— Event N.1 : La Chute

— 9:31 DU DRAGON (Dragon Age Origins)
Depuis la nuit des temps, les Gardes des Ombres ont protégé Thédas du mal. Gardiens de la paix et des habitants de ce monde, ils ont toujours combattu d'un aplomb et d'une croyance infaillibles. Néanmoins, le cinquième Enclin signa l'arrêt de mort de la quasi totalité de ces guerriers à la force de fer. La trahison de Loghain coûta entre autre la vie du Roi Cailan et plongea la Garde dans un état quasi soporifique.Reyner Cousland fut l'homme qui redressa la situation. Armé de ses compagnons et de la rancœur qui l'accablait, le jeune homme avait vécu la tragédie d'Ostagar. Sa famille fut assassinée, son château brûlé, son amant décapité : Loghain venait de faire une regrettable erreur. Il s'était créé l'ennemi dont personne n'aurait jamais souhaité avoir un jour.L'Enclin fut anéanti. L'Archidémon mourut et Loghain trépassa de la main de Reyner. Ferelden fut libéré du joug du faux Roi. Tout était à construire désormais : nommé Commandant de la Garde, il devint le dirigeant des Gardes des Ombres de Férelden et une très forte influence parmi le groupe. Deux, quatre, puis seize grands campements furent construits et une vague de recrutement fut lancée. En dix ans, les rangs des gardes gonflèrent comme jamais. Symbole de courage et de persévérance, le jeune Commandant ne se doutait toutefois pas que les choses allaient dégénérer à nouveau... Et aussi violemment.

— 9:42 DU DRAGON (actuellement)
Corypheus rallia les templiers à sa cause. L'Inquisition en fit les frais et, prévenant ainsi Thédas et la majorité des grands groupes des alentours, aucun accepta de croire cette funeste nouvelle : C'est dans un espoir vain que Ragnar Warvrick, l'Inquisiteur, décida de lancer une demande d'alliance entre la Garde des Ombres et l'Inquisition. Les dirigeants de la Garde refusèrent sans prendre le temps de reconsidérer cette offre précieuse : pour eux, le vrai problème était l'influence et le pouvoir que continuait d'accroître l'Inquisition et ce, sans aucun cadre de bonne conduite et sans aucune limite.Néanmoins, une attaque se prépare et les Gardes ne se doutent pas une seule seconde que leur forteresse, Fort Bastiel, en Amaranthine, est sur le point de se faire assiéger par Corypheus qui après un échec cuisant chez l'Inquisition, décida d'attaquer un des autres groupes les plus puissants de Thédas en ayant appris que Reyner était sur les sentiers à la recherche d'informations capable de stopper l'appel : en soit, un pouvoir illimité pour les Gardes. Sur son chemin, le Commandant acquis des informations capitales et qui pourraient changer le destin de l'alliance entre Inquisition et Gardes.Le souhait de Corypheus est à présent de réduire au silence Fort Bastiel et son leader avec, coûte que coûte. Une bataille sanglante se prépare, et ce sera peut-être la chute de la Garde de Ferelden... Définitivement.

Combattez aux cotés de la Garde des Ombre afin de leur laisser la chance de s'en sortir vivant !
Sauvez ceux qui jadis vous ont offert gracieusement le privilège rester à l'abri du cinquième Enclin !
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prochaine soirée le 25.06 à 20H30
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24/06/2017 — Le concept soirée twitch est lancée ! Prochaine soirée prévue le 25.06 ! plus d'info
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Au nom des vents du nord (P.V : Morrigan)

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— ARMES : Son bouclier et son épée recourbée à double tranchant, aux runes lui permettant d'asséner des coups électriques
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— AMOUREUSEMENT : Serindë n'aime personne. Elle ne veut aimer personne. So move bitch, get out the way.

MessageSujet: Au nom des vents du nord (P.V : Morrigan) Ven 16 Juin - 15:28

Eux, capricieux combattants de notre tempsMorrigan & Serindë Droit dans leurs bottes rutilantes, les mains fichées sur leur pommeau décoré, ils s'avancent avec fierté vers cette foule qui ne cesse de les acclamer. Eux, héros qui resteront dans les manuscrits, héros d'un jour  qui verront leur gloire payée pour quelque récit sur leur victoire inopinée. Martyrs auxquels le gagne pain leur sera arraché; une main qui volera, une ligature que l'on coupera. Ces mains qu'ils lèvent vers ces criards personnages affublés de plumes et d'écailles de wyverne qu'ils n'ont sans doute même pas chassé eux mêmes. Mais eux, ils ont l'argent, les titres, le pouvoir. Ils peuvent acheter leur peau, ou leur faire la peau pour les plus faibles. Dans le lot, on remarque pourtant une chevelure peu commune, là où d'habitude bruns blonds et noirs de tête font monnaie courante sur les terres poussiéreuses des alentours de Val Royaux. Rose comme les pétales pâles de la fleur apparentée, longs et presque trop gracieux dans ce lot d'hirsutes et mal lavés. Cette chevelure on la moque mais dans le fond on se garde bien d'en rire à vive voix; car ces cheveux sont connus : ce sont ceux de Serindë Elisung. D'ailleurs, on la cherche du regard, mais personne ne semble la voir. N'est-elle pas censée représenter un haut noble ? Se serait-elle fourvoyée dans un élan de lâcheté ? Ou sans doute ne veut-elle plus supporter le faste orlésien ? Les chuchotements vont bon train tandis que chaque flamboyant chevalier pose genou à terre pour présenter ses respects à la plus haute autorité de ce pays : l'Impératrice Célène première. Ser Guérand, affublé de sa cape rouge tapis de faste vient à son tour présenter ses salutations.

C'est ensuite au tour de Ser Elisung. Tout le monde retient son souffle, regardant le chevalier qui a répondu à l'appel. L'on se moque encore, le temps de voir qu'il s'agit bien de Serindë. Casque de chasseur de dragons enlevé, épaulières et plastron brillant sous ce soleil de plomb comme le plus bel argent existant. Tenue droite, sans aucune courbure avenante venant de la femme, elle brandit son bouclier de cette main qui a si souvent fait pâlir les plus influents de ce pays; qui a tué un Qunari, tué des pirates, et même déchiqueté le pied d'un ogre. Elle les regarde tous, balayant de son regard bleu et froid cette assemblée absurde ne lui instillant d'aucune manière un quelconque sentiment de compassion. Sa voix crève l'air empli d'effluves capitonnées et de poussières. Tout le monde se tait.
"Je suis Serindë Elisung, La Brodeuse. Femme Épéiste, tueuse de wyvernes, destructrice de destins importants. Et je viens en ce jour prouver à ces hommes que ma réputation ne s'est pas faite que par de belles paroles ... mais par des actes concrets."
Pas de voletés gracieux comme la plupart de ses camarades, juste un salut normal et sec suivi d'une disparition rapide de ce visage que certains se refusent de croire femme.

◊ ◊ ◊

Trois morts depuis le début du tournoi. Les coups d'épée, ça ne pardonne guère lorsque l'on se prend pour plus protégé qu'on ne l'est en armure lourde. Elle, sous sa tente, attend le troisième tour de joutes. On voit que la belle couleur argent s'est couverte de sang ici et là, sa joue aussi est ensanglantée. Serindë est celle qui a tué un de ces chevaliers. Il s'était mis en tête de profiter de sa taille, à égalité avec l'épéiste, oubliant totalement dans un moment de trop haute confiance que la jeune femme est connue pour ses prises d'allonge à une main avec son épée. Il a senti quelque chose le caresser sur sa peau brûlante et couverte de transpiration. Puis, la sensation de quelque chose coulant à flots. Il s'était alors écarté, les yeux écarquillés, main plaquée sur le côté droit de sa nuque. On l'avait alors de suite retiré du terrain comme l'on le peut, soigneurs et transporteurs pas habitués à soulever des armures de cette stature. Serindë, elle, n'avait pas bougé. Elle n'avait pas cessé de regarder la lente agonie de son adversaire, cet adversaire qui avait promis à l'Impératrice de jusque bouter cette erreur de la nature. Cette femme qui n'est pas homme.

"Je n'ai aucun compte à rendre à ces bouffons en dentelle dorée, Iola.
- On pourrait recruter encore six personnes si vous acceptiez cette proposition, chef. Et nous ...
- Jamais nous ne traiterons avec les Valmont pour ce genre d'affaires et tu sais pourquoi ? Les De Chalons ont un sens des affaires aussi pourri que l'haleine d'un genlock. C'est compris ? Alors maintenant va rejoindre les autres et ne m'embête plus avec ces saloperies."
Le dénommé Iola reste un moment sur place, comme figé par cette légère remontrance de la part de sa chef. Ses doigts tremblent, manquant de faire tomber la serviette souillée de sang qu'il utilisait il y a encore quelques secondes pour nettoyer l'armure de la femme. Cette femme qui en impose bien plus que tout homme ayant décidé de s'engager sur les voies des plus grands mercenaires.
De nouveau seule, la demi-elfe prend le temps de souffler grandement avant de déchirer ni une ni deux la missive aux armoiries des De Chalons. Le papier tombe près de ses pieds et à peine touchent-ils le sol que l'on vient de nouveau la déranger.
"La conseillère de sa radiance vous attend dehors"
Lui dit une voix fluette et un peu trop perchée sur ses accents. Récupérant une nouvelle serviette mouillée pour finir de nettoyer son visage, Serindë sort d'un pas sec de sa tente. Les quelques chevaliers présents coupent toute conversation pour l'observer, encore sanguinolente et pas du tout choquée comme certaines dames qui ont pu s'évanouir dans les gradins durant les premiers combats. Et bientôt, dans une robe magenta, couverte de bijoux que Serindë ferait fondre en un pommeau de grande facture, apparaît la conseillère de Célène I : Morrigan. L'épéiste manque de mal avaler sa salive, soudainement troublée par ces iris de feu doré qui d'une seconde à l'autre vous ferait cramer vivant au milieu de la place publique.

"Dame Morrigan."
Pause. Cette fois, le regard de Serindë se fait de nouveau dur et impénétrable.
"Enchantée de vous ... rencontrer."
Cet appui fait écho aux deux missives que les femmes se sont envoyées bien avant les débuts de ce tournoi. Et sans vraiment être impressionnée ou intimidée par la présence presque étouffante de son interlocutrice, la combattante ajoute sur le même ton.
"Que me vaut le plaisir de cette entrevue."
Chaque mot semble résonner comme un coup fracassant dans l'aine de son adversaire. Assassins, mais si doux avec sa voix grave aux notes légèrement suaves. Elle arque son sourcil droit, profitant de ces quelques minutes pour vérifier la tenue de ses gantelets. Car elle attend. Elle attend que le vent tourne, pour elle, pour eux, qu'il soit favorable ou défavorable. Mais elle sait que quel que soit l'issue, elle restera là. Pourquoi ? Parce qu'elle n'a pas peur de mourir.

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— ARMES : Bâton de mage, magie metamorphe
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MessageSujet: Re: Au nom des vents du nord (P.V : Morrigan) Dim 18 Juin - 23:48

Morrigan s'ennuyait bien souvent lors des tournois. Comme tout rituel à Orlaïs, tout y était finement contrôlé, calculé ainsi que recouvert de dorures et de rubans, le summum du raffinement à l'orlésienne. On était là à des kilomètres même des joutes féreldiennes qui misaient tout sur la puissance, les coups d'éclat, les explosions d'étincelles et de fragments d'armes brisés. À Orlaïs lorsque le sang était versé on veillait à rajouter du sable pour en effacer toute trace. La sorcière ne pouvait néanmoins, malgré ses réticences, échapper à la tâche d'assister au tournoi. En tant que conseillère elle se devait de demeurer aux côtés de l'impératrice Célène, de partager sa loge se retrouvant, ainsi, aux premières places pour assister à toute cette mise en scène. Kieran lui-même avait été invité aussi et observait les duels, assis auprès de sa mère, commentant tout haut.

« Vous avez vu, Mère, comment cet homme a mis à terre son adversaire ? » Ses bras s'agitaient, tentant de copier les gestes exécutés. « Vlam, vlam, et à terre ! »
« Je vois Kieran, j'ai des yeux. Mais ce n'est là que bouffonnerie. »
« Mère, est-ce que Père se battait aussi bien ? »

Le père, le grand absent, revenait toujours incessamment dans leurs conversations. Morrigan ne pouvait en blâmer son fils. Elle ne l'avait guère aidé en narrant les exploits de Reyner Cousland lorsqu'il n'était encore qu'un membre de la Garde des Ombres, second survivant du massacre de tout son ordre, du moins celui existant à Ferelden. Ces récits auraient fait rêver n'importe quel enfant, alors le fils même du héros, c'était lui dévoiler que les héros existaient réellement et qu'il en partageait le sang. Morrigan se renfonça dans son siège, ses doigts pianotant les accoudoirs.

« Il combattait à la mode féreldienne, du moins celle qui avait cours pour tout noble de cette région sachant manier l'épée et le bouclier. Il savait frapper là où se trouvait la faiblesse de l'ennemi. »

L'annonce du prochain duel poussa Morrigan à faire signe à son fils de se taire. Le tournoi commençait enfin à devenir intéressant : la Brodeuse entrait en lice. Comme tout à chacun, la mage avait entendu les récits entourant cette femme guerrière et elle était curieuse de la voir en chair et en os, d'autant plus depuis la missive que lui avait envoyé la mercenaire. Tout ceci l'intriguait.

La Brodeuse n'était pas là pour se donner en spectacle ou, comme l'aurait pu laisser suggérer son surnom, broder des napperons. Elle frappait avec la férocité d'une lionne. Des cris retentirent, plus d'une dame orsélienne dut être évacuée en même temps que le pauvre adversaire de la mercenaire, ou on tentait de les réveiller avec des sels. Morrigan n'avait pas bougé de son siège, tendant simplement le cou pour mieux voir. Profitant de l'entracte annoncé, laissant son fils aux bons soins de l'impératrice, la conseillère sortit de la loge.

Elle se devait d'aller voir cette mercenaire de plus près.

Sa présence auprès de la tente causa plus d'un haussement de sourcils. Morrigan s'en délectait tout en songeant que, sa tenue du jour, Leliana l'aurait adoré. « Il vous faudrait une robe magenta. » lui avait dit la barde alors qu'elles se tenaient autour du feu du camp, un de ces soirs sur les terres féreldiennes, où ils semblaient perdus au milieu de nulle part. « Avec de l'échancrure, il ne faut pas cacher vos appas. Relever vos cheveux pour dévoiler ce joli cou. Oh et des chaussures ! » Est-ce qu'elle les aimait encore, tiens, ces chaussures orlésiennes ? Elle devrait lui en rapporter une paire si jamais la mage devait rendre visite à l'Inquisition.

Toute à ces réflexions Morrigan nota tout de même que la mercenaire se dirigeait droit vers elle, avec aplomb, le pas lourd, assuré. Oh donc sa vue ne l'avait pas trompé. Elle avait les cheveux d'un rosé étonnant. Les prunelles de la mage détaillèrent la femme, et les lèvres sourirent à la vue du sang continuant de marquer la peau qui avait connu les affres du combat. Elle ne se trouvait pas là devant une poupée de cire, mais une femme martelée par la bataille comme l'était une pièce de fer par le marteau du forgeron.

« Oh voyons je suis certaine que vous vous doutez du pourquoi de ma venue. » se fendit Morrigan de ce ton doux-amer. « Tout d'abord vous féliciter pour ce que vous venez d'accomplir sur la lice. Il est toujours bon de rappeler aux hommes qu'une femme ne se résume pas à un joli visage et à son adresse aux arts de l'aiguille. »

Elle ne lui offrira pas un siège la mercenaire, n'est-ce pas ? Morrigan laissait son regard couler vers l’entrebâillement de la tente, comme pour mieux suggérer l'invitation à son interlocutrice. Mais si elle souhaitait la faire attendre debout dehors, sous le plein soleil, et bien que cela se fasse, par la grâce d'Andrasté ! Elle ne savait pas, la Brodeuse, qu'avant d'être conseillère, la mage avait vécu dans les terres sauvages, qu'elle avait connu la rudesse d'une vie de pauvresse avant de savoir même ce qu'était la douceur du satin.

« Savez-vous que j'ai même proposé à l'impératrice Célène de Valmont de vous faire porter ses couleurs ? Si l'impératrice se doit d'avoir un favori en ce tournoi, autant miser sur un parti qui en vaille la peine. Au risque de porter le dernier coup à tous ces étalons trop fiers d'eux. Mais, je crois comprendre à votre regard que cela ne vous plairait pas. Pourtant vous auriez tant à y gagner. Je ne vous demande pas d'entrer en servitude. Un mercenaire se doit de demeurer libre ! »

Morrigan fit un pas en direction de la mercenaire, tendant une main, la paume tournée vers le ciel, qui sonnait comme un geste d’invitation – une invitation à accepter le contrat tendu.

« Mais songez que, si vous entrez dans les bonnes grâces de l'impératrice, vous pourriez lui demander tant. Et je m'engage à vous soutenir dans vos réclamations. »

Les dés étaient jetés – à voir ce que la demi-elfe en ferait.

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MessageSujet: Re: Au nom des vents du nord (P.V : Morrigan) Lun 19 Juin - 23:16

Eux, capricieux combattants de notre tempsMorrigan & Serindë Se sentir aimé, se sentir respecté, devenir le héros de toute une population qui ne demande qu'espoir dans un monde où tout semble vouloir sa mort sur le bord d'une route crottée. C'est tellement beau, tellement bon, de pouvoir parader d'or, de boire à en finir saoul de tout ce que peut apporter une bonne vie. À une époque, où ses chevaliers étaient des fiers et fervents vassaux de la reine encore peu encline à diriger son peuple. Des idéaux qu'elle a aimé en étant enfant; jusqu'à ce que Dame Réalité la rattrape et tente de l'étrangler en la gavant de cailloux que l'on homme "aléas de la vie" en termes doucereux. Jusqu'à ce que les orlésiens tentent à leur tour de la tuer durant un combat censé être dans les règles. Ses sourcils s'arquent, montrant une certaine once d'étonnement chez la mercenaire. Non pas que la première partie des palabres de la conseillère la rendent pantoise, mais plutôt que celle-ci lui parle avec certes beaucoup de caresses d'une possible reconnaissance auprès de l'Impératrice. Si Serindë pouvait jurer tel un homme bourru, elle le ferait. Pendant un instant, elle regarde cette main tendue, nettoyant encore les dernières traces de sang le long de sa nuque.

"Je connais vos légendes Dame Morrigan. Celles de votre mère, aussi. Certains racontent même que rencontrer l'une des deux est gage d'un destin hors du commun."
La demi-elfe essore sur le côté sa serviette, la mettant ensuite sur sa nuque et ses épaules avec une nonchalance néanmoins contrôlée; comprenez pas de hauts le vent comme le font si bien les mabaris huppés pavanant en cette journée chaude et sanglante pour la beauté des Grands.
"Vous devez connaître quelques unes des miennes, dont ma légère incartade avec un des proches des De Val Firmin. Au sujet d'une wyverne ... qui a volé."
Ah et ça pour voler, elle a volé. Au point que Serindë avait dû trancher sec la bête pour s'incruster dans ses chairs et amortir sa chute depuis les falaises. Pour couronner le tout, ce proche ami de la famille avait osé lui demander un duel. Qui bien sûr, se retrouva sans la main qui avait osé donner esbrouffe à ce qu'il ne considérait pas comme une femme, mais comme un monstre.
"Ma seule revendication serait que l'on baisse les prix de la névarrite. Surtout en sachant dans quel but celle-ci est utilisée ..."
Ajoute-t-elle en suivant du regard l'un des chevaliers justement couvert de névarrite des pieds à la tête. On aurait dit un espèce d'homme bleu luisant sortant tout droit d'une hallucination due à un trop plein de bière de basse qualité, mais assez blindée pour faire vaciller un cheval. Serindë s'en pince le nez avant de se décider à prendre avec une fermeté exceptionnelle la main tendue.
"Je ne suis pas venue pour m'attirer les bonnes grâces de l'Impératrice. Mais les vôtres."
Elle s'approche de la dame, se permettant de remonter ses doigts cachés sous ses gantelets jusqu'au coude sans que personne ne s'en aperçoive. Là, une délicatesse dans son mouvement et sa prise point très largement. L'épéïste penche la tête et donne ainsi plus d'importance, de place aux chuchotements qu'elle instille dans l'oreille fine et blanche de la sorcière.
"La gloire n'apporte que des titres. Les aides entre parties apportent bien plus."
Sur ces mots, elle se retire, invitant d'un geste assuré de la main à sa consoeur de nation de la suivre dans son humble et temporaire demeure.

◊ ◊ ◊

Cette tente, ni rouge, ni verte, ni bleu criard, est blanche. Ce blanc qui se tâche si facilement, mais qui au grand étonnement des plus moqueurs semble mieux épargner sous ses tissus les plus fragiles à cette chaleur. Deux armes trônent près des tabourets : un marteau fracasseur de petit format et cette étrange lame qu'utilise la brodeuse comme l'extension même de son bras. La première, Serindë la soulève sans mal pour ensuite l'envoyer valser à un autre bout de la tente, où est censé se trouver la table des victuailles. Censé, car la table est horriblement vide. Comme si l'on avait tout débarrassé pour y poser autre chose.
"Ne faites pas attention aux papiers à terre. Ils n'ont pas grande importance.
C'est au tour de la serviette d'être jetée qui elle, rejoint le seau d'eau encore souillé de sang.
"La Compagnie du Vent Hurleur vend ses services. Et j'ai toujours vécu comme cela depuis des années, Dame Morrigan.
Serindë s'installe sur une des chaises, laissant le choix à son invitée, tandis qu'elle semble se perdre dans une légère réflexion, coudes appuyés sur ses cuisses et bouche posée sur ses gantelets.
"Comme je l'ai énoncé précédemment, vos largesses sont suffisantes. Dans le sens où j'ai bien plus à gagner en agissant dans le pays pour vos légers contentieux qu'en me pavanant dans les tavernes pour dire que j'eus la chance immense de recevoir les intentions de Célène première."
Elle se relève aussitôt, bercée de ses cheveux par cette mouvance sèche et rapide de son corps. Les deux femmes se toisent d'égales à égales un certain moment sans pour autant se piétiner. Serindë doit l'avouer, cette femme, en loques de sorcière des Terres Sauvages, en Chasind ou bien dans une robe magenta restera toujours aussi belle et gracieuse. Mais elle ne se permettra pas à plus de contact, en vertu de ses "bons sentiments".
"Voulez vous un verre de vin avant que ne reparte affronter les champions de vos prétendus égaux ?


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MessageSujet: Re: Au nom des vents du nord (P.V : Morrigan) Sam 24 Juin - 19:35

Ah sa mère. Flemeth. Tout le monde, à en croire les rumeurs, en avait entendu parler. Les contes et légendes allaient de bouche à oreille plus rapidement que ne l'aurait fait n'importe quel messager. Les lèvres de Morrigan formèrent une moue crispée retenant, à grand peine, toute remarque au sujet de sa génitrice. Qu'on la mentionne, à la rigueur elle pouvait faire un effort. Mais qu'on mette Flemeth et elle sur le même plan, qu'on les compare, ça, ça titillait sa fibre orgueilleuse.

Néanmoins la mercenaire sut se rattraper en flattant même cette fibre. Ainsi cela expliquait le sens même de cette missive que Morrigan avait reçu de sa part. Les lèvres s'ourlèrent d'un sourire de chat satisfait d'avoir dévoré la coupelle de crème au nez de la cuisinière.

« Voilà qui titille ma curiosité. » ronronna la sorcière en emboîtant le pas à la mercenaire, baissant la tête par réflexe en entrant au sein de la tente.

L'intérieur y est encombré à l'image d'une tente militaire. Morrigan prit place sur une chaise libre, rassemblant ses jupons. Parfois cela lui manquait de s'habiller comme elle le faisait du temps où elle vivait dans les terres sauvages. La tenue avait plus de praticité que ces baleines. La sorcière croisa les bras tout en prêtant attention aux paroles de son interlocutrice. L'odeur du sang lui chatouillait le nez sans néanmoins la déranger. Il fallait bien plus pour troubler la fille de Flemeth.

« Me proposeriez-vous de m'aider, de me protéger comme le ferait un chevalier servant ? Vous m'intriguez, Brodeuse. Vous n'êtes pas seulement une fine lame mais aussi un esprit acéré. » Un temps, Morrigan bougea la tête comme pour mieux sonder son interlocutrice. « L'on ne dit jamais non à du vin. »

La sorcière se redressa sur son siège observant, à loisir, la tente et son intérieur. Cette ambiance, si diamétralement opposée à celle de la cour d'Orlaïs, lui plaisait. Point de faux-semblants entre ces tentures. Morrigan finit par se lever, allant au-devant de la mercenaire qui revenait avec les verres emplis. Ses doigts frôlèrent ceux de la demi-elfe tandis qu'elle saisissait sa coupe et qu'elle dévisageait la femme de bas en haut.

« Si vous souhaitez protéger quelqu'un et avoir des mérites de ma part, j'ai une proposition pour vous. Vous devez savoir que j'ai un fils. »

La sorcière n'avait jamais dissimulé le lignage qui la liait à Kieran. Et ce dernier avait, bien rapidement, vendu la mèche concernant l'identité de son géniteur. Autant dire que ces deux éléments constituaient déjà, à eux seuls, des arguments de choix pour kidnapper Kieran et lui faire subir plus d'une atrocité. Si jamais quiconque apprenait comment l'enfant avait été conçu, à quel sombre rituel ancestral il avait participé, alors Kieran deviendrait une arme.

Ce qu'il devait être déjà aux yeux de Flemeth.

Le vin laissa quelques gouttes vermeilles sur les lèvres de Morrigan que la sorcière essuya d'un revers de main. À l'Enclin le protocole !

« Je veille sur mon fils. Mais je sais fort bien que le danger rôdera toujours en sa présence. Seriez-vous intéressée par le fait de devoir le protéger de tout loup prompt à vouloir le mordre ? Vous savez comme moi que Orlaïs est rempli de stylets empoisonnés, de dagues camouflées... Et que l'héritier de la ligne des Cousland, aussi bâtard soit-il, peut-être un otage de choix. »

Elle tairait le nom de Flemeth. Morrigan avait cette crainte, tenace, que la mentionner provoquerait son apparition.

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