapa un de ses fameux livre à l’eau de rose en attendant que ses cheveux vaguement remonté en chignon sèche. En tout cas, elle se semblait plutôt bien dans cette chambre qui n’avait rien à voir avec les autres tant elle l’avait décoré. Les draps du lit était en soie, les teintures typiques de tevinter et même la carpette d’ours gris au pied de sa baignoire gigantesque valait une fortune. Avec tout ça, il n’y avait presque plus de place pour sa commode, sa coiffeuse et son bureau, mais vu les dimensions extravagante de sa chambre, elle se serait sentie à l’étroit de toute façon.

Cela faisait une bonne semaine qu'elle s'était disputée avec le Commandant et qu'elle ne lui avait pas adressé la parole, le moins qu'on puisse dire c'est qu'elle ne s'attendait certainement pas à le voir débarquer dans ses quartiers.
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Posté Jeu 17 Aoû - 2:28
Missive 6
Commandant,
Mellissandre a été aperçue utilisant de la magie du sang pour torturer un soldat et l'assassiner. Il a été clairement défini qu'il s'agissait bien d'elle. Il faut à tout prix la retrouver et lui faire payer ses crimes.
Une question de confiance



Une semaine avait passé depuis qu’il eut mit fin à ces rumeurs envers Mellissandre. Enfin, la plupart des gens présents ce jour-là s’étaient fait chacun une idée, et cela était dubitatif. Certains pensaient que c’était une tentative loupée, comme le laissait penser la scène, d’autres qu’ils avaient montés la chose pour être d’avantage tranquilles. Certains pensaient qu’il avait été juste, d’autre trop violent… Quoi qu’il en soit ses troupes s’étaient bien calmées et ne cherchaient pas à le contrarier d’avantage avec le sujet.

En soit, cela lui faisait du bien que tout était redevenu plus ou moins comme avant. Et le fait que cette femme se tienne à distance l’arrangeait bien.

La soirée était tranquille, trop tranquille… Si bien qu’il somnolait assis sur son bureau à lire les rapports de la journée, piquant du nez par moment. Soudain, des bruits de pas approchant à toute vitesse de son bureau attirèrent son regard sur la porte. Le soldat frappa, puis entra sans attendre une quelconque invitation.

« - Commandant Cullen ! »

Initialement assis derrière son bureau la tête appuyée sur sa main et la jambe posée sur son genou, il fracassa le rapport sur sa table et se leva subitement à l’arrivée de cet agent dans son bureau.

« - Je… j’ai besoin de votre aide… »
« - Que se passe t ‘il !? »

Sans tarder il s’approcha de lui, lui posant une main rassurante sur son épaule pour lui laisser le temps de respirer et de reprendre son calme.

« - Il faut que vous m’accompagniez sur le champ pour appréhender Dame Alirius en espérant qu’il ne soit pas déjà trop tard »
« - Pardon… ? »


Encore une fois, après un silence assez court de la part de la jeune femme. Il entendait parler d’elle, une nouvelle fois. Mais cette fois la situation le dépassait… Pourquoi l’appréhender, qu’avait-elle encore fait ?

« - J’exige que vous vous expliquiez, Agent Kaden »
« - Elle a tué quelqu’un avec de la magie du sang. »


A ce moment-là, Thédas arrêta de tourner pour Cullen quand il entendit ces paroles. Elle aurait tué avec de la magie interdite… !? Mais pourquoi et dans quel but ?!

Il se figea, avait-elle décidé de se venger pour redorer son blason ? Il se posait mille et une question… Mais tout se passa tellement vite : A peine il eut prononcé ces paroles que Cullen parti en courant à l’extérieur de son bureau, ramassant son épée au passage.

« - Montrez-moi où cela s'est produit, ne tardons pas ! »

La recrue, qui était celui qui avait malencontreusement dût porter la baignoire de cette princesse, ne pouvait pas se tromper, il l’avait assez aperçue pour en être certain, ce qui accentua la méfiance de Cullen.

« - Qu’avez-vous vu durant l’attaque ? »
« - Je n’y étais pas, c’est la nouvelle recrue Wimere qui est venu me le rapporter. Cependant, effrayé, il ne souhaite pas retourner dans les écuries où le meurtre s’est déroulé. »
« - Je vois... »


Cullen descendit le long des remparts pour atteindre les jardins où plusieurs personnes s’étaient hâtées pour voir ce qui s’y passait, la rumeur ayant été rapidement répandue. Des soldats maintenaient les curieux, en attendant l’arrivée du Commandant. Il fut accueillit par Doreen, le fameux agent elfique qui lui était énormément fidèle en plus d’être agile. Ce dernier s’approcha de lui, en le voyant arriver, lui montrant l’entrée des écuries gardée.

« - Navré Commandant, je n’étais pas sur les lieux immédiatement, je viens de l’apprendre »
« - Que s’est-il passé ? »


A peine il passa les portes qu’il tomba sur un cadavre, mutilé. Il possédait des traces de brûlures, et avait le torse complètement déchiqueté. Son cœur manquait on y regardant de plus près.

C’était un agent de Leliana, qui elle ne tardait pas à être sur les lieux avec lui. En analysant les restes de la dépouille un genou à terre devant, son regard dévia sur le foin intact, et simplement immaculé de sang.

« - Un mage. »

Les deux agents qui l’accompagnaient étaient des guerriers et approuvèrent parfaitement ce qu’il avançait.

« - Si le feu était volontaire, tout aurait brûlé. C’est indéniable »
« - Amenez-moi cet agent qui aurait perçu la scène »
« - Bien Commandant »


L’agent Kaden s’exécuta sous le regard attentif de Doreen qui avait la main sur une de ses dagues au cas où quelque chose était encore sur les lieux.

Leliana, de son côté, restait silencieuse devant une telle scène. Il ne fallait pas que cela atteigne les civils… Il se redressa alors que son agent ramena le petit nouveau encore intimidé par la présence de deux conseillers de l’inquisiteur.

« - Que s’est-il passé ? »
« - J-je… Je m’étais assoupi dans le foin quand j’ai vu une femme entrer ici. Il faisait sombre, mais j’ai clairement repéré une silhouette féminine »
« - Une silhouette féminine ? »
« - V-vous savez avec ce qui s’est passé ces derniers temps, tout le monde connaît cette jeune femme qui vous courtisait. Et je peux vous assurer que c’était bien elle. Elle a utilisé de la magie du sang pour torturer ce pauvre homme qui patrouillait, et elle l’a… écartelé ! Puis plus rien et je me suis caché j’avais trop peur.. Je l’entendais réciter des incantations, je ne saurais dire quoi… Pitié…. J-je j’ai peine à croire que c’était vrai… »


Cullen était perplexe, Alors c’était bien Mellissandre qui était accusée d’avoir tué ce pauvre soldat… De plus elle maniait fort bien l’élément du feu malgré tout, étant capable d’allumer quelque chose à distance, comme elle l’avait montré lors de leur escapade dans les sous-sols.

« - Ne vous tourmentez pas, trouvez un soldat pour vous aider, et faites taire les rumeurs, il y a juste eu un départ de feu ici et jamais il était question de magie du sang. »
« - B-bien Commandant »
« - Et vous, retrouvez donc l’organe manquant. Il doit bien se trouver quelque part. Envoyez des mabaris s’il le faut »
« - Oui, Commandant »
« - Doreen avec moi, et prenez quelques uns de vos hommes, on va interroger Mellissandre. »


Il parti en direction de la sortie d’un pas décidé, un peu trop même. Cela lui paraissait tellement logique que c’était elle. Il n’y avait que peu de mages du sang, mais la plupart étaient des hommes.

Alors qu’il se dirigeait vers les quartiers de la jeune femme, Doreen revint avec le colosse qui l’accompagnait d’habitude, ainsi que 4 autres hommes, étant leurs compagnons de route durant leurs missions à l’emprise du lion, zone réputée pour être devenue très dangereuse depuis l’apparition des failles.

En arrivant vers le haut des marches, le colosse s’émoustilla quand il vit cette superbe porte en bois. Cullen lui donna la permission de la défoncer, peu importe si elle était ouverte ou non.

« - YEAAAAAAH !!! »


Il donna un grand coup de pied qui fit sortir la porte d’un de ses gonds, la faisant claquer violemment contre la paroi intérieure. Il fit alors irruption dans la pièce, sa hache dans les deux mains, suivi de quelques soldats. Doreen, passa en mode furtif pour se saisir de la jeune femme et l’empêcher de se défendre en lui maintenant les bras dans son dos.

Les 4 autres soldats avaient des arcs, qu’ils ne tardèrent pas à pointer dans la direction de Mellissandre si elle osait effectuer un mouvement brusque. Puis enfin, Cullen entra dans la pièce, se plaçant à côté du bourrin, au centre de la pièce.

Pour une raison qui lui échappait, Mellissandre semblait extrêmement choquée par cette introduction, et même ne semblait pas comprendre dans quel but ils étaient subitement arrivés dans la pièce.

« - Vous ne m’aurez pas une seconde fois avec vos états d’âmes théâtrales. Vous jouez fort bien la comédie »

Il était extrêmement vigilent, sûr et certain qu’elle était celle qui avait commit ce meurtre. Il gardait de ce fait une main sur son épée, prêt à la dégainer au moindre problème.

Visiblement la jeune femme venait de se baigner, elle avait les cheveux encore mouillés. Elle devait sûrement avoir effacé toute trace de sang de son corps de cette manière.

« - Ne vous en faites pas nous allons nous expliquer. »

Du point de vue de la jeune femme, Cullen était très menaçant, et extrêmement sûr de lui. Ce n’était pas une vengeance, car il s’en serait bien passé, mais chaque fois cela tombait sur elle.

« - Dame Mellissandre de la famille Alirius, au nom de l’inquisition je vous arrête, pour utilisation de magie sur autrui, et pour le meurtre d’un agent, dont ses organes ont été arrachés de sang froid pour utilisation illégale de magie du sang. Vous serrez donc interrogée et jugée. »

Il fit signe de la tête qu’on l’emmène, et Doreen ainsi que Rikh le colosse s’exécutèrent immédiatement. Ils emmenèrent la jeune femme sur les remparts, où personne ne pouvait les apercevoir, à cet endroit où se trouvait l’estrade pour les exécutions.

Pendant ce temps, Cullen ordonna aux 4 autres encore présents de fouiller la pièce, à la recherche de l’organe et de preuves.

« - Fouillez sa suite, et ramenez les preuves que vous dénichez s’il y en a »

Suite à ces paroles, il se rendit sur le lieu où la jeune femme était amenée. Elle avait de quoi le haïr si ce n’était pas déjà le cas avant.

En arrivant sur place, Mellissandre avait été attachée et était surveillée par d’autres archers qui pointaient leur flèche sur elle. Le Commandant s’arrêta à quelques mètres d’elle, croisant les bras.

« - Vous vous êtes mis dans de beaux draps »


Il commença alors à faire les cents pas, en la regardant dans les yeux.

« - Vous êtes accusés de meurtre, vous avez brûlé un corps, arraché son cœur pour utiliser ce dernier à des fins de magie du sang. On vous a clairement identifié près de la scène de crime, vous ne pouvez le nier… »

Même si elle ne semblait en avoir aucune idée, Cullen rebondit alors sur un autre sujet.

« - Avez-vous un alibi ? »

Pendant sa réponse, Cullen fut interrompu par un de ses soldats. Il se retourna alors lentement de lui.

« - Commandant »
« - Vous avez trouvé quelque chose ? »
« - Regardez par vous-même »


Ils arrivèrent avec une boîte que Mellissandre connaissait bien : Il s’agissait de sa boîte à bijoux. En l’ouvrant, un cœur encore ensanglanté s’y trouvait parmi les dorures de la Tévintide.

Cullen se retourna alors vers Mellissandre.

« - Que comptiez-vous faire de ceci ? »

Encore des hésitations et des états d’âmes. Décidément elle n’était bonne qu’à ça.

« - CESSEZ DE VOUS JOUER DE MOI !! »


Il s’approcha d’elle et la saisi par la mâchoire pour amener son regard dans le sien. Il était vraiment pas d’humeur à l’entendre encore le manipuler ainsi. Il ne comptait pas se laisser duper cette fois, surtout après un acte aussi abominable.

« - DITES-MOI LA VERITE »

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Posté Jeu 17 Aoû - 12:13
C’était passionnant, elle arrivait au paroxysme de son livre, la grandiloquente scène de déclaration qui lui tirait un sourire excitée chaque fois même si elle pouvait probablement deviner mot pour mot ce qui allait être dit.

Absolument captivée, elle n’avait pas remarqué les légers bruits de pas à l’extérieur de la pièce et elle sursauta donc quand sa porte fut subitement défoncée par un colosse fort impressionnant. Sidérée, elle le regarda stupidement une demi seconde puis par réflexe de survis elle lâcha son livre – que Dorian lui pardonne - pour se saisir de son bâton de mage mais elle n’en eut pas le temps. Une silhouette sortie du néant lui attrapant les bras pour les maintenir dans le dos.

Évidemment, ne se doutant pas des implications derrière cette intrusion, son premier réflexe fut d’appeler à l’aide, s’époumonant aussi fort que possible dans l’espoir que quelqu’un lui porte secours. Pour elle s’était une agression au même titre que ce qu’elle avait vécu avec Elwig, mais son ultime cri mourut entre ses lèvres quand elle vit le Cullen entrer nonchalamment dans la pièce en compagnie du géant qui avait explosé sa porte.

« Commandant... ? »
, murmura-t-elle à peine entre ses dents, trop surprise pour prononcer autre chose de cohérent, cherchant manifestement des réponses.

Abasourdie, elle le dévisagea avec la plus sincère incompréhension, réellement choqué. De toute les personnes qui pouvaient en vouloir sa vie, elle n’aurait jamais songé que Cullen puisse faire preuve d’une telle bassesse. Sa perplexité ne fit que davantage grandir quand il lui somma d’arrêter sa comédie avant de prononcer son inculpation sur un ton aussi solennel que menaçant.

Un… meurtre ? Avec des organes arrachés ? C’était tellement incongru, qu’elle cligna des yeux plusieurs fois en se demandant si quelqu’un allait se mettre subitement à rire ou qu’elle allait se réveiller en sueur. Mais non, la douleur dans son poignet était bien réelle.

« C’est ridicule, c’est n’importe quoi ! », s’emporta-t-elle une fois l’information montée jusqu’à son cerveau mais avant qu’elle ne puisse davantage clamée son innocence, ses hommes la traînèrent à l’extérieur de la pièce.

Fougueuse, elle se débattit un peu, refusant d’avancer en tournant la tête pour essayer de voir Cullen : il ne pouvait pas être sérieux tout de même ?

« Laissez moi m’habiller au moins », maugréa-t-elle en sentant l’air froid des couloirs mordre sa jambe. Elle ne portait qu’un peignoir, n’avait pas de chaussures et elle avait les cheveux mouillés, ils voulaient vraiment qu’elle attrape froid ?  

Manifestement oui, et alors qu’elle apercevait des hommes retourner ses affaires sans ménagement, Mellissandre sentit l’incompréhension faire place à la colère. Elle avait toujours du mal à réellement considérer ce qui se passait, mais maintenant elle était vraiment furieuse.

A sa grande surprise, elle ne fut pas conduite dans les geôles mais sur une portion particulière des remparts, elle eut beau s’agiter et protester on lui lia les bras dans les dos, avant de la mettre à genoux et de pointer des flèches accusatrices dans sa direction. Au cas où l’idée de s’enfuir lui avait traversé l’esprit, au moins maintenant, elle savait à quoi s’en tenir.

Tandis qu’elle bouillonnait – ce qui l’empêchait de grelotter de froid – Cullen finit par revenir et lui exposer enfin pleinement la situation. Les détails sordides du meurtre la laissèrent pantoise et elle se contenta de le regarder interloquée. Peut-être fut-elle assez convaincante dans son incompréhension car enfin il lui vint à l’esprit de lui demander son alibi.

« Quand ? »
, fut-elle néanmoins obligé de demander. Le corps avait été trouvé maintenant mais rien ne disait que le meurtre était frais, elle ne pouvait pas savoir… Malheureusement, c’était le cas et elle se mordit la lèvre en sachant par avance que cela n’allait pas jouer en sa faveur…

« J’étais en train de prendre un bain… seule évidemment », avoua-t-elle donc en détournant le regard, accablée par sa malchance. Certes, elle passait pas mal de temps sans compagnie mais ce n’était quand même pas de chance.

Les yeux fermés, elle prit une profonde inspiration en cherchant comment se dépêtrer de la situation quand un soldat arriva en tenant sa boîte à bijoux. Circonspecte, elle s’étira un peu le cou pour voir ce qu’il comptait faire avec quand le Commandant l’ouvrit, dévoilant à tous le coeur ensanglanté nonchalamment posé sur ses bijoux. Il le lui montra en lui demandant ce qu’elle comptait faire avec, et elle grimaça face à cette vision peu ragoutante, lui lançant le regard le plus innocent et abasourdi du monde.

Néanmoins, cela ne suffit pas à l’apaiser, au contraire il entra dans une colère noire et se mit à hurler si fort qu’elle cru qu’il allait réveillé tout Fort Celeste. Instinctivement, recroquevillée comme elle pouvait, elle supporta son regard haineux alors qu’il attrapait violemment sa machoire pour pouvoir maintenir sa tête en face.

De plus en plus excédée par l’injustice de la situation, elle lui jeta un regard courroucé, avant de se débattre légèrement pour dégager ses doigts de sa mâchoire pour pouvoir parler. Ou plutôt crier. De toute ses forces.

« JE N’AI RIEN FAIT!!! », s’époumona-t-elle encore plus fort que le Commandant, sa voix déchirant l’air avec fracas. Intense. Il y avait tant de colère, de frustration, de peine aussi dans ses mots. Elle clamait littéralement son innocence avec une conviction inébranlable. Il ne lui ferait pas confiance et elle le savait.

Un peu libérée par ce cri, Mellissandre se calma, respirant avant de le regarder dans les yeux. La même colère, le même mépris que ce jour là dans la crypte.

« Je n’ai rien fait et vous le savez. Vous le savez mais ce n’est pas la vérité que vous cherchez ! Vous préférez croire à cette histoire sordide car cela justifie votre haine envers moi », l’accusa-t-elle  d’une voix amère avant de le regarder avec encore davantage d’intensité.

« Vous pouvez me détester, Commandant, vous pouvez vous méfiez, mais me croire stupide ? », le questionna-t-elle toujours rivée dans ses pupilles. « Vous savez pertinemment que je ne le suis pas, que si j'étais réellement responsable vous seriez remonté si facilement jusqu'à moi ? », rappela-t-elle en espérant qu’il se souvienne du plan ambitieux qu’elle avait monté pour faire taire les rumeurs à leurs sujets. Ici, il était le seul à savoir à quel point elle pouvait être machiavélique mais en l’occurrence cela jouait plutôt en sa faveur.

En fait, c’était même sa seule défense. La seule chose qui pouvait la disculpé.

« Sérieusement, vous pensez que je suis assez débile pour tuer quelqu’un à Fort Celeste, surtout de manière aussi sanglante avec toutes les rumeurs qui courent à mon sujet ? Même sans ce prétendu témoin, le moindre soupçon de magie du sang me serait retomber dessus ! Et puis, laisser le cadavre avec des traces évidentes d’utilisation de magie ? Mais enfin c’est tellement stupide ! », s’exclama-t-elle fort sincère dans ses propos.

Au delà du fait qu’elle était cruellement intelligente, Cullen savait également qu’elle avait subit et assisté à une bonne demi-douzaine d’assassinat. Des moyens plus discrets de tuer des gens elle en connaissait.

« Et puis, la magie du sang porte bien son nom, la seule chose dont on a besoin pour la pratiquer c'est du sang. Alors par Andrasté, pourquoi je m'encombrerais d'un morceau de cadavre?! Si j’avais vraiment eu besoin de sang pour un rituel, votre bonhomme aurait été exsanguiné pas mutilé. D’où l’intérêt de pas faire ça à Fort Celeste », expliqua-t-elle, consciente qu’il n’y connaissait probablement pas tant que ça en magie du sang. Pour elle, cette mise en scène spectaculaire était justement la preuve que la personne responsable avait beaucoup de préjugés mais peu de réelles connaissances.

« Franchement, garder une telle preuve dans mes affaires ?! Il faut vraiment être demeuré ! En plus ça à dû salir mes bijoux ! Certains cristaux ne peuvent pas être lavé, vous croyez vraiment que j’aurais pris le risque de porter ensuite des ornements teintés de sang ? Autant écrire directement sur mon front 'je suis une méchante mage du sang' », expliqua-t-elle tout en réalisant quelque chose.

« Par contre, il n’y avait rien quand j’ai déposé mon amulette avant d’aller prendre mon bain, et je n’ai pas quitté ma chambre entre temps, donc ça… », elle se stoppa net en prenant soudainement conscience de ce que cela signifiait. Elle soupçonnait déjà un des hommes de Cullen de l’avoir placé là, par contre, elle n’avait pas pensé à quelque chose d’absolument ignominieux.

Elle avait rangé son amulette dans la boite et maintenant un coeur ensanglantée avait été posé dessus. En d’autres termes, sa précieuse amulette de famille, l’incarnation de son nom, venait d’être souillée. Intolérable.

« Qui, qui à fouiller dans mes affaires ?!! Il n’y a que lui qui a pu placé cette ‘preuve’ bien commode là ! », cria-t-elle soudainement en jetant un regard noir aux hommes du Commandant, comme si elle allait les faire avouer juste avec les yeux

Elle n’avait pas tué cet homme, mais qu’on ne la laisse pas seul avec celui responsable d’une telle chose, parce que là, elle ne répondait plus de rien. Mellissandre serra très forts les poings, cherchant à se calmer un peu. Avant tout de chose, il fallait qu’elle se sorte de cette épineuse situation.

« Jamais, au grand jamais je n’aurais risqué d’abîmer mon amulette de famille c’est… demandez à Dorian à quel point c’est important ! », déclara-t-elle les dents serrées, consciente que Cullen ne pouvait pas avoir conscience du sacré de ce symbole à ses yeux.

Finalement, c’est sur le Commandant qu’elle reporta un ultime regard empli de détermination.

« Je. n’ai. Rien. Fait. Donc… votre témoin ment et un de vos hommes est un traître car il n’y a que l’un d’eux qui peut avoir placé ça là », l’avertit-elle mortellement sérieuse.

Tout était une question de confiance, mais malgré tout son discours rationnel, elle n’était pas sûre que c’était à elle qu’il accorde la sienne. Mais si seulement il pouvait…

Mellissandre n’avait même pas réalisé que sa détermination c’était lentement muée en désespoir. Implorant. Mais le fier, le farouche Commandant, pouvait-il être encore touché par sa détresse.
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Posté Ven 18 Aoû - 1:45
Missive 6
Commandant,
Mellissandre a été aperçue utilisant de la magie du sang pour torturer un soldat et l'assassiner. Il a été clairement  défini qu'il s'agissait bien d'elle. Il faut à tout prix la retrouver et lui faire payer ses crimes.
Une question de confiance



La jeune femme se débattait et vu que personne n’écoutait ses supplications, elle haussa également le ton quand Cullen lui somma de répondre.

«  - Je n’ai rien fait !!! »

Ce regard qu’elle lui lançait était le même que  lors de leur dernière entrevue dans la crypte. Il se redressa lui faisant toujours face, ne cherchant pas à l’intimider d’avantage pour avoir des explications valables.

«  - Alors parlez »
«  - Je n’ai rien fait et vous le savez. Vous le savez mais ce n’est pas la vérité que vous cherchez ! Vous préférez croire à cette histoire sordide car cela justifie votre haine envers moi »
«  - Vous dites de moi, mais en réalité c’est vous qui avez encore du mépris envers ma personne. Je ne cherche qu’à découvrir qui a commit ce meurtre et plusieurs personnes affirment que c’est vous. »
« - Vous pouvez me détester, Commandant, vous pouvez vous méfiez, mais me croire stupide ? »


Doreen se tâtonna de s’interposer pour lui faire payer son insolence. Ayant été esclave il ne supportait pas que cette bourge tévintide rabaisse ainsi le Commandant devant lui. Il se fit néanmoins retenir par Rikh avant qu’il ne fasse quelque chose qui rabaisse leur chef.

«  - Si vous n’êtes pas stupide, expliquez-moi ? »
«  - Vous savez pertinemment que je ne le suis pas, que si j'étais réellement responsable vous seriez remonté si facilement jusqu'à moi ? »
«  - Passer pour une victime est aussi très utilisé par les fautifs lors d’une affaire comme celle-ci. Je ne sais pas, ce n’est pas ce que vous faites ? »
« - Sérieusement, vous pensez que je suis assez débile pour tuer quelqu’un à Fort Celeste, surtout de manière aussi sanglante avec toutes les rumeurs qui courent à mon sujet ? Même sans ce prétendu témoin, le moindre soupçon de magie du sang me serait retomber dessus ! Et puis, laisser le cadavre avec des traces évidentes d’utilisation de magie ? Mais enfin c’est tellement stupide ! »
«  - J’en ai connu des assassins dans ma vie, les Tevintides sont les pires et ce sont les premiers à nier leur implication pour être sûr de s’en laver les mains ensuite. Ne vous laissez pas manipuler par cette traitresse, Commandant. De la magie du sang a été utilisé.»
«  - Et puis, la magie du sang porte bien son nom, la seule chose dont on a besoin pour la pratiquer c'est du sang. Alors par Andrasté, pourquoi je m'encombrerais d'un morceau de cadavre?! Si j’avais vraiment eu besoin de sang pour un rituel, votre bonhomme aurait été exsanguiné pas mutilé. D’où l’intérêt de pas faire ça à Fort Celeste »
«  - … cependant vous savez autant bien que moi qu’il y a des rituels qui requièrent des organes, donc cela ne l’exclut pas »


Ils avaient beau essayer de discerner la vérité, rien ne sortait encore du lot. Cullen se contentait d’écouter ce qu’avait à dire la jeune femme, et même : viendrait-il qu’elle était bel et bien innocente, le véritable coupable certain de son coup, finira par sortir de son terrier. Si c’était une vengeance, elle souhaiterai tout de même en apprécier le résultat… Quoi qu’il en était, il continua de prendre le risque de l’accuser d’être la coupable. En attendant, la boîte à bijoux retrouvée était une preuve, comme une autre. Il fallait savoir qui avait mit la main dessus appart Mellissandre.

«  - Et concernant ceci ? »
« - Franchement, garder une telle preuve dans mes affaires ?! Il faut vraiment être demeuré ! En plus ça à dû salir mes bijoux ! Certains cristaux ne peuvent pas être lavé, vous croyez vraiment que j’aurais pris le risque de porter ensuite des ornements teintés de sang ? Autant écrire directement sur mon front 'je suis une méchante mage du sang' »
«  - Pour passer pour un innocent on peut faire des gros sacrifices ~ Mais je doute que vous ayez eu l’audace de mettre vous-même cette chose là-dedans. C’est vrai, il y avait multitudes d’autres cachettes dans votre suite »
«  - Attendez-là je ne vous suis plus. Donc quelqu’un d’autre aurait posé cela ici ? »
«  - A vous de me le dire ? »
«  - J’étais avec vous, vous pouvez demander à n’importe quel soldat dans les environs des écuries j’y étais avec eux depuis un moment. »
«  - Dans ce cas comment expliquer que ce cœur était dedans… ? »


Il remarqua que le soldat qui avait amené la boîte commençait à s’éclipser, d’un simple geste, Cullen fit comprendre à Doreen qu’il ne souhaitait pas que toute personne susceptible d’être l’assassin parte de cet endroit. L’elfe se plaça alors devant la porte, l’empêchant de filer.

«  - Personne ayant connaissance de cette histoire ne part pour le moment, soldat »
«  - Oh heu… bien commandant »


Il retourna à sa place initiale, l’air embêté. L’un des archers le surveillant d’un œil.

«  - Continuez ? »
«  - Par contre, il n’y avait rien quand j’ai déposé mon amulette avant d’aller prendre mon bain, et je n’ai pas quitté ma chambre entre temps, donc ça… »


Pas besoin de passer par 4 chemins pour comprendre où elle voulait en venir. Tout était fait pour qu’elle passe pour une coupable, cependant son dégoût et sa subite colère en disait long.

«  - Qui..Qui a fouillé dans mes affaires ?!! Il n’y a que lui qui a pu placer cette ‘preuve’ bien commode là ! »
«  - D’où la question : Auriez-vous posé cet organe dedans ? »
«  - Jamais, au grand jamais je n’aurais risqué d’abîmer mon amulette de famille c’est… demandez à Dorian à quel point c’est important ! »
«  - j’y veillerai »

L’un des soldats s’énerva et s’avança alors, ne comprenant pas où tout cela menait

«  - Commandant, la coupable c’est elle, c’est indéniable ! On se serait déjà débarrassé d’elle depuis longtemps si …»
«  - Silence !! Je ne vous ai pas demandé d’intervenir ! »


Il attendit que le garde se remette à sa place, ce qu’il prit un moment avant de le faire.

«  - Mes hommes vous portent dans leur cœur à ce que je vois… »
«  - Je. n’ai. Rien. Fait. Donc… votre témoin ment et un de vos hommes est un traître car il n’y a que l’un d’eux qui peut avoir placé ça là »
«  - Je vous interdit de… !! »


Le Colosse qui était juste derrière Cullen, attrapa le soldat qui perdait son sang froid avant qu’il atteigne la jeune femme. Bien entendu il voulait la tuer de ses mains, mais il en avait été empêché de justesse.

«  - Doreen, rassemblez l’entièreté des femmes de chambre de Mellissandre, ainsi que le témoins de la scène, immédiatement.  »
«  - J’y cours, mon Commandant »

L’elfe s’en alla alors, exécutant sa tâche très rapidement. Mellissandre était toujours sur l’estrade, entourée de Cullen et de Rikh qui maintenait le garde ayant ramené le cœur. Et les trois autres soldats bandaient leur arc sur la jeune femme. Le scénario était loin d’être le plus simple, sachant que l’un se rendait vraiment suspect quant à son implication à ce meurtre.

Doreen ramena alors 3 servantes, et le jeune soldat qui était en sueur tant il paniquait. L’elfe avança d’un pas lent et jeta un coup dans le dos de celui qui traînait avant de les aligner derrière le Commandant.

«  - La personne qui a attenté à la vie du soldat est parmi nous, mes amis. Et cette personne ne sera pas prête de recommencer. Elle paiera pour ses crimes, et la paix reviendra parmi nous. Que le Créateur puisse avoir pitié de son âme et lui offrir le pardon. »

Il se retourna vers Mellissandre, lui lançant un regard mauvais. Signifiant aux 4 personnes dressées devant lui qu’elle était la coupable.

«  - Vous avez l’air contrarié, soldat »

Il parlait au petit jeune, qui semblait au bord du malaise à force de suer à grosses gouttes. Les trois servantes jetèrent un regard quelque peu dérangé vers lui, l’accusant du regard d’avoir été complice à tout ceci.

«  - Je… Oui, tout va bien »
«  - Parfait, alors si tout va bien, rappelez-moi si c’est bien cette femme qui a tué ce soldat de sang froid. »


Le jeune homme la regarda, prenant peur du regard mauvais qu’elle lui lançait. Car bien entendu, c’était à cause de lui qu’elle avait les mains attachées et serrées par une corde et sur le point de se faire exécuter pour magie du sang. Il hésita, en bredouillant quelques paroles.

«  -  O-oui, Commandant »

Cullen, qui l’observait sans dire un mot, lui demanda alors.

«  - Elle aurait écartelé ce pauvre homme à l’aide de la magie du sang, et ensuite, plus rien. N’est-ce pas ? »
«  - O-oui je crois. »
«  - C’est auprès du créateur que l’on croit, ici j’exige des faits, soldat ! »
«  - T-toute mes excuses, Commandant, pitié… ! »
«  - Je repose ma question : Etait-ce tout ? »


Il hocha rapidement de la tête, paniqué, les larmes en bas tant la pression que lui mettait le commandant le rendait nerveux.

«  - Bien »

Il se redressa et s’éloigna de lui, il n’était pas idiot, surtout quand cela concernant sa propre armée. Il connaissait la plupart de ses hommes et malheureusement pour ceux qui ont vu son soldat s’énerver un peu trop vite, ce n’était pas lui qui était derrière tout ça. Il n’avait trouvé la boîte que par hasard, et n’avait pas commit le meurtre. Ce petit en revanche, avait oublié un détail de taille.

«  - Vous avez vu le corps, n’est-ce pas ? »
«  - Oui il était mutilé. Il a été écartelé.»
«  - Pourtant vous ne me parlez pas des brûlures présents sur son corps »
«  - Des… brûlures.. ? M-mais Elle est une mage ! Vous le savez ! Elle a pu le brûler ! »
«  - Bien entendu elle est mage. Mais Mellissandre est spécialisée dans les sorts de foudre, et ne connaît que des bases de magie du feu. Je le sais, je l’ai vue à l’œuvre »


Le petit s’étonna seul, ignorant complètement ce détail-ci. Au fait, depuis le début Cullen jouait. Et même si cela n’avait pas été encore enregistré par Mellisandre, elle ne tarda pas à comprendre que c’était une mise en scène pour découvrir qui était véritablement le tueur.

«  - J-je…. »
«  - Me cachez-vous quelque chose !? »
«  - Je.. Non, je… »
«  - … Je ne suis pas d’humeur à plaisanter. »


Il lui lança un regard tellement noir que le jeune soldat eut manqué de se faire dessus. Il paniqua encore et bégaya des propos incompréhensibles.

«  - Vous essayez de couvrir quelqu’un, je vous vois mal tuer sans raison pour accuser une autre personne, car visiblement ça vous prends tellement au moral que vous ne pouvez plus aligner deux mots. »

Il n’osait rien dire de peur qu’il lui arrive quelque chose… Il regarda alors une des deux servantes et immédiatement elle commençait à s’offusquer.

«  - Pourquoi il ose me regarder alors qu’il a prêté main forte à l’assassin ?! »
«  - On se calme je vous prie »
«  - Je suis calme, Commandant »


Ce n’était pas évident, mais il semblait qu’il détenait quelque chose…

«  - Qu’avez-vous fais ce soir, pendant que Dame Mellissandre prenait son bain ? »

«  - Je n’étais pas avec Madame, car elle aime avoir son intimité le soir. »
«  - Poursuivez ? »
«  - Je suis donc partie à la taverne, manger un morceau, et quand elle eut fini je suis revenue dans la chambre pour changer l’eau de son bain. Cependant elle était tellement plongée dans ses romans d’amour qu’elle n’avait pas remarqué ma présence. Ensuite je suis partie. »


Cullen fut choqué par cette information, il se retourna interloqué vers Mellissandre lui lançant un regard taquin, comme ils avaient l’habitude de faire depuis un certain temps.

«  - Vraiment ? »
«  - Oui, je n’ai rien avoir avec cette histoire de boîte à bijoux… »


Il attendit un moment, se grattant le menton avec une de ses mains, puis place à l’illumination.

«  - Saisissez-là. »
«  - QUOI ?! Mais… !! Je suis innocente !!!! »
«  - peut-être, mais je ne me rappelle pas avoir mentionné la boîte depuis votre arrivée ici… De ce fait, vous étiez au courant de ce qu’elle contenait et encore mieux, vous saviez d’où cela provenait puisque c’est vous qui l’avez tué, faisant passer ce meurtre pour un acte de Mellissandre. Et alors que vous commettiez ce crime, ce soldat vous a vu. Vous l’avez donc soudoyé pour qu’il se taise. »


La jeune femme s’énerva et se détacha de ceux qui la maintenaient pour faire payer à Cullen son affirmation qui ne semblait pas si erronée que cela, bien qu’il n’avait pas vraiment cherché les ambitions plus en profondeur. Comme elle était mage, elle lui balança une attaque dessus qu’il n’eut pas réussi à éviter malgré sa tentative.

Elle se retrouva rapidement à terre avec une flèche lui traversant le genou et maitrisée par Rikh.

«  - Commandant ?! »
«  - Arf.... ça va, J’ai vécu pire… »
«  - Tuez-là elle a eu l’audace de s’en prendre au Commandant ! »
«  - N-non.. ! »


ça y était, il avait une brûlure à la jambe, comme si cela n’était pas suffisant… Deux soldats quittèrent leur post pour venir le secourir, mais malgré tout il continua de rester debout sans broncher.

«  - Je vais bien je vous assure »

Son premier réflexe était de libérer les mains de Mellissandre, alors que le colosse détenait la jeune servante.

«  - Elle a causé du tort à Mellissandre, c’est à elle de la punir. »
«  - Pardon ?! »
«  - Laissez-la faire, peu importe la manière, c’est à elle de le faire »


Il s’assit sur l’estrade, observant alors la scène pendant que tout le monde s’écartait. Mellissandre avait désormais champs libre devant elle pour achever cette histoire une fois pour toute.

PROCHAIN NIV. :
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Posté Ven 18 Aoû - 16:28
Était-elle vraiment celle qui mal jugeait l’autre ? Elle n’avait pas le temps de songer à ça maintenant, mais il fallait bien reconnaître que Cullen était plus calme qu’elle ne l’aurait cru. Moins haineux surtout. Son regard de l’accusait plus, il étudiant. Au fond, peut-être que cela l’arrangeait bien si c’était elle la responsable, mais il lui laissait une chance de s’exprimer. De se défendre. De mentionner toute les maladresses que l’assassin avait commis dans son désir de faire d’elle un coupable idéal.

Malheureusement, cela ne suffisait pas. Il l’accusait de justement s’être fait passé pour une victime pour mieux clamer son innocence. Elle trouvait ça ridiculement alambiqué comme plan, mais elle ne pouvait pas dire quand chose contre. Si ce n’est continuer à penser que quitte à tuer quelqu’un, autant le faire de sorte à ce qu’on ne sache pas qu’il est mort.

Toutefois, même s’il tendait à la croire toujours coupable, le Commandant semblait disposer à songer que ce n’était pas une cachette très adapté, qu’elle aurait effectivement pu trouver mieux. Apercevant une potentielle ouverture salvatrice, elle insista donc sur le sujet, à fortiori quand elle réalisa l’infamie que cela avait provoqué. Souiller son amulette, le tueur était vraiment allez trop loin !

Peut-être avait-elle un peu exagérée de sous-entendre que un des hommes de Cullen pouvait être le responsable car cela provoqua immédiatement une certaine agitation dans leurs rangs. Toujours aussi ferme qu’à son habitude, il les rappela au calme. C’est que ça la rendait presque nostalgique de leur petite balade à cheval où il n’avait de cesse que de tempérer Elwig. Dommage quand même, elle aurait bien aimé savoir ce qu’il y avait derrière le ‘si’, encore des rumeurs sur leur prétendus liaisons sulfureuse ? Ou quelque chose de bien plus terre à terre comme le fait qu’un des hommes de Cullen aurait pu facilement la tuer sous couvert de son arrestation…. C’était mesquin mais elle connaissait les méthodes, à Tevinter, seul l’argent prémunissait des fausses accusations et des exécutions arbitraires…

Malgré la gravité un peu solennel de la situation, le Commandant fit un commentaire totalement gratuit sur le fait que ses hommes ne la portait pas dans son coeur. Une remarque totalement bénévole qui passait donc pour une petite provocation aux yeux de Mellissandre. Qu’il ose prétendre ensuite qu’il n’aimait pas ça !

Les mains toujours dans le dos, Mellisandre lui retourna son regard, plus sarcastique que agressive.

« Non, en général leur affection se porte beaucoup plus bas », lâcha-t-elle avec une certaine nonchalance, en jetant un regard en coin sur un des soldats les moins discret dans sa manière de reluquer.

Après tout, le Commandant était peut-être habitué à la voir moins habillé que ça, mais ce n’était pas le cas de ses hommes. Comment leur en vouloir d’avoir abandonné un regard ou deux sur son décolleté malmené quand elle avait été transporté ici manu militari, sur cette épaule dénudée ou morceau de cuisse, qui frôlait clairement l’indécence. Et encore, après toute ses péripéties, c’était un miracle que sa ceinture ne se soit pas défait plus que ça, le problème de la soie, c’est que ça glisse.

Quoi qu’il en soit, elle était allé trop loin pour se démonter, et elle se décida donc à accuser ouvertement un des soldats d’avoir fait le coup. L’un d’eux, manifestement outrageusement offusqué par cette accusation, entreprit même de l’agresser mais le colosse l’en empêcha d’un simple geste sous le regard tranquille de Cullen qui passait déjà à autre chose.

Enfin, elle ne pouvait pas lui en vouloir, le fait qu’un de ses hommes tente de la tuer commençait à devenir étrangement redondant.

Par contre, elle fut surprise qu’il réclame à ce que ses femmes de chambre – enfin plutôt les servantes qui avaient été mises partiellement à sa disposition - soient convoquées. Qu’est-ce qu’elles avaient à voir là dedans ? A moins que cela ne soit pour vérifier son alibi, afin de savoir quand elle leur avait demandé de remplir la baignoire ?

C’est ainsi que fut rassemblé les jeunes femmes en compagnie du témoin et des hommes de Cullen. Après un discours fort grandiloquent qui faillit faire ricaner Mellissandre, le Commandant se retourna vers elle pour lui lançait un regard mauvais.

C’était à ne plus rien y comprendre, il avait l’air beaucoup moins convaincu de sa culpabilité quelques minutes auparavant. Est-ce qu’il s’était joué d’elle ? Par dépit, elle lui retourna à son tour un regard sombre, entretenant l’illusion d’un conflit pour les spectateur, même si pour elle il était bien réel.

Avait-elle était naïve de croire qu’il pouvait surpasser son dégoût pour la magie du sang et sa petite personne ? Peut-être, en tout cas il pressa le témoin de confirmer les faits. L’homme manifestement mal à l’aise lui jeta un regard furtif et elle profita de cet infime laps de temps pour lui décocher le regard noir le plus effrayant qu’elle pouvait composer.

« Menteur. », siffla-t-elle d’une voix acide à son encontre. Son petit mot doux sembla déstabiliser plus encore l’homme qui débordait de nervosité. Au sens littéral d’ailleurs vu toute la sueur qui coulait le long de ses tempes.

En d’autres circonstances, elle aurait plutôt joué les femme fragile et désemparée mais en l’occurrence, elle était persuadée qu’il lui avait volontairement fait porté le chapeau et que ce n’était pas la culpabilité qui le ferait parler. La peur par contre… Savoir qu’une mage du sang vous détestez n’étais jamais de bonne augure. Si elle mourrait, elle reviendrait le hanter, c’était sûr.

Ignorant son commentaire, Cullen poursuivait son procès de plus belle, poussant l’homme à affirmer de quelle manière sordide elle avait tué sa cible. Toutefois, il avait omis un détail, ne l’avait -on pas accusé d’avoir brûlé le corps en question ? A peine avait-elle eu le temps de se faire la remarque que Cullen souligna l’incohérence avant de préciser également qu’elle n’avait pas la magie nécessaire pour faire de telles brûlures car elle était spécialisée dans l’électricité.

Sans avoir vu le corps, Mellissandre ne pouvait pas savoir l’ampleur des dégâts et elle n’avait donc pas pensé à se défendre sur ce point, par contre, le Commandant lui y avait pensé. Abasourdie, la jeune femme ne suivit pas tout à fait la scène qui suivit, trop focalisée par la révélation.

Déjà, elle était surprise qu’il se souvienne qu’elle était mage de la foudre. Elle n’avait pas cherché à le cacher mais ne l’avait pas non plus affirmé, c’était donc qu’il l’avait remarqué. Qu’il avait fait attention à elle. Par suspicion peut-être, mais tout de même, elle n’avait pas l’habitude qu’on s’intéresse à ce qu’elle faisait, les gens se focalisaient trop aisément sur son apparence.

Mais au-delà de ce détail qui la touchait plus qu’elle ne l’aurait imaginé, cela signifiait aussi que depuis le début il avait songé à cette incohérence. Même quand il lui avait sommé d’avouer ou démenti ses accusations. L’avait-il jamais cru réellement coupable en fait ?  La question était légitime et elle soulevait une autre révélation : le Commandant était bien meilleur comédienne qu’il ne le prétendait. Elle s’était fait bernée, et cela remuait en elle un mélange de contrariété et d’intérêt, car il fallait bien admettre qu’elle était un tantinet impressionné. Décidément, ses talents ne cessaient de la surprendre.

Heureusement, la mage sortit de ses pensées à tant pour assister à un moment fort croustillant de l’interrogatoire, celui, où, désemparé, le faux témoin implorait du regard une servante, ce qui était fort suspect.

Manifestement, Cullen partageait son avis car il commença immédiatement à interroger la servante en question. Son récit était pour le moins banal, jusqu’à ce qu’elle lance nonchalamment qu’elle était trop occupée à lire des romans à l’eau de rose pour la remarquer.

Prise au dépourvu par cette soudaine révélation, Mellissandre sentit ses joues s’empourprer légèrement face à l’évocation de son péché mignon. La terrible mage du sang, séductrice, passionnée par les romans d’amour. De quoi mettre un coup à sa légende. D’ailleurs, le Commandant n’avait pas pu s’empêcher de lui lancer un regard taquin, signe qu’il n’était pas près d’oublier cette information.

« C’était un traité de magie », grommela-t-elle sans conviction en détournant les yeux, sachant pertinemment qu’elle n’était pas crédible. A la réflexion, cela aurait été probablement mieux pour son égo qu’elle ait été en train de lire un compendium sur la magie du sang.

Si jamais cela s’ébruitait, elle ne donnait pas cher de son image. Mage du sang, séductrice ratée, obsédée des baignoires et de la littérature romantique. Quel titre.

D’ailleurs, maintenant qu’elle y pensait, elle n’avait effectivement pas remarqué la présence de la femme de chambre à ce moment là. Il faut croire qu’elle était tellement habituée à être entouré d’esclaves et de petite main qu’elle ne les voyait même plus à force. Mais cela signifiait également, qu’elle avait tort en affirmant que personne d’autre qu’un soldat ne pouvait avoir placé le coeur dans sa boite à bijoux…

Comme par enchantement, la jeune femme se trahi à ce moment précis – décidément, elle n’était pas bien maligne – et elle fut donc arrêté sur le champ. De rage ou de désespoir, elle s’agita, lançant un éclair de feu en direction du Commandant. Il esquiva le plus dangereux mais sa jambe fut tout de même touchée, brûlant la chair au premier ou au deuxième degré. Rien de mortel mais cela devait être fort douloureux et il allait avoir besoin d’un guérisseur.

Dans un excès de virilité, il grimaça à peine, prétextant que cela n’était rien tandis que ses hommes s’excitaient à nouveau. Ils étaient bien prompt à vouloir tuer les gens en tout cas. Heureusement, une fois de plus, Cullen les en empêcha, s’approchant même pour la détacher, preuve qu’il ne l’avait pas oublié.

Appréciant le geste, Mellissandre lui jeta un regard reconnaissant bien que très légèrement narquois – Ah les hommes, toujours besoin de jouer au dur, immunisé à la douleur -  en se frottant les poignets pour faire circuler le sang. Toujours pour se remettre d’aplomb, elle réajusta un peu sa tenue, resserrant la ceinture de son peignoir après avoir remis la manche qui avait glissé de son épaule.

Elle croyait être au bout de ses surprises et de cette soirée mouvementée, mais manifestement Cullen lui réservait encore un petit cadeau puisqu’il affirma que c’était à elle de juger la femme, qu’elle pouvait en faire ce qu’elle voulait.

Prise au dépourvu, Mellissandre posa son regard sur la servante qu’elle connaissait à peine, incarnation du dédain.

Cette greluche avait souillé son médaillon et plus encore que de l’avoir accusé, elle ne pouvait pas lui pardonner. Toutefois, être libérée l’avait mise étrangement de bonne humeur et elle n’était plus assez énervée pour lui sauter à la gorge sans sommation.

A Tevinter, il n’y avait pas beaucoup de sentences pour un tel crime : la mort. Les variations résidaient dans le procédé plus ou moins douloureux de celle-ci, au bon vouloir de l’exécuteur. Mais elle essayait de se dépêtrer d’une image négative de sorcière assoiffée de sang. Tuer de ses propres mains ou non la pathétique jeune femme n’allait pas beaucoup l’aider en ce sens.

« Pourquoi vous avez fait ça ? », demanda-t-elle finalement, gagnant du temps pour réfléchir à sa sentence, en même temps qu’elle éclairait un peu la situation. Après tout, on ne tue pas quelqu’un de manière aussi violente sur un coup de tête.

« Oh tiens donc, vous vous souciez de moi maintenant ? », cracha la jeune femme qui n’avait manifestement pas encore tout à fait envie de faire des aveux. « Je suis sûre que vous ne savez même pas comment je m’appelle ! », ajouta-t-elle avec une colère certaine.

« Vous avez tort sur ce point, Mara, mais cela ne répond pas à la question... », répondit calmement Mellissandre qui ne voyait pas vraiment le rapport mais qui connaissait bel et bien le nom de la jeune femme. Elle avait des dizaines d’esclaves à Tevinter, retenir trois noms n’avaient pas été bien difficile et c’était bien pratique. Chaque personne à ses points forts et ses points faibles, connaître ses sous-fifre était le meilleur moyen de les rentabiliser, de s’assurer qu’ils donnent le meilleur.

Elle sembla légèrement prise au dépourvu mais cela ne suffit pas à apaiser sa haine :
« Pff, ça ne change rien au fait que vous êtes juste une noble capricieuse pourrie gâtée ! »

« Certes », concéda Mellissandre pas vexée le moins du monde. Noble, capricieuse, pourrie gâtée : elle ne pouvait pas vraiment nier le moindre de ses adjectifs vu la vie qu’elle avait eu. Mais à sa place, elle était sûre que Mara aurait été comme elle. « Donc vous me détestez et vous auriez aimé me voir puni voire morte, mais pourquoi tuer ce pauvre homme, vous n’avez pas fait ça juste pour m’atteindre tout de même ? », déclara-t-elle, manifestement choquée à l’idée qu’un meurtre ait été commis pour si peu.

Bon, cela n’aurait pas été la première fois que des innocents auraient été tué dans un complot, mais c’était du gâchis quand même.

« Ce sale type l’avait bien mérité aussi ! C’était rien qu’un pervers dégoûtant, toutes les servantes savent qu’il utilisait sa furtivité pour nous épier en douce quand on se changeait », rétorqua-t-elle avec une grimace de dégoût éloquent que Mellissandre ne pouvait pas lui reprocher. Elle aussi aurait probablement eu envie de l’écarteler s’il avait fait une chose comme ça.

L’Inquisition, aussi noble soit elle ne pouvait pas contrôler les travers de tout ses agents. Parmi la foultitude de gens biens et sans reproche qui la composait, il fallait bien qu’il y ait quelques fruits pourris.

Mais tout cela ne l’aidait pas à proférer sa sentence. D’ailleurs, elle commençait à se dire que c’était plus un cadeau empoisonné qu’autre chose. Considérant que la coupable ne méritait plus son attention, Mellissandre se détourna pour regarder à nouveau le Commandant.

« Cette femme a tué un agent de l’Inquisition et vous a blessé. Elle mérite une punition c’est certain, mais je ne pense pas que cela soit à moi de la juger », répondit-elle finalement en inclinant la tête.

Non seulement, elle évitait de se salir les mains et d’aggraver sa réputation, mais en plus elle se montrait indéniablement respectueuse envers l’institution. Que des choses susceptibles de l’aider à mieux s’intégrer.

« Lui aussi d’ailleurs », dit-elle en se tournant vers le menteur qui l’avait faussement accusé. Oh, elle ne l’avait pas oublié ce sacripant. Il allait sûrement échappé à la mort, mais à leur place, elle n’aurait pas garder quelqu’un d’aussi aisément malléable dans ses rangs. « Détourner les yeux face à un crime aussi atroce et risquer de provoquer un incident diplomatique et la mort d’une innocente pour quelques faveurs ? », souligna-t-elle, persuadée que vu son statut de servante, ce n’était pas avec de l’or que Mara l’avait soudoyé.

L’homme se ratatina plus qu’il ne l’était déjà. Sans doute avait-il espéré qu’on l’avait oublié avec toutes ses émotions.

« Je… je suis vraiment désolé… je ne sais pas ce qui m’a pris... »


Ce serait donc à l’Inquisiteur de déterminer leurs sorts ou une délégation compétente s’il n’avait pas le temps. En attendant, ils allaient être conduit au cachot et rien que pour le regard frustré de Mara cela en valait la peine. De son côté, Mellissandre ne cacha pas un sourire victorieux, narguant une ultime fois les deux comparses avant de s’en désintéressé pour de bon. Des complots elle en avait vécu, ce n’était pas ça qui allait lui faire perdre le sommeil. Pendant quelques instants, elle se serait presque cru à la maison.

« Tout de même, je me demande comment vous avez su que c’était une des servantes ? », demanda-t-elle au Commandant une fois que Mara eut disparu de leur champ de vision. En tout cas, elle même était loin d’imaginer que ses femmes de chambres puissent être impliqué là dedans.

Pendant qu’il lui expliquait, elle récupéra sa boite à bijoux afin de pouvoir allez laver sa précieuse amulette, non sans avoir tendu au préalable le coeur à l’intérieur à un pauvre homme traumatisé qui resta bêtement à contempler le morceau sanguinolent dans ses mains en se demandant ce qu’il devait faire avec.

Il était tard, il faisait froid et elle était fatiguée. Toutefois, avant de le quitter, elle lui lança un long regard étrangement doux et… aimable.

« Vous devriez allez faire soigné cette vilaine blessure, Commandant », le materna-t-elle avant que son sourire ne devienne taquin, annonciateur d’une petite facétie. Ce n’est pas parce que dans un élan de reconnaissance, elle avait oublié leur précédentes médisances et qu’elle commençait à l’apprécier sincèrement, qu’elle allait lui épargner ses gentilles moqueries. « Supporter la douleur en silence ne suffira pas à vous rendre plus viril. Et puis, les brûlure, ça ne vous va pas au teint », déclara-t-elle donc avec un rictus amusé en le détaillant de bas en haut.

Finalement, le semblant de complicité qu’ils avaient avaient toujours résidait dans ce genre de pique. Il n’y avait rien de surprenant que cela soit sa manière d’enterrer la hache de guerre…

Plutôt satisfaite de sa réplique, elle fit volte face avec toute la grâce altière dont elle était capable et entreprit de retourner dans ses appartements, s’arrêtant néanmoins au bout de quelques pas. Elle manquait cruellement d’éducation tout de même.

« Merci Commandant Cullen », lança-t-elle avec politesse mais surtout une réelle et sincère reconnaissance qui ne lui était pas coutumière. C’est qu’elle pouvait vraiment être agréable quand elle le voulait.

Elle ne savait pas exactement de quoi elle le remerciait ceci dit. D’avoir envisager son innocence sans la condamner sur le simple fait qu’elle pratiquait la magie du sang ? D’avoir été assez malin pour trouver le fin mot de l’histoire ? De l’avoir tirer de ce mauvais pas ? Quoi qu’il en soit, elle savait pertinemment que sans lui, les choses auraient probablement tourné aux vinaigres. Elle aurait été emprisonnée et probablement exécutée ou menacer de l’être. Ce soir, il était un peu son prince charmant qui lui avait sauvé le vie. Encore une fois.

***********

« Alors, comment va votre blessure Commandant ? », demanda nonchalamment Mellissandre, appuyée contre le mur, manifestement pas gêné d’avoir déranger Cullen pour des civilités.

Elle s’était reposée, elle avait réussi à nettoyer son amulette de famille et le Commandant semblait être le seul à avoir relever sa passion secrète pour les histoires romantiques, il n’y avait donc pas l’air d’avoir de nouvelles rumeurs à ce sujet. Tout était bien qui finissait bien donc.

Tellement bien même, qu’elle avait envoyé quelques lettres à Tevinter. Elle lui réservait une petite surprise dont il n’était pas près de se remettre mais pour l’heure, rien n’était sûr. C’était difficile d’être agent double et de devoir briller autant à l’ombre qu’à la lumière. Heureusement qu’elle avait eu 21 ans d’entraînement au milieu d’un nid de vipère.

Elle échangeait donc quelques banalités avec lui quand une autre personne débarqua dans le bureau du Commandant l’air hagard. Elle ne le connaissait pas, mais Cullen lui devait savoir que c’était une des geôlière de la prison, celle assignée à Mara. En réponse à leurs regard surpris, il les dévisagea tous les deux dénué d’expression et sorti sa lame. Etant donné qu’elle était la plus proche, c’est Mellissandre qui fut visée en premier, ne réussissant à esquiver le coup que de justesse en plongeant sur le côté, tandis que la grosse épée de Kylin poursuivait son mouvement, fracassant l’étagère du commandant.

Toutefois, elle n’était pas la seule à être visée car c’est vers Cullen que la femme se retourna ensuite, tentant de lui faire subir le même sort, brisant cette fois-ci une babiole sur son bureau dans sa tentative ratée. Finalement, elle allait peut-être voir la jolie épée qu’elle lui avait offert en action…

Elle n’avait aucun doute sur la faculté du Commandant à se débrouiller, surtout que les mouvements de la demoiselle étaient particulièrement pataud. Tellement que cela ne pouvait signifier qu’une chose. Elle lui lança un éclair suffisant pour la paralyser mais cela ne sembla guère l’arrêter.  

« C’est de la magie du sang ! », s’exclama-t-elle alors, désormais certaine. Cela rendait la situation d’autant plus compliqué que ce n’était plus qu’un pantin déterminé à les tuer. Les blessures ne l’arrêteraient pas, elle pouvait même se tuer elle même à la tâche. Difficile de l’immobiliser en espérant que ça passe, c’était ça qui rendait la magie du sang si terrible, bien souvent, les morts étaient inévitables.

Finalement, peut-être que Mara était plus que mage de feu, et que ce n’était pas pour rien qu’elle avait si aisément soudoyer le pauvre garde… Mais elle était là, mage bien plus expérimentée qu’elle. Elle pouvait la libérer avant que les choses ne dégénèrent davantage. Mais Cullen ne lui pardonnerait probablement jamais d’avoir utiliser la magie du sang, même à cette fin louable.

« Je pourrais la libérer... », l’averti-t-elle tout de même en se mordant la lèvre, attendant de voir comment les choses évoluaient tout en s’écartant de l’affrontement. Si elle lui lançait un sort assez puissant pour l'atteindre, elle allait l’électrocuter, la seule chose qu'elle pouvait faire c'était doter Cullen d'une barrière. Enfin, sauf s'il décidait de lui donner sa bénédiction...
PROCHAIN NIV. :
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Invité
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Posté Lun 21 Aoû - 1:01
Missive 6
Commandant,
Mellissandre a été aperçue utilisant de la magie du sang pour torturer un soldat et l'assassiner. Il a été clairement  défini qu'il s'agissait bien d'elle. Il faut à tout prix la retrouver et lui faire payer ses crimes.
Une question de confiance



Après un bref échange entre les deux, Mellissandre refusa de la juger et estima que ce n’était pas à elle de le faire, ce que le Commandant approuva parfaitement. En attendant de pouvoir contacter l’inquisiteur pour lui informer des faits – si cela n’était pas déjà transmit – il fallait les enfermer au cachot. Il fit alors signe aux gardes de les emmener tous les deux, pendant qu’il examina sa blessure en silence.

«  - Tout de même, je me demande comment vous avez su que c’était une des servantes ? »
«  - Je ne saurais dire avec exactitude, mais je connais la plupart de mes soldats présents ici. Et puis, si cela était quelqu’un proche de vous, vous ne l’auriez jamais soupçonné… »


La jeune femme s’occupa de sa boîte, et Cullen se remit debout en grimaçant de plus belle. Il avait prévu faire un petit passage à l’infirmerie avant de retourner dans ses quartiers. Mine de rien les brûlures étaient pas à négliger.

«  - Vous devriez aller faire soigner cette vilaine blessure, Commandant »
«  - Je devrais... »
«  - Supporter la douleur en silence ne suffira pas à vous rendre plus viril. Et puis, les brûlures, ça ne vous va pas au teint. »
«  - hinhin ~ Parce que vous peut-être… ? »


Ils se devaient de s’envoyer des pics pour faire retomber la pression qui régnait entre les deux. Cela était presque leur manière de communiquer pour espérer avoir de l’emprise sur l’autre. D’ailleurs, cela avait abaissé les tensions entre eux.

«  - Commandant, ne perdons pas d’avantage de temps ici… Il commence à faire soif ! »
«  - Ouais allons boire une chope »
«  - Je… Je viens…. »


Et bien oui, il ne fallait pas s’attarder sur les murs du fort, de plus le vent soufflait particulièrement ce soir-là.

«  - Sur ce, bonne soirée Mellissandre »

Ils tournèrent chacun le dos de leur côté pour repartir dans la direction opposée. Quand soudain, au bout de quelques pas, la jeune femme s’arrêta.  

«  - Merci Commandant Cullen »

Il s’arrêta net, regardant par-dessus son épaule pour percevoir la jeune femme au loin. Cullen comprit qu’elle le remerciait pour ce qu’il avait fait, même si dans le fond il était certain qu’elle lui en veuille. Après tout, il n’avait pas été tendre avec elle. Mais pour une fois il eut l’impression qu’elle était sincère. Il repartit alors d’un pas décidé en direction de l’infirmerie en compagnie de ses soldats.

--- Le lendemain...

La nuit avait été courte pour Cullen, tant sa blessure lui faisait mal. Il se rappelait qu’il n’aimait pas les brûlures, car les soigner le démangeait particulièrement. On lui avait sommé de ne pas y toucher, mais le fait de cumuler plusieurs douleurs à la fois l’avait beaucoup affaibli pour les supporter comme à son habitude. Et cela il l’avait remarqué de manière très amère cette nuit-là.

Il s’était rendu à nouveau à l’infirmerie pour calmer les effets désagréables de sa blessure, et une fois qu’il l’eut fait, il s’en était retourné à son bureau pour commencer à travailler. Pour dire, la nuit avait été longue… et la matinée d’avantage.

Il était avec Doreen, étudiant la carte de la zone de l’emprise du lion. En effet, il fallait prévoir de nouveaux campements, car certains avaient été détruits en cours de route. Ayant écumé ces terres, l’elfe pouvait le conseiller sur les points les plus sûrs pour eux. Alors qu’ils étaient pris dans des études en plaçant des pions sur la carte, Mellissandre fit irruption dans la pièce.

«  - Alors, comment va votre blessure Commandant ? »

Alors à la fois fatigué et concentré, Cullen qui avait la tête appuyée sur le dos de sa main leva juste les yeux vers elle en la regardant entrer. Il lui fallut un moment de réflexion avant de remarquer  qu’elle s’était adressée à lui.

«  - Elle va mieux.. maintenant. »

Il n’allait quand même pas lui dire ouvertement qu’il avait passé une sale nuit tout de même ? Enfin, elle allait quand même remarquer son état vu les cernes qui soulignaient ses yeux ce matin.

Doreen regarda Mellissandre entrer, sans dire un mot, puis continua d’identifier les zones de ressources qu’ils avaient récupéré sur place, profitant de les avoir encore en tête avant d’oublier pour de bon.

«  - Pas trop enrhumée ce matin, ma Dame ? ~ »

il faisait bien entendu référence à la tenue dénudée de la jeune femme la veille, bien forcé de lui envoyer une pique tant la situation l’avait amusé. Ils discutèrent, ou plutôt… s’envoyaient des piques pendant un instant avant de voir entrer un soldat ou plutôt, une geôlière de la prison.

Personne ne fit attention à elle quand elle entra, après tout Cullen avait souvent des intrusions pendant ses entrevues avec une personne. Mais en levant les yeux vers elle il comprit immédiatement quelque chose n’allait pas. En effet, c’était celle qui avait été assignée à la fameuse servante de Mellissandre de surcroît.

Cullen se leva immédiatement quand il vit la personne sortir une lame, et celui-ci dégaina plus vite son épée en réponse.

«  - HAHA Bien joué, Dame Alirius, j’aurais presque cru que vous l’aviez ensorcelée pour nous tuer. Allez, cessez ce jeu. »

Il eut à peine fini sa phrase que la geôlière se précipita sur Mellissandre pour l’attaquer, ce qui fit réfléchir l’elfe. La bibliothèque prit un coup et une flopée de livre s’écrasa au sol.

«  - … Ce n’est pas vrai ! »

Cullen recula d’un pas pour éviter la lame qui s’écrasa au milieu de leur plan, se plantant immédiatement dans le bois pourtant solide du mobilier, laissant une trace immonde sur le plateau.

La géolière n’était pas dans son état normal, en effet elle avait un regard perdu, et des mouvements très maladroits et lents. Il n’y avait qu’une solution : La maîtriser et découvrir ce qui se passait mais dans l’esprit de Cullen tout était déjà très clair.

«  - C’est de la magie du sang ! »
«  - Vous aussi cela vous a percuté… ? »


Il s’inquiétait beaucoup, mais ce n’était pas encore le temps de se poser autant de questions. Il alla l’affronter, donnant plusieurs coups d’épée avant de la désarmer. Il donna un coup de pied pour la faire vaciller, et Doreen la rattrapa après être apparu furtivement derrière elle, puis de la maîtriser au sol.

«  - Elle est fougueuse, Commandant ! »
«  - Maintenez-là, par tous les moyens possible ! »


Il rangea alors son arme et se pencha vers la pauvre victime pour percevoir ses symptômes et observer son état de plus près.

«  - Aucun doute là-dessus. Ce soldat a été victime de magie du sang… »
«  - Je pourrais la libérer… »


Elle faillit quitter l’emprise du voleur, mais Cullen le rappela à l’ordre une nouvelle fois pour qu’il la maintienne mieux.

«  - Désolé, Commandant. Mais je refuse que nous fassions usage de magie du sang envers elle. Le moyen le plus sûr serait de la tuer. »
«  - Entre nous, Doreen, elle a déjà été victime de magie du sang. Et si elle possède des informations, je doute que tuer soit la meilleure des solutions. »


Il y eut un silence, ou presque, où Cullen soupira de plus belle, ne sachant pas quoi faire… Il refusait d’entendre parler de magie du sang  et l’utiliser serait tout sauf bénéfique…  Surtout dans son bureau. Ne sait-on jamais il y crois un peu trop aux démons.

«  - Pour usage de la magie du sang il y a toujours un prix à payer. »

Il releva les yeux vers Mellissandre, alors toujours à genou au sol à examiner la pauvre victime.

«  - Elle est la geôlière de votre femme de chambre, Mellissandre. On aurait dû la tuer plus tôt. »

Il ne cherchait pas à faire confiance à la magie du sang, loin de là. Rien que d’entendre ce nom il en avait des frissons et des nausées, jamais il ne se tournerait vers cette pratique pour sauver cette personne… Cependant la mort semblait moins douloureuse pour elle…

«  - Avant qu’on ne la tue, avez-vous une solution pour la sortir de là ? Vous êtes mage du sang non ? »

Même maintenue au sol, la geôlière réussit à se sortir de l’emprise du soldat pourtant expérimenté qui se trouvait sur son dos. Celui-ci bascula en arrière, alors que Cullen prit le réflexe de s’en éloigner.

«  - Faites quelque chose, maintenant !! »

Cullen était dans sa trajectoire, mais si la jeune mage ne réagissait pas rapidement, cela allait être pire pour lui qui se retrouvait dos à son bureau.  

PROCHAIN NIV. :
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Posté Lun 21 Aoû - 3:08
Ah le vilain menteur… Malgré ses dires, il était évident que Cullen n’allait pas bien. Des cernes rongeaient son beau visage et sa posture était moins droite qu’à l’accoutumé, sans doute pour ne pas trop appuyer sur sa jambe blessée. Les mages de l’Inquisition étaient-ils à se point incompétent pour ne pas soigner une telle blessure ? Ou bien avait-elle sous-estimé la puissance de Mara ? Quoi qu’il en soit, titiller l’orgueil du Commandant était un passe temps fort agréable mais pour une fois elle s’abstient de tout commentaire désobligeant. Après tout, elle lui était encore reconnaissante pour ce qu’il avait fait. Après un long regard en sa direction qui montrait qu’elle n’était pas dupe, elle inclina légèrement la tête faisant danser ses boucles brunes.

« Bien. Ne vous surmenez pas trop tout de même », commenta-t-elle avec une gentillesse qui lui était si peu coutumière qu’elle en devenait louche. Même elle trouvait ça suspect à vrai dire et ne se l’expliquait pas. Mais qui aurait pu résister à sa tête de chiot battu ? « J’ai une crème de jour qui fais des miracles sur les teints grisâtres, je vous en passerait un échantillon », ajouta-t-elle donc finalement sur un ton plus sifflant, comme pour relancer les gentilles hostilités et rétablir la normalité de la situation même si elle était encore délicate. Une pique si superficielle n’était point à la hauteur de ses talents.

Heureusement, l’éclaireur du Commandant semblait déterminer à jouer les bouts en train pour eux trois, lui lançant une provocation totalement gratuite alors qu’elle lui décrochait à peine un regard. Elle décidait avec qui elle jouait à ce petit jeu, et clairement l’elfe n’était pas un participant potentiel c’est à peine si elle s’était intéressée à sa présence dans la pièce avant qu’il n’ait l’audace d’ouvrir la bouche.

Son dédain avait valeur de réponse, mais elle lui retourna néanmoins une petite remarque, juste pour le principe. « Ne vous inquiétez donc pas pour moi, je sais très bien me réchauffer toute seule », déclara-t-elle avec un certain détachement qui rendait presque subtile l’allusion salace de ses paroles.

Sans doute auraient-ils pu en finir ainsi si l’arrivée de la geôlière ensorcelée n’avait pas soudain provoqué un tel chaos. Malgré sa maladresse, elle fracassait tout sur son passage et ils durent s’y mettre à deux pour l’immobiliser. A croire que même blessé, le Commandant avait encore du répondant.

Après un examen plus approfondi, Cullen confirma leurs craintes et Mellissandre se mordit la lèvre. Ce n’était pas bon pour elle, même si elle n’y était pour rien. Comme si elle avait besoin que quelqu’un rappelle à tout le monde les ravages que pouvaient faire cette magie interdite…

Fougueuse, la jeune femme se débattait avec virulence, manquant de peu d’échapper à l’emprise de l’elfe à plusieurs reprises. Monstre assoiffé de sang, elle n’arrivait pas à s’attirer la sympathie du voleur qui avait manifestement déjà décidé de son sort.

Le visage fermé, Mellissandre se crispa légèrement sur son bâton devant l’ironie de la situation. Dire que c’était elle, la vilaine venatori mage du sang qui voulait sauver une vie de l’Inquisition. Vraiment, sacrifier quelqu’un par pur pruderie envers cette magie c’était affligeant. Toutefois, le Commandant semblait encore indécis et Mellissandre le regarda avec une intensité toute particulière, désireuse de faire pencher la balance. Neutre mais déterminée et confiante, elle cherchait simplement à montrer qu’elle était prête mais pas avide de le faire. Tout dépendait donc de lui.

Sa révélation ne la surpris qu’à moitié – après tout, la coïncidence était trop forte pour ne pas soupçonner Mara – et elle hocha gravement la tête. En la remettant au jugement de l’Inquisition elle avait pris la solution la plus diplomatique mais maintenant, elle payait le prix de sa demi mesure. Fallait-il y voir un signe du Créateur ? Elle n’en était pas sûre. Si toutefois c’était la seule autre victime de son ancienne servante, ils pouvaient s’estimer heureux.

En tout cas, Cullen semblait toujours hésité, oscillant entre son désir de sauver une vie et d’obtenir des informations, et son aversion pour la magie du sang. D’un côté, elle ne pouvait pas lui en vouloir, sans doute n’avait-il jamais eu l’occasion de constater une utilisation positive de cette pratique sanglante. Mais il lui demandait si elle pouvait faire quelque chose quand même, s’en remettant à son expertise.

Dans le fond, peut-être lui faisait-il un peu confiance quand même… ?

« Je vous l’ai dit, je suis spécialisée dans les moyens de lutter contre la manipulation mentale », rappela-t-elle sur un ton qui se voulait aussi limpide que professionnel. Pas de vantardise, de plaisir ou de haine, l’image même du sérieux et de la rigueur dépouillé de tout apparat. La preuve qu’elle ne badinait pas plus que lui sur le sujet. « Donc oui, je peux libérer son esprit mais... »

Sa phrase ne s’acheva pas, la prisonnière ayant réussi à s’extirper de l’étreinte du voleur. Sans doute déconcentré par le discours de Mellissandre qu’il désapprouvait complètement. Il jura entre ses dents qu’ils auraient dû la tuer tout de suite mais la jeune femme n’en avait cure, la situation de Cullen était bien plus urgente.

Acculé contre le bureau, il ne pouvait plus esquiver les coups atrocement brutale de son agresseuse, il risquait de finir sévèrement blessé si elle ne réagissait pas, et d’ailleurs, il lui en donna implicitement l’ordre.

Sans tergiverser plus longtemps, Mellissandre s’entailla la main avec une partie acérée du cristal de son bâton. Le geste fut vif, précis, répété un millier de fois de sorte qu’il ne lui tira même pas une grimace alors qu’elle sentait sa chaire meurtrie. Pas une goutte ne tomba au sol, son précieux liquide vermillon étant instantanément dirigée sur la jeune femme qui avait levé son épée et qui se figea soudainement.

Un moment fugace capturée dans une soudaine statue, le geste inachevé avait beaucoup de panache à vrai dire. Les doigts tremblants, les yeux follement agités, la jeune femme semblait se débattre dans son immobilisme.

Mellissandre n’aimait pas particulièrement jouer les modeste mais elle avait un peu sous représenté l’effort et la maîtrise que réclamait le sort qu’elle lançait. Pervertir l’esprit de quelqu’un était quelque chose, le libérer d’une autre emprise en était une autre. La magie du sang était comme une main griffue plantée dans l’esprit de sa victime, malgré la perte de ses repères, du contrôle de son corps, la dite victime ne perdait pas pour autant toute lucidité. Elle était juste prisonnière de ses propres pulsions et c’est bien pour ça que certains parvenaient à reprendre le dessus.

Immiscée dans ce duel inéquitable, Mellissandre devait donc veiller à apaiser la volonté farouche de la geôlière autant qu’à retirer sans heurt le contrôle exercé par Mara. Sauf qu’on arrache pas des griffes avec violence au risque de faire des séquelles irrémédiables, on les retire une par une, délicatement…

Trop concentrée pour se préoccuper de son public, Mellissandre aussi s’était figée, le regard rivé sur la combattante, l’air absent.

« Ca va aller... », murmura-t-elle soudainement d’une voix aussi douce qu’apaisante, maternelle presque. C’était bien à la victime qu’elle s’adressait comme s’il s’agissait d’un enfant apeuré. Mais, dans tous ses défauts et la vacuité de son existence, Mellissandre si dévouée à sa famille avait toujours eu l’âme d’une mère et elle savait étonnamment se montrer rassurante. La magie du sang était une histoire de persuasion autant que de contrôle : plus la femme lui laissait de latitude, plus elle pourrait agir. Il n’y avait rien de plus efficace qu’une victime consentante après tout. Et c’est bien pour ça qu’elle ne dégageait à ce moment que de la gentillesse bienveillante, sincère puisque son désir de réussir l’était.

Ce simple geste pourtant anodin sembla quelque peu apaiser la femme qui cessa de faire vaciller ses yeux dans ses orbites, légèrement calmée. Toujours coincé dans cet étrange moment de flottement, Mellissandre s’employait à détisser consciencieusement l’emprise de Mara jusqu’à ce qu’elle fut satisfaite de son œuvre. Et c’est seulement après que des gouttes écarlates glissèrent nonchalamment le long de son poignet avant de s’écraser sur le dallage comme si le temps reprenait subitement son court.

De son côté, la mage respirait plus profondément, chassant l’effort que lui avait demandé sa magie tout en jetant un œil à l’ancienne victime pour s’assurer que tout allait bien. Hagarde, la geôlière n’en menait pas large mais elle semblait désormais dépossédé de toute velléité meurtrière et dans un élan de lucidité elle lâcha son épée, la repoussant un peu plus loin du bout des pieds pour écarter toute menace. Histoire de s’en assurer, le voleur se jeta à nouveau sur elle pour maintenir ses mains dans son dos et cette fois elle ne se débattit pas. Dans le doute, il plaça quand même une lame sous sa gorge, prêt à éteindre cette vie en cas de problème.

« Je… je suis vraiment désolée Commandant… Je ne voulais pas… je le jure, c'est cette femme de chambre... elle... je suis désolée... », s’excusa-t-elle, encore confuse, sa voix aussi implorante que vacillante.

« C’est peut être un piège... », cracha l’elfe en jetant un regard suspicieux en direction de sa prisonnière autant qu’à Mellissandre. Manifestement, la situation ne lui plaisait pas du tout et il était toujours aussi déterminé à mettre fin à ses jours.

Mellissandre soupira, fatiguée par sa prouesse plus difficile qu’elle n’en avait l’air, cherchant stupidement des yeux un tissu susceptible de faire taire le flot de sang qui jaillissait toujours de sa plaie.

« Non, elle est pleinement redevenue elle même, je peux le garantir »
, déclara-t-elle tout de même pour dissuader Cullen de prendre des mesures trop… radicales.

La femme lui jeta un regard reconnaissant bien qu’un peu distordu par la douleur qui vrillait encore son crâne. Être manipulé n’était pas une expérience agréable, autant sur le plan psychologique que physique et même si elle était loin d’être émue, Mellissandre raffermit sa position pour mieux dévisager le Cullen.

« C’est à vous de voir Commandant », répondit-elle calmement avant de jeter un regard dédaigneux à l’elfe. « Mais les idées reçus et la peur sont rarement de bonnes conseillères », rappela-t-elle néanmoins en fermant la main comme pour cacher le flot de sang qui n’avait pas cessé d’affluer. D’une certaine manière, elle aussi avait été blessée dans ce conflit. « Ne laissez pas vos préjugés prendre inutilement une vie, vous pouvez juste l’emprisonner le temps de régler la situation. », suggéra-t-elle finalement sans le quitter des yeux. C’est qu’elle semblait presque sage pour une fois.

Néanmoins, la décision lui appartenait. Après la clairvoyance dont il avait fait preuve à son ‘procès’, Mellissandre réalisait qu’elle avait acquis une certaine foi en Cullen. Suffisamment de respect en tout cas pour envisager qu’il ne tombe pas dans la facilité d’une exécution inutile. Ses hésitations préalables étaient déjà éloquentes après tout…

Elle ne savait pas tout ce qu’il avait enduré à cause de la magie du sang, elle ne savait pas que sa crainte et sa haine était justifiée par plus que l’endoctrinement de la chantrie andrastienne. Mais malgré tout, elle voulait penser qu’il y avait un léger espoir pour qu’il accepte la situation telle qu’elle était. Pour qu’il concède que sa magie, aussi sanglante soit elle, pouvait sauver une vie.  

Sans doute souhaitait-elle ardemment cette remise en question pour gagner un peu de sa confiance, pour changer un peu son regard. Être plus qu’un monstre qui connaît les arcanes d’une magie interdite. Mais peut-être était-ce également plus sain pour lui de combattre ses propres démons.

Quoi qu’il en soit, la décision lui revenait, pleinement et entièrement, une attente religieuse de son jugement que la combattante avait pleinement accepté. D’ailleurs, elle ne dit rien d’autre pour sa défense, se contentant de dévisager le Commandant avec résipiscence, jetant parfois un regard plein de gratitude à Mellissandre. Quitte à mourir, elle était tout de même contente d’avoir pu être elle même dans ses derniers instants.

De son côté, la tévintide aussi attendait d’éventuelles représailles, prête à assumer son choix et ses gestes dans l’urgence de la situation. Mais, il y avait tout de même plus pressé vu les circonstances. Mara n’avait certainement pas pris le contrôle de sa geôlière pour rester sagement enfermée dans sa cellule.

« Mara ne doit pas être parti bien loin, je vais l’arrêter avant qu’elle ne cause plus de dégâts », prévient-elle donc avec toute l’assurance qui lui était coutumière. Elle était peut-être puissante mais c’était une amateur comparait à elle. Maintenant qu’elle se méfiait, elle n’avait aucun doute quand à sa réussite. Toutefois, avant de faire mine de quitter la pièce, elle lança un dernier regard à Cullen. Plus taquin cette fois, allégeant un peu la solennité de la situation.

« Vous êtes en état de jouer les chaperons, Commandant ? », le provoqua-t-elle de manière à l’inviter à partir à la chasse avec elle, restant néanmoins prudente car elle savait qu'il était mal en point et qu'elle ne voulait pas qu'il se surmène. Ceci dit, elle préférait ne pas être seul pour ne pas qu’on porte de jugement hâtif en la voyant poursuivre une pauvre servante dont peu de gens connaissaient la perfidie. Ses actes n’avaient volontairement pas encore été ébruité après tout, c’est bien pour ça que c’est maintenant qu’ils devaient agir.

« Ne vous inquiétez pas, je vous protégerais de la vilaine mage du sang... », susurra-t-elle ensuite avec un sourire amusé, même si elle était persuadé qu’il avait largement les qualités nécessaires pour résister de lui même aux assauts de cette débutante. Même elle ne pouvait pas être certaine de réussir à le corrompre alors… Non, c’était juste pour le plaisir de le taquiner en se plaçant en héroïne protectrice.
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Posté Mar 22 Aoû - 1:34
Missive 6
Commandant,
Mellissandre a été aperçue utilisant de la magie du sang pour torturer un soldat et l'assassiner. Il a été clairement  défini qu'il s'agissait bien d'elle. Il faut à tout prix la retrouver et lui faire payer ses crimes.
Une question de confiance



Cullen se redressa quand la geôlière fut figée dès que le sort fut lancé. Il relâcha alors sa respiration et se releva ensuite, rejoignant l’elfe qui se trouvait près de lui.

«  - Et le pire c’est que c’est efficace… »

Le Commandant ne répondit pas, constatant simplement les dégâts infligés par le soldat sous l’emprise de cette magie interdite. Il soupira en voyant l’énorme entaille dans son propre bureau puis son attention reparti sur Mellissandre qui essayait de calmer la personne. Doreen s’approcha de son supérieur et lui murmura très bas afin qu’ils soient dans la confidence.

«  - Vous lui faites confiance ? »
«  - Elle m’a dit plusieurs fois qu’elle a appris la magie du sang pour contrer les sorts. A Tevinter ils ont de toute manière une base dans ce domaine. Même si cela ne m’enchante guère, je préfère pouvoir en tirer profit du moment que ce n’est pas dangereux. »
«  - mouais… dans cette situation peut-être. »


Il était frustré de ne pas avoir pu faire couler le sang, mais il se calmera bien vite… Il ne fallait pas que l’on se fasse la guerre à l’intérieur du fort, ce n’était pas le moment. Et la magie du sang pouvait causer des dégâts incontestables. Il fallait agir rapidement, et de ce fait quoi de mieux que de monter des équipes de garde ? Ses hommes étaient parfaitement capables de retenir cette mage.

«  - ça va aller… »

Quelques instants après, les effets semblaient se dissiper, et la jeune femme reprit peu à peu ses esprits. Bien que Mellissandre saignait abondamment elle ne fit pas autre chose avec, pouvant profiter aisément de sa plaie ouverte pour tuer toutes les personnes qui étaient dans la pièce. Cela terrifiait Doreen, qui souhaitait tout sauf mourir de la sorte. Cullen quand à lui tentait de garder son calme autant bien que mal, malgré son malaise soudain. Il essaya néanmoins de focaliser son attention sur la jeune femme qui s’adressa alors à lui, quand elle revint complètement à elle.

«  - Je… je suis vraiment désolée Commandant… Je ne voulais pas… je le jure, c'est cette femme de chambre... elle... je suis désolée...  »


Il n’eut pas le temps de faire quoi que ce soit, Doreen cracha directement sur son honnêteté.

«  - C’est peut-être un piège… »
«  - Doreen, ce n’est pas le moment. »
«  - Elle peut parfaitement vous attaquer si vous vous en approchez de trop près »


Maudit soit sa bonté de cœur, un jour cela le perdra… Il écouta son agent et fit un pas hésitant en arrière, profitant de l’instant pour aller s’adosser contre la bibliothèque, passant une main vive dans ses cheveux comme pour tenter de cacher son stresse.

«  - Est-ce qu’il y a une possibilité pour qu’elle soit encore sous l’emprise de la magie du sang ? »
«  - Non, elle est pleinement redevenue elle-même, je peux le garantir. »
«  - Bien dans ce cas »


Doreen, qui ne comprenait vraiment pas la situation, estima que ce pouvait être une excuse de la part de Mellissandre pour faire passer son crime pour un autre. Il sentait qu’elle était étrange, et qu’elle se méfiait particulièrement de lui.

«  - C’est à vous de voir Commandant »

Elle s’était un peu avancé vers eux mais se fit vite arrêté par l’elfe qui s’interposa entre les deux pour l’empêcher d’atteindre Cullen. De plus, il était blessé et même s’il était redoutable, il en restait vulnérable.

«  - Mais les idées reçus et la peur sont rarement de bonnes conseillères. »
«  - Vous sous-estimez l’ampleur de cette situation. »
«  - Ne laissez pas vos préjugés prendre inutilement une vie, vous pouvez juste l’emprisonner le temps de régler la situation. »


Elle s’adressait au deux, tant son regard vacillait entre l’un et l’autre. Mais Doreen s’emporta suite à cette situation.

«  - Vous n’avez pas à dire au Commandant ce qu’il doit faire, sorcière. »

Avant que le tout ne parte au quart de tour, Cullen posa sa main sur l’épaule de son compagnon en lui faisant un signe de la tête que ce n’était pas la solution à adopter.

«  - Collaborons, votre ennemi n’est pas Mellissandre mais sa servante qui est encore libre quelque part dans le fort. Pour éviter d’avoir un drame supplémentaire et éviter de nouvelles victimes nous devons faire vite. Est-ce clair ? »
«  - Mais je… !! »
«  - Est-ce clair ?! »
«  - … Bien, Commandant »


Il le dit comme s’il répétait une vieille poésie apprise durant l’enfance. En effet, il le pensait pas vraiment, tant son regard vacillait sur le bras ensanglanté de la mage du sang.

Cullen se rendit près de la meurtrière et observa l’extérieur, comme s’il attendait que quelque chose se passe. La prison pouvait s’avérer dangereuse… Il ne fallait pas créer une panique générale – d’autant plus qu’il y avait des nobles influents par ici ces jours – Il fallait agir rapidement et bien.

«  - Nous devons agir vite, les prisons ne doivent plus être un lieu sûr »
«  - Mara ne doit pas être partie bien loin, je vais l’ârrêter avant qu’elle ne cause plus de dégâts. »
«  - Je… ? il est bien présomptueux de votre part de garder cela uniquement pour vous ~ »
[color=#663399«  - Vous êtes en état de jouer les chaperons, Commandant ? »[/color]


«  - J’imagine que l’on peut partir à la chasse oui »
«  - Ne vous inquiétez pas, je vous protégerais de la vilaine mage du sang... »

Il ramassa son bouclier et le chargea sur son dos avant de prendre la sortie, faisant signe aux deux personnes près de lui de le suivre. En chemin, il s’agenouilla près de la geôlière l’invitant à se relever.

«  - Faites un tour à l’infirmerie, mais faites en sorte de ne pas créer d’émeute… Nous devons agir prudemment et en silence si nous voulons la capturer. Puis-je compter sur votre silence ? »
«  - .. O-ou-oui… Commandant »


Il se redressa alors et quitta la pièce, l’elfe fermant la marche après Mellisandre. D’ailleurs, la jeune soldate semblait sous le charme du Commandant, comme pas mal de femmes dans le fort. C’était une preuve qu’elle était bien sincère selon lui, et elle était alors hors de danger.

Ils longèrent les remparts, en poussant les portes au passage, puis redescendirent les escaliers qui donnaient sur les jardins. Tout semblait calme et particulièrement sous contrôle… pour l’heure.

Ils arrivèrent près des portes de la prison et descendirent dans les sous-sols après avoir passé la garde à l’entrée. L ?un d’eux tiqua sur la marque ensanglantée de Mellissandre.

«  - Commandant »
«  - Un problème ? »
«  - Simple curiosité : Pourquoi emmener une mage au poignet ensanglanté dans les prisons ? »
«  - … Pour l’arrêter je suppose ? »
«  - Je règle une affaire délicate, et j’ai besoin de savoir si notre prisonnière d’hier soir se trouve encore ici »
«  - Personne n’est sorti Commandant. »
«  - Pas même une geôlière ? »
«  - Non personne… Pourquoi vous… ? »


Suite à ces paroles et malgré les blessures qu’il avait encore de la veille, il parti au pas de course jusqu’à la  cage présumée de Mara, qui était vide…

«  - Créateur… »

Les barreaux étaient dans un sale état, et des traces de sang pouvaient être perceptible dans la paille au fond de la cellule. Des soldats ne tardèrent pas à arriver en renfort constatant la scène…

«  - Vous avez été victime de magie du sang, elle a utilisé cela pour effacer vos souvenirs et de ce fait, aucune alerte n’a pu être donnée.. »

Mellissandre lui fit également remarquer qu’il n’y avait plus le jeune soldat arrêté avec le jour d’avant… Vu comment cela s’était terminé entre eux, elle pouvait parfaitement l’utiliser comme victime… Mais jusqu’où irait-elle… ?

«  - Avez-vous une idée d’où elle pourrait se trouver… ? »

Elle essayait de faire porter le chapeau à Mellissandre, dont la plupart pouvaient déjà la soupçonner… Après tout, elle n’était pas avec Cullen quand l’attaque à la prison avait eu lieu… Ce que Doreen ne tarda pas à lui faire comprendre.

«  - J’ai cru que j’étais clair tout à l’heure !! »
«  - Désolé mais cela me paraît vraiment suspicieux tout ceci ! Elle est mage du sang et autant coupable qu’elle !!! »
«  - ça suffit j’ai dis ! »


Il essayait de tisser les liens avec les événements de la veille…

«  - hmm… elle a un otage, et si elle recommence à vous pourrir, elle irait probablement dans un endroit que vous fréquentez beaucoup. »

Il fallait faire vite… Si ses intentions étaient mauvaises, elle pouvait parfaitement utiliser son otage pour invoquer un démon et recommencer avec d’autres. La manipulation par le sang était vraiment dangereuse…

«  - Elle manipule les êtres vivants par le sang, comme elle l’a fait avec les gardes… Je me demande bien jusqu’où elle pourrait y aller. »

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Posté Mar 22 Aoû - 19:24
Mellissandre sentait bien que le commandant était légèrement déconcerté vis à vis du flot vermillon qui s’échappait toujours de sa paume mais il ne fit pas de commentaire. Encore une fois, il se montrait étrangement raisonnable pour un sudiste, calmant les ardeurs de son camarade et acceptant la situation. Bon, on ne pouvait pas dire non plus qu’il était reconnaissant et parfaitement à l’aise, mais c’était déjà un bon début.

Par contre, on ne pouvait pas en dire autant de Doreen qui prenait manifestement très mal le fait qu’elle ose exprimer son opinion. Restant de marbre face au petit sobriquet de sorcière dont il l’affubla, Mellissandre était prête à encaisser beaucoup plus mais le Commandant intervient immédiatement, aboyant sur son sous-fifre pour tempérer ses velléités de meurtre.

La situation était tellement similaire à leur petite balade dans la côte orageuse que la jeune femme eut comme un air de déjà vu. En fait, vu le temps que passait le Commandant à empêcher ses hommes de la tuer en les forçant à collaborer, il fallait qu’elle songe à demander une carte d’abonnement. Peut-être qu’au bout de dix fois, elle aurait le droit à un câlin pour compenser le préjudice moral ?

Perdu dans ses pensées elle s’inclina légèrement face au Commandant quand il décida de l’accompagner. Elle n’avait aucun doute sur sa capacité à mettre seule Mara hors d’état de nuire mais c’était plus sage ainsi. Son compagnon, se saisit donc de son bouclier et fit mine de sortir avant d’indiquer à la soldate de se rendre à l’infirmerie. Le regard débordant d’affection qu’elle lui retourna était si mièvre que même Mellissandre le remarqua. A croire que toutes les femmes de l’Inquisition étaient amoureuses de Cullen. A ce point, peut-être qu’elle devait le signaler dans ses rapports aux venatori, l’Inquisition aurait probablement bien plus de mal à recruter sans lui.

Perdue dans ses pensées quelque peu douteuses, Mellissandre resta donc silencieuse jusqu’à l’arrivé aux geôles où elle fut de nouveau le centre de l’attention. Même si elle ne saignait plus vraiment, une multitude de sillons écarlates trahissaient encore sa blessure. Une mage du sang blessée à la main, c’est vrai que c’était fort suspicieux.

« J’ai trébuché », souffla-t-elle avec un sourire outrageusement innocent à l’attention d’un garde qui n’arrivait pas à quitter sa main des yeux. Une assertion ostensiblement fausse qui déstabilisa le pauvre homme qui ne s’attendait probablement pas à ce qu’elle se moque gratuitement de lui. Ni à ce que le Commandant semble davantage préoccupé par la prisonnière… qui avait mystérieusement disparu.

Pour une fois, Mellissandre habituellement aussi bavarde qu’exubérante, restait en retrait, bras croisé et visage pensif, elle laissait volontiers le Commandant faire ses déductions. Après tout, ça avait plutôt bien marché hier.

Selon lui, Mara allait chercher à lui nuire, elle disposait d’un otage qui pourrait potentiellement lui servir de sacrifice et elle avait manipulé les gardes à l’entré pour qu’ils oublient sa présence et gagner du temps. Un déroulement qui laissait Mellissandre circonspecte car elle même n’aurait probablement pas eu les capacités de le faire et elle était plutôt confiante quand à la puissance de sa magie.

« Hmm, c’est à croire que vous avez utilisé tout votre sens de la déduction hier, Commandant », le taquina-t-elle en ouvrant la marche pour se diriger vers l’extérieur. Si Mara voulait un public, elle irait à la taverne, si elle voulait s’échapper il faudrait qu’elle sorte par la seule issu, dans les deux cas, il fallait qu’ils aillent dans les cours qui bordaient le château.

« Mara n’est pas assez puissante pour maintenir un esprit sous sa coupe, manipuler la mémoire de trois hommes simultanément, tout en entraînant un soldat bien plus fort qu’elle contre sa volonté... », souligna-t-elle avec un certain sérieux, comme pour rappeler que de leur joyeuse bande, c’était elle qui avait le plus d’expertise dans ce domaine.

Ceci dit, même si elle trouvait que le scenario du Commandant était peu crédible, elle n’en avait pas vraiment de meilleur à proposer. Il n’y avait aucune autre issue et les soldats n’avaient rien vu, à moins d’avoir soudain développé des talents de voleurs, elle ne voyait pas comment elle aurait pu faire autrement… Peut-être qu’elle la sous-estimait effectivement et qu’elle était bien capable d’altérer leur mémoire tout en maintenant un contrôle sur la soldate qui les avait attaqué… mais dans ce cas, pourquoi son prisonnier ne s’était-il pas débattu ? Elle ne pouvait pas le manipuler simultanément et la magie du sang requérait de la concentration, même avec un couteau sous la gorge il aurait pu agir…

« Méfiez vous de l’homme avec elle, c’est peut-être son complice finalement », déclara-t-elle alors qu’ils remontaient l’escalier vers le grand hall. Peut-être que depuis le début il avait collaboré sciemment avec elle mais qu’il avait un peu de conscience quand même. Cela n’aurait pas été la première fois qu’elle aurait vu un homme amoureux faire des choses stupides pour sa dulcinée.

Ou peut-être pas.

Le crépitement de la magie fit vibrer l’air et ce n’est que grâce à un pur réflexe qu’elle eut la présence d’esprit d’invoquer une barrière au moment où la boule de feu explosait sur eux, les projetant violemment vers l’arrière, jusqu’à ce qu’ils s’écrasent en bas des marches. Indubitablement, la magie du sang l’avait rendu plus puissante.

Hmm, finalement, peut-être qu’elle ne voulait ni s’enfuir, ni lui faire porter le chapeau. Juste se venger en les tuant. Pourquoi se compliquer la vie ?

« Commandant, est-ce que vous allez-bien ? »

Penchée sur lui, Mellissandre lui jeta un regard inquiet, une présence délicate et rassurante, son parfum son parfum sucré de fleurs des champs embaumant l’air autour.

Sans faire mine de se redresser ou de l’aider, elle lui caressa doucement la joue, légèrement éraflée à cause du choc.

« Vous devriez vous reposer… »

Encore tant de douceur, mais de la sensualité aussi. De toute façon, elle était beaucoup trop proche pour être parfaitement innocente. Était-ce son poids qui l’empêchait de se relever alors qu’elle semblait si légère ?

« Vraiment, vous devriez vous reposer…. Je sais que vous n’aspirez qu’à la paix et à la tranquillité, Commandant, vous n’aimez pas vraiment vous battre n’est-ce pas ? »

Au calme, dans une maison perdue au milieu de la campagne verdoyante, c’est vrai que la paix était agréable. Enchaîné à ce tableau pastorale, pourquoi vouloir attaquer ?

Mais il y avait de l’orage dans ce petit monde fleurit. Un éclair pour être exact. Le courant traversa Mellissandre avant de passer à Cullen par les doigts qui caressaient toujours sa joue. Rien de mortel mais le moins qu’on puisse dire c’est que cela ne permettait pas l’apathie.

La démone siffla, grimaça, troublant son masque parfait en même temps que son emprise. Le chaos autour s’animant soudainement. Des flammes principalement, des vociférations et des cris. Le moment n’avait duré qu’un instant mais cela n’en était pas moins troublant.

« Commandant, je ne doute pas que cela soit agréable de se rouler par terre avec moi même, mais on a besoin de vous », pesta Mellissandre d’une voix bien moins agréable, debout à l’autre coin de la pièce en lançant un second éclair qui ne fit que le frôler.

D’autre voix plus sympathiques lui demandèrent comment il allait, s’interposant entre lui et la femme violette qui flottait dans l’air en agitant lascivement sa longue queue pointue, sans oublié Mara qui continuait à faire pleuvoir du feu sur leur personne. Manifestement, il avait fallut un certain temps aux hommes présents pour comprendre qu’ils ne voyaient pas double.

Finalement, peut-être que si Mara n’avait eu aucun mal à sortir de la prison avec le garde c’est parce qu’elle l’avait déjà transformé en démon. Enfin, pour être plus exact en démone, à l’image de sa jalousie maladive, de l’envie. Elle ne détestait pas tant Mellissandre qu’elle aurait voulu être à sa place…

En tout cas, les dégâts qu’elle avait pu faire en ayant son visage n’augurait rien de bon. A moins que cela ne soit pour une toute autre raison que la démone ait pris son apparence pour tenter de pervertir l’esprit du Commandant.
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Posté Jeu 24 Aoû - 1:12
Missive 6
Commandant,
Mellissandre a été aperçue utilisant de la magie du sang pour torturer un soldat et l'assassiner. Il a été clairement  défini qu'il s'agissait bien d'elle. Il faut à tout prix la retrouver et lui faire payer ses crimes.
Une question de confiance



En pleine déduction, il essayait de trouver des réponses, mais alors qu’il se redressa et ressorti de la cellule, il ressentit comme une vibration qui le fit mal au crâne.

«  - Hmm, c’est à croire que vous avez utilisé tout votre sens de la déduction hier, Commandant. »
«  - Vu le nombre de choses qui se passent ici, je ne serai même pas étonné de voir ce scénario se produire… Mieux vaut être prudent…»


La jeune femme se dirigea alors près des escaliers menant à la sortie, elle devait alors savoir par où la mage du sang était partie. Il ne tarda d’ailleurs pas à la suivre accompagné des gardes.

«  - Mara n’est pas assez puissante pour maintenir un esprit sous sa coupe, manipuler la mémoire de trois hommes simultanément, tout en entraînant un soldat bien plus fort qu’elle contre sa volonté. »
«  - Certes, mais il ne faut pas ignorer ces possibilités. Qui sait ce qui peut arriver au soldat qui était sous son emprise. »
«  - Mefiez-vous de l’homme avec elle, c’est peut-être son complice finalement »


Les deux se mirent en alerte lorsqu’ils entendirent siffler quelque chose dans leur direction. Mellissandre invoqua alors une barrière de justesse avant que cela ne les touche, et suite au choc violent entre cette boule de feu et la barrière, ils finirent projetés en bas des marches.

Cullen resta assommé quelques instants avant de revenir à lui, entendant résonner la voix de Mellissandre, au travers des claquements des flammes présents après l’attaque.

«  - Commandant, est-ce que vous allez bien ? »

«  - arf…. O-oui je crois bien… »


Il voulait se relever, mais la présence de Mellissandre toute proche de lui l’en empêchait. Elle était devenue douce, attentionnée, quelque chose qu’il n’avait jamais vu chez elle.

«  - Le…la…On se fait attaquer et vous…! »
«  - Vraiment, vous devriez vous reposer…. Je sais que vous n’aspirez qu’à la paix et à la tranquillité, Commandant, vous n’aimez pas vraiment vous battre n’est-ce pas ? »


Mais pourquoi elle disait cela par Andrasté ?! Et cette ambiance de calme le plus total, qu’elle était-il ? Il en avait une petite idée, mais tout s’embrouillait dans son esprit, lui empêchant ainsi de réfléchir.

Sa main, elle se posa sur sa joue ce qui le paralysa presque. Dans son état il ne semblait pas comprendre ce qui lui arrivait alors que dans le fond il le savait déjà. C’était un démon qui exerçait son pouvoir sur lui. Mais cela n’avait pas les mêmes effets que lorsqu’il était dans la tour du cercle. Et soudain, un éclair lui remit ses idées en place en même temps que blesser sa peau qui était au contact de la main.

La démone, ayant son sortilège détruit par la véritable Mellissandre, lâcha son emprise et se retourna vers elle en poussant un cri strident puis s’envola près de Mara qui continuait à faire pleuvoir des sorts sur eux.

« - Commandant, je ne doute pas que cela soit agréable de se rouler par terre avec moi même, mais on a besoin de vous »
«  - Heu… Que… ?! »


un soldat vint vers lui, prendre de ses nouvelles, alors qu’il posa la tête au sol comme s’il sortait d’un mauvais rêve…

«  - Je vais bien… »

Il se releva en s’agrippant au mur, et remarqua alors le démon du désir qui se trouvait en face de lui .

«  - Vous aviez raison Méllissandre, elle n’aurait pas pu maintenir le soldat sous son courroux longtemps… d’où le fait de l’avoir transformé en démon. »

Il remonta les quelques marches d’escaliers qui restaient entre lui et la mage avant de dégainer son épée et saisir le bouclier qu’il avait encore sur le dos. Il s’arrêta à une distance assez négligeable des deux ennemis.

«  - A quoi cela vous mène de faire cela, Mara ? »
«  - Ne faites pas celui qui ne sait rien, Commandant. La partie lésée ici c’est moi et moi seule. »


Elle ne tarda pas à attendre pour avancer d’avantages d’hostilités, en envoyant une boule de feu sur lui. Cullen fit un léger mouvement et dévia la magie avec son bouclier, se protégeant ainsi de l’attaque.

«  - Je ne pense pas qu’invoquer un démon soit une solution pour résoudre vos problèmes. De plus, vous êtes maintenant accusée de 2 meurtres. »
«  - Que m’importe la mort de ces deux-là !? Ce n’était pas sensé se passer ainsi !! »
«  - Et comment était-est-ce sensé se passer ?! »
«  - Laisse-le, Mara. »


La démone presta, semblant ne pas vouloir que cette fastidieuse conversation continue d’avantage. Il fallait les éliminer et de son point de vue le plus rapidement était favorable. Elle se dressa dans un mouvement de sensualité extrême, frôlant le bout de ses longues griffes sur ses hanches au passage.

«  - Tue-les, sans faire d’histoires. »
«  - J’en ai bien l’intention, mais je m’occuperai de Mellissandre en dernier, pour le plaisir de la voir torturée. Elle ne mérite pas de vivre d’avantage ! »

Voilà qui devenait intéressant, elle avait développé une rancœur insoutenable concernant Mellissandre. Mais à quel sujet ?

«  - Que s’est-il passé avec elle pour qu'elle veuille vous éliminer ? »

Il s’était tournée vers Mellissandre, après tout elle était mieux placée pour le savoir…

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Posté Jeu 24 Aoû - 14:07
Cullen tenta sans succès de raisonner Mara avant de lui poser une question tout à fait légitime : mais qu’avait-elle fait à cette femme pour mériter tant de haine. C’était une interrogation fort pertinente, mais malheureusement, elle n’avait pas la réponse. Elle avait beau fouiller sa mémoire à la recherche d’une offense – même imaginaire – qu’elle aurait pu faire à Mara, elle ne voyait vraiment pas. Elle l’avait traité comme toute ses servantes, avec condescendances mais amabilité. Un peu capricieuse parfois mais sans jamais dépassé les bornes du raisonnable…

« Je n’en ai aucune idée », répondit-elle finalement sur un ton aussi perplexe que détaché. En même temps, si elle avait su qu’une de ses servante la haïssait au point de vouloir la torturer, elle ne l’aurait probablement pas gardé à son service... Elle savait bien que sa réponse risquait de déplaire à Mara – après tout il n’y avait rien de plus méprisant que d’ignorer la raison même de son geste – mais déstabiliser la jeune femme faisait parti de sa stratégie.

« Bien évidemment ! Sale garce arrogante qui ne s’intéresse qu’à son petit nombril ! », s’époumona-t-elle si furieuse que ses yeux menaçaient de s’échapper de ses orbites.

Une nouvelle série de flamme s’écrasa avec voracité sur sa barrière sans que cela ne lui demande beaucoup d’effort. Elle avait eu le temps de l’invoquer correctement cette fois et Mara commençait à s’épuiser à lancer des sorts si virulents à la chaîne. Mais là démone elle était en pleine forme et bloqua l’accès aux escaliers avec un mur de glace, s’assurant que Cullen ne pouvait pas franchir la distance qui les séparait. Une stratégie simple mais plutôt efficace au demeurant.

Mellissandre échangea un bref regard avec le templier, étant probablement arrivé à la même conclusion que lui : il fallait pousser Mara à l’erreur.

« C’est facile de me condamner sans même dire de quoi je suis accusée au juste », siffla-t-elle donc avec mépris en direction de la jeune femme. A vrai dire, elle avait aussi un peu envie de connaître le fin mot de cette histoire.

« Tu m’as volé mon âme-sœur ! », explosa-t-elle enfin, toute sa détresse suintant dans chaque syllabe. « Mon Gérard adoré... »

Mellissandre cligna des yeux, un peu prise au dépourvu par cette affirmation. A vrai dire, cela n’aurait pas été la première fois qu’elle aurait séduit un homme juste par son charme, mais elle ne se souvenait même pas avoir jamais parlé à un dénommé Gérard.

« Dès qu’il a posé les yeux sur vous, il a subitement changé ! Il est devenu obsessionnel, il est parti à la recherche d’un trésor soit disant pour devenir digne de votre affection ! Après tout ce que j’avais fais pour lui, vous me l’avez volé sans aucune vergogne »

C’était tellement rocambolesque que Mellissandre hésitait entre rire ou pleurer. En général, elle moquait de la mièvrerie mais elle avait un faible pour les histoires d’amour, surtout quand elle en était l’héroïne. Même si en l’occurrence, c’était une bien piètre romance. Aberrant même.

« Si c’était vraiment votre âme-sœur, je ne l’aurais pas charmé si facilement », rétorqua-t-elle en haussant les épaules après avoir contenu son envie de se moquer pour mieux la provoquer. « Je ne savais même pas que cet homme existait », ajouta-t-elle ensuite, comble de la bravade.

Ce fut la goutte d’eau qui fit basculer Mara. Elle hurla de colère et frustration, sa voix devenant plus grave au fur et à mesure qu’elle prenait feu. Littéralement. Elle devient un démon de la colère, incarnant les conséquences même de se laisser consumer par la magie du sang et ses propres pulsions.
La créature siffla, disparaissant dans le sol pour réapparaître près de Mellissandre cherchant à la griffer. Il n’y avait pas grand-chose que la jeune femme méprisait plus que les mages trop faibles pour résister à la possession. Cette extravagante situation avait vraiment trop duré.

« Pathétique »
, souffla-t-elle en posant un regard dédaigneux sur la créature qui lui faisait face, serrant son bâton si fort que cela rouvrit sa blessure à la main.

La détonation qui retentit ensuite fut si violente que les oreilles de Mellissandre sifflaient un peu. L’éclair qu’elle venait de lancer avait été si intense qu’il avait laissé une marque de brûlure sur le dallage, en plus d’oblitérer purement et simplement le démon.

Clairement, la magie du sang n’était pas la seule raison de la craindre, Mellissandre avait pratiqué l’électricité depuis l’âge de six ans. S’attirer ses foudres n’étaient manifestement pas une bonne idée.

« Vous gênez, Commandant », ajouta-t-elle d’une voix mortellement sérieuse en s’approchant un peu des escaliers pour régler son sort au démon du désir également. Cullen était effectivement entre elle et sa cible.

Elle ne plaisantait pas quand elle avait annoncé qu’elle allait s’occuper de Mara seule. Toujours en train de flotter sensuellement, la démone plissa des yeux face à cette situation devenue inconfortable.

« Me tuer ne vous donnera pas l’impression d’être plus vivante », persifla-t-elle d’une voix provocante à l’attention de Mellissandre qui resta de marbre malgré l’irritation qui grinçait dans son corps.

De tous les démons, c’est ceux du désir qu’elle détestait le plus, elle n’avait pas beaucoup de vices que les autres tentateurs pouvaient exploités, mais l’envie ça, elle connaissait bien.

« C’est quand même très agréable »
, rétorqua-t-elle en lançant à nouveau son violent éclair, mais telle une gracieuse danseuse, la démone virevolta un peu plus loin pour l’esquiver. Elle fit mine de partir mais une grille électrique se mit à scintiller, bloquant l’accès au grand dam de la charmante créature.

Il était temps d’en finir avec ce drame inutilement dramatique.
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Posté Ven 25 Aoû - 19:18
Missive 6
Commandant,
Mellissandre a été aperçue utilisant de la magie du sang pour torturer un soldat et l'assassiner. Il a été clairement  défini qu'il s'agissait bien d'elle. Il faut à tout prix la retrouver et lui faire payer ses crimes.
Une question de confiance



Cullen resta perplexe, observant d’un œil méfiant la démone et Mara et Mellissandre qui s’envoyaient des regards quelques instants.

« Je n’en ai aucune idée »

Etonnant, mais alors de quoi s’agissait-il… ? Cela ne lui importait peu, mais gagner du temps était une bonne chose, et cela permettrait de déstabiliser la mage ainsi que la démone qui l’accompagnait. Cependant ce n’était pas chose facile, elle ne flanchait devant rien… Evidemment, un démon ne souhaitait apporter que le chaos.

La mage du sang, prise de colère commença les hostilités en crachant à Mellissandre qu’elle était égoïste et qu’elle ne prenait pas attention aux gens qui l’entouraient. Même pas étonnant pour Cullen, jusqu’à ce qu’il entende vraiment la raison qui poussait Mara à agir ainsi…

La tévintide aurait chipé l’amant de la jeune servante, un certain Gérard. Et bien on dirait que les rumeurs la poursuivraient toute sa vie ~

La démone semblait se lasser de ce genre de querelle entre les deux jeunes femme, de quelque chose qui visiblement ne l’intéressait absolument pas. Mais son regard se tourna bientôt sur l’Ex-templier qui était encore sur ses gardes, la pointe de son épée focalisée sur elle. Désir balança sa queue en penchant la tête légèrement sur le côté, dans un mouvement assez sensuel.

«  - Je te plais ? »
«  - Bien entendu, quand tu auras quitté ce monde, démon. »
«  - HAHA ! J’adore ceux qui résistent ~ »


Ils allèrent chacun s’attaquer, quand tout à coup le cris de Mara retentit tellement fort qu’elle réussi à attirer leur attention. Elle utilisa la magie du sang pour la retourner contre elle et se muter en démon de la colère.

«  - Quelle idiote ~ »

La démone fixa la mutation, satisfaite de la situation semblait-il. Elle ne bougea que les yeux en direction de Cullen qui profita de ce moment pour frapper en premier. Il tenta une droite, puis un coup d’estoc pour espérer la toucher, mais elle esquiva chacune de ses attaques. En retour, la démone lui balança une boule d’énergie, qu’il esquiva d’une roulade sur le côté.

Pendant ce temps, Mellissandre affronta le démon de son côté et l’acheva d’une puissante onde de choc électrique. La démone grogna en observant ce spectacle.

«  - Grrr… elle ne cèdera pas si facilement à la tentation, elle… »
«  - Sauf que ton adversaire c’est moi ! »


Il lui donna un coup qui blessa la démone surprise de l’avoir vu bondir sur elle depuis le flanc. Alors à terre, désir observa approcher Cullen et tenta de l’amadouer car il était plus enclin à le faire que la demoiselle derrière lui qui s’approchait gentiment d’eux.

«  - Tu comptes vraiment me faire du mal… ? »

Elle prit une pose à la limite de l’obscénité, rendant au passage très mal à l’aise le Commandant. Bien entendu cela lui faisait de l’effet comme à tout homme, mais il savait pertinemment que ceci était une ruse.

Heureusement pour lui, Mellissandre arriva à temps, l’air vraiment en colère de cette situation. Elle souhaitait en finir et pour de bon cette fois. Son sérieux lui fit froid dans le dos, s’écarta aussitôt qu’elle arriva.  

« - Vous gênez, Commandant »

La démone s’envola alors pour prendre de la distance entre elle et Mellissandre qui la fit presque frémir elle aussi. Elle balançait sa queue d’énervement, qu’elle n’ait pas pu manipuler le commandant quand elle en a eu d’avantage d’occasion.

« - Me tuer ne vous donnera pas l’impression d’être plus vivante »

Observant à distance ce qui se passait, Cullen savait que s’il continuait de l’attaquer il allait subir les foudres de Mellissandre, sans mauvais jeu de mot… Il se tenait encore sur ses gardes dans le cas où la démone comptait l’attaquer lui plutôt qu’elle.

« - C’est quand même très agréable »

La mage n’attendit pas d’avantage avant d’attaquer la démone avant un violent éclair, d’une danse qu’elle maîtrisait parfaitement. Mais également agile, leur adversaire esquiva de justesse son attaque, d’un mouvement net en l’air. Elle prit d’avantage de distance, puis décida de fuir quand elle s’aperçut qu’elle n’avait aucune chance, sa blessure lui faisant tout de même comprendre qu’elle devait leur échapper.

En volant près de la porte, une grille électrique apparut et bloqua l’accès, l’empêchant ainsi de quitter le grand Hall. Elle se retourna alors voyant mellissandre concentrée à maintenir la barrière contre la porte.

«  - Vous êtes bien trop téméraire ~ »

Voyant qu’elle n’avait aucune chance de sortir, elle allait s’y prendre autrement pour contrer Mellissandre, commençant à connaître son système de jeu. Elle balança trois boules d’énergie violettes simultanément à leurs pieds, les obligeant à reculer pour les esquiver. Mais comme la barrière ne céda pas, elle fonça droit dans leur direction, profitant de la fumée qui s’était échappé de son attaque pour se mêler à la bataille.

Les pauvres victimes étaient prit dans une épaisse fumée noire, leur ôtant une visibilité sur plusieurs mètres à la ronde. Mais Désir était maligne et lança d’autres attaques pour noyer la pièce dans la fumée et pouvoir attaquer sans vergogne.

Mellissandre put entendre le claquement d’une épée Metallique sur le sol et lorsque la fumée se dissipa, Cullen était sous l’emprise du démon. Désir était enroulée autour de lui et ne comptait pas le lâcher sur la demande de la belle tevintide. Elle se mit à rire, satisfaite de son plan, malgré que sa proie se débattait comme il pouvait pour s’en sortir.

Elle profita de sa position, collée contre lui pour lui caresser la joue et lui susurrer des mots doux à l’oreille.

« - Calme-toi, plus personne ne te fera du mal ~ »


Elle donna un regard très provocateur à Mellissandre, en sachant parfaitement que si elle attaquait avec son électricité le pauvre Commandant serait touché également. D’ailleurs, il était debout, mais son regard était vide, comme s’il était ailleurs, à la parfaite merci de la démone qui était sur son dos.

Elle passa doucement une main sur la fourrure qui ornait les épaules du guerrier et lança alors à son seule et unique adversaire.

«  - Que vas-tu faire.. ? ~ »

Elle balança furtivement sa queue avant de l’enrouler autour de la jambe droit de Cullen qui était tout à elle.

«  - Vu la puissance de tes attaques, tu risquerais de le tuer également ~ Ce serait bête, vu comment les gens d'ici se méfient de toi en ce moment ~ Tu n’as pas remarqué ? »

Elle fit glisser ses doigts fins sur la joue de Cullen, déviant sa tête sur le côté pour lui montrer la marque que la précédente attaque de la tévintide lui avait laissée quand elle avait rompu le charme la première fois.

«  - Tu as rompu mon charme, mais tu as osé me l’abîmer… »

Elle jouait sur la provocation, sachant qu’elle était bonne pour ce genre de chose. De la même manière elle essayait de manipuler Mellissandre pour l’empêcher d’attaquer et la mettre elle aussi sous sa volonté. Elle s’en lécha les lèvres rien que d’y penser.

«  - Mais, toi, ce n’est pas ce que tu souhaites n’est-ce pas ? »

Elle prenait un air sincère, comme pour la rassurer, afin qu’elle tombe plus facilement sous son contrôle. Désir dégageait une forte aura rassurante.

«  - Je sais que tu l’apprécies, ce pauvre homme ~ »

Elle attrapa une des mèches de cheveux de Cullen et la tripota un moment. C’était vrai, abîmer un minois aussi adorable était dommage, surtout pour la jolie brunette qui se dressait en face d’eux. Comme convenu, elle se faisait bercer par ses paroles, mais luttait tout de même comme le pauvre soldat auparavant.

«  - Tu dois lâcher prise, tu sais ? »

Le démon du désir se servait de l’idéal de ses cibles pour les manipuler comme elle l’entendait. Cullen lui avait résisté mais il était désormais sous son contrôle. Il ne restait qu’elle et la démone pouvait enfin partir conquérir le reste du fort et le mettre à sa merci. Enfin, après tant de temps dans l’immatériel, elle pouvait faire de ce monde ce qu’elle en désirait.

«  - Toi, ton maître ne se trouve pas ici de toute manière. Pourquoi ne pas retourner le servir ? Tu le sais comme moi que tu n’atteindras pas son objectif en restant ici. Tu risques de le décevoir ~ »


Elle parlait bien entendu de Coryphéus et cela faisait rapidement mouche à Mellissandre. Alors qu’elle semblait se battre avec la réalité et l’emprise du démon, Désir observa la marque sur la joue du Commandant et soupira. Elle se colla d’avantage à lui, et lui susurra à l’oreille.

«  - Tu as mal … ? »
«  - Non… pas du tout…. »
«  - Laisse-moi arranger cela »


Elle garda à l’œil Mellissandre alors qu’elle s’approcha de la joue de Cullen doucement. Si la jeune mage était sous son contrôle, elle pouvait parfaitement l’utiliser pour appâter d’avantage de démons en ces lieux, et cela n’était pas difficile, le sang coulait déjà sur sa main blessée.

«  - Tu sais ce que te dirait ton maître … ? »

Le choix de Méllissandre devait être vite fait entre l'inquisition et les venatoris. Si elle ne souhaitait pas décevoir son maître, elle devait passer outre ses sentiments personnels et profiter de cet instant pour achever l'un des membres les plus influents qui se trouvait devant elle et le changer en démon. Ensuite, la vile créature avait d'autres projets pour elle ~ Après tout, sa réputation n'était pas la plus dorée ces derniers temps entre les rumeurs et ces accusations de magie du sang à tout va ~

La démone fit danser ses griffes sur la mâchoire du commandant et lui lécha sa joue blessée, laissant couler un long filet de bave au passage, se délectant de son goût.

«  - Détruis l’inquisition ~ »

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Posté Ven 25 Aoû - 21:38
Si elle n’avait pas été aussi mortellement sérieuse, Mellissandre se serait probablement moqué du Commandant d’avoir hésité devant les pauses lascives de Désire. Mais pour l’heure, elle était bien trop contrariée par les pouvoirs de la démone pour taquiner son cher Cullen. Sa cage faisait son office et la créature s’énervait en virevoltant dans tous les sens, piégée. Pour Mellissandre, le combat était gagné d’avance et c’est ce léger excès d’orgueil qui cause sa perte. Changeant brusquement de tactique, Désire se jeta dans leur direction en lançant des sorts brutaux qui causèrent plus de fumé que de mal. Par réflexe, la jeune mage s’était lancée une barrière mais elle ne reçu aucun coup. La démone profitait de la confusion pour attaquer les autres hommes présents.

Serrant les dents, Mellissandre essayait de s’orienter aux bruits d’épée mais quand enfin l’air se clarifia elle pu constater avec contrariété que la démone avait repris l’avantage. Les hommes de Cullen étaient morts ou inconscients et le Commandant lui même était pris en otage par la créature. La vicieuse femme violette s’était enlacée autour de lui, entortillant indécemment sa queue filiforme autour de sa jambe en lui susurrant des mots doux. Excessivement tactile, elle la provoquait en caressant sa joue, jouant avec ses mèches, comme pour démontrer qu’il était sa poupée, jouet à sa merci.

Immobile mais toujours sur ses gardes, la jeune mage dévisagea la démone en soutenant ses regards mesquins et ses paroles joueuses. Consciente du pouvoir que Désir pouvait exercer sur elle, elle ne l’écoutait que d’une oreille en réfléchissant activement à un moyen de se défaire de cette épineuse situation. Si cela avait été une personne lambda elle n’aurait pas eu trop de cas de conscience à le sacrifier mais c’était le Commandant de l’Inquisition. Ou alors Cullen.

Mellissandre se mordit la lèvre quand la démone souligna qu’elle n’avait aucune envie de voir le jolie minois de sa proie abîmée. A son grand dam, ce n’était pas tout à fait faux. Il lui avait fait forte impression avec cette histoire de procès après tout. C’est bien pour ça qu’elle détestait ces traînées violettes, il y avait des choses sur elle même qu’elle préférait ignorer comme une enfant boudeuse qui détourne le regard quand ça lui déplaît.

Ayant mordue à l’hameçon, Mellissandre relâcha un peu sa posture en sentant sa réalité se troubler. Toujours aussi insidieuse, Désir continua à parler, mentionnant cette fois son Maître tandis que des images de gloire dansaient dans son esprit. Ses parents, rayonnant de fierté tandis qu’elle était perchée sur le trône de Tevinter avec eux à ses côtés. Du haut de son piédestal elle voyait encore la démone en train de lécher avec indécence la blessure de Cullen et de lui asséner un ultime défi. Un ordre.

Mellissandre regarda sa main toujours auréolé de rouge. C’est vrai qu’il lui serait facile de tuer le Commandant maintenant. Ce n’était pas l’Inquisiteur mais ça porterait tout de même un coup dur au moral des troupes. Sans parler de ses pintades énamourées. Et puis, peut-être qu’elle pouvait accuser la démone du désir… L’Inquisiteur ne la laisserait pas rester mais elle pouvait peut-être s’en sortir vivante malgré tout… Toujours fascinée par ses propres doigts, Mellissandre fit danser des étincelles dessus.

Désir sourit, victorieuse. Mellissandre lui rendit son sourire et posa sa main sur son propre bras. L’infime décharge n’était pas assez violente pour la blesser, juste hérisser un peu ses longs cheveux noirs en plus de lui provoquer un désagréable frisson dans tous le corps. Le choc fut suffisant pour briser l’illusion et son trône se fractura comme un miroir qui éclate alors qu’elle s’ébrouait légèrement comme au sortir d’un rêve.

La démone siffla, contrariée, serrant un peu plus fort Cullen entre ses griffes au point de faire couler un peu de sang sur cette joue qu’elle venait de nettoyer. Mellissandre la regarda, plutôt satisfaite de s’être échappée de son emprise.

Ignorant si le Commandant pouvait l’entendre ou pas, ou s'il y avait des survivants, elle eut le réflexe de tourner la situation autrement. Les mots de la Démone était éloquents, elle ne voulait pas qu’on puisse soupçonner que le mot Maître réfère à Corypheus. Et puis, c’était toujours drôle de jouer au plus bête avec une démone qui lisait dans les pensées. Un mensonge éhonté pouvait les crisper.

« Vous exagérez, les Magister n’aiment pas l’Inquisition, mais de la à vouloir la détruire... Mon Maitre Remus m’a toujours appris une chose : ceux qui sont assez stupide pour faire confiance à des démons méritent bien de mourir. Et figurez-vous que ne suis pas stupide, démone »
, déclara-t-elle finalement en soutenant les yeux inhumains de Désir.

Oui, elle détruirait l’Inquisition. Mais pas comme ça, pas en prenant la vie du Commandant au risque d’en subir des représailles plus tard. Il n’était qu’un homme, remplaçable malgré ses qualités et son aura plutôt charismatique. Non, en s’appropriant la confiance de l’Inquisiteur elle pourrait faire bien pire. Les meilleurs trahisons arrivent pendant les moments décisifs. Elle était venue ici pour prouver qu’elle n’était pas une amateur, et c’est exactement ce qu’elle allait faire. Et puis, elle ne servait pas Corypheus, elle servait sa Famille et pour l’instant les Alirius voulait profiter de l’Inquisition.

Ceci dit, elle avait beau avoir la satisfaction d’être assez forte pour résister – en même temps elle était mage et avait été entraînée toute sa vie pour ça – elle était toujours dans une situation fort épineuse. Se raccrochant comme une sangsue à son seul avantage, Désir n’avait vraiment pas l’intention de lâcher sa proie et un simple petit choc ne suffirait pas à ramener le Commandant.

Elle avait bien une idée mais…

« Vous allez me détester Commandant... », soupira-t-elle en s’approchant d’un des cadavres qui gisait sur le sol. Le corps était encore chaud mais bel et bien inerte, la brûlure béante sur son abdomen témoignant de l’affrontement.

« Vous ne pouvez rien contre moi, vous devriez saisir la chance que vous offre », tenta la démone un peu moins sûr d’elle face au comportement de Mellissandre.

Sans sourciller Mellissandre sortie un poignard de sa botte et trancha la gorge de l’homme en question. Il fallait au moins une heure pour que la coagulation se fasse. Le sang des morts n’étaient pas l’idéal mais c’était toujours mieux que de prendre le sien. Elle avait déjà lancé un sort plus tôt, elle ne voulait pas faire de l’anémie, surtout qu’elle aurait encore un combat à faire ensuite.

« Qu’est-ce que vous faites ? », s’inquiéta la démone, qui n’aimait pas de pas comprendre la situation.

« Honneur à ma réputation », répondit sobrement Mellissandre en fermant les yeux pour se concentrer.

Toujours aussi provocante, elle reprit ses caresses sur le visage toujours figé du templier « Vous allez blessé votre beau Commandant si vous m’attaquez », rappela-t-elle d’une voix sensuelle mais un peu moins maîtrisé qu’auparavant.

Mellissandre, l’ignora, tout son esprit tourné vers le sang du pauvre soldat qu’elle drainait. En soit, ce que faisait Désir n’était qu’une forme de manipulation mentale après tout. A ce jeu là, elle n’était pas mauvaise non plus….

« Vous n’oseriez pas... »

« Oh Cullen, je suis vraiment contente de te voir après tout ce temps, je t’en prie assied toi ! », déclara Mia d’une voix enjouée. « Brandon et son fils ne devrait pas tarder à arriver, j’ai fais du ragoût ! Bon, ce n’est pas grand-chose pour le Commandant qui a aidé l’Inquisiteur à sauvé le monde mais, tu as toujours aimé mon ragoût n’est-ce pas ? », ajouta-t-elle avec le sourire le plus charmant qui soit.

Ils avaient tant de chose à se dire, tant de choses à rattraper. Tant de bon moment familiaux à passer dans cette petite demeure sans prétention mais fort confortable. L’odeur qui régnait dans la pièce était délicieuse, le calme reposant.

« Oh, je sais, quand ils seront arrivé, on jouera aux échecs, quand dis-tu petit frère ? », le taquina-t-elle en espérant manifestement prendre revanche sur son ultime défaite.

Son sourire se troubla un instant alors qu’on frappait à la porte de la maisonnée.

« C’est étrange, ils ne devraient pas être arrivé encore... », murmura-t-elle manifestement mal à l’aise en touchant la main du Commandant comme pour se rassurer. Peu désireuse d’ouvrir.

Mais Mellissandre n’attendait pas vraiment sa permission pour entrée, sans doute avait-elle eu un réflexe un peu stupide de politesse qu’elle mis de côté en pénétrant dans la pièce sans la moindre gène.

La mage balaya l'endroit du regard en croisant les bras.

« C’est très… charmant », déclara-t-elle avec ses airs de petites noble qui laissait entendre ‘rustique’ à la place de ‘charmant’.

Ses yeux se posèrent ensuite sur Mia, beaucoup plus froid. Dangereux, et celle-ci vint immédiatement se réfugier derrière le Commandant.

« Laissez moi deviner. Votre sœur ? Votre femme ? Si c’est votre mère, je veux connaître sa crème de nuit », plaisanta Mellissandre qui s’amusait plus qu’elle ne l’aurait dû.

Le Commandant allait sans doute être extrêmement fâché qu’elle soit entrée dans sa tête via la magie du sang. Autant en profiter un peu. Et puis de toute façon, elle devait le déstabiliser pour qu’il se libère lui même de l’emprise de la démone. C’était la seule solution qui lui était venue à l’esprit.

« Enfin, dans tous les cas, elle n’est pas ce qu’elle prétend être, c’est un démon du désir, Cullen », déclara-t-elle en employant volontairement son prénom. Les noms sont des choses frivoles mais ils ont un pouvoir, de l’impact. C’est à sa personne qu’elle s’adressait, pas à sa fonction.

Mais elle était l’intruse qui terrifiait sa grande sœur adorée, elle savait qu’elle devait agir avec prudence. La démone s’était profondément immiscée dans son esprit, cela ne serait pas facile de le convaincre de la réalité.

Mellissandre s’approcha, les bras toujours croisés pour montrer qu’elle n’avait aucune intention agressive.

« Vous êtes à Fort Celeste et vous avez une mission à accomplir Commandant », rajouta-t-elle en le regardant avec sérieux. Cette fois, c’est à son sens du devoir qu’elle faisait appel.

« Vous divaguez », tenta Mia en restant toujours prudemment en retrait. Si Mellissandre la tuait dans son rêve elle perdrait son emprise mais ne serait pas morte pour autant. Tandis que s’il s’en prenait à la mage du sang elle risquait de subir des séquelles plus importante.

C’est bien pour ça que Mellissandre ne pouvait pas juste l’attaquer directement. Cullen la défendrait et si elle ratait son coup elle devrait se battre avec lui et l’un d’eux n’en ressortirait pas intact. Désir le savait très bien et voulait la pousser à la faute mais elle ne pouvait pas se permettre le même genre de provocation en ayant l’apparence de Mia.

« Réfléchissez Cullen, comment vous êtes arrivé ici ? Vous avez mangé quoi ce matin, vous avez fait quoi hier soir ? », le titilla-t-elle consciente que le problème des illusions c’est qu’elles étaient souvent incohérentes. Troublantes. Cela pouvait suffire à mettre le doute, mais de là à lui ouvrir les yeux...

« Laissez mon petit frère tranquille ! »
, s’énerva Mia, renforçant son emprise pour éviter qu’il ne réfléchisse trop.

« Est-ce que vous vous souvenez de moi Commandant », demanda soudain Mellissandre d’une voix légèrement joueuse en s’approchant encore une fois, franchissant l’ultime distance qui le séparait. Sa mémoire était très certainement troublée. Mais ce genre de souvenir revenait plus facilement. Cet entêtant parfum jasmin menthe qui embaumait ses cheveux. Ce sourire confiant. Ses yeux brillants. Cette beauté exotique. Un peu moins ensorcelante car son sort ne fonctionnait pas présentement mais qui n’en demeurait pas moins fascinante.

Il n’avait pas son arme mais s’était quand même risqué d’être aussi proche de lui. Mellissandre savait qu’elle jouait avec le feu, mais elle ne jouait que pour gagner après tout. La tête penchée sur le côté, une moue légèrement moqueuse sur les lèvres, elle le regarda, intensément, infimement provocante.

Habituellement, elle aurait essayée d’être gentille mais ce n’était guère la douceur qui caractérisait leur relation. C’était quelque chose de plus piquant. De plus acide. Elle était comme un beau papillon qui lui tournait autour et lui frôlait le nez. Magnifique mais agaçant. Hypnotisant mais volatile.

« Je suis sûre que vous vous souvenez de moi, Cullen », susurra-t-elle ensuite avec un sourire amusé en se mettant sur la pointe des pieds pour être à hauteur de son visage comme si elle voulait l’embrassait. Mais sans faire mine de concrétiser son geste. Cela l’aurait mis en colère et vu comme ça l’avait choqué la dernière fois, elle était persuadée que son souffle dans le sien, l’idée même qu’elle puisse lui voler un baiser suffirait à rafraîchir sa mémoire.

Ils ne se connaissaient pas depuis tant de temps que ça, mais elle était certaine d’avoir marqué son esprit.

« C’est peut-être elle, la démone », siffla soudain Mia qui n’aimait pas être mise de côté. Il faut dire que vu le côté charmeur de Mellissandre, la question pouvait se poser.

« Pourquoi prendre l’apparence d’une enquiquinante mage du sang pour tromper votre garde plutôt que celle de votre soeur apparement… Enfin sauf si vous fantasmez secrètement sur moi Commandant ? ~ », le provoqua-t-elle d’une voix enjôleuse assez curieuse de connaître la réponse à cette question.

Tout de même, elle fit un pas en arrière, s’éloignant prudemment, redevenant plus sérieuse.

« Vous êtes un templier non ? Alors ressaisissez vous. Moi, j’ai fais ce que j’ai pu. D'ailleurs, quand vous aurez repris vos esprit, vous me devez un verre du meilleur vin que vous trouverez. », l’asticota-t-elle une ultime fois, jouant cette fois la carte de son orgueil. C’est vrai, il s’était laissé avoir comme un bleu.

Elle le regarda une nouvelle fois, toujours aussi intense.

« Vous m’avez fait confiance hier soir Cullen, faites le encore une fois ou complaisez-vous dans cette illusion. C’est à vous de voir », clama-t-elle avec une certaine grandiloquence en attendant de voir où tout cela allait les mener. Prête à lâcher son emprise pour disparaître s’il faisait mine de l’attaquer.

Plus qu’une exhortation à la confiance, elle lui rappelait subtilement les événements de la veille. Il ne pouvait pas être ici avec sa famille alors que quelques heures plus tôt il la dépêtrait d’une accusation infondée. C’était subtile, elle ne voulait pas que le démone comprenne son stratagème. Tout reposait désormais sur lui.
PROCHAIN NIV. :
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Posté Lun 28 Aoû - 1:26
Missive 6
Commandant,
Mellissandre a été aperçue utilisant de la magie du sang pour torturer un soldat et l'assassiner. Il a été clairement  défini qu'il s'agissait bien d'elle. Il faut à tout prix la retrouver et lui faire payer ses crimes.
Une question de confiance



Cullen traversait un champ. L’orge dansait au fil du vent et se laissait caresser par la douce chaleur du soleil qui brillait. Il ne savait pas depuis combien de temps il avançait, mais cela lui était désormais égal : Il venait de trouver son but.

Au-delà des plantations se trouvait une chaumière, en bordure d’une rivière et à l’orée de la foret. Un petit coin de paradis en somme, où la tranquillité régnait. Il sorti du champs qu’il venait de traverser pour approcher de la petite maison où visiblement personne ne s’y trouvait dans les parages. Par curiosité, il s’approcha du moulin, l’observa et entendit alors les buissons non loin de là frémir.

Une femme était agenouillée et s’occupait du jardin en déterrant les récoltes. Quand elle releva les yeux vers lui elle le reconnu immédiatement. Elle se leva, ôta ses gants et s’approcha de lui pour le prendre dans ses bras.

« - Cullen ! ça alors quelle surprise ! »
« - Mia ! J’ai enfin pu mettre la main sur toi ! »
« - Tu es toujours aussi lent pour reprendre contact, toi »


Elle se mit à courir partout, rangeant son matériel et effectuant plusieurs autres tâches entre ses allés retours alors que son frère la regardait la suivait simplement du regard. Elle finit par l’entraîner à l’intérieur de la maison, le poussant presque à l’intérieur.

« - Oh Cullen, je suis vraiment contente de te voir après tout ce temps, je t’en prie assied toi ! »

« - Je te remercie »
« - Brandon et son fils ne devrait pas tarder à arriver, j’ai fais du ragoût ! Bon, ce n’est pas grand-chose pour le Commandant qui a aidé l’Inquisiteur à sauvé le monde mais, tu as toujours aimé mon ragoût n’est-ce pas ? »
« - Tu exagères avec ça… Je ne suis pas vraiment… Enfin, ce n’était pas grand chose pour moi. Tu sais, ton ragoût me va très bien ! »

Il observa les bibelots dans la pièce quand elle se leva pour aller farfouiller dans la cuisine. Tout était soigneusement rangé, par ordre de grandeur. Le tout était disposé sur des étagères au-dessus des portes. Tout ou presque était en bois et possédait son odeur particulière rappelant la tranquillité. Le tout mélangé a un succulent fumet de ragoût.

« - Oh, je sais, quand ils seront arrivé, on jouera aux échecs, qu’en dis-tu petit frère ? »
« - Avec joie, depuis le temps ! Et cette fois je vais gagner ~ »


Soudain, quelqu’un frappa à la porte, la rendant anxieuse. Le Commandant n’attendit pas avant de se lever et se mettre en position défensive, à défaut de ne pas avoir d’arme, dans le cas où la situation devenait dangereuse.

« - C’est étrange, ils ne devraient pas être arrivé encore... »
« - Laisse je m’en… »


Il n’eut pas le temps de terminer sa phrase qu’une jeune femme entra dans la pièce ne laissant pas le temps aux occupants d’aller ouvrir. Cullen réfléchissait un moment puis remit un nom sur ce visage qui lui semblait si familier…

« - Vous… ? Mais comment est-ce que... ? »
« - C’est très… charmant »


Elle semblait contempler les lieux sans en apprécier grandement l’architecture. Mais à son apparition, Mia se cacha alors derrière son frère car elle ne savait pas se battre et elle voulait se sentir en sécurité.

« - Laissez moi deviner. Votre sœur ? Votre femme ? Si c’est votre mère, je veux connaître sa crème de nuit »
« - C’est ma sœur. »
« - Enfin, dans tous les cas, elle n’est pas ce qu’elle prétend être, c’est un démon du désir, Cullen »


Ce n’était pas possible, elle entrait ainsi dans une maison qui ne lui appartient pas, osait étaler son caractère insoutenable partout dans les lieux et maintenant accusait la propre sœur du Commandant d’être un démon. Suite à cela, Cullen se mit à rire jaune.

« - Vous vous prenez pour qui, Mellissandre ? Entre elle et vous, le démon ce n’est certainement pas Mia. Alors vous allez me faire plaisir de prendre vos grands airs et quitter les lieux immédiatement. »
« - Vous êtes à Fort Celeste et vous avez une mission à accomplir Commandant »


Il regarda les alentours, cherchant alors les trous horribles qui parsemaient le plafond qui survolait ses nuits.

« - Vous divaguez »
« - Réfléchissez Cullen, comment vous êtes arrivé ici ? Vous avez mangé quoi ce matin, vous avez fait quoi hier soir ? »
« - Quel est donc le but de ces questions sans aucun sens je vous prie ? »


Cullen ne comprenait vraiment pas, Mellissandre n’étant pas vraiment une personne de confiance, et avec qui il a vécu de longues années comme Mia. De l’un ou l’autre, la question ne se posait même pas : Il savait très bien qui défendre.

« - Laissez mon petit frère tranquille ! »
« - Est-ce que vous vous souvenez de moi, Commandant »


De plus en plus, le tout devenait vraiment étrange, et Cullen se mit doucement à douter que la situation n’était pas normal… Mellissandre allait trop loin.

« - Votre présence m’exaspère à chaque fois, et le pire c’est que vous le savez. »

La mage du sang s’approcha d’avantage de lui, d’un pas lent. Cullen recula de quelques pas puis laissa la jeune femme s’approcher de lui.

« - Je suis sûre que vous vous souvenez de moi, Cullen »

Elle avait de-nouveau répété sa phrase, comme si elle attendait quelque chose de lui. Mais il ne comprenait pas où cela le mènerait…

« - Pourquoi diable aurais-je oublié votre présence aussi ingrate !? »
« - C’est peut-être elle la démone »
« - Pourquoi prendre l’apparence d’une enquiquinante mage du sang pour tromper votre garde plutôt que celle de votre soeur apparement… Enfin sauf si vous fantasmez secrètement sur moi Commandant ? ~ »
« - Je ne sais pas à vous de me le dire »
« - Vous êtes un templier non ? Alors ressaisissez vous. Moi, j’ai fais ce que j’ai pu. D'ailleurs, quand vous aurez repris vos esprits, vous me devez un verre du meilleur vin que vous trouverez. »
« - Pardon… ? »


Elle avait reculé, mais sa présence le troublait trop.

« - Vous disparaissez des mois durant et vous ressortez de nulle part pour me dire que ma sœur est une démone ! Vous vous prenez pour qui à la fin !? »
« - Vous m’avez fait confiance hier soir Cullen, faites le encore une fois ou complaisez-vous dans cette illusion. C’est à vous de voir »
« - Comment cela… hier soir.. ? »


Il ne comprenait vraiment plus rien… Et il se mit à réfléchir, mais impossible son esprit était trop embrouillé… Impossible de se souvenir de quoi que ce soit. Il avait beau continuer de chercher, rien ne le vint à l’esprit.

« - Non, hier soir je ne me rappelle pas vous avoir vue… »

Il s’approcha lentement d’elle, puis d’un geste sec l’attrapa par la gorge. A défaut de ne pas avoir pensé à prendre son armement, il pouvait parfaitement se défendre seul. Il continua d’avancer puis la plaqua contre le mur.

« - C’est vrai ça…. Pourquoi donc je devrais croire une mage du sang plutôt que ma propre soeur… ? »

Mellissandre semblait gentille, mais pour lui elle n’était qu’une noble arrogante et pourrie gâtée jusqu’à la moelle. Bien qu’il puisse la tolérer, il ne supportait pas qu’elle vienne lui dire quoi faire et surtout, il ne supportait pas sa présence tout court.

« - Rappelez-moi pourquoi je ne devrais pas vous tuer sur le champs… ? »

Elle ne marquait pas des points selon lui et le fait qu’elle s’invite pour lui dire sa sœur est un démon était bien trop gros. Il la maintenait fermement, l’empêchant de se défendre.

« - Tue-la Cullen, cette Sorcière doit mourir ! »

Il regarda sa sœur par-dessus son épaule et se reconcentra sur sa victime. Qu’allait-il en faire, à main nues… ? Elle n’avait clairement pas la force pour se libérer ou le repousser. Il se saisit alors d’un des couteaux du set de cuisine qui se trouvait sur la cuisinière à porté de main.

« - C’est vrai je pourrais. »


Il serra son emprise, prenant bien son temps pour la juger et la voir souffrir. Ce n’était pas déplaisant après tout, il détestait les mages du sang. Il les haïssait à vrai dire.

« - Si c’est une illusion, alors comment êtes-vous arrivée ici ? »

Il ne cherchait pas d’avantage de réponses de sa part, pour lui le sort était scellé. Il allait s’en débarrasser.

« - Tue-la ! »
« - Bien entendu, sauf que… »


Il prenait son temps pour s’occuper de Mellissandre, mais Mia était trop impatiente de la voir morte, cette pauvre femme qui ruinait sa belle illusion.

« - …Même au pire des criminels, ma sœur ne souhaite la mort de personne. »


Il lâcha Mellissandre et se dirigea vers sa sœur d’un pas décidé alors que celle-ci baragouina quelques phrases en essayant de se sauver la vie. Mais sans succès.

« - Tu y étais presque, c’est dommage »


Au fait, il avait deviné bien avant de saisir la jeune mage, mais ça il l’admettrait peut-être jamais. C’était encore une ruse pour voir si la démone allait se laisser emporter par son désir de vengeance.

Il ne réfléchit pas une seconde de plus avant de saisir la frêle jeune femme et lui enfoncer le poignard dans le ventre. Puis, plus rien.

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La démone lâcha l’emprise sur son corps et éjecta au sol après cette attaque, pas encore morte, mais plus capable de bouger. L’achever devait être simple à présent. Cullen, lui, perdit son équilibre et tomba à genoux sur le sol avant se s’effondrer à son tour.

PROCHAIN NIV. :
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Posté Lun 28 Aoû - 14:08
Malgré sa suspicion légitime, malgré les remarques acerbes et peu flatteuses sur sa personne, il l’avait laissé s’approcher. Elle se projetait dans son esprit, le réalisme était saisissant, elle faisait appel à tous ses souvenirs tout ses sens. C’était une erreur que de ne se reposer que sur la vue et l’ouïe. Maintenant, elle ne pouvait pas faire grand-chose de plus. Tout reposait sur ses épaules.

Pendant un instant, elle le sentit vaciller. Hier soir. La temporalité l’avait fait tiqué. Lui qui avait refusé de se pencher sur ses premières questions, s’était un bon début. Hier soir. Il fouillait dans sa mémoire, doutait. Ils ne s’étaient pas vu depuis plusieurs mois dans son esprit, mais pourtant ses traits étaient si net dans ses souvenirs si flous.

Stoïque, Mellissandre le laissa approcher à son tour, hoquetant quand il la saisit brusquement par la gorge. Le souffle coupé, autant par la surprise que par le geste, Mellissandre exhala péniblement en sentant son dos heurter le mur, lui lançant un regard plein de désarroi. Ah, dans d’autres circonstances, cette scène aurait pu être particulièrement exaltante. Elle allait finir par croire que Cullen aimait l’avoir à sa merci. Un fantasme inavoué peut-être ?

Un peu frustrée par la tournure des événements mais également amusée par ses propres pensée, la panique sincère et déçue de Mellissandre fit place à un regard un contrarié et légèrement hautain, même dans cette position elle restait drapée dans sa superbe.

Mais il ne serrait pas très fort. En fait sa poigne était ferme mais légère, suffisamment puissante pour qu’il puisse sentir la chaleur de sa peau, le rythme de son pouls. Sa respiration qui s’était légèrement saccadée, son coeur qui s’était accéléré. Ce n’était qu’une illusion mais il avait littéralement une vie qui battait entre ses doigts.

Il la menaçait, elle soutint son regard, cherchant dans le sien, sa haine viscérale, sa violence. Elle était dans sa tête après tout, ses émotions, ses souvenirs, rien n’était loin. Elle aurait pu creuser tellement plus si elle n’avait pas voulu lui laissé un peu d’intimité. Bon, en réalité, son choix n’avait rien d’altruiste, disons plutôt que s’était trop risqué de chercher à déterrer des secrets, à défaut de l’en empêchait, il aurait sentit ce qu’elle faisait. Elle était donc obligé de rester à la surface, dans l’illusion de la démone.

« Ne faites pas quelque chose que vous pourriez regretter », souffla-t-elle difficilement vu les doigts toujours enlacés sur sa gorge. Pour donner plus de poids à ses paroles, elle posa sa main sur son bras dans un geste éloquent pour lui dire de retirer sa main.

Elle était mage, il savait très bien tout ce qu’elle pouvait lui faire du bout de ses doigts fins, et pourtant ils étaient là, simplement posés avec douceur sur sa peau.

S’impatientant, Désir l’exhorta à agir, à la tuer. Elle restait une démon après tout. Impatiente, contrariée par la résistance audacieuse de Mellissandre. Inquiète de voir sa proie lui glisser entre les griffes.

Cullen se saisit d’un couteau, raffermissant son emprise sur sa gorge. Mellissandre déglutit, incapable de répondre à sa question, même si le gargouillis qui s’échappa de ses lèvres laissait comprendre le mot ‘magie’.

Elle ne le quittait pas des yeux, troublée. Elle voulait croire qu’il n’allait pas attenter à sa vie mais elle ne pouvait pas l’affirmer. Si ça se trouve, sa propre confiance était mal placée. Celle qu’elle avait en elle même, en ses capacité, celle qu’elle avait en lui, en son jugement. Un peu plus affôlée qu’elle ne voulait le laisser paraître, sa respiration resta en suspend alors qu’il prononçait sa sentence avant de se raviser.

Apparemment, sa sœur n’aurait jamais fais preuve de tant de cruauté. La démone s’était trahie. Soulagée, Mellissandre passa machinalement ses doigts sur sa gorge. Cela avait beau être une illusion ça n’en était pas moins désagréable.

« A tout de suite », déclara-t-elle alors qu’il faisait face à la démone, prêt à en découdre. Cette dernière essayait de l’amadouer, prenant un regard aussi désemparé que larmoyant, jouant sur sa corde sensible. Ce n’était pas facile de tuer sa sœur, même en sachant qu’elle n’était pas vrai.

Mais elle pensait qu’il était assez fort pour le faire, elle ne voulait pas être dans sa tête quand l’illusion imploserait. Aussi, elle disparu, purement et simplement, revenant à la réalité avec une grimace, chancelante.

Sans trop se préoccupé du cadavre exsangue, elle pu admiré la démone gémir alors qu’elle se détachait enfin du Commandant, telle une sangsue qu’on a salé. Il tomba à genoux et Mellissandre lança un de ses éclairs qui claqua l’air comme un fouet avant de frapper Désir qui agonisa dans un cri strident.

Mellissandre sentit ses jambes vaciller.  Elle avait peut-être un peu exagérée. Reprenant son souffle et ses esprits – le Commandant n’était pas le seul à écoper d’une migraine dans cette histoire – elle finit par se laisser couler contre le mur le temps de reprendre un peu contenance.

Presque compatissante, elle posa les yeux sur Cullen et s’éclaircit la voix.

« J’imagine que si je vous demande si ça va, vous allez encore essayer de m'étrangler ? », demanda-t-elle sur un ton nonchalant qui montrait bien qu’elle n’était pas contrariée. Elle n’avait aucune marque au cou, mais elle ne pouvait pas s’empêcher de passer sa main dessus malgré tout, la réminiscence désagréable de la scène gravée dans sa chaire. Pour l'heure, elle s’inquiétait plutôt de son état à lui. Avoir deux personnes dans sa tête n'était pas une expérience des plus réjouissante.

Une fois qu’elle eut attiré son attention, elle se permit un sourire en coin facétieux alors qu’elle désignait la joue du commandant en mimant sur la sienne.

« Vous avez quelque chose là », le taquina-t-elle en faisant référence au filet de bave laissé par la démone sur sa peau.

Elle aurait bien ricané pour se moquer mais la fatigue eut raison de ses provocation et elle ferma les yeux quelques instants en soupirant.

« N’empêche, quand vous aurez finis de me sermonner sur mon utilisation de la magie du sang, je n’oublie pas que vous me devez un verre, Commandant », susurra-t-elle sur un ton étrangement neutre en profitant un peu de son repos.

Ayant retrouvé la force de se lever, elle ne chercha même pas à se rendre présentable, de toute façon, elle était trop échevelée pour faire illusion, et elle lui tendit la main – la gauche celle qui n’était pas entaillée – pour l’aider à se redresser.

Elle n'attendait pas de remerciement de sa part, malgré les risques pris, c'était probablement trop demandé.
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Posté Lun 28 Aoû - 22:40
Missive 6
Commandant,
Mellissandre a été aperçue utilisant de la magie du sang pour torturer un soldat et l'assassiner. Il a été clairement  défini qu'il s'agissait bien d'elle. Il faut à tout prix la retrouver et lui faire payer ses crimes.
Une question de confiance



Cullen ouvrit subitement les deux, alors qu’il était à plat ventre sur le sol, inerte. Son premier réflexe était de regarder derrière lui pour vérifier que la démone n’était plus là. Tout s’était passé si vite, il n’arrivait même pas à se rendre compte du peu de temps qui s’était écoulé entre cet instant où il était sous l’emprise du démon et celui où il essayait de se redresser pour s’asseoir.

Sa première vision avant d’être attiré par le bruit que Mellissandre faisait en s’effondrant le long du mur était celui du soldat vidé de son sang. Malgré le massacre dans ces lieux, personne n’était entré ici. Pas même un garde, personne. Il y avait une raison à cela et même si Mellissandre ne pensait pas à ce genre de détails tout de suite, Cullen était au courant de la manœuvre.

« - J’imagine que si je vous demande si ça va, vous allez encore essayer de m’étrangler ? »

Il la regarda du coin de l’œil et regarda si quelque chose se trouvait derrière lui avant de s’allonger, les pieds à plat contre le sol. Il souffla un bon coup pour évacuer du mieux qu’il pouvait le stresse ambiant.

« - Tout dépend de si vous entrez encore dans ma tête. Là je serai sans pitié »

Cullen était quelqu’un de fier, et il n’aimait pas passer pour un faible et encore moins quand quelqu’un venait à l’intérieur de sa tête pour y fouiller son passé. Il ne s’énerva pas d’avantage car il souffrait non seulement de mots de tête mais également d’angoisse et de nausées affreuses, ce qui le fit rester dans la même position quelques minutes pour s’en remettre.

« - Vous avez quelque chose là »
« - Quoi ? »


Il passa furtivement sa main qui se retrouva collé à quelque chose de visqueux et il se mit à hurler de dégout en la secouant rapidement.

« - Berk mais quelle horreur… Elle m’a fait quoi encore ? »

Il ne voulait absolument pas savoir, tellement la vision qu’il avait en tête l’écoeurait au plus haut point. Alors qu’il finissait d’enlever cette atrocité de son visage Mellissandre continua la discussion sur un ton très calme malgré la situation.

« - N’empêche, quand vous aurez fini de me sermonner sur mon utilisation de la magie du sang, je n’oublie pas que vous me devez un verre, Commandant. »
« - Estimez-vous déjà heureuse que je ne vous accuse pas du meurtre de ce pauvre homme qui se trouve au sol ~ »


Elle s’était approchée de lui, s’arrêtant assez près pour lui tendre une main chaleureuse l’invitant à se relever aussi. Il la saisit et se redressa rapidement manquant de peu de l’attirer contre lui tant il avait mit de la force dans sa poigne contrairement à elle.

Il ne lâcha pas tout de suite les doigts de la jeune femme, se demandant bien ce pourquoi elle n’avait pas tenté de se défendre quand il avait essayé de l’attaquer. La magie pouvait être pratiquée pourtant… Enfin, il était content qu’elle soit mage à ce moment précis.

« - Ne vous en faites pas pour cela, Je ferai moi-même le rapport à l’inquisiteur. J’espère que ce genre de situation ne se reproduira plus »

Il remarqua qu’il tremblait comme une feuille et il retira aussitôt sa main de celle de Mellissandre avant de se gratter l’arrière du crâne et se retourner d’embêtement. Il fit quelques pas histoire de gagner une certaine distance, son malaise étant toujours présent. D’ailleurs il ne souhaitait pas lui parler de cette histoire de démon, il suffisait qu’elle s’en serve contre lui une fois qu’elle en aurait l’occasion. Il valait mieux rester discret…

« - Commandant ! »

Soudain la porte s’ouvrit et des templiers arrivèrent dans la pièce constatant la scène. Mais l’un d’eux tiqua sur Mellissandre.

« - Encore vous… »

Bien entendu, Elwig vit direct le scénario typique : Le commandant attaqué par la mage du sang et les soldats morts lui servant de cobaye… S’il n’avait pas été au courant du scénario du démon dès le départ.

« - Tout va bien, Commandant ? »
« - Bien entendu »


Il avait les mains derrière le dos, en faisant face à son templier, alors que quelques autres vérifiaient l’état des victimes. Mais Mellissandre était toujours derrière lui et pouvait parfaitement voir qu’il était toujours tremblant. Conscient de la présence de la jeune femme il changea immédiatement sa position et préféra croiser les bras en poussant un soupir peu rassuré.

« - Le plan ne s’est pas passé tout à fait comme prévu… »
« - Le démon vous a attaqué ? »


Il ne voulait pas s’en vanter de toute façon. Surtout qu’elle n’avait pas attaqué qu’une fois sur sa personne. Il souffla et hocha péniblement de la tête en observant ses compatriotes constater les victimes.

« - Nous avons tenu la barrière jusqu’à ce qu’on ne ressente plus aucune présence maléfique. Soyez rassuré, il n’y a plus rien dans cette pièce actuellement.»
« - Navré de vous avoir demandé de faire ceci toute la nuit… J’étais certain qu’elle ne tiendrait pas la nuit jusqu’au jugement… »


Le soir précédant, il avait stationné trois templiers pour tenir une barrière autour de la prison, pour empêcher les potentiels démons de s’échapper de leur cachot. Mais cela n’était pas suffisant, visiblement.

Soudain, la porte de la prison s’ouvrit brusquement et Doreen ressorti dans un piteux état, et visiblement en colère. Il était recouvert de ce qui semblait être….

« - Je suis couvert de merde !! »

Tout le monde s’était retourné vers l’elfe quand il fit irruption dans la pièce, couvert sur une bonne partie du corps d’excréments, et pas n’importe lesquelles : Le seul baril contenant les semences des prisonniers qui avait oublié d’être sorti. Cullen grimaça en voyant son agent dans cet état. Il avait dû ramasser cela durant la première attaque qui avait balayé tout le monde.

« - Vous avez osé commandant !! »

Il s’approchait d’un pas décidé vers lui, mais le pauvre Cullen préféra reculer pour éviter l’exposition nauséabonde de Doreen.

« - N-non ! Doreen n’approchez pas !!! »
« - Vous m’avez oublié dans ces cachots puants et plein de merde !! »
« - Il y avait plus urgent !! »
« - Plus urgent que mes cheveux ?! Jamais ! »


Il secoua son bras encore ignoblement crasseux et soupira…

« - Que faisiez-vous… ? »
« - Ces deux batifoleurs m’ont laissés derrière eux et n’ont pas remarqué mon absence. Et bien je vous remercie ça fait plaisir ! »


La situation bien que comique retomba. C’était bien ce qu’il fallait pour faire retomber la tension, il lui renverrai la pareil une fois. Alors que son agent parti immédiatement en mode furtif pour rejoindre les bains sans être vu, Cullen décida de quitter la pièce pour retourner à l’infirmerie.

Une fois dehors de la salle, il ne prit pas la peine de fermer la porte et redescendit les escaliers manquant de peu de louper une marche. Il continuait sa route en prenant soin d’être discret…

--- Cullen quitte le RP (pour mieux recommencer un autre [Terminé] Une question de confiance [PV : Cullen] 1585302345 )

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