— Event N.1 : La Chute

— 9:31 DU DRAGON (Dragon Age Origins)
Depuis la nuit des temps, les Gardes des Ombres ont protégé Thédas du mal. Gardiens de la paix et des habitants de ce monde, ils ont toujours combattu d'un aplomb et d'une croyance infaillibles. Néanmoins, le cinquième Enclin signa l'arrêt de mort de la quasi totalité de ces guerriers à la force de fer. La trahison de Loghain coûta entre autre la vie du Roi Cailan et plongea la Garde dans un état quasi soporifique.Reyner Cousland fut l'homme qui redressa la situation. Armé de ses compagnons et de la rancœur qui l'accablait, le jeune homme avait vécu la tragédie d'Ostagar. Sa famille fut assassinée, son château brûlé, son amant décapité : Loghain venait de faire une regrettable erreur. Il s'était créé l'ennemi dont personne n'aurait jamais souhaité avoir un jour.L'Enclin fut anéanti. L'Archidémon mourut et Loghain trépassa de la main de Reyner. Ferelden fut libéré du joug du faux Roi. Tout était à construire désormais : nommé Commandant de la Garde, il devint le dirigeant des Gardes des Ombres de Férelden et une très forte influence parmi le groupe. Deux, quatre, puis seize grands campements furent construits et une vague de recrutement fut lancée. En dix ans, les rangs des gardes gonflèrent comme jamais. Symbole de courage et de persévérance, le jeune Commandant ne se doutait toutefois pas que les choses allaient dégénérer à nouveau... Et aussi violemment.

— 9:42 DU DRAGON (actuellement)
Corypheus rallia les templiers à sa cause. L'Inquisition en fit les frais et, prévenant ainsi Thédas et la majorité des grands groupes des alentours, aucun accepta de croire cette funeste nouvelle : C'est dans un espoir vain que Ragnar Warvrick, l'Inquisiteur, décida de lancer une demande d'alliance entre la Garde des Ombres et l'Inquisition. Les dirigeants de la Garde refusèrent sans prendre le temps de reconsidérer cette offre précieuse : pour eux, le vrai problème était l'influence et le pouvoir que continuait d'accroître l'Inquisition et ce, sans aucun cadre de bonne conduite et sans aucune limite.Néanmoins, une attaque se prépare et les Gardes ne se doutent pas une seule seconde que leur forteresse, Fort Bastiel, en Amaranthine, est sur le point de se faire assiéger par Corypheus qui après un échec cuisant chez l'Inquisition, décida d'attaquer un des autres groupes les plus puissants de Thédas en ayant appris que Reyner était sur les sentiers à la recherche d'informations capable de stopper l'appel : en soit, un pouvoir illimité pour les Gardes. Sur son chemin, le Commandant acquis des informations capitales et qui pourraient changer le destin de l'alliance entre Inquisition et Gardes.Le souhait de Corypheus est à présent de réduire au silence Fort Bastiel et son leader avec, coûte que coûte. Une bataille sanglante se prépare, et ce sera peut-être la chute de la Garde de Ferelden... Définitivement.

Combattez aux cotés de la Garde des Ombre afin de leur laisser la chance de s'en sortir vivant !
Sauvez ceux qui jadis vous ont offert gracieusement le privilège rester à l'abri du cinquième Enclin !
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[Terminé] Des coeurs de corbeaux (P.V Solas)

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MessageSujet: [Terminé] Des coeurs de corbeaux (P.V Solas) Mar 27 Juin - 22:22

Give me a place to sing and live my waySolas & EstridA clouded dream on an earthly night hangs upon the crescent moon. A voiceless song in an ageless light sings at the coming dawn (Loreena McKennitt → Avalon) Rues embourbées, gens clopinants, cendres tombant. Cela fait deux mois. Deux mois que lorsque l'on ouvre sa fenêtre et que l'on tend la main, l'on peut sentir du bout de ses doigts glisser tel un insidieux mauvais présage. Il suffit de fermer la paume, de la fermer assez fort pour sentir ses doigts pulser. Et quand on l'ouvre, on y voit du sang coulant abondamment. On regarde ensuite plus bas, en se penchant par réflexe car l'on entend que le sang tombe tout près; trop près. C'est à cet instant que notre propre sang se glace, fige notre coeur, notre âme et l'on le voit, lui,
l'homme que l'on a tué. L'épée, les hurlements alors nous éveillent, et nous prenons conscience que nous ne sommes pas accoudé au rebord de notre fenêtre, main tendue vers le ciel. Nous brandissons l'épée vomissant le sang de l'être tant haï, cet ennemi sans nom. Hurlement de joie, nous voilà garants des libertés par le sang de ceux qui ont été notre famille.


En avançant, l'on peut voir myriade de gens flotter, encore heureux de sentir sur eux le vent de la prospérité méritée planer au dessus de leur maisonnée. Leur prince est revenu, ce prince exilé qui aurait du siéger sur Starkhaven depuis plusieurs pleines lunes. Les jouissances de cette victoire du légitime agitent fortement les hommes et femmes de la région qui, se pressent indubitablement vers le palais du Prince afin de se permettre de laisser quelque cadeau, ou de simplement avoir le privilège d'entrer comme certains d'entre eux. Eux, les riches hommes des Marches Libres. C'est dans cette foule opaque qu'une singulière personne essaie tant bien que mal de se faufiler afin de rejoindre ses quartiers. Grand mal lui prend d'essayer, sachant son Dracolisk quelque peu effarouché en présence de trop grande foule. L'animal écaillé commence à s'agiter et malgré les caresses de son propriétaire il se cambre et rugit au dernier coup de coude reçu. Les gens s'écartent alors d'eux mêmes en hurlant de peur face à cette bête sans doute prête à leur ouvrir le crâne de ses sabots, et pourtant, c'est autre chose qui retient leur attention. Deux bras sortis de sous cette épaisse cape rouge vif d'un rose de peau qu'aucun être vivant normal n'aurait et ces mèches vertes qui soudain se mettent à couvrir le manteau rugueux de la bête encore paniquée.

"Il n'y a aucune inquiétude à avoir. Je ne suis que de passage dans votre auguste ville à la demande d'un de vos tenanciers."
On a encore du mal à accepter les différences, d'autant plus quand celles-ci sont aussi flagrantes ... jusqu'à la pointe de l'oreille. Certains la connaissent, et dans leurs yeux on sent tout le respect qu'il est dû à cette étrange créature. D'autres la jugent à vue, vocifèrent et détournent le regard. Mais elle, Estrid Bellanaris n'a aucune honte à se découvrir pour montrer son visage à tout ce monde qui n'ouvre ses portes qu'à celui qui sait se muer pour ressembler à lui-même. Le dracolisk semble soudainement se calmer quand sa maîtresse met sa main sous sa mâchoire et la glisse jusqu'au poitrail de la bête, tandis que le passage vers les bas fonds de la ville s'ouvrent enfin peu à peu devant elle. On la fixe alors, on fixe cette façon qu'elle a de marcher calmement tout en tenant d'une poigne ferme sa monture. Puis, soudain, elle s'arrête, se tourne face à ce château pour en dessiner chaque trait dans son esprit, lui, cette oeuvre à l'épreuve de toutes ces mièvreries malhabiles.
"La tolérance est gage d'intelligence, braves gens. J'espère que nos chemins se croiseront à nouveau, et que vous comprendrez alors, l'importance de la différence"
Jette-elle dans la mêlée avant de s'incliner de manière gracieuse, un sourire doux pendant sur ces lèvres aussi pourpres que le plus juteux des vin. Évidemment l'on l'oublie pour se remettre à se battre pour sa place. Jusqu'à ce que certains se fassent écraser ou bien agresser par l'un de leurs compatriotes et qu'instinctivement, l'on aille dans les bas fonds chercher son soin chez les apothicaires.

◊ ◊ ◊

Quand vient le temps des aller retour entre centre de ville et ses fontaines de marbres, et basses rues encore sombres séparées par ce fleuve, les blessés qui alors guillerets et fiers pointaient leur droit devant le palais princier n'avaient à présent mot pour exiger quoi que ce soit. Ils clopinent, main et pied encore tremblants sous les coupures ou les fractures et gagnent les quartiers en quête d'un remède à leur mal. Bientôt dans la pénombre du soleil couchant, ils entendent les rumeurs contant qu'une soigneuse est de passage et que celle-ci prodigue sa magie et ses potions à quiconque le souhaite. Alors les blessés trop fiers partent vers ce on dit, manquant de cinq rues leur but, demandant encore d'où vient la rumeur à ceux qui peuvent répondre. Et bientôt ils voient au loin des gens danser doucement, et instaurer autour de leur généreux donateur un silence religieux. Les sons de l'instrument ressemblent à une sorte de crissement, mais sont en tout points mélodieux et fluides. Et l'on entend les notes changer par petites intermittences à qui a l'oreille assez fine pour en déceler les subtilités; les doigts sont le deuxième organe qui donnent corps à cette chose hors du commun. La voix ne se fait pas attendre quand le rythme est donné par quelques coups de pieds sur le bois d'une pauvre scène.

J'ai vu bien des hommes rêver aux lendemains
Moi déesse des mers, amante des marins
Tous ont voulu croire qu'un jour ils domineraient
La nature entière et même mes attraits
De leurs paroles sucrées et caresses insensées
J'ai pris la mer le vent et dit à ces fous
Que seule je vais rester.

Que seule je vais rester.

Que serait donc un mythe enchaîné
Si sa légende ne peut inspirer ?
La femme perdrait son plaisir
Dans l'amour qu'elle veut choisir.

Que serait donc un mythe enchaîné
Si sa légende ne peut inspirer ?
La femme perdrait son plaisir
Dans l'amour qu'elle veut choisir.

Ne dites à personne
Qu'un homme ne peut épouser
Ce qui le passionne
Car un jour viendra l'aimée
Montrera par son âme
Que elle et seulement elle
Pourra déclarer sa flamme.

Pourra déclarer sa flamme.

Que serait donc un mythe enchaîné
Si sa légende ne peut inspirer ?
La femme perdrait son plaisir
Dans l'amour qu'elle veut choisir.

Que serait donc un mythe enchaîné
Si sa légende ne peut inspirer ?
La femme perdrait son plaisir
Dans l'amour qu'elle veut choisir.


Et à mesure que le rythme se fait entraînant, les gens se permettent une énième danse à entendre certains, les femmes rougissent face au sens cavalier des paroles mais apprécient et se permettent certaines attitudes qui malheureusement ne peuvent seoir à l'attente de l'homme face à sa dame. En prenant les devants durant la danse, exemple parmi tant d'autres. Le refrain reprend et certaines le chantonnent fort de leur voix plus ou moins mélodieuses sous les regards médusés de quelques passants et spectateurs masculins. Puis enfin, l'instrument et la voix ne sont plus, le musicien en réalité musicienne se redresse et remet sa veste de cuir sur ses épaules pour cacher sa chemise rouge sang à col montant. On l'applaudit, on la remercie en lui prenant les mains, on lui offre aussi quelques maigres provisions et d'autres se pressent pour venir lui demander service. Un service qu'elle seule sait prodiguer avec bonté et vertu : le soin.

Le premier vient pour une épaule semblant déboitée, et c'est non sans quelques cris et un sort permettant une restructuration partielle des chairs internes que le mal passe, sous les yeux émerveillés des pauvres gens de Starkhaven. Bientôt les gens qui avant l'avaient insultée se mêlent à la foule demandeuse en ces temps troublés où les mages comme elle devaient mourir selon les templiers. Mais peu se gardaient de divulguer une information aussi précieuse pour leur propre santé et salut. Bien sûr que la douce Estrid, l'étrange elfe aux cheveux verts pouvait se faire prendre à tout moment, maintenant que son statut de résidente à Tevinter lui avait été retiré. Bien sûr que les prémices de guerre entre mages et templiers l'inquiète. Mais son don doit servir aux gens et non pas molester leur entité sur cette terre.

Une toux rendant de mal en pis, la gorge touchée et voilà le prochain. Alors que passe les consultations sous l'oeil curieux du Dracolisk nommé Dareth, un homme attire un moment l'attention de l'elfe qui alors fronce ses longs sourcils, perplexe. À présent penchée et interrompant ses consultations et soins en posant une main sous son coude et l'autre sous son menton, elle demande finalement :
"Venez-vous pour une consultation, Era ?"
Son accent dalatien peine à être le plus parfait possible, mais ... elle ne sait pourquoi, cet homme lui semble dalatien. Dans sa gestuelle, ses regards, la façon dont il se tient. Plus qu'elle ne l'a jamais été en tout cas. Alors elle attend, ne cessant de poser ses yeux d'un bleu ciel pâle sur son interlocuteur.



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MessageSujet: Re: [Terminé] Des coeurs de corbeaux (P.V Solas) Mer 28 Juin - 10:16

Les nuits à Starkhaven étaient agitées. La mort et l'espoir, la violence et le soulagement, le courage et la terreur, et bien entendu, le sacrifice. Et les vivants n'y étaient pour rien.

L'ombre du deuxième Enclin dansait dans l'Immatériel, et Solas s'y laissait entraîner volontiers. Perdus dans les songes parmi les âmes, il ressentait le poids qui se tenait sur les épaules de Corin lorsqu'il fit face à l'Archidémon, ainsi que sa rage mêlée à une inextinguible peine lorsque son aimée périt devant lui en lui sauvant la vie. Autour d'eux, il entendait l'écho des milliers de soldats qui criaient à s'en briser l'esprit, emplis d'un courage mêlé de désespoir.

D'autres batailles avaient eu lieu entre ces murs, plus récentes, dont celle de la Marche Exaltée contre l'empire Tevintide, qui s'était soldée en une courte mais violente bataille, dont il en ressentait encore les effluves, ceux de la foi et de la haine.

Mais chaque matin, le rêve se brisait en même temps que son lien avec l'Immatériel, et la triste réalité s’abattit à nouveau sur lui, celle de ce monde impotent et décadent qu'il avait involontairement créé. On racontait qu'un mage fou avait détruit une Chantrie toute entière dans une ville proche, et embrasé les tas de pailles sèches qu'était l'équilibre entre les mages et les templiers. La ville, Kirkwall, avait été le théâtre d'un affrontement entre les deux partis, et le ton commençait aussi à monter dans le Cercle de Starkhaven.

Solas ne parvenait pas à déterminer ce qu'il pensait des récents événements. L'émancipation des mages était tout ce qu'il pouvait leur souhaiter, mais dans de telles conditions, il y avait de quoi craindre pour leur avenir. Lui même n'avait pas hésité à mener une guerre à l'époque, mais celle qui semblait couver dans les Cercles faisait plus figure de gesticulation qu'autre chose, comme un enfant qui se débat armé d'un couteau. Quel que soit le résultat de leur révolte, ils n'allaient pas manquer de se blesser eux même au cours de leur tentative brouillonne et désespérée.

Sans doute n'allait-il pas rester très longtemps en ville. Tout discret qu'il était, il y avait fort à parier que l'on finisse par le remarquer, et lorsque ce jour viendrait, mieux valait ne pas rester dans le coin. Il ne manquerait pas, une fois dehors, de visiter Kirkwall qui méritait chaque jour un peu plus son titre de ville des chaînes brisées, mais il ne s'y attarderait pas longtemps non plus.

Un événement finit néanmoins par attirer son attention alors que le jour de son départ se faisait imminent. Il ne s'agissait au départ que d'une rixe entre badauds comme il y en avait tout le temps, surtout quand on considérait l'état d'agitation de la ville, tant à cause des affaires du Cercle que du retour de leur Prince bien-aimé – et bien chantriste. Pourtant, quelque chose fut différent cette fois-ci, car il entendit quelques murmures à propos d'une elfe étrange, aux oreilles étonnamment longues et à la peau rose comme les fleurs.

Cela fut suffisant pour intriguer Solas, qui n'avait jamais croisé rien de tel parmi son peuple. Les cheveux blancs n'étaient pas rares, car ils étaient une conséquence assez courante d'un abus de magie, mais ceux de l'étrange inconnue, on les murmurait verts. Couplés à cette couleur de peau bien originale, il y avait de quoi se poser des questions, et lorsque le vieil elfe entendit s'élever une musique qui n'avait jamais touché ses oreilles, il fit assez rapidement le rapprochement.

Il se glissa parmi les badauds jusqu'à la musicienne devenue guérisseuse, usant de magie au grand jour comme si elle ne risquait rien. Circonspect, c'était le mot idéal pour décrire l'attitude de Solas lorsqu'il la vit, et il envisagea immédiatement de faire demi-tour pour éviter de se retrouver dans les griffes des templiers qui n'allaient sans doute pas tarder à montrer le bout de leur heaume.

Il en décida cependant autrement, décidé à détailler cette étrange créature à la candeur presque enfantine. Sa peau et ses cheveux étaient tels qu'on les avait décrits, et même pour une mage, c'était un résultat des plus étranges. La première image qui lui vint en tête fut celle d'une démone du désir, seule autre créature qu'il connaisse arborant un tel épiderme, mais il repoussa bien vite cette hypothèse, tant elle semblait dépourvue de quelque sentiment négatif que ce soit – et de cornes.

Elle finit par croiser son regard et le regarda avec curiosité. Il fallait dire qu'il n'avait pas fait d'effort particulier pour se fondre dans la foule, et détonnait dans le paysage rempli de blessés ou d'admirateurs, visiblement charmés par une magie qui lui fit considérer l'idée du démon quelques instants de plus que nécessaire. Elle le salua alors, se fendant d'un mot dalatien qui ne fit que le rendre plus confus encore. Était-elle dalatienne ? Y avait-il tout un clan d'elfes comme elle ? C'était à n'y rien comprendre, et ce genre de sentiment était rare pour Solas.

« Andaran atish'an, la salua-t-il en retour. Je suis juste un curieux, porté par les histoires d'une elfe à la peau rose et à la monture agitée. Je suis inquiet aussi : ne craignez-vous pas les templiers en exposant ainsi votre magie aux yeux de tous ? »

Son ton et son attitude étaient placides, mais il restait en alerte, prêt à déguerpir dès que le cliquettement d'une armure de plaques se ferait entendre.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Des coeurs de corbeaux (P.V Solas) Jeu 29 Juin - 16:02

Give me a place to sing and live my waySolas & EstridA clouded dream on an earthly night hangs upon the crescent moon. A voiceless song in an ageless light sings at the coming dawn (Loreena McKennitt → Avalon) Pendant un instant, un bref instant, tout semble inconstant et brutal. Estrid se sent ébranlée de voir, d'avoir pu croire que cette personne soit dalatienne. Elle ne sait pas ce qui lui a pris, sans doute une envie de croire que sa maison, aussi éclatée soit-elle existe en cette personne; en celui qui semble tant représenter d'un seul regard. Alors, quand celui-ci lui répond d'un accent parfait, l'elfe se sent frémir au point que sa main posée sous son menton glisse partiellement de son point d'appui. Ses expressions changent du tout au tout par d'infimes traits bougeant pour exprimer les émotions : curiosité, étonnement et apaisement. Oui, l'apaisement même de l'âme s'empare des sens quand cet elfe se préoccupe de sa condition. Ou pense-t-il qu'elle est au contraire stupide. Dans tous les cas, ce n'est pas pour une blessure et c'est tout ce qui compte à ses yeux; un homme bien portant.
"Je sais."
Elle soupire, croisant cette fois-ci ses bras sous sa poitrine, bien plus pensive qu'elle ne l'a été jusqu'alors.
"Je sais que cela est dangereux. Que je pourrai finir dans un cachot ou pire, exécutée. Un apostat qu'il soit orlésien, elfe, dalatien, humain n'est que pitance pour ceux qui veulent les enserrer dans des dogmes et dans la peur d'eux-mêmes et de ceux appelés normaux."
Ses yeux se baissent vers ceux bleutés comme le ciel de cet elfe, elle lui sourit, quand soudain une petite fille vient foncer dans ses cuisses en s'agrippant à sa veste de cuir pour cacher la légère bosse bleutée se trouvant sur le côté droit de son front. L'elfe alors s'accroupit et vient frôler son front, alors auréolé par une douce lumière bleu pastel.
"Mais si certains des nôtres n'apportent pas un peu d'espoir et d'aide, alors qui le fera ?"
La bosse disparaît, aussi vite que l'enfant qui s'en va de nouveau vers les jupes souillées de sa mère. Estrid reste un moment dans cette position, à observer de si bas, les plus belles choses qui peuvent apparaître chez l'humain : un hochement de tête, un sourire, un merci. Même murmuré, c'est l'un des mots les plus précieux à ses yeux.

La mage se relève ensuite, arrangeant son bâton sur son dos, tandis que sa monture s'approche d'un pas lent, tête baissée pour lui laisser la jouissance de poser son instrument encore apposé sur le mur. Cet animal qui peut sembler si hideux, si douloureux à celui qui ose poser sa croupe sur son dos, n'a portant rien à envier aux hahls ou purs sang. Aussi loyal et farouche que les autres. La ménestrel lui caresse la tête de ses longs doigts rosés avant de reprendre la parole.
" Shemlen, emma Fàlon. Emma Làth. Nos aspirations doivent aller dans ce sens et toucher la magie encore endormie en ce monde, Era. Pour que celle-ci apporte une harmonie qui par moments, me semble malheureusement absente."
Quand elle y repense, l'immatériel qu'elle a pu côtoyer avec son maître et mentor n'avait cependant rien de bien plus vertueux que ce monde. Les sentiments les plus abjects y sont décuplés, les démons désirent l'humain, au point de lui courir après quand celui-ci est bien trop faible d'esprit. Elle a vu une horreur arcanique se repaître un instant d'un des apprentis avant de se faire occire par son maître dans la réalité. Cet épisode, comme de nombreux autres sont restés gravés dans sa mémoire. Mais sa mélancolie s'interrompt brutalement quand une voix forte et grave vient à leur rencontre.

◊ ◊ ◊

"AAAAAAAH ! Estrid qu'il est bon de te revoir ma petite !!!"
L'homme de barbe grise tressée en son bout et de cheveux tout aussi gris allant jusqu'à ses épaules ouvre les bras en s'avançant vers la ménestrel. Des gens se retournent à son approche puis se permettent de décamper au vu du tapage que fournit cet illustre personnage braillard, d'autres restent, quelque peu décontenancés face à son approche. Lui, s'en fiche, attrape aux épaules la musicienne avec une poigne exceptionnelle au point de secouer ce frêle corps. Ils se regardent un instant, elle, encore sonnée, tandis que lui semble avoir une soudaine étincelle ranimant son visage fatigué par tant d'années de travail. Il suffit de voir l'état de ses mains, calleuses et écorchées. En réponse, Estrid vient poser ses mains sur ses avant bras dans un geste chaleureux et empli de bienveillance.
"Je vois que les gens de l'auberge n'ont pas encore réussis à faire en sorte de vous rendre aphone. Vous avez l'air d'avoir meilleure mine depuis notre rencontre à Kirkwall.
- Pour qui tu me prends. Et arrête de me vouvo'ier je t'ai dit. Je suis déjà six fois grand père.
Ta chambre est préparée pour la soirée. Je sais que tu ne traînes jamais trop longtemps au même endroit. C'qui ton ami pointu comme toi ? J'veux dire ...

- Un voyageur, tout comme moi. Nous étions en train de discuter mais ..."
Elle s'interrompt un moment, sortant les mains larges de son ami humain de son dessus d'épaule pour reprendre contrôle de son corps tout entier et s'avancer vers celui dont elle a été l'objet de son esprit curieux.
"Je m'excuse de mon impolitesse, Era. Mon nom est Estrid Bellanaris, ménestrel et mage spécialisée dans la presque totalité en sorts de soins. Ma musique ainsi que ma magie, sont au service des gens dans le besoin, quel que soit leur appartenance."
Elle s'incline légèrement, main sur le coeur, fermant légèrement ses yeux aux iris presque trop clairs en un humble signe de paix et de respect.

Alors que tout semble serein, alors que toute vie caresse la douce espérance de voir sa journée se terminer sur un sommeil gratifiant la paix du coeur et du corps, vient les crissements de la pire des anarchies. Une cloche au loin sonne et tout semble soudainement s'effondrer.

Brisés sont les sons de rires et paroles joyeuses. Remplacés sont les pas légers des souliers par le silence le plus suspect qu'il soit. Thorne le Gris prend alors les deux elfes par les bras.
"Venez. Il y a des gens qui nous imposent un couvre feu. Et il ne fait pas bon d'être dans les rues. On va devoir tout fermer là bas, à l'auberge. Venez j'vous dis."
Estrid ne peut s'empêcher de froncer les sourcils, soudainement inquiète de voir tout ce monde décamper. Thorne la tire encore, l'obligeant à faire un pas en arrière tandis que son Drakolisk siffle légèrement pour signifier sa méfiance. La ménestrel se tourne vers Era, le coeur battant et la tristesse enflant ces lèvres qu'elle se mord alors légèrement. Quelque chose lui disait que cet esprit libre, bien libre qu'elle peut décider de donner jour ou nuit à ses actions. Elle se permet alors de lui attraper la main, faisant tinter son bracelet aux deux faux tranchants de haches attachés à des lacets de cuir. Sa manière de prendre se fait douce, prenant au poignet, laissant les doigts entourer la peau avant de légèrement soulever cette main.
"S'il vous plaît, venez. Cela fait longtemps que je n'ai pas côtoyé quelqu'un ayant des attaches avec la Dalatie."

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MessageSujet: Re: [Terminé] Des coeurs de corbeaux (P.V Solas) Ven 30 Juin - 14:24

« Ou pire, exécutée », avait-elle dit. Un frisson traversa Solas lorsqu'il se dit que c'était là loin d'être le pire qui puisse lui arriver. N'avait-elle jamais entendu parler de l'Apaisement ? Ce n'était pas un savoir très répandu en dehors des cercles après tout, et elle ne semblait pas le moins du monde en être issue, car les mages qui s'en étaient évadés craignaient ou haïssaient les templiers plus que n'importe qui d'autre, ce qui ne semblait pas être son cas. Était-elle dalatienne ? D'instinct, il aurait dit que oui, mais son accent légèrement haché le fit douter, sans parler de son absence de vallaslin.

« Vous en apporterez plus si vous survivez », lui répondit simplement Solas sur un ton indéchiffrable.

Il appréciait sincèrement ce genre d'attitude, c'est dans celles-ci qu'il retrouvait un peu de paix et d'espoir pour ce monde brisé, mais sans prudence, ce n'était que folie. Le courage et la force sont nécessaires pour vaincre un dragon, mais se précipiter au combat vêtu uniquement de ces deux qualités relevait du suicide. Et cette jeune elfe s'attaquait à l'un des plus féroces et des plus résistants : la peur.

Un cri – ou plutôt un appel – manqua de faire sursauter Solas, toujours sur ses gardes. Un homme bruyant débarqua parmi eux, faisant fuir quelques inconnus trop méfiants avant de se saisir de l'elfe nommée Estrid avec un entrain presque familial. Alors que le vieil elfe se demandait si ce n'était pas le bon moment pour lui aussi leur fausser compagnie, l'inconnu remarqua sa présence, le qualifiant de « pointu » comme si ce mot était tout à fait naturel. Solas fronça les sourcils, mais garda le silence tandis que la jeune elfe se présentait plus convenablement.

Barde et mage de soin, retint-il. Il avait plus ou moins deviné qu'elle était tout cela, et aurait plutôt préféré avoir une brève explication sur la raison de sa peau rosée, mais ce n'était sans doute pas le genre de choses que l'on jetait au visage des inconnus si facilement. Sa seule piste réflexion porta donc sur son nom, « Bellanaris », qui était indubitablement elfique.

« Solas, se présenta-t-il sobrement en inclinant poliment la tête. Je suis juste un vagabond. »

Lorsqu'il se trouvait en ville, il ne gardait jamais son bâton sur lui, de peur d'attirer l'attention et parce qu'il était suffisamment doué pour pouvoir s'en passer en cas de besoin. Ainsi, rien – de visible en tout cas – ne pouvait à sa connaissance trahir sa nature d'aspostat.

Une cloche sonna au loin dans un écho sinistre, et les rues se vidèrent progressivement. Ce n'était pas sa première nuit à Starkhaven, aussi comprit-il immédiatement de quoi il s'agissait : l'heure du couvre-feu approchait à grand pas, et lorsque celui-ci serait passé, il ne ferait pas bon être dans les rues, mage ou non.

Le rustre qui était venu rejoindre la ménestrel les saisit alors tous deux et commença à les traîner vers ce qu'il annonçait être son auberge. N'appréciant guère ces attitudes, Solas se dégagea de sa poigne seulement pour être saisi à nouveau, avec plus de douceur, par Estrid, qui lui demanda de les suivre d'un ton complètement différent.

« Je ne suis pas dalatien », rétorqua Solas qui hésitait encore.

Suivre une apostate aussi peu discrète pouvait lui apporter des soucis si jamais les templiers venaient à leur tomber dessus, quand bien même il pouvait passer pour un non mage. Mais d'un autre côté, c'était l'occasion d'en apprendre un peu plus sur cette elfe si étrange, et de trouver un endroit tranquille pour la nuit.

« Mais très bien, abandonna-t-il, vaincu par sa curiosité, je vous suis, vous et votre ami rond. »

Puisqu'on en était à se différencier par les oreilles, il n'y avait pas de raison qu'il ne s'y mette pas.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Des coeurs de corbeaux (P.V Solas) Ven 30 Juin - 22:55

Give me a place to sing and live my waySolas & EstridA clouded dream on an earthly night hangs upon the crescent moon. A voiceless song in an ageless light sings at the coming dawn (Loreena McKennitt → Avalon) Dans la vie, il vaut mieux par moments taire le pire des sorts pour pouvoir soi-même se redonner espoir; et surtout ne pas oublier ce pour quoi l'on a le droit d'exister. Vivre sans une jambe ou sans sa liberté de pensée car englouti par un démon, tout cela eut-être pire que la mort en soi. Alors repenser à ce qu'elle a entendu durant son passage à Kirkwall ... Estrid le tait, malgré le coup à la poitrine que lui porte cette vérité. Ses doigts qui englobaient le poignet du mystérieux elfe se détachent lentement, à la limite de l'hésitation tant elle se sent gênée d'avoir cru qu'il pouvait être dalatien. Attristée face à cette réalité nous rattrapant, on ne se sent plus sûr de soi lors d'une brève seconde de son existence. Nos doigts s'effleurent sans pour autant se chercher, l'indifférence, la confusion deviennent prédominants et nous rongent. C'est donc lèvres entrouvertes et regard baissé, joues plus foncées et mains à présent placées sur son ventre qu'elle dit presque dans un murmure :
"Pardonnez-moi ... Solas, c'était présomptueux de ma part."
Son dracolisk se met à frapper le sabot, la rappelant à son sérieux habituel, celui qui fait qu'elle sort son bâton si bleu et étrange de son dos pour l'envelopper avec une grande rapidité dans un long tissu avec un système de noeud resserrant le cordage autour de l'étoffe. Elle lance sur le dos de son compagnon leur éternité, celle qui embrasse leur nuque chaque jour durant qu'il vente ou qu'il pleuve, celle qui leur permet de vivre chaque lendemain avec un nouveau souffle. Il s'ébroue légèrement, elle, redevient ce qu'elle doit-être dans ce monde beau mais fou : une femme forte. Thorne lui, se sent quelque peu décontenancé face à la répartie de ce pointu chauve, à tel point qu'il s'en lustre la barbe plus qu'il n'en faut pour lui démêler les pans. Puis, il n'est pas si rond que ça, si ? Ça le rend donc encore plus circonspect parce qu'il a l'impression que le bâton sur pieds le traite de gros. Ou parlait-il de son nez ... ? Alors il se touche une hanche, puis une autre avant de se mettre à râler et commencer à marcher.
"Venez. On va passer par là. Ahé je ne suis pas gros. Juste enveloppé Sol...as ! Non mais les chauves j'vous jure. Pas un poil sur lecaillou ça s'prend pourl'nouveau prophète"
La rosée prend les rennes de sa monture, observant tout de même Le Gris partir d'une marche empreinte de fierté digne du typique être masculin avec un air amusé qu'elle garde en regardant cette fois Solas.
"Vous savez, la maladresse venant du coeur se pardonne plus volontiers qu'un silence bien trop confortable. Elle s'oublie plus vite, également."
Son sourire se fait plus prononcé que précédemment, malicieuse mais néanmoins sérieuse. Puis, sans autre mot pour cet elfe empreint de mystère, la ménestrel s'enfonce à son tour, accompagnée de sa monture, dans les rues des bas quartiers de Starkhaven.

◊ ◊ ◊

Sous les sombres nuages, l'on aurait l'impression que toutes les maisons, de la porte aux fenêtres ne font que se ressembler. Grises, froides et sans âme. Tout le monde semble faire le mort. Thorne jette des coups d'oeil ici et là, tendant même parfois l'oreille pour vérifier que rien ne vient leur tomber dessus. Seul les chats semblent vouloir lui jouer un coup du sort en miaulant assez fort pour rendre ses oreilles douloureuses. Le temps de la marche, Estrid a plus ou moins ralenti le pas, tournant la tête pour observer chaque bâtisse et même jeter un coup d'oeil rapide vers le ciel à la lune à demi cachée. Tout ses sens se mettent en alerte, et les miaulements pour elles deviennent rapidement des bourdonnements. Pour oublier, et surtout pour sentir que Era n'a pas disparu, elle parle; de tout et de rien.
"J'ai du mal à croire que frère Genitivi a décrit dans son entièreté Starkhaven dans ses écrits. Cette partie de la ville n'a vraiment rien à voir avec le faste des palaces que j'ai pu entrapercevoir."
De la pierre certes, mais pas la noblesse du marbre. Sans doute des réfugiés, ou quelques hères venant de Kirkwall l'éventrée. Sa main glisse le long de certaines courbures de roc, aimant l'inconnu qu'il dégage dans son entité. Et dans le fond, elle a l'impression de sentir quelques soubresauts de souvenirs se dégager des bâtisses.
"Je n'ai jamais vu vagabond parler de manière aussi fluide que vous. À croire que vous êtes aussi un conteur de rêves."
La dalatienne de naissance observe ce profil qu'elle trouve encore plus singulier que le sien. Un elle ne sait quoi de distant, mais relevant plus d'autorité et de sagesse. Encore quelques pas, cette fois Thorne grommelle et leur dit de s'arrêter un instant pendant que lui, s'avance pour se coller au mur d'une maison qui de ses pierres trace l'ouverture vers une autre rue. Estrid se penche. Nez long, légèrement en crochet, menton relevé avec une scission en son milieu, iris bleus. Vraiment, ce faciès est perturbant, mais en tout points intéressant pour l'artiste qu'elle est; tout vagabond qu'il soit.

"Solas. Veut dire fierté. Cela vous va plutôt bien."
- On y est. Allez, avancez les jeunes."
Thorne leur fait signe, et bientôt Estrid le suit avant de sentir ses oreilles frémir face à un bruit qui n'a pas lieu d'être. Il paraît strident, mais bien trop faible pour qu'elle puisse en percevoir l'essence même. Sauf qu'elle ne peut tendre plus l'oreille, enjointe de rapidement poser sa monture dans l'écurie attenant par son vieil ami humain. Il ferme alors les portes derrière eux, barricadant celles-ci de deux barres de bois semblant bien lourdes mais que lui porte sans le moindre mal. La musicienne défait rapidement les liens de la selle et prépare du tissu provenant de l'assise son sac toujours avec rapidité au vu de la situation inquiétante.
"Thorne dis-moi ce qu'il se passe ici. J'ai cru entendre quelqu'un crier."
Le vieux encore occupé à mettre les barres s'arrête d'un coup, souffle coupé.
"Je ... c'compliqué. Ah non. Ne me regarde pas comme ça."
Ce regard, Thorne le déteste. Inquisiteur sachant qu'en plus, cette femme triche avec ses superbes yeux bleu de ciel pâli. Mais il ne sait pas comment lui dire que des gens s'amusent à venir saccager certaines maisons "pour trouver du mage". L'excuse en ces temps troublé. Il pointe son index vers le visage de la mage avant de soupirer et se passer une main sur le front.
"Viens m'aider, l'vagabond.
- Mais ..."
- Y'a rien à faire, Estrid."
Rétorque-t-il sur un ton plus sec. Il ne faut pas qu'elle se mêle de ça. Pas maintenant. Surtout pas avec le prince revenu qui voue une haine particulière envers Kirkwall et les mages. En plus de ça, c'est un religieux. Tout pour plaire. Il finit de mettre les barres avec l'aide de l'elfe, puis il se concentre sur la remontée sa ceinture pour éviter cette paire d'yeux qui le suivent jusqu'à l'entrée arrière de son auberge.
"Tu as déjà aidé des victimes des jours précédents, c'suffisant."
Il pousse la porte et s'engouffre dans la bâtisse sans se retourner vers elle. Estrid, à demi cachée par les ombres fournies par les planches de l'écuries semble soudainement plus sombre, mais aussi plus soucieuse. Ses longs sourcils s'agitent et la voilà en train de tourner en rond, mains posées sur son ventre.
"Pourquoi devrait-on laisser des gens souffrir parce que d'autres l'ont décidé ? C'est incompréhensible ... !"
Elle doit faire quelque chose. Mais quoi. Ce n'est pas ses faisceaux arcaniques et ses sorts de zone de répulsion qui pourraient y faire grand chose. Et elle est pleinement consciente qu'en tant que mage ce serait comme se vendre pour mieux se faire retirer peau et coeur alors que l'on est encore vivant. Alors elle reste là à regarder pendant quelques minutes cette porte barricadée à peser le pour et le contre. C'est quand Solas le vagabond des rêves s'est mis à bouger que sa voix se fait à nouveau entendre. Douce, mais légèrement brisée sous le coups des cris qu'elle peut entendre par intermittences.
"Faut-il vraiment laisser ces supplices perdurer selon vous ?"
Lance-t-elle après avoir fait un pas, main posée sur la poutre de soutien.

Ils ont été deux, ils ont été beaux, marchant main de la main pour former un univers; leur univers. Et de leur union, milles étoiles se sont mises à briller. Ciel propice, terre riche et chaleureuse, tout pouvait à présent éclairer les nuits. Alors pourquoi diable les a-t-on séparées ? Sais-tu lune, toi qui vois tout de là haut. Dis-moi quelle liberté donner à ce monde aux crevasses trop profondes pour qu'un jour, ces deux mains puissent à nouveau s'entrelacer.

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MessageSujet: Re: [Terminé] Des coeurs de corbeaux (P.V Solas) Sam 1 Juil - 14:37

« C'est de vos oreilles que je parlais », soupira Solas avec lassitude

Que c'était frustrant de voir que sa répartie s'était perdue quelque part au sein de son crâne, il n'aurait pas dit non à une petite joute verbale, bien que joute soit un terme un peu présomptueux. Même s'il avait été capable de se défendre un peu plus vaillamment, il n'aurait guère été qu'une pierre à aiguiser avec laquelle il aurait pu maintenir sa parole et son esprit acérés.

Ses réflexions se perdant dans un soupir qui sembla durer des heures, il leur emboîta le pas, silencieux. Autour d'eux, la ville disparaissait progressivement, ses habitants se cachant dans leurs maisons comme ils l'auraient fait dans une grotte abandonnée. Quelle tristesse que de voir ainsi une demeure, censée être le refuge ultime de ses habitants, se transformer en simple cachette dans laquelle on espérait échapper aux yeux inquisiteurs et aux mains fermes des forces de l'ordre, à moins qu'il ne s'agisse de simple tortionnaires.

Depuis que le dénommé Sebastian était revenu en ville, les choses allaient de mal en pis, et plus il y réfléchissait, plus il estimait que le plus terrifiant dans tout cela était le fait que le prince soit persuadé de rendre le monde meilleur et plus sûr. Il ne s'agissait pas de méchanceté pur et simple comme il avait pu l'observer si souvent, mais de quelque chose de bien pire : l'ignorance et la fermeture d'esprit, les conséquences d'un endoctrinement qui a débuté voilà plus de neuf cents ans et qui pesait sur chacune de ses décisions, le recouvrant comme un voile qui tordrait la réalité sous ses yeux.

Sans doute Estrid se refusait-elle ce genre de pensées, car elle faisait de gros efforts pour que le silence ne s'installe guère entre eux. Elle n'avait d'ailleurs probablement pas tort, car se morfondre n'allait pas changer grand chose au sort de cette ville et de ses habitants. Il l'écouta donc paisiblement, lui répondant brièvement quand elle s'adressait directement à lui.

« Le vagabondage et l'érudition ne sont pas inconciliables, lui expliqua-t-il simplement, tant que l'on accepte le monde comme professeur. »

Elle le regardait fixement, intensément, détaillant son visage comme si elle parvenait à y voir quelque chose qui lui échappait. Avait-elle deviné qu'il était mage ? Ce n'était pas impossible après tout, il avait plus d'une fois ressenti l'aura d'un de ses confrères, pour peu qu'il se concentre un peu. Quoi qu'elle ait pu penser ou voir en lui, elle n'en dit cependant rien – ou peut-être le fit elle ? S'il parlait souvent en énigme, elle ne semblait pas non plus en reste sur ce point.

Il s'apprêta à lui répondre, à se lancer sur le sens lourd et complexe du mot « fierté », mais ils n'en eurent pas le temps, car ils venaient visiblement d'arriver à destination. Et avant qu'il n'ait eu le temps de détailler l'endroit, un cri lointain attira son attention, ainsi que celle de la guérisseuse, qui ignorer visiblement ce qu'ils signifiaient. Ce n'était pas le cas de l'homme, peu enclin à l'idée de lui donner une réponse, et qui termina de barricader l'endroit avant de leur fausser compagnie, enjoignant la jeune femme à ne pas risquer sa vie inutilement dans les rues.

Solas ne fut guère surpris de voir qu'il en fallait plus pour arrêter Estrid, qui se tourna vers lui en quête de soutien, alors qu'un léger désespoir semblait exhaler de son être.

« Ils font la chasse aux mages, expliqua Solas. Depuis Kirkwall, ils sont de plus en plus persécutés, pour les mêmes raisons qu'ailleurs. Le nouveau prince fait beaucoup de zèle. »

Il tendis l'oreille, et écouta les cris et le fracas qui résonnaient au loin, tâchant de ressentir ce qui pouvait bien s'y passer. La peur, l'abandon, l'incompréhension, la douleur... Tous ces sentiments qui s'élevaient de Starkhaven comme la fumée de ses cheminées.

« Pensez-vous vraiment pouvoir aider ces gens ? Finit-il par asséner d'un ton neutre. Vous ne m'avez pas l'air d'être une tueuse, et quand bien même vous le seriez, il y aura forcément un ou plusieurs gardes qui parviendront à s'enfuir. Qu'arrivera-t-il à ces gens que vous vouliez sauver alors, quand les autorités apprendront qu'un mage est venu à leur secours ? Seront-ils arrêtés, ou auront-ils le temps de s'exiler de la ville et de dire adieu à leur vie ? Et que penser de tous les autres, les voisins et les amis, qui seront à coup sûr interrogés ? Vos intentions sont louables, Estrid, mais en vous jetant ainsi dans l'inconnu, vous risquez surtout d'empirer les choses. Parfois, la vraie sagesse est dans l'inaction, si injuste peut-elle sembler être. »

Il posa sa main sur la poutre à son tour, la maintenant symboliquement en plus. Elle voulait bien faire, et c'était un comportement louable, mais là encore, un cœur bon mais irréfléchi pouvait répandre la mort et le désespoir aussi bien – voire mieux – qu'un cœur sombre et mesquin.

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MessageSujet: Re: [Terminé] Des coeurs de corbeaux (P.V Solas) Sam 1 Juil - 21:35

Healing the wounded onesSolas & EstridWhispering ... Morning, keep the streets empty for me ... (Fever Ray → Keep the streets empty for me) Le vide, la peur, la douleur. L'impuissance. Laisser le sang couler au creux de ses mains, le regarder de ses yeux bouffis par trop de larmes jetées dans les terres souillées des champs de bataille. Sentir son esprit se faire voler par le plus perfide des sentiments : Colère. La Colère avait voulu s'emparer d'elle un jour, mais elle ne sait plus comment elle avait résisté. Sans doute de par sa capacité à pardonner, comme disait son mentor. Et le pardon à Tevinter n'est malheureusement pas une qualité louable. En le voyant s'approcher, Estrid écarquille les yeux, ses lèvres s'ouvrent et elle s'apprête à parler, mais dans une retenue immense, elle détourne finalement les yeux, mordant l'intérieur de sa joue et fermant sa main en un poing. Le coeur battant sous les coups du stress, de cette bataille qui se joue dans son coeur et la raison qu'incarne parfaitement Solas, tout semble devenir trouble
"Je sais tout cela. Mais est-ce que ce serait juste ? Est-ce que je pourrai me sentir vivante en sachant que j'ai fermé les yeux devant toutes ces choses ? comme lors ..."
... de mon passage dans l'Immatériel. Voilà ce qu'elle a voulu dire. Mais elle s'est tue, ne voulant pas rouvrir des pages de manuscrits bonnes à faire blasphémer d'horreur et de peur les plus chastes et innocentes femmes que connaît ce monde. Cependant, malgré ses perditions, la détermination de la belle et idéaliste elfe ne semble en rien entamée. Sa main se pose sur celle de Solas, elle le fixe droit dans ces yeux aux couleurs de rêveries glacées.
"Je ne pense pas que c'est ce que le Héros de Férelden ou bien le Champion de Kirkwall auraient fait, mais soit. Je vais vous croire."
Estrid retire sa main, en touche son poignet avant de se décider à récupérer son sac et passer le pas de la porte. Mais elle sait, elle sait qu'elle ne pourra pas tenir et que quand ils seront près, que Solas et toute la maisonnée seront endormis dans un sommeil salvateur, elle ne sera plus là.

◊ ◊ ◊

Il aura fallu environ une heure  pour que le silence se fasse dans l'auberge. Le Gris leur avait donné une chambre à chacun, leur enjoignant de ne pas ouvrir les fenêtres jusqu'à l'aurore. Et comme à son habitude, Estrid s'est détournée de ce conseil, allant ouvrir la fenêtre, regardant à chaque coin de rue si quelqu'un pouvait remarquer sa présence. Rien. D'un pas discret, elle s'accole au mur de la chambre de Solas, et n'entend rien. Elle s'arrête alors de chanter à voix basse ses comptines nocturnes et part prendre sa cape et son bâton. Elle repasse devant la chambre de l'elfe, pose une main et son front contre le bois de la porte en soupirant.
"La sagesse est lâcheté quand celle-ci tolère l'intolérance. Dareth shiral, Solas.
Les adieux faits, vient le moment de dévaler l'escalier de la bâtisse avec néanmoins une certaine discrétion. Malheureusement, dans son empressement l'elfe fait tomber une chope traînant sur le comptoir, ce qui a le mérite de faire un léger boucan. Elle fila alors plus rapidement vers les écuries et passe par l'ouverture qu'elle a pu remarquer au toit comme elle le peut, vu qu'elle n'est pas non plus la meilleure dans ce genre d'exercice. Après beaucoup d'efforts, la ménestrel saute, tombant dans un fétu de paille quand soudain des cris d'homme, la font encore plus s'enfoncer dans celle-ci. De nouveau le silence s'installe. C'est le moment. Elle n'attend pas son reste et part s'enfoncer à l'aveuglette dans une des rues des bas fond.
Thorne lui, ramasse la chope, le regard un peu dans le vague et comme à son habitude, lustre sa barbe quand l'inquiétude le gagne. Il sait pertinemment ce qu'il vient de se passer. C'est comme à Kirkwall, lors de l'insurrection des mages. À croire que sous ses airs doucereux cette elfe aime se mettre en danger. Il soupire, va vers l'un de fûts et se sert à boire.
"Mais quelle tête de mule j'vous jure."
Le vieux tenancier râle et pourtant, c'est bien à elle qu'il doit la vie. C'est elle qui l'a sauvé des décombres et soigné son bras en sale état, alors que les templiers faisaient les cent pas pour tuer tout mage ou sympathisant supposé dans les rues de Kirkwall. Sauf que, il faut bien l'avouer : ce serait du chiasse de perdre une telle âme dans ce monde de chiasses. Alors il s'installe à la table lui permettant de voir ce qui arrive des écuries, pour guetter son retour. Sa chope de gnôle à la main.
"J'pisse à la raie des nobles et du Prince."
Dit-il avant de boire une grande gorgée. Oui, à tout ceux là, il leur pisse à la raie. C'est tout ce qu'il peut faire.

◊ ◊ ◊

Le Héros de Férelden, Le champion de Kirkwall. Malgré les trahisons et les malheurs, tous les deux ont fait en sorte d'aider ces gens qui ne demande qu'une vie simple et calme. Elle sait qu'elle n'est pas comme eux, mais elle peut déjà faire en sorte d'inspirer les gens, vers ce qu'elle chante, vers ce qu'elle leur donne à chaque fois, à chacun de ses voyages : l'espoir. C'est donc sous cette forme rouge sanguinolente, le visage couvert d'un violet intense rendant son apparence démoniaque, que la sage, mais bien facétieuse elfe dalatienne se meut jusqu'à se rapprocher des cris. Elle s'arrête un instant dans sa course, à demi essoufflée et regarde ce qu'il se passe deux rues plus loin. Une femme est tirée par les cheveux par des hommes qui n'ont rien de templiers, criant pourtant qu'ils sont la main de la Chantrie. Les poings d'Estrid se referment. Ce sont de simples soldats. Des soldats d'elle ne sait quel noble de cette région qui veulent encore mettre à feu et à sang ce qui peut satisfaire leur maître. Et ce n'est pas Sebastian Vaël qui a l'air de s'en soucier.

Son maître lui avait dit de faire attention quand elle utilisait de la magie sortant de ses compétences; la concentration est la clé disait-il. Il le faut pour pouvoir envoyer ce faisceau de lumière, qu'il touche et puisse envoyer valser le plus mauvais des danseurs jusqu'à sa chute sur le pavé. Main sur son bâton d'un bleu éclatant, concentrant toute la magie pouvant régner en elle ou dans ces lieux pour former au fur et à mesure une brume épaisse aux allures menaçantes. Estrid inspire plusieurs fois, sa main s'appuyant sur le mur tremblant quelque peu car, elle sent que dans le fond, elle a un peu peur. Elle les entend parler de la brume, ne pas comprendre ce qu'il se passe et reculer. C'est à cet instant qu'elle en profite pour souffler lentement la chanson.
Des yeux de terreur, des bouches de malheur.
Les membres cassent et tous trépassent.
Mais une âme anxieuse reste éveillée
Prête de nouveau à les tuer.
Je suis l'ombre de vos plus grandes angoisses
Mon sang coule et souille les belles paroisses

Ô preux soldat, sens cette colère
Étouffante aux consonances si meurtrières ...
Je vais, je viens laissant dans mon frêle dos
Coupables tannés de leur douce peau ...
Si ... douce ... peau


La mage lève alors son bâton, dont la pierre en son centre se met à luire et offrir des vagues de bleu mélancolique à la brume alentour. Sa cape claque lorsque d'une marche sèche elle se décide à marcher vers les deux soldats. Ils se regardent un instant, moins "courageux" que précédemment avant de voir des pointes poindre de la brume et une cape rouge sang s'animer.
"Tu crois que c'est un esprit vengeur Orik ?
- Je sais pas. Vas-y voir t'as l'air calé toi.
- Je vais chercher les autres, hein ?
- Ouais. On ..."
C'est alors qu'une sorte de cri strident semble sortir droit de la bouche de leur monstre. Des vibrations aiguës qui leur glace immédiatement le sang. Et il décampent en hurlant qu'ils ont besoin d'aide. Sans attendre la cavalerie, Estrid se jette sur la femme couverte de bleus et affublée d'une belle entaille au bras encore suintante. Elle respire. Juste inconsciente. Vhenadahl la protège. Elle touche le front de la blessée pour vérifier sa chaleur corporelle puis, la tire avec un peu de mal, mais malgré tout avec une certaine aisance. Après tout son instrument unique est une charge lourde. Puis, elle rebrousse chemin avec sa nouvelle responsabilité qu'elle tire à bouts de bras jusqu'à entendre une petite voix fluette lui dire "par ici". Elle entre alors par cette porte entrouverte d'où sort une minuscule main. On lui dit de s'avancer, encore et encore, elle sent qu'on l'aide à porter la femme par les jambes puis une autre porte s'ouvre vers une cave souterraine. C'est non sans mal qu'Estrid y entre, maudissant quelque peu son esprit de justice avant. La puanteur se dégage du tunnel, certainement due à des cadavres ou des plaies qui se sont infectées, ou d'autres choses auxquelles il ne vaut mieux pas penser. L'elfe se retient comme elle peut de respirer par le nez non sans accompagner ses inspirations de quelques hoquets de dégout. La voix fluette leur indique le chemin tandis qu'apparaît une soudaine lumière venant d'un feu de torche et que, deux ou trois personnes viennent à leur rencontre et prennent en charge la jeune femme. De nouveau les mains libres, Estrid regarde de fond en comble les lieux dans lesquels elle venait de faire irruption, voyant femmes, enfants, hommes, s'entasser plus ou moins dans cette partie de ce qui semble être une vieille mine. Elle entend des quintes de toux ici et là, voit des gens la regarder bizarrement avant de détourner violemment leurs yeux. Noirs, tous noirs de souillures et poussières, noirs comme des corbeaux, croassant tout bas leur souffrance humaine.

◊ ◊ ◊

"Est-ce que ... est-ce que quelqu'un connaîtrait Thorne Le Gris ? Un aubergiste ... je suis censée dormir chez lui.
- T'inquiète don' pas on sait. On lui dira que t'es là quand ce sera calmé là haut. Maintenant viens, on a du boulot."
Le brin de dame lui fait signe plusieurs fois, avant de voir que l'elfe semble complètement perturbée et sans doute apeurée face à toute cette agitation.
"Viens don', ya du boulot."
Estrid répond par un vif hochement de tête puis se met à marcher aux côté de cette humaine au visage couvert de quelques gouttes de sang. Une brune à l'air sauvage, malgré le rond empli de douceur de ses pommettes, de petite taille. Dans ses mains, un onguent contre les brûlures, à base de fadortie au vu de l'odeur. Elle lui emboite le pas et lui montre une personne portant de nombreuses traces de lacérations le long du corps. Au vu de l'état d'avancement de l'infection, et malgré les lavements, cela devait faire trois jours.
"Occupe toi de lui, je sais pas ce qu'ils ont mis sur leur fouet, mais ça m'empêche le soin."
La mage de soins tourne l'homme qui lui répond alors par un gémissement avant de voir à quoi il a affaire. Son souffle se coupe et il semble tétanisé sur le moment, ne comprenant pas si la femme face à lui est bien une elfe ou bien un démon. Cependant, aussi horrible que soit cette vision, les mains qui le frôlent dont se dégage une chaleur apaisant ses mots le font rapidement changer d'avis. Enfin, il ne sent plus ces douleurs. Enfin il peut dormir; en ronflant de tout son soul. Suite à cela on l'appelle ailleurs et Estrid accoure la sueur perlant toujours plus au front. Mais aussi épuisant que cela peut être pour elle, se sentir utile, entendre les gens soupirer d'aise à la place de gémissements ignobles la rend radieuse. Cela faisait tellement longtemps que l'on ne l'avait pas autant demandée pour ses talents; depuis ses débuts à Tevinter.

"Marja, j'ai trouvé un elfe d'vant la porte."
La voix du grand homme qui l'a aidée tout à l'heure à soulever la femme fait sursauter Estrid. Un elfe ? Les yeux écarquillés, elle s'approche de l'entrée pour voir la petite femme brune et ...
"Solas ... ? !"
Le grand bonhomme relâche l'épaule de l'elfe quand la dénommée Marja lui fait signe et c'est une Estrid couverte de sang et de poudre d'embrium sur sa veste, son chemisier et ses mains. Elle a l'air même un peu décoiffée en observant bien, au vu de son chignon à moitié défait tant il a été préparé à la va vite. Les boucles lui tombent ça et là sur le visage.
"Mais ... vous n'étiez pas ...
- Moué. Je te laisse avec lui Rosie."
Marja tourne les talons, sans pour autant quitter du regard cet elfe chauve un peu trop bizarre à son goût. Et c'est dans un espèce de silence assez gênant que se prostre la ménestrel. Car elle avait honte de ce qu'elle avait dit en soi à cette porte, mais elle ne le regrettait pas. Elle a l'impression d'être jugée. Comme avec son maître et cela ne lui rappelle malheureusement pas de bons moments. Comme ce jour où il lui a dit d'abandonner ses études sur les sorts de soins. C'est donc avec un peu de mal qu'elle affronte le regard de glace de Solas, de son regard empli de calme et de douceur.

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MessageSujet: Re: [Terminé] Des coeurs de corbeaux (P.V Solas) Dim 2 Juil - 11:29

Errer dans l'Immatériel n'a rien d'aisé. Il s'agit de trouver l'équilibre parfait entre la vigilance et l'abandon de soi, car le monde réel, lui, ne cesse pas d'exister, et le mage est alors complètement à sa merci. Généralement, Solas prenait le temps de se trouver un coin tranquille, dissimulé aux yeux des éventuels passants ou animaux, et pouvait se permettre une certaine légèreté. Paradoxalement, c'est dans les villes, et non dans la nature sauvage, qu'il se sentait le plus vulnérable, et que son sommeil était le plus léger.

Il en allait de même cette nuit. Il se laissait alors porter par le souvenir d'un soldat Tévintide, défendant la ville contre la Marche Exaltée après l'avoir lui même conquise auparavant. Son sentiment de sécurité, de supériorité, sa foi en la résistance des murailles de Starkhaven et en celle de son peuple le maintenait debout, droit et fier. Pas un seul instant il ne douta de l'issue de la bataille, malgré les revers qu'ils subirent. Pas un seul instant il ne douta, lui qui n'était pourtant guère plus qu'un soldat comme les autres, même pas mage. Cette confiance le suivit jusqu'au dernier instant, lorsqu'une flèche tirée par un inconnu lui traversa la gorge, lui ôtant la vie quelques secondes plus tard, avant que quiconque n'ait eu le temps de le soigner.

Ce souvenir lointain, il le sentit lentement se troubler, et décida ainsi d'enquêter, étendant son esprit autour de lui, à la recherche d'autres rêves. Le bruit d'un objet qui tombait fit résonna dans ses songes, et il remarqua bien vite qu'il n'y avait personne en train de rêver dans les environs immédiats. Lorsque la voix courroucée de l'homme retentit plus bas, le tirant définitivement de ses rêveries, il comprit : Estrid leur avait faussé compagnie.

Il hésita. Maintenant qu'il était réveillé, il aurait besoin de temps pour se rendormir et accéder à nouveau pleinement à l'Immatériel, et si l'autre idiote se mettait en danger, il ne pourrait pas l'aider. Et en définitive, c'était ça, la vraie question : allait-il l'aider ou non ? Ses actes étaient ceux d'une enfant irréfléchie, mais son cœur était indubitablement bon. Et puis, c'était une elfe, un membre de son peuple, si corrompu avait-il pu devenir au fil des siècles et des oublis.

Il se leva, et regarda par la fenêtre, guettant l'endroit d'où venaient les cris, avant de soupirer profondément, si fort qu'il n'y avait pas assez d'air dans ses poumons pour exprimer l'entièreté de sa lassitude. Il inspecta la rue brièvement, vérifiant qu'il n'y avait personne, et sauta par la fenêtre, amortissant sa chute par magie. Mieux valait que le tavernier ignore son départ à lui aussi.

Il remonta la piste qu'avait suivie Estrid. Le champion de Kirkwall et le Héros de Ferelden, grogna-t-il intérieurement. Des noms que l'on clamait comme si chacun pouvait le devenir à son tour, tout en se contentant de la partie de la légende qui nous intéressait le plus. Estrid avait visiblement oublié de mentionner les compagnons de ces deux héros, ou leurs erreurs, à moins qu'il ne s'agisse de la légende elle même qui avait choisi de ne pas les mentionner. Plus personne ne parlait des morts inutiles qu'ils avaient pu causer et de ceux qui pesaient sur leur conscience, seule l'ultime bataille avait marqué durablement les esprits.

Un cri strident, inhumain, retentit soudain, et Solas vit décamper deux soldats terrifiés. Il se cacha et observa au loin une forme sombre se pencher au dessus d'un corps blessé, et s'en emparer délicatement avant de l'éloigner du lieu de « l'affrontement ». Estrid avait trouvé un moyen de s'en sortir sans se battre, et de laisser deux gardes en vie, bien décidés à prévenir leurs supérieurs. S'il était arrivé plus tôt, il aurait pu les abattre lui même, mais ils étaient déjà trop loin et trop bruyants.

Il suivit Estrid sans se faire voir, réfléchissant à ce qu'il allait faire par la suite. Le choix ne mit cependant guère longtemps à s'imposer à lui, et il poursuivit sa route jusqu'à tomber se heurter à une porte fermée, et à un homme louche au regard inquisiteur. Identifiant cet endroit comme une sorte de petit bastion de résistance, il regarda consciencieusement autour de lui afin de vérifier qu'il n'avait pas été suivi, avant de s'adresser à l'inconnu qui le dévisageait.

« L'elfe à la peau rose qui vient d'arriver, Estrid. Je suis avec elle. Je veux la voir », ordonna-t-il.

On ne le laissa pas entrer facilement, et lorsqu'on le fit, c'est accompagné et guidé comme un criminel qu'on l'amena jusqu'à ce qui ressemblait à un charnier, à moins qu'il ne s'agisse d'un hôpital militaire, les deux n'étant de toute façon pas bien différents. Une petite femme l'accueillit avec suspicion, et il ne mit guère longtemps à trouver Estrid, louvoyant entre les blessés comme si sa propre vie à dépendait, soignant les blessés du mieux que le lui permettait sa magie.

Lorsqu'on l'annonce, elle se retourna, surprise, et le considéra comme si elle voyait un fantôme. Sans doute ne s'attendait-elle pas à le voir ici, et c'était compréhensible : il y a encore quelques heures, lui même ne s'était pas attendu à se trouver là, dans cette grotte miteuse emplie de blessés. Son regard à elle est interrogatif mais doux, alors que le sien est aussi glacial qu'un hiver dans les Anderfels.

« Vous avez été stupide, asséna-t-il sans brusquerie mais sans compassion. Vous avez agi comme un enfant, noyant une grange sous les eaux parce que vous avez vu un poisson y suffoquer, et peu importe ce qui pouvait arriver aux récoltes qui s'y trouvaient. »

Vouloir sauver le monde, vouloir à tout pris agir contre l'inconnu et l'intolérable, c'était là la preuve d'une grande immaturité, et la cause de beaucoup de maux dans Thédas, plus encore que ceux causés par les actes malicieux.

« Votre cœur est à la bonne place, poursuivit-il, mais vous ne pensez qu'avec lui. A moins que ce ne soit une forme d'orgueil qui vous pousse à contenter votre conscience avant de penser au bien des autres, à leur bien réel. Toujours est-il que je me demandais ce que vous choisiriez entre sauver une personne chaque jour de votre vie, et en sauver une centaine avant de trouver la mort. Vous mourrez jeune, Estrid Bellanaris. »

Il s'agenouilla alors sur le corps d'un blessé et entrepris de panser ses blessures. Il avait quelques notions de magie de guérison, bien sûr, mais sa spécialité relevait plutôt des barrières, de la prévention en somme. En outre, il pouvait être tout aussi efficace – peut-être même plus – avec des plantes qu'avec sa magie, aussi, inutile de révéler son secret inutilement.

« Les templiers vont envahir les rues dès cette nuit, à n'en pas douter, conclut-il sans la regarder, concentré sur la blessure qu'il pansait. Les rafles vont s'intensifier, et priez pour que personne ne vous ait vu sortir de la taverne, sinon votre ami risque d'en subir les conséquences également. Pour ma part, je quitterai cette ville dès demain, et je vous conseille de faire de même, bien que mes paroles me semblent n'être qu'un bruit lointain que vous pouvez vous permettre d'ignorer. »

Il avait choisi de la suivre et de veiller sur elle une fois. Cela ne se reproduirait plus. Si jamais les templiers venaient à découvrir cet endroit, il protégerait ses habitants, mais si le conflit devait avoir lieu ailleurs, il ne s'en mêlerait pas.

A quoi bon de toute façon ? Ce monde serait détruit dès que l'engeance aurait trouvé et activé son orbe.

« Dirthara-ma », grogna-t-il finalement.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Des coeurs de corbeaux (P.V Solas) Dim 2 Juil - 13:18

Healing the wounded onesSolas & EstridWhispering ... Morning, keep the streets empty for me ... (Fever Ray → Keep the streets empty for me) Elle savait. Elle savait que cela devait arriver, quand le sage se croit plus sage que celui prenant l'initiative. Ses doigts se serrent, se joignent jusqu'à en faire tomber quelques reliquats de sang mélangé à la poudre, des mains que l'elfe pose contre ses lèvres tout en fermant ses yeux. Deux vérités qui s'affrontent tel l'eau et le feu, toutes deux légitimes mais pourtant si différentes. Pourtant, il faut qu'elles puissent coexister et se comprendre dans leur entièreté pour que le monde puisse s'en sortir. Et ce n'est pas en s'affrontant qu'elles pourront rendre ce monde meilleur. Estrid prend donc la décision de taire ce qu'elle pense, de ne plus être cette idéaliste qui ne pensait qu'à soigner pour soigner, car sa magie était la plus belle dans ces moments là. Elle sent aussi que son aura lui dicte de lui dire le contraire, d'accorder à son orgueil blessé un semblant de soin en assénant les mots empoisonnés à ce qui devrait être son adversaire. Mais elle se retient. Elle ne sera jamais la Colère.
"Solas. Une vie ne peut pas être une vie si on lui retire l'essence même de son existence. Préférez vous vivre un jour en bonne santé ou bien des années en étant molesté, en souffrant sans cesse jusqu'à en briser votre esprit ?"
Elle le regarde s'agenouiller, se pose à ses côtés en mettant un genou à terre, puis d'une intensité hors du commun, aussi forte que puisse être la volonté d'un mage, elle perce ces yeux glacés avec son ciel bleu d'été.
"Vous avez conscience que les gens se battent pour cela. Ils portent deux sacs. L'un pour donner, l'autre pour recevoir."

Qu'il est vain de prêcher un converti. Mais au moins elle aura essayé, elle aura pu voir que la raison peut encore habiter quelque part, aussi orgueilleuse soit-elle sous sa forme humaine. De sa main, elle vient toucher le bras et lui donner un peu de sa magie pour l'aider dans ses soins. Oui, elle sait qu'il est mage depuis le début. Un mage beaucoup trop cultivé, bien plus que ne le serait un premier enchanteur. Et pourtant, elle a pu en voir durant ses marches. Aussi butés et aspirants de vie, mais aussi à deux doigts de basculer dans la folie.
"Ne regrettez vous pas ? D'être là, à rester spectateur, sans faire en sorte que, même dans une partie infime du monde, cela change ?"
Bientôt, sous le flux répété des deux magies combinées, et sous la main protectrice caressant son front pris par une fièvre glacée, le malade s'apaise. Ses muscles horriblement contractés ne sont plus crevasses et peau tendue, ses doigts raclant le sol se pose simplement pour sentir la terre; sentir qu'il est à nouveau vivant. Les quelques lucides regardent la scène avec attention, comme hypnotisés par ces auras qui se dégagent de ces deux elfes avant qu'un frisson ne les parcoure dans leur chair.
"Ir abelas, Era. Ir tel'him.. Je suis sûre qu'un jour, nous nous retrouverons. Et je serai ravie de prendre votre main pour vous prouver, que malgré mes sacrifices, mes douleurs, je ne mourrai pas jeune. Je mourrai en étant simplement moi-même. Chaque guerre possède ses héros, Solas. Qu'ils soient petits ou grands. Seuls ou accompagnés."

Marja arrive soudainement entre eux, demandant à deux hommes de s'occuper du blessé maintenant entière ment soigné. La bonne femme regarde Solas de haut en bas, même si celui-ci est encore à genoux puis elle se met à grogner, posant sa main sur l'épaule de l'elfe à la peau rose comme pour la conforter dans son choix. Et pour Estrid, il suffit d'un regard pour sentir qu'elle fait le nécessaire : elle aide les gens à vivre, même si cela signifie des sacrifices.
"Viens, Rosie. Il y a encore du boulot là bas."
Estrid hoche la tête, sent cette poigne rassurante, la dépêtrer de ce bourbier qui entame tant sa confiance encore si fragile; si brisée par ses anciennes années. Elle se redresse et commence à suivre Marja qui frappe dans ses mains pour appeler une petite fille blonde qui court ça et là pour apporter des tissus propres. Mais elle se retourne une dernière fois vers Solas, apaisée et sûre d'elle.
"Personne n'a envie d'entendre des cris quand il dort. À bientôt, étrange vagabond."

◊ ◊ ◊

La nuit s'est terminée dans la sueur mais les soupirs de bonheur. Deux morts sur une vingtaine de blessés jusqu'à ce que l'on entende dans les rues les premières déclarations des crieurs publics armés de leur cloche. Estrid elle, s'était endormie avant que l'aurore ne vienne caresser de ses lumières ce ciel si chargé des maléfices de quelques sanguinaires personnages. L'on entendait qu'il était décrété par le conseiller de la Chantrie, Sebastian Vael, que le couvre feu était à présent aboli. L'attention des templiers devait à présent se porter sur la traque d'un démon qui n'avait cependant rien d'humain. Un mystère qui maintenant planait au dessus de la tête des troupes protectrices de la Chantrie, pour un temps du moins. Mais un temps précieux pour ceux qui jusqu'alors étaient étouffés par les descentes sans queue ni tête organisées par les nobles de Starkhaven. Marja éclata sa joie en s'ouvrant une bouteille de vin Antivan qu'elle cachait dans ses effets, les gens sortaient des rues en inspirant enfin l'air sans avoir peur de se prendre une épée dans le ventre. Tous se levaient, sauf Estrid, épuisée, mais le sourire aux lèvres. Elle dormait en paix, entendant des rires et des clameurs, au lieu de longs discours. Elle savait que la nuit dernière, en tant que soigneuse, en tant qu'être vivant, elle avait fait la plus belle chose qui soit : donner une seconde chance de vivre à des gens; de l'espoir. Au delà de ses balades et de ses sons.

Thorne l'accueillit à son retour avec une embrassade capable de casser les côtes si jamais ... il avait l'idée d'y mettre un peu plus de force. Elle monta les escaliers, passant devant la chambre de Solas. Peu d'espoir qu'il soit encore là pour apprendre la nouvelle. Et ce fut confirmé quand elle poussa la porte. La chambre était vide, ce regard froid où toute compassion était cachée sous des torrents de raison, cette posture fière ... tout avait disparu. Cependant, en regardant par la fenêtre, en voyant ce ciel bleu et ces gens reprendre une vie normale, Estrid sentait ce vide s'estomper. Elle aurait voulu lui prouver que même dans le malheur, l'on pouvait encore espérer et faire quelque chose. Qu'il soit temporaire ou non, ce quelque chose existe. Et aujourd'hui, les corbeaux peuvent de nouveau s'envoler.


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