— Event N.1 : La Chute

— 9:31 DU DRAGON (Dragon Age Origins)
Depuis la nuit des temps, les Gardes des Ombres ont protégé Thédas du mal. Gardiens de la paix et des habitants de ce monde, ils ont toujours combattu d'un aplomb et d'une croyance infaillibles. Néanmoins, le cinquième Enclin signa l'arrêt de mort de la quasi totalité de ces guerriers à la force de fer. La trahison de Loghain coûta entre autre la vie du Roi Cailan et plongea la Garde dans un état quasi soporifique.Reyner Cousland fut l'homme qui redressa la situation. Armé de ses compagnons et de la rancœur qui l'accablait, le jeune homme avait vécu la tragédie d'Ostagar. Sa famille fut assassinée, son château brûlé, son amant décapité : Loghain venait de faire une regrettable erreur. Il s'était créé l'ennemi dont personne n'aurait jamais souhaité avoir un jour.L'Enclin fut anéanti. L'Archidémon mourut et Loghain trépassa de la main de Reyner. Ferelden fut libéré du joug du faux Roi. Tout était à construire désormais : nommé Commandant de la Garde, il devint le dirigeant des Gardes des Ombres de Férelden et une très forte influence parmi le groupe. Deux, quatre, puis seize grands campements furent construits et une vague de recrutement fut lancée. En dix ans, les rangs des gardes gonflèrent comme jamais. Symbole de courage et de persévérance, le jeune Commandant ne se doutait toutefois pas que les choses allaient dégénérer à nouveau... Et aussi violemment.

— 9:42 DU DRAGON (actuellement)
Corypheus rallia les templiers à sa cause. L'Inquisition en fit les frais et, prévenant ainsi Thédas et la majorité des grands groupes des alentours, aucun accepta de croire cette funeste nouvelle : C'est dans un espoir vain que Ragnar Warvrick, l'Inquisiteur, décida de lancer une demande d'alliance entre la Garde des Ombres et l'Inquisition. Les dirigeants de la Garde refusèrent sans prendre le temps de reconsidérer cette offre précieuse : pour eux, le vrai problème était l'influence et le pouvoir que continuait d'accroître l'Inquisition et ce, sans aucun cadre de bonne conduite et sans aucune limite.Néanmoins, une attaque se prépare et les Gardes ne se doutent pas une seule seconde que leur forteresse, Fort Bastiel, en Amaranthine, est sur le point de se faire assiéger par Corypheus qui après un échec cuisant chez l'Inquisition, décida d'attaquer un des autres groupes les plus puissants de Thédas en ayant appris que Reyner était sur les sentiers à la recherche d'informations capable de stopper l'appel : en soit, un pouvoir illimité pour les Gardes. Sur son chemin, le Commandant acquis des informations capitales et qui pourraient changer le destin de l'alliance entre Inquisition et Gardes.Le souhait de Corypheus est à présent de réduire au silence Fort Bastiel et son leader avec, coûte que coûte. Une bataille sanglante se prépare, et ce sera peut-être la chute de la Garde de Ferelden... Définitivement.

Combattez aux cotés de la Garde des Ombre afin de leur laisser la chance de s'en sortir vivant !
Sauvez ceux qui jadis vous ont offert gracieusement le privilège rester à l'abri du cinquième Enclin !
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《 embrace sacrifice. be a grey warden. 》REYNER COUSLAND

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hello, my name is...
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THE HERO OF FERELDEN ⊱ GREY WARDEN

MY IDENTITY CARD ⊱ BABY
— PSEUDOs : Pendräagon.
— MISSIVES : 353
— PRÉSENCE : Présent.
— DISPONIBILITÉ RPs : ✓ Disponible
— DC&TC : Ragnar Warvrick.
— CRÉDITS : Moi pour les gifs, edits (+) noobito
— PAIRING & OTP : Reylistair shipper forever.
— PRESTIGE : 451

— NATIONALITÉ : Il est Alamarri, né au château Cousland durant une nuit agitée par une tempête de neige plutôt violente.
— LIEU D'HABITATION : Sa demeure principale reste le château Cousland qu'il a fait reconstruire ; mais sinon, il se contente d'auberges et de nuits à la belle étoile.
— ÂGE : Reyner possède vingt-sept ans ; hé oui, très jeune pour un Grey Warden qui a sauvé Ferelden d'un Enclin. Que voulez-vous, les années ne font pas le talent !
— RANG SOCIAL : Noble de la lignée des Cousland, Reyner a très tôt subi une éducation adéquate à son titre de noblesse.
— PROFESSION : Il reste et restera toujours un Grey Warden, quelqu'en soit l'enjeux.
— FACTION : Comme dit plus haut, Reyner fait partie des Grey Warden - autrement dit la Garde des Ombres.
— ARMES : Il est armé d'une très belle épée Orlésïenne et d'un bouclier comportant l'écusson des Cousland dont il ne se séparerais pour rien au monde.
— O.SEXUELLE : Notre héro de Ferelden est homosexuel et donc est attiré par les hommes, ce qui a rendu le rituel de Morrigan assez difficile pour lui en y repensant.
— AMOUREUSEMENT : Reyner est célibataire, bien qu'il entretient une flamme inavouée pour l'un de ses confrères et éternel ami : Alistair Theirin.

MessageSujet: 《 embrace sacrifice. be a grey warden. 》REYNER COUSLAND Mer 1 Mar - 16:19



reyner cousland
In War, Victory. In Peace, Vigilance. In Death, Sacrifice.

NOM & PRÉNOM(S) ⊱ Reyner Cousland. Son père l'a nommé tel que son arrière grand père maternel s’appelait, afin d’honorer sa mort sur le champs de bataille il y a des années de cela, et aussi pour faire plaisir à sa femme, Eleanor, qui avait déjà laissé son mari décider du prénom de leur fils aîné. SURNOM ⊱ Le héro de Ferelden. Sinon, son entourage ne s'essaie pas trop à lui trouver un surnom assez personnel. Seul son frère l’appelle Rey, en réalité. AGE ⊱ Reyner possède vingt-sept ans ; hé oui, très jeune pour un Grey Warden qui a sauvé Ferelden d'un Enclin. Que voulez-vous, les années ne font pas le talent, quoi qu'en diront les gens ! NATIONALITÉ & LIEU DE NAISSANCE ⊱ Il est Alamarri, né au château Cousland durant une nuit agitée par une tempête de neige plutôt violente. PROFESSION ⊱ Il reste et restera toujours un Grey Warden, quelqu'en soit l'enjeux. LIEU DE RÉSIDENCE ⊱ Sa demeure officielle reste le château Cousland qu'il a fait reconstruire avec l'aide de son frère, ce dernier ayant repris le titre de Tyern ; mais sinon, il se contente d'auberges et de nuits à la belle étoile depuis qu'il est en voyage. En vérité, les campements de Grey Warden lui manque. SITUATION AMOUREUSE ⊱ Reyner est célibataire, bien qu'il entretient une flamme inavouée pour l'un de ses confrères et éternel ami : Alistair Theirin. Même s'il ne lui en a jamais parlé par peur du rejet, récemment, il a changé son fusil d'épaule : pouvant entendre l'appel des Gardes et donc conscient qu'il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre -et pourtant, son voyage est en réalité une collecte d'informations afin de stopper ce fameux appel pour de bon-, il s'est promis d'avouer ce qu'il ressentait pour Alistair dès qu'il serait rentré de son périple. Tout du moins... S'il en trouve le courage. ORIENTATION SEXUELLE ⊱ Notre héro de Ferelden est homosexuel et donc est attiré par les hommes, ce qui a rendu le rituel de Morrigan assez difficile pour lui en y repensant. Non pas que coucher avec des femmes lui est aussi horrible que cela, non : Le contexte. Même s'il est attiré par les hommes, il lui est déjà arrivé de ressentir quelque chose pour certaines femmes qui se démarquaient des autres. Enfin, bon, il reste tout de même bien plus dans son élément avec ces messieurs. FACTION & RANG ⊱ Comme dit plus haut, Reyner fait partie des Grey Warden - autrement dit la Garde des Ombres. Il est le héro de Ferelden et par ce fait, a un haut rang au sein de l'ordre, équivalent à l'un des dirigeant de l'organisation, supervisant énormément de choses, surtout dans la région de Ferelden. ARMES ET/OU MAGIE ⊱ Il est armé d'une très belle épée Orlésïenne et d'un bouclier comportant l'écusson des Cousland dont il ne se séparerait pour rien au monde ; il lui vient de son défunt père, feu le Tyern Cousland. LANGUE PARLÉE ⊱ Universelle et un peu de Tévinte grâce à son ancien amant, Vertis, un jeune Tevintide qui était palefrenier au château de Hautecîme.

Tout sur ton personnage !
on veut tout savoir de lui.

Impétueux ⊱ Vaillant ⊱ Sacrificiel ⊱ Méfiant ⊱ Combatif ⊱ Réfléchi ⊱ Cultivé ⊱ Bienveillant ⊱ Sarcastique  ⊱ Taquin ⊱ Rationnel  ⊱ Dévoué ⊱ Humble ⊱ Têtu.


Reyner est quelqu'un qui a toujours eu du mal à faire preuve de patience. Bien avant de devenir Garde de l'Ombre, le jeune homme avait un tempérament de feu, bougeant de ci de là, tenant tête dès qu'on le contredisait : dans un sens, cela n'a pas réellement changé depuis le temps, si toutefois il a su s'adoucir. Néanmoins, il a toujours eu le sens de la justice et de la droiture. Son éducation lui a forgé une connaissance culturelle riche et étendue, ainsi, Reyner ne fait pas preuve de stupidité et a tendance à agir en rapport à son propre raisonnement, détestant copier le triste commun des mortels. L'esprit ouvert, il a beau être guerrier et appartenir aux Grey Warden, il n'ira jamais cracher aux pieds d'un mage et respectera l'opinion de chacun. Pour lui, il faut de tout pour faire un monde. Cette tolérance lui est surement due par son homosexualité qu'il a toujours mis de côté, ne souhaitant pas être extravagant et se mettre à nu facilement devant autrui. Se mettant à la place des elfes qui subissent le racisme et les mages qui subissent le lynchage, Reyner se sent comme lié à leur tourments, ayant en un sens le même à cause de son orientation sexuelle.

Ayant un sens du sacrifice poussé, Reyner n'a jamais rebroussé chemin lorsqu'il s'agit de donner de soi afin de servir une grande cause. D'abord les Grey Warden, vint le tour du rituel de Morrigan qui lui arracha un peu de son amour propre. Cela ne lui empêche pas de pouvoir se poser des questions quant à l'enfant qui naquit de leur union, de temps à autre : aurait-il fait un bon père s'il avait été un jour parent ? Seul sait le Créateur.
Axé sur la prudence, il met en général le temps qu'il lui faut à donner de sa confiance à quelqu'un. Ses amis en sont témoins d'ailleurs ; leur demander serait véridique. Depuis toujours, une cause lui a été nécessaire afin d'avancer dans la vie : la Garde des Ombres lui a offert une chance de contribuer à la renaissance de Thédas et aussi à sa sécurité, chose qu'il ne pu refuser lorsque tout était au plus bas dans sa vie. Il est d'un naturel vaillant et courageux, et ne reculera du terrain de combat seulement si une bonne raison l'y anime.

On peut aussi dire que la phrase "qui aime bien, châtie bien" s'applique à Reyner. Il aura tendance à être bien plus sur le dos des personnes qu'il aime s'il se dit que cela est nécessaire. Par exemple, il y a Nara, son apprentie : Il la considère comme sa fille et de ce fait, le Garde se montre bien plus intransigeant avec elle qu'avec les autres ; Déjà qu'il aimerait que chaque recrue réussisse l'Union, il souhaite encore plus que sa protégée la passe sans aucun soucis. Donc... Il met les bouchées doubles. Peut-être que certains verraient ça comme de la stupidité ou de la cruauté : il faut y voir une marque d'affection toute particulière. Il ne lui veut que son bien et, Reyner étant un homme qui pense aux sentiments des autres et se met même à la place de ces derniers, il sait au fond que la Dalatienne ne peut pas lui en vouloir.


Lorsqu'il était encore jeune recrue de la Garde des Ombres, Reyner adorait observer les mages oeuvrer dans leur cercle. Il les trouvait, disait-il, fascinants. Vous vous demandez surement en quel honneur un tel jeune homme peut avoir des cheveux aussi blancs, comme le seraient ceux d'un vieil homme ? Lorsqu'il fit le rituel de la Garde des Ombre, son passage à l'Immatériel eut une réaction impressionnante sur lui : l'impact de l'acte lui décolora entièrement les cheveux. Seuls ses sourcils ont encore leur couleur d'origine : un blond identique à ceux des blés. En fait, il a fallut une longue discussion entre Morrigan et Reyner pour que ce dernier se décide finalement à lui faire un enfant. Une des choses qui le faisait reculer était surtout le sort de l'enfant après cela : allait-il vivre ou mourir ? Il voue un amour inconditionné au thé Orlaïsien. Surtout celui à la vanille et aux notes de citron, son préféré. En parlant de nourriture, Reyner adore la viande... Et a un très grand appétit. Encore une fois, ses compagnons d'époque pourraient vous le certifier. La mort de sa famille en une fraction de secondes l'a particulièrement traumatisé, mais seulement après quelques jours. Comme une bombe à retardement qui l'a pris en plein sommeil. Depuis, il lui arrive de refaire des cauchemars à propos de leur mort. Il adore se baigner dans les sources chaudes naturelles qu'il déniche grâce à des conseils que lui avait donné son frère autre fois, lorsqu'ils étaient adolescents et qu'ils fuguaient du château Cousland. Reyner aime beaucoup charmer ses interlocuteurs à coups de sourire ou de regards profonds. Les yeux bleus qu'il possède lui facilite énormément la tâche.  Il a toujours adoré les uniformes des Garde des Ombres, et porte le sien avec fierté ; au passage, le bleu restera toujours sa couleur préféré. Petit, Reyner était atteint d'asthme, si bien que les médecins et mages de la cour des Cousland répétaient à ses parents qu'il ne passerait pas l'enfance. Néanmoins, grâce à l'aide d'un mage nommé Gaelin, qui fut ensuite embauché par sa mère, le jeune homme pu se soulager de beaucoup de maux et ainsi grandir malgré le handicap qui l'accablait -car l'asthme dont il était atteint créait des douleurs pulmonaires et à la trachées parfois insupportables. Lorsqu'il fit l'Union, toute trace d’asthme disparu de son corps. Il était guérit. Gaucher de naissance, ses parents ne l'on jamais forcé à pratiquer quoique ce soit de la main droite. Aussi, venant d'un descendant d'une famille de noble, cela surpris beaucoup de gens : Reyner n'a que faire ce que pense les autres quand à sa façon de se mouver. Il est gaucher et le restera, point barre. Au contraire, voir les petites gens de la cour s'offusquer l'amuse grandement, et cela le rend d'autant plus fier.


Ton toi derrière l'écran !
on veut tout savoir de toi.


NOM & PSEUDO ⊱  Mon prénom dans la vie réelle est Jefferson, mais tout le monde m'appelle Jeff ou Pendräagon.    
ÂGE ⊱  Vingt et une piges. wtf
TES PASSIONS ⊱  Je suis artiste-graphiste, apprenti tatoueur, et j'adore les jeux vidéo -au point de travailler sur le mien-. J'adore écrire, lire, la musique -et même en composer-, je passe le plus clair de mon temps à rêvasser.
SÉRIES, FILMS, JEUX VIDÉO ⊱  Mass Effect est de loin mon jeu favori, ma saga préférée of all times. Sinon j'adore Dragon Age, The Witcher, Uncharted, Dark Souls, Bloodborne, Assassin's Creed, Watch Dogs, Castlevania, Metal Gear, et bien d'autre encore.
PRÉSENCE ⊱ Forever and ever here !
TON AVIS SUR LE FORUM ⊱  Il est soublime  wtf  
COMMENT AS-TU CONNU DA:I ⊱  Tien, bonne question.  
TON DERNIER MOT, NIARK ⊱  Je tien juste à dire que JE SUIS PUTAIN DE FAN D'ALISTAIR. Voilà, c'est dit.  






_________________
I'm scared of what's inside my head.
the City of the DeadI'm scared of what's inside my head, what's inside my soul ; I feel like I'm running but getting nowhere. Fear is suffocating me, I can't breathe, I feel like I'm drowning, I'm sinking deeper. White light fades to red as I enter the City of the Dead. I feel it burning through my veins, it's driving me insane, the fever is rising, i'm going under.


Dernière édition par Reyner Cousland le Sam 25 Mar - 18:52, édité 42 fois
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— LIEU D'HABITATION : Sa demeure principale reste le château Cousland qu'il a fait reconstruire ; mais sinon, il se contente d'auberges et de nuits à la belle étoile.
— ÂGE : Reyner possède vingt-sept ans ; hé oui, très jeune pour un Grey Warden qui a sauvé Ferelden d'un Enclin. Que voulez-vous, les années ne font pas le talent !
— RANG SOCIAL : Noble de la lignée des Cousland, Reyner a très tôt subi une éducation adéquate à son titre de noblesse.
— PROFESSION : Il reste et restera toujours un Grey Warden, quelqu'en soit l'enjeux.
— FACTION : Comme dit plus haut, Reyner fait partie des Grey Warden - autrement dit la Garde des Ombres.
— ARMES : Il est armé d'une très belle épée Orlésïenne et d'un bouclier comportant l'écusson des Cousland dont il ne se séparerais pour rien au monde.
— O.SEXUELLE : Notre héro de Ferelden est homosexuel et donc est attiré par les hommes, ce qui a rendu le rituel de Morrigan assez difficile pour lui en y repensant.
— AMOUREUSEMENT : Reyner est célibataire, bien qu'il entretient une flamme inavouée pour l'un de ses confrères et éternel ami : Alistair Theirin.

MessageSujet: Re: 《 embrace sacrifice. be a grey warden. 》REYNER COUSLAND Lun 13 Mar - 5:28



there is no hero.
only friendship.


In War, Victory.
In Peace, Vigilance.
In Death, Sacrifice.





Le château Cousland fut jadis une magnifique preuve de la royauté humaine. Gouvernant tout Hautecîme, le Tyern et la Tyerna de la famille Cousland, Bryce Cousland et Eleanor Cousland, donnèrent naissance à une descendance qui fit leur plus grande fiereté : deux fils, deux futurs héritiers de la famille dont un petit-fils venant de l'aîné.  

Le tout premier des fils s’appelait Fergus. Il était destiné à gouverner avant le plus jeune et perçut donc une éducation bien plus stricte que l'autre. Guerrier accomplit, sa destinée était déjà très prometteuse.
Mais aussi intéressant fut Fergus, il n'est pas le centre de cette histoire : Reyner, second fils des Cousland, naquit quelques années plus tard : celui qui un jour, serait le héro de Ferelden.



chapitre i — childhood of innocence


La mer est ce dont Reyner se souvient le plus. Les côtes sableuses et rocheuses de Hautecîme ferait pâlir toutes les autres régions de Férelden tellement leur beauté subjuguante vous émerveillait. Son enfance se résume à des pieds dans l'eau salée et des entraînements sur le sable ; des études au soleil et des cours particuliers étonnamment fatigants lorsque le temps lui faisait de l’œil pour jouer dehors. De constitution fragile, il se souvient aussi des nuits de douleurs, des problèmes de respiration qui l'empêchait de faire tout ce qu'il souhaitait : surprotégé, mais animé d'une force exceptionnelle en ce qui concernait sa guérison. Rien ne l'arrêtait. C'était un lion sauvage, un petit Cousland prometteur malgré le départ difficile.
De beaux jours, une enfance fleurissante ; un jeune blondinet aux yeux aussi profonds que l'océan qui, brandissant une épée de bois, s'imaginait déjà partir en guerre pour sauver les villageois de son pays, et ainsi devenir connu dans tout Thédas. Une telle innocence était preuve d'une grande bonté, car si Reyner terrassait des ennemis en pâtés de sable et faits de roche, il rêvait en réalité de justice, de victoire et d'histoire d'amour. Un tel caractère attendrissait énormément sa mère, Eleanor, qui regardait d'un air emplis d'amour son petit dernier commander ses soldats de bois dans la cour du château.

Asthmatique depuis l'âge de deux ans, Reyner peut se remémorer du rituel ayant lieu chaque soir avant de dormir : le mage de la maison Cousland donnait des onguents et toute sorte d’herbes à mâcher au jeune garçon qui, courageusement, supportait toutes ces bizarreries médicinales, avalant tout en faisant la grimace les sirops et concoctions toutes aussi mystérieuses qu'improbables.  Il y avait comme une odeur de menthe, qui dominait des notes citronnées et fruitées. Souvent, il demandait à sa mère si cela était dû à quelque chose en particulier : naturellement, elle lui répondait.

《 — Tu es un être spécial, Reyner ; le Créateur t'as donné une distinction. Tu as la bénédiction d'Andrasté, et je ne cesserais jamais de t'aimer quelque soit les épreuves qui t'accableront.

Dans les oreilles d'un enfant, de telles paroles sonnaient comme un carillon aussi doux que les embrassades d'une mère tant aimante ; comme l'était Eleanor. Les yeux de Reyner se mettaient alors à briller d'une lueur salvatrice, ses maux multiples apaisés par ces phrases réconfortantes. Un apaisement qu'il affectionnait tout particulièrement. Sa mère était la seule personne qu'il considérait comme étant un ange tombé du ciel. Malheureusement, ni la foi, ni les remèdes médicinaux ne soignait pour de bon un asthme tel que l'avait Reyner. Il faisait avec, tout simplement. Il était jeune, mais déjà très intelligent pour son âge : il ne pleurait pas sur son sort et au contraire, essayait de voir le bon côté des choses. Il est né dans une famille riche et aimante, avec un grand frère exemplaire, une éducation en béton et un cadre respectueux.
Alors même âgé de dix ans, il en avait conscience. Il remerciait le Créateur chaque soir de lui avoir offert un confort de cette qualité.



chapitre ii — where your heart beat


Le petit garçon qu'était Reyner fit place à un beau jeune homme dans la fleur de l'âge. Le visage au caractère prononcé tel que celui de son père était, avec des yeux similaires à ceux de sa mère : des lèvres douces à la couleur rosée et une barbe de trois jours commençant à pousser sur sa peau devenue mate par le soleil de sa région. Bien vite, les cours de littérature et de culture se trouvaient être remplacés par la voie martiale, l'art du combat et au maniement de l'épée. Bien-sûr, l'asthme du jeune homme n'avait toujours pas disparu et de ce fait, ses entraîneurs venaient souvent se plaindre à son père qu'il était impossible de réellement travailler en continue avec le jeune homme.
Surprenant un jour l'une des discussions entre son père et son maître d'arme, le jeune noble eut une douleur vive qui le rappela à l'ordre. Désormais, les belles phrases de sa mère ne le rassurait plus : il était adulte, et de ce fait, bien plus terre à terre. Conscient d'autant plus de son handicap, il ne se mit pas à pleurer dans ses draps, bien au contraire. La rage au ventre, il décida de s’entraîner seul lorsque son entraîneur ne voulait plus de lui. Il tenta tout ce qui était en son pouvoir : manger encore plus saint, prendre régulièrement des bains à une température bien précise, continuer à inhaler et manger ces médicaments concoctés par le mage de la cour... Tout, il essaya tout.

Étrangement —ou bien logiquement—, il sentit de nettes améliorations dans son corps. Certes, sa maladie était encore présente et lui créait des douleurs infernales ; mais n'ayant pas baissé les bras, il  continua de s'exercer, de se muscler, et de tenir tête à tous ses entraîneurs. Ses efforts payaient au fur et à mesure des années, devenant bien vite ce qu'espérait son père de lui : un combattant vaillant et puissant. Il apprit toute les théories du combat, les stratégies de siège et tout ce qui touchait les connaissances intellectuelles. Passionné de littérature, il pouvait passer parfois des heures entières enfermés dans la bibliothèque du château, ou bien à lire des ouvrages, allongé dans l'herbe ou sur le sable des plages de Hautecîme.

Ce fut à cette époque où son homosexualité se révéla comme évidente. Au château Cousland, un palefrenier se dénommant Vertis s'occupait des chevaux de la famille depuis qu'il avait quinze ans. Il était beau, grand, charismatique, avait un accent au charme tout particulier et surtout : son sourire aurait pu vous faire fondre une armée d'engeance à lui seul. Cet homme âgé de vingt cinq ans venait de Tevinter. Lorsque Reyner venait chercher son cheval afin de partir en promenade avec ce dernier et ainsi entretenir la forme de son destrier, Vertis venait engager la discussion avec le blond, lui racontant bien souvent son ancienne vie à Tevinter sous les questions pleines de curiosité et d'innocence de la part du jeune noble. Le palefrenier était d'une compagnie plus qu'agréable, et bien vite, Reyner se retrouvais à aller le voir sans pour autant avoir l'objectif de passer du temps avec son cheval.
Dès qu'il avait l'occasion de voler du temps à Vertis, Reyner le faisait. Ils allaient alors s'isoler dehors, sur la plage, sur les côtes... N'importe quel endroit où ils se retrouvaient tous les deux : rien que lui et son homologue.

Au fil du temps, un lien se tissa entre les deux hommes. Mais, contrairement à ce que croiraient les gens de la cour, ce fut un lien bien moins chaste que prévu. Vertis, qui connaissait Tevinter et donc n'avait aucun a priori sur la sexualité selon la condition génitale, fit découvrir, ou plutôt comprendre à Reyner que l'amour n'avait pas de barrières. Le sexe n'en avait pas non plus, d'ailleurs : les deux étaient liés. Aimer quelqu'un était aussi aimer son corps, et la sexualité avait alors un sens bien plus beau, bien plus noble ; ce plaisir, ces sensations, elles étaient plus que réelles, sortant du plus profond du cœur.
Reyner était alors âgé de dix sept ans lorsqu'il obtint son premier baiser. Un baiser offert avec tant de sincérité, qu'il s'en souviendrait toute sa vie. Vertis l'avait rejoins après ses entraînements, afin de récupérer son cheval : dans le dos de ses formateurs, il n'hésita pas à voler ce précieux moment de bonheur à l’insu du blond. Et, bien entendu, cela ne dérangea pas du tout Reyner qui, désireux d'en savoir d’avantage sur les motivations du palefrenier, l'invita à le rejoindre dans sa chambre en toute discrétion le soir même.
Ils passèrent leur nuit à discuter de tout et de rien, avant de finalement aborder le sujet dont Reyner voulait des réponses. Bien vite, des gestes remplacèrent des mots, et c'est alors qu'il découvrit la signification de se donner à quelqu'un. Ce fut l'une des plus belles nuit qu'il eu à passer de toute sa vie. Comme une douce emprunte, marqué par la chaleur d'un corps qui, sans communiquer le moindre mot, vous faisait comprendre que vous étiez le centre du monde pour lui.

Naïf, Reyner aurait aimé rester dans cette douce insouciance... Mais c'était sans compter les événements à venir qui allaient le marquer à vie.



chapitre iii — betrayed


Quelques mois précédant les événements cités plus haut, Thédas fut accablé par un Enclin : quelque chose de nouveau pour la plupart des habitants qui, à défaut d'en avoir beaucoup entendu parler, n'y étaient pas préparés. Bryce Cousland, le père de Reyner, fut demandé comme soutiens militaire à Ostagar. L'ordre venait directement du roi Cailan Theirin.

Rendon Howe, allié de confiance depuis de nombreuses années, arriva au château en début d'après-midi ce jour là. Lorsque le Tyern le fit quérir, la discussion tourna en rond jusqu'à ce que Howe en vienne à avouer que ses troupes avaient du retard. Il pu néanmoins le convaincre d'envoyer les forces miliaires du royaume Cousland en première ligne, afin de prendre de l'avance. Interrompant la discussion, Reyner fit alors la connaissance de l'ami de la famille : ne l'ayant vu que lorsqu'il avait à peine cinq ans, le blond ne se souvenait aucunement de l'inconnu en face de lui.
Mais comme Howe n'était pas le seul invité au château, Bryce fit appeler un certain Duncan : D'après les dires du Tyern, il était Garde des Ombres. Ne sachant que peu de choses sur ces guerriers, Reyner en profita donc afin de poser toute sorte de questions à l'homme tout juste arrivé en face de lui. Et sous la surprise de Bryce, le Garde semblait tout à fait content que son fils puisse être aussi intéressé par cette organisation qui luttait depuis tant d'années contre l'Enlin. C'est ainsi qu'il fit comprendre à Duncan que Reyner était bien trop jeune, et bien trop précieux pour lui. Déjà que son fils aîné partait au combat et qu'il avait peu de chances de revenir vivant, il refusait de risquer sa lignée toute entière.

Finalement, une réunion entre les trois hommes eu lieu. Reyner passa la soirée avec son frère aîné, Fergus, ce dernier ayant prévu de partir lui aussi étant donné qu'il commanderait les troupes de leur père au combat. Ce serait mentir que de vous dire à quel point le cadet était heureux de ne pas partir avec eux. Il se sentait prêt à aider son pays, son peuple, le monde dans lequel il vivait ; Mais son père refusait catégoriquement de risquer la vie de ses deux fils, d'autant plus que les soucis de santé de Reyner auraient pu être problématiques lors d'un combat réel. Frustré, il tenta de parler une seconde fois avec le Tyern, mais à peine avait-il prononcé les mots "champs de bataille" et "je" dans la même phrase qu'il le congédia dans sa chambre.
Incapable de fermer les yeux pendant plusieurs heures, Reyner occupa son temps et son esprit à lire des bouquins de toute sortes qui trônaient sur son bureau, avant de réussir à finalement piquer du nez, l'une des œuvres sur le visage. La bougie, encore allumée, vit sa flamme se mouver sous un courant d'air plus fort que ceux qui avaient l'habitude de s'engouffrer dans la chambre du jeune noble. Lorsque des tremblements se firent ressentir dans tout le sol, Reyner se redressa brusquement afin de regarder tout autour de lui.

Ayant l'impression d'entendre des cris raisonner dans les couloirs, le jeune homme se leva soudainement en se demandant s'il n'avait pas rêvé : néanmoins, il ne se doutait pas du tout ce se qu'il se passait actuellement au château.  
Un hurlement fendit le silence. Saisissant la garde de l'épée près de son lit, il ne comprenait absolument pas ce qu'il se passait mais son instinct avait pris le dessus à ce moment précis. Prenant aussi la bougie sur son bureau, il sortit de sa chambre pour tomber nez à nez avec le cadavre d'une des servantes Dalatienne du château. Il sentit sa respiration se couper soudainement, n'ayant jamais vu tel spectacle : n'ayant jamais tué ou vu de cadavre de sa vie, la découverte d'un corps encore chaud qui se vidait de son sang venait de le pétrifier sur place. Ses mains se dérobèrent de sa volonté et il lâcha la bougie qu'il tenait dans sa main droite, cette dernière tombant contre le sol et s'éteignant à cause de la chute.

《 — REYNER ! Ô Créateur, soit béni ! Tu es en vie !

Eleanor avait accouru vers son fils cadet, celui-ci n'ayant pas pris la parole, se remettant à peine de ses émotions : mais tout juste arrivée devant lui, un homme qui avait eu l'intelligence d'attendre derrière une porte ouverte que la situation se tasse arriva en se faufilant derrière la Tyerna afin de la poignarder. Cette fois-ci, Reyner ne resta pas figé sur place. Sa main qui tenait fermement son épée se glissa entre le bras et les côtes de sa mère de manière à ne pas la toucher, cette dernière poussant un cri de surprise ; il venait de planter son épée dans le cœur de son ennemi. Ses mains semblaient alors engourdies, lâchant la garde de son épée quand le poids de l'inconnu fit tomber sa dépouille en arrière. Mort sur le coup. Les yeux du jeune homme se figèrent sur ce qu'il venait d'accomplir, et une sensation indescriptible le saisit : entre la peur et la stupéfaction, il venait de tuer quelqu'un pour la toute première fois de sa vie.

Récupérant finalement son épée dans une grimace de dégoût en voyant tout le sang s’extraire du cadavre de l'homme, le blond tourna la tête afin de regarder la chambre de son frère, Fergus, qui devait d'ores et déjà être parti pour le front. Lui et sa mère se dirigèrent vers la pièce, découvrant ainsi le massacre ayant eu lieu il y avait une dizaine de minutes plus tôt: Oriana, la femme de Fergus, ainsi que leur fils, Oren, tous deux assassinés. Accablée par la haine et le chagrin, Eleanor s'approcha en poussant un cri déchiré, prête à se laisser tomber sur les genoux : ce fut Reyner qui la retint d'une main, le regard sombre alors que son expression semblait fixe.

《 — Reyner, tu-
Nous devrions chercher Père avant qu'il ne lui arrive le même sort.

Acquiesçant tout en se ressaisissant, Eleanor qui était en armure —car elle était une grande guerrière, fierté de son mari et grand exemple pour ses deux fils— se redressa afin de suivre son fils cadet. Reyner s'était tourné bien avant elle et, au passage, avait essuyé ses yeux d'un revers de manche pour ne pas divulguer que des larmes lui avait échappé, aussi peu et brèves furent-elles.
Soudainement animé d'une colère qui lui rongea l'estomac, il marchait tout en serrant la garde de son épée aussi fort que ça le lui était permis, la tête haute. Dehors, le feu brûlait les parpaings de bois qui s'écroulaient dans un vacarme alarmant, quelques personnes écrasées par leur poids, tandis que des cadavres jonchait le sol un peu partout le long des allées. Essayant de ne pas s'attarder sur ce spectacle horrifiant, le jeune guerrier se forçait à se concentrr sur les possibles personnes encore en vie actuellement.  
Une fois dans la salle principale du château, Reyner et Eleanor manquèrent de se faire écraser par un homme qui tombait à la renverse, Gilmore tenant une épée qui transperçait le bougre ; le blond pris soin d'écarter sa mère à temps, l'ennemi décédé se retrouvant au sol, tandis que derrière eux, les gardes sous le blason des Cousland tuaient les derniers ennemis dans la pièce alors que d'autres essayaient de maintenir la grande porte sous l'assaut d'un bélier.

《 — Gilmore !
Tyerna ! Ser Reyner ! Vous n'avez rien, Andrasté soit louée.
Sais-tu où est le Tyern ?
Il est dans l'aile sud, je ne l'ai plus revu depuis qu'il a pourchassé Howe...
Howe... ? Ce sale chien est derrière tout ça ?!

Leur discussion fut rapidement coupée par les cris des soldats qui n'arrivaient presque plus à maintenir en place les grande portes.
Ne voulant pas perdre plus de temps qu'ils en avaient déjà perdu, Reyner fit signe à sa mère de la suivre après avoir demandé à Gilmore de ne pas prendre de risque trop stupides. Désormais en train de courir dans les allées aux routes pavées du château, Reyner n'avait alors plus aucun état d'âme quand des ennemis se présentaient à eux : une jugulaire coupée, un poumon perforé, un membre scindé en deux... L'instinct de survie avait pris le dessus et il ne cherchait même pas à s'en défaire.
Une fois arrivé à destination, ils découvrirent Bryce sur le sol du cellier, une main sur le coté droit du ventre, baignant dans son propre sang. Eleanor accouru vers lui tout en lui suppliant de tenir le coup afin de pouvoir partir le plus vite possible du château tant qu'il en était encore temps : Mais visiblement, le Tyern semblait persuadé que sa fin était désormais proche... Ce qui, voyant la quantité de sang qu'il perdait à vue d’œil, était vrai.

《 — C'est... Howe, il a... Menti... Les troupes du... Roi sont en danger, Lord Theirin va... Ha-
Donc c'est bel et bien Howe qui est derrière tout ça !? Il marqua une pause puis pris un air sombre. Je le retrouverais, et je vous jure que je le décapiterais vivant.
Reyner ! Aide moi plutôt à soulever ton père au lieu de-
Eleanor, ce n'est pas la peine... Si tu me déplaces, tu risques de... Me faire me vider plus que je ne le suis déjà de mon sang et- Ha... Partez.
Père, on ne peut pas vous laisser là, comme ça ! C'est impossible, il y a forcément une autre solution ! Je vous en prie !  》

Duncan entra brusquement dans la pièce, faisant sursauter Reyner qui avait sortit de nouveau son épée tout en se redressant, affichant une expression effrayée sur le moment. Le garde de l'ombre s'avança vers eux tout en rangeant son arme, s'agenouillant aussi près du Tyern qui petit à petit quittait ce monde.

《 — Duncan, je vous en conjure... Nous ne nous connaissons pas, mais par pitié, emmenez ma femme et mon fils loin d'ici...
Je vous le promet, mais si je peux me permettre... Aussi horrible peuvent être ces événements, l'Enclin sera quant à lui, bien plus sinitre. Il me faut le plus de recrue possible.
Ne vouliez vous pas engager Ser Gilmore ?
En réalité, la raison de ma venue ici se trouve être vous.
... Je comprends... Et... Je sais que mon fils saura ce qu'il doit faire.
Je... Je ne... Je ne sais pas, contentons nous de vous sauver d'abord et-
Duncan. Emmenez Reyner loin d'ici. Bryce... Je reste avec toi.
Quoi ?! Mère, non, arrêtez !  》

Reyner écarquilla les yeux, bouche-bée par de tels propos venant de sa mère. Il était là, devant ses parents, a entendre des mots qu'il n'aurait jamais souhaité entendre un jour. Il était impuissant et ne pouvait même pas dire quoique ce soit à ce sujet, réduit au silence.

《 — Eleanor, ne-
Chut, mon amour. Nous avons eu une belle vie : et j'ai promis de finir la mienne à tes côtés. Elle tourna son visage vers son fils et lui saisit la joue de sa main, le fixant droit dans les yeux. Je t'aime, mon enfant, mon cher Reyner... Je t'aime tellement. Pitié, retrouve ton frère et averti-le !
Maman...  》

Il n'eu même pas le temps de dire quoique ce soit de plus que des cris pouvaient se faire entendre à quelques pas de la pièce. Duncan saisit donc le bras de Reyner, le soulevant avec force tandis que le blond le rejetait à chaque approche, souhaitant tendre sa main pour attraper celle de sa chère mère. Eleanor dû faire lâcher prise à son enfant, le regardant se faire emmener vers le passage des serviteurs au fond du cellier, l'air effondrée.

《 — N'oublie jamais à quel point l'on t'aime, Reyner... Adieu, mon chéri. 》

Sans plus attendre, la porte vola en éclats alors que Duncan et Reyner étaient déjà dans les conduits du passage étroit. Il se souvenait avoir utilisé maintes fois ce passage lorsqu'il était encore tout petit pour filer à l'anglaise, mais jamais pour échapper à la mort en laissant les deux personnes les plus importantes de sa vie derrière lui. C'était donc la gorge serrée et les yeux emplis de larmes qu'il rampait contre le sol, dans le noir, Duncan devant lui, posant ses mains où il le pouvait tout en essayant de ne pas perdre son épée dans la foulée. Il avait la gorge serrée et le cœur lourd, mais n'arrivait pas à faire sortir quoique ce soit comme émotion pour le moment, si ce n'était que la peur.
Finalement, les deux hommes se retrouvèrent aux écuries. Les mains tremblantes, Reyner se tint au bois d'une poutre afin de s'extraire du petit tunnel qui leur avait sauvé la peau, mais à peine lui était-il possible de reprendre son souffle qu'un coup de tonnerre le fit presque crier de surprise, posant ses mains sur ses oreilles. La pluie se mit à tomber à torrent, et c'est alors que Duncan se tourna vers le jeune homme afin de le faire se dépêcher, commençant à l’entraîner vers la forêt : Reyner le dégagea violemment, regardant vers la partie couverte des écuries qui se trouvaient être les étables et box à chevaux.

《 — NON ATTENDEZ ! Lâchez moi tout de suite !!
Nous n'avons pas le temps ! On doit partir MAINTENANT !  》

Sous la précipitation, Reyner ne trouva rien de mieux que de donner un coup de coude dans le nez de Duncan afin de se dégager, ce dernier reculant sous la surprise. Il se précipita alors dans les étables avant de glisser sur la paille trempée au sol, mélangée à la boue et, visiblement, au sang. Cela ne l'empêcha pas de se relever tout de suite, trempé de la tête aux pieds, ne remarquant pas les animaux éventrés dans leur enclos. Il ouvrit violemment une porte au bout de la pièce ; celle qui menait aux box à chevaux.

《 — VERTIS ! VERTIS, RÉPONDS MOI, TU ES LÀ ?!  》

Duncan qui courait après Reyner essayait de ne pas le perdre tout en se demandant si cet homme en valait vraiment la peine vu les épreuves qu'il lui faisait traverser. Le jeune Cousland, lui, continuait sa course. Il sortit totalement des écuries, s'avança dans la petite cour et regarda alors le massacre des chevaux du château ; des dizaines de cadavre au sol, des tripes et du sang partout. La pluie diluait le liquide épais et rubis sous ses yeux... Qui eux ne tardèrent pas à apercevoir quelque chose qui lui était étrangement familier. En vérité, il aperçut... Un corps. Un corps qu'il connaissait bien, pour cause, il avait passé plusieurs nuits avec.
Il se mit à trembler de tout son être, bégayant tout en s'approchant de la carcasse plus loin. Il avait été décapité, et ses organes internes étaient désormais à l'extérieur, baignant dans le mélange de boue, de foin et de bien d'autre choses encore, toutes aussi répugnantes les unes que les autres. Quand bien même l'envie de vomir lui saisit les tripes, il leva la tête et tomba nez à nez avec la seule autre partie du corps qui manquait à l'appel. Sa tête.

Il poussa un hurlement de terreur, si bien qu'il en tomba en arrière. Il avait été, certes, décapité, mais les assassins avaient pris soin de se saisir de la tête du jeune palefrenier afin de la planter sur un pic, elle ainsi que d'autres serviteurs du château ; Reyner connaissant la plupart d'entre eux. Cette fois ci, il laissa ses larmes couler en abondance sans pouvoir s'en empêcher, pendant que la pluie se mêlait à cette mélancolie qui roulait sur ses joues. Il pleurait bruyamment, tel qu'il ne l'avait jamais fait, ses cheveux lui collant au visage. Des cris brisés sortait de sa gorge, sa voix se cassant vu qu'il forçait dessus, comme pour essayer de chasser tout ce qu'il ressentait sur l'instant.
Duncan s'approcha. Il le saisit pour le relever, ce que le jeune homme refusa instantanément. Brusquement, il posa l'une de ses mains sur sa cage thoracique, sentant ses poumons se vider et sa gorge se serrer au point de ne plus pouvoir respirer : l’asthme. Incapable de reprendre son souffle, le choc émotionnel contrôlait son cerveau et sa raison, et il était impossible pour lui de se raisonner. Il se laissa tomber violemment contre le Garde, suffoquant, n'arrivant plus à se maîtriser.

Lorsqu'il reçut une gifle qui lui brûla la joue, il cessa de penser et sentit l'air s’engouffrer enfin dans son œsophage. Il leva donc les yeux vers Duncan qui, se tenant au dessus de lui, le remit sur pieds avant de lui prendre avec poigne les épaules. Il employa une voix sévère et sèche afin de lui prononcer une simple phrase, qui avait en tout cas le mérite d'être bien claire.

《— Tu me suis, ou tu meurs.  》

Hochant simplement la tête tout en refermant la bouche, il ne pouvait pas parler : Il n'en avait plus la force. Reyner se mit donc à suivre le Garde des Ombres, les deux hommes sortant finalement du domaine afin de s'échapper par les bois. A chaque pas qu'il entamait, Reyner avait l'impression qu'on lui plantait un couteau dans le dos. Il ne pouvait s'empêcher de penser à comment avaient pu mourir ses parents. Lorsque sa tête se tournait en arrière, la seule chose qu'il voyait était les flammes qui, hautes dans le ciel, réchauffait la nuit de par leur couleurs. L'odeur de chaire carbonisée se faisait sentir à des kilomètres à la ronde, s’imprégnant dans son cerveau.

Il ne voulait pas de cette guerre. Il ne voulait pas de l'Enclin. Il n'avait pas le choix : Il ne l'a jamais eu, après tout.


chapitre iv — be a grey warden

Les jours qui suivirent furent des plus sombres pour le jeune orphelin. Il ne mangeais plus, ne buvait plus : il ne dormait pas non plus, si bien que des cernes aussi noires que la nuit se formaient sous ses yeux. Lorsqu'il se forçait à ingérer quelque chose, il ne pouvait pas passer une petite heure sans qu'il ne se mettre soudainement à vomir dans les buissons avoisinants. Quant au repos... Dès que ses paupières se fermaient, il revoyait le massacre de sa famille ; le château en feu, le sang, les tripes... La décapitation. Il n'arrivait pas à sombrer dans le sommeil, où lorsque cela lui arrivait, c'était car son corps ne supportait plus la fatigue.
Duncan faisait face à un véritable mort vivant. Il ne savait quoi faire, ni même quoi dire dans une telle situation.

Sur leur chemin jusqu'à Ostagar, Reyner compris bien vite qu'il n'était pas le seul à avoir tout perdu. Nombreux villages avaient été assiégés. Le peu de survivants, s'il en restait, se trouvaient être des personnes tellement traumatisées par les événements qu'elles se laissait mourir de faim dans un coin isolé ou étaient parties ailleurs sans vérifier s'il y avait des survivants autour d'eux.
Mais si leur voyage s'annonçait mortuaire, Reyner pu admirer la toute nouvelle lueur d'espoir naître dans son cœur depuis la mort de ses parents et de Vertis. Duncan était un homme courageux, volontaire ; certes, très stricte, mais qui avait l'entraide collée à la peau. Le jeune homme le vit sauver nombreuses vies et venir en aide à nombreuses personnes sur leur route. Et c'est en voyant la reconnaissance des secourus qu'il comprit beaucoup de choses.

Alors qu'ils n'étaient plus qu'à une journée de marche d'Ostagar, une jeune femme croisa leur route. Elle appelait désespérément à l'aide car son fils, âgé à de six ans, avait pris la fuite lors qu'une attaque d'hurlocks. Même si le temps pressait et qu'ils devaient se hâter, Duncan essayait de faire au mieux et le plus vite possible pour tous : il accepta d'aider la jeune mère de l'enfant et, accompagné de Reyner, chercha le petit garçon. Ils ne tardèrent pas à le trouver —par miracle, vivant—, caché dans le tronc d'un arbre creusé avec l'âge, en larmes.
Les retrouvailles furent émouvantes et alors que la demoiselle remerciait Duncan en lui faisant des éloges, elle s'était ensuite approchée de Reyner afin de le saisir dans ses bras, l'enlaçant d'une étreinte chaleureuse. Se reculant, ce fut ses mains qu'elle saisit.

《 — Oh, merci, merci à vous Garde des Ombres, je vous remercie de me l'avoir ramené ! Soyez bénis, soyez tous bénis !
Mais je ne... 》

Lui qui était prêt à dire qu'il n'était pas un de ces guerriers, sa bouche se ferma d'un coup sous l’œil curieux de Duncan. Suite à ça, il eu comme une révélation.
Garde Reyner Cousland. C'est vrai, au fond, ça sonnait plutôt bien.
Le sourire de la femme l'avait profondément touché. Il avait l'impression que lorsqu'il aidait les gens, ses plaies se refermaient peu à peu. C'était un sentiment si salvateur, si rassurant : aidez et on vous aidera en retour. Même si ce n'était pas de la même manière, l'acte restait le même.
De par ce sourire, elle l'avait aidé à revivre.


Son arrivée à Ostagar le laissa sans voix. Il découvrit avec fascination ce qu'était un cercle de mage, admirant les pouvoirs de ces érudits avec des yeux brillants d'admiration. Il rencontra beaucoup d'autre membres de la Garde et pu ainsi entendre à quel point cette organisation leur avait donné un but dans la vie. En à peine quelque heures, Reyner redécouvrit le plaisir d'échanger avec d'autres êtres humains.
Les rumeurs et ragots se colportèrent bien vite après l'arrivée du jeune homme, la plupart des personnes du campement sachant alors la triste destinée qu'avait connu sa famille. Néanmoins, Reyner tentait de garder la tête haute, bien que le chagrin se lisait aisément sur son visage malgré son moral qui semblait aller bien mieux qu'avant.

Il ne tarda pas à rencontrer le Roi Cailan Theirin en compagnie de Duncan. Les préparatifs pour la bataille prenaient forme, les troupes semblant avoir un moral de fer ; Il n'entendit néanmoins aucun échos concernant l'état des troupes de Fergus. Cela lui causa bien des soucis, se demandant si son cher frère avait survécu à toute cette machination des plus vile. Et si les troupes de Howe l'avait attaqué par surprise lors de son départ la nuit de levée des troupes afin de le tuer lui aussi ? Cela était fort probable car Howe semblait avoir souhaité l’extinction de la lignée des Cousland, et ce, sans nuls doutes.
Il ne voulait pas commencer à devenir paranoïaque, et surtout, il n'en avait pas besoin : c'est pour cela qu'il tenta d'occuper son esprit par quelque chose d'autre — ce qui n'était pas compliqué vu tout ce qu'il découvrait en ce moment même. Étrangement, il n'eu pas à chercher bien loin. Même si le destin lui avait causé bien des torts, il pu témoigner de la grâce du Créateur quant à la personne la plus curieuse et intrigante qu'il rencontra lors de son arrivée au campement : Alistair.

Alistair était une jeune recrue qui avait déjà passé l'union — et était donc officiellement Garde des Ombres, bien que Junior. Mais que diable le démarquait-il des autres aux yeux de Reyner, me direz-vous ? Tout. Alistair et son sarcasme à toute épreuve, ainsi que son sens de l'humour douteux était tout ce qu'il fallait au garçon afin de se sentir bien et reprendre du poil de la bête. En faisant un peu plus connaissance avec son aîné, le jeune homme se posa bien vite tout un tas de questions à son sujet. D'où venait-il ? Qui était-il exactement ? Ancien Templier, il ne semblait pas très loquace quant à ses origines, ou en tout cas, il ne semblait pas vouloir s'étendre à ce sujet. Reyner comprenait très bien cette façon de penser, et il la respectait. Après tout, ils étaient tous deux des inconnus l'un pour l'autre ; mais bientôt, ils seraient des frères d'arme.

Les jours qui passèrent constituèrent un véritable challenge pour Reyner. Lui, Alistair et deux nouvelles recrues qui avaient joint leur petit groupe et qui se prénommaient respectivement Daveth et Jory allaient de gauche à droite afin de quérir de quoi passer leur Union — en réalité sous la supervision et l'aide d'Alistair qui était, comme dit précédemment, déjà Grey Warden. Ils avaient besoin de fioles de sang d'Engeances, ainsi que de documents d'une grande importance dont Duncan avait besoin — une excellente excuse pour voir s'ils savaient se montrer utiles au final.
Non sans difficultés, les quatre compères réunirent ce dont ils avaient besoin et apportèrent le tout à Duncan. Désormais, il n'y avait plus aucuns doutes possible : Reyner allait passer son Union. Néanmoins, il ne savait pas que la plupart des personnes voulant la réaliser pouvaient mourir au cours de cette dernière, voir pire encore ; se transformer en Engeance. Il ne savait pas non plus que renoncer au dernier moment était une condamnation à mort. Il n'y avait plus de retour arrière possible pour lui, désormais, qui, le cœur brûlant d'une flamme toute nouvelle, souhaitait accomplir cette épreuve sans l'ombre d'une crainte.



C'était le grand soir. Les torches du campement illuminaient les environs, traçant un beau passage jusqu'au temple où avait lieu le fameux rituel de passage. Daveth, Jory, Reyner, Alistair et Duncan se tenaient donc debout, au centre de cet endroit des plus mystérieux, tous entourés par les colonnes en pierre de la structure. D'un œil distrait, Reyner observait Daveth et Jory avoir une discussion des plus ennuyeuses à propos des Grey Warden. En vérité, le blondinet était à un point où il n'avait plus les pieds sur terre et de ce fait ne reculait plus devant le danger. Peut-être qu'avoir vu la mort de ses propres yeux l'avait aigri et même rendu froid ? Non, en fait, il était tout simplement encore sous le choque. Et les gens qui passaient par ce genre de phase n'arrivaient jamais réellement à s'en défaire ; réfléchir posément était quelque chose de bien trop compliqué pour lui à l'heure actuelle. Seul son cœur lui dictait de devoir se dévouer aux Gardes des Ombres pour pouvoir sauver le plus de vies possibles après constatation de l'ampleur des dégâts causés par l'Enclin.
Duncan s'avança alors, l'air impassible, sous le regard des quatre autres.

《 — Ainsi débute la cérémonie de l'Union. Les origines de la garde des Ombres remontent au premier Enclin. L'humanité était alors au bord du gouffre. Il s'arrêta devant une table de pierre sur laquelle il déposa un calice argenté et gravé au sceau de la Garde : Deux griffons. Les premiers Gardes des Ombres burent du sang de l'engeance et apprirent à dominer leur corruption.  
Nous... Nous allons devoir boire du sang de ces... Créatures ? s'exclama Jory, prenant alors un air bien moins sûr de lui qu'hier.
 — Tout comme l'on fait les premiers des nôtres. Tout comme nous l'avons fait avant vous. Telle est la source de nos pouvoirs et de notre victoire.
Quiconque survit à l'Union acquiert immunité à la souillure de l'engeance et peut l'employer à terrasser l'Archidémon, ajouta Alistair après la phrase de son mentor.
Ceux qui survivent ? Repris alors le jeune Cousland tout en regardant le Garde junior d'un air interrogateur.  
 — Le sang de l'engeance est un poison parfois mortel, mais riche d'extraordinaire pouvoirs. Voilà pourquoi l'Union est un secret bien gardé. C'est le prix à payer.

Un lourd silence s'installa. Surement que la réaction de Jory, qui semblait outré, avait installé une ambiance des plus inconfortables sur le moment. Quant à Reyner, il n'en avait que faire. Cela lui passait totalement au dessus de la tête, ce que Duncan avait remarqué plus tôt. Avantage ou désavantage, cela se concrétiserait d'ici une dizaine de minutes de toute manière.

《 — Avant de commencer l'Union, prononçons une nouvelle fois les mots des premiers d'entre nous. Alistair ?  
Unissons-nous, frères et sœurs. Unissons-nous dans les ombres contre lesquelles nous veillons. Unissons-nous ensembles pour accomplir notre devoir éternel. A ceux qui vont mourir, je dis ceci : votre sacrifice ne sera pas oublié. Un jour prochain, nous vous rejoindrons dans la mort.

Sur ces mots, Duncan s'en alla saisir le calice, avant de se tourner vers l'une des quatre personnes ici présentes.

《 — Daveth, avancez.   》

Sous le regard soutenu des autres, Daveth se présenta devant Duncan. Il n'avait pas froid aux yeux lui non plus et agissait selon ce qui lui semblait le plus normal : servir ce monde et donc la Garde s'il pouvait stopper l'Enclin. Saisissant le calice, il bu une gorgée de la mixture à l’intérieure avant de rendre le récipient au mentor du groupe.
Il s'était reculé jusqu'à ce que le pauvre bougre pousse un hurlement de douleur, comme pris d'un sursaut. Ses yeux devinrent blanc et, saisissant sa gorge comme s'il suffoquait, il se laissa tomber à genoux, Jory poussant un 《— Par le Créateur ! 》dans la foulée en assistant à cela. Bien vite, Daveth s’effondra contre le sol, tremblant encore un petit moment pour finalement s'éteindre de manière radicale. Il était mort sous le choc, son corps n'ayant pas supporté le poison.

《 — Je suis désolé, Daveth. Souffla t-il. Se tournant alors vers Jory en laissant le cadavre de Daveth là où il était, Ducan tendit le calice vers le second. A votre tour, Jory.
Mais... J'ai une femme et un enfant ! Si j'avais su... Il s'était reculé jusqu'à heurter un des piliers de pierre derrière lui, déguainant son épée comme pour défendre sa vie face à Duncan qui tenait toujours le récipient.
Vous ne pouvez plus reculer.
Non, je refuse ! Je ne veux pas mourir sans gloire !

Doucement, Duncan sortit une dague. Les deux hommes se regardaient tandis que le Mentor s'approchait dangereusement de Jory, pour finalement échanger quelques coups : Duncan l'emporta et planta sa dague d'une rapidité et d'une violence surprenante dans le corps de sa victime, ce qui fit fermer un instant les yeux de Reyner, de mauvais souvenirs le saisissant brièvement.

《 — Je suis désolé.   》

Lourdement, la dépouille de Jory tomba sur le sol en faisant voler un nuage de poussière, son corps se vidant de son sang à une vitesse remarquable. Duncan rangea alors sa dague sans prendre le temps d'en nettoyer la lame souillée de sang, l'air toutefois assombri par les événements qui venaient tout juste de se produire — et par ce qu'il du faire à Jory à cause du protocole de l'Union chez les Garde des Ombres.

《 — L'union n'est pas encore terminée. Soumettez vous à la souillure de l'engeance pour le bien du plus grand nombre.   》

Cette fois ci, les regards étaient braqués sur Reyner. Le jeune homme fixa Duncan dans les yeux, tandis que lui s'avançait vers le plus jeune tout en lui tendant le fameux calice, l'air interdit.
Saisissant doucement le récipient, le jeune Cousland y déposa ses lèvres afin d'avaler une gorgée de la concoction. Le sang était fort, et particulièrement répugnant de goût — tout ce à quoi il s'était attendu à ce sujet là, en somme. A dire vrai, il aurait été capable de vomir, son œsophage le brûlant du début à la fin. Il rendit le calice tout en essayant de ne pas montrer le dégoût qu'il ressentait sur le moment, puis regarda Alistair et Duncan se reculer... Ce qui ne rassura point le blond.

Soudainement, Reyner sentit une douleur lui saisir la boite crânienne. Comme si son sang commençait à affluer en quantité abondante dans ses veines, au point de lui causer une migraine atroce ; c'est alors qui se saisit la tête, poussant un cri de douleur qu'il tenta de camoufler le plus possible en serrant les dents. Il commença à sentir le monde tourner autour de lui, les bruits ambiants s'effaçant peu à peu pour laisser place à un sifflement aigu. Reculant d'un pas, il se pencha en avant comme pour se tordre de douleur. Présentement, chaque cellules de son corps hurlait silencieusement leur souffrance. Il sentait le poison remplacer le sang dans ses veines. Il le sentait l'assassiner, peu à peu. Finalement, il s'écroula contre le sol, tandis qu'un murmure se glissa à son oreille malgré le bruit assourdissant qu'il entendait depuis tout à l'heure. 《 — Vous êtes désormais un Garde des Ombres.   》Puis, plus rien.
C'est alors qu'il vit un immense Dragon qui, du haut de sa taille imposante, poussait un rugissement des plus perçants. L'ambiance était pesante, l'air lourd et le ciel n'était que poussière nauséabonde. Il aurait presque cru être présent, mais il se sentit partir, comme s'il sombrait dans le plus profond des sommeils.

Lorsque Reyner rouvrit les yeux, ce fut le visage d'Alistair qu'il vit en premier. Étrangement, cela eu pour effet de lui donner une sensation de soulagement —car voir un visage familier était toujours une source de réconfort après ce genre d'émotions, même s'il ne le connaissait que peu. Puis, le visage de Duncan fit son apparition. Il n'était pas mort. Il était vivant !

《 — C'est terminé. Bienvenue.   》

Néanmoins, l'heure n'était pas aux festivités. Reyner se redressa en se passant une main dans les cheveux, se les replaçant en arrière afin de se dégager le visage. Il fini par se lever, son corps encore tremblant de ce qu'il venait d'assimiler. Une étrange douleur le lançait au niveau de son cuir chevelu, et il se demandait bien pourquoi.

《 — Deux morts de plus..., souffla Alistair tout en baissant le regard vers le sol, comme blessé. Lors de mon Union, un seul d'entre nous avait péri, mais ça m'a marqué à tout jamais. Je suis heureux que vous ayez survécu.

Alors qu'il se passait une main sur le visage, Reyner regarda Alistair parler avant de baisser un moment les yeux, ne sachant que dire pour le coup. Son attention fut attisée par Duncan qui pris à son tour la parole tout en approchant le jeune Cousland.

《 — Comment vous sentez-vous ?
C'est fini. Je vais bien. Je ressens même des... Changements. J'ai l'impression que...  Il inspira et expira, doucement. Je n'ai plus d'asthme. Je n'ai plus cette douleur constante aux poumons et à l’œsophage.
Il n'y a pas que cela qui a changé chez vous. C'est la première fois que je constate une telle mutation chez l'un des Gardes lors d'une Union.
Que voulez-vous dire par là ? Il aurait presque pris peur, si le regard de Duncan ne s'était pas légèrement adoucit afin qu'il se détende.
Vos cheveux. Vous étiez blond, dorénavant, ils sont gris. Presque blanc, même.
Comment cela est-il possible ? Y a t-il un lien avec ce que j'ai vu quand je me suis évanoui ? Regardant Duncan puis Alistair, il regarda ce dernier prendre la parole.
Avez-vous donc rêvé ? Le questionna t-il alors qu'il s'approcha à son tour, soudain curieux d'entendre l'expérience que venait de vivre Reyner afin de la comparer à la sienne. J'en ai fais d'atroces après mon Union. Mais je n'ai jamais eu de telles réactions. Je veux dire par là, vos cheveux.
Pour être franc, Alistair, j'appellerais plutôt ça un cauchemar.
Les rêves naissent de votre perception grandissante de l'engeance. Je vous l'expliquerai, entre autres choses, au cours des mois à venir.  》

Hochant docilement la tête, Reyner regarda Duncan retourner chercher le calice. Alistair eut alors un tressaillement, saisissant un objet dans sa poche qu'il tendit à l'attention de son cadet, le fixant au passage dans les yeux, ce qui mis mal à l'aise Reyner.

《 — Ho, avant que je n'oublie ! Il reste encore une chose à faire pour sceller l'Union. Doucement, il récolta des goûtes de sang des cadavres de Daveth et Jory, puis revint auprès de Reyner. Nous avons coutume de prendre un peu de sang des morts durant l'Union, afin de le verser dans ce pendentif et ainsi ne jamais oublier... Ceux qui n'on pas survécu.

Bien vite, Alistair avait semblé bien plus grave, sa voix s'étant baissée naturellement, tout comme son visage. Reyner sentait bien qu'il avait en face de lui un être à la sensibilité très élevée et au cœur débordant de douceur et de bonté. En soit ; son type d'homme.
Saisissant délicatement le collier de la main d'Alistair, il attacha le pendentif autour de son cou sans attendre, fixant son aîné dans les yeux une fois ceci fait. Bien vite, il décida plutôt de regarder Duncan en se rendant compte qu'il était nettement plus à l'aise quand il ne posait pas les yeux sur Alistair.

《 — Merci beaucoup.
Prenez un peu de repos. Ensuite, je vous demanderais de m'accompagner à une audience devant le Roi.  》

La curiosité attisée, Reyner se contenta d’acquiescer avant de regarder d'un œil distrait les deux hommes s'en aller du temple, le laissant seul.
Son regard se porta sur le tout nouvel objet qui trônait sur son torse. De ses doigts tâchés de sang  — car en s'écroulant, il était tombé dans la marre de sang de Jory  —, il scruta un moment le pendentif, examinant le liquide qui s'écoulait doucement à l'intérieur de ce dernier. Pour lui, malgré les deux pertes qu'il y avait eu, cette nuit là fut une victoire. Les paroles de sa mère lui revint alors en tête ; et elle avait eu raison. Malgré sa condition, il avait été assez fort pour progresser et avancer.
Désormais soulagé de sa maladie chronique, Reyner semblait avoir naquît à nouveau de ses cendres. Il était différent, comme changé : Il avait la foi. Foi en la Garde des Ombres.





_________________
I'm scared of what's inside my head.
the City of the DeadI'm scared of what's inside my head, what's inside my soul ; I feel like I'm running but getting nowhere. Fear is suffocating me, I can't breathe, I feel like I'm drowning, I'm sinking deeper. White light fades to red as I enter the City of the Dead. I feel it burning through my veins, it's driving me insane, the fever is rising, i'm going under.


Dernière édition par Reyner Cousland le Ven 24 Mar - 13:13, édité 3 fois
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THE HERO OF FERELDEN ⊱ GREY WARDEN

MY IDENTITY CARD ⊱ BABY
— PSEUDOs : Pendräagon.
— MISSIVES : 353
— PRÉSENCE : Présent.
— DISPONIBILITÉ RPs : ✓ Disponible
— DC&TC : Ragnar Warvrick.
— CRÉDITS : Moi pour les gifs, edits (+) noobito
— PAIRING & OTP : Reylistair shipper forever.
— PRESTIGE : 451

— NATIONALITÉ : Il est Alamarri, né au château Cousland durant une nuit agitée par une tempête de neige plutôt violente.
— LIEU D'HABITATION : Sa demeure principale reste le château Cousland qu'il a fait reconstruire ; mais sinon, il se contente d'auberges et de nuits à la belle étoile.
— ÂGE : Reyner possède vingt-sept ans ; hé oui, très jeune pour un Grey Warden qui a sauvé Ferelden d'un Enclin. Que voulez-vous, les années ne font pas le talent !
— RANG SOCIAL : Noble de la lignée des Cousland, Reyner a très tôt subi une éducation adéquate à son titre de noblesse.
— PROFESSION : Il reste et restera toujours un Grey Warden, quelqu'en soit l'enjeux.
— FACTION : Comme dit plus haut, Reyner fait partie des Grey Warden - autrement dit la Garde des Ombres.
— ARMES : Il est armé d'une très belle épée Orlésïenne et d'un bouclier comportant l'écusson des Cousland dont il ne se séparerais pour rien au monde.
— O.SEXUELLE : Notre héro de Ferelden est homosexuel et donc est attiré par les hommes, ce qui a rendu le rituel de Morrigan assez difficile pour lui en y repensant.
— AMOUREUSEMENT : Reyner est célibataire, bien qu'il entretient une flamme inavouée pour l'un de ses confrères et éternel ami : Alistair Theirin.

MessageSujet: Re: 《 embrace sacrifice. be a grey warden. 》REYNER COUSLAND Jeu 23 Mar - 2:24


chapitre v — we will fight the blight

Désormais Garde des Ombres, Reyner pris donc part au combat contre les engeances d'Ostagar. Néanmoins, les choses tournèrent très mal. Loghain déserta le champs de bataille avec ses armées, laissant celles du Roi Cailan et des Grey Warden seules face aux innombrables ennemis : Cailan Theirin décéda ce jour là, l'épée à la main. Duncan périt aussi dans la bataille, tout comme chaque Garde des Ombres présents. Un vrai massacre. Reyner et Alistair, dont la mission avait été d'allumer le feu de signalement pour les troupes de Loghain — et leur tâche fut remplie, mais le traître pris la fuite en voyant cela — furent secouru de justesse par un Dragon qui, au petit matin de leur réveil, s'avérait être une femme du nom de Flemeth. Sa fille, Morrigan, s'était occupée de les soigner tous les deux. A cause de cela, les Grey Warden eurent la sale réputation d'avoir participé à la mort du Roi et étaient donc considérés comme des traîtres et des meurtriers. Une fois rétablis et la perte des leurs pleurée, Morrigan se joignit à eux — un peu de force — afin de les aider à sauver Thédas de l'Enclin. Le plan était alors d'aller quérir l'aide du Iarl afin d'éradiquer la menace "Loghain". En chemin, Barkspawn, le chien de Reyner, retrouva son Maître malgré la nuit du massacre du château, surement s'était-il échappé pour chercher son propriétaire — heureux de le retrouver, par ailleurs.
Sur leur chemin pour Golefalois, plusieurs volontaires — ou non, d'ailleurs — rejoignirent le petit groupe. Il y avait Sten, un Qunari promis à la mort mais libéré de justesse, puis Léliana : une jeune femme mystérieuse à la croyance défiant toute chose. Dorénavant, le groupe semblait un peu plus fort.
Avant d'arriver à Golefalois, Alistair tint à s'entretenir en privé avec Reyner — ce qui surpris le plus jeune, n'ayant pas réellement l'habitude de se retrouver seul à seul avec le blond étant donné que la dernière fois que cela était arrivé, c'était lorsqu'il fit son tout premier cauchemar, après le massacre d'Ostagar. Alistair se livra alors au Cousland, ce dernier apprenant en vérité que le blond était le fils du Roi Maric, mais issu d'une union illégitime — cela faisait donc de lui un bâtard. Ne portant aucun jugement face à cela, Reyner se trouva être pour la première fois plutôt tendre et rassurant envers Alistair, et s'amusa même à le taquiner en l’appelant 《 — Mon Prince. 》. Il promit de ne divulguer à personne cette nouvelle et cela ne changea en rien sa relation avec son frère d'arme. Au contraire, il fut flatté qu'Alistair puisse lui livrer un tel secret.

Ils arrivèrent alors à Golefalois, mais il était impossible d'aller jusqu'au Iarl. Ils aidèrent les villageois à repousser une attaque de mort-vivants pour finalement trouver une issue dans le vieux moulin du village afin de pénétrer dans le château. Une fois à l'intérieur, ils tentèrent d'aider le petit Connor, fils du Iarl, qui pour sauver son père au seuil de la mort avait pactisé avec un démon ; ce dernier avait pris possession du corps du jeune garçon.  Deux solutions s'imposaient : soit le tuer, soit quérir l'aide des Mages dans la tour de Cercle la plus proche. Reyner préféra se pencher sur la deuxième option sous la désapprobation de Morrigan.

En route pour le Cercle, une embuscade révéla au groupe un assassin qui en avait après la vie de Reyner : envoyé par Loghain, le dénommé Zevran ne pu réussir la tâche qu'il lui avait été inculquée. Un élan de pitié poussa Reyner à autoriser l'elfe originaire d'Antiva de les rejoindre dans leur quête, malgré qu'Alistair n'ai pas été d'accord : Toutefois, le jeune Garde se montra sévère quant à sa décision : il recrutait qui il voulait dans l'équipe.
Une fois arrivés à la tour du Cercle, les templiers apprirent au groupe que l'un des mages de sang s'est fait posséder par un démon de l'orgueil et avait alors transformé ses collègues en monstres et accessoirement, engeances. Ils voulaient utiliser le droit d'oblitération, mais cela n'était pas du tout correct pour Reyner. Il décida d'aller nettoyer la tour et trouver Uldred afin de le tuer. En chemin, il sauva Wynne, une mage très talentueuse et intelligente qui décida de les aider à stopper cette folie.
Une fois en haut de la tour, le groupe tomba nez à nez avec un démon de la paresse, et ne pouvant empêcher le maléfice du démon procéder, ils tombèrent tous dans un profond sommeil.


Il était là. Il ne savait plus pourquoi, mais il ne se posait pas la question. Marchant doucement dans l'allée, il perçut la grande porte du château qui était toujours aussi excitante à franchir de par sa grandeur et sa beauté. Ses mains se posèrent contre le bois des portes, redécouvrant presque les gestes qu'il avait l'habitude de faire depuis qu'il était tout petit déjà, les poussant par la suite pour ainsi entrer dans la grande salle : ses pas se stoppèrent quand il vit sa mère, discutant avec son époux. La cheminée était alimentée par des bûches d'une taille impressionnante qui indiquait que les arbres du domaine était d'une santé resplendissante, tandis que Barkspawn dormait sagement au coin du feu : les gardes étaient souriant et rigolaient entre eux, certaines personnes de la cour discutant aux tables communes de la pièce. Il ouvrit alors les yeux en grand, ne pouvant pas empêcher ce sourire qui l'avait tant démanger de s'étirer sur son visage épuisé par les tourments qu'il avait subi durant les précédents mois.
Il avait là, sous les yeux, une vision de bonheur à l'état pur. Ce qui faisait tant sa fierté : sa famille, son clan, sa chaire, son sang... Sa maison.

Pourquoi ? La question n'arrivait pas à naître dans son esprit confus. Il se laissait aller au bonheur de croire, tout bêtement. Il en oublia la réalité.

《 — Mère ?
Reyner, mon cœur !

Derrière elle, Bryce, le Tyern, se glissa afin de pouvoir être vu lui aussi de son fils, levant alors le bras tout en affichant un sourire tout aussi heureux que celui de sa femme, Eleanor. Bon sang, quelle joie que de revoir le visage de ses deux parents bien-aimés.

《 — Rentré, si tôt ! Auriez-vous déjà fini ?
Finir... Quoi, Père ?
Hé bien, cueillir les fruits sur les pommiers du domaine, comme on a coutume de faire chaque année depuis que le cinquième Enlin est terminé. Ton frère est encore dans les champs ?

Reyner s'approchait alors de ses parents, tiltant soudainement comme si cela était évident — bien qu'en vérité, il ne se souvenait de rien à ce propos. Il continuait de laisser son cœur lui dicter ses phrases, la logique ayant semblé avoir quitté son esprit.

《 — Oui, maintenant que vous me le dites, Fergus m'a demandé de vous faire savoir qu'il souhaitait rester plus longtemps avec Oren. Le petit semblait totalement passionné par la cueillette.

Il détailla sa mère une fois devant elle et dans un élan indescriptible, la saisit dans ses bras afin de la serrer. Eleanor sursauta presque avant de poser une main sur son épaule, regardant son enfant avec affection. Il avait eu tant envie de la prendre dans ses bras ; il ne savait même pas pourquoi, ni comment avait-il pu oublier la sensation de réconfort que lui apportait ce geste naturel pour lui. Il se contentait de l'étreindre avec douceur et amour, avant de la relâcher délicatement, son père le regardant en souriant lui aussi. La Tyerna regardait son fils cadet, presque inquiète bien que visiblement touchée par ce geste sincère.

《 — Y a t-il quelque chose, chéri ?
Non, tout va bien. Tout... Tout va bien. Il avait pris le temps de répéter chacun de ces mots comme s'il avait inspiré une bouffée d'air pur à chaque fois.
Maintenant que tu es là, je viens de me rappeler que quelqu'un t'attends dans ta chambre.
Quelqu'un ?

Eleanor tourna son visage vers son époux, tous deux échangeant un sourire complice et malicieux. Combien de temps Reyner n'avait pas vu ses parents, ainsi, comme à l'époque ? Ces beaux échanges, qui prouvaient que l'amour éternel existait bel et bien en ce monde. Néanmoins, le jeune homme sembla encore plus intrigué par cet échange silencieux.

《 — Va, mon garçon ! Et bien entendu, ne sois pas en retard pour dîner. Tu sais à quel point Nan râle lorsque c'est le cas.

Elle lui fit une caresse sur la joue, accompagnée d'un sourire bienveillant, avant de laisser son fils s'en aller. Reyner se demanda alors pourquoi l’entièreté de son corps semblait animé d'une émotion étrange, comme de la hâte, qui lui hérissait chaque poil au fur et à mesure qu'il s'avançait vers sa destination.
Ses pas se firent plus rapides, surtout lorsqu'il aperçu l'aile des chambres royales. Il saluait sur son passage tous ses amis et habitants de la forteresse, ces personnes qui avaient partagé sa naissance, son enfance, son adolescence... Et qui feraient aussi partie de son futur. Des visages amicaux, des sourires chaleureux, une sensation de cocon familial. Cela lui avait manqué... Beaucoup, même. Pourtant, n'était-il pas juste parti cueillir des pommes ? Cela semblait tellement excessif.

Arrivé devant la porte de sa chambre, il s'avança dans la pièce et haussa les sourcils en constatant ce qu'il y voyait : Rien ni personne. Néanmoins, il redécouvrit l'endroit de son enfance. Une lit double aux draps pareils à de la soie, quelques livres au sol et sur le bureau, des petits soldats de bois sur une sorte d'étagère... Un sourire comme il n'en avait plus eu depuis longtemps illumina son visage. Il ressentait une explosion de bonheur presque exagérée.
Curieux néanmoins de ne trouver personne dans la pièce, il allait s'en faire la remarque ; Mais le courant d'air que provoqua l’affaissement de la porte dans son cadrant de bois le fit sursauter, s'arrêtant net dans ce qu'il avait entreprit. Deux mains se glissèrent contre son ventre, le serrant chaleureusement, alors que des lèvres frôlèrent son oreille droite.

《 — Au secours, un jeune homme sans détresse ! Vite, appelons la garde des ombres afin de lui quérir de l'aide !

Ne pouvant contrôler son geste, il se retourna presque violemment : sous ses yeux se dessinait un homme au regard ambré, les cheveux blonds aux reflets caramel qui revenaient presque en arrière ; un visage magnifique, des lèvres dont la forme vous donnait envie de les embrasser à peine les yeux posés dessus. Aïe. Mais à quoi pensait-il au juste ? Il perdait totalement les pédales. C'était son compagnon d'arme, son frère de combat, il ne— Non, il n'avait pas le droit.
Il avala difficilement sa salive, alors qu'il regardait son aîné en face de lui : il avait toujours été mal à l'aise en sa compagnie, surtout quand ils se retrouvaient tous les deux, face à face, dans une situation aussi ambiguë que celle-ci. Une ambiguïté assez excitante. Un peu trop, même.

Alistair s'approcha doucement de Reyner, semblant presque étonné d'une telle réaction de son vis à vis. Il sembla admirer son ami face à lui, alors que sa main se leva et effleura le bout de ses cheveux blancs afin de profiter de la douceur de ces derniers, faisant tressaillir le plus jeune des deux. Pourquoi un tel comportement ? Quelle mouche avait pu piquer Alistair pour qu'il puisse agir ainsi ? Non pas que Reyner s'en plaignait, car en vérité, il n'avait jamais sentit son cœur battre aussi rapidement.

《 — Pardon, je ne voulais surtout pas te faire peur !— Mais, tu t'es laissé pousser les cheveux durant mon absence ? Il marqua une pause et afficha alors un sourire encore plus grand, Reyner se contentant de le fixer en silence. Mon dieu, ce que tu es beau ainsi. Je peux dire que j'ai vraiment de la chance. Enfin, bref, voilà la surprise ! Je pensais que si je t'attendais ici, sans que tu ne penses me voir avant les trois mois qu'il me restait à faire, tu aurais sauté au plafond, mais c'est vraisemblablement raté, haha... Encore une fois. Bon sang, il faut vraiment que je revois mes méthodes.

Fronçant les sourcils, Reyner était incapable de réfléchir de manière posée. En fait, quand il tentait de comprendre ce qu'il se passait, soit sa tête lui faisait très mal, soit il oubliait carrément à quoi il pensait. Et pour être franc, actuellement, il n'arrivait pas à se forcer à penser à autre chose qu'Alistair. Pourquoi ? Il le regardait de la tête aux pieds et avait cette vague de chaleur qui s'élançait au travers de tout son corps. Par réflexe, il alla saisir fermement son collier de Garde qui contenait le sang de Daveth et Jory. C'était un geste qui, lorsqu'il était inquiet ou bien stressé, le détendait immédiatement. Certes, ce bijou était funeste, mais il lui venait d'Alistair... Le cœur a ses raisons que la raison elle-même ignore.

《 — Alistair, vous êtes certain que tout va bien ?
Je suis rentré auprès de toi. Rentré à la maison. Comment ne pourrais-je pas aller bien ?

Mauvais. C'était très mauvais. Reyner se sentait sombrer dans le désir, dans le pêché de chaire. Mais pourquoi restait-il planté là, devant Alistair, sans sourciller ? Sa raison et son cœur lui criait d'aller l'embrasser, mais ses pieds ne se mouvaient pas. Il était comme déconnecté. Son cerveau tentait de reconstituer ses souvenirs afin de se faire une opinion sur les propos d'Alistair, mais c'était peine perdue. La seule question qu'il pouvait poser n'était pas franchement utile.

《 — Pourquoi me dites-vous tout cela ?
Reyner, mon amour, es-tu sûr que tout va bien ?

Ce fut sans doute nerveux, mais Reyner se mit à rire. Un rire crispé et presque forcé, car la situation l'angoissait de plus en plus tandis qu'il essayait de garder la tête haute en contenant ses pulsions qui aurait pu choquer plus d'un croyant de la Chantrie. Depuis que Vertis était mort, cela ne lui était plus arrivé. Ressentir ces envies physiques et sentimentales, le besoin d'avoir le corps de quelqu'un d'autre contre le sien... Mais voilà que le fameux Alistair, le petit pleurnichard au grand cœur comme aurait-dit Morrigan, lui faisait des avances des plus étranges. Le pire ? Il n'arrivait pas à y résister.
Il venait de littéralement envoyer valser les "Pourquoi, Comment, Quand" aux enfers : il s'en moquait bien de savoir si c'était correct, il s'en fichait bien des mœurs et des possibles répercutions, il n'avait plus envie de se prendre la tête afin de profiter de l'instant. Réalité, fiction ; il n'avait plus conscience du monde autour de lui. Et c'était tant mieux.

Désormais, il ne se ferait plus prier. Il sauta le pas et alla empoigner la nuque d'Alistair afin de l'embrasser par surprise, son autre main allant saisir sa taille, laissant une explosion sensorielle guider chacun de ses mouvements. N'attendant pas de réaction de la part du blond en face de lui, il le poussa vers la porte qui était derrière eux, pressant son torse contre le sien comme pour se faire imposant ; plus rien ne lui faisait peur désormais. Il redirigea la main qui était présente sur la nuque de l'aîné jusqu'à ses cheveux, les empoignants presque en découvrant que les deux mains d'Alistair saisissait sans aucune pudeur son fessier : il le souleva subitement, et les positions s'échangèrent.
Dos à la porte, les jambes entourant le bassin d'Alistair ; Reyner rompu le baiser, et les deux hommes échangèrent alors un regard qui valait tous les mots de toutes les langues de tout Thédas. Un sourire aux lèvres, il retira les vêtements présents sur son torse et ne remarqua même pas que la longueur de ses cheveux n'était pas logique. Sentir des mèches longues contre ses joues l'amusait, alors à quoi bon se prendre la tête ? Les lèvres d'Alistair parcouraient son cou et bientôt ses clavicules, mais la victime de ces douces tortures saisit alors le menton du blond afin de lui remonter le visage. Reyner l'embrassa à nouveau dans ce geste, le goût des lèvres de son aîné étant quelque chose de bien plus enivrant que tous les mets qu'il avait pu goûter de toute sa vie. Semblable à de l'alcool, c'était une sensation qui le grisait et le poussait aux actes les plus incorrects.  

La suite des événements laissa place à de la passion et du plaisir. Beaucoup de plaisir. Reyner poussa d'abord des soupirs, puis des gémissements ; au fur et à mesure que les deux hommes se laissaient tomber dans ce que certains appelleraient la décadence, seuls des cris pouvaient exprimer les sensations qu'il ressentait. Leur peau en sueur ne cessaient d'entrer en contact, tout comme leur lèvres ; des traces de griffures rougeâtres décorais le dos d'Alistair qui nichait son visage dans le cou de son cadet.


Ses doigts caressaient d'une douceur toute particulière la joue de l'homme endormi en face de lui, son visage illuminé par la lune. Le voir dormir procurait à Reyner comme une sensation de tendresse. La sueur qui rendait la peau d'Alistair humide et brillante selon l'angle de vue le fit sourire de manière victorieuse. Tous deux allongés sur le lit, le jeune Garde en profitait pour détailler tout ce qu'il pouvait du visage de son frère d'arme, quand soudainement, il tomba violemment contre un sol rocailleux, poussant un cri de surprise.

《 — Allez, un peu de nerfs ! On se lève, et plus vite que ça !

Tournant la tête, il découvrit un décors totalement différent. Reyner fixa, effaré, ce qui semblait être Morrigan : elle était debout, regardant de haut le garde, l'air agacée. L'incompréhension était la seule chose de parfaitement visible sur le visage du Garde, et pour cause : lui-même n'arrivait pas à démêler toutes les informations accumulées dans son esprit. Tandis que la mage s'agaçait de ne recevoir aucune réponse, le jeune homme fini par se redresser.

《 — Mais... Que... Qu'est-ce qui se passe ?! Que m'est-il arrivé ?
J'ai mis longtemps avant de vous trouver, l'immatériel est parfois vraiment épuisant. Le Démon de la Paresse, ça ne vous rappelle rien ?
Le démon de- Non. C'est pas vrai.

Morrigan esquissa un rictus, plissant ainsi les yeux tout en croisant les bras. Elle ne semblait ni avoir pitié, ni être affectée par la situation : elle se riait même du comportement de Reyner qu'elle jugeait des plus pitoyables. D'ailleurs, ce dernier ignorait si la sorcière avait assisté à tout ce qu'il avait... Rêvé. Il eu un frisson de dégoût. Être à nu sentimentalement parlant devant quelqu'un était quelque chose qu'il détestait par dessus tout. Il n'avait qu'une seule envie désormais : s'enterrer six pieds sous terre.

《 — Vous, le Garde des Ombres, un des derniers représentants de votre Ordre, vous vous êtes fait lamentablement avoir ? Se mettant à rire, Reyner lui lança alors un regard des plus sombres. Vous, les humains, vous êtes si-
Assez.

Il se leva et, Morrigan le fixant, il lui fit signe de le suivre, déterminé à trouver une sortie de cet endroit maudit. Néanmoins, il repensa à son rêve : jamais il n'aurait pensé que de tels secrets résidaient en lui. Il n'avait jamais ressenti ça, pour qui que ce soit.
Ainsi donc, il aimait Alistair.


Après cet incident, Reyner et les autres réussirent à sortir du rêve dans l'Immatériel et tuèrent le démon de la Paresse. Ils libérèrent au passage un templier du nom de Cullen qui avait été emprisonné et semblait à moitié fou à cause de l'influence de la créature maléfique présente. Arrivé au dernier étage, le groupe affronta Uldred et le tua, libérant la tour de son emprise et empêchant ainsi l'oblitération qui aurait fait des victimes innocentes. Reyner obtint l'aide des mages pour Connor, ainsi que le soutiens des Mages pour les Gardes des Ombres, recrutant au passage Wynne qui voulait les aider dans leur quête.
De retour au château de Golefalois, les mages utilisèrent du lyrium afin de créer un passage jusque dans l'Immatériel, et Morrigan alla s'occuper du démon qui possédait Connor. Elle le tua et revint saine et sauve : tout comme Connor qui semblait ne plus se souvenir de ce qu'il s'était passé. Il était sauvé et tout allait pour le mieux. Enfin... Pas vraiment, au final. Même si le château était libéré de la magie du démon du désir, le Iarl restait dans un état très critique. C'est ainsi qu'Isolde, la femme d'Eamon,  évoqua l'existence de l'urne d'Andrasté.

N'attendant pas une seconde de plus, Reyner et son groupe se mirent en quête de l'urne. Une fois qu'ils l'eurent trouvé — non sans peine —, ils découvrirent qu'une secte draconique cherchait à mettre aussi la main sur les précieuses cendres à des fins personnelles. Il y eu un combat et les Gardes furent victorieux. Conservant sa pureté, l'urne disparut lors du départ du groupe de Reyner qui lui avait recueilli quelques cendres afin de guérir le Iarl. De retour au château de Golefalois, il utilisa les cendres et le Iarl se réveilla, guérit. Il l'informa alors des événements qu'Eamon avait raté et ce dernier jura soutien politique et militaire afin de combattre l'Enclin et ainsi évincer Loghain qui était sur le trône.
Néanmoins, les forces des Gardes étaient bien trop peu pour pouvoir préparer une bataille finale. C'est pour cela qu'ils décidèrent tous d'aller quérir l'aide des Dalatiens et des Nains.

D'abord, ils se rendirent au plus grand camp Dalatien de tout Férelden afin de quérir leur aide ; mais l'endroit semblait poursuivi par une malédiction qui transformait les elfes en loup-garous. Se renseignant sur les moyens possibles afin de guérir cette malédiction ce peuple accablé par le malheur, Reyner appris que le seul moyen d'arriver à ses fins était de tuer le grand loup Versipelle : ce qu'il fit — non sans difficultés —. Une fois ceci fait, les Dalatiens retrouvèrent leur forme humaine et joignirent les rangs des Garde des Ombres en prêtant serment d'entraide contre l'Enclin.
Dorénavant, il ne restait plus que les Nains. En route pour les Dorsales de Givres, le petit groupe dû aller six pieds sous terres, dans les tréfonds, afin de rejoindre la plus grande citée Naine existante à ce jour : Orzammar. Néanmoins, le moment était mal choisi car le Roi, Endrin, venait de mourir, et la guerre politique faisait rage. Ils ne pouvaient demander de l'aide sans aider en contrepartie à régler les soucis actuels — Au passage, Reyner rencontra un drôle de nain nommé Oghren, puissant guerrier, et ce dernier rejoint le groupe.
Ils se mirent en quête d'une Haute du nom de Branka qui était allée chercher un artefact très rare : l'enclume du néant. A l'aide de Caridin, un golem qui força Reyner à prendre parti, il tua Branka qui était corrompue et détruisit l'enclume car celle-ci réduisait en esclavage des âmes de personnes vivantes dans des golems pour la guerre. Même si leur force aurait été d'une grande aide pour l'Enclin, Reyner ne pouvait faire un tel choix.

Finalement de retour à Orzammar, Bhelen monta sur le trône et promis toute l'aide possible aux Gardes afin de combattre l'Enclin. Il ne restait plus qu'un seul problème dorénavant : Loghain.

Reyner retrouva Loghain et, ayant sur le cœur la mort de sa famille ainsi que de Duncan, du Roi Cailan et toute la Garde des Ombres, décida d'entamer un duel seul face au Roi déchu. Il savait pertinemment que Loghain avait ordonné l'extermination de sa famille à Howe, et c'est pour cela que le combat qu'il livra face à son ennemi fut le plus brutal et le plus sanglant de toute sa vie. De cet affrontement, le jeune Garde en conserve encore un souvenir visible : une cicatrice verticale et profonde au niveau des lèvres, que Loghain lui offrit alors qu'il était tombé après un coup de bouclier dans le dos ; un comportement affreusement vil et dénué d'honneur. Reyner ne montra aucune pitié face à l'homme qui, lorsqu'il l'eu finalement à ses genoux, ne pu échapper au sort funeste qui lui était réservé : d'un coup d'épée, Reyner l'avait décapité, tel que ses hommes l'avaient fait pour son ancien amant, Vertis. La politique n'avait rien à faire avec la vengeance. Même si la mort de Loghain aurait pu être évitée, Reyner n'aurait jamais pu se pardonner d'avoir laissé la vie à l'homme qui avait assassiné ses parents.

Le royaume fut libéré du joug de Loghain. Désormais sans Roi ni Reine, Ferelden se retrouvait sans gouvernants : cela n'était rien face au danger de l'Enclin, ainsi donc, les histoires de trônes furent mises en attente pour se préparer à ce qui s'avérait être la bataille finale à Dénérim : l'Archidémon allait être réduit au silence une bonne fois pour toute.


chapitre vii — THE RITUAL OF MORRIGAN

Reyner allait passer sa —très possible— toute dernière nuit. En effet, à l'aube allait se dérouler l'attaque de Dénérim afin de tuer l'Archidémon et ainsi mettre fin au cinquième Enclin : qui sait ce qu'il se passerait au cours de la bataille. Il n'était pas dupe : ce combat serait surement le plus difficile qu'il aurait à mener de toute sa vie.
Marchant dans les couloirs de Golefalois — où il résiderait ce soir là, il revenait du repas général. Il n'avait pas mangé beaucoup, ni bu d'ailleurs : son estomac était bien trop tordu pour qu'il puisse festoyer afin de se porter bonheur pour la grande bataille finale. Non, il avait préféré manger des fruits frais et autres mets bien plus légers afin de se sentir bien.

Entrant doucement dans sa chambre, Reyner découvrit alors Morrigan qui se tenait devant le feu de cheminée — qu'elle avait elle-même allumer, sûrement : le jeune Garde ne se serait jamais permit de le faire lui-même en sachant qu'ensuite il aurait du passer plusieurs heures à faire autre chose. Il détestait le gâchis.
L'air intrigué, il fronça les sourcils tout en s'avançant vers la sorcière qui elle, l'air neutre, se tourna doucement vers lui.

《 — Ne soyez pas alarmé, ce n'est que moi.
J'aurais été tenté de rajouter "malheureusement" au sein de votre phrase, pour tout vous avouer. Reyner disait cela d'un ton sarcastique, bien évidemment. Son sourire laissa place à une expression des plus neutres. Y a t-il un soucis ?

Morrigan détourna alors la tête, à nouveau : elle se mis à fixer le feu crépiter, examinant les bûches qui se consumait sous la chaleur du feu comme si cela était un spectacle des plus intéressants. Croisant les bras, Reyner s'approcha de nouveau de la jeune femme tout en prenant un air déjà bien moins patient qu'il y a quelques minutes.

《 — Je vais très bien. En revanche, c'est pour vous que vous devriez vous faire du soucis, Garde. Vous êtes en danger.
Ça, je ne l'aurais pas deviné tout seul, tien... Toujours un mot plus haut que l'autre, le jeune homme se tut en entendant la suite des propos de son interlocutrice.
J'ai un plan, voyez-vous. Une issue de secours. Voyant que l'attention de Reyner était finalement attisée et qu'il semblait bien plus sérieux et prompt à l'écouter, elle poursuivit tout en s'approchant de lui. Je sais ce qu'il se passe lorsque l'Archidémon meurt. Je sais qu'un Garde des Ombres doit être sacrifié ; ce sacrifice peut-être vous. Je suis donc venue pour vous dire que cela n'est pas forcément nécessaire.
"Cela n'est pas forcément nécessaire" ? Que voulez-vous dire par là, Morrigan ? Visiblement, Reyner était frustré que la sorcière fasse autant de mystères sur un sujet si important.
Je vous offre une chance d'éviter ça. Une offre qui vous permettra de sauver tous les Gardes des Ombres, pour qu'aucun n'ai à se sacrifier durant la bataille finale. Un rituel... Réalisé la veille du combat, dans le noir de la nuit.

Autant Reyner s'y connaissait plutôt bien lorsqu'il s'agissait de magie théorique — et cela grâce à ses cours lorsqu'il était plus jeune —, autant il aurait mis sa main à couper qu'il s'agissait d'une sorte de magie très sombre et... Assez vile. Plus Morrigan expliquait plus en détail sa méthode si miraculeuse, plus le jeune homme avait comme un mauvais pressentiment au sujet de cette option si "salvatrice", telle qu'elle la présentait. Enfin bon, il trouvait que tout était bien trop beau pour être vrai. Il ne manquait plus que les Hahls qui bondissaient dans des prairies fleuries une fois la victoire remportée pour clouer le tout.

《 — Bon, dites-moi ce dont il s'agit que vous puissiez arrêter de dresser tant de mystères autour de celle fameuse solution.

Sans un mot, Morrigan pris le temps d'aller s'asseoir avec délicatesse sur le lit qui avait été attribué à Reyner pour la nuit. Elle leva alors son regard doré sur l'homme en face d'elle, ce dernier la fixant dans les yeux sans aucune gêne.

《 — Ma proposition est la suivante : couchez avec moi. Ici, cette nuit. Et de notre union, un enfant sera conçu. Lorsque durant la bataille l'Archidémon sera vaincu, son pouvoir sera absorbé par l'enfant comme pourrait le faire un réceptacle. Lorsqu'un enfant en est à ce stade là, il peut absorber l'essence et ne pas en mourir. L'Archidémon n'en reste pas moins mort, et aucun Garde ne meurt durant l'opération.
... Quoi ?

Reyner tomba des nues. D'ailleurs, cela se lu aisément sur son visage : ses sourcils se levèrent, ses yeux s'ouvrirent en grand et ses lèvres s'entre-ouvrirent. Lui, coucher avec Morrigan afin de lui faire un enfant ? Trop de questions se bousculaient dans sa tête à ce moment précis, mais il tenta de se calmer afin de raisoner le plus logiquement possible comme il avait l'habitude de le faire. Saisissant l'arête de son nez à l'aide de deux de ses doigts, il ferma un instant les yeux, une main sur la hanche.

《 — Vous... Voulez porter mon enfant ?!
Réfléchissez à la proposition que je vous offre : la chance d'éviter de succomber à la mort. Mieux encore, la chance de tuer l'Archidémon et ainsi de vivre en tant qu'Héro. Aucun Garde des Ombres n'a réussi un tel exploit jusqu'ici. En retour, je conçois un enfant : un enfant à l'âme d'un ancien dieu. Après que tout cela soit fait, vous me laisser m'en aller... Et vous ne me suivez pas. Jamais. L'enfant sera le mien, et je l'éduquerais tel que je le souhaiterais.  》

D'abord, elle lui demandais de lui faire un enfant, et ensuite, elle posait la condition de ne jamais chercher à le voir de toute sa vie ? Dans un sens, cela était peu cher payé contre la vie sauve de tout le monde — et donc celle d'Alistair ainsi que la sienne, mais, dans un autre... Reyner était perdu. il fronça les sourcils et fit un pas en avant tout en appuyant sa phrase d'un geste de main envers Morrigan.

《 — Comment pouvez-vous être si certaine que cela fonctionnera de toute manière ?
C'était ce dont ma mère avait en réalité souhaité en m'envoyant avec vous. Elle m'a parlé la première du rituel, et m'a alors dit ce que je devais faire afin de l'accomplir. Cela ne vous surprends pas, si ? Ne vous êtes vous pas demandé pourquoi Flemeth vous avait sauvé la vie, pourquoi vous a t-elle aidé ? En voilà la raison. Mais ce qui est important actuellement est ce que je vous ai proposé : un moyen fonctionnel de vous sauver la vie, vous et vos compagnons.
... Et si je refuse ?
Hé bien, déjà, vous seriez fou de refuser une telle offre ! Mais je pourrais très bien demander à quelqu'un d'autre de réaliser le rituel avec moi ; voyons voir... Alistair, peut-être ?  》

Le sang de Reyner se glaça dans ses veines tandis qu'un sentiment presque semblable à de la possessivité le saisit. Oh, il connaissait Alistair et avait eu vent qu'il ne pouvait pas supporter Morrigan. En fait, il la détestait tout bonnement. En soit, l'offre était des plus alléchantes quant au prix à payer pour survire : mais jamais au grand jamais Reyner ne laisserait Morrigan toucher un seul cheveux de son aîné. Même si... Cela signifiait devoir donner de sa personne et donc réaliser lui-même le rituel.
D'un côté, il ne voulait pas qu'Alistair meurt. De l'autre, il ne voulait pas qu'Alistair passe une nuit avec Morrigan car il savait pertinemment que cela serait fait à total contre cœur. Actuellement, il ne pensait même plus à lui : il ne s'agissait pas là d'une question de possessivité, mais en réalité, il était question du bien-être d'Alistair. Même si en contre partie il devait cacher tout cela à son frère d'arme afin de le préserver de tels événements, Reyner  était prêt à en courir le risque — celui de lui cacher la vérité. Il le savait sensible. Jamais un tel sujet ne viendrait se glisser dans l'une de leur conversation. Il en fit le serment.

《 — ... J'accepte.  》

Morrigan fut prise au dépourvu. Les sourcils haussés tandis qu'elle détaillait l'homme plus loin avec un air de total incompréhension sur le visage, elle fini par se redresser légèrement.

《 — Voilà que j'évoque Alistair, et soudainement, vous acceptez ma proposition sans broncher ?
Je refuse d'en parler avec vous.
Si tel est votre souhait... Mais je vois clair en vous, vous savez. Je ne suis pas sotte. Vous-
Faisons cet enfant et n'en parlons plus, voulez-vous ?  》

Les mots qu'avait prononcé Reyner lui écorchait presque les lèvres. Bon sang, comment pouvait-il avoir envie de faire l'amour à une femme qu'il ne connaissait que peu, et qui plus est, était à deux doigts d'avoir procréé avec l'homme qu'il aimait ? De plus, connaissant ses préférences sexuelles, il ne savait même pas comment faire afin de réussir à... Se mettre dans l'ambiance.
Alors que le jeune Garde se passait une main dans les cheveux tout en regardant les alentours, comme à la recherche d'une solution, Morrigan se leva afin de saisir son visage, le fixant droit dans les yeux.

《 — Comme je le disais plus tôt, je ne suis pas sotte, Garde. Je sais très bien quel est le problème dans tout ce que je vous ai proposé. Aussi... laissez-moi vous aider.
Comment ça ? Mais qu'est-ce que—  》

Sur ces mots, Morrigan déposa ses lèvres sur celles de Reyner. Ce dernier ferma par réflexe les yeux et, ne sachant si c'était de la magie ou tout simplement de sa propre volonté, il ne pu s'empêcher de repenser au rêve qu'il avait fait durant son passage dans l'Immatériel par le démon de la paresse. Des images si douces, si séduisantes ; celles des courbes d'Alistair qui, illuminées par la lune, lui donna un sentiment plus que grisant.
Morrigan était douée en ce qui était de manipuler les gens... Et Reyner venait d'en payer les frais.

chapitre viii — ... AND SAVE OUR WORLD


Lorsqu'il était temps, la grande bataille fut déclarée. Les troupes des Gardes des Ombres aux rangs peuplés par Dalatiens, Nains et Humains gagnèrent Dénérim et livrèrent bataille aux engeances. Quant au groupe de Reyner, pour eux, ce fut un tout autre combat qui les attendaient. L'Archidémon devait être tué.
Au cours de cette bataille, Reyner gagna la plupart de ses cicatrices. Une nouvelle au visage, sur la pommette droite, et une bonne dizaine sur tout le corps. Il faut dire que combattre un Dragon, quelque soit le nombre que vous puissiez être, s'avère une tâche très ardue et particulièrement mortelle. Néanmoins, grâce au Rituel, aucun Garde n'eu pas à donner sa vie et la puissance du démon — une fois celui-ci terrassé — fut enfermée dans l'être qui sommeillait au sein du ventre de Morrigan, fruit de l'union de la sorcière et de Reyner.

Voilà que l'Enclin était terminé. Les Engeances, sans dirigeants, retournèrent dans les tréfonds afin d'errer en attendant le prochain Archidémon qu'ils trouveraient pour les guider à la surface. Thédas pu souffler car la paix avait été restaurée et le peuple pouvait enfin dormir sur ses deux oreilles.
Reyner gagna le titre de Héro de Férelden pour toutes les prouesses accomplies et toutes les épreuves qu'il avait du affronter. Néanmoins, beaucoup de choses restaient à accomplir. Il eu une discussion avec Alistair et Anora, jusqu'à ce que la décision finale tombe : Anora allait régner seule.

La vie repris donc son cours et les compagnons se séparèrent, tous excepté Reyner, Alistair et Zevran — qui lui continuait quand même à exercer son métier principal : l'assassina, car il ne faisait qu'aider, n'étant pas lui-même Garde et ne souhaitant pas le devenir. Les trois compères s'attelèrent à reconstruire la Garde afin d'honorer le travail de leur prédécesseurs et faire perdurer l'Ordre. Les choses allaient de bon train, mais Reyner était bien loin du repos qu'il méritait tant. Depuis qu'il était devenu Garde, tant de choses reposaient sur ses épaules qu'il avait hérité d'un devoir qu'il ne pouvait fuir. C'est avec honneur qu'il devint un guide et une inspiration de vie pour beaucoup de gens du Royaume. Tout ne s'arrêtait pas là, néanmoins.

— EPILOGUE —

Durant huit ans, Reyner œuvra afin de reconstruire la Gardes des Ombres de Ferelden, avec l'aide du Quartier Général de l'Ordre qui se trouve en Anderfels. Sacré Commander of the Grey — Il était le leader de tout Garde dans tout Férelden désormais — et possédant aussi le titre de Héro comme grade spécial, il ordonna la construction de plusieurs camps centraux et légua du pouvoir à des hommes en qui il avait confiance, les posant à la tête de ces nouvelles bases. Peu à peu, il reconstitua une nouvelle hiérarchie au sein des membres de la garde du pays et bientôt, les Warden redevinrent ce qu'ils étaient avant l'Enclin : Grands et Forts. Dès que quelque chose n'allait pas et que le QG doutait de lui, Reyner s'imposait, fier et sûr de lui. Après tant d'années à mûrir, il était devenu un homme charismatique et qui savait s'affirmer, armé de son savoir de stratégie martiale comme implacable atout. De toute manière, le Haut Commandement des Gardes savait pertinemment que ses décisions étaient brillantes : il ne faisait quasiment jamais d'erreurs. Même lorsque cela arrivait, il savait rectifier le tir.

Un an après les huit années précédentes, Reyner trouva lors d'une expédition des plus importante une mystérieuse Dalatienne grièvement blessée. Soucieux de son état — car sous ses airs d'insensibles se cachait en réalité quelqu'un de profondément bon —, il décida de la ramener à la base principale de Férelden — son lieu d'habitat principal — afin de la soigner. Sans mentir non plus, s'il pouvait recruter encore un Garde, il n'allait pas passer à côté de l'occasion.
Une fois rétablie, Reyner tenta de cerner la femme qu'il avait sauvé. Ils échangèrent très peu de mots, plutôt des regards : bizarrement, cela suffit au Garde pour se prendre d'affection envers elle. Il proposa donc à la Dalatienne — de son beau nom : Nara — si elle voulait rejoindre la garde. Pas en tant que simple recrue, non : en tant qu'apprentie. Son apprentie. Certes, elle était mage et lui guerrier, mais un sorcier devait connaitre l'art de la stratégie et du combat même lorsqu'il ne maniait pas les lames. Pour Reyner, c'était simple : la connaissance, c'est le pouvoir. C'est pour cela qu'il s’efforça de lui inculquer tout ce qu'on lui avait appris durant son enfance, puis tout ce qu'il avait lui-même compris depuis ces dix dernières années après tant d'épreuves franchies. Il ne pensait pas que former quelqu'un serait aussi enrichissant, tant bien du point de vue professionnel que personnel. Plus les mois passaient, plus le Héro s'attachait à Nara, si bien qu'il redoutait son passage de l'Union. Pourtant, ce qu'elle pouvait le tanner pour le passer. Il se contentait de lui dire qu'elle devait encore se perfectionner, que son raisonnement n'était pas assez affûté, qu'elle n'était pas resté assez longtemps parmi eux pour cela... Que de mensonges ! Nara était une élève exceptionnelle. Elle était douée, intelligente, belle, et avait un caractère aussi trempé que celui du Cousland. C'était bien simple : On enlevait vingt ans à la femme et c'était son portrait craché, sa fille.

Alors qu'il pensait écouler des jours dirions-nous tranquilles, Reyner appris quelque chose qui bouleversa sa vie : quelque chose que Duncan s'était bien caché de lui dire — et il ne pu s'empêcher de sentir une rage sourde gronder en lui, directement dirigée envers lui. L'appel.
La tradition veut que le Garde des ombres descende dans les tréfonds pour y tuer autant d'engeance que possible avant de trépasser submergé par leur horde lorsque l'appel se fait entendre. Une mort par sacrifice, en soit. Car tôt ou tard, ils allaient tous mourir.

Reyner ne voulait en parler à qui que ce soit, mais cette découverte commença à le remettre en question sur beaucoup de choses... Et il sentit que l'heure était arrivée. Il devait partir, se reculer, se remettre en question et par dessus tout : trouver un remède. Il passa une nuit entière à se creuser la cervelle à la lueur d'une bougie, entouré de cartes de Thédas et de vieux documents, décidant de créer un plan pour son futur voyage. Son premier objectif : un remède à l'appel. Le second : chercher Morrigan et son enfant... Son fils — ou fille ? — qu'il avait conçu avec elle. Le troisième consistait à se remettre en question sur tout ce qu'il avait fait durant ces dernières années. Le quatrième, il le trouva en lisant de vieilles lettres envoyées par son frère qui, après la reconstruction du château Cousland, avait pris possession des terres de leur décédés parents afin de régner en tant que Tyern : Il voulait retrouver Howe — s'il était encore en vie — et lui faire subir ce qu'il méritait : crever la bouche ouverte.
Avoir rencontré Nara avait fait comprendre à Reyner beaucoup de choses. Il voulait un enfant. Il voulait, au minimum, savoir ce qu'il advenait de l'enfant qu'il avait créé avec la sorcière. Cela lui avait totalement échappé durant ces huit ans, bien qu'en réalité, il lui arrivait de réfléchir à des jours différents que ceux présents : lui, père, éduquant son jeune garçon — ou sa jeune fille —, lui apprenant l'histoire de la famille et lui donnant toutes les valeurs que ses parents lui avait transmis. Enfin, il ne se faisait pas trop d'espoirs... Il était coincé. Il aimait un homme — qui ne savait rien de ses sentiments et semblait hétérosexuel — et était qui plus est, pas du tout attiré par la gente féminine : créer un enfant avec Morrigan fut une épreuve des plus éprouvantes. Surtout lorsque vous avez quelqu'un d'autre en esprit durant l'acte... Reyner gardait un goût amère en rapport à cette nuit-là ; il détesta Morrigan, aussi. Il la détesta car elle s'en était allée sans lui parler de leur enfant. Même si grâce à elle ni Alistair, ni lui-même trouva la mort face à l'Archidémon, il ne pouvait s'empêcher de garder une certaine colère envers la sorcière.

Le lendemain de sa nuit blanche, Reyner informa le haut commandement et les campements de Férelden de son voyage. Officiellement, il partait en quête d'informations sur le prochain enclin. Officieusement, il y avait bien plus.
Il légua — non sans sourire — l’égalité de ses pouvoirs durant son absence à Alistair, ce dernier détestant tout particulièrement devoir leader : mais il n'y avait plus que lui en qui il avait une confiance aveugle au camp principal. D'ailleurs, leur relation avait été... Assez compliquée durant un temps — voir depuis toujours —. Il y a un an de cela, Reyner avait proposé au blond de s'en aller commander un des campements Est : en gros, une très belle promotion que beaucoup aurait pu jalouser, mais... Qui avait pour but, en réalité, de l'éloigner le plus possible de lui. Reyner était éperdument amoureux de son frère d'arme. Au fur et à mesure des années, cela avait été un fardeau : une douleur permanente qui le rongeait doucement et parfois aveuglait son jugement. Il avait donc tenté de l'oublier en l'expédiant hors de sa vie mais comme Alistair avait refusé catégoriquement, son plan tomba à l'eau. A dire vrai, il en fut plus qu'heureux, car quand bien même il connaissait la dangerosité de ses sentiments envers son aîné, il ne pouvait pas se passer de sa présence. Cela lui était tout bonnement impossible.

Avant de partir, Reyner s'entretenu avec Nara. Il lui expliqua la raison de son départ — l'officielle et non l'officieuse — et, dans une caresse sur sa joue à l'aide de son pouce, lui promis de lui faire passer son Union dès qu'il serait rentré. Une promesse amère pour le Commandant... Qui le stressais plus il y pensait.
Il quitta donc le camp principal et, encapuchonné, le visage dissimulé, se mit en route avec ses affaires, accompagné de sa monture, son fidèle Hahl nommé Bellanaris — ce qui, en Dalatien, signifiait "l'éternité" — et de Barkspawn. Le chien avait beau être devenu un vieux toutou qui aimait ronger des os dans un coin, il avait encore de l'énergie à revendre et refusait de partir sans son Maître.

Ainsi commença son voyage d'un an. Une longue année loin des personnes qui étaient pour lui sa seule et unique famille — sans oublier son frère Fergus. L’occasion pour l'homme de se recentrer sur lui-même.


Depuis son voyage, ses cheveux n'avaient eu de cesse que de pousser. Jamais au grand jamais Reyner ne les avait eu long, même durant la petite enfance.

Il avait mis du temps à s'en rendre compte, mais c'est surtout lorsqu'il pris un bain qu'il pu contempler leur longueur actuelle. Même si le jeune homme détestait être sale, il n'avait pas eu l'occasion de se laver souvent ; la crasse accumulée sur ses cheveux les avait fait d'autant plus pousser. Il n'avait même plus de frange ; des mèches longues et fines se dessinait sur son visage, revenant devant ses yeux lorsqu'il ne les écartait pas.
Décidé à y remédier, il loua une chambre d'auberge lorsqu'il croisa le chemin d'un village et s'arma d'un couteau à la lame bien affûtée afin de se les couper lui-même. Néanmoins... Quelque chose le dérangea lorsqu'il vit son reflet pour la première fois depuis des mois. Il avait exactement la même coupe que l'un de ses plus terribles mensonges, ce rêve infâme il y a plus de dix ans de cela. Quelque chose qu'il aurait voulu taire à jamais en lui tellement la douleur l'avait accablée : le jour où il avait compris que son cœur était occupé par quelqu'un alors qui ne s'en serait jamais douté.

Levant son arme dans une grimace, il tenta de couper une mèche de cheveux qu'il détenait entre ses doigts, mais... Il s'en sentait incapable. Il repensait sans cesse à la voix d'Alistair, celui de son rêve, qui lui disait que cette coupe le rendait magnifique. Non pas qu'il avait lui-même une préférence quant à la longueur de ses cheveux, mais... Et si... Et si jamais Alistair —le réel— préférait Reyner ainsi ? Il ne pouvait en aucun cas se permettre de penser comme ça.
Il n'avait pas à lui plaire ; il n'avait même pas eu le courage de dire ce qu'il ressentait pour son aîné, alors pourquoi chercher à le séduire ? Après dix ans à taire ses sentiments, il lui fallait quelque chose à quoi se raccrocher. Un infime espoir. Oui...

Il posa le couteau. Se fixant de nouveau dans la glace, des images de son rêve dans l'Immatériel le rappela à l'ordre et il décida de quitter la pièce sans un mot.


Reyner récolta des documents d'une importance capitale durant son voyage —des fibres d'espoir à l'état pur quant au futur remède de l'appel qu'il entendait désormais. Il en profita pour visiter le monde dans lequel il vivait, s'arrêtant à Orlaïs afin de visiter Val Royaux et bien d'autres villes. Partout où il passait, les gens le prenait pour un homme mystérieux — voir un assassin, ou bien juste un inconnu qui se voulait discret.
Il ne montra pas son visage où qu'il puisse aller car le culte du "Héro de Férelden" ne l'intéressait pas. Il n'aimait pas voir les gens le prier ou le remercier de ce qu'il avait fait comme s'il était un messie ou on ne sait quel autre personnage mystique.
Pour ce qui était de Morrigan et de leur enfant, il se retrouvait totalement bredouille. Cela lui mit un coup au moral car il avait attendu longtemps avant d'avoir le déclic qu'il eu il y a un an — le fait de vouloir construire une famille et d'avoir un enfant—, et au final tout s'avérait être un rêve bien naïf. On ne peut pas retrouver la trace d'une sorcière qui manie les Eluvians aussi aisément... Malheureusement pour lui. Pour le moment, Reyner devait se contenter d'attendre —avec un espoir fou— de revoir un beau jour Morrigan avec le fruit de leur... Hm. Amour ?

A l'instar des deux autres, son troisième objectif fut accompli avec brio. Il remonta la trace d'Howe durant deux mois — car ce vil rat s'était retranché dans un endroit reculé après la chute de Loghain et la mort de l'Archidémon, ses crimes une fois révélés au grand jour lui ayant permis d'avoir une belle réputation de vrai salopard. Lorsqu'il le débusqua enfin, Reyner se fit un malin plaisir d'éradiquer tous ses hommes de mains, avant de s'attaquer à sa cible principale. Oh, contrairement à ce que vous croyez, il ne le tua pas d'emblée. Il s'assit tout simplement en face de lui, après l'avoir attaché fermement à une poutre —en l'ayant préalablement dépouillé de ses habits, tout sauf son bas bien-heureusement pour les yeux du Garde— et il s'amusa à lui raconter une histoire. Celle de la malédiction des Loups-Garous Dalatiens qu'il avait aidé à guérir de leur mal. Il insista sur les détails les plus morbides et terrifiants qu'il connaissait, installant une peur au sein de l'esprit de son éternel ennemi. Au début, Howe ne comprit pas pourquoi Reyner ne l'avait pas directement assassiné, puis... Lorsque le Cousland se leva afin de le laisser seul dans une pièce fermée à double tours, durant une nuit de pleine lune... Face à un jeune Dalatien qui semblait se réjouir d'un futur repas... Il comprit très vite.
Le but de Reyner était de lui faire ressentir la peur. La même peur qui avait dévoré son esprit et sa chaire le soir du massacre du château, de ses parents, de sa belle-sœur et de son neveu, ainsi que de son amant — sans oublier ses innombrables amis et connaissances. Il voulait que le carnage ayant été fait sur Vertis soient pire encore pour Howe.
Les cris qu'il entendit cette nuit là réussirent à le convaincre qu'il avait réussi ce qu'il désirait car jamais encore il n'avait entendu un homme hurler de peur comme Howe l'avait fait. Le jeune Dalatien qu'il avait été quérir était un des Loups-Garou de son histoire : un ami à lui qu'il appréciait grandement et qui contrairement à d'autre Loups-Garou, appréciait sa condition. Quand il eu terminé son travail, Reyner le remercia gracieusement de quelques pièces d'or. Il ne pris pas la peine de regarder le massacre car... Il ne restait plus rien d'Howe. Enfin, si : mais ils reposaient désormais dans l'estomac du Loup-Garou.

Son quatrième objectif fut le plus compliqué pour lui. Se remettre en cause. Prendre du recul. Penser à lui... Que diable signifiait cette phrase ? Il n'avait jamais réellement pensé à son propre bonheur.
Le fait qu'il entendait à présent l'appel le poussa à une réflexion qui lui colla une peur bleue. Si son heure allait bientôt arrivée, alors... Il se devait de révéler à son très cher Alistair ce qu'il avait sur le cœur. Oui, il devait avouer à son aîné à quel point son amour pour lui était immense. Tant pis s'il se faisait refouler, tant pis s'il se détournait à jamais de lui... Car voilà dix ans qu'il s'imaginait les pires scénarios en essayant de trouver la bonne phrase. Il comptait pour de bon se jeter à l'eau, quel qu’en soit les conséquences.

Après un an à vagabonder sur tous les sentiers improbables de Thédas, Reyner s'approchait à présent de la fin de son voyage : le campement principal des Gardes de Férelden. Il n'avait qu'une hâte à présent : retrouver son chez-lui, avec ces personnes si chères à son cœur, celles qui avaient réussi à lui redonner foi en toute chose sur terre. Plus que des frères d'arme, une famille : La Garde des Ombres.



_________________
I'm scared of what's inside my head.
the City of the DeadI'm scared of what's inside my head, what's inside my soul ; I feel like I'm running but getting nowhere. Fear is suffocating me, I can't breathe, I feel like I'm drowning, I'm sinking deeper. White light fades to red as I enter the City of the Dead. I feel it burning through my veins, it's driving me insane, the fever is rising, i'm going under.
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《 embrace sacrifice. be a grey warden. 》REYNER COUSLAND

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