Dragon Age : Les Légendes de Thédas

PROCHAIN NIV. :
Reyner Cousland
Reyner Cousland
The Hero of Ferelden ⊱ Grey Warden
— PSEUDOs : Pendräagon.
— DISPONIBILITÉ RPs : ✓ Disponible
— PRÉSENCE : Présent.
— MISSIVES : 447
— DC&TC : Glorfindel Mien'Harel (+) Seth.
— PRESTIGE : 521
— PAIRING & OTP : Reylistair shipper forever.
— CRÉDITS : moi (+) noobito

— ICONE (100x100) : — NATIONALITÉ : Il est Alamarri.
— ÂGE : Reyner possède vingt-sept ans.
— PROFESSION : Commandant des Gardes de Ferelden.
— FACTION : Garde des Ombres.
— ARMES : Il est armé d'une très belle épée Orlésïenne et d'un bouclier comportant l'écusson des Cousland.
— AMOUREUSEMENT : En couple avec Alistair Theirin, ancien ami et frère d'arme pour qui il avait toujours éprouvé des sentiments sincères et profonds.
— O.SEXUELLE : Bisexuel.
Posté Dim 26 Mar - 0:32
Ses gants tombèrent sans grande délicatesse à ses pieds, tandis qu'il se pencha. Lentement, il se mit à tremper ses mains dans ce qui était l'eau d'un petit ruisseau, en amont d'une côte rocheuse assez escarpée. Le liquide était étonnamment pur et translucide en cette période de l'année : cela surpris même Reyner lorsqu'il apporta ses mains jusqu'à ses lèvres — lorsqu'il eu descendu le tissus qui camouflait son visage —, la buvant doucement. Bellanaris, sa fidèle monture — qui s'avérait être un magnifique Hahl arborant une robe de différents tons de marrons —, copiait alors son Maître, profitant de leur unique pause de la journée afin de se désaltérer lui aussi. Afin d'imiter les deux autres, Barkspawn voulu faire de même mais fini par se jeter dans le liquide cristallin tout en aboyant, éclaboussant tout ce qui se trouvait autour de lui tout, arrachant un sourire au visage épuisé de son Maître. Il s’essaya doucement contre un bout de roche humide et à moitié enterré dans la terre, poussant alors la grimace ; son dos le faisait terriblement souffrir à cause des kilomètres parcourus à dos de Hahl depuis un an maintenant. Si seulement il n'y avait que cela.
Reyner cachait des blessures sous des bandages souillés de sang qui entouraient maladroitement son torse. De futures cicatrices qu'il avait gagné durant ce long périple, lorsque sa curiosité fut attisée par un gisement de lyrium souillé. Contrairement à ce qu'il avait pensé sur le moment, ce fameux gisement était surveillé par... Des Templiers. Mais ces Templiers avaient un aspect assez étrange en soit : ils étaient, eux aussi, souillés. Non pas comme les Gardes, non ; comme le Lyrium. Comme les Engeances.

Toutefois, il préférait ne rien laisser paraître et allait donc continuer à mimer sa bonne santé autour de lui, une fois qu'il serait rentré à Fort Bastel. Il ne voulait pas revenir auprès des siens et annoncer qu'il avait faillit ne jamais revenir.
Désormais qu'à quinze minutes du Fort, il souhaitait prendre son temps avant de revenir. Réfléchir un peu, essayer de voir ce qu'il allait dire à Nara. Il n'avait pas réussi à trouver un remède à l'appel — ou alors, seulement des pistes qui ne servaient à rien — et de ce fait, Reyner se refusait totalement à faire passer l'Union à la Dalatienne pour le moment. Le problème était qu'il la lui avait promis à son retour de voyage. Poussant un soupir, sa main alla s'enfouir dans ses cheveux afin de les rejeter en arrière : il était pris au piège. Bon, il fallait aussi dire que Nara n'était plus une enfant — en vérité, elle était plus âgée que Reyner, et que de ce fait, elle savait ce qu'elle faisait. Il devait apprendre à lâcher prise afin de faire pleinement confiance aux capacités — très développées — de la rouquine. Mais lorsqu'il sondait son passé, Reyner ne pouvait s'empêcher de revoir cette perte qui n'avait cessé de le hanter depuis toujours : celle de Aaron, l'un de ses anciens disciple.
Il y avait aussi le problème d'Alistair. Ah... Alistair. Le mot ensanglanté qu'il lui avait transmit à cause de ce qu'il s'était passé avec les templiers était... On ne peut plus... Mystérieux. Pourtant, il lui avait envoyé d'autre missives afin de le rassurer de son état. Quelque chose lui donnait cependant l'impression qu'il ne les avait jamais reçus.

En vérité, il n'avait qu'une hâte : celle de retrouver ses connaissances, amis et proches — Mais surtout Alistair, qui lui avait terriblement manqué. Son retour signifiait aussi la reprise des responsabilités et du commandement. En un sens, cela l'attristait un peu car la vie de nomade qu'il venait de passer avait été des plus enrichissantes — et surtout, distrayante : tant de choses vous arrive lorsque vous parcourez Thédas en quête d'aventures. A croire qu'il était un aimant à ennuis — et malheureusement, cela ne suffit pas à attirer Morrigan jusqu'à lui... Tant pis, cela l'aurait tant arrangé, depuis le temps où pouvoir rencontrer Kieran le torturait.

Lorsqu'il jugea sa pause suffisante, il se décida finalement à bouger : se redressant subitement — ce qui fit tilter ses deux compagnons —, il retira sa capuche et tout ce qui camouflait son visage afin de respirer plus aisément. Ses cheveux longs et cendrés retombaient sur son visage en de fines mèches à l'allure délicate, tandis que de la barbe se dessinait sur toute sa mâchoire. Ses yeux, toujours d'un bleu turquoise presque exotique, semblaient légèrement plus reposés qu'il y a un an, lorsqu'il était encore Garde-Commandeur. Ses cicatrices semblaient toujours aussi marquées, lui donnant un air de malfrat ou de renégat. Il n'avait plus besoin de cacher son identité désormais, vu qu'il retournait sur les traces de sa vie précédente — et donc loin de probables cultes sur le héros de Férélden, et seul sait le Créateur à quel point Reyner ne supportait pas cela. Enfin bon, il avait beau préciser ce fait aux recrues, cela n'empêchait pas de voir entrer dans son bureau certains jeunes gens qui, se tenant nerveusement les mains tout en bégayant, lui demandait de leur faire l'honneur — lui, Ô le graaaand héros de Férelden — de devenir leur maître formateur afin qu'un jour aussi, ils puissent combattre les Archidémon sans en mourir. En vérité, lorsque ce genre de contexte arrivait, il ne pouvait s'empêcher de se passer la main sur le visage en affichant un sourire nerveux : si seulement ces pauvres gens savaient ce qu'il avait du faire afin de ne pas mourir durant son combat contre l'Archidémon. C'en était presque comique avec le recul.

Vérifiant qu'il n'oubliait rien en route, Reyner fini par reprendre ses gants, les attachants à sa ceinture ; il saisit les reines de Bellanaris et monta sur son dos, sifflant Barkspawn qui accouru immédiatement au pied de la créature aux bois imposants. Une fois prêt à reprendre sa route, il recommença à avancer afin d’atterrir sur un des sentiers menant à Fort Bastel, la route illuminée des rayons de soleil, ce dernier se couchant doucement tout en teintant d'orange et de rouge carmin les alentours. Au loin se dessinait de son imposante structure Fort Bastel : sa maison.
Plus les mètres diminuaient, plus son estomac se tordait dans tous les sens. Tout un tas de questions se bousculaient dans sa tête, mais une l'importait vraiment au final : Comment formuler les bons mots aux Gardes face aux résultats de ce long périples ? Résultats qui, rappelons-le, étaient pire que médiocres.

Arrivant devant les gardes de l'entrée, ces derniers écarquillèrent les yeux car ils eurent beaucoup de mal à reconnaitre leur chef dans un premier temps. Il faut dire que Reyner avait une toute autre tête avec ses cheveux d'angelots et sa barbe qui le vieillissait affreusement. Il paraissait plus dur ; plus mature. Comme lorsque l'on parlait d'un vin, on aurait dit alors qu'il s'était bonifié avec l'âge.

—  H-hâlte, qui va là ?!
Mais bon sang, t'es con ou quoi, gamin ?! Tu vois pas qui c'est peut-être ?!
Messieurs—
Ben, non, pourquoi ? Je le connais ?
Deriam, t'es abonné à la picole ou bien ? C'est le Garde-Commandeur ! Il est revenu !
Je—
HEIN ?! Oh— Par Andrasté ! Veuillez m'excuser Garde-Commandeur Cousland, je ne vous avais pas reconnu ! Je suis nouveau et—
Par la sainte barbe du Créateur, Aldric, laisse moi passer ou je te jure que tu vas le regretter.
O-oui, Garde-Commandeur ! Tout de suite, Garde-Commandeur !  


Excédé, Reyner fronça les sourcils tout en se mettant à avancer dans le Campement, les deux gardes le saluant — de manière exagérée car ils devaient se sentir bien mal de cette embrouille des plus gênantes face à leur supérieur — tandis qu'il regardait partout. Beaucoup de choses avaient changé : notamment de nouvelles têtes travaillant de par et d'autre de la place principale, et certaines recrues qu'il avait connu comme étant toutes jeunes et inaptes à l'Union semblaient l'avoir finalement passé. Sur ses pas, bien des visages s'étaient levés, tous interdits — et une vague de murmures s'éleva dans tout le campement. Il y eu même un petit regroupement de jeunes recrues qui avaient pour la première fois l'occasion de poser les yeux sur Reyner. Ha, la jeunesse, si naïve.
Il arriva devant la salle de commandement, là où devait-être —logiquement— Alistair. Descendant doucement de Bellanaris, Reyner posa les reines contre la selle de cuir et il retira sa cape, dévoilant sa tenue de Garde-Commandeur aux yeux de tous. Aussitôt avait-il posé le vêtement sur son Hahl qu'un de ses bras droit arriva en courant vers lui, un sourire grand jusqu'aux oreilles et la main levée vers celle de son ami et confrère qui venait tout juste d'arriver en guise d'accueil.

—  Commandant Cousland, mon très cher ami, déclarait-il tout en faisant une poignée de main chaleureuse à son supérieur, je suis tellement heureux de vous revoir saint et sauf !
Aveth ! Moi de même. Comment te portes-tu depuis le temps ? Tout s'est bien passé en mon absence ?
On ne peut mieux, Garde-Commandeur ! Alistair a été digne de votre succession et nous comptons à présent le double de nos dernières espérances d'effectif !  


Reyner haussa un sourcil lorsqu'il entendit la phrase d'Aveth. Et dire qu'Alistair lui avait tenu tête en lui proclamant qu'il n'était pas fait pour leader quoi que ce soit... Il était surtout question de manque de confiance en soi, au final. Mais heureusement, Reyner était là pour avoir confiance en lui à sa place.

—  Avez vous trouvé l'objet de vos convoitises durant votre périple ?
Oui. J'ai trouvé des indices sur le prochain Enclin et que je dois aller en informer Weisshaupt au plus vite, menti Reyner.
Je vois. Une missive urgente, donc ?
Un déplacement urgent, plutôt.
Vous allez de nouveau nous quitter, Garde-Commandeur ?
J'en ai bien peur.


Il pouvais percevoir une étrange lueur dans les yeux d'Aveth : de la déception, voir même de la tristesse. Dès lors, un sentiment de mal être le saisit, mais il eu aussitôt fait de mettre ça de côté afin de poursuivre leur conversation.

—  Sais-tu où est Alistair ? Il ne me semble pas être dans la salle de commandement.
Il est parti à l'aube avec une patrouille afin de montrer le bon exemple à certaines recrues. Nous avons eu quelques petits problèmes dernièrement— mais rien de grave, je vous rassure. Il devrait revenir d'ici une heure ou deux je suppose. Peut-être plus, peut-être moins.
Ah... Très bien. Comme de la déception, Reyner avait baissé d'un ton. Toutefois, il se ressaisit bien vite. Va me chercher Nara, s'il te plait.
Oui, bien-sûr ! Oh, elle sera ravie de vous revoir, croyez moi !  


Un sourire en coin illumina le visage de Reyner. Après tout, c'était réciproque. Il avait tellement hâte de retrouver son apprentie qu'il s'était même retrouvé à jouer — sans s'en rendre compte — avec l'un de ses gants à sa ceinture. Si cela n'était pas de la nervosité, on aurait-pu en déduire qu'il était presque angoissé. Cette histoire d'Union ne cessait de tourner dans son esprit, même alors qu'il allait retrouver sa belle petite Dalatienne au caractère d'acier.


The Calling of the Warden.
THE CITY OF THE DEAD ⊹ I'M SCARED OF WHAT'S INSIDE MY HEAD, WHAT'S INSIDE MY SOUL ; I FEEL LIKE I'M RUNNING BUT GETTING NOWHERE. FEAR IS SUFFOCATING ME, I CAN'T BREATHE, I FEEL LIKE I'M DROWNING, I'M SINKING DEEPER. WHITE LIGHT FADES TO RED AS I ENTER THE CITY OF THE DEAD. I FEEL IT BURNING THROUGH MY VEINS, IT'S DRIVING ME INSANE, THE FEVER IS RISING, I'M GOING UNDER.

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Posté Dim 26 Mar - 17:04
Se lever. Manger. S’habiller. Se préparer. Parler. Sourire. S’entraîner. Manger. Surveiller. Parler. Sortir. Revenir. S’entraîner. Lire. Manger. S’entraîner encore pour finalement dormir. Ma journée au camp de la Garde ne sont pas différentes de celle de la veille ou du lendemain. Elles se ressemblent toutes. Encore aujourd’hui, Adaan me demande si on peut continuer les entraînements. On veut tous les deux passés l’Union. Devenir aussi forts et mythiques que nos prédécesseurs pour honorer leur mémoire. Mais maintenant, je ne veux pas. Je n’ai presque aucune envie de sortir de mon lit. Mais c’est sans compter sur le loup du voleur… Il vient à mon chevet et se met à hurler à la mort en réveillant tous les autres. Ni une ni deux, je saute sur pieds et demande de se taire avant que je n’assassine son maître. L’animal me regarde, soupir bruyamment et fait demi-tour.

Sans un mot, je sors à mon tour quelques minutes plus tard, habillée mais absolument pas coiffée. Mes cheveux se mettent à onduler à la brise matinale et Adaan me tombe dessus. « Un hurleur vient de te passer au fil de ses griffes ? » Je grimace un sourire. Très drôle. Il me montre d’un signe de tête l’endroit du petit-déjeuner. Comme si j’avais la tête à vouloir manger ! Je prends place en face de lui et termine bien vite par piquer du nez. Je n’arrive pas à récupérer depuis notre retour des Tombes. Ma rencontre avec Shiral, ou plus nos retrouvailles tournent en boucles. Ce n’est que le bruit sourd d’un objet lourd qu’on lance qui réussit à me faire émerger. J’en tombe même à la renverse. Ce jour commence bien… Je remarque sur la table une dague et l’elfe citadin empoigner les siennes. Je grimace mais le suis quand même à l’extérieur à l’autre bout du campement. Sur un terrain propice au combat, nous nous préparons chacun de notre côté avant de commencer. Rapidement, un petit attroupement se forme pour nous regarder. Bien qu’Adaan s’y soit fait, je n’aime toujours pas les regards de nos benjamins. S’ils pouvaient, leurs étoiles dans les yeux pourraient nous transpercer. Même si quelques-uns savent déjà se battre plus que nécessaire.

Le combat faisant rage entre nous deux, je jongle entre les attaques au corps à corps et les sorts. Une petite décharge sur la jambe, une autre dans le bras, l’épaule, la main. Des endroits désagréables mais pas au point de mourir. Pour m’amuser j’en viens même à utiliser en sort de brasier. Dans un mouvement ample, je termine par le lui envoyer sur les fesses. « Nara ! Arrête de faire ça à chaque fois ! » Je hausse les épaules. « Pourquoi ? Tu n’as pas fixé de règles à ce que je sache ! » Il se retient de répliquer et me fonce droit dessus. Reprend alors le combat avant que ne tombe encore des paroles déstabilisantes.

« Nara ! » Je me retourne en entendant mon nom. Mauvais point, il en profite pour me mettre à terre et je mords la poussière en grimaçant. La lame froide sur le cou et le sourire triomphant de mon ami, je fronce les sourcils avant de lever les yeux vers d’Aveth. D’un ton ironique, je ne peux m’empêcher de lui lancer « Si tu voulais me voir coucher, suffit de demander au lieu de me faire perdre mon combat. » Il me regarde en arquant un sourcil les bras croisés. Il a du mal avec l’humour ou ? Puis il reprend la parole et ses mots tombent comme un coup puissant derrière la nuque. Mon corps est parcouru de frissons et je me sens étrange presque absente. L’espace d’un cours instant, les mots ne forment qu’un tourbillon informe et lointain. J’encaisse la nouvelle et saute sur mes jambes, telle une furie. Dans mon élan, je manque de retomber mais je me rattrape de justesse en posant une main au sol.

Je refais le campement dans le sens inverse en courant. Puis lorsque je comprends que ma destination est proche, je ralentis pour finalement m’arrêter. Je reste plantée au milieu de l’allée sans pouvoir faire quelque chose. Le partage entre le bonheur et la douleur me prend. Après tout, il est parti depuis un an. Il a dû changer comme moi. Puis je repense à sa promesse avant son départ. Je passerai l’Union à son retour. Deux ans que j’attends ça et maintenant… Ma poitrine se met à se serrer. Grimaçant, je porte une main à mon cœur en baissant la tête. Si je n’étais pas digne ? Sans m’en rendre compte, je suis partie dans mes pensées et n’en sors que lorsqu’une main se pose sur mon épaule. Je sursaute et me retourne. Adaan me regarde avec un grand sourire et j’essaye de le lui rendre. « Qu’est-ce que tu attends ? » Je ne sais pas. « Il t’attend tu sais. » Oui. « Tu devrais te dépêcher, il va penser que quelque chose de grave t’es arrivée. » Ma main se porte sur la sienne et la serre pour le remercier. Comme simple réponse, il hoche la tête et me tourne me dos.

Gonflée de nouveau par le courage, je reprends ma route en fermant les poings. La démarche déterminée, on pourrait croire que je me prépare à passer devant une matriarche coincée d’Orlaïs. Prête à me faire taper sur les doigts… Pourtant, là non. Là je vais juste retrouver un ami. Une personne chère à mon cœur. Dès lors où la salle de commandement arrive dans mon champ de vision, je retiens ma respiration. Devant elle… Il est là pour de vrai. Un an. Je ne rêve pas. Mon cœur s’emballe et mes jambes se mettent à accélérer pour finalement se mettre à courir. « Reyner ! » Je n’ai le temps que de dire ça avant de lui tomber dessus pour l’enlacer plus fort que jamais. Mes mains essayent d’agripper la moindre parcelle de sa tenue. La peur vient de s’envoler. Dans un élan inhumain, je me serre la mâchoire pour éviter de laisser mes larmes rouler. Ce n’est pas vraiment l’accueil qu’on pourrait donner à un haut gradé j’en suis consciente. Mais il est plus que ça pour moi. J’avais presque oublié son odeur. Ses épaules et sa force. J’en suis presque à oublier ma place et le lieu où on se trouve.
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— ARMES : Il est armé d'une très belle épée Orlésïenne et d'un bouclier comportant l'écusson des Cousland.
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Posté Mar 28 Mar - 22:33
Reyner avait l'impression que le temps s'écoulait au ralenti. Sa joie et sa hâte s'étaient tous les deux faits rattrapés par cette peur incessante qui lui avait pris la tête tout le long de son voyage de retour au campement. Il connaissait Nara, bien trop même : il savait donc que dans quelques minutes, cette dernière, après de chaleureuses retrouvailles, allait le tanner à nouveau quant au passage de son Union. Or, s'il y avait une chose qu'il espérait, c'est qu'elle en ai oublié l'existence durant son absence — ce qui était bien entendu impossible, et il le comprenait très bien dans un sens. Mais il ne voulait pas la perdre, et c'est pour cela que ça l'effrayait autant. Il voulait la protéger ; il avait cette impression, celle comme quoi il avait été destiné à ça. Mais comment veiller sur son bien-être s'il doit l'envoyer à une expérience de mutation pour laquelle elle avait presque plus de cinquante pour cent de chance d'y laisser la vie ? C'était à s'en arracher les cheveux pour le Commandant.
Perdu dans ses pensées tandis que son regard fixait l'horizon, il entendit une voix crier son nom. Mais ce n'était pas n'importe quelle voix, non : c'était celle de son apprentie.

Nara—  

A peine fut-il redressé, les yeux rivés sur la rouquine alors qu'il avait ouvert la bouche pour prononcer son prénom qu'il sentit le poids du corps de son apprentie le pousser contre Bellanaris, le hahl poussant un petit bruit de surprise, tournant la tête vers eux — ses bois manquant d’assommer Reyner. Automatiquement, le Garde-Commandeur grimaça en retenant un quelconque son de sortir de sa gorge, ses blessures pansementées au torse le faisait souffrir. Il entoura néanmoins le corps de Nara afin de la serrer contre lui — et pour amortir son élan —, ouvrant de grands yeux, les sourcils haussés. Il n'aurait jamais pensé avoir un tel accueil.
Tout en sentant les soubresauts de la Dalatienne qui, semblant grimaçante, saisissait avec force le tissus du haut de Reyner, il aurait pu jurer que des larmes vinrent lui piquer les yeux. Mais, aussi fier qu'il l'était, il ravala rapidement son émotion, un sourire marqué sur son visage. Il resserra son étreinte autour du corps de la femme en face de lui, et tenta de trouver quelque chose à dire : les mots n'avaient pas leur place devant une telle scène. Certaines personnes du campement s'étaient même arrêtées dans leur tâche afin de les regarder, certains avec un air d'incompréhension totale, d'autres avec un sourire des plus touchés.

Finalement, Reyner baissa son regard vers Nara. Il leva ses bras et alla lui saisir les joues de ses deux mains, lui redressant la tête pour qu'il puisse la fixer droit dans les yeux. Lorsqu'il croisa son regard, il fut comblé de redécouvrir le visage de sa petite protégée ; son sourire s'étira alors qu'il passa avec délicatesse l'un de ses pouces le long de sa paupière inférieure afin d'essuyer quelques larmes qui étaient coincées.

Quel accueil. Dis-moi, je ne savais pas que tu étais si émotive, jeune fille. Tu m'en cache, de ces choses.  

Gardant un sourire prononcé sur son visage, il lâcha les joues de Nara et pris un peu de recul quand elle jugea bon de lâcher les vêtements de son supérieur. Reyner était heureux de partager ce genre de moments ; cela lui rappela à quel point retrouver son frère durant son voyage le combla de bonheur, mais aussi de malheurs — il dû marcher dans le nouveau château Cousland afin de découvrir les travaux phénoménaux de ces dix dernières années. Beaucoup d'émotion pour un homme qui avait vu sa vie brisée entre ces murs. Il en avait aussi profité pour dresser des tombes en compagnie de Fergus, et avait même déposé un bouquet de fleurs dans la cour des écuries, à l'endroit où Vertis avait été assassiné.
Allant calmer Bellanaris qui semblait assez affolé de ressentir autant d'émotions de la part des deux individus près de lui, Reyner caressa doucement le poil de sa monture avant de tourner sa tête vers Nara, plissant les yeux, les reines — qu'il devait défaire maintenant qu'ils étaient à l'intérieur du camp —dans sa seconde main .

Tu lui as manqué, tu sais. Je l'ai senti à son comportement. D'ailleurs, c'est pareil pour Barkspawn, mais il est déjà parti faire sa ronde dans le campement... Et il doit déjà essayer de voler la viande du cagibis à l'heure qu'il est.  

Après avoir sorti cette phrase, Reyner ne pu s'empêcher de rire, un sourire en coin affiché sur le visage. Il souffla finalement tout en regardant les sacoches de la selle de Bellanaris, plongeant une main dans l'une d'entre elles, avant de tourner son visage vers Nara afin de lui lancer un regard tendre.

C'est bon de te revoir, Nara. Comment te portes-tu ?  

Alors qu'il attendait une réponse, il en profita pour sortir deux objets de ses sacoches. Il se tourna totalement vers Nara et il lui fit face, s'étant approché d'elle pour ne pas avoir à trop tendre le bras. Adorant faire des petits secrets et mystères, c'est avec amusement qu'il présentait alors les deux objets qu'il avait ramené à l'attention de son apprentie. Dans sa main droite se tenait une lettre, qu'il lui tendit doucement.

J'ai eu l'occasion de faire un saut du côté du clan Lavellan durant mon absence... Tien. Ça vient de ta mère. Elle semblait heureuse d'avoir de tes nouvelles de vive voix quand je l'ai vu.  

Dans son autre main, un objet était caché par les doigts de Reyner. Il n'en dévoila son contenu que lorsqu'il laissa Nara se saisir de la lettre, appuyant alors ses mots dans un sourire amusé tandis qu'il continuait d'observer la moindre expression de la part de la dalatienne.

Quant à ceci, c'est aussi pour toi.  

C'était un magnifique collier, dont le pendentif était fait d'os de hahl de la famille de Nara. Ayant eu l'occasion de passer quelques jours dans ce clan, il fut accueilli plutôt chaleureusement de par son statut formateur pour la jeune femme — et aussi car il avait sauvé Nara de la mort —. De ce fait, les membres du clan lui avait donné un os de hahl qui avait décédé courant de l'année. Et connaissant Reyner et son couteau de poche, il se retrouva bien vite à tailler l'os qu'il avait obtenu afin de créer un pendentif unique qu'il avait désiré offrir à Nara — chose faite. Reyner adore la sculpture. Lorsqu'il s'ennuie, il se retrouve souvent avec une branche d'arbre dans la main droite, et son couteau dans celle de gauche afin de laisser libre cours à son imagination. Il n'en parlait pas à grand monde — voir à personne car il n'était pas du genre à parler de lui, et c'est pour cela que sa passion reste encore quelque chose de peu connu à son sujet.
Mais bien sûr, Reyner était toujours aussi fier, même à en crever. C'est pourquoi il ne dit rien de plus à Nara — qui l'avait fait, pourquoi, en quoi était-ce fait, et en quel honneur le lui offrait-il. Tout ce qui comptait pour lui, c'était qu'elle le conserve. Il ne demandait rien de plus, rien de moins. Un grand sentimental, oui, mais pour son plus grand malheurs étant donné qu'il était très introverti.

En tout cas, s'il aurait été capable de dire une toute dernière chose à l'instant, il aurait surement avoué que la présence de Nara lui avait cruellement manqué. Mais, encore une fois... Il était bien trop fier.


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Posté Lun 22 Mai - 18:40
Si je m’attendais à sa venue, j’aurais envisagé quelque chose. Une surprise, un cadeau ou même un meilleur état d’esprit que celui dans lequel je me trouve. Je devrais être heureuse, pleine d’entrain de retrouver mon ami et mon mentor. Mais tout ce qui me traverse se sont des questions. Comme un coup de fouet, je me rends compte que tout va redevenir comme avant. Le pire ? Dans les semaines qui vont arriver, je vais sans doute passer l’Union. Celle que j’attends depuis si longtemps est à portée de main. Je peux même caresser le rêve d’être une Garde. Mais je ne peux m’empêcher de penser : et si je ne suis pas assez forte et que je meurs ? Rien que d’y penser, j’ai un frisson qui me parcoure tout le long du dos. Pourtant Adaan n’a pas tort, je n’ai pas à gâcher des retrouvailles avec mes idées. C’est donc revigoré que je reprends la marche. Arrivée à proximité de la salle de commandement, mon cœur s’emballe en le voyant. Sans attendre, je fonds sur lui et l’enlace.

Mon prénom passant ses lèvres, je constate que j’en avais oublié sa voix. C’est donc avec une pointe de désespoir que je l’enlace. Je replonge dans mes souvenirs dans l’espoir de retrouver la même sensation qu’avant. Mais les choses sont bien plus compliquées que prévu. Tout ce que je parviens à faire ? Me donner une migraine à force de fermer mes yeux. Silencieuse, je me contente de profiter de ce moment avant de ne voir arriver quelqu’un d’autre. Son devoir de commandant va aussi émerger et je ne pourrais plus vraiment avoir de familiarité de la sorte. Puis il faudra aussi que je lui parle de cette fameuse mission dans les Tombes où j’ai… Désobéis aux ordres. Mais pour le moment, je préfère me taire et profiter.

Toujours sans un mot, je sens ses mains se poser sur mon visage. Ce geste à juste le don de laisser rouler quelques larmes sur mes joues alors qu’il me fixe avec un sourire. Mais sa remarque a le don de me faire grimacer légèrement avant de reprendre contenance et sourire à mon tour. J’ai changé depuis un an. Il va bien s’en rendre compte. Disons que je suis plus présente et souriante depuis mes retrouvailles avec Shiral. Puis le choque de cette rencontre ne m’avait pas permise de laisser aller mes émotions. Alors, je peux dire que maintenant, la coupe est pleine par deux bonnes nouvelles. Reprenant contenance dans un soupire déterminé, je le regarde calmer son halh. Je souris plus sincèrement à ses propos. « Atisha sera heureuse de les revoir. Mais elle doit être à l’extérieur du camp en ce moment. » En disant cela, je me retourne comme pour espérer me tromper. Mais le rire de Reyner à juste le don de faire arquer un sourcil alors que je reporte mon attention sur lui.

Puis les propos d’usages reviennent. Comment est-ce que je vais ? Bien et mal. Le premier parce que je suis heureuse et l’autre parce que cette joie me prend au ventre. « Je vais bien. Ton retour est surprenant… Tu as changé. Tes cheveux… Ça te va bien ! » Un énième grand sourire pendant que je le regarde et il se retourne vers moi et se plante en face. J’arque un sourcil quand il me tend une lettre. Je la prends délicatement sans détacher mes yeux de cette dernière avant qu’il ne me dise qui l’a écrite. À ce moment-là, une multitude d’émotions m’enlace. Je sens que je vais craquer… Pourtant, j’inspire profondément et meurs d’envie de l’ouvrir mais Reyner me devance en me tendant autre chose. Les yeux déjà bien embués, j’ai du mal à discerner le présent. Je ferme les yeux pour les rouvrir avec une vue plus claire. Lorsque je sors finalement la chose, je reste interdite. Toute mon enfance, j’ai vécu auprès d’eux. Je les ai nourries et aimés. Alors… Savoir que je tiens en main un os de hahl transformé en collier je dois avouer que cette fois, je ne me retiens aucunement.

Mes larmes se mettent à rouler comme une rivière en crue. J’essaye tant bien que mal de rester digne en riant par-dessus mes sanglots mais rien n’y fait. De la fille renfermée, solitaire et blasée, Reyner doit maintenant voir une gamine au cœur plus moue qu’une sucrerie. Je passe fermement mon poignet sur un de mes yeux dans l’espoir de faire cesser cet amas de larmes. Dans un réflexe, je renifle et serre les deux présents contre moi au niveau de mon cœur en baissant la tête. Lorsque je la relève, je peux constater malgré moi tous les regards de nos frères et sœurs. J’échappe un hoquet et repars l’enlacer sans retenu. « Merci infiniment Reyner… » Je me sépare, souris entre deux flots et enfile le pendentif en le caressant d’une main. « Il est magnifique ! » Cette fois, quand je reporte mon attention devant moi, j’arrive à le voir distinctement. Cependant, devant autant d’émotions, je remarque que ma main est serrée. Celle tenant la lettre de ma chère et tendre mère se retrouve légèrement froissée sous mon poing. Je la glisse à ma ceinture, prends place aux côtés de Reyner et après avoir séché mes dernières larmes je lui demande comment il va.

Tout aurait pu prendre une tournure plus décontractée si, ne levant la tête, mon regard n’avait pas croisé Alistair. Sa présence signe l’arrêt de nos retrouvailles. Je hausse les épaules quelque peu attristée mais je dois faire avec. Ils ont tant de choses à se raconter que je me dois de laisser de côté mes envies personnelles. « Regarde qui arrive… » Je m’étire un peu, me poste devant Reyner pour l’embrasser sur la joue. « On se verra plus tard. J’ai un mabari à retrouver et une lettre à lire. Puis accessoirement, un entraînement à terminer. » Je souris, m’incline avant de laisser échapper que c’est la dernière fois que je serais autant familière. Tournant les talons, j’arrive à la hauteur d’Alistair. Comme simple marque de respect, je me contente de lui faire un signe de tête.


NB : Nara quitte le RP.
PROCHAIN NIV. :
Reyner Cousland
Reyner Cousland
The Hero of Ferelden ⊱ Grey Warden
— PSEUDOs : Pendräagon.
— DISPONIBILITÉ RPs : ✓ Disponible
— PRÉSENCE : Présent.
— MISSIVES : 447
— DC&TC : Glorfindel Mien'Harel (+) Seth.
— PRESTIGE : 521
— PAIRING & OTP : Reylistair shipper forever.
— CRÉDITS : moi (+) noobito

— ICONE (100x100) : — NATIONALITÉ : Il est Alamarri.
— ÂGE : Reyner possède vingt-sept ans.
— PROFESSION : Commandant des Gardes de Ferelden.
— FACTION : Garde des Ombres.
— ARMES : Il est armé d'une très belle épée Orlésïenne et d'un bouclier comportant l'écusson des Cousland.
— AMOUREUSEMENT : En couple avec Alistair Theirin, ancien ami et frère d'arme pour qui il avait toujours éprouvé des sentiments sincères et profonds.
— O.SEXUELLE : Bisexuel.
Posté Lun 5 Juin - 18:08
Reyner espérait sincèrement et du plus profond de son cœur faire plaisir à Nara en lui rapportant toutes ces petites merveilles sentimentales. Même si c'était un homme fermé de par les multiples blessures qu'il avait enduré tout au long de ces dix dernières années, il possédait un cœur en or comme on ne les faisait plus. C'est pour cela que la réaction de Nara le laissa dans l'incompréhension sur le moment.

Il était devant elle, souriant tendrement et sincèrement en la voyant regarder les objets qu'il lui avait apporté, jusqu'à afficher une mine totalement déconfite lorsqu'elle se mit subitement à pleurer. Il en redressa même ses deux mains pour les diriger vers elle, entre ouvrant la bouche. Tandis que son regard vagabondait de droite à gauche sans savoir quoi faire, comme cherchant expressément de l'aide, il se mordit la lèvre inférieure. Il n'avait en aucun cas voulu la faire pleurer, même si c'était parce qu'elle était touchée ; ce genre de situation lui collait des angoisses comme pas possible. Et maintenant, il ne savait plus comment gérer ça.
Les regards des autres recrues se faisaient oppressants sur eux. Pourquoi tant de surprise ? Nara n'avait elle pas le droit d'avoir des émotions sans que toute les personnes du campement ne se mette à la reluquer de manière impolie et qui plus est, de travers ? Lorsqu'il en eu marre de se faire dévisager, Reyner leur lança un tel regard noir que la plupart en sursautèrent, retournant à leur occupations. Ha, les bonne vieilles habitudes... Cela ne lui avait pas du tout manqué. Seul, il se sentait bien mieux.

Finalement, la rouquine sécha ses larmes, d'une main tremblante qui eu pour résultat de faire serrer le cœur de Reyner. Bordel. Il détestait mettre les gens dans ces états là. C'est bien pour ça qu'il se taisait, en général. Se couper du monde pour ne pas blesser ceux qu'il aimait. Bon, très bien, soit : il ne l'avait pas blessée, loin de là : mais que voulez vous ? Avec Nara, Reyner était comme un père devant sa fille. Il voulait la faire sourire, pas la faire pleurer.
Lorsqu'elle lui dit à quel point elle trouvait le pendentif magnifique, le Commandant afficha un nouveau sourire, comme soulagé de voir le visage de son apprentie de nouveau illuminé par de la joie. Encore plus, elle vint l'enlacer. Malgré la surprise, il leva les bras afin de la serrer doucement, plissant les yeux en effaçant doucement son air inquiet qui était resté marqué durant un long moment sur son visage fatigué.

Je t'en prie, Nara. Ne me remercie pas.  

Lorsqu'elle le lâcha, Reyner leva la main afin de lui essuyer une larme qui était restée sur sa joue. Il la regarda tout en répondant à ses questions, et il lui en posa lui-même quelques unes. Comment elle allait, si tout s'était bien passé au niveau des entraînements et si Alistair n'avait pas fait de bêtises — bien que sur le coup, c'était plus pour la faire rire qu'autre chose ce qui fonctionna, au plus grand bonheur de Rey.

Néanmoins, le regard du jeune Commandant fut volé, tout comme son attention qui elle était totalement tournée vers Nara depuis le début de leur échange — mais plus maintenant ; au loin, marchant doucement, il vit Alistair s'approcher vers eux. Son cœur fit alors un bond qu'il n'aurait jamais cru possible. Il en haussa même les sourcils, son regard restant fixe.
Après tout ce temps, il ne pensait pas qu'un feu dont on avait tenté d'étouffer les flammes pouvait subitement se mettre à brûler ardemment comme c'était actuellement le cas. A la manière d'un volcan entrant en éruption, ses émotions se mélangeaient les unes aux autres et il semblait, vu de l'extérieur, totalement figé.

La voix de Nara lui fit l'impression d'un électrochoc. Revenant à la réalité, il ne se remit à bouger que lorsqu'il sentit un baiser réchauffer sa joue gelée. Ce fut non sans légèrement rougir — c'était à peine détectable — qu'il posa un regard étonnement doux sur son apprentie. Elle lui avoua que c'était la dernière fois qu'elle se montrait si familière, à la grande déception du Commandant qui, d'un hochement de tête formel, la regarder s'en aller. Il inspira, expira puis se tourna totalement vers l'homme de ses désir les plus fou, ce dernier étant enfin assez proche de lui afin qu'ils puissent échanger.
Reyner regarda de haut en bas Alistair, un sourire crispé sur le visage. Il se retenait de lui dire tout ce qu'il aurait voulu lui dire, tel que "tu n'as pas pris une ride, à croire que tu as été béni d'Andrasté", ou encore "tu m'as manqué à en devenir dingue", voir même "j'aimerais tellement t'embrasser, là, maintenant, tout de suite et devant tout le monde". A la place de toutes ces phrases sucrées et dégoulinantes d'amour et de naïveté, le jeune Commandant fini par le saluer.

Bonsoir... Alistair.  

Dans sa tête, il aurait voulu se baffer. "Bonsoir Alistair" ? C'était donc là tout ce qu'il était capable de dire à l'homme qu'il convoitait depuis si longtemps, au bout d'un an d'absence ? Il pesta intérieurement contre lui-même. Parfois, il se détestait au point de vouloir se foutre un bon coup de pied au cul. Néanmoins, ses yeux ne pouvaient que le trahir — Nara était d'ailleurs assez intelligente pour l'avoir vu à l’insu de Reyner grâce à cela — : la manière dont ils brillaient, ses pupilles qui étaient légèrement plus dilatées qu'en temps normal dès l'instant qu'il posait les yeux sur son aîné... L'amour est un sentiment, certes, mais n'oublions pas la chimie qui l'accompagnait.
S'il pouvait se reprocher seulement cela, ce serait passé. Mais Reyner se souvenait très bien du mot ensanglanté qu'il avait envoyé à son aîné il y a deux mois de cela : il lui devait des explications.

Reyner restait stoïque, mais ses joues légèrement rougies le trahissait, ayant une légère fièvre due à ses plaies et la fatigue du voyage qui l'accablait. A peine avait-il alors salué —plus haut— Alistair qu'il commença à marcher non pas rapidement — mais pas calmement non plus en l'entraînant par le bras, l'air interdit. Il lui lança un regard l’intimant de le suivre en ayant l'air naturel, lâchant par la suite son aîné pour que les deux puissent faire mine que tout allait pour le mieux. Il avait semblé serein et sans soucis en face de Nara, mais actuellement, Reyner avait un lourd fardeau sur les épaules et il ne lui tardait de pouvoir en parler à son plus fidèle ami.
Arrivant finalement devant la porte du bureau de Reyner, ce dernier y rentra en murmurant à Alistair de le suivre.

Ce fut lorsqu'ils étaient enfin à l'intérieur que le jeune Commandant se laissa retomber contre sa chaise de bureau, grimaçant et posant une main sur son torse.

As-tu reçu ma lettre ?  

Il lui parla tout en retirant sa cape, ses ceintures, ses armes et bien entendu, son haut. Se retrouvant en simple chemise de couleur écru, il bougea douloureusement l'une de ses épaules avant de retirer le tout dernier vêtement du haut de son corps. Il dévoila ainsi ses bandages, enroulés autour de ses épaules, de sa cage thoracique mais aussi à quelques endroit autour de son ventre, des cicatrices fraîches visibles entre deux compresses usées.


The Calling of the Warden.
THE CITY OF THE DEAD ⊹ I'M SCARED OF WHAT'S INSIDE MY HEAD, WHAT'S INSIDE MY SOUL ; I FEEL LIKE I'M RUNNING BUT GETTING NOWHERE. FEAR IS SUFFOCATING ME, I CAN'T BREATHE, I FEEL LIKE I'M DROWNING, I'M SINKING DEEPER. WHITE LIGHT FADES TO RED AS I ENTER THE CITY OF THE DEAD. I FEEL IT BURNING THROUGH MY VEINS, IT'S DRIVING ME INSANE, THE FEVER IS RISING, I'M GOING UNDER.

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Posté Mer 14 Juin - 1:51

De retour de leur patrouille, les Grey Warden avançaient d'un pas impatient sur le chemin de Fort Bastel, pressés de retrouver le confort de leurs lits et la chaleur d'un feu de bois. Au cours de cette ronde interminable, ils avaient du régler les quelques incidents mineurs qui opposaient les villageois d'Amaranthine et d'autres problèmes secondaires qui — en toute franchise — n'auraient jamais du nécessiter leur intervention. Un prétendu mage du sang, qui se révéla n'être qu'un vieil homme aigri, sans la moindre affinité magique. Des rumeurs sur de la contrebande de lyrium. Toutes infondées. Une bagarre d'ivrognes ayant abusé de l'alcool nain. Et, enfin, une histoire de vol à l'étalage qui s'était terminée de façon fort tragique, puisqu'elle avait conduit à la mort d'un marchand.
Le criminel à l'origine du larcin ne devait pas avoir plus de dix-sept ans. Son teint était blafard et maladif, et son corps squelettique. Si fin qu'on l'aurait dit cassant comme du verre. Selon les soldats qui l'avaient mis au trou, il n'avait pas mangé depuis plusieurs jours; la faim ayant justifié son geste désespéré. Alistair n'avait aucun problème à le croire. Le jeune homme n'avait que la peau sur les os.
Le Grey Warden écouta attentivement les commentaires des gardiens sur leur détenu pendant que ses recrues terminaient, seules, la patrouille. Il écouta avec patience chacune de leurs remarques, pertinentes ou pas, qui concernaient à la fois les motifs du crime, ses compétences dans le domaine — d'après la milice, mettre le grappin sur le voleur s'était révélé une tâche plus ardue qu'ils ne s'y attendaient — les circonstances du meurtre — accidentelles, comme il s'en était assuré — et le traitement réservé au coupable par la justice locale. La sanction serait, pour le garçon, un aller sans retour au bout d'une corde tendue.

Après une longue enquête, il décida que le jeune homme serait, si non un atout, au moins un élément intéressant pour l'ordre. Alistair n'aimait pas recruter des criminels. Il considérait l'enrôlement chez les Grey Warden comme un honneur, et se montrait très réfractaire (et encore, c'était un bel euphémisme) à l'idée de conscrire les nouveaux arrivants. Mais il existait toujours quelques exceptions à cette règle morale. Dans le cas de Bastian par exemple, la pilule semblait moins difficile à avaler. Il était très jeune. Il n'avait volé que pour apaiser sa faim, sans intention de malmener sa victime et encore moins de l'assassiner; celle-ci devait sa mort à une chute. Un enchaînement de circonstances regrettables l'avait mis dans cette mauvaise posture mais il ne méritait pas la peine capitale.
En temps d'enclin surtout, les Grey Warden avaient recruté de pires criminels. Des assassins. Des traîtres. Des violeurs. Certains d'entre eux optèrent pour la désertion et le payèrent de leurs vies. D'autres choisirent de faire pénitence. Ils intégrèrent leurs rangs jusqu'à ce que leurs frères d'armes, puis le monde entier, finissent par oublier leurs crimes. Une fois vêtus de l'uniforme, ils ne devenaient que de simples soldats. Seuls, ils n'étaient rien mais ensemble; ils représentaient la Garde des Ombres, un ordre séculaire et respecté dans tout Thédas.
Ignorant les plaintes de la milice locale, Alistair tira Bastian de sa cellule pour le prendre illico sous son aile. Il l'informa de sa situation et refusa sa gratitude; s'il souhaitait lui exprimer sa reconnaissance, il n'aurait qu'à faire comme toutes les autres recrues: s'entraîner et passer son union. Le Grey Warden essuya de vives protestations de la part des soldats mais leurs objections ne changeraient en rien le dénouement de cette histoire puisque le "commandant remplaçant" avait déjà invoqué le droit de conscription, rendant sa décision irrévocable.

Fort d'une nouvelle recrue, Alistair rejoignit le reste de son escouade aux portes de la ville. En son absence, les gardes qui l'accompagnaient avaient repoussé un assaut de brigands sur un chariot de ravitaillement. L'un d'entre eux souffrait d'une cheville cassée, un autre s'était démis l'épaule mais, fort heureusement, ces blessures étaient les seules à déplorer. Toutefois, ses hommes perdirent deux chevaux pendant la mêlée, ce qui ne présageait rien de bon pour la logistique du fort. Cette pensée arracha une grimace au Grey Warden. Par la sainte culotte d'Andrasté, encore! Il croisa les doigts, priant silencieusement le Créateur pour que les destriers retrouvent le chemin de Fort Bastel. Moins de paperasses pour lui; moins de reproches de la part de celui ou celle qui dresserait l'inventaire.
Selina, très certainement. Ah, Selina... Selina Selina. Une vraie langue de vipère celle-là. Depuis le départ de Reyner, Alistair et son incapacité à tenir des livres cohérents étaient devenus la Némésis de la jeune femme. Un sentiment que le blond lui retournait volontiers. En dépit des éternelles complaintes qu'il pouvait recevoir de sa part — mais qui sonnaient comme une langue étrangère à ses oreilles — et de toutes ses tentatives pour y mettre de l'ordre, les rapports du blond n'en devenaient pas plus lisibles pour autant. Il détestait les rédiger.
Les derniers chevaux furent distribués aux blessés qui se mirent aussitôt en selle et ouvrirent la voie, pendant que le reste de la patrouille rejoignait Fort Bastel à pieds — Alistair inclus. Le chemin fut long et éprouvant. Pour les recrues surtout, qui devaient subir toutes les doléances de leur responsable jusqu'à leur arrivée au campement. Peut-être même après, si la malchance les poursuivait. Jusqu'au petit matin ou jusqu'à la fin du mois, qui sait...? La rancune d'Alistair pouvait se prolonger indéfiniment ou disparaître dans la nuit. Une chose est sûre, jamais on n'entendrait autant parler de chevaux que durant cette randonnée forcée.


Lorsqu'il arriva aux portes de Fort Bastel, Alistair nota vite un changement dans le comportement de ses hommes. Il les cru d'abord rassemblés autour d'un duel ou quelque chose dans cette veine, un prétexte pour rater l'entraînement. Ce ne serait pas la première fois que la bleusaille se trouvait une excuse pour paresser. Si Reyner était là, il les aurait forcés à récurer les latrines, pensa le Grey Warden en s'enfonçant dans le campement. Ou pire... une punition que le commandant aurait inventé spontanément et qu'Alistair serait incapable d'imaginer à sa place. Un châtiment si ignoble, si déplaisant qu'il contraindrait les recrues à se porter volontaires pour récurer les latrines. Oui. Voilà qui lui ressemblait bien.
Cette pensée étira les lèvres du blond en un sourire, jusqu'à ce que celui-ci se souvienne qu'en l'absence de Reyner, la distribution des sanctions faisait partie intégrante de ses responsabilités. Encore une tâche dont il se passerait bien. Il poussa un soupir résigné et décida, pour le moment du moins, d'ignorer tout ce remue-ménage. Qu'ils s'amusent tant qu'ils le pouvaient... cela ne saurait durer. Les tire-au-flanc verraient bientôt à quel point son couroux pouvait être terrible et inévitable. Tremblez, pauvres fous...! Vous finirez en pâtures aux griffons!
Enfin... chaque chose en son temps. Le "commandant remplaçant" accompagna d'abord sa nouvelle recrue jusqu'à l'infirmerie pour que les blessures infligées par la milice d'Amaranthine soient pansées. Il laissa Bastian sous la supervision d'un vétéran de l'ordre afin qu'une fois remis sur pieds, celui-ci ne se retrouve pas perdu en terres inconnues. Pour sa sécurité mais aussi celle du campement.
Alistair se dirigea alors sans entrain vers la salle de commandement, ayant déjà oublié depuis belle lurette ses projets de sanctions qu'il n'avait, de toute façon, jamais eu l'intention d'appliquer. Lorsqu'il aperçu Selina du coin de l’œil, il fit un grand détour pour éviter l'intendante — il éprouvait une certaine appréhension à l'idée de se faire remonter les bretelles, là, tout de suite.
Ses pas le menèrent non loin du garde-manger; et c'est en contournant l'édifice que son attention fut attirée par le capharnaüm qui s'en échappait. Il s'arrêta donc, intrigué par le bruit. Voilà qu'ils se faisaient dévaliser maintenant! Sécher l'entraînement, c'était déjà quelque chose mais lorsqu'il était question de cuisine, là, le blond se montrait particulièrement intransigeant. Il entrouvrit la porte du garde-manger, prêt à réprimander le coupable... et se retrouva aussitôt projeté à terre, renversé par l'élan de la bête qui avait sauté dans ses bras.
Quelques secondes s'écoulèrent avant qu'Alistair ne comprenne ce qui lui était tombé dessus. Entre deux coups de langue, il finit par reprendre ses esprits. Il saisit la bouille du mabari entre ses deux mains pour le reculer de son visage et regarda le large molosse à la langue pendante baver sur son uniforme.

Barkspawn...?

Murmura-t-il en reconnaissant le mabari, mais sans toutefois en croire ses yeux. Celui-ci répondit à l'annonce de son nom par un aboiement, tout en battant la queue d'un air réjoui; c'était bel et bien lui. Incroyable.
Oubliant temporairement sa fatigue, Alistair repoussa l'animal — qui l'écrasait de tout son poids et, ma foi, le monstre pesait une tonne de muscles — et entreprit de lui grattouiller les joues et l'arrière des oreilles avec une énergie renouvelée. Barkspawn s'étala à plat ventre sur le sol, présentant son bidon au Warden, et ce dernier continua de le caresser en s'écriant cette fois:

C'est toi, hein, mon gros patapouf! Ça alors! Et voilà que tu débarques sans prévenir, sans même m'envoyer une lettre. Il va falloir t'inculquer les bonnes manières, jeune homme.

Ses mains continuèrent de flatter vigoureusement le bedon du mabari pendant que son esprit s'égarait. Si Barkspawn était là, alors, son maître ne devait pas se trouver bien loin... Reyner était de retour à Fort Bastel. En vie.
La nouvelle le frappa comme un coup de tonnerre mais en guise d'éclair, ce fut une vague de soulagement qui le traversa. Comme si l'on venait de retirer un poids de ses lourdes épaules. La dernière lettre du commandant Cousland — si l'on pouvait appeler ce bout de papier ensanglanté une lettre — l'avait laissé en suspens, préoccupé et terriblement anxieux. On aurait cru lire les derniers mots d'un mourant. Depuis la réception de cette lettre, il était resté dans l'incertitude sur la situation de son ami. Attendant de ses nouvelles, en vain, il avait imaginé le pire des scénarios. Il ne pensait plus revoir Reyner. Maintenant qu'il le savait sain et sauf, il se rendait compte à quel point ne pas savoir l'avait abattu.
Perdu dans ses pensées, le Grey Warden cessa de cajoler Barkspawn, qui réclama son attention en poussant des aboiements plaintifs. Tout bien réfléchi, l'arrivée du héros de Férelden devait être la cause de l'agitation qui régnait dans les rangs depuis son retour de patrouille. Pourquoi ne l'en avait-on pas averti?
Oh. Oh... Alistair grimaça, réalisant soudain son erreur; lorsqu'aux portes du fort, Aldric lui avait annoncé avec un grand sourire que « la relève était arrivée », il n'y avait pas accordé plus d'attention que ça — préférant s'occuper de sa jeune recrue — mais celui-ci faisait référence au commandant de l'ordre. Bon sang, ce qu'il pouvait être stupide! Un soupir échappa au blond, tant il était consterné par sa propre bêtise. Il se redressa en s'époussetant les genoux. Une fois debout sur ses deux jambes, il se remit en marche, d'un pas plus précipité cette fois.


Sa démarche se fit plus pressante à mesure qu'ils approchaient de la salle de commandement. Derrière lui, Barkspawn sautillait gaiement, tenant entre ses deux mâchoires un gros gigot juteux subtilisé au garde-manger. Alistair n'avait pas eu le cœur à le lui reprendre. Rien d'étonnant à cela; le Grey Warden s'était toujours montré un peu trop conciliant avec son compagnon à quatre pattes. Il avait pris la mauvaise habitude de le nourrir dans le dos de son maître — ce que ce dernier n'était pas sans ignorer, d'ailleurs — et il lui arrivait même de lui faire la conversation, avec plus ou moins de sérieux. Bien que ces échanges puissent paraître absurdes aux yeux de son entourage, les mabari se trouvaient être des créatures particulièrement brillantes et les aboiements de Barkspawn dénotaient une certaine intelligence... mais, surtout, Alistair adorait les chiens. Et puis, à quoi bon lui enlever le pain de la bouche quand des traînées de bave et de poils recouvraient déjà l'ensemble de sa prise? Qui voudrait manger ce... truc?
Lorsque ses yeux ambrés s'arrêtèrent sur le jeune commandant, Alistair ne pu réprimer un sourire. Quel soulagement que de le retrouver indemne après tant d'incertitudes. Il se tint d'abord à l'écart du groupe, quoique bien visible, laissant à Nara le temps de s'éclipser. Un fort lien affectif les unissait; alors, ces deux-là méritaient bien un peu d'intimité pour rattraper le temps perdu. Quand la jeune femme s'éloigna, adressant à Alistair un signe de tête en passant, ce dernier lui retourna son salut. Avant de se diriger à son tour vers Reyner.
Il était prêt à l'accueillir chaleureusement, ayant même avancé la main pour lui saisir amicalement l'épaule en guise de bienvenue; mais avant qu'il n'arrive à sa hauteur, Reyner le salua d'une manière très formelle. Ce qui l'incita à revoir sa stratégie. Il se ravisa, rabattant aussitôt la main sur la tête de Barkspawn (merci à toi, fidèle mabari) pour sauver les apparences. Ni vu ni connu.

Reyner, c'est bon de te revoir.

Déclara-t-il finalement, souriant, et ne laissant rien deviner de la déception que cet accueil — un peu trop "froid" à son goût — avait pu lui apporter. Leur amitié avait-elle tant pâti de leurs absences...? Alistair décida de ne pas y accorder plus d'importance que nécessaire, mettant le manque d'enthousiasme de Reyner sur le compte de la fatigue après un long voyage. Il allait d'ailleurs s'enquérir sur son déroulement. Mais avant qu'il ne prononce un seul mot, le jeune Cousland le saisit par le bras pour l'intimer à le suivre. Perplexe, le Grey Warden lui emboîta le pas docilement, jusqu'à son bureau, où ils s'engouffrèrent tous les deux. C'est alors que Reyner évoqua la raison de leur fuite, tout en prenant place sur sa chaise. Il voulait parler du mot. Ah, le *fameux* mot. L'avait-il reçu?

Oh, tu veux dire, le mystérieux bout de papier ensanglanté, déchiré et terriblement évasif que j'ai reçu un beau matin, suivi d'aucune explication ni la moindre nouvelle pendant près de deux mois? Ce mot là?

Ses bras se croisèrent contre sa poitrine et il se tint comme un bloc devant son confrère. Il voulait des explications, à présent... et mieux valait que ses excuses soient bonnes. Oh et puis tout compte fait, non! Alistair n'en avait pas terminé avec lui. Après deux mois d'inquiétude, il était en droit de vider son sac.
Sans attendre la réponse de Reyner, le blond reprit donc sa diatribe, oubliant un court instant le respect de la hiérarchie. Car en ce qui le concernait, il ne tenait pas tête à son supérieur mais se trouvait, avant toute chose, au chevet d'un ami de longue date; quelqu'un qui lui était cher.

Et bien sûr, il m'aura fallu garder mes inquiétudes pour moi puisque je ne devais "faire confiance à personne". As-tu idée du soucis que j'ai pu me faire? Si au moins, j'avais su...

Si Alistair avait su que son commandant se portait bien, qu'il se trouvait hors de danger, il n'aurait pas passé tant de jours à se ronger les sangs.
Arrivé à cette conclusion, le Grey Warden s'arrêta net. Non. Son attitude laissait à désirer. Qu'est-ce qui lui prenait? Il n'aurait pas dû déchaîner sa hargne contre Reyner alors qu'en définitive, ses mots acerbes ne traduisaient pas ses véritables émotions. Il aurait dû exprimer son soulagement, au lieu de laisser libre cours à sa colère. Sa voix se fit plus douce lorsqu'il reprit la parole.

Je... Excuse-moi, Reyner. Je ne voulais pas m'emporter. Ces dernières semaines ont été rudes. Mais elles l'ont probablement été encore plus pour toi, et voilà que je ramène tout à moi comme si j'étais le seul à l'avoir enduré... désolé, mon ami. — Par Andrasté! Que t'est-il arrivé?

Ses yeux ambrés s'arrondirent tandis qu'il prenait conscience de l'état pitoyable dans lequel se trouvait son ami. Quelque soit l'endroit où son regard s'attardait sur son torse dénudé, de nouvelles blessures semblaient pointer le bout de leur nez. Désormais, la colère d'Alistair s'était complètement évaporée. Il commença même à éprouver de la culpabilité, le regardant avec une mine abattue.

Je savais que j'aurais dû t'accompagner.

Chuchota-t-il à mi-voix, pour lui-même plus que pour Reyner.

PROCHAIN NIV. :
Reyner Cousland
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— ARMES : Il est armé d'une très belle épée Orlésïenne et d'un bouclier comportant l'écusson des Cousland.
— AMOUREUSEMENT : En couple avec Alistair Theirin, ancien ami et frère d'arme pour qui il avait toujours éprouvé des sentiments sincères et profonds.
— O.SEXUELLE : Bisexuel.
Posté Lun 14 Aoû - 20:12
Même si Reyner ne voulait pas mettre au courant Alistair ou quique ce soit d'autre de ses blessures, il avait fini par se faire une raison : vu tout ce qu'il devait raconter à son aîné, il n'avait guère le choix. La douleur physique qu'il endurait n'était pas évidente à dissimuler et au fur et à mesure de leur discussion, cela allait forcément se faire remarquer. Jouer cartes sur table était donc plus sûr et plus sain pour eux deux.
Néanmoins, même si le jeune homme savait qu'Alistair s'était inquiété à son sujet, jamais il n'aurait pu penser que ce dernier puisse se montrer blessant. Les mots du garde raisonnaient avec une amertume et une agressivité toute nouvelle pour le héros, et alors que ses yeux étaient rivés sur ses blessures, son teint tantôt rougie par la fièvre devint pâle à l'entente des phrases de son vis à vis. Son regard se leva lentement vers Alistair qui continuait de vider son sac sur son cadet, tandis que son cœur se mit à tambouriner de manière douloureuse dans sa cage thoracique. Les idées voilées d'une couche d'épuisement doublée par les émotions, tout ce qu'il entendit ; Reyner le pris au mot, et son cerveau en amplifia même la façon dont il les perçu.

Reyner était présentement bouche bée, à regarder l'homme qu'il aimait avec une certaine désillusion. Il lui avait pourtant envoyé plusieurs missives après le fameux mot dont parlait Alistair, afin de lui communiquer qu'il allait bien. Ces missives, où étaient-elles s'il ne les avait pas reçu -bien qu'Alistair n'avait pas précisé n'avoir reçu qu'un seul courrier, cela paraissait évident vu sa réaction.
Alors que la voix de son aîné retombait dans des intonations bien plus douces et rassurantes, les émotions qui avaient submergé Reyner lui remontèrent violemment à la figure. Jamais en dix ans, le jeune homme n'avait pleuré ou montré de signe de faiblesse à quiconque, certainement pas face à Alistair. La dernière fois que cela lui était arrivé, c'était lorsque sa famille fut décimée, la nuit où le château Cousland tomba aux mains de Howe. Et pourtant, le voilà maintenant ; cet homme stoïque de nature, symbole de courage et de détermination, inspirant tant de belles chose au peuple de Thédas... Ébranlé, écroulé, des larmes roulant le long de ses joues pâles et légèrement amaigries par son périple.

Pardonne moi...  

Sa main se posa sur ses blessures encore vives et acerbes, tandis qu'un mouvement global de son corps le fit se pencher en avant ; ses yeux se fermèrent et une grimace apparut sur son visage. Les seuls mots qu'il avait sorti à son camarade étaient ceux plus haut. Outre la douleur de ses blessures, la seule réellement souffrance qu'il endurait actuellement était celle qu'Alistair lui avait déclenché par des propos qui l'avait rendu extrêmement coupable. Cela était impressionnant de voir à quel point les réactions du jeune commandant étaient différentes selon la personne d'où venait les reproches. Et encore, aurait-il été dans son état habituel qu'il n'aurait pas bronché ou même aurait tenté de prendre l'échange houleux d'un autre angle ; là, non, son cerveau refusait catégoriquement de fonctionner comme à son habitude. Et c'en était que plus horrible pour lui.

Néanmoins, ses blessures le rappelèrent à l'ordre. Il se rendit compte de cet instant de faiblesse et serra alors les dents comme pour essayer de se faire se souvenir qu'il n'était pas seul et qu'Alistair le fixait, bêtement, sans savoir ni quoi dire ni quoi faire. Sa grimace s’amplifia et il recula sa main désormais rougie par ce liquide rubis qui avait recommencé à ruisseler le long de son torse et de son ventre. Un soupir s'échappa d'entre ses lèvres et ses larmes cessèrent instantanément ; il alla d'ailleurs essuyer le reste de ces dernières d'un geste rapide et à l'aide du dos de sa main droite, la gauche saisissant le tissus préalablement sorti qui lui servirait de compresse. Alors qu'il s'occupait d'éponger ses plaies en continuant d'arborer une mine peu ravie de cet épisode physiquement douloureux, son regard vagabonda sur son côté droit. Il n'assumait pas du tout le fait de s'être mis à nu devant son compagnon de toujours, sanglots à l'appui. Ranger sa fierté était tout un art chez Reyner ; un art qu'il ne maîtrisait pas du tout.
Néanmoins, il devait faire face. Ses yeux légèrement rougis par son précédent chagrin, il fixa à nouveau Alistair, droit dans les yeux, de nouveau calme et posé comme il l'avait toujours été. Il tenta d'expliquer la situation mais ses pensées, elles, étaient encore chamboulées et sans dessus dessous... Si bien que sa phrase changea plusieurs fois de sujets.

Je n'ai pas pu faire autrement. L'histoire est longue à expliquer, je... Pardonne ma réaction, j'ai fais un voyage très difficile et... Mais, par le Créateur,  Alistair ! Comment peux-tu croire que je te ferais te soucier de mon sort pour me rire de toi ? Si j'ai agis ainsi, c'est que je n'avais pas d'autre choix, cela me semble pourtant bien évident ! Surtout après tout ce que nous avons traversé ensembles, et compte tenu des sentiments que j'éprouve pour toi-  

Ses propos étaient sortis telle une rivière en crue. Incapable de retenir le moindre de ces mots, il écarquilla les yeux en remarquant la fin de sa tirade. 《des sentiments que j'éprouve pour toi》. Il l'avait dit. Après dix longues années à feindre l'ignorance, essayer de penser à quelqu'un d'autre et accumuler quelques aventures plus ou moins positives. Il avait lâché le secret le plus lourd de toute sa chienne de vie : son amour pour son meilleur ami. Lui-même sonné qu'une telle confession, il ouvrit la bouche puis la referma, aucun son ne franchissant la barrière de ses lèvres.


The Calling of the Warden.
THE CITY OF THE DEAD ⊹ I'M SCARED OF WHAT'S INSIDE MY HEAD, WHAT'S INSIDE MY SOUL ; I FEEL LIKE I'M RUNNING BUT GETTING NOWHERE. FEAR IS SUFFOCATING ME, I CAN'T BREATHE, I FEEL LIKE I'M DROWNING, I'M SINKING DEEPER. WHITE LIGHT FADES TO RED AS I ENTER THE CITY OF THE DEAD. I FEEL IT BURNING THROUGH MY VEINS, IT'S DRIVING ME INSANE, THE FEVER IS RISING, I'M GOING UNDER.

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Posté Dim 20 Aoû - 16:53

Des larmes se pressèrent sous les cils diaphanes du jeune commandant avant de dévaler les lignes de son visage émacié. Encore livides de douleur, ses joues humides étaient traversées d'un fin filet d'argent et son dos courbé, comme s'il supportait à lui seul un lourd fardeau; cette vision serra le cœur d'Alistair, dont la culpabilité ne faisait que grandir. Il se sentait terriblement mal. Et la raison de son désarroi n'était pas difficile à deviner. Jamais, ô grand jamais, le Grey Warden n'avait vu Reyner dans un tel état de détresse. Au cours de la dernière décénie, celui-ci s'était montré plus fort qu'un roc. Il avait toujours fait preuve d'une force et d'un sang froid extraordinaires. Affrontant les obstacles qui se dressaient sur sa route sans jamais rechigner, ni montrer le moindre signe de faiblesse... certaines recrues voyaient en lui un guerrier invincible. Il était le héros de Férelden. Parfois, Alistair lui-même partageait cette impression, ayant été le témoin direct de ses exploits. Il l'avait vu pourfendre un archidémon et survivre. On oubliait bien trop facilement que derrière la légende se cachait un homme... un homme d'exception, certes, mais sensible et ébranlable.
Et voilà que, brusquement, ses barrières s'abaissaient pour le dévoiler sous un tout nouveau jour. Mais face à cette facette de Reyner qu'il découvrait pour la toute première fois, celle d'un jeune homme vulnérable, Alistair ne savait pas comment se comporter. Hésitant, il resta coi et immobile pendant un instant, estomaqué par sa propre maladresse. Il se sentait affreusement responsable. Il l'avait blessé; bon sang, quel imbécile il faisait...! Stupide, stupide Alistair!
Si le Warden regrettait amèrement ses dures paroles, il n'en ignorait pourtant pas l'origine. Ces deux mois sans nouvelles l'avaient également affecté; il était resté en suspens, mijotant dans son inquiétude. Chaque jour qui passait pesait davantage sur sa conscience tandis qu'il questionnait jusqu'à la survie de son ami. Préparer les reproches qu'il lui adresserait à son retour avait aidé Alistair à se raccrocher à un espoir illusoire: celui qu'il le reverrait un jour.

Reyner, je suis désolé. Tu n'as pas à t'excuser mon ami, il n'y a rien à pardonner. C'est moi. Je suis stupide. J'aurais du t'écouter au lieu de te reprocher quoique ce soit. Alors...

Alistair se mordit la lèvre, interrompant ses excuses à mi-chemin. Les sourcils froncés en signe de préoccupation, il posa sur Reyner un regard de chien battu. Il n'aimait pas le voir dans cette position... et bien qu'en l'occurrence, ce soit la première fois qu'il en soit témoin, c'était déjà une fois de trop à son goût.
Il se rapprocha et vint s'asseoir à ses côtés. Il aurait aimé le rassurer. Une fois encore, son bras fit un mouvement en sa direction mais se ravisa bien vite. De une, parce que le Grey Warden avait trop peur de lui faire du mal en effleurant l'une de ses nombreuses blessures. De deux... il ne saurait par où commencer, ni comment l'expliquer; mais s'ils en étaient arrivés là par sa faute, il ne voulait pas faire quoique ce soit qui vienne empirer les choses.
Il resta donc figé sur place, si proche et pourtant si distant. Pétri de remords et d'incertitudes. Un sentiment le prit aux tripes — celui de tout faire de travers — tandis qu'une petite voix moqueuse murmurait dans sa tête, applaudissant sa stupidité légendaire. Une voix qui ressemblait étrangement à celle de Morrigan. Que faire, que dire...? Alistair ne pouvait pas laisser Reyner s'imaginer qu'il se cherchait des excuses pour justifier ses paroles. Mettre de côté ses insécurités et être présent pour son ami auraient dû s'imposer comme une priorité.

J'étais mort d'inquiétude.

Conclut-il maladroitement.

Alistair retrouva le silence, observant Reyner panser ses plaies sans piper mot. Il se garda bien de prononcer le moindre commentaire à ce sujet; même si en toute franchise, il aurait préféré que son ami fasse un détour par l'infirmerie. Puis, lorsque ce dernier reprit la parole, il accueillit sa tirade avec une surprise grandissante. Que Reyner se rit de lui...? Cette idée ne lui était jamais passée par la tête! Bien sûr, en son fort intérieur, Alistair n'étant pas sans ignorer que son ami avait agit sous la contrainte. Il n'en avait jamais douté. Pas une seule seconde. En exigeant de Reyner qu'il lui fasse parvenir de ses nouvelles malgré tout, il demandait l'impossible... il ne s'était pas montré rationnel.
Toutefois, Alistair ne pouvait pas lui reprocher de l'avoir pris au mot. Les mots ont un sens et sont lourds de conséquence pour qui les entend. Les prononcer à la légère, c'était s'exposer à de dangereux malentendus. L'envie de protester restait très forte mais il s'efforça de ne pas couper la parole à Reyner et de lui laisser le temps d'évacuer tout ce qu'il avait sur le coeur. Au bout du compte, le jeune homme s'interrompit de lui-même, au beau milieu d'une phrase.
Et justement, en parlant de sens et de malentendus...! Ses derniers mots firent l'objet d'une grande confusion pour l'ex-templier. Ils sonnaient drôlement comme une confession. Non pas que celui-ci ait beaucoup d'expérience en la matière, mais bon... ce n'était pas le cas, hein...? Un mauvais choix de mots, voilà tout. Il faisait référence à leur amitié indéfectible, n'est-ce pas...?

Ah... ah.

Ses yeux ambrés cherchèrent les siens. Lorsqu'il les vit tous deux écarquillés, un air troublé sur le visage, Alistair comprit qu'il était complètement à côté de ses pompes — comme toujours — et que ces paroles avaient échappé involontairement à Reyner. Ces mots avaient un sens. Un sens qui n'était pas sujet à interprétation, visiblement. "Des sentiments que j'éprouve pour toi."

Tu veux dire... mais...

Balbutia-t-il, prenant peu à peu conscience de ce qu'il venait de se passer. Son expression avait rejoint celle de Reyner, les yeux arrondis d'étonnement. Mais il n'y avait aucun jugement dans sa voix, toujours douce et bienveillante, seule la surprise et la confusion d'un homme perdu et un peu long à la détente.

Depuis quand...?

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Reyner Cousland
Reyner Cousland
The Hero of Ferelden ⊱ Grey Warden
— PSEUDOs : Pendräagon.
— DISPONIBILITÉ RPs : ✓ Disponible
— PRÉSENCE : Présent.
— MISSIVES : 447
— DC&TC : Glorfindel Mien'Harel (+) Seth.
— PRESTIGE : 521
— PAIRING & OTP : Reylistair shipper forever.
— CRÉDITS : moi (+) noobito

— ICONE (100x100) : — NATIONALITÉ : Il est Alamarri.
— ÂGE : Reyner possède vingt-sept ans.
— PROFESSION : Commandant des Gardes de Ferelden.
— FACTION : Garde des Ombres.
— ARMES : Il est armé d'une très belle épée Orlésïenne et d'un bouclier comportant l'écusson des Cousland.
— AMOUREUSEMENT : En couple avec Alistair Theirin, ancien ami et frère d'arme pour qui il avait toujours éprouvé des sentiments sincères et profonds.
— O.SEXUELLE : Bisexuel.
Posté Dim 20 Aoû - 23:58
Lorsque Reyner était aussi vulnérable qu'il l'était actuellement, la présence d'Alistair auprès de lui en était que trop dangereuse quant à tout ce qui se cachait au fin fond du cœur enflammé du Commandant. Aurais-je dis enflammé ? Oh, non... Cet adjectif était bien trop faible pour décrire la force des sentiments qui animait tout l'être de l'Alamarri. Son cœur était un volcan. Bouillonnant à l'intérieur, inactif à l'extérieur. Car il avait toujours fait en sorte de sauver les apparences, quoi qu'il arrive. De ne pas montrer ses faiblesses, sa vulnérabilité. Si jamais son amour pour son compagnon d'arme s'ébruitait, Alistair allait être en danger. Il avait beau s'être vengé d'Howe, cet homme n'était pas le seul à vouloir mettre fin aux jours du Héros de Ferelden. Ce titre, celui de héros, était en fait à double tranchant. Il y avait la gloire, une place pour son nom dans la légende et les contes de Thédas, mais ce que l'on ne vous disait pas... C'était tout ce qui venait avec cela. Le prix à payer. Les pertes. La pression, les meurtres, les combats, les blessures, la souffrance. Tel était le destin d'un héros, tel était le destin de Reyner Cousland. Il y avait des concessions à faire, et seule Andrasté sait à quel point il en avait fait... Tout comme celle de ne jamais dire à l'homme qu'il aimait à quel point les sentiments qu'il portait pour lui étaient grands, au risque de le voir se faire tuer un beau matin en guise de vengeance envers le héros.
Œuvrer pour le bien de tous ne voulait pas dire faire uniquement de bonne chose, ou tout du moins pas pour tout le monde. Il y avait toujours une poignée de personne pour penser le total contraire de ce que vous pensiez, quand bien même le raisonnement juste et logique que vous pouviez avoir. Et sincèrement, même si Howe n'était plus de ce monde, il y avait sans aucun doute encore de ses anciens homme de main dans la nature, à vouloir se venger du Commandant de la Garde qui leur avait tout arraché —même si une vie de pillage, d'assassina et comblée par la honte d'avoir quasiment éradiqué une lignée prestigieuse descendant directement des Alamarri n'était pas vraiment reluisante —.

Lorsqu'Alistair s'était assis près de Reyner, ce dernier sentit son esprit se réjouir de cette proximité, une proximité qu'il avait longuement espéré en secret. Il essaya de rester toujours de marbre, ses yeux fixant le sol plus loin, restant stoïque. Les mots d'Alistair firent place à une question qui, sans pouvoir le contrôler, fit apparaître un rictus dans le coin droit des lèvres du héros. C'est dans un murmure, un souffle de voix rauque et mélancolique qu'il lui répondit.

D'aussi longtemps que je me souvienne.  

Et plus encore.

Comme s'il fut rappelé de nouveau à l'ordre, Reyner se redressa vivement, reculant le tissu qui avait fini d'éponger ses plaies, ces dernières calmées de leur saignement vif. Il saisit de quoi se panser, mais il s'était persuadé d'aller dans l'infirmerie aussitôt aurait-il fini de s'entretenir avec Alistair pour avoir des soins bien plus sérieux que ce petit rafistolage rapide qu'il était en train de s'administrer maladroitement. Il se racla doucement la gorge, entourant une, deux, puis trois fois sa peau de ces bandes médicinales de couleur écru.

Je vais t'expliquer ce qu'il s'est passé.  

Il attacha avec une certaine délicatesse l'extrémité de son bandage en dessous d'un autre, ses mains parfois tremblantes.

Il me semblait avoir fait part à Fort Bastel ainsi qu'à Weisshaupt que d'après l'Inquisition, les mages les auraient rejoints. Les templiers, eux, ont rejoint Corypheus pour de bon. Mais...  

Il posa doucement ses mains sur ses cuisses, tournant doucement son regard vers Alistair. Ses yeux dévièrent de chemin, fuyant celui de son ami d'enfance afin de contempler de nouveau le vide, alors qu'il remit une de ses mèches longue derrière son oreille afin de ne pas être gêné ; il se contenta finalement de fixer ses propre pieds, l'air troublé, ses sourcils se fronçant sous sa nouvelle tirade.

Ils sont différents. Comme si... Comme si le Lyrium qu'ils ingurgitaient était lui-même différent de celui qui existait déjà. Il est rouge. Comme un rubis. J'en ai trouvé des traces près de leur campement. J'ai même ramené quelques cristaux de ce fameux lyrium rouge.  

A nouveau, son regard bleu et aussi pur que du cristal transcenda le regard ambré d'Alistair. La possibilité d'admirer à nouveau le visage si apaisant de son bien aimé compagnon d'arme était source de réconfort et de sérénité pour Reyner. Même si le récit qu'il lui contait aurait pu être bien plus mélancolique, le jeune Commandant de la Garde des Ombres ne voulait pas s'attarder sur ce qu'il lui était arrivé en détail. Il allait surtout lui dire ce qui était important dans cette mésaventure : un récit qu'il allait, dès demain, être conté aux oreilles des supérieurs de la Garde afin de contacter l'Inquisition sous l'accord du chef suprême des Warden. Ils devaient passer une alliance pour le bien de tous.

Mon instinct m'a fait très bien comprendre que ce lyrium était en fait lié à la souillure et donc l'enclin. Toutefois, parti pour en récolter, je ne m'étais pas aperçu que j'étais à côté d'un groupe de Templiers. Ils m'ont attaqué par surprise et j'ai faillit y laisser ma peau. En créant diversion, Barkspawn et Bellanaris m'ont sauvé la vie. Ne jamais sous estimer les compagnons à quatre pattes.  

En revanche, tout cela n'expliquait pas pourquoi Reyner avait envoyé cette mise en garde à Alistair. Il soupira doucement, ses paupières aux longs cils de couleur cendrée se retrouvant closes.

Il se passe des choses étrange ces temps ci. Weisshaupt, l'Inquisition, et maintenant Corypheus et les Templiers... Nous ne pouvons faire confiance à personne. Jamais ma foi envers la Garde n'avait été ébranlée, mais ces derniers temps... Je me pose de plus en plus de questions. De plus, j'ai trouvé un étrange rapport sur l'un des templiers. Vraisemblablement, nous avons une taupe de cachée dans Fort Bastel. L'un des nôtres est un traître. Il redressa la tête en rouvrant les yeux, regardant Alistair. Je t'ai donc envoyé ce mot. Pour que tu saches, au plus vite, ce que tu devais faire : ne faire confiance à personne.  

Cette fois ci, Reyner s'était débridé, si bien qu'il semblait plus naturel qu'il ne l'avait jamais été en dix ans. Sa main alla saisir avec une douceur toute particulière celle d'Alistair, l'espace de quelques instants, brièvement. Peut-être que ce geste était déplacé compte tenu de la réaction du blondinet face aux sentiments qu’éprouvait son cadet pour lui, mais il n'en avait que faire. Raconter de nouveau tout cela lui rappela la sensation qu'il avait ressenti lorsqu'il était en mauvaise posture. Celle de ne jamais plus revoir l'homme qui comptait le plus pour lui. Celle d'oublier ce sourire, ces yeux au regard si touchant, et ce support qui l'aida à être aussi solide qu'un roc au fil des années. Être un héros ne se fait pas seul. Ça se fait à plusieurs. Comme Reyner le disait si bien : Il n'y a pas de héros. Il n'y a que de l'amitié.
Il lui offrit un sourire. Un sourire emprunt à la tristesse, qui disparu bien vite de ses lèvres, laissant place à cette expression si peu reconnaissable chez le Garde-Commandeur. De la tendresse.

Aussi longtemps que je serais en vie, jamais personne ne lèvera la main sur toi. C'est mon campement. Il est sous ma direction. Je suis responsable de tout ce qu'il s'y passe. Fait-moi confiance, d'accord ?  

Il lâcha alors la main d'Alistair, saisissant ses vêtements afin de se rhabiller en silence, restant interdit. Il aurait eu encore beaucoup de choses à lui dire, mais pour l'instant, il se devait d'aller à l'infirmerie au plus vite car il sentait que ses forces étaient bientôt épuisées. Ne voulant pas inquiéter plus que ça Alistair, il avait donc favorisé l'arrêt de la discussion pour ce soir.
Une fois rhabillé de la tête aux pieds, il saisit le tissus remplis de sang et se leva. Il tourna ses yeux azurs pour fixer ceux de son ami.

Résultat des courses, je pars demain. Je vais au quartier général. Weisshaupt. Je dois à tout prix les prévenir et les raisonner par rapport à l'Inquisition. Sinon, les répercutions seront sans précédents.  

Un nouveau sourire apparut sur les lèvres de Reyner. Cette fois ci encore, il n'était pas empli de joie mais d'une tristesse particulièrement touchante.

Désolé, mon ami. Encore une fois, je vais devoir m'en aller sans toi.  

Se punissait-il volontairement en mettant une distance entre lui et Alistair ? Peut-être bien, oui. En réalité, c'était la seule personne à qui il faisait autant confiance pour diriger le campement en son absence. Doucement, il se dirigea doucement vers l'entrée de la salle et, dans un dernier coup d’œil au blondinet, il lui lâcha une phrase qu'il ne pu s'empêcher de retenir.

Au fait. Tu n'as pas changé. Tu es toujours aussi beau.  

C'est en faisant dos à Alistair qu'il sortit de l'endroit en inspirant une bouffée d'air une fois à l'extérieur. Ouah. Comment pouvait-il décrire son ressenti ? Il se sentait... Libre. Léger. Libéré d'un poids, d'un secret qu'il gardait depuis bien trop longtemps. L'homme derrière la carapace d'acier avait refait surface, ce soir là. Reyner Cousland, pas le héros de Ferelden. Le jeune orphelin à la fragilité dangereuse. Celui qui avait un cœur aussi pur que la neige. Son vrai lui même, qu'il pensait ne jamais pouvoir faire revenir à la surface un jour.
C'est ainsi qu'il alla ramener Bellanaris aux écuries après l'avoir lesté de sa selle de voyage ; prenant toute ses affaires, il alla à l'infirmerie afin de se faire convenablement rafistoler, et ce dans le plus grand des calme.


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Posté Sam 26 Aoû - 12:47

Lorsqu'il trouva réponse à sa question — et Andrasté, quelle réponse! — Alistair ne sut d'abord qu'en faire. Quelles conclusions tirer de ces aveux pour le moins inattendus? Il ne s'attendait pas à de telles révélations. Tout bien réfléchi, il ne savait d'ailleurs pas à quoi il s'attendait... qu'espérait-il obtenir? Une estimation de temps? Et à combien s'éléverait-elle, alors? Un an, deux ans, peut-être plus encore? Mais pouvait-on seulement poser un chiffre sur ces choses là, sur les sentiments d'une personne...? Cela paraissait bien présomptueux de sa part et c'est pourquoi, à la seconde même où Reyner eut satisfait sa curiosité, le blond regretta d'avoir posé cette question. Si celui-ci l'aimait — comme tout semblait l'indiquer — lui, n'avait fait que remuer le couteau dans la plaie.
"D'aussi longtemps que je me souvienne." Pendant un court laps de temps, les paroles du jeune Cousland se répétèrent en boucle dans sa tête. Ces mots, il les entendait aussi clairement qu'un son de cloche, comme un puissant écho se répercutant contre les parois du bureau. Toutefois, leur signification restait nébuleuse pour son esprit engourdi; s'il en croyait ses deux oreilles, Reyner lui-même ne saurait estimer l'apparition de ses sentiments. À moins que... que ça ne soit une manière pour lui d'indiquer qu'il l'aimait depuis toujours, depuis près de dix ans...? Oui. C'était probablement le message qu'on essayait de lui transmettre. Arrivé à cette conclusion, Alistair se prit aussitôt d'intérêt pour le plafond. Ses yeux balayèrent nerveusement la voûte qui les surplombait, à la recherche d'une échappatoire. Embarrassé par sa découverte. Par les émotions si fortes, si sincères qui émanaient de son ami. Non pas qu'il considère celles-ci comme déplacées — jamais il ne se serait permis de le juger — mais parce que le Grey Warden venait de réaliser que, durant toutes ces années, et depuis si longtemps; il s'était trouvé au centre de son attention sans jamais s'en rendre compte. Comment. Comment avait-il pu ne pas s'en rendre compte?

Je suis désolé... de n'en avoir jamais pris conscience... de ne pas... ç'a dû être dur pour toi.

Murmura-t-il, tandis que son regard s'abaissait vers le sol, fixant le même point invisible que son compagnon d'arme; subissant le silence timidement imposé par deux cœurs qui se cherchaient sans se trouver — pas encore, pas tout de suite. Deux êtres tenus à distance, par la peur de se perdre pour l'un, par une inconscience doublée d'une naïveté aveugle pour l'autre.
Ignorant des efforts déployés par Reyner pour garder son amour secret, Alistair déplorait de n'avoir su les deviner plus tôt. Peut-être ne lui avait-il pas accordé suffisamment d'attention. Quel piètre observateur faisait-il... et quel piètre ami, de surcroît! Comme si blâmer son manque de discernement ne suffisait pas, il ressentait aussi une peine irraisonnée à l'idée que, si son ami avait révélé ses sentiments aussi tardivement (et par accident, qui plus est), c'était sans doute par crainte de compromettre leur amitié. N'avait-il pas confiance en eux? Un lien fort les unissait depuis leur association pendant le cinquième enclin. Ce lien ne se briserait pas aussi facilement. Il était construit pour durer.
Timidement, Alistair tourna la tête vers le principal concerné. La tristesse et la douleur éprouvées par ce dernier ne découlaient pas de blessures physiques, mais elles étaient aussi manifestes que les plaies recouvrant son torse. La peur du rejet se trouvait-elle à l'origine de sa réserve? Ça, il pouvait le comprendre. Car ces mots que Reyner ne voulait pas entendre... il ne voulait surtout pas les prononcer. Alistair ne pouvait s'y résoudre. Il tenait à trop à lui pour ça.
Avant que celui-ci ne trouve quelque chose à redire, le jeune Cousland mis un terme à la discussion en évoquant les raisons qui l'avaient conduit à envoyer le fameux parchemin, celui qui fut le point de départ de leur échange. Il accepta avec un certain soulagement le changement de sujet, trop heureux de quitter cette conversation qu'aucun des deux Warden ne paraissait maîtriser.

Bien sûr, il déchanta très vite. Tandis que se profilait le rapport du commandant Cousland, les nouvelles s'accumulèrent à grande vitesse; et elles étaient toutes plus mauvaises les unes que les autres. Il ne tarda pas à saisir la gravité de la situation. Des templiers corrompus par un mystérieux lyrium rouge? Cet ordre séculaire dont la rigueur et la loyauté n'étaient plus à démontrer — et dont il avait lui-même fait partie — avait prêté allégeance à une engeance?! S'en était pris au héros de Férelden?!? Il n'en croyait pas ses oreilles. Et voilà qu'on lui apprenait, par dessus le marché, qu'une taupe sévissait dans leurs rangs. Alors qu'Alistair voyait en chaque recrue un frère ou une sœur — des hommes et des femmes pour qui il aurait volontiers risqué sa vie — l'un d'entre eux, un Grey Warden, s'était couvert de déshonneur en les trahissant... bafouant les valeurs les plus élémentaires de la Garde. L'information était dure à encaisser.
Son visage se décomposa lentement, adoptant une pâleur inhabituelle et ses yeux s'écarquillèrent d'effroi à plusieurs reprises. Notamment quand Reyner mentionna sa confrontation avec les templiers rouges, à laquelle il ne survécut que de justesse, grâce à l'intervention de Barkspawn et Bellanaris. Alistair fut parcouru d'un long frisson. Il osait à peine imaginer les horreurs que celui-ci avait enduré durant son périple. Ou peut-être les imaginait-il trop bien. Lorsqu'une main vint recouvrir la sienne, la serrant avec tendresse, son regard s'attarda sur les bandages qui enveloppaient son torse. Il eut un nouveau pincement au coeur. Il aurait aimé être là pour lui. Pour assurer ses arrières, le préserver des obstacles et tourments de sa quête. Il aurait aimé — non, il aurait être là. Il aurait dû.
"Aussi longtemps que je serais en vie, jamais personne ne lèvera la main sur toi." Ses yeux ambrés se levèrent pour dévisager l'homme venant de prononcer ces paroles. Il pu lire sur son visage toute la tendresse que ce dernier éprouvait à son égard, tous ces mots qu'il n'oserait jamais exprimer à voix haute; mais pourquoi les lui énoncer maintenant, alors que ses émotions se manifestaient d'une façon aussi flagrante; que tous ses sentiments se bousculaient à la porte de son âme, tourbillonnant dans l'océan de ses magnifiques yeux bleu?

Reyner...

Commença-t-il d'une voix faible, presque plaintive, avant de perdre le fil de ses pensées; oubliant momentanément sa réplique. Ce n'était pourtant pas l'envie de protester qui lui manquait. En dépit de ses découvertes et des difficultés qui avaient rythmé sa vie au cours des derniers mois, son ami trouvait encore le moyen de s'inquiéter pour lui. Reyner avait le cœur sur la main. Un cœur d'or. Mais en l'état actuel, il ferait mieux de privilégier son propre bien-être. Alistair se garda toutefois de formuler cette critique: cela sonnerait très hypocrite de sa part, car il souffrait de la même propension au sacrifice.
Lorsque le jeune commandant se leva pour se revêtir avant de quitter son bureau, Alistair se surprit à regretter le contact de sa main. Sa présence le rassurait. Après une absence qui — lui semblait-il — avait duré une éternité, le sentir si proche... si accessible... c'était comme retrouver la pièce centrale d'un puzzle complexe, mais incomplet, dont il ne connaissait pas encore la résultante. Alors que les pièces s'assemblaient progressivement, l'oeuvre se dévoilait. C'était un portrait chaleureux, une mélodie familière; c'était un jeu de patience qui, une fois résolu, dissiperait toute confusion et permettrait aux deux Grey Warden de poser un regard nouveau sur leur relation. Enfin... à Alistair, surtout.
Mais voilà que Reyner lui échappait, à nouveau.
Alistair le regarda s'éloigner. Ses lèvres s'entrouvrirent pendant qu'il cherchait les mots pour le retenir, mais aucun son ne s'échappa de sa gorge. Il ne savait que faire. Il se sentait perdu, empêtré dans un brouillard épais et sans issue... d'où lui venait cette curieuse sensation? Ce trouble dans lequel il plongeait tout à coup? "Au fait. Tu n'as pas changé. Tu es toujours aussi beau."
Lorsque ses yeux se posèrent sur Reyner, celui-ci lui tournait désormais le dos. Alistair le vit franchir le pas de la porte, laissant derrière lui un vide impossible à combler; il se leva et, debout au milieu de cette pièce étrangement déserte, se remémora les dernières paroles de son ami. S'il n'avait pas changé d'un poil, son compagnon d'arme, quant à lui, paraissait différent. Ses cheveux cendrés avaient poussé — ce n'était peut-être qu'un détail anodin mais aux yeux du Grey Warden, ce changement lui allait merveilleusement bien.


Il avait besoin d'air.

Une fois hors de la pièce, Alistair ne chercha pas à rattraper Reyner; de toute manière, il ne serait pas parvenu à s'exprimer clairement... le brouillard qui le troublait depuis ne s'était toujours pas dissipé. Il restait confus et hésitant.
Pendant un temps indéterminé, celui-ci vagabonda à travers le campement. Il marchait pour se vider la tête, sans but ni destination précise — espérant qu'un peu d'air frais viendrait éclaircir ses esprits. Ignorant les quelques gardes qui croisaient son chemin, il s'égara d'abord dans les couloirs de Fort Bastel avant de rejoindre le terrain d'entraînement — vide, à cette heure-ci — où il entreprit de ramasser les flèches oubliées par des archers un peu trop pressés d'en finir avec leurs exercices. Une tâche incombant d'ordinaire aux novices de l'ordre, mais qu'importe; aussi pénible soit-elle, le blond ne se plaindrait pas de cette corvée. Il avait grand besoin d'une distraction.
Alistair prit tout son temps. En parfait modèle d'inefficacité, il fit durer sa tâche aussi longuement que possible, ramassant les carreaux un à un pour ensuite les ramener aux râteliers d'armes dans une succession d'allers-retours inutiles. Toutefois, aussi indisciplinées et paresseuses soient-elles, les recrues n'avaient pas laissé suffisamment de munitions derrière elles pour l'occuper plus de cinq minutes. Le Warden se retrouva donc très vite avec la dernière flèche entre les mains, qu'il fit négligemment tournoyer entre ses doigts tandis que ses yeux ambrés suivaient la rotation de la pointe d'acier. Ils ne restèrent captivés par son mouvement qu'une fraction de seconde, guère plus... Alistair finit par s'en désintéresser et ses pensées retournèrent naturellement vers Reyner.
"Tu es toujours aussi beau" lui avait-il murmuré avant de prendre la fuite. Voilà un compliment que le blond n'entendait pas tous les jours...! De la bouche du jeune commandant, c'était encore plus surprenant.
Tandis que ses joues s'empourpraient, Alistair se félicita intérieurement d'avoir su garder sa contenance dans une telle situation — si l'on pouvait qualifier sa pseudo-paralysie de "contenance" — certes, il ne s'était pas montré très réactif mais ç'aurait pu être bien pire. Il s'en était plutôt bien tiré, non?

Il aurait pu, entre autres, rougir comme une pivoine, trembler sous le coup de l'émotion ou laisser s'échapper une flatterie involontaire; par exemple, que ses cheveux longs lui plaisaient ou qu'il lui avait terriblement manqué. Ce qui était vrai, bien entendu, mais de telles déclarations semblaient risquées, sujettes à une mauvaise interprétation; Reyner aurait pu faire fausse route et croire qu'ils partageaient les mêmes sentiments. Qu'il l'aimait, lui aussi.
Mais n'était-ce pas le cas...? N'était-ce pas ce qu'il ressentait réellement?
Arrivé à cette conclusion, le reste de son visage s'embrasa. Ses oreilles prirent une teinte rose vif. Tout à coup, tout paraissait beaucoup plus clair dans la tête du blond. Comme s'il venait d'acquérir la dernière pièce du puzzle... il pouvait les voir, à présent. Le portrait. La mélodie. Il aimait Reyner.
Enfin, Alistair quitta le terrain d'entraînement où il se prélassait depuis dieu sait combien de temps. Il traversa les jardins somptueux de Fort Bastel, parcourut ses remparts avec la flegme d'un somnambule... jusqu'à se retrouver nez-à-nez avec une porte d'apparence familière — celle des quartiers du commandant Cousland. Sans qu'il n'en prenne conscience, ses pas l'avaient guidé jusqu'à sa chambre. Ah... ah. Alistair se tint bêtement là, dressé comme un piquet. Un filet de lumière s'échappait de l'embrasure de la porte.
Son poing s'abattit nerveusement contre le panneau en bois. Lorsque Reyner lui fit signe d'entrer, il s'engouffra aussitôt à l'intérieur de ses quartiers, sans réfléchir une seule seconde à ce qui l'amenait en ces lieux. Mais quand le jeune homme se retrouva dans son champ de vision, la bulle éclata; Alistair revint brusquement à la réalité. Sans accorder le moindre regard aux alentours, au flamboiement des torches mourantes et aux meubles délaissés pendant près d'un an, il reporta immédiatement son regard sur son ami. Après un moment d'hésitation, sa langue finit par se délier. Il y avait tant à dire...

Reyner, je sais que la situation est urgente, d'autant plus si nous avons des éléments ennemis dans nos rangs.

Déclara-t-il avec détermination, avant de se rendre compte qu'il tenait toujours dans sa main droite la flèche en acier — Alistair la balança sur une table d'un air gêné, avant de reprendre comme si de rien n'était:

Mais tu ne peux pas repartir dès maintenant, et seul! Par le Créateur, Rey, regarde toi! L'état dans lequel tu es... tu vas te tuer. Et si l'ordre est en péril, et que le lyrium dont tu m'as parlé se répand dans Thédas... on aura jamais eu autant besoin de toi que maintenant. En vie.

Il ne voulait pas que Reyner parte.
Il ne voulait pas qu'il parte.

Reste au campement. Prend le temps de te remettre de tes blessures. Envoie quelqu'un d'autre porter le message, tu pourras reprendre la route plus tard s'il le faut... on devrait bien réussir à dénicher au moins une personne de confiance parmi nos recrues, non? Nara, peut-être?

Alors qu'il faisait de son mieux pour le retenir, réunissant ces arguments qui — il le savait — ne suffiraient pas à le convaincre, cette tête de mule, Alistair s'en était peu à peu rapproché. Il ne s'attendait pas à ce que Reyner capitule. Celui-ci tenterait probablement de le rassurer, avant d'insister sur la nécessité de se rendre en personne à leurs quartiers généraux... probablement. Il n'aurait qu'à l'écouter pour en obtenir confirmation, mais... à l'heure actuelle, la voix de Reyner lui semblait étrangement lointaine. Il l'entendait à peine, étouffée par les pulsations de son cœur qui battait à tout rompre.
Alistair avait cessé de réfléchir, d'essayer de comprendre; son bras droit se leva lentement, frôlant de près la joue de Reyner pour saisir, avec délicatesse, une mèche de ses fins cheveux blancs. Il la caressa du bout des doigts avant de la remettre en place. Puis, ses mains se posèrent doucement de chaque côté du visage de l'homme qui lui faisait face... C'est alors que, sans plus attendre, il déposa ses lèvres contre les siennes et l'embrassa tendrement.

PROCHAIN NIV. :
Reyner Cousland
Reyner Cousland
The Hero of Ferelden ⊱ Grey Warden
— PSEUDOs : Pendräagon.
— DISPONIBILITÉ RPs : ✓ Disponible
— PRÉSENCE : Présent.
— MISSIVES : 447
— DC&TC : Glorfindel Mien'Harel (+) Seth.
— PRESTIGE : 521
— PAIRING & OTP : Reylistair shipper forever.
— CRÉDITS : moi (+) noobito

— ICONE (100x100) : — NATIONALITÉ : Il est Alamarri.
— ÂGE : Reyner possède vingt-sept ans.
— PROFESSION : Commandant des Gardes de Ferelden.
— FACTION : Garde des Ombres.
— ARMES : Il est armé d'une très belle épée Orlésïenne et d'un bouclier comportant l'écusson des Cousland.
— AMOUREUSEMENT : En couple avec Alistair Theirin, ancien ami et frère d'arme pour qui il avait toujours éprouvé des sentiments sincères et profonds.
— O.SEXUELLE : Bisexuel.
Posté Dim 27 Aoû - 4:50
Je ne suis qu'un pauvre fou.

Pourquoi maintenant. Pourquoi comme cela. Pourquoi moi, Andrasté, pourquoi ? Comment avais-je pu me laisser bêtement avoir par ce contre quoi je me protégeais depuis des années ? Mais plus encore : qu'avais-je espéré... ? Bien entendu qu'il ne t'aime pas, Reyner. Tu es un homme, et qui plus est, son commandant. Son meilleur ami. Son compagnon d'arme. Je n'arrive pas à croire que je puisse avoir été assez stupide pour pouvoir une fois de plus me coincer dans une impasse émotionnelle. Et tous ces compliments... Bon sang. Non, non, non ! Je suis tout bonnement ridicule.
Alors que je marchais vers l'infirmerie, je me rendais peu à peu compte de la bombe émotionnelle que j'avais lâché plus tôt. Je me retrouvais totalement dépassé par tous les événements, le visage à l'allure sévère et le regard la plupart du temps fixe ; le garde qui s'occupait de rafistoler les gars blessés du campement n'osa même pas me demander comment mon voyage s'était déroulé, et il faisait bien.
Ma plaie au niveau de mon torse s'était calmée, mais me lançait de temps en temps. La seule chose qui m'avait réellement fait du mal lorsque j'étais dans cette altercation fut d'apprendre qu'un traître rodait parmi nous. Je m'étais donné corps et âme pour reconstruire la Garde des Ombres en Ferelden sur des bases seines ; travaillant du soir au matin, ne me reposant jamais, passant en revue la moindre chose suspecte. Il suffisait que je m'absente et voilà que tout déraillait comme jamais. Dorénavant, la guerre nous guettais, et j'étais le seul à pouvoir en informer les hauts dirigeants de notre ordre. Encore une fois, je me retrouvais écrasé par le poids de mes priorités.

Je pouvais sentir le froid de dehors s'engouffrer dans l'infirmerie, faisant frémir ma peau nue. Je tenais dans ma main un verre remplis d'une concoction médicinale telle que je me souvenais lorsque j'étais enfant : quelque chose qui apaisait les douleurs. Le goût de cette mixture ne m'avait jamais plu, aussi je préférais attendre un peu avant de l'ingurgiter. L'infirmier s'occupait de mon cas alors que mes pensées tournoyaient encore et encore au sein de ma tête, tel une valse infernale : si je ne m'empêchais pas de réfléchir, j'allais bientôt atteindre un stade de non retour. Mais malheureusement... Il n'y avait pas que cela qui accablait mon esprit. Depuis plusieurs semaines, mes rêves s'avéraient être des cauchemars aussi noirs que de la suie. Lourds, étouffants, m'arrachant des douleurs physiques encore nouvelles pour moi. Je pouvais entendre une musique, cette musique, qui me chantait avec une douceur désinvolte mon départ aux enfers : l'appel.
Une rage incroyablement virulente me saisit les tripes alors que mes paupières se plissèrent, sourcils à l'appui. Duncan. Pourquoi ne m'as-tu rien dit ? Pourquoi m'avoir tout cacher comme tu l'as fait ? Avais-tu peur que nous prenions la fuite en apprenant qu'un jour ou l'autre, nous serions tous condamné à aller nous suicider dans les tréfonds, arme à la main, cris de guerre raisonnants comme les échos de nos anciennes batailles dans ces mines désolées ? Nous méritions la vérité. Elle nous était due ! Maudit sois-tu, Duncan. Maudit soit le secret de la Garde des Ombres, nous condamnant à cause du sang des engeances. Cela faisait de moi, désormais, un homme en sursis. Un homme en sursis avec la vie.

Commandant... ? Votre main...

Un souffle saccadé sortit de ma bouche tandis que la voix de l'infirmier m'arracha une reprise de conscience forcée. Mes yeux s'ouvrirent en grand tandis que je contemplais ce qui se dessinait plus bas : ma main, sanglante, enduis du liquide curatif tantôt dans son récipient qui coulait jusque sur mes bottes, salissant mon pantalon et le sol de la pièce. Je venais de briser le verre sans m'en rendre compte. Certains morceaux s'étaient logés dans ma chaire, et réalisant enfin cela, je pouvais dorénavant sentir une vive douleur me saisir la paume de la main.

...  

A en juger l'expression totalement alarmée de mon soigneur à peine plus loin que moi — ses mains étaient encore posées sur mon torse, l'une d'entre elles ayant un linge imbibé d'un alcool fort surement pour désinfecter mes blessures —, je l'inquiétais. Il était vrai que... Je m'inquiétais moi aussi de mon propre état, dernièrement... J'avais l’impressionner de dériver, emporté par les obstacles qui se forgeaient depuis toujours sur mon chemin... Comme si mon corps, épuisé par ces années de tiraillement, me faisais savoir qu'il était finalement venu au bout. A la toute fin. Ma fin.
Secouant subitement la tête, je me redressais, incitant le guérisseur à se reculer en même temps que moi. C'est avec une expression fermée mais hébétée que je grimaçais en regardant ailleurs, finissant par plonger mon regard dans le marron des yeux de mon vis à vis.

Ce n'est rien. Ne t'occupe pas de ça, je ramasserais. Tu as bientôt fini ?
Oh, non, je le ferais Commandant Cousland, ce n'est rien je vous l'assure !, me déclara t-il en rinçant le linge qu'il tenait dans sa main, un sourire étirant ses lèvres. Je n'ai plus qu'à bander le tout, et je m'occuperais de votre main du coup. Vous pourrez bientôt aller vous reposer de votre voyage.  


Me reposer... Ah. Il est vrai que je n'avais pas la notion de repos. Cela se lisait sur mon visage, des cernes se faisant souvent évidentes en dessous de mes yeux bleus ; on ne pouvait pas les manquer. Alors que je retirais manuellement quelques un des éclats de verre toujours présents dans ma peau, je m'arrêtais un petit moment afin de laisser Galaad me bander le torse, une partie du ventre, laissant la bande de soin revenir sur l'une de mes épaules. Quelle ironie, de nouvelles cicatrices ornaient mon corps désormais : comme si je n'en avais pas déjà suffisamment comme ça.
Lorsque Galaad eut terminé, il s'occupa finalement de ma main : il me la désinfecta en un rien de temps, retirant les derniers morceaux de verre avant de l'entourer à son tour de bandes curatives.

Voilà, Commandant. Vous pouvez y aller. Prenez soin de vous et surtout : ménagez vous !
Oui. J'y veillerais. Merci encore.


Me levant doucement, je lui accordais alors un mouvement de tête en guise de remerciement supplémentaire. Je tournais finalement les talons afin de sortir de cet endroit glacial, me mettant en quête de mes appartements privés afin de me retrouver enfin seul.

✶✶✶

Mes yeux observaient la flamme de ma bougie danser avec une grâce toute particulière, alors que la plume que je tenais doucement dans ma main tournoyait entre mes doigts. L'encre au bout de cet outil calligraphique avait eu le temps de sécher tant mes mots ne venaient pas d'eux même ; je n'avais pas écris une seule lettre sur cette missive urgente qui devait partir demain à l'aube. Un soupir brisa le silence de ma chambre, et c'est avec un certain dégoût que je la laissais tomber contre le parchemin encore neuf et qui n'attendait que moi. Ma tête était vide. Vide de toute chose, si bien que je me surpris à ressentir une fatigue inhabituelle me saisir tout le long du corps.

Mes paupières s'ouvrirent à mesure qu'une mélodie se rapprochait lentement de moi. Je me redressais, regardant à ma droite puis à ma gauche, comme alerté par quelque chose de terrifiant ; elle continuait de venir vers moi, m'annonçant mon heure. Non, je ne voulais plus l'entendre. Non !
Des éclairs, comme des flash aveuglants traversaient mes rétines : je revoyais l'archidémon, celui que j'avais pourfendu ce jour fatidique dont les glas avaient sonné la fin du cinquième enclin ; je lui faisais face tandis qu'il me fixait, son souffle chaud et putride caressant ma peau de manière désagréable, comme si cette dernière allait fondre à cause de ce contact révulsant. Il était là. Il me parlait, dans une langue dont je ne pouvais déchiffrer un seul mot : les engeances l'entourait, me dévisageant, et je discernais alors des rire moqueurs qui s'élevaient dans cet endroit hors du temps et de l'espace.
La mélodie m'écrasait, assourdissante et opprimante, m'empêchant de respirer au point de m'en faire ressentir l'asphyxie. Comme étouffé, je me noyais alors qu'aucun flots ne me faisait couler. Mon cœur, implosant dans mon torse, m'arracha un cri de douleur.


Ils t’appellent. Ils te cherchent. Dans les tréfonds, ils t'attendent.
Héros,
Tu ne seras bientôt plus qu'un souvenir.



Mon cri s'arrêta alors, et je m'étais relevé avec une telle violence que ma chaise en subit les conséquences, tombant en arrière tandis que je chancelais au milieu de la pièce, perdu, affolé, apeuré.
La sueur perlait le long de mon front, mes yeux essayant désespérément de comprendre d'où venait la mélodie de mes pire cauchemars. Une colère remonta instantanément en moi, bouillonnante et dévastatrice ; une colère comme je n'en avais jamais éprouvé auparavant. Mon visage tantôt crispé arbora une grimace de douleur et, ne pouvant me contrôler, je me tournais finalement vers la missive, un hurlement sortant du plus profond de ma gorge brisant le silence de la pièce, pareil à la foudre fendant le ciel. J'envoyais alors valser tout ce qui se trouvais sur mon bureau, un nuage de poussière qui s'était accumulé durant un an suivant mon geste. Mon sang battant si fort dans mes veines que j'eu presque l'impression de n'entendre plus que ce dernier, à la merci de mon propre corps.
Je me pris la tête dans les mains, reculant avec un pas encore chancelant tandis que mon corps entier tremblait à cause de ces assauts violents dont l'appel m'accablait, la chanson continuant en boucle dans mes oreilles, me narguant, me riant au nez, se moquant de ma misérable existence. Regardez-le. Regardez le héros. Regardez-le, priant les dieux d'arrêter son supplice, regardez le s'agenouiller pour supplier qu'on le libère de cette insanité. Regardez le s'effondrer, bouclier fracassé, épée brisée, l'âme transpercée par la réalité. Regardez cet orphelin, victime de son funeste destin, condamné à souffrir. Reyner Cousland, le héros déchu de Ferelden.

ÇA SUFFIT !  

Mon visage se releva, fixant alors le plafond comme pour essayer d’apercevoir le ciel malgré le fait qu'il m'était caché, ma haine visible sur chacun des traits de mon visage comme elle ne l'avait jamais été. Mes poings se serrèrent avec une telle force que mes blessures me tiraillèrent, le corps crispé par toutes ces émotions qui tourbillonnaient dans ma tête, me rendant presque fou.

DUNCAN, JE TE HAIS ! Soit maudit, maudit d'avoir emporté dans ta tombe le secret du pire de tous les fardeaux qui puisse exister sur terre ! Après TOUT ce que j'ai fais, comment peux-tu me faire ça, comment peux-tu me poignarder dans le dos sans même encore exister ?!  

Je contemplais désormais mes affaires au sol, l'air interdit, alors que mes lèvres entre-ouvertes démontraient ma stupeur. Qu'avais-je fait ? Certaines de mes possessions s'étaient brisées sous la violence de mon geste, le reste ayant simplement roulé au sol. Seule la bougie était encore posée sur mon bureau, continuant de brûler de manière chaleureuse, agrémentant la pièce d'une lumière vive, bien que cela la tamisait.
Je reprenais peu à peu conscience, tandis que la mélodie s'en était allé, me laissant seul avec mon affliction.

Me forçant à rester stoïque face à tout cela, je commençais à me diriger vers mes fournitures qui reposaient contre le plancher. Mon regard parcourait d'un air morne l’amas de feuilles, accessoires de calligraphie, rapports et objets en tout genre... Jusqu'à tomber nez à nez avec un artefact qui m'arracha littéralement le cœur. Avec hésitation, ma main se tendit doucement vers ce dernier afin de le saisir avec une délicatesse toute particulière. La statuette que j'avais acheté à Alistair durant mon voyage... La statuette que j'avais repeinte pour qu'elle arbore l'effigie de Duncan...
Mes yeux se voilèrent rapidement tandis que mon genoux se posa un instant au sol, contemplant ce simple objet taillé dans le bois — qu'on aurait presque pu étiqueté comme étant pour enfant — dans mes mains, les lèvres tremblantes sous ce revirement de situation plus que troublant. Alors que je me questionnais sur l'authenticité de mon envie d'offrir ce présent à Alistair, mes doigts se resserrèrent d'eux même autour de lui. J'y avait consacré tant de temps... Et y avait mis tant de ferveur, tant de coeur.

Quand j'entendis quelqu'un frapper à ma porte, ma tête se redressa presque violemment. Qui ? Pourquoi ? A cette heure là, qui plus est ? Je n'étais pas du tout d'humeur pour jouer les Commandant, pas après tout ce à quoi je venais de me confronter. Toutefois, un infime espoir, une folie brillant dans mes yeux me poussait à croire que, peut-être — faites cela soit le cas —, la personne se tenant derrière la porte était mon compagnon de toujours... Mon Alistair.
Je me redressais et poussa par la suite les objets avachis sur le sol et ce le plus rapidement possible afin de les camoufler sous le bureau, gardant l'effigie de bois dans ma main.

Entrez.  

J'essayais de reprendre contenance, mais mes yeux ne pouvaient trahir à quel point je me sentais misérable.
Alors que je fixais la porte qui s'ouvrait finalement, elle laissa place à un véritable miracle, si bien que j'en écarquillais soudainement les yeux. Alistair était venu. Il avait eu l'envie de me voir, malgré tout ce que j'avais pu lui dire il y a quelques heures plus tôt. Le traque saisit mon estomac, jusqu'à ce que la curiosité vienne me titiller l'esprit. Pourquoi était-il ici ? Moi qui le connaissait si bien, j'aurais pu jurer que quelque chose le taraudait vu l'expression qu'il arborait sur son visage. En toute connaissance de cause... Il était surement venu me raisonner quant à mon départ improvisé et qui, je devais l'avouer, était plutôt précipité.
Je le regardais tout simplement venir à moi, tandis qu'il commença à — effectivement — tenter de me persuader de changer mes plans. J'aurais voulu. Oh bon sang, que j'aurais voulu rester auprès de lui après tout ce temps loin de sa précieuse compagnie. Mais je ne pouvais pas, et il le savait très bien. En revanche, le voir faire preuve d'une telle détermination à ce que je reste à Fort Bastiel pour prendre soin de moi me réchauffa le cœur comme je ne pensais pas pouvoir le sentir ce soir là. Depuis quand prenait-il soin de ma personne, comme ça ? Je ne voulais même pas savoir. Il le faisait, et c'était tout ce qui comptait à mes yeux actuellement.

Alistair... Je comprends ce que tu me dis. Je l'entends. Mais je ne peux pas accéder à ta requête. Le destin de Fort Bastiel dépend de ma rapidité sur cette affaire, je ne peux laisser traîner les choses indéfiniment et...  

Alors que mes mots s'élevaient dans les airs, je le voyais continuer sa course jusqu'à moi. Bientôt, ma gorge se noua, m'empêchant de continuer de prononcer ce que j'étais en train de lui dire. Il était là. Moi aussi. Nous étions face à face, et nos regards se croisaient alors comme jamais ils ne s'étaient jamais croisés auparavant. Alors que mes yeux se voilaient lentement de larmes infimes et indétectables qui étaient synonyme d'espoir semblé perdu à tout jamais, je continuais de l'admirer, profitant d'un moment qu'il ne nous était jamais encore arrivé de partager. J'osais à peine y croire, et pourtant...
Sa main, délicate et précise, saisit l'une de mes mèches cendrée entre deux de ses doigts. Il caressa cette dernière en prenant un temps qui me sembla une éternité. Plus ses mouvements progressaient, plus je me perdais dans un océan d'émotion qui m'emportait au loin, vers les contrées du désir ; il me la replaça alors derrière l'oreille, ne me lâchant pas du regard. J'étais impuissant, démunis : perdu dans ces yeux ambrés, absorbé par la personne en face de moi. Ses mains s'étaient levées. Il me saisissait les joues, d'une douceur qui me pinça le cœur... Et réalisa l'un de mes rêve les plus fou. L'un de mes espoirs les plus vains.

Nos lèvres se rencontrèrent enfin. Après dix ans, nous en étions enfin arrivé là. J'avais envie d'hurler de joie. De sortir de la pièce et de courir aussi vite que je le pouvais afin de chanter mon euphorie à quiconque croisait mon chemin. Comment vouliez-vous que je place des mots sur ce que je ressentais actuellement ? Il n'y avait rien au monde qui pouvait exprimer tout ce qui se bousculait en moi. Désir, envie, passion, ivresse, gisement... Bonheur. Enfin. Enfin je goûtais à celle ci. Enfin...
Ses lèvres me semblaient aussi douce que de la soie. Les miennes en revanche, tremblaient encore l'espace d'un instant tant l'émotion était à son comble. Mais aussi désarmé que je semblais, debout, face à lui, ne bougeant pas d'un seul centimètre : je laissais enfin ce qui grondait en moi depuis tant d'années s'extérioriser sans que je ne puisse être maître de mes actes.
Mes mains se levèrent, l'une lâchant le petit soldat de bois pour saisir avec poigne la nuque d'Alistair, tandis que l'autre se posa sagement sur sa taille, l'agrippant un instant. J'étais insatisfait de son emplacement. Non, je voulais le toucher, encore et encore : Je la laissais alors glisser le long de son dos pour m'agripper à ce dernier, mon corps se rapprochant doucement de celui d'Alistair afin de se caler contre le sien, quémandent de sa présence. Ce baiser, si doux et si pur, je le prolongeais, le changeant progressivement en un échange bien plus enflammé. Langoureux, passionnel, fougueux, ardent... Il m'en fallait plus. Toujours plus.

Guidé par mon instinct et mes émotions qui tous deux reprenaient le dessus de ma raison, je le poussais alors grâce au poids de mon corps et ce sans arrêter pour rien au monde ce que j'étais en train de faire. Lorsque je l'avais enfin plaqué contre le mur de pierre derrière nous, pris au piège entre ce dernier et mon corps, ma main qui était tantôt sur sa nuque alla se nicher dans la chevelure du blond, saisissant cette dernière comme pour ne plus jamais me séparer de lui. Ce baiser dura le plus longtemps qu'il nous l'était permis, alors que je reprenais ma respiration entre deux mouvements de tête vers la gauche ou la droite, guidé par cette passion fougueuse.
Quand finalement, nos deux visages se reculèrent, je rouvris mes yeux afin d'admirer l'homme en face de moi, reprenant mon souffle par intermittence tant j'eu du mal à retrouver un rythme de respiration normal. Un sourire étirait mes lèvres ; un sourire que jamais je ne pensais pouvoir faire apparaître à nouveau sur mon visage. Je l'aimais. Mon dieu, ce que je l'aimais. Alistair, je t'aime.
Je me mordais la lèvre, cherchant quoi dire en mon fort intérieur. Certes, le geste qu'avait eu le blond à mon égare voulait en dire long, mais... J'étais désireux d'en apprendre plus encore. Je voulais qu'il mette des mots sur ses actes. je voulais quelque chose d'aussi concret que ce qu'il venait de m'offrir. Semblant reprendre de nouveau mes esprits, j’humidifiais alors mes lèvres à l'aide de ma langue, tandis que ma main gauche qui était bandée à cause du verre que j'avais brisé plus tôt dans la soirée alla s'engouffrer dans ma chevelure afin de la faire revenir en arrière, mes mèches aussi blanche que la neige retombant d'une fluidité et d'une souplesse voluptueuse contre mon visage.

J'ai quelque chose pour toi...  

Je faisais alors volte face, retournant vers la position où nous étions au départ. Me penchant rapidement, je saisis le petit soldat de bois afin de me redresser. Mes pas me ramenèrent finalement vers Alistair — j'étais heureux de voir qu’il n’avait pas bougé de là où je l'avais amené —, et je me postais à nouveau là où j'avais été. Mes yeux regardèrent ce que je tenais dans la main un instant, me remémorant ce que l'appel m'avait fait subir ; dans un frisson, je relevais mes yeux d'un bleu transcendant vers ceux d'Alistair, déposant délicatement la statuette au creux de la main du garde.

Durant mon voyage... Je suis arrivé dans un village. Il y avait un vendeur de statuettes. Je me suis souvenu à quel point tu aimais ça, et... Hé bien, j'en ai acheté une, ainsi que quelques pinceaux. j'observais avec attention l'expression de l'homme que j'aimais plus que tout au monde, avant de reprendre mes explications quant à ce cadeau qui était à l'effigie d'un homme que nous avions tous deux connus. J'ai passé un certain moment à la travailler et... Je sais à quel point tu aimais Duncan... Alors... Je te l'ai fais. Pour qu'il ne te quitte plus jamais.  

Mes paroles n'affichaient pas de sourire, car j'étais encore blessé de cette trahison faite à l'encontre de tout Garde en ce monde. Néanmoins, je voulais qu'Alistair garde à jamais un souvenir de la personne qu'il avait considéré comme son père. J'aurais aimé, moi aussi, garder quelque chose de mon défunt paternel... Si seulement j'avais pu.
J'appuyais finalement un sourire à tout cela. Un sourire qui n'avait rien à voir avec ce que je lui avais offert : un sourire qui rayonnait d'espoir. J'osais alors, enfin lui dire ce que j'avais sur le cœur, ces deux mots scellés mais enfin graciés de leur emprisonnement que j'avais jugé jusqu'à ce jour infini.

Je t'aime, Alistair. Je t'ai toujours aimé.  


The Calling of the Warden.
THE CITY OF THE DEAD ⊹ I'M SCARED OF WHAT'S INSIDE MY HEAD, WHAT'S INSIDE MY SOUL ; I FEEL LIKE I'M RUNNING BUT GETTING NOWHERE. FEAR IS SUFFOCATING ME, I CAN'T BREATHE, I FEEL LIKE I'M DROWNING, I'M SINKING DEEPER. WHITE LIGHT FADES TO RED AS I ENTER THE CITY OF THE DEAD. I FEEL IT BURNING THROUGH MY VEINS, IT'S DRIVING ME INSANE, THE FEVER IS RISING, I'M GOING UNDER.

PROCHAIN NIV. :
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Posté Lun 11 Sep - 20:49

Les lèvres de Reyner se pressèrent contre les siennes. D'abord tremblantes, puis affamées. Morsures ardentes et indigentes, elles gagnèrent en puissance et se firent de plus en plus entreprenantes; attisées par une promesse à peine formulée, de passion et d'intimité — impatientes, elles intensifièrent la force du baiser jusqu'à en prendre le contrôle — désireuses de prolonger ce moment de pur bonheur, celui dont elles se languissaient depuis tant d'années.
Cette proximité ne laissa pas Alistair indifférent. Là où s'égaraient les mains du commandant, son corps s'embrasait. Elles laissaient comme une empreinte sur leur passage. Une traînée d'un feu glacial qui le consumait tout en lui délivrant de délicieux frissons. Sa peau gardait mémoire de leurs caresses et quand leurs mouvements s'interrompirent pour l'agripper fermement, le blond regretta de ne les avoir subies plus longtemps... de n'avoir pu apprécier, quelques instants encore, leurs effleurements clandestins contre son échine. Mais si les doigts de Reyner avaient cessé de parcourir son corps brûlant, les sentir s'y cramponner avec poigne était une sensation tout aussi, sinon plus grisante encore.
Le jeune homme l'emporta tel un ouragan. Imposant son propre rythme à leurs embrassades, une nouvelle cadence qui les tint longuement en haleine. Peu à peu, le baiser timidement amorcé par Alistair se changea en échange passionné auquel ce dernier finit par s'abandonner complètement. Il se lança éperdu dans cette danse exaltée, répondant aux multiples sollicitations de Reyner... oubliant presque d'en reprendre son souffle. Il ne saurait résister à son emprise; chaque attention, chaque effleurement de leurs lèvres moites qui se hâtaient les unes contre les autres dans la précipitation; chaque pression des mains bandées qui l'écrasaient — resserrant graduellement leur étreinte — le rendaient un peu plus fou de lui. Il se sentait glisser. Perdre pieds. Perdre la raison, aussi. C'était peut-être le manque d'oxygène, à moins que son désir grandissant ne lui fasse tourner la tête. Une chose était sûre: plus ils restaient en contact, plus il avait envie de lui. D'effleurer du bout des doigts sa peau et ses cheveux cendrés.

Alistair, entraîné par la fougue impétueuse de cet homme qui lui faisait perdre tous ses moyens, se retrouva bientôt acculé contre le mur de la chambre. Alors que leurs bouches continuaient de se chercher désespérément en faisant durer autant que possible ce fiévreux face-à-face, celui-ci pouvait sentir le relief de la façade contre son dos. La fraîcheur des pierres contre sa peau ardente fut un bienfait salvateur pour lui tant il bouillonnait de l'intérieur. Sa nuque était si brûlante qu'il s'imagina fondre l'espace d'un instant, se liquéfiant sous l'effet de la chaleur pour disparaître entre les rainures des pavés... glissant des doigts du commandant ou s'évaporant dans les airs, dans un nuage de fumée.
Prisonnier du corps qui le pressait farouchement contre la cloison, le blond ne disposait d'aucune porte de sortie. Mais s'il se trouvait bel et bien piégé, coincé entre les mâchoires d'un étau invisible, ce dernier n'émit aucune protestation à propos de sa situation; cette captivité n'avait rien de déplaisant... loin de là. En guise de chaînes, les mains de Reyner exerçaient leur tendre emprise sur lui en s'insinuant dans ses cheveux blonds, le retenant à proximité, toujours plus près de son ravissant visage. Leurs caresses lui arrachèrent quelques frémissements tandis qu'un choc électrique remontait le long de sa colonne vertébrale.
Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin. Le baiser arriva à son terme et ils s'éloignèrent enfin l'un de l'autre, profitant de cette occasion pour respirer après cet échange des plus enthousiastes. Alistair resta suspendu à ses lèvres un temps infimement long; le souffle précipité, chamboulé par ce que ce rapprochement avait déclenché chez lui. Lorsqu'il retrouva la maîtrise de ses émotions, le Warden posa sur son ami un regard plein d'affection. Appréciant le magnifique sourire, si doux et rayonnant de sincérité, de cet être aux gestes envoûtants... l'admirant alors qu'il manipulait sa lèvre inférieure, la mordillait et l'humectait, avant de remettre de l'ordre dans sa chevelure d'ivoire.
Réalisant subitement que ce dernier le couvait lui aussi des yeux, l'ex-templier détourna les siens avec embarras. Il avait l'impression d'avoir été pris la main dans le sac. Son regard s'attarda sur le décor qui l'entourait, à la recherche du courage perdu (le sien... évaporé à la seconde où ses yeux croisèrent ceux de Reyner!). Ce n'est qu'un peu plus tard, avisant du poids de l'objet déposé dans la paume de sa main, qu'Alistair osa l'observer à nouveau.

Oh, une statuette? Pour moi? Est-ce que c'est... un mini Duncan?

Demanda-t-il, presque timidement. Puis, son âme d'enfant prit le dessus sur sa gêne et un sourire espiègle illumina son visage. Il fit tourner la statuette entre ses doigts pour l'examiner minutieusement et sous toutes les coutures. C'était un bel ouvrage. Rien à voir avec les figurines en bois qu'il collectionnait durant son enfance à Golefalois, grossièrement taillées par la doyenne du village pour contenter ses multiples caprices! Cette sculpture là était raffinée, adroitement ciselée dans un matériau noble. Des pigments aux couleurs riches l'habillaient parfaitement, ainsi que de nombreux détails peints avec le plus grand soin, sans qu'un seul coup de pinceau ne soit détectable à l'oeil nu. Du beau travail en somme, qui avait du exiger énormément de temps et de patience de la part de son créateur. Nul besoin d'un oeil averti pour s'en rendre compte.

Mais c'est génial! Regardez-moi ça, il a même une petite épée et un petit bouclier dans ses petites mains. Et avec l'emblème de la Garde, en plus! C'est vraiment détaillé... c'est toi qui l'a peint? Je ne te connaissais pas ces talents artistiques!

Excité comme un gosse aux premiers jours d'été, Alistair ne tenait plus du tout en place. Ses yeux rieurs brillaient d'une lueur malicieuse.

Ça me rappelle des souvenirs. Je sais pas si je t'ai déjà raconté, la fois où j'ai "profané" une statue d'Andrasté au beau milieu de la chantrie de Golefalois? Je la trouvais pas assez habillée. Alors j'ai pris de la peinture et je lui ai rajouté quelques vêtements. Bien entendu, la révérende mère n'a pas apprécié mon art et j'ai passé un mauvais quart d'heure.

Précisa-t-il, ponctuant son histoire d'un éclat de rire impossible à réprimer. Les fragments d'une autre vie se bousculèrent dans sa mémoire, étirant davantage le sourire du blond. Il se souvenait encore du visage de la soeur, tout fripé et déformé par la colère. De sa voix, perchée et chevrotante, qui faisait trembler les vitraux lorsqu'elle s'égosillait à travers la nef et assommait son auditoire à coups de sermons pompeux. Vils garnements! Que l'immatériel vous tombe sur la tête! criait-elle à qui voulait l'entendre. Andrasté n'a pas souffert pour vos péchés! Ah, comme il était bon de se remémorer le passé où tout n'était encore qu'insouciance, avant que ne le rattrapent les douloureuses préoccupations des adultes. Engeances. Conflits politiques. Unions ratées. Appels. Tel était le pain quotidien des Grey Warden. Et voilà qu'aujourd'hui, s'ajoutait cette histoire de lyrium corrompu... quand ce monde apprendrait-il donc à vivre en paix?
Alistair approcha la figurine à la lueur d'une bougie pour la contempler plus en détails, s'émerveillant au fil de ses découvertes, appuyant chacune d'entre elles d'un commentaire enjoué. Un vrai gamin. Au bout d'un certain temps, celui-ci finit par descendre de son petit nuage. Il leva la tête vers son commandant — qu'il avait oublié bien malgré lui — et, tout penaud de s'être laissé distraire, déposa l'objet sur un meuble à proximité avant de retourner sagement à sa place. Il aurait tout le loisir de s'en ébahir plus tard. Reyner, lui, devrait bientôt reprendre la route... s'il le laissait partir. Rien n'était moins sûr à présent.
Car comment pourrait-il le laisser s'éloigner de lui, après une telle déclaration? Je t'aime, Alistair. Je t'ai toujours aimé, avait-il annoncé sans détour, ouvrant en grand les portes de son cœur pour son compagnon d'armes. Ce dernier fut parcourut d'un léger frisson en l'entendant prononcer son prénom, au milieu de cette phrase toute simple et pourtant, empreinte d'un amour authentique dont il n'aurait jamais cru un jour faire l'objet... ses joues s'empourprèrent une fois de plus. Ils se connaissaient si bien, après dix longues années d'une amitié à toute épreuve, et malgré tout Reyner arrivait encore à le surprendre.

Je sais...

Murmura-t-il à mi-voix, un sourire niais se dessinant sur son visage. La main du blond alla se loger à l'arrière de son crâne et il se gratta négligemment la nuque en cherchant ses mots. Bien sûr qu'il le savait. Comment pourrait-il en douter...? Au cours d'un voyage éreintant, le cadet des Cousland s'était donné la peine de façonner ce présent à son intention. Sa mission n'avait rien d'une sinécure. Toutefois, il avait trouvé le temps de penser à Alistair; il avait pensé à lui alors que sa situation ne s'y prêtait pas et, connaissant son affection pour Duncan — un homme que Reyner ne portait pourtant pas dans son cœur — ce dernier avait conçu ce jouet à son effigie. Rien que pour lui. C'était adorable.

J'aime aussi. Je veux dire... je t'aime aussi. Toi.

Bredouilla Alistair, avant de reprendre — dans la confusion, toujours :

Et tes cheveux. Longs. Ça te va bien, comme ça. Longs. Et... et je l'ai déjà dit, ah ah ah... Ah.

Il se sentait stupide. Lui, l'adulte; le trentenaire qui, comme une fillette timide à son premier rendez-vous amoureux, ne parvenait pas à aligner plus de trois mots. C'était risible. Ridicule. Il était ridicule. Alistair n'avait rien d'un don juan, certes. Il avait peu de "pratique" en relations amoureuses mais n'en était pas non plus à sa première expérience. Quelques femmes avaient partagé sa vie durant la dernière décennie. Néanmoins, jamais auparavant, le Grey Warden ne s'était senti aussi démuni face à la personne qu'il aimait... jamais auparavant son cœur n'avait battu si vite, si fort; jamais l'envie de chérir cette personne ne l'avait submergé avec une telle puissance. Et s'il ne doutait pas de les avoir toutes aimées et désirées, celui-ci se rendrait bientôt compte que son amour pour Reyner, lui, était bien différent. Il n'y avait pas de limite à cet amour.

D-Désolé, je me sens stupide à rougir comme une fillette et à manger mes mots. Tu me mets dans tous mes états.

Alistair tenta de cacher sa gêne, faisant disparaître un instant le pourpre de ses joues derrière la paume de sa main — vaine tentative puisque la totalité de son visage, y compris ses oreilles, adopta rapidement la même teinte écarlate.
Lorsqu'il la laissa retomber, celle-ci s'accrocha faiblement à la manche du jeune Cousland, le retenant à peine; il hésita, puis l'agrippa plus fermement.

Je veux pas que tu partes, Reyner... Je peux pas te laisser partir. Pas maintenant. Reste, s'il te plaît. Ou laisse moi t'accompagner.

Ne me laisse pas seul.
Ne me laisse pas seul avec moi-même.

Reste près de moi...

Répéta-t-il dans un murmure presque inaudible, avant de l'attirer contre son torse. Ses bras se pressèrent doucement contre son dos pour l'enfermer dans cette cage de fortune, dans un vague espoir de le retenir, tandis que ses doigts se réfugiaient dans la chevelure blanche de son bien-aimé.

PROCHAIN NIV. :
Reyner Cousland
Reyner Cousland
The Hero of Ferelden ⊱ Grey Warden
— PSEUDOs : Pendräagon.
— DISPONIBILITÉ RPs : ✓ Disponible
— PRÉSENCE : Présent.
— MISSIVES : 447
— DC&TC : Glorfindel Mien'Harel (+) Seth.
— PRESTIGE : 521
— PAIRING & OTP : Reylistair shipper forever.
— CRÉDITS : moi (+) noobito

— ICONE (100x100) : — NATIONALITÉ : Il est Alamarri.
— ÂGE : Reyner possède vingt-sept ans.
— PROFESSION : Commandant des Gardes de Ferelden.
— FACTION : Garde des Ombres.
— ARMES : Il est armé d'une très belle épée Orlésïenne et d'un bouclier comportant l'écusson des Cousland.
— AMOUREUSEMENT : En couple avec Alistair Theirin, ancien ami et frère d'arme pour qui il avait toujours éprouvé des sentiments sincères et profonds.
— O.SEXUELLE : Bisexuel.
Posté Mar 5 Déc - 17:45
Oh, une statuette ? Pour moi ? Est-ce que c'est... un mini Duncan ?
Dans le mille.


Je ne perdais pas une seule miette des expressions de mon ami en face de moi. Il faisait tournoyer le petit bonhomme fait de bois et de peinture comme un trésor des plus précieux —chose qui fit battre mon cœur à tout rompre quand je constatais son air à la fois ébahis et ravis—, découvrant le fruit de mon travail qui avait duré plusieurs mois. Mon sourire était sans pareil. Il était accompagné d'un énorme soulagement : après tout, rien ne me disait qu'il aurait aimé ce présent fait manuellement... Je veux dire, avant qu'Alistair ne vienne jusqu'à moi pour tenter de me faire comprendre qu'il ressentait —vraisemblablement... ?— quelque chose à mon égare, j'étais alors persuadé que lui offrir une statuette serait un cadeau des plus amicaux. Cela aurait été terriblement douloureux, car c'était en réalité un présent tellement plus intime.

Mais c'est génial ! Regardez-moi ça, il a même une petite épée et un petit bouclier dans ses petites mains. Et avec l'emblème de la Garde, en plus ! C'est vraiment détaillé... c'est toi qui l'a peint ? Je ne te connaissais pas ces talents artistiques ! Je voyais ses yeux rieurs aux notes d'ambre briller d'une malice qui emplissais mon cœur d'une douce chaleur.
Disons que le hasard fait bien les choses, Alistair. Je me refusais de m'étendre plus quant à ce que j'avais fais exactement pour la création de cette statuette unique.
Ça me rappelle des souvenirs. Je sais pas si je t'ai déjà raconté, la fois où j'ai "profané" une statue d'Andrasté au beau milieu de la chantrie de Golefalois ? Je la trouvais pas assez habillée. Alors j'ai pris de la peinture et je lui ai rajouté quelques vêtements. Bien entendu, la révérende mère n'a pas apprécié mon art et j'ai passé un mauvais quart d'heure.
Tu as... ? Je ne pu m'empêcher de lâcher un rire qu'on aurait pu qualifier de doux tant il se fit discret. Sacré toi.  


Le rire d'Alistair était un glas aux sonorités divines. Il vous donnait l'impression que tout allait bien en un rien de temps. Je le voyais alors se calmer de son euphorie, et c'est avec une certaine tristesse que je l'observais déposer mon présent sur un meuble pour revenir près de moi.

J'avais cette impression, celle que le monde autour de nous s'était stoppé afin de souligner l'importance de l'instant que l'on partageait tous deux en cette nuit froide d'automne, à la lueur d'une seule et unique bougie. Cette douce lumière, discrète et tamisée, créait ainsi une ambiance que l'on aurait pu qualifier d'intime ; nos ombres se projetaient sur les murs de ma chambrée, se jouant chacune de cette source de luminosité éphémère. Mes yeux au regard désespérément amoureux scrutaient Alistair qui lui, posté en face de moi, venait d'entendre ces deux petits mots coincés dans ma gorge depuis trop longtemps maintenant. Je t'aime, Alistair. Je t'ai toujours aimé. Il était impressionnant de constater la puissance de quelques lettres articulées les unes après les autres : bouleversant d'admirer l'immensité et l'importance de ce qu'elles pouvaient véhiculer. Je t'aime. Malgré leur courte taille et leur prononciation si simple, elles désignaient tant pour moi. Tant pour nous.
Bientôt, je percevais de brèves rougeurs saisir ses joues, témoignage de son état émotionnel. Oh, mon cher Alistair, comment pouvais-tu être tant gêné par ma déclaration en sachant l'échange que nous avions eu quelques minutes plus tôt ? Toi qui berçais mes nuits depuis toujours, tu es l'être le plus pur qu'il m'est été donné de rencontrer. Je me demandais souvent comment les épreuves que nous avions traversé ensembles avait pu te laisser doté d'un cœur aussi sincère que le tien, comme s'il était immunisé des ténèbres qui maintes et maintes fois avaient croisé notre chemin. Moi, je n'avais fais que m'endurcir et j'étais désormais un homme aussi dur que le roc. Mes recrues me qualifiaient parfois même d’antipathique, fermé à toute émotion, insensible... Ils se trompaient. Tous. Mes blessures et insécurités m'avaient forcé à me forger une carapace aussi acerbe que résistante, semblable aux écailles d'un dragon. Au fond de mon être, mon cœur continuait de saigner et n'arrivait pas à guérir des blessures du passé quoi qu'en disent les autres. Alistair, comment nos mésaventures avaient pu continuer d'alimenter cette flamme qui t'animait d'une sincérité aussi vraie que mes sentiments pour toi ? Voilà une question qui me laissais emprunt de nostalgie. Tu es symbole de candeur dans un monde bien triste et déluré, ce point blanc et lumineux qui éclairait une toile tout de noir vêtue. Un ange tombé du ciel, voilà ce que tu étais à mes yeux.
Un sentiment de fierté m’emplit à mesure que je l'admirais sourire d'une manière des plus adorable : cet air niais et enfantin, ce sourire qui me mettait en émoi... Un effet qui était toujours aussi percutant lorsque je le voyais arborer cette expression, et ce quelque soit les occasions.

Je sais..., m'avait-il murmuré tout en se frottant la nuque comme pour extérioriser de l'embarras. Mon coeur s'était accéléré, et alors que mes pensées se bousculaient, il reprit aussitôt ses propos. J'aime aussi. Je veux dire... je t'aime aussi. Toi.
Tu... Un murmure inaudible scinda la barrière de mes lèvres avant de s'éteindre.
Et tes cheveux. Longs. Ça te va bien, comme ça. Longs. Et... et je l'ai déjà dit, ah ah ah... Ah.  


Mes lèvres s'entre ouvrirent. Je restais sans voix, stoïque, mes yeux rivés sur l'homme de mes rêves les plus fou qui venait de me faire sa déclaration, là, à l'instant. J'étais perdu, noyé dans un océan d'incompréhension. Des questions se bousculaient violemment dans mon esprit, me torturant d'incertitudes et de doutes. Comment pouvait-il me dire qu'il m'aimait après dix ans à me restreindre de lui avouer ce que je ressentais à son égare ? Était-ce là une farce du destin ? S'amusait t-on au dessus de nos pauvre âmes tourmentées à nous égarer durant de longues années comme si jamais nos ressentis pourraient un jour converger pour que finalement, lorsque tout espoir nous semble vain, nous nous avouions mutuellement nos pensées les plus secrètes ?
Lorsque je me rendais finalement compte de sa remarque quant à la longueur de mes cheveux, je pu sentir mes joues arborer une teinte rouge carmin. Je n'avais nul besoin de vérifier visuellement ce fait : la chaleur qui se propageait le long de ma peau était une confirmation plus que suffisante à mes craintes. Je rougissais face à mon aîné, touché au plus profond de mon âme par ses paroles que jamais je n'aurais cru entendre de sa part. Aussitôt, mon esprit me rappela ce rêve que j'avais fais il y a dix ans de cela quand notre route croisa celle du démon de la paresse, dans une des tour du cercle. Cette illusion, déclencheur de mon tourment, avait marqué le début de mon complexe amoureux. Lorsque j'étais dans ce pays fait de songes, l'Alistair de mon rêve m'avait avoué à quel point la longueur de mes cheveux —quand bien même je les avais toujours eu court jusqu'à ce que je décide de les laisser pousser il y a un an de cela— m'allaient "à ravir" : j'avais dorénavant l'impression d'être de nouveau plongé dans une illusion. Pourtant...

D-Désolé, je me sens stupide à rougir comme une fillette et à manger mes mots. Tu me mets dans tous mes états.

Je le sentais me toucher. Sa main tirait faiblement sur la manche de ma chemise après qu'il eu tenté —en vain—de cacher les rougeurs présentes sur ses joues : nous avions un nouveau point en commun désormais, car les miennes n'avaient cessé de virer couleur carmin, encore et encore et ce depuis le début de sa déclaration, comme frappé de plein fouet par ses mots. J’avais perdu toute contenance. Ma confiance s'était évaporée dans les airs, tel un nuage de fumée emporté par le vent.

Je veux pas que tu partes, Reyner... Je peux pas te laisser partir. Pas maintenant. Reste, s'il te plaît. Ou laisse moi t'accompagner. Reste près de moi...  

J'implosais.
Je ne pensais pas qu'après m'être déclaré, un second poids présent sur mes épaules pouvait ainsi s'envoler sans que je puisse avoir cru une seule seconde à son existence auparavant : j'étais figé. Partagé entre le rire et les larmes. Scindé entre plusieurs émotions si virulentes qu'il m'était impossible de réagir proprement ou de trancher. Lorsque les bras d'Alistair me saisirent et que mon corps se retrouvait serré avec douceur contre celui du blond, mes lèvres s'entre ouvrirent, tremblantes ; je ne bougeais plus, démuni, incapable de laisser de quelconques mots franchir mes lèvres.
Il m'aime. Il ne veut pas que je parte. Il me veut près de lui. Par Andrasté. Il m'aime. Il m'aime ! Un sourire saisit finalement mes lèvre. Mon corps se mit à trembler de la tête aux pieds, toujours enfermé dans ce cocon protecteur que formaient les bras d'Alistair : c'est alors que je me mis à rire, si fort, si soudainement ; que mes bras, tantôt inertes, saisissaient avec force la taille de mon aîné ; que je me serrais contre tout son être comme si nous ne faisions qu'un ; je laissais alors mes larmes couler tel un torrent incontrôlable. Des larmes de joie. De bonheur. D'euphorie, d’allégresse, de béatitude, de félicité. De tous les adjectifs existants pour exprimer un profond bien être, un soulagement salvateur. Enfin. Enfin, quelque chose de positif dans mon quotidien morne et glacial. Enfin la vie me souriait.
Crispé, mes mains s'étaient accrochées à la tunique d'Alistair alors que mes larmes continuaient de rouler le long de mes joues : des éclats de rire venaient transcender ce qu'on aurait pu croire un moment éprouvant alors que je lâchais finalement l'homme en face de moi. Je ramenais mes mains vers mon visage, séchant rapidement ces filets d'argent qui continuait de glisser contre ma peau, me reculant légèrement de cet être adorable qui venait de me délivrer d'un supplice sans fin. Je ne m'étais pas reculé totalement de façon à ce qu'il garde ses bras autour de moi.

Alistair..., murmurais-je d'une voix enrouée, m'éclaircissant discrètement la gorge tandis que mes yeux rivés vers le sol se levèrent vers ceux de mon vis à vis. ... C'est d'accord.  

Ma main se leva avec douceur, allant saisir l'une des mèches blondes d'Alistair afin de la lui remettre en place. Finalement, je la posais contre la joue droite de l'homme en face de moi, l'admirant comme s'il était le plus beau de tous les trésors sur terre ; mes yeux luisants de félicité étaient les témoins d'un changement radical en moi.  Jamais personne ne m'avait vu comme Alistair me voyait ce soir là. Je retrouvais mon âme d’antan. Celle que j'avais lorsque j'étais encore Reyner Cousland. Non pas Reyner Cousland le héro ; Reyner Cousland, fils du Tyern Bryce et de la Tyerna Eleanor, descendant des Alamarri d'Hautecîme. Lorsque j'étais ce jeune enfant qui courait pieds nus sur la plage, riant aux éclats tout en se faisant pourchasser par son frère ; ce jeune garçon qui enlaçait ses parents à toute occasion possible afin de leur dire à quel point il les aimaits ; ce jeune homme qui découvrait l'allégresse du premier amour ; un homme. Tout simplement. Un homme comme les autres.
Mon sourire revint à la charge, étirant mes lèvres : ma main, précédemment sur la joue de mon vis à vis, glissa avec délicatesse derrière la tête de ce dernier, saisissant ainsi sa nuque : je l'approchais alors de moi, faisant de même avec mon propre visage, nos lèvres se rencontrant à nouveau, mais ce fut un baiser tout autre que celui de tout à l'heure. Douceur, subtilité et délicatesse étaient les maîtres mots de cet échange que je présidais avec un bonheur des plus purs. Je lui communiquais ainsi d'autre sentiments que ceux que je lui avais partagé lors de notre premier baiser  — qui était, lui, fait de désir, de passion et d'envie : celle de me perdre durant une nuit contre ce corps qui m'avait tant torturé dans mes songes les moins chastes —. Un baiser empli d'amour. Un geste simple, tout comme les mots que nous nous étions délivrés, mais pour autant aussi puissants que les plus grands sortilèges sur cette terre.

Je reculais alors mes lèvres avec douceur, ma main glissant le long de son dos afin de lâcher mon emprise de sa nuque, cela ne me servait plus à rien désormais : remis de mes émotions, je semblais plus calme et plus serein. Apaisé était le mot juste. Que dire ? J'étais heureux.
Je clignais doucement des yeux, continuant de détailler ce visage si magnifique, alors que j'eu soudainement une tonne de questions qui me traversaient l'esprit quant à mon aîné. Toutes les bonnes choses avaient une fin, et mon état d'euphorie qui avait paralysé mon sens de la logique venait de cesser. Mes sourcils se froncèrent, puis se redressèrent ; j'avais oublié quelque chose de fondamental, qui m'avait retenu de communiquer quoique ce soit en rapport à mes sentiments à mon vis à vis : ses préférences.

L'air extrêmement confus, j'ouvrais puis refermais la bouche tout en me reculant du corps de mon aîné, déchantant de ce moment de félicité intense. J'avais été tellement chamboulé par ce rapprochement soudain que j'en avais même perdu mon habilité à raisonner. Je ne comprenais pas moi-même pourquoi cela me revenait soudainement, maintenant, alors que j’aurais très bien pu poser cette question plus tôt.

Attend un peu... Je ne comprends pas. Alistair, tu n'es pas... ? Je croyais que tu n'aimais que la compagnie des femmes ?

Déboussolé, je sondais le regard d'Alistair avec une soif de réponse encore plus grande qu'avant désormais. J'avais besoin de cette réponse.


The Calling of the Warden.
THE CITY OF THE DEAD ⊹ I'M SCARED OF WHAT'S INSIDE MY HEAD, WHAT'S INSIDE MY SOUL ; I FEEL LIKE I'M RUNNING BUT GETTING NOWHERE. FEAR IS SUFFOCATING ME, I CAN'T BREATHE, I FEEL LIKE I'M DROWNING, I'M SINKING DEEPER. WHITE LIGHT FADES TO RED AS I ENTER THE CITY OF THE DEAD. I FEEL IT BURNING THROUGH MY VEINS, IT'S DRIVING ME INSANE, THE FEVER IS RISING, I'M GOING UNDER.

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