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Posté Dim 30 Juil - 13:03
Le regard fixé sur son miroir, Irisviel ajusta une énième fois son imposante robe orlésienne, se dandinant d’un côté et de l’autre pour s’examiner sous toutes les coutures. Les multiples perles réfulgentes qui décoraient le jupon faisaient danser sur le mur des petits éclats de lumière à chaque mouvement, tandis que les délicates broderies rehaussée élégamment ses formes. Malgré ses oreilles pointues, elle se sentait toujours comme une noble orlésienne lorsqu’elle portait des robes aussi volumineuse.

Jugeant le résultat satisfaisant, la jeune elfe corrigea une mèche rebelle qui s’était échappée de son chignon élaboré décoré d’un peigne aux fins entrelacs puis, elle quitta son miroir. L’heure était déjà bien avancé et elle devait se presser pour ne pas en retard.

Attrapant – sans le mettre - son loup, elle se précipita en dehors de sa modeste demeure. Les Montbelliards étaient généreux mais elle n’avait malgré tout pas les moyens de s’offrir un logement magnifique avec son train de vie. Dans un monde où les apparences étaient reines elle préférait s’offrir ces robes extravagantes  plutôt qu’un peu de confort supplémentaire.

Marchant d’un pas tranquille dans les rues de Val Royeaux qui commençaient à s’assombrir, elle ne mit pas longtemps à traverser la magnifique place de la capitale pour rejoindre une boutique de tailleur.

Alors qu’elle pénétrait dans l’établissement, un homme un peu rondouillard la salua poliment.

« Mademoiselle Mavias, vous arrivez au bon moment, votre ami à presque fini ! », la salua-t-il avec courtoisie. Inutile de dire pourquoi elle choisissait toujours cet endroit pour s’habiller. Depuis toujours, l’homme avait été très aimable avec elle, ne se souciant pas de ses oreilles tant qu’elle le payait. D’ailleurs, il avait même pris un elfe en apprenti, signe de son ouverture d’esprit.

Hochant la tête, elle s’assit tranquillement sur un fauteuil prévu à cet effet, les yeux rivés sur le rideau fermé. Une chose est sûr, elle avait hâte de voir Solas avec une tenue digne de ce nom.

La jeune femme eu un petit sourire amusé en se souvenant de sa conversation avec ce dernier, quelques jours plus tôt à Fort Céleste.

Suite à leurs péripéties en Dalatie, elle avait réfléchi à ce fameux rendez-vous galant qu’ils s’étaient promis. Hésitant sur la destination, une lettre de ses mécènes lui avait offert la solution. Sa présence était requise à un bal qu’ils organisés : l’occasion parfaite de l’introduire à son monde. Peut-être n’était-elle pas très à l’aise avec les démons, mais les serpents orlésiens, ça, ça la connaissait et il était sur le point de découvrir à quel point les cours étaient dangereuses à leur façon.

La seule chose qu’elle avait exigé était qu’elle puisse choisir sa tenue. A vrai dire, elle doutait sérieusement de ses goûts vestimentaires vu les pyjamas excessivement délavé qu’il portait tous les jours. Sa réputation était en jeu : elle ne pouvait pas se permettre d’avoir un cavalier habillé comme un vagabond.

Deux elfes dans un bal orlésien, ça sonnait déjà comme une mauvaise blague de son pays.

Le rideau vibra et Irisviel se redressa, plutôt impatiente de découvrir le résultat. Elle était sûr le costume noir aux broderies dorées qu’elle avait choisi lui irait à merveille. Et pour être honnête, elle était aussi excitée de savoir ce que lui pensait de sa tenue... Elle se trouvait particulièrement belle dedans après tout.
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Posté Dim 30 Juil - 19:56
Un bal orlésien. Voilà bien le dernier endroit de tout Thédas où l'on pouvait s'attendre à trouver Solas – hormis peut-être un bal tévintide, ou Séhéron – et ce n'était pas pour lui déplaire. Le Loup Implacable avait toujours été friand d'intrigues en tout genre, de mensonges et de double jeu. La magie faisait partie de ses plus grands talents, mais sa préférence allait avant tout aux mots, et il aimait penser être un orateur talentueux, doublé d'un menteur hors-pair. Sans doute était-il le plus vieux menteur du monde, ou peu s'en faut, et c'était un bel avantage.

Quand Irisviel lui avait proposé – encore que « proposé » ne soit pas tout à fait le mot le plus approprié, il s'agissait plutôt d'une coercition subtile à grand coups de battements de cils et de tentatives de culpabilisation – d'être son cavalier, il n'avait pas longtemps hésité. La seule question qu'il s'était posée était de savoir si cela n'entraverait pas ses devoirs envers l'Inquisition, mais il s'arrangea pour transformer cette charmante visite en une opportunité. Les espions de Leliana étaient sans doute bien implantés, mais une nouvelle paire d'yeux ne faisait jamais de mal, surtout ceux qui étaient aussi avisés que les siens. Ce bal serait peut-être l'occasion de gagner de nouveaux soutiens, ou de nouveaux ennemis : dans tous les cas, l'Inquisition ne pouvait qu'en bénéficier, car un adversaire qui sort de l'ombre est immédiatement moins dangereux.

Il avait ainsi accompagné sa jeune élève qui s'était rapidement remise de leur petite excursion dans le temple des Tombes Emeraudes. Ils n'avaient malheureusement pas pu y rester autant qu'ils le voulaient, les Hommes Libres s'étant mis à s'agiter, et avaient dû partir sans avoir l'occasion de fouiller toutes les pièces ou de recenser suffisamment d'artefacts. Irisviel semblait avoir néanmoins bien assez de matière pour continuer son apprentissage, et ne semblait d'ailleurs pas suspecter la mise en scène de Solas. Et ce dernier ne comptait d'ailleurs pas lui en dire un mot : il serait dommage qu'elle mette en doute sa bienveillance à la suite de ce petit mensonge, pourtant utile.

Ils étaient arrivés tout juste dans les temps, débarquant à Val Royeaux en fin de matinée pour un bal qui devait avoir lieu le soir même. Elle lui avait brièvement fait visiter les lieux, et en cours d'après-midi, l'avait conduit chez un tailleur, insistant lourdement pour être celle qui choisirait sa tenue. Il finit par abandonner ce combat qu'il ne pouvait pas gagner, bien au fait de l'importance des apparences à la cour orlésienne, et désormais tout autant conscient de l'opinion de la jeune femme sur ses goûts vestimentaires. Il regretta seulement qu'elle ait refusé qu'il puisse porter un couvre-chef.

On prit alors ses mesures durant un temps interminable, qui ne le dérangea cependant pas vraiment. Le tailleur était un homme certes bavard mais avant tout sympathique, et ses assistants ainsi que ses apprentis – tout un était d'ailleurs un elfe – semblaient être taillés dans la même pierre. On lui accorda le choix de quelques détails à propos des motifs qu'il désirait ou encore de la longueur de sa veste – en somme, tous les points qu'Irisviel avait omis de préciser – et le temps fila de plusieurs heures jusqu'à ce que le soir tombe et qu'il entende son élève – qui, ce soir, était sa cavalière – entrer dans la boutique et s'enquérir de son état auprès du tailleur.

Occupé à enfiler sa tenue à l'aide de petites mains qui prenaient garde à ce qu'il ne froisse rien, il repensa au bal qui l'attendait ce soir. Au delà même de l'opportunité qu'il représentait pour l'Inquisition, il devait prendre garde à ce qu'il signifiait pour Irisviel. Solas lui même n'avait rien à y gagner ni à y perdre, mais en tant que compagnon de l'elfe aux cheveux de feu, c'est avant tout sa réputation à elle qui risquait de pâtir de ses éventuelles erreurs. Non pas qu'il aille en commettre aucune, mais cela, Irisviel n'en savait rien. Elle ne connaissait de lui que ce qu'elle avait pu voir, et il était à peu près certain que rien dans son attitude n'indiquait sa connaissance des intrigues de cour. Elle lui avait bien fait un rapide topo lors de leur voyage, mais le simple fait de l'inviter à un bal signifiait avant tout qu'elle commençait à éprouver une sorte de confiance envers lui. Ce n'était certes pas un bal immense, et l'importance des personnes présentes était relative, mais au vu du statut de la jeune femme, cela pouvait signifier beaucoup.

Il se reprit à imaginer sa tenue alors qu'on lui lustrait le crâne – oui, ils faisaient ça, malgré sa désapprobation. Irisviel avait très bon goût en mode orlésienne, il avait pu le constater, et avait plusieurs fois laissé son esprit dériver en tâchant de se figurer comment elle allait lui apparaître. Il ne faisait aucun doute qu'elle serait vêtue pour impressionner et pour charmer, et il avait hâte de voir à quel point. Et puis, il n'était plus tout jeune, mais on ne se lassa jamais vraiment du regard des autres, et puisqu'elle avait fait tant d'efforts pour le rendre présentable – il avait néanmoins secrètement gardé son pendentif sous son costume – il était en quelque sorte impatient de voir ce qu'elle allait penser de sa propre tenue.

Lorsqu'on le laissa finalement sortir, il se présenta face à sa cavalière vêtu d'un élégant costume d'un noir profond auréolé de fils d'or, qu'il avait fait tresser pour former des symboles elfiques stylisés, dans le même genre qu'étaient les vallaslin – bien que leur sens soit ici totalement différents. Il s'était même permis de se faire tisser quelques caractères elfiques, ceux dont l'écriture était belle, le long de poignets. À sa main droite, il y avait « solas », la fierté, et à sa main gauche, « orgueil ».

Le spectacle que lui offrit Irisviel se voulait néanmoins sans commune mesure avec le sien, et s'il s'était agit d'un jeu où chacun devait impressionner l'autre, il avait sans conteste perdu. Son imposante mais pourtant aérienne robe était à couper le souffle, et il appréciait particulièrement la disposition des perles et autres bijoux qui semblaient la faire rayonner. Loin de sembler engoncée dans une dizaine de kilos de tissus, Irisviel était visiblement à l'aise dans sa robe qui parvenait malgré son volume à dessiner délicieusement ses formes, auxquelles Solas s'autorisa à accorder un regard avant de relever les yeux vers son visage souriant.

Il avança jusqu'à elle et s'inclina gracieusement, comme un noble orlésien devait le faire devant l'Impératrice, et lui baisa la main sans y déposer ses lèvres.

« Vous êtes resplendissante ».
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Posté Lun 31 Juil - 14:26
La tension était assez comble quand le rideau se leva enfin, dévoilant Solas au comble de l’élégance dans le costume qu’elle avait choisi. Au cours de l’après-midi, il avait été complété et les petits détails qui avaient été ajouté ne faisait que rendre le tout plus harmonieux. Si c’était Solas qui avait donné les instructions, il avait peut-être plus de goût qu’elle ne le croyait pas.

Sans dissimuler son sourire ravi, elle applaudit légèrement pour montrer son approbation. Solas de son côté s’inclina et entreprit de mimer un baise-main avec toute la maîtrise d’un noble orlésien. Impressionnée par ses manières, Irisviel le gratifia d’une légère révérence en retour. « Vous aussi, je savais que le noir vous irez très bien », le complimenta-t-elle en retour, sincèrement flattée par le regard qu’il avait posé sur elle. Irisviel avait toujours été si sensible aux flagornerie qu’elle était aux anges rien que de voir que son habillage minutieux portait ses fruits.

« Mais c’est que vous faites parfaite illusion mon cher », le félicita-t-elle en songeant que la soirée serait peut-être moins tendue que prévu. « M’auriez-vous caché quelques racines orlésiennes ? », lui demanda-t-elle avec un petit sourire facétieux.

Radieuse, elle échangea encore quelques courtoisies ainsi, jusqu’à ce que son regard soit attiré par les broderies autour de ses poignets. Spontanément, elle se saisit d’un avant-bras pour pouvoir mieux détaillé le motif qui lui était familier.

« Solas », déchiffra-t-elle finalement, contente de voir que ses leçons d’elfiques régulières commençaient à porter ces fruits. Elle remarqua ensuite, le penchant négatif de la qualité qu’elle avait lu, l’orgueil, qui était cousu sur l’autre manche. « J’imagine qu’il n’y a qu’un pas entre la fierté, l’orgueil et le narcissisme », le taquina-t-elle en comprenant le jeu d’intention. Pendant quelques instants, elle avait cru qu’il avait fait écrire son prénom ce qui aurait été quelque peu égocentrique..

Enjouée, elle salua le tailleur qu’elle avait convenu de payer plus tard et offrit son bras à son partenaire pour sortir de la boutique. A partir de cet instant, il était son cavalier et tout ce qu’il pouvait dire ou faire était susceptible de ternir son image. C’est vrai qu’elle avait pris un risque en le choisissant lui, mais ce dernier étaient calculés. Le bal des Montbelliard étaient un rassemblement d’érudit où il faisait bon d’étaler sa science, de ce point de vu là, elle savait que son partenaire ferait sensation. Et puis, l’Inquisition commençait à être bien vu, c’était un pari risqué mais potentiellement lucratif que d’associer son image à la leur. Irisviel Mavias, membre de l’université d’Orlaïs qui aidait à lutter à sa modeste échelle contre Corypheus. Voilà une publicité qui lui serait favorable.

« Le bal est dans quelques heures, en attendant, je nous ai réservé une table dans mon restaurant préféré. Les buffets de la Comtesse de Montbelliard sont trop extravagant, manger plus que quelques canapés s’est s’assurer d’être malade », plaisanta-t-elle en grimaçant avec éloquence, le souvenir de ses erreurs de jeunesse encore vivace dans son esprit.

Ils n’avaient pas vraiment eu le temps de faire une visite de la ville, aussi prit-elle la peine de l’introduire aux quelques statues qu’ils croisaient et qu’elle connaissait jusqu’à ce qu’ils arrivent dans l’établissement qu’elle avait choisi. Ce n’était pas l’endroit le plus luxueux de la ville mais il se dégageait de sa taille modeste un certain charme. Et puis, surtout, c’était l’un des rares où elle pouvait venir prendre une table sans que ne lui jette un regard dédaigneux.

Au sourire entendu du Maître d’hotel, il était facile de comprendre qu’elle venait régulièrement ici. Sans trop d’attente, ils furent conduit à une table sur une terrasse à l’étage, offrant une vue imprenable sur la citée. Le vin – qu’encore une fois elle avait choisi – fut apporté en même temps que les amuses-gueules et toujours aussi radieuse, Irisviel leva son verre.

« A notre premier rendez-vous sans démon », trinqua-t-elle, persuadée qu’elle le taquinerait sur le sujet jusqu’à la fin des temps.

« Alors Solas, que pensez-vous de Val Royeaux ? », lui demanda-t-elle ensuite pour entamer la conversation en attendant qu’on les serve.
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Posté Lun 31 Juil - 19:13
Il sourit lorsqu'elle lui renvoya son compliment, et s'amusa particulièrement de la petite lueur de surprise qu'il discerna dans son regard. Clairement, elle ne s'était pas attendue à une telle tenue de sa part, ni d'une telle connaissance des codes : on ne saluait pas un empereur comme on saluait une impératrice, et on ne saluait ni l'un ni l'autre comme on saluait un noble d'un statut supérieur ou inférieur. En s'inclinant devant elle comme l'aurait fait un duc face à une impératrice, il lui avait offert ce qu'il estimait être un élégant compliment : ce soir, elle était sa reine.

Son sourire s'élargit – ce qui, dans les faits, ne dépassait guère le stade du rictus – lorsqu'elle reconnut certains des mots qu'il avait écrit, et notamment lorsqu'elle nota l'opposition entre l'orgueil et la fierté. C'était un risque constant pour n'importe quel esprit que de se laisser dévorer par ce qui le guide, et sa propre fierté l'avait plusieurs fois perdu, ou avait causé du tort autour d'elle. L'Immatériel, disait-on, était fait de démons et de tentations, mais le monde réel était tout aussi dangereux.

« Je vous remercie de votre compliment, déclara-t-il lorsqu'elle le félicita de faire illusion. Les jeux d'illusion sont après tout légion à la cour, et de la part d'une dame qui pratique le Jeu, c'est une flatterie qui me touche profondément. Quant à d'éventuelles racines... Je dirais que l'Empire a un tel rayonnement que nous sommes tous un peu orlésien. »

Ce n'était là rien de plus qu'une petite démonstration, offrant à Irisviel le spectacle de ses capacités de joueur qu'elle ne soupçonnait sans doute pas. Il se montrait humble face au compliment tout en laissant sous-entendre qu'il était plus malin qu'il en avait l'air, avant de louer les charmes d'Orlaïs en soulignant à la fois l'importance de sa politique et de sa culture, légitimant ainsi sa présence malgré son statut d'elfe. Ce n'était là rien d'exceptionnel à l'échelle du Noble Jeu, mais c'était un bon exemple des circonvolutions qu'il était capable de manier.

Il se saisit ensuite de son bras et se laissa guider dans la ville qu'il avait rarement pu visiter. Il s'y était bien arrêté par le passé, avant l'Inquisition, mais le climat envers les mages et les elfes ne lui avait guère permis de s'attarder bien longtemps en ville, ou tout du moins dans ses beaux quartiers. Plus tard, lorsqu'il y avait accompagné Ragnar, qui n'était pas encore Inquisiteur, ils n'avaient guère eu le temps de s'attarder, entre les prêtresses de la Chantrie qui voulaient leur tête et le chaos qui avait suivi la défection du Seigneur Chercheur Lucius.

Il accepta ainsi bien volontiers son offre de dîner. Il n'avait jamais mis – physiquement – les pieds dans une cour orlésienne, mais Joséphine ou Léliana lui en avaient raconté assez, notamment un certain jambon au goût de désespoir que Dorian avait visiblement très envie de goûter, et dont Solas ne voulait pas s'approcher.

Sur le chemin, il écouta Irisviel lui conter tout ce qu'elle savait sur les rues qu'ils traversaient, lui retraçant parfois l'histoire d'une statue ou d'un bâtiment. En tant que linguiste, ce n'était pas sa spécialité, mais son travail l'obligeait souvent à lorgner du côté de l'archéologie, il n'y avait donc rien de surprenant à ce qu'elle en sache autant. Il l'écouta ainsi silencieusement, retenant chacun des mots qu'elle prononçait. Il connaissait certaines de ces histoires, mais peu, et aucune avec autant de détails, et il appréciait d'être celui qui apprenait, pour une fois.

Lorsqu'ils arrivèrent au restaurant qu'elle avait choisi, Solas s'installa face à elle en détaillant les lieux. L'endroit était calme et élégant sans pour autant tomber dans le luxe inutile, et il appréciait cette relative sobriété. La cour, ses mystères et ses extravagances lui plaisaient tout autant, mais il retrouvait toujours un sentiment de calme paisible lorsqu'il entrait dans ce genre d'endroit un peu plus humble.

On les guida jusqu'à une table particulièrement bien placée, et Solas laissa son regard courir sur la ville tandis qu'on leur apportait le vin et quelques entrées. Il tourna son attention vers elle lorsqu'elle l'interpella en levant haut son verre, le visage rayonnant. Sa bonne humeur ne put que rendre le vieil elfe plus avenant, et il imita son geste avant de boire une courte gorgée du vin délicieusement fruité qu'on leur avait servi.

« Val Royeaux est une ville superbe, mais je pense que tout le monde ici le sait, lui répondit-il. C'est avant tout une galerie d'art, une exposition de tout ce que l'empire Orlésien a fait de mieux : les Académies, les statues, la Chantrie, les restaurants... Tout ici brille d'un éclat de noblesse, même les roturiers. Pénétrer dans Val Royeaux, c'est exactement comme assister à bal orlésien : l'hôte nous accueille les bras ouverts, et tout y est magnifique. Bien sûr, tout le monde y porte un masque, et ce que l'on peut trouver derrière ceux-ci n'est pas pour tout le monde, mais c'est là tout le charme du Noble Jeu. »

Il s'accorda une nouvelle gorgée de fin avant de plonger son regard dans celui d'Irisviel quelques instants.

« Dans l'Immatériel, les démons ressemblent beaucoup plus aux nobles que vous ne pouvez le croire. Ils nous jaugent, tentent parfois de nous piéger, et une seule erreur peut être fatale. Mais les esprits ne sont pas tous des démons, et certains sont avant tout là pour jouer, pour apprendre, pour gagner quelque chose. Et je peine à imaginer quel genre d'esprit vous seriez. Un esprit de sagesse, ou d'érudition, mais cela ne reflète qu'un côté de votre personnalité. Peut-être seriez-vous aussi un esprit de passion, ou de sensualité. En tous les cas, vous êtes une personne complexe, Irisviel. Et je m'en réjouis chaque jour passé en votre compagnie. »
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Posté Mer 2 Aoû - 14:30
Solas semblait avoir révisé – peut-être auprès de Joséphine ? - car la réponse obséquieuse qu’il formula était exactement le genre de flatterie qui faisait glousser la cours et vous rapportait leur affection. Quelque part, Irisviel ne savait pas si elle en était heureuse ou pas. D’un côté, elle était rassurée sur ses manières et elle ne pensait plus qu’il pouvait lui causer du tort, de l’autre… elle aurait bien aimé être l’institutrice pour une fois. Être celle qui maîtrise, qui le guide.

Mais non, manifestement, monsieur savait tout sur tout et elle n’était pas prête de l’impressionner en étalant ses connaissances. Retenant une moue boudeuse, elle lâcha un de ces petits rires surjoués si propre aux orlésiens et le conduisit donc jusqu’au restaurant.

Ce n’est qu’en discutant de sa ville que Irisviel comprit que Solas ne mimait pas simplement leurs coutumes, il les aimait. Le Noble Jeu l’intéressait ou l’amusait, peut-être un peu des deux en fait. Une révélation qui l’intriguait autant qu’elle la surprenait car elle n’aurais jamais envisagé qu’un vagabond qui aime les anciennes ruines elfiques et les esprits de l’Immatériel puisse être si porté sur les intrigues de cours. Bon d’un autre côté, elle aussi aimait les vieilles ruines ET les intrigues de cours, preuve que ce n’était pas incompatible, mais ce n’était pas pareil. Quand elle l’avait rencontré à Fort Celeste, Solas avait ce genre d’aura qui lui donne un côté différent, hors de la civilisation. Un peu à l’image de Dame Morrigan en fait.

Le moins qu’on puisse dire c’est que avec leur concours à tous les deux, les clichés avaient la vie dur.

Perdue dans ses pensées, elle se reconnecta à la réalité alors qu’il s’efforçait de déterminer quel genre d’esprit – ou de démon – elle serait. Il n’y avait bien que lui pour imaginer ce genre de choses et elle devait bien admettre qu’elle n’était pas insensible aux compliments. Sage, passionnée et sensuelle ? Un portrait qui lui convenait parfaitement et qui lui tirait un sourire charmé mais aussi séducteur. Spontanément, elle avait penché la tête sur le côté dans une attitude indéniablement enjôleuse, croisant les jambes même s’il ne pouvait pas le voir.

« Sans hésité je pense que vous seriez un esprit de sagesse », répondit-elle pour lui rendre le compliment alors qu’elle buvait une élégante gorgée de vin. « Mais esprit de séduction vous conviendrez très bien également », ajouta-t-elle assez enjouée avec un sourire entendu, l’informant du succès de ses flatteries.

Irisviel devait bien reconnaître que dans cette tenue, drapée de ces manières qui rehaussaient son intelligence Solas était particulièrement attirant. Ce qui n’avait été qu’un jeu un peu facétieux entre eux jusque là, prenait une tournure bien plus réelle à cet instant précis, là dans ce restaurant.

Changeant de sujet, elle le briefa un peu sur les gens qu’ils risquaient de croiser, parlant de Janine et de la Comtesse de Montbelliard ses mécènes.

Leur conversations fut néanmoins troublé par la table d’à côté qui était manifestement embrigadé dans une conversation tumultueuse, les insultes colorés fusant en même temps que le ton monté. Un serveur tenta de venir les calmer tandis que les autres poursuivaient leur tâches. Ce qui devait arrivait arriva et l’homme se leva brusquement, bousculant au passage le domestique qui passait derrière avec un grand plateau chargé de vin.

La malchance aidant, ce n’est pas le joli sol marbré qui fut teinté de rouge mais bien Irisviel qui resta totalement figée en sentant le liquide coulait le long de sa nuque, puis de son dos, frissonnant à cause de la fraîcheur.

Un grand silence s’installa, à peine marqué par les excuses répétés du serveur qui était devenu livide, tentant d’éponger maladroitement avec un mouchoir fin la naissance du chignon de la jeune femme pendant que le corset de la jolie robe verte s’empourprait lentement.
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Posté Jeu 3 Aoû - 21:54
Il aimait beaucoup ce délicieux petit jeu auquel ils s'adonnaient tous les deux. Chaque compliment trouvait son écho chez l'autre, et ils se nourrissaient dans un cercler – vertueux ou vicieux – comme si deux feux soufflaient l'un sur l'autre. Ses flatteries avaient de toute évidence leur effet sur Irisviel, son attitude en disait long. Il n'avait pas raté un seul de ses mouvements quand elle l'avait écouté, et le petit mouvement de tête qu'elle eut ne lui échappa pas plus que le reste. Un bref bruissement de chaussures sur le sol lui indiqua qu'elle avait bougé ses jambes, et il devina qu'elle avait dû les croiser, se penchant légèrement vers lui en le faisant, pour équilibrer sa nouvelle posture.

Il était plaisant de savoir que l'on séduisait. Et il était tout aussi plaisant d'être séduit. Elle lui renvoya ainsi son compliment en hésitant à son tours quelques instants à l'apparenter à un esprit de séduction, chose qui n'existait pas véritablement, mais en l'occurrence, peu lui importait : il se contentait s'apprécier l'attention, et leva ainsi son verre vers elle comme pour la remercier de ses belles paroles avant de se pencher légèrement sur la table, mimant son changement de posture.

Il estima avoir mérité le droit de s'accorder un nouveau regard sur les courbes qu'elle lui offrait, et baissa les yeux un court instant, appréciant sa beauté, avant de river à nouveau ses yeux vers les siens, l'écoutant patiemment tandis qu'elle reprenait une conversation plus sérieuse – ou plutôt, plus terre-à-terre : ce n'est pas parce que ce qu'ils partageaient était un jeu qu'il ne le prenait pas au sérieux après tout.

Il retint quelques noms importants, notamment ceux de ses mécènes, car après tout, en Orlaïs comme à peu près partout ailleurs, un érudit seul est un érudit mort de faim. Les recherches et les explorations sont presque toutes financées par des nobles qui ne savent pas quoi faire de leur argent ou qui veulent trouver un moyen un minimum honnête de subvenir aux besoins d'un proche qu'on à envoyé dans une académie faute de mieux. Irisviel était de ceux qui fournissaient un véritable travail, mais cela ne changeait rien aux problèmes : sans argent, on n'allait pas bien loin, elfe ou non, et ce malgré les louables efforts de Célène.

Leur échange fut néanmoins troublé par une houleuse discussion à la table juste à côté de la lueur. Solas tâchait de ne pas prêter attention aux ragots en terme général – il l'aurait fait s'ils étaient déjà au bal, mais il n'y avait aucun noble de haut rang dans un tel établissement – mais il peinait à en faire abstraction vu le volume élevé de la conversation. Un couple qui se disputait parce que le mari avait une maîtresse et que ladite maîtresse était la sœur de sa femme, ou bien la sienne. Il avait entendu le mort « sœur », il en était certain. C'était peut-être une sœur chantriste à bien un réfléchir...

Le flot de ses pensées fut interrompu quand l'homme se leva d'un brusque bond et percuta le serveur qui renversa son plateau qui avait la malchance d'être chargé de verres de vin. Le hasard fit qu'une bonne partie de ceux là se renversèrent sur Irisviel avant de chuter sur le sol et de se briser, presque complètement vides. La jeune elfe resta complètement figée, atterrée par ce qui venait de se passer. Sa superbe robe était fichue en l'air, et le liquide semblait s'écouler quelque part dans son dos à en juger par ses frissons.

Le serveur commença immédiatement à se confondre en excuse avant de se précipiter pour éponger quelques gouttes de vin sans succès, tandis que l'homme derrière ne prêtait pas attention au manège qu'il venait de causer.

Solas intervint immédiatement et se leva, repoussa le serveur d'un geste de la main.

« Il n'y a pas de mal, vous n'y êtes pour rien », le rassura-t-il en se penchant vers Irisviel.

Le dos de sa robe se teintait rapidement de rouge sombre, semblable à du sang. Il vint alors se placer à son côté, et plaça sa main en bas de son dos, la posant délicatement dans le creux de ses reins alors que son visage se trouvait juste à côté du sien. Lentement, délicatement, il la fit remonter, laissait toujours au moins un doigt caresser son vêtement, alors que le vin se détachait « comme par magie » du tissus vert de la robe. Il entendit quelques exclamations de surprise qu'il décida d'ignorer pour le moment et se concentra sur sa tâche, veillant à ce qu'il ne reste aucune marque sur la robe d'Irisviel.

Il remonta ainsi jusqu'à sa nuque qu'il effleura du bout des doigts tout en élevant une petit bulle de vin au dessus de sa main, vestige de ce qui avait tâché ses vêtements. Le liquide pourpre n'avait, heureusement, pas eu le temps de véritablement imprégner le tissus, et il avait pu l'ôter sans l'endommager. Satisfait de son travail – et se sa mise en scène – il fit s'élever la boule de vin un peu plus haut au dessus d'eux et la dissipa d'un revers de la main, la faisant se muer en une petite nuée de paillettes vermillions avant de disparaître sans laisser de traces.

Il se tourna ensuite vers l'homme responsable de tout cela – et ce n'était en aucun cas ce pauvre serveur.

« Très cher, vous devriez être plus prudent, vous avez failli blesser ce pauvre homme, dit-il en désignant le serveur d'un ton léger qui devint rapidement plus grave, sans parler des conséquences dudit choc sur cette jeune femme. Il convient à Dame Mavias de décider du sort qu'elle vous réserve, mais sachez que, pour ma part, je peux vous dire que l'Inquisition n'apprécie guère les goujats qui n'ont cure de présenter leurs excuses dans ce genre de situation. »

Il n'aimait guère brandir le nom de l'Inquisition ainsi, mais c'était là le seul moyen de mettre cet homme au pas tout en rassurant la foule qui l'avait vu pratiquer la magie. Sans attendre la réponse de l'individu, il se tourna vers Irisviel.

« Ma Dame, votre robe est intacte ainsi que votre beauté, mais je ne saurais que dire de votre honneur. Comment vivez-vous ce préjudice ? »
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Posté Dim 6 Aoû - 22:28
Figée, Irisviel se demandait comment se dépêtrer de cette situation avec un peu de dignité. Les apparences étaient tout à Orlaïs, même si elle n’était pas réellement responsable de la situation, si elle était vue ainsi, cela pouvait avoir de grave répercutions.

Rancunière au possible, elle jeta un regard mauvais à l’homme responsable de son état qui n’avait même pas daigner de s’excuser. La colère s’amoncelant en elle comme une boule de feu incontrôlable elle s’apprêtait à se relever et exploser quand Solas la devança.

Toujours aussi impeccable dans ses manières, il calma les angoisses du pauvre serveur avant de finir glisser sa main dans son dos. Elle sentait son doigt caresser le tissu de la robe, remontant lentement le long de sa colonne vertébrale tout en faisant disparaître la désagréable sensation du liquide.

Frisonant à cause du contact sensuel, Irisviel se laissa faire, le dos bien droit, résistant à contorsionner sa tête pour voir le geste, elle se contentait de l’imaginer, de savourer.

Les yeux fermés, elle sourit quand il lui annonça avoir terminé, se retournant juste à temps pour voir le vin devenu solide s’éparpiller comme des paillettes. Après s’être levé, elle regarda brièvement son reflet dans une vitre en quête de traces violacé mais il semblait effectivement avoir tout retiré.

Retenant un soupir de soulagement, elle se tourna vers Solas et lui sourit. « Eh bien, vous savez tout faire ma parole… même la lessive », plaisanta-t-elle sur un ton badin, comme si les événements presque tragiques étaient déjà oublié. Une allure décontractée qui lui permettait de dédramatiser la scène et de conserver un peu d’honneur.

Malgré les paroles de Solas dont l’appartenance avait provoqué quelques murmures, l’homme colérique ne semblait toujours pas disposé à s’excuser. Pire encore, il se défendait de la plus médiocre des façons.

« Vous croyez vraiment que je vais présenté mes excuses à deux elfes ? Mais où va le monde », se lamenta-t-il cherchant du soutient parmi les inévitables racistes.

Pendant une seconde, Irisviel fut tenté de lui rendre la parole, de souillé son beau costume de vin, mais ce genre de geste théâtrale se déroulait rarement aussi bien qu’on ne l’imaginait. Il pouvait esquivé, les éclaboussures pouvaient salir à nouveau sa robe. Trop risqué.

Ignorant l’insulte malgré sa rage, Irisviel se tourna simplement vers le pauvre serveur.

« Serait-il possible d’avoir une autre table ? 
», demanda-t-elle en orlésien, employant volontairement des mots du langage soutenu pour se donner un air de noble. « Je ne viens pas dans ce genre d’établissement pour manger près de quelqu’un ayant moins de manière qu’un chien fereldien », conclu-t-elle en jetant un regard dédaigneux à l’individu en question.

Une insulte simple mais efficace : ce n’était pas souvent qu’on se faisait prendre de haut par une elfe. Les siens étaient si habitués à être rabaissés qu’ils osaient peu se rebeller ou le faisait avec violence. Sa mesure était donc sa meilleure arme et la condescendance le touchait encore plus que si elle avait été humaine.

Une injure bien vulgaire franchit ses lèvres mais il avait déjà perdu cette bataille, et un autre serveur s’interposa pour lui demandait fermement de partir tandis que le premier se confondait à nouveau en excuse pour les mener à une autre table.

Elle n’avait plus très faim après ces péripéties, mais aimant les sucreries elle était bien tentée par un dessert. Surtout que c’était la maison qui offrait.

Conduits à une nouvelle table richement préparée, Irisviel ne s’assit cependant pas tout de suite. Dévisageant Solas avec un léger sourire, elle s’approcha d’une de ses oreilles pour souffler un élégant « merci » plein de sensualité. Et comme cela ne suffisait pas à témoigner de sa gratitude, elle ne résista pas à déposer un baiser aérien à la commissure de ses lèvres avant de se rasseoir le plus naturellement du monde.

Cela faisait bien longtemps qu’Irisviel ne faisait plus sa timide dans les jeux du coeur, c’était une femme de détermination après tout.
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Posté Lun 14 Aoû - 10:26
Solas, écoutant Irisviel, envisagea l'espace d'un instant la possibilité d'ouvrir une laverie si jamais les choses tournaient mal pour l'Inquisition, avant de réaliser la stupidité de son raisonnement. Il avait beau passer peu de temps avec Sera, il fallait croire que son influence se faisait malgré tout ressentir. À moins qu'il ne s'agisse de Varric et de ses excentricités habituelles. Toujours est-il que Solas rejeta instinctivement cette possibilité de carrière pourtant brillante, délicate et aux senteurs de printemps.

Il observa la façon dont Irisviel se débarrassa de l'impertinent personnage sans un mot. La véhémence avec lequel l'homme se défendit ne manqua pas de le surprendre : il pouvait parfaitement comprendre que l'on persiste dans un combat dans lequel on peut encore arracher la victoire, c'est même quelque chose qu'il respectait. Mais là, l'inconnu avait d'ores et déjà perdu cette bataille et la poursuivait malgré tout, arrachant de piètres morceaux de sa fierté et les balançant autour de lui en espérant que personne ne remarque qu'il venait de s'amputer lui même.

Cela fut inutile, tout elfes qu'ils étaient, et il fut poliment mais fermement conduit dehors tandis que l'on guidait Irisviel et lui jusqu'à une nouvelle – et meilleure – table, sous les regards curieux des autres clients. Pensez donc : deux elfes qui avançaient parmi les humains comme des égaux, voire même des supérieurs, ce n'était pas courant, et que l'on soit préjudicié envers les oreilles pointues ou non, cela ne manquait pas d'attirer les murmures. Si l'on ajoutait à cela que l'un d'eux était un mage au crâne lustré – l'espèce de cire qu'on lui avait appliquée lui donnait la constante impression qu'il y avait de l'eau au sommet de sa tête – et servait l'Inquisition... Les gens allaient parler d'eux, c'est certain.

Tout ce que Solas regrettait – au delà de l'inconfort passager qu'avait ressenti sa cavalière – c'était la facilité avec laquelle ils s'étaient défaits de leur insolent adversaire. Il aurait aimé que cela serve d'entraînement au bal qui allait avoir lieu plus tard, car il avait beau s'estimer doué dans les divers jeux de cour, cela faisait longtemps qu'il n'y avait pas directement pris part, et il n'aurait pas été contre un échauffement digne de ce nom.

Alors qu'il se lamentait intérieurement, sur le point de s'asseoir, il remarqua qu'Irisviel le dévisageait avec une étincelle enflammée dans le regard. Il se contenta de hausser un sourcil quand il la vit se glisser jusqu'à son oreille et lui chuchoter un « merci » débordant de luxure, avant de se laisser aller à un baiser habilement déposé sur le coin de ses lèvres, et chargé de promesses, avant de se rasseoir comme si de rien n'était.

Solas la considéra quelques instants avec un sourire amusé. Au moins, à ce petit jeu là, il était convaincu de ne pas avoir perdu la main. Il inclina brièvement la tête dans sa direction avant de s'asseoir à son tour, son esprit désormais assailli par quelques pensées parasitaires qu'il ne s'était pas attendu à avoir à cet instant. Il ne les chassa cependant pas, et leur réserva une petite place dans un coin de sa tête, ravi de la tournure que prenaient les événements, avant de se pencher sur les desserts comme avait déjà commencé à le faire l'elfe aux cheveux de feu.

Il se contenta pour sa part de quelques sucreries et d'une glace à la fraise, majoritairement motivé par la curiosité de savoir comment des non-mages se débrouillaient pour empêcher la glace de fondre avant de la servir. Néanmoins, son regard restait fixé sur une autre sucrerie.

« Vous savez faire votre petit effet Irisviel, lui déclara-t-il, je le reconnais. Plus que jamais, je peux vous répondre que je suis ravi d'avoir pu vous aider, et que tout le plaisir est pour moi. Je vous avoue aussi que je vous aurais volontiers fait la leçon pour avoir ainsi manqué de respect aux chiens féreldiens, mais allez savoir pourquoi, j'ai du mal à me souvenir de ce que je voulais vous reprocher. »

Elle lui avait fait comprendre que son petit jeu lui plaisait, il allait de soi qu'il se devait de lui répondre avec la même honnêteté.

« J'ai hâte que nous soyons au bal vous et moi, et j'espère que vous me réserverez votre première danse, car pour ma part, je peine à imaginer qui que ce soit qui puisse éveiller mon intérêt autant que vous. Partons-nous bientôt d'ailleurs ? »

Le soir était déjà tombé, et l'heure avançait paisiblement. Ils allaient sans doute devoir partir d'ici peu, mais Solas avait décidé de ne rien décider ce soir là : c'était le rendez-vous d'Irisviel après tout, et c'était à elle qu'il convenait de prendre les décisions.
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Posté Mer 16 Aoû - 18:55
Cette fois c’était du champagne qui pétillait dans sa coupe. Allait savoir pourquoi elle n’avait plus envie de voir du vin pour le moment et la maison s’était montré fort compréhensive. Suite à ses éloquents remerciements, Solas c’était montré facétieux à son tour, condamnant gentiment son insulte aux chiens Fereldiens tout avouant à quel point il la trouvait fascinante.

Si elle n’avait pas été si rôdé aux jeux de séduction, l’elfe rousse aurait probablement rougit devant cet élégant compliment, en tout cas, il avait parfaitement fait mouche. Sirotant une gorgée de son verre, elle lui offrit son plus charmant sourire alors qu’il réclamait la première danse.

« Bien sûr, je suis à vous pour la soirée après tout », répondit-elle chaleureusement, tout à fait consciente du double sens concupiscence de ses paroles. Après tout, elle était de nouveau d’humeur à être enjôleuse et il n’y avait pas de mal à titiller un peu son imagination.

Au premier abord, elle aurait eu tendance à considérer Solas comme un homme plutôt frigide mais elle savait désormais que les apparences était trompeuse. Derrière ses airs de vagabond trop sage pour être compris du commun des mortels c’était un charmeur et un habile joueur. Qui sait, peut-être n’était-il pas habile qu’avec les mots ou la magie…

Revenant à des pensées plus pragmatique, elle jeta un œil à  la grande horloge qui trônait en haut d’un mur afin de pouvoir répondre à son ultime question.

« Bientôt, on est juste assez en retard je pense. Je voulais juste finir mon dessert, il est absolument délicieux », conclu-t-elle avec un sourire radieux. C’était une spécialité orlésienne, pleine de chantilly est de crème. Le genre de choses à manger avec parcimonie… et donc à savourer d’autant plus, ce qu’elle faisait assez ostensiblement à chaque cuillère.

« Vous voulez goûter? », proposa-t-elle finalement avec un expression engageante mais un tantinet facétieuse. Puisqu’il était d’accord, elle prit soigneusement une dose qui contenait un peu de tout et lui tendit. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils avaient l’air de vrai tourtereaux. Mais cela ne la dérangeait absolument pas, ce genre de clichés existaient bien pour une raison après tout… Par exemple pour le plaisir de glisser un doigt sur la commissure de ses lèvres afin d’ôter un infime morceau de crème qui était resté. Et de le manger bien sûr, cela aurait été du gâchis sinon…

« Bien, je pense que nous devrions y aller », conclu-t-elle finalement en se levant gracieusement. L’addition leur était offert, il ne leur restait donc qu’à partir, en lui donnant élégamment le bras.

Pour deux elfes, il fallait bien reconnaître qu’ils avaient bel allure à marcher côte à côte, plein de dignité. En tout cas, le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils ne passaient pas inaperçu au milieu de tout ses humains.

Alors qu’ils arrivaient près du manoir des Montsimmard, Irisviel mis le loup assorti à sa robe et en tandis un noir à Solas, inconsciente de la merveilleuse coïncidence dont cela relevait. Par réflexe, elle ajuste un peu sa robe, ainsi que la chemise de Solas et pris une grande inspiration.

« Vous êtes prêt ? », demanda-t-elle d’une voix cependant très enjoué. C’était une épreuve, mais cela ne voulait pas dire qu’elle ne l’appréciait pas…

Il était donc temps de se présenter à l’annonceur.

« Dame Irisviel Mavias, étudiante chercheuse en langue ancienne à l’Université d’Orlaïs et protégée de la comtesse de Montbelliard accompagné de Solas, conseiller de l’Inquisiteur et mage »

Souriante, Irisviel pénétra dans la pièce alors que la mention de l’Inquisition avait attiré l’attention d’une bonne partie des invités. Ce soir, elle serait bien au centre de l’attention. Toujours galamment accrochée à Solas elle s’avança jusqu’à la comtesse, la politesse requérant qu’elle la salue avant toute chose.

« Madame la Comtesse, permettez moi de vous présentez un éminent spécialiste de l’Inquisition », déclara-t-elle en s’inclinant élégamment devant la femme relativement âgé mais très richement habillé.
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Posté Dim 20 Aoû - 19:45
Plus le temps passait, plus Irisviel semblait prendre plaisir à jouer les tentatrices, tout en gardant un certain décorum tout ce qu'il y avait de plus orlésien. Solas n'en était pas véritablement surpris : c'était une belle femme, et dès leur première conversation, elle s'était laissée aller à un bref élan de charme, comme si cet aspect du jeu était devenu si naturel qu'elle n'y pensait plus. Là encore, cela n'avait rien d'étonnant : on avait tendance à devenir les masques que l'on portait, et s'il y avait bien un endroit où les masques et les visages se confondaient, c'était bien Orlaïs.

D'aucuns l'auraient sans doute jugé trop curieux. Il aimait décortiquer les faits autant que les gens, ce qui lui avait rapidement donné une réputation légèrement inquisitrice – le mot aurait pu lui déclencher un bref rire s'il n'y prenait pas garde – et assez désagréable. Plus on en apprenait, plus il était difficile de ne pas se laisser aller à un jugement, et malgré tous ses efforts, Solas ne manquait pas d'en formuler, qu'il s'agisse des Qunaris ou bien des hommes en eux même.

Avec Irisviel, il prenait un peu plus garde qu'à l'accoutumée, ne serait-ce que parce qu'elle était une elfe, et qu'elle appartenait ainsi au peuple envers lequel il avait le moins de préjugés, ou tout du moins, d'opinions négatives. Il ne niait pas qu'il avait ses préférences, et qu'il ne pouvait s'empêcher de placer les êtres vivants sur une échelle qu'il voulait le moins subjective possible, avec tout en haut son peuple, et tout en bas les Qunaris. Ce n'était pas pour rien que ses agents ne comptaient que des elfes après tout.

Il se demandait d'ailleurs si sa cavalière pouvait un jour être convaincue de le rejoindre. Il avait pris l'habitude d'être plus prudent quant à son recrutement depuis qu'il était dans l'Inquisition, autant pour des raisons morales que par simple mesure de sécurité. Mais cela ne l'empêchait pas de garder l’œil ouvert pour certains nouveaux membres, et son rapprochement avec Irisviel l'avait rapidement fait se poser des questions. Elle n'était pas dalatienne, et n'avait aucune affection particulière pour les elfes d'antan, mais elle avait aussi une curiosité profonde pour l'histoire, et par extension, pour la vérité. S'il devait la convaincre de le rejoindre, ce serait sans le moindre doute par là qu'il devrait commencer : en lui apprenant ce qui s'était passé lors de la chute d'Arlathaan. Et puis, malgré tout ce qu'elle pouvait dire, il estimait que le lien mystique qui la liait à son peuple était fort, plus qu'il n'avait l'habitude de le voir.

Il secoua ses pensées lorsqu'il vit quelque chose approcher de son visage. Il reconnu le dessert de sa compagne, et vit, derrière la cuiller, pétiller les yeux de la jeune femme. Dissimulant du mieux qu'il le pouvait ses pensées qui s'étaient momentanément envolées, il accepta de se faire donner la becquée, appréciait la douceur de la crème et l'intensité de l'expression d'Irisviel avant de se redresser, sentant vaguement qu'il en restait un peu au coin de ses lèvres. Il n'eut cependant pas le temps de s'en débarrasser, car la douce tentatrice qu'il avait en face de lui se pencha et l'essuya du bout de son doigt avant de se délecter de la pointe de crème qu'elle venait de lui ôter, avant d'annoncer royalement qu'il était temps de partir.

Solas salua son petit manège par le haussement amusé d'un seul sourcil, et l'imita, veillant bien à garder le dos droit. Bras-dessus bras-dessous, tous deux se dirigèrent alors vers le manoir, et deux points de vue opposés assaillirent alors Solas. D'un côté, son passé plus récent de vagabond estimait que ce qu'Irisviel appelait « manoir » avait des allures de véritable palais pour tous ceux qu'il avait pu croiser lors de ses voyages, et qu'Orlaïs manquait sérieusement d'humilité. Mais d'un autre côté, ses souvenirs plus lointains contemplaient avec un mélange de pitié et de mépris le bâtiment tristement conventionnel qui se tenait sous ses yeux, et qui lui paraissait infiniment plus plat et ennuyeux que la plus simple des maisons d'Arlathaan.

Il choisit ainsi de rester silencieux et se laissa guider par Irisviel, feignant de ne pas remarquer les regards qu'on leur portait. Deux elfes qui se pavanaient dans de si beaux atours, qui se rendaient à un bal non pas en tant que serviteurs, mais très clairement en tant qu'invités. Val Royeaux avait beau être à la pointe de la tolérance envers les elfes – ce n'était pas tout à fait vrai d'ailleurs – cela ne signifiait pas que ce genre d'attitude était la bienvenue. Il n'avait cependant pas à se plaindre : ils n'eurent rien d'autre à affronter que ses regards, et chacun tint sa langue. Il entendit bien quelques murmures, mais personne n'estima nécessaire d'élever la voix et de leur faire une remarque directe. Cela ne manquerait sans doute pas une fois au manoir, même si celles-ci seraient alors soufflées avec plus ou moins de subtilité. Mais Solas ne comptait pas se laisser faire, et il était certain qu'il en allait de même pour Irisviel.

Lorsqu'ils furent sur le point de passer la porte, Solas enfila son loup de velours noir avec un sourire face à l'ironie de la situation. Ce genre d'occasion ne manquait pas d'ailleurs, quant Fen'Harel n'était pas directement mentionné. Il ne savait pas s'il l'aurait aimé ou non d'ailleurs : il était agacé quand on oubliait de mentionner le Loup Implacable dans le panthéon elfique, mais quand on le faisait, c'était pour en laisser filtrer un tissus d'erreurs, faisant de lui presque l'inverse de ce qu'il avait été. Comme le conte du chien et du Loup Implacable, où le dieu aurait voulu s'en prendre à un vieil archiviste, car ce dernier aurait été sage et érudit, qualités honnies par le dieu traître. Seul le chien de l'archiviste, qui l'accompagnait jusque dans ses rêves, avait pu le sauver du loup qui venait dévorer son âme.

Ridicule.

Il sentit son visage se tordre en une moue contrariée à la simple pensée de cette sordide histoire. Il la chassa de son esprit et entra dans le manoir aux bras d'Irisviel, savourant le présent plutôt que de s'attarder sur le passé et ses méandres. Cette dernière lui demanda s'il était prêt, et il ne put s'empêcher de lui répondre avec un brin d'amusement.

« Et vous ? »

L'annonceur les présenta alors qu'ils entraient sous les regards de tous, leur quelques minutes de retard leur accordant l'attention de chacun. C'était à se demander pourquoi tout le monde ne le faisait pas.

Le nom d'Irisviel avait déclenché quelques murmures, tandis que celui de Solas en souleva bien moins. Ils n'eurent cependant pas le temps de se demander qui il pouvait bien être, car après une courte pause vint la mention de l'Inquisition – et de son statut de mage – qui éveilla l'intérêt de bien plus de lèvres. Un marmonnement collectif se répandit comme une vague dans la foule, et le mage n'eut guère de difficulté à constater qu'il y avait un peu de tout : de l'approbation au mépris en passant par la simple curiosité.

Irisviel le mena jusqu'à une dame d'un âge relativement avancé, portant un masque finement gravé ainsi qu'une tenue indubitablement riche. Elle s'adressa à elle en la nommant comtesse, et fit les présentations. Solas fit alors la révérence, car il était de coutume que ceux d'un rang inférieur soient les premiers à saluer, avant de prendre la parole afin de se présenter poliment. L'Inquisition n'était pas encore assez puissante pour qu'il se permette d'attendre qu'elle se présente.

« Mes hommages madame la Comtesse, souffla-t-il d'un voix solennelle qui seyait à un « éminent spécialiste », de ma part et de celle de l'Inquisition elle même. C'est un grand honneur de me trouver en pareille compagnie. »

Il valait mieux ne pas se montrer plus obséquieux : c'est son rang qu'il saluait, et il n'aurait pu se montrer plus expansif que s'il avait pu la nommer directement. Il ne monopolisa donc pas la parole et attendit sa réponse. Le Jeu commençait.
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