— Event N.1 : La Chute

— 9:31 DU DRAGON (Dragon Age Origins)
Depuis la nuit des temps, les Gardes des Ombres ont protégé Thédas du mal. Gardiens de la paix et des habitants de ce monde, ils ont toujours combattu d'un aplomb et d'une croyance infaillibles. Néanmoins, le cinquième Enclin signa l'arrêt de mort de la quasi totalité de ces guerriers à la force de fer. La trahison de Loghain coûta entre autre la vie du Roi Cailan et plongea la Garde dans un état quasi soporifique.Reyner Cousland fut l'homme qui redressa la situation. Armé de ses compagnons et de la rancœur qui l'accablait, le jeune homme avait vécu la tragédie d'Ostagar. Sa famille fut assassinée, son château brûlé, son amant décapité : Loghain venait de faire une regrettable erreur. Il s'était créé l'ennemi dont personne n'aurait jamais souhaité avoir un jour.L'Enclin fut anéanti. L'Archidémon mourut et Loghain trépassa de la main de Reyner. Ferelden fut libéré du joug du faux Roi. Tout était à construire désormais : nommé Commandant de la Garde, il devint le dirigeant des Gardes des Ombres de Férelden et une très forte influence parmi le groupe. Deux, quatre, puis seize grands campements furent construits et une vague de recrutement fut lancée. En dix ans, les rangs des gardes gonflèrent comme jamais. Symbole de courage et de persévérance, le jeune Commandant ne se doutait toutefois pas que les choses allaient dégénérer à nouveau... Et aussi violemment.

— 9:42 DU DRAGON (actuellement)
Corypheus rallia les templiers à sa cause. L'Inquisition en fit les frais et, prévenant ainsi Thédas et la majorité des grands groupes des alentours, aucun accepta de croire cette funeste nouvelle : C'est dans un espoir vain que Ragnar Warvrick, l'Inquisiteur, décida de lancer une demande d'alliance entre la Garde des Ombres et l'Inquisition. Les dirigeants de la Garde refusèrent sans prendre le temps de reconsidérer cette offre précieuse : pour eux, le vrai problème était l'influence et le pouvoir que continuait d'accroître l'Inquisition et ce, sans aucun cadre de bonne conduite et sans aucune limite.Néanmoins, une attaque se prépare et les Gardes ne se doutent pas une seule seconde que leur forteresse, Fort Bastiel, en Amaranthine, est sur le point de se faire assiéger par Corypheus qui après un échec cuisant chez l'Inquisition, décida d'attaquer un des autres groupes les plus puissants de Thédas en ayant appris que Reyner était sur les sentiers à la recherche d'informations capable de stopper l'appel : en soit, un pouvoir illimité pour les Gardes. Sur son chemin, le Commandant acquis des informations capitales et qui pourraient changer le destin de l'alliance entre Inquisition et Gardes.Le souhait de Corypheus est à présent de réduire au silence Fort Bastiel et son leader avec, coûte que coûte. Une bataille sanglante se prépare, et ce sera peut-être la chute de la Garde de Ferelden... Définitivement.

Combattez aux cotés de la Garde des Ombre afin de leur laisser la chance de s'en sortir vivant !
Sauvez ceux qui jadis vous ont offert gracieusement le privilège rester à l'abri du cinquième Enclin !
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[ACHEVÉ] [PRÉLUDE EVENT] Tell them : I'm coming home. [PV Alistair]

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THE HERO OF FERELDEN ⊱ GREY WARDEN

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— PSEUDOs : Pendräagon.
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— PRÉSENCE : Présent.
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— DC&TC : Ragnar Warvrick.
— CRÉDITS : Moi pour les gifs, edits (+) noobito
— PAIRING & OTP : Reylistair shipper forever.
— PRESTIGE : 451

— NATIONALITÉ : Il est Alamarri, né au château Cousland durant une nuit agitée par une tempête de neige plutôt violente.
— LIEU D'HABITATION : Sa demeure principale reste le château Cousland qu'il a fait reconstruire ; mais sinon, il se contente d'auberges et de nuits à la belle étoile.
— ÂGE : Reyner possède vingt-sept ans ; hé oui, très jeune pour un Grey Warden qui a sauvé Ferelden d'un Enclin. Que voulez-vous, les années ne font pas le talent !
— RANG SOCIAL : Noble de la lignée des Cousland, Reyner a très tôt subi une éducation adéquate à son titre de noblesse.
— PROFESSION : Il reste et restera toujours un Grey Warden, quelqu'en soit l'enjeux.
— FACTION : Comme dit plus haut, Reyner fait partie des Grey Warden - autrement dit la Garde des Ombres.
— ARMES : Il est armé d'une très belle épée Orlésïenne et d'un bouclier comportant l'écusson des Cousland dont il ne se séparerais pour rien au monde.
— O.SEXUELLE : Notre héro de Ferelden est homosexuel et donc est attiré par les hommes, ce qui a rendu le rituel de Morrigan assez difficile pour lui en y repensant.
— AMOUREUSEMENT : Reyner est célibataire, bien qu'il entretient une flamme inavouée pour l'un de ses confrères et éternel ami : Alistair Theirin.

MessageSujet: [ACHEVÉ] [PRÉLUDE EVENT] Tell them : I'm coming home. [PV Alistair] Dim 26 Mar - 0:32




Ses gants tombèrent sans grande délicatesse à ses pieds, tandis qu'il se pencha. Lentement, il se mit à tremper ses mains dans ce qui était l'eau d'un petit ruisseau, en amont d'une côte rocheuse assez escarpée. Le liquide était étonnamment pur et translucide en cette période de l'année : cela surpris même Reyner lorsqu'il apporta ses mains jusqu'à ses lèvres — lorsqu'il eu descendu le tissus qui camouflait son visage —, la buvant doucement. Bellanaris, sa fidèle monture — qui s'avérait être un magnifique Hahl arborant une robe de différents tons de marrons —, copiait alors son Maître, profitant de leur unique pause de la journée afin de se désaltérer lui aussi. Afin d'imiter les deux autres, Barkspawn voulu faire de même mais fini par se jeter dans l'eau tout en aboyant, éclaboussant tout ce qui se trouvait autour de lui tout en arrachant un sourire au Garde. Il s’essaya doucement contre un bout de roche humide et à moitié enterré dans la terre tout en faisant apparaître une grimace sur son visage ; son dos le faisait terriblement souffrir à cause des kilomètres parcourus à dos de Hahl depuis un an maintenant ; mais en vérité, Reyner cachait de terribles blessures sous des bandages souillés de sang. Des blessures qu'il avait gagné durant ce long périple. Il aurait voulu les oublier, mais... Il ne pouvait pas vu l'ampleur des dégâts. Toutefois, il préférait ne rien laisser paraître et allait donc continuer à mimer sa bonne santé au monde autour de lui. Il ne voulait pas rentrer auprès des siens et annoncer qu'il avait faillit y rester.
Il n'était qu'à quinze minutes du campement désormais, mais... Il voulait prendre le temps. Réfléchir un peu, essayer de voir ce qu'il allait dire — et comment — aux recrues, soldats et surtout : à Nara. Il n'avait pas réussi à trouver un remède à l'appel — seulement des pistes — et de ce fait, Reyner se refusait totalement à faire passer l'Union à la Dalatienne pour le moment. Le problème était qu'il lui avait promis qu'à son retour de voyage, il le lui ferait passer. Poussant un soupir, sa main alla s'enfouir dans ses cheveux afin de les rejeter en arrière : il était pris au piège. Bon, il fallait aussi dire que Nara n'était plus une enfant — en vérité, elle était plus âgée que Reyner, et que de ce fait, elle savait ce qu'elle faisait. Il devait apprendre à lâcher prise afin de faire pleinement confiance aux capacités — très développées — de la rouquine. Il y avait aussi le problème d'Alistair. Ah... Alistair. Le mot ensanglanté qu'il lui avait transmit à cause de son enlèvement par les templiers était... On ne peut plus... Mystérieux.

En vérité, il n'avait qu'une hâte : celle de retrouver ses connaissances, amis et proches — Mais surtout Alistair, qui lui avait terriblement manqué. Son retour signifiait aussi la reprise des responsabilités et du commandement. En un sens, cela l'attristait un peu car la vie de nomade qu'il venait de passer avait été des plus enrichissantes — et surtout, distrayante : tant de choses vous arrive lorsque vous parcourez Thédas en quête d'aventures. A croire qu'il était un aimant à ennuis — et malheureusement, cela ne suffit pas à attirer Morrigan jusqu'à lui... Tant pis, cela l'aurait tant arrangé.

Lorsqu'il jugea sa pause suffisante, il se décida finalement à bouger : se redressant subitement — ce qui fit tilter ses deux compagnons —, il retira sa capuche et tout ce qui camouflait son visage afin de respirer plus aisément. Ses cheveux longs et cendrés retombaient sur son visage en de fines mèches à l'allure délicate, tandis que de la barbe se dessinait sur toute sa mâchoire, et légèrement au dessus de sa lèvre inférieure. Ses yeux, toujours d'un bleu turquoise presque exotique, semblaient bien plus reposés qu'il y a un an, lorsqu'il était encore Commander of the Grey. Ses cicatrices étaient toujours aussi marquées, lui donnant un air de malfrat ou de renégat. Il n'y avait plus besoin de cacher son identité désormais, vu qu'il retournait sur les traces de sa vie précédente — et donc loin de probables cultes sur le Héro de Férélden, et seul sait le Créateur à quel point Reyner ne supportait pas cela. Enfin bon, il avait beau préciser tout ça aux recrues, cela n'empêchait pas de voir entrer dans son bureau certains jeunes gens qui, se tenant nerveusement les mains tout en bégayant, lui demandait de leur faire l'honneur — lui, Ô le graaaand Héro de Férelden — de devenir leur maître formateur afin qu'un jour aussi, ils puissent combattre les Archidémon sans en mourir. En vérité, lorsque cela arriva, il avait tout bonnement éclaté de rire : si seulement ces pauvres gens savaient ce qu'il avait du faire afin de ne pas mourir durant son combat contre l'Archidémon. C'en était presque comique avec le recul.

Vérifiant qu'il n'oubliait rien en route, Reyner fini par reprendre ses gants, les attachants à sa ceinture ; il saisit les reines de Bellanaris et monta sur son dos, sifflant Barkspawn qui accouru immédiatement. Une fois prêt, il repris sa route afin d’atterrir sur un sentier qui était illuminé des rayons du soleil qui se couchait doucement, teintant le décor d'orange et de rouge carmin.
Au loin, de son imposante structure, se dessinait le campement principal des Grey Warden : sa maison. Plus les mètres diminuaient, plus son estomac se tordait dans tous les sens. Tout un tas de questions se bousculaient dans sa tête, mais une l'importait vraiment au final : quand est-ce qu'il allait offrir à Alistair le présent qu'il lui avait trouvé sur la route ? — Quand est-ce qu'il allait, tout simplement, prendre le temps de s'armer de son courage afin de lui délivrer ce qu'il avait sur le cœur ? Il ne savait pas.

Arrivant devant les gardes de l'entrée, ces derniers écarquillèrent les yeux car ils eurent au début du mal à reconnaître leur chef. Il faut dire que Reyner avait une toute autre tête, avec ses cheveux d'angelots et sa barbe qui le vieillissait. Il paraissait plus dur ; plus mature. Comme lorsque l'on parlait d'un vin, on aurait dit alors qu'il s'était bonifié avec l'âge.

《 — H-hâlte, qui va là ?!
Mais bon sang, t'es con ou quoi, gamin ?! Tu vois pas qui c'est peut-être ?!
Messieurs—
Ben, non, pourquoi ? Je le connais ?
Deriam, t'es abonné à la picole ou bien ? C'est le Commandant Cousland ! Il est revenu !
Je—
HEIN ?! Oh— Par Andrasté ! Veuillez m'excuser, Héro, je ne vous avais pas reconnu ! Je suis nouveau et—
Par la sainte barbe du Créateur, Aldric, laisse moi passer ou je te jure que tu vas le regretter.
O-oui, chef ! Tout de suite, chef !  》

Excédé, Reyner fronçait les sourcils tout en se mettant à avancer dans le Campement, les deux gardes le saluant — de manière exagérée car ils devaient se sentir bien mal de cette embrouille des plus gênantes face à leur supérieur — tandis qu'il regardait partout. Beaucoup de choses avaient changé : des tentes avaient bougées, de nouvelles têtes travaillaient de par et d'autre et certaines recrues qu'il avait connu comme étant toutes jeunes et inaptes à l'Union semblaient l'avoir finalement passé. Sur ses pas, bien des visages s'étaient levés, tous interdits — et une vague de murmures s'éleva dans tout le campement. Il y eu même un petit regroupement de jeunes recrues qui avaient pour la première fois l'occasion de poser les yeux sur Reyner. Ha, la jeunesse, si naïve et adorable.

Il arriva devant la tente de commandement, là où devait-être —logiquement— Alistair. Descendant doucement de Bellanaris, Reyner posa les reines contre la selle de cuir et il retira sa cape, dévoilant sa tenue de Commander of the Grey aux yeux de tous. Aussitôt avait-il posé le vêtement sur son Hahl qu'un de ses bras droit arriva en courant vers lui, un sourire grand jusqu'aux oreilles et la main levée vers celle de son ami et confrère qui venait tout juste d'arriver en guise d'accueil.

《 — Commandant Cousland, mon très cher ami, je suis tellement heureux de vous revoir saint et sauf !
Moi de même, Aveth. Comment te portes-tu depuis le temps ? Tout s'est bien passé en mon absence ?
On ne peut mieux ! Alistair a été digne de votre succession et nous comptons à présent le double de nos dernières espérances d'effectif !  》

Reyner haussa un sourcil lorsqu'il entendit la phrase d'Aveth. Et dire qu'Alistair lui avait tenu tête en lui proclamant qu'il n'était pas fait pour leader quoi que ce soit... Il était surtout question de manque de confiance en soi, au final. Mais heureusement, Reyner était là pour avoir confiance en lui à sa place.

《 — En parlant d'Alistair, sais-tu où il se trouve ? Je ne l'ai pas vu, et il ne me semble pas être dans la tente de commandement.
Il est parti à l'aube avec une patrouille afin de montrer le bon exemple car nous avons eu quelques petits problèmes dernièrement— mais rien de grave, je vous rassure. Il devrait revenir d'ici une heure ou deux.
Très bien. Comme de la déception, Reyner avait baissé d'un ton, mais il se reprit bien vite. Va me chercher Nara, s'il te plait.
Oui, bien-sûr ! Oh, elle sera ravie de vous revoir, croyez moi !  》

Un sourire en coin illumina le visage de Reyner. Oh, mais bien sûr qu'il savait cela. Après tout, c'était réciproque. Il avait tellement hâte de retrouver son apprentie qu'il s'était même retrouvé à jouer — sans s'en rendre compte — avec l'un de ses gants à sa ceinture. Si cela n'était pas de la nervosité, on aurait-pu en déduire qu'il était presque angoissé. Cette histoire d'Union ne cessait de tourner dans son esprit, même alors qu'il allait retrouver sa belle petite Dalatienne au caractère d'acier. Mais, chaque choses en son temps : il allait d'abord profiter de ses retrouvailles du mieux qu'il le pouvait.

_________________
I'm scared of what's inside my head.
the City of the DeadI'm scared of what's inside my head, what's inside my soul ; I feel like I'm running but getting nowhere. Fear is suffocating me, I can't breathe, I feel like I'm drowning, I'm sinking deeper. White light fades to red as I enter the City of the Dead. I feel it burning through my veins, it's driving me insane, the fever is rising, i'm going under.


Dernière édition par Reyner Cousland le Mer 20 Sep - 19:24, édité 11 fois
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— NATIONALITÉ : Je suis une elfe Dalatienne. Mon lieu de naissance est inconnu en soi. Je dirais sans doute à l’arrière d’un chariot. Ou sagement au chaud. Aucune idée. Tout ce je sais s'est que ma naissance est arrivée un jour de pluie.
— LIEU D'HABITATION : Là où mes missions me mènent. Ça peut être une maison, un campement à la belle étoile ou une grotte. Qu’importe au fond. Tant que je suis où il faut au bon moment. En fait, je suis surtout mon Protecteur.
— ÂGE : 29 ans mais j'en parais moins.
— RANG SOCIAL : J'en possède un moi ? Basse société en tant qu'elfe Dalatienne et modèle de respect dans la Garde.
— PROFESSION : Mage. Aposta. Erreur. Danger. Oreilles pointues. Comme vous voulez.
— FACTION : Grey Warden en tant que Mage spécialiste de l'outre-tombe.
— ARMES : Mon bâton, comme tout mage qui se respecte ! Ce dernier se rapproche grandement du bâton du néant. Puis ma magie est surtout offensive. De plus, je pratique la Nécromancie.
— O.SEXUELLE : Je ne me suis jamais vraiment poser la question. Il faut connaître l’amour pour savoir.
— AMOUREUSEMENT : Célibataire comme le vent. Sans attache et sans cœur à prendre. Je ne me suis jamais vraiment intéressée à ça. Trop prise par ma vie d’elfe puis de garde. Puis c’est trop prise de tête.

MessageSujet: Re: [ACHEVÉ] [PRÉLUDE EVENT] Tell them : I'm coming home. [PV Alistair] Dim 26 Mar - 17:04

Tell them : I'm coming home.

Rien ne vaut plus que les regards.


Se lever. Manger. S’habiller. Se préparer. Parler. Sourire. S’entraîner. Manger. Surveiller. Parler. Sortir. Revenir. S’entraîner. Lire. Manger. S’entraîner encore pour finalement dormir. Ma journée au camp de la Garde ne sont pas différentes de celle de la veille ou du lendemain. Elles se ressemblent toutes. Encore aujourd’hui, Adaan me demande si on peut continuer les entraînements. On veut tous les deux passés l’Union. Devenir aussi forts et mythiques que nos prédécesseurs pour honorer leur mémoire. Mais maintenant, je ne veux pas. Je n’ai presque aucune envie de sortir de mon lit. Mais c’est sans compter sur le loup du voleur… Il vient à mon chevet et se met à hurler à la mort en réveillant tous les autres. Ni une ni deux, je saute sur pieds et demande de se taire avant que je n’assassine son maître. L’animal me regarde, soupir bruyamment et fait demi-tour.

Sans un mot, je sors à mon tour quelques minutes plus tard, habillée mais absolument pas coiffée. Mes cheveux se mettent à onduler à la brise matinale et Adaan me tombe dessus. « Un hurleur vient de te passer au fil de ses griffes ? » Je grimace un sourire. Très drôle. Il me montre d’un signe de tête l’endroit du petit-déjeuner. Comme si j’avais la tête à vouloir manger ! Je prends place en face de lui et termine bien vite par piquer du nez. Je n’arrive pas à récupérer depuis notre retour des Tombes. Ma rencontre avec Shiral, ou plus nos retrouvailles tournent en boucles. Ce n’est que le bruit sourd d’un objet lourd qu’on lance qui réussit à me faire émerger. J’en tombe même à la renverse. Ce jour commence bien… Je remarque sur la table une dague et l’elfe citadin empoigner les siennes. Je grimace mais le suis quand même à l’extérieur à l’autre bout du campement. Sur un terrain propice au combat, nous nous préparons chacun de notre côté avant de commencer. Rapidement, un petit attroupement se forme pour nous regarder. Bien qu’Adaan s’y soit fait, je n’aime toujours pas les regards de nos benjamins. S’ils pouvaient, leurs étoiles dans les yeux pourraient nous transpercer. Même si quelques-uns savent déjà se battre plus que nécessaire.

Le combat faisant rage entre nous deux, je jongle entre les attaques au corps à corps et les sorts. Une petite décharge sur la jambe, une autre dans le bras, l’épaule, la main. Des endroits désagréables mais pas au point de mourir. Pour m’amuser j’en viens même à utiliser en sort de brasier. Dans un mouvement ample, je termine par le lui envoyer sur les fesses. « Nara ! Arrête de faire ça à chaque fois ! » Je hausse les épaules. « Pourquoi ? Tu n’as pas fixé de règles à ce que je sache ! » Il se retient de répliquer et me fonce droit dessus. Reprend alors le combat avant que ne tombe encore des paroles déstabilisantes.

« Nara ! » Je me retourne en entendant mon nom. Mauvais point, il en profite pour me mettre à terre et je mords la poussière en grimaçant. La lame froide sur le cou et le sourire triomphant de mon ami, je fronce les sourcils avant de lever les yeux vers d’Aveth. D’un ton ironique, je ne peux m’empêcher de lui lancer « Si tu voulais me voir coucher, suffit de demander au lieu de me faire perdre mon combat. » Il me regarde en arquant un sourcil les bras croisés. Il a du mal avec l’humour ou ? Puis il reprend la parole et ses mots tombent comme un coup puissant derrière la nuque. Mon corps est parcouru de frissons et je me sens étrange presque absente. L’espace d’un cours instant, les mots ne forment qu’un tourbillon informe et lointain. J’encaisse la nouvelle et saute sur mes jambes, telle une furie. Dans mon élan, je manque de retomber mais je me rattrape de justesse en posant une main au sol.

Je refais le campement dans le sens inverse en courant. Puis lorsque je comprends que ma destination est proche, je ralentis pour finalement m’arrêter. Je reste plantée au milieu de l’allée sans pouvoir faire quelque chose. Le partage entre le bonheur et la douleur me prend. Après tout, il est parti depuis un an. Il a dû changer comme moi. Puis je repense à sa promesse avant son départ. Je passerai l’Union à son retour. Deux ans que j’attends ça et maintenant… Ma poitrine se met à se serrer. Grimaçant, je porte une main à mon cœur en baissant la tête. Si je n’étais pas digne ? Sans m’en rendre compte, je suis partie dans mes pensées et n’en sors que lorsqu’une main se pose sur mon épaule. Je sursaute et me retourne. Adaan me regarde avec un grand sourire et j’essaye de le lui rendre. « Qu’est-ce que tu attends ? » Je ne sais pas. « Il t’attend tu sais. » Oui. « Tu devrais te dépêcher, il va penser que quelque chose de grave t’es arrivée. » Ma main se porte sur la sienne et la serre pour le remercier. Comme simple réponse, il hoche la tête et me tourne me dos.

Gonflée de nouveau par le courage, je reprends ma route en fermant les poings. La démarche déterminée, on pourrait croire que je me prépare à passer devant une matriarche coincée d’Orlaïs. Prête à me faire taper sur les doigts… Pourtant, là non. Là je vais juste retrouver un ami. Une personne chère à mon cœur. Dès lors où la tente de commandement arrive dans mon champ de vision, je retiens ma respiration. Devant elle… Il est là pour de vrai. Un an. Je ne rêve pas. Mon cœur s’emballe et mes jambes se mettent à accélérer pour finalement se mettre à courir. « Reyner ! » Je n’ai le temps que de dire ça avant de lui tomber dessus pour l’enlacer plus fort que jamais. Mes mains essayent d’agripper la moindre parcelle de sa tenue. La peur vient de s’envoler. Dans un élan inhumain, je me serre la mâchoire pour éviter de laisser mes larmes rouler. Ce n’est pas vraiment l’accueil qu’on pourrait donner à un haut gradé j’en suis consciente. Mais il est plus que ça pour moi. J’avais presque oublié son odeur. Ses épaules et sa force. J’en suis presque à oublier ma place et le lieu où on se trouve.


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« In War, Victory. In Peace, Vigilance. In Death, Sacrifice. »
La liberté. Rengaine pompeuse de notre civilisation. Il n'y a que ceux qui en sont privés qui savent ce que cela signifie. Car il faut pouvoir être fort pour nier ce qu'on possède déjà.
   

(c) Myuu.BANG!

   
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— LIEU D'HABITATION : Sa demeure principale reste le château Cousland qu'il a fait reconstruire ; mais sinon, il se contente d'auberges et de nuits à la belle étoile.
— ÂGE : Reyner possède vingt-sept ans ; hé oui, très jeune pour un Grey Warden qui a sauvé Ferelden d'un Enclin. Que voulez-vous, les années ne font pas le talent !
— RANG SOCIAL : Noble de la lignée des Cousland, Reyner a très tôt subi une éducation adéquate à son titre de noblesse.
— PROFESSION : Il reste et restera toujours un Grey Warden, quelqu'en soit l'enjeux.
— FACTION : Comme dit plus haut, Reyner fait partie des Grey Warden - autrement dit la Garde des Ombres.
— ARMES : Il est armé d'une très belle épée Orlésïenne et d'un bouclier comportant l'écusson des Cousland dont il ne se séparerais pour rien au monde.
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— AMOUREUSEMENT : Reyner est célibataire, bien qu'il entretient une flamme inavouée pour l'un de ses confrères et éternel ami : Alistair Theirin.

MessageSujet: Re: [ACHEVÉ] [PRÉLUDE EVENT] Tell them : I'm coming home. [PV Alistair] Mar 28 Mar - 22:33

Reyner avait l'impression que le temps s'écoulait au ralenti. Sa joie et sa hâte s'étaient tous les deux faits rattrapés par cette peur incessante qui lui avait pris la tête tout le long de son voyage de retour au campement. Il connaissait Nara, bien trop même : il savait donc que dans quelques minutes, cette dernière, après de chaleureuses retrouvailles, allait le tanner à nouveau quant au passage de son Union. Or, s'il y avait une chose qu'il espérait, c'est qu'elle en ai oublié l'existence durant son absence — ce qui était bien entendu impossible, et il le comprenait très bien dans un sens. Mais il ne voulait pas la perdre, et c'est pour cela que ça l'effrayait autant. Il voulait la protéger ; il avait cette impression, celle comme quoi il avait été destiné à ça. Mais comment veiller sur son bien-être s'il doit l'envoyer à une expérience de mutation pour laquelle elle avait presque plus de cinquante pour cent de chance d'y laisser la vie ? C'était à s'en arracher les cheveux pour le Commandant.
Perdu dans ses pensées tandis que son regard fixait l'horizon, il entendit une voix crier son nom. Mais ce n'était pas n'importe quelle voix, non : c'était celle de son apprentie.

《 — Nara—  》

A peine fut-il redressé, les yeux rivés sur la rouquine alors qu'il avait ouvert la bouche pour prononcer son prénom qu'il sentit le poids du corps de son apprentie le pousser contre Bellanaris, le hahl poussant un petit bruit de surprise, tournant la tête vers eux — ses bois manquant d’assommer Reyner. Automatiquement, le commandant entoura le corps de Nara afin de la serrer contre lui — et pour amortir son élan —, ouvrant de grands yeux, les sourcils haussés. Il n'aurait jamais pensé avoir un tel accueil.
Tout en sentant les soubresauts de la Dalatienne qui, semblant grimaçante, saisissait avec force le tissus du haut de Reyner, il aurait pu jurer que des larmes vinrent lui piquer les yeux. Mais, aussi fier qu'il l'était, il ravala rapidement son émotion, un sourire marqué sur son visage. Il resserra son étreinte autour du corps de la femme en face de lui, et tenta de trouver quelque chose à dire : les mots n'avaient pas leur place devant une telle scène. Certaines personnes du campement s'étaient même arrêtées dans leur tâche afin de les regarder, certains avec un air d'incompréhension totale, d'autres avec un sourire des plus touchés.

Finalement, Reyner baissa son regard vers Nara. Il leva ses bras et alla lui saisir les joues de ses deux mains, lui redressant la tête pour qu'il puisse la fixer droit dans les yeux. Lorsqu'il croisa son regard, il fut comblé de redécouvrir le visage de sa petite protégée ; son sourire s'étira alors qu'il passa avec délicatesse l'un de ses pouces le long de sa paupière inférieure afin d'essuyer quelques larmes qui étaient coincées.

《 — Quel accueil. Dis-moi, je ne savais pas que tu étais si émotive, jeune fille. T'en m'en cache, de ces choses.  》

Gardant un sourire prononcé sur son visage, il lâcha les joues de Nara et pris un peu de recul quand elle jugea bon de lâcher les vêtements de son supérieur. Reyner était heureux de partager ce genre de moments ; cela lui rappela à quel point retrouver son frère durant son voyage le combla de bonheur, mais aussi de malheurs — il dû marcher dans le nouveau château Cousland afin de découvrir les travaux phénoménaux de ces dix dernières années. Beaucoup d'émotion pour un homme qui avait vu sa vie brisée entre ces murs. Il en avait aussi profité pour dresser des tombes en compagnie de Fergus, et avait même déposé un bouquet de fleurs dans la cour des écuries, à l'endroit où Vertis avait été assassiné.
Allant calmer Bellanaris qui semblait assez affolé de ressentir autant d'émotions de la part des deux individus près de lui, Reyner caressa doucement le poil de sa monture avant de tourner sa tête vers Nara, plissant les yeux, les reines — qu'il devait défaire maintenant qu'ils étaient à l'intérieur du camp —dans sa seconde main .

《 — Tu lui as manqué, tu sais. Je l'ai senti à son comportement. D'ailleurs, c'est pareil pour Barkspawn, mais il est déjà parti faire sa ronde dans le campement... Et il doit déjà essayer de voler la viande du cagibis à l'heure qu'il est.  》

Après avoir sorti cette phrase, Reyner ne pu s'empêcher de rire, un sourire en coin affiché sur le visage. Il souffla finalement tout en regardant les sacoches de la selle de Bellanaris, plongeant une main dans l'une d'entre elles, avant de tourner son visage vers Nara afin de lui lancer un regard tendre.

《 — C'est bon de te revoir, Nara. Comment te portes-tu ?  》

Alors qu'il attendait une réponse, il en profita pour sortir deux objets de ses sacoches. Il se tourna totalement vers Nara et il lui fit face, s'étant approché d'elle pour ne pas avoir à trop tendre le bras. Adorant faire des petits secrets et mystères, c'est avec amusement qu'il présentait alors les deux objets qu'il avait ramené à l'attention de son apprentie. Dans sa main droite se tenait une lettre, qu'il lui tendit doucement.

《 — J'ai eu l'occasion de faire un saut du côté du clan Lavellan durant mon absence... Tien. Ça vient de ta mère. Elle semblait heureuse d'avoir de tes nouvelles de vive voix quand je l'ai vu.  》

Dans son autre main, un objet était caché par les doigts de Reyner. Il n'en dévoila son contenu que lorsqu'il laissa Nara se saisir de la lettre, appuyant alors ses mots dans un sourire amusé tandis qu'il continuait d'observer la moindre expression de la part de la dalatienne.

《 — Quant à ceci, c'est aussi pour toi.  》

C'était un magnifique collier, dont le pendentif était fait d'os de hahl de la famille de Nara. Ayant eu l'occasion de passer quelques jours dans ce clan, il fut accueilli plutôt chaleureusement de par son statut formateur pour la jeune femme — et aussi car il avait sauvé Nara de la mort —. De ce fait, les membres du clan lui avait donné un os de hahl qui avait décédé courant de l'année. Et connaissant Reyner et son couteau de poche, il se retrouva bien vite à tailler l'os qu'il avait obtenu afin de créer un pendentif unique qu'il avait désiré offrir à Nara — chose faite. Reyner adore la sculpture. Lorsqu'il s'ennuie, il se retrouve souvent avec une branche d'arbre dans la main droite, et son couteau dans celle de gauche afin de laisser libre cours à son imagination. Il n'en parlait pas à grand monde — voir à personne car il n'était pas du genre à parler de lui, et c'est pour cela que sa passion reste encore quelque chose de peu connu à son sujet.
Mais bien sûr, Reyner était toujours aussi fier, même à en crever. C'est pourquoi il ne dit rien de plus à Nara — qui l'avait fait, pourquoi, en quoi était-ce fait, et en quel honneur le lui offrait-il. Tout ce qui comptait pour lui, c'était qu'elle le conserve. Il ne demandait rien de plus, rien de moins. Un grand sentimental, oui, mais pour son plus grand malheurs étant donné qu'il était très introverti.

En tout cas, s'il aurait été capable de dire une toute dernière chose à l'instant, il aurait surement avoué que la présence de Nara lui avait cruellement manqué. Mais, encore une fois... Il était bien trop fier.

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— NATIONALITÉ : Je suis une elfe Dalatienne. Mon lieu de naissance est inconnu en soi. Je dirais sans doute à l’arrière d’un chariot. Ou sagement au chaud. Aucune idée. Tout ce je sais s'est que ma naissance est arrivée un jour de pluie.
— LIEU D'HABITATION : Là où mes missions me mènent. Ça peut être une maison, un campement à la belle étoile ou une grotte. Qu’importe au fond. Tant que je suis où il faut au bon moment. En fait, je suis surtout mon Protecteur.
— ÂGE : 29 ans mais j'en parais moins.
— RANG SOCIAL : J'en possède un moi ? Basse société en tant qu'elfe Dalatienne et modèle de respect dans la Garde.
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— FACTION : Grey Warden en tant que Mage spécialiste de l'outre-tombe.
— ARMES : Mon bâton, comme tout mage qui se respecte ! Ce dernier se rapproche grandement du bâton du néant. Puis ma magie est surtout offensive. De plus, je pratique la Nécromancie.
— O.SEXUELLE : Je ne me suis jamais vraiment poser la question. Il faut connaître l’amour pour savoir.
— AMOUREUSEMENT : Célibataire comme le vent. Sans attache et sans cœur à prendre. Je ne me suis jamais vraiment intéressée à ça. Trop prise par ma vie d’elfe puis de garde. Puis c’est trop prise de tête.

MessageSujet: Re: [ACHEVÉ] [PRÉLUDE EVENT] Tell them : I'm coming home. [PV Alistair] Lun 22 Mai - 18:40

Tell them : I'm coming home.

Rien ne vaut plus que les regards.


Si je m’attendais à sa venue, j’aurais envisagé quelque chose. Une surprise, un cadeau ou même un meilleur état d’esprit que celui dans lequel je me trouve. Je devrais être heureuse, pleine d’entrain de retrouver mon ami et mon mentor. Mais tout ce qui me traverse se sont des questions. Comme un coup de fouet, je me rends compte que tout va redevenir comme avant. Le pire ? Dans les semaines qui vont arriver, je vais sans doute passer l’Union. Celle que j’attends depuis si longtemps est à portée de main. Je peux même caresser le rêve d’être une Garde. Mais je ne peux m’empêcher de penser : et si je ne suis pas assez forte et que je meurs ? Rien que d’y penser, j’ai un frisson qui me parcoure tout le long du dos. Pourtant Adaan n’a pas tort, je n’ai pas à gâcher des retrouvailles avec mes idées. C’est donc revigoré que je reprends la marche. Arrivée à proximité de la tente, mon cœur s’emballe en le voyant. Sans attendre, je fonds sur lui et l’enlace.

Mon prénom passant ses lèvres, je constate que j’en avais oublié sa voix. C’est donc avec une pointe de désespoir que je l’enlace. Je replonge dans mes souvenirs dans l’espoir de retrouver la même sensation qu’avant. Mais les choses sont bien plus compliquées que prévu. Tout ce que je parviens à faire ? Me donner une migraine à force de fermer mes yeux. Silencieuse, je me contente de profiter de ce moment avant de ne voir arriver quelqu’un d’autre. Son devoir de commandant va aussi émerger et je ne pourrais plus vraiment avoir de familiarité de la sorte. Puis il faudra aussi que je lui parle de cette fameuse mission dans les Tombes où j’ai… Désobéis aux ordres. Mais pour le moment, je préfère me taire et profiter.

Toujours sans un mot, je sens ses mains se poser sur mon visage. Ce geste à juste le don de laisser rouler quelques larmes sur mes joues alors qu’il me fixe avec un sourire. Mais sa remarque a le don de me faire grimacer légèrement avant de reprendre contenance et sourire à mon tour. J’ai changé depuis un an. Il va bien s’en rendre compte. Disons que je suis plus présente et souriante depuis mes retrouvailles avec Shiral. Puis le choque de cette rencontre ne m’avait pas permise de laisser aller mes émotions. Alors, je peux dire que maintenant, la coupe est pleine par deux bonnes nouvelles. Reprenant contenance dans un soupire déterminé, je le regarde calmer son halh. Je souris plus sincèrement à ses propos. « Atisha sera heureuse de les revoir. Mais elle doit être à l’extérieur du camp en ce moment. » En disant cela, je me retourne comme pour espérer me tromper. Mais le rire de Reyner à juste le don de faire arquer un sourcil alors que je reporte mon attention sur lui.

Puis les propos d’usages reviennent. Comment est-ce que je vais ? Bien et mal. Le premier parce que je suis heureuse et l’autre parce que cette joie me prend au ventre. « Je vais bien. Ton retour est surprenant… Tu as changé. Tes cheveux… Ça te va bien ! » Un énième grand sourire pendant que je le regarde et il se retourne vers moi et se plante en face. J’arque un sourcil quand il me tend une lettre. Je la prends délicatement sans détacher mes yeux de cette dernière avant qu’il ne me dise qui l’a écrite. À ce moment-là, une multitude d’émotions m’enlace. Je sens que je vais craquer… Pourtant, j’inspire profondément et meurs d’envie de l’ouvrir mais Reyner me devance en me tendant autre chose. Les yeux déjà bien embués, j’ai du mal à discerner le présent. Je ferme les yeux pour les rouvrir avec une vue plus claire. Lorsque je sors finalement la chose, je reste interdite. Toute mon enfance, j’ai vécu auprès d’eux. Je les ai nourries et aimés. Alors… Savoir que je tiens en main un os de hahl transformé en collier je dois avouer que cette fois, je ne me retiens aucunement.

Mes larmes se mettent à rouler comme une rivière en crue. J’essaye tant bien que mal de rester digne en riant par-dessus mes sanglots mais rien n’y fait. De la fille renfermée, solitaire et blasée, Reyner doit maintenant voir une gamine au cœur plus moue qu’une sucrerie. Je passe fermement mon poignet sur un de mes yeux dans l’espoir de faire cesser cet amas de larmes. Dans un réflexe, je renifle et serre les deux présents contre moi au niveau de mon cœur en baissant la tête. Lorsque je la relève, je peux constater malgré moi tous les regards de nos frères et sœurs. J’échappe un hoquet et repars l’enlacer sans retenu. « Merci infiniment Reyner… » Je me sépare, souris entre deux flots et enfile le pendentif en le caressant d’une main. « Il est magnifique ! » Cette fois, quand je reporte mon attention devant moi, j’arrive à le voir distinctement. Cependant, devant autant d’émotions, je remarque que ma main est serrée. Celle tenant la lettre de ma chère et tendre mère se retrouve légèrement froissée sous mon poing. Je la glisse à ma ceinture, prends place aux côtés de Reyner et après avoir séché mes dernières larmes je lui demande comment il va.

Tout aurait pu prendre une tournure plus décontractée si, ne levant la tête, mon regard n’avait pas croisé Alistair. Sa présence signe l’arrêt de nos retrouvailles. Je hausse les épaules quelque peu attristée mais je dois faire avec. Ils ont tant de choses à se raconter que je me dois de laisser de côté mes envies personnelles. « Regarde qui arrive… » Je m’étire un peu, me poste devant Reyner pour l’embrasser sur la joue. « On se verra plus tard. J’ai un mabari à retrouver et une lettre à lire. Puis accessoirement, un entraînement à terminer. » Je souris, m’incline avant de laisser échapper que c’est la dernière fois que je serais autant familière. Tournant les talons, j’arrive à la hauteur d’Alistair. Comme simple marque de respect, je me contente de lui faire un signe de tête.

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NB : Nara quitte le RP.

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La liberté. Rengaine pompeuse de notre civilisation. Il n'y a que ceux qui en sont privés qui savent ce que cela signifie. Car il faut pouvoir être fort pour nier ce qu'on possède déjà.
   

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— NATIONALITÉ : Il est Alamarri, né au château Cousland durant une nuit agitée par une tempête de neige plutôt violente.
— LIEU D'HABITATION : Sa demeure principale reste le château Cousland qu'il a fait reconstruire ; mais sinon, il se contente d'auberges et de nuits à la belle étoile.
— ÂGE : Reyner possède vingt-sept ans ; hé oui, très jeune pour un Grey Warden qui a sauvé Ferelden d'un Enclin. Que voulez-vous, les années ne font pas le talent !
— RANG SOCIAL : Noble de la lignée des Cousland, Reyner a très tôt subi une éducation adéquate à son titre de noblesse.
— PROFESSION : Il reste et restera toujours un Grey Warden, quelqu'en soit l'enjeux.
— FACTION : Comme dit plus haut, Reyner fait partie des Grey Warden - autrement dit la Garde des Ombres.
— ARMES : Il est armé d'une très belle épée Orlésïenne et d'un bouclier comportant l'écusson des Cousland dont il ne se séparerais pour rien au monde.
— O.SEXUELLE : Notre héro de Ferelden est homosexuel et donc est attiré par les hommes, ce qui a rendu le rituel de Morrigan assez difficile pour lui en y repensant.
— AMOUREUSEMENT : Reyner est célibataire, bien qu'il entretient une flamme inavouée pour l'un de ses confrères et éternel ami : Alistair Theirin.

MessageSujet: Re: [ACHEVÉ] [PRÉLUDE EVENT] Tell them : I'm coming home. [PV Alistair] Lun 5 Juin - 18:08

Reyner espérait sincèrement et du plus profond de son cœur faire plaisir à Nara en lui rapportant toutes ces petites merveilles sentimentales. Même si c'était un homme fermé de par les multiples blessures qu'il avait enduré tout au long de ces dix dernières années, il possédait un cœur en or comme on ne les faisait plus. C'est pour cela que la réaction de Nara le laissa dans l'incompréhension sur le moment.

Il était devant elle, souriant tendrement et sincèrement en la voyant regarder les objets qu'il lui avait apporté, jusqu'à afficher une mine totalement déconfite lorsqu'elle se mit subitement à pleurer. Il en redressa même ses deux mains pour les diriger vers elle, entre ouvrant la bouche tout en marmonnant un petit 《 — M-mais ?  》. Tandis que son regard vagabondait de droite à gauche sans savoir quoi faire, comme cherchant expressément de l'aide, il se mordit la lèvre inférieure. Il n'avait en aucun cas voulu la faire pleurer, même si c'était parce qu'elle était touchée ; ce genre de situation lui collait des angoisses comme pas possible. Et maintenant, il ne savait plus comment gérer ça.
Les regards des autres recrues se faisaient oppressants sur eux. Pourquoi tant de surprise ? Nara n'avait elle pas le droit d'avoir des émotions sans que toute les personnes du campement ne se mette à la reluquer de manière impolie et qui plus est, de travers ? Lorsqu'il en eu marre de se faire dévisager, Reyner leur lança un tel regard noir que la plupart en sursautèrent, retournant à leur occupations. Ha, les bonne vieilles habitudes... Cela ne lui avait pas du tout manqué. Seul, il se sentait bien mieux.

Finalement, la rouquine sécha ses larmes, d'une main tremblante qui eu pour résultat de faire serrer le cœur de Reyner. Bordel. Il détestait mettre les gens dans ces états là. C'est bien pour ça qu'il se taisait, en général. Se couper du monde pour ne pas blesser ceux qu'il aimait. Bon, très bien, soit : il ne l'avait pas blessée, loin de là : mais que voulez vous ? Avec Nara, Reyner était comme un père devant sa fille. Il voulait la faire sourire, pas la faire pleurer.
Lorsqu'elle lui dit à quel point elle trouvait le pendentif magnifique, le Commandant afficha un nouveau sourire, comme soulagé de voir le visage de son apprentie de nouveau illuminé par de la joie. Encore plus, elle vint l'enlacer. Malgré la surprise, il leva les bras afin de la serrer doucement, plissant les yeux en effaçant doucement son air inquiet qui était resté marqué durant un long moment sur son visage fatigué.

《 — Je t'en prie, Nara. Ne me remercie pas.  》

Lorsqu'elle le lâcha, Reyner leva la main afin de lui essuyer une larme qui était restée sur sa joue. Il la regarda tout en répondant à ses questions, et il lui en posa lui-même quelques unes. Comment elle allait, si tout s'était bien passé au niveau des entraînements et si Alistair n'avait pas fait de bêtises — bien que sur le coup, c'était plus pour la faire rire qu'autre chose ce qui fonctionna, au plus grand bonheur de Rey.

Néanmoins, le regard du jeune Commandant fut volé, tout comme son attention qui elle était totalement tournée vers Nara depuis le début de leur échange — mais plus maintenant ; au loin, marchant doucement, il vit Alistair s'approcher vers eux. Son cœur fit alors un bond qu'il n'aurait jamais cru possible. Il en haussa même les sourcils, son regard restant fixe.
Après tout ce temps, il ne pensait pas qu'un feu dont on avait tenté d'étouffer les flammes pouvait subitement se mettre à brûler ardemment comme c'était actuellement le cas. A la manière d'un volcan entrant en irruption, ses émotions se mélangeaient les unes aux autres et il semblait, vu de l'extérieur, totalement figé.

La voix de Nara lui fit l'impression d'un électrochoc. Revenant à la réalité, il ne se remit à bouger que lorsqu'il sentit un baiser réchauffer sa joue gelée. Ce fut non sans légèrement rougir — c'était à peine détectable — qu'il posa un regard étonnement doux sur son apprentie. Elle lui avoua que c'était la dernière fois qu'elle se montrait si familière, à la grande déception du Commandant qui, d'un hochement de tête formel, la regarder s'en aller. Il inspira, expira puis se tourna totalement vers l'homme de ses désir les plus fou, ce dernier étant enfin assez proche de lui afin qu'ils puissent échanger.
Reyner regarda de haut en bas Alistair, un sourire crispé sur le visage. Il se retenait de lui dire tout ce qu'il aurait voulu lui dire, tel que "tu n'as pas pris une ride, à croire que tu as été béni d'Andrasté", ou encore "tu m'as manqué à en devenir dingue", voir même "j'aimerais tellement t'embrasser, là, maintenant, tout de suite et devant tout le monde". A la place de toutes ces phrases sucrées et dégoulinantes d'amour et de naïveté, le jeune Commandant fini par le saluer.

《 — Bonsoir, Alistair.  》

Dans sa tête, il aurait voulu se baffer. "Bonsoir Alistair" ? C'était donc là tout ce qu'il était capable de dire à l'homme qu'il convoitait depuis si longtemps, au bout d'un an d'absence ? Il pesta intérieurement contre lui-même. Parfois, il se détestait au point de vouloir s'en foutre une... Ce qu'il ne fit pas bien évidemment. Néanmoins, ses yeux ne pouvaient que le trahir — Nara était d'ailleurs assez intelligente pour l'avoir vu à l’insu de Reyner grâce à cela — : la manière dont ils brillaient, ses pupilles qui étaient légèrement plus dilatées que la normale dès l'instant qu'il posait les yeux sur son aîné... L'amour est un sentiment, certes, mais n'oublions pas la chimie qui l'accompagnait.
S'il pouvait se reprocher seulement cela, ce serait passé. Mais Reyner se souvenait très bien du mot ensanglanté qu'il avait envoyé à son aîné il y a deux mois de cela : il lui devait des explications.

Reyner se tenait droit, mais en réalité, son torse était entouré de bandages pour éviter à une plaie béante de se vider de son sang. Il ne l'avait pas remarqué, mais une tâche rougeâtre s'était formée sur le tissus grisâtre de sa tunique de voyage. A peine avait-il alors salué —plus haut— Alistair qu'il commença à marcher non pas rapidement — mais pas calmement non plus en l'entraînant par le bras, l'air interdit. Toujours en entraînant Alistair qui ne devait pas du tout comprendre le comportement de son cadet, il lui lança un regard l’intimant de le suivre en ayant l'air naturel, lâchant par la suite son bras pour que les deux puissent faire mine que tout allait pour le mieux. Il avait semblé serein et sans soucis en face de Nara, mais actuellement, Reyner avait un lourd fardeau sur les épaules et il ne lui tardait de pouvoir en parler à son plus fidèle ami.
Arrivant finalement devant la tente de Reyner, ce dernier y rentra en murmurant à Alistair de le suivre.

Ce fut lorsqu'ils étaient enfin à l'intérieur que le jeune Commandant se laissa retomber contre sa couche, grimaçant et posant une main sur son torse.

《 — As-tu reçu mon mot ?  》

Il lui parla tout en retirant sa cape, ses ceintures, ses armes et bien entendu, son haut. Se retrouvant en simple chemise de couleur écru, il bougea douloureusement l'une de ses épaules avant de retirer le tout dernier vêtement du haut de son corps. Il dévoila ainsi ses bandages, enroulés autour de ses épaules, de sa cage thoracique mais aussi à quelques endroit autour de son ventre, des cicatrices fraîches visibles entre deux compresses usées.

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— NATIONALITÉ : Féreldien.
— LIEU D'HABITATION : Il n'a pas de résidence à proprement parler. Son foyer, sa famille... c'est là où se trouvent ses frères et soeurs Gardes des ombres. Là où le mène sa lutte contre l'engeance. Oh, il y a bien Weisshaupt et d'autres forteresses érigées par l'ordre — une par-ci, une par-là — mais de nos jours, ses représentants passent plus de nuits sur la route ou dans un bivouac qu'au fond d'un nid douillet.
— ÂGE : 32 ans. Né en 9:10 du dragon.
— RANG SOCIAL : Il est le bâtard du roi Maric Theirin. Cailan Theirin était donc son demi-frère. Voilà qui est dit. On peut passer à autre chose maintenant? ...non?
— PROFESSION : Grey Warden
— FACTION : ...Grey Warden?
— ARMES : Une épée à une main et un bouclier orné du blason de la Garde des Ombres. Il appartenait à son ancien mentor Duncan et lui a été offert pendant le 5ème enclin par Reyner. Sa formation de templier, bien qu'incomplète, lui offrit de précieuses capacités auxquelles il se refuse de recourir.
— O.SEXUELLE : Demisexuel. Alistair manque d'expérience et n'a pas souvent eu l'occasion de euh... ranger l'épée dans son fourreau? Entre l'enclin, son passé chez les templiers et la chantrie... et il attend l'âme sœur... la personne adéquate, celle qui fera battre son cœur? Comment, trop cul-cul? Ok. Faites comme si je n'avais rien dit.
— AMOUREUSEMENT : Célibataire.

MessageSujet: Re: [ACHEVÉ] [PRÉLUDE EVENT] Tell them : I'm coming home. [PV Alistair] Mer 14 Juin - 1:51

De retour de leur patrouille, les Grey Warden avançaient d'un pas impatient sur le chemin de Fort Bastel, pressés de retrouver le confort de leurs tentes et la chaleur d'un feu de bois. Au cours de cette ronde interminable, ils avaient du régler les quelques incidents mineurs qui opposaient les villageois d'Amaranthine et d'autres problèmes secondaires qui — en toute franchise — n'auraient jamais du nécessiter leur intervention. Un prétendu mage du sang, qui se révéla n'être qu'un vieil homme aigri, sans la moindre affinité magique. Des rumeurs sur de la contrebande de lyrium. Toutes infondées. Une bagarre d'ivrognes ayant abusé de l'alcool nain. Et, enfin, une histoire de vol à l'étalage qui s'était terminée de façon fort tragique, puisqu'elle avait conduit à la mort d'un marchand.
Le criminel à l'origine du larcin ne devait pas avoir plus de dix-sept ans. Son teint était blafard et maladif, et son corps squelettique. Si fin qu'on l'aurait dit cassant comme du verre. Selon les soldats qui l'avaient mis au trou, il n'avait pas mangé depuis plusieurs jours; la faim ayant justifié son geste désespéré. Alistair n'avait aucun problème à le croire. Le jeune homme n'avait que la peau sur les os.
Le Grey Warden écouta attentivement les commentaires des gardiens sur leur détenu pendant que ses recrues terminaient, seules, la patrouille. Il écouta avec patience chacune de leurs remarques, pertinentes ou pas, qui concernaient à la fois les motifs du crime, ses compétences dans le domaine — d'après la milice, mettre le grappin sur le voleur s'était révélé une tâche plus ardue qu'ils ne s'y attendaient — les circonstances du meurtre — accidentelles, comme il s'en était assuré — et le traitement réservé au coupable par la justice locale. La sanction serait, pour le garçon, un aller sans retour au bout d'une corde tendue.

Après une longue enquête, il décida que le jeune homme serait, si non un atout, au moins un élément intéressant pour l'ordre. Alistair n'aimait pas recruter des criminels. Il considérait l'enrôlement chez les Grey Warden comme un honneur, et se montrait très réfractaire (et encore, c'était un bel euphémisme) à l'idée de conscrire les nouveaux arrivants. Mais il existait toujours quelques exceptions à cette règle morale. Dans le cas de Bastian par exemple, la pilule semblait moins difficile à avaler. Il était très jeune. Il n'avait volé que pour apaiser sa faim, sans intention de malmener sa victime et encore moins de l'assassiner; celle-ci devait sa mort à une chute. Un enchaînement de circonstances regrettables l'avait mis dans cette mauvaise posture mais il ne méritait pas la peine capitale.
En temps d'enclin surtout, les Grey Warden avaient recruté de pires criminels. Des assassins. Des traîtres. Des violeurs. Certains d'entre eux optèrent pour la désertion et le payèrent de leurs vies. D'autres choisirent de faire pénitence. Ils intégrèrent leurs rangs jusqu'à ce que leurs frères d'armes, puis le monde entier, finissent par oublier les crimes. Une fois vêtus de l'uniforme, ils ne devenaient que de simples soldats. Seuls, ils n'étaient rien mais ensemble; ils représentaient la Garde des Ombres, un ordre séculaire et respecté dans tout Thédas.
Ignorant les plaintes de la milice locale, Alistair tira Bastian de sa cellule pour le prendre illico sous son aile. Il l'informa de sa situation et refusa sa gratitude; s'il souhaitait lui exprimer sa reconnaissance, il n'aurait qu'à faire comme toutes les autres recrues: s'entraîner et passer son union. Le Grey Warden essuya de vives protestations de la part des soldats mais leurs objections ne changeraient en rien le dénouement de cette histoire puisque le "commandant remplaçant" avait déjà invoqué le droit de conscription, rendant sa décision irrévocable.

Fort d'une nouvelle recrue, Alistair rejoignit le reste de son escouade aux portes de la ville. En son absence, les gardes qui l'accompagnaient avaient repoussé un assaut de brigands sur un chariot de ravitaillement. L'un d'entre eux souffrait d'une cheville cassée, un autre s'était démis l'épaule mais, fort heureusement, ces blessures étaient les seules à déplorer. Toutefois, ses hommes perdirent deux chevaux pendant la mêlée, ce qui ne présageait rien de bon pour la logistique du camp. Cette pensée arracha une grimace au Grey Warden. Par la sainte culotte d'Andrasté, encore! Il croisa les doigts, priant silencieusement le Créateur pour que les destriers retrouvent le chemin de Fort Bastel. Moins de paperasses pour lui; moins de reproches de la part de celui ou celle qui dresserait l'inventaire.
Selina, très certainement. Ah, Selina... Selina Selina. Une vraie langue de vipère celle-là. Depuis le départ de Reyner, Alistair et son incapacité à tenir des livres cohérents étaient devenus la Némésis de la jeune femme. Un sentiment que le blond lui retournait volontiers. En dépit des éternelles complaintes qu'il pouvait recevoir de sa part — mais qui sonnaient comme une langue étrangère à ses oreilles — et de toutes ses tentatives pour y mettre de l'ordre, les rapports du blond n'en devenaient pas plus lisibles pour autant. Il détestait les rédiger.
Les derniers chevaux furent distribués aux blessés qui se mirent aussitôt en selle et ouvrirent la voie, pendant que le reste de la patrouille rejoignait Fort Bastel à pieds — Alistair inclus. Le chemin fut long et éprouvant. Pour les recrues surtout, qui devaient subir toutes les doléances de leur responsable jusqu'à leur arrivée au campement. Peut-être même après, si la malchance les poursuivait. Jusqu'au petit matin ou jusqu'à la fin du mois, qui sait...? La rancune d'Alistair pouvait se prolonger indéfiniment ou disparaître dans la nuit. Une chose est sûre, jamais on n'entendrait autant parler de chevaux que durant cette randonnée forcée.

☀ ☀ ☀

Lorsqu'il arriva aux portes de Fort Bastel, Alistair nota vite un changement dans le comportement de ses hommes. Il les cru d'abord rassemblés autour d'un duel ou quelque chose dans cette veine, un prétexte pour rater l'entraînement. Ce ne serait pas la première fois que la bleusaille se trouvait une excuse pour paresser. Si Reyner était là, il les aurait forcés à récurer les latrines, pensa le Grey Warden en s'enfonçant dans le campement. Ou pire... une punition que le commandant aurait inventé spontanément et qu'Alistair serait incapable d'imaginer à sa place. Un châtiment si ignoble, si déplaisant qu'il contraindrait les recrues à se porter volontaires pour récurer les latrines. Oui. Voilà qui lui ressemblait bien.
Cette pensée étira les lèvres du blond en un sourire, jusqu'à ce que celui-ci se souvienne qu'en l'absence de Reyner, la distribution des sanctions faisait partie intégrante de ses responsabilités. Encore une tâche dont il se passerait bien. Il poussa un soupir résigné et décida, pour le moment du moins, d'ignorer tout ce remue-ménage. Qu'ils s'amusent tant qu'ils le pouvaient... cela ne saurait durer. Les tire-au-flanc verraient bientôt à quel point son couroux pouvait être terrible et inévitable. Tremblez, pauvres fous...! Vous finirez en pâtures aux griffons!
Enfin... chaque chose en son temps. Le "commandant remplaçant" accompagna d'abord sa nouvelle recrue jusqu'à l'infirmerie pour que les blessures infligées par la milice d'Amaranthine soient pansées. Il laissa Bastian sous la supervision d'un vétéran de l'ordre afin qu'une fois remis sur pieds, celui-ci ne se retrouve pas perdu en terres inconnues. Pour sa sécurité mais aussi celle du campement.
Alistair se dirigea alors sans entrain vers la tente du commandement, ayant déjà oublié depuis belle lurette ses projets de sanctions qu'il n'avait, de toute façon, jamais eu l'intention d'appliquer. Lorsqu'il aperçu Selina du coin de l’œil, il fit un grand détour pour éviter l'intendante — il éprouvait une certaine appréhension à l'idée de se faire remonter les bretelles, là, tout de suite.
Ses pas le menèrent non loin du garde-manger; et c'est en contournant l'édifice que son attention fut attirée par le capharnaüm qui s'en échappait. Il s'arrêta donc, intrigué par le bruit. Voilà qu'ils se faisaient dévaliser maintenant! Sécher l'entraînement, c'était déjà quelque chose mais lorsqu'il était question de cuisine, là, le blond se montrait particulièrement intransigeant. Il entrouvrit la porte du garde-manger, prêt à réprimander le coupable... et se retrouva aussitôt projeté à terre, renversé par l'élan de la bête qui avait sauté dans ses bras.
Quelques secondes s'écoulèrent avant qu'Alistair ne comprenne ce qui lui était tombé dessus. Entre deux coups de langue, il finit par reprendre ses esprits. Il saisit la bouille du mabari entre ses deux mains pour le reculer de son visage et regarda le large molosse à la langue pendante baver sur son uniforme.

« Barkspawn...? »

Murmura-t-il en reconnaissant le mabari, mais sans toutefois en croire ses yeux. Celui-ci répondit à l'annonce de son nom par un aboiement, tout en battant la queue d'un air réjoui; c'était bel et bien lui. Incroyable.
Oubliant temporairement sa fatigue, Alistair repoussa l'animal — qui l'écrasait de tout son poids et, ma foi, le monstre pesait une tonne de muscles — et entreprit de lui grattouiller les joues et l'arrière des oreilles avec une énergie renouvelée. Barkspawn s'étala à plat ventre sur le sol, présentant son bidon au Warden, et ce dernier continua de le caresser en s'écriant cette fois:

« C'est toi, hein, mon gros patapouf! Ça alors! Et voilà que tu débarques sans prévenir, sans même m'envoyer une lettre. Il va falloir t'inculquer les bonnes manières, jeune homme. »

Ses mains continuèrent de flatter vigoureusement le bedon du mabari pendant que son esprit s'égarait. Si Barkspawn était là, alors, son maître ne devait pas se trouver bien loin... Reyner était de retour à Fort Bastel. En vie.
La nouvelle le frappa comme un coup de tonnerre mais en guise d'éclair, ce fut une vague de soulagement qui le traversa. Comme si l'on venait de retirer un poids de ses lourdes épaules. La dernière lettre du commandant Cousland — si l'on pouvait appeler ce bout de papier ensanglanté une lettre — l'avait laissé en suspens, préoccupé et terriblement anxieux. On aurait cru lire les derniers mots d'un mourant. Depuis la réception de cette lettre, il était resté dans l'incertitude sur la situation de son ami. Attendant de ses nouvelles, en vain, il avait imaginé le pire des scénarios. Il ne pensait plus revoir Reyner. Maintenant qu'il le savait sain et sauf, il se rendait compte à quel point ne pas savoir l'avait abattu.
Perdu dans ses pensées, le Grey Warden cessa de cajoler Barkspawn, qui réclama son attention en poussant des aboiements plaintifs. Tout bien réfléchi, l'arrivée du héros de Férelden devait être la cause de l'agitation qui régnait dans les rangs depuis son retour de patrouille. Pourquoi ne l'en avait-on pas averti?
Oh. Oh... Alistair grimaça, réalisant soudain son erreur; lorsqu'aux portes du fort, Aldric lui avait annoncé avec un grand sourire que « la relève était arrivée », il n'y avait pas accordé plus d'attention que ça — préférant s'occuper de sa jeune recrue — mais celui-ci faisait référence au commandant de l'ordre. Bon sang, ce qu'il pouvait être stupide! Un soupir échappa au blond, tant il était consterné par sa propre bêtise. Il se redressa en s'époussetant les genoux. Une fois debout sur ses deux jambes, il se remit en marche, d'un pas plus précipité cette fois.

☀ ☀ ☀

Sa démarche se fit plus pressante à mesure qu'ils approchaient de la tente du commandement. Derrière lui, Barkspawn sautillait gaiement, tenant entre ses deux mâchoires un gros gigot juteux subtilisé au garde-manger. Alistair n'avait pas eu le cœur à le lui reprendre. Rien d'étonnant à cela; le Grey Warden s'était toujours montré un peu trop conciliant avec son compagnon à quatre pattes. Il avait pris la mauvaise habitude de le nourrir dans le dos de son maître — ce que ce dernier n'était pas sans ignorer, d'ailleurs — et il lui arrivait même de lui faire la conversation, avec plus ou moins de sérieux. Bien que ces échanges puissent paraître absurdes aux yeux de son entourage, les mabari se trouvaient être des créatures particulièrement brillantes et les aboiements de Barkspawn dénotaient une certaine intelligence... mais, surtout, Alistair adorait les chiens. Et puis, à quoi bon lui enlever le pain de la bouche quand des traînées de bave et de poils recouvraient déjà l'ensemble de sa prise? Qui voudrait manger ce... truc?
Lorsque ses yeux ambrés s'arrêtèrent sur le jeune commandant, Alistair ne pu réprimer un sourire. Quel soulagement que de le retrouver indemne après tant d'incertitudes. Il se tint d'abord à l'écart du groupe, quoique bien visible, laissant à Nara le temps de s'éclipser. Un fort lien affectif les unissait; alors, ces deux-là méritaient bien un peu d'intimité pour rattraper le temps perdu. Quand la jeune femme s'éloigna, adressant à Alistair un signe de tête en passant, ce dernier lui retourna son salut. Avant de se diriger à son tour vers Reyner.
Il était prêt à l'accueillir chaleureusement, ayant même avancé la main pour lui saisir amicalement l'épaule en guise de bienvenue; mais avant qu'il n'arrive à sa hauteur, Reyner le salua d'une manière très formelle. Ce qui l'incita à revoir sa stratégie. Il se ravisa, rabattant aussitôt la main sur la tête de Barkspawn (merci à toi, fidèle mabari) pour sauver les apparences. Ni vu ni connu.

« Reyner, c'est bon de te revoir. »

Déclara-t-il finalement, souriant, et ne laissant rien deviner de la déception que cet accueil — un peu trop "froid" à son goût — avait pu lui apporter. Leur amitié avait-elle tant pâti de leurs absences...? Alistair décida de ne pas y accorder plus d'importance que nécessaire, mettant le manque d'enthousiasme de Reyner sur le compte de la fatigue après un long voyage. Il allait d'ailleurs s'enquérir sur son déroulement. Mais avant qu'il ne prononce un seul mot, le jeune Cousland le saisit par le bras pour l'intimer à le suivre. Perplexe, le Grey Warden lui emboîta le pas docilement, jusqu'à sa tente, où ils s'engouffrèrent tous les deux. C'est alors que Reyner évoqua la raison de leur fuite, tout en prenant place sur sa couchette. Il voulait parler du mot. Ah, le *fameux* mot. L'avait-il reçu?

« Oh, tu veux dire, le mystérieux bout de papier ensanglanté, déchiré et terriblement évasif que j'ai reçu un beau matin, suivi d'aucune explication ni la moindre nouvelle pendant près de deux mois? Ce mot là? »

Ses bras se croisèrent contre sa poitrine et il se tint comme un bloc devant son confrère. Il voulait des explications, à présent... et mieux valait que ses excuses soient bonnes. Oh et puis tout compte fait, non! Alistair n'en avait pas terminé avec lui. Après deux mois d'inquiétude, il était en droit de vider son sac.
Sans attendre la réponse de Reyner, le blond reprit donc sa diatribe, oubliant un court instant le respect de la hiérarchie. Car en ce qui le concernait, il ne tenait pas tête à son supérieur mais se trouvait, avant toute chose, au chevet d'un ami de longue date; quelqu'un qui lui était cher.

« Et bien sûr, il m'aura fallu garder mes inquiétudes pour moi puisque je ne devais "faire confiance à personne". As-tu idée du soucis que j'ai pu me faire? Si au moins, j'avais su... »

Si Alistair avait su que son commandant se portait bien, qu'il se trouvait hors de danger, il n'aurait pas passé tant de jours à se ronger les sangs.
Arrivé à cette conclusion, le Grey Warden s'arrêta net. Non. Son attitude laissait à désirer. Qu'est-ce qui lui prenait? Il n'aurait pas dû déchaîner sa hargne contre Reyner alors qu'en définitive, ses mots acerbes ne traduisaient pas ses véritables émotions. Il aurait dû exprimer son soulagement, au lieu de laisser libre cours à sa colère. Sa voix se fit plus douce lorsqu'il reprit la parole.

« Je... Excuse-moi, Reyner. Je ne voulais pas m'emporter. Ces dernières semaines ont été rudes. Mais elles l'ont probablement été encore plus pour toi, et voilà que je ramène tout à moi comme si j'étais le seul à l'avoir enduré... désolé, mon ami. — Par Andrasté! Que t'est-il arrivé? »

Ses yeux ambrés s'arrondirent tandis qu'il prenait conscience de l'état pitoyable dans lequel se trouvait son ami. Quelque soit l'endroit où son regard s'attardait sur son torse dénudé, de nouvelles blessures semblaient pointer le bout de leur nez. Désormais, la colère d'Alistair s'était complètement évaporée. Il commença même à éprouver de la culpabilité, le regardant avec une mine abattue.

« Je savais que j'aurais dû t'accompagner. »

Chuchota-t-il à mi-voix, pour lui-même plus que pour Reyner.

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— ÂGE : Reyner possède vingt-sept ans ; hé oui, très jeune pour un Grey Warden qui a sauvé Ferelden d'un Enclin. Que voulez-vous, les années ne font pas le talent !
— RANG SOCIAL : Noble de la lignée des Cousland, Reyner a très tôt subi une éducation adéquate à son titre de noblesse.
— PROFESSION : Il reste et restera toujours un Grey Warden, quelqu'en soit l'enjeux.
— FACTION : Comme dit plus haut, Reyner fait partie des Grey Warden - autrement dit la Garde des Ombres.
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— O.SEXUELLE : Notre héro de Ferelden est homosexuel et donc est attiré par les hommes, ce qui a rendu le rituel de Morrigan assez difficile pour lui en y repensant.
— AMOUREUSEMENT : Reyner est célibataire, bien qu'il entretient une flamme inavouée pour l'un de ses confrères et éternel ami : Alistair Theirin.

MessageSujet: Re: [ACHEVÉ] [PRÉLUDE EVENT] Tell them : I'm coming home. [PV Alistair] Lun 14 Aoû - 20:12

Même si Reyner ne voulait pas mettre au courant Alistair ou quique ce soit d'autre de ses blessures, il avait fini par se faire une raison : vu tout ce qu'il devait raconter à son aîné, il n'avait guère le choix. La douleur physique qu'il endurait n'était pas évidente à dissimuler et au fur et à mesure de leur discussion, cela allait forcément se faire remarquer. Jouer cartes sur table était donc plus sûr et plus sain pour eux deux.
Néanmoins, même si le jeune homme savait qu'Alistair s'était inquiété à son sujet, jamais il n'aurait pu penser que ce dernier puisse se montrer blessant. Les mots du garde raisonnaient avec une amertume et une agressivité  toute nouvelle pour le héro, et alors que ses yeux étaient rivés sur ses blessures, son teint devint pâle à l'entente des phrases de son vis à vis. Son regard se leva lentement vers Alistair qui continuait de vider son sac sur son cadet, tandis que son cœur se mit à tambouriner de manière douloureuse dans sa cage thoracique. Les idées voilées d'une couche d'épuisement doublée par les émotions, tout ce qu'il entendit ; Reyner le pris au mot, et son cerveau en amplifia même la façon dont il les perçu.

Reyner était présentement bouche bée, à regarder l'homme qu'il aimait avec une certaine désillusion. Ne se doutait-il pas du fait que son commandant avait agit comme ça non pas par choix mais par nécessité ? Comment pouvait-il lui en vouloir, alors que la vérité cachée derrière ce geste allait surement bouleverser Alistair ? Car oui, ce qui était en réalité derrière ce geste lugubre n'était pas du tout joli à voir.
Alors que la voix d'Alistair retombait dans des intonations bien plus douces et rassurantes, les émotions qui avaient submergé Reyner lui remontèrent violemment à la figure. Jamais en dix ans, le jeune homme n'avait pleuré ou montré de signe de faiblesse à quiconque. La dernière fois que cela lui était arrivé, c'était lorsque sa famille fut décimée, la nuit où le château Cousland tomba aux mains de Howe. Et pourtant, le voilà maintenant ; cet homme stoïque de nature, symbole de courage et de détermination, inspirant tant de belles chose au peuple de Thédas... Ébranlé, écroulé, des larmes roulant le long de ses joues pâles et creusées par son périple.

《 — Pardonne moi...  》

Sa main se posa sur ses blessures encore vives et acerbes, tandis qu'un mouvement global de son corps le fit se pencher en avant ; ses yeux se fermèrent et une grimace apparut sur son visage. Les seuls mots qu'il avait sorti à son camarade étaient ceux plus haut ; qu'il répéta une, deux... Puis trois fois, alors que ses joues continuaient de voir glisser des larmes contre elles. Outre la douleur de ses blessures, la seule réellement souffrance qu'il endurait actuellement était celle qu'Alistair lui avait déclenché par des propos qui l'avait rendu extrêmement coupable. Cela était impressionnant de voir à quel point les réactions du jeune commandant étaient différentes  selon la personne d'où venait les reproches. Et encore, aurait-il été dans son état habituel qu'il n'aurait pas bronché ou même aurait tenté de prendre l'échange houleux d'un autre angle ; là, non, son cerveau refusait catégoriquement de fonctionner comme à son habitude. Et c'en était que plus horrible pour lui.

Néanmoins, ses blessures le rappelèrent à l'ordre. Il se rendit compte de cet instant de faiblesse et serra alors les dents comme pour essayer de se faire se souvenir qu'il n'était pas seul et qu'Alistair le fixait, bêtement, sans savoir ni quoi dire ni quoi faire. Sa grimace s’amplifia et il recula sa main désormais rougie par ce liquide rubis qui avait recommencé à ruisseler le long de son torse et de son ventre. Un soupir s'échappa d'entre ses lèvres et ses larmes cessèrent instantanément ; il alla d'ailleurs essuyer le reste de ces dernières d'un geste rapide et à l'aide du dos de sa main droite, la gauche saisissant le tissus préalablement sorti qui lui servirait de compresse. Alors qu'il s'occupait d'éponger ses plaies en continuant d'arborer une mine peu ravie de cet épisode physiquement douloureux, son regard vagabonda sur son côté droit. Il n'assumait pas du tout le fait de s'être mis à nu devant son compagnon de toujours, sanglots à l'appui. Ranger sa fierté était tout un art chez Reyner ; un art qu'il ne maîtrisait pas du tout.
Néanmoins, il devait faire face. Ses yeux légèrement rougis par son précédent chagrin, il fixa à nouveau Alistair, droit dans les yeux, de nouveau calme et posé comme il l'avait toujours été. Il tenta d'expliquer la situation mais ses pensées, elles, étaient encore chamboulées et sans dessus dessous... Si bien que sa phrase changea plusieurs fois de sujets.

《 — Je n'ai pas pu faire autrement. L'histoire est longue à expliquer, je... Pardonne ma réaction, j'ai fais un voyage très difficile et... Oh, et puis, bon sang, Alistair. Comment peux-tu croire que je te ferais te soucier de mon sort pour me rire de toi ? Si j'ai agis ainsi, c'est que je n'avais pas d'autre choix, cela me semble pourtant bien évident. Surtout après tout ce que nous avons traversé ensembles, et compte tenu des sentiments que j'éprouve pour toi-  》

Ses propos étaient sortis telle une rivière en crue. Incapable de retenir le moindre de ces mots, il écarquilla les yeux en remarquant la fin de sa tirade. 《des sentiments que j'éprouve pour toi》. Il l'avait dit. Après dix longues années. Il avait lâché le secret le plus lourd de toute sa chienne de vie : son amour pour son meilleur ami. Lui-même sonné qu'une telle confession, il ouvrit la bouche puis la referma, aucun son ne franchissant la barrière de ses lèvres.

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Dernière édition par Reyner Cousland le Mer 30 Aoû - 0:28, édité 1 fois
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— NATIONALITÉ : Féreldien.
— LIEU D'HABITATION : Il n'a pas de résidence à proprement parler. Son foyer, sa famille... c'est là où se trouvent ses frères et soeurs Gardes des ombres. Là où le mène sa lutte contre l'engeance. Oh, il y a bien Weisshaupt et d'autres forteresses érigées par l'ordre — une par-ci, une par-là — mais de nos jours, ses représentants passent plus de nuits sur la route ou dans un bivouac qu'au fond d'un nid douillet.
— ÂGE : 32 ans. Né en 9:10 du dragon.
— RANG SOCIAL : Il est le bâtard du roi Maric Theirin. Cailan Theirin était donc son demi-frère. Voilà qui est dit. On peut passer à autre chose maintenant? ...non?
— PROFESSION : Grey Warden
— FACTION : ...Grey Warden?
— ARMES : Une épée à une main et un bouclier orné du blason de la Garde des Ombres. Il appartenait à son ancien mentor Duncan et lui a été offert pendant le 5ème enclin par Reyner. Sa formation de templier, bien qu'incomplète, lui offrit de précieuses capacités auxquelles il se refuse de recourir.
— O.SEXUELLE : Demisexuel. Alistair manque d'expérience et n'a pas souvent eu l'occasion de euh... ranger l'épée dans son fourreau? Entre l'enclin, son passé chez les templiers et la chantrie... et il attend l'âme sœur... la personne adéquate, celle qui fera battre son cœur? Comment, trop cul-cul? Ok. Faites comme si je n'avais rien dit.
— AMOUREUSEMENT : Célibataire.

MessageSujet: Re: [ACHEVÉ] [PRÉLUDE EVENT] Tell them : I'm coming home. [PV Alistair] Dim 20 Aoû - 16:53

Des larmes se pressèrent sous les cils diaphanes du jeune commandant avant de dévaler les lignes de son visage émacié. Encore livides de douleur, ses joues humides étaient traversées d'un fin filet d'argent et son dos courbé, comme s'il supportait à lui seul un lourd fardeau; cette vision serra le cœur d'Alistair, dont la culpabilité ne faisait que grandir. Il se sentait terriblement mal. Et la raison de son désarroi n'était pas difficile à deviner. Jamais, ô grand jamais, le Grey Warden n'avait vu Reyner dans un tel état de détresse. Au cours de la dernière décénie, celui-ci s'était montré plus fort qu'un roc. Il avait toujours fait preuve d'une force et d'un sang froid extraordinaires. Affrontant les obstacles qui se dressaient sur sa route sans jamais rechigner, ni montrer le moindre signe de faiblesse... certaines recrues voyaient en lui un guerrier invincible. Il était le héros de Férelden. Parfois, Alistair lui-même partageait cette impression, ayant été le témoin direct de ses exploits. Il l'avait vu pourfendre un archidémon et survivre. On oubliait bien trop facilement que derrière la légende se cachait un homme... un homme d'exception, certes, mais sensible et ébranlable.
Et voilà que, brusquement, ses barrières s'abaissaient pour le dévoiler sous un tout nouveau jour. Mais face à cette facette de Reyner qu'il découvrait pour la toute première fois, celle d'un jeune homme vulnérable, Alistair ne savait pas comment se comporter. Hésitant, il resta coi et immobile pendant un instant, estomaqué par sa propre maladresse. Il se sentait affreusement responsable. Il l'avait blessé; bon sang, quel imbécile il faisait...! Stupide, stupide Alistair!
Si le Warden regrettait amèrement ses dures paroles, il n'en ignorait pourtant pas l'origine. Ces deux mois sans nouvelles l'avaient également affecté; il était resté en suspens, mijotant dans son inquiétude. Chaque jour qui passait pesait davantage sur sa conscience tandis qu'il questionnait jusqu'à la survie de son ami. Préparer les reproches qu'il lui adresserait à son retour avait aidé Alistair à se raccrocher à un espoir illusoire: celui qu'il le reverrait un jour.

« Reyner, je suis désolé. Tu n'as pas à t'excuser mon ami, il n'y a rien à pardonner. C'est moi. Je suis stupide. J'aurais du t'écouter au lieu de te reprocher quoique ce soit. Alors... »

Alistair se mordit la lèvre, interrompant ses excuses à mi-chemin. Les sourcils froncés en signe de préoccupation, il posa sur Reyner un regard de chien battu. Il n'aimait pas le voir dans cette position... et bien qu'en l'occurrence, ce soit la première fois qu'il en soit témoin, c'était déjà une fois de trop à son goût.
Il se rapprocha et vint s'asseoir à ses côtés sur le lit. Il aurait aimé le rassurer. Une fois encore, son bras fit un mouvement en sa direction mais se ravisa bien vite. De une, parce que le Grey Warden avait trop peur de lui faire du mal en effleurant l'une de ses nombreuses blessures. De deux... il ne saurait pas par où commencer, ni comment l'expliquer; mais s'ils en étaient arrivés là par sa faute, il ne voulait pas faire quoique ce soit qui vienne empirer les choses.
Il resta donc figé sur place, si proche et pourtant si distant. Pétri de remords et d'incertitudes. Un sentiment le prit aux tripes — celui de tout faire de travers — tandis qu'une petite voix moqueuse murmurait dans sa tête, applaudissant sa stupidité légendaire. Une voix qui ressemblait étrangement à celle de Morrigan. Que faire, que dire...? Alistair ne pouvait pas laisser Reyner s'imaginer qu'il se cherchait des excuses pour justifier ses paroles. Mettre de côté ses insécurités et être présent pour son ami auraient dû s'imposer comme une priorité.

« J'étais mort d'inquiétude. »

Conclut-il maladroitement.

Alistair retrouva le silence, observant Reyner panser ses plaies sans piper mot. Il se garda bien de prononcer le moindre commentaire à ce sujet; même si en toute franchise, il aurait préféré que son ami fasse un détour par l'infirmerie. Puis, lorsque ce dernier reprit la parole, il accueillit sa tirade avec une surprise grandissante. Que Reyner se rit de lui...? Cette idée ne lui était jamais passée par la tête! Bien sûr, en son fort intérieur, Alistair n'étant pas sans ignorer que son ami avait agit sous la contrainte. Il n'en avait jamais douté. Pas une seule seconde. En exigeant de Reyner qu'il lui fasse parvenir de ses nouvelles malgré tout, il demandait l'impossible... il ne s'était pas montré rationnel.
Toutefois, Alistair ne pouvait pas lui reprocher de l'avoir pris au mot. Les mots ont un sens et sont lourds de conséquence pour qui les entend. Les prononcer à la légère, c'était s'exposer à de dangereux malentendus. L'envie de protester restait très forte mais il s'efforça de ne pas couper la parole à Reyner et de lui laisser le temps d'évacuer tout ce qu'il avait sur le coeur. Au bout du compte, le jeune homme s'interrompit de lui-même, au beau milieu d'une phrase.
Et justement, en parlant de sens et de malentendus...! Ses derniers mots firent l'objet d'une grande confusion pour l'ex-templier. Elles sonnaient drôlement comme une confession. Non pas que celui-ci ait beaucoup d'expérience en la matière, mais bon... ce n'était pas le cas, hein...? Un mauvais choix de mots, voilà tout. Il faisait référence à leur amitié indéfectible, n'est-ce pas...?

« Ah... ah. »

Ses yeux ambrés cherchèrent les siens. Lorsqu'il les vit tous deux écarquillés, un air troublé sur le visage, Alistair comprit qu'il était complètement à côté de ses pompes — comme toujours — et que ces paroles avaient échappé involontairement à Reyner. Ces mots avaient un sens. Un sens qui n'était pas sujet à interprétation, visiblement. "Des sentiments que j'éprouve pour toi."

« Tu veux dire... mais... »

Balbutia-t-il, prenant peu à peu conscience de ce qu'il venait de se passer. Son expression avait rejoint celle de Reyner, les yeux arrondis d'étonnement. Mais il n'y avait aucun jugement dans sa voix, toujours douce et bienveillante, seule la surprise et la confusion d'un homme perdu et un peu long à la détente.

« Depuis quand...? »

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— NATIONALITÉ : Il est Alamarri, né au château Cousland durant une nuit agitée par une tempête de neige plutôt violente.
— LIEU D'HABITATION : Sa demeure principale reste le château Cousland qu'il a fait reconstruire ; mais sinon, il se contente d'auberges et de nuits à la belle étoile.
— ÂGE : Reyner possède vingt-sept ans ; hé oui, très jeune pour un Grey Warden qui a sauvé Ferelden d'un Enclin. Que voulez-vous, les années ne font pas le talent !
— RANG SOCIAL : Noble de la lignée des Cousland, Reyner a très tôt subi une éducation adéquate à son titre de noblesse.
— PROFESSION : Il reste et restera toujours un Grey Warden, quelqu'en soit l'enjeux.
— FACTION : Comme dit plus haut, Reyner fait partie des Grey Warden - autrement dit la Garde des Ombres.
— ARMES : Il est armé d'une très belle épée Orlésïenne et d'un bouclier comportant l'écusson des Cousland dont il ne se séparerais pour rien au monde.
— O.SEXUELLE : Notre héro de Ferelden est homosexuel et donc est attiré par les hommes, ce qui a rendu le rituel de Morrigan assez difficile pour lui en y repensant.
— AMOUREUSEMENT : Reyner est célibataire, bien qu'il entretient une flamme inavouée pour l'un de ses confrères et éternel ami : Alistair Theirin.

MessageSujet: Re: [ACHEVÉ] [PRÉLUDE EVENT] Tell them : I'm coming home. [PV Alistair] Dim 20 Aoû - 23:58

Lorsque Reyner était aussi vulnérable qu'il l'était actuellement, la présence d'Alistair auprès de lui en était que trop dangereuse quant à tout ce qui se cachait au fin fond du cœur enflammé du Commandant. Aurais-je dis enflammé ? Oh, non... Cet adjectif était bien trop faible pour décrire la force des sentiments qui animait tout l'être de l'Alamarri. Son cœur était un volcan. Bouillonnant à l'intérieur, inactif à l'extérieur. Car il avait toujours fait en sorte de sauver les apparences, quoi qu'il arrive. De ne pas montrer ses faiblesses, sa vulnérabilité. Si jamais son amour pour son compagnon d'arme s'ébruitait, Alistair allait être en danger. Il le savait, il en avait eu la confirmation il y a deux mois de cela. Il avait beau s'être vengé d'Howe, cet homme n'était pas le seul à vouloir mettre fin aux jours du Héros de Ferelden. Ce titre était en fait à double tranchant. Il y avait la gloire, une place pour son nom dans la légende et les contes de Thédas, mais ce que l'on ne vous disait pas... C'était tout ce qui venait avec cela. Le prix à payer. Les pertes. La pression, les meurtres, les combats, les blessures, la souffrance. Tel était le destin d'un héros, tel était le destin de Reyner Cousland. Il y avait des concessions à faire, et seule Andrasté sait à quel point il en avait fait... Tout comme celle de ne jamais dire à l'homme qu'il aimait à quel point les sentiments qu'il portait pour lui étaient grands, au risque de le voir se faire tuer un beau matin en guise de vengeance envers le héros.
Œuvrer pour le bien de tous ne voulait pas dire faire uniquement de bonne chose, ou tout du moins pas pour tout le monde. Il y avait toujours une poignée de personne pour penser le total contraire de ce que vous pensiez, quand bien même le raisonnement juste et logique que vous pouviez avoir. Et sincèrement, même si Howe n'était plus de ce monde, il y avait sans aucun doute encore de ses anciens homme de main dans la nature, à vouloir se venger du Commandant de la Garde qui leur avait tout arraché —même si une vie de pillage, d'assassina et comblée par la honte d'avoir quasiment éradiqué une lignée prestigieuse descendant directement des Alamarri n'était pas vraiment reluisante —.

Lorsqu'Alistair s'était assis près de Reyner, ce dernier sentit son esprit se réjouir de cette proximité, une proximité qu'il avait longuement espéré en secret. Il essaya de rester toujours de marbre, ses yeux fixant le sol plus loin, restant stoïque. Les mots d'Alistair firent place à une question qui, sans pouvoir le contrôler, fit apparaître un rictus dans le coin droit des lèvres du héros. C'est dans un murmure, un souffle de voix rauque et mélancolique qu'il lui répondit.

《 — D'aussi longtemps que je me souvienne.  》

Et plus encore.

Comme s'il fut rappelé de nouveau à l'ordre, Reyner se redressa vivement, reculant le tissu qui avait fini d'éponger ses plaies, ces dernières calmées de leur saignement vif. Il saisit de quoi se panser, mais il s'était persuadé d'aller dans la tente qui servait d'infirmerie aussitôt aurait-il fini de s'entretenir avec Alistair pour avoir des soins bien plus sérieux que ce petit rafistolage rapide qu'il était en train de s'administrer maladroitement. Il se racla doucement la gorge, entourant une, deux, puis trois fois sa peau de ces bandes médicinales de couleur écru.

《 — La raison pour laquelle ce mot ensanglanté t'es parvenu... Corypheus.  》

Il attacha avec une certaine délicatesse l'extrémité de son bandage en dessous d'un autre, ses mains parfois tremblantes. Ses ongles étaient courts, pareils à ceux d'un homme stressé qui avait du se demander comment annoncer une terrible nouvelle et qui du coup se les était rongés. Certains d'entre eux étaient entourés eux-aussi de bandages, mais étaient dans un état bien moins reluisant : usés par la terre et le sang, cela n'augurait rien de bon quant au type de blessure qui concernait ses doigts. Il ne pouvait pas réellement utiliser ces derniers, d'ailleurs ; il se contentait de jongler entre ceux qui fonctionnaient parfaitement bien pour ne pas se blesser d'avantage.

《 — Il me semblait avoir fait part au campement et au quartier général que d'après l'Inquisition, Corypheus aurait rallié les templiers à sa cause. Les mages, eux, ont rejoint la bannière de l'Inquisiteur pour de bon. Mais...  》

Il posa doucement ses mains sur ses cuisses, tournant doucement son regard vers Alistair. Ses yeux dévièrent de chemin, fuyant celui de son ami d'enfance afin de contempler de nouveau le vide, alors qu'il remis une de ses mèches longue derrière son oreille afin de ne pas être gêné ; il se contenta finalement de fixer ses propre pieds, l'air troublé, ses sourcils se fronçant sous sa nouvelle tirade.

《 — Ils sont différents.  Comme si... Comme si le lyrium qu'ils ingurgitaient était lui-même différent de celui qui existait déjà. Il est rouge. Comme un rubis. J'en ai trouvé des traces près de leur campement. J'ai même ramené une fiole qui était sur le corps d'un des templiers.  》

A nouveau, son regard bleu et aussi pur que du cristal transcenda le regard ambré d'Alistair. La possibilité d'admirer à nouveau le visage si apaisant de son bien aimé compagnon d'arme était source de réconfort et de sérénité pour Reyner. Même si le récit qu'il lui contait aurait pu être bien plus mélancolique, le jeune Commandant de la Garde des Ombres ne voulait pas s'attarder sur ce qu'il lui était arrivé en détail. En revanche, si Alistair osait lui demander des précisions, alors soit : il lui répondrait. Mais il allait surtout lui dire ce qui était important dans cette mésaventure : un récit qu'il allait, dès demain, être conté aux oreilles des supérieurs de la Garde afin de contacter l'Inquisition sous l'accord du chef suprême des Warden. Ils devaient passer une alliance pour le bien de tous.

《 — Je pensais pouvoir me débrouiller tout seul. Mais j'ai eu tort. Ils m'ont attrapé alors que je les observais. Je n'ai pas été prudent sur ce coup là. Une chose en entraîna une autre et je me suis retrouvé attaché sans pouvoir faire quoique ce soit de plus que de les laisser m'interroger nuits et jours. Heureusement pour moi, je ne suis pas ce qu'on appelle un homme coopératif. Barkspawn et Bellanaris m'ont sauvé la vie sur ce coup là. Ne jamais sous estimer les compagnons à quatre pattes.  》

En revanche, tout cela n'expliquait pas pourquoi Reyner avait envoyé cette mise en garde à Alistair. Il soupira doucement, ses paupières aux longs cils de couleur cendrée se retrouvant closes.

《 — L'un des templiers. Quand j'étais captif. Il a prononcé ton nom. Il m'a annoncé qu'il s'occuperait de trouver un autre moyen de pression pour me faire parler. Je ne sais absolument pas comment cela lui est arrivé aux oreilles, mais... Apparemment, il y a une taupe chez nous. Il y a un traître dans le campement, Alistair. Dans notre famille. Dans nos frères d'armes. Quelqu'un qui est des leurs et qui peut causer notre perte à tous. Il redressa doucement son visage suite à ça. Je t'ai donc envoyé ce mot. Pour que tu saches, au plus vite, ce que tu devais faire : ne faire confiance à personne.  》

Son visage se tourna vers celui de son compagnon de toujours. Cette fois ci, Reyner s'était débridé, si bien qu'il semblait plus naturel qu'il ne l'avait jamais été en dix ans. Sa main entourée de pansements alla saisir avec une douceur toute particulière celle d'Alistair, l'espace de quelques instants, brièvement. Peut-être que ce geste était déplacé compte tenu de la réaction du blondinet face aux sentiments qu’éprouvait son cadet pour lui, mais il n'en avait que faire. Raconter de nouveau tout cela lui rappela la sensation qu'il avait ressenti lorsqu'il était captif. Celle de ne jamais plus revoir l'homme qu'il avait toujours aimé. Celle d'oublier ce sourire, ces yeux au regard si touchant, et ce support qui l'aida à être aussi solide qu'un roc au fil des années. Être un héros ne se fait pas seul. Ça se fait à plusieurs. Comme Reyner le disait si bien : Il n'y a pas d'héros. Il n'y a que de l'amitié.
Il lui offrit un sourire. Un sourire emprunt à la tristesse, qui disparu bien vite de ses lèvres, laissant place à cette expression si peu reconnaissable chez le Commandant. De la tendresse.

《 — Aussi longtemps que je serais en vie, jamais personne ne lèvera la main sur toi. C'est mon campement. Il est sous ma direction. Je suis responsable de tout ce qu'il s'y passe. Fait-moi confiance, d'accord ?  》

Il lâcha alors la main d'Alistair, saisissant ses vêtements afin de se rhabiller en silence, restant interdit. Il aurait eu encore beaucoup de choses à lui dire, notamment le fait qu'il avait une piste pour soigner l'appel : mais pour l'instant, il se devait d'aller à l'infirmerie au plus vite car il sentait que ses forces étaient bientôt épuisées. Ne voulant pas inquiéter plus que ça Alistair, il avait donc favorisé l'arrêt de la discussion pour ce soir.
Une fois rhabillé de la tête aux pieds, il saisit le tissus remplis de sang et se leva. Il tourna ses yeux azurs pour fixer ceux de son ami.

《 — Résultat des courses, je pars demain. Je vais au quartier général. Je dois à tout prix les prévenir de tout ça. Ou sinon, les répercutions seront sans précédents.  》

Un nouveau sourire apparut sur les lèvres de Reyner. Cette fois ci encore, il n'était pas empli de joie mais d'une tristesse particulièrement touchante.

《 — Désolé, mon ami. Encore une fois, je vais devoir m'en aller sans toi.  》

Se punissait-il volontairement en mettant une distance entre lui et Alistair ? Peut-être bien, oui. En réalité, c'était la seule personne à qui il faisait autant confiance pour diriger le campement en son absence. Une ville entière dépendait de la Garde des Ombres, il ne pouvait pas se permettre de parier sur le mauvais cheval.
Il se dirigea doucement vers l'entrée de la tente et, dans un dernier coup d'oeil au blondinet, il lui lâcha une phrase qu'il ne pu s'empêcher de retenir.

《 — Au fait. Tu n'as pas changé. Tu es toujours aussi beau.  》

C'est en faisant dos à Alistair qu'il sortit de l'endroit en inspirant une bouffée d'air une fois à l'extérieur. Ouah. Comment pouvait-il décrire son ressenti ? Il se sentait... Libre. Léger. Libéré d'un poids, d'un secret qu'il gardait depuis bien trop longtemps. L'homme derrière la carapace d'acier avait refait surface, ce soir là. Reyner Cousland, pas le héros de Ferelden. Le jeune orphelin à la fragilité dangereuse. Celui qui avait un cœur aussi pur que la neige. Son vrai lui même, qu'il pensait ne jamais pouvoir faire revenir à la surface un jour.
C'est ainsi qu'il alla ramener Bellanaris aux écuries après l'avoir lesté de sa selle de voyage ; prenant toute ses affaires, il alla à l'infirmerie afin de se faire convenablement rafistoler, et ce dans le plus grand des calme.

_________________
I'm scared of what's inside my head.
the City of the DeadI'm scared of what's inside my head, what's inside my soul ; I feel like I'm running but getting nowhere. Fear is suffocating me, I can't breathe, I feel like I'm drowning, I'm sinking deeper. White light fades to red as I enter the City of the Dead. I feel it burning through my veins, it's driving me insane, the fever is rising, i'm going under.


Dernière édition par Reyner Cousland le Mer 30 Aoû - 0:28, édité 1 fois
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— NATIONALITÉ : Féreldien.
— LIEU D'HABITATION : Il n'a pas de résidence à proprement parler. Son foyer, sa famille... c'est là où se trouvent ses frères et soeurs Gardes des ombres. Là où le mène sa lutte contre l'engeance. Oh, il y a bien Weisshaupt et d'autres forteresses érigées par l'ordre — une par-ci, une par-là — mais de nos jours, ses représentants passent plus de nuits sur la route ou dans un bivouac qu'au fond d'un nid douillet.
— ÂGE : 32 ans. Né en 9:10 du dragon.
— RANG SOCIAL : Il est le bâtard du roi Maric Theirin. Cailan Theirin était donc son demi-frère. Voilà qui est dit. On peut passer à autre chose maintenant? ...non?
— PROFESSION : Grey Warden
— FACTION : ...Grey Warden?
— ARMES : Une épée à une main et un bouclier orné du blason de la Garde des Ombres. Il appartenait à son ancien mentor Duncan et lui a été offert pendant le 5ème enclin par Reyner. Sa formation de templier, bien qu'incomplète, lui offrit de précieuses capacités auxquelles il se refuse de recourir.
— O.SEXUELLE : Demisexuel. Alistair manque d'expérience et n'a pas souvent eu l'occasion de euh... ranger l'épée dans son fourreau? Entre l'enclin, son passé chez les templiers et la chantrie... et il attend l'âme sœur... la personne adéquate, celle qui fera battre son cœur? Comment, trop cul-cul? Ok. Faites comme si je n'avais rien dit.
— AMOUREUSEMENT : Célibataire.

MessageSujet: Re: [ACHEVÉ] [PRÉLUDE EVENT] Tell them : I'm coming home. [PV Alistair] Sam 26 Aoû - 12:47

Lorsqu'il trouva réponse à sa question — et Andrasté, quelle réponse! — Alistair ne sut d'abord qu'en faire. Quelles conclusions tirer de ces aveux pour le moins inattendus? Il ne s'attendait pas à de telles révélations. Tout bien réfléchi, il ne savait d'ailleurs pas à quoi il s'attendait... qu'espérait-il obtenir? Une estimation de temps? Et à combien s'éléverait-elle, alors? Un an, deux ans, peut-être plus encore? Mais pouvait-on seulement poser un chiffre sur ces choses là, sur les sentiments d'une personne...? Cela paraissait bien présomptueux de sa part et c'est pourquoi, à la seconde même où Reyner eut satisfait sa curiosité, le blond regretta d'avoir posé cette question. Si celui-ci l'aimait — comme tout semblait l'indiquer — lui, n'avait fait que remuer le couteau dans la plaie.
"D'aussi longtemps que je me souvienne." Pendant un court laps de temps, les paroles du jeune Cousland se répétèrent en boucle dans sa tête. Ces mots, il les entendait aussi clairement qu'un son de cloche, comme un puissant écho se répercutant contre les parois de la tente. Toutefois, leur signification restait nébuleuse pour son esprit engourdi; s'il en croyait ses deux oreilles, Reyner lui-même ne saurait estimer l'apparition de ses sentiments. À moins que... que ça ne soit une manière pour lui d'indiquer qu'il l'aimait depuis toujours, depuis près de dix ans...? Oui. C'était probablement le message qu'on essayait de lui transmettre. Arrivé à cette conclusion, Alistair se prit aussitôt d'intérêt pour le plafond. Ses yeux balayèrent nerveusement la voûte qui les surplombait, à la recherche d'une échappatoire. Embarrassé par sa découverte. Par les émotions si fortes, si sincères qui émanaient de son ami. Non pas qu'il considère celles-ci comme déplacées — jamais il ne se serait permis de le juger — mais parce que le Grey Warden venait de réaliser que, durant toutes ces années, et depuis si longtemps; il s'était trouvé au centre de son attention sans jamais s'en rendre compte. Comment. Comment avait-il pu ne pas s'en rendre compte?

« Je suis désolé... de n'en avoir jamais pris conscience... de ne pas... ç'a dû être dur pour toi. »

Murmura-t-il, tandis que son regard s'abaissait vers le sol, fixant le même point invisible que son compagnon d'arme; subissant le silence timidement imposé par deux cœurs qui se cherchaient sans se trouver — pas encore, pas tout de suite. Deux êtres tenus à distance, par la peur de se perdre pour l'un, par une inconscience doublée d'une naïveté aveugle pour l'autre.
Ignorant des efforts déployés par Reyner pour garder son amour secret, Alistair déplorait de n'avoir su les deviner plus tôt. Peut-être ne lui avait-il pas accordé suffisamment d'attention. Quel piètre observateur faisait-il... et quel piètre ami, de surcroît! Comme si blâmer son manque de discernement ne suffisait pas, il ressentait aussi une peine irraisonnée à l'idée que, si son ami avait révélé ses sentiments aussi tardivement (et par accident, qui plus est), c'était sans doute par crainte de compromettre leur amitié. N'avait-il pas confiance en eux? Un lien fort les unissait depuis leur association pendant le cinquième enclin. Ce lien ne se briserait pas aussi facilement. Il était construit pour durer.
Timidement, Alistair tourna la tête vers le principal concerné. La tristesse et la douleur éprouvées par ce dernier ne découlaient pas de blessures physiques, mais elles étaient aussi manifestes que les plaies recouvrant son torse. La peur du rejet se trouvait-elle à l'origine de sa réserve? Ça, il pouvait le comprendre. Car ces mots que Reyner ne voulait pas entendre... il ne voulait surtout pas les prononcer. Alistair ne pouvait s'y résoudre. Il tenait à trop à lui pour ça.
Avant que celui-ci ne trouve quelque chose à redire, le jeune Cousland mis un terme à la discussion en évoquant les raisons qui l'avaient conduit à envoyer le fameux parchemin, celui qui fut le point de départ de leur échange. Il accepta avec un certain soulagement le changement de sujet, trop heureux de quitter cette conversation qu'aucun des deux Warden ne paraissait maîtriser.

Bien sûr, il déchanta très vite. Tandis que se profilait le rapport du commandant Cousland, les nouvelles s'accumulèrent à grande vitesse; et elles étaient toutes plus mauvaises les unes que les autres. Il ne tarda pas à saisir la gravité de la situation. Des templiers corrompus par un mystérieux lyrium rouge? Cet ordre séculaire dont la rigueur et la loyauté n'étaient plus à démontrer — et dont il avait lui-même fait partie — avait prêté allégeance à une engeance?! S'en était pris au héros de Férelden?!? Il n'en croyait pas ses oreilles. Et voilà qu'on lui apprenait, par dessus le marché, qu'une taupe sévissait dans leurs rangs. Alors qu'Alistair voyait en chaque recrue un frère ou une sœur — des hommes et des femmes pour qui il aurait volontiers risqué sa vie — l'un d'entre eux, un Grey Warden, s'était couvert de déshonneur en les trahissant... bafouant les valeurs les plus élémentaires de la Garde. L'information était dure à encaisser.
Son visage se décomposa lentement, adoptant une pâleur inhabituelle et ses yeux s'écarquillèrent d'effroi à plusieurs reprises. Notamment quand Reyner mentionna l'interrogatoire des templiers à son encontre, ce qui — il n'était pas dupe — était synonyme de tortures. Alistair fut parcouru d'un long frisson. Il osait à peine imaginer les horreurs que celui-ci avait enduré durant son périple. Ou peut-être ne les imaginait-il que trop bien. Lorsqu'une main vint recouvrir la sienne, la serrant avec tendresse, son regard s'attarda sur les bandages qui l'enveloppaient. Il eut un nouveau pincement au coeur. Il aurait aimé être là pour lui. Pour assurer ses arrières, le préserver des obstacles et tourments de sa quête. Il aurait aimé — non, il aurait être là. Il aurait dû.
"Aussi longtemps que je serais en vie, jamais personne ne lèvera la main sur toi." Ses yeux ambrés se levèrent pour dévisager l'homme venant de prononcer ces paroles. Il pu lire sur son visage toute la tendresse que ce dernier éprouvait à son égard, tous ces mots qu'il n'oserait jamais exprimer à voix haute; mais pourquoi les lui énoncer maintenant, alors que ses émotions se manifestaient d'une façon aussi flagrante; que tous ses sentiments se bousculaient à la porte de son âme, tourbillonnant dans l'océan de ses magnifiques yeux bleu?

« Reyner... »

Commença-t-il d'une voix faible, presque plaintive, avant de perdre le fil de ses pensées; oubliant momentanément sa réplique. Ce n'était pourtant pas l'envie de protester qui lui manquait. En dépit de ses découvertes et des difficultés qui avaient rythmé sa vie au cours des derniers mois, son ami trouvait encore le moyen de s'inquiéter pour lui. Reyner avait le cœur sur la main. Un cœur d'or. Mais en l'état actuel, il ferait mieux de privilégier son propre bien-être. Alistair se garda toutefois de formuler cette critique: cela sonnerait très hypocrite de sa part, car il souffrait de la même propension au sacrifice.
Lorsque le jeune commandant se leva pour se revêtir avant de quitter la tente, Alistair se surprit à regretter le contact de sa main. Sa présence le rassurait. Après une absence qui — lui semblait-il — avait duré une éternité, le sentir si proche... si accessible... c'était comme retrouver la pièce centrale d'un puzzle complexe, mais incomplet, dont il ne connaissait pas encore la résultante. Alors que les pièces s'assemblaient progressivement, l'oeuvre se dévoilait. C'était un portrait chaleureux, une mélodie familière; c'était un jeu de patience qui, une fois résolu, dissiperait toute confusion et permettrait aux deux Grey Warden de poser un regard nouveau sur leur relation. Enfin... à Alistair, surtout.
Mais voilà que Reyner lui échappait, à nouveau.
Alistair le regarda s'éloigner. Ses lèvres s'entrouvrirent pendant qu'il cherchait les mots pour le retenir, mais aucun son ne s'échappa de sa gorge. Il ne savait que faire. Il se sentait perdu, empêtré dans un brouillard épais et sans issue... d'où lui venait cette curieuse sensation? Ce trouble dans lequel il plongeait tout à coup? "Au fait. Tu n'as pas changé. Tu es toujours aussi beau."
Lorsque ses yeux se posèrent sur Reyner, celui-ci lui tournait désormais le dos. Alistair le vit franchir le pas de la porte, laissant derrière lui un vide impossible à combler; il se leva et, debout au milieu de cette pièce étrangement déserte, se remémora les dernières paroles de son ami. S'il n'avait pas changé d'un poil, son compagnon d'arme, quant à lui, paraissait différent. Ses cheveux cendrés avaient poussé — ce n'était peut-être qu'un détail anodin mais aux yeux du Grey Warden, ce changement lui allait merveilleusement bien.

☀ ☀ ☀

Il avait besoin d'air.

Une fois hors de la tente, Alistair ne chercha pas à rattraper Reyner; de toute manière, il ne serait pas parvenu à s'exprimer clairement... le brouillard qui le troublait depuis ne s'était toujours pas dissipé. Il restait confus et hésitant.
Pendant un temps indéterminé, celui-ci vagabonda à travers le campement. Il marchait pour se vider la tête, sans but ni destination précise — espérant qu'un peu d'air frais viendrait éclaircir ses esprits. Ignorant les quelques gardes qui croisaient son chemin, il s'égara d'abord dans les couloirs de Fort Bastel avant de rejoindre le terrain d'entraînement — vide, à cette heure-ci — où il entreprit de ramasser les flèches oubliées par des archers un peu trop pressés d'en finir avec leurs exercices. Une tâche incombant d'ordinaire aux novices de l'ordre, mais qu'importe; aussi pénible soit-elle, le blond ne se plaindrait pas de cette corvée. Il avait grand besoin d'une distraction.
Alistair prit tout son temps. En parfait modèle d'inefficacité, il fit durer sa tâche aussi longuement que possible, ramassant les carreaux un à un pour ensuite les ramener aux râteliers d'armes dans une succession d'allers-retours inutiles. Toutefois, aussi indisciplinées et paresseuses soient-elles, les recrues n'avaient pas laissé suffisamment de munitions derrière elles pour l'occuper plus de cinq minutes. Le Warden se retrouva donc très vite avec la dernière flèche entre les mains, qu'il fit négligemment tournoyer entre ses doigts tandis que ses yeux ambrés suivaient la rotation de la pointe d'acier. Ils ne restèrent captivés par son mouvement qu'une fraction de seconde, guère plus... Alistair finit par s'en désintéresser et ses pensées retournèrent naturellement vers Reyner.
"Tu es toujours aussi beau" lui avait-il murmuré avant de prendre la fuite. Voilà un compliment que le blond n'entendait pas tous les jours...! De la bouche du jeune commandant, c'était encore plus surprenant.
Tandis que ses joues s'empourpraient, Alistair se félicita intérieurement d'avoir su garder sa contenance dans une telle situation — si l'on pouvait qualifier sa pseudo-paralysie de "contenance" — certes, il ne s'était pas montré très réactif mais ç'aurait pu être bien pire. Il s'en était plutôt bien tiré, non?

Il aurait pu, entre autres, rougir comme une pivoine, trembler sous le coup de l'émotion ou laisser s'échapper une flatterie involontaire; par exemple, que ses cheveux longs lui plaisaient ou qu'il lui avait terriblement manqué. Ce qui était vrai, bien entendu, mais de telles déclarations semblaient risquées, sujettes à une mauvaise interprétation; Reyner aurait pu faire fausse route et croire qu'ils partageaient les mêmes sentiments. Qu'il l'aimait, lui aussi.
Mais n'était-ce pas le cas...? N'était-ce pas ce qu'il ressentait réellement?
Arrivé à cette conclusion, le reste de son visage s'embrasa. Ses oreilles prirent une teinte rose vif. Tout à coup, tout paraissait beaucoup plus clair dans la tête du blond. Comme s'il venait d'acquérir la dernière pièce du puzzle... il pouvait les voir, à présent. Le portrait. La mélodie. Il aimait Reyner.
Enfin, Alistair quitta le terrain d'entraînement où il se prélassait depuis dieu sait combien de temps. Il traversa les jardins somptueux de Fort Bastel, parcourut ses remparts avec la flegme d'un somnambule... jusqu'à se retrouver nez-à-nez avec une porte d'apparence familière — celle des quartiers du commandant Cousland. Sans qu'il n'en prenne conscience, ses pas l'avaient guidé jusqu'à sa chambre. Ah... ah. Alistair se tint bêtement là, dressé comme un piquet. Un filet de lumière s'échappait de l'embrasure de la porte.
Son poing s'abattit nerveusement contre le panneau en bois. Lorsque Reyner lui fit signe d'entrer, il s'engouffra aussitôt à l'intérieur de ses quartiers, sans réfléchir une seule seconde à ce qui l'amenait en ces lieux. Mais quand le jeune homme se retrouva dans son champ de vision, la bulle éclata; Alistair revint brusquement à la réalité. Sans accorder le moindre regard aux alentours, au flamboiement des torches mourantes et aux meubles délaissés pendant près d'un an, il reporta immédiatement son regard sur son ami. Après un moment d'hésitation, sa langue finit par se délier. Il y avait tant à dire...

« Reyner, je sais que la situation est urgente, d'autant plus si nous avons des éléments ennemis dans nos rangs. »

Déclara-t-il avec détermination, avant de se rendre compte qu'il tenait toujours dans sa main droite la flèche en acier — Alistair la balança sur une table d'un air gêné, avant de reprendre comme si de rien n'était:

« Mais tu ne peux pas repartir dès maintenant, et seul! Par le Créateur, Rey, regarde toi! L'état dans lequel tu es... tu vas te tuer. Et si l'ordre est en péril, et que le lyrium dont tu m'as parlé se répand dans Thédas... on aura jamais eu autant besoin de toi que maintenant. En vie. »

Il ne voulait pas que Reyner parte.
Il ne voulait pas qu'il parte.

« Reste au campement. Prend le temps de te remettre de tes blessures. Envoie quelqu'un d'autre porter le message, tu pourras reprendre la route plus tard s'il le faut... on devrait bien réussir à dénicher au moins une personne de confiance parmi nos recrues, non? Nara, peut-être? »

Alors qu'il faisait de son mieux pour le retenir, réunissant ces arguments qui — il le savait — ne suffiraient pas à le convaincre, cette tête de mule, Alistair s'en était peu à peu rapproché. Il ne s'attendait pas à ce que Reyner capitule. Celui-ci tenterait probablement de le rassurer, avant d'insister sur la nécessité de se rendre en personne à leurs quartiers généraux... probablement. Il n'aurait qu'à l'écouter pour en obtenir confirmation, mais... à l'heure actuelle, la voix de Reyner lui semblait étrangement lointaine. Il l'entendait à peine, étouffée par les pulsations de son cœur qui battait à tout rompre.
Alistair avait cessé de réfléchir, d'essayer de comprendre; son bras droit se leva lentement, frôlant de près la joue de Reyner pour saisir, avec délicatesse, une mèche de ses fins cheveux blancs. Il la caressa du bout des doigts avant de la remettre en place. Puis, ses mains se posèrent doucement de chaque côté du visage de l'homme qui lui faisait face... C'est alors que, sans plus attendre, il déposa ses lèvres contre les siennes et l'embrassa tendrement.

_________________
ϟ Alistair ϟ
Theirin

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