— Event N.1 : La Chute

— 9:31 DU DRAGON (Dragon Age Origins)
Depuis la nuit des temps, les Gardes des Ombres ont protégé Thédas du mal. Gardiens de la paix et des habitants de ce monde, ils ont toujours combattu d'un aplomb et d'une croyance infaillibles. Néanmoins, le cinquième Enclin signa l'arrêt de mort de la quasi totalité de ces guerriers à la force de fer. La trahison de Loghain coûta entre autre la vie du Roi Cailan et plongea la Garde dans un état quasi soporifique.Reyner Cousland fut l'homme qui redressa la situation. Armé de ses compagnons et de la rancœur qui l'accablait, le jeune homme avait vécu la tragédie d'Ostagar. Sa famille fut assassinée, son château brûlé, son amant décapité : Loghain venait de faire une regrettable erreur. Il s'était créé l'ennemi dont personne n'aurait jamais souhaité avoir un jour.L'Enclin fut anéanti. L'Archidémon mourut et Loghain trépassa de la main de Reyner. Ferelden fut libéré du joug du faux Roi. Tout était à construire désormais : nommé Commandant de la Garde, il devint le dirigeant des Gardes des Ombres de Férelden et une très forte influence parmi le groupe. Deux, quatre, puis seize grands campements furent construits et une vague de recrutement fut lancée. En dix ans, les rangs des gardes gonflèrent comme jamais. Symbole de courage et de persévérance, le jeune Commandant ne se doutait toutefois pas que les choses allaient dégénérer à nouveau... Et aussi violemment.

— 9:42 DU DRAGON (actuellement)
Corypheus rallia les templiers à sa cause. L'Inquisition en fit les frais et, prévenant ainsi Thédas et la majorité des grands groupes des alentours, aucun accepta de croire cette funeste nouvelle : C'est dans un espoir vain que Ragnar Warvrick, l'Inquisiteur, décida de lancer une demande d'alliance entre la Garde des Ombres et l'Inquisition. Les dirigeants de la Garde refusèrent sans prendre le temps de reconsidérer cette offre précieuse : pour eux, le vrai problème était l'influence et le pouvoir que continuait d'accroître l'Inquisition et ce, sans aucun cadre de bonne conduite et sans aucune limite.Néanmoins, une attaque se prépare et les Gardes ne se doutent pas une seule seconde que leur forteresse, Fort Bastiel, en Amaranthine, est sur le point de se faire assiéger par Corypheus qui après un échec cuisant chez l'Inquisition, décida d'attaquer un des autres groupes les plus puissants de Thédas en ayant appris que Reyner était sur les sentiers à la recherche d'informations capable de stopper l'appel : en soit, un pouvoir illimité pour les Gardes. Sur son chemin, le Commandant acquis des informations capitales et qui pourraient changer le destin de l'alliance entre Inquisition et Gardes.Le souhait de Corypheus est à présent de réduire au silence Fort Bastiel et son leader avec, coûte que coûte. Une bataille sanglante se prépare, et ce sera peut-être la chute de la Garde de Ferelden... Définitivement.

Combattez aux cotés de la Garde des Ombre afin de leur laisser la chance de s'en sortir vivant !
Sauvez ceux qui jadis vous ont offert gracieusement le privilège rester à l'abri du cinquième Enclin !
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09/08/2017 — Le groupe MAGES est désormais CLOS pour cause de surpopulation !
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Douleurs de guerre (P.V : Cullen) -Terminé -

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MessageSujet: Douleurs de guerre (P.V : Cullen) -Terminé - Ven 4 Aoû - 17:26

Dancing for their livesCullen & EstridChant des morts ( Anilah →  Warrior   ) Courir, toucher sa main, essayer de la retenir, le voir partir. Courir, toucher encore une main, la serrer, penser que c'est lui, qu'il est sauvé. Et voir, voir, que l'on s'est fourvoyé, qu'il ne sera plus là à nos côtés; l'être aimé. C'est ce que pense cette pauvre femme devant le feu contenant son mari. Elle n'ose regarder le visage fondre et pour cela elle cache de ses mains ses yeux rougis par trop de larmes versées. Mais les craquements la rendent folle, à tel point qu'elle s'en secoue de spasmes de plus en plus violents et personne ne vient pour la réconforter. Tous la regardent s'écraser dans la neige car le peu qui ont essayé de l'approcher on reçu des crachats ou des coups de griffes. C'est à ça que ressemble une femme blessée, une femme qui a aimé sans compter, sans se soucier de ce que l'avenir lui apportera; et cette femme est devenue violence.

Il y en a pourtant une qui s'accorde vraiment à venir près d'elle, à forcer la marche, bien qu'elle sait qu'elle sera mordue. Dans son dos elle tend ses bras roses, laissant le froid lécher sa peau réchauffée par les fourrures et tissus de sa cape. La femme essaie de se détacher de cette prise, secouant épaules et bras jusqu'à ce qu'elle sent sur son dos le poids d'un buste puis d'une joue. Elle essaie encore de se débattre tandis qu'on la tire en arrière, elle hurle, hurle et maudit Corypheus et ses sbires, les templiers rouges et tous les salauds de cette terre. Elle s'appelle Edwige. Et aujourd'hui son mari est mort dans ses bras, blessé lors d'une patrouille près du Foyer Argon, touché par une lame de lyrium rouge.

◊ ◊ ◊

Ils résonnent et lâchent las
Toutes ces âmes piétinées.

La matinée continue, lissant cheveux de son vent et brisant de son soleil absent les derniers remparts de chaleur des peaux humaines. Les souffles se font plus courts, on s'agite ou saute en se frottant les bras de ses mains pour espérer gagner quelques mesures de bonheur dans notre sang. Mais rien n'y fait, il faut encore plus bouger, voir traverser tout le camp et s'égosiller sur le terrain se trouvant à Fort Céleste. Là haut, là où se trouve ceux qu'ils espèrent être leurs sauveurs, leurs bienfaiteurs.
Ils résonnent et lâchent las
Toutes ces âmes piétinées.

Les soldats remontent jusqu'à l'immense forteresse, regards droits et fiers tandis que d'autres les suivent de loin, se soutenant dans la douloureuse montée. Avec des brancards ou bien des béquilles ils essaient mais bien vite sont rattrapés par une Estrid à bouts de souffle.
"Ah-attendez. Ne montez pas ... je ... je vais ... je vais chercher ma monture et ... une charrette ! Il me faut une charrette."
Ils attendent donc, tous groupés que reviennent l'elfe qui les intrigue autant qu'elle leur inspire la peur. Après tout, même sous sa cape noire et sa robe blanche au corsage doré comme certains nobles peuvent paraître, elle n'a rien d'une des leurs, ou ne ressemble à rien de connu. Certains se détachent du groupe, pensant qu'il ne s'agit que d'un caprice de femme dite riche, tandis que d'autres observent et ouvrent leurs lèvres gercées en priant pour son retour. Et la voilà sur son dracolisk visiblement ébouriffé par un réveil violent, une charrette derrière elle. Et malgré la douleur que leur peau tiraillée leur offre, ils sourient, apaisés.

◊ ◊ ◊

Pourtant je marche fier
Fier et fort arme de lumière en main
Ma peau se couvre d'or
Et, je sens tes doigts soigner mes maux.

Une aiguille entre les doigts, l'autre filant pour coudre les chairs traumatisées. Il y a aussi ceux qui appliquent l'onguent et d'autres qui diffusent partiellement une lumière qui chauffe, brûle mais au final apaise les plus grandes douleurs en les effaçant tout bonnement. Cela fait maintenant deux semaines qu'Estrid Bellanaris vit à Fort Céleste sur demande de ses supérieurs, le temps qu'une solution soit trouvée concernant la situation aux tombes émeraudes. La rosée ne peut faire que cela : attendre, soigner, chanter, attendre. Encore attendre. Et dans son coeur enfle une inquiétude immense, sachant que les derniers morts revenaient de là bas. Elle pourrait pleurer, mais comme à son habitude, elle se noie dans le travail ou bien dans une contemplation silencieuse de Solas lorsque celui-ci se permet de peindre sa fresque. La femme qu'elle est ne va pas le voir, elle ne se permet que de jeter un oeil bienveillant sur sa personne, de lire quelques ouvrages sur les potions et repartir comme elle est venue; discrètement, bien que parfois des soldats ou nobles de passage bien trop curieux viennent encore l'importuner pour lui demander des chants ou bien ses origines.
Viens donc près de moi
Que nos forces s'unissent
Et que le mal périsse ...

Le soldat qu'elle soigne aujourd'hui à l'infirmerie se laisse bercer par sa voix, et apaisé, il pousse quelques soupirs. Sa jambe entaillée n'est plus qu'un mauvais souvenir depuis les traitements de l'elfe et les nettoyages un soigneur. Enfin, si l'on peut appeler ça un soigneur. Il avait eu des sueurs froides quand on lui a dit qu'il fallait l'amputer mais que nenni. Sa jambe est toujours là et il peut la bouger. Difficilement encore, mais il peut la bouger. Les doigts qui courent sur sa peau pour l'étirer et la stimuler le font d'autant plus soupirer d'aise voir même jurer en parlant des seins d'Andrasté. La mage écarquille les yeux et lui s'empourpre. Puis vient un rire aux éclats de la jeune femme interrompue dans son chant. Elle reprend ensuite son massage en sollicitant légèrement les articulations.

"Tu sais des fois je me dis que tu serais bonne à marier.
- Si je n'étais pas une elfe."
- C'est pas ce que j'ai dit ....
- Mais tu y pensais, Roland. J'ai l'habitude, ne t'inquiète pas."
Il tourne la tête, visiblement chagriné, malgré le sourire radieux que lui offre sa sauveuse. Puis soudain on l'appelle en lui disant qu'il y a urgence. Elle lève automatiquement la tête, ses boucles tintant dans l'air et elle voit arriver le brancard au loin avec une pléthore de soldats à cheval. De suite, elle se précipite alors que quelqu'un habillé d'une immense fourrure digne d'un lion et d'une armure rutilante se met dans le passage. Sans attendre son mot, elle se rue sur le blessé en poussant quelque peu la personne d'un coup d'épaule.
"Pardon mais les rapports peuvent attendre. Sylas tu es là ? prépare des baquets d'eau et deux onguents. On doit d'abord nettoyer sa plaie au ventre."

Elle s'avance vers les soldats toujours en train de parler avec celui qu'elle avait bousculé plus tôt. Estrid s'avance vers eux, restant avec sa robe froissée et ses mèches tombant sur son nez. Et pour une fois, sa voix se montre bien plus dure qu'à l'accoutumée. On aurait dit une noble en face de se reconvertir sauvage au vu de son état.
"J'ai dit : les rapports peuvent attendre. On a besoin de vous pour s'occuper de votre compagnon. Aller, on descend."
Un des soldats se met à rire en disant dans sa barbe que jamais une femme ne pourrait le faire descendre. Sauf si lui la monte avant. Et alors qu'il se met à rire, Estrid en profite pour trouver les sangles tenant la selle ce qui a tôt fait de faire glisser le gaillard de sa monture pour tout bonnement embrasser le sol. Il y a de grands éclats de rire venant de l'infirmerie et l'une des aides en vient même à dire qu'enfin l'elfe arrivait à s'imposer.

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Dernière édition par Estrid Bellanaris le Mar 15 Aoû - 11:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Douleurs de guerre (P.V : Cullen) -Terminé - Ven 4 Aoû - 21:53

Missive 4
Commandant,
nous revenons de patrouille aux tombes émeraude et malheureusement nous n’avons pas pu trouver de gisements de lyrium rouge comme celles du saint temple cinéraire. Malgré toutes nos recherches nous avions dû prendre la fuite, attaqués par des géants. Je vous transmettrai mon rapport une fois au fort.
Douleurs de guerre



Perché du haut des remparts, Cullen observait son groupe de guerrier rentrer de mission bredouilles. Dans sa lettre, le soldat Doreen avait mentionné qu’il y avait des blessés et même des pertes parmi les troupes.  Mais les voir arriver le rassurait grandement, à tel point qu’il pourra un long soupir de soulagement.

Ils étaient partis enquêter aux tombes émeraude à propos de lyrium rouge, mais ils n’avaient pas réussi à retrouver la moindre piste sur le terrain et malheureusement pour eux, la fuite était inévitable. La région était connue pour être particulièrement dangereuse, surtout dans le nord, où des dragons et des géants sévissaient.

Il continua de longer les murailles, afin de contrôler si ses hommes étaient à leur post. Certains flânaient et se firent rapidement remettre à leur place quand je commandant les prit la main dans le sac. Après cette petite interaction, il se rendit devant le grillage principal pour accueillir ses hommes.

En descendant, Il profita pour inspecter ses agents qui se préparaient à partir en patrouille en leur donnant des instructions, en contrôlant leur équipement et en leur conseillant comme il pouvait. Au passage, il passa près de ceux qui s’entraînaient et redressa un soldat qui maintenait mal sa garde avant d’arriver à l’entrée.

Son agent lui fit signe, alors encore sur son cheval à cet instant. Il était blessé lui aussi, mais se portait plutôt bien.  

«  - Commandant, navré de me présenter ainsi devant vous. »
«  - Je regrette que la mission se soit déroulée ainsi, Doreen. Comment se portent vos hommes ? »
«  - Ils ont besoin de soin, mais sont hors de danger. »
«  - Bien c’est le plus impor… ?! »

Il se fit interrompre quand une soignante arriva au pas de course pour s’occuper des blessés, principalement du pauvre homme qui se trouvait dans la charrette tirée par le cheval de l’interlocuteur du Commandant.  Elle le bouscula dans sa trajectoire ce qui le surprit quelque peu.

«  - Pardon mais les rapports peuvent attendre. Sylas tu es là ? Prépare des baquets d’eau et deux onguents. On doit d’abord nettoyer sa plaie au ventre. »

Il regarda l’elfe avec qui il discutait, puis suivit des yeux la trajectoire de cette jeune femme à la peau violacée, un immense sourire béat traversant son visage.

«  - Fougueuse ~ »
«  - ça vous pouvez le dire… Une seconde je vous donne le rapport et je vais rentrer le cheval »

Il se tourna et commença à fouiller ses affaires quand il se vit violemment interrompre par la même jeune femme.

«  - J’ai dis : les rapports peuvent attendre. On a besoin de vous pour s’occuper de votre compagnon. Allez on descend. »

Cullen continua à glousser en assistant à cette scène, alors que son agent se faisait malmener par l’infirmière.

«  - Vous avez entendu Madame, Doreen. Après tout, c’est vous le chef de l’équipe. »

L’elfe soupira mais n’exécuta pas tout de suite ce qu’on lui avait ordonné. Cullen saisit les rennes du cheval et commença à lui caresser le museau alors qu’un homme plus baraqué commença à plaisanter

«  - Le jour où une femme le fera descendre c’est seulement s’il la monte avant ! »

Devant tant de virilité dans ses propos, tous les hommes présents se mirent à rire sans exception. La demoiselle profita de cet instant pour détacher les sangles de sa selle et le fit tomber au sol en quelques secondes ce qui augmentait le fou rire du groupe.

«  - HAHAHA ! Quand on dit « mort de rire » c’est pour une raison, mais en tant que cavalier ce serait le comble de mourir ainsi ! »
«  - La ferme, pointu. Grogna l’homme qui était à plat-ventre par terre, le pire dans cette situation ce n’est pas de m’être fais avoir par une femme, mais de tomber à terre juste devant le commandant ! »

Doreen descendit de son cheval alors qu’un écuyer vint saisir les bêtes. Il se rendit vers la mystérieuse soigneuse pour l’aider à transporter ses camarades en jetant un léger coup de pied à son second au passage.

«  - Venez, vous n’aurez pas la peau plus soyeuse en restant dans la boue. »
«  - Oui, ça va je viens.. »

Tout en regardant les deux chevaux s’éloigner, Doreen retourna quelques instants vers le commandant, en lui indiquant que le rapport serait transmit dans les délais les plus brefs. Il s’excusa notamment de la situation d’ailleurs.

«  - Ne vous en faites pas, ce n’est pas le plus urgent. »

Les deux soldats se rendirent près de la charrette pour récupérer leurs trois compagnons blessés. Il en profita alors pour se rendre vers la jeune elfe pour faire un brin de causette.

«  -  Noble dame, commença-t-il en hochant la tête, j’admire particulièrement la façon dont vous remettez mes hommes à leur place.  Quelle leçon »

Elle était certes occupée, mais il ne pouvait s’empêcher de glisser ces quelques paroles quelque peu piquantes juste pour la charrier un peu. Mais dans le fond il était heureux que les médecins ne se laissent pas marcher dessus malgré les circonstances.

" - Comment se portent les blessés arrivés ce matin ? "



Dernière édition par Cullen Rutherford le Sam 5 Aoû - 23:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Douleurs de guerre (P.V : Cullen) -Terminé - Sam 5 Aoû - 0:47

Dancing for their livesCullen & EstridChant des morts ( Anilah →  Warrior   ) Elle ne se rend pas encore compte de ce qu'elle a fait. Pas encore. Les applaudissements et rire ne l'atteignent pas. Tout ce qui compte pour le moment est que cet homme comprenne qu'elle n'est pas pouliche à monter et que dans son infinie sagesse, Estrid sait comment faire redescendre de son piédestal l'homme se faisant passer pour victorieux. D'un geste preste de la hanche et de son visage, l'elfe Bellanaris part donc de nouveau vers les blessés, s'affairant maintenant avec la dite Sylas, une brune un peu maigrelette mais capable de courir d'un pan à l'autre du Fort à grande vitesse, à poser des tissus sur les plaies béantes et mettre sur le front couvert de sueur des langes trempés. Ce n'est que quand les hommes parlent de commandant encore une fois que la mage et ménestrel comprend que sa hardiesse a été vue du Sieur Rutherford. Les mots lui manquent soudainement, sa gorge étant bloquée par une boule qui d'ailleurs la fait hoqueter. Estrid impétueuse. Grands Dieux. Rien que d'y penser, la jeune femme soupire avant de s'affairer à nouveau à ce pour quoi elle est la meilleure.

"Oh croyez moi. Les hommes peuvent être pétris d’arrogance ou de stupidité et quand ils sont ... 'aimables', ils sont parfois si influençables qu’ils ne pensent plus par eux-mêmes."
Elle sent sa voix se briser, car même si elle veut temporiser les précédents, Estrid se sent tout de même fatiguée de devoir recevoir ce genre de réponses de la part de comparses masculins. Sachant que pour certains, elle a eu la "chance" des les voir le fessier à l'air. Un nouveau soupir fuse d'entre ses lèvres. Quelle tristesse de voir autant d'hommes courageux faire preuve de bassesses pour piétiner son prochain, celui plus faible qui ne sait se battre comme lui. Mais à charge de revanche pour le Sieur, il lui a donné de quoi moudre le grain dans son beau et sage moulin. Ses yeux tracent un long chemin vers le visage du commandeur car elle reste un moment à contempler les mains et étudier la fourrure se trouvant sur ses larges épaules. Elle y plonge à corps perdu, munie de sa douceur et de sa mélancolie, de ses joies comme de ses déceptions; tout cela gravé dans le pâle iris.
"Mon discours semble sentir fort l'amertume mais il n'en est rien Permettez ... ?"

Elle s'incline, lui demandant par la même occasion de l'accompagner pendant que les Les blessés sont alités et mis sur des draps propres. Elles enlèvent ensuite vêtements et armures de leurs doigts experts. Malheureusement, le geste de l'elfe se fait plus hésitant qu'à l'accoutumée car elle se sent honteuse. Ses joues roses deviennent plus foncées et elle sent les mots s'entrechoquer dans son esprit.
"Malheureusement, ce n'est pas le fait de monter la jument qui leur accordera victoire et gloire ..."
D'un coup sec, elle tourne entre ses doigts le linge pour l'essorer de toute les souillures qu'elle a pu trouver sur le corps en épongeant.
"Nous avons trois morts ce matin. Un de fièvre infectieuse, deux autres de fatigue malgré les traitements préconisés par les herboristes, Sieur.
- Et six hommes bientôt rétablis grâce à cette donneuse de leçons, aussi douce que les vents chauds de l'Est, commandant."
Les oreilles de l'elfe teintent légèrement sous la surprise, en entendant la voix fluette de Roland fuser dans le brouhaha ambiant. Elle regarde dans sa direction et le voit assis en train de l'observer avec un air visiblement amusé.
"D'ailleurs si ça vous dit, elle sait ..."
Estrid fronce les sourcils. Roland lève ses mains vers le ciel.
"Je n'ai rien dit."
Visiblement contentée par cette réponse, la dame reprend les soins, nettoyant tout d'abord ses mains dans l'eau chaude avant de déposer sur ses doigts un onguent visqueux et verdâtre. L'apparence du produit peut paraître peu ragoutante, mais l'odeur qui s'en émane se fait fraîche et forte à la fois.
"Ça aidera à nettoyer plus en profondeur la plaie. D'ailleurs, veuillez Pardonner mon impolitesse. Je suis Estrid Bellanaris, mage, ménestrel et agent au service de l'Inquisition."
Dit-elle en enfonçant ses doigts dans la plaie tandis que grogne le pauvre blessé de douleur. Puis, il pousse soudainement un soupir de soulagement quand vient le moment où Estrid s'empare de son bâton et laisse émaner de sa main une lueur bleue aussi douce que le mouvement de ses longs doigts.

◊ ◊ ◊

"Je ne vous ai jamais vu les soirs à la taverne. Cela est bien dommage. Vous semblez avoir besoin de repos."
La voilà relevée, se dirigeant déjà vers d'autres draps et d'autres blessures, tenant à bouts de bras son baquet d'eau légèrement rouge qu'elle s'empresse de jeter dans un endroit approprié. On lui apporte une nouvelle fournée d'eau chaude dans laquelle, elle plonge rapidement ses mains sans sourciller. Les autres femmes semblent jeter des coups d'oeil au commandeur ce qui a tôt fait d'interloquer l'elfe qui ne comprend rien au pourquoi du comment de ces regards. Surtout quand elle se permet de frôler légèrement le creux sous l'oeil droit du commandeur.
"Par les dieux, que j'ai mal pour vous ... même ma musique ne peut soigner ça."
Elle sent dans son aura quelque chose de torturé, qui lui fait peur mais l'emplit d'une compassion aussi grande que les bras ouverts d'Andrasté vers ses enfants. Et cela se lit sur son visage que certains prennent pour l'incarnation du démon. Ah que la guerre peut infliger tant de douleurs ... même aux plus robustes et assidus d'entre nous. De nouveau les pieds à plats, la ménestrel reprend sa besogne en fredonnant l'air de la chanson de tout à l'heure.
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"Approchez. Vous avez déjà eu l'occasion de soigner quelqu'un ?"
Estrid lui tend des tissus propres, lui pointant de l'index le récipient afin qu'il s'empresse de mettre les tissus dans l'eau. Et de sa main experte, l'elfe attrape la blessure sur le dos du soldat pour en retirer un cataplasme puant la mort. Comme si tout avait été épongé dans cet étrange liquide.
"Attrapez lui les jambes et maintenez le, s'il vous plaît. Je vais restructurer les chairs."
L'homme commence déjà à se recourber et vouloir se débattre quand le flux magique vient lécher sa plaie revenue à vif, mais saine. Par cercles et mouvements diffus, comme la femme tissant les fils pour former l'étole que portera le soldat, elle répare les chairs qui peu à peu apparaissent, bougent et englobent la zone meurtrie. Estrid se prend d'ailleurs un coup dans la cuisse, coup involontaire mais violent qui l'oblige presque à s'interrompre aux trois quart du processus. Mais au final, tout se passe bien. Seul la robe a légèrement souffert, autant que la cuisse de la soigneuse.
"Merci, commandant. Maintenant veuillez vous asseoir."
Elle ne sait si il semble surpris d'entendre un ordre de la part d'un agent, mais à dire vrai au vu du large sourire de la dame, il n'y a aucune malhonnêteté ou envie de s'imposer à l'autre. Son seul but est de soigner.
"Faites ce qu'elle dit Commandant, sinon elle ne vous lâchera pas. Une vraie mère cocotte."
Lâche alors Roland en ricanant avec Sylas. Estrid quant à elle appuie sur les épaules de Sieur Rutherford, enlève les fourrures ainsi que les épaulières sans aucun mal. Et, d'un geste habile, prend d'une main le dessous de la mâchoire du blond soldat et place l'autre à la jointure du cou et de la tête. Elle sollicite ensuite lentement la tête vers le côté jusqu'à entendre un léger soubresaut venant des os. Sa paume s'appuie d'autant plus sur la jointure et encore plus lentement, elle tourne de l'autre côté la tête avant de glisser ses mains le long de la nuque jusqu'aux nerfs des épaules.
"Vous aurez déjà ce noeud en moins maintenant je vais m'occuper de vos yeux."
Pas le moins du monde, la rosée ne semble intéressée par autre chose que ces creux noircis. Passant du dos pour se mettre accroupie face au chef des armées. Et de visu, elle semble incroyablement calme et sérieuse, focalisée sur sa tâche. Ses pouces appuient légèrement sur l'arête du nez pour suivre la courbe des pommettes.
"Vous devriez songer au passé lorsque vos souvenirs sont agréables."
Ses doigts s'infiltrent près des oreilles et elle vient de la pulpe frotter cheveux et peau.
"Je connais quelqu'un qui le fait avec les chats. Peut-être est-ce là une piste."
Ah ... Anders et les chats ... elle en garde encore un souvenir impérissable qui a tôt fait de lui rendre le sourire. Qu'est-il devenu d'ailleurs ? Elle devrait peut-être le chercher durant ses prochaines missions car m'est avis qu'il n'est plus à Lothering. C'est si dur de se séparer de ces moments.
"Ou alors du thé. Cela a l'air de particulièrement fonctionner sur Era. Je veux dire, Solas."
Ça aussi, c'est un bon souvenir. Voir l'elfe grimacer, même si ses pensées étaient quelque peu troublées, avait eu un effet hilare sur l'elfe. Et cette fois, Estrid pouffe de rire.

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— AMOUREUSEMENT : Un jour peut-être

MessageSujet: Re: Douleurs de guerre (P.V : Cullen) -Terminé - Sam 5 Aoû - 22:39

Missive 4
Commandant,
nous revenons de patrouille aux tombes émeraude et malheureusement nous n’avons pas pu trouver de gisements de lyrium rouge comme celles du saint temple cinéraire. Malgré toutes nos recherches nous avions dû prendre la fuite, attaqués par des géants. Je vous transmettrai mon rapport une fois au fort.
Douleurs de guerre



Une fois les chevaux à l’écurie, les blessés escortés par les soigneurs, et la charrette remisée par les écuyers qui étaient venus à plusieurs, Cullen se concentra pleinement sur l’elfe affairée. Elle semblait absorbé par son travail, prenant soin que tout était fait dans les règles de l’art et rapidement. Cela l’enchantait d’ailleurs, de voir quelqu’un d’aussi dévoué.

«  - Oh croyez-moi. Les hommes peuvent être pétris d’arrogance ou de stupidité et quand ils sont ... 'aimables', ils sont parfois si influençables qu’ils ne pensent plus par eux-mêmes. »
«  - Je vois. Il est fort appréciable que vous ne vous laissiez pas faire, certains ne sont pas aussi subtils dans leur reconnaissance envers vos soins. »


Alors qu’il observait les mouvements aux alentours, il croisa les bras puis remarqua le regard de la jeune elfe posé sur lui.

«  - Mon discours semble sentir fort l’amertume mais il n’en est rien. Permettez … ? »
«  - Bien entendu »


Elle lui fit signe de la suivre, et il s’exécuta d’un pas lent mais soutenant le rythme de l’elfe. Dans l’infirmerie, les blessés furent emmenés sur des civières et transportés près des médecins qui les prenaient directement en charge. Et alors qu’il inspectait leur travail avec beaucoup d’admiration, la jeune femme continua de lui parler à propos des hommes, presque gênée de le faire.

«  - Malheureusement, ce n’est pas le fait de monter la jument qui leur accordera victoire et gloire… »
«  - Pensez que certains ont besoin de la présence d’une femme pour paraître fort, et pouvoir surmonter les obstacles qui se trouvent sur leur chemin. Ils font les malins, mais sans elles ils ne trouvent leur courage nulle part. »

Cullen ne puisait pas sa force dans la gente féminine, mais il connaissait ses guerriers. Dans le fond, ils risquent leur vie pour l’inquisition et il ne fallait pas les blâmer pour autant. Ses paroles avaient pour but de changer le point de vue de la jeune femme pour ne pas qu’elle soit trop rancunière vis-à-vis des guerriers. Elle continua alors sa petite visite guidée.

«  - Nous avons trois morts ce matin. Un de fièvre infectieuse, deux autres de fatigue malgré les traitements préconisés par les herboristes, Sieur. »
«   - … Et six hommes bientôt rétablis grâce à cette donneuse de leçons, aussi douce que les vents chauds de l’Est, Commandant »
«  - Je constate que ces soins sont efficaces malgré les pertes. Bien entendu, certains guerriers ne se remettent pas de leurs blessures, mais vous avez fais votre possible pour les sauver. L’inquisition vous en remercie. »


Son compagnon commença une phrase à l’égard de la jeune elfe, mais se fit interrompre rapidement par son regard froid. Cullen se contenta de les regarder se chamailler sans se poser de questions. Il se demandait néanmoins de quoi il parlait, mais sa curiosité s’arrêta là. Alors que l’elfe continua ses soins, elle montra ses diverses connaissances au commandant qui regardait par-dessus son épaule.

«  - ça aidera à nettoyer plus en profondeur la plaie. D’ailleurs, veuillez pardonner mon impolitesse. Je suis Estrid Bellanaris, mage, ménestrel et agent au service de l’Inquisition. »

Les mages soignaient souvent les blessés. Cullen appréciait beaucoup de côté-là de leur pouvoir, comme quoi ils ne servaient pas qu’à la destruction.  Bien que quelques années auparavant il aurait crié au scandale, templier de souche qu’il était. Il essayait de s’ouvrir à ce que faisaient les mages, mais ce n’était pas évident pour lui. Il ressentait encore un blocage quand il leur adressait la parole, mais certains étaient dignes de confiance jusque là.

«  - Je suis enchanté de faire votre connaissance, Dame Bellanaris. Je ne peux que constater votre dévouement et votre bienveillance lors de votre travail et cela m’en réjouis. »

Il était amusé par la jeune elfe, qui sautait comme une puce vers un lit à un autre, tout en continuant d’alimenter une discussion avec lui. D’ailleurs, son camarade semblait aussi amusé que lui. Puis elle lui posa une question un peu plus personnel.

«  - Je ne vous ai jamais vu les soirs à la taverne. Cela est bien dommage. Vous semblez avoir besoin de repos »
«  - C’est le soir au calme où je travaille le mieux. Cela m’arrive de faire une petite virée à la taverne, mais je ne m’y attarde que très peu. »


Elle avait visiblement cerné qu’il était surmené, et bien entendu tout le monde le savait qu’il passait énormément de temps au bien être de l’inquisition. Mais il gardait toujours un certain dévouement malgré la fatigue et ses maux. Cela passait au second plan.

Le commandant la suivit des yeux quand elle allait jeter l’eau viciée, mais en la contemplant de loin, il remarqua que des jeunes filles esquivaient son regard, gênées. Il ne faisait généralement guère attention au succès qu’il avait auprès de la gente féminine, et se demandait bien pourquoi d’ailleurs. Il se contenta de leur sourire en retour ce qui les fit d’avantage discuter entre elles.

Puis il fit surprit par le retour d’Estrid qui s’était rapprochée très près, alors qu’il regardait les filles.

«  - Par les dieux, que j’ai mal pour vous… Même ma musique ne peut soigner ça. »
«  - Heu.. Pardon ? »


Il ne comprenait pas ses dires, quelque peu étonné de sa réaction. Elle ressentait les mots à l’instar de Cole ? Non il s’agissait d’autre chose. Après une courte observation, la voilà repartie en fredonnant une douce mélodie.

«  - Approchez. Vous avez déjà eu l’occasion de soigner quelqu’un ? »
«  - Quelques soins rudimentaires pour couper les saignements, mais ce n’était jamais vraiment d’une propreté similaire à ceux des soigneurs. », dit-il en attrapant les rubans qu’elle lui tendait.


Il exécuta les dires de la jeune elfe en plongeant ensuite ce qu’il tenait dans de l’eau puis fit le tour pour ne pas la gêner dans son travail.

«  - Attrapez-lui les jambes et maintenez-le, s’il vous plaît. Je vais restructurer les chairs. »

Cullen regarda le soldat avec un air malicieux, car celui-ci ne cessait de le fixer l’air inquiet.

«  - ça va aller »

Suite à ses paroles, il le saisi par les jambes, l’empêchant alors de gesticuler. Le voilà stagiaire dans les infirmeries ! Bien que cette situation était inhabituelle pour lui et le personnel, cela l’amusait d’apprendre ceci, et lui changeait les idées. Après qu’elle eut fini de le soigner, elle le remercia et lui demanda de s’asseoir, alors qu’il était encore à genoux par terre.

«  - … « M’asseoir » ? »

Il se redressa perplexe, se demandant bien ce qu’elle comptait faire de lui. Mais le compagnon de la jeune femme tenta de le rassurer en lui indiquant qu’elle n’allait pas le lâcher s’il ne s’exécutait pas. Cullen dirigea son regard clair vers Bellanaris et hocha la tête en prenant place sur une caisse.

«  - Que comptez-vous me faire ? »

Il se demandait bien ce qui se tramait, le personnel commençait à dire du comportement de l’elfe qui ne voulait que faire son travail. Mais pour Cullen, tout allait bien. C’était juste une petite fatigue qui le surmontait, mais pas grand mal depuis qu’il avait retrouvé ses bureaux.

Elle se plaça derrière lui et commença à tâter les épaules, puis commença à ôter son équipement sous les yeux ébahis de ses collègues. Le Commandant ne savait plus où se mettre et se demandait bien ce qu’elle allait lui trouver. Elle commença une suite de massage entre la nuque et la mâchoire. Puis il entendit un craquement qui lui fit légèrement mal sur le coup.

«  - Aie.. »
«  - Vous aurez déjà ce nœud en moins maintenant je vais m’occuper de vos yeux »
«  - Mes yeux y ont droit aussi ? »


Cette situation l’amusait si bien qu’il ne cherchait pas spécialement à la repousser. Elle possédait quelque chose qui mettait directement à l’aise les gens. Bellanaris se mit en face de lui et le regarda droit dans les yeux, ce qui était quelque peu déconcertant pour lui.

«  - Vous devriez songer au passé lorsque vos souvenirs sont agréables »
«  - N’importe qui se tourmente de son passé, Noble Dame »


Facile à dire, le passé hantait le présent et dans le Cas de Cullen il était difficile de faire une croix dessus, et vivre avec, il tentait de le faire depuis longtemps. Mais ses nuits étaient troublées de cauchemars, et d’insomnies.

«  -  Je connais quelqu’un qui le fait avec les chats. Peut-être est-ce là une piste. »
«  -  Vous me conseillez… de prendre un chat… ? »
«  - Ou alors du thé. Cela a l’air de particulièrement fonctionner sur Era. Je veux dire, Solas . »


Le commandant resta assis, à la regarder de manière perplexe. Il prit son manteau et le posa à côté de lui. Il regarda quelques infirmières bander le bras d’un soldat pendant que la jeune elfe se mit à rire.

«  - Ne vous faites pas de soucis pour moi, je vais bien. »

Avoir des chats ou boire du thé… Cullen était un combattant, pas un noble de la cour. Il se demandait toujours comment les gens de la noblesse faisaient pour supporter une telle vie.

«  - Dites-moi, je suis intrigué. Vous êtes ménestrel, c’est bien cela ? Vous aviez dit tout à l’heure que « votre musique ne pouvait pas me soigner ». Qu’est-ce que cela signifie ? »

S’il existait un moyen d’atténuer ses douleurs, autant essayer de connaître les raisons. Elle semblait capter la douleur de ceux qui l’entourent, et même si ces dernières n’étaient pas physiques, elle savait quand quelqu’un était blessé.

«  - Ressentez-vous la douleur des gens ? »

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MessageSujet: Re: Douleurs de guerre (P.V : Cullen) -Terminé - Dim 6 Aoû - 1:57

Dancing for their livesCullen & EstridPerles du matin ( Origa →  Aurora   )
"Oh."
C'est la première chose qui sort de sa bouche quand le commandant lui pose cette question pour le moins déconcertante. Sent-elle vraiment quand une personne a mal ... ? Oui, assurément, mais elle préfère garder cela pour elle. Le fait d'être mage est déjà par moments une angoisse immense pour qui apprend que l'elfe peut apparaître comme à la limite du démoniaque. Ses pressions sur le contour des joues se font plus faibles, et elle reste un moment pensive, ses longs sourcils levés et sa bouche entrouverte. Que dire ... sachant qu'elle ressent en lui quelque chose en rapport avec la magie qui l'oblige à se retirer. Reculant de deux pas pour ne plus ressentir le courant se dégageant dans ses doigts, Estrid se rappelle soudain des rumeurs circulant sur le Sieur et ses rapports avec la magie.

"Pardonnez cette légère décharge, d'habitude cela ne m'arrive pas."
Époussetant un moment sa robe pour reprendre contenance tandis que les regards curieux ou offusqués se posent sur elle, la rosée reste pourtant concentrée sur son objectif : aider le commandant à passer pour une fois, une nuit calme. De nouveau, ses mains s'emparent de son visage, ses doigts allant vers l'arrière de la nuque et ses paumes collées sur les joues.
"Il arrive que certaines personnes naissent avec un don. Le don de combattre à l'épée, le don de tirer rapidement des flèches en sautant, le don de faire du feu entre ses mains ... le don de soigner."
Ses doigts parcourent sa peau, telle une myriade de petites vagues vous caressant lors de vos coulées dans l'imprévisible mer. Son sourire se fait de plus en plus doux, bien que l'ambiance se fait plus tendue autour d'eux et que Roland se permet même de se pencher un peu plus sur sa couche pour observer cette étrange scène.
"Pour ainsi dire, les dons se bonifient au fil de nos expériences. Et j'ai appris à comprendre certaines choses de la gestuelle humaine en voyageant."
Un joli mensonge, Bellanaris. Mais malheureusement, aussi doux et compréhensif qu'est le commandant Rutherford, la ménestrel ne peut s'engager à lui dévoiler ce qui la construit. Comme avec Solas. Ce n'est guère bon d'établir un lien où le coeur s'ouvre d'un côté et non de l'autre. Dans un silence tout de même couvert de quelques mélodies fredonnées, Estrid continue de masser le commandant, comme quelqu'un bercerait et caresserait son prochain pour le rassurer et lui faire oublier un instant ses maux. Coeur battant, contre coeur battant.

◊ ◊ ◊

"Voilà qui est fait."
Ses mains passent dans une dernière rotation sur le cuir chevelu couvert de boucles blondes. Debout et contentée au vu de tous les muscles qu'elle a pu détendre, elle peut observer à sa guise le visage du commandant qui semble beaucoup moins crispé. Même ses cils battent légèrement, comme si il se réveillait d'un long et bon sommeil. Même sa cicatrice à la lèvre ressemble moins à la crevasse éventrant une terre asséchée.
"Vous êtes magnifique."
Lâche-t-elle dans un soupir satisfait. La beauté qui se dégage des personnes soignées, séparées du mal les rongeant à ce quelque chose qui rend le coeur léger et l'oeil trouble sous l'émotion. D'ailleurs, les iris pastel d'Estrid se mettent à briller de ce flot d'émotions. Elle se noie dans sa contemplation comme l'érudit face à son manuscrit. Malheureusement, ou fort heureusement, elle se rembrunit bien vite, reprenant contenance en allant poser ses mains sur son coeur et en évitant tout contact visuel avec l'ancien templier. Quoi de mieux que de fermer à demi ses yeux et se focaliser sur un point de sol quelque peu herbu.
"Je sais que le concept de beauté est vaste, mais votre âme maintenant anime vos traits d'une muette éloquence. Et cela va droit au coeur de celui qui observe pour y porter de chastes et douces émotions."
Sylas vient soudain derrière elle pour la prendre par l'épaule et lui dire de reprendre le travail. Sur le moment Estrid ne semble pas vraiment comprendre, jusqu'à ce que sa partenaire lui explique que le Commandant avait encore fort à faire.
"Ah. Oh ... veuillez m'excuser, Sieur. Je pense avoir trop longtemps abusé de votre gentillesse et de votre temps. Et ... si jamais le coeur vous en dit, venez à la taverne ce soir ? Ne serait-ce que pour un verre. C'est une invitation tout à fait banale et je ... pardon, je dois vraiment y aller."
Sylas ainsi que divers personnels l'appellent de nouveau en la regardant d'un air contrit. Elle s'incline face à Rutherford et s'enfuit en manquant de se prendre les pieds dans sa cape puis sa robe.

◊ ◊ ◊

Vient enfin le soir. Assise sur son tabouret, Estrid contemple la nuit étoilée et la tour des mages encore en cours de construction s'illuminer de quelques feux allumés par des travailleurs assidus. Cela fait quatre chansons et et quatre airs qu'elle donne au public de la taverne qui comme à son habitude l'écoute avec une certaine attention. Vient le moment où on lui demande de continuer et de se sortir de ses rêveries, la prenant par la main comme la dame qu'ils pensent qu'elle est selon les rumeurs circulant ça et là. On lui demande de laisser son instrument et de chanter d'elle-même. Sans doute pour voir si elle ne s'accordait qu'à la musique de vielle. Et lentement, elle tend sa main gauche vers l'assemblée, déroulant ses doigts comme pour prendre la main de quelqu'un. Vient ensuite le son délicat de sa voix. Cristallin et doux ...
Perles du matin, coulent sur nos mains
Délicates caresses dorant nos coeurs rouillés d'étain
Volants vent d'été, sèchent les larmes des brisés
Ouvre donc ces yeux et embrasse ta destinée.

Cristaux lumineux ...
Sel bleu ... Des cieux ...
Aurore tu te lèves et nous fait doucement renaître
Dans tes lumières, les couleurs se mettent à réapparaître
Fleuve de reflets ...
Soupirs des anges ...
Pierre précieuse porteuse de mon ami soleil
Lentement tu me tires de mon bien trop long sommeil
Trop long sommeil ... trop long sommeil ...

Les légers tourbillons de sa robe s'arrêtent progressivement, tout comme ses mains qui à nouveau cachent les longs doigts bagués de nevarrite et pierre estivale sous la cape noire, laissant place à une Estrid semblant possédée. La voix douce devient plus grave et chevrotante, comme celle que l'on prête aux shamans des Anderfels.
Jadis, nous étions esclaves des humains.
Esclaves d'un sombre et funeste  ... dessein ...
Forgés sous la plus obscure des magies,
Libérés nous avons enfin goûté à la vie


Les mains sortent à nouveau de sous les tissus et la voix d'Estrid redevient ce courant chaud et apaisant portant amour et paix dans ses paroles.
Aaaaah ....
Je sens les chaînes se briser, mes doigts toucher les champ de blé
Et me lever malgré vers l'horizon mes genoux entaillés
Que la liberté est douce, fruit de jus qui abreuve les affamés
Qui abreuve les affamés ...
Je me sens revivre, je les sens sourire
À mes côtés pour nous est passé le pire

Cristaux lumineux ...
Sel bleu ... Des cieux
Mains jointes et coeurs battants marchons vers notre destinée
Embrassons nos corps et montrons à nos âmes ce qu'il faut changer
Fleuve de reflets ...
Soupirs des anges ...
Couronne de fleurs déposées sur nos têtes innocentes
Cultivons cette terre nous appartenant à présent.

La voie lactée se déverse à mes pieds
L'aurore boréale sourit
Le sabliers' écoule entre mes doigts

La lumière matinale incendie mon coeur
Tant d'années j'ai attendu ce jour
Pour trouver mon fil d'Ariane
Le vent des vieux psaumes
M'enseigne le vrai sens de la prière

Toute la chanson durant, on la regarde avec les yeux ronds, regardant ses pieds sur leurs pointes virevolter tandis que perle sur son visage irradiant de bonheur les gouttes d'un effort. Oui, on peut l'affirmer : Estrid est possédée. Par la musique. De tout son être et son corps, elle donne vie à sa prière concernant le bonheur qu'ont ressenti les premiers elfes quand leurs premières chaînes furent tombées. Qu'elle pose une main sur son coeur et lève l'autre vers le plafond en imaginant la lune la caresser de sa lumière, que la rosée ménestrel lâche ses notes en tournant sur elle même, penchée en arrière, on ne ressent que le côté mystique et surnaturel de cette transe musicale. Elle avait mis le temps pour l'écrire, en perdant d'autres lors de coups de vents violents alors qu'elle cherchait l'inspiration sur les pierres des remparts.
Aurore tu te lèves et nous fait doucement renaître
Dans tes lumières, les couleurs se mettent à réapparaître
Pierre précieuse porteuse de mon ami soleil
Lentement tu me tires de mon bien trop long sommeil ...

Mains jointes et coeurs battants marchons vers notre destinée
Embrassons nos corps et montrons à nos âmes ce qu'il faut changer
Couronne de fleurs déposées sur nos têtes innocentes
Cultivons cette terre nous appartenant à présent.

Crois-tu qu'un jour nous serons acceptés ?
Crois-tu qu'une nuit s'abaisseront les barrières de fierté ?
Crois-tu qu'un jour nous serons acceptés ?
Crois-tu qu'une nuit s'abaisseront les barrières de fierté ?


Personne ne parle ou n'ose parler quand enfin elle s'affaisse à terre, complètement épuisée, sûrement à bout elle aussi à force de tout donner pour son prochain. Elle passe ses doigts sur son front, enlevant les quelques mèches ondulantes chatouillant son visage en restant à genoux. Personne n'applaudit, à part deux elfes domestiques venus déposer quelques plateaux mais bien vite ils repartent vers les portes arrières, non sans jeter encore quelques coups d'oeil vers la femme aux longues oreilles qui a osé chanter pour eux. Estrid reste là à regarder le sol, visiblement à la fois triste, blessée, heureuse dans le fond d'avoir voulu pousser l'un des rares cris de liberté en faveur de son peuple. Mais les humains préfèrent l'ignorer; et il faut faire avec.

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Dernière édition par Estrid Bellanaris le Jeu 10 Aoû - 13:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Douleurs de guerre (P.V : Cullen) -Terminé - Dim 6 Aoû - 23:31

Missive 4
Commandant,
nous revenons de patrouille aux tombes émeraude et malheureusement nous n’avons pas pu trouver de gisements de lyrium rouge comme celles du saint temple cinéraire. Malgré toutes nos recherches nous avions dû prendre la fuite, attaqués par des géants. Je vous transmettrai mon rapport une fois au fort.
Douleurs de guerre



Suite à ses questions, elle ne répondit que d’une exclamation, quelque peu gênée. Cullen l’observa reculer de quelques pas en arrière, ne comprenant pas où il avait fauté. Mais peut être ne souhaitait-elle pas en parler, ou simplement que ce la ne le regardait pas après tout.

«  - Pardonnez cette légère décharge, d’habitude cela ne m’arrive pas. »
«  - Veuillez m’excuser si cette question vous a parut indiscrète. Je ne cherchais pas à vous blesser. »


Elle passa ses mains sur sa robe, avant de reprendre son petit massage. Comme auparavant, il ne se posait pas de question. Après tout, cela n’était pas si désagréable que cela.

«  - Il arrive que certaines personnes naissent avec un don. Le don de combattre à l’épée, le don de tirer rapidement des flèches en sautant, le don de faire du feu entre ses mains … le don de soigner. »

Cela était impressionnant de voir à quel point une personne pouvait posséder un pouvoir exceptionnel, dans tous domaines confondus. Mais cela pouvait avoir de terribles conséquences parfois.

Cependant, malgré le fait qu’il avait les yeux fermés, le Commandant ressentait ce qui se passait autour de lui. En effet, les gens discutaient moins, l’ambiance devenait lourde, et cela lui donnait un léger coup de stresse.

«  - Pour ainsi dire, les dons se bonifient au fil de nos expériences. Et j’ai appris à comprendre certaines choses de la gestuelle humaine en voyageant. »
«  - Je vois »


Il lâcha l’affaire, alors qu’elle continuait ses manœuvres. Il y eut comme un malaise, entre elle et lui, quelque chose qu’il ne comprenait pas vraiment. Mais il se laissa faire jusqu’à la fin de la petite séance. Elle avait les mains douces, froides, et au moindre passage cela apaisait le Commandant.

«  - Voilà qui est fait. »

Elle stoppa alors son geste, et Cullen ouvrit les yeux seulement quelques secondes après, comme s’il avait oublié de le faire, tant il était comme hypnotisé par les gestes de la soigneuse. Il se surprit lui-même et ouvrit subitement les yeux, en ayant pour premier réflexe de s’étirer comme s’il venait de passer une bonne nuit de sommeil.

Puis, il regarda aux alentours, les gens semblaient observer d’un œil interrogatif. Son regard balaya l’infirmerie. Les gens n’étaient pas mauvais, juste surpris.

«  - Vous êtes magnifique.»
«  - …hé ? »


Il se sentait bête, après cette remarque. Il ne s’y attendait pas spécialement, et en règle général, lorsqu’une femme lui faisait des compliments il perdait ses moyens.


«  - Je sais que le concept de beauté est vaste, mais votre âme maintenant anime vos traits d’une muette éloquence. Et cela va droit au cœur de celui qui observe pour y porter de chastes et douces émotions. »
«  - J-je ne voyais pas les choses sous cet angle. »


Pour cacher rapidement sa gène il se saisit de ses affaires pour les enfiler à nouveau, le manteau en premier lieu. C’est là qu’une des assistantes d’Estrid vint lui demander de reprendre son travail, car le commandant avait soit disant des choses en suspend. Effectivement c’était le cas, mais elle avait certainement accompli ce geste en voyant que Cullen commençait à pâlir de gène.

«  - Ah. Oh ... veuillez m'excuser, Sieur. Je pense avoir trop longtemps abusé de votre gentillesse et de votre temps. »
«  - Ce n’est pas un mal, cela m’a fait plaisir bien au contraire »
«  - Et ... si jamais le coeur vous en dit, venez à la taverne ce soir ? Ne serait-ce que pour un verre. C'est une invitation tout à fait banale et je ... pardon, je dois vraiment y aller. »


Il n’eut pas le temps de dire quelque chose de plus, la voilà déjà partie. Alors qu’il la regardait partir, elle manqua de peu de tomber à terre en crochant ses affaires. Elle semblait très perturbée, ce qui fit se demander au Commandant quelles étaient ses troubles, et ce qu’elle avait ressenti en étant proche de lui ?

Quoi qu’il en était, il comptait bien se rendre à la taverne une fois le soir venu, histoire de pouvoir mettre cela au clair.  Il se retourna et reparti d’un pas décidé vers ses quartiers.

Le soir venu, il termina d’entraîner les novices, qui combattaient depuis plusieurs heures devant ses yeux attentifs. Il passait d’une marche lente derrière l’un d’eux, qui était en position de garde. D’un œil expert, il prit en compte le moindre détail, de la tête aux pieds. Son adversaire était en position d’attaque.

«  - plus haut, votre bouclier. »

Le jeune homme s’exécuta, et s’appuya sur sa jambe pour se préparer à l’assaut de son adversaire.

«  - Attaquez »

Il donna l’ordre à celui qui avait son épée pointée vers l’autre, et il fonça droit sur lui, avant de se faire repousser par le bouclier de l’autre. Insatisfait, Cullen arrêta l’affrontement.

«  - Vous, ce n’est pas votre épaule qui doit s’apprêter à renverser le bouclier, le but n’est pas de se mettre sur la défensive. Visez les jambes et contre-attaquez. Vous, maintenez le bouclier plus incliné vers le bas, et repoussez-le mieux que ça. Votre jambe était mal placée. »

Ils recommencèrent alors leurs assauts. Cullen les observa une nouvelle fois, tout en continuant d’avancer, puis regarda la taverne du coin de l’œil.

«  - Bon, il suffit. Vous vous êtes beaucoup améliorés, venez je vous paie une chope. »

Les deux jeunes recrues le suivirent alors, se taquinant au passage l’un à l’autre. Ils suivirent Cullen qui s’approcha alors de la porte en bois. Mais alors qu’il allait poser la main sur la poignée, il fut interpellé par une voix féminine entrain de chanter. Il poussa alors la porte doucement et entra en prenant garde de faire le moins de bruit possible. Il traversa le fond de la pièce avec ses apprenants pour atteindre le bar, tout en étant salué par quelques uns de ses hommes qui se trouvaient assis à une table.

Alors qu’ils étaient installés au bar, son regard se leva instinctivement du côté de la chanteuse qu’il reconnu immédiatement. Elle ne semblait pas prendre compte de ce qui l’entourait, comme si elle était concentrée uniquement sur sa danse et ses chants.

Quand le spectacle fut finit, quelques applaudissements vagues. Elle resta ainsi au sol durant quelques instants. Le Commandant arrêta de discuter avec ses apprenants et décida de s’approcher d’elle, qui semblait alors si esseulée.

Il traversa la taverne, salué par ceux qui le connaissaient, puis il s’arrêta à une distance honorable d’elle, dans l’ombre d’un pilier en bois qui soutenait l’étage du dessus.

«  - Vous avez une voix incroyable »

Il était étonné de voir que personne ne se souciait d’avantage d’elle. Il tendit la main pour l’inviter à se relever.

«  - Vous m’avez demandé de venir, je suis là. Désireriez-vous vous joindre à moi ? »

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MessageSujet: Re: Douleurs de guerre (P.V : Cullen) -Terminé - Lun 7 Aoû - 13:49

Dancing for their livesCullen & EstridPerles du matin ( Origa →  Aurora   ) Croire en l'égalité, la chanter sans cesse en risquant parfois d'en payer le prix; tel est le destin des ménestrels. Cela peut vous valoir des jets de légumes, voir pire, des pierres éclatant votre tendre peau jusqu'à ce qu'à jamais votre voix se taise. Il lui était arrivé quelques fois de devoir supporter ces insultes, ou même ces blessures, mais Estrid n'a su garder que le meilleur ainsi que le fruit de ses efforts. En ce soir, elle le plante sur les planches de cette taverne, dans les oreilles sourdes de ces soldats ignorant ô combien des êtres capables de vivre et rire comme eux existent et rendent leur vie d'autant plus riche. Ses doigts passent distraitement dans ses longs cheveux vert émeraude, doigts aussi distraits que ses pensées. Jusqu'à ce qu'une voix familière vienne l'en retirer, ce qui indubitablement l'oblige à reprendre conscience de la réalité dans quelques clignements d'yeux.
"Sieur ... Rutherford."
Ainsi, il est venu. Le voir la rend soudainement moins tourmentée et bercée par cette naissante félicité, la mage musicienne offre le plus beau des sourires que l'on puisse offrir à un invité que l'on attendait avec toute la chaleur incombant à l'hôte bienveillant.
"Vous êtes venu."
Il l'a réellement écoutée ? Sait-il seulement qu'elle parlait du désir de liberté et d'égalité des elfes ? De vieilles légendes que beaucoup ont préféré ignorer ou bien déformer dans des excès puérils de fierté ?

"Vous êtes vraiment venu."
Elle ne semble pas y croire, gênée autant par le compliment que par cette main tendue. Une main qu'elle prend dans la sienne, se laissant tirer par le Commandant non sans l'aider quelque peu dans sa démarche galante en prenant elle aussi de l'élan. L'elfe d'origine dalatienne pose alors sa deuxième main sur celle de l'homme pour l'englober de ses doigts encore tièdes sans jamais cesser de le fixer avec admiration, se sentant à chaque fois redevable envers son infinie gentillesse; malgré le trouble qui la prend encore en le touchant. Décidément, ses démons intérieurs sont bien plus grands que ce qu'elle n'aurait imaginé.
"Votre compliment me va droit au coeur, Sieur. Même si je crains d'avoir égaré quelques pensées courroucées dans les esprits de certains."
Exerçant de légères pressions sur le revers de sa mains afin d'en calmer les pulsions sans qu'il ne puisse vraiment le sentir, la dame rose remarque pourtant qu'il semble beaucoup plus apaisé qu'au début de leur première entrevue.
"J'accepte volontiers votre invitation. Ce serait impoli, sachant que j'ai été la première à vous mander ..."
Mais au moins, il pourra un moment rester en dehors de ses devoirs et penser à autre chose qu'à cette guerre. Il suffit de voir comme son visage semble moins creusé, que ce soit entre ses blonds sourcils ou bien ses yeux devenus moins gris. Estrid détaille tout de ses yeux pâles, vérifiant que tout semble bien aller, le coeur battant, non sans lâcher un petit sourire duquel on peut voir émerger ses dents bien trop blanches pour ses lèvres couleur prune. Retirant ses mains sans plus attendre avant que quelqu'un ne prenne ses gestes pour quelque chose d'interdit selon les bonnes moeurs, Estrid suit le commandant jusqu'au comptoir où se trouvent deux soldats. Les deux hommes semblent comme beaucoup avant eux, la regarder avec une certaine méfiance, mais aussi une once de curiosité. Le brouhaha commun à la taverne reprend lentement son cours. Les recrues lui offrent une place entre eux deux. Et comme d'habitude ...
"Alors comme ça vous êtes l'elfe à la peau rose qu'on entend parler à chaque fois au camp.
- Sûrement. Je n'ai pas encore vu d'autres elfes roses.
- Vous chantez bien.
- Pour sûr. Le commandant a raison. ajoute le deuxième apprenti soldat.
- Mais ça ne devrait pas parler d'elfes. N'est-ce pas ?"

Les jeunes hommes la fixent avec stupeur, pris sur un fait qu'ils savaient pourtant audacieux voir dangereux. Ce qui les déstabilise le plus n'est pas tant que l'elfe leur dise la vérité, mais qu'elle ne le prenne pas aussi mal que ce qu'ils pensaient. Elle ne fait que secouer la tête en soupirant. Estrid voit le tenancier nain arriver qui lui, s'en bat bien la barbe des races; tant que ça lui apporte de l'argent et de la musique.
"Comme d'habitude, Estrid ? Ou l'autre ?
- La bière avec deux doigts d'Aqua Magus, s'il te plaît."
L'une des recrues manque de s'étouffer en l'entendant dire ce qu'elle vient de dire, bavant même sa bière sur sa tenue de cuir avant d'essayer d'essuyer le plus gros de ces cochonneries. Une dame elfe aussi bien habillée qui boit de l'alcool deux fois plus puissant que dans sa version normale. Ils ont l'impression de rêver. L'Aqua magus a cette réputation : subtil mais fatal si trop ingéré. Le lyrium raffiné a ses dangers, pour qui ne sait le boire. Oui, une dame peut aussi boire, surtout quand la dite dame a traversé tant de terres où fêtes et ripailles peuvent aller bon train. Encore plus, quand vous avez côtoyé les soldats de l'Inquisition.
"Il faut bien savoir profiter de la vie, que l'on soit homme ou femme.
- J'oserai point juger ça m'dame."
La recrue se gratte la nuque de gêne tandis qu'Estrid lâche un petit rire en se mordant les lèvres. Le tavernier revient avec la chope et la pose devant le nez de la ménestrel qui sans plus attendre prend sa première gorgée.
"J'ai lu les derniers rapports concernant les Tombes Émeraudes."
Dit-elle enfin à l'attention de Sieur Rutherford. Ils ne sont pas là pour parler travail, mais elle tient quand même à lui affirmer avec force sincérité la chose suivante :
"Fairbanks est quelqu'un de fort. Tous les gens encore là bas le sont. Tout ira bien. Ils ont confiance en vous tous.
- C'est comment là bas dame Bellanaris ? demande alors le plus jeune.
- Il n'y a pas plus belle verdure dans tout Thédas. Chaque arbre ou herbe reflète les rayons du mordant soleil en dégageant un parfum délicat de terre et d'eau. Il y a des falaises gardées par d'immenses trolls, et où siège par moments un dragon aux écailles bleues et jaunes, luisant comme la pierre estivale la mieux polie. Il y vient se reposer un moment après avoir battu les vents violents du Nord de toutes ses forces."
La rosée dit cela non sans une certaine nostalgie pesant sur sa voix. Cela lui manque de partir là bas en pleine nuit pendant que ces brutes de trolls dorment en s'asseyant sur les vestiges des elfes d'antan. Le jeune homme reste accroché aux paroles de la ménestrel, manquant même de rater sa gorgée, soudainement rêveur en sentant les vibrations émanant de la voix féminine.
" J'ai eu même l'occasion de voir un matin durant mes pérégrinations un troupeau de Fierté d'Arlathann. Ce sont des hahls vraiment majestueux. Mon dracolisk s'est étrangement bien entendu avec eux.
D'ailleurs, j'espère qu'il n'effraie plus les chevaux quand il baille."

Un soldat au loin entend le mot dracolisk et se met à hurler de rire. Il est vrai que la monture d'Estrid a aussi sa réputation. Le Longma pélerin est du genre farouche et peu enclin à se laisser toucher par une personne lambda. Et le sien a une certaine capacité à bailler sous forme de rugissement digne d'un bébé dragon en pleine croissance. Combien de fois les chevaux des camps se sont mis à se cabrer en pensant être en danger. La dame se penche ensuite humblement pour fixer le blond chef des armées avec curiosité et amusement.
"Avez-vous déjà monté des hahls commandant ?"

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MessageSujet: Re: Douleurs de guerre (P.V : Cullen) -Terminé - Mar 8 Aoû - 1:40

Missive 4
Commandant,
nous revenons de patrouille aux tombes émeraude et malheureusement nous n’avons pas pu trouver de gisements de lyrium rouge comme celles du saint temple cinéraire. Malgré toutes nos recherches nous avions dû prendre la fuite, attaqués par des géants. Je vous transmettrai mon rapport une fois au fort.
Douleurs de guerre



Elle releva subitement la tête vers lui, comme si il l’avait extirpée de ses profondes pensées. L’elfe lui afficha un sourire reconnaissant, et attrapa sa main pour se relever ensuite.

«  - Votre compliment me va droit au cœur, Sieur. Même si je crains d’avoir égaré quelques pensées courroucées dans les esprits de certains. »
«  - Ci ce n’est que ça, ne vous éloignez pas trop de moi ! »


Il plaisantait bien évidemment, mais disons que si certaines personnes restaient proches de lui, personne ne viendrait leur chercher des ennuis.

«  - Vous venez ? Je suis avec mes apprentis au bar »
«  - J’accepte volontiers votre invitation. Ce serait impoli, sachant que j’ai été la première à vous mander… »


Il retourna alors où sa chope l’attendait. Il s’assit sur un tabouret du bar et se plongea quelques instants dans ses pensées en écoutant vaguement les discussions de ses compagnons. Dame Bellanaris semblait comblée de raconter des aventures à ses apprentis, qui eux aussi furent très intéressés de connaître des descriptions des tombes émeraudes, où les plus braves souhaitaient y aller.

«  - J’ai eu même l’occasion de voir un matin durant mes pérégrinations un troupeau de fiereté d’Arlathann. Ce sont des hahls vraiment majestueux. Mon dracolisk s’est étrangement bien entendu avec eux. D’ailleurs j’espère qu’il n’effraie plus les chevaux quand il baille. »

Les drakolisks… Il y en avait dans le fort. Et bien que ces créatures aussi vives qu’impétueuses soient connues pour êtres parmi les plus rapides, Cullen préférait la compagnie des chevaux, de races diverses, de puissance diverses, mais ils étaient plus maniables et moins têtus.

«  - Avez-vous déjà monté des hahls commandant ? »

Il regarda alors Estrid étonné de la question, et ses yeux déviaient sur ses apprentis qui semblaient avoir des étoiles dans les yeux. Cullen se mit à rire doucement.

«  - Un hahl ? Je sais que certains elfes ici en ont dans les écuries, mais… Vous savez, chaque espèce à ses caractéristiques et son caractère bien précis. J’ai l’habitude des chevaux, toutes espèces confondues, toutes tailles et toutes couleurs…. Mais je reste sur le Pur-sang Féreldien, le plus puissant et le plus adapté à mes besoins. Concernant les Hahls… C’est vrai qu’ils sont majestueux  et vraiment impressionnants, mais je ne me sens pas à mon aise sur leur dos et n’ont pas les mêmes réflexes qu’un cheval. Celui que j’ai monté était dans le cadre d’une mission dans la forêt de Bréciliane, et bien que ces montures soient très à l’aise en foret, le cheval m’avait manqué ce jour-là.»

Cullen misait sur la force, la puissance, les réflexe et la vitesse de sa monture. S’il était d’avantage aventureux il s’amuserait sûrement à tester les réflexes d’un Drakolisk en foret, ou d’un Hahl en plaine.

«  - Je ne suis pas aventureux, je l’étais autrefois, mais aujourd’hui j’ai d’avantage de responsabilités. »

Il posa son vert alors que les deux jeunes hommes commencèrent à lui rabâcher que le travail lui prenait trop de temps.

«  - Enfin, Commandant. Une petite escapade en forêt une fois ne peut pas vous faire de mal ! »
«  - Je le sais bien, oui. Mais en ces temps de guerre, je ne peux pas me le permettre »


Il repensait à sa fougueuse jeunesse au sein des apprentis templiers, de vrais casse-cou. Mais il avait passé cette période de sa vie, et préférait se donner corps et âmes pour que les prochaines générations puissent connaître cela. Et puis, avec toutes ces histoires de failles et d’alliances il n’avait pas vraiment la tête à s’amuser actuellement.

«  - Je me demandais… Vous aviez dis tout à l’heure que vous aviez lu le rapport sur les tombes émeraudes et vu à quel point vous connaissez l’endroit, je me demandais si vous ne saviez pas s’il y avait un gisement de Lyrium rouge qui serait apparu dans la région ? »

Il regarda alors son verre

«  - Cette histoire m’inquiète vraiment… Depuis que la faille s’est ouverte de nombreux gisements ont vu le jour dans des lieux touchés. »

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MessageSujet: Re: Douleurs de guerre (P.V : Cullen) -Terminé - Mar 8 Aoû - 15:40

Please, hush, Little One ...Cullen & EstridDark is gone ( House Stark →  Game of Thrones   ) La femme aventureuse qu'elle est, malgré son amour pour la région qui l'a vue naître ne cesse de s'émerveiller devant les explications de l'illustre commandant. Il est vrai que les chevaux ont quelque chose de plus posé pour des distances demandant une certaine concentration sur les environs, mais Estrid n'a jamais connu cette stabilité pouvant être imposée par les différents mélanges entre races. Elle boit les paroles de l'homme, absorbée par chaque intonation qu'il met dans ses récits. Imaginant un commandeur sur son fier destrier, accompagné d'une dizaine de ses comparses, sérieux et imposant tandis que le bruit des sabots fait trembler les onces de votre être. On peut remarquer en ces yeux une légère pointe vivace comme lorsque Rutherford parle de son passé avec une once de regret, mais aussi de fierté.
"Mais lorsque vous retournez dehors, je veux dire en dehors des murs de votre bureau commandant, n'est-ce pas agréable de voir les épaisses brumes s'emparer des montagnes, et danser comme la plus gracieuse des danseuses cachée sous ses voiles d'un blanc pur ? ou bien le vent nous gifler violemment quand l'on s'y attend le moins pour nous obliger à regarder le paysage dans une certaine direction ?"
Il n'y a que ça de vrai : sortir de sa cage. Sentir que l'on a encore le choix de marcher ici et partout à la fois.
"Un jour commandant, descendez au campement de réfugiés. Je vous apprendrai à monter le dracolisk.
- Moi aussi, je pourrai ?
- Bien entendu."
Elle opine du chef, heureuse de voir à quel point la recrue se sent en joie à l'idée de se voir chevaucher une monture exotique. Et il peut être sûr d'une chose; ça lui changera indubitablement des chevaux féreldiens. L'autre recrue rechigne un peu beaucoup plus peureuse quand il s'agit de changer ses petites habitudes. Après tout cela peut se comprendre quand l'on commence juste à prendre ses marques sur certaines choses. Alors que la dame se tourne légèrement sur son assise pour observer les gens présents parler et d'ailleurs déceler quelque information, la question de Cullen la prend de court. Et c'est avec une mine triste mais tout de même compréhensive qu'elle le fixe. Il a vraiment un mal fou à se dépêtrer du travail ... elle lui répond avec le plus grand des sérieux.
"Je dois vous avouer que pour le moment, le lyrium rouge reste très diffus dans la région et ce, grâce à la magie encore présente ..."
Soupir. Voilà qu'elle commence à jouer avec sa chope, pressant de manière distraite le sillage du bois car elle hésite à parler de ce qu'elle a entraperçu. Elle a promis à Fairbanks de n'en rendre compte qu'à Dame Leliana ou tout autre chef dans des cadres où aucun possible agent de Corypheus ne puisse entendre. Estrid se sent mal de ne pouvoir répondre au commandant.

◊ ◊ ◊

"Messieurs, pouvez-vous nous laisser tous les deux seuls ?"
Les deux recrues regardent avec étonnement l'elfe qui semble on ne peut plus sérieuse, malgré son délicat et apaisant sourire. Ils se retirent, allant à la table où une partie de Grâce Perfide se joue dans la joie les râles et la bonne humeur. Bien que certains regards se perdent au delà des cartes quand l'elfe rose vient se poser aux côtés de leur chef.
"Mon but ce soir n'était pas de vous inviter avec quelque intention de dégrader votre réputation ou que sais-je encore qui pourrait vous ennuyer. Je ne me le permettrai pas. Avec le recul, je m'en veux d'ailleurs. Je n'aurai pas dû vous dire tout cela, à l'infirmerie."
Elle le fixe droit dans les yeux, scrutant chaque soubresaut de ses iris pour déceler une quelconque gêne et, attend calmement sa réponse. Ensuite, elle reprend.
"Je voulais simplement apporter un peu de paix dans vos tourments, Cullen."
Rien ne l'autorise à l'appeler par son prénom, d'être aussi proche et elle le sait. C'est d'ailleurs pour cela que la mage garde une certaine distance entre elle et le commandant.
"Mais il y a malheureusement un temps où la paix doit laisser place dans les cycles de la vie aux problèmes récurrents que l'humanité s'impose ...."
Longue inspiration. Le tavernier comprend qu'il doit laisser un peu d'espace quand la ménestrel lui jette un coup d'oeil.
"Les hommes libres se sont alliés aux templiers rouges, ce qui a rendu nos patrouilles au départ bien plus difficiles. Puis, nous avons perdu le Foyer Argon, perdant nombre d'hommes face à un berurier et une dizaine de templiers. Mais ce n'est pas tout."
Estrid se lève pour se placer près de lui et caresser le plus possible de son murmure les oreilles du commandant, ses sourcils trahissant le sentiment d'inquiétude grandissant en son coeur.
"Je suis aussi ici car des soupçons planent concernant une tentative d'infiltration des venatoris dans nos rangs."
Les quelques missives qu'ils avaient pu dérober lors de leurs tentatives de sabotage du Foyer leur avait permis d'être au courant de quelques ententes, même si certains codes leur étaient encore obscurs. Estrid pose son index sur les lèvres du commandant pour l'empêcher de répliquer plus qu'il n'en faut. De nouveau, elle se plonge dans son regard noisette et ne lui montre que tendresse chaste dans ses touchers comme dans sa voix. Heureusement, personne ne peut les voir faire, Estrid cache de sa cape la scène toujours dans un soucis de protection de la réputation du Commandant.
"Je ne peux malheureusement vous en dire plus. S'il vous plaît Cullen, reposez vous. Pensez que ces poids, vous n'êtes pas le seul à devoir les porter. Et je préfère vous savoir faible mais capable de répliquer, que faible et anéanti. Ne vous laissez pas absorber par ces démons qui vous hantent ... ne vous enfermez pas dans une solitude absurde. C'est si dur de sentir cela. Vivez, Cullen."
La rosée se retire en tremblant quelque peu des doigts, pivotant sur ses chausses dans une volute de tissus. Elle venait de sous entendre qu'elle avait ce fameux don au fond d'elle, un don qui ne lui a causé que maints problèmes et douleurs depuis son adolescence : l'empathie.
"Je vous laisse, je dois chercher quelque chose dans les jardins. N'oubliez pas. Si le coeur vous en dit je vous apprendrai à monter un dracolisk."
S'emparant de son bâton et son instrument qu'elle glisse sur son épaule sous les regards plus ou moins curieux des clients de la taverne, Estrid salue tout de même l'assemblée ainsi que le Commandant tel que la coutume Orlésienne le veut. Elle ne peut se permettre de rester plus longtemps.

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MessageSujet: Re: Douleurs de guerre (P.V : Cullen) -Terminé - Jeu 10 Aoû - 17:14

Missive 4
Commandant,
nous revenons de patrouille aux tombes émeraude et malheureusement nous n’avons pas pu trouver de gisements de lyrium rouge comme celles du saint temple cinéraire. Malgré toutes nos recherches nous avions dû prendre la fuite, attaqués par des géants. Je vous transmettrai mon rapport une fois au fort.
Douleurs de guerre



Les discussions s’enchainèrent et finalement la jeune elfe avait demandé à ce qu’elle puisse rester seule avec le Commandant. Bien qu’étrangement surprit il n’était pas loin de paniquer, il détestait ce genre de situation embarrassante… Quoi qu’il en soit il allait accepter de l’écouter, peut-être était-ce important.

«  - Mon but ce soir n’était pas de vous inviter avec quelque intention de dégrader votre réputation ou que sais-je encore qui pourrait vous ennuyer. Je ne me le permettrai pas. Avec le recul, je m’en veux d’ailleurs. Je n’aurais pas dû vous dire tout cela, à l’infirmerie »
«  - Il n’y a pas de mal vraiment, je ne pense pas que vous deviez vous tourmenter pour cela. »

Il attrapa son verre et but une gorgée, tout en restant appuyé contre le bar.

«  - Je voulais simplement apporter un peu de paix dans vos tourments, Cullen »
«  - C’est le cas et je vous en remercie encore. »
«  - Mais il y a malheureusement un temps où la paix doit laisser place dans les cycles de la vie aux problèmes récurrents que l’humanité s’impose. »


Rutherford ne réagissait pas à ce qu’elle venait de dire, essayant encore de comprendre où elle souhaitait en venir. Quelque chose la tourmentait… Etait-ce pour cela qu’elle cherchait à s’excuser ? Quoi qu’il en soit les bruits de taverne continuaient de plus belle alors que le silence c’était installé entre eux.

«  - Quelque chose ne va pas, Noble Dame ? »
«  - Les  hommes libres se sont alliés aux templiers rouges, ce qui a rendu nos patrouilles au départ bien plus difficiles. Puis, nous avons perdu le Foyer Argon, perdant nombre d’hommes face à un berurier et une dizaine de templiers. Mais ce n’est pas tout. »


Elle parlait de la situation des tombes émeraude, comme si elle n’avait malgré tout pas voulu laisser tomber la discussion. Cela ravissait Cullen de pouvoir en reparler étant donné qu’il enquêtait sur ce lieu dans les temps actuels. Mais d’un autre côté, entendre que l’ennemi les surpassait n’était pas vraiment une bonne nouvelle.

«  - S’ils ont trouvé des templiers rouges, c’est que des gisements de Lyriums se trouvent sur place… Mais il reste à savoir où… »
«  - Je suis aussi ici car des soupçons planent concernant une tentative d’infiltration des venatoris dans nos rangs. »
«  - En effet, et c’est même fort probable que certains d’entre eux soient déjà dans le fort. Etant donné que de nombreux civils de tout horizons viennent en pèlerinage ici depuis que nous avons refermé la faille. Mais malheureusement aucun moyen de le vérifier… »


De plus, ces derniers devaient se montrer prudents, car en plein territoire ennemi il fallait qu’ils se tiennent à carreaux.

«  - Mais alors… ?! »


Il allait encore rajouter quelque chose, mais Estrid mit alors un doigt sur ses lèvres pour l’empêcher de continuer, le surprenant de-nouveau au passage… Il cligna machinalement des yeux deux fois et continuait de la dévisager.

«  - Je ne peux malheureusement vous en dire plus. »
«  - J-je vois… »
«  - S’il vous plaît, Cullen, reposez-vous. Pensez que ces poids, vous n’êtes pas le seul à devoir les porter. Et je préfère vous savoir faible mais capable de répliquer, que faible et anéanti. Ne vous laisser pas absorber par ces démons qui vous hantent… ne vous refermez pas dans une solitude absurde. C’est si dur de sentir cela. Vivez, Cullen »


Elle tremblait, quand elle recula, comme lui quand la situation devenait trop insoutenable pour lui. Elle ne savait probablement pas ce qui lui causait ces troubles, mais il n’allait pas le lui dire ainsi, il préférait affronter cela seul.

Mais ses paroles laissèrent comprendre autre chose : elle ressentait bien la douleur des gens et cela ne la rassurait pas de percevoir une grande faiblesse en le Commandant. Il avait beau le nier, effectivement il souffrait.

«  - il en faut plus qu’une simple nuit de sommeil pour vaincre mes démons, soupira-t-il en posant son verre vide sur le bar, je vous assure qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. »
«  - Je vous laisse, je dois chercher quelque chose dans les jardins. N’oubliez pas. Si le cœur vous en dit, je vous apprendrai à monter un drakolisk. »

Puis elle quitta la taverne en saluant les personnes qui l’entouraient puis ferma la porte derrière elle, sous le regard encore étonné de Cullen. Allait-il la suivre ? Mais pour quelles raisons après tout… ?

Il se retourna face au serveur qui le regardait d’un air suspect.

«  - Les femmes, elles ne prennent pas le temps de boire un bon verre tranquillement. »
«  - Vous m’en redirez tant… Ces derniers jours je me demande bien ce qu’elles ont avec moi »


Il soupira et continua un moment de discuter avec le tavernier sur divers sujets, peu intéressants parfois mais dont il ne se doutait pas qu’une personne partageait son avis. Ses deux apprentis revinrent vers lui en voyant qu’il avait été laissé seul.

Peu après ils ressortirent les trois, Cullen décidant de retourner faire un tour dans la cour pour voir si tout allait bien avant de retourner dans ses papiers. Mais alors qu’il passait par hasard au niveau des jardins, il vit Bellanaris entrain de chercher quelque chose. Il s’en approcha doucement, et s’assit sur un banc à proximité

«  - Vous avez perdu quelque chose par ici ? Si je peux vous aider, ça ira peut-être plus vite »

Il se releva et s’approcha d’elle en restant à une distance raisonnable pour ne pas la brusquer. Elle avait peur pour sa réputation, quelque chose qu’il ne comprenait pas, mais il respectait ses pensées.

«  - Dites-moi, vous semblez bien perdue : quelque chose vous tourmente ? »

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