Dragon Age : Les Légendes de Thédas

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Posté Ven 4 Aoû - 12:06
Missive 2
Commandant,
Avant votre départ, je souhaiterais tout de même vous prévenir de rester sur vos gardes, avec ce prisonnier. Il est plutôt fourbe et n'hésitera pas à vous balader durant le trajet pour tenter de s'enfuir. Surveillez-le bien, ne sait-on jamais. Bon retour à Fort Céleste !
Une langue bien pendue



Cela faisait quelques heures que le groupe était parti en direction de Fort Céleste. Ils traversaient la cote au nord, longeant la mer d’écume jusqu’à redescendre en direction du Lac Calenhad.  Ils n’allaient pas aussi rapidement qu’à l’allée : En effet, la présence du chariot contenant le prisonnier les ralentissait beaucoup, et depuis leur départ il s’agissait principalement d’une mission de surveillance. Actuellement, aucun mercenaire ou bandit ne leur était tombé dessus depuis leur départ, mais ne sait-on jamais.

Cullen était à la tête du groupe de cavaliers et les menait au travers de Ferelden tout en assurant leur sécurité. Il était suivit par un de ses templiers quelques mètres derrière lui, puis par le chariot, tiré par un bronto qui contenait le prisonnier. A l’arrière, la nouvelle recrue Mellissandre surveillait le chariot, et enfin le dernier templier fermait la marche. Stratégique position de la part du Commandant pour à la fois surveiller le groupe complet et tenir à distance la jeune femme.

Alors qu’ils traversaient une plaine emplie de champs de blé, le prisonnier se montrait quelque peu agité, profitant de sa position pour faire du bruit inutile et raconter des mesquineries à l’égard de l’inquisition. Il le fit durant toute la traversée et ne comptait pas s’arrêter tant que personne ne lui dirait. Puis, il se mit à chanter de manière tellement fausse que le templier stationné derrière Cullen commença à se grincer les dents. Et bien entendu, ce dernier hurlait plus qu’il ne chantait.

«  - Qu’on lui coupe la langue… »

Cullen était concentré sur le trajet, mais il était vrai que dès qu’il se mit à chanter, il ne vêtait que de le voir la bouche bâillonnée.

«  - Elwig ! »

Il s’agissait du nom de son second, qui augmenta alors son rythme de course pour se positionner à côté du Commandant.

«  - Commandant ? »
«  - Je ne me rend pas compte, mais est-ce cela fait depuis ce matin qu’il parle sans arrêt ? »
«  - Oui, Commandant. Si je puis me permettre, il a redoublé d’ardeurs depuis qu’il a commencé à chanter. »
«  - … J’ai été habitué à de meilleurs comptines pour considérer cela comme du chant. Faites-le taire. »
«  - Bien mon Commandant »

Le templier ralenti la cadence jusqu’à atteindre le niveau du chariot et jeta un grand coup dans les barreaux pour le faire taire.

«  - Ferme-là ! »
«  - Ohh ~ En douceur je vous prie. On ne vous a jamais apprit les manières, Môsieur le templier ? »
«  - Contente-toi de baisser d’un ton, où je m’arrangerai pour le faire moi »
«  - Vous savez quoi ? Vous me faites même pas peur ! »


Un silence s’installa entre les deux hommes et le templier retourna à sa place dans la file. Le prisonnier, qui était un homme d’une cinquantaine d’année, regarda alors la jeune femme sur son cheval qui se trouvait derrière la cariole. Il la reluquait en prenant bien son temps et en faisant des gestes quelque peu décalés pour montrer qu’elle lui plaisait.

«  - Hey ma jolie, vous vous êtes perdue ~ ? Qu’est-ce que vous faites avec cette bande de templiers incompétents ? »

Il remarqua qu’elle était une mage, vu le bâton qu’elle possédait accroché dans son dos. Après une fine observation entre les templiers et elle, il en arriva à la conclusion suivante.

«  - Faites gaffes, ils pourraient vous croquer ces petits ~ »

Puis il recommença à la regarder en se léchant les babines comme un vieux pervers qui redécouvrait le plaisir des femmes après tant d’années.

«  - Vous perdez votre temps avec cette bande de puceaux. Moi je suis un homme un vrai. Pas besoin de se mettre à trois pour vous contenter avec moi sous la main ~ huhuhu »

Alors à la tête du groupe, mais tellement désireux de lui répondre, Cullen se mit à hurler pour que toute la troupe puisse entendre.

«  - Vu votre âge, je suis quelque peu étonné d’entendre que vous possédez encore quelque chose dans le pantalon. N’est-ce pas tombé avec vos cheveux ? »
«  - vous êtes mignon, bouclettes. Ne faites pas l’malin parce que vous êtes en dehors de cette cage. »
«  - Devrais-je avoir peur de vos menaces, alors que justement je suis en dehors de cette dite cage ? »


Ils pouvaient s’envoyer des menaces mutuelles encore longtemps, mais le prisonnier renonça à le charrier d’avantage et baissa le ton pour être dans la confidence avec Mellissandre.

«  - Vous le saviez que les templiers étaient tous des puceaux ? Ils sont bien trop occupés à surveiller les mages qu’ils en oublient le plaisir de la vie ! »

Il montra alors le commandant du doigt

«  -  Celui-là, c’est le pire, vous ne pensez pas ? Il fait le malin mais je ne suis pas certain qu’il ait vu une fois dans sa vie une femme nue.»

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Posté Sam 5 Aoû - 13:12
Mellissandre était encerclée. Devant, derrière, que des templiers dans leurs belles armures pimpantes et leurs imposants heaumes qui laissaient juste deviner des yeux suspicieux. Que cela soit en bien ou en mal, la jeune femme ne laissait jamais indifférent. Malheureusement, vu leurs fonctions, ce n’était pas un regard très positif qu’ils posaient sur elle. Elle soupçonnait que le commandant ait fait exprès de la mettre derrière loin de lui et de la faire voyager uniquement en compagnie de ses chasseurs de mages, mais volontaire ou pas, le résultat était le même: trois grincheux et un pervers, on aurait presque dit le titre d’un livre pour adulte.

Ayant réunis le minimum de ses affaires – le reste lui serait livré plus tard – elle avait donc pris la route pour Fort Celeste avec le stricte minimum. Sa longue robe de soie verte ne permettant pas de monter de manière traditionnelle, elle chevauchait naturellement en amazone, le doit et la tête bien droite ce qui lui donnait une posture indéniablement élégante et altière.

Jusqu’ici, ils n’avaient pas eu de problèmes majeurs, seul le prisonnier se montrait insupportable, tuant le temps en bavardages insipides qu’elle tentait de son mieux d’ignorer. Elle ignorait pourquoi il devait être jugé – personne n’avait songé à lui en parler – mais rien que pour son caractère exécrable elle pensait qu’il méritait bien son sort.

Même si son approche du Commandant c’était montrée infructueuse jusqu’ici, Mellissandre n’avait pas baissé les bras pour autant, décidant d’amadouer ses hommes dans un premier temps. C’est donc avec cet objectif en tête qu’elle s’était légèrement rapprochée de l’homme qui clôturait la marche pour pouvoir parler avec lui.

« Loron, c’est bien ça ? », demanda-t-elle d’une voix amicale et enjouée, avec un sourire radieux digne d’un soleil de printemps.

Pour toute réponse, elle eut droit à un grognement contrarié, suivis d’un silence pesant marqué par le bruit de pas des chevaux et le roulement du chariot.

« Qu’est-ce que vous me voulez? », capitula-t-il finalement en lui jetant un regard suspicieux.

« Juste discuter, vous m’avez l’air de meilleurs compagnie que notre charmant prisonnier », répondit-elle toujours aussi mielleuse et dynamique, en désignant du menton l’homme qui était repartie dans une série d’insanité vaseuse.

Partageant l’opinion de Mellissandre, le templier se détendit quelques instants, mais un nouveau regard sur cette beauté troublante suffit à réveiller sa méfiance.

« Vos petits sourires ne prennent pas avec moi ! Je sais comment fonctionnent les sorcières dans votre genre, vous êtes toute gentille et dès qu’on baisse notre garde, on se retrouve transformé en crapaud ! », répondit-il avec un accent bien fereldien et une voix aussi agressive que ses paroles.

Ce n’était pas la première fois qu’elle attendait cette expression et Mellissandre – qui n’avait jamais entendu parlé de sorts d’animorphie sur autrui - se demandait d’où pouvait bien provenir cette étrange idée reçue. Toutefois, au pays du chien mouillé, il ne fallait pas s’attendre à beaucoup de réflexions et elle savait très bien jouée de ce genre d’opportunité.

« ça ne risque pas, j’ai peur des grenouilles, alors les crapauds.. », avoua-t-elle tranquillement à voix basse avec un air de connivence.

Sa réponse prit son interlocuteur au dépourvu, et pour la première fois, il lui parla sans agressivité.

« Vraiment ? »

Elle hocha, la tête, renchérissant sur ce mensonge éhonté mais qui deviendrait sa réalité pour les mois, voire les années, à venir.

« Absolument, en même temps vous avez vu leurs yeux ? Et leurs peaux visqueuses ? Dire que les orlésiens en mange… brr », expliqua-t-elle en mimant une grimace de dégoûts et quelques frissons.

L’animosité entre les deux pays voisins était célèbre dans le monde entier, elle savait qu’elle gagnait des points en s’unissant dans le mépris des orlésiens.

Sans aucune politesse, son interlocuteur se mit à rire franchement. C’était ça la terrible mage tevinde ? Il ne pouvait pas oublié ses pouvoirs pour autant, mais en quelques mots elle avait réellement réussis à l’apaiser.

« Vous êtes mal tombé alors, il y en a autant que de l’herbe en fuseau sur la côte orageuse... », répondit-il finalement une fois qu’il eut finis de se moquer gentiment d’elle tandis qu’elle faisant une grimace éloquence.

Et c’est ainsi qu’ils entamèrent une vrai conversation. Malgré ses airs de charmeuses ou de jeune fille fragile, Mellissandre était plus subtile que ça. C’est dans la faiblesse, les imperfections que naît l’affection. Quelqu’un de trop parfait attise la jalousie, la méfiance, ou un respect détaché et elle le savait très bien.

Satisfaite de sa prestation, elle reprit sa place de très longues minutes plus tard alors que le prisonnier commençait à chanter à tue-tête et faux en plus. Les tentatives d’un templier pour le calmer ne firent que redoubler sa hargne et ils eurent le droit à une série de provocation. Content d’avoir afin attirer l’attention et conscient d’avoir un public, il commença à faire des avances à la jeune femme avec l’air lubrique le plus grossier qu’il lui ait été donné de voir avant de douter ouvertement de la virilité de ses trois compagnons.

Mellissandre avait l’habitude de se genre de comportement à son égard. Après tout, sa beauté fascinante n’attirait pas que les gentleman et si son rang l’avait préservé de bien des remarques elle n’avait pas pu échapper à quelques insultes graveleuses de la part d’inconscients en manque de femme.

La seule différence, c’est qu’à Tevinter, elle avait le droit de les faire exécuter pour leur manque de respect. Une solution expéditive nettement moins longue que d’âpres négociations. Ignorant purement et simplement l’homme comme si elle était sourde et aveugle, elle ne pu cependant pas s’empêcher de tiquer face à la réplique de Cullen qui semblait amuser ses hommes. Un combat de coq pour savoir qui avait la plus grosse, ou en l’occurrence qui en avait une ou pas. Pathétique.

« Vous baissez dans mon estimes Commandant », déclara-t-elle d’une voix suffisamment claire pour être à son tour entendu par tout le monde. « Vous avilir à répondre à se rat décrépit ainsi, vraiment c’est décevant », conclu-t-elle, son mépris envers l’individu en face d’elle suintant dans toutes les vibrations de sa voix.

« Un jour les hommes comprendront que leurs parties génitales n’intéressent qu’eux »
, soupira-t-elle finalement, toujours suffisamment claire pour être entendue même si elle avait baissé d’un ton.

Malheureusement, le message ne semblait pas être assez bien passé, car l’immonde prisonnier renchérit en parlant de la virginité des templiers et de celle supposé du Commandant. Elle n’y avait pas pensé mais en soit cela n’avait rien de surprenant, à Tevinter aussi les templiers se dévouaient généralement à l’Ordre. Et puis, étant elle même innocente sur ce point là, elle ne pouvait pas vraiment lui jeter la pierre.

« Grand bien leurs en fasse », répondit-elle le plus sobrement du monde avec toute l’indifférence qu’il était possible d’avoir, le tout couronné d’un zeste de condescendance alors qu’elle jetait un ultime regard méprisant sur l’individu en question.

Toutefois, cela ne suffit pas à calmer le prisonnier qui prit une voix outrageusement indécente comme à son habitude.

« Z’êtes une nobliote vous hein ? », nota-t-il, bien conscient qu’il n’y avait que ces gens pour exsuder tant de dédain. « Mais j’aime les donzelles froides, c’est des vrai tigresses au lit », rétorqua-t-il en mimant un grognement ridicule avant de s’esclaffer en faisant des bruits obscènes avec sa langue. « Quand je serais sortie de cette cage, je vais te faire crier tu verras ma jolie », menaça-t-il enfin toujours aussi fière de lui.

Encore une fois, elle ne se donna pas la peine de répondre, avec un sourire satisfait, elle se contenta de tendre le bras pour saisir un des barreau de la cage en fer… et de laisser l’électricité – sa spécialité officielle – couler de ses doigts, crépitant légèrement dans l’air.

Vu le matériau de la cage, le courant se propagea rapidement, secouant légèrement l’homme pied nu qui lâcha un cri aigu de surprise plus que de douleurs en bondissant vers l’arrière

« Joli fa mineur », commenta-t-elle sobrement amusée par le cri de souris diablement peu viril qu’il avait laissé échappé. Et l'ironie de la situation : c'est elle qui le faisait crier après tout.

« Salop... »

Les minuscules éclairs violets dansèrent à nouveau dans sa paume provoquant un nouveau grognement. Changeant de stratégie, il se déporta de l’autre côté de la cage, se rapprochant de Cullen.

« Eh Commandant, vous z’allez tout de même pas laissé cette sorcière faire ce qu’elle veut ! C’est de la torture », s’offusqua-t-il « Par la sainte culotte d’Andraste, montrez lui un peu qui commande ici, vous z’êtes un homme oui ou merde ? Si vous avez pas les couilles, laissez moi au moins lui apprendre la vie », renchérit-il toujours aussi peu élégant. Sa vivacité témoignant bien du faible voltage qu’elle lui avait infligé.

Ses doigts démangeait mais pour autant elle suspendit son geste, jetant un regard froid à Cullen malgré la distance. Elle lui offrait là un nouveau bref éclat de son vrai visage, impitoyable et dénué d’émotion.

Placide, elle attendit son verdict tandis que Loron s’était rapproché d’elle, au cas où la force soit nécessaire pour la stopper. Ce qui ne serait absolument pas le cas, car elle était tout à fait disposée à coopérer.

La magie doit servir l’homme et non l’asservir, elle savait que son petit tour avait dû hérissé les poils de ses acolytes mais elle n’avait pas pu résister. Si cela avait été nécessaire, elle aurait pu supporter sans émois ces insultes pendant des heures, mais elle se créait une place dans l’Inquisition, elle ne pouvait pas tolérer qu’on lui manque de respect même si elle savait que la meilleure stratégie était de l’ignorer. Sans public il se lasserait. En attendant, elle usait des armes à sa disposition. Aurait-il protesté si elle l'avait frappé à main nu ? Probablement pas, restait donc à voir comment il jugerait sa magie.
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Posté Dim 6 Aoû - 2:40
Missive 2
Commandant,
Avant votre départ, je souhaiterais tout de même vous prévenir de rester sur vos gardes, avec ce prisonnier. Il est plutôt fourbe et n'hésitera pas à vous balader durant le trajet pour tenter de s'enfuir. Surveillez-le bien, ne sait-on jamais. Bon retour à Fort Céleste !
Une langue bien pendue



Alors que les sabots des chevaux soulevaient la poussière au fil de leurs pas, la charrette contenant le prisonnier buta contre une pierre ce qui le fit sursauter. Les templiers riaient de bon cœur suite à la remarque de Cullen concernant l’otage, puis Mellissandre brisa le silence.

«  - Vous baissez dans mon estime Commandant »

Suite à cette remarque, Cullen se mit à sourire ne daignant pas se retourner pour lui répondre. Il cherchait les mots justes de manière à ne pas trop l’offenser sur les milles remarques qu’il possédait dans sa tête. Il se contenta simplement d’avancer.

«  - Vous avilir à répondre à ce rat décrépit ainsi, vraiment c’est décevant »

Sa voix résonnait tant elle se trouvait à l’arrière de la troupe, et le prisonnier se mit à rire de sa remarque en jonglant son regard entre Cullen et Mellissandre. La jeune femme faisait la fière, en indiquant la marche à suivre que les nobles empruntent. Cela faisait glousser Cullen qui continuait d’avancer tranquillement.

Son second approcha alors de Cullen pour discuter à propos du prisonnier et de la mission actuellement en cours en y ajoutant quelques broutilles. Soudain, les deux templiers se retournèrent quand ils entendirent le claquement strident d’une étincelle.

Mellissandre avait fait passer le courant dans les barreaux de la cage du prisonnier, lui donnant ainsi une bonne décharge électrique qui semblait bien le calmer. Il poussa d’ailleurs un cri atrocement aiguë.

«  - Qu’est-ce que vous faites ?!? »

Le templier dégaina son épée et s’apprêta à se lancer sur elle pour la stopper, mais le Commandant s’interposa, en plaçant son cheval entre les deux.

«  - Il suffit Elwig ! »
«  - Mais Commendant, elle… !! »
«  - IL SUFFIT J’AI DIS ! »


Son premier réflexe était d’observer l’état du prisonnier mais il ne semblait ne rien avoir, alors Cullen fit signe à son second de reprendre sa place et alors qu’il se retournait au-devant du groupe, le prisonnier se jeta contre les barreaux qui étaient proches de lui.

«  - Eh Commandant, vous z’allez tout de même pas laisser cette sorcière faire ce qu’elle veut ! C’est de la torture ! Par la sainte culotte d’Andrasté, montrez-lui un peu qui commande ici. Vous z’êtes un homme oui ou merde ? Si vous avez pas les couilles laissez moi au moins lui apprendre la vie »

Cullen le regarda l’air las, en inspectant son état, puis il regarda Mellissandre qui semblait vouloir le tuer plusieurs fois vu son regard noir.

«  - Mes oreilles approuvent en tout cas. Continuez de parler, et je ne l’empêcherai pas de vous remettre à l’ordre. »

Il redressa son cheval, puis passa devant Mellissandre

«  - A condition qu’il reste en vie »
«  - Attendez, attendez bouclettes ! Vous l’pensez pas hein ? Vous l’pensez pas ?! »
«  - Mellissandre ? »
«  - N-non, je me tais »


Il lâcha prise pour que Cullen puisse retourner à la tête du groupe qui avait ralenti quelque peu à cause de cette petite histoire. Le second grimaça, encore sur les nerfs vis-à-vis de cette décision du commandant.

«  - Je comprends votre ressenti, mais n’ayez crainte je sais ce que je fais »
«  - Vous laissez librement cette femme utiliser la magie ?! »
«  - Nullement, elle ne fait que surveiller le prisonnier. Et puis, qu’elle prouve qu’on peut compter sur elle. »


Désormais, ils étaient les deux plus en avant, et le Prisonnier profita pour regarder mauvais la seule mage du groupe.

«  - Vous pouvez être fière de vous, princesse, grogna-t-il en crachant en dehors de la cage, Si vous pensez que je vais rester docile vous pouvez aller vous faire foutre »

Il recula, le pied frottant dans la paille qui recouvrait le sol faisant au passage craquer le plancher qui se secouait au fil de l’avancée de la monture.

«  - Petite trainée »

Et là, l’étincelle de la prochaine attaque mit le feu à la charrette, ce qui effraya la monture qui, paniquée, renversa la roulotte et propagea le feu dans les champs avoisinant.

Les chevaux furent effrayés par la vision du feu qui se propagea très rapidement et l’un des templiers chuta de son cheval. Cullen bondit alors du sien et se mit à courir en direction du prisonnier qui s’échappait du chariot.

«  - Vous deux, calmez les montures ! Mellissandre éteignez le feu ! Il ne faut pas que les bandits soient attirés par la fumée »

Le fugitif eut de justesse le temps de se carapater dans les champs et s’éloigner au pas de course en descendant une pente qui menait droit à une marre. Le Commandant le prit en chasse, et le poursuivit plusieurs mètres avant de lui sauter dessus une fois arrivés à la marre. Son épée en main, et assis sur le corps du prisonnier qui riait à en perdre sa voix.

«  - Qu’est-ce qui m’empêche de vous tuer maintenant ?! »
«  - Je ne sais pas, je devais pas revenir « vivant » ? HAHAAA ! »


Les herbes hautes entouraient la zone, il était difficile de percevoir ce qui se passait près du chariot. Désormais couché dans la boue, le fugitif semblait bien satisfait de lui. Le saisissant par le col, le commandant le menaça de le transpercer au front de sa lame.

«  - Fermez-là vil serpent »
«  - De toute manière c’est trop tard »


Cullen se mit très rapidement à comprendre, ils étaient pris dans une embuscade, plus haut. Sous le coup de la colère il lui jeta un bon coup de pommeau en plein visage ce qui lui brisa le nez et l’assomma par la même occasion. Il se leva encore souillé par la boue et observa la fumée s’élever au loin.

" - Par le créateur..  "

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Posté Dim 6 Aoû - 16:36
Elle avait peut-être réussi à amadouer un peu Loron mais Elwig lui, était toujours particulièrement suspicieux envers elle. A la première décharge il dégaina son épée près à la pourfendre pour avoir osé utiliser de la magie. La jeune femme ne parvenait toujours pas à comprendre cette haine viscérale que les gens du Sud avaient pour ce don merveilleux mais elle s’était habituée à ces excès de violence et elle resta de marbre, le regard posé sur Cullen.

Heureusement pour elle, le Commandant ne semblait pas partager la même malveillance à son égard et il lui ordonna de se taire d’une voix autoritaire. Une impériosité qui tira l’ombre d’un sourire à Mellissandre, ce genre de ton péremptoire lui était familier, elle appréciait la fermeté. Surtout chez les hommes.

Sur cet élan, Cullen se rapprocha d’elle pour lui signifiait que l’homme devait simplement rester en vie. N’ayant pas eu l’intention de le tuer de toute manière, Mellissandre opina avec un rictus satisfait en direction du prisonnier et du fameux Elwig. Entendre l’autorité supérieure nous donner raison était un sentiment particulièrement jouissif.

Son petit sourire ne passa pas inaperçu car une nouvelle volée de protestation retentit. Une nouvelle fois, Cullen coupa court à toute discussion et reprit sa position à la tête du groupe. Cela ne suffit toutefois pas à calmer l’homme dans la cage qui semblait soudain moins graveleux et beaucoup plus vicieux.

Il la provoqua une nouvelle fois et elle soupira, envoyant machinalement une nouvelle décharge. Sauf que cette fois, au lieu du glapissement habituel il y eut des flammes. Une petite étincelle qui embrasa la paille soigneusement disposée se propageant à une vitesse phénoménale sur le bois de la cage. Surprise par cette expansion trop rapide pour être naturelle – Mellissandre n’eut pas le temps de calmer son cheval qui se cabra violemment. Assise en amazone sans vraiment tenir les rennes elle ne put se rattraper à temps et elle chuta lourdement au sol, provoquant les émois de la monture de Loron. A moins que cela ne soit l’inquiétude du cheval qui tirait le chariot qui soit communicative. Celui-ci s’était également emballé au point de renverser la prison sur roulette.

Un peu sonnée, sur le sol, Mellissandre devina plus qu’elle ne vit la silhouette du prisonnier s’éloigner du convois en courant par les champs.

Les membres engourdis, la peau agressée par la chaleurs écrasante des flammes qui se propageaient à une vitesse faramineuse, la jeune mage tentait péniblement de se redresser quand Cullen donna ses ordres avant de filer pour poursuivre le prisonnier.

Eteindre le feu. Rien que ça. Chancelante, la jeune femme regarda le brasier qui commençait à dévorer les buissons qui bordaient la route ayant déjà bien rongé les planches de la carrioles. Dans l’idéal il aurait fallut qu’elle créait un blizzard mais la glace n’était pas sa spécialité. Bien entendu elle connaissait quelques sorts de bases comme étreinte de l’hiver mais la superficie n’était pas assez grande pour éteindre ce début d’incendie.

Il lui fallait improviser. Sans ce soucier de son cheval qui s’enfuyait au galop ou de ses compagnons d’armes qui tentaient de calmer ceux qui restaient, Mellissandre se concentra tout entière sur la tâche qu’il l’attendait. Pour son sort audacieux elle avait besoin d’une puissance plus considérable qu’on ne pouvait l’imaginer. Heureusement, les pierres sur la route avait éraflée son bras suffisamment pour tracé une légère ligne rougeoyante dans sa peau. Grimaçant elle griffa la blessure pour faire couler davantage de sang après s’être assurée qu’on ne prêtait pas attention à elle.

Puis comme si elle cherchait à nager dans l’air elle fit le geste traditionnel pour lancer une barrière, sauf que ce n’est pas elle où ses compagnons qu’elle visait mais le feu. Rapidement une bulle iriséee de bleuté entoura les herbes enflammées, les enfermant dans un périmètre qui empêchait l’incendie de prendre plus d’ampleur. Après tout, les barrières protégeaient des éléments, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Incapable de trouver une nouvelle source pour s’alimenter les flammes qui s’étaient déjà nourries des herbes se calmèrent aussitôt. Après tout, ils étaient dans une région marécageuse, la terre était humide et les plantes grasses, ils avaient eu beaucoup de malchance que ces fourrées brûlent aussi bien.

Satisfaite, la jeune femme laissa un sourire victorieux se dessiner sur ses lèvres mais celui-ci disaru bien rapidement alors que les deux templiers s’approchaient d’elle.

« Vous ! », cria Elwig en dégainant son épée, descendant de son cheval qu’il tenait toujours par la bride pour s’approcher d’elle. « Je suis sûr que vous l’avez fait exprès, c'était votre plan depuis le début ! », cracha-t-il menaçant tandis qu’elle reculait d’un pas.

Loron qui avait récupéré le cheval du chariot sans réussir à rattraper le sien, revint vers eux juste pour entendre la dernière réplique de son compagnon.

« Je ne sais pas comment vous avez ensorcelé le commandant pour qu’il tolère votre présence mais vos petits tours ne marchent avec moi », cracha-t-il si furieux qu’une veine se détachait de son front.

Se mordant la lèvre, Mellissandre évalua ses options. Pour une fois qu’elle était innocente on l’accusait d’un crime. La colère de son interlocuteur était bien trop farouche pour qu’elle espère pouvoir la calmer mais si elle se battait contre lui, elle perdrait toute chance de convaincre de sa bonne fois.

Désemparée, elle jeta un regard désespéré à Loron, cherchant son soutient pour gagner un peu de temps. Celui-ci faisait piétiner son cheval, manifestement indécis. Il ne partageait pas la haine viscéral de son compagnon mais il devait bien reconnaître que la situation était particulièrement louche.

« Elwig calme toi ! », déclara-t-il finalement avant de se tourner vers la jeune femme. « Dame Mellissandre posez votre bâton s’il vous plait », ajouta-t-il ensuite, preuve qu’il se méfiait quand même d’elle.

La jeune femme pinça les lèvres contrariée par cette requête. Si toutefois cela pouvait éviter le bain de sang… Lentement, sans agressivité, elle s’exécuta déposant délicatement son arme sur le sol. Toutefois, cela ne suffit pas à convaincre Elwig qui se rapprocha encore davantage, levant son épée.

« C’est une mage elle est trop dangereuse ! Elle n’a pas besoin de son bâton pour nous faire griller », s’exclama-t-il ayant manifestement pris sa décision.

Loron protesta et trop concentré dans leur conflit les deux templiers ne virent pas les hommes qui affleurés de la falaise qui bordait l’autre côté de la route.

« Attention !!! », cria Mellissandre alors qu’elle apercevait l’éclat des pointes de flèches en train d’être armées.

Par réflexe, elle tendit le bras lançant un puissant éclair qui effleura l’oreille d’Elwig avant de venir s’écraser sur la falaise. Elle avait raté les individus mais le choc fut suffisamment grand pour provoquer l’éboulement de quelques rochers qui firent trembler le sommet, déséquilibrant les archers alors qu’ils lâchaient leur volée de flèche.

Ayant réagit à ce qu’il croyait être une agression de la part de Mellissandre l’épée d’Elwig effleura le cou de la jeune femme mais la première flèche qui se planta dans le sol lui fit comprendre le danger et il se retourna à temps pour lever son bouclier.

Touché par un carreau, le cheval de Loron se cabra, renversant son cavalier qui se plaça immédiatement en position défensive tandis que Mellissandre récupérait son bâton pour jeter un nouvel éclair aux archers. Cette fois, son coup fit mouche et elle fut certaine d’en avoir tuer quelques uns.

Toutefois, ce n’était pas la seule menace, car les cris de guerre d’une demi-douzaines d’hommes en train de dévaler la route se firent entendre.

Soupirant, Mellissandre envoya une cage statique en direction du groupe, les enfermant dans un champ électromagnétique qui paralysait quiconque tentait de sortir, ce qui leur fit gagner un peu de temps.

« Nous devons nous mettre à couvert ! », ordonna Elwig qui avait repris tout son professionnalisme malgré les regard mauvais qu’il lançait constamment à la jeune mage. Les archers sur la falaise n’avaient en effet pas cessé leurs salves malgré leur nombre réduit. Le problème étant que mis à part ce promontoire rocheux il n’y avait que la route et de vastes champs à perte de vue.

« Nous avons besoin du Commandant... », ajouta-t-il ensuite en évaluant le nombre d’adversaire restant. « Comment va votre mana Mellissandre ? », demanda-t-il ensuite en jetant un bref regard dans sa direction. Cela le tuait de l’admettre mais sa magie était le meilleur moyen de contrebalancer leur désavantage. S’ils parvenaient à la continuer à la protéger avec leurs immenses boucliers pendant qu’elle lançait des sorts ravageurs.

Mellissandre examina d’un bref coup d’oeil sa blessure au bras qui s’était asséchée. Elle était loin de l’anémie mais il fallait qu’elle se blesse encore.

« Ca va aller.. », murmura-t-elle tandis qu’ils hochaient la tête, commençant à reculer lentement dans le champ, tournant le dos à Mellissandre pour parer les attaque des archers. Suivant le mouvement, la jeune femme s’enfonça dans les herbes hautes en restait courbée pour être abritée derrière les deux templiers, guettant Cullen qui devait être quelque part dans les fourrés bordant le marais.

L’apercevant au loin plus vers la gauche, elle en informa ses camarades, en lui faisant un signe pour attirer son attention. Concentrée vers les boucles blondes qu’elle discernait tant bien que mal, elle ne fit pas attention où elle mettait les pieds et elle poussa un cri alors qu’elle glissait sur une pierre recouverte de mousse, plongeant littéralement dans un méandre du marrais. Avertissant par la même occasion ses compagnons de ne pas reculer plus pour ne pas subir le même sort.

Par tous les tous les anciens dieux, c’était répugnant. Heureusement qu’il n’était pas très profond, et assez dense pour amortir sa chute. Manquerait plus qu’elle meurt en s’assommant contre une pierre et en se noyant dans un demi mètre d’eau boueuse.

En tout cas c’était officiel : elle détestait le Sud.
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Posté Lun 7 Aoû - 20:59
Missive 2
Commandant,
Avant votre départ, je souhaiterais tout de même vous prévenir de rester sur vos gardes, avec ce prisonnier. Il est plutôt fourbe et n'hésitera pas à vous balader durant le trajet pour tenter de s'enfuir. Surveillez-le bien, ne sait-on jamais. Bon retour à Fort Céleste !
Une langue bien pendue



Après une courte observation, il détecta des archers qui tiraient depuis les falaises qui bordaient la route. En hauteur, ils étaient 5 qui avaient l’avantage de la position, car ils avaient vu sur tout le marécage, et n’avaient pas besoin d’être au corps à corps pour pouvoir faire des dégâts.

Alors sans moyen de se mettre à couvert, Cullen brandit son épée tout en s’approchant du prisonnier quand il entendit le bruit d’un plongeon au loin qui le coupa dans son élan. C’était Mellissandre, qui par je-ne-sait quel moyen s’était retrouvée dans l’eau crasseuse du marais. Et elle n’avait pas fais les choses qu’à moitié, elle en avait plein les cheveux et ressemblait à un Hahl mouillé.

En voyant ce doux spectacle offert par le créateur, Cullen se mit à glousser de rire jusqu’au moment où une flèche vint se nicher dans l’arbre situé entre lui et la jeune mage.

« - Pardonnez mon impolitesse, mais si on veut pouvoir s’en sortir je vais devoir aller m’occuper de ces archers avant vous »

Suite à ces mots, il parti en courant dans la boue et s’enfonça dans les buissons en direction des mercenaires. Pendant ce temps, les deux templiers étaient arrivés à leur hauteur et entrèrent en affrontement direct. Il se trouve que certains d’entre eux jetèrent leur arc pour se saisir de poignards.

Alors tous occupés à attaquer les deux hommes, personne ne surveillait leurs arrières, quand Cullen réussi enfin à grimper au sommet de la montagne pour atteindre leur position. Il s’attaqua au premier, lui tranchant la tête sans broncher, puis attira le regard des deux suivants libérant en partie ses coéquipiers qui étaient surmenés et entièrement sur la défensive. L’un d’eux assomma un des archers avec son bouclier et le tua ensuite en plantant son épée au travers. Avant de les avoir tous achevés, personne ne daigna voir l’état de la pauvre Mellissandre qui était remplie de boue de la tête aux pieds.

Elwig assomma le dernier, puis Cullen le poussa avec le pied jusqu’en bas du ravin. Il poussa un grand soupir en secouant son épée d’un coup sec, histoire de lui ôter le maximum de sang qui la souillait. Puis, il se tourna vers les deux templiers pour faire le point. Loron avait une marque au visage mais rien de trop grave en soit. Il ne fallait cependant pas négliger la blessure.

« - Commandant, Mellissandre a… »

Ils regardèrent les trois dans la direction de sa chute, et continuèrent de la voir se dépatouiller dans la boue. Ils se mirent alors en route pour aller la chercher, Cullen partant en premier, bien entendu en riant comme un bossu.

Il passa dans les herbes, en évitant les rochers et en atterrissant dans l’eau, sans le vouloir, en éclaboussant un peu la jeune femme.

« - C’est moi ou vous semblez en parfaite communion avec la nature ? »

Il sous entendait qu’il la voyait très souvent trempée, mais là, elle était pleine de boue, de verdures et avait des algues mouillées entremêlées dans ses cheveux.

Il regarda au loin où le prisonnier se trouvait et ordonna alors à Elwig d’aller le chercher.

« - Empêchez-le de se déplacer, et attachez-le en arrivant en haut. On verra bien dans quel état se trouve la charrette. Dans le pire des cas on peut faire un détour dans un campement qui se trouve à une heure d'ici.»

Il regarda Loron et lui ordonna d’aider Mellissandre à remonter. Il se retourna et fit face à la falaise qui les surplombait. Il surveillait afin d’éviter qu’une quelconque intrusion se reproduise, et que son soldat puisse sortir la mage de l’eau sans problèmes.

Bien sûr le Commandant ne se doutait pas que Mellissandre avait tout son loisir de lui faire regretter de s’être moqué d’elle~.

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Posté Lun 7 Aoû - 22:38
Récapitulons, de l’eau poisseuse, des algues visqueuses des… choses louches en train de remuer sous ses doigts et le long de ses jambes et une odeur légèrement nauséabonde. Elle en avait fait du chemin depuis ses bains au miel et au jasmin à se faire pomponner par trois esclaves en même temps…

Une moue dégoûtée sur les lèvres, Mellissandre se redressa, toussotant alors qu’elle essayait de chasser le goût amer de la boue sur ses lèvres. Par réflexe, elle tenta de laver un peu son visage en se frottant les joues avec le dos de la main mais elles étaient aussi sale que le reste et elle ne fit donc que mettre une couche de vase supplémentaire sur sa peau. Ou plutôt étaler uniformément le liquide, créant un petit effet brossé digne d’une peinture de guerre.

Alors qu’elle tâtait le fond du marais à la recherche de son bâton et de sa dignité, elle entendu le commandant glousser au loin en s’excusant de son manque de galanterie. C’est vrai que depuis son plongeon elle avait revu ses priorités mais cela n’empêchait pas qu’ils étaient toujours attaqués.

Sans se donner la peine de lui répondre, la jeune femme se contenta donc de s’appliquer à retrouver sa précieuse arme qui semblait s’être enfoncée dans le sable. Ses doigts touchèrent des choses gigotantes qu’elle ne préféra pas identifier, et enfin elle brandit victorieusement l’extension de sa magie.

Malheureusement – ou heureusement, difficile de dire – les templiers de Cullen étaient efficaces et ils s’étaient déjà débarrassé des assaillants, ils ne lui restaient donc rien à faire. Soupirant, la jeune femme tentait toujours de sortir du marais mais c’était une entreprise bien plus complexe qu’elle ne l’avait imaginé. Les pierres rendues glissantes par la mousse qui bordait l’eau empêchait tout remontée, lui donnant l’air d’une équilibriste ivre. Une sale – mais sexy – équilibriste ivre*

Manifestement, ses tentatives désespérées amusaient beaucoup le commandant et ses compagnons qui ne se privèrent pas de rire à ses dépend. Heureusement que Mellissandre n’avait pas d’orgueil et qu’elle pouvait donc surmonter sans grand traumatisme les moqueries. En vérité, seul l’inconfort de la situation la gênait réellement. C’était vraiment désagréable de se sentir aussi dégoutante.

La rejoignant sans doute pour évaluer son état, le Commandant se permis une boutade à laquelle elle répondit aussi sec, la tête bien droite drapée dans toute sa dignité. Sans les algues, on aurait pu la croire vêtue dans une robe de bal, tant elle y mettait les formes.

« Il parait que la boue c’est très bon pour la peau », rétorqua-t-elle d’une voix volontairement obséquieuse, faisant preuve d’une auto-dérision surprenante compte tenu de son rang et de son attitude jusqu’à présent. Mais la jeune femme avaient bien compris que la séduction agressive ne suffirait pas. Ce qui ne voulait pas dire qu’elle n’allait subitement plus employer cette stratégie….  Juste avec plus de parcimonie.

« Enfin, je n’y peux rien si je finis toujours mouillée en votre présence », ajouta-t-elle ensuite avec beaucoup d’indolence, l’ombre d’un sourire narquois au coin de ses lèvres, curieuse de savoir s’il saisirait l’allusion licencieuse qui résidait dans cette phrase.

S’était détourné d’elle, Cullen avait repris la situation en main, donnant des ordres pendant que Loron venait l’aider à se relever, ne se privant pas pour la taquiner au passage.

« Vous ressemblez à un monstre des marais »
, déclara-t-il en repensant sans doute à une abominable   légendes Fereldienne.

Une moue pincée sur les lèvres, Mellissandre retira une algue qui pendait dans ses cheveux, l’entourant au sommet de son crane à la manière d’une couronne.

« 'Princesse monstre des marais' alors », négocia-t-elle en arborant un visage outrancièrement altier qui fit rire de plus bel son interlocuteur qui lui tendit la main pour l’aider. Le ridicule ne tue pas si on se l'approprie.

Son soutient était providentiel mais à voir le Commandant rester aussi proche après s’être moqué si allègrement, Mellissandre eut une idée fort diabolique en tête. Si son charme sophistiquée ne lui plaisait pas, peut-être qu’un peu de rustique serait plus à même de le toucher. Et puis, la vengeance avait probablement été inventé par les tévintides.

Faisant mine de prendre la main tendue, Mellissandre transmit d’abord son bâton à Loron, elle commença ensuite à escalader un rocher et fit mine de basculer. Se raccrochant à la seule autre chose qu’elle avait sous la main, elle agrippa l’épaule de Cullen qui n’était pas assez solidement ancré pour résister à la chute.

Ils sombrèrent donc tous les deux dans le marais sous le regard affairé du pauvre templier.

« Commandant ! »

Au point où elle en était, un tour de plus ou de moins ne changeait rien pour Mellissandre, Cullen en revanche…

A nouveau, elle s’éleva hors des eaux, en chassant tant bien que mal les nouvelles impuretés qui s’étaient amoncelés.

« Oups ~ », lâcha-t-elle en se tournant vers le commandant, avant de se redresser pour lui tendre une main salvatrice, un sourire pas du tout désolé sur les lèvres. En fait, on y retrouvait la même malice audacieuse que lorsqu’elle le draguait impunément.  Son personnage de l’inquisition était facétieux c’était officiel mais il n’y avait que lui pour le voir : aux yeux de Loron s’était un malheureux incident.

Et comme si ça ne suffisait pas, elle enfonça le clou un peu plus.

« C’est bien aimable à vous de partager ma honte Commandant.. », minauda-t-elle en retirant nonchalamment une algue de ses jolies boucles blondes.

Satisfaite, elle réussit cette fois à sortir de l’eau, constatant les dégâts. Elle ressemblait à une Alvaar trop maquillée et mal coiffée. Si ses parents l’avaient vu, ils l’auraient probablement renié. Ah, et elle avait perdu une chaussure pour couronner le tout.

« J’espère qu’il y a un lac pas loin », marmonna-t-elle incapable d’envisager tenir plus de quelques heures avec la boue qui commençait à sécher sa peau si impeccable. Soigneusement, elle retira une par une les algues qui avaient élus domicile dans ses cheveux, avant d’improviser un chignon sommaire pour ne pas avoir la détestable sensation de les sentir glisser et barbouiller sa nuque à chaque geste.

Néanmoins, elle repartie dans la charrette avec toute l’élégance et la dignité qui lui était coutumière, ne claudiquant pas malgré son absence de chaussures. Une vrai princesse des marais en somme.

A l’aide de sa magie, elle contribua à redresser le chariot renversé. Peine perdue toutefois dans la mesure où le plancher et l’attelage étaient carbonisés.

Son cheval s’était envolé, celui de Loron était décédé des suites des flèches, ils ne leur restaient donc que trois montures pour 5 personnes. Autant dire qu’ils étaient mal parti. Récupérant un sac d’affaire qui était tombé au sol en même temps qu’elle, Mellissandre n’osa pas l’ouvrir pour voir ce qu’il contenait de peur de tâcher ce qui s’y trouvait mais elle pria le Créateur autant que les Anciens Dieux que cela soit des vêtements de rechanges.

« Quel est le plan, Commandant ? », demanda-t-elle quelque peu mielleuse en croisant les bras, laissant à leur chef le soin de déterminer la suite des opérations.

Pour elle, le plus logique était que le prisonnier soit saucissonné et qu’il chevauche avec un des templiers en position verre-de-terre tandis qu’elle grimpe avec un autre. Vu leur état respectif le commandant lui semblait être l’option la plus logique mais allait-il avoir le courage de la supporter assise sur ses genoux – après tout, elle n’avait clairement pas la tenue pour monter autrement qu’en amazone - jusqu’à leur prochain point d’arrêt ?

Jetant un regard au pervers qui les avait conduit dans cette situation, Mellissandre ne put néanmoins contenir un ultime commentaire.

« Je propose qu’on le baîllonne avant qu’il ne se réveille… Je dois bien pouvoir trouver une algue ou deux dans ma robe à cet effet », plaisanta-t-elle, moitié sérieuse quand à l’objet du bâillon.
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Posté Mar 8 Aoû - 20:50
Missive 2
Commandant,
Avant votre départ, je souhaiterais tout de même vous prévenir de rester sur vos gardes, avec ce prisonnier. Il est plutôt fourbe et n'hésitera pas à vous balader durant le trajet pour tenter de s'enfuir. Surveillez-le bien, ne sait-on jamais. Bon retour à Fort Céleste !
Une langue bien pendue



Le fond du marais était recouvert d’une vase liquide dans laquelle on s’enfonçait au moindre pas dedans. Il était également difficile de marcher correctement tant le pied une fois enfoncé, fut comme capturé et était long de le retirer à nouveau. D’ailleurs, dans la zone où Mellissandre s’était retrouvée malencontreusement coincée était particulièrement boueuse et remplie de plantes marines autour du-quelles volaient quelques moustiques.

Cullen s’amusa à patauger dans la boue, s’enfonçant jusqu’aux chevilles dans la vase. Il comprenait mieux pourquoi la jeune femme était coincée. Si l’on avait des chaussures légères elles pouvaient se coincer entre les rochers qui se trouvaient cachés sous le fond de l’étang.

Loron aida Mellissandre à se relever en tenant d’une main son bâton devenu boueux, et de l’autre la lui tendant pour qu’elle puisse s’y agripper. Le Commandant allait sortir de la boue quand la jeune tévintide tomba sur lui et l’entraîna dans sa chute, sous le regard impuissant du templier. Il y eut un gros « plouf » puis le commandant était tombé avec elle.

C’était elle qui sorti en premier de l’eau alors que Cullen était hébété entrain de secouer son bras pour y faire tomber une algue longuement accrochée.

« - Oups ~ »
« - Rah… C’est malin »

Il se redressa, mais la boue accumulée sur sa tenue lui donna beaucoup de mal, ce qui le fit rire au passage.

« - C’est bien aimable à vous de partager ma honte Commandant »

Elle le regarda de haut en bas, satisfaite de le voir également dans cet état. Sauf que Cullen possédait plusieurs couches sur lui qu’il allait devoir débarrasser rapidement. Il analysa chaque recoin de sa tenue pour ôter au moins les herbes gluantes qui s’y étaient collées.

Loron se jeta à son tour dans l’eau pour aller aider son commandant, pendant que Mellissandre quittait les lieux en abandonnant une chaussure au passage.

« - Quel malencontreux accident… Je suis navré, Commandant »

Cullen lui répondit d’un regard noir, tellement profond que son templier frissonna presque, comprenant que finalement c’était une manière que Mellissandre avait trouvé pour se venger de ses moqueries.

« - Super… J’en ai plein les cheveux »

S’il y avait bien une chose que le Commandant ne supportait pas c’était qu’il soit décoiffé, mais ça c’était son petit caprice personnel et il ne s’en vantait que très rarement. Mais il n’allait pas supporter longtemps d’avoir de la terre collée à ses mèches. Il entendit marmonner Mellissandre qu’elle espérait trouver un lac non loin d’ici… Cullen réfléchissait et calcula la position du soleil dans le ciel… Il était déjà entrain de décliner. Il leur fallait donc trouver un endroit où dormir rapidement, après avoir vérifié l’état des chevaux.

Alors qu’Elwig observait le cheval tué par flèches, il fut surprit de voir le Commandant arriver dans un tel état, dégoulinant d’eau.

« - La cariole est encore utilisable, mais une partie est vraiment abimée. On pourrait l’utiliser jusqu’au camp qu’on va monter ce soir et demain on pourra faire un détour pour en trouver un autre. »
« - Quel est le plan Commandant ? »
« - Qu’on fasse un arrêt rapidement, quitte à monter le camp près de la première source d’eau que l’on trouve. Ces marais étaient particulièrement boueuses ~ »
« - Il doit y avoir une source quelque part où l’on peut monter un campement. Partons en direction des cascades dans ce cas »
« - Bonne idée, ne tardons pas »


Cullen prit de l’élan et grimpa sur sa monture encore dégoulinant et dit alors à ses deux compagnons de prendre la route. L’un grimpa sur le second cheval alors que le dernier s’occupait de surveiller le prisonnier qui était attaché sur la charrette.

« - Je propose qu’on le bâillonne avant qu’il ne se réveille… Je dois bien pouvoir trouver une algue ou deux dans ma robe à cet effet »
« - Ramassez ce qui reste du cheval mort et attachez-le avec les sangles et les lanières. Et ce n’est pas une si mauvaise idée, profitez qu’il soit assommé pour le bâillonner. »
« - Commandant, il ne reste que 3 chevaux, nous sommes 5. L’un de nous deux restera avec le chariot, mais vu votre état... »


Il n’osa pas émettre son avis, mais son geste de la tête fit très clairement comprendre qu’il conseillait aux « Mouillés » de souiller la même monture. Si ce n’était que de l’eau Cullen aurait patiemment attendu que cela sèche, mais la terre donnait cet effet graveleux sur sa tenue ce qui le contrariait… sans parler de ses cheveux !

Il soupira et redescendit du cheval pour aider la jeune femme à monter. Et bien entendu, pas de la manière la plus galante qui soit, d’une parce qu’il ne savait pas comment se comportaient les femmes à la cour sur une monture – pour autant qu’elles puissent monter – et de l’autre, parce qu’il souhaitait se dépêcher car la boue s’était amassée sous ses vêtements.

Il s’approcha alors d’elle, passa une main sur le bas des côtes et l’autre derrière les cuisses pour la soulever et la charger sur sa monture, comme un sac à patates, en ignorant totalement les protestations de la jeune fille. Il grimpa ensuite derrière elle pour avoir un œil dessus, et parti tranquillement au trot.

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Posté Mar 8 Aoû - 23:21
Cullen avait probablement compris qu'elle l'avait volontairement fait chuter pour se venger mais il ne fit aucun commentaire. Enfin si, il sembla particulièrement préoccupé par ses cheveux, ce qui tira un sourire amusée à la jeune tévintide. Ses adorables et soyeuses boucles blondes étaient-elles plus que le fruit d'un cadeau de la nature ? Difficile à dire mais c'est vers eux qu'allait toute son attention et elle était assez fine pour remarquer ce genre de détail. C'était toujours utile de savoir où appuyer après tout...

Une fois le constat sur les dégâts effectués, le Commandant reprit néanmoins les choses en main, indiquant qu'ils s'arrêteraient près de la source d'eau la plus proche. Un plan qui convenait tout à fait à la mage qui rêvait de se prélasser dans un bain. Bon, l'eau glacée des cascades était moins agréable que des thermes brûlants mais il fallait parfois revoir ses exigences à la baisse dans la vie...

Une pensée qui dû traverser la tête de Cullen quand on lui suggéra subtilement de prendre Mellissandre avec lui. Lui retournant un sourire angélique un peu terni par toute la boue qui maculait son visage, Mellissandre se laissa docilement monter en selle.

Manifestement, le commandant n'avait guère l'habitude de porter une femme et ses mouvements furent légèrement abrupt. A l'évidence, il ne savait pas exactement où placer ses mains, finissant par les poser maladroitement sur sa taille et sur ses hanches pour la soulever brusquement. Avec un peu plus de délicatesse cela aurait été parfait, mais, âme charitable, elle ne lui fit par remarquer. A la place, elle lui lança un de ses sourires taquin et légèrement séducteur dont elle avait le secret, ignorant le regard noir de Elwig qui ne la quittait pas des yeux depuis l'incendie.

« Vos muscles n'étaient donc pas une illusion d'optique », commenta-t-elle malicieusement, faisant référence à leur conversation de la veille où ils s'étaient mutuellement provoqué. Toutefois derrière la facétie de ses paroles, on pouvait déceler qu'elle était un tantinet impressionnée. L'eau squalide du marais l'avait considérablement alourdie et pourtant il l'avait soulevé avec une facilité déconcertante.

Le reste du trajet fut étonnement tranquille sans les vociférations constante du prisonnier. Quelques mouches tournaient autour du Commandant et de sa passagère comme pour leur rappeler l'état déplorable dans lequel ils se trouvaient. Ce n'était pourtant pas nécessaire dans la mesure où une partie avait séché et où la boue craquelée qui tiraillait sa peau à chaque expression faisait très bien ce travail toute seule.

Bercée par le trot, Mellissandre laissa sa tête reposer contre le torse du Commandant – ce n'est pas comme si elle pouvait le salir plus de toute façon – en songeant que c'était du gâchis. Quitte à être si proche de lui, elle aurait voulu être parfaite, ensorcelante. L'enivrer de son parfum de jasmin et de menthe, le fasciner par la douceur de ses cheveux, mais au lieu de ça il avait l'odeur des algues et du marais et ses cheveux emmêlées de terres et de résidus sableux.

Heureusement, son calvaire ne dura pas longtemps et moins d'une heure après leur départ ils arrivèrent enfin aux fameuses cascades dont parlait Loron. D'abord tirée de sa torpeur par le bruit assourdissant de l'eau, Mellissandre ouvrit des grands yeux alors qu'elle voyait les trombes d'eaux se déverser avec violence sur le sol.

A la manière d'une fontaine, l'eau s'écoulait d'une falaise puis se déversait avec plus de langueur dans divers bassins communiquant. Un peu comme des tasses qu'on aurait empilé et qui débordaient allègrement dans celles qui leurs étaient inférieurs.

Insensible à la beauté sauvage de la nature, Mellissandre dû tout de même reconnaître qu'elle était intriguée. Elle n'avait jamais vu de cascade auparavant après tout. Elle ne feinta donc qu'à moitié sa fascination alors qu'elle admirait l'endroit dont ils s'approchaient.

Sans grande surprise, la halte fut annoncée et elle glissa souplement à terre.

« Vous faites ce que vous voulez, mais je vous préviens, je ne bougerais pas le petit doigt tant que je ne serais pas propre »
, annonça-t-elle avec une fermeté imparable, savourant par avance la sensation de l'eau contre sa peau.

Il ne lui était pas difficile d'allumer un feu avec sa magie, mais elle n'irait pas ramasser la moindre branche avant son bain, ils étaient donc prévenus.

« Dommage, je vous aimais bien en Princesse Monstre des marais », la taquina Loron, lui tirant un petit rire amusé. En tout cas, elle était heureuse de voir qu'il avait cessé de la détester. En fait, vu la façon dont il la dévisageait, elle commençait même à se dire qu'il n'était pas indifférent à ses charmes. Elwig en revanche, continuait à lui jeter régulièrement des regards assassins, manifestement pas près de baisser sa garde en sa présence.

Considérant que le message était clair et ne réalisant même pas qu'elle risquait de passer encore une fois pour une princesse capricieuse, Mellissandre s'approcha d'un des bassins de la cascade et se lava les mains avant d'ouvrir le baluchon épargné par les événements.

Ce n'était pas des robes mais elle avait de la chance dans son malheur car il s'agissait de ses onguents et crèmes. Une multitude de petites fioles et boites soigneusement emballées dans sa cape de voyage. A défaut d'avoir un vêtement propre, elle avait du savon, du parfum, des huiles essentiels et même un baume pour soigner son égratignure au bras. Sans parler de ses tisanes et de ses potions au lyrium.

Dans un élan de générosité, elle sortie un pain de savon gravé aux armoiries de sa famille et le lança au Commandant après un bref avertissement, comme pour tester ses réflexes.

« Miel verveine », déclara-t-elle sobrement pour lui indiquer le parfum. Pour peu, elle lui aurait venté les mérites relaxants et exfoliants de ces plantes mais heureusement, elle était trop préoccupée par son propre bain pour lui faire une leçon.

« Je vais dans ce bassin », prévient-elle en désignant une cuvette d'eau un peu plus sur la droite, assez proche du sol pour être escalade mais qui lui semblait assez profonde pour se plonger dedans. Au moins, les cavités naturelles de la cascade leur offrait un peu d'intimité, surtout vu l'obscurité qui envahissait paisiblement l'atmosphère. Ce qui ne l'empêcha pas d'ajouter avec indolence : « Vous êtes le bienvenue bien sûr, Commandant ~ »

Elle lui fit un de ses sourires taquin, puis, grand prince – ou plutôt grande princesse des marais – elle s'éclipsa pour se dévêtir à l'ombre d'un arbre et épargner à ses yeux chastes la vision de son – magnifique - corps dénudé tout en lui laissant le loisir de faire de même.

Après tout, si Mellissandre se comportait de manière outrancièrement audacieuse depuis leur rencontre, elle n'en demeurait pas moins une sage et jeune vierge. Malgré ses bravades, elle aurait été horriblement embarrassée s'il avait accepté son offre, elle n'avait jamais vu un homme nu de sa vie, la situation aurait été bien trop bizarre. Quand à son propre corps, la simple idée que le prisonnier ait envie de la reculer lui donner la nausée. Si elle n'avait pas eu d'autres choix, elle aurait jouer le jeu mais en l'occurrence elle l'avait, alors autant donnée l'illusion d'être compréhensive et un minimum décente.

Subrepticement elle se glissa donc dans l'eau froide – glacée aurait été le terme plus exacte – frissonnant face à ce choc thermique. Quand bien même elle ne rêvait que de sortir de l'eau, elle prit le temps de soigneusement savonner les moindres recoins de son corps, avant de s'attaquer à ses cheveux. Mèche par mèche elle lava la boue en frottant le sable et la terre. Une tâche consciencieuse qui réclamait toute son attention ce qui ne l'empêcha pas d'entendre un bruissement dans les fourrées.

Pas particulièrement angoissée – les animaux étaient courants dans ce genre de lieux reculés – elle fut néanmoins surprise de voir émergé un visage familier. Stupéfaite, elle se plongea plus profondément dans l'eau, cherchant à cacher ses atouts sous l'écume provoquait par la cascade alors qu'elle croisait spontanément les bras pour voiler sa poitrine.

« Elwig... ? Il y a un problème ? », demanda-t-elle mal à l'aise en le dévisageant de la tête au pied. Vu qu'il portait encore son armure et son épée, il n'avait pas l'air déterminé à prendre un bain avec elle mais elle ne savait pas si cette nouvelle était réjouissante ou plutôt inquiétante.

« J'ai parlé avec Loron », déclara-t-il en jetant un coup d’œil en direction du campement que Loron s'efforçait de monter seul tout en gardant un œil sur le pervers solidement entravé.

Mellissandre qui ne comprenait définitivement rien à la situation lui retourna un regard interrogatif en gigotant mal à l'aise dans l'eau, recroquevillée sur elle même dans un espoir inconscient d'en montrer le moins possible. Vu le regard haineux qu'il lui retourna, ses courbes semblaient néanmoins être la dernière de ses préoccupations.

« Je n'arrive pas à m'ôter de l'esprit que c'est louche cette histoire d'incendie, mais Loron soutient que vous êtes innocente », reprit-il en se rapprochant un peu du bassin trop étroit pour qu'elle puisse suivre son instinct et se reculer.

« Parce que je le suis, c'était un accident », répéta-t-elle en sentant une légère colère l'embrasait. Combien de fois allait-il la soupçonnait d'intention maléfique sous le seul prétexte qu'elle était un mage ?! Bon, elle avait effectivement des intentions maléfiques, mais pas cette fois. C'était vraiment injuste.

« Il y a quelques heures à peine, Loron vous détestez et maintenant il se dispute avec un ami de longue date pour vos beaux yeux, je ne peux pas croire que c'est naturel, vous l'avez ensorcelé ! Lui, et le Commandant, sinon je ne vois pas pourquoi il aurait accepté de vous emmenez et de vous laissez user de votre magie si librement ! », cracha-t-il le ton montant d'un cran tandis que sa mâchoire se crispait. Pour autant, il prenait garde à ne pas crier trop fort pour ne pas perturber le reste de leurs compagnons.

Excédée, Mellissandre soupira : « Cette conversation peut attendre 5 minutes ? J'aimerai finir de me laver avant de devenir bleue », rétorqua-t-elle en lui faisant un signe éloquent de la main pour le chasser comme un insecte, ne cherchant plus à réprimer son léger claquement de dent d'être restée trop longtemps dans l'eau froide. Elle ne mentait pas, ses membres commençaient à être légèrement engourdie.

Ce fut néanmoins son acte de condescendance de trop, car il se saisit à la volée de son bras, l'immobilisant dans une poigne de fer alors qu'elle se laissait lourdement tomber dans l'eau pour faire contrepoids. Sans succès.

« Non, ça ne peut pas attendre. J'ai juré de protéger le monde des gens comme vous, je ne vous laisserez pas gagner plus d'emprises sur eux », vociféra-t-il en jetant un œil en contrebas pour s'assurer que personne ne regardait dans sa direction. L'endroit n'était pas totalement à couvert après tout même si l'obscurité vespérale les dissimulait davantage.

Elle allait protester mais ses paroles se noyèrent dans l'eau. Littéralement. D'un mouvement vif il avait enfoncé son visage dans le bassin, l'empêchant de respirer alors qu'elle suffoquait d'avoir malencontreusement avaler l'eau de la source. En force brute, elle ne valait rien. Avec l'avantage de l'ascendant et sa force colossale, elle n'avait aucune chance d'échapper à son emprise malgré son bras libre qui s'agitait désespérément en essayant de griffer son bras gantés.

Complètement affolée, elle n'avait pas vraiment pris le temps de comprendre la situation, mais il était clair qu'il espérait pouvoir faire passer sa mort pour un accident dans la mesure où il savait pertinemment que ses compagnons ne le laisserait pas faire.

Utiliser la magie était sa seule chance de survis, mais quoi ? Sa spécialité était l’électricité, une très mauvaise idée quand elle gisait dans l'eau, elle risquait de s'électrocuter. Le feu était impossible dans la mesure où ses doigts étaient trempés et que ce n'était pas sa spécialité, et la glace risquait de la geler pour de bon. La magie du sang était une option mais elle manquait de temps, de concentration pour submerger un templier entraîné, sur ses gardes et cruellement déterminé alors qu'elle était au bord de l'évanouissement.

Sentant ses dernières forces l'abandonnait, elle capitula, tentant un ultime geste désespéré. Serrant fermement le bras du templier, elle laissa l'électricité crépité vivement, secouant tout son corps en le paralysant d'un coup tandis que le courant traversait en continue ses muscles. Il lâcha un cri de surprise autant que de douleur, qu'elle imita en attrapant désespérément une infime goulée d'air, profitant de son immobilisation. Malheureusement, elle avait raison de pensée que le courant viendrait jusqu'à elle et perdit connaissance à la seconde où il traversa ses membres.

Ne restait plus qu'à espérer que le bruit ait suffisamment attiré l'attention de ses autres compagnons...
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Posté Mer 9 Aoû - 1:33
Missive 2
Commandant,
Avant votre départ, je souhaiterais tout de même vous prévenir de rester sur vos gardes, avec ce prisonnier. Il est plutôt fourbe et n'hésitera pas à vous balader durant le trajet pour tenter de s'enfuir. Surveillez-le bien, ne sait-on jamais. Bon retour à Fort Céleste !
Une langue bien pendue



Finalement le soir tombait, alors que le groupe arrivait enfin près des cascades. Ils avaient simplement suivi une rivière qui passait à proximité de la zone où ils avaient été attaqués. La cascade s’écoulait en fontaine, d’une eau claire et caressant les rochers y ayant déposé une couche épaisse de calcaire au fil du temps. Il y avait des bassins disposés les uns sur les autres, de tailles diverses, l’eau s’écoulant le long des rochers pour former une rivière qui paraît au loin.

Loron sorti le matériel pour monter le campement, alors qu’Elwig restait proche du Commandant, l’air pensif et très contrarié. Alors que Cullen faisait le tour des environs, Mellissandre ne perdit pas de temps avant de jeter son dévolu sur l’eau clair qui s’écoulait.

« - Bon, préparons le campement rapidement, la nuit est déjà tombée »
« - Vous faites ce que vous voulez, mais je vous préviens, je ne bougerais pas le petit doigt tant que je ne serais pas propre »


Tout le monde la regardait alors qu’elle s’éloignait pour aller près des bassins. Cullen aida alors Loron à monter les tentes, malgré son état pitoyable. Mais il voulait être certain que tout était sécurisé pour eux avant de s’occuper de lui-même. Il était comme ça, toujours à se soucier de la sécurité de ses troupes en premier.

Alors qu’il allait clouer au sol une monture de la tente, il eut le réflexe d’attraper ce que lui lançait Mellissandre, un carré de savon aux armories de sa famille, probablement.

« - Miel Verveine »

Il ne répondit pas, gardant toujours le précieux savon entre ses mains, tout en levant les yeux vers elle.

« - Je vais dans ce bassin, dit elle en désignant celui qui était à l’opposé du campement, vous êtes le bienvenue bien sûr »

Il ne savait pas pourquoi il ressentait une grande gène de sa part, suite à ses paroles. Mais elle reparti fière en direction de ses bains, très probablement pour se dénuder et ensuite plonger dans l’eau qui semblait particulièrement froide.

Enfin éloignée, Loron ne la quittait alors plus des yeux pendant que Cullen achevait de dresser la tente. C’est là qu’Elwig s’approcha de lui et le saisi par le col de sa tenue pour être certain de capter son regard.

« - Dit donc, tu la trouve jolie, on dirait ! Elle t’a jeté un sort maintenant ? »
« - De quoi tu parles, Elwig ? »
« - N’oublie pas que tu es un templier et que tu dois combattre des hérétiques comme elle. Je constate donc que tu es faible face à ses duperies. »
« - Moi faible ?! Par le Créateur, Il faudrait te calmer d’abord, c’est toi qui n’es pas capable qu’on peut lui faire confiance »
« - On ne peut pas lui faire confiance ! »


Et alors qu’ils commençaient gentiment à s’en prendre l’un à l’autre physiquement, le Commandant s’interposa entre les deux, en les poussant chacun à l’opposé de l’autre.

« - Il suffit maintenant, ce n’est ni le lieu ni le moment pour se quereller entre nous »
« - Facile à dire, Commandant. Elle vous a aussi dupée, vous ne l’aurez jamais accepté aussi facilement dans nos rangs, et je trouve qu’elle prend un peu trop ses aises. C’est à cause d’elle que notre chariot a prit feu !»
« - Entre nous, Elwig, c’est surtout pour avoir une alliance avec Tevinter que je l’ai prise avec nous, Dorian ne pouvant pas nous aider à ce sujet étant donné qu’il est un paria. Le reste ne dépend pas de moi, qu’elle soit mage non plus. »


Suite à ses paroles Loron parti chercher du bois, histoire de ne pas attiser d’avantage la colère de son coéquipier. Cullen, lui, commença à s’ôter son équipement qui était plein de terre, restant près de la tente pour le faire. Elwig, sous la colère quitta les lieux également.

Cullen observa son équipement et fut étonné de voir autant de terre et de plantes végétales désormais sèches dessus. Il attrapa son manteau et le secoua pour ôter le maximum de saletés, mais fut certain qu’il allait devoir les faire tremper dans les sources qui se trouvaient plus loin. En enlevant les couches les unes après les autres il remarqua que plus il enlevait un vêtement plus de la terre s’en dégageait. Pourtant, il n’était pas resté longtemps dans l’eau, mais la tourbe qui s’y trouvait s’était rapidement infiltrée. Il se servit du haut de la tente pour disposer ses affaires et se retrouva rapidement à Torse nu, s’enlevant la terre qui s’y trouvait d’un geste sec des mains.

Soudain il entendit un bruit strident, et un claquement qui le firent subitement se retourner en direction des sources. Loron, qui arrivait avec le bois, avait aperçu une lumière au loin et lâcha tout d’un coup ce qu’il tenait.

« - ça venait des sources ! »

Les deux hommes ne prirent pas une seconde de plus avant de partir en courant vers le bruit et d’apercevoir Elwig complètement sonné… Loron fut le premier à s’arrêter auprès de lui pour s’assurer qu’il aille bien, alors que Cullen cherchait Mellissandre du regard. Il s’aperçu qu’elle était sous l’eau et n’hésita pas une seconde à sauter dans son bassin pour aller la récupérer au fond de l’eau, visiblement inconsciente.

Il la souleva alors se retrouvant face au corps dénudé de la jeune femme ce qui le mit passablement mal à l’aise sur le coup. Il enjamba le bord de du bassin et l’allongea sur le côté une fois qu’il atteignit l’herbe.

« - Loron, allez chercher une couverture, faites vite »
« - Oui, Commandant »


Et il s’éloigna, laissant désormais seul le Commandant avec ses deux agents blessés. Sous le regard accusateur d’Elwig il tapotait le dos de la jeune femme pour que l’eau se décide enfin à sortir de ses poumons.

« - Plus ça va, pire c’est… »

« - Vous m’excuserez, mais j’aimerais bien la ramener auprès de Joséphine vivante »
« - Pourquoi la ramener, déjà !? »
« - Je vous l’ai expliqué il y a pas moins de 10 minutes ! Cessez de discuter mes ordres, Elwig ! »


En revenant, Loron jeta la couverture à terre et se retourna vers son compagnon d’arme.

« - Tu es satisfait, maintenant ? Tu as pu profiter de sa faiblesse ?! »
« - Oh toi rajoutes pas une couche,
hurla-t’il en se levant pour affronter son compagnon, il n’y a que moi qui me rappelle de notre devoir ?! »
« - Avant d’être des templiers nous sommes des agents de l’inquisition. Nous avons des directives et ceci est une opportunité pour avoir des alliés. Alliés que l’on recherche pour vaincre Corypheus et rétablir l’ordre ! »

Ils étaient en guerre certes, mais il ne fallait pas l’utiliser comme prétexte. Cullen attrapa la couverture et la déposa sur le corps encore frêle de la jeune fille.

« - Mettez de côté vos différents jusqu’à ce que l’on rentre. Ne va pas dire qu’elle a essayé de vous tuer depuis son bain parce que ce n’était absolument pas le cas. »

Mellissandre semblait hors de danger et Elwig reparti au campement pour faire un feu et préparer le repas, pour se changer les idées. Loron, lui, préféra aller dormir.

« - Pour Mellissandre… ? »

« - Laissez-là ici, sinon il serait encore capable de la jeter au feu. En attendant qu’elle se réveille, je la garde à l’œil pendant que je me baigne. »
« - Bien, commandant.. »


Puis il reparti, laissant alors Cullen seul avec le corps endormi de Mellissandre qui était allongée dans l’herbe juste à côté. Le commandant lui jeta un dernier coup d’œil avant de finir de se dévêtir entièrement et entrer dans le bassin, préférant utiliser la puissance d’une chute d’eau pour se décrasser plutôt que se prélasser dans de l’eau gelée.

D’ailleurs il ne se gêna pas d’utiliser le savon que la jeune femme qui avait passé un peu plut tôt. Il la surveillait du coin de l’œil, mais elle était hors de danger et ses deux hommes étaient au campement les deux, visiblement pas entrain de s’entretuer c’était déjà bon signe.

Cependant, alors que la jeune femme reprit gentiment conscience, il fallait qu’elle se prépare à deux choses : La première qu’elle avait très probablement été vue à poile par tout le campement, la seconde à avoir une magnifique vue de dos sur le corps dénudé du commandant entrain de se laver comme si de rien n’était. Quand ce dernier remarqua qu’elle avait reprit ses esprits, il lui glissa une petite pique pour détendre l’atmosphère.

« - Ainsi nous sommes quittes »

il ne tarda pas à enchaîner la discussion sans bouger pour autant, d’ailleurs il était certain qu’elle avait déjà vu un homme nu, tant elle passait son temps à faire des remarques à ce sujet. Il ne se gêna pas plus que cela, et continuait de se laver.

« - Comment vous sentez-vous ? »

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Posté Mer 9 Aoû - 21:50
La peau gelée et bleuit par l’eau, Mellissandre ressemblait à un cadavre. Inconsciente, elle gisait mollement dans les bras de Cullen jusqu’à ce qu’il se décide à la poser au sol, frictionnant son dos dans l’espoir de chasser l’eau de ses poumons. Il avait de la chance qu’elle respirait encore, sinon il aurait fallut être bien plus entreprenant pour la sauver.

Ce n’est que de très longues minutes plus tard que la jeune femme émergea lentement de son inconscience. Endolorie, elle peinait à bouger le moindre muscle, la maigre couverture qui lui avait été passée sur le corps ne contribuant pas vraiment à la réchauffer. Avec de légers gémissement lancinants, la jeune femme se redressa donc péniblement, l’esprit complètement embrumé.

Désorienté, son premier réflexe fut de regarder les alentours à la recherche d’un ultime danger mais ce qu’elle trouva à la place fut pour le moins inattendu. Le Commandant. Nu.
Choquée, la jeune femme avala sa salive de travers, toussant donc bruyamment suite à cette maladresse. Heureusement, vu les événements on ne pouvait pas lui en vouloir vraiment.

Alerté, le Commandant lui lança une petite pique qu’elle mit du temps à interpréter, devenant rouge pivoine alors qu’elle glissait les yeux sur son propre corps dénudés à peine emmitouflé dans une couverture. Elle avait encore du mal à recoller les morceaux de l’histoire, à comprendre ce qui s’était passé, mais elle comprenait fort bien que Cullen – peut-être Loron également – était venu la sauver et qu’ils avaient donc pu allègrement profiter du spectacle. Enfin, au moins avaient-il pu constater que ses courbes parfaites n’étaient pas plus des illusions d’optiques que les muscles du commandant…

Elle était en vie, elle n’allait donc pas se plaindre mais c’était tout de même fort embarrassant. Sans parler de la présence nonchalante du commandant qui finissait de se laver. Toute talentueuse qu’elle soit, Mellissandre ne pouvait pas se glisser dans la peau d’un personnage aussi audacieux sans être pleinement éveillée, aussi, aucune réplique salace ne lui vint en réponse à la pique du commandant, aucun commentaire licencieux ou tentative ostentatoire de le séduire. La pauvre Mellissandre se contentait de frisonner en regardant avec ferveur le sol pour ne pas apercevoir la musculature ridiculement impressionnante de Cullen, fascinée par la différence de température entre ses extrémités glacées et ses joues brûlantes.

Il lui avait demandé comment elle allait, mais toute préoccupée qu’elle était de compter les brins d’herbes, il lui fallut un certain temps pour répondre d’une voix mal assurée un succinct : « ça va. »

En soit, vu ses airs habituellement si flamboyants, le laconisme de sa phrase suffisait à dire que ça n’allait pas, tout comme sa voix légèrement éteinte à cause de tout ce qu’elle avait subit. Chancelante, Mellissandre se redressa, peinant à tenir debout, d’autant plus qu’elle fixait toujours le sol à ses pieds.

« Je vais aller me réchauffer près du feu », averti-t-elle cherchant un prétexte fondé pour quitter la présence du Commandant. En fait, elle n’avait aucune idée de pourquoi il l’avait gardé là mais la présence du brasier crépitant en contrebas était trop tentante. Désireuse de s’éloigner le plus rapidement possible, elle serra le tissu contre elle pour se couvrir vaguement, récupérant ses affaires qui traînaient un peu plus loin.

Se sauvant plus qu’elle ne marchait, elle trottina donc jusqu’au campement où elle se retrouva nez à nez avec Elwig. Difficile de dire lequel des deux était le plus surpris ou en colère. L’esprit encore vaporeux, elle n’avait pas songé à ce qui était advenu de son agresseur, sans doute l’imaginait-elle mort. Le voir était donc une très mauvaise surprise.

« Qu’est-ce que vous faites-ici ! », s’exclama-t-elle furieuse, encore trop sous le coup de la peur, du désespoir, de la douleur pour se composer un masque, pour refouler des émotions qu’elle avait peu l’habitude de ressentir. Elle qui se sentait souvent comme un fantôme était bien vivante ce soir.

« Je vous retournerais bien la question mais le Commandant va encore se fâcher », rétorqua-t-il en lui lançant une moue dédaigneuse, poussant nonchalamment une bûche avec un bâton pour entretenir le feu.

« Vous avez essayé de me tuer », hurla-t-elle, toute retenue oubliée, sa voix raisonnant probablement jusqu’aux sources, tandis que le prisonnier toujours bâillonné profitait du spectacle.
« Et c’est bien dommage que j’ai échoué », rétorqua Elwig avec tout le mépris du monde.

La goutte d’eau de trop. Excédée, enragée, Mellissandre peut habituée à composer avec ses sentiments tendit la main dans le but tout à fait avoué de griller son interlocuteur tout en vociférant des insultes en tévène.

Heureusement que Loron réveillé par la querelle s’interposa à ce moment, attrapant son bras avant de lui tordre dans le dos.

« Lâche-moi ! », cria-t-elle avec une certaine hystérie, se débattant malgré la douleur que cela provoquait dans ses articulations.

« Calmez-vous dame Mellissandre, il ne vous fera plus de mal je vous le promets », répondit-il d’une voix qu’il voulait apaisante, tandis que la jeune mage se débattait toujours comme une furie, ses jambes battant le vide tant il maintenait bien sa prise.

« Mais il a essayé de me tuer », répéta-t-elle sa colère cédant place à une légère dose de souffrance, de désespoir tandis que sa voix allez decrescendo. La petite princesse capricieuse qu'elle était n'arrivait pas à surmonter le simple fait que son agresseur soit toujours envie. Qu'il n'ait pas été neutralisé.

Elle répéta son assertion une troisième fois, sans se rendre compte qu’elle s’était mise à pleurer. Pour de vrai. Cela faisait des années qu’elle n’avait pas verser autre chose que des larmes de crocodiles, mais elle n’arrivait pas à s’en empêcher.

Elle se souvenait trop bien du froid, de l’obscurité, de ses poumons qui réclamait désespérément de l’air. Elle ressentait encore la brûlure de l’eau gelé dans sa gorge, le désespoir d’être trop faible pour sortir des flots, la fermeté de cette poigne dans ses cheveux. Elle avait mal, mais surtout, maintenant qu’elle était hors de danger, elle avait peur. Elle était terrifiée de réaliser à quel point la mort avait été proche. Ce n’était pas pareille que lors d’un combat, elle avait été si impuissante, c’était ça qui était terrifiant.

Ayant cessé de se débattre, Loron la lâcha doucement et elle s’effondra sur le sol en cachant ses yeux rougis entre ses mains pour pouvoir pleurer encore plus en gardant un soupçon de dignité.

Elwig dû faire un geste de trop, car Loron s’éloigna de Mellissandre pour lui attraper le bras, le forçant à reculer et pendant qu’ils s’échangeaient des regards menaçants, il ne leur vint pas à l’esprit de réconforter la jeune femme qui continuait d’évacuer son traumatisme à renfort de sanglots et de gémissements plaintifs.

Une chose était sûr, la situation promettait d’être tendue. Mellissandre craindrait trop de se retrouver avec une épée entre les côtes pour rester une seule seconde seule avec son Némésis en train de roder dans les parages.
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Posté Jeu 10 Aoû - 1:58
Missive 2
Commandant,
Avant votre départ, je souhaiterais tout de même vous prévenir de rester sur vos gardes, avec ce prisonnier. Il est plutôt fourbe et n'hésitera pas à vous balader durant le trajet pour tenter de s'enfuir. Surveillez-le bien, ne sait-on jamais. Bon retour à Fort Céleste !
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Malgré sa question, elle ne répondit pas tout de suite. Il jeta un œil par-dessus son épaule, il vit la fille comme transformée, perdue. Malgré ses états d’âme, elle paraissait être différente cette fois-ci, une autre personne. C’était la première fois pour Cullen qu’il regardait Mellissandre avec un œil plus doux, presque compatissant.

« - Je vais aller me réchauffer près du feu »

Elle se releva, fixant machinalement le sol puis tourna le dos en direction du campement. Elle ne tarda pas à partir au petit trot pour se dépêcher de l’atteindre, le commandant ne la quittant pas des yeux.

Il s’assura qu’aucun de ses templiers de l’attaque, mais finalement Elwig ne bougea pas. Il reprit alors ses petites besognes. L’eau était absolument gelée, mais cela ne lui importait peu, car il préférait les douches froides qui favorisaient bien des choses.

Rien de tel qu’une bonne petite douche pour se revitaliser un peu ! Et sentir cet effet graveleux en moins sur sa peau le mettait sur son petit nuage, jusqu’à ce qu’il entende crier en direction du campement.

« - Vous avez essayé de me tuer ! »

C’était reparti, une nouvelle querelle entre Mellissandre et Elwig, si ça continuait Cullen allait vraiment perdre patience. Il s’appuya le front et les mains contre le rocher qui se trouvait en face de lui, hésitant presque à se donner un bon coup pour se réveiller de cette situation bien étrange.

Il savait désormais qu’il ne fallait pas amener de mages avec lui ça portait malheur… Il tentait de rester calme jusqu’à ce qu’il entende ces cris de plus belle et bien plus forts qu’auparavant. A quoi bon de commencer à réciter des prières, il fallait qu’il mette ses choses au clair, et rapidement. Il se retourna et quitta la source, l’eau encore ruisselante sur son corps tout entier. Il enfila alors son pantalon et se dirigea vers le campement.

Lorsqu’il approcha le campement, Mellissandre était à terre en pleure et les deux templiers se retournèrent aussitôt qu’ils le virent arriver. Le Commandant n’eut pas besoin de s’exprimer pour démontrer son mécontentement. D’ailleurs il n’y avait plus eu un seul bruit depuis qu’il avait mit les pieds en ces lieux, mise à part le prisonnier qui émettait des bruits de moqueries.

Les deux templiers partirent chacun de leur côté pour éviter de se recevoir les foudres du Commandant qui pouvait se montrer particulièrement désagréable quand il était en colère. L’un finit par rentrer dans une des deux tentes qui était montée, l’autre attrapa un des cochards qui grillait sur le feu et parti s’installer contre un arbre un bout plus loin.

Cullen analysa alors tout le campement et alla finalement s’installer près du feu où il avait installé sa couche un peu plus tôt. Il regarda alors la nourriture griller, puis son regard dévia vers Mellissandre. Il lui tendit un des cochards qui grillait et insista pour qu’elle le prenne.

« - Il vous faut manger, Mellissandre. »

Puis il s’allongea observant le ciel étoilé, en croisant les bras derrière la nuque. Il se mit à l’aise et se perdit dans ses pensées, bercé par le craquement du feu qui brûlait à côté de lui.

« - Nous ne sommes pas à la cour royale de Tevinter où des gardes rapprochés vous protègent du monde extérieur. Pour bien moins que cela ces templiers auraient été châtiés, si vous en aviez donné l’ordre. Mais dans ce monde, c’est à vous de vous adapter, de vous montrer docile et moins provoquante si vous n’êtes pas capable de vous défendre seule. Ce n’est pas un reproche bien au contraire, cela vous a permit d’apprendre. »

Les nobles ne se rendaient pas compte de ce que cachait le monde en dehors de la soie et des murailles épaisses qui les protégeaient de tout. Peut-être qu’elle avait compris, mais il ne voulait pas lui faire penser que cet incident, bien que regrettable, n’était pas un cas isolé. Et heureusement que ses hommes n’étaient pas des brutes de guerriers qui n’auraient sans doute pas hésité à la forcer à faire des choses. Il ne voulait pas lui faire peur, du coup il se retint de lui faire part d’avantages de reproches.

« - Je suis de garde durant la première partie de la nuit. Si cela vous dit, vous pouvez rester près du feu, mais la seconde tente vous est réservée si vous le souhaitez. »

Elle pouvait voir qu’il comptait bel et bien rester dormir à la belle étoile ce soir. Tout son matériel était étalé à l’extérieur des tentes, ses vêtements séchant à un recoin, son lit de l’autre…

« - N’ayez crainte je surveille le camp, ce soir »

Il lança un regard mauvais au prisonnier qui était attaché contre un arbre, quelques mètres plus loin. Heureusement qu’il était bâillonné, cela aurait sûrement évité des remarques de sa part.

« - Puis-je me permettre : que s’est-il passé tout à l’heure ? »

Il avait conclu que l’un avait essayé de tuer l’autre en entendant hurler au travers de la foret tout à l’heure. Mais le Commandant ne savait pas vraiment de quelle manière et surtout ce qui s’était vraiment passé. Il souhaitait mettre les choses au clair, et de ce fait, savoir ce qui la tracassait vraiment.

« - A moins que ce ne soit cette vision désagréable de ma peau sous vos yeux innocents ~ ? »

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Posté Jeu 10 Aoû - 12:37
Toujours sanglotante sur le sol, Mellissandre aurait très puérilement souhaité que ses parents soient là. Respirer l’odeur des cheveux de sa mère, se lover dans les bras puissants de son père. Il n’y avait qu’avec eux qu’elle pouvait être en sécurité, qu’elle pouvait être heureuse. Dans ses larmes, il y avait de la peur, de la frustration mais sans doute aussi un peu de nostalgie d’être si loin des siens, si loin des règles qu’elle connaissait.

La voix du Commandant la ramena à la raison et réalisant subitement son indécence à pleurer ainsi, elle sécha immédiatement ses larmes en ravalant un dernier hoquet. Quelques profondes respirations plus tard elle était à nouveau maîtresse d’elle même, mis à part ses yeux un peu gonflés, rien ne pouvait trahir ses précédent émois, elle avait retrouvé toute son altière dignité. Un regard sur Cullen qui était toujours torse nu lui rappela la vision fort indécente qu’elle avait eu quelques instants plus tôt et elle sentit ses joues se roser avant de chasser son malaise pour donner illusion.

Docile, elle se rapprocha des flammes et attrapa le cochard grillé entre ses doigts, l’examinant d’un œil circonspect avant d’en prendre une petite bouchée. La cuisine raffinée de Tevinter lui manquait mais c’était tout à fait mangeable et elle se retrouva à croquer avec avidité dans son morceau de viande, réussissant par miracle à avoir l’air d’une femme respectable et élégante malgré tout. C’était ça le vrai talent.

Concentrée sur sa mastication, elle sursauta presque en entendant le Commandant commencer à lui faire la moral, sans doute dans l’intention de l’endurcir un peu. Placide, Mellissandre le regarda intensément, son cochard dans une main, serrant sa couverture qui lui servait toujours de vêtement dans l’autre. Autant dire que le tableau était un peu surréaliste et qu’à cet instant elle n’avait guère l’air d’une noble de Tevinter si ce n’est son port de tête.

« J’avais quatre ans la première fois que quelqu’un a essayer de m’assassiner », répondit-elle avec un certain détachement en reprenant une bouchée de nourriture. « Un des scorpion les plus venimeux de Tevinter dans mon lit », ajouta-t-elle toujours aussi indifférente, lui indiquant par la même l’arme fort exotique du crime. « Une autre fois c’était du poison dans mon verre. Il y a eu aussi la fois où quelqu’un s’est simplement infiltré dans la maison avec ses dagues… Et puis cette esclave qui a essayé avec une de mes épingles à cheveux…  Oh, j'ai eu un elfe psychopathe avec une grosse épée une fois aussi. Et je ne parle même pas des combats que j’ai déjà vécu. », continua-t-elle toujours aussi neutre, le souvenir de ses tentatives ne la faisant même pas frémir. Il se passait rarement une soirée mondaine sans un petit meurtre, c’était monnaie courante là-bas. Non, ce qui l’avait vraiment terrifié cette fois là était dans la façon dont il s’y était pris, et ce qui l’avait achevé, c’est qu’elle ne pouvait rien faire pour se débarrasser de cette menace.

« Mais personne n’a jamais été aussi proche de réussir », conclu-t-elle en regardant Cullen dans les yeux, montrant la colère latente qui faséyait encore indolemment en elle. « Et surtout... je ne me suis jamais sentie si impuissante », avoua-t-elle finalement avant de secouer la tête pour chasser les émotions négatives qui menaçait de s’emparer d’elle à nouveau. « Je ne pense pas que vous réalisez à quel point c’est frustrant de voir la personne qui vous a infligé cela marchait librement et de savoir que vous ne pouvez rien faire, que vous ne pouvez pas obtenir justice », conclu-t-elle avec un léger ton de reproche alors qu’elle dévisageait toujours le Commandant aussi intensément.

Toutefois, elle finit par soupirer, s’étirant comme un chat en veillant à ne pas perdre sa couverture de fortune pour autant. « Mais vous avez raison, j’ai été naïve de croire que je pouvais baisser ma garde en votre présence. Elwig n’aurait jamais pu m’approcher ainsi, si je n’avais pas été si imprudente », avoua-t-elle davantage dur envers elle même qu’il ne l’imaginait. « Pourtant, je sais très bien qu’on ne peut faire confiance à personne... », conclu-t-elle plus pour elle que pour lui, très amère d’avoir oublié la première leçon fondamentale qu’on lui avait enseigné. Elle était entourée de serpents.

Trop zélée d’acquérir la confiance de l’Inquisition elle avait perdu des réflexes salvateurs. Il faut dire que la situation était épineuse : elle ne pouvait pas attaquer à vue ses compagnons comme elle l’aurait normalement fait. Sa mission l’entravait, maintenant elle savait à quel point cela serait compliquée d’assurer sa propre sécurité sans commettre un impair irréparable auprès de ses nouveaux alliés.

Ayant sans doute compris qu’elle n’avait pas l’esprit tranquille de savoir son assassin si proche d’elle, Cullen lui proposa de rester près de lui un certain temps, lui assurant qu’il veillerait sur sa sécurité. Une proposition tentante au demeurant même si en réalité qu’est-ce qui pouvait lui garantir que le Commandant n’avait pas d’intentions néfastes à son égard ?

Toutefois, elle n’eut pas le temps d’approfondir ses réflexions car il lui demanda ce qui s’était passé avant de lui lancer une petite pique. Prise au dépourvu, elle s’étouffa légèrement avec son ultime morceau de viande, avant de retrouver toute sa contenance, recomposant son personnage audacieux pour lui renvoyer un sourire malicieux.

« Désagréable ? », souligna-t-elle en penchant légèrement la tête sur le côté, détaillant ostensiblement le torse musclé qu’elle avait sous les yeux et qui était indéniablement séduisant en dépit des fines cicatrices qui se dessinaient dessus. Ou peut-être à cause d’elles, allez-savoir. « Vous savez parfaitement que vous êtes bel homme, à moins que je ne vous l’ai pas encore assez dit ? », le taquina-t-elle d’une voix sensuel qui sonnait presque comme une menace. Elle s’était calmée sur les compliments, mais s’il la cherchait, il allait la trouver.

En fait, elle n’avait aucune envie de réellement lui raconter les événements car cela signifiait raviver des souvenirs encore douloureux. Et puis elle avait un personnage à incarner après tout. Se relevant, elle lui fit donc face, toujours vêtue de sa fine couverture, qui menaçait de tomber à tout instant, désireuse de lui retourner sa provocation.

« Et vous Commandant, vous n’avez pas trouvé mon sauvetage trop 'désagréable' ? », susurra-t-elle avec une audace déconcertante compte tenu de sa gêne intérieur. Mais bon, ce qui était fait était fait, autant s’en servir à son avantage désormais. Si les images de son corps dénudés dansaient au moins quelques bonnes minutes dans sa mémoire, elle aurait gagné.

Fatiguée de devoir sans cesse prendre garde à ne pas finir à nouveau en tenue d’Eve, elle chercha des yeux quelque chose qui pouvait faire office de vêtement maintenant que sa robe était fichue. Évidemment, elle ne manqua pas d’apercevoir la tunique du commandant qui avait presque finie de sécher à côté de son horrible manteau de fourrure.

Attrapant le haut sans demander sa permission, elle coula un regard sensuel sur le Commandant toujours torse nu, un de ses éternels sourires facétieux aux lèvres. « Puisque vous ne semblez pas en avoir besoin », minauda-t-elle avant de se retourner en direction de la tente, attrapant à la volé ses affaires. « Je vous l’emprunte... »

Quelques instants plus tard, elle ressortie effectivement vêtue de son vêtement, qui, à l’image de celle qu’on lui avait fournis la veille couvrait le strict minimum. Elle en avait d’ailleurs profité pour se coiffer, réunissant ses cheveux en chignon pour que les gouttes cessent de couler le long de son échine, mais aussi et surtout pour se parfumer, s’assurant par la même occasion que sa délicieuse odeur sucrée de jasmin et de menthe imprègne ses vêtements.

Lui accordant à peine un regard victorieux, elle retourna ensuite en direction des sources pour laver sa robe, revenant de longues minutes après la faire sécher au coin du feu, promesse qu’il pourrait un jour récupérer son bien.

Finalement, elle avait décidé d’accepter son offre et elle s’installa donc ses affaires au coin du feu, non loin de lui, s’allongeant en lui tournant le dos emmitouflé dans une couverture.
« Bonne nuit Commandant », déclara-t-elle d’une voix douce avant de se souvenir qu’il devait monter la garde. « Non, surtout pas en fait, restez-bien éveillé », se ravisa-t-elle en lâchant un petit rire moqueur dirigé contre elle même.

Après toute ces péripéties, elle était épuisée, un peu de sommeil ne lui ferait pas de mal. Malheureusement, étant insomniaque depuis des années, son plan ne se déroula pas tout à fait comme prévu. Après avoir sombrer dans son habituel sommeil sans rêve, quelques démons lui rendirent visite, jouant sur son traumatisme encore frais. De l’eau partout, le liquide qui s’infiltrait dans ses poumons, sa tête trop lourde pour être soulevée et des vois sardoniques qui lui susurraient qu’elles pouvaient l’aider…

Réveillée en sursaut, Mellissandre essoufflée papillonna des yeux, réalisant qu’elle avait probablement gigoté dans son sommeil vu à quel point elle était décoiffée. Un peu hagarde, elle se frotta les yeux jetant un œil au Commandant, inquiète de savoir si elle avait parlé dans ses cauchemars. Ce n’était jamais rassurant de savoir qu’un mage entendait des démons après tout.

Fermant les yeux, elle s’étira avant de s’asseoir, posant sa tête sur ses genoux, toujours dissimulée sous la couverture. Elle n'était pas prête de s'endormir à nouveau.

« Vous vouliez savoir ce qui s’était passé tout à l’heure », souffla-t-elle finalement, orientant la discussion vers les événements pour éviter qu’il ne se doute de la récurrence de ses mauvaises nuits. Elle soupira, oscillant entre des envies contraire de chasser les souvenirs et de les appeler pour lui fournir une description suffisamment éloquente.  

« Il a essayé de me noyer. Il m’a attrapé les cheveux et il m’a mis la tête sous l’eau », décrivit-elle de manière tout à fait mécanique, déshumanisant l’acte pour ne pas se souvenir de la sensation de suffocation, de la force de sa poignée qui tiraillé son cuir chevelure et l’empêchait de sortir sa tête. « J’ai réussis à lui envoyer une décharge, mais l’eau conduit bien l’électricité alors je savais que je la sentirais aussi. »

En fait, cela lui faisait plus de bien d’en parler qu’elle n’aurait cru. Cela avait quelque chose de cathartique.

« C’est la seule raison pour laquelle il est encore en vie », conclu-t-elle sa voix glaciale empêchant le moindre doute sur sa sincérité. Tout allié qu’il soit, s’il la touchait encore, elle n’hésiterait pas et personne ne pourrait le lui reprocher.
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Posté Ven 11 Aoû - 1:13
Missive 2
Commandant,
Avant votre départ, je souhaiterais tout de même vous prévenir de rester sur vos gardes, avec ce prisonnier. Il est plutôt fourbe et n'hésitera pas à vous balader durant le trajet pour tenter de s'enfuir. Surveillez-le bien, ne sait-on jamais. Bon retour à Fort Céleste !
Une langue bien pendue



Il se mit à sourire malicieusement après avoir dit ça.. Cela permettrait à cette tévintide de se calmer et de penser à autre chose, qui sait. Il ne fut néanmoins pas surprit de la réaction de Mellissandre suite à sa pique.

«  - Désagréable ?, répondit-elle en le reluquant d’avantage, Vous savez parfaitement que vous êtes bel homme, à moins que je ne vous l’ai pas encore assez dit ? »

Il n’avait pas la forte impression qu’elle profitait du spectacle, lorsqu’elle se trouvait près de lui. Mais peu importait, il se contenta de lui répondre d’un rire. Elle esquiva la question qu’il l’avait posé comme si elle essayait d’entretenir une certaine fierté malgré ses blessures.

Elle se leva, la couverture glissant légèrement le long de son corps encore frêle. Elle la tenait d’une main, et avait l’air de ne pas se douter qu’elle menaçait de tomber. D’ailleurs du point de vue de Cullen qui se trouvait encore couché à terre, il eut une entrevue sur sa hanche dénudée qu’il lorgna quelques instants et fis comme s’il n’avait jamais rien vu.

«  - Et vous Commandant, vous n’avez pas trouvé mon sauvetage trop ‘’désagréable’’ ? »

Une noble qui se laissait imaginer qu’elle n’était pas choquée par avoir été touchée nue par un homme qu’elle connaissait à peine. Malgré le fait qu’elle avait probablement un profond malaise, elle ne démontrait aucun ressenti à ce sujet. Cullen s’assis alors, un pied à terre en posant le bras sur le genou qui lui servirait d’accoudoir et observa la jeune femme de plus près.

«  - Vous êtes douée pour mentir, ne me faites pas croire que mes mains ‘’ baladeuses ’’ vous ont laissée indifférente. »

Il n’allait pas se vanter d’avantage et ria en voyant à quel point elle commençait vraiment à ne plus arriver à tenir la pauvre couverture qui cachait son corps.

«  - Allez vous changer, avant que vous ne finissiez vraiment par tolérer une seconde fois que je vous reluque »

Elle parti alors en direction de la tente d’un pas lent et très sensuel pour se saisir d’un des vêtements de Cullen qui la regarda faire sans dire mot.

«  - Puisque vous ne semblez pas en avoir besoin, je vous l’emprunte.»
«  - Et demain soir vous allez piquer la tenue du prisonnier ? »


Il plaisantait bien entendu, mais elle avait un certain don pour piquer les vêtements des autres, et surtout quand ces derniers étaient trop grands pour elle. Il ne fit pas vraiment attention à elle, qui se dirigea vers la tente pour enfiler ses vêtements, pendant qu’il se prélassa tranquillement au coin du feu.

Il se perdit dans ses pensées, fermant les yeux pour profiter de sa tranquillité si soudaine alors que Mellissandre partait laver son linge près des sources. Quelques instants après, elle revint étendre sa robe et vint installer ses affaires  à côté du feu. Suite à cela, elle s’installa et se positionna dos à lui pour dormir.

«  - Bonne nuit Commandant…Non, surtout pas en fait, restez bien éveillé »
«  - J’y veillerai ~ »


Alors qu’elle semblait endormie, ou du moins dans ses pensées, Cullen écrivais des missives qu’il devait envoyer à des alliés et compléter ses démarches administratives habituelles qu’il faisait en règle général dans son bureau.

Il écrivait encore quand la jeune femme se mit à gémir, puis à s’agiter avant de se réveiller en sursaut. Cullen observait cela, et se rappelait des nuits horribles qu’il passait quand il essayait de dormir… En règle général il ne passait pas des nuits bien longues tant il se tourmentait dans son sommeil.

Quand Mellissandre se retourna pour jeter un œil sur lui, il était assis, adossé contre ses affaires et l’observa silencieusement.

«  - Rêves tourmentés ? »
«  - Vous vouliez savoir ce qui s’était passé tout à l’heure. »
«  - Si cela n’est pas un problème pour vous »
«  - Il a essayé de me noyer. Il m’a attrapé les cheveux et m’a mis la tête sous l’eau »
«  - Vraiment… ? »
«  - J’ai réussis à lui envoyer une décharge, mais l’eau conduit bien l’électricité alors je savais que je la sentirais aussi. »
«  - Il en va de soit… Mais que vous est-il passé par la tête à ce moment-là ? »


Bon un mal pour un mal, dans les deux cas elle aurait pu mourir… Cette situation était délicate à cause du conflit mage/templier qui régnait depuis la chute à Kirkwall… Il se retint de dire quoi que ce soit, mais il ne pouvait que comprendre la haine qui la hantait.

«  - C’est la seule raison pour laquelle il est encore en vie »
«  - Dans tous les cas vous avez eu de la chance… »


Il posa ses affaires et se redressa envers elle, prenant soin de poser la plume dans la reliure de ses écrits.

«  - S’il souhaitait vraiment vous tuer il l’aurait fait d’un geste de la main, les templiers connaissent d’innombrables techniques pour tuer des mages rapidement. »

Il releva les yeux vers elle, le regard cette fois bien plus sérieux qu’auparavant.

«  - A moins qu’il ait voulu vous donner une mort lente, par pur sadisme. »

Puis il reprit une buche et la remit dans le feu pour le maintenir en vie avant de reprendre ses affaires.

«  -  Je ne permettrai pas de morts inutiles, alors que nous sommes en plein conflit. Les mages, les templiers… Et maintenant les venatoris. Je ne vais prendre la défense de personne, mais j’aimerais que cela cesse et rapidement. »

Il se leva et avança en sa direction

«  - En tout cas je me doutais pas que vous aviez des insomnies, en voilà un drôle de point commun »  

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Posté Ven 11 Aoû - 2:45
Plus le temps passait, plus Mellissandre songeait qu’elle avait probablement mal jugé le Commandant. Sans dire qu’il était à l’aise avec les femmes, il la provoquait trop pour ne pas apprécier leurs joutes verbales. De son côté, elle était une oratrice trop avisée pour ne pas répliquer aussitôt par un nouveau trait d’esprit.

«  - Vous êtes douée pour mentir, ne me faites pas croire que mes mains ‘’ baladeuses ’’ vous ont laissée indifférente. »
« Vous marquez un point. Mais ce n’est pas un mensonge, c’est du pragmatisme », concéda-t-elle drapée dans son habituelle dignité. « Quand à vos 'mains baladeuses', si j’en crois les allégations de notre cher prisonnier, je ne pense pas que vous soyez homme à profiter de la situation », ajouta-t-elle avec un petit sourire en coin alors qu’elle faisait allusion à sa virginité supposée. « Mais je note surtout que vous avez subtilement éludé ma question, Commandant ~ », l’acheva-t-elle avec un air entendu brodé d’un sourire triomphal. Qui ne dit mot consent après tout.

Un adage appuyé par la fascination qu’il semblait avoir pour cette couverture instable qui risquait de la mettre dans l’embarras à tout moment et qu’il lui suggéra de remplacer par un vêtement décent.

« J’y songeais justement », confirma-t-elle avant de désigner d’un mouvement de menton le prisonnier toujours bâillonné dans un coin qui ne la quittait pas des yeux. « Surtout que je crois que notre cher ami est sur le point de se faire frère chantriste tant il à l’air de prier assidûment le Créateur que cette couverture glisse », soupira-t-elle, un petit frisson traversant sa colonne à l’idée que ce pervers puisse profiter du spectacle. Elle voulait bien être pragmatique mais une chose était sûre, elle serait profondément dégoûtée si quelque chose comme ça devait arriver.

«  - Et demain soir vous allez piquer la tenue du prisonnier ? »

Mellissandre qui de toute façon n’avait pas l’intention de coopérer, rit légèrement devant cette taquinerie faisant une moue songeuse avant de jeter un regard dédaigneux sur l’intéressé.

« Il n’a pas un aussi bon sens du style que vous », rétorqua-t-elle glissant ce compliment ridicule avec un naturel déconcertant. Pour une fois, c’était évident qu’elle se moquait gentiment plutôt que de tenter de le séduire.

Si l’objectif du Commandant avait été de lui remonter le moral, il fallait bien admettre qu’il avait plutôt bien réussi. Dommage que son cauchemars ait tout gâché. La conversation sérieuse qui en découla n’était pas des plus agréables, mais bon, on ne pouvait pas passer sa vie à faire l’autruche et à ignorer la gravité de certaines situations.

A y repenser, l’acte d’Elwig avait été étrange, mais la théorie du Commandant avait quelque chose de déconcertant.

« Je ne pense pas que Elwig soit sadique », répondit-elle d’une voix incertaine. Elle se souvenait fort bien de son regard plein de colères et de haines mais il n’avait pas l’air d’y prendre du plaisir… « Enfin, vous connaissez vos hommes plus que moi, mais je pense qu’il avait d’autres motivations… », ajouta-t-elle songeuse, élaborant quelques explications farfelue pour justifier cette méthode très lente de la tuer. « Peut-être savait-il que je réagirais d’instinct si je le voyais avec son épée dégainée ? Il a voulu me prendre par surprise? », tenta-t-elle sans réel succès.

Finalement, elle préférait ne pas se mettre dans la tête de son adversaire, c’était encore trop pénible. Heureusement que Cullen semblait sincèrement déterminé à empêcher toute effusion de sang inutile  et qu’il eut la délicatesse de changer de sujet. Enfin, c’était un bien grand mot dans la mesure où il était reparti sur sa nuit tourmentée mais elle était fascinée d’en apprendre un peu plus sur son interlocuteur.  

« Ah, vous ne dormez pas beaucoup non plus ? », demanda-t-elle pour l’encourager à en dire plus alors qu’elle se levait, s’étirant tranquillement pour réveiller ses muscles encore un peu endormis. Tâtonnant dans la semi-obscurité, elle farfouilla dans ses affaires pour sortir une boite de feuille séchée qu’elle huma quelques secondes pour s’assurer d’avoir pris le bon récipient.

« C’est de la camomille », déclara-t-elle en s’approchant pour tendre la boite à Cullen qu’il puisse sentir à son tour le parfum plutôt agréable de cette plante.

« Infusé en tisane, ça aide à dormir », expliqua-t-elle en lui faisant un sourire légèrement compatissant mais surtout complice. C’était étrange d’être lié par quelque chose d’aussi anodin mais autant en profiter pour se rapprocher après tout.

Joignant le geste à la parole, elle entreprit de trouver une tasse et de faire chauffer de l’eau tandis qu’elle continuait avec ses habitudes pour contrer l’insomnie. Rien de miraculeux, mais cumulé cela pouvait toujours aider. « J’aime bien m’étirer ou prendre un long bain chaud parfumé à la lavande aussi », déclara-t-elle donc avec nonchalance, soupirant de béatitude rien qu’à l’idée de se prélasser dans une baignoire gigantesque.

Sa besogne terminée, elle en bû une gorgée pour tester le goût, et, éternelle enjôleuse malicieuse, elle se pencha en prenant appui sur son épaule pour lui offrir à son tour la boisson dans cette même tasse qu'elle venait d'utiliser. Son geste inconscient ne le resta toutefois pas, car, si elle s’était habituée à le voir torse nu, la fraîcheur de sa peau alors qu'elle posait ses doigts dessus la fit presque sursauter.

« Vous êtes glacé ! », s'offusqua-t-elle bêtement avec un air horrifié, réalisant qu’elle était un peu la responsable de cet état de fait. En soi cela n'avait rien de surprenant vu la fraîcheur de la nuit mais tout de même, il aurait dû se tourner comme une rôtisseoir pour que son dos puisse bénéficier un peu de la chaleur des flammes...

Pas cruelle à ce point, elle s’éclipsa donc en récupérant sa robe désormais sèche dans l’intention évidente de se changer. Elle ne revint que quelques minutes plus tard, lui jetant nonchalamment sa tunique sur les jambes pour qu’il puisse l’enfiler sans avoir à se lever.

« On a qu’à dire que je l’ai chauffé pour vous », plaisanta-t-elle avec son habituelle facétie, constatant effectivement que le tissu était tiède dans la mesure où elle l’avait porté près du feu et emmitouflée dans une couverture pendant quelques heures. Autant dire qu’avec l’entêtante odeur de jasmin et de menthe qu’elle avait également laissé dessus au moins jusqu’au prochain lavage, il ne pourrait pas oublié qu’elle l’avait porté.

De son côté, elle n’était pas mécontente de retrouver sa robe, même s’il fallait bien avouer que le trou béant au niveau du bras, là où elle s’était écorchée en tombant de cheval, lui donnait un air débraillé qu’elle trouvait fort déplaisant.

Se rasseyant à sa place, la jeune femme jeta un bref regard à la tunique avant de s’aventurer sur un terrain glissant mais qui la taraudait depuis un moment.

« Je peux vous poser une question personnelle ? », l’interrogea-t-elle en pure rhétorique puisqu’elle ne lui laissa pas le temps de répondre. « Qu’est-ce qui vous a poussé à rejoindre l’Ordre? », demanda-t-elle d’une voix douce, désireuse de ne pas être trop agressive sur le sujet. Il n’avait jamais caché son appartenance à l’Ordre, même si, contrairement à ses comparse, il n’arborait pas le bel uniforme clinquant et universel des anti-mages. Ce qui soulevait d’autres questions. « D’ailleurs, pourquoi vous ne portez pas l’armure des templiers ? … En plus, je ne suis pas très au fait des coutumes du Sud, mais il ne me semble pas que ‘Commandant’ soit un grade approprié non? », nota-t-elle également dans l’intention de percer le mystère qui entourait Cullen.
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Posté Ven 11 Aoû - 16:25
Missive 2
Commandant,
Avant votre départ, je souhaiterais tout de même vous prévenir de rester sur vos gardes, avec ce prisonnier. Il est plutôt fourbe et n'hésitera pas à vous balader durant le trajet pour tenter de s'enfuir. Surveillez-le bien, ne sait-on jamais. Bon retour à Fort Céleste !
Une langue bien pendue



« - Ah vous ne dormez pas beaucoup non plus ? »
« - Non, en effet je dors peu depuis plusieurs années »


Il ne s’attarda pas sur les détails de la tour, cela ne la regardait pas et rien que d’y penser il avait des images qui lui revenaient. Il continuait alors ses petites affaires alors que la jeune femme se leva farfouiller dans ses affaires. Quand elle revint s’asseoir, elle tenait une boîte entre ses mains. Le Commandant regarda alors le récipient qu’elle ouvrit pour sentir son parfum.

« - C’est de la camomille, annonça-t-elle en tendant la boîte à son interlocuteur, infusé en tisane, ça aide à dormir. »

Elle insistait un peu pour qu’il plonge le nez dedans, mais en effet les herbes séchées refoulaient une forte odeur de plantes qui le fit reculer après une très petite inspiration.

« - Ah oui, ça sent fort »

Cullen n’était pas amateur de thé, et comme il souhaitait rester éveillé pendant un certain temps encore, il ne présenta pas un certain engouement pour ce qu’elle proposait.

« - J’aime bien m’étirer ou prendre un long bain chaud parfumé à la lavande aussi »
« - Votre lit douillet et chauffé au charbon vous manque aussi ? ~ »


Ces nobles, à toujours vouloir obtenir le confort… Il l’observa, et secoua la tête doucement. Mais à peine il eut le temps de se replonger dans ses écrits que Mellissandre s’était collée à lui, posant une main sur son épaule, ce qui le fit retourner ses papier pour ne pas qu’elle voie ce qui était annoté dessus. Elle voulu lui faire boire un peu de son thé qu’elle venait de se préparer, il n’eut pas le temps de répondre qu’elle s’exclama :

« - Vous êtes glacé ! »

Ah cette fameuse réplique qu’il avait l’habitude d’entendre quand quelqu’un avait le malheur de poser la main sur sa peau. Oui, il était gelé mais ses symptômes agrandissaient cette impression, surtout au niveau des mains. Fort heureusement pour lui, personne ne pouvait se douter de quoi que ce soit.

« - Probablement l’air frais de la nuit, mais rassurez-vous je ne trouve pas qu’il fasse aussi froid »

Elle s’en alla alors, récupérant sa robe au passage, puis revint avec la tunique en main et la jeta sur ses genoux.

« - On a qu’à dire que je l’ai chauffé pour vous »

Il regarda l’air étonné son vêtement et ne put s’empêcher de l’amener à son nez pour le sentir tant une odeur peu familière flottait dessus.

« - ouarf… ! Vous l’avez parfumée ?! »

Un vêtement masculin qui sentait la fleur sous-entendait tellement de choses… Et elle n’avait pas ménagé sur le parfum, ça sentait même beaucoup trop pour lui. Peu importait, il l’enfila quand même et continua ses affaires, le nez le démangeant beaucoup.

« - Je peux vous poser une question personnelle ? »

Il leva la tête vers elle, curieux d’entendre sa question, qu’elle ne tarda pas à poser d’ailleurs…

« - Qu’est-ce qui vous a poussé à rejoindre l’ordre ? »

Une drôle de question mais qui était tout à fait légitime quand on ne connaissait pas le Commandant. Tant de ses hommes le lui avait demandé, et il répondait exactement la même chose à tout le monde à vrai dire…

« - Enfant, j’ai toujours voulu rejoindre l’ordre pour pouvoir contribuer à apporter la paix dans ce monde. Je vivais un petit village qui était protégé par la chantrie locale et ses templiers qui m’ont servi de modèles. Je voulais venir en aide aux gens et pour moi c’était la meilleure solution qui s’offrait à moi. »

Il était bref, mais a quoi bon s’étaler, alors qu’elle venait d’entendre sa réponse. Mais il s’efforça de garder le sourire pour éviter de repenser à son expérience à la tour des mages de Ferelden.

« - C’est ainsi que j’ai rejoins les templiers »
« - D’ailleurs, pourquoi vous ne portez pas l’armure des templiers ? … En plus, je ne suis pas très au fait des coutumes du Sud, mais il ne me semble pas que Commandant soit un grade approprié, non ? »
« - Non en effet, Commandant n’est pas un grade chez les templiers. »


Il se mit à l’aise dans sa couche en réfléchissant comme lui expliquer pour ne pas que ce soit trop compliquée pour elle.

« - Je ne porte pas l’armure simplement parce qu’après la chute de la chantrie de Kirkwall j’ai quitté l’ordre, avec une poignée d’hommes. »

Il soupira alors, observant les étoiles qui brillaient dans le ciel. En effet, après la guerre civil entre les mages et les templiers de Kirkwall, il avait beau essayé de restaurer l’ordre avec ses hommes et le héraut, cela était impossible.

« - Je ne suis commandant que depuis que j’ai rejoins les forces de l’inquisition. Initialement j’étais Chevalier sous-capitaine. Je pense que ce grade vous parle plus. Je me suis dirigé vers le conclave pour espérer trouver un moyen de rétablir la paix près de la Divine. Mais comme vous devez très certainement le savoir cela ne s’est pas déroulé comme prévu. »

Il n’allait pas raconter à nouveau ce que l’inquisition avait traversé, après tout il en aurait pour la nuit entière et elle devait savoir ces histoires déjà.

« - Enfin, je n’ai pas l’histoire la plus palpitante que cela. »

Il se rassieds alors, regardant Mellissandre qui était toujours assise près de lui

« - Et vous, vous avez étudié dans un cercle ? J'ai entendu dire que ce n'était pas la même chose qu'à Ferelden là-bas. Comment y sont les templiers ? »

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Posté Ven 11 Aoû - 21:13
Etant donné que Cullen ne semblait pas intéressé par son breuvage, elle récupéra sa tasse et commença à le boire par petite gorgée le liquide, toujours assise sur sa couche. Pour toute excuse pour le parfum elle lui avait fait un sourire navrée mais cela semblait oublié désormais, effacé par les souvenirs lourds de sens de son engagement chez les templiers.

Alors qu’il lui expliquait ses rêves d’héroïsme et d’efficacité, Mellissandre lui retourna un doux sourire, prenant conscience de l’abysse qui les séparait. Comment pouvait-on dédier sa vie à protéger des gens qu’on ne connaît pas ? Parfois, pour justifier son propre égoïsme elle s’imaginait que les gens comme ça étaient accro à la reconnaissance, qu’ils ne faisaient ça que pour conquérir l’admiration et l’affection des gens, mais étrangement cette description ne collait pas bien à Cullen.

Silencieuse, Mellissandre écouta la suite de son récit bercée par le crépitement des flammes. Manifestement, elle avait eu raison de songer qu’il y avait anguille sous roche étant donné qu’il lui avoua avoir quitter les templiers bien que, manifestement, il en gardait les capacités et un certains nombre de réflexe. En même temps, vu le chaos que les mages et les templiers avaient provoqué, ce n’est pas surprenant qu’il ait décidé de les quitter si son objectif initiale était d’apporter la paix, la sécurité, les papillons et les licornes.

« Chevalier sous-capitaine », répéta-t-elle d’une voix absente, fouillant dans sa mémoire pour resituer le grade. Elle n’allait pas mentir, l’organisation de l’Ordre n’avait jamais été sa priorité, il lui fallut donc de longues secondes de réflexions avant d’avoir une illumination. « Oh, vous étiez un très haut gradé alors non ? », s’exclama-t-elle persuadée que c’était le titre juste en dessous du plus important. Impressionnant.

Toutefois, avant qu’elle ne pu le complimenter, il lui posa une question fort pertinent qui la plongea à nouveau dans une certaine réflexion.

« Hmm… Je ne connais pas assez les templiers du reste du monde pour vous répondre… Mais je pense qu’ils ne sont pas si différent… », admit-elle finalement, en tentant de brosser un portrait de la situation le plus fidèle possible. « Ils s’entraînent, ils lancent des regards suspicieux aux mages durant leurs Confrontations, servent de décoration dans leurs superbes armures rutilantes dans les couloirs au cas où un apprenti ait l’idée de se transformer en démon dans un corridor… Ce genre de choses... », déclara-t-elle débonnaire avec son habituel sourire facétieux, n’ayant pas résister à être légèrement moqueuse. Pour les mages, taquiner les templiers était un sport national, même à Tevinter où ils avaient moins de pouvoir qu’eux. Surtout à Tevinter en fait, vu qu’ils ne pouvaient pas se permettre de représailles.

Toujours plongée dans ses pensées, Mellissandre remit délicatement une mèche derrière ses cheveux alors qu’elle regardait à nouveau Cullen qui s’était allongé sur sa couche.

« La vrai différence je pense, c’est qu’ils n’ont pas d’ambitions aussi nobles que vous », ajouta-t-elle avec un air un peu nostalgique, levant les yeux vers les étoiles. Elles n’avaient pas encore remarqué qu’elles brillaient autant aujourd’hui.

« A Tevinter, les mages ne sont pas perçus comme des menaces ambulantes, ils sont respectés et admirés. Tout le monde rêve d’être un mage et, à défaut, de les côtoyer. La plupart des templiers ne le deviennent pas dans l’espoir de chasser du mage et de rendre le monde plus sûr, non, ils le deviennent pour nous approcher, car quel meilleur moyen de faire connaissance que de vivre avec nous dans le Cercle ? Les templiers les plus célèbres de mon pays sont tous devenus des gardes du corps rapprochés de magister », expliqua-t-elle en jaugeant sa réaction, consciente que ce changement de paradigme pouvait le choquer profondément. Tevinter était presque littéralement au centre du monde, loin et proche de tout à la fois, mais pourtant, y vivre était si différent. Quel n’avait pas été son désarroi en arrivant dans le Sud. Andraste avait fait des ravages aux mages, pas étonnant que leur Chantrie soit si différente.

Ayant achevé son récit, Mellissandre s’étira et sourit à Loron qui venait prendre son tour de garde pour que le Commandant puisse se reposer un peu. Il s’installa un peu plus loin, désireux de ne pas contrarier leur discussion mais la mage avait assez de bon sens pour savoir qu’il était préférable de laisser Cullen tenter de dormir, même si elle même aurait probablement bien du mal à retrouver le sommeil. Elle se sentait plus légère ceci dit.

« Merci de m’avoir réconforté, Cullen », souffla-t-elle néanmoins à son attention, l’emploi de son prénom et non de son titre en disant long sur l’instant de tranquille complicité qu’ils venaient de partager. Du moins, du point de vu de Mellissandre. Malgré ses méthodes peu subtiles de séduction, il ne fallait pas sous-estimer la jeune femme : elle savait tout à fait comment se montrer aimable, douce et gentille quand elle le voulait. Peut-être aurait-elle pu offrir cette image au Commandant dès leur première rencontre, mais à vrai dire, cela aurait probablement était plus louche. On se méfie toujours des gens mielleux, beaucoup moins des séductrices éhontés car on croyait savoir d’où venait le danger.

Fermant les yeux, elle se rallongea à son tour, un tantinet plus sereine, reposant son corps et ses yeux à défaut de son esprit. Ce n’est que de longues heures plus tard qu’elle trouva vraiment le sommeil vide auquel elle était habituée.

Elle dormait encore le lendemain matin quand Elwig sortit de la tente pour commencer les préparatifs. Après un regard dédaigneux à la Tevintide, il vaqua néanmoins à ses occupations, commençant pas détacher le prisonnier pour lui permettre de satisfaire ses besoins naturels et surtout de manger.

« A la première insulte ou commentaire graveleux, je te remets le bâillon », menaça-t-il néanmoins alors qu’il retirait le tissu.

Docile, le prisonnier opina en s’étirant la mâchoire, jetant un regard lubrique sur Mellissandre avec un petit rictus. Il avait très bien compris qu’entre Elwig et elle les choses étaient tendues et il était bien motivé à en tirer profit. Diviser pour mieux régner…

Notant les cernes qui mangeaient le visage du prisonnier, Elwig ne résista pas à se moquer un peu.

« Bonne nuit ? », interrogea-t-il parfaitement conscient que vu ses liens cela n’avait pas dû être aisé de trouver une position confortable pour s’installer.

« Oh, pas aussi bonne que celle de notre cher Commandant », rétorqua néanmoins l’homme avec un rictus particulièrement vicieux et paillard.

Fronçant les sourcils, Elwig qui ne s’attendait pas à de tels allégations, l’interrogea plus avant. Le prisonnier éclata de rire devant cette curiosité malsaine, il savait pertinemment que son surveillant mordrait à l’hameçon.

« Oh, bah, la pauvre petite avait besoin d’un peu de réconfort si vous voyez ce que je veux dire », ajouta-t-il avec un air particulièrement entendu, faisant de moins en moins dans la subtilité.

« De… réconfort ? », répéta Elwig interloqué. Il comprenait très bien ce que sous-entendait son interlocuteur mais c’était tellement saugrenue qu’il cherchait une autre signification.


« Allons mon grand, faut vraiment que je te fasse un dessin ? », rétorqua-t-il avec un rictus en mimant quelques gestes obscènes particulièrement éloquent sur le regard horrifié du pauvre Elwig.

« C’est ridicule », protesta-t-il néanmoins, trop dégoûté par l’idée pour ne serait-ce que l’envisager. Et puis, ils n’auraient pas osé faire ça en plein milieu du campement, devant ce voyeur et juste à côté d’eux…

« Si vous le dites. M’enfin, c’était clairement pas aux échecs qu’ils ont joué sous la tente si vous voulez mon avis », sifflota-t-il toujours aussi lubrique et éloquent.

Tandis qu’Elwig songeait que c’était trop gros mais que tout de même, s’était étrange que le Commandant ait insisté pour que Mellissandre ait une tente pour elle toute seule alors qu’elle dormait au coin du feu, le prisonnier l’acheva.

« Si j’avais su, je serais devenu templier. Profitez des jolies mages en détresse, vous cachez bien votre jeu en fait... », se moqua-t-il avec un rire gras qui mourut dans le bâillon qui lui était remis.

« J’en déduis que tu n’avais plus faim si tu as assez de temps pour déblatérer ses conneries au lieu de manger », grogna-t-il avant de s’éloigner d’un pas vif. Il avait beau ne pas y croire, l’idée dansait quand même dans son esprit. Et puis, si c’était vrai, Mellissandre n’était clairement pas une ‘pauvre mage en détresse’, mais une saleté d’allumeuse.

« Toujours en rogne à ce que je vois », soupira Loron en le voyant s’approcher d’un pas rageur. Pour toute réponse, Elwig grogna et son frère d’arme lui attrapa le bras. « Essai d’être un peu plus aimable quand même. Le Commandant s’est donné beaucoup de mal pour calmer dame Mellissandre après tes exploits hier soir, ne fait pas tout foiré », le prévient-il, très sérieux mais pas agressif. Lui aussi n’avait aucune envie de voir un des membres de leur troupe décédé.

« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? », demanda-t-il, plus tendu que jamais. Maintenant que la graine était planté, il voyait le mal partout et la réponse de Loron n’aida pas les choses à s’arranger.

« Ben je sais pas, elle avait l’air de bonne humeur quoi. Tu vas quand même pas recommencé à psychoter juste parce que le commandant l’a réconforté quand même ? »

Réconforter. Le Créateur avait un étrange sens de l’humour pour placer ce même mot dans la bouche de son ami. Le plus drôle, c’est que Mellissandre qui s’était réveillée de sa somnolence à ce moment là minauda le « Bonjour, Commandant », le plus mielleux du monde à Cullen, avec un sourire de jeune fille en fleur, en commençant nonchalamment à préparer ses affaires.
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Posté Sam 12 Aoû - 1:16
Missive 2
Commandant,
Avant votre départ, je souhaiterais tout de même vous prévenir de rester sur vos gardes, avec ce prisonnier. Il est plutôt fourbe et n'hésitera pas à vous balader durant le trajet pour tenter de s'enfuir. Surveillez-le bien, ne sait-on jamais. Bon retour à Fort Céleste !
Une langue bien pendue



« - Hmm… Je ne connais pas assez les templiers du reste du monde pour vous répondre… Mais je pense qu’ils ne sont pas si différents… »
« - Oh, je vois, vous ne les côtoyez pas plus que cela dans le cercle ? Que font-ils de leur en règle général ? »
« - Ils lancent des regards suspicieux aux mages durant leurs confrontations, servent de décoration dans leur superbes armures rutilantes dans les couloirs au cas où un apprenti ait l’idée de se transformer en démon dans un corridor… Ce genre de choses… »
« - C’est vrai que les templiers ont des règles à respecter et garder ses distances avec les mages est un des points les plus importants. »
« - La vraie différence je pense, c’est qu’ils n’ont pas d’ambition aussi nobles que vous »


Il fut surprit de sa remarque… Il n’avait pas vraiment l’habitude de recevoir un tel compliment. Surtout venant de cette femme qui avait passé le plus clair de son temps à l’allumer. Il baissa les yeux sur le côté, assez gêné.

« - C-ce n’est pas le cas à Tevinter ? »

Elle expliqua alors comment étaient perçus les mages, et la situation des templiers au sein des cercles. En effet, cela était bien différent et Cullen se mit à réfléchir…

« - Je suis assez surpris au fait »

C’est là que Loron arriva pour prendre son tour de garde. Il fit un signe au Commandant et s’en alla à l’autre bout du campement pour chercher son matériel. La discussion semblait close, désormais. D’ailleurs de loin, son coéquipier lui conseilla de se reposer. Mellissandre, qui semblait plus sereine, lui afficha un doux sourire.

« - Merci de m’avoir réconforté, Cullen »
« - J’espère que vous pourrez dormir plus sereinement, désormais »


Suite à cela, les deux personnes se mirent en position pour dormir, ou du moins essayer. Cullen resta les yeux fixés au ciel à se remémorer ce qui lui était arrivé ces deux derniers jours. Il était certain de ne pas réussir à dormir énormément, mais au vu du nombre d’heures de sommeil qu’il avait aligné ces derniers jours, il se résigna.

Le lendemain matin, curieusement, Cullen était encore entrain de dormir paisiblement quand Elwig sorti de sa tente pour préparer le campement au départ, et accessoirement permettre au prisonnier de subvenir à ses besoins. Il avait simplement ouvert lentement les yeux quand il entendit ses deux templiers discuter un poile trop fort derrière lui, puis poussé un énorme soupir en se remettant dans sa position initiale pour dormir quelques instants de plus…

« - Bonjour, Commandant »

Trop tard, on l’avait aperçu. C’était bien une des rares fois où dormir sur le flanc sur une terre plutôt dur lui donnait d’avantage envie de dormir… Pourtant, comme à son habitude, il avait rêvé de la tour du cercle, mais cette fois il ne se faisait pas torturer pour une raison qui l’échappait.

« - Bonjour.. ~ »

Il avait qu’à ouvrir les yeux pour la regarder, étant donné qu’elle était également à côté du feu. Il ne s’était pas rendu compte qu’il était également à moitié dans les bras de Morphée et qu’il avait dit cela avec une douceur déconcertante. Il s’étira et se retourna sur le dos, souffrant de sa position couchée au vu de nombreuses courbatures qui lui tiraient sur le bas du dos.

En ouvrant de-nouveau les yeux il avait Loron et Elwig qui le regardaient de manière très suspicieuse, surtout Elwig au fait. Cullen cligna deux fois des yeux et le regarda étonné.

« - Qu’est-ce qu’il y a ? »
« - J’ai l’habitude de vous voir bien plus matinal, commandant. »
« - J’ai eu de la peine à m’endormir, ne trouvant pas une position adaptée. »


Puis il se leva, profitant pour s’étirer et faire craquer son dos qui lui faisait mal depuis sont réveil.

« - Pff.. j’ai mal partout »

Il passa à côté d’Elwig qui fut alerté par le parfum un peu trop fleuri du commandant qui allait ramasser ses autres vêtements qui reposaient sur la tente. Désormais, tout était clair dans sa tête, il y avait bien eu quelque chose. Il regarda Cullen, puis la jeune mage qui rangeait ses affaires, d’un air surprit plus que mauvais.

Le prisonnier se mit à rire derrière son bâillon, assez fort pour que tout le monde le remarque.

« - Pourquoi il rit ? »
« - Je n’en ai pas la moindre idée Commandant. »


Il leva un sourcil, le regard neutre envers Loron. Puis il continua d’enfiler sa tenue avant de se diriger vers les chevaux pour les détacher. Pendant ce temps, Loron et Elwig le regardaient faire.

« - Je ne peux pas croire qu’ils l’ont fait »
« - Fait quoi ? »
« - Passe près de lui, tu comprendras »


Loron ne comprenait pas vraiment où il voulait en venir, et alla chercher le prisonnier pour le charger sur la charrette. Le Commandant apporta alors un cheval à Elwig et le regarda dubitatif

« - Tout va bien ? On aurait dit que vous auriez aperçu un fantôme »
« - Ha, heu Non, ça va ne vous en faites pas »


Quand le campement fut totalement démonté, Cullen chargea le dernier sac sur son cheval et grimpa dessus, Mellissandre étant cette fois-ci avec Loron.

« - Bon, parfait Allons-y ! »

Et le petit groupe parti en direction de Fort Céleste qui était à une demi-journée de cheval. Cette fois-ci, le Commandant espérait qu’il n’y aurait pas de problèmes en chemin, car ce qui l’attendait sur place ne le lâcherait pas aussi tôt..

---RP CLOT

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