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Posté Jeu 15 Juin - 16:52
Le bon, la brute et les truands.

Rien ne sert de courir.


Décidemment, les villes humaines sont très loin d’être le genre d’endroit où j’aime passer. Pourquoi ? Déjà parce que les regards se font insistants et surtout mauvais. Pour eux, je suis bonne à récurer les sols et courber gentiment le dos devant un noble humain. Bien qu’en théorie je le fais vraiment, je ne peux pas dire que Reyner soit mon maître. Plutôt mon chef. Je ne lui voue pas non plus un culte et notre relation est d’être celle qu’un elfe a avec un humain. La vie ici a mis plus de temps à se remettre du dernier Enclin. Si tout le monde espère oublier, ce n’est pas vraiment le cas des séquelles. En tant que garde-recrue, j’ai appris à avoir l’œil sur ce genre de détails. Puis observatrice de base, disons que les choses me sautent plus vite aux yeux.

En pleine méditation, je ne remarque la présence d’Adaan que lorsqu’il me susurre à l’œil que je suis adorable. Ni une, ni deux, mes joues s’empourprent et je m’écarte de lui en bousculant un autre garde. Ce dernier pose une main sur ma tête et la tourne de façon à le regarder. « C’est ça de se faire surprendre… » Ma bouche s’ouvre pour riposter mais se ferme presque aussitôt en remarquant leur sourire en coin et la mine ravis des autres. Nous n’étions qu’un détachement de six dont je suis la seule femme bien évidemment... Trois gardes et trois recrues. Bien qu’on ait pu porter nos uniformes, notre chef de groupe avait décidé au dernier moment de nous fondre dans la masse. Sans un mot, nous avions donc exécutés ses ordres avant de prendre nos chevaux et hahls en direction de Lothering.

Fidèle à nous même, nous avions laissés nos bêtes dans un coin à l’extérieur de la ville près du court d’eau et nous primes ainsi la direction de la Chantrie. C’est pendant ce court trajet que je me suis faite avoir par mon partenaire. Reprenant la marche malgré ma mine courroucée, j’emboite rapidement le pas de mes frères d’armes. Après les quatre marches pour mener au lieu saint, notre supérieur pousse une des grandes portes et je me retrouve à suffoquer par l’odeur et la chaleur du lieu. Les bougies sont trop nombreuses puis je remarque bientôt un regard insistant sur ma personne. Lorsque je tourne la tête à la source de malaise, je tombe sur un templier qui ne perd pas de temps à se montrer sur la défensive. Décidemment, cette guerre entre eux et les mages a le don de m’énerver… Pourtant, je me contente simplement de lâcher un long soupir exaspéré en reportant mon attention devant moi.

« … gouverne sur toute Ma création. Que votre volonté. Préside à toute chose… » D’accord, on arrive au mauvais moment… Bien que les autres gardes croient aux Créateurs, il n’en demeure pas moins que pour ma part, mes Dieux à moi me sont bien moins présents. Sans m’en rendre compte, je porte une main sur mon visage où en théorie devrait se trouver mon vallaslin. Mais par le plus grand malheur pour les uns, je n’ai pas pu les obtenir… Un nouveau soupir et je fais signe à Adaan que toute cette effervescence me donne mal à la tête. D’un hochement de tête il comprend et me fait signe de l’attendre dehors. De toute façon, en tant que recrue, je ne pourrai même pas assister à l’entrevue avec la chère Mère de cette peuplade d’humains.

Habituer à tant de regards, je ne prête aucune attention à toutes ces personnes qui me fixent alors que j’attends sagement. Les bras croisés et adossée au pont je regarde les gens aller et venir pour finalement m’arrêter sur un spectacle prometteur. À la porte de la pseudo-taverne, un attroupement se fait bientôt compact pour accueillir une femme en son centre. J’arque un sourcil pour finalement voir à sa suite trois hommes aux allures bien différentes. Un chétif dont une bourrasque pouvait le faire voler. Un autre trapu à la face cochard et pour finir le dernier et pas des moindres : le plus musclé et donc le moins enclin à éprouver ma sympathie. Je grimace malgré moi et m’approche pour assister silencieuse à une sorte de règlement de compte. Cependant, trois contre un, il n’y a rien de loyal. Mais je me contente de hausser les épaules en prenant mon bâton de mage comme support. Si par mégarde ça doit dégénérer, là je mettrais mon nez dans l’histoire…

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Posté Lun 3 Juil - 2:00




Le goût de la trahison



Il fallait toujours tomber sur des clients désireux de se défiler quand le jour du payement arrive enfin à échéance. Surtout quand au final, il n’avait pas de quoi se payer les services d’une faucheuse de la mort aussi talentueuse. Et comme pour ne pas arranger les choses, ils arrivaient toujours à se dégoter une belle paire de ramassis de garde du corps, comme pour essayer d’intimider le pauvre employé qui veut se faire payer. Une technique bien minable, mais qui malheureusement était parfois le quotidien de Jill. Comme si cela pouvait réellement suffire à lui faire oublier l’appât du gain… À croire que cet employeur n’avait rien dans le ciboulot, à moins qu’il soit à des années lumières de la réalité. Lassée par ses trois bouffons qui semblaient lui chercher des noises, la lame silencieuse resta là, son regard blasé marquant de l’ennui qu’elle éprouvait à cet instant précis. Quelques fois, par simple provocation face aux menaces de ses ahuris, elle bailla grandement, ne cachant son désintérêt le plus total. « Messieurs, je me fous de savoir que vous êtes les as du sabre, comme je me fous de savoir si vous vous pelotez entre vous le soir venu. Je veux juste mon pognon. Alors vous allez me faire le plaisir de dégager vos sales gueules et de me donner mon dû, vu que votre boss n’est pas capable de bouger le gros tas qui lui sert de fion. » Usant de la provocation de trop, il aurait fallu être aveugle pour ne pas voir cette étincelle de fureur qui dansait dans les yeux des trois hommes. Comme atteint dans sa dignité, le grand musclé décida d’agir de son propre chef, insultant de nom d’oiseau celle qui lui faisait face, avant d’élancer son sabre d’un air confiant, prêt à découper cette garce en morceau. Mais c’était mal connaître la lame silencieuse et son instinct de tueuse. Alors que le sabre de son opposant siffla dans sa direction, son corps s’était soustrait à celui-ci, en rejoignant le sol de ses jambes fléchis. Sa lame pénétra sans attendre dans le bras moteur de sa proie, transperçant sa chair tout en lui soutirant un râle d’agonie. Puis, se relevant tout en laissant le fer planter déchiqueter la peau et les muscles, son autre lame s’approcha dangereusement de la gorge du tas de muscle, sectionnant sans attendre la carotide qui fit aussitôt gicler du sang sur le sol crasseux de Lothering. Les râles s’évanouir alors, tandis que la foule commença à s’éloigner pétrifiée par l’horreur de la scène. Rangeant ses lames comme si de rien n’était, Jill se tourna vers les deux gardes restant, son regard glacial en disait long sur ce qui risquait d’arriver si jamais les deux hommes tentaient quoique ce soit. « Dites à votre connard de boss que si j’ai pas mon pognon dans les deux jours qui suit, il sera le prochain sur la liste. Pigée ? » S’assurant que les deux idiots aient compris ses réclamations, Jill s’extirpa alors de la foule, préférant éviter une confrontation avec les gardes de la ville, mais alors qu’elle essayait de se frayer un passage, son regard se posa furtivement sur une jolie demoiselle aux charmes bien plus exquis que les habitantes de Lothering. Du moins, ce n’était pas son charme elfique qui avait attiré son regard vert bouteille. Non c’était plus l’allure de celle-ci. Elle était bien trop propre pour être une elfe mal traitée et son regard bien trop combattif pour être une simple esclave soumise. Affichant un bref sourire à cette créature, Jill continua son ascension hors du grabuge qu’elle avait créé.

Elle n’avait pas de temps à perdre dans cette ville minable et maintenant qu’elle avait réglée son problème, elle se devait de poursuivre son ascension et de rejoindre au plus vite Dénérim. Le temps s’était de l’argent et une mission à la récompense fleurissante, l’attendait chaudement. Traçant en tête son itinéraire pour essayer de gagner du temps, la lame silencieuse ne remarqua pas cette ombre qui semblait la suivre furtivement depuis quelques minutes déjà. L’ombre ne semblait pas être un novice dans la matière. Il semblait connaître la moindre cachette appropriée, la moindre distance à respecter et le moindre pas à adopter. Sa filature était exemplaire, mais quand Jill s’engouffra enfin dans la forêt à la lisière de la ville, le masque tomba. Surprise par son assaillant, la lame silencieuse constata qu’il n’était pas le seul à vouloir attenter à sa vie. Dans l’ombre des arbres, quatre autres personnes se dirigèrent vers la lumière, offrant leur identité à celle qu’il considérait jadis comme une chef. Une embuscade par ses semblables ? Rien que ça ? C’était à croire que même Andrastée en avait après elle. Les risques du métier comme on dit, bien que cette traîtrise lui semble bien plus surprenante que celle des autres.

« Ainsi donc, tu cours après le pouvoir et la gloire Zeth ? J’aurais dû me douter que derrière cette belle gueule se cachait un ptit con arrogant avide de poignarder son mentor. »
« Bah, c’est pas comme si tu avais quelques choses à dire. T’as bien buté Dean pour le pouvoir non ? Mais t’inquiète, on essayera de faire ça sans douleur. Ne crève pas trop vite ça serait dommage. »

Autant dire qu’à cinq contre un, le combat était plus que déloyale, pourtant, la lame silencieuse ne comptait pas se faire tuer sans se débattre un minimum. Il était hors de question qu’elle laisse son titre à des lâches incapables de se débrouiller par eux-mêmes. S’équipant de ses doubles lames, son regard marquant sa combativité, elle comptait bien agir en chasseur et non en proie. Bien sûr, il était inutile de prier le créateur, car dans ses moment-là, le créateur préférait largement se détourner, plutôt que d’écouter les paroles d’une âme presque en sursis.


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Posté Dim 9 Juil - 21:17
Le bon, la brute et les truands.

Spectacle intéressant. Pour une fois que ce n’est pas moi la tâche qui attire l’attention, je ne vais pas me plaindre de voir un peu d’action alors que les autres de mon groupe se font profondément ennuyer par les préceptes d’une bonne femme. Je ne perds pas une miette de l’altercation même quand elle assassine l’un d’eux. Contrairement aux autres, je ne bouge même pas d’un iota et je ne pense même pas à utiliser mon arme contre elle. Je suis ici en tant que voyageuse et non sauveuse de la plèbe. Lorsque mon regard croise celui de la femme balafrée je ne peux m’empêcher d’incliner la tête quand elle me sourit. Un peu stupide en y pensant mais je hausse les épaules tout de suite après en retournant au niveau de la Chantrie. Sans un mot, je me retourne une dernière fois pour voir sa silhouette disparaître et remarque par la même occasion une seconde lui collant les talons. Je fronce les sourcils malgré moi et fait deux pas en avant afin de suivre la progression de la deuxième personne. Comme si cette dernière allait en fait bifurquer… Mais quand je remarque que je me trompe, je râle.

Je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas pourquoi j’ai fini par rebrousser chemin en suivant la piste de cette femme. C’est stupide dans un sens, elle n’a rien qui pourrait m’intéresser et pourtant j’espère bien retomber sur elle quitte à me faire taper dessus par mon chef. Dans un râle de ma part, après plus de dix minutes de recherche à la lisière de la forêt je m’apprête à rendre les armes quand mon attention se focalise sur des bruits étouffés à quelques mètres. Sans attendre, je commence la remontée et finalement, je tombe sur ce que je veux. Enfin du moins… Sur qui je veux. Cependant, au lieu de me jeter à corps perdu dans une discussion, je reste bien sagement cachée. En faisant attention, je remarque que l’un d’eux est un mage. Mais comme moi au début, il fait mine de manier autre chose qu’un bâton. Ses gestes corporels le trahissent bien trop facilement à mon goût. La question qui suit est la suivante : je fais quoi ? Je peux très bien m’interposer et finir embroché facilement par l’un d’eux. Je peux aussi laisser faire quitte à voir pleins de morts. Sinon, j’ai la dernière option, complètement stupide à n’en pas douter d’où le fait que je la prenne ! Sans sortir de ma cachette, je lance un sort de nécromancie pour effrayer le mage. Sa réaction est sans appel, il lâche son arme et lance un sort de flamme dans n’importe quelle direction. C’est à ce moment-là seulement que je sors pour m’approcher de la femme. « Venez avec moi… »

Pas de bonjour. Pas d’excuse. Pas de politesse en fait. C’est ça où elle termine agonisante sur l’herbe… Trop préoccupé à éviter les sorts de leur mage, je guide la sanguine à travers la forêt pour finalement en sortir. Je ne cache pas le sourire triomphant sur ma tête malgré une ou deux feuilles dans les cheveux. « C’est moi ou vous attirez les ennuis comme un garde en plein Enclin ? » Je ne manque pas de détailler une seconde fois tout en parlant. Il faut avouer que je lui ai sauvé la peau pour plusieurs minutes. Par contre, je sais que je vais avoir le droit à des remontrances de mon côté pour la simple raison d’être partie trop loin du groupe… Et aussi parce que je vais revenir dans un sale état. Comment je le sais ? Il suffit de regarder devant moi pour voir arriver cinq hommes remontés. Mais au lieu de prendre la fuite, je fais face en tapant mon bâton sur le sol. Une barrière de glace se forme entre nous sept le temps de discuter. Ou se gueuler dessus au choix des participants à la conversation. Mais une chose est certaine, qu’on ne s’avise pas à me chercher parce que sinon, leur postérieur et leur cerveau –s’ils en possèdent un, ce que je doute– ne vont pas apprécier la manœuvre.

Rien ne sert de courir.




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