PROCHAIN NIV. :
Invité
Invité
Posté Lun 13 Mar - 10:51





Lavellan Shiral

J
e n'ai jamais vraiment eu l'envie d'écrire mes sentiments ou mes journées. Pourtant, aujourd'hui plus que jamais, j'ai besoin d'en parler. Je ne veux pas en parler au membre de l'inquisition. Non pas par manque de confiance. J'ai une entière confiance envers Solas, l'inquisiteur et Cullen et je sais que je pourrais leur dire. Néanmoins, il m'est plus facile de coucher les mots sur du papier avec de l'encre, que le dire à voix haute avec des paroles.

Ainsi, voici qu'aujourd'hui je commence à écrire… Je ne commencerai pas par « Il était une fois » comme les contes pour enfants, ma vie n'est en rien un conte ou un mythe. Elle n'est pas totalement heureuse, ni totalement triste. Il n'y a pas que du bonheur, il y a aussi de la tristesse, de la colère et de la trahison.

Sur ce… Je prends ma plume et j'écris.


Voici mon journal.

page 1
© sobade.


PROCHAIN NIV. :
Invité
Invité
Posté Lun 20 Mar - 2:09




La haine plus fort que l'amour


R
evoir Nara m'a fait comprendre à quel point j'avais changé. À quel point elle m'avait fait changer… Je ne pensais pas qu'une femme pouvait avoir une telle emprise sur une personne. C'est comme si elle m'avait marqué au fer rouge, comme si, malgré le fait qu'elle soit morte, son âme était encore là, s'accrochant à moi, m'entourant et m'étranglant de sa présence. Cela a raviver de vieille blessure qui, je le découvre, ne sont pas guéris. Le seront-elles un jour ? J'ai bien peur que non ? Mais ce n'est pas comme si je pouvais en parler à quelqu'un… J'en ai honte… Honte de ce passé, honte de ce qu'il m'est arrivé. Alors que je me passe une main dans mes longs cheveux, je me remémore le passé. J'ai besoin d'écrire cette journée. Ne pouvant en parler, je décide de le mettre sur papier, mais les mots sont comme des pierres dans mon cœur qui s'alourdit petit à petit.

C'était un soir de pluie. J'étais enfermé dans ce qui semblait être une cave. J'avais froid et pour cause, je n'étais habillé que d'un pantalon vert foncé, à la limite du gris. Les chaînes à mes poignets et à mon cou me faisaient mal, me laissant une blessure à vif. J'étais à genoux, mais la fatigue faisait que mon corps se laissait tomber en avant à bout d'énergie. Je soufflais, fatigué, épuisé, par les jours qui passaient. Je n'avais pas vu le soleil depuis plusieurs semaines. Je n'avais qu'une crainte, qu'elle revienne. Cette femme que j'avais aimée, mais que la jalousie et la peur de me perdre avait fait changer. Je ne la reconnaissais plus.

Soudain, alors que mes yeux se fermaient, espérant trouver le repos, la porte s'ouvrit avec fracas, me faisant sursauter et relever la tête pour apercevoir mon bourreau, un rictus malsain sur les lèvres et pourtant qu'elle était belle. Oui. À ce moment, je l'aimais toujours. L'amour est une chose qui ne ce contrôle pas et je pensais pouvoir la ramener à la raison. J'avais l'espoir. Mais l'espoir mourut rapidement, ne me laissant qu'à mon triste sort, tandis qu'elle s'approchait de moi avec un chat à neuf queues et je savais ce qu'elle allait faire par la suite. Mes pires craintes furent confirmées par ses paroles :

« Je vais t'apprendre l'obéissance. Je vais te faire m'aimer.
- Cela est inutile Elea… Je t'ai…
- NON ! CE N'EST PAS ASSEZ ! »


Pas assez ? Qu'avais-je fait pour que cela ne soit pas assez ? Je n'avais pas regardé les autres femmes, je lui étais resté fidèle. Alors, pourquoi ? Qu'est-ce qui n'allait pas ? Je ne comprenais pas, je ne savais pas. C'était une total incompréhension et bien que j'essayais de lui dire, elle ne m'écoutait pas. C'était comme parler à un sourd. Je baissais la tête en signe d'abandon. Je l'avais perdu, mais plus encore, elle venait de me perdre. Puisque mon amour ne suffisait pas, j'avais décidé de tout faire pour fuir. D'attendre le bon moment pour m'évader. En attendant, il me fallait supporter.

Le premier coup arriva, me faisant pousser une plainte et une grimace. La morsure du fouet sur le devant de mon corps me laisse une belle marque, ma peau blanche devenant rapidement rouge. Elle frappe une deuxième fois et une troisième fois au même endroit, la peau rouge devenant sang, le liquide coulant doucement sur mon torse amaigri par la faim. À chaque coup la blessure physique saigne et la psychologique s'ouvre un peu plus. Je n'en pouvais plus. Je voulais qu'elle en finisse. Je voulais en finir. Même si cela signifiait ma mort.

Après tout, a qui aurais-je pu manquer ? Le Clan avait des nouvelles certes, mais s'ils n'en avaient plus ? Que pourraient-ils faire ? Aller à ma poursuite ? Risquer la sécurité du clan ? Non. Ce n'était tout bonnement pas sensible. Personne ne m'attendait désormais. Personne n'avait besoin de moi. J'étais seul et je le méritais. Vraiment ? Étais ce cela ma punition pour les avoir quittés ? Étaisce un message pour me dire que je n'aurais jamais dû quitter mon clan et les miens ? N'y avait-il donc rien ni personne dehors qui m'attendait ? Qui m'accueillerait les bras ouverts en me disant « je t'attendais ! » ?

Je fus rapidement sorti de mes pensées par une vive brûlure qui m'arracha un puissant cri de douleur. Je baissais la tête pour voir qu'elle m'avait marqué comme une bête. Le sceau de sa famille se trouvait désormais sur ma hanche droite près, trop près du bas de mon ventre, rendant ainsi la douleur insupportable. Je serrais les dents, des larmes de douleur et de colère coulant sur mes joues sans que je ne puisse les contrôler. Je levais mon regard vers elle, utilisant ce qu'il me restait de force pour lui crier :

« ACHÈVE MOI !!! »

Mais je n'eu que pour réponse deux gifles et un rictus malsain, avant qu'elle me prenne le menton, m'enfonçant ses ongles dans la chaire tout en me crachant son venin à la bouche, comme un poison s'insinuant dans mon corps :

« Tu. M'appartiens. Tu. Es. Mien ! »

Elle avait prononcé chaque mot lentement, comme une malédiction qu'on lançait sur une personne et s'était peut-être le cas.

Encore aujourd'hui j'ai l'impression de lui appartenir. De par le sceau toujours présent sur mon corps, mais aussi par les cicatrices. C'est à ce moment-là que je me rendis compte de son véritable but : me rendre indésirable aux yeux des autres. Les dégoutés de ce corps meurtri, détruit, souillé. Elle avait gagné. J'ai tellement honte de ce corps que je n'ose plus le montrer. Cachant chaque parcelle, ne me dévoilant jamais devant les autres. Étais ce là ma vie désormais ? Me cacher et vivre seul ? S'il en était ainsi….

Mon cher journal… Te voilà désormais complice d’un secret que j’ai si longtemps caché : mon corps souillé, marqué par cette femme. Corps que je ne pourrais plus montrer. Je suis dans la peur d’avoir une personne que j’aime. Que pensera-t-il de ce corps qu’est le mien ? M’aimera-t-il quand même ? Partira-t-il ? J’ai peur… Je suis effrayé. Apeuré de le voir avec ce regard de dégoût sur le visage, tandis que je repenserai au rire d’Elea. La panique me guette, elle me gagne petit à petit prenant la place de ma raison. Oh journal, j’ai peur… Oui…. J’ai peur.

page 1
© sobade.


Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum